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Mercosur: avant de signer, l’UE tente une dernière fois de rassurer les agriculteurs

Tout proche de signer l’accord commercial avec le Mercosur, la Commission européenne va tenter une ultime fois de répondre à la colère des agriculteurs lors d’une réunion ministérielle mercredi à Bruxelles.Les ministres de l’Agriculture des Vingt-Sept sont attendus dans l’après-midi pour répondre aux préoccupations du monde agricole, sur fond de mobilisation en France.Sur l’accord avec les pays latino-américains du Mercosur, “le compte n’y est pas” pour la France, a répété le gouvernement mercredi matin.La veille, Ursula von der Leyen avait annoncé un geste pour désamorcer les tensions. La présidente de la Commission propose une rallonge budgétaire dans la prochaine politique agricole commune (la PAC 2028-2034) de l’Union européenne, en débloquant de façon anticipée 45 milliards d’euros dès 2028.Une concession de dernière minute pour faire passer la pilule du traité commercial avec le Mercosur, que Bruxelles pourrait signer le 12 janvier, en dépit de l’opposition farouche de nombreux agriculteurs européens.La perspective de cet accord de libre-échange avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay est un “chiffon rouge” qui pourrait entraîner des “mobilisations plus importantes” encore, ne cesse de marteler le premier syndicat agricole français, la FNSEA.La contestation agricole est repartie de plus belle en France, entre convois vers Paris et rassemblements locaux.Les agriculteurs dénoncent à la fois la concurrence accrue des pays latino-américains et la gestion gouvernementale de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins.Et la tempête politique couve en France. Si Emmanuel Macron soutient le Mercosur, “il prend le risque d’une censure” du gouvernement, a lancé le chef de la droite Bruno Retailleau.A Bruxelles, la Commission n’en démord pas. Après un report de décembre à janvier sous la pression de la France et de l’Italie, l’exécutif européen entend parapher le plus tôt possible ce traité de libre-échange avec l’Amérique latine, négocié depuis plus de 25 ans.- Pression sur les pesticides -Avant cette signature, Ursula von der Leyen a besoin de l’aval des États européens à la majorité qualifiée, lors d’un vote attendu dès ce vendredi. Et l’horizon semble se dégager pour la présidente de la Commission car l’Italie, sauf surprise, semble désormais à bord. Sans autres alliées que la Pologne et la Hongrie, la France ne sera pas en mesure de bloquer l’accord avec le Mercosur, que plébiscitent l’Allemagne et l’Espagne pour relancer l’économie européenne.La France votera-t-elle contre ? Politiquement, la Commission serait embarrassée d’aller signer un tel traité contre l’avis de la première puissance agricole d’Europe.Et Bruxelles insiste sur les garanties apportées aux agriculteurs. Les quotas de produits détaxés — bœuf, volaille…. — seront limités, souligne la Commission, et accompagnés de mesures de “sauvegarde” pour les produits agricoles les plus sensibles.L’exécutif européen promet d’intervenir en cas de déstabilisation du marché, avec la possibilité si nécessaire de rétablir des droits de douane. Sur ce point, la France espère encore des annonces mercredi pour renforcer la protection des agriculteurs, dans le sillage d’un vote du Parlement européen mi-décembre. Paris et Rome attendent par ailleurs un geste pour limiter le coût des engrais, en révisant le mécanisme de taxe carbone aux frontières de l’UE.Autre sujet inflammable, les agriculteurs européens accusent leurs concurrents du Mercosur d’utiliser des pesticides interdits en Europe.Paris a fait monter la pression sur Bruxelles en publiant un arrêté suspendant les importations en France de produits agricoles sud-américains (avocats, goyaves, mangues…) traités avec des fongicides et herbicides non autorisés dans l’UE.La Commission aura dix jours pour donner son aval ou non et rappelle avoir déjà engagé une possible révision de ses règles sur les résidus de pesticides dans les produits importés.L’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur permettrait notamment à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux. Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.Après la signature du traité, il devra encore être ratifié par le Parlement européen. “Le combat n’est pas achevé et il continuera”, a d’ailleurs martelé la ministre française de l’Agriculture Annie Genevard sur Franceinfo.

Du fumier et des tracteurs: barrages d’agriculteurs autour de Toulouse malgré l’interdiction

A l’aide de tracteurs, de bottes de paille et de fumier, les agriculteurs ont érigé une dizaine de barrages mercredi matin sur les principaux axes autour de Toulouse, malgré un déploiement important des forces de l’ordre, dans le but de “paralyser” la métropole pour défendre leur métier en pleine crise, ont constaté des journalistes de l’AFP.Epizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins, faible cours du blé et prix élevé des engrais, menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur… les agriculteurs accentuent la pression contre le gouvernement en “bloquant entièrement” Toulouse “tant qu’on n’aura pas de réponse”, a déclaré à l’AFP Lionel Candelon, membre de la direction nationale de la Coordination rurale (CR). “C’est une guerre d’usure. On est déterminés à faire le nécessaire pour avoir des réponses et être entendus”, lance Pierre Solana, 37 ans, éleveur du Gers sur un cortège d’une centaine de véhicules, dont une quarantaine de tracteurs et de bennes, bloqués en rase campagne par les forces de l’ordre, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Toulouse.”Il faut vraiment qu’on trouve une solution pour sauver l’agriculture française”, explique au petit matin l’agriculteur, parti vers minuit d’Auch, à 70 km de Toulouse, dans un convoi de la CR dont l’avancée a été “bloquée à plusieurs reprises”. En prévision de cette mobilisation annoncée, le préfet de la région Occitanie et de la Haute-Garonne, Pierre-André Durand, a pris plusieurs arrêtés d’interdiction, en raison du “risque de troubles à l’ordre public”, des “potentielles perturbations de la circulation des services de secours ainsi que de la vie économique régionale”.- Interdits -Malgré les interdits, des dizaines d’agriculteurs ont perturbé dès l’aube la circulation du nord au sud de Toulouse. “L’idée, c’est de converger vers Toulouse et d’être dans une action de perturbation, qu’on déplore”, a annoncé à l’AFP, Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA de Haute-Garonne, qui appelait à la mobilisation avec les Jeunes Agriculteurs (JA), la Coordination rurale (CR) et la Confédération paysanne. Au nord-est de l’agglomération toulousaine, l’A68 en provenance d’Albi a été coupée par un barrage d’une douzaine de tracteurs au péage de l’Union, face aux gendarmes, provoquant des heures de  bouchons vers Toulouse, a constaté une journaliste de l’AFP. Sur le périphérique toulousain, les agriculteurs ont déversé du fumier sur la chaussée et allumé un feu, bloquant entièrement la circulation à l’aube, à hauteur de Balma, entraînant des perturbations importantes jusque sur l’A61 au sud-est de l’agglomération. Des barrages ont également été érigés sur l’A64 au sud aux portes de Toulouse et plus à l’ouest, où les agriculteurs de Haute-Garonne tiennent une portion d’autoroute depuis décembre à hauteur de Carbonne.”C’est un ras-le-bol total”, lance Enzo, agriculteur des JA sur le barrage de l’A68. “Aujourd’hui, on veut que nos bêtes ne soient plus abattues (…) On veut que le Mercosur ne soit pas signé non plus. Et la taxe des engrais aussi, on ne veut pas qu’elle passe. On nous a fait beaucoup de promesses, visiblement maintenant plus personne ne nous écoute”, dit-il à l’AFP.- Convois vers Paris -“On est très étonnés d’un tel déploiement de moyens parce qu’on a dit que la manifestation était pacifique et on s’est retrouvés bloqués par endroits”, a déclaré le président de la CR Bertrand Venteau sur France Inter. Il a évoqué les convois en route vers Paris où les agriculteurs ont prévu d’entrer jeudi.”Même en sous-marin par la Seine, on va y arriver. On aura peut-être perdu des troupes, mais on arrivera dans Paris sur des lieux symboliques pour porter nos doléances”, a-t-il ajouté, prévenant vouloir “rentrer pacifiquement” dans Paris jusqu’à l’Assemblée nationale et au Sénat.Au moins quatre tracteurs ont forcé un barrage de gendarmerie près de La Queue-les-Yvelines (Yvelines), touchant un véhicule des forces de l’ordre pour ensuite prendre la direction de Paris mercredi matin, ont indiqué à l’AFP des sources concordantes.Les agriculteurs réclament notamment la vaccination généralisée et l’arrêt des abattages systématiques lorsqu’un cas de DNC se déclare dans un troupeau. Ils s’opposent également au projet d’accord de libre-échange préparé entre l’UE et les pays latino-américains du Mercosur, que la commission européenne pourrait signer le 12 janvier. “Le compte n’y est pas” du point de vue de la France, a prévenu mercredi le ministre délégué français chargé de l’Europe, Benjamin Haddad. La France a “obtenu des améliorations” au profit de ses agriculteurs mais “on continuera à se battre”, a-t-il prévenu sur France 2.

Salon de l’agriculture: pas de concours pour les vaches, présence “symbolique” en discussion

Les vaches seront absentes du Salon de l’agriculture et des concours sur décision des organismes de sélection en raison de la dermatose bovine mais les organisateurs espèrent encore une présence “limitée et symbolique” de bovins.Les organismes qui présentent habituellement les races bovines comme les célèbres charolaises, limousines et prim’holstein, ont renoncé au Concours général agricole, principal pourvoyeur de bovins du salon, ont indiqué mercredi dans un communiqué les organisateurs.”Les autres animaux seront bien présents” du 21 février au 1er mars Porte de Versailles, ont-ils précisé. Cela inclut les cochons, moutons, brebis et lapins mais aussi de nombreux chats, chiens, chevaux et ânes. Mais pas les volailles, absentes depuis plusieurs années en raison de la grippe aviaire.Des échanges sont en cours “afin d’étudier les conditions dans lesquelles une présence de bovins, même limitée et symbolique, pourrait néanmoins être envisagée, via un nombre restreint d’animaux, dans une logique de souplesse adaptée, pleinement compatible avec les impératifs sanitaires”.Une décision sera annoncée mi-janvier.La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est arrivée pour la première fois en France en juin dernier, d’abord en Savoie où elle a sévi tout l’été, puis dans le Sud-Ouest où les abattages de troupeaux infectés ont ravivé la colère des agriculteurs.Les mouvements d’animaux sont interdits depuis les zones touchées par la maladie mais encore autorisés depuis les zones indemnes ou des zones vaccinées et n’ayant plus déclaré de cas depuis 45 jours (comme la Savoie).Mais ces derniers jours, plusieurs organismes de sélection ont annoncé renoncer au salon par précaution.Le Sommet de l’élevage de Cournon (Auvergne) en octobre avait pris la même décision mais ce dernier est un salon surtout destiné aux professionnels quand les vaches sont une attraction pour attirer le grand public au salon parisien.”Dans un contexte particulièrement difficile pour l’élevage français, la responsabilité collective est de continuer à offrir aux filières un espace de visibilité, de dialogue avec les Français”, expliquent les organisateurs de l’événement parisien dans leur communiqué.”Les vaches sont les stars du salon, mais il n’y a pas que les vaches”, a déclaré la ministre de l’Agriculture Annie Genevard sur Franceinfo peu avant l’annonce de l’annulation de leur venue.La question sera de savoir si Biguine, vache brahman égérie de l’édition 2026, venue spécialement de Martinique, pourra quand même être présente.

L’inflation en zone euro revient à 2% en décembre, dans les clous de la BCE

L’inflation dans la zone euro est redescendue à 2% en décembre, terminant ainsi l’année 2025 juste au niveau de l’objectif de la Banque centrale européenne.Le taux d’inflation s’est établi à 2,0% sur un an, contre 2,1% le mois précédent, selon une estimation préliminaire publiée mercredi par Eurostat, conformément aux attentes des économistes sondés par FactSet et Bloomberg.La hausse des prix à la consommation est ainsi revenue juste au niveau de l’objectif que s’est fixé la BCE, qui cherche à la contenir à 2% à moyen terme.L’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et l’alimentation, et fait référence pour les experts, a également légèrement décéléré, retombant à 2,3% sur un an contre 2,4% en novembre, a précisé l’institut de statistiques européen.Ces données ont de quoi conforter les attentes d’une stabilité des taux directeurs de la BCE, lors de sa prochaine réunion prévue début février. En décembre, la BCE avait maintenu son principal taux directeur à 2%, niveau auquel il est resté fixé depuis juin dernier.Si la BCE a assuré que “toutes les options sont sur la table” pour ses prochaines décisions, les économistes ne s’attendent pas pour le moment à de forts mouvements de ses taux directeurs en 2026.

Autour de Toulouse, les agriculteurs érigent des barrages, malgré l’interdiction

A l’appel des syndicats agricoles, des dizaines d’agriculteurs ont érigé des barrages de tracteurs mercredi matin sur des axes autour de Toulouse, malgré un déploiement important des forces de l’ordre, dans le but de “paralyser” la Ville rose pour défendre leur métier en pleine crise, ont constaté des journalistes de l’AFP.”C’est une guerre d’usure. On est déterminés à faire le nécessaire pour avoir des réponses et être entendus”, a déclaré Pierre Solana, 37 ans, éleveur du Gers sur un cortège d’une centaine de véhicules, dont une quarantaine de tracteurs et de bennes, bloqués en rase campagne par les forces de l’ordre à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Toulouse.”Il faut vraiment qu’on trouve une solution pour sauver l’agriculture française”, explique l’agriculteur parti vers minuit d’Auch dans le Gers dans un cortège de la Coordination rurale, “bloqué à plusieurs reprises dans son avancée” en raison d’arrêtés préfectoraux d’interdiction de circulation. Au nord-est de l’agglomération toulousaine, l’A68 a été coupée dans le Tarn, provoquant d’importants bouchons vers Toulouse, a constaté une journaliste de l’AFP. Des barrages ont également été érigés sur l’A64 au sud ainsi que sur le périphérique de Toulouse, pararalysant la circulation sur l’A61 au sud-est.”L’idée, c’est de converger vers Toulouse et d’être dans une action de perturbation, qu’on déplore”, a déclaré à l’AFP, Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA de Haute-Garonne.”On ne voulait pas en arriver là, mais c’est la responsabilité du gouvernement et on voit que les choses n’avancent pas”, a-t-il ajouté.Dans le département, son organisation, tout comme les Jeunes Agriculteurs (JA), la Coordination rurale (CR) et la Confédération paysanne appellent à “une mobilisation massive et déterminée” à Toulouse.”Le but, c’est de prendre d’assaut la ville, de la bloquer entièrement et tant qu’on n’a pas de réponse, de paralyser toute la ville de Toulouse”, a précisé à l’AFP Lionel Candelon, membre de la direction nationale de la CR et président de la chambre d’agriculture du Gers, qui doit être rejoint par des membres de la CR du Tarn-et-Garonne, pour se diriger ensuite vers la Ville rose.Le préfet de la région Occitanie et de la Haute-Garonne, Pierre-André Durand, a pris plusieurs arrêtés d’interdiction, en réponse aux projets de mobilisation, en raison du “risque de troubles à l’ordre public”, des “potentielles perturbations de la circulation des services de secours ainsi que de la vie économique régionale”.Le préfet a d’abord interdit jusqu’à jeudi la circulation des engins agricoles et des poids lourds pouvant les transporter “sur les axes structurants du réseau routier de l’ensemble des départements de la zone de défense et sécurité Sud”, qui comprend l’Occitanie, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Corse, selon un arrêté pris lundi.Il a étendu mardi cette interdiction à “l’ensemble du réseau routier” de Haute-Garonne, “hors motif légitime lié à des travaux agricoles”, une mesure également prise par les préfets du Tarn-à-Garonne et du Gers, dans leurs départements, tandis que le préfet des Hautes-Pyrénées a interdit aux engins agricoles de circuler sur les axes menant à la Haute-Garonne et au Gers.Enfin, le représentant de l’Etat a également interdit “la manifestation revendicative” prévue mercredi à Toulouse, au motif qu’elle a été déclarée trop tardivement.

La Bourse de Paris prudente, entre indicateurs économiques et géopolitiques

La Bourse de Paris évolue sans élan jeudi dans l’attente d’indicateurs économiques en zone euro et aux Etats-Unis, et scrutant les tensions géopolitiques liées au Venezuela et au Groenland.Vers 9H50 (heure locale) le CAC 40 perdait 0,08% à 8.232,77 points, en recul de 4,66 points. Mardi, l’indice vedette parisien avait gagné 0,32% à 8.237,43 points, en hausse de 25,93 points. Les investisseurs attendent la publication des chiffres de l’inflation en zone euro pour le mois de décembre, vers 10H00 GMT. La veille, ils avaient salué une décélération de l’indicateur en Allemagne et en France durant cette période.Ces chiffres, “plus faibles que prévu, ont atténué les craintes d’une éventuelle hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) cette année”, relèvent les analystes de la Deutsche Bank.Dans ce contexte, le rendement de l’emprunt à dix ans français atteignait 3,52% vers 9H50, contre 3,55% la veille. Son équivalent allemand, référence en Europe, était à 2,81%, contre 2,84% précédemment.De l’autre côté de l’Atlantique, les investisseurs prendront connaissance du rapport mensuel sur les créations d’emplois dans le secteur privé aux Etats-Unis en décembre et de l’indice d’emploi JOLTS.Ces données permettront d’en savoir plus sur l’avenir de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Plus le marché du travail est faible, plus une baisse des taux se justifie, ce qui est bon pour les actions. A ce titre, le rapport mensuel du ministère américain du Travail vendredi sera le principal rendez-vous de la semaine.Autre point d’attention majeur des marchés: les tensions géopolitiques grandissantes, dans la foulée de l’intervention américaine au Venezuela et la capture du président déchu le week-end dernier.Pour l’instant, “la réaction” des investisseurs “a été largement modérée, voire positive pour une poignée de secteurs”, relève Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.Mais les “récentes déclarations de la maison Blanche sur le Groenland maintient aujourd’hui les investisseurs dans l’expectative”, relève Kathleen Brooks, analyste pour XTB.Le président américain Donald Trump étudie “plusieurs options” pour acquérir le territoire autonome danois, y compris “utiliser l’armée”, a affirmé sa porte-parole mardi, de quoi attiser encore l’inquiétude en Europe sur le sort de l’île arctique.Dans ce contexte, en revanche, les valeurs européennes de la défense bondissaient. A Paris, Thales prenait 2,82% et Dassault Aviation 1,03%.TotalEnergies recule dans la foulée des prix du pétroleDonald Trump a déclaré mardi que le Venezuela allait “remettre” jusqu’à 50 millions de barils de pétrole aux Etats-Unis, en affirmant qu’il contrôlera les revenus générés en tant que président américain. Les prix du pétrole reculaient dans ce contexte: “Les marchés anticipent un choc d’offre positif” même “si cela ne se produira pas avant un certain temps et sans investissements considérables”, souligne Kyle Rodda, analyste pour le courtier Capital.com.TotalEnergies souffrait de la situation, perdant 2,09% à 53,89 euros vers 9H40 (heure de Paris).ArcelorMittal recherchéL’aciériste Arcelor Mittal était recherché par les investisseurs, au lendemain de l’annonce de la signature avec EDF d’un contrat de fourniture d’électricité nucléaire (CAPN) d’une durée de 18 ans, pour approvisionner les sites de l’aciériste en France.Le cours de l’action prenait +3,13% à 40,84 euros.

“Le compte n’y est pas” sur le projet d’accord Mercosur, selon un ministre français

“Le compte n’y est pas” du point de vue de la France sur le projet d’accord de libre-échange préparé entre l’Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur, a prévenu mercredi le ministre délégué français chargé de l’Europe, Benjamin Haddad.La France a “obtenu des améliorations” au profit de ses agriculteurs dans ce texte négocié par la Commission européenne, mais “on continuera à se battre”, a prévenu M. Haddad, interrogé sur la chaîne publique France 2, le jour où doivent se réunir à Bruxelles les ministres de l’Agriculture des 27 pays de l’UE.La Commission européenne pourrait signer dès le 12 janvier cet accord de libre-échange avec les pays latino-américains du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), en dépit de l’opposition de nombreux agriculteurs au sein de l’UE.Dès mardi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a tenté de désamorcer la tension en proposant une rallonge budgétaire dans la future politique agricole commune (la PAC) de l’Union, en débloquant de façon anticipée 45 milliards d’euros dès 2028.L’accord entre l’UE et le Mercosur doit obtenir l’aval des Etats européens à une majorité qualifiée, lors d’un vote attendu dès vendredi à Bruxelles. Sans alliés supplémentaires, la France, la Pologne et la Hongrie ne seraient pas en mesure de bloquer à eux trois cet accord que plébiscitent l’Allemagne et l’Espagne.Mais Benjamin Haddad a relevé qu’il restait “des mois de débats au Parlement européen” pour infléchir le texte, tout en mettant en valeur les concessions déjà obtenues au bénéfice des agriculteurs, dont la rallonge budgétaire annoncée par la Commission européenne et “une clause de réciprocité robuste” entre les agriculteurs des deux blocs économiques.

Robots: des “immigrants IA” pour pallier la pénurie de main d’oeuvre, prédit le patron de Nvidia

Le patron du géant des puces Nvidia, Jensen Huang, a assuré mardi que la révolution robotique allait créer plus d’emplois qu’en détruire, estimant que le monde avait besoin de robots qu’il a qualifiés d'”immigrants IA” destinés à une pénurie mondiale de main-d’œuvre.Interrogé sur les inquiétudes récurrentes autour du remplacement des travailleurs humains par des machines, le dirigeant du leader mondial des puces pour l’intelligence artificielle a pris le contrepied.”Avoir des robots va créer des emplois”, a-t-il assuré, très confiant, devant les 200 journalistes rencontrés pendant 1H30 dans un des palaces de Las Vegas, en marge du salon technologique CES.La “révolution robotique” permettra de compenser les pertes de main-d’oeuvre dues au vieillissement et au déclin de la population, stimulant ainsi la productivité, selon Jensen Huang dont les prises de parole sont les plus courues du salon qui accueille 130.000 participants jusqu’à vendredi.”Cela va faire croître l’économie, et quand l’économie croît, nous embauchons plus de gens”, a-t-il plaidé, vêtu de sa veste en cuir emblématique.Le dirigeant de l’entreprise la plus valorisée au monde (environ 4.500 milliards de dollars) a estimé que le manque de travailleurs ne se chiffrait pas “en milliers, mais en dizaines de millions de personnes” en raison du déclin démographique.”Nous avons besoin d’avoir plus d’+immigrants IA+ pour nous aider dans les usines et faire le type de travail que nous pouvons décider de ne plus faire”, a déclaré Jensen Huang, très optimiste sur le calendrier.Un journaliste, sceptique après avoir vu les capacités “rudimentaires” des robots en démonstration à Las Vegas, lui a demandé si des robots dotés de capacités “de niveau humain” arriveraient “l’année prochaine”. “Cette année, cette année !”, a rectifié avec assurance Jensen Huang, “car je sais à quelle vitesse la technologie évolue”.Pour construire ces systèmes robotiques, Nvidia, entend se positionner comme le fournisseur incontournable de “l’IA physique”, fournissant à la fois “l’ordinateur d’entraînement”, “l’ordinateur de simulation” et l’ordinateur embarqué dans la machine, “le cerveau du robot”, a-t-il détaillé.

Ruptures conventionnelles: nouveau départ pour la négociation, en présence du Medef

Après un faux départ en décembre, lié à l’absence du Medef, les partenaires sociaux tentent à nouveau mercredi de lancer les négociations de l’assurance chômage sur les contrats courts et les ruptures conventionnelles, sur fond de désaccords profonds.Organisations syndicales et patronales ont rendez-vous en début d’après-midi au siège de l’Unédic. Toutes devraient cette fois être présentes, après une première réunion le 3 décembre marquée par l’absence de l’organisation des artisans et commerçants U2P, mais surtout du Medef, première organisation patronale, accusé par certains participants de “bouder” en raison de divergences budgétaires avec le gouvernement.Au menu du jour: définir le calendrier des négociations, mais aussi son périmètre, car la question des contrats courts peut dépasser le cadre de l’assurance chômage.Le gouvernement avait initialement fixé fin janvier comme échéance pour conclure cette négociation, jugeant “souhaitable” qu’elle permette de “générer une économie d’au moins 400 millions par an”. “Si cette négociation ne devait pas aboutir dans ces délais, au regard du contexte dégradé des finances publiques, le gouvernement serait conduit à prendre à nouveau ses responsabilités”, avertissait fin novembre Jean-Pierre Farandou.Début janvier, le ministère du Travail a toutefois laissé entendre que ce calendrier pourrait être assoupli.Le régime de l’assurance chômage est piloté par l’Unédic, un organisme paritaire, mais depuis 2018 le gouvernement adresse aux partenaires sociaux une “lettre de cadrage” fixant des objectifs à la négociation et, faute accord, l’État fixe les règles par décret.Ces dernières années, les règles d’indemnisation de l’assurance chômage ont été durcies à plusieurs reprises.- “Terra incognita” -Les syndicats désirent négocier sur les contrats courts, une négociation décidée au printemps dernier, se fondant sur le constat des limites du système du bonus-malus.Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, ce système créé en 2019 entraîne une modulation, limitée à certains secteurs, de la cotisation patronale à l’assurance chômage en fonction du nombre de fins de contrats de travail dans une entreprise. Il est critiqué à la fois par le patronat et les syndicats. En mars, une évaluation de l’Unédic montrait qu’il ne jouait qu’un “rôle limité” dans le recours aux contrats courts.C’est en revanche le gouvernement qui a mis les ruptures conventionnelles à l’agenda, dénonçant ces derniers mois les “abus” auquel le dispositif — qui permet à un salarié et un employeur de rompre un CDI à l’amiable et au salarié de toucher des allocations chômage — donnerait lieu.”La rupture conventionnelle n’avait jamais était évoquée par les organisations patronales et syndicales”, souligne Olivier Guivarch, secrétaire national de la CFDT, “mais le gouvernement nous demande d’étudier les dépenses, nous les étudierons”.D’après l’Unédic, en 2024, les dépenses d’allocations chômage liées à ces ruptures ont atteint 9,4 milliards d’euros, soit 26% du total.Parmi les pistes d’économies possibles, imposer un délai de carence avant de toucher des allocations chômage non seulement aux salariés qui ont touché des indemnités supérieures au minimum légal lors de leur rupture conventionnelle, comme c’est le cas aujourd’hui, mais à tous ceux qui en ont conclu une. Face aux 400 millions d’économies demandés par gouvernement pour cette négociation, le patronat a surenchéri en disant souhaiter monter à un milliard.”On est en terra incognita, personne ne sait sur quoi ça peut déboucher”, s’agace Jean-François Foucard, négociateur du syndicat des cadres CFE-CGC. Le secrétaire confédéral de la CGT Denis Gravouil estime que le Medef va “essayer de chercher des économies pour que, par ricochet, sur le PLF (budget de l’État), les aides aux entreprises soient moins touchées”.Côté patronal, le Medef a indiqué, par la voix de son négociateur Hubert Mongon, ne pas souhaiter s’exprimer avant la réunion.

Le lancement des soldes refroidi par la météo hivernale

Mises à mal par un calendrier commercial saturé de promotions, les soldes d’hiver s’ouvrent mercredi dans une France perturbée par la neige et le froid. Un contexte météo qui menace la fréquentation pour de nombreux commerçants déjà à la peine.Le froid arrive-t-il trop tard, ou les soldes trop tôt? Après un début de saison très doux et un mois de décembre décevant, les commerçants comptent sur cette période de promos qui court jusqu’au 3 février pour limiter la casse. Même s’ils ne se font pas d’illusion: les soldes ne font plus recette.”Il ne faut pas que la première semaine soit trop perturbée, mais dès qu’il y a un peu de neige, plus personne ne sort pour faire du shopping”, relève pour l’AFP Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce, qui représente les grandes enseignes.Météo-France a placé 38 départements d’une large partie nord-ouest en vigilance orange neige-verglas mercredi. Des conditions qui perturbent fortement les transports et qui devraient être défavorables aux commerçants.Des commerces qui sortent d’un mois de décembre morose en raison notamment de températures clémentes qui ont freiné les achats de vêtements de saison. En raison également du Black Friday, qui siphonne une bonne partie des achats de Noël, les enseignes du Panel Retail Int. pour l’Alliance du commerce enregistrent en décembre une baisse de leur chiffre d’affaires en magasin de 4,5% par rapport à décembre 2024.- Consommateurs déjà “gavés” -“On a donc des attentes assez fortes sur le mois de janvier, d’autant plus qu’il y a du stock, donc on espère terminer mieux la saison qu’elle n’a commencée”, souligne Yohann Petiot. Les soldes “ne représentent plus l’événement commercial d’il y a 10 ou 20 ans quand les gens attendaient le matin devant la porte”, mais ça reste tout de même un “événement important inscrit dans le calendrier des Français”.Pour les indépendants en revanche, “les soldes ont perdu leur force et leur signification” depuis des années, résume auprès de l’AFP Pierre Talamon, président de la fédération française de l’habillement.Après les fêtes, les consommateurs arrivent début janvier déjà “gavés par le Black Friday et par des ventes privées”. Ajoutez à cela “les petits prix des plateformes” en ligne et vous avez “beaucoup de commerçants pris dans un étau”, regrette-t-il.Lors du cru 2025, les commerçants indépendants ont vu leur chiffre d’affaires chuter de 5,5% par rapport à janvier 2024 (en comparaison, les grandes enseignes de l’Alliance du commerce ont stagné à -0,2% sur la période). Alors que 2026 devrait suivre cette tendance, la FNH demande au gouvernement de repousser les soldes de trois semaines. Les soldes “peuvent être un levier de croissance” mais il faut les “reconnecter à la réalité des saisons” et leur “redonner du sens en les positionnant en fin de saison”, selon M. Talamon.Le déstockage, une des raisons d’être des soldes, ne peut être fait en pleine saison comme c’est le cas aujourd’hui, selon la FNH, qui souligne d’ailleurs qu’à la fin des soldes début février il sera difficile de passer directement à la collection été. L’Alliance du commerce est, à l’inverse, favorable au “statu quo” du calendrier car “d’une année sur l’autre, ça peut être totalement variable” au niveau de la météo.Selon un sondage de l’application de shopping Joko, 64% des Français comptent participer aux soldes, autant en ligne qu’en boutique. Mais 67% ne les attendent pas spécifiquement et restent avant tout opportunistes face à une bonne affaire.