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Gouvernement: un mélange de politiques et techniciens pressentis

Le Premier ministre SĂ©bastien Lecornu a proposĂ©, selon Matignon, un “mĂ©lange de sociĂ©tĂ© civile avec des profils expĂ©rimentĂ©s et de jeunes parlementaires” pour son deuxième gouvernement, qui doit ĂŞtre dĂ©voilĂ© dimanche soir et a Ă©tĂ© composĂ© dans l’urgence pour dĂ©poser un projet de budget Ă  temps. Selon des sources proches de l’exĂ©cutif, le prĂ©fet de police de Paris, Laurent Nuñez, succèdera Ă  Bruno Retailleau au ministère de l’IntĂ©rieur, l’ancien PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou serait nommĂ© au Travail, Catherine Vautrin aux ArmĂ©es et Monique Barbut, l’ex-prĂ©sidente de WWF France, Ă  la Transition Ă©cologique. Enfin, l’ex-directeur gĂ©nĂ©ral de l’Enseignement scolaire, Edouard Geffray, encore un profil technique, prendra la tĂŞte du ministère de l’Éducation, ce qui devrait se traduire par la sortie du gouvernement d’Elisabeth Borne.Autre nomination, le chef des dĂ©putĂ©s Liot Laurent Panifous doit se voir confier les Relations avec le Parlement.   SĂ©bastien Lecornu a l’intention de “faire Ă©merger de nouveaux visages”, a dit Matignon.A l’ElysĂ©e depuis 19H00 environ, Le Premier ministre, tout juste renommĂ© il y a 48 heures, s’entretenait toujours avec Emmanuel Macron Ă  21H00. – NervositĂ© -Le temps presse pour composer une Ă©quipe gouvernementale et tenir un conseil des ministres, alors que le chef de l’Etat s’envole dans la nuit pour l’Egypte et que la Constitution prĂ©voit que le Parlement dispose de 70 jours pour examiner le budget avant le 31 dĂ©cembre.Il faudrait donc que le projet de budget lui soit transmis mardi. Ce nouvel exĂ©cutif, apparemment resserrĂ©, a toutefois une durĂ©e de vie qui pourrait ĂŞtre limitĂ©e, dans la mesure oĂą l’ensemble des oppositions – hors PS qui attend la garantie d’une suspension de la rĂ©forme des retraites – menacent SĂ©bastien Lecornu de censure. Ce dernier a dĂ» oeuvrer tout le week-end pour composer son Ă©quipe sans l’aide de ses alliĂ©s centristes ni des RĂ©publicains (LR) qui ont dĂ©cidĂ© samedi de ne plus participer au gouvernement tout en le soutenant “texte par texte” au Parlement. Mais le parti s’attend Ă  ce que des LR participent au gouvernement.Les signes de nervositĂ© se sont multipliĂ©s dimanche au sein du parti issu du gaullisme. Au moins une ministre sortante, Annie Genevard (Agriculture), serait tentĂ©e de rempiler. “Annie, vous ne pouvez pas faire ça”, lui a intimĂ© sur X le prĂ©sident des jeunes LR ThĂ©o Am’Saadi. “La dĂ©cision du BP (Bureau politique) doit ĂŞtre respectĂ©e.”Le ministre LR sortant de la SantĂ© Yannick Neuder a fait savoir de son cĂ´tĂ© qu’il avait dĂ©clinĂ© une proposition du Premier ministre de rester au gouvernement.Le bureau politique d’Horizons, le parti d’Édouard Philippe, a Ă©galement souhaitĂ© garder ses distances avec le gouvernement, en attendant d’en savoir plus sur ses intentions. Quant au Modem de François Bayrou, fidèle parmi les fidèles d’Emmanuel Macron, il s’est montrĂ© très rĂ©ticent Ă  toute participation. – Gage de bonne foi -SĂ©bastien Lecornu, qui a dĂ©missionnĂ© lundi dernier parce que “les conditions n’Ă©taient plus remplies”, a fait monter la pression dimanche en promettant dans la presse dominicale qu’il ferait de mĂŞme si ces conditions “n’Ă©taient plus remplies Ă  nouveau”. “Je ne ferai pas n’importe quoi”, a-t-il assurĂ© Ă  La Tribune dimanche. De fait, s’il devait dĂ©missionner Ă  nouveau, la perspective d’une nouvelle dissolution de l’AssemblĂ©e nationale, rĂ©clamĂ©e notamment par l’extrĂŞme droite, se rapprocherait davantage. Le prĂ©sident Emmanuel Macron, qui sera absent toute la journĂ©e de lundi, pour un voyage en Egypte de soutien au plan Trump sur Gaza, a d’ailleurs brandi cette menace aux diffĂ©rents partis qu’il a reçus vendredi, s’ils ne parvenaient pas Ă  s’entendre. Et si la question du casting et des dĂ©lais Ă©tait rĂ©solue, il faudrait alors pour le gouvernement Lecornu 2 se maintenir au pouvoir. A l’exception du PS, l’ensemble de la gauche a appelĂ© Ă  la censure immĂ©diate, de mĂŞme que le Rassemblement national et l’UDR d’Eric Ciotti. Ce qui place le parti Ă  la rose comme un “partenaire obligĂ©” de la macronie finissante, a persiflĂ© dimanche le patron des sĂ©nateurs centristes HervĂ© Marseille (Union des dĂ©mocrates et indĂ©pendants, UDI), en prĂ©venant qu’une censure est possible dès “cette semaine”.Car le groupe socialiste (69 dĂ©putĂ©s) est le seul capable de sauver le futur gouvernement et a du coup placĂ© la barre assez haut. Sans confirmation “de l’abandon du 49-3, des mesures pour protĂ©ger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immĂ©diate et complète de la rĂ©forme des retraites, nous le censurerons”, a-t-il prĂ©venu dès vendredi.Une telle suspension “n’Ă©puiserait pas le dĂ©bat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volontĂ© d’ouvrir une nouvelle pĂ©riode”, a prĂ©cisĂ© Olivier Faure, le premier secrĂ©taire du PS, dans La Tribune Dimanche.

Lecornu au dĂ©fi de composer un gouvernement dans l’urgence

FragilisĂ© par les bisbilles chez LR et la tiĂ©deur de ses alliĂ©s centristes, SĂ©bastien Lecornu cherchait dimanche Ă  composer dans l’urgence un gouvernement qui risque de ne durer que quelques jours mais aura pour objectif premier de dĂ©poser un projet de budget au Parlement.Le temps presse pour le Premier ministre tout juste renommĂ© Ă  Matignon qui est menacĂ© de censure par un Parti socialiste Ă©chaudĂ© par quatre semaines de nĂ©gociations qui n’ont pas abouti Ă  des concessions claires sur ses attentes. Mais qui, avec son exigence de suspension de la rĂ©forme des retraites pour prix d’une non-censure, est au centre de toutes les attentions.Les signes de nervositĂ© se multiplient au sein du parti Les RĂ©publicains. Au moins une ministre sortante, Annie Genevard (Agriculture), serait tentĂ©e de rempiler dans le gouvernement Lecornu 2, et de braver ainsi la dĂ©cision de non-participation de son parti prise samedi.”Annie, vous ne pouvez pas faire ça”, lui a intimĂ© sur X le prĂ©sident des jeunes LR ThĂ©o Am’Saadi. “La dĂ©cision du BP (Bureau politique) doit ĂŞtre respectĂ©e.”Le ministre LR sortant de la SantĂ© Yannick Neuder a fait savoir de son cĂ´tĂ© qu’il avait dĂ©clinĂ© une proposition du Premier ministre de rester au gouvernement.Le Parlement doit disposer, selon la Constitution, de 70 jours pour examiner un projet de budget 2026 avant le 31 dĂ©cembre. Il faudrait donc que le texte lui soit transmis lundi ou mardi, en principe après un passage en Conseil des ministres. Donc après la formation du gouvernement.SĂ©bastien Lecornu, qui a dĂ©missionnĂ© lundi dernier parce que “les conditions n’Ă©taient plus remplies”, a fait monter la pression dimanche en promettant dans la presse dominicale qu’il ferait de mĂŞme si ces conditions “n’Ă©taient plus remplies Ă  nouveau”. “Je ne ferai pas n’importe quoi”, a-t-il assurĂ© Ă  La Tribune dimanche, selon laquelle la nomination d’un gouvernement pourrait intervenir lundi ou mardi. De fait, s’il devait dĂ©missionner Ă  nouveau, la perspective d’une nouvelle dissolution de l’AssemblĂ©e nationale, rĂ©clamĂ©e notamment par l’extrĂŞme droite, se rapprocherait davantage. Le prĂ©sident Emmanuel Macron, qui sera absent toute la journĂ©e de lundi, pour un voyage en Egypte de soutien au plan Trump sur Gaza, a d’ailleurs brandi cette menace aux diffĂ©rents partis qu’il a reçus vendredi, s’ils ne parvenaient pas Ă  s’entendre. – “Partenaire obligĂ©” -Pour rĂ©soudre son Ă©quation calendaire et politique alors que la plupart des partis composant le socle commun (LR, UDI, Horizons, MoDem, Renaissance) l’ont lâchĂ©, achoppant sur la question centrale de la suspension de la rĂ©forme des retraites, le Premier ministre pourrait dĂ©cider de nommer un petit nombre de ministres rĂ©galiens, ainsi que les seuls titulaires des Finances et du Budget. Aucune prise de parole de M. Lecornu n’est prĂ©vue “Ă  ce stade”, a assurĂ© Matignon dimanche Ă  l’AFP.Et si la question du casting et des dĂ©lais Ă©tait rĂ©solue, il faudrait passer Ă  celle de se maintenir au pouvoir. A l’exception du PS, l’ensemble de la gauche a appelĂ© Ă  la censure immĂ©diate du gouvernement Lecornu 2, de mĂŞme que le Rassemblement national et l’UDR d’Eric Ciotti. Ce qui place le parti Ă  la rose comme un “partenaire obligĂ©” de la macronie finissante, a persifflĂ© dimanche le patron des sĂ©nateurs centristes HervĂ© Marseille (Union des dĂ©mocrates et indĂ©pendants, UDI), en prĂ©venant qu’une censure est possible dès “cette semaine”.Car le groupe socialiste (69 dĂ©putĂ©s) est le seul capable de sauver le futur gouvernement et a du coup placĂ© la barre assez haut. Sans confirmation “de l’abandon du 49-3, des mesures pour protĂ©ger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immĂ©diate et complète de la rĂ©forme des retraites, nous le censurerons”, a-t-il prĂ©venu dès vendredi.Une telle suspension “n’Ă©puiserait pas le dĂ©bat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volontĂ© d’ouvrir une nouvelle pĂ©riode”, a prĂ©cisĂ© Olivier Faure, le premier secrĂ©taire du PS, dans La Tribune Dimanche.- “Pas de deal cachĂ©” -“Il n’y a pas de deal cachĂ© (…) ce sera la censure et la dissolution ou pas”, prĂ©vient le Premier ministre dans la presse dominicale. La prĂ©cĂ©dente dissolution “a coĂ»tĂ© 15 milliards d’euros immĂ©diatement Ă  l’Ă©conomie française et 0,5 point de croissance, sans compter un an d’inaction”, a rappelĂ© Marine Tondelier dimanche Ă  France Inter-franceinfo-Le Monde. Et politiquement, “ça ne rĂ©soudra pas grand chose”, a-t-elle estimĂ©, comparant ce coĂ»t Ă  celui, moins important en 2026, d’une suspension de la rĂ©forme des retraites. “La dissolution est possible, Ă©videmment pas souhaitable et encore Ă©vitable”, a prĂ©venu de son cĂ´tĂ© le dĂ©putĂ© socialiste JĂ©rĂ´me Guedj sur LCI.La position de SĂ©bastien Lecornu est d’autant plus dĂ©licate que les partis du bloc central, comme le MoDem de François Bayrou et Horizons d’Edouard Philippe, font planer la menace d’un soutien sans participation au gouvernement. Ce serait une première pour des formations qui ont soutenu sans ambiguĂŻtĂ© tous les gouvernement d’Emmanuel Macron et rĂ©clament aujourd’hui des clarifications sur la feuille de route de Lecornu 2. 

Face aux menaces de censure et de dissolution, Lecornu au défi de composer un gouvernement

FragilisĂ© par la dĂ©fection de LR, SĂ©bastien Lecornu est au dĂ©fi de composer dans l’urgence un gouvernement qui risque de ne durer que quelques jours mais aura pour objectif premier de dĂ©poser un projet de budget au Parlement.Le temps presse pour le Premier ministre tout juste renommĂ© Ă  Matignon qui est menacĂ© de censure par un Parti socialiste Ă©chaudĂ© par quatre semaines de nĂ©gociations qui n’ont pas abouti Ă  des concessions claires sur ses attentes. Mais qui, avec son exigence de suspension de la rĂ©forme des retraites pour prix d’une non-censure, est au centre de toutes les attentions.   En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour examiner un projet de budget avant le 31 dĂ©cembre. Il faudrait donc que le texte lui soit transmis lundi ou mardi, en principe après un passage en Conseil des ministres.SĂ©bastien Lecornu, qui a dĂ©missionnĂ© lundi dernier parce que “les conditions n’Ă©taient plus remplies”, a fait monter la pression dimanche en promettant dans la presse dominicale qu’il ferait de mĂŞme si ces conditions “n’Ă©taient plus remplies Ă  nouveau”. “Je ne ferai pas n’importe quoi”, a-t-il assurĂ© Ă  La Tribune dimanche, selon laquelle la nomination d’un gouvernement pourrait intervenir lundi ou mardi. De fait, s’il devait dĂ©missionner Ă  nouveau, la perspective d’une nouvelle dissolution de l’AssemblĂ©e nationale, rĂ©clamĂ©e notamment par l’extrĂŞme droite, se rapprocherait davantage. Le prĂ©sident Emmanuel Macron, qui sera absent toute la journĂ©e de lundi, pour un voyage en Egypte de soutien au plan Trump visant Ă  mettre fin Ă  la guerre Ă  Gaza, a d’ailleurs brandi cette menace aux diffĂ©rents partis qu’il a reçus vendredi, s’ils ne parvenaient pas Ă  s’entendre. – “Partenaire obligĂ©” -Pour rĂ©soudre son Ă©quation calendaire et politique alors que la plupart des partis composant le socle commun (LR, UDI, Horizons, MoDem, Renaissance) l’ont lâchĂ©, achoppant sur la question centrale de la suspension de la rĂ©forme des retraites, le Premier ministre pourrait dĂ©cider de nommer un petit nombre de ministres rĂ©galiens, ainsi que les seuls titulaires des Finances et du Budget. Aucune prise de parole de M. Lecornu n’est prĂ©vue “Ă  ce stade”, a assurĂ© Matignon dimanche Ă  l’AFP.Et si la question du casting et des dĂ©lais Ă©tait rĂ©solue, il faudrait passer Ă  celle de se maintenir au pouvoir. A l’exception du PS, l’ensemble de la gauche a appelĂ© Ă  la censure immĂ©diate du gouvernement Lecornu 2, de mĂŞme que le Rassemblement national et l’UDR d’Eric Ciotti. Ce qui place le parti Ă  la rose comme un “partenaire obligĂ©” de la Macronie finissante, a persifflĂ© dimanche le patron UDI des sĂ©nateurs centristes, HervĂ© Marseille, en prĂ©venant qu’une censure est possible dès “cette semaine”.Car le groupe socialiste (69 dĂ©putĂ©s) est le seul capable de sauver le futur gouvernement et a du coup placĂ© la barre assez haut. Sans confirmation “de l’abandon du 49-3, des mesures pour protĂ©ger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immĂ©diate et complète de la rĂ©forme des retraites, nous le censurerons”, a-t-il prĂ©venu dès vendredi.Une telle suspension “n’Ă©puiserait pas le dĂ©bat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volontĂ© d’ouvrir une nouvelle pĂ©riode”, a prĂ©cisĂ© Olivier Faure, le premier secrĂ©taire du PS, dans La Tribune Dimanche.- “Bisbilles personnelles -“Il n’y a pas de deal cachĂ© (…) ce sera la censure et la dissolution ou pas”, prĂ©vient le Premier ministre dans la presse dominicale. La prĂ©cĂ©dente dissolution “a coĂ»tĂ© 15 milliards d’euros immĂ©diatement Ă  l’Ă©conomie française et 0,5 point de croissance, sans compter un an d’inaction”, a rappelĂ© Marine Tondelier dimanche Ă  France Inter-franceinfo-Le Monde. Et politiquement, “ça ne rĂ©soudra pas grand chose”, a-t-elle estimĂ©, comparant ce coĂ»t Ă  celui, moins important en 2026, d’une suspension de la rĂ©forme des retraites. “La dissolution est possible, Ă©videmment pas souhaitable et encore Ă©vitable”, a prĂ©venu de son cĂ´tĂ© le dĂ©putĂ© socialiste JĂ©rĂ´me Guedj sur LCI, alors que toute la gauche rappelle que les Ă©tudes d’opinion montrent que le Rassemblement national pourrait se renforcer encore Ă  l’AssemblĂ©e en cas de lĂ©gislatives anticipĂ©es. Selon un sondage Ipsos BVA-CESI publiĂ© par La Tribune Dimanche, la popularitĂ© des tĂ©nors de l’ex-socle commun (Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, GĂ©rald Darmanin) est en forte baisse. Ils ont “donnĂ© aux Français le sentiment d’ĂŞtre dans des bisbilles personnelles, d’avoir ajoutĂ© au dĂ©sordre national pour des enjeux de campagne prĂ©sidentielle”, a commentĂ© Brice Teinturier, directeur gĂ©nĂ©ral dĂ©lĂ©guĂ© d’Ipsos.

Lecornu au défi de composer un gouvernement

FragilisĂ© par la dĂ©fection de LR, SĂ©bastien Lecornu est au dĂ©fi de composer dans l’urgence un gouvernement qui risque de ne durer que quelques jours mais aura pour objectif premier de dĂ©poser un projet de budget au Parlement.Le temps presse pour le Premier ministre tout juste renommĂ© Ă  Matignon qui est menacĂ© de censure par un Parti socialiste Ă©chaudĂ© par quatre semaines de nĂ©gociations qui n’ont pas abouti Ă  des concessions claires sur ses attentes. Mais qui, avec son exigence de suspension de la rĂ©forme des retraites pour prix d’une non-censure, est au centre de toutes les attentions.   En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour examiner un projet de budget avant le 31 dĂ©cembre. Il faudrait donc que le texte lui soit transmis lundi ou mardi, en principe après un passage en Conseil des ministres.SĂ©bastien Lecornu, qui a dĂ©missionnĂ© lundi dernier parce que “les conditions n’Ă©taient plus remplies”, a fait monter la pression dimanche en promettant dans la presse dominicale qu’il ferait de mĂŞme si ces conditions “n’Ă©taient plus remplies Ă  nouveau”. “Je ne ferai pas n’importe quoi”, a-t-il assurĂ© Ă  La Tribune dimanche, selon laquelle la nomination d’un gouvernement pourrait intervenir lundi ou mardi. De fait, lundi, le PrĂ©sident Emmanuel Macron a annoncĂ© qu’il se rendrait en Egypte pour marquer son “soutien Ă  la mise en oeuvre de l’accord prĂ©sentĂ© par Donald Trump pour mettre fin Ă  la guerre Ă  Gaza”. Ce qui pourrait hypothĂ©quer la tenue d’un Conseil des ministres ce jour-lĂ . Le Premier ministre peut Ă©galement dĂ©cider de nommer un petit nombre de ministres rĂ©galiens, ainsi que les seuls titulaires des Finances et du Budget, pour aller plus vite. Mais nul ne sait comment ce gouvernement qui ne comptera pas de ministres LR ni du parti centriste UDI (Union des dĂ©mocrates et indĂ©pendants) va pouvoir ĂŞtre composĂ© dans le temps limitĂ© imparti Ă  SĂ©bastien Lecornu.- “Texte par texte” -Et si la question du casting et des dĂ©lais Ă©tait rĂ©solue, resterait encore celle de se maintenir. A l’exception du PS, l’ensemble de la gauche a appelĂ© Ă  la censure immĂ©diate du gouvernement Lecornu 2, de mĂŞme que le Rassemblement national et l’UDR d’Eric Ciotti. Ce qui place le parti Ă  la rose comme un “partenaire obligĂ©” de la Macronie finissante, a persifflĂ© dimanche le patron UDI des sĂ©nateurs centristes, HervĂ© Marseille, en prĂ©venant qu’une censure est possible dès “cette semaine”.Car le groupe socialiste (69 dĂ©putĂ©s) est le seul capable de sauver le futur gouvernement et a du coup placĂ© la barre assez haut. Sans confirmation “de l’abandon du 49-3, des mesures pour protĂ©ger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immĂ©diate et complète de la rĂ©forme des retraites, nous le censurerons”, a-t-il prĂ©venu dès vendredi.Une telle suspension “n’Ă©puiserait pas le dĂ©bat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volontĂ© d’ouvrir une nouvelle pĂ©riode”, a prĂ©cisĂ© Olivier Faure, le premier secrĂ©taire du PS, dans la Tribune Dimanche.”Il n’y a pas de deal cachĂ© (…) ce sera la censure et la dissolution ou pas”, prĂ©vient le Premier ministre dans la presse dominicale. Mais sur la question cruciale de la suspension de la rĂ©forme des retraites, ses anciens partenaires du “socle commun”, y compris au centre, l’ont lâchĂ©. Samedi, les RĂ©publicains ont claquĂ© la porte, refusant toute participation au nouvel exĂ©cutif, alors qu’ils en Ă©taient depuis la nomination de Michel Barnier Ă  Matignon en septembre 2024. Ils ont nĂ©anmoins promis un “soutien texte par texte” au Parlement – qui Ă©quivaut Ă  une non-censure.L’alliĂ© traditionnel d’Emmanuel Macron, Horizons, le parti d’Édouard Philippe, a de son cĂ´tĂ© annoncĂ© qu’il rĂ©servait sa participation “dans l’attente de ce que va proposer le Premier ministre pour le pays”. MĂŞme le Modem de François Bayrou s’est montrĂ© rĂ©servĂ©, assurant que son engagement “Ă©tait encore Ă  dĂ©terminer en fonction des intentions du gouvernement”.Selon un sondage Ipsos BVA-CESI publiĂ© par la Tribune Dimanche, la popularitĂ© des tĂ©nors de l’ex-socle commun (Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, GĂ©rald Darmanin) est en forte baisse. Ils ont “donnĂ© aux Français le sentiment d’ĂŞtre dans des bisbilles personnelles, d’avoir ajoutĂ© au dĂ©sordre national pour des enjeux de campagne prĂ©sidentielle”, a commentĂ© Brice Teinturier, directeur gĂ©nĂ©ral dĂ©lĂ©guĂ© d’Ipsos.

Marché des yachts: derrière la folie des grandeurs, les petits rament

Si pour les superyachts la mode est au toujours plus gros, le marchĂ© des plus petits bateaux, durement touchĂ© par l’inflation et inquiet des droits de douane amĂ©ricains, veut coĂ»te que coĂ»te se relancer.L’intĂ©rĂŞt reste vif: avant le grand salon international de Fort Lauderdale, en Floride, aux Etats-Unis, fin octobre, le Cannes Yachting Festival a rĂ©uni 56.000 visiteurs dĂ©but septembre et le Monaco Yatch Show près de 30.000 fin septembre, et pas seulement des curieux. Certes, les ventes de bateaux sont en baisse Ă  peu près partout dans le monde. En France, la FĂ©dĂ©ration des industries nautiques (FIN) a enregistrĂ© sur la pĂ©riode septembre 2024-aoĂ»t 2025 une deuxième annĂ©e de baisse des immatriculations, Ă  -15% pour les bateaux neufs et -3% pour les bateaux d’occasion.L’emballement de la demande post-Covid puis le renchĂ©rissement des matières premières ont fait bondir les prix depuis 2019, de 30 Ă  50%, selon les sources.Mais ce sont surtout les petits bateaux qui sont Ă  la peine, avec un report vers la location, explique Jean-Paul Chapeleau, prĂ©sident de la FIN. Les ventes de bateaux de plus de 9 mètres de long sont relativement stables et pour la grande plaisance (ou le yachting, avec les bateaux de plus de 25 m), “le marchĂ© reste très dynamique”.Dans le domaine des superyachts (plus de 30 m), mis Ă  l’honneur au Monaco Yacht Show avec 120 bateaux d’une valeur combinĂ©e de 4,4 milliards d’euros exposĂ©s, le rapport annuel de Superyacht Times, partenaire du salon, a bien notĂ© une baisse de 10% des commandes sur les huit premiers mois de l’annĂ©e.Mais avec des goĂ»ts qui Ă©voluent vers le toujours plus gros: les plus de 40 m reprĂ©sentent 37% des quelque 6.000 superyachts en opĂ©ration dans le monde et 61% des près de 600 actuellement en construction.Au-delĂ  de ces extravagances destinĂ©es Ă  un public très restreint mais aux poches très pleines, les constructeurs misent cet automne sur un repositionnement tarifaire pour sortir de la spirale inflationniste et rester attractifs, en baissant les prix d’appel ou en proposant des nouveaux bateaux plus performants au prix des anciens.- Une seule salle de bain -Sylvie Ernoult, directrice du Cannes Yachting Festival, oĂą plus de 700 bateaux de toutes tailles ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s, confirme des “progrès dans le dĂ©veloppement et l’innovation, avec des bateaux plus faciles d’accès, plus confortables Ă  naviguer, plus sĂ©curisĂ©s”.Et un tout petit peu moins polluants: “Il y a un très, très gros effort sur la propulsion. On commence Ă  avoir des bateaux Ă©lectriques, pas mal de bateaux hybrides, et des bateaux très vertueux”, assure-t-elle.Chez Beneteau, le leader français du marchĂ© avec des bateaux allant de quelques dizaines de milliers Ă  plusieurs millions d’euros, le choix a Ă©tĂ© fait de multiplier les nouveaux modèles.”On arrive avec une stratĂ©gie de montĂ©e en gamme qu’il faut faire perdurer mais Ă©galement une stratĂ©gie de renouvellement de l’entrĂ©e de chacune de nos gammes”, explique Bruno Thivoyon, prĂ©sident du directoire du groupe.Rien n’est trop beau pour les plus gros, mais pour les plus petits, l’objectif a Ă©tĂ© d’aller Ă  l’essentiel pour permettre une baisse de prix de 10 Ă  15% selon les modèles.Ainsi, le nouveau Lagoon 38, catamaran d’entrĂ©e de gamme de 13 m de long, n’a plus qu’une salle de bain pour ses deux cabines, et une partie de l’amĂ©nagement en bois a Ă©tĂ© remplacĂ© par des matĂ©riaux moins chers et plus lĂ©gers.Après un premier semestre 2025 encore bien gris avec un chiffre d’affaires en baisse de 29%, le groupe a assurĂ© avoir enregistrĂ© Ă  Cannes une “bonne dynamique des prises de commandes” qui devrait lui permettre de renouer avec la croissance au deuxième semestre.Et alors que les AmĂ©ricains reprĂ©sentant 45% du marchĂ© mondial des ventes selon la FIN, la hausse des droits de douane aux Etats-Unis ne devrait pas modifier les Ă©quilibres.Les constructeurs amĂ©ricains dominent dĂ©jĂ  le marchĂ© des petits bateaux Ă  moteurs et “pour les grosses unitĂ©s moteur et la voile, tous les acteurs sont europĂ©ens. Donc il y a un risque de ralentissement mais on est tous quasiment logĂ©s Ă  la mĂŞme enseigne”, assure M. Thivoyon.

Australie: fuite des données de millions de clients de Qantas après une cyberattaque

Les donnĂ©es personnelles de 5,7 millions de clients de Qantas, volĂ©es lors d’une cyberattaque en juillet qui a touchĂ© d’autres entreprises, ont Ă©tĂ© divulguĂ©es sur internet, a reconnu dimanche la compagnie aĂ©rienne australienne.Qantas avait annoncĂ© en juillet que des pirates informatiques avaient ciblĂ© un système utilisĂ© par une tiers, abritant les donnĂ©es sensibles de millions de ses clients, et eu accès Ă  leurs noms, adresses Ă©lectroniques, numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone et dates d’anniversaire.Leurs numĂ©ros de passeport et de cartes bancaires n’Ă©taient, eux, pas prĂ©sents dans le système, selon l’entreprise.La tierce partie visĂ©e par la cyberattaque est l’Ă©diteur de logiciels Salesforce, selon une source proche du dossier. Il avait indiquĂ© la semaine dernière avoir eu “connaissance de tentatives rĂ©centes d’extorsion”. Outre Qantas, les pirates informatiques ont aussi obtenu des donnĂ©es de dizaines d’entreprises comme Air France, KLM, Disney, Google, Ikea, Toyota et McDonald’s, selon la source interrogĂ©e par l’AFP.”Qantas est une des entreprises Ă  travers le monde dont des donnĂ©es ont Ă©tĂ© divulguĂ©es par des cybercriminels”, après la cyberattaque de juillet “au cours de laquelle des donnĂ©es clients ont Ă©tĂ© volĂ©es via une plateforme tierce”, a indiquĂ© dimanche la compagnie aĂ©rienne dans un communiquĂ©.”Avec l’aide d’experts spĂ©cialistes en cybersĂ©curitĂ©, nous enquĂŞtons pour savoir” quelles donnĂ©es prĂ©cisĂ©ment ont Ă©tĂ© divulguĂ©es, a ajoutĂ© le groupe.- Effort coordonnĂ© – Le gĂ©ant de la tech Google, interrogĂ© par l’AFP, a rappelĂ© avoir indiquĂ© en aoĂ»t dans un communiquĂ© qu’un de ses serveurs Salesforce avait Ă©tĂ© attaquĂ©, sans confirmer si les donnĂ©es qu’il contenait avaient fuitĂ©.”Google a pris en compte cette activitĂ©, effectuĂ© une analyse d’impact et a adressĂ© des notifications par mail aux entreprises potentiellement affectĂ©es”, a dit Melanie Lombardi, cheffe de la communication pour la sĂ©curitĂ© du cloud chez Google.Des analystes en cybersĂ©curitĂ© affirment que cette fuite de donnĂ©es est liĂ©e Ă  une organisation criminelle appelĂ©e Scattered Lapsus$ Hunters, qui avait donnĂ© jusqu’Ă  vendredi pour le versement d’une rançon.Selon le groupe de recherche Unit 42, l’organisation a “revendiquĂ© la responsabilitĂ© d’une opĂ©ration visant des clients utilisateurs de Salesforce dans un effort coordonnĂ© pour voler des donnĂ©es et s’en servir comme rançon”.Les pirates informatiques ont utilisĂ© des techniques d’ingĂ©nierie sociale, consistant Ă  manipuler les victimes en se faisant passer pour des reprĂ©sentants lĂ©gitimes de leur entreprise ou d’autres personnes de confiance, selon des experts.Le FBI amĂ©ricain avait mis en garde le mois dernier contre de telles attaques visant Salesforce. Selon l’agence, des pirates se prĂ©sentant comme des techniciens informatiques avaient convaincu des employĂ©s de support Ă  la clientèle de leur accorder un accès Ă  des donnĂ©es sensibles.Le site spĂ©cialisĂ© FalconFeeds a indiquĂ© sur X que les donnĂ©es personnelles des clients de Qantas avaient Ă©tĂ© publiĂ©es sur le dark web ce week-end, comme d’autres donnĂ©es de la compagnie Vietnam Airlines ou de la multinationale japonaise Fujifilm.Ces dernières annĂ©es, l’Australie a subi une sĂ©rie d’incidents de cybersĂ©curitĂ© qui ont suscitĂ© des inquiĂ©tudes dans le pays en matière de protection de la vie privĂ©e.En 2023, les principaux ports australiens, qui reprĂ©sentent 40% du volume de fret du pays, ont temporairement suspendu leurs activitĂ©s Ă  la suite d’une cyberattaque. Un an plus tĂ´t, des pirates avaient volĂ© les donnĂ©es personnelles de plus de neuf millions de clients d’Optus, l’un des plus grands fournisseurs de services de tĂ©lĂ©communications d’Australie.

Pour sauver ses chantiers navals, Washington fait payer les navires liés à la Chine

Tout navire fabriquĂ© en Chine ou dans un autre pays mais dĂ©tenu ou opĂ©rĂ© par une entitĂ© chinoise va devoir, Ă  partir de mardi, payer des frais spĂ©cifiques pour accoster dans les ports amĂ©ricains, afin d’essayer de renflouer les chantiers navals des Etats-Unis.Ces frais, annoncĂ©s en avril par le reprĂ©sentant au commerce de la Maison Blanche (USTR), seront facturĂ©s Ă  chaque visite aux Etats-Unis, et non Ă  chaque port visitĂ©, pour un maximum de cinq fois par navire et par an.Il a aussi instaurĂ© une tarification spĂ©cifique pour les navires fabriquĂ©s Ă  l’Ă©tranger transportant des vĂ©hicules ou du gaz naturel liquĂ©fiĂ© (GNL).Vendredi, il a proposĂ© une extension dans quelques mois Ă  certains bateaux transportant de l’Ă©thane et du gaz de pĂ©trole liquĂ©fiĂ© (GPL).D’après les dĂ©tails fournis en avril, les navires fabriquĂ©s en Chine paieront 18 dollars par tonne nette – ou 120 dollars par conteneur -, avec une hausse de cinq dollars par an pendant les trois suivantes.Et les navires dĂ©tenus ou opĂ©rĂ©s par des Chinois, mais non fabriquĂ©s en Chine, seront facturĂ©s 50 dollars par tonne nette, avec une hausse annuelle de 30 dollars supplĂ©mentaires pendant les trois annĂ©es suivantes.L’ancien prĂ©sident Joe Biden avait confiĂ© en 2024 Ă  l’USTR une enquĂŞte pour identifier “les pratiques dĂ©loyales de la Chine dans les secteurs de la construction navale, du transport maritime et de la logistique”.Mission maintenue par son successeur Donald Trump, qui a Ă©galement annoncĂ© dĂ©but mars la crĂ©ation d’un Bureau de la construction navale rattachĂ© Ă  la Maison Blanche.Pour l’Alliance des manufacturiers amĂ©ricains, les sommes rĂ©coltĂ©es aux ports devraient abonder un tout nouveau Fonds pour la sĂ©curitĂ© maritime.”Les pratiques Ă©conomiques dĂ©loyales de la Chine constituent un obstacle de taille pour revitaliser la construction navale aux Etats-Unis”, affirme-t-elle, dans une pĂ©tition soutenant un projet de loi conçu par dĂ©mocrates et rĂ©publicains instituant notamment des subventions et des incitations fiscales pour dĂ©velopper ce secteur.- Coup pour coup -Mais PĂ©kin a rĂ©pliquĂ© vendredi: les bateaux fabriquĂ©s aux Etats-Unis ou liĂ©s Ă  une entreprise amĂ©ricaine (propriĂ©taire, affrĂ©teur) s’arrĂŞtant dans les ports chinois devront, aussi dès mardi, s’acquitter de droits “spĂ©ciaux”.Ils devront payer 400 yuans (48 euros) par tonne nette, puis 640 yuans (78 euros) en avril 2026, avant d’autres augmentations annuelles.S’il s’agit de reprĂ©sailles cĂ´tĂ© chinois, les Etats-Unis nourrissent, eux, une double ambition: ressusciter une industrie qui ne reprĂ©sente plus que 0,1% de la construction navale mondiale et protĂ©ger leur sĂ©curitĂ© nationale.”C’est un problème lorsque vous ĂŞtes dĂ©pendant d’une chaĂ®ne d’approvisionnement mondiale dont vous n’avez pas le contrĂ´le, c’est un risque de sĂ©curitĂ© nationale”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Matt Paxton, prĂ©sident du Shipbuilders Council of America (SCA), qui reprĂ©sente plus de 150 entreprises amĂ©ricaines de chantiers navals.Donald Trump s’emploie depuis son retour Ă  la Maison Blanche en janvier Ă  recrĂ©er un tissu industriel foisonnant aux Etats-Unis avec notamment l’imposition de droits de douane parfois prohibitifs.En consĂ©quence, de nombreuses entreprises Ă©trangères mais aussi amĂ©ricaines ont annoncĂ© des investissements astronomiques – 18.000 milliards de dollars, selon Donald Trump – dans leur appareil de production (nouvelles usines, agrandissements) sur le sol amĂ©ricain.M. Paxton a Ă©voquĂ© “un gros intĂ©rĂŞt pour venir fabriquer” des navires aux Etats-Unis, citant des contacts de CorĂ©e du Sud – 26% de parts de marchĂ©, derrière la Chine (50%) – mais aussi du Japon (14%), du Canada, etc.Beaucoup de chantiers navals ne fonctionnent pas Ă  plein rĂ©gime et ont neutralisĂ© des cales sèches, explique-t-il.Outre une hausse de la demande Ă©trangère, l’industrie navale se rĂ©jouit aussi de l’objectif de l’administration de construire 250 navires pour la flotte commerciale et de l’enveloppe de 50 milliards de dollars pour l’US Coast Guard et l’US Navy.”C’est très encourageant”, confie M. Paxton. “C’est un moment historique”.

Thales double la production de ses sonars, bĂŞte noire des sous-marins

A quelques encablures de la base navale de Brest oĂą sommeillent les sous-marins nuclĂ©aires français, Thales intensifie la fabrication de sonars destinĂ©s Ă  traquer les bâtiments ennemis sous l’eau, des “poissons” jaunes dont la demande explose sur les ocĂ©ans. Agrandis, les ateliers tournent Ă  plein rĂ©gime. Le groupe de haute technologie et de dĂ©fense a rĂ©cemment vendu le centième sonar remorquĂ© Captas, son produit vedette, qui Ă©quipe dix-sept marines, dont celle des Etats-Unis. “Pour tenir compte de l’augmentation de la demande”, la capacitĂ© de production va ĂŞtre multipliĂ©e “par 2 Ă  2,5” entre 2024 et 2026, assure Emmanuel Michaud, vice-prĂ©sident du secteur sous-marins chez Thales. Une dynamique portĂ©e par l’augmentation des budgets de dĂ©fense en Europe face Ă  la posture de plus en plus menaçante de la Russie. Thales, qui emploie plus de 1.800 personnes Ă  Brest, y a recrutĂ© 120 personnes en 2024 et le mĂŞme nombre d’embauches est prĂ©vu en 2025.-  Entendre l’invisible -Un sous-marin ne vaut que tant qu’il est invisible: dès qu’il est repĂ©rĂ©, il devient une cible. “Localiser et identifier le sous-matin ennemi vous donne un avantage stratĂ©gique significatif”, explique Ă  l’AFP Kai Balder, spĂ©cialiste de la guerre anti-sous-marine au cabinet de conseil Roland Berger.  RĂ©cemment la frĂ©gate française multimission Alsace Ă©quipĂ©e de Captas a escortĂ© pendant plusieurs semaines un sous-marin russe dans l’Atlantique.”Les sonars touchent directement Ă  la dissuasion. La lutte anti-sous-marine est un facteur dĂ©terminant de la crĂ©dibilitĂ©” d’une puissance nuclĂ©aire, explique Ă  l’AFP l’amiral Eric Chaperon, conseiller dĂ©fense de Thales.  Dans cette lutte, Thales figure “parmi les meilleurs fournisseurs de sonars au monde, non seulement en France, mais aussi au Royaume-Uni, et mĂŞme dans certaines parties aux Etats-Unis qui prĂ©fèrent traditionnellement leurs fabricants nationaux”, remarque Kai Balder.Mis Ă  l’eau depuis l’arrière d’une frĂ©gate, le Captas scrute les profondeurs en Ă©mettant des ondes de très basse frĂ©quence Ă  grande distance pour dĂ©tecter les Ă©chos dans les profondeurs.”Le sous-marin a beau ĂŞtre silencieux, il va ĂŞtre touchĂ©”, dit Eric Chaperon. En complĂ©ment, la bouĂ©e sonar de Thales Sonoflash, qui peut ĂŞtre transportĂ©e par hĂ©licoptère puis larguĂ©e dans l’eau, affine la localisation.Ce dispositif “permet de dĂ©tecter, de pister et, le cas Ă©chĂ©ant, d’engager un armement une fois que la cible est identifiĂ©e”, explique Emmanuel Michaud.- MarchĂ© “attrayant” – Thales dĂ©veloppe aussi des outils de lutte contre les mines sous-marines, misant sur les drones pour tenir les Ă©quipages Ă  l’écart du danger.Le sonar tractĂ© Tsam, remorquĂ© sur un drone de surface, peut trouver des objets “de l’ordre d’une carte bancaire sous l’eau”, explique Anthony Loussaut, responsable des sonars pour le projet de la lutte contre les mines franco-britannique MMCM visant Ă  remplacer les chasseurs de mines traditionnels par des systèmes autonomes.Thales qui a dĂ©jĂ  vendu plus de 300 sonars de chasse aux mines Ă  une cinquantaine de marines, a livrĂ© pour la première fois un système autonome Ă  la Marine nationale fin 2024 puis Ă  la Royal Navy en fĂ©vrier 2025. Leur mise en service est prĂ©vu en 2026.Mais la concurrence fait rage, reconnaĂ®t BenoĂ®t Drier de Laforte, conseiller en guerre des mines de Thales.Le groupe franco-belge Exail qui fabrique des drones marins chasseurs de mines revendique ainsi des solutions moins chères et un carnet de commande “multipliĂ© par dix” depuis un contrat en 2019 avec les marines belge et nĂ©erlandaise. “Thales a une vraie capacitĂ© d’intĂ©gration de bout en bout, ils savent coordonner les drones, la connectivitĂ©, les capteurs, le traitement de donnĂ©es… Exail est plutĂ´t champion dans le domaine des vĂ©hicules non-habitĂ©s”, dĂ©taille Xavier Tytelman, expert dĂ©fense et ancien aviateur de la patrouille maritime interrogĂ© par l’AFP.  De façon gĂ©nĂ©rale, “la demande pour ce type de solutions croĂ®t rapidement, c’est un marchĂ© attrayant”, conclut Kai Balder.

Les pénuries chroniques de médicaments, fléau européen qui épuise les pharmaciens

Les pĂ©nuries de mĂ©dicaments, de plus en plus frĂ©quentes en Europe, touchent tout particulièrement la Belgique, au grand dam des patients et des pharmaciens qui dĂ©plorent la lenteur de l’UE Ă  trouver des remèdes Ă  ce flĂ©au.”Ça nous demande de l’Ă©nergie, franchement, pendant souvent une heure par jour, je dois donner des coups de fil, me renseigner, renvoyer le patient, rappeler le patient pour lui dire que le mĂ©dicament est arrivĂ© ou qu’il n’aura pas son mĂ©dicament”, explique Ă  l’AFP Didier Ronsyn, pharmacien Ă  Bruxelles. “Quand ça concerne un ou deux mĂ©dicaments, ça va, mais il y a en souvent plusieurs dizaines qui sont manquants en mĂŞme temps, donc ça rend notre vie plus compliquĂ©e”, ajoute-t-il.Un rapport publiĂ© le mois dernier par la Cour des comptes europĂ©enne a recensĂ© 136 pĂ©nuries critiques de mĂ©dicaments dans l’UE entre janvier 2022 et octobre 2024, y compris des antibiotiques et traitements pour les crises cardiaques.La Belgique est la plus touchĂ©e, avec une douzaine de ces pĂ©nuries dites critiques (pour lesquelles on ne dispose pas de mĂ©dicaments alternatifs) notifiĂ©es en 2024 Ă  l’Agence europĂ©enne du mĂ©dicament (EMA).Selon la Cour, cette “maladie chronique” dont souffre l’Europe est principalement liĂ©e Ă  des soucis au niveau des chaĂ®nes d’approvisionnement et Ă  la dĂ©localisation de la production de nombreux mĂ©dicaments et de leurs substances actives dans des pays Ă  bas coĂ»ts.L’Europe dĂ©pend ainsi de fournisseurs asiatiques pour 70% des substances actives et 79% des prĂ©curseurs de mĂ©dicaments (substances biochimiques rentrant dans leur fabrication).Une dĂ©pendance particulièrement Ă©levĂ©e pour des antidouleurs aussi courants que le paracĂ©tamol, l’ibuprofène, certains antibiotiques ou encore le salbutamol (vendu notamment sous la marque Ventoline).Mais cette crise est aussi en partie imputable Ă  des dĂ©sĂ©quilibres internes Ă  l’UE.- Ecarts de prix et emballages -Les prix des mĂ©dicaments diffèrent d’un pays membre Ă  l’autre, car ils sont nĂ©gociĂ©s par les autoritĂ©s de santĂ© nationales, rappelle Olivier Delaere, dirigeant de Febelco, un distributeur qui ravitaille environ 40% des pharmacies en Belgique.Par consĂ©quent, les fabricants ont tendance Ă  livrer en prioritĂ© les pays qui les rĂ©munèrent le mieux.Et cela les incite Ă  fournir des quantitĂ©s calculĂ©es au plus juste dans les pays oĂą leurs tarifs sont infĂ©rieurs, par crainte que des intermĂ©diaires ne s’enrichissent sur leur dos, en revendant leurs produits dans des Etats aux prix de vente plus Ă©levĂ©s.La Cour souligne aussi que la plupart des mĂ©dicaments sont sujets Ă  des autorisations nationales et doivent porter des emballages conformes aux règles propres Ă  chaque pays.Ces contraintes rĂ©glementaires et de conditionnement provoquent parfois “des pĂ©nuries locales”, souligne M. Delaere : un mĂ©dicament s’avère introuvable seulement dans un Etat, alors qu’il est parfaitement disponible chez ses voisins…”C’est un problème grandissant”, soupire le patron de Febelco, soulignant que sur le million de demandes de clients traitĂ©es chaque annĂ©e par ses Ă©quipes, 70% sont liĂ©es uniquement aux pĂ©nuries, gĂ©nĂ©rant “une charge de travail colossale et un gaspillage d’Ă©nergie”.- Incitations financières -Le problème est tellement rĂ©pandu qu’en 2024, les pharmaciens europĂ©ens ont passĂ© en moyenne 11 heures par semaine Ă  gĂ©rer des pĂ©nuries, trois fois plus qu’il y a dix ans, selon les calculs de l’organisation professionnelle PGEU.Si les pharmaciens n’en peuvent plus, “c’est aussi très dur pour les patients”, angoissĂ©s Ă  l’idĂ©e de ne pas recevoir leurs traitements Ă  temps, insiste M. Ronsyn.L’Union europĂ©enne cherche des solutions, mais n’a pas encore trouvĂ© la panacĂ©e.En mars, la Commission europĂ©enne a proposĂ© une loi visant Ă  muscler la production de mĂ©dicaments critiques via des incitations financières. Elle a aussi lancĂ© en juillet une “stratĂ©gie d’approvisionnement” pour coordonner les stocks et se doter de rĂ©serves de crise.Une porte-parole de la Commission s’est dite confiante que ces mesures “auront un vrai impact” pour “aider Ă  rĂ©duire le problème”. Elles requièrent cependant l’accord du Parlement europĂ©en et des 27, un processus qui peut trainer en longueur.”Ils essayent de trouver des solutions, mais c’est toujours très lent”, regrette M. Ronsyn, qui peut voir le siège de la Commission depuis son officine. “On y arrivera sans doute un jour, mais pour l’instant c’est compliquĂ©”.

Lecornu, éconduit par LR, face à la tâche redoutable de bâtir un gouvernement

Un Premier ministre encore plus fragile. Les RĂ©publicains ont refusĂ© samedi toute participation au gouvernement que SĂ©bastien Lecornu doit constituer dans l’urgence, pris en Ă©tau avec un PS qui menace de le censurer sauf rĂ©elle avancĂ©e sur les retraites. Contre l’avis gĂ©nĂ©ral, le prĂ©sident de la RĂ©publique Emmanuel Macron a finalement reconduit vendredi son fidèle lieutenant Ă  Matignon.”J’ai dĂ©missionnĂ© lundi dernier parce que les conditions n’Ă©taient plus remplies”, si elles “n’Ă©taient plus remplies de nouveau, je partirai, je ne ferai pas n’importe quoi”, a promis le Premier ministre Ă  La Tribune dimanche qui Ă©voque l’annonce d’un gouvernement lundi ou mardi et une dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale mardi ou mercredi.  La tâche s’annonce particulièrement rude. RĂ©unis en bureau politique, Les RĂ©publicains, qui appartenaient jusqu’ici au socle commun, fragile coalition au pouvoir depuis la dissolution de l’AssemblĂ©e nationale Ă  l’Ă©tĂ© 2024, ont dĂ©cidĂ© samedi de ne plus faire partie du gouvernement, tout en promettant un “soutien texte par texte” Ă  l’exĂ©cutif. Le PS “va faire du chantage Ă  la censure et le prochain gouvernement devra renoncer Ă  tout: le sĂ©rieux budgĂ©taire, le rĂ©galien, la dĂ©fense du travail”, a expliquĂ© le prĂ©sident du SĂ©nat GĂ©rard Larcher lors d’une rĂ©union avec les parlementaires LR samedi matin. Il s’est dit dĂ©favorable Ă  toute participation, comme le chef du parti Bruno Retailleau qui a confirmĂ© qu’il ne resterait pas au ministère de l’IntĂ©rieur. Une dĂ©cision que SĂ©bastien Lecornu a dit “respecter”. L’Ă©tau s’est resserrĂ© sur SĂ©bastien Lecornu Ă  qui La France insoumise, les Écologistes, les communistes, ainsi que le Rassemblement national et son alliĂ© Éric Ciotti ont dĂ©jĂ  promis la censure. Rappelant n’avoir “pas d’autre ambition” que de permettre l’adoption d’un budget et “pas d’agenda” personnel, il a souhaitĂ© lors de son premier dĂ©placement samedi dans un commissariat que son gouvernement soit “libre” et comprenne des personnalitĂ©s “pas emprisonnĂ©es par les partis”. “Je n’ai pas le sentiment qu’il y avait beaucoup de candidats, pour ĂŞtre complètement transparent”, a-t-il ironisĂ© en rĂ©ponse aux critiques virulentes qui ont accueilli sa reconduction Ă  Matignon.- “Renouvellement” -A l’issue d’une folle semaine entamĂ©e par sa dĂ©mission et celle de son premier gouvernement, qui n’aura survĂ©cu que 14 heures, l’Ă©quipe de SĂ©bastien Lecornu est très attendue alors que le temps presse pour prĂ©senter au Parlement un projet de budget et que ce dernier bĂ©nĂ©ficie des 70 jours requis par la Constitution pour l’examiner avant le 31 dĂ©cembre. Il faudrait que le texte soit transmis en dĂ©but de semaine au Parlement, en principe après un passage en Conseil des ministres.Sans doute pas lundi donc, Emmanuel Macron ayant annoncĂ© qu’il se rendrait en Egypte en soutien au plan de Donald Trump pour mettre fin Ă  la guerre Ă  Gaza. SĂ©bastien Lecornu a prĂ©venu que le futur gouvernement devrait “incarner le renouvellement et la diversitĂ© des compĂ©tences”, et demandĂ© aux prochains ministres de “s’engager Ă  se dĂ©connecter des ambitions prĂ©sidentielles pour 2027”.  Au sein du camp prĂ©sidentiel, c’est le dĂ©sarroi qui a dominĂ©, Ă  mesure qu’une reconduction de SĂ©bastien Lecornu se profilait, mĂŞme si samedi finalement, le chef du parti macroniste Renaissance, Gabriel Attal, a jugĂ© que “le seul enjeu qui vaille dĂ©sormais, c’est de doter la France d’un budget”. Quant au Modem, Marc Fesneau a expliquĂ© samedi dans une dĂ©claration Ă  l’AFP que la manière dont son groupe allait s’engager “Ă©tait encore Ă  dĂ©terminer en fonction des intentions du gouvernement”. Il a rappelĂ© ĂŞtre “ouvert Ă  un dĂ©bat sur la question de notre système de retraites”.  Le parti Horizons de l’ex-Premier ministre Édouard Philippe, Ă©galement rĂ©uni samedi en bureau politique, continue d’envisager pour la première fois un soutien sans participation au gouvernement si celui-ci touche au “cĹ“ur” de la rĂ©forme des retraites de 2023.Or, le Premier ministre a rappelĂ© que, sur cette rĂ©forme, “tous les dĂ©bats sont possibles, dès lors qu’ils sont dans un cadre rĂ©el et rĂ©aliste, y compris sur les questions budgĂ©taires”.- “Un nouveau bras d’honneur” -Le Parti socialiste, que l’exĂ©cutif voudrait convaincre d’un accord de non-censure, dit attendre la dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale du Premier ministre.Mais a prĂ©venu: sans confirmation “de l’abandon du 49-3, des mesures pour protĂ©ger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immĂ©diate et complète de la rĂ©forme des retraites, nous le censurerons”.Lecornu 2, “c’est pire qu’une provocation, ça a vraiment un cĂ´tĂ© de nĂ©gation totale des votes. Finalement, il (Macron) dit un peu aux Français +je vous emmerde, je fais ce que je veux+”, s’est indignĂ©e la cheffe des dĂ©putĂ©s Ă©cologistes Cyrielle Chatelain. “Un nouveau bras d’honneur aux Français d’un irresponsable ivre de son pouvoir”, a Ă©crit le coordinateur de LFI Manuel Bompard, en prĂ©cisant que son mouvement dĂ©poserait aussi “une nouvelle motion de destitution du prĂ©sident de la RĂ©publique”.MĂŞme son de cloche Ă  l’autre bout du spectre politique, oĂą le prĂ©sident du Rassemblement national Jordan Bardella a dĂ©clarĂ© que son parti “censurera bien sĂ»r immĂ©diatement cet attelage sans aucun avenir”, en dĂ©nonçant “une mauvaise plaisanterie”.