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Poupées à caractère pédocriminel: Shein sous la menace d’une interdiction

A deux jours de l’ouverture de son magasin parisien au BHV, Shein doit se défendre sur un nouveau front: le géant asiatique de la vente en ligne a commercialisé des poupées sexuelles à caractère pédocriminel et risque un bannissement en cas de récidive.”Si ces comportements sont répétés, nous serons en droit, et je le demanderai, qu’on interdise l’accès de la plateforme Shein au marché français”, a déclaré le ministre de l’Economie Roland Lescure sur BFMTV et RMC lundi.Samedi, la direction générale de la Répression des fraudes (DGCCRF) a annoncé avoir signalé à la justice la vente de “poupées sexuelles d’apparence enfantine” après avoir constaté leur présence sur le site de Shein.Le spécialiste de la mode jetable ultra-éphémère a indiqué dimanche que les produits ont été “immédiatement retirés” de la plateforme.M. Lescure rétorque que l’État peut interdire une plateforme en cas de récidive ou de non-retrait rapide des contenus illégaux “pour des actes terroristes, pour le trafic de stupéfiants et pour des objets pédopornographiques”.Contacté par l’AFP, Shein n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat à ces propos. – “Prédateurs” -“Il y en a marre parce que ce ne sont pas des objets comme les autres”, a condamné sur BFM la haute-commissaire à l’Enfance Sarah El-Haïry. “Ce sont des objets pédocriminels sur lesquels des prédateurs s’entraînent, malheureusement, parfois avant de passer à des sévices sur des enfants”, a-t-elle ajouté.D’autres procédures sont en cours concernant d’autres plateformes, a-t-elle précisé, alors que selon RMC le site AliExpress vendait les mêmes poupées que Shein.Pour Arnaud Gallais, fondateur de Mouv’Enfants, un collectif qui lutte contre les violences sexuelles sur les mineurs, Shein “ment”: “Les poupées sont toujours en vente sur la plateforme, sur Shein en Grande-Bretagne, Espagne, Chili, vous les trouvez, et avec un VPN vous pouvez les faire livrer en France”, s’inquiète-t-il auprès de l’AFP.”Au domicile de Joël Le Scouarnec, le médecin qui a fait plus de 300 victimes, on a retrouvé une collection de poupées sexuelles à l’effigie d’enfants”, rappelle-t-il en référence à l’ancien chirurgien, condamné à 20 ans de prison pour viols et agressions sexuelles. Le collectif était devant le BHV lundi pour dénoncer le partenariat avec Shein.Les faits ont été signalés au procureur de la République. Selon une source au ministère de l’Economie, le dossier est dans les mains du parquet de Paris.Le régulateur de la communication audiovisuelle et numérique, l’Arcom, confirme lundi dans un communiqué avoir été saisi.- “Provoc'” -Entreprise aux racines chinoises qui a conquis le marché mondial de l’ultra fast-fashion, Shein s’est implantée progressivement dans le paysage du commerce en ligne depuis son arrivée en France en 2015. Elle est régulièrement accusée de concurrence déloyale, de pollution environnementale et de conditions de travail indignes. Suscitant un tollé, Shein a prévu d’ouvrir mercredi son tout premier magasin physique pérenne au BHV, historique grand magasin de Paris.”Je suis passé rue de Rivoli ce week-end, et j’ai vu les oriflammes de Shein tout au long de la devanture”: “c’est de la +provoc+”, a jugé M. Lescure.Sur la devanture, le patron de Shein Donald Tang et celui de la société des grands magasins (SGM), propriétaire du BHV, Frédéric Merlin, s’affichent tout sourire sur une immense affiche.”Nous condamnons évidemment les faits récents liés à la polémique des poupées. Comme tous, j’attends des réponses claires de SHEIN”, a écrit dimanche M. Merlin sur Instagram. L’arrivée de Shein se fait selon lui “dans un cadre maîtrisé, avec une vérification rigoureuse de la provenance des produits”.”Ne seront vendus au BHV que les vêtements et articles produits directement par Shein pour le BHV, et non pas les produits de la marketplace (proposés par des vendeurs tiers, NDLR) “, assurait la SGM dimanche dans un communiqué.L’association Origine France Garantie appelle elle au boycott médiatique de Shein, dont l’ouverture du magasin est prévue à la veille du salon du Made in France, à Paris de jeudi à dimanche.

Allemagne: un prix de l’électricité réduit pour l’industrie dès 2026

L’Allemagne mettra en place à partir de 2026 un prix de l’électricité plus avantageux pour les industries énergivores, a annoncé lundi la ministre de l’Économie, à quelques jours d’un sommet sur la crise du secteur sidérurgique.”Je pars du principe que nous introduirons ce prix au 1er janvier” de l’année prochaine, a annoncé la ministre conservatrice Katherina Reiche, en application d’un projet du gouvernement pour soutenir les entreprises fortement consommatrices d’énergie, de la chimie à l’acier en passant par l’automobile”Nous sommes dans les dernières étapes des négociations avec la Commission européenne”, a-t-elle ajouté lors d’une conférence sur l’industrie à Berlin, en présence du vice-président de la Commission européenne Stéphane Séjourné, en charge des dossiers industriels.Le prix réduit pour l’industrie sera un “élément clé pour la compétitivité de l’acier”, selon la ministre.Le journal Handelsblatt indique que le coût total de la mesure pour trois ans s’élèverait à 4,5 milliards d’euros pour le budget fédéral, en partant d’une étude réalisée par l’Agence allemande de l’énergie (DENA).La coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates s’est donné comme priorité de réduire le prix de l’électricité en Allemagne, qui a fortement augmenté dans la foulée de la guerre en Ukraine et reste jusqu’à trois fois plus cher qu’en Chine ou aux Etats-Unis.La compensation des prix de l’électricité subventionne les entreprises très consommatrices d’énergie. Cela réduit leur facture liée à l’achat de quotas d’émission pour couvrir leurs rejets de gaz à effet de serre, conformément à la réglementation européenne. Cette aide sera toutefois conditionnée: les entreprises devront investir 50% de plus dans “l’efficacité et la durabilité”. Les justificatifs pour ces investissements devront être aussi peu bureaucratiques que possible, selon la ministre.Cette annonce intervient quelques jours avant un “sommet sur l’acier” prévu jeudi à Berlin avec le chancelier Friedrich Merz, alors que le secteur sidérurgique fait face à une situation difficile, notamment en raison de la concurrence chinoise.Pour la sidérurgie, “prolonger la compensation des prix de l’électricité au-delà de 2030 est encore plus crucial”, selon Mme Reiche. La Commission européenne a donné à cet égard “de bons signaux” et sa décision devrait intervenir “dans les prochaines semaines”, selon la ministre.

Budget: incertitude totale sur les délais comme sur les votes

Les députés bouclent lundi huit jours de débats sur la partie “recettes” du budget de l’Etat, sans espoir de voter sur ce premier volet mardi comme initialement prévu. Mais à l’heure où chacun dresse un premier bilan, il semble peu probable que le texte puisse trouver une majorité dans l’hémicycle, même si le gouvernement et le Parti socialiste affirment y croire.Au menu lundi à l’Assemblée, la poursuite des discussions sur la justice fiscale, avec notamment des amendements sur la taxation des plus-values immobilières, ou les droits de succession.Mais, reconnaissant les limites de la discussion budgétaire pour parvenir à une copie d’ensemble cohérente, le Premier ministre a demandé vendredi “à l’ensemble des ministres concernés” de réunir les représentants des groupes pour “essayer de se mettre d’accord sur les grands principes de l’atterrissage d’un texte pour la Sécurité sociale et pour le projet de loi de finances”.Première déclinaison de ce changement de méthode: les ministres en charge des questions budgétaires ont invité lundi midi l’ensemble des présidents de groupes parlementaires au ministère des Relations avec le Parlement.A ce stade, selon la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, on est cependant loin “du budget Frankenstein” que la confusion fiscale des derniers jours pourrait laisser croire. “Nous sommes précisément à 4,7% (du PIB) de déficit”, soit l’objectif initial du gouvernement, a-t-elle indiqué à la reprise des débats à l’Assemblée. “Ce qui veut dire qu’il y a encore de la marge de manœuvre” lors de la navette parlementaire, a-t-elle souligné, le gouvernement s’étant laissé la possibilité d’aller jusque 4,9%.Côté entreprises, “il y a eu des hausses d’impôts de 2,5 milliards pour les multinationales. Il y a eu des baisses aussi à peu près de 3 milliards de moins pour les PME”, a-t-elle résumé.Ce calcul exclut cependant “quatre taxes” (sur les multinationales, les rachats d’actions, les super dividendes notamment) que le gouvernement juge inapplicables ou contraires au droit européen.Côté ménages, il y aurait “à peu près 2 milliards de moins d’impôt, notamment du fait du dégel du barème de l’impôt sur le revenu” et de l’autre “un ensemble de mesures sur les plus fortunés qui représenteraient plus que l’ISF avant 2017”, a-t-elle assuré.- Délais et votes incertains -Mais les délais d’examen de ce budget de l’Etat seront-ils tenus et sera-t-il in fine voté? Les discussions en effet vont s’interrompre lundi soir pour laisser place à celles sur le budget de la Sécurité sociale. Elles reprendront dans une dizaine de jours, jusqu’au plus tard le 23 novembre à minuit – les délais constitutionnels obligeant alors le gouvernement à transmettre le texte au Sénat. Le gouvernement tablait ces jours-ci sur un vote le 18 novembre pour la partie “recettes” du budget de l’Etat mais pour le président de la commission des Finances Eric Coquerel “on va tout droit sur le fait de ne pas voter”.Si les délais sont tenus, l’adoption du texte nécessiterait l’abstention des socialistes et des écologistes (et le vote positif de toute la coalition gouvernementale). Or rien n’est moins sûr, à gauche comme à droite. D’ores et déjà le rapporteur général du Budget, Philippe Juvin (LR), anticipe son rejet: “Je ne vois pas très bien comment cette partie 1 pourrait être votée, parce qu’en fait elle ne va satisfaire personne”, a-t-il dit sur LCI dimanche.Tempérant la position du chef des députés socialistes Boris Vallaud, pour qui en l’état, le groupe voterait contre le texte, le premier secrétaire du PS Olivier Faure a cependant estimé lundi que, si la voie était “étroite” vers une adoption du budget par l’Assemblée nationale, un “chemin” lui semblait encore “possible”.Mais, comme LFI, les écologistes se montrent sévères des socialistes, dont ils semblent critiquer une quête du compromis à tout prix: “Je ne comprends plus ce que fait le PS”, a déclaré la patronne des députés écolos Cyrielle Chatelain.En cas de rejet de cette première partie, le projet de budget partirait au Sénat dans sa version initiale et la navette parlementaire se poursuivrait. Si le Parlement ne s’est pas prononcé le 23 décembre, le gouvernement devrait légiférer par ordonnances, une procédure inédite. Si les délais étaient tenus mais le budget rejeté, alors le Parlement devrait voter une loi spéciale pour autoriser l’État à percevoir les impôts existants. Les dépenses seraient alors gelées par décret, en attendant le vote d’un réel budget début 2026.

La Bourse de Paris dans le vert après une semaine terne

Après une semaine terne, la Bourse de Paris avance dans le vert lundi dans le sillage des autres places européennes portées par les bons résultats de la technologie.Vers 09H50 locales, l’indice vedette de la Bourse de Paris, le CAC 40, prenait 0,22%. Vendredi, la Bourse de Paris avait terminé dans le rouge minée par des résultats d’entreprises jugés un peu moins solides.L’indice CAC 40, avait conclu en baisse de 0,44%, soit une perte de 36,22 points, pour s’établir à 8.121,07 points.A l’Assemblée, l’examen budgétaire avance sans parvenir à dégager de consensus politique.Au cours de débats houleux sur la justice fiscale, la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat des ménages, les députés ont adopté une série de mesures fiscales. La copie, encore largement incomplète, suscite des critiques de toutes parts. Les débats feront une pause lundi soir et reprendront le 12 novembre.Un indice PMI de l’activité manufacturière pour octobre sera publié en début de séance.Lundi en Asie, la plupart des Bourses profitent toujours de la vague d’enthousiasme des investisseurs pour les valeurs technologiques et le secteur de l’intelligence artificielle (IA).Les investisseurs asiatiques digèrent plutôt avec optimisme la semaine dernière qui fut chargée, entre baisse de taux directeurs de la Réserve fédérale américaine (Fed) et virage moins accommodant, accord commercial entre Pékin et Washington, et résultats de géants américains de la tech et de l’IA. L’indice Hang Seng de Hong Kong a pris 0,97%.A Shenzhen, l’indice composite a grappillé 0,19%. La Bourse de Tokyo est fermée en raison d’un jour férié. Les marchés sont notamment portés par les résultats trimestriels meilleurs qu’attendus d’Apple et d’Amazon qui ont enthousiasmé Wall Street.Vendredi à New York, le Dow Jones a terminé proche de l’équilibre (+0,09%), l’indice Nasdaq a gagné 0,61% et l’indice élargi S&P 500 a pris 0,26%. – Orange recherché -Le géant français des télécoms Orange SA voyait son titre, inscrit au CAC 40, grimper de 1,55% à 14,05 euros vers 09H55. Le groupe a annoncé vendredi le lancement du processus de rachat de l’opérateur espagnol MasOrange, dont il détient déjà 50% à égalité avec le fonds d’investissement britannique Lorca, pour la somme de 4,25 milliards d’euros.Numéro un en Espagne en nombre de clients, l’opérateur MasOrange est né du mariage annoncé en 2022 par Orange et son rival espagnol Masmovil, racheté depuis par le fonds d’investissement Lorca.

Poupées à caractère pédopornographique: si récidive, Lescure veut l’interdiction d’accès de Shein en France

Le ministre de l’Economie Roland Lescure a indiqué lundi qu’il demanderait l’interdiction d’accès de Shein en France s’il vendait à nouveau des poupées sexuelles à caractère pédopornographique, que le géant asiatique de l’e-commerce a assuré avoir retirées de sa plateforme de vente.”Si ces comportements sont répétés, nous serons en droit, et je le demanderai, qu’on interdise l’accès de la plateforme Shein au marché français”, a déclaré Roland Lescure sur BFMTV et RMC. “Pour des actes terroristes, pour le trafic de stupéfiant et pour des objets pédopornographiques, le gouvernement est en droit de demander l’interdiction de l’accès au marché français”, “si on a des comportements répétés ou si les objets en question ne sont pas retirés dans les 24 heures”, a-t-il précisé.”Ces objets horribles, ils sont illégaux” et “il y aura une enquête judiciaire”, a-t-il indiqué. La Répression des fraudes (DGCCRF) a annoncé samedi avoir signalé à la justice la vente de “poupées sexuelles d’apparence enfantine” après avoir constaté leur présence sur le site de Shein, qui a prévu d’ouvrir mercredi son premier magasin physique pérenne à Paris. Roland Lescure a toutefois reconnu que la loi française pouvait être contournée par le recours à un système de type VPN. “La France n’a pas les moyens de lutter contre ça à ce stade”, a-t-il concédé. Entreprise aux racines chinoises qui a conquis le marché mondial de la mode éphémère (fast fashion), Shein s’est implantée progressivement dans le paysage du commerce en ligne depuis son arrivée en France en 2015. Elle est régulièrement accusée de concurrence déloyale, de pollution environnementale ou de conditions de travail indignes. Suscitant un tollé, Shein a prévu d’ouvrir mercredi son tout premier magasin physique pérenne au BHV, historique grand magasin de Paris, dans un espace de plus de 1.000 m2.”Je suis passé rue de Rivoli ce week-end, et j’ai vu les oriflammes de Shein tout au long de la devanture”: “c’est de la provoc”, a jugé Roland Lescure. Dominique Schelcher, le PDG de Coopérative U, a dit espérer sur X que “la découverte de poupées à caractère pédopornographique sur le site Shein par la DGCCRF va conduire à la FERMETURE en bonne et due forme du site par les autorités au plus vite”. Il a appelé le BHV à renoncer à ce projet. 

Les Bourses européennes prudentes et partagées à l’ouverture

Les Bourses européennes ont ouvert en ordre dispersé lundi, commençant prudemment une semaine placée sous le signe des banques centrales, des publications économiques différées et de la poursuite de la saison des résultats.Dans les premiers échanges vers 08H05 GMT, l’indice CAC 40 à Paris cédait 0,20%, le DAX à Francfort prenait 0,26% et à Londres, l’indice FTSE 100 grappillait 0,14%.

Les députés s’apprêtent à baisser le rideau sur la partie “recettes” du budget de l’Etat

Les députés bouclent lundi huit jours de débats sur la partie “recettes” du budget de l’Etat, sans espoir de voter sur ce premier volet mardi comme initialement prévu. Mais à l’heure où chacun dresse un premier bilan, il semble peu probable que le texte puisse trouver une majorité dans l’hémicycle.Au menu lundi, la poursuite des discussions sur la justice fiscale, avec notamment des amendements sur la taxation des plus-values immobilières, ou les droits de succession.La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin devrait dresser un bilan des mesures adoptées jusqu’à présent. Les députés s’empareront mardi en séance du budget de la Sécurité sociale, rejeté en commission vendredi.Celui-ci doit faire l’objet d’un vote solennel le 12 novembre, après lequel pourront reprendre les discussions sur le projet de loi de finances, jusqu’au plus tard le 23 novembre à minuit – les délais constitutionnels obligeant alors le gouvernement à transmettre le texte au Sénat. Le gouvernement tablait ces jours-ci sur un vote le 18 novembre pour la partie “recettes” du budget de l’Etat.Mais d’ores et déjà le rapporteur général du Budget, Philippe Juvin (LR), anticipe son rejet: “Je ne vois pas très bien comment cette partie 1 pourrait être votée, parce qu’en fait elle ne va satisfaire personne”, a-t-il dit sur LCI dimanche.En cas de rejet de cette première partie, le projet de budget partirait au Sénat dans sa version initiale.- “Ecœurement” -L’adoption du texte nécessiterait l’abstention des socialistes et des écologistes (et le vote positif de la coalition gouvernementale). Or rien ne la laisse présager à ce stade.Le chef des députés PS, Boris Vallaud, a ainsi fait part dans une interview à La Tribune Dimanche de son “écœurement”, après le rejet vendredi de la taxe Zucman sur le patrimoine des ultra-riches, et alors que la gauche peine de manière générale à “mettre de la justice dans ce budget”.”Si on devait nous soumettre le budget aujourd’hui, nous voterions évidemment contre, en sachant tout ce que cela implique, à savoir la chute du gouvernement”, a ajouté celui dont le groupe avait décidé de laisser sa chance à Sébastien Lecornu en ne le censurant pas.Les écologistes se montrent eux aussi sévères, vis-à-vis du gouvernement mais aussi des socialistes, dont ils semblent critiquer une quête du compromis à tout prix: “Je ne comprends plus ce que fait le PS”, a déclaré la patronne des députés écolos Cyrielle Chatelain sur franceinfo vendredi soir.Mais le texte ne fait pas seulement des mécontents à gauche. Le gouvernement a lui aussi marqué ses réticences face à des votes souvent contraires à ses avis, qui ont abouti à alourdir la pression fiscale.”Je pense qu’il faut qu’on arrête de créer des impôts (…) Aujourd’hui, si je compte les mesures sur l’impôt des multinationales, sur les rachats d’actions, sur la taxe sur les super-dividendes et l’ensemble des amendements qui ont été votés, le taux de prélèvements obligatoires atteindrait au moins (…) 45,1% du PIB, c’est plus qu’en 2013 où il était à 44,8%”, a fustigé Amélie de Montchalin vendredi soir.- “Sorcellerie fiscale” -Le ministre de l’Economie Roland Lescure a lui mis en garde contre la “sorcellerie fiscale” et le vote de mesures “totalement inopérantes”. Particulièrement dans son viseur, une “taxe Zucman” sur les multinationales censées rapporter 26 milliards d’euros, selon son initiateur Eric Coquerel, le président LFI de la commission des Finances.Montré du doigt par la droite pour son soutien à la mesure, le Rassemblement national a assumé son vote: le président du RN Jordan Bardella a défendu sur X un “mécanisme de lutte contre la fraude fiscale des grandes multinationales étrangères”.Sur France Inter dimanche, le vice-président du RN Sébastien Chenu a cependant fustigé un budget “de bric et de broc”, qui crée “beaucoup d’impôts” sans s’attaquer “aux dépenses toxiques”.Vendredi, reconnaissant les limites de la discussion budgétaire pour parvenir à une copie d’ensemble cohérente, le Premier ministre a demandé “à l’ensemble des ministres concernés” de réunir les représentants des groupes pour “essayer de se mettre d’accord sur les grands principes de l’atterrissage d’un texte pour la Sécurité sociale et pour le projet de loi de finances”.

“Je ne peux pas manger”: des millions d’Américains privés d’aide alimentaire à cause de la paralysie budgétaire

Eric Dunham, père de famille et porteur de handicap, dépend du programme public d’aide alimentaire pour vivre et se nourrir, comme 42 millions d’Américains. Mais la paralysie budgétaire aux Etats-Unis a causé la récente suspension de ces aides. “Si je ne reçois pas mes bons alimentaires, je ne peux pas manger”, témoigne cet homme de 36 ans, qui navigue entre plusieurs petits boulots. Il explique qu’après avoir déduit la pension alimentaire mensuelle de son salaire pour ses deux enfants, il ne lui reste “que 24 dollars” pour vivre.Ce midi, il a pu déjeuner grâce aux dons d’un restaurant de Houston, au Texas, dans le sud des Etats-Unis.Les effets du blocage budgétaire, débuté il y a plus d’un mois, se sont étendus samedi aux Américains qui dépendent du programme Snap, que l’Etat fédéral a arrêté de financer malgré une décision de justice ordonnant son maintien. Donald Trump a affirmé sa volonté de continuer à financer l’aide alimentaire, mais pendant que l’administration américaine s’adapte, des millions d’Américains se retrouvent privés de ce programme essentiel.- Solidarité -Par ailleurs, des centaines de milliers de fonctionnaires ont été mis au chômage technique, causant des perturbations dans le trafic aérien ou la fermeture de parcs nationaux. “Il y a beaucoup de licenciements et, en plus, les gens n’ont plus droit aux bons alimentaires. Personne ne sait ce qu’il va se passer, alors j’ai préparé des sandwichs pour les bénéficiaires du programme Snap, afin qu’ils aient au moins un repas garanti”, affirme Nhan Ngo, le propriétaire du restaurant où Eric Dunham a pu déjeuner.Dans le sud de cette ville de plus de 2 millions d’habitants, des milliers d’automobilistes qui n’ont pas reçu leurs bons alimentaires – ou craignent de ne pas les recevoir cette semaine – font la queue devant un stade où la banque alimentaire de Houston remplit les coffres de voitures de fruits et de denrées non périssables.”Aujourd’hui, le programme d’aide Snap a été suspendu, ce qui est sans précédent dans l’histoire. Cela touche environ 425.000 foyers rien que dans la région de Houston. Tout le monde fait son possible pour aider ces familles à s’en sortir en attendant”, affirme Brian Greene, président de la banque alimentaire de Houston.Car bien qu’un juge fédéral ait ordonné vendredi le maintien du programme, “il faudra plusieurs jours pour que ça redémarre”, dit-il.- “Déclencher une guerre” -Cette suspension de Snap a touché Sandra Guzmán, 36 ans, mère de deux enfants, qui a demandé la semaine dernière ses bons alimentaires, sans succès.”J’ai appelé il y a deux jours pour demander mes bons et on m’a dit qu’on ne savait pas ce qui allait se passer (…) On ne parle pas de quelque chose de luxueux, mais de quelque chose de basique : de la nourriture pour mes enfants. Les bons alimentaires représentent 40 % de mes dépenses, cela a donc un très gros impact sur ma famille” , explique-t-elle.May Willoughby, 72 ans, est venue au stade avec sa petite-fille pour récupérer des vivres. Elle pense que si Snap n’est pas rétabli, cela pourrait semer le chaos à travers le pays.”Nous avons besoin de nos bons alimentaires, de notre sécurité sociale, de notre assurance maladie, et nous en avons besoin maintenant. Si vous les supprimez, cela va déclencher une guerre et les gens vont commencer à voler, à se battre entre eux pour obtenir ce dont ils ont besoin pour nourrir leurs familles”, insiste-t-elle.Un peu plus loin, Carolyn Guy, 51 ans, mère de quatre enfants et actuellement sans emploi, a jugé absurde que l’administration investisse dans d’autres choses, comme la nouvelle salle de bal à 300 millions de dollars voulue par Donald Trump à la Maison Blanche, plutôt que dans l’aide alimentaire.”Ils nous enlèvent nos bons alimentaires, mais ils vont construire une salle de bal. Ca n’a aucun sens”, regrette-t-elle. 

Pessimistes, les Français dépensent au compte-gouttes

“Les Français broient du noir”: les ménages consomment moins qu’ailleurs en Europe, rendus frileux par l’incertitude politique qui bride ce moteur essentiel de l’économie, déjà ébranlé par la pandémie et le choc inflationniste. Alimentation, électroménager, voitures, téléphonie mobile, etc. Face aux gouvernements qui se succèdent depuis mi-2024, les ménages réfrènent leurs dépenses. Or, celles-ci pèsent environ la moitié de la richesse produite annuellement en France. “La consommation déçoit depuis plusieurs trimestres”, progressant moins vite que le pouvoir d’achat, constate Dorian Roucher, chef du département de la conjoncture de l’Institut national de la statistique (Insee), interrogé par l’AFP.Les biens sont davantage affectés que les services, note-t-il, citant l’alimentation où la baisse cumulée est “de l’ordre de 8% depuis 2022”, quand les prix se sont envolés après l’invasion russe de l’Ukraine. “C’est du jamais-vu depuis qu’on fait des statistiques à l’Insee”.Les Français consomment moins de fruits, légumes et viande frais, jugés plus chers, et davantage d’oeufs, pâtes ou plats préparés. Les achats textiles souffrent aussi, ou l’automobile du fait d’un attentisme technologique. Si ce phénomène est observé depuis la crise sanitaire – magasins et restaurants étaient fermés – puis la crise inflationniste, la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 a causé une nouvelle commotion. – Taux d’épargne record -“Les Français broient du noir. Relativement à leurs voisins, ils sont beaucoup plus pessimistes”, souligne Dorian Roucher.Une perception pourtant déconnectée de la réalité (salaires en hausse, résistance du marché du travail, etc.): “c’est psychologique”, relève Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade. Dans sa note de conjoncture de septembre, l’Insee constatait que “la confiance des ménages qui se redressait tendanciellement jusqu’à l’été 2024 recule presque continûment depuis”.  “Leurs gains de pouvoir d’achat ont été plus importants qu’ailleurs en Europe”, du fait d’une inflation plus faible, attendue à 1% en moyenne annuelle en 2025, “mais leurs achats y sont moins dynamiques et le taux d’épargne bat chaque trimestre un nouveau record à la hausse.”Alors que des débats budgétaires houleux agitent l’Assemblée, l’horizon reste brumeux. Ce climat d’incertitude a pu être accentué par des tensions commerciales et géopolitiques à l’international. La consommation des ménages ralentirait à +0,5% cette année, après +1,0% en 2024 (contre +0,8% et +2,5% pour le pouvoir d’achat), selon l’institut statistique. En conséquence, le taux d’épargne – la part non consommée du revenu – augmenterait encore, contrairement aux autres pays européens. Il atteindrait 18,5% sur l’année (après 18,2%), un record en 45 ans hors crise sanitaire, alors qu’il était resté stable autour de 15% auparavant.Selon Dorian Roucher, la hausse du taux d’épargne a été portée pour moitié par celle des revenus du patrimoine (assurance vie, livrets, etc.) sur fond de taux d’intérêts en hausse. Les prestations sociales ont aussi été indexées sur une inflation forte. Ainsi, en 2024, les deux tiers de la hausse du taux d’épargne avaient été alimentés par les retraités, qui ont épargné leurs pensions revalorisées. – Pas de “rattrapage” -Pour l’autre moitié, il y a “une espèce de pessimisme spécifique en France depuis l’été 2024, qui ne cesse de s’empirer”, lié à “un effet incertitude”, développe le statisticien. Cette parcimonie bride la croissance, la privant notamment de recettes supplémentaires comme la TVA. Au troisième trimestre, la croissance française a surpris positivement (+0,5%), mais la consommation des ménages a progressé plus timidement, de 0,1% comme au deuxième trimestre. Aucun redémarrage marqué n’est attendu d’ici la fin de l’année. Leurs investissements ont reculé de 0,4% sur la période, surtout dans le logement neuf.  “Il manque cet ingrédient-là pour que la croissance s’établisse sur des bases solides”, estime Maxime Darmet. Stéphane Colliac, économiste de BNP Paribas, ne croit pas à un retour à la tendance d’avant-Covid. Le taux d’épargne refluerait autour de 17% fin 2027 et la consommation augmenterait de 1% annuellement, “et pas 1,5% en moyenne comme avant”. Il exclut “un effet de rattrapage: le taux d’épargne élevé n’est pas une réserve d’argent qu’on consommera plus tard”.  Outre des effets démographiques, certains changements de comportements semblent pérennes: moindre consommation d’énergie par des Français sensibilisés à la sobriété depuis la flambée des prix, appétit croissant pour la restauration à emporter ou motivation écologique. 

Hautes-Alpes: l’ex-station de ski de Céüze rend son site à la nature

L’ex-station de ski de Céüze (Hautes-Alpes), à l’arrêt depuis plusieurs années faute d’or blanc et de rentabilité, va commencer à partir de la semaine prochaine à démanteler ses vieux téléskis pour rendre le site à la nature.Située à une altitude comprise entre 1.550 et 2.000 mètres et confrontée à un “enneigement devenu de plus en plus incertain”, cette petite station familiale proche de Gap verra à partir de mardi s’abattre les quelque 25 pylônes qui permettaient jadis à ses huit téléskis de fonctionner. Le démontage, qui sera mené par une entreprise de travaux publics et devrait durer près de deux mois, est le fruit d’un “choix mûri et partagé”, faisant suite à “plus de dix années de réflexion et de concertation”, a indiqué dans un communiqué la communauté de communes Buëch-Dévoluy, qui gérait le domaine.”Il a fallu prendre le temps nécessaire à cette décision irréversible du démontage: à la fois sur le plan administratif, mais aussi d’un point de vue de l’acceptation sociale”, a indiqué Michel Ricou-Charles, président de la communauté de communes, cité dans le communiqué. Si, “aujourd’hui chacun a fait son deuil” de la station de ski, “c’est un massif qui continue de vivre. On n’est pas sur une station fantôme !”, a-t-il ajouté.La station, où une dizaine de personnes réside à l’année, mise désormais sur les activités de pleine nature comme la randonnée, les raquettes, le ski de randonnée, le VTT ou encore l’escalade, avec ses spectaculaires falaises prisées des grimpeurs de très haut niveau.Créé à partir des années 1930, le domaine skiable de Gap Céüze 2000 avait ouvert ses remontées mécaniques une dernière fois durant l’hiver 2017-2018 avant de jeter l’éponge, victime du manque d’enneigement mais aussi d’un matériel vieillissant et d’une baisse de fréquentation.”C’est bien que ce soit démantelé, on attend ça depuis longtemps”, a déclaré par téléphone à l’AFP Nathalie Ghesquiere, gérante du gîte La Montagne, situé à quelques kilomètres de l’ancienne station. En l’état, “c’est moche et écologiquement pas top (…) L’hiver, il y a plein de gens qui font du ski de rando, de la raquette” et une fois les installations retirées, “ça ne peut être que plus joli, donc c’est très bien”, estime-t-elle. Elle-même se déclare “pas du tout inquiète” pour l’attractivité touristique du site, même si “beaucoup de personnes sont tristes que ça ne tourne plus”. – Appel à “faire des petits” -L’opération de démontage des remontées mécaniques, dotée d’un budget de 137.000 euros voté en septembre 2024, a été précédée d’une étude faune-flore sur le site. Elle a pour ambition de “retirer de la manière la plus vertueuse du site toute source de danger ou de pollution induite par les anciennes installations”, indique la communauté de communes.L’association de défense de l’environnement Mountain Wilderness, active depuis 2001 dans le démontage bénévole d'”installations obsolètes” et notamment de déchets liés à l’industrie du ski, a apporté son expertise au chantier, a indiqué à l’AFP l’un de ses porte-parole, Jean Gaboriau.Une fois abattus, les pylônes et autres matériaux de Céüze devraient être héliportés afin d’éviter de “labourer le terrain” avec de gros engins et finiront en partie réemployés par une autre station, ou à la ferraille (90 tonnes estimées).”On se réjouit que la communauté de communes prenne en charge (le chantier). On aimerait bien que ça fasse des petits, que ça essaime” dans d’autres sites, souligne-t-il. Mountain Wilderness, qui a déjà démonté une vingtaine de vieilles remontées mécaniques, en recense plus d’une centaine d’autres abandonnées à la rouille dans les massifs français, ainsi que des milliers de déchets militaires, industriels, forestiers ou agricoles.  En France, au moins 186 stations de ski, principalement des “micro-domaines”, ont définitivement fermé depuis leur création pour des raisons avant tout économiques selon le chercheur Pierre-Alexandre Metral, doctorant en géographie à l’université de Grenoble, dont la thèse est consacrée au sujet.