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Biogaran sous contrôle britannique, “l’Etat veille”

Après une première tentative en 2024, le fonds d’investissement britannique BC Partners a mis la main sur Biogaran, leader français du médicament générique, aux côtés de la banque publique d’investissements Bpifrance, qui assure la présence de l’Etat au capital.L’opération a été finalisée après l’obtention des autorisations européennes ainsi que de l’agrément au titre du “contrôle des investissements étrangers en France délivrée par l’État français”, ont souligné les parties prenantes vendredi dans un communiqué.”En entrant au capital de Biogaran, l’État veille et agit”, a assuré le ministre français de l’Économie Roland Lescure dans une déclaration transmise à l’AFP, disant avoir été “très exigeant sur les conditions de cette opération avec des engagements fermes et durables imposés à l’acquéreur, notamment sur la sécurisation des stocks stratégiques” qui s’appliqueront “sans limitation de durée”.Cet accord économique impose à BC Partners des garanties sur “le maintien de l’emploi”, “de la production et de l’empreinte industrielle sur le sol national”, ainsi que sur “l’approvisionnement” du marché français, avec “un engagement ferme à passer commandes auprès des sous-traitants”, détaille Bercy dans un communiqué.- Pénalités en cas de non-respect -En cas de manquements, les sanctions financières pourront atteindre “jusqu’au double du montant de l’investissement” ou “10% du chiffre d’affaires annuel hors taxes de l’entreprise”, souligne le ministère.Aux côtés de BC Partners, Bpifrance, actionnaire à hauteur de 15% dans Biogaran, veillera “à la pérennité de son développement à long terme tout en préservant son ancrage français”, a également assuré Nicolas Dufourcq, directeur général de la banque détenue par l’État français et la Caisse des Dépôts.Cette annonce met fin à un long feuilleton industriel et politique.Les rumeurs de cession ont circulé dès la fin 2023 et rapidement suscité de vives réactions dans la classe politique, qui craignait une délocalisation et une perte de souveraineté sanitaire en cas de rachat par un investisseur étranger.Dans un contexte de pénuries récurrentes de médicaments et d’efforts de relocalisatoin des médicaments essentiels, ces craintes avaient donné lieu à des appels à la vigilance face à des marques d’intérêt potentiel de laboratoires indiens.A l’automne 2024, Servier avait mis en pause le projet de cession avant de le relancer à l’été 2025 en annonçant des négociations exclusives avec BC Partners.- Difficultés sur le prix -Ces discussions ont pris “un peu de temps pour s’accorder sur un prix”, compris entre 800 millions et un milliard d’euros, a confié à l’AFP Cédric Dubourdieu, associé et responsable pour la France chez BC Partners. Le fonds, qui gère environ 40 milliards d’euros d’actifs, veut “élargir le nombre de médicaments qui est proposé par Biogaran aux patients français”, a-t-il indiqué, misant sur l’arrivée à échéance de nombreux brevets, qui ouvrira la voie à de nouveaux génériques, dont ceux pour les vaccins.La vente de médicaments sans ordonnance et de biosimilaires est identifiée comme un autre axe de croissance pour Biogaran, créée par Servier il y a 30 ans et dont le chiffre d’affaires a atteint 1,26 milliard d’euros sur l’exercice 2024/25.La marque représente 30% des ventes de génériques en pharmacie en France, des médicaments qui coûtent beaucoup moins cher que les originaux. Son catalogue de médicaments comprend environ 1.000 références de traitements qui vont des pathologies du quotidien à celles les plus lourdes (des antibiotiques aux antidiabétiques et anticancéreux).Biogaran, qui compte 270 collaborateurs, ne possède pas d’usine en propre, mais s’appuie sur une quarantaine de sous-traitants, générant indirectement 8.600 emplois.”C’est un secteur difficile avec une très forte concurrence et des marges assez faibles”, rappelle Pierre-Yves Geoffard, professeur à l’Ecole d’Économie de Paris, disant comprendre la logique de Servier qui a choisi de se concentrer sur l’innovation et sur des besoins mal couverts, mais pas celle de Bpifrance dont la mission est de soutenir l’innovation.”La bonne réponse, c’est de diversifier le nombre de producteurs de principes actifs, y compris en  localisant ou relocalisant certains en Europe”, a-t-il ajouté à l’AFP, estimant que “la présence de l’Etat n’est pas nécessairement de nature à rassurer les investisseurs étrangers et à susciter leur enthousiasme”.

Trump choisit Kevin Warsh pour présider la Fed, avec l’espoir de baisses de taux

Donald Trump a finalement choisi vendredi son candidat pour présider la Réserve fédérale (Fed): Kevin Warsh, un habitué des milieux d’affaires qui a passé les derniers mois à plaider pour des taux directeurs plus bas et à critiquer l’institution dont il a été un des gouverneurs.Pour être effective, la nomination de M. Warsh, 55 ans, devra être confirmée par le Sénat, où le parti présidentiel est majoritaire.Le mandat du président de la banque centrale américaine dure quatre ans et peut être renouvelé. L’actuel chef de la Fed, Jerome Powell, doit quitter son poste en mai.”Je connais Kevin depuis longtemps et je n’ai aucun doute qu’il restera dans l’histoire comme l’un des GRANDS présidents de la Fed, peut‑être le meilleur. Par‑dessus tout, il a +tout du premier rôle+, et il ne vous laissera jamais tomber. Félicitations Kevin!”, a écrit le président sur sa plateforme Truth Social.Plus tard, depuis le Bureau ovale, il a affirmé que M. Warsh était “bien sûr” favorable comme lui à un abaissement des taux directeurs, tout en assurant qu’il ne lui avait pas demandé de s’engager à œuvrer dans ce sens. L’orientation des taux n’est pas décidée par le seul président, qui représente une voix sur douze au sein du comité de politique monétaire de la Fed.- “Faucon” ou “colombe”? -Les marchés financiers ont semblé considérer vendredi que Kevin Warsh n’agirait pas en cheval de Troie de Donald Trump et saurait maintenir l’indépendance de l’institution, le dollar reprenant de la vigueur. En témoigne également le décrochage des cours de l’or et de l’argent après l’annonce, signe que les investisseurs estiment avoir moins besoin de ces valeurs refuges. Ils n’ont pas oublié que M. Warsh était classé dans la catégorie des “faucons” quand il était gouverneur (2006-2011).Dans le jargon des banques centrales, un “faucon” désigne un responsable très attaché à la lutte contre l’inflation, à l’inverse des “colombes”, plus enclins à la souplesse monétaire.Son plaidoyer récent pour des taux plus bas pourrait être “tactique plutôt que doctrinal” afin de se faire nommer, estime John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank, interrogé par l’AFP.Mais M. Warsh a aussi défendu ces derniers mois la politique économique de Donald Trump et qualifié de “défaillante” la gouvernance de la banque centrale.Kevin Warsh est bien connu des milieux financiers pour avoir notamment été un des dirigeants la banque Morgan Stanley. Il faisait partie des personnalités pressenties pour prendre la tête de l’institution en 2018. Donald Trump avait finalement préféré Jerome Powell — choix dont le chef de l’État n’a cessé de se lamenter par la suite.- Rendez-vous au Sénat -La révélation par Jerome Powell de l’existence d’une procédure du ministère de la Justice à son encontre a récemment suscité l’indignation des milieux économiques, qui y voient une nouvelle atteinte à l’indépendance de l’institution monétaire.Des élus républicains s’en sont également offusqués et ont prévenu qu’ils ne confirmeraient aucune nomination à la Fed tant que la procédure ne serait pas classée.Le passage devant les sénateurs s’annonce houleux pour Kevin Warsh.La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, qui le passera sur le gril, a jugé vendredi dans un communiqué que sa nomination était “le dernier développement en date de la campagne de Trump pour prendre le contrôle de la Fed”.C’est le président républicain George W. Bush qui avait fait de Kevin Warsh le plus jeune gouverneur de l’histoire de la banque centrale; il avait alors 35 ans.Il aurait pu rester plus longtemps en poste, mais avait démissionné en 2011 en critiquant la poursuite de l’exceptionnelle politique monétaire accommodante adoptée pour soutenir la reprise après la crise de 2008-2009. C’est ce qui lui avait alors valu son étiquette de “faucon”.

Kevin Warsh, du cercle de Trump aux portes de la Fed

Kevin Warsh, désigné vendredi par Donald Trump comme son candidat pour diriger la Réserve fédérale (Fed), s’est érigé ces derniers mois en défenseur des politiques présidentielles et contempteur de la banque centrale am&éricaine, dont il a déjà été l’un des gouverneurs.Donald Trump a annoncé vendredi sur son réseau Truth social son choix pour présider le Conseil des gouverneurs de la banque centrale, une institution qu’il ne cesse de bousculer dans l’espoir de faire baisser les taux d’intérêt. Les marchés attendaient avec impatience cette décision, qui devra être validée par le Sénat, à majorité républicaine.Kevin Warsh, 55 ans, est l’un des deux “Kevin” qui étaient pressentis pour remplacer Jerome Powell, avec Kevin Hassett, fidèle conseiller économique de Donald Trump, qu’il a semble-t-il doublé dans la dernière ligne droite.Il a déjà voté sur la politique monétaire américaine, en tant que gouverneur de la Fed de 2006 à 2011. Il avait été propulsé à ce poste par le président républicain d’alors, George W. Bush, et était devenu à 35 ans le plus jeune gouverneur de l’histoire de la banque centrale.Il aurait pu conserver ce poste jusqu’en 2018, terme initial de son mandat, mais avait démissionné en 2011 en critiquant la poursuite de la politique monétaire très accommodante adoptée pour soutenir la reprise, après la crise de 2008-09.Un geste qui l’a catalogué dans la catégorie des “faucons”, terme qui désigne les responsables très attachés à la lutte contre l’inflation et rétifs aux taux bas. Ce point pesait en sa défaveur aux yeux de l’exécutif actuel. Mais il a passé l’année 2025 à envoyer des signaux favorables à la Maison Blanche, plaidant pour des diminutions de taux et critiquant l’institution monétaire.- Anti “dogme” -En novembre, dans une tribune publiée par le Wall Street Journal, Kevin Warsh avait ainsi épousé le credo du gouvernement républicain en dénonçant la “gouvernance défaillante” de la Fed, qui doit selon lui revoir sa politique monétaire et la régulation des banques.Il a aussi loué “les politiques procroissance portées par le président Trump” grâce auxquelles “les Etats-Unis vont croitre plus vite que les autres grandes économies”.”Les Américains bénéficieraient d’un salaire net plus élevé et d’un pouvoir d’achat accru si seulement les dirigeants de la Réserve fédérale cessaient de défendre leurs erreurs et commençaient à les corriger”, avait-il asséné.Selon lui, la banque centrale doit notamment “abandonner le dogme selon lequel l’inflation est causée par une croissance économique trop forte et des salaires trop élevés”. L’inflation arrive “quand le gouvernement dépense trop”.M. Warsh avait fait partie des personnes pressenties pour prendre la tête de l’institution en 2018, quand Donald Trump avait finalement préféré M. Powell – choix que le chef de l’Etat dit amèrement regretter aujourd’hui.Le prochain patron de la Fed est “une personne exceptionnelle, qui ne surprendra pas trop les gens. Beaucoup, beaucoup de gens pensent que c’est quelqu’un qui aurait pu occuper ce poste il y a quelques années”, a déclaré Donald Trump.Kevin Warsh n’est pas un économiste de formation, ce qui est rare pour un potentiel président de banque centrale, mais pas exceptionnel – Jerome Powell a précédemment œuvré comme avocat et banquier d’affaires.Juriste, Warsh est toutefois diplômé de prestigieuses universités américaines (Stanford, Harvard).Natif d’Albany, dans l’Etat de New York, il a d’abord travaillé pendant sept ans, jusqu’en 2002, pour la banque Morgan Stanley où il a atteint le rang de vice-président.Il a quitté la banque pour devenir un des conseillers économiques du président George W. Bush, plus particulièrement chargé des flux de capitaux, des marchés financiers et des banques.C’est à cette époque qu’il a épousé Jane Lauder, héritière de la famille du groupe de cosmétiques Estee Lauder. Un lien familial qui le rapproche de Donald Trump.Le père de Jane, Ronald Lauder, milliardaire et grand contributeur du parti républicain, est un ami de jeunesse du président américain et un conseiller occasionnel.

La Bourse de Paris conclut la semaine dans le vert

La Bourse de Paris a conclu la séance de vendredi dans le vert, rassurée par l’adoption quasi certaine du budget au Parlement, et après avoir accueilli avec bienveillance le choix de Donald Trump pour diriger la Fed.Le CAC 40 a gagné 0,68%, à 8.126,53 points, en hausse de 55,17 points par rapport à la veille. Jeudi, il avait conclu la séance à l’équilibre (+0,06%), à 8.071,36 points. L’indice vedette a surtout salué une nouvelle étape vers la fin du marathon budgétaire: le Premier ministre Sébastien Lecornu a dégainé pour la troisième fois l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, ultime étape avant l’adoption définitive du budget de l’Etat, attendue lundi. Si la nouvelle était déjà pour bonne partie “incorporée par les marchés depuis qu’il était devenu clair que les socialistes n’allaient pas voter la censure”, elle fait partie des “données macroéconomiques plutôt rassurantes” qui touchent la France et l’Europe, souligne Charlotte de Montpellier, économiste de la banque ING. “Il ne faut pas non plus être trop euphorique. La question de la soutenabilité budgétaire n’est pas réglée, et reviendra” sur la table, poursuit l’économiste. A cela s’ajoutent, en Europe, “des croissances plus fortes qu’attendu”, ainsi que des indices de production industrielles encourageants, de nature à rassurer les marchés, explique également Charlotte de Montpellier. Autre actualité qui a marqué la séance de vendredi: le choix de Donald Trump de proposer Kevin Warsh pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale américaine. Pour être effective, la nomination de M. Warsh, ancien gouverneur de la banque centrale américaine, devra être confirmée par le Sénat, où le parti présidentiel est majoritaire.”Sa position d’ancien gouverneur de la Fed, son expérience dans le privé chez Morgan Stanley mais aussi son expérience politique devraient faciliter la confirmation de son mandat par le Sénat américain”, affirme Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés chez IG France.Pour Steve Sosnick, d’Interactive Brokers, “ce qui est intéressant, c’est que lors de son précédent mandat à la Fed, il était en fait plutôt partisan d’une politique monétaire restrictive”.Mais Kevin Warsh a passé l’année 2025 à envoyer des signaux à la Maison Blanche en plaidant pour des diminutions de taux et en critiquant l’institution monétaire.Ces derniers mois, le président américain n’a cessé de vilipender Jerome Powell, jugeant que ce dernier ne baissait pas assez vite les taux directeurs, ce qui a laissé craindre aux investisseurs une perte d’indépendance de la Fed au départ de son gouverneur actuel.  La hausse du CAC 40 lors de la séance de vendredi n’empêche pas l’indice parisien de baisser sur l’ensemble de la semaine, de 0,20%. Sur le mois de janvier, qui se conclut samedi, le CAC 40 a même baissé de 0,28%, au cours d’un mois marqué par les aléas géopolitique, qui guident les investisseurs depuis le début de l’année. Sale journée pour EutelsatLe gouvernement français a empêché cette semaine Eutelsat, l’opérateur européen de satellites de communication, de vendre ses antennes au sol au fonds suédois EQT car il s’agit d’un “actif stratégique”, a déclaré vendredi le ministre de l’Economie Roland Lescure.Le titre a perdu 2,77%, à 2,29 euros. 

Cuba accuse Donald Trump de vouloir “asphyxier” l’économie de l’île

Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a accusé vendredi Donald Trump de vouloir “asphyxier” l’économie de l’île communiste où les coupures électriques quotidiennes s’accentuent et les files d’attente devant les stations-services ne cessent de s’allonger. Le président américain a signé jeudi un décret stipulant que les Etats-Unis pourraient frapper de droits de douane, d’un montant non précisé, les pays vendant du pétrole à La Havane, en invoquant une “menace exceptionnelle” que ferait peser Cuba sur la sécurité nationale américaine.”Sous un prétexte mensonger et dénué d’arguments (…) le président Trump entend asphyxier l’économie cubaine”, a dénoncé sur X le président cubain. “Cette nouvelle mesure met en évidence la nature fasciste, criminelle et génocidaire d’une cour qui a confisqué les intérêts du peuple américain à des fins purement personnelles”, a ajouté le chef de l’Etat, dans une claire allusion au secrétaire d’Etat, Marco Rubio, un Cubano-Américain qui n’a pas caché sa volonté de voir un changement de régime à La Havane. Ce décret accentue la pression sur l’île de 9,6 millions d’habitants, plongée dans une sévère crise économique et qui peine à couvrir ses besoins en carburant et en électricité. – “Crise humanitaire” -La présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, dont le pays livre encore du pétrole à Cuba, a affirmé que de tels droits de douane supplémentaires pourraient déclencher une vaste “crise humanitaire” sur l’île.La mesure pourrait affecter “directement les hôpitaux, l’alimentation et d’autres services essentiels au peuple cubain”, a mis en garde Mme Sheinbaum en conférence de presse. Elle a toutefois souligné qu’elle ne négligerait pas les implications que le décret de Washington pourrait avoir pour le Mexique. “Nous ne voulons pas non plus mettre notre pays en danger en termes de droits de douane”, a-t-elle expliqué.  La Chine, un allié de Cuba, a également protesté contre les menaces américaines. “La Chine s’oppose fermement aux mesures qui privent le peuple cubain de ses droits à la subsistance et au développement”, a déclaré en conférence de presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun.Ces derniers jours, les files d’attente devant les stations d’essence à La Havane n’ont cessé de s’allonger et les délestages électriques peuvent désormais atteindre une dizaine d’heures dans la capitale. Jorge Martinez, qui se rend à son travail, ne cache pas son inquiétude. “Cela va impacter directement la vie des Cubains. Tôt ou tard, cela va avoir des conséquences (sur l’économie), c’est le but”, estime auprès de l’AFP cet ingénieur informatique de 60 ans. “Il faut s’asseoir et négocier” avec Donald Trump, a-t-il ajouté. – “Dur, très dur” -Jorge Grosso, un étudiant de 23 ans, redoute une situation dramatique pour la population. “Je pense que ce qui arrive va être dur, très dur”, dit-il à l’AFP.Jeudi soir, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, Cuba avait déjà dénoncé un “acte brutal d’agression” contre les Cubains.L’île, dirigée par le Parti communiste cubain (PCC, unique), est soumise à un embargo des Etats-Unis depuis 1962, que Donald Trump a considérablement renforcé dès son premier mandat (2017-2021).Selon le décret américain, la décision de Washington s’appuie sur la déclaration d’un “état d’urgence” en lien avec la “menace exceptionnelle” que ferait peser Cuba sur la sécurité nationale américaine.Washington reproche aux autorités cubaines de “s’aligner et de soutenir nombre de pays, organisations terroristes internationales et acteurs hostiles aux Etats-Unis” dont la Russie, la Chine, l’Iran, le Hamas ou le Hezbollah. Cuba est aussi accusée de “déstabiliser la région via l’immigration et la violence”, tout en “propageant ses idées, programmes et pratiques communistes”.Plus tôt en janvier, le président américain avait déjà menacé le gouvernement cubain de couper les flux de pétrole et d’argent, le sommant d’accepter un “accord, avant qu’il ne soit trop tard”, sans préciser la nature de cet accord.Miguel Diaz-Canel avait démenti toute discussion en cours entre son pays et les Etats-Unis.Après la capture de M. Maduro, Donald Trump a placé sous contrôle américain le secteur pétrolier du Venezuela, qui depuis les années 2000 a été le principal fournisseur de pétrole à Cuba, son allié. 

Wall Street recule, sans être surprise par le candidat de Trump pour diriger la Fed

La Bourse de New York évolue en baisse vendredi, lestée par des résultats d’entreprises, mais ne s’est pas montrée surprise par le choix de Donald Trump de lancer Kevin Warsh à l’assaut de la présidence de Réserve fédérale (Fed).Vers 15H00 GMT, le Dow Jones cédait 0,40%, l’indice Nasdaq 0,56% et l’indice élargi S&P 500 reculait de 0,41%.”Évidemment, la grande nouvelle de la matinée est la sélection de Kevin Warsh pour le poste de président de la Fed” par Donald Trump, commente auprès de l’AFP Steve Sosnick, d’Interactive Brokers.Pour être effective, la nomination de M. Warsh devra être confirmée par le Sénat, où le parti présidentiel est majoritaire.”Chaque fois qu’un changement de cette ampleur se produit, il suscite de nombreuses discussions sur sa signification”, rappelle M. Sosnick.”Nous avons pour diriger le poste plus important en matière de politique monétaire une personnalité connue, les marchés ne sont donc certainement pas surpris”, ajoute-t-il.Kevin Warsh, 55 ans, a été gouverneur de la banque centrale américaine à partir de 2006, jusqu’à sa démission en 2011.Il n’est pas un économiste de formation mais juriste. Avant d’intégrer la Fed, il a été un des conseillers économiques du président George W. Bush, en charge notamment des marchés financiers, et a été un des dirigeants de la banque Morgan Stanley.Pour Steve Sosnick, “ce qui est intéressant, c’est que lors de son précédent mandat à la Fed, il était en fait plutôt partisan d’une politique monétaire restrictive”.Mais Kevin Warsh a passé l’année 2025 à envoyer des signaux à la Maison Blanche en plaidant pour des diminutions de taux et en critiquant l’institution monétaire.L’annonce du choix de ce profil pour mener la Réserve fédérale a été accueillie sans panique sur le marché de la dette. Vers 14H55 GMT, le rendement des emprunts de l’Etat américain à échéance 10 ans était de 4,24%, contre 4,23% à la clôture la veille.Celui des emprunts à deux ans, plus sensible aux évolutions monétaires, reculait de 3,56% à 3,54%.Sur le plan des données économiques, l’indice des prix à la production (PPI) aux Etats-Unis a augmenté de 3% sur l’ensemble de l’année 2025, par rapport à 2024, un rythme encore assez élevé mais qui se tasse légèrement comparé à l’année précédente.Pour Patrick O’Hare, de Briefing.com, la place américaine “est essentiellement freinée par la faiblesse du secteur des mégacapitalisations, notamment Apple”.La firme à la pomme a enregistré des résultats trimestriels très supérieurs aux attentes, portés par des ventes record de l’iPhone, son produit phare, et un regain de forme en Chine, mais voit ses prévisions assombries par la pénurie de composants.”Elle ne nous a pas vraiment donné d’indications qui incitent à posséder des actions Apple”, juge Steve Sosnick. Le titre reculait de 0,55% à 256,61 dollars vers 15H00 GMT.Le géant pétrolier américain ExxonMobil reculalit de 0,67% à 169,38 dollars, après avoir publié des résultats contrastés pour le quatrième trimestre, notamment un recul de son bénéfice net.Son concurrent Chevron (+0,97% à 172,78 dollars) résistait, malgré un recul de ses performances financières pour les trois derniers mois de 2025. L’entreprise s’est dite vendredi en discussions avec le Venezuela sur la question de l’exploitation de ses ressources pétrolières.

Canal: le Panama en contact avec Maersk après l’annulation de la concession du Hongkongais CK Hutchison

Le Panama a annoncé vendredi être en contact avec le géant mondial du transport maritime danois Maersk afin qu’il gère temporairement deux ports du canal reliant l’Atlantique au Pacifique, après l’annulation par la justice de la concession accordée au groupe hongkongais CK Hutchison.La Cour suprême du Panama a annulé jeudi la concession accordée à CK Hutchison pour exploiter deux ports du canal, provoquant une vive réaction de Pékin qui a promis de “protéger les droits et intérêts légitimes de ses entreprises”.Cette annonce a eu lieu alors que les États-Unis cherchent à limiter l’influence chinoise sur cette voie stratégique, exacerbant les tensions autour de cette voie maritime de 80 kilomètres par laquelle transite environ 5% du commerce maritime mondial. Les États-Unis et la Chine en sont les deux principaux utilisateurs. “Des discussions ont progressé” avec “une filiale du groupe APM Moller Maersk, qui s’est montrée disposée à prendre temporairement en charge l’exploitation des deux terminaux”, a indiqué le président panaméen José Raul Mulino dans une déclaration enregistrée.Dans un premier temps, “il y aura une période de continuité avec l’opérateur actuel”, après quoi “débutera une période de transition, qui aboutira à une nouvelle concession à des conditions favorables à notre pays”, a expliqué M. Mulino.Le chef de l’Etat panaméen avait qualifié à plusieurs reprises de “contraires aux intérêts nationaux” les contrats en vertu desquels CK Hutchison exploitait les ports situés aux deux extrémités du canal, celui de Cristobal, côté Atlantique, et de Balboa, côté Pacifique.- Pression américaine -La Cour suprême a jugé jeudi “inconstitutionnelles” les lois en vertu desquelles le groupe hongkongais opère ces infrastructures.La nullité des contrats avait été demandée par la Cour des comptes panaméenne, qui avait déposé deux plaintes l’an dernier, estimant qu’ils présentaient des irrégularités.”La partie chinoise prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre résolument les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises”, a réagi Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’un point presse régulier.Le gouvernement de Hong Kong a également répondu vendredi, affirmant dans un communiqué qu’il “désapprouve vivement et rejette fermement cette décision”. L’exécutif de la région administrative spéciale dit s’opposer “catégoriquement à ce que tout gouvernement étranger utilise des moyens coercitifs, répressifs ou autres pratiques déraisonnables dans les relations économiques et commerciales internationales”.Panama Ports Company (PPC), filiale de CK Hutchison, a dénoncé une décision qui “manque de fondement juridique et met en péril non seulement PPC et son contrat, mais aussi le bien-être et la stabilité de milliers de familles panaméennes qui dépendent directement ou indirectement de l’activité portuaire”.- Prudence des investisseurs -Fondé par le milliardaire Li Ka-shing, CK Hutchison est l’un des plus grands conglomérats de Hong Kong, présent notamment dans la finance, le commerce de détail, les infrastructures, les télécommunications et la logistique.Sa filiale PPC gère les ports de Cristobal et de Balboa depuis 1997. Elle avait obtenu une première concession de 25 ans, prolongée pour une durée équivalente en 2021.Construit par les États-Unis et inauguré en 1914, le canal est passé sous contrôle panaméen en 1999 dans le cadre de traités bilatéraux négociés sous la présidence du démocrate américain Jimmy Carter (1977-1981).A son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a menacé à plusieurs reprises l’an dernier de reprendre le contrôle du canal, estimant qu’il se trouve sous l’influence de Pékin. Il a également exigé du Panama des conditions préférentielles pour son utilisation par les navires américains.En mars, CK Hutchison avait accepté de céder le contrôle des deux ports à un conglomérat mené par le fonds américain BlackRock, mais la transaction, que la Chine considère avec suspicion, n’a toujours pas été finalisée.Après l’annonce venue du Panama, l’action du conglomérat a perdu 4,6% en séance vendredi à la bourse de Hong Kong.Selon Kelvin Lam, économiste chez Pantheon Macroeconomics, “dorénavant, les pays étrangers vont être de plus en plus prudents lorsqu’il s’agira d’investir des capitaux dans des projets d’infrastructures stratégiques dans l’arrière-cour des États-Unis, en particulier pour les pays qui n’entretiennent pas de bonnes relations avec ces derniers”.

Trump choisit un critique de la Fed, Kevin Warsh, pour présider la banque centrale

Donald Trump a finalement choisi vendredi de lancer Kevin Warsh à l’assaut de la présidence de Réserve fédérale (Fed), un habitué des milieux d’affaires qui a passé les derniers mois à critiquer l’institution dont il a été l’un des gouverneurs.Pour être effective, la nomination de M. Warsh devra être confirmée par le Sénat, où le parti présidentiel est majoritaire.Le mandat de l’actuel chef de la Fed, Jerome Powell, arrive à échéance en mai.”Je connais Kevin depuis longtemps et je n’ai aucun doute qu’il restera dans l’histoire comme l’un des GRANDS présidents de la Fed, peut‑être le meilleur. Par‑dessus tout, il a +tout du premier rôle+, et il ne vous laissera jamais tomber. Félicitations Kevin!”, a écrit le président sur sa plateforme Truth Social.Son message a été envoyé au petit matin pour les Etats-Unis. Wall Street accueillait sereinement, sans réaction notable, son choix dans les échanges avant l’ouverture.Après l’annonce, Samuel Tombs, du cabinet Pantheon Macroeconomics, conseillait de ne pas tirer de conclusion hâtive concernant l’impact de cette nomination sur la politique monétaire.”On ne sait pas avec certitude comment M. Warsh votera. Il est raisonnable de supposer qu’il a dit au président qu’il était favorable à une baisse des taux d’intérêt aujourd’hui, sinon il n’aurait pas été nommé. (…) Mais les instincts +faucons+ de M. Warsh pourraient refaire surface une fois qu’il aura obtenu la présidence”, souligne dans une note le spécialiste de l’économie américaine.Dans le jargon des banques centrales, un “faucon” désigne un responsable très attaché à la lutte contre l’inflation et se méfie des taux bas – M. Warsh était classé dans cette catégorie du temps où il était gouverneur (2006-2011).Kevin Warsh est bien connu des milieux financiers pour avoir notamment été un des dirigeants la banque Morgan Stanley. Il faisait partie des personnalités pressenties pour prendre la tête de l’institution en 2018, lorsque Donald Trump avait finalement préféré Jerome Powell – choix sur lequel le chef de l’Etat n’a ensuite cessé de se lamenter.- L’enjeu de l’indépendance -Le président américain assume attendre du prochain chef de la Fed qu’il partage ses vues sur la politique monétaire.Il a répété jeudi que les taux d’intérêt étaient pour lui “trop élevés, intolérablement trop élevés”.Sauf que l’interventionnisme de Donald Trump risque de rendre son candidat suspect aux yeux des investisseurs.La révélation par Jerome Powell de l’existence d’une procédure du ministère de la Justice à son encontre a récemment suscité l’indignation des milieux économiques, qui y voient une nouvelle atteinte à l’indépendance de l’institution monétaire.Des élus républicains en ont aussi pris ombrage et dit qu’ils ne confirmeraient aucune nomination à la Fed tant que la procédure ne serait pas classée.- Critique de l’institution -Donald Trump avait laissé entendre en décembre qu’il envisageait de nommer son conseiller économique Kevin Hassett, avant de faire marche arrière.Dans un autre message sur Truth Social vendredi matin, il a expliqué que M. Hassett aurait fait un “excellent président” de la Fed mais que ses talents lui étaient indispensables à la Maison Blanche.C’est le président républicain George W. Bush qui avait fait de Kevin Warsh le plus jeune gouverneur de l’histoire de la banque centrale – il avait alors 35 ans.Il aurait pu rester plus longtemps en poste, mais avait démissionné en 2011 en critiquant la poursuite de l’exceptionnelle politique monétaire accommodante adoptée pour soutenir la reprise après la crise de 2008-09.Cette étiquette de “faucon” pesait en sa défaveur aux yeux de l’exécutif actuel. Mais il a passé l’année 2025 à envoyer des signaux à la Maison Blanche en plaidant pour des diminutions de taux et en critiquant l’institution monétaire.Sitôt après l’annonce, un commentateur de la chaine économique américaine CNBC a relevé un possible autre atout de Kevin Warsh aux yeux d’un président aimant s’entourer de personnes télégéniques: “Il a de beaux cheveux.”

Budget: un ultime 49.3 dégainé en 13 secondes, épilogue lundi

La ligne d’arrivée du marathon budgétaire est proche: le Premier ministre Sébastien Lecornu a activé vendredi pour la troisième fois l’article 49 alinéa 3 de la Constitution à l’Assemblée nationale, ultime étape avant l’adoption définitive du budget de l’Etat, attendue lundi.”La France doit avoir un budget. Et donc, devant cet hémicycle, j’engage la responsabilité du gouvernement sur l’ensemble du PLF (projet de loi de finances, ndlr) pour 2026, sur la base de l’article 49 de la Constitution”, s’est contenté de déclarer, en 13 secondes chrono, devant l’Assemblée nationale le chef du gouvernement qui s’était engagé à y renoncer au début de l’automne, à la demande du PS.Dans la foulée, La France insoumise a annoncé le dépôt d’une motion de censure, qui devrait être examinée et rejetée lundi faute du soutien de la droite et des socialistes, tout comme une autre motion du Rassemblement national et son allié UDR.Selon le président de la commission des Finances Éric Coquerel (LFI), ces motions de censure seront examinées lundi à 17H00 – et non mardi comme il le demandait pour permettre à tous les députés de revenir à Paris. Autre critique sur la forme de l’écologiste Arnaud Bonnet, “le Premier ministre n’a même pas attendu que les membres de la commission des Finances”, qui venaient de rejeter une ultime fois ce budget, “arrivent dans l’hémicycle que le 49.3 était déjà prononcé”. Après quatre mois de très denses discussions au Parlement, le projet de loi de finances pour 2026 va pouvoir aboutir. – Matelas confortable -Sauf immense surprise, les motions de censure seront rejetées comme les deux précédentes, le gouvernement disposant d’un matelas relativement confortable d’une vingtaine de voix d’avance.”Le groupe socialiste a serré la vis (aux députés qui voudraient voter la censure) et est maintenant dans un soutien sans participation au gouvernement”, a déploré M. Coquerel.”C’est la dernière chance que peuvent avoir les députés LR et socialistes de sanctionner ce gouvernement”, a lancé Sébastien Chenu (RN).Le rejet des motions vaudra alors adoption définitive du budget de l’Etat, qui devra tout de même passer le filtre du Conseil constitutionnel avant d’être promulgué. Sa mise en place mettra fin au régime fragile de la loi spéciale, votée fin décembre faute d’accord parlementaire pour assurer la continuité de l’État.Après ce dernier 49.3, Sébastien Lecornu effectuait un déplacement vendredi après-midi dans le village de Baigneaux, en Eure-et-Loir, dans la Beauce, pour valoriser l’agriculture locale et diversifiée. Pour promouvoir les “contrats d’avenir” réclamés par le syndicat des Jeunes agriculteurs, pour les aider à diversifier leurs productions notamment face au changement climatique, il doit visiter une exploitation qui s’est mise à faire des amandes en plus des céréales.Confronté à la colère des agriculteurs, le Premier ministre avait promis le 13 janvier un projet de “loi d’urgence” sur la politique de l’eau, la “prédation” du loup et les “moyens de production”. – “Texte utile” mais “imparfait” -S’il est certes “imparfait”, ce budget “est un texte utile pour les Français, car il nous permet de sortir du climat d’incertitude qui s’est installé depuis quelques mois”, a salué jeudi la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.Si certains parlementaires, tout comme l’agence de notation Moody’s, en doutent, le texte entend ramener le déficit à 5% du PIB en 2026, contre 5,4% en 2025.Initialement, l’exécutif visait 4,7%. Mais, selon le rapporteur Philippe Juvin (LR), le budget de l’Etat a dû d’une part “assumer les décisions prises au niveau du budget de la Sécurité sociale”, avec notamment la suspension de la réforme des retraites, qui s’est traduite par “une hausse du déficit de 0,3 point de PIB”. D’autre part, a-t-il regretté, l’effort des collectivités locales “a été réduit de moitié” à la demande du Sénat. Le texte prévoit diverses concessions en direction notamment du PS, comme les repas à un euro pour les étudiants ou la hausse de la prime d’activité.Le bloc central et la droite ne sont pas plus satisfaits de ce budget que le RN et LFI mais M. Juvin s’est félicité “d’avoir évité de graves écueils” au niveau fiscal, comme “la remise en cause du pacte Dutreil” sur la transmission d’entreprises et “une fiscalité supplémentaire pour les PME et les ETI (entreprises de taille intermédiaire)”.ama-are-far-lak/lum/hr/dch   

Eutelsat: l’Etat bloque une vente d’actifs à un fonds suédois et défend une activité “trop stratégique”

L’Etat français est monté au créneau pour empêcher l’opérateur de télécommunications satellites Eutelsat de vendre des infrastructures à un fonds suédois, jugeant qu’il s’agit d’une entreprise “trop stratégique”, seule concurrente européenne de Starlink.”Nous avons estimé que cette activité était trop stratégique pour la France en vertu de nos propres considérations et de notre doctrine”, a souligné vendredi le ministère de l’Economie.Dans la matinée, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, avait indiqué sur TF1 que l’État était à l’œuvre derrière l’annulation de la vente d'”antennes (servant) pour des communications civiles et aussi pour des communications militaires” au fonds suédois EQT, annoncé la veille par le groupe. Eutelsat dispose d’une constellation de quelque 600 satellites en orbite basse, qui lui permet de fournir des services de télécommunications satellitaires. Seul concurrent de l’américain SpaceX et de son service Starlink à l’échelle mondiale – à la différence qu’Eutelsat opère à destination de clients gouvernementaux et d’entreprises et non de particuliers -, le groupe est considéré par la France comme un actif stratégique.Eutelsat sait aussi faire valoir sa position d’acteur souverain: début 2025, alors que SpaceX menaçait de couper ses services sur le territoire ukrainien, le groupe avait assuré disposer d’une couverture “parfaite” dans le pays.Depuis l’été 2025 et une large opération d’augmentation du capital, l’État Français est par ailleurs devenu le premier actionnaire du groupe avec près de 30% des parts.Le groupe a également passé en juin un accord-cadre sur dix ans avec l’armée française dans le domaine des communications militaires spatiales, pour un montant maximal d’un milliard d’euros.- Un blocage rare -Le processus de vente au fonds suédois, rendu public à l’été 2024 par une annonce du groupe, n’a cependant pas été bloqué en interne, mais par le biais de la procédure de contrôle des investissements étrangers en France (IEF). Cette prérogative de l’Etat sur les ventes d’actifs à l’étranger aboutit rarement au blocage d’un investissement.L’Etat a ainsi récemment autorisé la vente à un groupe américain de l’entreprise française LMB Aerospace, fabricant de systèmes de refroidissement et sous-traitant du secteur de la défense.S’agissant d’Eutelsat, le ministère français de l’Economie assure que la “qualité de l’investisseur” suédois n’était pas en cause.Eutelsat a de son côté précisé jeudi soir, à l’annonce de l’annulation de la vente, que l’opération devait porter sur des infrastructures “passives” comme des antennes ou des bâtiments, mais sans composants électroniques. Le groupe a également tenté de rassurer les marchés sur l’impact de cette annulation sur sa santé financière. “Le non-aboutissement de cette opération ne remet pas en cause la capacité d’Eutelsat à financer les dépenses d’investissement nécessaires à la poursuite de sa stratégie de croissance”, assurait jeudi soir l’entreprise, qui n’a pas souhaité faire davantage de commentaire.Dans une note d’analystes publiée vendredi, Deutsche Bank souligne néanmoins que “l’arrêt du processus signifie qu’Eutelsat ne percevra pas les quelque 550 millions d’euros anticipés”.A 12h30, le titre perdait 5,53% en bourse, à 2,22 euros, dans un marché stable.