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Arc France: il faudra “redimensionner le site” d’Arques, prévient le candidat repreneur

Il faudra “redimensionner le site” français d’Arc, pour pérenniser l’activité de ce verrier pour les arts de la table désormais en redressement judiciaire, a déclaré jeudi le candidat à la reprise, Timothée Durand, restant encore flou sur l’ampleur potentielle des suppressions d’emplois.Arc France, qui emploie 5.700 personnes dans le monde dont 3.500 à Arques (Pas-de-Calais), a été placé mercredi en redressement judiciaire, faisant redouter plusieurs centaines de suppressions d’emplois.Jeudi à Arques, les salariés de l’entreprise étaient toujours sonnés par l’annonce du redressement judiciaire et inquiets pour l’avenir.”Tout le monde est dans l’incertitude et a peur pour son travail” résumait ainsi Bernard Fossier, un salarié interrogé par l’AFP.Le redressement judiciaire était une procédure “nécessaire pour baisser la dette qui est beaucoup trop importante, nécessaire aussi pour redimensionner le site (…), pour repartir sur une base saine”, a déclaré M. Durand jeudi matin à l’issue d’une réunion à Bercy avec le ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin et des élus du territoire.Concernant le nombre d’emplois qui pourraient être supprimés avec son plan, M. Durand n’a pas donné de chiffres, prenant rendez-vous “d’ici trois semaines”, à la fin de la période de dépôt des offres de reprise.Les candidats ont jusqu’au 28 janvier pour déposer leurs offres au tribunal de commerce de Lille Métropole, a indiqué jeudi soir le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch, à l’issue d’une réunion en préfecture à Arras avec des représentants syndicaux d’Arc et plusieurs élus locaux, dont le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand.Le tribunal rendra sa décision début mars, a ajouté M. Bertrand, ce qu’a confirmé également à l’AFP une source proche de l’entreprise.- Un marché sinistré -L’usine d’Arques compte notamment deux fours de verre sodocalcique, qui produisent des gobelets de verre transparents pour le marché grand public. “Dans mon projet, on concentrera la production sur un des deux fours”, a précisé M. Durand, 49 ans, membre de la famille anciennement propriétaire d’Arc, où il a aussi passé l’essentiel de sa carrière jusqu’en 2024.En revanche, le four cristallin, le four d’opale, qui produit du verre opaque blanc et le four qui produit du verre noir, ne seront “pas touchés par ce plan”, selon M. Durand.Il faudra aussi “plus de flexibilité” au sein de l’entreprise, a ajouté celui qui est pour l’instant le seul candidat connu à la reprise, souhaitant “un nouveau pacte social” avec le personnel.”On sait ce qu’on doit faire pour redresser ce site français, composé des meilleurs verriers du monde, c’est le projet que je porte, qui va passer certes par des décisions un peu difficiles”, a-t-il encore prévenu.Outre la concurrence chinoise, régulièrement avancée pour expliquer les difficultés d’Arc, “le marché a baissé de 15 à 20% selon les secteurs” dans les arts de la table, a souligné M. Durand, citant notamment le marché de l’hôtellerie et de la restauration, “très touché en ce moment en France”, ce qui “impacte les volumes de vente du site d’Arques”.Le projet de reprise “est sérieux” et c’est un “signe d’espoir” pour Arc, a estimé pour sa part Sébastien Martin. L’État sera “extrêmement présent”, tant aux côtés des salariés que des porteurs du projet, a insisté le ministre.Le groupe a bénéficié par le passé de multiples plans de refinancement soutenus par l’État et les collectivités locales, le dernier il y a un an à peine.Le nouveau plan “aura des conséquences pour l’emploi”, a aussi reconnu Xavier Bertrand, qui s’est engagé, avec les élus, à “trouver une nouvelle solution” pour les salariés qui ne seraient pas conservés.A Arques, Francis Bultel, 57 ans dont 38 chez Arc, se raccroche à l’espoir d’avoir un “bon repreneur” avec Timothée Durand, dont le père et le grand-père ont été des dirigeants emblématiques de l’entreprise: “On y croit (…). On espère qu’ils pourront nous sauver”.

La Coordination rurale appelle ses troupes au repos mais le “combat continue”

La Coordination rurale a appelé jeudi soir ses troupes au repos et a demandé pour cela la “libération” de ses tracteurs ainsi que de ses adhérents interpellés, mais les agriculteurs “à bout” craignent la signature imminente de l’accord UE-Mercosur malgré l’opposition réaffirmée d’Emmanuel Macron.”Je n’ai vu aucune déclaration comme quoi les paysans étaient essentiels pour la France, c’est une honte”, a déclaré devant des dizaines d’agriculteurs réunis devant le Palais Bourbon le président de la Coordination rurale Bertrand Venteau, juché sur un tracteur à la sortie de son rendez-vous avec la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet. Le deuxième syndicat agricole, habitué des actions coup de poing, a bravé les interdictions et débarqué à l’aube autour de l’Arc de Triomphe et de la tour Eiffel.La mobilisation avait commencé début décembre, la colère ayant été ravivée par la gestion gouvernementale de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest et par l’accord de libre-échange UE-Mercosur.”Le combat sera dur et sera long”, a ajouté M. Venteau, en précisant que ses troupes étaient prêtes à “revenir”. Il avait posé au préalable la condition d’un moratoire sur les contrôles administratifs, ou par l’Office français de la biodiversité, des agriculteurs, dont il souhaite la suppression, affirmant que le gouvernement avait désormais la main sur les annonces.Des actions de blocages routiers et manifestations sont prévues dans certaines régions, mais aussi en Belgique ou encore en Pologne ces prochains jours, soit le troisième hiver d’affilée marqué par des mouvements d’agriculteurs qui déplorent précarité et concurrence déloyale des produits importés, notamment d’Amérique du Sud.- Macron “contre” le Mercosur -La FNSEA, premier syndicat avec ses alliés des Jeunes Agriculteurs, a appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strabourg le 20 janvier si l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur était signé. Le président Emmanuel Macron a annoncé que la France voterait contre cet accord vendredi à Bruxelles, invoquant un “rejet politique unanime”. Ce vote des pays membres ne constitue pas “la fin de l’histoire”, a-t-il ajouté puisque l’accord devra encore être soumis au Parlement européen pour ratification.Ces dernières semaines, le gouvernement français et Bruxelles ont multiplié les annonces, mais la pilule du Mercosur ne passe pas pour les agriculteurs, qui craignent unanimement l’arrivée de bœuf, sucre et de volailles sud-américains produits avec des normes moins disantes que celles imposées aux européens. A sa sortie de rendez-vous avec le président du Sénat et la présidente de l’Assemblée, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a demandé un “créneau d’ici mars-avril” au Parlement pour une loi spéciale destinée à apporter des réponses “concrètes”. Il a appelé les parlementaires à voter le budget de l’État pour 2026 et à faire appliquer la loi d’orientation agricole et la loi dite Duplomb.- Pas de “défaillance” -José Pérez, président de la CR du Lot-et-Garonne, a déploré une absence d’engagement après l’échange avec la ministre de l’Agriculture Annie Genevard devant l’Assemblée. “Il n’y a rien du tout, aujourd’hui il faudrait un engagement sur la suppression des normes françaises”, a-t-il ajouté. Des parlementaires sont venus échanger avec des manifestants de la CR et Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée, a été violemment chahutée et invectivée.Selon la préfecture de police, les abords de l’Arc de Triomphe commencent à être évacués et les échanges se poursuivent pour encadrer le départ des engins aux portes de Paris.Une centaine de tracteurs a été bloquée dans la journée par les forces de l’ordre, a indiqué la préfecture de police. Une quarantaine était présente dans Paris et une soixantaine aux portes de la ville.Onze interpellations, 12 mises en fourrière et 65 verbalisations ainsi que plus de 600 manifestants ont été recensées par le ministère de l’Intérieur en Ile-de-France mais hors de la capitale.En dehors de Paris en France, 67 actions ont réuni 2.200 manifestants, notamment sur des routes dans 39 départements, et 625 tracteurs, a déclaré à la presse le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez en début de soirée.La préfecture de police avait interdit les manifestations autour de certaines zones comme l’Elysée, Matignon, le Parlement, des ministères ou le marché de Rungis mais les barrages ont été forcés. Le ministre a nié toute “défaillance” du dispositif, affirmant qu’il n’avait “pas souhaité” disperser les actions parisiennes de la CR, alors même qu’elles étaient “illégales”.Il a ajouté prendre note des demandes de libération des tracteurs et des adhérents de la CR. bur-mdz-sb-mca/uh/LyS

Libération de prisonniers par Caracas, sous pression de Washington depuis l’enlèvement de Maduro

Le Venezuela a annoncé jeudi la libération de “nombreux prisonniers”, dont des étrangers, sous pression de Washington depuis l’enlèvement le 3 janvier par des troupes américaines de Nicolas Maduro.Cette annonce intervient quelques jours après le début du mandat de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez.Il s’agit de la première vague de libération depuis l’enlèvement à Caracas du président déchu, que Washington entend traduire en justice aux Etats-Unis pour, notamment, narco-terrorisme. Ces libérations sont “un geste unilatéral du gouvernement” afin “de favoriser la coexistence pacifique”, a déclaré Jorge Rodriguez, le président du Parlement.Il n’a précisé ni l’identité, ni le nombre, ni la nationalité des détenus relâchés. En septembre, un groupe d’experts de l’ONU avertissait d’un durcissement de la persécution pour motifs politiques ces derniers mois au Venezuela. Et jeudi, un expert de l’ONU, Bernard Duhaime, soulignait dans un communiqué qu'”en cette période d’immense incertitude, protéger les droits, traiter les abus passés et garantir l’avenir est la seule voie vers une paix et une dignité durables”.L’ONG Foro penal qui estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires, s’est félicitée de la “bonne nouvelle”.Au même moment Donald Trump a déclaré, dans un entretien publié jeudi par le New York Times, que les Etats-Unis pourraient conserver plusieurs années le contrôle du Venezuela et de son pétrole. Jeudi, trois navires affrétés par Chevron transportaient du pétrole du Venezuela vers les États-Unis, selon une analyse de l’AFP de données de suivi maritime, alors que les pressions de Washington sur Caracas font craindre une saturation des capacités de stockage du pays.La société publique Petroleos de Venezuela (PDVSA) “mène actuellement des négociations avec les Etats-Unis en vue de la vente de volumes de pétrole, dans le cadre des relations commerciales qui existent entre les deux pays”, a indiqué un communiqué de la société jeudi.- “Intérêts” américains -Alors que Delcy Rodriguez dénonçait la veille une “tache” sans précédent dans les relations avec Washington, Donald Trump, qui recevra vendredi les dirigeants de grands groupes pétroliers américains pour leur vanter les “immenses” opportunités au Venezuela, se félicite de la “très bonne entente” avec le pouvoir intérimaire à Caracas. “Ils nous donnent tout ce que nous jugeons nécessaire”, a dit M. Trump.De son côté, le vice-président JD Vance a confirmé la vision de Wahsington avec la plus grande clarté, en déclarant mercredi soir sur Fox News: “La manière dont nous contrôlons le Venezuela, c’est en contrôlant les cordons de la bourse, en contrôlant les ressources énergétiques, et nous disons au régime, vous pouvez vendre le pétrole à condition que vous serviez les intérêts de sécurité nationale américains.””Seul l’avenir nous dira” combien de temps Washington entend garder une tutelle sur Caracas, a déclaré Trump au grand quotidien new-yorkais. Interrogé pour savoir si la situation durerait trois mois, six mois, un an ou plus, il a répondu : “Je dirais beaucoup plus longtemps”.A Caracas les habitants témoignent de leur incertitude, parfois teintée d’optimisme, face à cette tutelle américaine, alors que Reporters Sans Frontières exhorte “les autorités à permettre l’entrée de journalistes étrangers dans le pays et à cesser de restreindre le travail des médias locaux”.”J’ai l’impression que nous aurons plus d’opportunités si le pétrole est aux mains des Etats-Unis plutôt que du gouvernement”, confie à Caracas un Vénézuélien de 26 ans, qui n’a pas souhaité livrer son identité pour des raisons de sécurité.Une femme de 52 ans, employée dans le secteur des services et qui a elle aussi requis l’anonymat, fait surtout part de son incertitude.”En réalité nous ne savons pas si (cet accord sur le pétrole entre Washington et Caracas) est bon ou mauvais”, déclare-t-elle. “Ce que je veux, c’est m’en sortir avec ma famille et vivre normalement, autant que possible.”- 100 morts -Delcy Rodriguez, a déclaré mercredi soir que l’échange commercial avec les Etats-Unis n’avait “rien d’extraordinaire ni d’irrégulier”.Elle a toutefois de nouveau regretté la capture de Nicolas Maduro, au cours d’une opération des forces spéciales américaines à Caracas qui a fait 100 morts, selon le dernier bilan livré par le ministre vénézuélien de l’Intérieur Diosdado Cabello.Des sénateurs républicains se sont joints jeudi à leurs collègues démocrates pour faire avancer une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump contre le Venezuela. Un camouflet pour le président américain, qui s’est emporté, sur son réseau Truth Social, contre la “stupidité” de cinq sénateurs républicains qui “ne devraient plus jamais être élus”.Le texte doit désormais être soumis au vote au Sénat la semaine prochaine.Donald Trump avait évalué à “entre 30 et 50 millions de barils de pétrole” la quantité de brut que va livrer le Venezuela eaux Etats-Unis, et entend contrôler directement les recettes qui résulteront de la vente.Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées du monde avec plus de 303 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Mais sa production reste faible, de l’ordre d’un million de barils par jour, après des décennies de sous-investissement dans les infrastructures.

La Bourse de Paris prudente face aux tensions géopolitiques

La Bourse de Paris a conclu sa séance de jeudi en faible hausse, après avoir passé une bonne partie de la journée légèrement dans le rouge, la place française restant attentive aux tensions géopolitiques qui l’empêchent de décoller. A la clôture, l’indice vedette CAC 40 a gagné 9,55 points (+0,12%), terminant à 8.243,47 points, à l’issue d’une séance “assez peu mouvementée”, a noté Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés à IG France, auprès de l’AFP.”Ce qu’on retient depuis le début de la semaine, c’est une sensibilité du CAC liée aux tensions commerciales entre la Chine et le Japon”, a-t-il expliqué, alors que Pékin a annoncé dans la semaine durcir ses restrictions sur l’exportation vers le Japon de biens à usage civil et militaire.”Le CAC 40 inclut des valeurs exposées à la zone Asie, comme le luxe par exemple, mais pas seulement”, a relevé Alexandre Baradez, pour qui l’indice parisien est encore en “phase d’observation” depuis le début de l’année. Très dynamique dans les autres places boursières mondiales en raison des tensions géopolitiques qui parcourent la planète, le secteur de la défense s’est montré plus discret en France au sein du CAC 40. Dassault Aviation a pris seulement 0,20%, à 306,20 euros, Thales a perdu 1,01%, à 265,80 euros. Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt français à 10 ans restait à peu près stable, à 3,53%, contre 3,52% la veille, quand la référence en Europe, le rendement allemand à 10 ans, s’est davantage tendu ces dernières 24 heures, à 2,86% contre 2,81% mercredi.Vendredi, les investisseurs guetteront la publication d’un rapport important sur le marché de l’emploi aux Etats-Unis, dont la tendance est décisive pour l’orientation de la politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed).- BNP soulagée -La décision d’un juge new-yorkais de certifier le verdict de complicité d’exactions au Soudan à l’encontre de BNP Paribas, étape attendue du parcours judiciaire, donne désormais à la banque française la possibilité d’engager un appel, a-t-elle indiqué jeudi.Un jury populaire new-yorkais a reconnu fin octobre BNP Paribas complice d’exactions au Soudan, en ayant organisé des transactions commerciales dont les recettes ont financé l’armée et les milices du régime d’Omar el-Béchir.La banque française a pris 3,51% jeudi, à 82,5 euros. Dans son sillage, Crédit Agricole (+1,44% à 17,57 euros) et Société Générale (+1,82% à 70,38 euros) ont également conclu la séance dans le vert.

Automobile: 320 emplois supprimés chez l’équipementier Dumarey à Strasbourg

L’équipementier automobile Dumarey Powerglide va fermer son usine strasbourgeoise d’ici à la fin d’année, entraînant la suppression de 320 emplois, après que son principal client, l’équipementier ZF, a mis fin prématurément à leur contrat.”On a informé hier le CSE de DPS ainsi que les salariés d’un projet de cessation de nos activités au courant de l’année 2026″, a confirmé jeudi à l’AFP le président de Dumarey Powerglide Strasbourg (DPS) Arnaud Bailo, évoquant une décision “extrêmement difficile à prendre au regard de l’impact humain et social”.Cette décision implique la suppression de 320 emplois directs, après un plan social qui en avait déjà supprimé 234 l’année dernière.Une centaine de départs sont prévus en juin, une autre vague d’environ 200 personnes en août, et une dernière fin 2026, selon Malek Kirouane, délégué syndical CGT. “L’impact va être énorme”, avec en plus les prestataires, alerte-t-il, “c’est une catastrophe.”Sur les 234 personnes licenciées lors du dernier PSE, en février 2025, “très peu ont retrouvé du travail”, dit-il, estimant que les délais de congé de reclassement, de 10 mois, sont trop courts.Cette fermeture annoncée s’explique par une “rupture brutale et non anticipée des commandes de transmissions automatiques par ZF à partir de 2024”, entraînant une chute de 85% du chiffre d’affaires de l’entreprise, selon la direction de DPS. Le chiffre d’affaires “a été divisé par 9” entre 2023 et 2025: “difficile, dans ce contexte-là, de trouver des solutions”, regrette M. Bailo.- “Gâchis” -Des discussions vont débuter lundi pour quatre mois au sein de l’entreprise.”C’est le ciel qui tombe sur la tête des salariés”, témoigne Laurent Julien, secrétaire CFDT du CSE. “On ne s’y attendait pas, même si on commençait à avoir des doutes. Il n’y avait pas de son, pas d’image de la part de la direction”, qui était “très opaque” ces derniers temps, selon lui.”On savait qu’elle voulait rebondir sur l’armement. C’est pour ça qu’elle s’est d’ailleurs rapprochée [du groupe alsacien] Lohr” en 2025, mais les négociations n’ont pas abouti. “Donc, on est obligés de fermer (…) c’est un gâchis, une grande tristesse”. Après le PSE de l’an dernier, la direction du site avait évoqué des pistes pour de nouveaux projets, mais la société était “tellement endettée” qu’elle ne pouvait plus “être crédible pour quoi que ce soit”, a souligné M. Kirouane.Pour M. Julien, la direction n’a pas su gérer le “virage électrique” du secteur automobile, ni “trouver des volumes qui remplaceraient ZF”.La direction souligne avoir investi, il y a quatre ans, 80 millions d’euros pour “diversifier” sa clientèle et prendre “le virage de l’électrique”. Cependant aujourd’hui les volumes “ne sont pas au rendez-vous parce que les commandes initialement prévues par nos clients sont plus de 40% en dessous des capacités mises en place”, selon M. Bailo.- Secteur en difficulté -“Ils disent qu’ils n’ont plus d’argent, qu’il y a une crise automobile, que les Chinois ont pris tous les marchés… tous les arguments sont bons. Mais le problème, c’est que stratégiquement, ils ont merdé” même quand la santé financière de l’entreprise était bonne, estime M. Kirouane.Pour la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian et la présidente de l’Eurométropole Pia Imbs, la fermeture annoncée du site est un “signal d’alerte collectif”, qui souligne “la nécessité pour l’Europe de préserver ses outils de production” et “sécuriser ses chaînes de valeur industrielles”.”Où sont passés les 25 millions d’euros d’argent public dont a bénéficié Dumarey Strasbourg ?”, s’est interrogé pour sa part le député LFI Emmanuel Fernandes, jugeant “intolérable que l’État laisse une entreprise encaisser l’argent des contribuables pour ensuite licencier sans scrupules”.Les plans sociaux se sont multipliés chez les fabricants de pièces automobiles en France et en Allemagne, à cause d’une baisse des ventes de voitures, notamment en Europe et en Chine, le marché principal des fabricants européens. L’usine strasbourgeoise a compté plus de 2.500 salariés lorsqu’elle appartenait encore, jusqu’en 2013, au géant américain General Motors avant d’être reprise par le groupe belge Punch Powerglide, devenu Dumarey Powerglide en 2023. “Dans le bassin de l’emploi de Strasbourg, c’est un site historique qui a engrangé des milliards d’euros de chiffre d’affaires” et où de nombreux salariés ont fait toute leur carrière, souligne M. Julien.ilp-av-mlx-pau/ab/LyS

Les Bourses européennes terminent atones

Les Bourses européennes ont conclu la séance de jeudi sans élan, dans l’attente de données économiques très attendues aux Etats-Unis et malgré le dynamisme du secteur de la défense, porté par les tensions géopolitiques. Londres (-0,04%) et Francfort (+0,02%) ont terminé à l’équilibre, tandis que Paris (+0,12%) et Milan (+0,25%) ont réussi à grappiller quelques points de plus.

Trump évoque une tutelle américaine de plusieurs années sur le Venezuela

Les Etats-Unis pourraient conserver plusieurs années le contrôle du Venezuela et de son pétrole, annonce Donald Trump dans un entretien publié jeudi par le New York Times, tandis qu’à Caracas les habitants témoignent de leur incertitude, parfois teintée d’optimisme, face à cette tutelle américaine.Le vice-président JD Vance a confirmé la vision de Washington avec la plus grande clarté, en déclarant mercredi soir sur Fox News: “La manière dont nous contrôlons le Venezuela, c’est en contrôlant les cordons de la bourse, en contrôlant les ressources énergétiques, et nous disons au régime, vous pouvez vendre le pétrole à condition que vous serviez les intérêts de sécurité nationale américains.””Voilà comment nous exerçons une pression incroyable sur le pays sans perdre une seule vie américaine, sans mettre en danger un seul citoyen américain”, s’est-il félicité, faisant référence à l’absence de déploiement militaire des Etats-Unis dans le pays.”Seul l’avenir nous dira” combien de temps Washington entend garder une tutelle sur Caracas, a déclaré Donald Trump à plusieurs journalistes du grand quotidien new-yorkais. Interrogé pour savoir si la situation durerait trois mois, six mois, un an ou plus, il a répondu : “Je dirais beaucoup plus longtemps”.Le président, qui recevra vendredi les dirigeants de grands groupes pétroliers américains pour leur vanter les “immenses” opportunités au Venezuela, s’est par ailleurs félicité de la “très bonne entente” avec le pouvoir intérimaire à Caracas.Donald Trump et toute son administration répètent qu’il est, de leur point de vue, prématuré d’évoquer la tenue d’élections dans le pays.- “Meilleures” décisions -“J’ai l’impression que nous aurons plus d’opportunités si le pétrole est aux mains des Etats-Unis plutôt que du gouvernement”, car “les décisions que prendront (les Américains) seront meilleures”, confie à Caracas un Vénézuélien de 26 ans, qui n’a pas souhaité livrer son identité pour des raisons de sécurité.Une femme de 52 ans, employée dans le secteur des services et qui a elle aussi requis l’anonymat, fait surtout part de son incertitude.”En réalité nous ne savons pas si (cet accord sur le pétrole entre Washington et Caracas) est bon ou mauvais”, déclare-t-elle. “Ce que je veux, c’est m’en sortir avec ma famille et vivre normalement, autant que possible, mais tout est très étrange.”La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a déclaré mercredi soir que l’échange commercial avec les Etats-Unis n’avait “rien d’extraordinaire ni d’irrégulier”.- 100 morts -Elle a toutefois de nouveau regretté la capture de Nicolas Maduro, au cours d’une opération des forces spéciales américaines à Caracas qui a fait 100 morts, selon le dernier bilan livré par le ministre vénézuélien de l’Intérieur Diosdado Cabello.Le Sénat américain, à majorité républicaine, tient d’ailleurs jeudi un vote, largement symbolique, sur une résolution visant à limiter les pouvoirs de Donald Trump en matière d’opérations militaires au Venezuela.”Nous allons reconstruire le pays de manière très rentable”, a promis Donald Trump, toujours au New York Times. “Nous allons faire baisser les prix du pétrole et donner de l’argent au Venezuela, dont il a désespérément besoin”.Il a de nouveau mis en avant la coopération des autorités vénézuéliennes actuelles: “Ils nous donnent tout ce que nous jugeons nécessaire”.Interrogé par le New York Times s’il s’était entretenu avec Mme Rodriguez, Donald Trump a seulement évoqué une “communication constante entre elle et l’administration”. “Marco (Rubio) parle tout le temps avec elle”, a-t-il dit en référence au chef de la diplomatie américaine.Donald Trump avait évalué à “entre 30 et 50 millions de barils de pétrole” la quantité de brut que va livrer le Venezuela eaux Etats-Unis, et entend contrôler directement les recettes qui résulteront de la vente.Il a affirmé mercredi que le Venezuela n’achèterait que des produits fabriqués aux Etats-Unis avec cet argent.Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées du monde avec plus de 303 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Mais sa production reste faible, de l’ordre d’un million de barils par jour, après des décennies de sous-investissement dans les infrastructures.

L’examen du budget reprend à l’Assemblée, l’hypothèse du retour du 49.3 progresse

Les députés ont repris jeudi en commission l’examen du budget de l’Etat pour 2026, peinant toujours à faire émerger les contours d’un compromis. De quoi alimenter un peu plus l’hypothèse du retour de l’article 49.3.Après l’échec des discussions en première lecture, le gouvernement a recouru en fin d’année à une loi spéciale. Elle permet d’assurer la continuité de l’Etat, en reconduisant en 2026 les impôts de 2025 mais a mis en suspens notamment l’augmentation des crédits de défense, ou encore plusieurs mesures agricoles à l’heure où la profession manifeste sa colère.Le projet de loi de finances est désormais de retour en nouvelle lecture à la chambre basse, jusqu’à samedi en commission, puis à partir de mardi dans l’hémicycle, théoriquement jusqu’au 23 janvier. Les députés repartent de la version du Sénat, loin de faire l’unanimité.Le gouvernement souhaite aller vite, afin de doter la France d’un véritable budget d’ici la fin du mois, et de revenir en 2026 sous la barre des 5% de déficit, contre 5,4% en 2025. Le chef des députés PS, Boris Vallaud, a lui aussi estimé dans Libération mercredi qu’il était “temps (…) de sortir de cette séquence budgétaire”.- Montchalin “n’exclut rien” -L’utilisation du 49.3, qui permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote en engageant sa responsabilité, semble de plus en plus inéluctable, faute de majorité à l’Assemblée.La ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a affirmé jeudi sur RTL qu’elle “n’excluait rien qui puisse donner à la fin un budget aux Français”.Interrogée lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes parlementaires, elle a souligné que si 49.3 il devait y avoir, la question se poserait plutôt à “la fin du débat”, qui doit permettre de “rapprocher” les positions. “Je ne pense pas qu’on soit à quelques heures près (…) Je pense que la séance a une valeur”, a-t-elle dit.La voie des ordonnances, inédite, semble elle compromise, le PS y voyant la “pire des solutions”.Alors que Sébastien Lecornu s’est engagé auprès des socialistes en octobre à ne pas utiliser le 49.3, la balle est désormais dans son camp. Mais il “devra donner des motifs de ne pas être censuré”, a prévenu M. Vallaud dans Libération.- Flou persistant en commission -Quels pourraient être les termes d’un pacte de non-censure?Ils sont pour l’heure difficiles à cerner. Le rapporteur général du budget LR Philippe Juvin propose dans un document révélé par Les Echos et consulté par l’AFP une hausse des recettes de 2,93 milliards d’euros par rapport à la version du Sénat et une baisse des dépenses de 6,2 milliards.Bien éloigné du PS, qui souhaite, lui, augmenter les dépenses de neuf milliards, par rapport à la version initiale du gouvernement.Les premières heures d’examen du budget en commission, jeudi, n’ont pas permis d’y voir plus clair. Si les députés se sont accordés sur le dégel total du barème de l’impôt sur le revenu, ils ne sont pas parvenus à bâtir de majorité au sujet de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, l’un des points les plus tendus de la négociation. Le PS en espère 8 milliards d’euros, LR au maximum 4. Mais la commission a in fine maintenu la suppression pure et simple du dispositif, votée au Sénat.Le Rassemblement national a notamment voté la mesure, son député Jean-Philippe Tanguy refusant de participer à ce qu’il a qualifié de “clé de voûte d’un accord entre la Macronie, LR et le PS”.Même issue pour la taxe sur les holdings patrimoniales, dont la portée a été réduite par le Sénat. Faute d’accord pour en augmenter le rendement, elle a été supprimée.Le groupe socialiste est en revanche parvenu à faire adopter une proposition pour élargir l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) en y intégrant la “fortune financière dite non professionnelle”, incluant notamment les assurances-vie.Au fil de leurs discussions, les députés ont supprimé diverses pistes de recettes: ils ont notamment rejeté la fiscalisation des indemnités journalières pour les personnes atteintes d’affection de longue durée, maintenu la réduction d’impôts pour frais de scolarité et la niche fiscale des retraités. Creusant encore le déficit.”L’écart entre les positions du socle commun et ce que les groupes de gauche mettent sur la table s’est plutôt agrandi”, a commenté auprès de la presse le président de la commission des Finances, Eric Coquerel (LFI).

“Loi spéciale”, fin des contrôles: les syndicats agricoles listent leurs demandes

Une “loi spéciale” pour la FNSEA, un “moratoire sur les contrôles” pour la Coordination rurale: les deux syndicats agricoles déroulent jeudi leurs demandes à la présidente de l’Assemblée nationale, où des centaines d’agriculteurs sont rassemblés, tandis que des tracteurs campent dans la capitale.La Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole, habitué des opérations coup de poing, est passée outre l’interdiction de manifester près des institutions parisiennes et a débarqué jeudi à l’aube autour de l’Arc de Triomphe et de la Tour Eiffel.La FNSEA, premier syndicat avec ses alliés des Jeunes Agriculteurs, a elle appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strabourg le 20 janvier si l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur était signé. Un vote a lieu vendredi à Bruxelles.Reçus par le président du sénat Gérard Larcher, puis par la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet, les syndicats ont porté le ras-le-bol d’une profession “à bout”.A la sortie, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a demandé un “créneau d’ici mars-avril” au Parlement pour une loi spéciale destinée à apporter des réponses “concrètes”. Face à la défiance des agriculteurs envers les politiques, il a appelé les parlementaires à voter le budget de l’Etat pour 2026, qui soulagerait par exemple les viticulteurs, et à appuyer la publication des décrets pour “enfin” appliquer la loi d’orientation agricole et la loi dite Duplomb.Des parlementaires sont venus échanger avec des manifestants de la CR, ainsi que la ministre de l’Agriculture Annie Genevard qui n’a pas fait de déclaration. Plus tôt, Yaël Braun-Pivet qui était allée à la rencontre des manifestants, avait été chahutée et invectivée.José Pérez, président de la CR du Lot-et-Garonne, a déploré une absence d’engagement après l’échange avec la ministre. “Il n’y a rien du tout, aujourd’hui il faudrait un engagement sur la suppression des normes françaises”, a-t-il ajouté. – “Moratoire” sur les contrôles -La CR demande un “moratoire” sur les contrôles jusqu’à la présidentielle, une mesure “facile” à prendre dans l’immédiat, a déclaré Bertrand Venteau, le président de la CR avant son rendez-vous qui a début à 15H45. Cette première condition pour lever le camp est “entre les mains du Premier ministre et de la ministre de l’Agriculture”, a-t-il dit.Il souhaite aussi la suppression des agences environnementales, ainsi que la fin de l’abattage total des troupeaux bovins infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), stratégie qui a ravivé début décembre la colère des agriculteurs.Les syndicats agricoles rejettent aussi unanimement l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur, qui doit faire l’objet d’un vote des Etats membres vendredi à Bruxelles.La France devrait voter contre, quitte à être en minorité, selon le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, mais la position française définitive sera donnée par le Premier ministre et le Président, selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.Les récentes annonces du gouvernement ou de Bruxelles ainsi que les rencontres successives à Matignon n’ont pas satisfait les agriculteurs, qui demandent depuis 2024 des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et sources de concurrence déloyale.Allègement de la taxe carbone européenne sur les engrais, interdictions de certains produits importés…: la ministre Annie Genevard a dit avoir obtenu des “avancées cette semaine” et vouloir poursuivre le travail. Mais certaines mesures dépendent du vote du budget et d’autres, de Bruxelles.- Pas d’interpellations à Paris -Si Mme Genevard a joué l’apaisement, appelant au “dialogue” jeudi matin, Maud Bregeon avait adopté un ton ferme face aux actions “illégales” menées par la Coordination rurale.La préfecture de police avait interdit les manifestations autour de certaines zones comme l’Elysée, Matignon, le Parlement, des ministères ou le marché de Rungis.Une centaine de tracteurs a été bloquée par les forces de l’ordre, a-t-elle indiqué. Une quarantaine est présente dans Paris et une soixantaine aux portes de la ville. “Le dispositif de police visant à les fixer est efficace”, s’est-elle félicitée tandis que le ministère de l’Intérieur avait dénombré 670 manifestants dans la capitale.En début d’après-midi, la préfecture de police recensait 11 interpellations, 12 mises en fourrière et 65 verbalisations en Ile-de-France, mais aucune dans Paris même.bur-mdz-sb-mca/abb/

Les contrats d’assurance vie s’annoncent plus rémunérateurs

Les contrats d’assurance vie s’annoncent un peu plus rémunérateurs pour les épargnants en 2026, avec de premiers taux stables ou en légère hausse par rapport à l’an dernier, de quoi renforcer l’attrait de ce produit d’épargne concurrent du Livret A.La Macif a par exemple communiqué jeudi un taux stable pour son fonds euros, la section de l’assurance vie à capital garanti, à 2,70%, de même qu’Ampli mutuelle (3,75%) et Aréas (2,50%) les jours précédents.La MACSF et la Maif ont elles annoncé une amélioration sensible de leur rendement, à respectivement 3,15% et 3,05% pour 2025.”Maintenant que le ton est donné par les premiers, je pense que les suivants s’inscriront dans la même tendance”, estime Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts & Figures.Il table sur une moyenne de marché autour de 2,65% pour 2025, contre 2,6% l’année précédente, et rappelle que les premiers à sortir sont souvent mieux-disants.Cette hausse, même symbolique, a de quoi renforcer la dynamique actuelle de l’assurance vie par rapport au produit concurrent, le Livret A, dont le taux est passé l’an dernier de 3% à 1,7%.”Le taux du Livret A baisse mais le taux du fonds euros (…) ne baisse pas”, souligne la directrice finance-épargne de la Macif Odile Ezerzer, jointe par l’AFP.Le match est cependant plus serré qu’il n’y paraît: le taux du Livret A se lit net d’impôts, contrairement à ceux de l’assurance vie. – Convoitises -Pour expliquer les meilleurs rendements, Ampli Mutuelle met en avant dans un communiqué “des bonnes performances de la gestion d’actifs” et des gains réalisés en Bourse.Les assureurs ont su aussi profiter l’an dernier d’apports massifs d’argent frais de la part des épargnants, investis illico dans des produits financiers rémunérateurs, comme de la dette française.Rien qu’en novembre, les dépôts sur les contrats d’assurance vie ont dépassé les 15 milliards d’euros, selon les chiffres de France Assureurs publiés jeudi, du jamais vu pour un onzième mois de l’année.”L’inquiétude des Français (…)générée par le contexte économique, politique et probablement géopolitique”, se traduit par un “taux d’épargne très fort”, analyse Mme Ezerzer.Résultat, l’assurance vie a renforcé en 2025 sa place de premier placement financier des Français, avec 2.106 milliards d’euros d’encours, selon les derniers chiffres de la fédération professionnelle France Assureurs.Mais ce véritable magot, en hausse de 6,3% sur un an, a aussi attiré les convoitises.”Ce qui est gros est visible et attire toujours l’attention”, note Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne.Des parlementaires ont par exemple cherché à augmenter la fiscalité de l’assurance vie, à rogner sur ses avantages lors d’une succession voire à le faire entrer dans le cadre de l’impôt sur la fortune dite “improductive”.Les fonds euros, en partie investis auprès des entreprises, permettent à ces dernières “de continuer de croître, de continuer d’embaucher, de continuer de rénover leur appareil productif”, souligne la directrice finance-épargne de la Macif.Le directeur général du groupe MACSF Stéphane Dessirier jugeait lors d’une conférence de presse mardi “injuste” cette menace de taxation, qui pourra revenir lors des prochains débats sur le budget.Quelque 20 millions de personnes disposent d’une assurance vie, soit un capital moyen d’un peu plus de 100.000 euros par souscripteur.Cette moyenne est à relativiser, admet M. Crevel, qui constate “une très forte concentration de l’encours sur les patrimoines le plus aisés”, notamment les cadres supérieurs, les indépendants et les professions libérales.Les compagnies d’assurances continueront ce mois-ci à annoncer leurs taux. L’Afer, qui se présente comme la première association d’épargnants, publiera le sien le 19 janvier.