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Le groupe informatique Capgemini envisage de supprimer “jusqu’à 2.400” postes en France

Le géant français de l’informatique Capgemini envisage “jusqu’à 2.400 suppressions de postes” en France via des reclassements et des départs volontaires face au ralentissement de son activité, a-t-il annoncé mardi à l’AFP.”Dans un environnement économique marqué par une croissance modérée et des défis majeurs pour certaines industries”, le groupe “Capgemini en France doit se transformer pour répondre aux challenges et opportunités créés par l’accélération des mutations technologiques, notamment l’intelligence artificielle” (IA), a ajouté l’entreprise.Capgemini indique qu’il proposera aux salariés concernés, sur la base du volontariat, une reconversion interne “vers des métiers d’avenir” au sein du groupe, qui se tourne de plus en plus vers l’IA et développe ses activités liées au cloud (informatique à distance) et aux données.L’entreprise de services numériques proposera également un dispositif de “rupture conventionnelle collective” à ceux qui préfèrent partir, là aussi sur la base du volontariat.Le projet pourrait entraîner “jusqu’à 2.400 suppressions de postes au sein de filières fortement impactées par l’évolution de la demande client et les mutations technologiques”, soit près de 7% des 35.000 postes de Capgemini en France, selon le groupe.Ce projet fera l’objet d’une négociation avec les organisations syndicales afin de définir, par accord collectif, les modalités et mesures d’accompagnement, a-t-il ajouté.”On n’a aucune visibilité sur la répartition de ce volume de postes à supprimer dans les différents secteurs métiers de l’entreprise, ni sur leur répartition géographique”, a déploré auprès de l’AFP Yacine Baghou, cosecrétaire général de la CGT Capgemini.  Si l’entreprise a enregistré une progression de son chiffre d’affaires de 2,9% au troisième trimestre et revu en hausse son objectif annuel de croissance, son activité marque le pas en France et dans le reste de l’Europe.Ce ralentissement est notamment lié à la “faiblesse persistante du secteur de l’industrie”, y compris automobile, avait indiqué le groupe en octobre.Au 30 septembre, Capgemini comptait près de 355.000 salariés dans le monde.

La Bourse de Paris recule sur fond de tensions entre Etats-Unis et Union Européenne

La Bourse de Paris a terminé dans le rouge mardi, plombée par les tensions entre Bruxelles et Washington autour du Groenland, et dans l’attente d’un vote sur le budget en France.Le CAC 40 a perdu 0,61% à 8.062,58 points, en recul de 49,44 points. La veille déjà, l’indice vedette parisien s’était fortement replié, perdant 146,92 points (-1,78%), pour s’établir à 8.112,02 points à la clôture, signant sa pire séance depuis le début de l’année.”La nervosité grimpe sur les marchés financiers mondiaux avec l’escalade autour du Groenland”, explique Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés chez IG France.Les tensions entre Américains et Européens sont montées d’un cran au cours du week-end après que Donald Trump a menacé huit pays européens de nouvelles surtaxes douanières en raison de leurs prises de position sur le Groenland, un territoire autonome appartenant au Danemark.Conséquence de ces menaces: le Parlement européen a décidé mardi de suspendre le processus de ratification de l’accord commercial entre l’Union européenne et les Etats-Unis, qui avait été conclu l’été dernier entre Washington et Bruxelles.”La situation peut faire +pschitt+ ou peut totalement dégénérer. Ce qui est sûr c’est que l’incertitude va rester sur les marchés dans les prochains jours”, résume Vincent Juvyns, d’ING, interrogé par l’AFP.- Le luxe à nouveau dans le rouge – Les valeurs européennes du luxe, pour qui les Etats-Unis sont un marché crucial, ont encore reculé mardi, après une séance en net recul lundi. A Paris, LVMH a perdu 2,20% à 570,0 euros, Hermès 1,18% à 2.088,00 euros et Kering 2,60% à 269,65 euros.Même mouvement du côté des entreprises du secteur automobile exportant sur le marché américain. Stellantis a perdu 1,69% à 8,08 euros.Donald Trump a aussi menacé mardi d’imposer des droits de douane de 200% sur les vins et champagnes français en réponse au refus d’Emmanuel Macron de rejoindre son “Conseil de paix”, qui s’octroie la mission de “promouvoir la stabilité” dans le monde.Les valeurs du secteur n’ont toutefois pas réagi: Rémy Cointreau a pris 0,21% à 39,00 euros, Laurent-Perrier a cédé 0,66% à 90,20 euros, tandis que Pernod Ricard s’est octroyé 1,09%.- Le budget en ligne de mire -Les discussions autour du budget 2026 à l’Assemblée nationale était l’autre point d’attention du jour.Sébastien Lecornu a engagé mardi après-midi la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du budget, un premier 49.3 d’une série de trois, qui devrait permettre la promulgation du texte avant la mi-février, sauf censure.”Les choses (…) sont désormais bloquées. Le texte n’est plus votable (…) Or, nous considérons que la France doit avoir un budget”, a déclaré le Premier ministre, fustigeant devant les députés les “agissements” de différents groupes.”L’adoption d’un budget pour la France serait forcément une bonne nouvelle pour les marchés. Mais le sujet intéresse peu les investisseurs internationaux pour le moment”, relève Vincent Juvyns. Sur le marché de la dette, le rendement de l’emprunt français a atteint 3,53%, contre 3,50% la veille en clôture.

Réseaux télécoms: Bruxelles veut bannir les équipementiers chinois

Les équipementiers en télécoms étrangers qui présentent des risques pour la sécurité des réseaux, à l’image des fournisseurs chinois Huawei et ZTE, pourraient être bannis dans l’Union européenne, selon des propositions présentées mardi.En juin 2023, l’UE avait recommandé aux pays membres et aux opérateurs de télécoms d’interdire les équipements des groupes Huawei et ZTE des réseaux 5G, estimant que ces fournisseurs chinois présentaient des risques “matériellement plus élevés” pour la sécurité du continent. Cette recommandation n’a toutefois eu qu’une portée limitée. Si l’Allemagne a fini par se rallier à cette interdiction en 2024, moins de la moitié des États membres l’ont appliquée.Certains pays sont réticents, notamment pour ne pas alourdir les coûts d’approvisionnement des opérateurs, les fabricants chinois étant généralement les moins chers, d’où la volonté de la Commission européenne d’aller plus loin en proposant l’interdiction systématique des fournisseurs dans les réseaux mobiles et fixes de toute l’UE dès lors qu’ils seront désignés comme “à haut risque”.Si l’exécutif européen n’a pas nommé explicitement Huawei et ZTE, cela vise bien ces deux groupes,et tous les autres fournisseurs qui pourraient être considérés à leur tour comme dangereux pour la sécurité des réseaux.Cette mesure figure dans un projet de loi européen sur la cybersécurité présenté mardi à Strasbourg par Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne chargée de la souveraineté technologique.- “Infrastructures les plus critiques” -“Dans la 5G, cela fait des années que nous œuvrons pour exclure les fournisseurs à hauts risques des infrastructures les plus critiques. Mais tous les États membres ne l’ont pas fait, et c’est pourquoi nous proposons désormais que cela soit obligatoire”, a-t-elle défendu lors d’une conférence de presse.”Limiter ou exclure les fournisseurs non européens sur la base du pays d’origine, plutôt que sur des preuves factuelles et des normes techniques, viole les principes juridiques fondamentaux de l’UE que sont l’équité, la non-discrimination et la proportionnalité, ainsi que ses engagements auprès de l’OMC”, a dénoncé un porte-parole de Huawei.”Nous suivrons de près l’évolution de ce processus législatif et nous réservons tous les droits nécessaires pour défendre nos intérêts légitimes”, fait valoir l’entreprise.Dans les propositions de la Commission, qui devront être approuvées par les États membres et le Parlement européen, les opérateurs de téléphonie mobile auraient trois ans pour exclure de leurs infrastructures les équipementiers classés à hauts risques.Ce délai de trois ans vise à donner suffisamment de temps aux opérateurs européens pour changer de fournisseurs et éviter des ruptures d’approvisionnement. Concernant les réseaux fixes, la durée de la phase de transition n’a pas encore été fixée.Le projet de loi prévoit également la possibilité pour l’UE de mettre en place des restrictions contre les fournisseurs “à hauts risques” dans d’autres secteurs jugés “critiques”, en lien étroit avec les États membres, comme les réseaux d’électricité, l’eau, la santé ou les transports. – “Partage équitable” -L’exécutif européen doit par ailleurs annoncer mercredi ses arbitrages sur un autre dossier brûlant pour le secteur des télécoms: un nouveau texte sur les réseaux numériques.Cette fois, le principal enjeu est de savoir qui devra prendre en charge la montagne d’investissements à réaliser: selon les calculs de la Commission, il faudrait autour de 200 milliards d’euros pour relier l’ensemble des foyers européens au haut débit et étendre la 5G à toutes les zones peuplées.D’après une version de travail du texte consultée par l’AFP, les géants de la tech devraient obtenir gain de cause: le texte ne mentionne pas la nécessité d’un “partage équitable” des coûts de déploiement des réseaux entre les opérateurs de télécoms et les grandes plateformes numériques dont les services utilisent l’essentiel de la bande passante en Europe, à l’image de Netflix, Google (YouTube), ou Meta.L’UE s’était déjà engagée l’an dernier, dans le cadre de l’accord commercial conclu avec Washington, à ne pas imposer une contribution des plateformes numériques au financement des réseaux de télécoms.Enfin, le règlement sur les réseaux numériques devrait donner aux États membres jusqu’en 2035, soit cinq ans de plus qu’envisagé jusqu’ici, pour fermer leur réseau cuivre, face au retard accumulé par certains opérateurs pour passer à la fibre optique.En France, ce chantier est déjà bien engagé, avec une fermeture du réseau historique d’Orange prévue en 2030.

Mercosur: des milliers d’agriculteurs européens en colère à Strasbourg

Fumigènes ou drapeaux à la main, des milliers d’agriculteurs ont manifesté mardi devant le Parlement européen contre l’accord avec le Mercosur, à la veille d’un vote sur une saisine de la justice.Français en majorité mais aussi Italiens, Belges ou encore Polonais, ils ont rejoint le bâtiment en fin de matinée, parfois en tracteur. A la mi-journée, la police estimait qu’ils étaient plus de 5.500 personnes.Dans l’après-midi, l’ambiance s’est tendue, des manifestants jetant des fumigènes, des bouteilles et des fruits vers les CRS qui ont répliqué à coups de grenades lacrymogènes.Cible des critiques: Ursula von der Leyen, qui a signé samedi au Paraguay l’accord de libre-échange contesté avec les quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Son nom a été hué et un cercueil portant le nom de la présidente de la Commission européenne a été exhibé.”La Commission européenne nous abandonne”, a déploré le Copa-Cogeca, une organisation qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens.”Nous sommes nombreux aujourd’hui parce que nous voulons continuer à nous battre pour une vision d’une agriculture qui produit en Europe”, a déclaré à la foule Arnaud Rousseau, président de la FNSEA. L’accord commercial avec le Mercosur est “quelque chose que nous ne voulons pas”, a-t-il insisté, réclamant le soutien des députés européens quel que soit leur parti ou leur pays.Les parlementaires ne se prononceront sur l’ensemble de l’accord avec le Mercosur que dans les prochains mois mais ils sont appelés à s’exprimer mercredi sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).En cas de vote positif, la CJUE étudiera la compatibilité de l’accord avec les traités. Si l’avis de la cour est négatif, l’accord ne pourra entrer en vigueur que s’il est modifié.”C’est aux parlementaires (européens) à décider maintenant de saisir la Cour de justice européenne” a dit sur TF1 la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, espérant que “cette démarche ira à son terme”.”On veut que les eurodéputés fassent leur boulot, qu’ils fassent appel à la cour, pour que l’accord soit réétudié”, a déclaré à l’AFP Emmanuelle Poirier, 45 ans. Elle qui élève des vaches limousines dans la Creuse craint “l’importation massive de viande qui ne correspond pas au cahier des charges en France”.Au sein même des groupes politiques, les eurodéputés sont divisés.”Nous sommes en train de travailler, voix par voix, élu par élu, député par député à faire cette majorité dont nous avons besoin pour stopper (l’accord avec) le Mercosur lors du vote de demain”, a déclaré François-Xavier Bellamy, membre du PPE (droite).Les agriculteurs ont prévu de rester à Strasbourg jusqu’à mercredi.”On se battra jusqu’au bout” a martelé Pierrick Horel, président des Jeunes Agriculteurs.- Motion de censure -Négocié depuis 1999, l’accord avec le Mercosur a été soutenu par une majorité d’Etats. La France s’y est opposée.Ce texte crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde entre l’Union européenne, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, soit plus de 700 millions de consommateurs.Il doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, sucre, riz, miel et soja sud-américains.Pour ses détracteurs, cela va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.”Ce libre-échange peut, dans certains cas, aussi ouvrir des débouchés à l’Italie et réduire les droits de douane, mais il met en péril la santé de tous”, dénonce Nicolo Koliotassis, 23 ans, viticulteur en Vénétie et membre de Coldiretti, syndicat agricole italien.Jeudi, les eurodéputés seront amenés à voter cette fois sur une motion de censure à l’encontre de Mme von der Leyen, une démarche à l’initiative du groupe d’extrême droite des Patriotes pour l’Europe, qui a peu de chances de succès.Ailleurs en France, la mobilisation des agriculteurs se poursuit aussi: une cinquantaine de membres de la Coordination rurale ont mené dans la nuit une opération “coup de poing” contre un entrepôt logistique Système U dans l’Hérault, a indiqué la préfecture, condamnant des “actions illégales”.

Catastrophe ferroviaire en Espagne: le roi et la reine au chevet des victimes, l’enquête cherche la cause

Le roi Felipe VI et la reine Letizia ont apporté mardi leur “affection” aux proches des victimes et aux rescapés de l’une des pires catastrophes ferroviaires connues par l’Espagne, la collision de deux trains qui a fait au moins 41 morts dimanche soir à Adamuz (Andalousie) et dont la cause reste un mystère.Selon les médias espagnols, l’enquête est centrée sur l’existence d’une fissure de plus de 30 cm de long sur la voie à l’endroit de l’accident.Citant “des techniciens” ayant eu accès à l’enquête, le quotidien El Mundo estime ainsi que cette fissure serait le résultat d'”une mauvaise soudure ou d’une soudure qui s’est détériorée en raison de la circulation (des trains) ou du climat” et y voit “une cause plus que probable” du déraillement d’un des deux trains à l’origine de la tragédie.Après être restés une heure à l’endroit de l’accident à Adamuz, où les recherches se poursuivent, et avoir remercié les sauveteurs, les souverains sont allés à à l’hôpital Reina Sofía de Cordoue, à 35 kilomètres de là, où sont soignés certains des blessés.- “L’affection de tout le pays” -Dans des déclarations à la presse à leur sortie de l’hôpital, le roi a déclaré que le but de cette visite avec les blessés était de “connaître un peu ce qu’ils ont vécu, les soutenir” et “leur transmettre l’affection de tout le pays”.Trente-neuf personnes, dont quatre enfants, restent hospitalisées, parmi lesquelles treize adultes sont toujours en soins intensifs.La visite royale a coïncidé avec la première journée d’un deuil national de trois jours décrété par le gouvernement.Le bilan, passé à 41 morts dans la matinée, pourrait encore augmenter si d’autres corps sont découverts coincés dans les deux trains accidentés, dont certaines voitures sont réduites à un amas de ferraille.L’entité publique chargée du suivi de la catastrophe (CID) avait indiqué lundi soir que les autorités avaient reçu 43 signalements pour disparition de la part de proches de victimes.Dimanche à 19H45 (18H45 GMT), les trois dernières voitures d’un train de l’opérateur privé Iryo – une compagnie privée filiale à 51% du groupe public italien Ferrovie dello Stato (Trenitalia) – allant vers Madrid (nord) avaient déraillé et s’étaient déportées sur la voie d’à coté.Un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui arrivait au même moment dans l’autre sens en direction de Huelva (sud), avait alors heurté de plein fouet ces voitures, dans un choc effroyable.Les deux trains à grande vitesse, qui allaient à plus de 200 km/heure au moment de la collision, transportaient au total plus de 500 passagers.Les débats se concentrent désormais sur les causes de cet accident “extrêmement étrange”, selon les termes employés par le ministre des Transports, Oscar Puente.- Cause ou conséquence? -La collision est, en effet, survenue dans une ligne droite, sur une portion de voie rénovée, alors même que trois trains étaient passés au même endroit “20 minutes avant” sans que “personne ne signale la moindre anomalie sur la voie”, a affirmé M. Puente mardi matin.L’enquête, avait-il dit lundi, doit déterminer si la rupture d’un tronçon de la voie, clairement visible sur certaines photos, est “la cause ou la conséquence” du déraillement du train Iryo à l’origine de la collision.D’ici là, l’hypothèse selon laquelle cette rupture de la voie est la cause de la catastrophe relève donc de la spéculation, même si elle apparaît à ce stade comme la piste principale – voire unique – des enquêteurs en l’absence d’autres pistes. Car la vitesse des trains n’est pas en question et  “l’erreur humaine est pratiquement écartée”, avait assuré dès lundi le président de la Renfe, Álvaro Fernández Heredia. Il en avait déduit que la faute était peut-être due “au matériel roulant d’Iryo ou à un problème d’infrastructure”.Pour sa part, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a écarté l’hypothèse d’un acte de sabotage. Il n’y a “jamais eu le moindre élément permettant de l’envisager”, a-t-il assuré lors d’une conférence de presse.Face à l’émotion suscitée dans tout le pays par ce drame, le Premier ministre Pedro Sánchez a promis une “transparence absolue” et “la vérité” sur cette catastrophe, survenue plus de dix ans après un autre déraillement meurtrier, qui avait fait 80 morts en 2013 près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest).Un premier rapport préliminaire sur l’accident pourrait être publié dans “deux ou trois mois”, avant une version définitive dans un délai maximal d’un an, a précisé César Franco, président du Conseil des ingénieurs industriels. 

La grande distribution se met à l’éco-score textile pour ses vêtements

Les enseignes de la grande distribution Carrefour et Coopérative U ont décidé de renforcer la transparence environnementale dans le textile avec le déploiement de l’affichage du coût environnemental sur leurs vêtements, un dispositif encore volontaire.Carrefour va expérimenter dès lundi l’affichage de cet éco-score sur près de 70 vêtements de sa marque Tex, avant de l’étendre à “l’ensemble de ses collections textiles”, a annoncé lundi le distributeur dans un communiqué.”Cette première étape” s’inscrit dans le cadre du déploiement “de l’affichage environnemental porté par le gouvernement”, destiné à devenir un “nouveau repère” dans l’habillement, au même titre que le nutri-score dans l’alimentation, a précisé Carrefour.Coopérative U prévoit pour sa part le déploiement du dispositif sur 220 produits proposés aux magasins U dès fin janvier avec la collection Printemps-Été 2026, une étape clé dans la stratégie RSE (responsabilité sociétale des entreprises) de la coopérative.”Pour ce lancement, Coopérative U a choisi de se concentrer sur des familles significatives” de produits comme les jeans et les t-shirts des segments homme, femme, enfant et bébé des marques de l’enseigne “afin de toucher le plus grand nombre de consommateurs”.Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique du leader français des supermarchés E.Leclerc, avait quant à lui annoncé en décembre sur LCI que l’ensemble des 7.000 références de la marque maison Tissaia afficherait dès début janvier des informations environnementales, sociales et climatiques, quel que soit le pays de production.”Il y aura un QR Code sur chaque article et le consommateur pourra surveiller notre engagement, notre promesse d’ici 2035 de diminuer de moitié le poids carbone de chacun de ces articles”, avait-il précisé.Entré en vigueur en octobre sur la base du volontariat des marques, cet éco-score, chiffré en points, doit aider les consommateurs à choisir les produits les plus vertueux. Il prend en compte divers paramètres: consommation en eau, émissions de gaz à effet de serre, toxicité, possibilités de recyclage ou réparation, rejet pendant le lavage de fibres microplastiques ou encore “coefficient de fast fashion” dépendant notamment des volumes de production.Plus le chiffre est élevé, plus l’impact environnemental est important.Ainsi, “un tee-shirt Tex en coton bio obtient un résultat de 510 points d’impact (pour 100g)”, contre plus de 1.000 points (pour 100g) pour “celui d’une marque de fast fashion” à “prix équivalent (non bio)”, illustre Carrefour, revendiquant un “coût environnemental moyen” de 542,91 points (pour 100g) pour l’ensemble de ses vêtements évalués à ce jour.Les marques peuvent mentionner leurs résultats directement sur l’étiquette des produits ou via un QR code ou encore sur leur site internet.Carrefour a choisi “de tester un mode d’affichage via l’application Clear Fashion”. Les clients pourront ainsi scanner le code barre sur l’étiquette des habits concernés pour connaître leur éco-score, qui sera accompagné d’une note sur 100, calculée en parallèle par Clear Fashion selon ses propres critères environnementaux et sociaux. Coopérative U proposera pour sa part d’accéder à l’information via un QR code en rayon, renvoyant vers un catalogue numérique détaillant le coût environnemental des articles.”C’est très bien, il faut que les entreprises commencent à se saisir de cette question”, a salué auprès de l’AFP Valeria Rodriguez, directrice du pôle plaidoyer de l’association Max Havelaar France. Mais les autorités doivent rendre cet éco-score “obligatoire” et y intégrer des “critères sociaux”, selon elle.Prévu dans la loi Climat et Résilience (2021), le dispositif devait l’être dès 2024, mais n’est finalement que volontaire, afin de laisser l’Union européenne boucler ses travaux sur l’élaboration d’un futur affichage environnemental obligatoire.Entre 2025 et 2026, plusieurs dizaines de marques devraient avoir adopté le dispositif, estimait en octobre le cabinet de la ministre de la Transition écologique, interrogé par l’AFP.

Wall Street ouvre en nette baisse face aux menaces douanières de Trump

La Bourse de New York, plombée par les tensions commerciales entre les États-Unis et l’Europe, a ouvert dans le rouge mardi, Donald Trump usant des surtaxes douanières comme menace pour s’emparer du Groenland.Dans les premiers échanges, le Dow Jones perdait 1,25%, l’indice Nasdaq reculait de 1,59% et l’indice élargi S&P 500 lâchait 1,32%.

Mercosur: des milliers d’agriculteurs protestent devant le Parlement européen

Tracteurs et drapeaux au vent, des milliers d’agriculteurs européens sont arrivés mardi en fin de matinée devant le Parlement européen à Strasbourg, afin de protester contre l’accord avec le Mercosur, à la veille d’un vote sur une saisine de la justice.Français en majorité mais aussi Italiens, Belges ou encore Polonais, ont gagné le bâtiment après avoir patienté à quelques centaines de mètres du Parlement. La manifestation rassemble plus de 4.500 personnes, selon la police. Dans le viseur: Ursula von der Leyen, qui a signé il y a trois jours au Paraguay l’accord de libre-échange contesté avec les quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Un manifestant transporte un cercueil portant le nom de la présidente de la Commission européenne.”Ce libre-échange peut, dans certains cas, aussi ouvrir des débouchés à l’Italie et réduire les droits de douane, mais il met en péril la santé de tous”, dénonce Nicolo Koliotassis, 23 ans, viticulteur en Vénétie et membre de Coldiretti, syndicat agricole italien.Des personnalités politiques ont fait le déplacement, dont le chef des députés LR, Laurent Wauquiez. De nombreux eurodéputés sont venus à la rencontre des manifestants comme Marion Maréchal (ECR), Fabrice Leggeri (Patriotes pour l’Europe) François-Xavier Bellamy (PPE) ou encore Raphaël Glucksmann (Sociaux Démocrates).L’accord commercial entre l’UE et les pays latino-américains du Mercosur, va se traduire par l’importation de nourriture “produite de manière complètement différente qu’en Europe, avec plus de produits phytosanitaires, et pas les mêmes normes”, redoute Baptiste Mary, 24 ans, agriculteur dans la Marne. Regrettant que dans les négociations commerciales, “l’agriculture ne fait pas le poids comparé à l’automobile”, il arbore une pancarte proclamant “UE veux-tu encore de tes paysans?” et “Mercosur = mort à coup sûr”.Les agriculteurs ne comptent “pas lâcher”, assure à l’AFP Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, qui a organisé la manifestation. Ils s’étaient déjà mobilisés par milliers le 18 décembre à Bruxelles.Les eurodéputés ne se prononceront sur l’ensemble de l’accord avec le Mercosur que dans les prochains mois mais ils sont appelés à s’exprimer mercredi sur une éventuelle saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).En cas de vote positif, la CJUE étudiera la compatibilité de l’accord avec les traités. Si l’avis de la cour est négatif, l’accord ne pourra entrer en vigueur que s’il est modifié.Les agriculteurs ont prévu de rester à Strasbourg jusqu’à mercredi.”On veut que les eurodéputés fassent leur boulot, qu’ils fassent appel à la cour, pour que l’accord soit réétudié” a déclaré à l’AFP Emmanuelle Poirier, 45 ans, présente à  Strasbourg. Elle qui élève des vaches limousines dans la Creuse craint “l’importation massive de viande qui ne correspond pas au cahier des charges en France”.”C’est aux parlementaires (européens) à décider maintenant de saisir la Cour de justice européenne. Moi, je le comprends et j’espère que cette démarche ira à son terme”, a dit mardi matin sur TF1 la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.- Motion de censure -Négocié depuis 1999, l’accord avec le Mercosur a été soutenu par une majorité d’Etats. La France s’y est opposée.Ce texte crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde entre l’Union européenne, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, soit plus de 700 millions de consommateurs.Il doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, sucre, riz, miel et soja sud-américains.Pour ses détracteurs, cela va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.Au lendemain du vote sur la saisine de la justice, les eurodéputés seront amenés à voter jeudi midi sur une motion de censure à l’encontre de Mme von der Leyen.Cette motion, à l’initiative du groupe d’extrême droite des Patriotes pour l’Europe, a peu de chances de succès, son adoption requérant la majorité des deux tiers des suffrages exprimés, représentant la majorité des députés qui composent le Parlement.Ailleurs en France, la mobilisation des agriculteurs se poursuit aussi: une cinquantaine de membres de la Coordination rurale ont mené dans la nuit une opération “coup de poing” contre un entrepôt logistique Système U dans l’Hérault, a indiqué la préfecture, condamnant des “actions illégales”.

Catastrophe ferroviaire en Espagne: le roi et la reine sur les lieux

Le roi Felipe VI et la reine Letizia d’Espagne sont arrivés mardi à la mi-journée à Adamuz (Andalousie), lieu de la collision de deux trains qui a fait au moins 41 morts dimanche soir, pour témoigner leur soutien aux familles des victimes et aux rescapés.La visite royale coïncide avec la première journée d’un deuil national de trois jours décrété par le gouvernement.Vêtus de sombre, les souverains se sont rendus directement sur le site de la tragédie, où ils serré la main de membres des opérations de secours, selon des journalistes de l’AFP.La venue des souverains a marqué la première fois depuis dimanche soir que la presse a un accès visuel direct à la scène de l’accident. Auparavant, les images tournées sur les lieux du sinistre étaient fournies par la Garde civile.Le couple royal doit ensuite se rendre à Cordoue, à 35 kilomètres de là, notamment à l’hôpital Reina Sofía, où sont soignés certains des blessés de l’accident.Le bilan, passé  à 41 morts dans la matinée par les autorités, pourrait encore augmenter si de nouveaux corps sont découverts coincés dans les deux trains accidentés, dont certaines voitures sont réduites à un amas de ferraille.Par ailleurs, 39 personnes, dont quatre enfants, restent hospitalisées, parmi lesquelles treize adultes sont toujours en soins intensifs.- Bilan encore provisoire -L’entité publique chargée du suivi de la catastrophe (CID) avait indiqué lundi soir que les autorités avaient reçu 43 signalements pour disparition de la part de proches de victimes.Cinq des personnes mortes ont déjà été identifiées au cours d’autopsies, a ajouté cette source.Le nombre total de victimes pourra être connu “avec certitude” dans “les prochaines 24 à 48 heures”, avait estimé lundi soir le président régional andalou, Juan Manuel Moreno, dont le gouvernement est en première ligne dans la gestion de la catastrophe. Cela signifie que le bilan définitif serait connu au plus tard mercredi.Dimanche à 19H45 (18H45 GMT), les trois dernières voitures d’un train de l’opérateur privé Iryo allant vers Madrid (nord) avaient déraillé et s’étaient déportées sur la voie d’à coté, avant d’être percutées violemment par un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui circulait dans l’autre sens en direction de Huelva (sud).Les deux trains à grande vitesse, qui allaient à plus de 200 km/heure au moment de la collision, transportaient au total plus de 500 passagers.- Quelle cause ? -Les débats se concentrent désormais sur les causes de cet accident “extrêmement étrange”, selon les termes employés par le ministre des Transports, Oscar Puente.La collision est survenue dans une ligne droite, sur une portion de voie rénovée, alors même que trois trains étaient passés au même endroit “20 minutes avant” sans que “personne ne signale la moindre anomalie sur la voie”, a affirmé le ministre mardi matin.L’enquête, avait-il dit lundi, doit déterminer si la rupture d’un tronçon de la voie, visible sur certaines photos, est “la cause ou la conséquence” du déraillement du train Iryo qui a entraîné la collision. Ce qui était certain à ce stade, c’est que la vitesse des trains n’était pas en question et que “l’erreur humaine (était) pratiquement écartée”, avait assuré lundi le président de la Renfe, Álvaro Fernández Heredia. Il en avait déduit que la faute était peut-être due “au matériel roulant d’Iryo ou à un problème d’infrastructure”.Pour sa part, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a écarté l’hypothèse d’un acte de sabotage.”La possibilité d’un sabotage n’a jamais été envisagée. Depuis le début, on a parlé de questions techniques liées au transport ferroviaire”, a-t-il affirmé en réponse à une question lors d’une conférence de presse après la réunion du Conseil des ministres à Madrid. Il n’y a “jamais eu le moindre élément permettant de l’envisager”, a-t-il ajouté.Face à l’émotion, le Premier ministre Pedro Sánchez a promis une “transparence absolue” et “la vérité” sur cette catastrophe, qui bouleverse le pays plus de dix ans après un autre déraillement meurtrier, qui avait fait 80 morts en 2013 près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest).Un premier rapport préliminaire sur l’accident pourrait être publié dans “deux ou trois mois”, avant une version définitive dans un délai maximal d’un an, a précisé mardi César Franco, président du Conseil des ingénieurs industriels. 

Record pour le tourisme mondial en 2025, incertitudes cette année liées aux “tensions géopolitiques”

Environ 1,52 milliard de touristes ont effectué un voyage à l’étranger en 2025, une année “record”, selon une estimation publiée mardi par l’ONU Tourisme, qui a toutefois alerté sur les “tensions géopolitiques” constituant des “risques importants” pour le secteur.Selon cette agence onusienne basée à Madrid, le nombre de voyages touristiques internationaux réalisés l’an dernier a dépassé de 4% celui de 2024 (1,4 milliard), année qui avait vu le tourisme mondial retrouver son niveau pré-Covid.”La demande de voyages est restée élevée tout au long de 2025, malgré la forte inflation des services touristiques et l’incertitude liée aux tensions géopolitiques”, a souligné dans un communiqué la secrétaire générale de l’ONU Tourisme, Cheikha Al Nowais.La responsable a évoqué “une croissance extraordinaire” l’an passé des recettes, qui ont atteint 1.900 milliards de dollars dans le monde, en hausse de 5% par rapport à 2024, “une année déjà solide”.En Europe, principale destination touristique au monde – France et Espagne en tête -, 793 millions d’arrivées internationales ont été enregistrées l’an dernier, d’après le rapport annuel de l’ONU Tourisme transmis à l’AFP.Cela représente des hausses de 4% par rapport à 2024 et de 6% par rapport à 2019, avant la pandémie de Covid.Le nombre de voyageurs internationaux a également fortement progressé en Afrique (+8% sur un an) et en Asie-Pacifique (+6%).Le Maroc, “première destination africaine”, a accueilli “près de 20 millions” de touristes internationaux l’an passé, en hausse de 14%, a précisé l’ONU Tourisme, chargée de promouvoir le tourisme dans le monde.De l’autre côté de l’Atlantique, le Brésil a connu une forte progression de 37% en rythme annuel, selon le rapport.- “Faibles résultats” aux Etats-Unis -“Nous nous attendons à ce que cette tendance positive se poursuive en 2026, car l’économie mondiale devrait rester stable”, a indiqué Cheikha Al Nowais.Ses équipes ont précisé que “de grands événements internationaux”, tels que les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina en février et la Coupe du monde de football cet été “contribueront également aux déplacements internationaux”.Mais l’ONU Tourisme a toutefois alerté sur “les conflits persistants” dans le monde, qui “continuent de représenter des risques importants pour le tourisme”.”Un secteur aussi étroitement lié à la mobilité internationale est particulièrement vulnérable aux crises sanitaires, géopolitiques ou climatiques”, a relevé auprès de l’AFP Rafael Pampillón, professeur en économie à la IE Business School à Madrid. La publication du rapport de l’ONU Tourisme intervient cette année au moment où de nombreux dirigeants du monde sont réunis à Davos, en Suisse, en pleines tensions commerciales attisées par le président américain Donald Trump.Dans les Amériques, la progression de la fréquentation de touristes internationaux a d’ailleurs été atone l’an passé (+1%), “en partie à cause des faibles résultats aux Etats-Unis”, où l’administration Trump mène une politique peu incitative pour les touristes, notamment en matière d’obtention des visas.Outre la conjoncture sur la scène internationale dans un monde en profond changement, l’ONU Tourisme mentionne également “les événements climatiques” qui peuvent affecter fortement le tourisme international.En Espagne, par exemple, deuxième destination mondiale avec un nombre record de 97 millions de touristes accueillis en 2024, “des vagues de chaleur plus fréquentes et un stress hydrique croissant vont obliger à adapter les calendriers touristiques, les infrastructures et l’offre elle-même”, a affirmé Rafael Pampillón.Enfin, la hausse de la fréquentation touristique suscite de vives tensions au sein des populations, car la concentration de visiteurs dans un nombre restreint de sites touristiques entraîne de plus en plus des problèmes de congestion, mais aussi une envolée du prix des logements, nombre de propriétaires préférant louer au prix fort aux touristes.