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Agriculture: la FNSEA appelle à “une grande journée d’action” le 26 septembre

Le syndicat agricole FNSEA appelle à “une grande journée d’action” autour des questions des échanges internationaux pour les produits agricoles le vendredi 26 septembre à travers toute la France, a annoncé son président Arnaud Rousseau dans un entretien au Journal du dimanche.Cette mobilisation aura lieu contre “le Mercosur, les taxes imposées par Donald Trump et le flot des importations internationales qui ne respectent pas les normes qui sont les nôtres”, a expliqué le dirigeant.”A l’image des œufs ukrainiens: tous ces produits qui entrent sur notre territoire et que nous ne voulons pas voir dans nos assiettes, car ils sont dangereux pour la santé et pour l’environnement!”, poursuit-il dans cet entretien au JDD.Arnaud Rousseau évoque la date du 25 septembre dans l’entretien, mais la mobilisation est prévue en réalité le vendredi 26 septembre, a ensuite précisé la FNSEA.”Les actions sont à l’appréciation des fédérations départementales mais ça peut prendre la forme de visite de grandes surfaces pour aller chercher tous les produits non conformes”, a indiqué à l’AFP un porte-parole du premier syndicat agricole français, qui mènera ces actions avec les Jeunes Agriculteurs (JA).La FNSEA et les JA avaient déjà dit leur hostilité à l’accord de libre-échange entre des pays latino-américains du Mercosur et l’Union européenne (UE).Cet accord UE-Mercosur doit notamment permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, de machines, de vins et de spiritueux en Argentine, au Brésil, en Uruguay et au Paraguay.En retour, il faciliterait l’entrée de viande, sucre, riz, miel ou soja sud-américains, au risque de fragiliser certaines filières agricoles européennes.La FNSEA avait indiqué ne pas vouloir participer au mouvement “Bloquons tout” du 10 septembre pour éviter une “récupération politique”, mais elle avait déjà prévu une mobilisation “cet automne” sur ses propres revendications.”Nous attendons une date de rendez-vous avec (le nouveau Premier ministre) M. Lecornu dans les prochains jours”, a dit le porte-parole de la FNSEA à l’AFP.

Face au climat qui change, la moule bulgare veut croire en sa chance

Ensemencement décalé, filets plus profonds. En mer Noire, le Bulgare Nayden Stanev adapte son élevage de moules en espérant tirer son épingle du jeu car ici, le réchauffement est moins intense qu’en Méditerranée et l’eau donc plus clémente pour le petit mollusque à coque noire. “Cette année, on s’en tire bien”, dit à l’AFP le mytiliculteur de 56 ans à bord de son vieux bateau diesel, évoquant les 20% de coquillages qui n’ont pas survécu à la canicule marine, qui décime les élevages d’Europe. Car ce coquillage est menacé, au grand désespoir des principaux pays producteurs que sont l’Espagne et l’Italie, où la production baisse inexorablement ces dernières années. Bien sûr, avec son millier de tonnes produits par an contre plus de 54.500 rien que pour la France en 2023, la Bulgarie est encore loin de jouer dans la cour des grands. Mais elle est déjà le premier producteur en Europe de l’Est.- Pleine saison -Avec les eaux de la Grèce voisine qui tendent à se “tropicaliser”, de nouvelles opportunités s’offrent à Nayden Stanev qui compte bien en profiter et fait tout pour adapter sa ferme marine. Car la Méditerranée est l’une des mers qui change le plus vite. Avec une température moyenne en surface de 26,79°C, elle a connu cette année son mois de juillet le plus chaud jamais enregistré, selon Mercator Océan International, opérateur du service Copernicus Marine de l’Union européenne.Si ces hausses de température ne sont pas nouvelles, le changement climatique les rend de plus en plus fréquentes, de plus en plus longues, de plus en plus extrêmes. Avec ses 25,46°C degrés sur la même période, la mer Noire laisse plus de temps aux professionnels pour s’adapter et la baie du cap Kaliakra (nord-est), protégée des courants, demeure privilégiée. En compagnie de ses six employés, Nayden Stanev est sur le pont dès l’aube pour récolter et livrer sa production alors que la saison bat son plein en cette fin du mois d’août.- Gestes ancestraux -Le téléphone de cet ancien commando de marine sonne sans interruption tandis qu’il prend les commandes sur un petit carnet. Ce jour-là, ce ne sont pas moins de dix tonnes de moules qu’il devra livrer.Des centaines de restaurants et les marchands locaux sont très demandeurs, mais aussi la Roumanie voisine. Après une courte traversée, l’équipage atteint les 200 hectares de champs de moules. A la surface flottent des bouées sombres auxquelles sont suspendus de longs filets sur lesquels elles croissent.Sans échanger un mot, les hommes travaillent avec des gestes ancestraux: l’un fait émerger les précieuses coquilles, l’autre les nettoie, un troisième les trie. Les sacs de 800 kilos s’empilent, des cormorans guettent les restes avant que le bateau ne revienne à quai en début d’après-midi, attendu par plusieurs camions frigorifiques. Quelques habitants patientent aussi, munis de seaux pour le dîner en famille. Malgré la bonne récolte, les experts invitent à la prudence. Ici non plus “la mer n’a pas le temps de refroidir, quand le réchauffement est prolongé”, déplore Radoslava Bekova, de l’institut d’océanologie à l’académie bulgare des sciences. “Fragilisée, la moule est vulnérable aux maladies” et l’année dernière, les pertes avaient été très lourdes, rappelle-t-elle.La production de moules dans l’UE est en baisse depuis 2018 tandis que la production mondiale a continué de croître, selon les données de l’Observatoire européen des marchés des produits de la pêche et de l’aquaculture (EUMOFA). En 2023, le volume récolté dans l’UE était inférieur d’environ 21% à celui de 2018.”Le passage durable des eaux à 26°C et plus — seuil de mortalité massive des moules — pendant les pics de demande perturbe la chaîne d’approvisionnement”, constate John A. Theodorou, professeur associé au département des pêches et de l’aquaculture de l’Université de Patras, en Grèce. “Le changement climatique frappe déjà à la porte des producteurs européens”. Dans ce tableau noir, les conchyliculteurs bulgares ont des raisons d’espérer.L’écart de températures “ouvre des débouchés à la moule de la mer Noire, moins exposée aux pressions environnementales”, estime M. Theodorou.Quelque 356.500 tonnes de moules ont été récoltées dans l’UE en 2023, pour une valeur d’environ 463 millions d’euros, d’après les données d’EUMOFA. L’Espagne arrivait en tête avec 155.700 tonnes, suivie de l’Italie (57.279) et de la Grèce (18.000). La Bulgarie représentait, elle, près de 1.100 tonnes. 

Budget: Yaël Braun-Pivet appelle à un accord autour de 35 milliards d’économies

La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a appelé dimanche le gouvernement de Sébastien Lecornu et les partis à chercher un accord autour “de 35 à 36 milliards” d’euros d’économies dans le projet de budget 2026, soit moins que les 44 milliards initialement prévus par François Bayrou.”Il faut discuter et donc il va falloir baisser cette ambition” d’économies, a reconnu sur LCI Yaël Braun-Pivet, qui a exprimé sa satisfaction après la décision du Premier ministre Sébastien Lecornu d’abandonner la suppression de deux jours fériés, mesure qui était destinée à augmenter les recettes de l’Etat. “Je pense que l’on peut arriver à un accord autour d’une somme qui sera un peu moindre (et) si on pouvait avoir une cible à 35/36 milliards, ça serait bien”, a-t-elle expliqué. “Maintenant, essayons de trouver le bon niveau qui nous permette de résorber cette dette et de nous inscrire dans une bonne trajectoire et d’être juste vis-à-vis de nos concitoyens”, a affirmé la présidente macroniste de l’Assemblée nationale.”Il faut de la justice fiscale, c’est important”, a-t-elle prévenu. “Il faut que tout le monde mette la main à la pâte pour que l’on puisse y arriver, patrons compris, entreprises comprises”, a affirmé Yaël Braun-Pivet, en réponse au patron du Medef Patrick Martin qui brandit la menace d’une “grande mobilisation patronale” si les impôts des entreprises étaient augmentés.Après la main tendue de Sébastien Lecornu à la gauche, en particulier au PS, elle a appelé le parti d’Olivier Faure à ne “pas avoir une attitude qui serait une attitude de blocage”.Elle a toutefois rejeté la proposition des socialistes d’appliquer la taxe Zucman sur les très hauts patrimoines, qui n’est “pas d’une bonne piste”.Hors de question également pour elle de revenir sur la réforme des retraites, mais elle a donné des pistes pour un compromis sur “la pénibilité et la carrières des femmes”. Elle a aussi refusé de revenir sur la politique de l’offre. “La France est redevenue le pays le plus attractif d’Europe parce que nous avons mené cette politique”, a-t-elle déclaré.

La Fête du sport étrennée dans un contexte budgétaire tendu pour le secteur

Laure et Florent Manaudou dans la Seine, un parterre d’athlètes et plus de 5.000 événements dans toute la France: la première Fête du sport dimanche veut instaurer un rendez-vous joyeux et populaire, malgré un contexte plombé par la crainte de coupes budgétaires supplémentaires.A la suite de la grande parade des athlètes des JO de Paris 2024 qui s’était déroulée le 14 septembre 2024 sur les Champs-Elysées, Emmanuel Macron avait proposé d’instaurer tous les ans, à cette date, une Fête du sport à l’image de la Fête de la musique (21 juin).Dimanche, dans tout l’Hexagone, plus de 5.000 animations, démonstrations, rencontres avec des athlètes et autres initiations gratuites sont proposées par 73 fédérations sportives.A Paris, la rue de Rivoli sera transformée entre 11H00 et 18H00 en “Boulevard du sport” sur plus de deux kilomètres, avec des espaces de démonstrations et de pratique pour petits et grands, en présence d’athlètes de renom comme Marie-José Pérec (athlétisme), Martin Fourcade (biathlon), Nikola Karabatic (handball) ou encore Sofiane Oumiha (boxe).Toujours dans la capitale, mais dans la Seine cette fois, “une course de légende” opposera en fin de journée dans le bassin Grenelle – l’un des trois sites de baignade dans le fleuve ouverts cet été au grand public – les nageurs Alain Bernard, Charlotte Bonnet, Jordan Coelho, Maxime Grousset, Camille Lacourt, Laure Manaudou, Florent Manaudou, Malia Metella et Yohann N’Doye-Brouard.Dans leur sillage, Maxime Grousset tentera ensuite de battre son record sur 100 mètres nage libre face à… Tony Estanguet en canoë.En début de soirée, cette première Fête du sport se conclura par l’ultime envol de l’année pour la vasque olympique.S’ils se disent “pleinement engagés pour la réussite” de cette Fête du sport, les Comités olympique et paralympique ont aussi dénoncé le fait que le sport, depuis les JO-2024, a “été fragilisé par les coupes budgétaires”, dans une tribune publiée vendredi et signée par leurs présidentes respectives Amélie Oudéa-Castéra et Marie-Amélie Le Fur.- “Pas le cœur à la fête” -Dans le plan de rigueur annoncé par l’ex-Premier ministre François Bayrou, les missions jeunesse et sport se voyaient rabotées de 17,6% pour l’année 2026, une annonce qui avait sidéré le monde du sport, dont le précédent budget avait déjà été bien rogné.”On n’a pas le cœur à la fête”, résumait vendredi auprès de l’AFP Mme Oudéa-Castéra, également ancienne ministre des Sports et des JO.Elle disait “espérer que dans le cadre de la nouvelle donne politique, on reviendra à plus de raison sur ce que doit être la contribution du sport” dans les coupes budgétaires pour 2026, ajoutant qu’elle “n’accepte pas qu’il y ait une trahison de l’héritage des Jeux” de Paris.Un appel au boycott de l’événement a d’ailleurs été lancé par le président PS du département de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, pour protester contre “le choix incompréhensible” du gouvernement “de réduire le budget du sport” et notamment l’exclusion des enfants de 6 à 14 ans du “pass Sport”, réservé désormais aux ados.La ministre démissionnaire des Sports Marie Barsacq a dit “comprendre la raison pour laquelle M. Troussel lance ce boycott puisque c’est un appel à prendre conscience que le sport compte dans le pays”, mais estime que “dans le contexte actuel, on a plutôt intérêt à installer ce rendez-vous annuel pour que le sport prenne sa place”. “Le soutien au sport ne passe pas que par le budget du ministère des Sports”, déclarait il y a quelques jours Mme Barsacq à l’AFP.

Budget: le Medef menace d’une “grande mobilisation patronale” si les impôts des entreprises augmentent

Le président du Medef, Patrick Martin, a prévenu samedi qu’une “grande mobilisation patronale” serait organisée si les impôts des entreprises étaient augmentés dans le cadre du budget 2026, et a dénoncé “une forme de spoliation” dans la taxe Zucman réclamée par la gauche.”Les entreprises ne peuvent pas supporter de nouveaux impôts ou des hausses d’impôts supplémentaires. Au contraire, il est même urgent de desserrer le frein à main pour relancer l’investissement”, a déclaré le dirigeant de la première organisation patronale française dans une interview publiée sur le site du Parisien. “Si les impôts augmentent, il y aura une grande mobilisation patronale”, “au-delà du Medef”, a-t-il ajouté, signalant des adhérents du Medef “très inquiets”. “On ne descendra pas dans la rue. On réunira massivement, comme ce fut le cas par le passé, sous forme de meeting, des milliers de chefs d’entreprise de tout profil, en termes de taille, de secteur d’activité, d’origine territoriale pour bien signifier que nous refusons d’être la variable d’ajustement de politiques qui nous paraissent contraires à la bonne marche de l’économie et à l’intérêt du pays, dans lequel nous jouons un rôle important”. Patrick Martin a souligné que les entreprises françaises étaient “les plus imposées parmi les pays de l’OCDE, déduction faite des aides qu’elles reçoivent”, avec “13 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires en 2025”. En contrepartie, il déplore que les entreprises n’ont pas vu se concrétiser la promesse d’une baisse de la CVAE, un impôt de production.   Parmi les lignes rouges du grand patron, qui avait été reçu vendredi soir par le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, figure notamment une taxe sur les très hauts patrimoines dite “Zucman” (du nom de l'”économiste Gabriel Zucman), réclamée par la gauche. “Ce serait un frein terrible à l’investissement et à la prise de risque pour les entreprises. La taxe Zucman intègre l’outil de travail dans le calcul du patrimoine, alors même que l’ISF ne le faisait pas! Pour certaines entreprises ― dans la tech notamment ― qui valent cher mais ne font pas encore de résultats ou ne distribuent pas de dividendes, instaurer cette taxe serait même une forme de spoliation et les condamnerait à la vente”, s’est-il insurgé.Plus généralement, Patrick Martin a estimé que les propositions budgétaires du PS auraient “un effet récessif” dans une conjoncture économique déjà difficile. “C’est presque une provocation pour les patrons de voir que l’État imagine augmenter la fiscalité sans chercher à baisser ses dépenses”, a-t-il lancé. Les économies doivent selon lui porter d’abord sur les dépenses sociales et les frais de fonctionnement, notamment des suppressions de postes de fonctionnaires. Il a rappelé que le Medef s’opposait à la suppression de deux jours fériés, une mesure sur laquelle Sébastien Lecornu est revenu samedi.L’U2P a aussi salué cette décision. “Cette suppression aurait mis à mal les secteurs de l’hôtellerie restauration et du tourisme (…). Par ailleurs la mesure consistant à demander à ceux qui travaillent de travailler plus sans gagner plus, est inacceptable”, a commenté auprès de l’AFP l’Union des entreprises de proximité, troisième organisation patronale représentative.”Demander aux entreprises de cotiser davantage sans garantie de revenus supplémentaires est une façon d’alourdir leurs charges”, a-t-elle ajouté.  

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Non-suppression des jours fériés: bonne nouvelle mais insuffisante pour CGT et CDFT

Le retrait de la proposition de suppression de deux jours fériés annoncé par le Premier ministre est une “première victoire” pour la CGT, une “première bonne nouvelle” pour la CFDT, qui reste insuffisante à leurs yeux.Sébastien Lecornu a annoncé samedi le retrait de cette proposition très critiquée et impopulaire, prévue par son prédécesseur François Bayrou.Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, premier syndicat de France, a salué “une première bonne nouvelle”. “Il reste beaucoup à faire pour équilibrer le budget”, a-t-elle cependant nuancé à l’AFP.”C’est une première victoire, ça confirme que nous sommes en position de force et ça nous motive encore plus pour renforcer la grève et les manifestations du 18 septembre”, a réagi de son côté Sophie Binet auprès de l’AFP.”Nous voulons battre le fer pendant qu’il est chaud, envoyer l’ensemble du musée des horreurs du budget Bayrou aux oubliettes de l’histoire et imposer nos priorités – à savoir la justice fiscale, l’abrogation de la réforme des retraites, de l’argent pour nos services publics et l’augmentation des salaires et des pensions”, a-t-elle énuméré.Ce retrait n’est donc “absolument pas suffisant” à ses yeux: “si le Premier ministre pense que le compte sera bon (…), il se met le doigt dans l’œil”. “C’est la première fois depuis huit ans de macronisme qu’on est à ce niveau de colère sociale, donc évidemment c’est bien d’arrêter de vouloir nous voler deux jours de travail mais là c’est toutes les autres mesures antisociales qui doivent être annulées”, a dit Mme Binet à l’AFP.Elle avait averti plus tôt dans la journée qu’elle attendait “des actes immédiats”, notamment sur la réforme des retraites, de la part du Premier ministre.Confirmant qu’elle serait reçue par Sébastien Lecornu “lundi à 11 heures”, la responsable syndicale a affirmé à la Fête de l’Humanité que pour cette rencontre “on va faire un QCM avec deux possibilités, oui, non”. “On va poser des questions très simples. Jour férié: oui, non, désindexation des retraites: oui, non, suppression des postes de fonctionnaires: oui, non, abrogation de la réforme des retraites: oui, non”, a-t-elle énuméré. “A la sortie, dès lors qu’on n’aura pas eu oui, ça voudra dire non, et qu’il faudra se mobiliser encore plus massivement”, a-t-elle ajouté.M. Lecornu avait promis “des ruptures” mardi, lors de sa première allocution en tant que Premier ministre.Il a commencé vendredi à consulter les partenaires sociaux, ouvrant le bal avec la CFDT qui a elle aussi réclamé des preuves de “rupture” avec les orientations budgétaires du gouvernement sortant.”La suspension de la réforme des retraites est impérative”, a de nouveau estimé samedi Marylise Léon. “Nous l’avions demandé avant le début des discussions en début d’année, nos conditions n’ont pas changé et le débat doit avoir lieu au Parlement”, a-t-elle dit. 

Dette: Fitch sanctionne la France pour ses incertitudes budgétaires

L’agence de notation Fitch a abaissé vendredi soir la note souveraine de la France, à A+, sanctionnant le pays pour son instabilité politique persistante et les incertitudes budgétaires qui contrarient l’assainissement de ses comptes publics très dégradés. Ouvrant le bal des revues d’automne des agences de notation, Fitch dresse un constat sévère de la situation des finances publiques dans la deuxième économie de la zone euro, quatre jours après la chute du gouvernement Bayrou et la désignation d’un nouveau Premier ministre, le troisième en un an.Pointant la “fragmentation et la polarisation croissante” de la politique, Fitch estime dans un communiqué que “cette instabilité affaiblit la capacité du système politique à mettre en oeuvre une consolidation budgétaire d’ampleur”. Elle juge improbable de ramener le déficit public sous 3% du PIB en 2029 comme l’ambitionnait le gouvernement sortant pour remettre la France dans les clous européens. Le ministre sortant de l’Economie, Eric Lombard, a dit prendre “acte” de la décision de l’agence. Pour François Bayrou, qui a dénoncé à l’envi la colossale dette française, “un pays que ses +élites+ conduisent à refuser la vérité est condamné à en payer le prix”. A l’opposé, Eric Coquerel, président LFI de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, voit dans cette dégradation le résultat de “deux mois (d’)un discours catastrophiste sur la situation financière du pays”.Nommé mardi à Matignon, Sébastien Lecornu est engagé dans une course contre la montre pour présenter dans les temps un budget 2026 qui puisse échapper à la censure des oppositions, notamment celle du PS qui réclame de revenir sur la réforme des retraites et de mettre en place une taxe Zucman sur les plus hauts patrimoines. Il a également commencé à consulter les partenaires sociaux, dans un climat social tendu qui se traduira par une journée intersyndicale de mobilisation le 18 septembre.Mais pour Fitch, les discussions sur le budget 2026 devraient réduire l’ampleur de l’effort budgétaire, voulu à 44 milliards d’euros par François Bayrou. De quoi compromettre l’objectif d’un déficit projeté à 4,6% l’an prochain: l’agence de notation le voit rester supérieur à 5% en 2026 et 2027. – Blocage -La France bénéficiait jusqu’ici d’une note d’un cran supérieur, AA-, avec une perspective négative qui ouvrait la porte à son abaissement. La nouvelle notation est assortie d’une perspective stable. Les finances publiques françaises sont parmi les plus détériorées de la zone euro: la dette atteignait 113,9% du PIB fin mars (soit 3.345,4 milliards d’euros) et le déficit était espéré à 5,4% du PIB en 2025 par le gouvernement Bayrou. Bien que la croissance pourrait atteindre 0,8%, l’économie souffre d’un manque de confiance généralisé, selon l’institut statistique (Insee).Selon Fitch, l’endettement de la France continuerait de gonfler jusqu’à 121% du PIB en 2027, “sans horizon clair de stabilisation” après cette année d’élection présidentielle, avec toujours le risque d’un blocage politique.A l’inverse, Fitch a salué le désendettement du Portugal et l’agence S&P Global le dynamisme économique de l’Espagne, naguère mauvais élèves européens, en relevant leur note. – “Un train de retard” -La dégradation de la note, qui mesure la capacité de la France à rembourser sa dette, marque un tournant pour le pays, même si elle devrait entraîner peu de conséquences immédiates pour Paris. Lui attribuant l’équivalent d’un 16/20, Fitch la fait en effet basculer dans la catégorie inférieure, de qualité “moyenne supérieure”, contre “bonne ou haute” jusqu’ici, ce qui pourrait conduire des investisseurs à vendre leurs titres de dette pour des placements moins risqués et entraîner des hausses de taux.Cela alourdirait encore plus les intérêts payés par la France pour rembourser sa dette, estimés à environ 55 milliards d’euros en 2025, alors que depuis la dissolution en juin 2024, la dette française se négocie déjà à un taux bien plus coûteux que la dette allemande, dépassant même l’espace d’une journée, mardi, celui de l’Italie. Mais “ce qui compte réellement, c’est la trajectoire des finances publiques et la capacité de l’Etat à tenir ses engagements”, souligne Lucile Bembaron, économiste chez Asterès: “les marchés ont déjà tiré leurs conclusions, là où les notations semblent avoir un train de retard”. Cet abaissement, le deuxième par Fitch depuis avril 2023, peut laisser préfigurer d’un mouvement similaire par les deux autres grandes agences mondiales de notation, Moody’s le 24 octobre et S&P le 28 novembre.  

Les partenaires sociaux à Matignon, l’attente de “rupture” et la mobilisation du 18 en toile de fond

Le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu a commencé à consulter les partenaires sociaux, à moins d’une semaine de la mobilisation intersyndicale du 18: comme les oppositions, la CFDT qui a ouvert le bal, a réclamé des preuves de “rupture” avec les orientations budgétaires du gouvernement sortant.  Si la secrétaire générale du premier syndicat français a trouvé Sébastien Lecornu “à l’écoute”, Marylise Léon a profité de cet entretien pour réaffirmer sa ferme opposition à la suppression de deux jours fériés et à la relance du conclave sur les retraites, une idée “définitivement enterrée” par la CFDT, a-t-elle dit en sortant de Matignon à la mi-journée.”Il n’y a pas eu de terrain d’atterrissage au moment de la fin du conclave, donc on ne reprend pas les discussions”, a-t-elle résumé, à l’issue d’une heure et demie de discussions.Alors que le nouveau Premier ministre a prôné des “des ruptures” sur la forme et le fond, la suppression des deux jours fériés, la plus inflammable des mesures d’économie annoncées par François Bayrou cet été, pourrait être abandonnée. Le nouveau locataire de Matignon “a dit qu’il répondrait sur ce sujet prochainement”, a sobrement dit Marylise Léon à la presse.Y aura-t-il une reprise dans un autre cadre que le conclave des négociations sur la réforme des retraites ? Selon elle, Sébastien Lecornu “n’a pas donné de position sur ce qu’il allait donner comme suite sur le sujet des retraites”.La CFDT est l’un des trois syndicats à avoir discuté jusqu’au terme du conclave lancé par François Bayrou, pour tenter d’amender l’impopulaire réforme des retraites de 2023. Les négociations avaient pris fin sur un constat de désaccord avec le patronat concernant les modalités de prise en compte de la pénibilité.- Avant ou après le 18 -Les rencontres bilatérales à Matignon doivent se poursuivre avec le président du Medef vendredi à 19H45, avant la CGT, la CFTC et la CFE-CGC lundi et les deux organisations patronales CPME et U2P, lundi et mardi. Le chef de file de FO, Frédéric Souillot, a quant à lui accepté de rencontrer M. Lecornu mais après le 18 septembre, date de la journée intersyndicale de grèves et manifestations.Elle mettra à nouveau les autorités sous pression, après la participation de 197.000 personnes, selon le ministère de l’Intérieur, à la journée du 10 pour demander la fin de l’austérité budgétaire, l’abrogation de la réforme des retraites ou encore plus de justice fiscale.La cheffe de file de la CGT Sophie Binet a appelé de ses vœux “encore plus de manifestations et de grèves” le 18 que le 10. “Nous avons réaffirmé que nous étions plus que jamais motivés pour aller dans la rue et que nous réussirons la mobilisation du 18 septembre”, a assuré Marylise Léon vendredi.  Le Premier ministre “n’a pas démenti qu’il pourrait y avoir un certain nombre (…) de travaux, sur une contribution des plus hauts revenus”, selon des modalités encore floues, a-t-elle évoqué, tout en demandant des “preuves” de la “rupture”.Côté politique, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel a expliqué vendredi lors de la Fête de l’Humanité que son parti ne censurerait pas Sébastien Lecornu “a priori” mais qu’il le ferait “sans marque profonde d’un changement de politique”, disant lui avoir fait “des demandes sur l’augmentation des salaires, l’abrogation de la réforme des retraites et la diminution des aides accordées aux grosses entreprises”. Le PS propose, lui, de revenir sur la réforme des retraites et de mettre en place une taxe Zucman sur les plus hauts patrimoines, deux lignes rouges pour le bloc central.Le numéro un de la CFTC, Cyril Chabanier, entend rappeler lundi au Premier ministre “qu’il ne peut pas repartir sur la même page (budgétaire, NDLR) que l’ancien Premier ministre” car “les efforts reposaient trop sur les travailleurs, les chômeurs, les retraités”. 

Wall Street reprend son souffle après de nouveaux records

La Bourse de New York marque une pause vendredi après avoir touché des sommets la veille, poussée par les perspectives de baisses de taux de la banque centrale américaine (Fed).Vers 13H45 GMT, le Dow Jones reculait de 0,13%, tandis que l’indice Nasdaq (+0,07%) et l’indice élargi S&P 500 (-0,04%) étaient proches de l’équilibre.La veille, les trois indices vedettes de la place new-yorkaise ont touché des records en clôture. “Le marché fait une petite pause” vendredi et “nous observons quelques prises de bénéfices”, commente auprès de l’AFP Steve Sosnick, d’Interactive Brokers.”La raison pour laquelle nous avons enregistré une progression hier s’explique par (…) les espoirs de baisse des taux” en raison du ralentissement du marché de l’emploi aux Etats-Unis, poursuit l’analyste.La veille, les demandes hebdomadaires d’allocations chômage ont accéléré à 263.000, un chiffre plus vu depuis 2021 alors que les analystes s’attendaient à une stabilisation.Ces chiffres viennent s’ajouter à des créations d’emplois atones.La grande majorité des acteurs du marché estiment ainsi que la Réserve fédérale baissera ses taux d’un quart de point lors de sa prochaine réunion prévue les 16 et 17 septembre.La Fed dispose toutefois d’un double mandat: elle doit certes veiller à ce que le marché de l’emploi reste dynamique, mais aussi maintenir l’inflation proche de 2% sur le long terme.Aussi, Steve Sosnick n’est pas convaincu que l’institution s’engagera dans un nouveau cycle de baisse des taux sur le long terme, car “l’inflation a très légèrement augmenté”.L’indice des prix à la consommation d’août, publié jeudi, est ressorti en hausse de +0,4% sur un mois, après +0,2% en juillet, selon le ministère américain du Travail, soit légèrement au-dessus des attentes du marché.La journée sera pauvre en nouvelles économiques, mis à part la publication d’un indice sur la confiance des consommateurs américains à 14H00 GMT.Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d’Etat américains à échéance 10 ans se tendait à 4,06% vers 13H45 GMT contre 4,02% la veille en clôture.A la cote, l’éditeur de logiciels Adobe reculait (-1,42% à 345,58 dollars) malgré des résultats meilleurs qu’attendu pour le troisième trimestre, profitant notamment de ses investissements dans l’intelligence artificielle (IA).Le groupe de médias Warner Bros Discovery poursuivait son ascension (+9,71% à 17,74 dollars) après des informations de presse publiées la veille assurant que son concurrent Paramount Skydance pourrait le racheter, et former ainsi un mastodonte du divertissement.Selon le Wall Street Journal, Paramount Skydance (Nickelodeon, MTV, Paramount) serait prêt à s’emparer de la majorité des actions du conglomérat rassemblant entre autres le studio de cinéma Warner Bros et les chaînes de télévision HBO et CNN. Le spécialiste des serveurs et des infrastructures d’informatique à distance Super Micro Computer était recherché (+2,30% à 44,96 dollars) après avoir annoncé qu’il commençait à livrer des systèmes équipés de puces Nvidia, considérées comme hautement performantes.Les investisseurs surveilleront vendredi l’introduction en Bourse de la plateforme Gemini, spécialisée dans les cryptomonnaies et fondée en 2014 par les frères jumeaux Cameron et Tyler Winklevoss, rendus célèbres par le film “The Social Network” sur la naissance de Facebook. Gemini espère de lever plus de 300 millions de dollars.La chaîne de cafés Black Rock Coffee Bar et le spécialiste des technologies pour les réseaux de transports en commun Via Transportation devraient aussi faire leur début à Wall Street. 

LGV Sud-Est: retards après un vol de câbles, retour à la normale vers 18h

SNCF Réseau a annoncé, vendredi, avoir été victime d’un vol de câble près du Creusot, en Saône-et-Loire, qui “perturbe les circulations sur la LGV Sud Est”, “envisageant” une reprise normale du trafic vers 18h. “Les trains continuent toutefois de circuler mais certains passent à vitesse réduite sur la zone pendant les travaux. D’autres sont détournés sur la ligne classique mais nous essayons d’en faire passer le maximum sur la LGV”, a indiqué à l’AFP SNCF Réseau. “Les équipes de renforts, agents câbliers et télécoms de SNCF Réseau sont déjà en train de réparer. Une quinzaine d’agents sont sur place”, assuré la compagnie, promettant un retour à la normale vers 18h. “Des perturbations sont toutefois à prévoir jusqu’en fin de soirée en raison des retards depuis le début de la journée”, précise-t-elle.