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Doctolib condamné à 4,6 millions d’euros d’amende pour abus de position dominante 

L’éditeur de logiciels médicaux Doctolib a été condamné à 4,6 millions d’euros d’amende par l’Autorité de la concurrence française pour abus de position dominante sur la prise de rendez-vous en ligne et la téléconsultation, a-t-il annoncé jeudi.L’amende sanctionne notamment les clauses d’exclusivité qu’il imposait aux soignants désireux de souscrire à la plateforme de rendez-vous en ligne ou à son service de téléconsultation, et pour le rachat de son concurrent MonDocteur en 2018, “dans le but de verrouiller le marché national des services de prise de rendez-vous”.Dans un communiqué, Doctolib a annoncé qu’il allait faire appel. Cette décision qui résulte d’une plainte déposée en 2019 “présente une lecture erronée de notre activité, et de notre secteur. Doctolib n’est en aucun cas en position dominante”, a indiqué la société dans son communiqué. “Malgré notre fort usage par le grand public, Doctolib est un acteur récent dans le secteur des logiciels pour les soignants (3 fois plus petit que nos concurrents européens) et n’équipe aujourd’hui que 30% des soignants français (10% en 2019 au moment de la plainte)”, a-t-elle ajouté.”De nombreux documents internes de Doctolib corroborent cette volonté d’imposer l’exclusivité aux professionnels de santé, ses dirigeants affichant la volonté d’+être une interface obligatoire et stratégique entre le médecin et son patient afin de les verrouiller tous les deux+”, indique l’Autorité de la concurrence dans son communiqué.”Dès le lancement de Doctolib Téléconsultation en 2019, les contrats prévoyaient la souscription préalable obligatoire” à son service de prise de rendez-vous en ligne. Le professionnel de santé était donc obligé de régler les deux prestations cumulativement”, a indiqué l’Autorité de la concurrence.Quant à “MonDocteur”, elle a été rachetée pour “verrouiller le marché national des services de prise de rendez vous médicaux en ligne”, a indiqué l’Autorité de la concurrence.Doctolib, qui compte environ 3.000 salariés, est l’une des vedettes de la tech française, une “licorne”, start-up dont la valorisation dépasse le milliard de dollars. Son chiffre d’affaires annuel a atteint 348 millions d’euros en 2024.

La Bourse de Paris digère une nouvelle vague de résultats

La Bourse de Paris évolue en baisse jeudi, les investisseurs digérant des résultats d’entreprises et faisant face à l’incertitude quant aux droits de douane américains.Vers 10H15 GMT, l’indice vedette de la Bourse de Paris, le CAC 40, cédait 0,45% à 8.037,80 points, soit une perte de 36,43 points. Mercredi, l’indice parisien avait grappillé 0,08% pour s’établir à 8.074,23 points.Le vent d’optimisme qui a traversé Wall Street mercredi soir n’est pas parvenu jusqu’à l’Europe, les investisseurs restant concentrés sur la nouvelle salve de résultats d’entreprises du jour, avec des publication jugées décevantes.En parallèle, une majorité de la Cour suprême américaine paraissait douter mercredi de la légalité d’une bonne partie des droits de douane imposés par Donald Trump, instrument majeur de la politique économique et diplomatique du président américain.Pour Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote, il ne s’agit paradoxalement pas d’une bonne nouvelle pour les marchés d’action, ajoutant une nouvelle dose d’incertitude et “potentiellement plus de 100 milliards de dollars de remboursements que le gouvernement américain pourrait devoir à d’autres pays (…) et un déficit budgétaire plus profond”.Enfin, des données plus fortes que prévu aux Etats-Unis mercredi “ont encore affaibli l’argument des colombes de la Réserve fédérale (Fed)”, le surnom donné aux partisans d’une baisse des taux directeurs, estime Mme Ozkardeskaya.Legrand chuteLe fabricant de matériels et d’équipements électriques français Legrand dévisse en Bourse jeudi après la publication de ses résultats au troisième trimestre malgré la progression de son chiffre d’affaires, qui reste en dessous des attentes du marché, d’après Jefferies.”Legrand a publié une croissance organique de ses revenus de 6,7%, manquant le consensus”, soulignent les analystes de Jefferies, évoquant un “trimestre léger”.Le titre Legrand perdait 10,97% à 131,05 euros vers 10H15 heure de Paris.Air France-KLM reste au solAir France-KLM a vu son bénéfice net s’éroder de 7% au troisième trimestre, à 768 millions d’euros, dans un “environnement difficile” de baisse de la demande aux Etats-Unis et d’augmentation des charges.A la Bourse de Paris, les résultats du groupe sont sanctionnés: l’action Air France-KLM dévissait de 12,47% à 10,29 euros vers 10H15 heure de Paris.ArcelorMittal brilleLe géant de la sidérurgie ArcelorMittal a réalisé 377 millions de dollars de bénéfice net (+31%) au troisième trimestre, et a appelé jeudi à l'”approbation rapide” du plan acier présenté par la Commission européenne, qui permettra selon lui “d’investir avec confiance en l’avenir”.Ses résultats ont été salués en Bourse, l’action ArcelorMittal bondissant de 5,72% à 34,35 euros vers 10H15 heure de Paris.

Climat: le pic des émissions chinoises attendu d’ici 2030, et non dès 2025, selon des experts

Des experts indépendants, qui évaluent chaque année les objectifs de la Chine en matière de climat, estiment maintenant qu’elle atteindra le pic de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, et non d’ici la fin de l’année comme anticipé précédemment, selon une étude publiée jeudi.Ce quatrième sondage annuel, publié en amont de la COP30 au Brésil, interroge près de 70 experts. Il se veut moins confiant qu’en 2024, lorsque près de la moitié des spécialistes interrogés pensaient que les émissions de CO2 de la Chine avaient déjà atteint leur maximum ou le feraient en 2025.Cette année, 71% des experts sondés anticipent un pic entre 2026 et 2030, la plupart pour l’année 2028, selon ce travail du Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (Crea), basé à Helsinki, et de la Société internationale pour les études sur la transition énergétique (Isets), dont le siège se trouve à Sydney.Le moment précis du pic des émissions chinoises reste incertain. Il constitue toutefois une donnée essentielle pour mesurer les avancées de Pékin.En effet, la Chine a rendu public en septembre un objectif chiffré en matière de réduction de ses émissions nettes de gaz à effet de serre: 7 à 10% d’ici 2035. Des ambitions jugées modestes par la plupart des analystes mais qui seront selon eux atteintes, et même légèrement dépassées.Mais Pékin n’a pas défini d’année de référence à partir duquel comparer les chiffres.Près de 20% des experts interrogés estiment, eux, que ce maximum est déjà passé.La Chine est à la fois le pays au monde qui émet le plus de gaz à effet de serre en plein changement climatique (15,6 milliards de tonnes en équivalent CO2) mais aussi celui qui se dote le plus en voitures électriques et infrastructures d’énergies renouvelables.Le cumul historique de ses émissions et ses émissions par tête restent toutefois inférieurs aux chiffres des Etats-Unis – même s’ils tendent à les rattraper.

Première COP en Amazonie, les dirigeants à Belem pour sauver la lutte climatique

Les dirigeants d’une partie du monde se retrouvent jeudi à Belem, au Brésil, pour tenter de sauver la lutte en faveur du climat, menacée par les divisions, les tensions internationales et le retrait américain.Une cinquantaine de chefs d’Etats et de gouvernements ont répondu à l’invitation du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva de se rendre dans cette ville fluviale de l’Amazonie en prélude à la 30e conférence sur le climat de l’ONU, la COP30 (10-21 novembre).Le choix de Belem, capitale de l’Etat du Para, a fait polémique en raison de ses infrastructures limitées qui ont renchéri la venue des petites délégations et des ONG. Au point que le Brésil a dû trouver des fonds pour loger gratuitement des délégués des pays les plus pauvres dans deux navires de croisière affrétés.Jamais la ville de quelque 1,4 million d’habitants, dont la moitié vivent dans des favelas, n’avait accueilli un tel événement international, et les autorités fédérales et du Para ont investi pour rénover ou construire des infrastructures.”La COP apporte à Belem la notoriété qu’elle mérite. C’est important que les regards soient tournés sur notre région, sur l’Amazonie”, dit à l’AFP Karol Farias, 34 ans, maquilleuse venue faire ses achats au marché Ver-o-Peso, l’un des lieux emblématiques, entièrement rénové.Mais le site du sommet, le Parque da Cidade, était encore un grand chantier mercredi, rempli d’ouvriers sciant, vissant, montant des cloisons…Et les embouteillages de Belem empirent avec la fermeture de certains axes. “Je n’ai rien contre la COP en soi, mais Belem n’a pas les infrastructures nécessaires pour recevoir un tel événement”, proteste Agildo Cardoso, chauffeur de VTC.Environ 10.000 agents des forces de l’ordre ont été mobilisés, auxquels s’ajoutent 7.500 militaires déployés spécialement.- “Assez parlé” -Pour la présidence brésilienne, l’objectif est de sauver la coopération internationale dix ans après l’accord de Paris, dont l’ONU admet désormais officiellement que l’objectif de réchauffement de 1,5°C par rapport à la période préindustrielle sera franchi ces prochaines années.Le Brésil ne cherchera pas de nouvelles décisions emblématiques à Belem, mais veut que la COP30 inscrive dans le marbre des engagements concrets et organise un suivi des promesses du passé, par exemple sur le développement des renouvelables.”Assez parlé, il est maintenant temps de mettre en œuvre ce dont nous sommes convenus”, a lancé Lula, dans un entretien à des agences de presse dont l’AFP.Le Brésil lancera jeudi un fonds dédié à la protection des forêts (TFFF) ainsi qu’un engagement à quadrupler la production de carburants “durables”. Plusieurs pays veulent aussi élargir les engagements à baisser les émissions de méthane, un gaz très réchauffant.- Prince William -Cent soixante-dix pays participent à la COP30, mais les Etats-Unis, deuxième pollueur mondial, n’enverront pas de délégation, au soulagement de ceux qui craignaient que l’administration Trump vienne faire de l’obstruction, comme récemment pour couler un plan mondial de réduction des émissions de gaz à effet de serre du transport maritime.Côté européen, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le prince William s’exprimeront jeudi et vendredi. Mais le président autrichien a renoncé à cause du prix des hôtels. La plupart des dirigeants du G20, dont Chine et Inde, seront absents.- “Pas de la charité” -Une partie du monde en développement reste sur sa faim après l’accord arraché dans la douleur l’an dernier à Bakou sur la finance climatique et veut remettre le sujet sur la table.”Ce n’est pas de la charité mais une nécessité”, déclare à l’AFP Evans Njewa, le diplomate du Malawi qui préside le groupe des pays les moins développés.L’Union européenne ou les petits Etats insulaires (Aosis) veulent surtout aller plus loin dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en s’attaquant aux énergies fossiles.”Nombreux parmi nos pays n’arriveront pas à s’adapter à un réchauffement qui dépasserait les 2°C”, a confié à l’AFP Ilana Seid, diplomate de l’archipel pacifique des Palaos et présidente d’Aosis. “Certains de nos pays en atoll n’existeraient plus vraiment”.Le Brésil, qui se veut un pont entre Nord et Sud, n’est pas exempt de paradoxes, après un feu vert donné à l’exploration pétrolière au large de l’Amazonie.”C’est très contradictoire”, assène Angela Kaxuyana, de la Coordination des organisations indigènes d’Amazonie brésilienne.”Les mêmes gouvernements” qui s’engagent pour le climat “négocient l’exploration pétrolière” de la plus grande forêt tropicale de la planète, a-t-elle déploré à Belem.

Le procès contre Boeing se recentre sur une seule victime après un accord à l’amiable

Le procès contre le constructeur aéronautique Boeing, le premier visant l’avionneur au civil après le crash d’un 737 MAX 8 de la compagnie Ethiopian Airlines en 2019, s’est poursuivi mercredi autour d’une seule plainte, après un accord à l’amiable concernant la seconde qui était programmée.S’exprimant peu avant l’ouverture de l’audience de mercredi, l’avocat Robert Clifford – qui a représenté les proches de 68 victimes – a annoncé à l’AFP que trois plaintes au total avaient fait l’objet d’une transaction à l’amiable la veille au soir.L’une d’elles était inscrite au procès qui s’est ouvert lundi dans un tribunal fédéral de Chicago (Illinois, nord des Etats-Unis). Des dates d’audience n’avaient pas encore été fixées pour les deux autres.Ces accords doivent encore être validés par le juge Jorge Alonso, qui centralise toutes les plaintes liées à cet accident.M. Clifford a souligné que l’accord permettait “de raccourcir l’entièreté du procès” puisqu’il se poursuit désormais avec une seule plainte, défendue par un autre cabinet.L’avocat a anticipé un verdict vendredi ou lundi, alors que le procès devait durer au moins une dizaine de jours, et il sera annulé si un accord est trouvé pour la plainte restante.Le 10 mars 2019, un Boeing 737 MAX 8 effectuant le vol ET302 d’Ethiopian Airlines entre Addis Abeba et Nairobi s’est écrasé au sud-est de la capitale éthiopienne six minutes après le décollage, tuant les 157 personnes à bord, originaires de 35 pays.Des proches de 155 victimes ont déposé plainte contre l’avionneur américain entre avril 2019 et mars 2021 pour mort injustifiée et négligence, entre autres. Avant le procès, il restait onze plaintes encore ouvertes.- L’indemnisation en jeu – La justice américaine n’a donc finalement examiné mercredi que la plainte des ayants droit de Shikha Garg, habitante de New Delhi, selon une journaliste de l’AFP présente dans la salle.Agée de 32 ans et mariée depuis peu, Mme Garg était consultante pour un programme de développement de l’ONU.Elle se rendait, comme beaucoup de victimes, à l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement (ANUE) à Nairobi.Elle préparait un doctorat consacré aux énergies renouvelables, après un master de sciences environnementales.Elle avait rencontré son futur mari, Soumya Bhattacharya, via leur travail respectif pour les Nations unies. Ce dernier devait être du voyage fatidique mais avait annulé au dernier moment, pour des raisons professionnelles.”C’est l’un de mes plus grands regrets, de ne pas avoir pu être avec elle”, a-t-il témoigné devant la cour. Le couple souhaitait avoir des enfants, a-t-il précisé. “Nous aurions formé une famille heureuse.”Le veuf a expliqué qu’il avait désormais peur de prendre l’avion, surtout s’il a été construit par Boeing.L’avocat de l’avionneur avait un peu plus tôt souligné que l’entreprise reconnaissait sa responsabilité et qu’une indemnisation financière devait être versée.”Boeing est d’accord (…) sur le fait que Boeing devrait payer une compensation importante”, a déclaré Dan Webb. “Nous sommes simplement en désaccord sur le montant.”

À l’Assemblée, les socialistes obtiennent une victoire sur la CSG sur le capital

Les socialistes ont remporté une victoire mercredi soir dans les débats budgétaires avec l’adoption à l’Assemblée nationale de l’une de leurs propositions phares: une hausse de la CSG sur les revenus du capital, destinée à financer la suspension de la réforme des retraites.Un premier vote défavorable sur une mesure similaire plus tôt dans la soirée avait révélé des tensions à gauche, mais les socialistes ont finalement réussi à rassembler autour de la mesure.Le groupe du parti à la rose n’a pas censuré le gouvernement de Sébastien Lecornu pour tenter de décrocher des victoires budgétaires, et en premier lieu la suspension de la réforme des retraites. Mais reste la question du financement alors que le gouvernement cherche à réduire le déficit en dessous de 5% du PIB. Or après le rejet la semaine dernière des propositions de la gauche de taxer les hauts patrimoines, dont la taxe Zucman, les socialistes pressaient depuis plusieurs jours l’exécutif de soutenir leurs propositions de nouvelle recette dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Mercredi, c’est donc finalement un amendement de Jérôme Guedj (PS) qui a été adopté, avec le soutien d’une bonne partie du camp gouvernemental, pour faire progresser la Contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital, en escomptant aller chercher en 2026 2,8 milliards d’euros supplémentaires.La mesure monte de 9,2% à 10,6% le taux d’une fraction de la CSG, qui porte notamment sur certains revenus de l’immobilier, d’épargne et de placements (produits de contrats d’assurance vie, dividendes, épargne salariale, plans épargne logement), ou des plus-values immobilières et mobilières (ventes d’actions…).Le PS, qui menace de censure en cas d’échec sur les nouvelles recettes fiscales, a reçu un avis favorable mais particulièrement réservé du gouvernement. Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a appelé à voter pour, surtout pour que l’amendement puisse être rediscuté dans la suite de la navette parlementaire, sans approuver ses modalités.”Ce qui a été voté n’est pas une hausse de la fiscalité alors que nous sommes en première lecture. Ce qui a été voté, c’est la possibilité d’en débattre jusqu’à la fin du processus budgétaire”, a-t-elle insisté. La mesure a été adoptée par 168 voix contre 140. Les voix de nombreux députés macronistes (de Renaissance et du MoDem) se sont jointes à celles de la gauche. Les députés de la droite (LR et Horizons) ont voté contre, tout comme le Rassemblement national. “Vous ne venez pas de décider de taxer le haut patrimoine, vous avez taxé l’assurance-vie, vous avez taxé les PEL”, a regretté le patron des députés LR Laurent Wauquiez. Le député RN Jean-Philippe Tanguy a décrit la mesure comme “le financement des magouilles entre le Parti socialiste et le gouvernement”, estimant qu’elle ne protège pas “l’épargne des classes populaires et moyennes”.- “Magouille de non-censure” -Jerôme Guedj a balayé l’argument, son camp soutenant que la mesure concerne essentiellement les dividendes des actionnaires, et qu’avec un PEL dont la moyenne en France est de 25.000 euros, cette hausse représenterait seulement 50 centimes d’euros par mois. La soirée avait pourtant mal commencé pour les socialistes, avec le rejet d’un amendement similaire. Un épisode illustrant les divisions à gauche entre le PS, LFI et les écologistes. Les Insoumis avaient en effet voté contre ce premier amendement, dénonçant une “magouille de non-censure”, selon la présidente du groupe Mathilde Panot. Une partie des écologistes s’étaient abstenus.Mme Panot avait alors appelé à voter les amendements suivants pour des taux plus importants, ou sans limite dans le temps.”C’est une politique de la terre brûlée, ils ne veulent pas de recettes, ils ne veulent pas de budget pour la France”, avait dénoncé après le premier vote Sandrine Runel (PS), le premier secrétaire Olivier Faure reprochant aux Insoumis de pratiquer le “tout ou rien, et surtout rien”.

Wall Street profite de données économiques meilleures qu’attendu

La Bourse de New York a clôturé en hausse mercredi, portée par l’image d’une économie américaine en meilleure santé qu’escompté après la publication de nouveaux indicateurs par des organismes privés.Après une ouverture sans dynamisme, le Dow Jones a finalement pris 0,48%, l’indice Nasdaq 0,65% et l’indice élargi S&P 500 a gagné 0,37%.”C’est une bonne journée sur les marchés, non seulement parce que ceux-ci sont en hausse, mais aussi parce que les gains les plus importants concernent les titres qui avaient baissé hier”, a commenté auprès de l’AFP Christopher Low, analyste de FHN Financial.”Les chiffres économiques meilleurs que prévu (…) contrebalancent les inquiétudes liées aux valorisations qui ont fait baisser les actions ces derniers jours”, a relevé Jose Torres, analyste d’Interactive Brokers.Le baromètre ADP, dont la fiabilité est régulièrement mise en doute par les analystes, prend une importance singulière ces temps-ci, faute de données officielles sur l’état du marché du travail américain en raison du blocage budgétaire qui touche la première économie mondiale.Selon cette enquête mensuelle, le secteur privé a créé 42.000 emplois aux Etats-Unis en octobre, soit plus qu’anticipé par les économistes.Ces chiffres révèlent la différence majeure entre la trajectoire des grandes entreprises, qui ont créé des emplois, et celle des plus petites entités, qui ont surtout supprimé des postes.La banque centrale des Etats-Unis (Fed) “devrait considérer ces données comme la confirmation que les baisses de taux pourraient aider un peu, mais qu’il reste encore du travail à faire”, a estimé Christopher Low.Les analystes continuent d’attendre en majorité une nouvelle baisse de taux lors de la prochaine réunion de politique monétaire de la Fed, en décembre, selon l’outil de veille CME FedWatch.Mercredi, les investisseurs ont aussi accueilli avec optimisme la progression de l’activité dans les services aux Etats-Unis en octobre. Elle a atteint un plus haut depuis février, selon l’enquête de la fédération professionnelle ISM.Les acteurs de la place américaine suivent aussi les débats autour d’une grande partie des droits de douane américains devant la Cour suprême, dont une majorité de membres paraissait douter de leur légalité mercredi.Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’État américain se tendait nettement, à 4,16% vers 21H20 GMT contre 4,09% à la clôture mardi.Côté entreprises, le réseau social Pinterest (-22,39% à 25,54 dollars) a chuté en raison de résultats en deçà des attentes, notamment un bénéfice net par action de 38 cents, là où les analystes tablaient sur 42 cents.La plateforme a vu certains de ses annonceurs, comme les grands distributeurs, diminuer leurs dépenses en publicités, car plombés par les conséquences financières des droits de douane.Le géant américain des puces Advanced Micro Devices (AMD) profitait de résultats meilleurs qu’attendu lors du trimestre écoulé, aussi bien au niveau du chiffre d’affaires que du bénéfice net par action. Son titre a pris 2,51% à 256,33 dollars.La chaîne de restauration rapide McDonald’s (+2,16% à 305,67 dollars) a été recherchée, malgré un bénéfice net inférieur aux attentes du marché au troisième trimestre, affecté par une charge de près de quarante millions de dollars quasi intégralement liée au plan d’entreprise du groupe.

La Cour suprême se montre sceptique face aux droits de douane de Trump

Une majorité de la Cour suprême paraissait douter mercredi de la légalité d’une bonne partie des droits de douane imposés par Donald Trump, instrument majeur de la politique économique et diplomatique du président américain.L’audience de près de trois heures s’est tenue tout juste un an après l’élection qui a ramené Donald Trump à la Maison Blanche, d’où il a lancé une offensive protectionniste sans précédent, à coups de droits de douane imposés à tous les pays de la planète.En jeu devant les neuf juges, six conservateurs et trois progressistes, la légalité de son recours à la loi d’urgence économique IEEPA de 1977 pour décréter plusieurs salves de droits de douane, qu’il a ensuite modulés au fil des négociations ou brouilles avec les pays visés.Ces droits de douane se traduisent “par l’imposition de taxes aux Américains, ce qui a toujours été un pouvoir fondamental du Congrès” et non de l’exécutif, a objecté le président de la cour, John Roberts, au conseiller juridique du gouvernement, John Sauer.”Vous dites que les droits de douane ne sont pas des taxes, mais c’est exactement ce qu’ils sont”, a également relevé la juge progressiste Sonia Sotomayor.”Les droits de douane sont une incitation, un moyen de pression”, a plaidé John Sauer, assurant que l’objectif était “d’amener les autres pays à changer leur comportement et à traiter les urgences”, et non pas d’en tirer des recettes.Ces taxes sur les produits importés génèrent des milliards de dollars de recettes et ont permis d’arracher aux partenaires des Etats-Unis des promesses d’investissements et des conditions plus favorables pour les exportateurs américains.- “Tous les produits, de tous les pays” -“Ce président a démoli toute l’architecture du système de droits de douane”, a répliqué Neal Katyal, l’avocat des PME qui les contestent en justice.Jamais le Congrès en adoptant la loi IEEPA n’a eu l’intention de permettre au président “de fixer et de modifier les droits de douane sur tous les produits, de tous les pays et à tout moment”, a-t-il affirmé.Le juge conservateur Neil Gorsuch s’est par ailleurs inquiété de l’irréversibilité d’une délégation aussi large des pouvoirs du Congrès que l’envisage l’exécutif dans ce dossier.”Une fois que le Congrès délègue ses pouvoirs par une majorité simple et que le président l’accepte – et bien sûr tout président signera une loi qui lui donne plus de pouvoir – le Congrès ne pourra pas les récupérer sans une super majorité”, a-t-il prévenu.Donald Trump, qui a qualifié mardi le maintien de ces droits de douane de “question de vie ou de mort” pour les Etats-Unis, a dépêché des responsables de premier plan dans la salle d’audience.Le ministre des Finances Scott Bessent était ainsi présent, a constaté un journaliste de l’AFP.Donald Trump décrit les droits de douane comme une solution universelle aux problèmes des Etats-Unis.Il se targue de pouvoir ainsi réindustrialiser le pays, réduire son déficit commercial chronique, engranger des recettes fiscales, négocier en position de force avec les autres pays, mais aussi – en imposant des taxes contre le Mexique, le Canada et la Chine – juguler la crise du fentanyl, un puissant opiacé qui tue par overdose des dizaines de milliers d’Américains chaque année.Les droits de douane en question mercredi – distincts de ceux frappant des secteurs précis, comme l’automobile et l’acier – ont été déclarés illégaux par plusieurs juridictions fédérales mais sont restés en vigueur en attendant que la Cour suprême tranche.En cas de rejet de son recours l’administration Trump pourra toujours invoquer d’autres textes, pour imposer des droits de douane, certes avec moins de latitude. La Cour se prononcera d’ici le terme de sa session annuelle fin juin, mais sa décision pourrait intervenir rapidement puisqu’elle a accepté d’examiner ce dossier selon un calendrier accéléré.Elle doit d’ailleurs statuer sur d’autres questions portant sur l’étendue des pouvoirs présidentiels, notamment de révocation des responsables d’organismes indépendants, en particulier à la Réserve fédérale (banque centrale).

La plateforme en ligne Shein sous la menace d’une suspension en France

Le gouvernement a annoncé mercredi qu’il engageait une procédure de suspension de la plateforme asiatique en ligne Shein, le jour de l’inauguration de son premier magasin au monde, à Paris, et après l’ouverture d’une enquête pour la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine.Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dit engager une procédure de “suspension” en France du site internet de Shein, “le temps” que la société se conforme aux lois du pays.Shein a 48 heures pour retirer les produits interdits de son site, sinon “une réquisition numérique pourra être ordonnée”, permettant au gouvernement d'”exiger la suspension du site internet”, a précisé le ministère de l’Economie.”On a saisi la Répression des fraudes (la DGCCRF, NDLR), ce sont des enquêteurs avec pouvoir de police qui déclenchent une procédure très rapide, ça dure 48 heures, pour échanger avec la plateforme et voir si elle est capable de se mettre en conformité”, a détaillé mercredi soir le ministre de l’Economie Roland Lescure sur LCI.En cas de non-conformité, la sanction peut être “le déréférencement ou la suspension, on tape Shein dans le moteur de recherche et on ne le trouve plus”, a-t-il précisé.- La justice saisie -Dans une autre procédure, le gouvernement a saisi la justice pour demander le blocage du site Shein “au regard du caractère systématique et répété des infractions de la plateforme” et pour “faire cesser de façon certaine les graves dommages à l’ordre public causés par (s)es défaillances”.Après la vente des poupées sexuelles à l’effigie de fillettes, pour laquelle le parquet de Paris a ouvert une enquête lundi, des armes de catégorie A (machettes, poings américains) ont été repérées sur le site.Shein a pris acte, dans un communiqué, de la décision du gouvernement. “La sécurité de nos clients et l’intégrité de notre +marketplace+ (place de marché où sont proposés des produits de vendeurs tiers, NDLR) sont nos priorités absolues”, a assuré l’entreprise.Le géant asiatique du e-commerce a annoncé parallèlement suspendre sa “marketplace” en France “à la suite de préoccupations liées à certaines mises en ligne effectuées par des vendeurs tiers indépendants” et “indépendamment” de la décision de Matignon.Shein n’a en revanche pas souhaité réagir dans l’immédiat à la saisine de la justice concernant le motif d’atteintes à l’ordre public.Ces procédures ont suivi de quelques heures l’inauguration, au BHV, de la première boutique physique de Shein, au 6e étage de ce grand magasin parisien. Frédéric Merlin, le patron de la Société des grands magasins (SGM), propriétaire du BHV depuis 2023, s’est dit devant la presse “satisfait” de cette suspension de la “marketplace”, disant espérer “qu’enfin on pourra arrêter d'(y) vendre des produits illicites.- “Curiosité” -Sous la vigilance d’un important dispositif policier, de nombreux clients ont constitué une longue file devant le magasin toute la journée, venus par “curiosité” ou parce que “c’est moins cher”.Hammani Souhaila, sortie avec un t-shirt à 16,49 euros pour sa fille de 17 ans, a regretté que les produits vendus au BHV soient “plus chers qu’en ligne”.Si pour Laure, cheffe d’entreprise dans le médical, 58 ans, ce magasin est “une arnaque”, de nombreux clients sont sortis satisfaits, sacs en mains, comme Rouma Chiniah, aide-soignante versaillaise de 62 ans, “pas déçue”, qui a dépensé au moins 200 euros.Mercredi, le grand magasin a enregistré une fréquentation supérieure de 50% à une journée normale, selon la SGM.L’arrivée physique de la plateforme Shein, fondée en 2012 en Chine et désormais basée à Singapour, cristallise les tensions autour de la régulation du commerce en ligne et de la mode jetable.Mais pour certains clients, comme Fatima Mriouch, éducatrice de 48 ans, “il n’y a pas que Shein” en cause dans les dérives environnementales ou sociales du secteur textile mondial. “Les poupées, comme par hasard c’est arrivé là, ça ne m’a pas empêché de venir.”- “Pillage” -L’entreprise a déjà écopé cette année en France de trois amendes d’un total de 191 millions d’euros pour non-respect de la législation sur les cookies, fausses promotions, informations trompeuses et non-déclaration de microfibres plastiques.Outre les accusations de recours à des sous-traitants sous-payés et des pratiques supposées néfastes pour l’environnement, Shein est aussi accusé de participer aux difficultés du secteur textile et des petits commerces.Plusieurs marques françaises ont déserté le BHV, dénonçant un partenariat en contradiction avec leurs valeurs et leurs intérêts.Cinq autres boutiques Shein ouvriront en province prochainement, à Angers, Dijon, Grenoble, Limoges et Reims.ole-hrc-are-ac-meh-sr/abb/er

Le Premier ministre belge convoque une réunion d’urgence après de nouveaux survols de drones

Le Premier ministre belge Bart De Wever réunira jeudi matin en urgence un conseil national de sécurité, après de nouveaux signalements de drones aux abords de grands aéroports qui ont entraîné la fermeture de l’espace aérien dans la nuit de mardi à mercredi.La multiplication de ces survols suspects, dont l’origine demeure inconnue, inquiète les autorités.Entouré des principaux responsables de la police et de l’armée, le chef du gouvernement examinera la réponse à y apporter lors d’une réunion “prévue jeudi à 10H00” (09H00 GMT), a annoncé son cabinet mercredi.Skeyes, société chargée du contrôle aérien en Belgique, a dû interrompre tout le trafic au-dessus du pays à deux reprises mardi soir, vers 20H00 (19H00 GMT) puis de nouveau à 22H00 (21H00 GMT), après deux signalements successifs de drones aux abords des aéroports de Bruxelles-Zaventem, le premier de Belgique, et de Liège.Le trafic a pu redémarrer progressivement en fin de nuit, mais des dizaines de vols commerciaux ont dû être annulés, dont une quarantaine encore mercredi à Bruxelles-Zaventem afin de résorber les retards et éviter de nouveaux détournements vers les pays voisins.Entre 400 et 500 passagers ont été contraints de passer la nuit à Zaventem, faute de décollages possibles, a indiqué une porte-parole de la société exploitante Brussels Airport.Par ailleurs, plusieurs personnes ont signalé mercredi soir aux autorités la présence d’un possible drone à proximité d’une caserne militaire à Heverlee, près de Louvain, sans qu’il ait pu être confirmé qu’il s’agissait bien d’un tel engin, a précisé à l’AFP le porte-parole de la police locale, Marc Vranckx.Le média flamand HLN a également rapporté que la base militaire de Kleine-Brogel (nord-est), réputée abriter des armes nucléaires américaines pour le compte de l’Otan, et qui avait déjà été survolée à trois reprises le week-end dernier, l’avait de nouveau été mercredi.A l’instar de plusieurs pays européens – le Danemark, l’Allemagne ou la Norvège -, la Belgique est confrontée à une multiplication de survols de drones jugés suspects au-dessus de lieux ou d’infrastructures sensibles.Le ministre de la Défense Theo Francken a évoqué une opération coordonnée menée par “des professionnels” pour semer “la panique” et “déstabiliser” la Belgique.Déjà début octobre des drones non identifiés avaient survolé le camp militaire d’Elsenborn, non loin de la frontière avec l’Allemagne, un autre dossier aux mains du parquet fédéral belge.- Soupçons d’espionnage -Ce parquet, compétent sur tout le territoire pour la criminalité organisée et le terrorisme, pilote les investigations concernant les incidents sur les bases militaires.Il pourrait aussi prendre le relais des parquets locaux sur les survols d’aéroports civils “s’il y a des indications d’espionnage ou d’ingérence”, selon une porte-parole du parquet fédéral.Le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin a évoqué de son côté plusieurs enquêtes ouvertes après les incidents de mardi soir.Pour identifier les drones et pouvoir remonter à leurs propriétaires, “il faut probablement qu’ils soient tous enregistrés ce qui n’est  pas le cas aujourd’hui, il y a à mon avis trop de drones qui ne sont pas enregistrés”, a poursuivi le ministre à la radio publique francophone RTBF.”Pour abattre un drone, il faut aussi s’assurer qu’on ne crée pas plus de dégâts par ailleurs”, a-t-il aussi fait valoir.Cette plateforme spécialisée dans le fret et où s’opèrent beaucoup de vols cargo nocturnes a vu son activité interrompue pendant environ six heures. Le trafic a pu reprendre un peu avant 02H00 mercredi, selon le porte-parole, Christian Delcourt.Vendredi soir dernier, en Allemagne, c’est à l’aéroport de Berlin-Brandebourg que les vols avaient dû être interrompus pendant près de deux heures en raison d’une nouvelle alerte aux drones, après plusieurs incidents similaires au-dessus de Munich en octobre.L’Allemagne, l’un des principaux soutiens à l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie, ainsi que le Danemark, ont mis en cause Moscou pour l’augmentation de l’activité de drones au-dessus de leurs infrastructures critiques. La Russie a nié toute implication.