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La Bourse de Paris avance, malgré la dégradation de la notaton française

La Bourse de Paris évolue en hausse lundi, à quelques encablures de son record en séance, et faisait fi de la dégradation surprise de la notation de la France par l’agence S&P Global Ratings, mue par l’incertitude budgétaire du pays.L’indice vedette CAC 40 gagnait 55,46 points, soit 0,68%, à 8.229,66 points vers 09H45, non loin de son record en séance du 10 mai 2024, à 8.259,19 points.Vendredi, le CAC 40 avait terminé à 8.174,20 points à la clôture (-0,18%), à une soixantaine de points de son record en clôture atteint le 15 mai 2024 à 8.239,99 points.Les regards seront tournés vers le marché obligataire après que vendredi soir, S&P Global Ratings a annoncé abaisser d’un cran sa note de la France, à A+, en invoquant une incertitude “élevée” sur les finances publiques en dépit de la présentation d’un budget pour 2026 et examiné à partir de lundi en commission des Finances de l’Assemblée nationale. Le taux d’intérêt des emprunts d’Etat français à dix ans réagissait toutefois peu, en légère hausse à 3,37% vers 09H45, contre 3,36% à la clôture vendredi. En comparaison, son équivalent allemand, la référence pour les marchés en raison de la bonne notation de la dette souveraine allemande, s’inscrivait à 2,59%, après 2,58% vendredi. Le “spread”, ou l’écart entre les deux taux se situe à 0,78 point de pourcentage. Avant la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 par le président Emmanuel Macron, cet écart était sous le seuil des 0,50 point de pourcentage.”Le changement de notation n’a pas eu d’effet à ce stade même si le marché retient qu’il s’agit-là d’un nouvel avertissement pour la France parce que l’annonce arrive un mois avant la date de révision initialement prévue”, souligne Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés pour IG France.Du point de vue des marchés, “la suspension de la réforme des retraites est une meilleure solution à court terme que de risquer une nouvelle dissolution, cela permet de gagner du temps politique”, explique Alexandre Baradez. “Toutefois, cela ne règle pas le problème politique de fond qui est la situation budgétaire du pays”, ajoute-t-il.Kering sur la voie du désendettementLe groupe de luxe Kering grimpait de 4,25% à 322,70 euros après avoir annoncé vendre pour 4 milliards d’euros sa division beauté au géant des cosmétiques L’Oréal (+0,97% à 394,50 euros) pour réduire son endettement.Forvia déçoitForvia a affiché un chiffre d’affaires en recul de 3,7% au 3e trimestre 2025, à 6,12 milliards d’euros, en raison d’un effet de change défavorable, a annoncé lundi l’équipementier automobile français, qui a confirmé ses objectifs pour l’année en cours.L’action Forvia lâchait 5,63% à 9,80 euros.

Kering vend sa beauté à L’Oréal pour se relancer

Le groupe français de luxe Kering, malmené depuis plusieurs années, vend sa division beauté à son compatriote L’Oréal pour 4 milliards d’euros, ce qui devrait lui permettre de réduire son endettement et continuer son redressement.L’information avait été dévoilée samedi par le Wall Street Journal: Kering cède au numéro un mondial des cosmétiques L’Oréal sa division beauté, créée en 2023 avec notamment l’achat de la marque de parfums de luxe Creed pour 3,5 milliards de dollars. La réalisation de l’opération est prévue au premier semestre 2026.La cession, annoncée dans la nuit de dimanche à lundi, est saluée par les marchés à l’ouverture de la Bourse de Paris lundi, où l’action Kering gagnait plus de 5% dans les premiers échanges. L’accord comprend également “l’établissement des licences de 50 ans pour les marques iconiques de Kering” (Gucci, Bottega Veneta et Balenciaga), L’Oréal possédant déjà depuis 2008 la licence Yves Saint Laurent. Le partenariat inclut “les droits de conclure un accord de licence exclusif d’une durée de cinquante ans pour la création, le développement et la distribution des produits parfum et beauté de Gucci, démarrant après l’expiration de la licence actuelle avec Coty, dans le respect des obligations du groupe Kering au titre de l’accord de licence existant”. Selon une note des analystes de HSBC, la licence arrive à expiration chez l’américain Coty en 2028. Il est également inclus un “partenariat exclusif, prévu sous la forme d’une co-entreprise à 50/50, qui permettra de créer des expériences et des services combinant les capacités d’innovation de L’Oréal et la connaissance approfondie des clients du luxe de Kering”.”L’ajout de ces marques extraordinaires complète parfaitement notre portefeuille existant et élargit considérablement notre présence dans de nouveaux segments dynamiques de la beauté de luxe (…) Gucci, Bottega Veneta et Balenciaga sont toutes des marques de couture exceptionnelles qui présentent un énorme potentiel de croissance”, déclare le directeur général de L’Oréal, Nicolas Hieronimus, cité dans le communiqué.- “Etape décisive pour Kering”-“Cette alliance stratégique marque une étape décisive pour Kering”, déclare son directeur général, Luca de Meo, cité dans le communiqué, “ce partenariat nous permet de nous concentrer sur ce qui nous définit le mieux : notre puissance créative et l’attractivité de nos Maisons”.Cette annonce survient un mois seulement après l’entrée en fonction de Luca de Meo, chargé de redresser le groupe malmené depuis plusieurs années par les difficultés de sa marque phare Gucci, qui assure à elle seule 44% du chiffre d’affaires et les deux tiers de la rentabilité opérationnelle mais n’en finit pas de traverser une mauvaise passe.”Nous devrons continuer à nous désendetter et, là où cela s’impose, rationaliser, réorganiser et repositionner certaines de nos marques”, avait déclaré Luca de Meo le jour de sa nomination le 9 septembre. .”Le nouveau directeur général de Kering semble déjà vouloir marquer les esprits. Luca de Meo a déclaré que le redressement du bilan constituait une priorité, et qu’une vente de la division beauté permettrait de réduire significativement l’endettement” du groupe, retient lundi Adam Cochrane, analyste de Deutsche Bank.Kering a annoncé en juillet une chute de 46% de son bénéfice net au premier semestre, à 474 millions d’euros, un plongeon de 16% de son chiffre d’affaires, à 7,6 milliards d’euros, et un endettement de 9,5 milliards d’euros.Cette vente à L’Oréal devrait permettre au groupe de diminuer sa dette. Les 4 milliards d’euros seront “payables en numéraire à la réalisation de l’opération prévue pour le premier semestre 2026”, précise le communiqué. L’Oréal versera également des redevances à Kering pour l’utilisation des marques sous licence.L’Oréal a de son côté publié en juillet un chiffre d’affaires semestriel en hausse de 1,6% à 22,47 milliards. Les ventes semestrielles de sa division luxe ont progressé de 1% à plus de 7,65 milliards d’euros.Le groupe de cosmétiques a également été cité en septembre dans le testament de Giorgio Armani, qui a demandé à ses héritiers de céder à moyen terme son empire à un géant comme LVMH, L’Oréal ou EssilorLuxottica. L’Oréal possède la licence Armani pour les parfums et cosmétiques depuis 1988.

Les minerais au coeur d’une rencontre entre le Premier ministre australien et Trump

Le Premier ministre australien Anthony Albanese doit rencontrer lundi à Washington le président américain Donald Trump et défendre la richesse de son pays en minerais essentiels, afin de desserrer l’étau chinois sur ce marché.L’Australie est assise sur des gisements importants de lithium, de cobalt, de manganèse et même de terres rares, utilisées dans des produits cruciaux tels que les semi-conducteurs, les équipements militaires, les véhicules électriques et les éoliennes.Le marché est actuellement archi-dominé par la Chine, accusée de profiter de sa position pour mettre la pression sur ses partenaires commerciaux, ce qui inquiète les Etats-Unis.Donald Trump a brandi en octobre la menace de droits de douane supplémentaires de 100% pour la Chine en réponse à ses réductions d’exportations de ces terres rares, même s’il a ensuite assoupli son discours et que les deux parties se sont accordées sur de nouvelles négociations commerciales.De son côté, Canberra craint l’influence grandissante de Pékin dans le Pacifique et cherche à se présenter devant Washington comme un allié de choix.M. Albanese, qui s’attend à une rencontre “positive et constructive” avec M. Trump, a dévoilé en avril un plan de réserve stratégique de minerais essentiels destinée aux “partenaires clés” de l’Australie, tels que les Etats-Unis, pour contourner la Chine.A Washington, le ministre australien de l’Economie, Jim Chalmers, a assuré vendredi que son pays avait “beaucoup à offrir” en la matière.- Coopération militaire -Canberra cherche par ailleurs à obtenir le soutien de Donald Trump à un pacte de 2021 visant à armer l’Australie en sous-marins US Virginia, des engins d’attaque nucléaires furtifs. La livraison d’au moins trois unités était prévue sous 15 ans, avec en prime un transfert de technologie, dans le cadre de leur alliance Aukus (qui comprend aussi le Royaume-Uni).Mais Donald Trump a demandé en juin de passer en revue cet accord de coopération militaire pour s’assurer qu’il soit aligné avec sa politique défendant “l’Amérique d’abord”.Le sujet Aukus devrait être à l’ordre du jour lundi, tout comme les droits de douane, alors que l’Australie est frappée par une surtaxe de 10% sur ses biens.”La Chine va probablement être le centre d’attention des discussions même si elle est rarement mentionnée publiquement: Aukus, les minerais essentiels, les technologies cyber et cruciales sont des sujets prioritaires, et concernent tous la Chine”, selon Justin Bassi de l’Australian Strategic Policy Institute, un groupe de réflexion partiellement financé par le ministère de la Défense australien.

La bataille parlementaire autour du budget démarre lundi

La bataille parlementaire est lancée: la commission des Finances de l’Assemblée nationale commence lundi à examiner le projet de budget de l’Etat pour 2026, dans un climat d’antagonisme politique exacerbé et des délais contraints.Après l’échec de la censure du gouvernement minoritaire de Sébastien Lecornu, les groupes politiques ont l’intention d’amender en profondeur un projet de budget jugé insatisfaisant, préfigurant des échanges électriques entre un socle commun fracturé, une gauche traversée de tensions et une extrême droite favorable à une union des droites.  Vendredi, une autre donnée s’est ajoutée au tableau: l’agence de notation S&P a annoncé abaisser d’un cran la note de la France, invoquant une incertitude “élevée” sur les finances publiques, et ce “malgré la présentation cette semaine du projet de budget 2026”.Pour l’année prochaine, le gouvernement ambitionne un effort global d’une trentaine de milliards d’euros, entre nouveaux prélèvements (14 milliards) et économies de dépenses (17 milliards) afin de ramener le déficit public à 4,7% du produit intérieur brut (PIB). Il accepterait d’assouplir cet objectif jusqu’à “sous 5%” pour permettre des compromis. De lundi 09H00 à mercredi soir, la commission des Finances se penchera sur la première partie du projet de loi de finances (PLF), celle consacrée aux recettes, pour une arrivée prévue vendredi dans l’hémicycle et un vote solennel le 4 novembre. Suivront l’examen des dépenses, puis le Sénat.   Le gouvernement a promis de laisser le dernier mot au Parlement, renonçant à l’article 49.3 de la Constitution, qui permet l’adoption d’un texte sans vote. Les élus disposent en tout de 70 jours pour examiner le PLF à compter du dépôt du texte à l’Assemblée nationale le 14 octobre, soit jusqu’au 23 décembre, avec une promulgation avant le 31 décembre.  – “Très injuste” -Parmi les mesures du PLF figurent une maîtrise des dépenses de l’Etat (sauf pour la défense), le maintien d’un impôt exceptionnel sur les hauts revenus et, partiellement, d’une surtaxe sur les bénéfices des plus grandes entreprises, une taxe sur les holdings patrimoniales, le gel du barème de l’impôt sur le revenu, un abattement forfaitaire sur les revenus des retraités ou la suppression de plus de 3.000 postes de fonctionnaires.  La gauche défendra “la même volonté de corriger un budget très injuste”, a déclaré le patron du PS, Olivier Faure, qui a évité la censure au gouvernement en contrepartie d’une suspension de la réforme des retraites. Les socialistes ont déjà annoncé qu’ils déposeraient un amendement au PLF prévoyant la mise en place d’une taxe Zucman, rejetée par le Premier ministre. Cette taxe, du nom de l’économiste Gabriel Zucman, prévoit de faire payer aux 1.800 contribuables ayant au moins 100 millions d’euros de patrimoine un impôt minimum de 2% de ce patrimoine, y compris professionnel.Au Rassemblement national, on promet de “se battre pied à pied pour protéger les Français”. “Article par article, amendement par amendement (…) on fera le maximum pour éviter la casse, les taxes, les sacrifices”, a prévenu le député Jean-Philippe Tanguy.Au total, environ 1.800 amendements ont été déposés par les députés. Mais l’irrecevabilité d’une partie d’entre eux pourrait réduire le nombre.”Le vrai enjeu, ça va être la séance” dans l’hémicycle, a souligné, le président de la commission des finances, l’Insoumis Eric Coquerel, dimanche sur franceinfo, car les députés repartiront alors de la copie initiale du gouvernement.Le camp gouvernemental appelle lui au compromis. “Ne pas avoir de budget serait un aveu d’impuissance collective énorme”, a mis en garde la ministre chargée des Comptes publics Amélie de Montchalin samedi dans un entretien avec Ouest-France. – “Equilibre” -De son côté, la commission des Affaires sociales débattra à partir de jeudi du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), après l’audition mardi des ministres concernés. Le texte contient des économies tous azimuts: gel des pensions, reste à charge supérieur sur les médicaments et les consultations ou contribution patronale rehaussée sur les titres restaurant et chèques vacances.C’est en novembre que le gouvernement soumettra un amendement de suspension de la réforme des retraites.Si le Parlement ne se prononce pas dans les délais (50 jours pour le budget de la Sécu), le gouvernement peut exécuter le budget par ordonnance. Une loi spéciale peut aussi être votée permettant à l’Etat de continuer à percevoir les impôts existants l’an prochain, tandis que ses dépenses seraient gelées, en attendant le vote d’un réel budget.

J-1 avant le marathon budgétaire, les forces politiques fourbissent leurs armes

A la veille d’un débat budgétaire inédit sous la Ve République, les forces politiques, tout en promettant de jouer le jeu du parlementarisme, continuent à fourbir leurs armes pour tenter de modifier la copie du gouvernement et d’arracher des victoires.Pour la première fois depuis 1958, les parlementaires vont débattre dans un contexte très particulier: non seulement le gouvernement ne dispose pas de majorité à l’Assemblée, mais il a renoncé à l’article 49.3 de la Constitution qui lui a permis depuis 2022 de faire adopter, sans vote, tous les budgets.Les passes d’armes vont débuter lundi: l’examen de la première partie du projet de loi de finances pour 2026, consacrée aux recettes de l’Etat, démarre en commission à l’Assemblée où quelque 1.800 amendements ont été déposés.Dans l’hémicycle les députés repartiront de la copie initiale du gouvernement, mais le passage en commission servira tout de même de révélateur des positions des uns et des autres. – “Pas d’illusions” -Les groupes ont promis de ne pas faire d’obstruction afin de ne pas dépasser les délais constitutionnels pour voter les budgets.Mais que ce soit pour celui de l’Etat ou de la Sécurité sociale, chacun va tenter d’arracher des victoires puisque, sans 49.3 possible, c’est la version amendée, issue des débats, qui sera théoriquement soumise au vote à la fin de l’année. La gauche, PS en tête, espère notamment revenir sur l’année blanche, le gel des prestations sociales et compte réintroduire la taxe Zucman sur les hauts patrimoines.”Avec ce gouvernement, on va avoir un dialogue permanent où ils seront ce qu’ils sont, la droite, et nous serons ce que nous sommes, la gauche. C’est la meilleure façon de dégonfler l’extrême droite”, veut croire le premier secrétaire du PS Olivier Faure dans un entretien à Mediapart.Le président de la Commission des Finances de l’Assemblée, l’Insoumis Eric Coquerel, lui, ne veut pas se faire d'”illusions” : “il n’y aura pas de majorité pour passer beaucoup des mesures” voulues par la gauche. Au final, l’objectif de La France insoumise sera donc de “battre”, ne pas voter, ce budget. A droite, malgré leurs divergences, Les Républicains promettent de lutter contre les hausses d’impôts et pour une baisse de la dépense publique. Et le Rassemblement national pourrait remettre sur la table la suppression de l’Aide médicale d’Etat pour les sans-papiers, une ligne rouge pour la gauche.- “Appel à la lucidité” -Face à cela, le camp gouvernemental appelle au compromis.”Ne pas avoir de budget serait un aveu d’impuissance collective énorme”, a mis en garde la ministre chargée des Comptes publics Amélie de Montchalin, son collègue à l’Economie Roland Lescure lançant “un appel à la lucidité” et “la responsabilité”.La dette française apparaît de plus en plus vulnérable sur les marchés.Vendredi, l’une des plus grandes agences de notation, S&P Global Ratings, a abaissé d’un cran la note de la France, invoquant une incertitude “élevée” sur les finances publiques. Fitch avait dégradé sa note en septembre et la décision de Moody’s est attendue vendredi.La promesse de suspension de la réforme des retraites, enjeu majeur pour permettre à Sébastien Lecornu de se maintenir, continue d’agiter la classe politique.”Je considère que cette suspension est en réalité une abrogation. Le débat est à présent renvoyé à l’élection présidentielle”, affirme Olivier Faure.Mais le gouvernement a fait le choix d’inscrire cette promesse dans un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Et certains craignent que cette voie lui permette de ne pas acter la suspension en cas d’enlisement des débats et de recours à des ordonnances pour faire passer le budget.”Il n’y a ni entourloupe ni plan caché”, a assuré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon au Parisien, le Premier ministre “veut permettre à l’Assemblée de débattre”.Pas de quoi convaincre le RN et LFI qui demandent à Sébastien Lecornu “une lettre rectificative” permettant de modifier le projet de budget de la Sécu avant son examen. “Cela fait partie des options que nous avons demandées au Premier ministre”, a déclaré à l’AFP Pierre Jouvet, le secrétaire général du PS. “On regarde tout et on réfléchit à tout”, a commenté de son côté un conseiller gouvernemental.Cette piste n’est pas envisageable pour le président (LR) du Sénat Gérard Larcher, qui a estimé sur RTL/Public Sénat que cela “amputera de 15 jours” les débats à la chambre haute. Il a aussi mis en garde contre un éventuel recours aux ordonnances, une “négation du Parlement”.”Si ce sont des ordonnances qui font office de pseudo 49.3, la censure sera là”, a aussi averti Olivier Faure.

A la peine, les viticulteurs californiens abandonnent leurs vignes

Depuis plus d’un siècle, les viticulteurs de Lodi fournissent une large partie des raisins utilisés pour produire le vin de Californie. Mais ces temps-ci, la petite ville est en crise: de plus en plus d’exploitants abandonnent leurs vignobles.Baisse de la consommation d’alcool, hausse des coûts d’exploitation, concurrence venue de l’étranger: ce cocktail meurtrier a mis sur la touche plusieurs producteurs locaux. Résultat, des milliers d’hectares de vignes ont été arrachés ces dernières années.”Je n’ai jamais vu ça”, confie à l’AFP Randy Baranek, dont la famille travaille la vigne depuis plusieurs générations.Lodi a perdu un quart de sa production en deux ans, selon lui. L’activité n’est plus rentable: un acre (0,4 hectare) de vigne produit huit à douze tonnes de raisins, une quantité dont la vente ne rapporte pas plus de 3.000 dollars. Or, planter et cultiver cette même surface coûte entre 3.000 et 4.500 dollars.”On est au fond du trou”, soupire M. Baranek.Même arracher les vignes est prohibitif d’après lui, à cause des règles environnementales californiennes strictes encadrant la conversion des champs. Certains viticulteurs les laissent donc simplement à l’abandon.Lodi, où l’on cultive notamment le Zinfandel parmi 130 autres variétés de raisins, se retrouve ainsi entourée de parcelles fantômes, remplies de grappes pourries.- Dans les cuves, du vin importé -La production de la ville a atteint en 2024 son niveau le plus bas depuis deux décennies, avec seulement 2,9 millions de tonnes récoltées, selon le directeur de la Lodi Winegrape Commission, Stuart Spencer. Cette année, il table sur un déclin supplémentaire de 400.000 tonnes.Car aux Etats-Unis, “tout le spectre de ceux qui contribuent à l’industrie du vin est en difficulté”, résume-t-il.Pendant trois décennies, la Californie, l’Oregon et l’Etat de Washington ont patiemment construit une solide croissance, en s’imposant aux yeux des consommateurs américains comme une alternative crédible aux vins de l’Ancien monde (France, Italie, Espagne). Mais pour ces régions de la côte Ouest, les trois dernières années ont tout bouleversé.D’un côté, les changements générationnels font que les Américains “boivent simplement moins” d’alcool, pointe M. Spencer. De l’autre, “l’inflation (…) impacte vraiment le portefeuille des consommateurs”.La baisse de la demande pousse les producteurs de vin sous pression à s’approvisionner ailleurs. Car aux Etats-Unis, une bouteille peut être étiquetée comme “vin américain” même si sa fabrication en cuve utilise une partie de vin déjà prêt, produit à l’étranger.”En Californie, nos plus gros producteurs, qui sont également les plus grands acheteurs de raisins, choisissent d’importer du vin en vrac bon marché au lieu d’acheter des raisins locaux”, regrette M. Spencer.Les viticulteurs européens, qui fournissent une partie de ces vins d’assemblage peu coûteux, “sont fortement subventionnés par l’UE”, peste-t-il. “Nous ne sommes pas sur un pied d’égalité.”- Reconversion vers les amandes -A contrecœur, certains agriculteurs abandonnent les raisins pour se reconvertir dans des cultures plus demandées et moins coûteuses, comme les amandes.Une décision difficile: arracher un vignoble pour le reconvertir coûte des dizaines de milliers de dollars, et la production d’amandes, largement automatisée, détruit l’emploi à Lodi.”Nous sommes tous très inquiets,” souffle sous couvert d’anonymat un ouvrier viticole de la région.”Je ne sais pas ce que je ferais sans cela,” lâche-t-il, en montrant les vignes où il travaille depuis dix ans.Mais pour Kevin Phillips, qui a reconverti l’un de ses champs, le pari s’avère gagnant. Pour cultiver son nouveau verger d’amandes, il dépense seulement un quart de ce qu’il consacrait à sa vigne. Et vendre sa production s’avère bien plus simple.”Avec les raisins, vous devez vraiment démarcher les producteurs de vin, vous devez établir des connexions, (…) espérer que tous les astres s’alignent”, explique-t-il. “Pour les amandes, pas besoin de parler à qui que ce soit. La demande est juste là.””C’est tellement plus facile” de cultiver des amandes, constate le viticulteur, qui n’a réussi à prendre cette décision difficile qu’après s’être soûlé. “Et je déteste l’admettre, parce que je suis un gars du vin.”

Incendie à l’aéroport international de Dacca: plus d’un milliard de dollars de dégâts, selon une estimation

Le coût des dégâts engendrés par un l’incendie survenu samedi dans le principal aéroport de la capitale Dacca pourrait dépasser un milliard de dollars, selon une première estimation dimanche de l’association bangladaise des fabricants et exportateurs de textiles (BGMEA).”L’intégralité de la section dédiée aux importations a été réduite en cendres”, a déclaré Faisal Samade, directeur de BGMEA, en évoquant “une scène de dévastation”.”Nous craignons que les pertes puissent bien dépasser un milliard de dollars”, en précisant qu’environ 200 à 250 entreprises du pays, deuxième fabricant mondial de textile, exportent leurs produits par voie aérienne chaque jour.L’incendie, dont la cause n’est pas encore connue, s’est déclaré dans le terminal de fret du principal aéroport international de Dacca, où sont stockés tissus, accessoires vestimentaires, produits pharmaceutiques ou chimiques.Quatre personne, légèremment blessées, ont été hospitalisées, selon Moinul Ahsan, haut responsable à la Direction de la santé du Bangladesh.Plus tôt dans la journée, l’administration fiscale du pays avait déclaré avoir commencé à évaluer les dommages, le gouvernement annonçant de son côté l’ouverture d’une enquête.”Nous avons commencé notre évaluation” des dégâts, a déclaré Moshiur Rahman, responsable du Conseil national des recettes fiscales (NBR), à l’AFP.Les vols ont pu reprendre samedi soir, a déclaré à l’AFP le directeur général de l’aéroport, S. M. Ragib Samad.Dimanche, de la fumée s’élevait encore des décombres.”Le feu s’est propagé partout, je ne sais pas si une seule cargaison a pu être sauvée”, a déclaré un pompier épuisé, dont l’uniforme était grisâtre et les mains noircies.”Nous devions livrer des marchandises à nos clients aujourd’hui” et “je suppose que tout a été réduit en cendres”, a confié à l’AFP un commerçant, Anand Kumar Ghosh.Le gouvernement a déclaré dans un communiqué être conscient de l’inquiétude croissante de la population après une série d’incendies survenues récemment, notamment dans la zone franche industrielle de Chittagong et dans une usine chimique et textile de Dacca mardi, où 16 personnes ont trouvé la mort.Les services de sécurité enquêtent “de manière approfondie” sur tous les incidents et “toute preuve crédible de sabotage ou d’incendie criminel sera suivie d’une réponse rapide et résolue”, a-t-il encore indiqué.”Aucun acte criminel ou provocateur ne sera toléré pour perturber la vie publique ou le processus politique”, a-t-il averti.

Incendie dans un aéroport de Dacca : évaluation des dégâts et ouverture d’une enquête

L’administration fiscale du Bangladesh a déclaré dimanche avoir commencé à évaluer les dégâts après l’incendie survenu la veille dans le principal aéroport de la capitale Dacca, tandis que le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une enquête.”Nous avons commencé notre évaluation” des dégâts, a déclaré Moshiur Rahman, responsable du Conseil national des recettes fiscales (NBR), à l’AFP.Le Conseil national a commencé à évaluer les dégâts avec des entreprises qui ont averti que les pertes directes et les répercussions sur le commerce pourraient se chiffrer en millions de dollars.L’incendie s’est déclaré samedi dans le terminal de fret du principal aéroport international de Dacca, où sont stockés tissus, accessoires vestimentaires, produits pharmaceutiques ou chimiques.Moinul Ahsan, haut responsable à la Direction de la santé du Bangladesh, a déclaré que quatre personnes avaient été transportées à l’hôpital avec des blessures légères.La cause du sinistre n’est pas encore connue.Les pompiers ont réussi à maîtriser l’incendie et les vols ont pu reprendre dans la soirée, a déclaré à l’AFP le directeur général de l’aéroport, S. M. Ragib Samad.Dimanche, de la fumée s’élevait encore des décombres.”Le feu s’est propagé partout, je ne sais pas si une seule cargaison a pu être sauvée”, a déclaré un pompier épuisé, dont l’uniforme était grisâtre et les mains noircies.”Nous devions livrer des marchandises à nos clients aujourd’hui” et “je suppose que tout a été réduit en cendres”, a confié à l’AFP un commerçant, Anand Kumar Ghosh.Le gouvernement a déclaré dans un communiqué être conscient de l’inquiétude croissante de la population après une série d’incendies survenues récemment, notamment dans la zone franche industrielle de Chittagong et dans une usine chimique et textile de Dacca mardi, où 16 personnes ont trouvé la mort.Les services de sécurité enquêtent “de manière approfondie” sur tous les incidents et “toute preuve crédible de sabotage ou d’incendie criminel sera suivie d’une réponse rapide et résolue”, a-t-il encore indiqué.”Aucun acte criminel ou provocateur ne sera toléré pour perturber la vie publique ou le processus politique”, a-t-il averti.

Accros au café, les New-Yorkais payent le prix fort

Le gobelet de café, incontournable de la panoplie des New-Yorkais, est de plus en plus cher, une des conséquences de la hausse du coût des grains importés par les innombrables “coffee shops” de la ville.Le constat est, en fait, d’ampleur nationale. Entre août 2024 et août 2025, le prix à la consommation du café dans les zones urbaines des Etats-Unis — premier consommateur au monde de cette boisson — a grimpé de 21%, selon des statistiques officielles. En cause, des aléas climatiques dans les pays producteurs qui ont porté le cours de l’arabica à un sommet historique en février 2025, la hausse des coûts de transport et surtout, depuis le 6 août, les taxes douanières de 50% imposées par Donald Trump sur de nombreux produits en provenance du Brésil (à l’exception du jus d’orange ou des avions, par exemple).Sanctionné en représailles au procès intenté à l’ex-président Jair Bolsonaro pour tentative de coup d’Etat, le pays était jusque-là le premier importateur de café aux États-Unis, pourvoyant notamment en 2024 30% des grains de café verts, c’est-à-dire non torréfiés.”Cela a un impact considérable sur nous les propriétaires de petites entreprises, sur les agriculteurs, sur tout le monde”, déplore auprès de l’AFP Jeremy Lyman, cofondateur de la chaîne new-yorkaise Birch Coffee. Créée en 2009, la marque a ouvert 14 points de vente dans la ville et torréfie son propre café de spécialité (de meilleure qualité et donc plus cher que le café industriel, dit de commodité) dans le Queens depuis 2015.- “Inabordable” -“Le prix du café a augmenté d’environ 55% par rapport à la même période l’an dernier, cela a un impact sur la manière dont nous nous fournissons et sur les prix que nous pratiquons à la vente”, ajoute Jeremy Lyman.La prochaine commande ne pourra pas être passée au Brésil, devenu “inabordable”, explique-t-il. “Sauf demande particulière, l’importateur avec lequel nous travaillons là-bas a également appuyé sur pause”.Le Conseil des exportateurs de café du Brésil (Cecafé) a d’ailleurs indiqué que les exportations vers les Etats-Unis avaient baissé de près de 53% sur un an en septembre.A la place, le secteur se tourne vers le Mexique, le Pérou, le Honduras ou l’Éthiopie.Les entreprises américaines augmentent aussi leurs prix. Chez Birch Coffee, ces hausses ont été de moins de 50 centimes pour les boissons servies par les “coffee shops” et de 2-3 dollars par sachet de café torréfié, vendus essentiellement en ligne. “En général, ce sont de petites augmentations qui nous donnent un peu de temps pour trouver des solutions d’approvisionnement”, précise Jeremy Lyman. Et “nous essayons de prévenir (les clients) au moins deux semaines à l’avance”.- Futures exemptions ? -D’autres ont opté pour une solution originale, raconte-t-il, appliquant au tarif de base “un pourcentage lié aux droits de douane. Lorsqu’ils augmentent ou diminuent, cela modifie le prix”.Ces augmentations, toutefois, ont leurs limites et le cofondateur de Birch Coffee est conscient du risque de perdre des clients.Jason Nickel, 45 ans, client de l’enseigne dans l’Upper East Side, continue de fréquenter quotidiennement les “coffee shops” mais dit “faire un peu plus attention” aux tarifs. Il ne se voit pas dépenser plus de 6 dollars, pourboire inclus, pour un “cortado” (un expresso mélangé avec une quantité à peu près égale de lait chaud). Pour une autre habituée, Anna Simonovsky, 32 ans, le seuil est passé de 6-7 dollars à 10 pour un “latte” (contenant plus de lait et de la mousse) mais elle réserve désormais cette dépense à des “occasions” comme la visite d’une amie.Lueur d’espoir pour les entreprises du secteur et les deux tiers d’Américains adultes qui consomment quotidiennement du café, le président Donald Trump l’a placé début septembre sur une liste de produits insuffisamment cultivés aux Etats-Unis et donc potentiellement exemptés de droits de douane à l’avenir – au même titre que le thé et le cacao. Et un projet de loi visant à protéger les produits à base de café est porté conjointement par des élus démocrates et républicains.

Argentine: fébrilité et peso sous pression à l’approche des législatives

Peso sous pression, achats dans l’urgence, fuite vers le dollar-refuge : l’économie argentine traverse une période de forte fébrilité, malgré le soutien multimilliardaire des Etats-Unis, à quelques jours d’élections clef de mi-mandat pour le président ultralibéral Javier Milei.L’instabilité du taux de change, fréquente à l’approche des élections en Argentine, pousse les consommateurs à l’achat, dans la crainte d’une dévaluation –ou d’une dépréciation– du peso après le scrutin du 26 octobre. Et donc, d’un rebond des prix.”A cause des élections, j’ai fait un achat de dollars. Je me suis dit: allez, maintenant je le fais !”, a déclaré à l’AFP Nadia Ferreiro, enseignante de 31 ans, reproduisant un réflexe atavique d’Argentins méfiants envers leur monnaie: acheter du billet vert comme refuge, sur le marché parallèle. Federico Bornaz, informaticien de 28 ans, disait pour sa part acheter sur la plateforme asiatique en ligne Shein et comptait acquérir un chauffage, juste avant les élections, “juste au cas où il y ait dévaluation. C’est je crois, le scénario le plus probable après”.L’économie argentine et son peso est depuis plus d’un mois la proie de soubresauts, à l’approche des législatives qui renouvelleront la moitié des députés et un tiers des sénateurs.Le président depuis 2023 n’y joue pas sa survie politique mais sa future marge de manoeuvre, pour pouvoir mener à bien ses réformes de dérégulation dans ses deux années restantes de mandat, face à un Parlement jusque là rétif.Dans son viseur : une réforme fiscale, avec des baisses d’impôts, notamment pour les entreprises, et une réforme du marché du travail.Javier Milei, qui depuis deux ans gouverne en forte minorité (37 députés sur 257), estime qu’un bon résultat serait d’obtenir “un tiers (des députés) qui permettrait de défendre les mesures du gouvernement”.- Soutien américain, jusqu’où ? -Mais les marchés financiers doutent du résultat et du maintien du cap d’austérité qui a permis de juguler l’inflation. Elle a été ramenée en 22 mois de 200% sur un an à 31%, mais au prix de plus de 200.000 emplois perdus, d’une économie en récession en 2024 (-1,8%), et qui peine à redémarrer à mi-2025.”Je suis conscient qu’en ce moment c’est dur”, a lancé Milei dans un bref meeting en fin de journée à Tres de Febrero, en grande banlieue de Buenos Aires. “Mais nous sommes à mi-chemin, c’est pourquoi je vous demande un effort, ne lâchez pas !”Vendredi, le peso s’est retrouvé sous pression, après l’éphémère stabilité qui avait suivi les annonces d’aide financière américaine. Il a chuté jusqu’à 1.485 pour un dollar au taux officiel à Buenos Aires, une perte de 3,7% par rapport à la veille, avant de clôturer à 1.475.Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a annoncé vendredi sur X être de nouveau intervenu directement, jeudi, sur le marché des changes, pour acheter du peso et le défendre.”Le Trésor reste vigilant sur tous les marchés et nous avons la capacité d’agir avec flexibilité et force pour stabiliser l’Argentine”, a-t-il assuré.”L’intervention des États-Unis a donné un coup de pouce temporaire au peso. Mais foncièrement, cela ne change pas le fait que le peso est en décalage, on l’estime surévalué d’environ 30%”, a déclaré à l’AFP Kimberley Sperrfechter, du cabinet d’analyse britannique Capital Economics. En moins de quatre semaines, l’administration Trump a annoncé une aide massive : sous forme d’un échange bilatéral de devises (“swap”), pour 20 milliards de dollars. Puis d’un dispositif -encore en “travail”- de 20 milliards de dollars de plus, avec des banques privées et fonds souverains, pour aider la dette argentine.Donald Trump, qui recevait mardi Javier Milei à la Maison Blanche a redit son ferme soutien à son allié idéologique en Amérique latine, à condition toutefois que Javier Milei reste au pouvoir.M. Bessent avait nuancé par la suite, expliquant que le soutien était lié à la capacité de M. Milei face au Parlement d'”opposer son veto à toute mauvaise politique”.Javier Milei, lui, assure depuis à qui veut l’entendre que le soutien financier américain lui est acquis jusqu’à la fin de son mandat, “jusqu’à 2027”.