Test

Wall Street en petite hausse, entre crédit américain et tensions commerciales

Après une ouverture dans le rouge, la Bourse de New York évoluait en petite hausse vendredi, passant outre les inquiétudes sur la stabilité financière des banques régionales américaines, les investisseurs surveillant aussi les dernières évolutions sur le plan commercial.Vers 14H20 GMT, le Dow Jones prenait 0,32%, l’indice Nasdaq gagnait 0,22% et l’indice élargi S&P 500, 0,23%.La place américaine “a connu une mauvaise journée jeudi, alors qu’une nouvelle vague d’inquiétudes concernant la santé des banques régionales a pesé sur le moral des investisseurs”, explique Patrick O’Hare, de Briefing.com.”Les inquiétudes concernant les créanciers ne cessent de croître” après que deux banques américaines ont révélé jeudi essuyer des dizaines de millions de dollars de pertes en raison de problèmes sur des prêts, abonde David Morrison, de Trade Nation.Dans le détail, Zions Bancorporation a dévissé de 13,14% jeudi après avoir annoncé une perte de 50 millions de dollars liée à deux prêts de sa filiale californienne et Western Alliance de 10,88% après avoir déclaré être exposé aux mêmes emprunteurs.Vendredi, Zions reprenait 2,73% et Western Alliance 2,94%.”Les pertes présumées ne sont pas suffisamment importantes pour mettre en danger ces deux banques, mais elles le sont suffisamment pour attirer l’attention du secteur”, indique Christopher Low, de FHN Financial.Pour les analystes, ces problèmes rappellent les tensions sur les banques régionales après la faillite de Silicon Valley Bank (SVB) en mars 2023.Les opérateurs surveillent aussi de près les derniers développements commerciaux entre Pékin et Washington.Interrogé sur sa volonté d’imposer des droits de douane supplémentaires de 100% sur les marchandises chinoises à partir du 1er novembre, le président Donald Trump a répondu que cela n’était pas “viable” pour l’économie américaine, dans une interview à Fox News qui sera diffusée dimanche. Donald Trump a par ailleurs confirmé qu’il allait rencontrer le président chinois Xi Jinping en Corée du Sud dans “deux semaines environ”, en marge du sommet de la coopération économique Asie-Pacifique (APEC).Dans le même temps, depuis le 1er octobre, les républicains de Donald Trump et l’opposition démocrate sont dans l’impasse au Congrès, incapables de s’entendre sur un nouveau budget. L’Etat fédéral se trouve depuis lors en état de paralysie (“shutdown”).”Pour le moment, le principal problème pour le marché est que nous ne recevons pas de données” économiques, estime M. Low.Les publications de plusieurs indicateurs majeurs ont en effet été décalées, comme celle de l’indice américain des prix à la consommation (CPI) pour septembre, repoussée au 24 octobre.Sur le marché obligataire, après une forte détente la veille, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’Etat américain s’établissait nettement, à 4,01% contre 3,97% jeudi en clôture.Au tableau des valeurs, le poids lourd du secteur financier American Express était recherché (+4,02% à 336,12 dollars) après avoir dépassé les attentes au troisième trimestre et revu à la hausse ses prévisions de chiffre d’affaires pour l’exercice 2025.Le laboratoire Novo Nordisk (-3,75% à 53,99 dollars) reculait après des commentaires de Donald Trump, selon qui le traitement vedette de l’entreprise contre l’obésité et le diabète, l’Ozempic, devrait être moins cher.Autre établissement banquier régional, Fifth Third Bancorp prenait 3,02% à 41,58 dollars après avoir publié des résultats meilleurs qu’escompté, dont un bénéfice net rapporté par action au-dessus des attentes.

Dermatose: la France suspend pour 15 jours ses exportations de bovins

“Coup de massue” pour les éleveurs: face à la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse dans les troupeaux bovins de trois régions françaises, le gouvernement a décidé vendredi de suspendre les exportations d’animaux vivants pendant quinze jours, alors que la France est le premier exportateur mondial.En 2024, la France a envoyé à l’étranger 940.000 broutards, des bovins de quatre à quinze mois destinés à produire de la viande, et 356.000 veaux de moins de deux mois de type laitier, selon l’Institut de l’élevage.Cela représente plus d’un milliard d’euros selon les chiffres agrégés des douanes, sur les 2,8 milliards d’euros générés en 2024 par les exportations d’animaux vivants et de génétique.Ces animaux partent principalement en Espagne et en Italie pour être engraissés, pour parfois revenir en France à l’abattage. Ces deux pays frontaliers ont aussi enregistré des cas de dermatose nodulaire contagieuse, l’Italie quelques jours avant l’arrivée de la maladie en France en juin et l’Espagne plus récemment.”Pour 15 jours, nous fermons les marchés à l’export. Il n’y aura pas de sortie d’animaux en dehors du territoire national”, a confirmé la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, en déplacement dans le Jura, où trois foyers ont été détectés ces dernières semaines.La ministre avait réuni vendredi un “Parlement du sanitaire” (éleveurs, vétérinaires, spécialistes, autorités…), au cours duquel elle a annoncé un renforcement des contrôles et des restrictions de mouvement des animaux dans les zones réglementées autour des foyers.”Les mouvements illégaux seront sévèrement sanctionnés”, a-t-elle ajouté, après avoir dit que les éleveurs qui refuseraient la vaccination se la verraient imposée. Rassemblements festifs avec animaux en France et marché à bestiaux dans les zones réglementées sont aussi interdits.Ces sanctions pourront prendre la forme d’amende ou du non dédommagement par l’Etat pour l’abattage du troupeau ainsi infecté.Selon un communiqué du ministère, les foyers recensés dans l’Ain, dans le Rhône, dans le Jura ou dans les Pyrénées-Orientales, alors que l’épicentre de la maladie se situait en Savoie et Haute-Savoie, “résultent probablement de mouvements d’animaux, dont certains illicites”.Pour la Confédération paysanne et la Coordination rurale, syndicats agricoles qui n’ont eu de cesse de dénoncer l’abattage total systématique et une réglementation “intenable”, notamment pour ceux dont les bovins étaient coincés en altitude, il est “insupportable” d’accuser ainsi les éleveurs.L’alliance syndicale dominante, FNSEA-JA, qui a jusqu’ici soutenu la stratégie du gouvernement, doit s’exprimer dans l’après-midi.- Confiance fragilisée -“C’est un coup de massue”, a dénoncé Sylvie Colas, de la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole.L’administration a expliqué lors de la réunion matinale prendre les devants avant une réunion mardi à Bruxelles, qui pourrait aboutir sur une décision encore plus stricte de restriction d’exports pour la France, raconte-t-elle.L’Italie et l’Espagne sont disposées à importer des jeunes bovins vaccinés, ajoute-t-elle, quand le ministère invoque une confiance “fragilisée” des partenaires européens de la France.Une restriction plus stricte décidée par l’Union européenne aurait un impact conséquent sur une filière déjà en difficulté.Les deux syndicats appellent donc à la vaccination de l’ensemble du cheptel français et pas seulement dans les zones réglementées. Le gouvernement leur a opposé une fin de non-recevoir et a indiqué avoir commandé 800.000 vaccins à 1,40 euro l’unité (soit 1,12 million d’euros) pour un cheptel français de 15,7 millions de têtes, selon Sylvie Colas.Le secrétaire national de la Coordination rurale Christian Convers ajoute qu’une réunion doit se tenir au ministère lundi pour discuter notamment de la vaccination et, il l’espère, de la stratégie d’abattage pour éviter les dépeuplements complets de foyers.Sur les indemnisations des pertes de production – car la maladie a un impact sur la lactation des vaches tandis que les restrictions de mouvements et d’exportation creusent les trous dans les trésoreries des éleveurs – les “choses avancent”, tout comme sur les dérogations accordées pour rentrer les bêtes en estive à l’étable, ajoute-t-il.Il s’inquiète en revanche du repeuplement des troupeaux savoyards – plus de 1.700 animaux ont été abattus en France depuis juin – puisque les éleveurs devaient s’approvisionner notamment dans le Jura, désormais bloqué.

Publicité ciblée: le Conseil d’État confirme l’amende de la Cnil à Apple

Le Conseil d’État a rejeté mercredi le recours d’Apple concernant une amende de 8 millions d’euros infligée fin 2022 par la Cnil pour avoir imposé des traceurs publicitaires à ses utilisateurs en France, sans consentement explicite de ceux-ci.Dans sa décision, consultée par l’AFP, la haute juridiction a estimé que la sanction du gendarme français des données personnelles n’était pas disproportionnée, considérant le nombre de personnes concernées (27,5 millions entre juillet 2020 et juillet 2021) ainsi que le chiffre d’affaires mondial du géant de la tech.Elle a également affirmé que les activités en France d’Apple justifiait la compétence de la Cnil dans ce domaine, et que l’entreprise avait bénéficié d’un temps suffisant pour préparer sa défense.Sollicité vendredi par l’AFP, Apple a répondu rester “fidèles à (ses) principes pour protéger la vie privée des utilisateurs face aux entreprises consommatrices de données personnelles”.”Nous considérons (…) qu’un utilisateur devrait toujours avoir la possibilité de choisir s’il souhaite partager ses données et avec qui”, a ajouté l’entreprise.L’enquête initiale avait été lancée par la Cnil après une plainte de l’association France Digitale, qui fédère les start-up françaises et notamment des développeurs de logiciels distribués via le magasin d’applications du groupe américain.Le montant relativement limité de l’amende s’explique par le fait qu’Apple s’est mis en conformité rapidement pendant l’enquête de la Cnil, qui a eu lieu à la mi-2021.De plus, ces identifiants publicitaires ne permettaient à Apple de cibler les internautes que lorsqu’ils naviguaient sur le magasin d’applications mobiles (App Store), donc dans un champ bien borné. Enfin, l’autorité n’a pu sanctionner que les manquements en France. En mars dernier, Apple avait également écopé d’une amende de l’Autorité de la concurrence de 150 millions d’euros pour abus de position dominante dans le cadre du ciblage publicitaire sur ses appareils.

Dermatose: la France suspend pour 15 jours ses exportations de bovins

“Coup de massue” pour les éleveurs: face à la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse dans les troupeaux bovins de trois régions françaises, le gouvernement a décidé de suspendre les exportations d’animaux vivants pendant quinze jours.En 2024, la France a exporté 940.000 broutards, des bovins de quatre à quinze mois destinés à produire de la viande, et 356.000 veaux de moins de deux mois de type laitier, selon les chiffres de l’Institut de l’élevage.Ces animaux partent principalement en Espagne et en Italie pour être engraissés, pour parfois revenir en France à l’abattage. Ces deux pays frontaliers ont aussi enregistré des cas de dermatose nodulaire contagieuse, l’Italie quelques jours avant l’arrivée de la maladie en France en juin et l’Espagne plus récemment.”Pour 15 jours, nous fermons les marchés à l’export. Il n’y aura pas de sortie d’animaux en dehors du territoire national”, a confirmé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard en déplacement dans le Jura, où trois foyers ont été détectés ces dernières semaines.La ministre a réuni dans la matinée un “Parlement du sanitaire”, qui rassemble les acteurs concernés (éleveurs, vétérinaires, spécialistes, autorités…), au cours duquel elle a également annoncé un renforcement des restrictions de mouvement des animaux dans les zones réglementées autour des foyers et un “renforcement draconien des contrôles”.”Les mouvements illégaux seront sévèrement sanctionnés”, a-t-elle déclaré dans son discours d’arrivée dans le Jura, après avoir dit que les éleveurs qui refuseraient la vaccination se la verraient imposée.”C’est un coup de massue pour les éleveurs”, a dénoncé Sylvie Colas, chargée des dossiers sanitaires à la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole qui demande un changement de stratégie au gouvernement.L’administration a expliqué lors de la réunion matinale prendre les devants avant une réunion mardi à Bruxelles, qui pourrait aboutir sur une décision encore plus stricte de restriction d’exports pour la France, raconte Sylvie Colas, ajoutant que les rassemblements festifs d’animaux sont interdits partout en France et que les marchés à bestiaux des régions touchées sont également fermés pour deux semaines.Selon elle, l’Italie et l’Espagne sont disposées à importer des jeunes bovins vaccinés. Le syndicat appelle donc à la vaccination de l’ensemble du cheptel français et pas seulement dans les zones réglementées. Le gouvernement lui a opposé une fin de non-recevoir et a indiqué avoir commandé 800.000 vaccins à 1,40 euro l’unité (soit 1,12 million d’euros) pour un cheptel français de 15,7 millions de têtes.

Le fabricant chinois de voitures électriques Nio rebondit en Bourse, après une accusation de malversation

L’action de la société chinoise de véhicules électriques Nio Inc a rebondi vendredi après avoir fortement chuté la veille, en raison des poursuites engagées par le fonds souverain singapourien GIC, qui l’accuse d’avoir gonflé son chiffre d’affaires.Nio Inc est pointée du doigt pour avoir publié des déclarations trompeuses, qui ont artificiellement gonflé la valeur de ses titres et causé des “pertes importantes” à GIC, décrit la plainte déposée dans le district sud de New York. GIC affirme avoir acquis 54,5 millions de certificats de dépôts d’actions (American Depositary Receipts, ADR) entre le 11 août 2020 et le 11 juillet 2022 à des prix selon lui gonflés, et cherche à obtenir des dommages et intérêts.Vendredi après-midi, le titre de Nio avaient avancé de 2,54% à Singapour et de 2,17% à Hong Kong.La veille, il avait au contraire chuté de 9,8% à Singapour et de 13% à Hong Kong après la médiatisation du procès, qui a été intenté en août. Le GIC, un des plus grands fonds souverains au monde, a acheté environ 54,5 millions d’actions américaines de Nio entre le 11 août 2020 et le 11 juillet 2022. Les déboires judiciaires de Nio pourraient la freiner dans ses projets de levée de fonds. Le mois dernier, Nio a levé 1,2 milliard de dollars grâce à une vente d’actions. La société a nié les accusations. Sollicitée, elle n’a pas immédiatement répondu aux demandes de l’AFP. Nio conçoit, développe, fabrique et vend des véhicules électriques. Elle est entrée en bourse aux États-Unis en 2018 et est également cotée à Hong Kong et à Singapour.”Bien que cette allégation porte atteinte à la gouvernance d’entreprise de Nio, nous ne pensons pas qu’elle aura un impact significatif sur ses activités, compte tenu de l’accélération de la production des nouveaux modèles ES8 et Onvo L90″, a déclaré le fournisseur d’analyses financières Morningstar Research Pte Limited dans une note. “Nous pensons que les ventes de véhicules et l’amélioration de la rentabilité devraient soutenir le cours de l’action à court terme”, a ajouté l’entreprise.

Accord sur la décarbonation des bateaux: vote décisif sous pression américaine

Les pays membres de l’Organisation maritime internationale (OMI) ont repris vendredi à Londres, dans la division, leurs travaux sur l’adoption d’un plan pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des navires, qui doit être voté dans la journée, mais que les Etats-Unis tentent de bloquer.L’adoption de ce texte, déjà approuvé en principe en avril, permettrait au secteur, extrêmement polluant, de prendre un virage climatique historique en contraignant les navires à réduire progressivement leurs émissions dès 2028, jusqu’à décarbonation totale vers 2050.Le système envisagé “n’est pas parfait”, a reconnu Arsenio Dominguez, le secrétaire général de l’OMI, à l’ouverture du sommet mardi. Mais “il fournit une base équilibrée.”La journée de jeudi a été marquée par de longues négociations entre les délégations –qualifiées de “chaotiques” par le représentant russe– qui se sont achevées à 3H30 du matin (2H30 GMT).M. Dominguez a demandé à ce que les membres de l’OMI, une agence de l’ONU où règne habituellement la règle du consensus, “ne réitérèrent pas” cette manière de négocier.- Marche arrière -Le plan litigieux vise à faire payer aux bateaux une sorte de taxe sur leurs émissions au-delà d’un certain seuil, en vue d’alimenter un fonds récompensant les navires à faibles rejets et soutenant les pays vulnérables au changement climatique.Cette tarification du CO2 doit les inciter à utiliser des carburants moins émetteurs de gaz à effet de serre.Les pays de l’Union européenne, le Brésil et la Chine ont réitéré cette semaine leur soutien à l’adoption de ce “cadre net-zéro” (appelé aussi NZF).Les Etats insulaires du Pacifique, qui s’étaient abstenus en avril, jugeant la mesure insuffisante, ont finalement indiqué qu’ils y étaient favorables.Mais l’opposition est forte du côté des Etats-Unis, de l’Arabie saoudite, de la Russie et des pays producteurs de pétrole.Donald Trump, attaché aux énergies fossiles et qui a enclenché une marche arrière sur le climat depuis son retour au pouvoir, a appelé jeudi sur son réseau Truth Social à voter contre ce plan.”Les États-Unis ne toléreront PAS cette arnaque verte mondiale sous forme de taxe sur le transport maritime et ne s’y conformeront d’aucune manière”, a-t-il affirmé.”Nous ne tolérerons pas d’augmentation des prix pour les consommateurs américains NI la création d’une bureaucratie verte pour dépenser VOTRE argent dans leurs rêves écologiques”, a poursuivi le président américain, qui a dans le passé qualifié le changement climatique de “plus grande arnaque” de l’Histoire.Les Etats-Unis vont jusqu’à menacer les délégations favorables au projet, avec des restrictions de visas pour les membres de leurs équipages, des pénalités commerciales ou des frais portuaires supplémentaires.- Manoeuvres américaines -Le représentant brésilien a dénoncé vendredi en plénière les “méthodes” américaines, disant espérer “que cela ne remplacera la manière habituelle de prendre des décisions au niveau mondial”.Les pressions américaines pourraient affecter des “pays malheureusement plus sensibles à l’influence” des Etats-Unis, a reconnu une source européenne auprès de l’AFP.Les Philippines — pays qui fournit le premier contingent mondial de travailleurs du secteur — pourraient faire évoluer leur position. Tout comme les îles des Caraïbes, dépendantes économiquement des croisières américaines. L’Argentine prévoit pour sa part de voter contre.Le vote pourrait donc être très serré, d’autant que les Etats-Unis préconisent, dans un dernier coup de théâtre, d’en changer ses modalités afin de le faire capoter.Les nouvelles réglementations de l’OMI sont habituellement considérées comme acceptées sauf si un tiers de ses 176 membres (ou alors l’équivalent de la moitié de la flotte marchande mondiale) déclare s’y opposer – un processus connu sous le nom d'”acceptation tacite”.Mais Washington propose une “acceptation explicite”, qui inverserait les rôles et nécessiterait que deux tiers des nations optent officiellement pour l’adoption.Ce changement de procédure, dans laquelle pèsent les abstentionnistes, doit être examiné vendredi par l’OMI.Les principales associations et organisations maritimes se sont pour leur part déclarées favorables à l’adoption du NZF, dans un souci de lisibilité réglementaire.

La Bourse de Paris freinée par des craintes liées au crédit aux Etats-Unis

La Bourse de Paris évolue dans le rouge vendredi, dans un marché chahuté par les inquiétudes des investisseurs quant à la qualité du crédit aux Etats-Unis après des allégations de prêts frauduleux de deux banques régionales américaines la veille.L’indice vedette CAC 40 abandonnait 0,98%, soit 79,90 points, à 8.108,69 points, vers 09H40. Le CAC 40 a toutefois bondi de 3,3% en deux séances, une hausse d’environ 268 points au total qui lui a permis de terminé jeudi au plus haut depuis le 6 mars et à une cinquantaine de points de son record en clôture atteint le 15 mai 2024 à 8.239,99 points. Son dernier pic historique en séance a été touché le 10 mai 2024, à 8.259,19 points.Vendredi, les inquiétudes après “les révélations de prêts défaillants” aux Etats-Unis ont pris le dessus, commente Patrick Munnelly, analyste de Tickmill Group.Dans le détail, Zions Bancorporation a dévissé de 13,14% après avoir annoncé une perte considérable de 50 millions de dollars liée à deux prêts de sa filiale californienne et Western Alliance de 10,88% “après avoir reconnu son exposition aux mêmes emprunteurs”, précise l’analyste.”Ces inquiétudes surviennent quelques jours après l’effondrement du prêteur automobile subprime Tricolor Holdings, qui a contraint JPMorgan Chase à enregistrer une charge de 170 millions de dollars au troisième trimestre, entraînant des coûts de crédit plus élevés et un avertissement du PDG Jamie Dimon sur la montée des pressions financières”, détaille Patrick Munnelly.A la cote parisienne, BNP Paribas baissait de 3,37% à 75,35 euros, Crédit Agricole de 2,22% à 16,53 euros et Société Générale reculait aussi fortement, de 3,89% à 54,32 euros.Le premier gestionnaire d’actifs en Europe, Amundi, lâchait 2,16% à 65,65 euros. La société de gestion Tikehau Capital lâchait quant à elle 1,19% à 18,24 euros.”Le contexte est aggravé par l’escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine et par l’incertitude liée à la paralysie partielle du gouvernement américain, qui a retardé des publications économiques cruciales”, explique encore M. Munelly.Sur les marchés financiers, les actions, considérées comme des valeurs risquées, sont lâchées au profit de valeurs refuge, comme l’or, qui touche de nouveau des sommets, au-dessus de 4.350 dollars l’once. EssilorLuxottica brilleLe numéro un mondial de l’optique EssilorLuxottica a fait état jeudi, après Bourse, d’un chiffre d’affaires de 6,867 milliards d’euros au troisième trimestre 2025, supérieur aux attentes et porté par les lunettes connectées ainsi que les régions Amérique du Nord et Europe.Le titre s’envolait de 11,50% à 308,40 euros vers 09H45.

Incertitudes politiques en France, mais “business as usual” pour les entreprises étrangères

Dans un climat d’incertitude politique, les entreprises et investisseurs étrangers vont-ils bouder la France? Le divorce ne semble pas consommé, estiment des spécialistes interrogés par l’AFP, qui ne voient pas de risque de séparation à court terme.”Le bordeaux, les baguettes et le brie ont leurs limites pour tenter de retenir les entrepreneurs”, ironisait il y a quelques jours le Wall Street Journal. La dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 et les multiples épisodes politiques qui ont suivi pèsent sur l’économie française, avec une croissance du PIB attendue cette année à seulement 0,8% par l’Insee. Et pas moins de 6.800 défaillances d’entreprises ont été enregistrées en France en septembre, la pire “période de rentrée” depuis 2009, selon une étude récente du groupe Altares.Pour autant, l’effet repoussoir n’a pas eu lieu, estiment des spécialistes. “C’est contre-intuitif, mais après un premier semestre 2025 assez calme, nous avons constaté depuis cet été une augmentation des demandes pour les investissements étrangers en France”, souligne ainsi Gilles August, cofondateur du cabinet d’avocats d’affaires August Debouzy.L’avocat y voit plusieurs causes, dont le fait que “les institutions françaises soient solides: globalement personne ne pense que la France n’est pas fiable. On nous observe avec curiosité mais il n’y a pas de problème de confiance dans le pays pour les investisseurs”.En outre, les prix des entreprises françaises – via des prises de participations – “sont intéressants pour les clients américains, notamment dans le secteur de la tech sur lequel la France est très attractive”, souligne le juriste, qui explique voir actuellement dans son cabinet des projets à plusieurs centaines de millions d’euros, portés notamment par des Américains.Sans oublier qu’à l’heure de la guerre commerciale, un investissement en France “leur permet en cas de riposte de l’Union européenne d’être des deux côtés du système”.”Il ne faut pas perdre de vue les fondamentaux solides de l’économie française”, commente elle aussi Eglé de Richemont, directrice générale de l’AmCham (Chambre de commerce franco-américaine), citant “un écosystème d’innovation dynamique, une main-d’œuvre hautement qualifiée (…) et une position géographique privilégiée au cœur du marché européen”.”Si cette visibilité est rétablie, la France dispose de tous les atouts pour rester un pôle majeur d’investissement pour les entreprises américaines et internationales”, ajoute-t-elle.- “Opportunités” -A la chambre de commerce et d’industrie franco-britannique à Paris, on indique que c’est “business as usual. En venant à Paris, les entreprises britanniques ont une porte d’accès au marché européen”, explique à l’AFP sa directrice générale, Catherine Le Yaouanc.”Nos économies française et britannique sont assez équivalentes, le flux d’échanges entre la France et le Royaume-Uni continue de progresser”, dit-elle: “Nous avons des appels tous les jours d’entreprises britanniques”.Jusqu’à la fin d’année dernière en tout cas, différents rapports soulignaient l’attractivité persistante de la France, malgré les remous. Selon le baromètre du cabinet EY publié en mai, avec 1.025 projets d’investissements l’an dernier, la France est restée en 2024 “pour la sixième année consécutive le pays européen le plus attractif en nombre de projets”, en particulier dans certains secteurs stratégiques comme l’IA ou la défense.Ce baromètre notait toutefois une baisse du nombre de projets (-14% sur un an), et relevait que “les projets étrangers créent en moyenne moins d’emplois qu’ailleurs en Europe.”Pour Nicolas Lioliakis, associé au cabinet Kearney, les investisseurs “reconnaissent que la France a plein d’actifs qui sont parfois orphelins de financement dans beaucoup de secteurs”. Il estime en outre que la stratégie de réindustrialisation poussée par l’exécutif est un signal à destination des investisseurs, “indépendamment des options des différents gouvernements à date”.Toutefois, nuance-t-il, l’économie en France présente plusieurs signaux inquiétants, dont “la réduction de presque 30% de l’investissement privé”.”Aujourd’hui, les évolutions rapides sur le plan politique et institutionnel nourrissent certaines interrogations parmi les investisseurs, soucieux de visibilité et de continuité dans leurs décisions à long terme”, reconnaît Eglé de Richemont.

Accord pour des bateaux moins polluants: vote décisif sous pression américaine

Les pays membres de l’Organisation maritime internationale (OMI) se prononcent vendredi à Londres sur l’adoption d’un plan ambitieux visant à réduire la pollution des navires marchands, mais les Etats-Unis oeuvrent pour faire basculer le vote.L’adoption de ce texte, déjà approuvé en principe en avril, permettrait au secteur, extrêmement polluant, d’opérer un virage climatique historique en contraignant les navires à réduire progressivement leurs émissions dès 2028, jusqu’à décarbonation totale vers 2050.Le système envisagé “n’est pas parfait”, a reconnu Arsenio Dominguez, le secrétaire général de l’OMI, à l’ouverture du sommet de son organisation mardi. Mais “il fournit une base équilibrée.”Il vise à faire payer aux bateaux une sorte de taxe sur leurs émissions au-delà d’un certain seuil, en vue d’alimenter un fonds récompensant les navires à faibles émissions et soutenant les pays vulnérables au changement climatique.- Mesures de rétorsions -Les pays de l’Union européenne, le Brésil, la Chine, notamment, ont réitéré cette semaine leur soutien à l’adoption de ce “cadre net-zéro” (appelé aussi NZF).Les Etats insulaires du Pacifique, qui s’étaient abstenus en avril, jugeant la mesure insuffisante, ont finalement indiqué qu’ils étaient favorables à son adoption.Mais l’opposition est forte du côté des Etats-Unis, de l’Arabie saoudite, de la Russie et de nombreux autres pays producteurs de pétrole.Donald Trump a appelé à voter contre ce plan dans un nouveau message sur X jeudi.”Les États-Unis ne toléreront PAS cette arnaque verte mondiale sous forme de taxe sur le transport maritime et ne s’y conformeront d’aucune manière”, a-t-il affirmé. “Nous ne tolérerons pas d’augmentation des prix pour les consommateurs américains NI la création d’une bureaucratie verte pour dépenser VOTRE argent dans leurs rêves écologiques”, a poursuivi le président américain. Les Etats-Unis vont jusqu’à menacer les délégations qui voteraient pour le projet, avec des restrictions de visas pour les membres de leurs équipages, “des pénalités commerciales” ou “des frais portuaires supplémentaires”.Les pressions américaines pourraient affecter des “pays malheureusement plus sensibles à l’influence américaine et qui seraient touchés par ces rétorsions”, a reconnu une source européenne auprès de l’AFP.- Coup de théâtre -L’Argentine, qui s’était abstenue en avril, devrait ainsi s’opposer au NZF.D’autres pays comme les Philippines qui fournissent le premier contingent mondial de travailleurs du secteur, ou les îles des Caraïbes, dépendantes économiquement des croisières américaines, pourraient aussi faire évoluer leur position.Le vote pourrait donc être très serré, d’autant que les Etats-Unis ont préconisé cette semaine, dans un dernier coup de théâtre, de changer ses modalités afin de le faire capoter.Les nouvelles réglementations de l’OMI sont habituellement considérées comme acceptées sauf si un tiers de ses 176 membres (ou alors l’équivalent de la moitié de la flotte marchande mondiale) déclare s’y opposer – un processus connu sous le nom d'”acceptation tacite”.Washington propose pour sa part une “acceptation explicite”, qui inverserait les rôles et nécessiterait que deux tiers des nations optent officiellement pour l’adoption.Ce changement de procédure, dans laquelle pèsent les abstentionnistes, doit être examiné vendredi par l’OMI.Les principales associations et organisations maritimes se sont pour leur part déclarées favorables à l’adoption du NZF, dans un souci de lisibilité réglementaire.

Pauvre et exposé aux chocs climatiques: la double peine pour près de 900 millions de personnes

Près de 80% des pauvres dans le monde, soit près de 900 millions de personnes, sont en plus directement exposés à des aléas climatiques renforcés par le réchauffement de la planète, un “double fardeau” sur lequel alerte l’ONU vendredi.Canicule, sécheresses, inondations… “Personne n’est épargné par les impacts de plus en plus forts et fréquents du changement climatique (…), mais les plus pauvres d’entre nous sont le plus durement touchés”, commente Haoliang Xu, patron par intérim du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).Alors la COP30 au Brésil en novembre “doit être l’occasion pour les dirigeants mondiaux de considérer l’action climatique comme une action contre la pauvreté”, dit-il dans une déclaration écrite à l’AFP.Le PNUD et le centre de recherche Initiative d’Oxford sur la pauvreté et le développement humain (OPHI) publient chaque année l’Indice mondial de pauvreté multidimensionnelle, qui brasse désormais des données de 109 pays où vivent 6,3 milliards de personnes.Cet indice prend en compte des indicateurs comme la malnutrition, la mortalité infantile, mais aussi le manque de logements adéquats, de systèmes d’assainissement, d’électricité, ou d’accès à l’éducation.Selon leurs conclusions, 1,1 milliard de personnes vivaient en 2024 dans une pauvreté multidimensionnelle “aiguë”, dont la moitié de mineurs.Les chiffres, similaires à ceux de l’année précédente, témoignent également d’une tendance à la stagnation de cette pauvreté multidimensionnelle, illustrée dans le rapport par la famille de Ricardo.Membre de la communauté indigène guarani, il vit à Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie, avec sa femme, ses trois enfants, ses parents, sa soeur divorcée et ses enfants. Au total 19 personnes, un seul petit logement, une seule salle de bain, des revenus rares, une cuisine au bois et au charbon, aucun enfant scolarisé.- Les 4 en une seule année -Deux régions sont particulièrement touchées par cette pauvreté: l’Afrique sub-saharienne (565 millions de pauvres) et l’Asie du Sud (390 millions), en outre très vulnérables aux impacts du changement climatique.Dans ce contexte, à quelques semaines de la COP30, le PNUD et l’OPHI ont voulu cette année mettre en lumière le “chevauchement” entre cette pauvreté et l’exposition à quatre risques environnementaux : chaleur extrême (au moins 30 jours dépassant 35°C), sécheresse, inondations et pollution de l’air (concentration de particules fines). Résultat, 78,8% de ces populations pauvres (887 millions de personnes) sont exposés directement à au moins une de ces menaces, avec la chaleur extrême arrivant en tête (608 millions), devant la pollution (577), les inondations (465) et la sécheresse (207).651 millions sont exposés à au moins deux des risques, 309 millions à trois ou quatre risques, et 11 millions ont même déjà subi les quatre en une seule année.”La concomitance de la pauvreté et des aléas climatiques est clairement un problème mondial”, insiste le rapport.Et la multiplication des événements climatiques extrêmes menace les progrès de développement. Ainsi, l’Asie du Sud a prouvé son “succès” en matière de lutte contre la pauvreté mais, avec 99,1% de sa population pauvre exposée à au moins un aléa climatique, la région “doit une fois encore tracer un nouveau chemin, équilibrant réduction déterminée de la pauvreté et action climatique innovante”.Alors que le climat actuel est réchauffé d’environ 1,4°C déjà par rapport au XIXe siècle, la situation risque encore de s’aggraver et les projections estiment par exemple que les pays les plus pauvres aujourd’hui sont ceux qui seront le plus frappés par l’augmentation des températures.”Face à ces pressions qui se chevauchent, il faut donner la priorité à la fois aux populations et à la planète, et surtout passer de la description à l’action rapide”, plaide le rapport.”Aligner réduction de la pauvreté, baisse des émissions, adaptation aux impacts et restauration des écosystèmes permet l’émergence et le développement de communautés résilientes, sans laisser personne au bord de la route, en particulier ceux en première ligne dans un monde qui se réchauffe”.