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Les grandes banques américaines ne sont plus tenues de jauger le risque climatique

Les grandes banques américaines ne sont plus tenues de porter une attention particulière aux risques liés au changement climatique qui pèsent sur leur activité, ont annoncé jeudi les agences de régulation des Etats-Unis, dont la Fed.”Bon débarras”, a commenté en deux mots un des responsables de la banque centrale des Etats-Unis, le gouverneur Christopher Waller, dans un communiqué.M. Waller est l’une des personnes pressenties pour prendre la tête de l’institution quand le mandat de Jerome Powell s’achèvera, au printemps prochain. Il doit pour cela être désigné par le président américain Donald Trump, climatosceptique assumé.En octobre 2023, une série de recommandations avaient été publiées pour que les banques se penchent sur les risques climatiques qui peuvent faire vaciller leur activité. La multiplication, par exemple, des incendies, inondations ou ouragans dévastateurs représentent un coût assurantiel élevé.Ces recommandations avaient été adressées aux banques ayant plus de 100 milliards de dollars d’actifs.- “Courte vue” -Les agences de régulation américaines “estiment que les principes de gestion des risques financiers liés au climat ne sont pas nécessaires, car les normes de sécurité et de robustesse existantes imposent à toutes les institutions supervisées de mettre en place une gestion des risques efficace, adaptée à leur taille, à leur complexité et à leurs activités”, selon leur communiqué commun.”En outre, toutes les institutions supervisées sont tenues d’examiner et de traiter de manière appropriée tous les risques financiers importants et doivent être résilientes face à toute une série de risques, y compris les risques émergents”, est-il ajouté. Dans le détail, au conseil des gouverneurs de la Fed, cinq membres ont voté pour le retrait des recommandations, une s’est abstenue (la gouverneure Lisa Cook) et un a voté contre. Il s’agit de Michael Barr, l’ancien vice-président de la Fed chargé de la régulation bancaire qui avait porté ce changement, et avait annoncé sa démission de ce poste quelques jours avant le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier. Il est resté gouverneur.Dans un communiqué séparé, M. Barr a regretté une décision “de courte vue qui rendra le système financier plus risqué alors même que les risques financiers liés au climat augmentent”.Sa remplaçante, Michelle Bowman, avait fait part de ses fortes réserves.”Ces directives ont eu pour effet de semer la confusion quant aux attentes des autorités de surveillance et d’augmenter les coûts et les charges liés à la conformité, sans améliorer de manière proportionnelle la sécurité et la robustesse des institutions financières ni la stabilité financière des États-Unis”, a-t-elle soutenu dans son propre communiqué.

USA: début des délibérations au procès de BNP Paribas lié aux violences au Soudan

Le jury d’un tribunal civil fédéral de New York a commencé jeudi ses délibérations pour décider si le groupe bancaire français BNP Paribas a contribué à des exactions au Soudan, en facilitant des échanges commerciaux dont les recettes auraient financé l’armée et les milices du régime d’Omar el-Béchir.Le procès, commencé le 9 septembre devant huit jurés, a été intenté par trois Soudanais – deux hommes et une femme sans relation familiale -, désormais citoyens américains.Ils ont raconté avoir été emprisonnés, torturés, battus, brûlés avec des cigarettes, lacérés au couteau, violée pour l’une, par des soldats soudanais et des miliciens Janjawid – déployée et équipée par Khartoum – tandis que leurs biens étaient volés ou détruits.Les plaidoiries finales se sont déroulées jeudi matin, suivies par une mise au point du juge Alvin Hellerstein avant le début des délibérations du jury.”Cette affaire très importante a révélé le secret qu’une banque internationale, BNP Paribas, a secouru, protégé, alimenté et soutenu illégalement l’économie d’un dictateur”, a lancé jeudi David DiCello, un avocat des plaignants.Elle a “soutenu un nettoyage ethnique et anéanti l’existence” des plaignants, a-t-il poursuivi. BNP Paribas n’est pas l’unique cause de cette situation, mais “c’est l’une des raisons”.La banque française, active au Soudan de la fin des années 1990 à 2009, a fourni des lettres de crédit dans le cadre de contrats commerciaux (import-export). En cas de défaut de l’acheteur – ce qui n’est jamais arrivé, d’après elle -, le vendeur était sûr d’avoir son argent.Les plaignants considèrent qu’en permettant au régime soudanais de commercer et, donc, d’engranger des milliards de dollars de devises étrangères, la banque a contribué à la violence du régime contre une partie de sa population.Mais, pour la défense, les plaignants n’ont pas prouvé la responsabilité de BNP Paribas.Barry Berke, un avocat du groupe français, a affirmé jeudi que les plaignants auraient subi les mêmes souffrances si BNP Paribas n’avait pas été au Soudan, qui aurait vendu son pétrole sans la banque. Même sans pétrole et sans BNP Paribas, le régime aurait violé les droits humains, a soutenu l’avocat.Détaillant, chronologies à l’appui, les conflits internes depuis l’indépendance du Soudan en 1956 jusqu’à aujourd’hui, M. Berke a souligné que les opérations incriminées étaient autorisées en Europe et que des instances internationales comme le Fonds monétaire international (FMI) collaboraient avec le pays.Selon les Nations unies, entre 2002 à 2008, la guerre a fait 300.000 morts au Darfour (ouest du Soudan) et près de 2,5 millions de déplacés.Béchir, qui a dirigé le Soudan d’une main de fer pendant trois décennies, a été destitué en 2019 et est recherché par la Cour pénale internationale pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Wall Street termine en baisse, minée par les banques régionales et la Chine

La Bourse de New York s’est repliée jeudi, s’inquiétant quelque peu de la stabilité financière des banques régionales américaines, mais aussi de l’avenir des relations commerciales américaines avec la Chine.Le Dow Jones a perdu 0,65%, l’indice Nasdaq a reculé de 0,47% et l’indice élargi S&P 500, de 0,63%.”On observe un début d’inquiétude lié à l’activité de prêts (…) et la faiblesse se concentre autour des banques régionales”, explique auprès de l’AFP Angelo Kourkafas, d’Edward Jones.Zions Bancorporation a chuté (-13,14% à 46,93 dollars) après avoir annoncé une perte considérable liée à deux prêts sur sa filiale californienne.Western Alliance a également glissé (-10,88% à 70,26 dollars) après avoir déclaré être confrontée à un emprunteur frauduleux.Le reste du secteur financier, qui avait pourtant brillé en début de semaine grâce à de bons résultats trimestriels, a aussi terminé dans le rouge, à l’instar de Bank of America (-3,52%), JPMorgan Chase (-2,24%) ou encore Wells Fargo (-2,86%).”Il est probablement trop tôt pour que cela s’étende à l’ensemble de l’économie (…) mais tant que nous n’aurons pas davantage de précisions, les marchés adopteront une approche prudente”, souligne M. Kourkafas.”Les investisseurs ont parfois tendance à tirer des conclusions hâtives”, abonde auprès de l’AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.La place américaine se montre également prudente face aux tensions commerciales entre Pékin et Washington “qui créent de nombreuses incertitudes”, note Angelo Kourkafas.Le ministre américain des Finances Scott Bessent a affirmé mercredi que, selon ses informations, Donald Trump comptait toujours rencontrer prochainement son homologue chinois. Mais le président américain semble souffler le chaud et le froid sur Pékin.Dans le même temps, depuis le 1er octobre, les républicains de Donald Trump et l’opposition démocrate sont dans l’impasse au Congrès, incapables de s’entendre sur un nouveau budget.L’Etat fédéral se trouve depuis lors en état de paralysie (“shutdown”), ce qui inquiète aussi les marchés, avance M. Kourkafas.Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’Etat américain se détendait nettement, à 3,97% vers 20H30 GMT contre 4,03% la veille en clôture.Le deux ans, plus sensible à la conjoncture économique, s’établissait à 3,41% contre 3,50%.L’indice de volatilité Vix, surnommé indice de la peur, qui mesure la nervosité des investisseurs sur le marché, a quant à lui progressé de plus de 20%.Côté entreprises, les investisseurs ont salué en début de séance les performances trimestrielles du géant taïwanais des semi-conducteurs TSMC, avant que le titre ne bascule dans le rouge (-1,56% à 299,97 dollars).Le groupe a annoncé de nouveaux résultats trimestriels mirobolants, porté par la demande grandissante en puces pour l’intelligence artificielle (IA).La compagnie aérienne américaine United Airlines a aussi terminé en berne (-5,63% à 98,19 dollars) malgré un chiffre d’affaires en progression au troisième trimestre grâce à une fréquentation soutenue.Le directeur général de l’entreprise Scott Kirby, a averti jeudi qu’un prolongement de la crise budgétaire américaine pourrait diminuer la fréquentation dans l’aviation commerciale.L’éditeur de logiciels américain Salesforce a été recherché (+3,94% à 245,89 dollars) après avoir annoncé qu’il prévoyait un chiffre d’affaires supérieur à 60 milliards de dollars en 2030, soit plus qu’anticipé par le marché.

Procès Casino: détention à domicile requise contre l’ex-PDG Jean-Charles Naouri

Une peine de quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis et aménagement de la partie ferme ainsi que 2 millions d’euros d’amende a été réclamée jeudi contre l’ex-PDG de Casino Jean-Charles Naouri pour manipulation de cours et corruption.Le parquet national financier (PNF) a également requis 75 millions d’euros d’amende contre la société Casino en tant que personne morale.Reprise depuis 2024 dans l’escarcelle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, l’enseigne a déploré des réquisitions “disproportionnées”, faisant valoir que “le Nouveau Casino n’a plus rien à voir ni par sa taille, ni par sa situation financière ou sa gouvernance, avec celui qu’il était à l’époque des faits”.Mais c’est surtout envers le patron de presse Nicolas Miguet que les procureurs ont été les plus sévères: quatre ans d’emprisonnement avec exécution immédiate et 850.000 euros d’amende à titre personnel requis, ainsi que 1.500.000 euros d’amende pour ses diverses sociétés.M. Miguet, qui s’est forgé une réputation sulfureuse dans les milieux du boursicotage – il a déjà été condamné à plusieurs reprises pour des faits comparables -, avait conclu une “convention” supposément de “conseil” avec le groupe de grande distribution, pour 823.000 euros de rémunération en neuf mois.Or, “la convention de conseil est à la délinquance en col blanc ce que la valise de billets est au blanchiment de trafic de stupéfiants”, ont ironisé les deux représentants du parquet lors de leurs réquisitions de plus de cinq heures, après déjà huit journées de débat.Jean-Charles Naouri avait accepté de rencontrer Nicolas Miguet en septembre 2018, au moment même où l’action Casino décrochait en Bourse. Vingt-quatre heures plus tard, le contrat était signé.Presque une coïncidence, avaient assuré les deux prévenus à la barre, se bornant à résumer les “conseils” par la création d’un club d’actionnaires – jamais réalisé – ou dynamiser les assemblées générales – sans résultat probant.L’objet de la rencontre et de l’accord, pour l’accusation, est tout autre: “Il y a un stress maximum à la tête de Casino, presque de désespoir: Jean-Charles Naouri sait que son image, sa fortune, sont susceptibles de s’écrouler”, le magnat des supermarchés étant convaincu de faire l’objet d’une attaque imminente et hostile du groupe Carrefour. “Ce qui n’est pas l’objet de ce procès”, a pris soin de balayer le ministère public.”L’intérêt pour Jean-Charles Naouri, c’est de défendre le cours de Casino. Celui de Nicolas Miguet, c’est d’augmenter son chiffre d’affaires: il a gagné à cette période 10.000 abonnés”, rappellent les procureurs.Car M. Miguet dispose de diverses lettres boursières et d’un service Audiotel, dans lesquels il prodigue des conseils boursiers. En l’espèce, durant la période: “acheter, racheter, conserver les actions Casino”.”Ils ont fait des petits porteurs de la simple chair à canon”, ont tonné les deux procureurs, alors que, quelques heures plus tôt, l’avocat d’un agriculteur du Nord rappelait que son client avait “acheté 44.000 actions Casino d’une quarantaine d’euros chacun; cinq ans plus tard, elles valent 0,46 euro”.- “Du grand art!” -Et si “Jean-Claude Naouri avait décidé de tendre un piège à Carrefour”, tous les mis en cause “ont un objectif commun: sauver coûte que coûte le cours de Casino, y compris par des moyens illégaux”, répètent encore les deux représentants du PNF.A propos du chef de manipulation de cours par diffusion de fausses informations – selon les procureurs “créées sur mesure pour les besoins de Casino” -, il a notamment été rappelé le “conseil” de M. Miguet de “feuilletonner” le récit de la contre-offensive de Casino et de la supposée remontée de son cours. Réaction par SMS d’un bras droit de Jean-Charles Naouri: “Du grand art!””Dans ce dossier, la manipulation affleure à tous les étages”, tempêtent encore les deux procureurs, en relevant que Nicolas Miguet avait en outre “un intérêt personnel” à soutenir le groupe en difficulté pour détenir 125.000 actions pendant la période de la convention, soit 3 millions d’euros de valeur: “Il s’est donc condamné lui-même à dire du bien de l’action Casino”.Le parquet a par ailleurs réclamé des peines de deux à trois ans d’emprisonnement avec sursis et des amendes de 300.000 à 500.000 euros à l’encontre de trois ex-cadres de Casino.La défense doit plaider à partir de lundi.

Espagne: énorme revers pour BBVA dont l’OPA hostile contre Sabadell a échoué

La banque espagnole BBVA a essuyé un énorme échec dans sa tentative de mettre la main via une OPA hostile sur sa rivale Sabadell pour créer un géant européen, une opération qui suscitait l’inquiétude du gouvernement de gauche à Madrid.L’offre publique d’achat (OPA) a reçu un niveau d’acceptation représentant seulement 25,33% du capital de Sabadell, a déclaré jeudi dans un communiqué la Commission nationale du marché des valeurs (CNMV), le gendarme boursier espagnol, dont l’annonce était initialement attendue vendredi.En l’état donc, “l’opération a obtenu un résultat négatif” et “devient caduque”, a indiqué la CNMV.Ces derniers jours, la plupart des observateurs s’accordaient pourtant à dire que BBVA, deuxième banque d’Espagne, réussirait à racheter plus de 30% du capital social de Sabadell, quatrième établissement bancaire dans le pays, sans pour autant attendre 50%.Ce résultat inférieur donc aux prévisions est donc un revers inattendu et majeur pour BBVA, qui avait pourtant tout tenté ces dernières semaines pour convaincre la multitude d’actionnaires de Sabadell, y compris en relevant son offre initiale de 10% le 22 septembre, valorisant ainsi sa concurrente à environ 17 milliards d’euros.Avec cette OPA hostile, BBVA ambitionnait de créer un géant bancaire capable de rivaliser avec les mastodontes européens tels que Santander (première banque en Espagne), mais aussi HSBC et BNP Paribas.  Dans la foulée de l’annonce de la CNMV, BBVA a publié un communiqué visant à rassurer immédiatement ses actionnaires et le marché, qui pourrait réagir vendredi dès l’ouverture de la bourse à Madrid. “Nous regardons le futur avec confiance et enthousiasme”, a assuré son président Carlos Torres Vila, cité dans ce communiqué.Pour faire contre-feu, le dirigeant a promis un dividende “historique” aux actionnaires dès le 7 novembre prochain “pour un total de 1,8 milliard d’euros” et un rachat d’actions massif à la fin du mois “pour environ un milliard d’euros”.- Méga-projet avorté -De son côté, sollicitée par l’AFP, Sabadell a refusé de commenter le résultat publié par la CNMV au bout de ce feuilleton à rebondissements, qui aura aussi eu des implications politiques.De son côté, Sabadell n’avait pas réagi dans l’immédiat à l’annonce du résultat par la CNMV au bout de ce feuilleton à rebondissements, qui aura aussi eu des implications politiques.La tentative par BBVA de mettre la main sur sa concurrente était en effet vue d’un très mauvais oeil en Catalogne (nord-ouest), terre natale de Sabadell, où les autorités régionales avaient rappelé depuis plusieurs mois leur attachement au maintien d’une banque locale indépendante.”Le résultat de l’OPA (…) confirme ce que nous avons toujours défendu : un système bancaire adapté à la réalité de la Catalogne et à son tissu économique”, s’est félicité sur le réseau social X le président du gouvernement local, Salvador Illa, appelant à “se tourner vers l’avenir” pour “la prospérité” régionale.Les syndicats de Sabadell craignaient aussi pour les emplois au sein du groupe en cas d’OPA réussie pour BBVA.De son côté, le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez va pouvoir pousser un ouf de soulagement dans ce dossier brûlant, lui qui s’était montré réticent au méga-projet de BBVA, par crainte de voir la concurrence réduite dans l’important secteur bancaire espagnol.Pour compliquer l’opération –il ne pouvait l’interdire–, l’exécutif avait ainsi imposé fin juin des conditions draconiennes en empêchant de facto toute fusion entre les deux entités bancaires pendant au moins trois ans, rendant ainsi l’offre moins attractive. 

Marchés financiers: Merz appelle à la création d’une Bourse européenne

Le chancelier allemand Friedrich Merz a appelé jeudi à la création d’une place financière européenne pour concurrencer ses rivales américaines et asiatiques, afin d’éviter la fuite des capitaux des entreprises du continent, en perte de compétitivité.Lors d’un discours devant les députés allemands avant un sommet européen la semaine prochaine, le chancelier a répété la nécessité d’unifier les marchés de capitaux de l’UE.Ce véritable serpent de mer des sommets des 27 prévoit d’harmoniser les règlementations des différentes bourses européennes, pour accélérer les flux financiers au sein de l’UE et faciliter les investissements.”Nos entreprises ont besoin d’un marché des capitaux suffisamment large et profond pour pouvoir se financer mieux, et surtout, plus rapidement” a déclaré le dirigeant.Berlin et Bruxelles ont donc “besoin d’une Bourse européenne pour que des entreprises prospères comme, par exemple BioNTech en Allemagne, n’aient pas à aller à la Bourse de New York”, a-t-il ajouté.Le laboratoire connu pour son vaccin contre le Covid-19 fait partie des entreprises du Nasdaq depuis 2019.D’autres entreprises allemandes ont aussi tourné le dos à la bourse de Francfort pour celle de New York, comme la célèbre marque de sandales Birkenstock ou le géant gazier Linde.Ce dernier avait quitté le Dax en 2023, dénonçant les règles boursières allemandes qui bridaient ses performances, ce qui avait été un coup de massue pour la place de Francfort.”Euronext est prêt à contribuer au prochain niveau de consolidation des marchés en Europe pour créer un pool de liquidité plus profond afin de financer la croissance des entreprises européennes”, a réagi le patron de l’opérateur de places boursières européennes Stéphane Boujnah dans une déclaration transmise à l’AFP.Euronext, qui gère les Bourses de Paris, Milan, Amsterdam, Bruxelles, Dublin, Lisbonne et Oslo, “a toujours été guidé par la forte conviction qu’en Europe, il est toujours possible de réussir ensemble plutôt que d’échouer séparément”, a-t-il ajouté.Ce n’est que grâce à une bourse européenne “que la création de valeur issue de la recherche allemande et européenne restera en Europe”, selon Friedrich Merz.Enlisée dans la stagnation, l’Union Européenne et ses entreprises phare, notamment allemandes, sont menacées de décrochage économique et technologique vis à vis de la Chine et des Etats-Unis.Le risque est que l’Europe devienne un “jouet pour les grands pôles économiques en Asie et en Amérique”, a aussi déclaré le chancelier.A la pointe de cette consolidation financière européenne se trouve Euronext, l’opérateur de la bourse de Paris, qui a racheté plusieurs places (Oslo, Milan) et lorgne désormais sur celle d’Athènes.Plusieurs tentatives de fusion avec son grand concurrent, l’allemand Deutsche Börse, ont échoué par le passé.

Plan social à Auchan: un hypermarché de La Défense temporairement bloqué par la CGT

L’hypermarché Auchan de La Défense, quartier d’affaires à l’ouest de Paris, a été bloqué toute la journée jeudi par des militants CGT, dispersés dans la soirée sans interpellation, a-t-on appris auprès d’une source policière.Les militants de la CGT Commerce et services s’opposent à un plan social prévoyant 2.400 suppressions de postes. Ils étaient 200 manifestants, selon la préfecture des Hauts-de-Seine.Ils bloquaient l’accès à l’hypermaché, a constaté un journaliste de l’AFP et entendaient initialement rester sur place pour “24 heures minimum”, “jusqu’à demain 10H”.”On veut que le groupe Mulliez”, propriétaire d’Auchan, “arrête ses licenciements”, a dénoncé auprès de l’AFP le secrétaire général de la fédération, Amar Lagha.La CGT Commerce et services demande également l’abrogation de la réforme des retraites de 2023, plutôt que sa suspension annoncée par Sébastien Lecornu, répondant à une demande du PS qui le menaçait de censure.La direction d’Auchan a dénoncé auprès de l’AFP “une action illégale”, car elle n’est pas l’oeuvre de salariés élus d’Auchan.”J’invite Auchan à saisir la justice”, a rétorqué Amar Lagha. “Il y a énormément de travailleurs d’Auchan qui sont là”, a-t-il affirmé.Le plan social prévoyant près de 2.400 suppressions d’emplois chez Auchan a été invalidé fin septembre par le tribunal administratif de Lille, une décision dont le distributeur a annoncé faire appel.Cette décision, si elle devenait définitive, ouvrirait a minima la voie à des indemnisations supplémentaires devant les prud’hommes pour les salariés qui les saisiraient, alors que trois quarts de ceux concernés par les suppressions de postes ont déjà quitté l’entreprise.La CGT demande à ce que la situation de l’ensemble des entreprises de la famille Mulliez, dont certaines, comme Decathlon ou Kiabi, présentant une excellente santé économique, soit prise en compte lors d’un plan social. Un argument repris par le jugement du tribunal de Lille.”On ne peut pas faire un plan social alors que Decathlon engrange 1 milliard de bénéfice (787 millions d’euros en 2024)”, dénonce Roger, employé de logistique à Auchan depuis trente ans et syndiqué CGT, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.La CGT Commerce et services, qui appelait à un mouvement de grève nationale dans le secteur ce jeudi, a évoqué des actions dans d’autres supermarchés, dont un magasin Carrefour à Montélimar (Drôme), un Aldi à Paris et un Super U à Bihorel (Seine-Maritime).

Espagne: l’OPA hostile de la banque BBVA sur sa concurrente Sabadell a échoué

L’offre publique d’achat (OPA) hostile de la banque espagnole BBVA sur sa concurrente Sabadell, destinée à créer un mastodonte du secteur en Europe, a échoué, a déclaré jeudi soir le gendarme boursier espagnol, dont l’annonce était initialement attendue vendredi.Ce dossier brûlant était suivi de près depuis son annonce en mai 2024 à Madrid, où le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez s’était montré particulièrement frileux vis-à-vis de l’opération, dont il craignait qu’elle n’aboutisse à réduire la concurrence.L’OPA a reçu un niveau d’acceptation représentant 25,33% du capital de Sabadell et “devient (ainsi) caduque”, a indiqué dans un communiqué la Commission nationale du marché des valeurs (CNMV).Ce résultat en-deça des 50%, et même des 30% qui lui aurait permis de lancer éventuellement une seconde OPA, est un revers important et inattendu pour BBVA, deuxième banque d’Espagne et qui avait tout tenté ces dernières semaines pour convaincre les multiples actionnaires de Sabadell, quatrième établissement bancaire national, d’accepter l’OPA.Le 22 septembre, la banque dont le siège est situé à Bilbao dans le Pays basque (nord), avait relevé de 10% son offre initiale, valorisant ainsi Sabadell à environ 17 milliards d’euros.BBVA ambitionnait de créer un géant bancaire capable de rivaliser avec les mastodontes tels que Santander (première banque en Espagne), mais aussi HSBC et BNP Paribas. Dans la foulée de l’annonce de la CNMV, BBVA a publié un communiqué visant à rassurer ses actionnaires et le marché, qui pourrait réagir vendredi dès l’ouverture de la bourse à Madrid.”Nous regardons le futur avec confiance et enthousiasme”, a assuré le président de BBVA Carlos Torres Vila, cité dans ce communiqué, promettant un dividende “historique” aux actionnaires dès le 7 novembre prochain “pour un total de 1,8 milliard d’euros” et un rachat d’actions massif à la fin du mois “pour environ un milliard d’euros”.De son côté, Sabadell n’a pas encore réagi à l’annonce du résultat par la CNMV intervenue plus tôt que prévu.

LVMH demande à la direction du Parisien un plan d’ici la fin de l’année pour réduire ses pertes

Le groupe LVMH, propriétaire du Parisien/Aujourd’hui en France, a demandé mercredi à la direction du quotidien de lui présenter d’ici la fin de l’année un plan pour réduire ses pertes, selon un compte-rendu d’une réunion du comité de groupe de LVMH consulté jeudi par l’AFP.La direction du groupe de luxe a demandé au PDG du Parisien/Aujourd’hui en France Pierre Louette de présenter un plan stratégique pour ramener le titre à l’équilibre financièrement, le niveau de pertes étant trop important, selon ce compte-rendu d’un participant.Elle a ensuite assuré que l’option d’une vente n’était pas à l’ordre du jour mais ne pouvait être exclue en cas d’absence de consensus sur la mise en place de ce plan stratégique de réduction des pertes, selon le même document.Quant à une potentielle revente au groupe Bolloré, LVMH a assuré que cela restait une rumeur, affirmant qu’il n’y avait pas de processus en cours, toujours selon la même source.Contacté par l’AFP, le numéro un mondial du luxe s’est refusé à tout commentaire concernant ces informations. Les journalistes du quotidien s’inquiètent d’un éventuel projet de vente du Parisien au milliardaire conservateur Vincent Bolloré, évoquée par le magazine Challenges dans un article paru en septembre.D’après le document résumant une partie des échanges du comité de groupe, LVMH a assuré être dans une logique économique et non idéologique concernant Le Parisien.Sollicité par l’AFP, Pierre Louette n’avait pas répondu dans l’immédiat. Un plan de réorganisation prévoyant la suppression de près de 40 postes est déjà en cours au Parisien. Son annonce avait entraîné une grève de 24 heures en mars.Deux autres journées de grève ont eu lieu en septembre, pour s’opposer à une éventuelle vente au groupe Bolloré et exiger l’embauche de 17 CDI pour combler des départs.Le Parisien/Aujourd’hui en France est le 3e quotidien le plus diffusé en France quand on cumule son édition nationale et régionale, avec quelque 260.000 exemplaires vendus par jour, selon l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias.

Le réseau social Pinterest permet à ses utilisateurs de filtrer des contenus IA

Le réseau social américain Pinterest permet aux utilisateurs depuis jeudi de filtrer une partie des contenus générés par intelligence artificielle (IA) et postés sur la plateforme, alors que beaucoup s’inquiètent d’une déferlante d’images IA standardisées ou médiocres.Le groupe californien dit prendre ainsi en compte les retours de ses usagers, qui “veulent la créativité et l’inspiration qu’ils apprécient, avec le bon équilibre entre les contenus générés par des humains et par de l’IA”, selon un communiqué.Il est désormais possible de régler ses préférences pour voir, dans une catégorie donnée comme la décoration ou la mode, “moins de contenu généré par IA” parmi les photos postées sur le site. C’est le premier réseau social d’importance a offrir la possibilité pour les usagers d’écarter une partie de ces contenus.Sollicités par l’AFP quant à une possible initiative similaire, Instagram, TikTok et YouTube n’ont pas donné suite dans l’immédiat.Depuis le lancement de ChatGPT, en novembre 2022, les outils de création d’images IA se sont généralisés et leur précision s’est sensiblement améliorée.Les contenus IA publiés sur les réseaux sociaux ont augmenté de manière exponentielle, une vague que certains ont qualifié de “bouillie AI” (AI slop), en référence à une production jugée sans imagination, sans créativité et assez standard.En avril, Pinterest avait déjà systématiquement assigné un label “modifié par l’IA” à toute image retouchée par intelligence artificielle.