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Fraisage, tournage… “Des métiers qui ne peuvent pas être perdus”

Fraisage, tournage, maintenance industrielle… De jeunes Français se sont illustrés dans la maîtrise de métiers de l’industrie lors d’une compétition internationale organisée à Marseille, des métiers “un peu cachés” mais qui “ne peuvent pas être perdus”, a plaidé auprès de l’AFP une jeune participante.Les métiers industriels sont “un peu cachés parce qu’on voit les pièces unies, mais pas ce qui se passe avant”, observe Lona Hugues.L’étudiante en BTS Conception des Processus de Réalisation de Produits à Toulon (Var), meilleure apprentie de France 2023 en usinage, participait en fin de semaine dernière, dans la catégorie “tournage”, aux finales nationales de la 48ème édition de la compétition WorldSkills, un concours général dans des métiers techniques, à Marseille.Arts, communication et numérique, construction, propreté, végétal, industrie ou mobilité, “le but c’est que tout le monde puisse découvrir le plus de métiers possible”, a expliqué Arnaud Delaunay, directeur de la communication de Worldskills France, en marge de l’événement.Lona Hugues insiste sur l’importance de ces métiers, “qui ne peuvent pas être perdus. Ce sont des métiers qui doivent rester ici et qui doivent continuer à être appris et aimés”.Plusieurs jeunes Français se sont récemment illustrés en la matière. Mi-septembre, l’UIMM, l’Union des industries et métiers de la métallurgie qui “représente 42.000 entreprises industrielles”, s’est fendu d’un communiqué pour se féliciter de la “performance historique” de l’équipe de France des Métiers aux EuroSkills 2025, l’échelon européen de la compétition, où elle a remporté 27 médialles, dont sept en or, finissant première au classement des nations.”Cette magnifique victoire de la France met en lumière le formidable engagement de la jeunesse et l’excellence de l’alternance, en particulier dans l’industrie”, plaidait Hubert Mongon, délégué général de l’UIMM La Fabrique de l’avenir, estimant que cela récompensait “des années de préparation et une mobilisation sans faille des jeunes, des experts métiers, des entreprises et des centres de formation”.”L’appétence des jeunes se porte sur le luxe, le numérique, le digital de manière générale”, relève auprès de l’AFP Mathieu Beaujon, responsable du pôle soudage chez EDF. Mais il y a aussi une jeunesse sensible au “concret, c’est-à-dire je fabrique, je soude, je peux voir l’ouvrage auquel j’ai participé”.

Fort du retour d’expérience en Ukraine, KNDS adapte ses canons Caesar à la guerre moderne

Sous le ciel lourd et bas, les détonations résonnent sur le plateau de Canjuers, dans le sud de la France. Avec l’expérience de la guerre en Ukraine, les canons Caesar du franco-allemand KNDS se réinventent pour résister aux drones, nouvelle menace apparue avec ce conflit.Les artilleurs se déploient pour envoyer plusieurs obus de 155 mm qui éclatent sur ce camp militaire, le plus vaste d’Europe occidentale, alternant terre battue et lisières boisées sur les hauteurs, devant huit délégations étrangères — venues d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie, autant de clients potentiels.Avec l’augmentation des budgets militaires en Europe et les appels au patriotisme, la concurrence reste féroce face aux K9 Thunder sud-coréens qui équipent massivement l’armée polonaise, ou aux Panzerhaubitze 2000 allemands.Léger et mobile, Caesar est capable de neutraliser à distance de 40 km l’équivalent d’un terrain de football avec un seul obus, puis de repartir avant même que les munitions n’atteignent la cible. Ce qui évite qu’il soit détecté et ne devienne une cible: le taux de destruction du Caesar qui se déplace sur roues est d’environ 11% alors qu’il va jusqu’à 50% pour certains systèmes, plus lourds et souvent chenillés, assure Olivier Fort, directeur marketing artillerie de KNDS citant les statistiques ukrainiennes.Il peut arriver en moins de 2 minutes et demie sur sa position de tir et envoyer six obus en une minute. – “Tout à apprendre d’Ukraine” -Cette architecture fait qu’en Ukraine Caesar se déplace sans munitions à bord, celles-ci sont prépositionnées. En cas d’attaque de drones ou de munitions planantes, le système et l’équipage sont de ce fait protégés contre une explosion secondaire ultra-puissante. “Cela n’avait pas été envisagé précédemment”, explique Olivier Fort qui a été l’auteur de la doctrine d’artillerie de l’armée de terre française en 2012.Sur le plateau de Canjuers, en raison d’une pluie incessante, le drone de renseignement censé transmettre les coordonnées de tir à la batterie n’est pas de la partie. Les munitions téléopérées — ces drones armés que KNDS a développés avec le droniste français Delair en un temps record, dans le sillage de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022- manquent elles aussi à l’appel.Mais la démonstration grandeur nature est tout sauf théorique: principal fournisseur d’armement terrestre à l’Ukraine, KNDS s’appuie sur un retour d’expérience de terrain unique puisque près de 120 Caesar sont présents dans le pays.”On a tout à apprendre de la situation en Ukraine pour nos propres besoins. Il y a plein d’améliorations qui ont été faites grâce à l’Ukraine sur le canon Caesar”, résume pour l’AFP Darot Dy, consultant aérospatial et défense du cabinet de conseil stratégique Roland Berger.Une cabine au blindage renforcé, un moteur modernisé: depuis l’entrée en service du premier canon Caesar en 2008, celui-ci a déjà fait ses preuves en Afghanistan, au Mali et en Irak, et ne cesse d’évoluer, assure KNDS.”Il y a des tactiques que les artilleurs ukrainiens ont imaginées au combat et qui vont être reprises par l’armée de terre” française, estime Olivier Fort.L’une d’elles consiste à combiner l’utilisation de l’artillerie pour détruire les filets de protection sur les tranchées avant d’y envoyer des munitions téléopérées. – Transparent et vulnérable -“Les canons Caesar ont démontré leur performance en termes de précision” et leur capacité à se déplacer, souligne à l’AFP Pascal Fabre, directeur associé au cabinet de conseil AlixPartners.Ils doivent désormais faire face au nouveau défi: “la transparence du champ de bataille” grâce aux satellites, mais surtout aux drones.”La vitesse de réaction est très grande entre la détection et la frappe. Les armées des deux côtés se sont adaptées pour frapper beaucoup plus vite”, ajoute Pascal Fabre. La leçon numéro un de la guerre en Ukraine c’est “le besoin de se prémunir contre la menace des drones et “concilier la puissance de feu avec la mobilité”, déclare à l’AFP le lieutenant-colonel Renaud Durbecq, responsable du 35e régiment d’artillerie parachutiste qui anime la démonstration.Autre invention anti-drone déjà utilisée en Ukraine: des leurres gonflables, répliques de canons Caesar dotées d’une signature thermique qui servent à détourner les drones kamikazes russes et à préserver les véritables pièces d’artillerie.”C’est vraiment nouveau, pour permettre de se fondre dans le paysage”, commente Renaud Durbecq.

L’interdiction des achats de gaz russe dans l’UE franchit une étape clé

L’Union européenne a franchi lundi une étape importante dans ses efforts pour assécher l’économie de guerre de la Russie, la majorité des Etats membres ayant approuvé le principe d’une interdiction, d’ici fin 2027, des importations de gaz naturel russe.Cette mesure phare, proposée par la Commission européenne au printemps, était au menu d’un conseil des ministres européens de l’Energie à Luxembourg, où elle a recueilli un large consensus.La Slovaquie et la Hongrie, pays enclavés et très dépendants des hydrocarbures russes, étaient opposés à cette interdiction mais ont été mis en minorité.En cessant ses achats de gaz naturel russe, qui devraient encore représenter 15 milliards d’euros cette année, l’UE veut assécher une source de financement majeure de la guerre menée par Moscou en Ukraine.Cette mesure, qui doit maintenant être négociée avec le Parlement européen, avait été proposée au printemps par la Commission européenne.Le Danemark, qui exerce la présidence tournante de l’UE jusqu’à la fin de l’année, espère parvenir à une adoption définitive avant le Nouvel An.”Cette décision va façonner l’avenir de notre continent. Nous allons cesser de financer la machine de guerre russe et diversifier notre approvisionnement en énergie”, s’est félicité le ministre danois de l’Energie Lars Aagaard, qui présidait la réunion.”Nous envoyons un message très clair aujourd’hui: nous ne permettrons plus à la Russie d’utiliser l’énergie comme une arme”, a déclaré à la presse le Commissaire européen à l’Energie Dan Jorgensen.”Pour nous, l’approvisionnement en énergie n’a rien à voir avec la politique” et n’a “rien à voir avec la Russie”, a plaidé au contraire le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, affirmant que cette mesure allait “tuer” la sécurité d’approvisionnement énergétique de la Hongrie.- Accélérer le mouvement -L’UE essaye de se sevrer des hydrocarbures russes depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie début 2022.Mais si elle a cessé presque totalement ses importations de pétrole russe, elle conserve une forte dépendance envers Moscou pour son approvisionnement en gaz naturel: la Russie représentait encore 19% des importations totales de gaz de l’Union européenne en 2024, contre 45% en 2021.Afin d’accélérer le mouvement, la Commission européenne a donc proposé au printemps aux Etats membres un arrêt total des importations de gaz russe fin 2027.Et elle ne compte pas s’arrêter là. En septembre, elle a proposé d’avancer cette date-butoir à fin 2026, c’est à dire dans un peu plus d’un an, en ce qui concerne les importations de gaz naturel liquéfié (GNL).Cette mesure supplémentaire, proposée dans le cadre d’un 19e “paquet” de nouvelles sanctions contre la Russie, qui est toujours en discussions, n’était cependant pas au menu de la réunion ministérielle de lundi.De son côté, le Parlement européen voudrait aller encore plus loin: ses commissions de l’Industrie et du Commerce ont approuvé jeudi un texte visant à interdire toutes les importations de gaz russe, que ce soit par gazoduc ou sous forme de GNL, et ce dès le 1er janvier 2026, hormis quelques exceptions limitées.Le président américain a lui aussi réclamé l’arrêt des achats d’énergies fossiles russes par les pays européens, dénonçant leur côté absurde, car ils reviennent à contribuer à financer la guerre menée par Vladimir Poutine en Ukraine.”L’Europe doit passer à la vitesse supérieure. Elle ne peut pas continuer à agir comme elle le fait actuellement. Elle achète du pétrole et du gaz à la Russie alors qu’elle est en conflit avec ce pays. C’est embarrassant pour elle”, avait lancé M. Trump, lors de l’Assemblée annuelle des Nations unies à New York.

Wall Street ouvre en hausse, les résultats d’entreprises dans le viseur

La Bourse de New York évoluait en hausse lundi, à l’aube d’une semaine particulièrement riche en résultats d’entreprises, sur fond d’espoirs de désescalade commerciale entre Washington et Pékin.Vers 14H00 GMT, le Dow Jones prenait 0,42%, l’indice Nasdaq gagnait 0,96% et l’indice élargi S&P 500 progressait de 0,68%.”Les investisseurs sont optimistes sur le fait que la prochaine vague de résultats d’entreprises sera meilleure que prévu, principalement grâce aux fortes capitalisations technologiques”, explique auprès de l’AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments.”Cette importante série de rapports financiers publiée dans la semaine couvrira près d’un cinquième des entreprises du S&P 500″, détaillent les analystes de Briefing.com.Parmi les plus attendues: Netflix et Coca-Cola (mardi), puis le spécialiste des véhicules électriques Tesla (mercredi) et l’entreprise de semi-conducteurs et processeurs Intel (jeudi).La semaine passée, la place américaine a salué les résultats du secteur financier malgré quelques inquiétudes autour de l’état de santé des banques régionales américaines.”Pour le moment, on ne dirait pas que cela va se propager à grande échelle”, estime toutefois M. Sarhan.Sur le plan commercial, “la situation entre les Etats-Unis et la Chine reste une question difficile à résoudre”, note l’analyste.Le président américain Donald Trump a brandi en octobre la menace de droits de douane supplémentaires de 100% pour la Chine en réponse à ses réductions d’exportations de ses terres rares, avant de finalement déclarer vendredi que ces droits de douane n’étaient “pas viables”.Pékin et Washington se sont aussi accordés samedi pour préparer de nouvelles négociations, ce qui fait espérer qu’il n’y aura pas davantage d’escalade des tensions.”Pour les investisseurs, des progrès sont en train d’être réalisés” entre les deux puissances, avance Adam Sarhan.Côté indicateurs, le marché attend la publication vendredi de l’indice des prix à la consommation (CPI) pour septembre, initialement repoussée en raison de la paralysie budgétaire (“shutdown”) en cours aux Etats-Unis.”L’inflation reste une source de préoccupation, en particulier pour la banque centrale américaine” (Fed), continue M. Sarhan.La Réserve fédérale a abaissé ses taux pour la première fois de l’année en septembre, d’un quart de point en raison de la fragilité de l’emploi américain.Pour le moment, selon l’outil de veille CME FedWatch, les investisseurs s’attendent à ce que les taux continuent d’être abaissés, en deux temps, d’ici la fin de l’année.Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’Etat américain se détendait à 3,99% contre 4,01% vendredi en clôture.Au tableau des valeurs, Amazon gardait la tête hors de l’eau (+0,57% à 214,25 dollars) après une panne lundi de sa plateforme cloud, Amazon Web Services (AWS).Plusieurs sites, jeux en ligne et applications populaires comme Snapchat, Airbnb, Reddit ou Fortnite ont été inaccessibles plusieurs heures.L’aciériste Cleveland-Cliffs s’envolait (+15,24% à 15,35 dollars) après avoir annoncé qu’il allait étudier la possibilité d’extraire et de produire des terres rares aux Etats-Unis, alors que la Chine a annoncé début octobre de nouveaux contrôles sur les technologies liées à ces matériaux essentiels .La plateforme d’échange de cryptomonnaies Robinhood (+4,95% à 136,34 dollars) profitait d’une réévaluation à la hausse de son titre par la banque d’investissement Citizen JMP.

L’oenotourisme en effervescence en Champagne, surfant sur l’effet Unesco

“On a l’impression de se promener dans une peinture”, s’extasie Tyler Ryan, un touriste américain visitant le Pavillon Ruinart à Reims, l’une des vitrines du boom de l’oenotourisme en Champagne, dix ans après son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.La plus ancienne maison de champagne, propriété du géant du luxe LVMH, a métamorphosé depuis un an son accueil du public avec ce pavillon aux airs de pagode signé Sou Fujimoto, l’une des stars de l’architecture japonaise contemporaine, à côté de ses crayères, ces profondes caves naturelles en craie qui se visitent.Employé de la franchise de basket NBA des Bucks de Milwaukee, Tyler Ryan et sa femme Taylor, infirmière, expliquent à l’AFP être venus en France fêter le premier anniversaire de leur voyage de noces. En deux étapes: la Champagne, puis Paris.Taxes Trump ou pas, “nous buvions déjà du champagne pour les grandes occasions et nous allons continuer à en boire”, sourit le couple.L’oenotourisme “est reparti comme jamais, avec un public qui n’est plus le même”, ce sont “des gens qui voyagent d’abord pour le vin”, estime Olivier Livoir, “responsable de l’hospitalité” chez Ruinart.Un relais de croissance bienvenu pour la filière champagne, touchée depuis cette année par les droits de douane des Etats-Unis sur les produits européens.- Musées, bars et hôtels chics -Dix ans après l’inscription de ses coteaux, maisons et caves au patrimoine mondial, l’oenotourisme “est en train d’exploser” en Champagne, constate aussi Séverine Couvreur, présidente de la Mission Unesco.Un nombre impressionnant de projets a vu le jour ces dernières années: rénovation du musée du vin de Champagne à Epernay, reconversion des anciens pressoirs de Pommery en un musée interactif à Aÿ-Champagne, hôtels de luxe et restaurants assemblant gastronomie et dégustation de vins: Taittinger a ainsi ouvert sa propre table en juin à Reims.Parmi d’autres initiatives en cours, la maison Dom Pérignon (LVMH là encore) doit démarrer en décembre la restauration de l’ancienne abbaye Saint-Pierre d’Hautvillers, berceau du champagne, pour une réouverture prévue en 2028 sous le signe de l’oenotourisme.Dans un ancien hôtel particulier au coeur de Reims, la jeune maison Thiénot a inauguré en septembre “Le 3″, un lieu proposant sur 5.000m2 un circuit oenotouristique immersif, bientôt flanqué d’un hôtel cinq étoiles et d’un bar à champagne.”C’est le boom oenotouristique de la Champagne qui a fait germer cette idée”, explique à l’AFP Olivier Lamaison, le directeur général du “3”. Il y a “un fort enjeu commercial” dans ce projet, reconnaît Stanislas Thiénot, co-dirigeant de cette maison indépendante et désireuse de cibler davantage le grand public.- “Eviter le surtourisme” -Le nombre de nuitées à Reims a bondi de plus de 60% entre 2016 et 2023, atteignant 1,8 million. Et les emplois touristiques locaux ont augmenté de plus de 30% sur la même période pour atteindre 8.240 postes, selon une récente enquête de l’Agence d’urbanisme, de développement et de prospective de la région de Reims.”Cette hausse des emplois est homogène sur tout le territoire” et “surtout sensible dans les zones périphériques” souligne Mme Couvreur.Car l’inscription Unesco va au-delà de “zones coeur” comme Reims et Epernay, engageant également 320 villes et villages de l’AOC Champagne dans la Marne, l’Aube et l’Aisne.Ainsi “on arrive aussi à éviter le surtourisme” car “il n’y a pas qu’un seul lieu qui se visite, mais une multitude d’expériences”, vante encore Mme Couvreur.La Mission Unesco veut dorénavant anticiper “des flux qui favorisent la mobilité, pour que les habitants n’en souffrent pas”, ajoute-t-elle.Dès 2023, Hautvillers et Aÿ-Champagne ont pris des arrêtés plafonnant le nombre de locations touristiques autorisées dans leurs communes. Epernay vient de les imiter, alors que le nombre de ces meublés recensés dans la ville – plus de 420 – a décuplé depuis 2019, selon la mairie.A Aÿ-Champagne, des investisseurs locaux, mais aussi étrangers, “achetaient des biens assez conséquents” et à un prix élevé pour les “rediviser” ensuite, explique à l’AFP Dominique Collard, le maire de cette commune.”On est fier de la montée du tourisme en Champagne, mais il faut essayer de trouver le bon équilibre”, car se loger sur Aÿ est devenu “compliqué” et sa population décline, souligne l’élu.

Une partie du web mondial perturbée plusieurs heures par une panne du service cloud d’Amazon

Plusieurs sites, jeux en ligne et applications populaires comme Snapchat et Fortnite ont été inaccessibles plusieurs heures lundi matin après une panne aux Etats-Unis d’Amazon Web Services (AWS), la plateforme cloud d’Amazon, illustrant la dépendance des entreprises aux géants américains de la tech.Le site de réservation de logements Airbnb, le site communautaire Reddit ou les jeux vidéo en ligne Roblox et Brawl Stars… Une partie de l’internet mondial et des applications au coeur du quotidien de millions de personnes se sont grippés lundi.Au Royaume-Uni, un porte-parole de la banque Lloyds a indiqué que certains de ses services étaient touchés “par des problèmes liés à Amazon Web Services”.Coinbase, l’une des plus importantes plateformes d’échange de cryptomonnaies, a également indiqué à l’AFP avoir “rencontré des problèmes en raison d’une panne AWS”. Sur X, l’entreprise  a dit constater “de premiers signes de rétablissement” à 09h30 GMT.”Perplexity est actuellement indisponible”, a indiqué sur X Aravind Srinivas, PDG de la start-up californienne spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA). “Le problème provient d’un dysfonctionnement d’AWS. Nous travaillons à sa résolution”, a-t-il poursuivi.Selon le site Downdetector, où les internautes peuvent signaler des difficultés à se connecter aux plateformes en ligne, cette défaillance a aussi affecté des plateformes de streaming vidéo comme Prime Video, propriété d’Amazon.La situation semblait rentrer dans l’ordre à la mi-journée, AWS indiquant sur son site de maintenance que “la plupart des opérations du service AWS fonctionnent désormais normalement”.- “Dépendance” -Le problème lié au DNS, système de nom de domaines des sites internet, “a été entièrement résolu”, explique le service, qui anticipe toutefois des ralentissements jusqu’à la résolution complète de l’incident.Plus tôt dans la journée, il avait relevé “des taux d’erreur importants pour les requêtes adressées” à sa base de données DynamoDB, utilisée par de nombreuses applications web et jeux en ligne.Les premiers ralentissements avaient été observés vers 07h11 GMT.Filiale d’Amazon, AWS est une plateforme d’informatique à distance (cloud) qui fournit aux entreprises des services à la demande comme le stockage, les bases de données ou l’intelligence artificielle (IA).Selon son site de maintenance, le problème semblait provenir d’une zone critique de son infrastructure dans la région “US-EAST-1”, située dans le nord de l’Etat américain de Virginie.Cette panne “met en évidence les défis liés à la dépendance” aux fournisseurs de services basés à l’étranger comme Amazon, Microsoft et Alphabet (Google), et qui concentrent une partie importante des clients dans le monde, estime Junade Ali, expert en cybersécurité à l’IET (Institution of Engineering and Technology), au Royaume-Uni.Elle soulève “de sérieuses questions” sur la pertinence pour les entreprises “d’externaliser tout ou partie de leur infrastructure essentielle à un petit groupe de fournisseurs tiers afin de réaliser des économies sur l’hébergement”, pointe l’analyste financier britannique Michael Hewson.En juillet 2024, une autre panne informatique, liée à la mise à jour d’un logiciel de CrowdStrike sur Windows, avait paralysé des aéroports, des hôpitaux et de nombreuses autres organisations, provoquant une gigantesque pagaille à travers le monde.D’après Microsoft, environ 8,5 millions d’appareils avaient été touchés par cette défaillance, les utilisateurs étant confrontés à des “écrans bleus de la mort” qui rendaient le redémarrage impossible.

Chine: la croissance trimestrielle au plus bas depuis un an

La Chine a annoncé lundi un ralentissement de sa croissance au troisième trimestre, au rythme le plus faible depuis un an, au moment où s’ouvre à Pékin une réunion clé du Parti communiste.La session plénière (ou “plénum”) des membres du Comité central, sorte de parlement du parti au pouvoir, se tient sur quatre jours à huis clos. Elle vise notamment à discuter de la planification économique pour les prochaines années, sur fond de longue crise dans l’immobilier, de faible consommation des ménages, et de tensions commerciales avec Washington.”Beaucoup de gens hésitent à dépenser car leurs revenus ne sont pas suffisants et de nombreuses entreprises licencient, voire ferment”, résume Alin, une quadragénaire employée dans l’assurance, interrogée dans les rues de Pékin.La croissance du PIB chinois sur la période juillet-septembre s’est établie à +4,8% sur un an, a annoncé lundi le Bureau national des statistiques (BNS).Il s’agit d’un net ralentissement par rapport au trimestre précédent (+5,2%), anticipé par les économistes sondés par l’AFP.Avec les pressions commerciales qui s’intensifient, nombre d’économistes estiment que la Chine doit opérer une transition plus nette vers un modèle de croissance davantage tiré par la consommation intérieure que par les exportations.Mais les médias d’Etat et les responsables chinois restent discrets sur les mesures concrètes qui pourraient être inscrites dans le 15e plan quinquennal (2026-2030), dont la préparation est au centre des discussions du plénum.- “Dans l’humain” -Selon un commentaire publié lundi par l’agence officielle Chine nouvelle toutefois, ce nouveau plan visera à “consolider les fondations du bien-être de la population”, notamment en “investissant dans l’humain”.Le texte mentionne par ailleurs plusieurs fois les “nouvelles forces productives de qualité”, une expression utilisée pour désigner les technologies clés dans lesquelles la Chine entend atteindre l’autosuffisance afin d’assurer une croissance durable.Plusieurs indicateurs économiques restent à l’orange.Le moral mitigé des consommateurs s’est traduit le mois dernier par une croissance des ventes de détail (+3% sur un an) à son rythme le plus faible depuis novembre 2024, selon le BNS.Ce fléchissement s’explique par l’atténuation des effets des programmes de stimulation de la consommation, lancés l’an passé, écrit dans une note Julian Evans-Pritchard, analyste chez Capital Economics.Selon l’économiste, les dépenses des ménages sont aussi freinées par la baisse continue des prix immobiliers, qui ont enregistré en septembre leur plus fort recul en un an.”Pour encourager la consommation, les subventions à elles seules ne suffisent pas”, estime Alin, l’employée interrogée par l’AFP.Elle évoque la sécurité de l’emploi, le prix de l’immobilier et les dépenses liées à l’éducation comme facteurs clés.- “Alarmant” -Autre indicateur dans le rouge, les investissements en capital fixe ont chuté au troisième trimestre, en particulier dans l’immobilier (-13,9% sur un an), selon le BNS.Ce plongeon est “rare et alarmant” selon Zhiwei Zhang, économiste en chef chez Pinpoint Asset Management.Signe positif, la production industrielle a grimpé de 6,5% en septembre sur un an, selon le BNS, soit plus que la prévision d’analystes interrogés par Bloomberg (+5%).Mais cette croissance s’explique “uniquement parce que les exportations, toujours solides, ont compensé la faiblesse de la demande intérieure”, note Julian Evans-Pritchard.Des discussions commerciales sont attendues plus tard ce mois-ci entre des hauts responsables chinois et américains pour tenter de résoudre les différends commerciaux après l’offensive de droits de douane lancée en début d’année par Donald Trump.Les craintes d’une escalade se sont toutefois atténuées après que le président américain Donald Trump a déclaré à Fox News que des droits de douane supplémentaires de 100% sur tous les produits chinois n’étaient “pas tenables”.Une rencontre entre M. Trump et son homologue chinois Xi Jinping pourrait même avoir lieu en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) qui s’ouvrira fin octobre.”L’impact des droits de douane de Trump s’est avéré beaucoup plus léger que prévu au début de l’année”, écrivent dans une note les économistes de Macquarie.L’Etat-parti chinois a fixé un objectif de croissance “d’environ 5%” pour 2025.Cette ambition reste réaliste, selon des économistes, qui soulignent toutefois que ces chiffres officiels pourraient être surestimés par rapport à la croissance réelle.

OpenAI achète des puces par millions sans en avoir les moyens, un pari sur l’avenir

Lancé ventre à terre dans la course à l’intelligence artificielle (IA), OpenAI passe commande de puces par centaines de milliards de dollars, des montants déconnectés de ses revenus actuels qui inquiètent une partie des investisseurs.En moins d’un mois, le géniteur de ChatGPT vient de s’engager auprès de Nvidia, AMD et Broadcom à acquérir des processeurs d’une puissance de 26 gigawatts (GW), ce qui représente au moins dix millions d’unités au total, nécessitant la production électrique de plus d’une vingtaine de réacteurs nucléaires.”Il va leur falloir des centaines de milliards de dollars pour tenir leurs engagements”, résume Gil Luria, de la société de conseil financier D.A. Davidson.Mais OpenAI ne prévoit de réaliser qu’environ 13 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025, perd plusieurs milliards chaque année et ne s’attend pas à être rentable avant 2029.Sollicité par l’AFP, le groupe s’est refusé à communiquer sur le financement de ce shopping effréné. Lors d’un entretien à la chaîne CNBC, le président d’OpenAI, Greg Brockman, a évoqué “différents mécanismes”, sans plus de précision.Egalement contactés par l’AFP, Nvidia, AMD et Broadcom n’en disent pas plus sur les modalités de paiement de ces processeurs essentiels dans le développement de l’IA.Dans le cas de Nvidia, le mastodonte de Santa Clara (Californie) s’est engagé à acquérir, sur plusieurs années, pour 100 milliards de dollars d’actions OpenAI, un apport d’argent frais qui peut permettre à l’enfant chéri de l’IA d’absorber une partie du coût des puces.Ce mécanisme est souvent qualifié de financement circulaire, un fournisseur offrant les moyens à un client de lui acheter ses biens ou services.AMD a, lui, accepté de donner des titres à son client, dont la valeur pourrait atteindre des dizaines de milliards de dollars, une opération très atypique car elle n’inclut aucune contrepartie.”C’est un autre exemple de comportement malsain”, pointe Gil Luria, qui témoigne, au passage, du fait qu'”AMD est prêt à tout pour écouler ses puces IA”.Le patron d’OpenAI Sam Altman “a le pouvoir de faire dérailler l’économie mondiale pour une décennie ou de nous emmener jusqu’à la terre promise”, a écrit l’analyste de Bernstein Stacy Rasgon. “Et à ce stade, nous ne savons pas comment ça se terminera.”- “Anticiper l’avalanche” -Lever du capital, auprès de Nvidia notamment, “ne sera pas du tout suffisant” pour régler la facture, estime Gil Luria, même avec une valorisation actuelle de 500 milliards de dollars, “donc il va surtout falloir s’endetter”.Certains évoquent des véhicules financiers ad hoc, qui emprunteraient les sommes nécessaires en apportant les puces comme garantie, une formule que vont utiliser Nvidia et xAI, concurrent d’OpenAI, dans le cadre d’un autre partenariat.La stratégie est d’autant plus osée que la start-up a notamment pour concurrent Google ou Meta qui, eux, dégagent des dizaines de milliards de dollars de trésorerie chaque année et ont une toute autre puissance de feu. Le terme de bulle spéculative revient de plus en plus souvent ces dernières semaines, de même que les comparaisons avec les investissements colossaux dans les infrastructures internet à la fin des années 90, le câble en particulier, en décalage avec le trafic encore modéré à l’époque.”Cela semble un peu différent cette fois”, tempère néanmoins Josh Lerner, professeur de finance à l’université d’Harvard, parce qu’il “est clair qu’il y a une vraie demande pour l’IA sous de nombreuses formes”.”Ils ont la croissance la plus forte qu’on ait jamais vue pour un éditeur de logiciels”, rappelle Angelo Zino, analyste de CFRA, au sujet d’OpenAI, avec plus de 800 millions d’utilisateurs hebdomadaires de ChatGPT, et “un écosystème qui grandit très rapidement”.”Nous cherchons avec cette industrie (des processeurs) comment anticiper l’avalanche de demande qui nous arrive”, a avancé Greg Brockman.”Le problème”, reconnaît Angelo Zino, “c’est leur manque de revenus, qui rend très difficile un financement classique. Donc nous pensons que ces partenariats font sens et nous ne les voyons pas comme problématiques.”Malgré des voix dissonantes, Wall Street garde, pour l’instant, le cap et continue de parier massivement sur les fleurons de l’IA.”C’est un dilemme”, selon Josh Lerner. “Comment se déterminer entre le potentiel futur (…) et le côté spéculatif de ces revenus anticipés?”

La branche navale de Thyssenkrupp démarre en fanfare à Francfort, sur fond de menace russe

TKMS, la branche navale du conglomérat allemand Thyssenkrupp, faisait une entrée fracassante lundi à la Bourse de Francfort, marquant l’indépendance du spécialiste des sous-marins dans une Europe se réarmant face à la menace russe.Vers 10H30 GMT, l’action TKMS se négociait au-dessus de 100 euros, après avoir été introduite à 60 euros vers 07H00 GMT sous les vivats du parquet de la Bourse, dépassant déjà les attentes des analystes.Le fabricant de sous-marins et de corvettes est ainsi valorisée environ 6,5 milliards d’euros, pour plus de 63 millions d’actions composant le capital.Depuis le début de la guerre en Ukraine, les budgets de la défense augmentent sensiblement en Europe, alors que les Etats-Unis de Donald Trump exhortent les 27 à prendre davantage en main leur propre sécurité.En Allemagne, les dépenses consacrées aux forces armées devraient atteindre 162 milliards d’euros en 2029, plus du triple du budget de la défense d’avant-guerre en Ukraine.”Nous franchissons une étape vers l’indépendance” et “c’est également un pas vers l’avenir de l’Europe”, a salué le patron de la branche Oliver Burkhardt dans un discours, avant d’agiter traditionnellement la cloche pour célébrer les débuts du négoce. Le leader mondial des sous-marins conventionnels s’éloigne ainsi de Thyssenkrupp, engagé dans une vaste restructuration de sa structure obsolète de conglomérat pour sortir de la crise.Le groupe d’Essen (ouest) garde néanmoins le contrôle sur TKMS, avec 51% des parts. Le reste est partagé avec les actionnaires du conglomérat, qui ont reçu vendredi une action TKMS pour 20 actions Thyssenkrupp détenues.”Nous avons besoin de cette flexibilité et de cette agilité, car les exigences à notre égard augmentent rapidement en raison des tensions géopolitiques croissantes”, a ajouté M. Burkhardt.En interview avec l’AFP lundi, Paul Glaser, directeur financier de TKMS, assure que l’entrée en bourse facilitera l’accès à des liquidités pour financer la croissance de l’entreprise et honorer les commandes.”Avant, nous faisions partie d’un conglomérat, maintenant nous pouvons vraiment nous concentrer sur la défense”, a-t-il assuré, constatant “une forte demande pour tous nos produits”.Bien que cette division ne représente qu’environ 6% du chiffre d’affaires de Thyssenkrupp en 2024, elle reste rentable grâce aux contrats avec plusieurs armées européennes et alliées et au dynamisme du réarmement européen, portant le carnet de commandes de TKMS à plus de 18 milliards d’euros.Son introduction en Bourse complique par ailleurs toute fusion avec d’autres acteurs européens, le gouvernement allemand ayant obtenu un droit de veto et un siège au conseil de surveillance pour protéger la technologie sensible des sous-marins.  L’entrée en Bourse de TKMS a profité de l’appétit des investisseurs pour les valeurs défense. Leurs cours ont progressé de plus de 100% sur un an à Francfort, avec le fabricant du char Léopard, Rheinmetall, le spécialiste de l’électronique Hensoldt et le fabricant de boîtes de vitesse pour engins militaires Renk.

UE: feu vert des Etats membres sur l’interdiction d’importer du gaz russe d’ici fin 2027

L’interdiction d’importer du gaz naturel russe dans l’Union européenne d’ici fin 2027 a été approuvée lundi par la majorité des Etats membres, lors d’une réunion des ministres européens de l’Energie à Luxembourg.En cessant ses achats de gaz naturel russe, l’UE veut assécher une source de financement majeure de la guerre menée par Moscou en Ukraine.Cette mesure, qui doit maintenant être négociée avec le Parlement européen, avait été proposée au printemps par la Commission européenne. Le Danemark, qui exerce la présidence tournante de l’UE jusqu’à la fin de l’année, espère parvenir à une adoption définitive avant le Nouvel An.La Slovaquie et la Hongrie, pays enclavés et très dépendants des hydrocarbures russes, étaient opposés à cette interdiction mais ont été mis en minorité.L’UE essaye de se sevrer des hydrocarbures russes depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie début 2022.Mais si elle a cessé presque totalement ses importations de pétrole russe, elle conserve une forte dépendance envers Moscou pour son approvisionnement en gaz naturel: la Russie représentait encore 19% des importations totales de gaz de l’Union européenne en 2024, contre 45% en 2021.Afin d’accélérer le mouvement, la Commission européenne a donc proposé au printemps aux Etats membres un arrêt total des importations de gaz russe fin 2027.En septembre, elle a en outre proposé d’avancer cette date-butoir à fin 2026, c’est à dire dans un peu plus d’un an, en ce qui concerne les importations de gaz naturel liquéfié (GNL).Cette mesure supplémentaire, proposée dans le cadre d’un 19e “paquet” de nouvelles sanctions contre la Russie, n’était cependant pas au menu de la réunion ministérielle de lundi.De son côté, le Parlement européen voudrait aller encore plus loin: ses commissions de l’Industrie et du Commerce ont approuvé jeudi un texte visant à interdire toutes les importations de gaz russe, que ce soit par gazoduc ou sous forme de GNL, et ce dès le 1er janvier 2026, hormis quelques exceptions limitées.