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Budget: Lecornu fragilisé par une alliance gauche-RN sur la fiscalité des multinationales

Les députés ont voté mercredi de nouvelles taxes visant les grandes entreprises, dans une alliance de circonstance entre la gauche et l’extrême droite, rendant plus difficile l’adoption du budget par le camp gouvernemental qui dénonce une “folie fiscale”.Sébastien Lecornu se retrouve face à une équation politique de plus en plus impossible, alors même que les mesures les plus sensibles – notamment sur la taxation des hauts patrimoines, condition posée par les socialistes à leur non-censure – n’ont pas encore été examinées.Jeudi, les députés feront une pause dans les débats budgétaires, avec une journée réservée à l’examen de textes proposés par le Rassemblement national.Mais ils reprendront vendredi, avec l’examen prioritaire dès 09H00 de l’article 3 du projet de loi de Finances instaurant une taxe sur les holdings, suivi des amendements de la gauche pour créer une taxe Zucman. Dans ce contexte déjà tendu, le gouvernement avait haussé le ton dès mercredi matin. “La justice fiscale a laissé place à la surenchère fiscale”, a mis en garde mercredi le ministre de l’Economie Roland Lescure. Le Premier ministre s’est lui inquiété devant les sénateurs d’une déconnexion entre le débat fiscal et “la question économique générale et globale”.Dans leur ligne de mire, le vote mardi par une alliance de la gauche et du RN d’un “impôt universel” sur les multinationales, pour lutter contre l’évasion et l’optimisation fiscale.Une mesure censée rapporter 26 milliards d’euros, selon ses défenseurs, mais jugée inopérante, contraire à la législation et néfaste pour l’économie française, par le gouvernement.- “Pas honteux” -Marine Le Pen, pointée du doigt par la droite pour son soutien, a défendu la mesure. “Il s’agit juste de faire respecter la loi”, selon elle.”Pour l’instant, ce qui a été voté” à l’Assemblée dans le cadre de l’examen du budget de l’Etat n’est “pas honteux, contrairement aux hurlements du gouvernement”, a enfoncé la cheffe des députés RN.Mais les mises en garde du camp gouvernemental n’ont pas freiné les députés dans leur lancée, au contraire.Dans l’après-midi, ils ont continué d’adopter des mesures visant les grands groupes.Là encore, ce sont les votes réunis de la gauche et du RN qui ont permis l’adoption d’une mesure portée par LFI visant à élargir le champ d’application de l’impôt minimum de 15% sur les bénéfices des multinationales. C’est “une autoroute vers le contentieux”, qui fragiliserait les efforts coordonnés avec l’OCDE pour lutter contre l’évasion fiscale, a fustigé dans l’hémicycle le ministre de la Fonction publique, David Amiel.”On assume à 100%” ce vote, a martelé le député RN Jean-Philippe Tanguy.Dans la foulée, le gouvernement a essuyé deux nouveaux revers: le RN a réussi à faire adopter de justesse un amendement pour alourdir la taxation sur les rachats d’actions, afin de lutter contre la spéculation. Les députés de gauche se sont pour la plupart abstenus. Puis c’est la France Insoumise qui a réussi à faire adopter, lors d’un vote très serré, un amendement instaurant une taxe exceptionnelle sur les superdividendes.Ces derniers votes ne devraient pas faciliter la tâche de Sébastien Lecornu.Mercredi matin, le président de LR Bruno Retailleau avait dénoncé une “folie fiscale”, et “le coût de la stabilité politique exorbitant”. Le chef des députés MoDem Marc Fesneau estime aussi que le texte “devient totalement invotable”.- Amendement de compromis ? -A l’issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait relativisé les votes de la veille, rappelant qu’on n’est “qu’au tout début du processus parlementaire”.M. Retailleau pense d’ailleurs que la première partie du budget sur les recettes “sera refusée par l’Assemblée” et donc que ce sera le Sénat “qui devra reprendre la copie”.Sous couvert d’anonymat, plusieurs cadres de la coalition gouvernementale disent s’attendre à ce qu’il n’y ait “pas de budget” et que le gouvernement doive se contenter d’une “loi spéciale”, qui lui permet de reconduire en 2026 les impôts et dépenses de 2025.Autre option: l’adoption d’un budget par ordonnances, comme l’autorise la Constitution si les délais d’examen du texte sont dépassés, et comme s’en inquiète le RN.Les groupes politiques ont accepté de retirer une partie de leurs amendements afin d’accélérer les débats.La fiscalité va continuer d’alimenter les tensions dès la reprise vendredi matin. Du fait de l’opposition résolue du bloc central, de la droite et du RN, la taxe Zucman n’a guère de chance d’être votée, que ce soit dans sa forme initiale (un impôt minimum de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros) ou modifiée (3% à partir de 10 millions d’euros, mais en excluant les entreprises innovantes et familiales).Un amendement de compromis pourrait donc être encore présenté par le gouvernement au moment des débats. “Il y a encore du travail”, a reconnu Mme Bregeon.parl-far-sl-cma/lpa

Trump rencontre Xi, optimiste sur une accalmie commerciale

C’est plein d’optimisme que Donald Trump aborde jeudi sa rencontre cruciale avec le président chinois Xi Jinping en Corée du Sud, censée sceller une trêve dans la brutale guerre commerciale qui oppose les deux puissances.Les négociateurs de Pékin et Washington assurent s’être entendus sur un “cadre” d’accord, que les deux dirigeants n’auront, en principe, qu’à finaliser.Mais comme toujours s’agissant de l’impulsif président américain, le facteur d’incertitude reste conséquent.Les deux hommes se connaissent bien pour s’être vus vus cinq fois pendant le premier mandat du républicain, mais leur dernière entrevue remonte à 2019. Depuis, la rivalité entre les deux superpuissances n’a fait que s’intensifier et surtout Donald Trump, revenu au pouvoir en janvier, a déclenché une radicale offensive protectionniste, au service de son idéologie “L’Amérique d’abord”.”Je suis très impatient de rencontrer le président Xi”, a-t-il écrit de bon matin jeudi sur son réseau Truth Social, après avoir promis la veille que l’entrevue serait “excellente”.La Maison Blanche a indiqué que la réunion se tiendrait dans la grande ville portuaire de Busan (sud-est), qu’elle débuterait à 11H00 locale (02H00 GMT) et que le président américain quitterait le pays à 12h55 locale. Donald Trump avait laissé entendre mercredi que l’entretien pourrait être plus long et durer jusqu’à quatre heures.”Nous sommes prêts à travailler conjointement avec la partie américaine pour (…) obtenir des résultats positifs et impulser une nouvelle dynamique”, a commenté mercredi un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun.-Terres rares et soja-Donald Trump a déjà laissé entrevoir une baisse des droits de douane américains qui avaient été imposés à la Chine en raison de sa contribution, selon Washington, aux ravages causés par le trafic de fentanyl aux Etats-Unis.En contrepartie, Pékin pourrait accepter de retarder l’application de ses restrictions à l’exportation de terres rares –matériaux indispensables à l’industrie (automobile, smartphones, armement…) sur lesquels la Chine exerce un quasi-monopole.Selon le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, le géant asiatique envisageait également de reprendre ses achats de soja aux Etats-Unis, un sujet sensible politiquement à l’heure où les agriculteurs américains souffrent.Ce sommet arrive après quelques semaines particulièrement mouvementées. Le 19 septembre, Donald Trump annonçait une prochaine rencontre avec son homologue chinois, après une conversation téléphonique “très productive”.Puis les sujets de friction se sont accumulés, jusqu’à celui qui fait sortir le président américain de ses gonds: la décision le 9 octobre par Pékin de restreindre ses exportations de terres rares, au risque de compromettre le grand programme de réindustrialisation du locataire de la Maison Blanche.Le milliardaire new-yorkais, dénonçant ue manœuvre “hostile”, avait menacé d’imposer des surtaxes douanières écrasantes et de bouder la rencontre. Avant de se radoucir, dans l’une des volte-face dont il a l’habitude.-“Apaisement des tensions”-“Nombreux sont ceux qui voient dans cette rencontre un +cessez-le-feu+, un apaisement des tensions entre les deux parties”, indique à l’AFP Tai Wei Lim, expert de l’Asie orientale à l’Université Soka.L’accord commercial en gestation ne réglera pas les contentieux de fond entre les deux puissances, qui sont économiques mais aussi stratégiques. Donald Trump voit d’un mauvais oeil les manoeuvres diplomatiques de son homologue chinois pour rallier les grand pays émergents et il s’est plusieurs fois irrité des liens entre la Chine et la Russie.Mais le président américain a aussi intérêt, politiquement, à annoncer l’un de ces “deals” dont il raffole alors qu’il est empêtré chez lui dans une crise budgétaire prolongée.La rencontre avec Xi Jinping conclut une tournée asiatique qui l’a vu accueilli en Malaisie, au Japon et en Corée du sud avec des cadeaux fastueux, des égards appuyés et des promesses de gigantesques investissements aux Etats-Unis.Une surprise de cette réunion soigneusement préparée pourrait venir d’un sujet éloigné du commerce: Taïwan. “Taïwan, c’est Taiwan” a commenté Donald Trump mercredi, énigmatique, quand une journaliste lui a demandé quelle serait son attitude si son homologue chinois faisait pression au sujet de l’île, dont la Chine revendique la souveraineté.Depuis 1979, Washington reconnaît Pékin au détriment de Taipei comme seul pouvoir chinois légitime, mais reste l’allié le plus puissant de Taïwan et son principal fournisseur d’armes.

Etats-Unis: la Fed baisse ses taux mais s’affiche de plus en plus divisée

La Réserve fédérale américaine (Fed) a réduit mercredi ses taux d’intérêt pour la deuxième fois d’affilée, une décision qui n’a pas fait l’unanimité en son sein, son président prévenant qu’une détente supplémentaire était “loin” d’être acquise à la réunion suivante.La baisse, d’un quart de point, ramène les taux directeurs dans une fourchette comprise entre 3,75% et 4%.Il s’agit de la deuxième détente de l’année. Le compteur s’est ouvert lors de la précédente réunion, en septembre.Cette action, massivement anticipée par les marchés financiers, revêt un caractère inhabituel: deux des douze votants s’y sont opposés. Le gouverneur Stephen Miran, récemment promu par le président Donald Trump, voulait – comme le mois précédent – une baisse plus forte, d’un demi-point. Ce n’est pas une surprise, il l’avait largement médiatisé.Quant au président de la Fed régionale de Kansas City, Jeffrey Schmid, il ne voulait pas de détente du tout. Dans un discours au début du mois, il avait fait comprendre qu’il trouvait l’inflation trop élevée pour assouplir davantage la politique monétaire. Les responsables de la banque centrale sont encore plus divisés sur la conduite à suivre lors de la prochaine réunion, les 9 et 10 décembre, a rapporté son président Jerome Powell en conférence de presse.”Une réduction supplémentaire des taux directeurs lors de la réunion de décembre n’est pas acquise, loin de là”, a-t-il lancé.Cela a quelque peu douché les espoirs des marchés financiers, qui pariaient largement sur la poursuite d’une politique plus accommodante. Wall Street, qui évoluait en hausse, s’est retournée après cette déclaration. Les indices ont ensuite clôturé la séance en ordre dispersé.”Une baisse des taux en décembre reste toujours très probable. Aucun des responsables de la Fed ne veut porter la responsabilité d’un ralentissement ou d’une récession”, a réagi dans une note Heather Long, économiste pour la banque Navy Federal Credit Union, qui redoute de voir les licenciements se multiplier. – La brume du “shutdown” -Pour expliquer sa décision du jour, la Fed met en avant dans son communiqué l’augmentation des risques pesant sur le marché du travail “ces derniers mois”.Les créations d’emplois se sont effondrées, sans faire déraper le taux de chômage, dans une économie chamboulée par les droits de douane mis en place par l’exécutif et la politique dure en matière d’immigration, qui réduit le nombre de travailleurs mais aussi le nombre de personnes consommant dans le pays. C’est dans ce contexte que les banquiers centraux américains ont perdu une partie de leurs boussoles.Après avoir eu du mal à jauger l’impact du choc douanier, ils ne disposent plus ces derniers temps des indicateurs officiels produits par les services gouvernementaux en raison de la paralysie budgétaire (“shutdown”) en cours.Jerome Powell a observé que ce blocage, qui suspend le versement des salaires de centaines de milliers de fonctionnaires, allait “peser sur l’activité économique”, mais estimé que “cet impact devrait être compensé quand le shutdown sera terminé”. La banque centrale a par ailleurs indiqué qu’elle allait arrêter le 1er décembre sa politique dite de resserrement quantitatif.Jusqu’ici, elle ne renouvelait plus systématiquement les titres en sa possession quand ils arrivaient à échéance, comme les obligations d’Etat. Cela a permis d’alléger nettement son bilan, qui avait explosé au moment de la pandémie de Covid-19.En reprenant ses achats, elle remet des liquidités dans l’économie, ce qui est une façon de la soutenir.”Cette décision constitue un soutien majeur pour le marché obligataire, mais signale également les préoccupations croissantes du comité concernant le marché du travail”, a commenté Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier IM.Alors que Donald Trump n’a cessé de réclamer des baisses de taux depuis son retour au pouvoir en janvier, sa volonté d’influencer la politique monétaire a été moins manifeste cette fois-ci. Son conseiller économique, le gouverneur Miran, est à bord, et la Cour suprême n’a pas autorisé M. Trump à révoquer sans attendre une autre responsable, la gouverneure Lisa Cook. Le chef de l’Etat a aussi accordé un peu de répit à Jerome Powell, qu’il avait cherché à pousser dehors. Désormais, il évalue les candidats susceptibles de le remplacer à la fin de son mandat, au printemps.

Wall Street termine sans direction claire, mitigée après la Fed

La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mercredi, digérant les commentaires du président de la Réserve fédérale (Fed) selon lequel une nouvelle baisse de taux en décembre est “loin” d’être acquise. Le Dow Jones a perdu 0,16% et l’indice élargi S&P 500 a terminé à l’équilibre (-0,00%). L’indice Nasdaq a progressé de 0,55%, atteignant un record en clôture pour la quatrième séance d’affilée, aidé par la progression du géant américain des puces Nvidia qui a dépassé le cap historique des 5.000 milliards de dollars de capitalisation boursière.La Fed a réduit mercredi ses taux d’intérêt pour la deuxième fois d’affilée, d’un quart de point, ramenant les taux directeurs dans une fourchette comprise entre 3,75% et 4%.Cet assouplissement était “largement anticipé” par les investisseurs, commente auprès de l’AFP Christopher Low, de FHN Financial.En revanche, “les principaux indices ont reculé après que le président de la Fed, Jerome Powell, a déclaré qu’une nouvelle baisse des taux en décembre n’était pas garantie”, expliquent les analystes de Briefing.com.Les responsables de l’institution “ont exprimé des vues très différentes sur la conduite à adopter en décembre. Une réduction supplémentaire des taux directeurs lors de la réunion de décembre n’est pas acquise, loin de là”, a affirmé Jerome Powell en conférence de presse.”Les dissensions au sein du comité remettent en question le narratif d’une Fed systématiquement accommodante”, a commenté Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier IM.Selon lui, “les marchés (boursiers, ndlr) ont progressé sur la conviction que la Fed s’engageait dans une trajectoire de baisse des taux” mais l’opposition de deux membres à la décision de mercredi “contredit cette vision consensuelle.”Le gouverneur Stephen Miran, récemment promu par le président Donald Trump, voulait une baisse plus forte, d’un demi-point, tandis que le président de la Fed régionale de Kansas City, Jeffrey Schmid, ne voulait pas de baisse du tout.Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’État américain s’est franchement tendu, évoluant autour de 4,07% vers 20H15 GMT contre 3,98% mardi en clôture.Malgré ces incertitudes sur la politique monétaire, le marché reste traversé par “un enthousiasme pour l’intelligence artificielle (IA)” et “un optimisme concernant des accords commerciaux”, remarque Jose Torres, d’Interactive Brokers.Le mastodonte Nvidia est devenu mercredi la première entreprise au monde à franchir le cap symbolique des 5.000 milliards de dollars de valorisation boursière, preuve de l’appétit accru pour les valeurs liées à l’IA.Le titre Nvidia a finalement gagné 2,99% à 207,04 dollars.L’entreprise a notamment été poussée par la perspective d’une autorisation de la vente de son architecture de processeurs phare (“Blackwell”) sur le marché chinois, alors qu’une rencontre est attendue jeudi entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping.Le constructeur aéronautique Boeing a été boudé (-4,31% à 213,71 dollars) après avoir de nouveau annoncé une lourde perte trimestrielle, malgré un fort rebond de ses livraisons, du fait d’une charge conséquente sur son programme de bicouloir 777X, très en retard.Le groupe agroalimentaire Mondelez (chocolats Milka et Côte d’Or) a de nouveau pâti des cours élevés du cacao, qui ont atteint un record au troisième trimestre et fait fondre son bénéfice, lâchant 3,92% à 57,85 dollars.

Wall Street termine sans direction claire, mitigée après la Fed

La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mercredi, digérant les commentaires du président de la Réserve fédérale (Fed) selon lequel une nouvelle baisse de taux en décembre est “loin” d’être acquise. Le Dow Jones a perdu 0,16% et l’indice élargi S&P 500 a terminé à l’équilibre (-0,00%). L’indice Nasdaq a progressé de 0,55%, atteignant un record en clôture pour la quatrième séance d’affilée, aidé par la progression du géant américain des puces Nvidia qui a dépassé le cap historique des 5.000 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Etats-Unis: la Fed baisse ses taux mais s’affiche divisée pour la suite

La Réserve fédérale américaine (Fed) a réduit mercredi ses taux d’intérêt pour la deuxième fois d’affilée, une décision qui n’a pas fait l’unanimité en son sein, Jerome Powell prévenant qu’une détente supplémentaire était “loin” d’être acquise à la réunion suivante.La baisse, d’un quart de point, ramène les taux directeurs dans une fourchette comprise entre 3,75% et 4%.Il s’agit de la deuxième détente monétaire de l’année. Le compteur s’est ouvert lors de la précédente réunion, en septembre. Cette action était massivement anticipée par les marchés financiers. Elle revêt toutefois un caractère inhabituel: deux des douze votants se sont opposés à cette action. Le gouverneur Stephen Miran, récemment promu par le président Donald Trump, voulait – comme le mois précédent – une baisse plus forte, d’un demi-point. Ce n’est pas une surprise, il l’avait largement médiatisé.A l’inverse, le président de la Fed régionale de Kansas City, Jeffrey Schmid, ne voulait pas de baisse du tout. Il avait fait comprendre dans un discours au début du mois qu’il trouvait l’inflation trop élevée pour assouplir davantage la politique monétaire. Les responsables de la banque centrale sont encore plus divisés sur la conduite à suivre lors de la prochaine réunion, les 9 et 10 décembre, a clairement rapporté son président Jerome Powell en conférence de presse.”Une réduction supplémentaire des taux directeurs lors de la réunion de décembre n’est pas acquise, loin de là”, a-t-il lancé.Cela a immédiatement douché les espoirs des marchés financiers, qui pariaient largement sur la poursuite d’une politique plus accommodante. Wall Street, qui évoluait en hausse, a inversé cette tendance. L’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, parvenait cependant à se ressaisir.- La brume du “shutdown” -Pour expliquer sa décision du jour, la Fed met en avant dans son communiqué l’augmentation des risques pesant sur le marché du travail “ces derniers mois”.Les créations d’emplois se sont effondrées, sans pour autant que le taux de chômage ne dérape, dans une économie chamboulée par les droits de douane mis en place par l’exécutif et la politique dure en matière d’immigration, qui réduit le nombre de travailleurs mais aussi le nombre de personnes consommant dans le pays. C’est dans ce contexte que les banquiers centraux américains ont perdu une partie de leurs boussoles.Après avoir eu du mal à jauger l’impact du choc douanier, ils ne disposent plus ces derniers temps des indicateurs officiels produits par les agences gouvernementales en raison de la paralysie budgétaire (“shutdown”) en cours.Jerome Powell a observé que ce blocage, qui suspend le versement des salaires de centaines de milliers de fonctionnaires, allait “peser sur l’activité économique”, mais estimé que “cet impact devrait être compensé quand le shutdown sera terminé”. La banque centrale a par ailleurs indiqué qu’elle allait arrêter le 1er décembre sa politique dite de resserrement quantitatif.Jusqu’ici, elle ne rachetait plus tous les titres en sa possession quand ceux-ci arrivaient à échéance comme des obligations d’Etat. Cela a permis d’alléger nettement son bilan, qui avait explosé au moment de la pandémie de Covid-19.En recommençant à racheter ces titres, elle remet des liquidités dans l’économie, ce qui est une façon de la soutenir.”Cette décision constitue un soutien majeur pour le marché obligataire, mais signale également les préoccupations croissantes du comité concernant le marché du travail”, a commenté Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier IM.Alors que Donald Trump n’a cessé de réclamer des baisses de taux depuis son retour au pouvoir en janvier, sa volonté d’influencer la politique monétaire a été moins manifeste cette fois-ci. Son conseiller économique, le gouverneur Miran, est dans la place, et la Cour suprême n’a pas autorisé M. Trump à révoquer sans attendre une autre responsable, la gouverneure Lisa Cook. Le chef de l’Etat a aussi accordé un peu de répit à Jerome Powell, qu’il a cherché à pousser dehors. Désormais, il évalue les candidats susceptibles de le remplacer à la fin de son mandat, au printemps.

Wall Street insatisfaite de la division au sein de la Fed, le dollar s’en réjouit

La Bourse de New York a été stoppée mercredi dans son élan haussier par les commentaires du président de la Réserve fédérale assurant que les membres de l’institution ont des vues “très différentes” sur le futur de la politique monétaire, des propos qui ont fait bondir le dollar.La Fed a réduit sans surprise mercredi ses taux d’intérêt pour la deuxième fois d’affilée face aux risques pesant sur le marché du travail “ces derniers mois”. La baisse, d’un quart de point, ramène les taux directeurs dans une fourchette comprise entre 3,75% et 4%. Mais la décision n’a pas fait l’unanimité en son sein.Et les responsables de l’institution “ont exprimé des vues très différentes sur la conduite à adopter en décembre. Une réduction supplémentaire des taux directeurs lors de la réunion de décembre n’est pas acquise, loin de là”, a affirmé Jerome Powell en conférence de presse.Alors que Wall Street évoluait largement dans le vert depuis le début de journée, ces commentaires ont temporairement poussé tous les indices de la place américaine dans le négatif.Vers 15H10 GMT, le Dow Jones perdait finalement 0,11%, l’indice élargi S&P 500 lâchait 0,08%. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, gagnait lui 0,36%, à l’approche des résultats d’entreprise de plusieurs géants du secteur.”Les dissensions au sein du comité remettent en question le narratif d’une Fed systématiquement accommodante”, a commenté Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier IM.Selon lui, “les marchés (boursiers, ndlr) ont progressé sur la conviction que la Fed s’engageait dans une trajectoire de baisse des taux” mais l’opposition de deux membres à la décision de mercredi “contredit cette vision consensuelle.”Le gouverneur Stephen Miran, récemment promu par le président Donald Trump, voulait – comme le mois précédent – une baisse plus forte, d’un demi-point. Ce n’est pas une surprise, il l’avait largement médiatisé.A l’inverse, le président de la Fed régionale de Kansas City, Jeffrey Schmid, ne voulait pas de baisse du tout. Il avait fait comprendre dans un discours au début du mois qu’il trouvait l’inflation trop élevée pour assouplir davantage la politique monétaire. Mercredi, la prise de parole de Jerome Powell a dopé le dollar, qui prenait vers 19H10 GMT 0,53% face à la monnaie unique européenne, à 1,1588 dollar pour un euro. Une baisse des taux directeurs d’une banque centrale affaiblit la devise locale, qui est perçue comme moins attractive.Les taux d’emprunts de l’Etat américain étaient aussi poussés vers le haut, l’échéance à dix ans évoluant autour de 4,05% contre 3,98% à la clôture la veille.

Airbus en forme face à Boeing toujours dans le rouge

Le géant européen Airbus affiche une santé financière enviable avec une nouvelle progression du bénéfice net au troisième trimestre, contrairement à l’américain Boeing, son principal concurrent, toujours dans le rouge.Airbus a vu son bénéfice net bondir au troisième trimestre de 14%, à 1,1 milliard d’euros, grâce notamment aux solides performances des branches défense et hélicoptères.Le chiffre d’affaires a également progressé de 14%, à 17,8 milliards d’euros. Sur les neuf premiers mois de l’année, il a grimpé de 7% à 47,4 milliards d’euros, le chiffre d’affaires de la branche défense progressant lui de 19% à 9,2 milliards d’euros.Des résultats qui “reflètent le niveau des livraisons d’avions commerciaux ainsi qu’une solide performance dans les secteurs Defense and Space et Hélicoptères”, a déclaré le patron d’Airbus Guillaume Faury.Ils contrastent avec ceux de Boeing dévoilés quelques heures plus tôt: le constructeur américain a affiché une perte trimestrielle de 5,3 milliards d’euros, malgré un fort rebond de ses livraisons, du fait d’une charge conséquente sur son programme de bicouloir 777X, très en retard.Airbus a maintenu son objectif de livraison en 2025 de 820 avions malgré les difficultés persistantes de sa chaîne d’approvisionnement.Trente-deux avions terminés sont toujours dans l’attente de moteurs à cause des difficultés des sous-traitants Pratt&Whitney et CFM (Safran-General Electric). Ce problème s’est un peu résorbé, puisqu’au début de l’été, 60 avions étaient dans cette situation, a souligné Guillaume Faury au cours d’une conférence téléphonique.  L’industriel, qui n’en a remis que 507 à ses clients fin septembre et devra sortir plus de 100 appareils dans les mois à venir, rappelle que les livraisons se concentrent toujours sur la fin de l’année. – Bémol sur A220 -Autre bémol: Airbus a revu à la baisse la montée en cadence pour l’A220, à 12 par mois en 2026 contre 14 envisagés auparavant.L’A220, assemblé principalement au Canada, mais aussi à Mobile (Alabama, Etats-Unis), est le petit monocouloir qui complète la famille A320 sur le marché du moyen-courrier.La compagnie polonaise LOT, cliente traditionnelle de Boeing et du brésilien Embraer, a passé son premier contrat avec Airbus cet été, une commande ferme de 40 A220 avec une augmentation future à 84 avions de ce type.  En revanche, pour ce qui concerne son avion vedette A320, Airbus est confiant dans sa capacité à atteindre le niveau inédit de production de 75 appareils par mois à l’horizon 2027, quand il disposera de dix lignes d’assemblage dans le monde pour cet aéronef.- Trump dynamise Boeing – Malgré les difficultés persistantes, Boeing a tiré son épingle du jeu sur le plan commercial en dépassant Airbus en termes de commandes en 2025, soutenu par la politique agressive de Donald Trump.Le géant américain affiche ainsi 774 commandes net fin septembre 2025 contre 514 pour Airbus. Il y a un an, Boeing en était à 272 contre 648 pour son concurrent européen.”Il y a une vraie accélération de Boeing sur la partie commerciale cette année”, commente dans une interview à l’AFP Florian Aknin, expert du cabinet de conseil Roland Berger.Il note “un effet Trump qui essaie de tordre le bras des compagnies aériennes, lorsqu’elles sont assez proches des gouvernements pour acheter du Boeing plutôt que du Airbus”, tout en soulignant qu’il s’agit d’un phénomène “plutôt à court terme”. Ainsi Boeing a engrangé en septembre 50 commandes d’appareils 787 de la part de Turkish Airlines et 14 de la part d’Uzbekistan Airways.”Globalement, Boeing a fait une très forte année, mais plutôt sur la partie long-courrier. Cela ne remet pas en question la supériorité d’Airbus sur le moyen-courrier”, selon Florian Aknin.Victoire symbolique pour Airbus, son monocouloir A320 entré en exploitation en 1988 est devenu l’avion le plus vendu en monde, détrônant le 737 de Boeing, dont le premier exemplaire a été livré en 1968, selon les données des deux groupes communiquées en octobre. Un succès qui s’explique à la fois par les difficultés du 737 MAX – immobilisé après plusieurs catastrophes aériennes, poussant certaines compagnies à se tourner vers l’A320 – et par la réussite de la famille A320neo, notamment de l’A321XLR, capable de rivaliser avec certains long-courriers et d’ouvrir de nouvelles routes, souligne Florian Aknin.

Fraude bancaire: le Parlement entérine la création d’un fichier centralisé des “IBAN” frauduleux

Le Parlement a entériné mercredi la création d’un fichier national des numéros de compte bancaire frauduleux, principale mesure d’une proposition de loi macroniste.Le texte du député Renaissance Daniel Labaronne, déjà adopté fin mars à l’Assemblée nationale, a été approuvé à l’identique par le Sénat, permettant d’envisager sa promulgation rapide.Il prévoit la création de ce fichier des “IBAN” frauduleux, baptisé fichier national des comptes signalés pour risque de fraude (FNC-RF). Géré par la Banque de France, il constituera un outil de de partage d’information pour lutter contre la fraude.Ce registre “permettra de bloquer plus vite les virements suspects et de renforcer la coopération entre acteurs publics et privés”, a salué la ministre déléguée au Numérique Anne Le Hénanff.En 2023, la fraude aux moyens de paiement a engendré un préjudice estimé à 1,2 milliard d’euros par l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP).La proposition de loi “visant à renforcer la lutte contre la fraude bancaire” prévoit également de lutter plus efficacement contre ces dernières, en confortant le cadre juridique du Fichier national des chèques irréguliers (FNCI), et en prévoyant que les banquiers puissent comme les commerçants accéder à ce fichier lorsqu’un client veut encaisser un chèque.L’adoption de ce texte s’inscrit dans une période où le Sénat est saisi de plusieurs initiatives sur la fraude: un projet de loi gouvernemental contre les fraudes sociales et fiscales sera examiné à partir du 12 novembre en première lecture. Et dès le 5 novembre, un texte de la sénatrice centriste Nathalie Goulet portant plusieurs mesures de lutte contre le blanchiment et la délinquance financière, fruit d’une commission d’enquête parlementaire, sera également débattu.

Jean Castex, un ex-Premier ministre qui accumule les casquettes dans le transport

Homme de terrain rompu au dialogue social et aux échanges avec les élus, l’ex-Premier ministre Jean Castex coche plusieurs cases pour diriger la SNCF, dont il rêvait de prendre les commandes.S’il n’est pas cheminot comme son prédécesseur Jean-Pierre Farandou, parti piloter le ministère du Travail, ce passionné de train peut au moins se targuer d’avoir fait la Une de “La vie du rail”, l’hebdomadaire spécialisé dans le ferroviaire, en juin 2021, lorsqu’il a soutenu et financé la relance des trains de nuit.En trois ans à la tête de la RATP (Régie autonome des transports parisiens), où il avait été reconduit il y a un an, il a rempli la mission principale pour laquelle il avait été nommé: garantir des transports de qualité en Ile-de-France pendant les Jeux olympiques.La partie n’était pas gagnée à son arrivée en novembre 2022, avec un service très dégradé en raison d’une pénurie de personnel liée notamment à la “grande démission” de la période post-covid, d’un absentéisme endémique et de grèves sporadiques pour dénoncer l’ouverture à la concurrence du réseau de bus.Avec l’aide d’un “sac à dos social” négocié par la branche des transports et d’une relance de l’habitat social au profit des salariés de la RATP, Jean Castex arrache des accords sociaux, octroie des hausses de salaires et lance des plans de recrutement qui ont remis l’entreprise sur les rails.Sa plus grande fierté, a-t-il confié à l’AFP début octobre, repose sur les “450.000 CV reçus à la RATP” depuis son arrivée.- Accent du sud-ouest -L’ancien maire de Prades (Pyrénées-Orientales) né dans le Gers, qui a conservé un léger accent du sud-ouest, compte user à la SNCF de la même méthode qu’à la RATP et à Matignon, avec des sorties sur le terrain quasiment quotidiennes.Les syndicats l’apprécient – FO réclamera même qu’il soit reconduit à son poste à la RATP. Les résultats financiers, peu flamboyants durant son premier mandat, sont en amélioration.Sous sa présidence, la RATP a affiché des pertes sur ses activités transport en 2023 et 2024, en partie à cause du choc inflationniste qui a suivi l’invasion de l’Ukraine par la Russie et un bond de 400 millions d’euros de la facture énergétique. Au premier semestre 2025, le groupe est revenu dans le vert, avec un bénéfice de 153 millions d’euros.L’ouverture à la concurrence du réseau de bus de Paris et de sa petite couronne a également été une “révolution” pour la régie, selon son propre aveu: la RATP a perdu l’exploitation de dizaines de lignes au profit de ses concurrents Keolis, Transdev ou ATM.Mais au final, elle est parvenue à remporter huit des 12 lots mis en concurrence, soit 70% du chiffre d’affaires et 75% du personnel. “Ce bilan est au-delà des objectifs que j’avais initialement fixés”, s’est félicité M. Castex dans Le Monde mercredi.Petit-fils de sénateur, formé à l’ENA, passé par la Cour des comptes, Jean Castex est aussi rompu aux rouages de l’Etat et aux négociations techniques: ancien directeur de cabinet de Xavier Bertrand aux ministères de la Santé et du Travail, secrétaire général adjoint de l’Elysée sous Nicolas Sarkozy, puis délégué interministériel aux JO-2024.- Popularité -Le grand public le découvre le 3 juillet 2020, lors de sa nomination surprise à Matignon, où sa mise quelque peu désuète deviendra familière des Français.Il est l’homme qui organise le premier déconfinement, les couvre-feux successifs qui suivent le rythme des vagues de l’épidémie, mais aussi “le quoi qu’il en coûte” pendant une période de crise où la priorité est la protection des Français.Après Matignon, Jean Castex renonce aux avantages des anciens Premier ministres (chauffeur, protection rapprochée, collaborateur), ce qui contribue à sa popularité.Avant d’arriver à la SNCF, il a proposé de se “déporter” systématiquement de la préparation des appels d’offre à la concurrence sur lesquels la RATP serait aussi en compétition, pour éviter les conflits d’intérêt avec son ancienne mission.Ce fin connaisseur des petites lignes ferroviaires qui a répété son attachement à l’aménagement du territoire lors de ses auditions de pré-nomination, sera immédiatement confronté au dur de la modernisation du réseau ferré français vieillissant, sur fonds de disette budgétaire, et surtout au développement de la grande vitesse et la concurrence internationale.Il est marié et père de quatre filles.