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Pétrole: l’Opep+ augmente légèrement sa production pour le mois de novembre

Ryad, Moscou et six autres membres de l’Opep+ ont décidé lors d’une réunion en ligne dimanche d’augmenter leurs quotas de production pour le mois de novembre, dans le sillage de leur stratégie de reconquête de parts de marché adoptée depuis avril.”Les huit pays participants ont décidé de mettre en œuvre un ajustement de la production de 137.000 barils par jour” en novembre par rapport au niveau de production requis en octobre, a précisé l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) via un communiqué. Il s’agit d’une augmentation plus modérée que certains ne le prédisaient, décidée afin d’éviter une dégrindolade des cours face à une demande en berne.Le groupe des huit “a agi avec prudence après avoir constaté à quel point le marché était devenu nerveux” face aux rumeurs de presse qui évoquaient la possibilité d’une hausse bien plus importante, de 500.000 barils par jour, confirme auprès de l’AFP Jorge Leon, analyste de Rystad Energy.L’Opep+ “calme les esprits, pour l’instant”, estime M. Leon, mais le “groupe évolue sur une corde raide entre le maintien de la stabilité des prix et la reconquête de parts de marché” dans un contexte d’excédent de l’offre par rapport à la demande. En quelques mois, l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, les Emirats arabes unis, le Koweït, le Kazakhstan, Oman et l’Algérie ont déjà rehaussé leurs quotas de plus de plus de 2,5 millions de barils par jour (mb/j).Un rythme que personne n’anticipait en début d’année de la part du cartel qui avait longtemps lutté contre l’érosion des prix en organisant une raréfaction de l’offre via plusieurs coupes de production. – Une demande qui ne suit pas -L’Opep+ a en effet changé de stratégie depuis avril et favorise désormais le gain de parts de marché face à la concurrence d’autres pays, la “production des Etats-Unis, du Brésil, du Canada, de la Guyana et de l’Argentine atteignant ou (étant) proche de ses plus hauts historiques”, précisait l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son dernier rapport mensuel sur le pétrole.Cette situation contraste fortement avec une demande d’or noir “largement inchangée”, selon l’AIE, qui attend une croissance d’environ 700.000 barils par jour en 2025 et en 2026.L’Opep elle-même, généralement plus optimiste dans ses rapports, table sur une demande pétrolière mondiale qui devrait augmenter de 1,3 mb/j en 2025 et de 1,4 mb/j en 2026.Dans ce contexte, le baril de Brent, référence mondiale pour le brut, évoluait sous les 65 dollars vendredi, une perte d’environ 8% en une semaine, plombé par la crainte d’une hausse de production importante de la part du cartel. – Un moindre mal pour la Russie -Pour la Russie, deuxième plus gros producteur de l’Opep+ derrière l’Arabie saoudite, l’ajout de 137.000 barils par jour est encore “gérable”, estime Jorge Leon, précisant qu’une hausse trois ou quatre fois supérieure à cela aurait été “difficile pour le pays” et aurait questionné la cohésion de l’Opep+. La Russie dépend des prix élevés pour financer sa machine de guerre ccontre l’Ukraine et contrairement à Ryad, le Kremlin possède un potentiel limité de hausse de sa production en raison des pressions américaines et européennes sur son secteur pétrolier.La Russie qui produit “autour de 9,25 millions de barils par jour” actuellement, disposerait d’une “capacité de production maximum de 9,45 mb/j” contre environ 10 mb/j avant la guerre, affirme Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler, à l’AFP.En outre, les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes se sont intensifiées depuis août, provoquant aussi “l’augmentation des exportations de pétrole brut russe, car celui-ci ne peut être utilisé dans le pays”, affirme Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. Ce qui rend le pays encore plus dépendante de la vente à l’étranger de son or noir. 

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Contrôleurs aériens français: le principal syndicat suspend son préavis de grève des 7, 8 et 9 octobre

Le principal syndicat des contrôleurs aériens français “suspend son préavis de grève des 7,8 et 9 octobre”, à l’issue de consultations avec la Direction générale de l’aviation civile, a annoncé le SNCTA samedi sur son site.Cette décision de levée de son préavis, après un premier report en septembre, intervient après une “conciliation” et “compte tenu des accords trouvés” avec la direction, que le syndicat ne détaille pas à ce stade.Le Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA) “invite chaque contrôleur à annuler au plus tôt sa (ses) déclaration(s) préalable(s)”.Le ministère des Transports “accueille positivement, dans l’intérêt des passagers, des compagnies aériennes et des aéroports, la levée du mouvement de grève”, selon un communiqué publié dans l’après-midi.”Les échanges doivent se poursuivre afin d’améliorer la performance du contrôle aérien français, qui reste aujourd’hui en-deçà des attentes”, précise le ministère.Pau avant, la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) s’était félicitée dans un communiqué de la suspension de ce préavis. Elle demandait “instamment que les passagers et les compagnies aériennes qui les transportent ne soient pas les boucs émissaires de ces appels à la grève à répétition” et souhaitait “qu’un vrai dialogue constructif s’établisse entre les contrôleurs et la Direction des services de la navigation aérienne”.Joint par l’AFP, le bureau national du SNCTA a expliqué avoir “pu avancer sur des sujets internes” et discuté “de manière apaisée avec l’ensemble des interlocuteurs”, sans plus de précisions.- “Dialogue social classique” -“Nous avons eu un dialogue social constructif et les annonces du Premier ministre – avec le dépôt prochain d’un projet de loi de finances qui pourra être débattu au Parlement – font que le contexte politique ne se prête plus à ce qu’on traite ça dans dans le cadre d’un préavis de grève”, a-t-on ajouté.La discussion se poursuit donc “dans le cadre du dialogue social classique”, a indiqué le bureau national. “Aucune nouvelle date de préavis n’est prévue”, a-t-on précisé.Le Premier ministre Sébastien Lecornu a renoncé vendredi à recourir à l’article 49.3 de la Constitution qui lui aurait permis de faire adopter un budget 2026 sans vote, redonnant ainsi la main au Parlement – sans pour autant écarter les menaces de censure.M. Lecornu a estimé vendredi soir qu’il n’y avait “plus aucun prétexte pour que ces débats (parlementaires) ne démarrent pas la semaine prochaine”. Le gouvernement doit présenter son projet de budget pour 2026 au plus tard mi-octobre, pour espérer respecter les délais constitutionnels.Le SNCTA, qui représente 60% des voix dans la profession, demande depuis des semaines le “rattrapage intégral de l’inflation” en matière salariale pour 2024, mais aussi une évolution de la gouvernance de la profession, qu’ils jugent “marquée par de la défiance, des pratiques punitives et des méthodes managériales dégradantes”.Mi-septembre, le syndicat avait reporté sa grève initialement prévue le 18, jour de mobilisation nationale, estimant n’avoir pas d’interlocuteur pour faire “aboutir les revendications du niveau ministériel”.Fin août, le ministre des Transports Philippe Tabarot avait déclaré qu’il ne cèderait pas face à l’appel à la grève du SNCTA (du 18 septembre), le jugeant “d’autant plus inopportun” qu’il intervenait “dans un contexte politique incertain”, à quelques jours de la chute du gouvernement de François Bayrou.

Wall Street reste prudente à l’entame de la réunion de la Fed

La Bourse de New York a ouvert en petite hausse mardi, attentiste au premier jour de la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed), à l’issue de laquelle les investisseurs attendent une première baisse des taux de la banque centrale américaine depuis décembre 2024.Dans les premiers échanges, le Dow Jones grappillait 0,04%, l’indice Nasdaq prenait 0,22% et l’indice élargi S&P 500 gagnait 0,14%.

Intoxications et “odeurs nauséabondes”: un Burger King fermé en Franche-Comté

Les services de l’Etat ont ordonné la fermeture d’un restaurant rapide Burger King à Lure, en Haute-Saône, à la suite de “plusieurs cas d’intoxication alimentaire chez des convives”, et d’inspections ayant révélé des problèmes d’hygiène et des “odeurs nauséabondes”, a annoncé mardi la préfecture. Cette mesure est justifiée par des “faits graves, susceptibles de présenter un risque pour la santé des consommateurs” fréquentant ce restaurant situé dans une zone commerciale, en périphérie de cette ville de 8.000 habitants, a expliqué dans un communiqué le préfet de Haute-Saône, Serge Jacob.Les inspecteurs qui se sont rendus sur place lundi “ont constaté plusieurs manquements graves”, tels qu’une “absence d’hygiène des locaux, des équipements et des enceintes réfrigérées”, des “odeurs nauséabondes dans les locaux de préparation” et une “incapacité du personnel à assurer la salubrité des denrées alimentaires”, détaille la préfecture.L’établissement ne pourra rouvrir que lorsque les inspecteurs de la direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP) auront constaté que toutes les “mesures correctives” nécessaires auront été mises en oeuvre, ont encore indiqué les services de l’Etat.Contactée, la communication de Burger King a indiqué qu’elle réagirait plus tard dans la journée.

Ariane 6: moins de lancements en 2025, équilibre à trouver entre Amazon et ambitions européennes

Ariane 6 décollera cette année moins que prévu, mais pourrait signer sa première mission pour la constellation Kuiper d’Amazon, son principal client commercial dont le poids dans le carnet de commandes interroge sur la vocation de la fusée européenne, symbole de la souveraineté spatiale retrouvée. Le nombre de lancements d’Ariane 6 a été revu à la baisse de cinq à quatre pour 2025, a annoncé mardi le patron d’Arianespace David Cavaillolès tout en dédramatisant la situation. “Ce n’est pas une mauvaise nouvelle (…). Ce qui compte, ce n’est pas que nous en fassions un de moins, mais que nous (en) confirmions quatre, ce qui représente l’une des montées en puissance les plus rapides jamais réalisées” après le vol inaugural d’Ariane 6 en juillet 2024, a-t-il déclaré au cours d’un petit-déjeuner de presse en marge de la semaine internationale de l’espace (WSBW) à Paris. En 2026, “ce sera plus ou moins le double”, a-t-il poursuivi.La prochaine mission enverra un satellite Sentinel pour le programme Copernicus d’observation de la Terre de l’Union européenne dont la date sera annoncée “plus ou moins un mois avant le vol”, a dit le responsable. “Le satellite est arrivé à Kourou, les opérations ont commencé. Jusqu’à présent, aucun problème dans cette campagne”.- Kuiper comme entraînement pour Iris²- Le dernier lancement de l’année pourrait concerner soit la constellation européenne de navigation Galileo, soit le premier vol pour la constellation Kuiper d’Amazon, un client majeur d’Ariane 6, qui a sécurisé 18 lancements sur une trentaine dans le carnet de commandes.Ce poids alimente les craintes de voir un lanceur conçu pour garantir la souveraineté spatiale européenne dépendre d’un client commercial étranger.Interrogé par l’AFP sur la question de savoir si miser sur Kuiper n’était pas contradictoire avec la logique d’un lanceur européen souverain, David Cavaillolès a estimé que cette expérience était “très utile pour l’avenir”.”A travers Kuiper, nous apprenons à déployer une mégaconstellation et il y aura très probablement de plus en plus de projets comme celui-ci”, dont la constellation Iris², un projet phare de l’Union européenne qui vise à assurer une connectivité sécurisée et souveraine et dont le déploiement est prévu à partir de 2029. “Je ne vois aucune contradiction entre faire Kuiper et demain Iris², OneWeb (constellation commerciale de satellites en orbite basse) ou autre”, a-t-il dit. A ce stade, près des deux tiers des clients d’Ariane 6 sont commerciaux, a souligné le patron d’Arianespace. “Nous faisons le maximum pour conserver le pilier institutionnel, car c’est notre ADN, c’est un vecteur de souveraineté et de pouvoir” tandis que le volet commercial est “un levier de soft power”. “Je tiens à conserver les deux dimensions”, a-t-il insisté.- Trop cher -Augmenter le nombre de satellites par lancement n’est pas actuellement à l’ordre du jour en raison de la complexité de telles missions et du manque de réglementation, a souligné David Cavaillolès.”Peut-être que dans deux ou trois ans, si nous lançons un satellite de type Sentinel, nous pourrons en embarquer d’autres. Pour l’instant, nous nous concentrons sur l’exécution de la mission principale”, insiste-t-il. Quant aux critiques concernant le prix des lancements d’Ariane 6, beaucoup plus élevés que ceux de fusées réutilisables menés par SpaceX d’Elon Musk, David Cavaillolès a refusé de donner des estimations précises tout en rappelant que les premiers exemplaires du lanceur étaient toujours “plus coûteux à produire”. “Aujourd’hui, nous signons des contrats, ce qui signifie que nous sommes sur le marché. Mais il y a clairement un défi pour voir comment les prix évoluent en fonction du succès ou non d’autres lanceurs”, a-t-il admis. Depuis une décennie, la révolution des lanceurs réutilisables menée par SpaceX a profondément transformé le secteur. Pour l’Europe, la question des coûts est devenue centrale pour rester compétitive face à des acteurs privés agressifs, mais aussi pour préserver un accès souverain à l’espace qui ne saurait être fragilisé par une dépendance aux prix du marché.

Un an après, l’Europe peine à appliquer l’électrochoc prescrit par Mario Draghi

“Notre modèle de croissance s’érode, nos vulnérabilités s’accroissent, le financement des investissements requis n’est pas clairement tracé”.Un an après la remise d’un rapport choc qui mettait en garde contre le “décrochage” économique du Vieux continent face aux Etats-Unis et à la Chine, Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne, a exhorté mardi l’Europe à sortir de sa “lenteur” et mener des réformes pour redresser sa compétitivité. Invité par la Commission européenne à dresser un premier bilan, douze après la remise de ses préconisations, l’économiste italien et ancien président de la Banque centrale européenne n’a pas mâché ses mots.Tout en saluant la détermination à agir de la Commission, qui avait endossé son diagnostic et a lancé depuis de multiples initiatives inspirées de ses recommandations, le professeur Draghi a jugé que “les entreprises et les citoyens (…) sont déçus par la lenteur de l’Europe, et son incapacité à aller aussi vite” que les Etats-Unis ou la Chine.”L’inaction menace non seulement notre compétitivité, mais également notre souveraineté”, a-t-il prévenu, regrettant que “les gouvernements n’aient pas conscience de la gravité de la situation”.- Progrès “mitigés” -Selon les calculs du centre de réflexion bruxellois EPIC, seulement 11% des 383 recommandations faites par M. Draghi dans son rapport sur “l’avenir de la compétitivité européenne” ont été mises en oeuvre totalement, et environ 20% de manière partielle.Les économistes de Deutsche Bank Marion Muehlberger et Ursula Walther jugent également dans une note que “les progrès dans l’ensemble sont mitigés”, avec des “réformes substantielles” mises en oeuvre ou engagées, mais sans qu’il y ait de quoi bouleverser la donne à ce stade.Parmi les principales avancées, la relance de l’industrie de défense. L’urgence de réarmer l’Europe face à la menace russe a poussé les 27 à se lancer dans un effort de réindustrialisation collectif, avec une agilité remarquée. La semaine dernière, la Commission a ainsi annoncé avoir alloué 150 milliards d’euros de prêts à 19 pays, dans le cadre d’un ensemble de mesures visant à mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros.L’Europe s’est également dotée d’une plateforme commune pour sécuriser ses approvisionnements en matières premières “critiques”, et a multiplié les initiatives dans le domaine de l’intelligence artificielle.Autant de réalisations mises en avant par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, qui, en recevant Mario Draghi, a reconnu la nécessité d’aller plus vite pour redresser la barre.- “Sentiment d’urgence” -Elle a assuré que la commission “maintiendra sans relâche le cap jusqu‘à ce que tout soit accompli”, et à enjoint les autres institutions européennes à se joindre au mouvement, en particulier le Parlement, qui n’a toujours pas adopté une série de lois de simplification réglementaire dites “Omnibus”.”Nous avons besoin d’une action urgente pour faire face à des besoins urgents, car nos entreprises et nos travailleurs ne peuvent plus attendre”, a-t-elle exhorté.Selon Deutsche Bank, ces mesures de simplifications pourraient faire économiser de l’ordre de 9 milliards d’euros par an aux entreprises européennes.La cheffe de l’exécutif européen appelle aussi à mettre en oeuvre “avec un sentiment d’urgence” le parachèvement du marché unique, un vaste projet consistant à lever d’ici 2028 de multiples barrières internes qui continuent de freiner l’activité économique dans de nombreux secteurs. D’après le Fonds monétaire international, ces entraves représentent l’équivalent de 45% de droits de douane sur les biens, et de 110% sur les services.Pour Simone Tagliapietra, expert à l’institut Bruegel, “le message de M. Draghi est très clair: soit l’Europe change de modèle économique, soit elle est condamnée à périr”. Et cela s’adresse en priorité aux Etats membres, là où réside selon lui le principal obstacle aux réformes.

La Bourse de Paris prudente avant la Fed

La Bourse de Paris évolue en repli mardi, à l’entame des deux jours de réunion du comité monétaire de la banque centrale américaine (FOMC), le marché anticipant une première baisse des taux d’intérêt de la puissante institution américaine.L’indice vedette CAC 40 reculait de 22,04 points (-0,28%) à 7.874.89 points vers 09H40. Lundi, il a gagné 71,69 points (+0,92%), à 7.896,93 points.Les investisseurs s’attendent à ce que la banque centrale américaine procède à une baisse de 25 points de base (-0,25%) de ses taux d’intérêt, qui sont dans une fourchette comprise entre 4,25% et 4,50% depuis décembre 2024.L’issue de la réunion sera connue mercredi soir et le discours du président de l’institution monétaire américaine “sera scruté mot à mot pour savoir si le cycle de baisse est ponctuel ou s’il ouvre la voie à une série de coupes”, résume John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank, dans une note.Les investisseurs seront aussi très attentifs à l’actualisation des anticipations de court et moyen termes des membres de la Fed en matière d’évolution des taux.Le mandat du président de la Fed, Jerome Powell, est clair: fixer les taux d’intérêt de façon à ce que l’inflation reste stable (autour de 2%) et que le plein-emploi soit assuré aux Etats-Unis. Or, le marché de l’emploi se fragilise mais l’inflation demeure au-dessus de l’objectif de 2%, rendant l’équilibre entre les deux éléments difficile à trouver.Pour autant, “le marché du travail américain s’avère bien plus faible que ce que les marchés anticipaient” et “cette détérioration est la principale raison pour laquelle la Fed devrait à nouveau réduire ses taux”, marquant “un changement de priorité pour ce double mandat de la Fed”, estime Carlos de Sousa, gérant de portefeuille de Vontobel.C’est aussi sans compter sur la très forte pression politique que reçoit la banque centrale américaine de la part du président Donald Trump qui réclame à cor et à cri des baisses de taux depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier. Jerome Powell est “pris en étau entre la pression politique de la Maison-Blanche, les attentes des investisseurs et le scepticisme” des présidents des antennes régionales de la banque centrale américaine, en désaccord sur l’ampleur des baisses des taux auxquelles l’institution monétaire devrait procéder, explique M.Plassard.Le taux d’emprunt français au-dessus de l’italienSur le marché obligataire, le taux de l’emprunt français à dix ans évoluait à 3,47% vers 09h40, après avoir clôturé la veille à 3,48%, “au-dessus de son équivalent italien pour la première fois depuis 1999” qui, lui, a terminé à 3,47%, soulignent les économistes de Deutsche Bank. Ce dernier évoluait à 3,47% vers 09H40.

“Il n’y a rien ici”, faute d’emplois, les jeunes Népalais contraints à l’exil

“Il n’y aura bientôt plus de jeunes pour porter nos cercueils”, se lamente l’élu d’un village népalais frappé par l’exode de la “Génération Z”, qui a manifesté la semaine dernière pour protester contre la corruption et le chômage.”Au moins 25% de nos jeunes sont déjà partis, laissant derrière eux des maisons vides (…) les personnes âgées se retrouvent seules”, explique Shyam Bahadur Khatri, 69 ans. A une heure de route de Katmandou, Pharphing concentre les difficultés qui ont conduit la jeunesse népalaise à laisser éclater sa colère.Selon le dernier bilan officiel, la répression des manifestations puis les émeutes qui ont causé la chute, la semaine dernière, du gouvernement se sont soldées par au moins 72 morts.Des nombreuses revendications des protestataires, l’accès à l’emploi arrive en tête.Les dernières estimations de la Banque mondiale révèlent que plus de 20% des 15-24 ans étaient au chômage en 2024.Faute d’usines, les jeunes de Pharping travaillent dans l’agriculture comme saisonniers, guère plus de deux mois par an. “Ils n’ont pas d’autre choix que de s’exiler”, résume M. Khatri.Agé de 31 ans, Santosh Sunar a déjà travaillé un temps à Bangalore, dans le sud de l’Inde. Faute d’avoir trouvé un emploi au pays, il sait qu’il devra sûrement repartir à l’étranger.”C’est difficile de vivre loin de ma femme”, serveuse à Dubaï, “et ce sera encore plus dur de quitter ma mère et ma fille”, anticipe déjà le père de famille.   “Mais il n’y a aucune opportunité ici, même après des études”, insiste Santosh Sunar, “partir n’est pas un choix mais une question de survie”.- “Pas d’autre choix” -Chaque année, des centaines de milliers de Népalais sont contraints de s’expatrier pour trouver du travail en Inde ou au Moyen-Orient. L’an dernier, ce nombre a atteint 839.000, selon les statistiques du gouvernement népalais.Les transferts de fonds depuis l’étranger sont devenus vitaux pour l’économie du Népal.En 2024, ils ont représenté un tiers de son produit intérieur brut, soit le quatrième taux le plus élevé au monde, selon la Banque mondiale.A la tête du nouveau gouvernement provisoire chargé de mener le pays à des élections en mars prochain, l’ex-cheffe de la Cour suprême, Sushila Karki, s’est engagée à répondre aux revendications des jeunes contestataires. “Je ne suis pas allé à Katmandou (pour manifester) mais je soutiens pleinement leurs revendications”, affirme Santosh Sunar.Sa mère, Maiya Sunar, 48 ans, ne cache pas sa tristesse à l’idée de voir son fils repartir. “Je comprends”, s’empresse-t-elle d’ajouter, “les jeunes n’ont pas d’autre choix”.Kamala Sunar, sa voisine de 40 ans, s’apprête elle aussi à voir sa fille aînée Rakshya, 27 ans, mère célibataire d’une fillette de deux ans, prendre la route de l’exil.Sa cadette, Diksha, 24 ans, vit déjà à Dubaï où elle est femme de ménage.”Elle m’a conseillé de ne pas suivre son exemple car les horaires sont très lourds et les conditions de vie difficiles”, explique Rakshya. “Mais quelle vie puis-je offrir à ma fille ici ? Il n’y a rien”.”Si je travaille dur quelques années et que j’économise de l’argent pour lui payer des études”, veut croire la jeune femme, “elle aura peut-être un avenir meilleur”.

A Lagos, mourir par manque d’ambulances et excès d’embouteillages

Une centaine d’ambulances pour plus de 20 millions d’habitants : à Lagos, il n’est pas rare de mourir avant l’arrivée des secours ou coincé dans les embouteillages monstres qui paralysent la capitale économique du Nigeria.La maman de Michelin Hunsa a survécu, mais retrouvée inconsciente par ses voisins, elle a d’abord attendu plus de deux heures pour une ambulance et à l’arrivée, le médecin a diagnostiqué “une hémorragie cérébrale”.”C’est un problème grave, on a attendu beaucoup trop longtemps”, se lamente la jeune femme de 25 ans, désemparée, devant un hôpital public.Contrairement aux personnalités publiques escortées par des voitures de sécurité privée ou la police qui leur ouvrent la voie, les ambulanciers ne peuvent compter que sur eux-mêmes.Lagos ne dispose quasiment pas de voies réservées aux véhicules d’urgence et malgré leurs sirènes, les raccourcis, leurs talkies-walkies reliés à des mégaphones et une conduite agressive, ils peinent à se frayer un chemin.”La plupart des gens ne veulent pas céder le passage, ce qui affecte notre temps d’intervention”, explique Opeyemi Queen Soetan, 33 ans, ambulancière depuis neuf ans.”Quand on est coincé dans les embouteillages et que l’état du patient se dégrade, c’est frustrant. Vraiment frustrant”, poursuit-elle.Certains automobilistes comme Anthony Folayinka, estiment que les ambulances utilisent leurs sirènes sans raison. “Je suis sûr que la plupart du temps, ils ne transportent pas de vrais cas d’urgence, c’est pourquoi je ne me bouge pas”, explique le chauffeur de VTC de 38 ans. Derrière le volant, l’ambulancier Saheed Ayandeji, 42 ans, confie que le plus difficile, ce sont “les heures de pointe”, généralement entre 6h00 et 8h00 le matin, et entre 16h00 et 18h00 l’après-midi.L’Etat de Lagos fournit “35 ambulances” publiques, a indiqué à l’AFP Olusegun Ogboye, secrétaire permanent du ministère de la Santé de la mégalopole, auxquelles s’ajoutent “80 à 90 ambulances” appartenant à des sociétés privées.Soit un ratio d’une ambulance pour 200.000 habitants. – Objectif: 8 minutes -Depuis sa création en 2021, Eight Médical assure le fonctionnement continu de 34 ambulances, jour et nuit.”Le nom fait référence au délai idéal de 8 à 10 minutes recommandé par les experts pour intervenir en cas d’urgence. À Lagos, nous en sommes encore loin, mais c’est l’objectif visé avec mon équipe”, détaille Ibukun Tunde Oni, 36 ans, fondateur de cette start-up et médecin généraliste de formation.Deux de ses oncles sont morts il y a quelques années, l’un d’une crise cardiaque pendant les fêtes de Noël, et l’autre d’une crise d’asthme dans une ambulance. Marqué par ces deux événements, il a aussi été victime d’un accident de la route et attendu l’ambulance trois heures sur la chaussée.Aucune donnée n’est disponible sur le nombre de patients décédés à cause de la circulation chaotique à Lagos.  Mais il y en a “beaucoup car 100 ambulances pour Lagos ce n’est pas assez”, estime M. Oni. La forte croissance démographique de la mégapole rend la situation encore plus critique.Lagos sera peuplée de 88 millions d’habitants en 2100, ce qui en fera la ville la plus peuplée du monde, d’après une étude du Global Cities Institute de Toronto.Outre le manque de véhicules, les services d’urgences médicales doivent aussi composer avec le mauvais état des routes et la pénurie de personnel médical exacerbée par la crise économique et les piètres conditions de travail.La mauvaise coordination entre hôpitaux et services d’ambulances complique également la connaissance en temps réel des lits disponibles pour l’hospitalisation.En 2022, les autorités de Lagos ont mis en place un bateau-ambulance et une clinique flottante, permettant de desservir “15 des 20 collectivités locales via les voies navigables” de la lagune, et éviter les embouteillages, selon Ibrahim Famuyiwa, chef des opérations de l’autorité des voies navigables de l’État.Mais faute d’argent pour développer cette alternative, la priorité des autorités locales va pour l’instant à l’augmentation du nombre de camions-ambulances, notamment via des partenariats publics-privés.

A bord du Nicolas-Jérémy, la dernière génération d’une lignée de pêcheurs

Ouvert d’un coup sec, le filet libère des milliers de sardines de belle taille: à bord du Nicolas-Jérémy, la pêche du jour fait disparaître pour quelques heures les angoisses des marins, qui ne voient “plus trop d’avenir” dans ce métier.Le chalutier navigue de concert avec le Notre-Dame de Boulogne: les deux navires de 24 mètres pratiquent “la pêche en bœuf”: “le filet est tendu entre les deux bateaux, c’est comme une charrue tirée par deux bœufs”, explique Nicolas Margollé, capitaine du Nicolas-Jérémy.Les chalutiers ont quitté Boulogne-sur-Mer dans la nuit, emprunté “l’autoroute du détroit” du Pas-de-Calais en direction du sud.Mi-septembre, l’air est doux et la mer calme. Le premier “coup de chalut” est lancé vers 04H15 au large de Berck, à 30 miles marins (environ 50 km) du premier port de pêche français.Remonté trois heures plus tard, le filet est gorgé de sardines de 15 à 20 cm — “énormes par rapport à la petite bretonne”, souligne un matelot —, une pêche sélective et compacte, étoilée de méduses bleues, favorisées par la douceur estivale persistante.Pourtant, derrière la joie de la première prise et la passion d’un métier “de liberté” qui “remplit l’assiette”, affleure une inquiétude profonde. “C’est un métier difficile, trop de contraintes…”, glisse Nicolas Margollé, 45 ans, qui a commencé à naviguer avec son père puis continué avec ses frères: Jérémy (41 ans), second du bateau, et Vincent (33 ans), matelot.- “Trompe-l’oeil” -Dans la famille, ancrée à Etaples, au sud de Boulogne-sur-mer, “on est marin depuis 1600. Avec mes frères, on est peut-être les derniers à faire ce métier”, dit-il. Les fils de Nicolas sont étudiants et n’ont “aucune intention” de devenir marins; Jérémy a trois filles qui n’ont jamais envisagé d’embarquer et Vincent “ne souhaite pas” que ses enfants, encore petits, suivent son exemple.”C’est trop de sacrifices. S’ils veulent être marins, je préfère qu’ils choisissent la marine marchande”, sourit le matelot. Lui ne regrette pas son choix, “une passion”, mais voudrait que les siens échappent aux nuits hachées, au stress des contrôles, aux caprices de la météo et à la concurrence terrible dans la Manche depuis le Brexit.Après une âpre négociation entre Bruxelles et Londres, les pêcheurs français ont fini par obtenir fin 2022 le renouvellement d’un millier de licences de pêche, leur permettant de travailler dans les eaux britanniques.La bataille a laissé des traces. “Les Anglais, si on les a mis sur une île, c’est qu’il y a une raison”, lâche Nicolas Margollé.”On a été parmi les premiers à voir notre licence renouvelée. Mais c’est un trompe-l’œil. Parce qu’en même temps, ils créent des aires marines protégées où ils vont interdire au maximum la pêche, comme par hasard dans les endroits où on va”, explique le capitaine, qui réalise “30 à 40%” de son chiffre d’affaires dans les eaux britanniques.Tous le disent: leur terrain de jeu ne cesse de rétrécir. Alors que l’équipage — six personnes à bord — remonte le second filet, vers 10H30, on aperçoit le chantier d’un parc éolien au large des falaises du Tréport (Normandie). “Un espace de plus fermé à la pêche.”Leur crainte est aussi de voir les flottilles européennes, en particulier hollandaise, venir frayer du côté français de la Manche. “Il y a déjà trop de bateaux. Les Hollandais pêchent à la senne: en quelques heures, ils ratissent des zones immenses”, jusqu’à 3 km². La senne démersale consiste à déployer deux longs câbles autour d’un filet: lorsque les câbles sont resserrés, ils créent un mur de sédiments qui rabat tous les poissons, juvéniles compris, vers le fond du filet.”On l’a pratiquée pendant cinq–six ans, notre chiffre d’affaires a bondi de 30% au début, mais on arrête: on vide la mer, on scie la branche sur laquelle on est assis”, raconte Nicolas Margollé, qui a vu les quotas de maquereaux fondre en dix ans.Bannie en Aquitaine, Normandie et Bretagne, cette technique reste pratiquée dans les Hauts-de-France, au grand dam des pêcheurs artisanaux.- Devoir “se justifier” -Pour rester compétitifs, il faudrait changer de bateau: le Nicolas-Jérémy a bientôt 25 ans. En 2001, il a coûté 2,5 millions d’euros, “aujourd’hui, le même neuf, moins polluant, plus confortable, ce serait plus de 6 millions”. L’avenir est “trop plein d’incertitudes” pour justifier un tel investissement, estiment les trois frères.Alors ils améliorent l’existant, viennent d’installer un nouveau sondeur pour repérer les bancs de poissons.Les marins étaplois sont aussi las de devoir “se justifier”: après la saison de la sardine, pêchée au filet pélagique, ils pratiquent le chalutage de fond  — qui racle les fonds marins — pour chasser l’encornet. “Je passe là où mon père et mon grand-père passaient: si on avait tout détruit, on ne prendrait plus rien”, balaye Nicolas Margollé.La quatrième prise est miraculeuse, les marins travaillent d’arrache-pied pour nettoyer et ranger le poisson en cagettes, recouvertes de glace, pour tenir jusqu’au retour au port. Cette nuit-là, les deux chalutiers boulonnais rentrent avec “22 tonnes de sardines”. “Ca correspond à notre carnet de commandes, on ne pêche jamais plus.”