Test

La BCE devrait prolonger la pause sur les taux

La Banque centrale européenne (BCE) devrait maintenir ses taux inchangés jeudi, lors d’une réunion attendue sans surprise, estimant être en “bonne position” avec une inflation autour de la cible de 2%  et une économie résiliente.Le taux de dépôt, référence de la politique monétaire, sera maintenu à 2%, comme depuis juillet, selon les attentes.”A ce stade, nous sommes dans une bonne position et bien préparés pour faire face aux chocs futurs”, a déclaré la présidente de l’institution, Christine Lagarde, à la mi-octobre lors de la réunion annuelle du FMI à Washington. Ce message devrait être réitéré jeudi à Florence, en Italie, où se tient une réunion délocalisée de la BCE. – La Fed agit -La Réserve fédérale américaine (Fed) a, de son côté, décidé mercredi une baisse d’un quart de point de pourcentage, ramenant ses taux dans une fourchette de 3,75% et 4%. Il s’agit de la deuxième détente de l’année, après celle de septembre, afin de soutenir une économie où le marché du travail montre des signes de faiblesse. La BCE, elle, reste prudente, confrontée à des incertitudes pouvant influencer l’inflation, à la hausse comme à la baisse.L’agrégat qui avait culminé à 10,6% en 2022, dans le sillage de la flambée des prix de l’énergie liée à la guerre en Ukraine, est revenu autour de l’objectif de 2% ces derniers mois.La zone euro doit cependant affronter plusieurs défis: les droits de douane imposés par Washington, le conflit commercial sino-américain, et les tensions sur les approvisionnements en semi-conducteurs, susceptibles d’affecter l’industrie européenne. Une embellie toutefois : Donald Trump a annoncé jeudi à l’issue d’entretiens avec son homologue chinois Xi Jinping en Corée du Sud qu’un accord avait été conclu pour une suspension d’un an par Pékin de restrictions sur les terres rares, matériaux cruciaux pour l’industrie mondiale.La croissance du PIB de la zone euro a quant à elle surpris à la hausse au troisième trimestre, à 0,2%, malgré l’effet des chocs tarifaires, a indiqué Eurostat jeudi. Malgré l’incertitude politique en France, la croissance y a même atteint 0,5% sur la période. L’Allemagne a quant à elle échappé d’un cheveu à la récession, son économie stagnant (0,0%) de juillet à septembre, en attendant les impulsions venant de l’investissement public.- Débat sur un assouplissement -Le statu quo monétaire devrait perdurer, mais la BCE pourrait ouvrir en décembre un débat sur une future baisse des taux, lorsque seront publiées ses projections d’inflation jusqu’en 2028.Michel Martinez, chef économiste Europe à la Société Générale, a déclaré à l’AFP anticiper une nouvelle baisse, mais seulement en mars 2026, lorsque l’inflation devrait “ nettement passer sous les 2%, tirée vers le bas par la chute retardée des prix de l’énergie et la fermeté de l’euro ”.Cette situation se reflète déjà au niveau national. “Après Chypre, la France a eu la moins forte inflation de tous les pays de la zone euro en septembre, à 1,07%”, relève Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management.Or, Allianz prévient: “Si la banque centrale tolère trop longtemps de légers écarts négatifs” de l’inflation par rapport à l’objectif, “elle risque d’être contrainte plus tard d’assouplir plus fortement sa politique ou de maintenir les taux bas plus longtemps”.La BCE devrait de nouveau souligner que sa politique monétaire restera guidée par les “données” disponibles et que ses décisions continueront d’être prises “réunion par réunion”.La conférence de presse de Mme Lagarde pourrait toutefois livrer quelques signaux accommodants, selon les observateurs. Les tensions sur la dette en France planeront par ailleurs sur la réunion, tandis que l’écart entre les taux d’emprunt français et allemands est au plus haut depuis plusieurs années.M. Martinez estime cependant que Christine Lagarde “devrait éviter de commenter le cas individuel de la France”, afin de prévenir toute spéculation sur une intervention de la BCE.

Volkswagen replonge dans le rouge pour la première fois depuis la pandémie

Le premier constructeur européen Volkswagen, symbole chancelant de la puissance industrielle allemande, a enregistré sa première perte depuis la pandémie, pénalisé par les droits de douane américains et les difficultés du virage électrique chez sa filiale Porsche.Après six trimestres consécutifs de bénéfices en recul, le géant automobile a enregistré au troisième trimestre une perte nette de 1,07 milliard d’euros, selon ses résultats publiés jeudi. Une première depuis le printemps 2020, au cœur de la crise du Covid-19. Et ce, malgré un chiffre d’affaires en hausse annuelle de 2,3%, à 80,3 milliards d’euros, porté par des livraisons mondiales progressant d’1%.En comparaison, l’an dernier à la même période, le groupe avait dégagé un bénéfice de 1,6 milliards d’euros.A la Bourse de Francfort, le titre perdait 1,52% à 10H15 GMT sur l’indice Dax.- Porsche en panne -Les vents contraires sont multiples pour le groupe de Wolfsburg (ouest). Constructeur emblématique de la 911, Porsche, longtemps moteur des profits du groupe, a elle aussi plongé dans le rouge cet automne, pénalisée par le coût élevé de sa transformation et les retards accumulés dans le lancement de ses modèles électriques.Autre fardeau: les droits de douane américains. Passés de 2,5 % à 27,5 % en avril, puis ramenés à 15 % en août, ces taxes continuent de peser sur les exportations de Volkswagen, malgré la présence d’une usine dans le Tennessee. Ces droits de douane pourraient coûter à Volkswagen “jusqu’à 5 milliards d’euros sur l’année”, a déclaré Arno Antlitz, directeur financier du groupe, lors d’une conférence téléphonique.Les marques Audi et Porsche, parmi les plus rentables, fabriquent tous leurs modèles hors des Etats-Unis.Le groupe avait déjà envisagé relocaliser une partie de la production de la marque Audi aux Etats-Unis, mais n’a pas divulgué plus d’indications lors de la conférence.”Nous devons nous préparer à un scénario dans lequel les droits de douane resteront une composante de l’activité opérationnelle”, a souligné M. Antlitz.- 6 milliards d’euros d’économies -Face à ces difficultés, Volkswagen avait déjà abaissé en septembre ses prévisions annuelles, visant une marge opérationnelle de 2% à 3% des ventes, contre 4% à 5% auparavant. Au regard des résultats actuels, le groupe estime pouvoir atteindre la “borne haute de cette fourchette”, a précisé M. Antlitz.Cela dans l’hypothèse toutefois, “d’une disponibilité suffisante de semi-conducteurs”, déclare le communiqué.Les constructeurs automobiles européens sont frappés par une crise concernant le fabricant de semi-conducteurs simples Nexperia, qui menace l’approvisionnement de l’industrie européenne. “Nous sommes tranquilles jusqu’à la fin de la semaine prochaine”, a déclaré M. Antlitz, qui attend une solution “au niveau politique” à cette crise diplomatique entre les Pays-Bas et la Chine, tout comme son concurrent Mercedes-Benz.Enfin, la faiblesse des marges des véhicules électriques a contribué à la chute des bénéfices. Leurs ventes ont grimpé de 33% au troisième trimestre, mais ces modèles sont moins rentables, en raison du coût encore élevé des batteries.Volkswagen mise sur son vaste plan d’économies, chiffré à 6 milliards d’euros d’ici 2030 toutes marques confondues, et sur une réduction drastique de ses effectifs en Allemagne pour tenter d’enrayer l’érosion de ses marges.Les programmes de performance “commencent à porter leurs fruits”, a assuré le groupe dans le communiqué.Le groupe a lancé un plan de restructuration dès fin 2022 pour tenter de rattraper ses marges.Sa marque VW prévoit la suppression de 35.000 emplois d’ici 2030 grâce à un plan social, soit 29% de ses effectifs en Allemagne, une première historique.La faible demande pour les modèles électriques a conduit le groupe a suspendre temporairement la production dans deux de ses sites allemands cet automne.

France: la croissance durant l’été surprend positivement malgré l’instabilité politique

La croissance économique française a surpris en accélérant à 0,5% au troisième trimestre par rapport aux trois mois précédents, meilleure qu’anticipé grâce à des exportations dynamiques, malgré l’incertitude politique en France et les tensions commerciales avec les Etats-Unis.  C’est mieux que la stagnation en Allemagne et en Italie, et presque autant que l’Espagne (+0,6%). Supérieure au +0,3% anticipé initialement, cette publication laisse augurer que la deuxième économie de la zone euro atteindra au moins la croissance de 0,7% attendue par le gouvernement en 2025. L’acquis de croissance, c’est-à-dire ce que serait la croissance annuelle si le PIB n’évoluait plus du tout en fin d’année, est de 0,8% à fin septembre, indique l’Institut national de la statistique (Insee) en publiant sa première estimation jeudi.Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a salué “une performance remarquable”: “malgré les soubresauts politiques et les incertitudes internationales, nos entreprises investissent, exportent et font progresser le pays”. “L’adoption rapide d’un budget qui préserve la confiance des entreprises et des ménages sera capitale pour maintenir cet élan”, ajoute-t-il. – “Solide” -Le budget pour 2026 est âprement débattu dans une Assemblée nationale sans majorité, où plane toujours la menace d’une censure du gouvernement. Les échanges se cristallisent notamment sur la taxation des plus riches.   “Globalement, la croissance est solide”, note Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade, auprès de l’AFP.Avant le début de débats budgétaires houleux, l’économie a bénéficié durant l’été d’une accélération des exportations (+2,2%), surtout dans l’aéronautique, secteur qui était pénalisé depuis le Covid par des problèmes d’approvisionnement.Pour Stéphane Colliac, économiste chez BNP Paribas, ce renforcement des exportations “n’est qu’un début”. Les exportations de produits agroalimentaires, notamment les boissons, ont en revanche souffert des “tensions commerciales avec la Chine et les États-Unis”, selon l’Insee.Par ailleurs, la baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) face au reflux de l’inflation se traduit par une amélioration des investissements (+0,4% après 0,0%). Ils sont tirés par ceux des entreprises (+0,9%), tandis que les investissements des ménages, principalement dans le logement neuf, sont en berne (-0,4%).- “Maillon faible” -En septembre, l’Insee jugeait toutefois les moteurs de l’économie française fragiles dans un contexte marqué par un regain d’instabilité politique affectant la confiance des ménages et la consommation, un pilier traditionnel de la croissance. Cette dernière a progressé modérément de 0,1% au troisième trimestre, comme au deuxième. “La consommation reste le maillon faible de cette économie. Elle ne redémarre pas (…) avec un manque de confiance demeurant élevé”, analyse Maxime Darmet. Alors que les salaires réels progressent et que les taux d’épargne culminent, “il manque cet ingrédient-là pour que la croissance s’établisse sur des bases solides”.Le quatrième trimestre s’annonce moins flamboyant, selon l’économiste, qui prévoit un ralentissement coïncidant avec le retour de l’instabilité politique. De son côté, Stéphane Colliac n’exclut certes pas “un contrecoup” en fin d’année, mais il voit des raisons d’être “optimiste” avec des “fondamentaux assez solides” permettant de contrebalancer les risques. “L’incertitude politique et budgétaire devrait peser sur la dynamique de croissance. Néanmoins, le redressement du climat des affaires et de la confiance des consommateurs en octobre laisse penser que l’impact sera peut-être plus faible ou plus tardif que prévu”, souligne Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note. Après la chute du gouvernement de François Bayrou, le Premier ministre Sébastien Lecornu est en première ligne pour défendre un budget qui ambitionnait initialement un effort d’une trentaine de milliards d’euros pour 2026.Le gouvernement souhaite ramener le déficit public à 4,7% du PIB en 2026, après 5,4% en 2025, mais accepterait d’assouplir l’objectif jusqu’à un niveau se situant “sous 5%” pour permettre des compromis.Au troisième trimestre, les dépenses des administrations publiques sont restées dynamiques (+0,5%), Maxime Darmet ne voyant “aucun signe d’austérité budgétaire à ce stade”. L’incertitude politique et la situation dégradée de ses finances publiques a valu à la note souveraine française d’être abaissée par S&P et Fitch, et placée sous perspective négative par Moody’s. 

Entre guerres et droits de douane, une demande d’or inédite au troisième trimestre

Les achats d’or n’ont jamais été aussi élevés qu’au troisième trimestre, stimulés par les incertitudes géopolitiques et économiques mondiales, ainsi que la peur des investisseurs de rater l’essor des cours historiques du métal jaune.La demande trimestrielle d’or entre juillet et septembre a atteint son niveau le plus élevé depuis au moins l’an 2000, date à laquelle le Conseil mondial de l’or (CMO), l’organisation de promotion et de régulation du marché aurifère, a commencé à enregistrer des données.La hausse en volume s’élève à 3% par rapport à la même période l’an dernier, à 1.313 tonnes, indique le CMO dans son rapport trimestriel. Elle bondit même à 44% si on la calcule en valeur, avec des achats record de 146 milliards de dollars sur le trimestre.Le métal jaune profite de son statut de valeur refuge face aux incertitudes des dernières années, entre les conflits en Ukraine et à Gaza et les tensions commerciales depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.- “Un peu nerveux” -L’or s’est par ailleurs imposé comme un pilier de la diversification des portefeuilles pour les investisseurs, souligne Louise Street, analyste au CMO.”Face à des valorisations boursières toujours plus élevées, qui commencent à les rendre un peu nerveux”, le métal est désormais vu comme une couverture en cas de repli soudain des marchés, explique-t-elle.La faiblesse du dollar a également favorisé la hausse de l’or, ces deux valeurs refuge se faisant concurrence, souligne le CMO.Le billet vert a notamment souffert des doutes entourant l’indépendance de la Réserve fédérale. Donald Trump, qui réclame une baisse des taux directeurs, a exercé des pressions sur plusieurs membres de la banque centrale américaine, allant jusqu’à menacer de limoger son président, Jerome Powell.Résultat: l’or n’a cessé de grimper ces derniers mois pour atteindre un record à 4.381,52 dollars l’once en octobre.Sur le troisième trimestre, entre juillet et septembre, son cours a progressé de 16%, pour un prix moyen de 3.456,54 dollars l’once, un niveau inédit, selon le rapport.Le CMO note que cette flambée a attiré dans son sillage des investisseurs motivés par la crainte de manquer l’occasion de profiter de nouveaux gains, un comportement connu sous l’acronyme FOMO (“fear of missing out”, peur de rater quelque chose).Cela s’est traduit par une hausse de 47% en glissement annuel des volumes d’achats de lingots, de pièces ou d’ETF, un produit boursier qui réplique les prix de l’or.- Bijoux au plus bas -Dans une moindre mesure, les banques centrales ont majoritairement continué accroître leurs achats d’or, avec une hausse de 10% par rapport à la même période il y a un an.En revanche, la hausse des cours de l’or a été freinée par une demande de bijoux en retrait, qui n’a contribué qu’à hauteur de 419,2 tonnes à la demande mondiale entre juillet et septembre 2025, contre 546,5 tonnes l’an passé.Cette catégorie “a atteint son niveau le plus bas pour un troisième trimestre depuis le creux de 2020, marqué par la pandémie de Covid”, selon le rapport.La demande de l’Inde et la Chine, principaux marchés de la bijouterie, a reculé respectivement de 31% et 18 % sur un an, même si cet affaiblissement des volumes n’empêche pas la hausse des montants dépensés.Selon le CMO, la hausse globale de la demande se poursuivra. Mme Street considère que la récente baisse qui a fait suite au record du cours, constitue une “correction saine”, qui a permis d’éliminer les spéculations de court terme, avant un retour à des investissements stratégiques à long terme.

Trump et Xi s’entendent pour apaiser leur conflit commercial

Donald Trump et Xi Jinping se sont entendus jeudi pour apaiser le conflit commercial entre Washington et Pékin qui a ébranlé l’économie mondiale, lors d’une rencontre en Corée du Sud qualifiée par le président américain de “grand succès”.Le chef d’Etat américain a annoncé un accord sur les terres rares, le soja et certains droits de douane liés au Fentanyl après ses entretiens avec son homologue chinois dans la ville portuaire de Busan (sud-est).Ce dernier a salué “des consensus sur des solutions aux problèmes” obtenus lors de la rencontre, et a appelé à “finaliser dès que possible” les résultats de ces échanges.Les partenaires des Etats-Unis et de la Chine et les marchés financiers scrutaient cette rencontre cruciale, espérant une trêve dans la guerre commerciale que se livrent les deux pays.Le président américain a ajouté qu’il se rendrait en Chine en avril prochain, invitant en retour Xi Jinping aux Etats-Unis.Donald Trump a annoncé un accord d’un an, reconductible, sur l’approvisionnement en terres rares – matériau essentiel sur lequel la Chine exerce un quasi-monopole, et dont les restrictions imposées par Pékin sur ses livraisons avaient déclenché sa colère.”L’accord concernant les terres rares est désormais conclu, et c’est valable pour le monde entier”, a affirmé M. Trump à bord de l’avion Air Force One.Le ministère du Commerce chinois a confirmé la suspension pour un an des restrictions aux exportations, dont certaines liées aux terres rares, annoncées en octobre, ainsi que l’annulation des mesures punitives réciproques contre le transport maritime.Washington a aussi accepté de réduire de 20% à 10% les droits de douane qui avaient été imposés à la Chine en rétorsion au trafic de Fentanyl, opioïde dont des composants sont produits en Chine et qui fait des milliers de morts aux Etats-Unis, a-t-il indiqué.Le président américain a encore assuré que la Chine allait acheter aux Etats-Unis “des volumes considérables” de soja et autres produits agricoles, une annonce qui devrait satisfaire les agriculteurs américains, parmi lesquel il compte de nombreux électeurs.”La Chine a accepté de s’engager sur une procédure d’achat d’énergie américaine”, a ajouté Donald Trump sur son réseau social, annonçant une possible “transaction d’envergure concernant l’achat de pétrole et de gaz de l’Alaska”.Selon M. Trump, “Taïwan n’a jamais été évoqué” au cours de ces entretiens. Pékin revendique la souveraineté de l’île, dont Washington reste le soutien le plus puissant et qui aurait pu faire les frais de marchandage, selon les observateurs.En revanche, concernant l’Ukraine, “nous en avons parlé pendant longtemps, et nous allons tous les deux travailler ensemble pour voir si nous pouvons obtenir quelque chose”, a dit Donald Trump.Après cet entretien d’1H40, il a quitté la Corée du Sud pour Washington. Les dirigeants des deux plus grandes économies mondiales, qui ne s’étaient pas vus depuis six ans, se sont quittés sans faire de déclaration commune.- Essais nucléaires -Juste avant la rencontre, dans une apparente démonstration de force, le président américain avait annoncé une relance immédiate des essais d’armes nucléaires.Il a ordonné à son ministère de la Défense de “commencer à tester” les armes nucléaires des Etats-Unis, après que son homologue russe Vladimir Poutine l’a défié avec un test d’un drone sous-marin à capacité nucléaire.MM. Trump et Xi se connaissent bien pour s’être vus cinq fois pendant le premier mandat du républicain, mais leur dernière entrevue remontait à 2019.Depuis, la rivalité entre les deux superpuissances n’a fait que s’intensifier et Donald Trump, revenu au pouvoir en janvier, a déclenché une radicale offensive protectionniste au service de son idéologie “L’Amérique d’abord”.- Terres rares -Ce sommet a eu lieu après quelques semaines particulièrement mouvementées. Le 19 septembre, Donald Trump annonçait une prochaine rencontre avec son homologue chinois, après une conversation téléphonique “très productive”.Puis les sujets de friction se sont accumulés, jusqu’à celui qui a fait sortir le président américain de ses gonds: la décision le 9 octobre par Pékin de restreindre ses exportations de terres rares, au risque de compromettre le grand programme de réindustrialisation du locataire de la Maison Blanche.Dénonçant une manœuvre “hostile”, M. Trump avait menacé d’imposer des surtaxes douanières écrasantes et de bouder la rencontre. – “Apaisement des tensions” -L’accord commercial ne devrait pas régler les contentieux de fond, qui sont économiques mais aussi stratégiques. Donald Trump voit d’un mauvais œil les manœuvres diplomatiques de son homologue chinois pour rallier les grands pays émergents et s’est irrité des liens entre la Chine et la Russie.Mais il avait aussi intérêt, politiquement, à annoncer l’un de ces “deals” dont il raffole alors qu’il est empêtré chez lui dans une crise budgétaire prolongée.La rencontre avec Xi Jinping conclut, sur une note beaucoup plus sobre, une tournée asiatique qui l’a vu accueilli avec tous les égards en Malaisie, au Japon et en Corée du Sud, avec des cadeaux fastueux et des promesses de gigantesques investissements aux Etats-Unis.Donald Trump a déclaré jeudi avoir été trop “occupé” durant son voyage pour rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong un, mais a ajouté qu’il pourrait revenir.

Shein et Temu vendent des chargeurs et des jouets dangereux, selon UFC-Que Choisir

Les plateformes asiatiques Shein et Temu vendent en ligne des chargeurs USB et des jouets parfois dangereux, selon une enquête de quatre associations de défense des consommateurs en Europe, dont UFC-Que Choisir, publiée jeudi.UFC-Que Choisir et trois autres associations danoise, belge et allemande ont acheté 27 chargeurs sur Temu, 27 sur Shein, et autant de jouets sur chacune des deux plateformes, “de manière complètement aléatoire”, mais à chaque fois vendus “par des vendeurs tiers plutôt que par les plateformes elles-mêmes”.UFC-Que Choisir a ensuite vérifié la présence des mentions obligatoires (du type marquage CE) et a soumis les produits achetés “à une série de tests chimiques, mécaniques ou électriques en laboratoire”.L’association rapporte que sur ces 54 chargeurs USB achetés entre 2 et 19 euros, 4 “avaient des circuits à haute et basse tension trop proches l’un de l’autre”, au risque de “provoquer des arcs électriques” (étincelles) et 14 ont chauffé “au-delà de la température maximale autorisée de 87 degrés”.”Beaucoup” de ces “produits d’entrée de gamme (…) faisaient courir de réels risques de brûlure, de choc électrique et d’incendie à leurs utilisateurs”, écrit l’UFC-Que Choisir.Un chargeur en particulier a par exemple chauffé jusqu’à 102 degrés.L’association dénonce également des jouets en vente avec une “qualité de fabrication” qui peut “s’avérer catastrophique”, arguant que la moitié des 54 jouets achetés sur les deux plateformes avaient des “petites pièces qui se détachent trop facilement”, au risque d’être ingérées.Un jouet présentait des taux de formaldéhyde, une substance cancérogène, jusqu’à plus de cinq fois au-dessus de la teneur autorisée dans les textiles des jouets.Les trois jouets achetés fonctionnant avec des piles présentaient un “compartiment des batteries” qui s’ouvrait “trop facilement”, créant là aussi un risque pour les jeunes enfants.L’enquête ne détaille pas pour chaque produit incriminé s’il a été acheté sur Temu ou sur Shein.Interrogé par l’AFP, Shein a affirmé avoir immédiatement “mis en œuvre son protocole standard afin de garantir que ces produits soient retirés de la vente à l’échelle mondiale et rappelés.”L’enseigne a déclaré “accorder une importance primordiale à la sécurité des produits” et recourir a des organismes de certification comme Bureau Veritas pour “maintenir les produits non conformes hors de ses plateformes.”Le site Temu a également indiqué à l’AFP avoir “rapidement retirés les produits en question et informé les vendeurs concernés”. Il se dit “déterminé à offrir à tous une expérience d’achat sûre et fiable”.Grâce à des prix particulièrement bas, Shein et Temu connaissent un succès retentissant en Europe ces dernières années, malgré des critiques contre leur modèle économique et leurs pratiques.La Commission européenne a proposé en mai d’imposer des frais de 2 euros sur chaque “petit” colis valant moins de 150 euros entrant en Europe, dont l’immense majorité provient de Chine, une mesure également présente dans le projet de budget du gouvernement français pour 2026 examiné à l’Assemblée nationale.

Désindustrialisation: la CGT dénombre 444 plans sociaux depuis juin 2024

La CGT a recensé 444 plans sociaux en France depuis les élections européennes de juin 2024, dont 325 fermetures de sites industriels, a indiqué jeudi la secrétaire générale du syndicat, Sophie Binet.”On est aujourd’hui à 444, mais c’est un recensement très partiel. Il nous en manque énormément, c’est juste le petit bout de l’iceberg”, a-t-elle déclaré sur RTL.”On a été les premiers à dire que nous sommes dans un moment de désindustrialisation massive. Et maintenant, tout le monde nous donne raison puisque les chiffres officiels montrent qu’il y a maintenant plus de fermeture d’usines que d’ouverture”, a ajouté Sophie Binet, qui a précisé que les plans sociaux recensés menaçaient “plus de 300.000″ emplois.”La politique de l’offre de Macron, elle est non seulement très coûteuse, mais c’est une catastrophe sociale, un fiasco économique” puisque “notre industrie plie bagages”, juge la syndicaliste, qui doit rencontrer jeudi le ministre de l’Industrie Sébastien Martin.”La première demande que je vais lui faire, c’est de changer de politique économique et industrielle. Ce n’est plus possible d’avoir une politique du carnet de chèques où on se contente de distribuer 211 milliards d’aides publiques aux entreprises sans conditions ni contreparties”, a souligné Sophie Binet. Pour elle, “quand on est aidé, on n’a pas le droit de licencier”.

France: la croissance accélère durant l’été malgré l’instabilité politique

La croissance économique française a accéléré à 0,5% au troisième trimestre, meilleure qu’anticipé grâce à des exportations dynamiques, Bercy y voyant “une performance remarquable” malgré l’incertitude politique en France et les tensions commerciales avec les Etats-Unis.  Cette première estimation de l’Institut national de la statistique (Insee) est supérieure à sa prévision initiale d’une croissance de 0,3% entre juillet et septembre par rapport aux trois mois précédents, comme au deuxième trimestre, après +0,1% au premier trimestre.Cette surperformance laisse augurer que la deuxième économie de la zone euro dépassera la croissance de 0,7% attendue par le gouvernement en 2025. L’acquis de croissance, c’est-à-dire ce que serait la croissance annuelle si le PIB n’évoluait plus du tout en fin d’année, est de 0,8% à la fin septembre, selon l’Insee.C’est mieux que l’Allemagne (0,2%) dont les chiffres trimestriels sont également attendus jeudi avec ceux de l’Italie. L’Espagne a, elle, fait état mercredi d’une croissance de 0,6% au troisième trimestre, visant 2,7% sur l’année.Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a salué “une performance remarquable”: “malgré les soubresauts politiques et les incertitudes internationales, nos entreprises investissent, exportent et font progresser le pays”. “L’adoption rapide d’un budget qui préserve la confiance des entreprises et des ménages sera capitale pour maintenir cet élan”, a-t-il ajouté.- “Solide” -Le budget pour 2026 est âprement débattu dans une Assemblée nationale sans majorité, où plane toujours la menace d’une censure du gouvernement. Les échanges se cristallisent notamment sur la taxation des plus riches, réclamée par le PS comme prix de son soutien après avoir obtenu la suspension de la réforme des retraites.  “Globalement, la croissance est solide”, note Maxime Darmet, économiste senior chez Allianz Trade, auprès de l’AFP.Avant le début de débats budgétaires houleux, l’économie a bénéficié durant l’été d’une accélération des exportations, surtout dans l’aéronautique qui avait été pénalisé depuis le Covid par des problèmes d’approvisionnement.Les exportations de produits agroalimentaires ont en revanche baissé, “en particulier celles de boissons, dans un contexte de tensions commerciales avec la Chine et les États-Unis”, souligne l’Insee.Par ailleurs, la baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) face au reflux de l’inflation se traduit par une amélioration des investissements (0,4% après 0,0%). Ils sont tirés par ceux des entreprises (+0,9%), tandis que les investissements des ménages, surtout dans le logement neuf, sont en berne (-0,4%).- “Maillon faible” -Dans sa dernière note de conjoncture publiée en septembre, l’Insee jugeait toutefois les moteurs de l’économie française fragiles dans un contexte marqué par un regain d’instabilité politique affectant la confiance des ménages et la consommation, un pilier traditionnel de la croissance. Cette dernière a progressé modérément de 0,1% au troisième trimestre, comme au deuxième. “La consommation reste le maillon faible de cette économie. Elle ne redémarre pas et rien n’augure d’un rebond avec un manque de confiance demeurant élevé”, analyse Maxime Darmet. Alors que les salaires réels progressent et que les taux d’épargne culminent, “il manque cet ingrédient-là pour que la croissance s’établisse sur des bases solides”.Le quatrième trimestre s’annonce moins flamboyant, selon l’économiste, qui prévoit un ralentissement avec le retour de l’instabilité politique. Il note que la bonne performance économique aux deuxième et troisième trimestres “correspondait à un apaisement du climat politique”. Le gouvernement de François Bayrou a chuté début septembre, quelques semaines seulement après la présentation des orientations budgétaires de son gouvernement mi-juillet.Sébastien Lecornu lui a succédé le 9 septembre, désormais en première ligne pour défendre un budget qui ambitionnait initialement un effort global d’une trentaine de milliards d’euros pour 2026.Le gouvernement souhaite ramener le déficit public à 4,7% du PIB en 2026, après 5,4% en 2025, mais accepterait d’assouplir l’objectif jusqu’à un niveau se situant “sous 5%” pour permettre des compromis.Au troisième trimestre, les dépenses des administrations publiques sont restées dynamiques, Maxime Darmet ne voyant “aucun signe d’austérité budgétaire à ce stade”. L’incertitude politique et la situation dégradée de ses finances publiques a déjà valu à la France de voir sa note souveraine abaissée par les agences de notation S&P et Fitch, tandis que Moody’s l’a placée sous perspective négative. 

Stellantis: chiffre d’affaires en hausse, des “progrès” accomplis

Le constructeur automobile Stellantis (Fiat, Peugeot, Chrysler…) a réalisé un chiffre d’affaires de 37,2 milliards d’euros au troisième trimestre, en hausse de 13%, porté par la croissance dans quasiment toutes ses régions, dont l’Amérique du Nord, à l’exception de l’Amérique du Sud, a-t-il indiqué jeudi.”Tandis que nous continuons de mettre en place des changements stratégiques importants afin de fournir à nos clients plus de choix, nous voyons des progrès” sur le trimestre par rapport au précédent et par rapport à la même période l’année précédente, ce qui est “encourageant”, souligne le géant automobile franco-italo-américain qui vient de traverser plusieurs trimestres difficiles, notamment en Amérique du Nord.Il confirme tabler sur “une amélioration continue” du chiffre d’affaires, du résultat d’exploitation ajusté et du flux de trésorerie disponible au 2e semestre par rapport au 1er.Ses livraisons de véhicules ont elles aussi progressé de 13% au 3e trimestre, à 1,3 million d’unités, précise-t-il, conformément à ce qu’il avait annoncé début octobre. “La majeure partie de cette augmentation” est “due à une amélioration de 35% en Amérique du Nord, reflétant les avantages du retour à une gestion des stocks normalisée par rapport à l’année précédente”, lorsque “un effort majeur de réduction des stocks des concessionnaires américains avait temporairement réduit la production”, détaille-t-il.”A la fin du 3e trimestre, six des dix nouveaux véhicules prévus pour 2025 ont été lancés avec succès” et d’autres lancements au 4e trimestre “permettront de réintroduire plusieurs modèles de grande diffusion”, écrit encore Stellantis, né de la fusion en 2021 entre Fiat, Peugeot et Chrysler.Aux Etats-Unis, quelques modèles symboliques illustrent la relance du groupe aux 14 marques, comme le pick-up Ram 1.500 qui revient en version d’entrée de gamme. Le groupe, dirigé depuis l’été par l’Italien Antonio Filosa six mois après le départ forcé de Carlos Tavares, a annoncé mi-octobre un projet d’investissement de 13 milliards de dollars dans les quatre prochaines années aux Etats-Unis, pour y augmenter de 50% sa production par rapport au niveau actuel. 

Malgré des revers, la production de l’éolien en mer pourrait tripler entre 2024 et 2030

La capacité installée des éoliennes en mer à l’échelle mondiale pourrait encore tripler entre 2024 et 2030, malgré des revers aux Etats-Unis et le fait que certains pays n’atteindront probablement pas leurs objectifs, selon un rapport du centre de réflexion sur l’énergie Ember.D’après l’étude commandée par l’Alliance globale de l’éolien en mer (GOWA), la capacité mondiale d’éoliennes en mer pourrait passer de 83 gigawatts en 2024, de quoi alimenter au maximum 73 millions de foyers, à 238 gigawatts en 2030.L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) a estimé début octobre que la croissance des énergies renouvelables dans leur ensemble ralentissait et qu’il serait difficile d’atteindre l’objectif de tripler leur capacité de production à horizon 2030, fixé durant la COP28 à Dubaï.Mais pour Amisha Patel, secrétaire général de GOWA, “malgré les récents obstacles auxquels le secteur fait face, les fondamentaux de l’éolien en mer n’ont pas changé”. “La dynamique continue de s’amplifier à mesure que les pays font progresser cette technologie désormais éprouvée, ce qui est essentiel à la transition vers une énergie propre”, a-t-il souligné dans un communiqué.Cette croissance s’accomplit malgré les grandes difficultés du secteur aux États-Unis depuis janvier et le retour à la Maison Blanche du républicain Donald Trump, fervent défenseur des énergies fossiles et pourfendeur de l’éolien.L’administration américaine a interrompu certains chantiers en cours et ouvert peu de perspectives aux investisseurs. Selon le rapport d’Ember, les États-Unis devraient construire de quoi produire 5,8 gigawatts entre 2025 et 2029, contre un objectif de 30 gigawatts fixé sous l’administration Biden en 2021.D’autres pays comme le Japon ou la Corée du Sud ne devraient atteindre qu’environ un tiers de leurs objectifs d’ici 2030, selon le rapport.Le rapport souligne également que 88 Etats qui possèdent une côte en mesure d’accueillir des éoliennes en mer n’ont pas encore affiché d’objectifs chiffrés.Parmi ces pays on retrouve le Brésil, hôte de la COP30 en novembre, qui pour l’heure ne compte aucune éolienne en mer sur ses 7.000 kilomètres de côtes.