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Wall Street finit proche de l’équilibre, retenue par les valeurs technologiques

La Bourse de New York a clôturé proche de l’équilibre vendredi, au terme d’une semaine marquée par les craintes suscitées par les fortes valorisations des géants technologiques et par les incertitudes sur l’état de santé de l’économie américaine.Le Dow Jones a pris 0,16% et l’indice élargi S&P 500 a gagné 0,13%. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a lui reculé de 0,21%, soit une perte cumulée de plus de 3% sur la semaine écoulée.”Il est très déstabilisant (pour le marché, ndlr) de ne pas avoir une vue d’ensemble de la situation économique”, commente auprès de l’AFP Tom Cahill, de Ventura Wealth Management.La paralysie budgétaire aux Etats-Unis (“shutdown”) a atteint son 38ème jour, un record de longévité, et prive les investisseurs d’un certain nombre de données officielles, dont un rapport majeur sur l’emploi qui devait être publié vendredi.Seul indicateur du jour: une confiance des consommateurs en berne pour le mois de novembre, au plus bas depuis 2022, selon l’enquête préliminaire de l’Université du Michigan.Au sein des consommateurs comme des entreprises, “il y a une certaine inquiétude quant à la date à laquelle le gouvernement reprendra ses activités” et le fait “que cela pourrait affecter la croissance économique”, relève Tom Cahill.Les investisseurs continuent aussi de se détourner des valeurs technologiques face à “la crainte que les dépenses consacrées” au développement de l’intelligence artificielle (IA) “ne soient pas rentables dans un avenir proche”, souligne l’analyste.C’est pourtant ces dépenses, et l’enthousiasme généralisé autour de l’IA, qui ont poussé les principaux indices de Wall Street de sommets en sommets ces derniers mois.”Lorsque les cours atteignent ou approchent leurs plus hauts historiques, les investisseurs trouvent des raisons de prendre leurs bénéfices”, analyse Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.Le président américain Donald Trump a affirmé vendredi ne pas être inquiet de l’existence potentielle d’une bulle sur les marchés financiers autour de l’IA, jugeant que cette technologie “va être très utile”.Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’État américain était stable par rapport à la clôture la veille, à 4,09%.A la cote, le spécialiste des véhicules électriques Tesla a reculé (-3,68% à 429,52 dollars) après l’adoption la veille du plan de rémunération à 1.000 milliards de dollars du patron de l’entreprise, Elon Musk, à l’issue d’un vote de l’assemblée générale des actionnaires.Le cours de Take-Two Interactive, la maison mère de Rockstar Games, a plongé de 8,08% à 232,00 dollars après un nouveau report de la sortie de son très attendu jeu vidéo “Grand Theft Auto VI” (GTA VI).La plateforme de réservations de vols Expedia a brillé (+17,55% à 258,25 dollars), profitant de performances financières meilleures qu’attendu.Le site de location immobilière de courte durée Airbnb a gardé la tête hors de l’eau (+0,29% à 120,88 dollars) après la publication de résultats trimestriels mitigés.

Louis Schweitzer, l’homme qui a transformé Renault, est décédé

Patron emblématique du constructeur automobile Renault pendant 13 ans, mais aussi ex-directeur de cabinet de Laurent Fabius à Matignon et haut fonctionnaire éclectique, Louis Schweitzer est décédé jeudi à 83 ans, après avoir durablement transformé la marque au losange.L’Elysée a salué dans un communiqué “un idéaliste du concret qui voua toutes ses forces à la France” en “mariant l’industrie et le progrès social, le sens de l’Etat et l’humanisme, le patriotisme et l’ancrage européen, l’intransigeance des principes à la générosité des engagements”.Louis Schweitzer, dont le décès a été annoncé par sa famille, a passé 20 ans chez Renault, dont 13 comme PDG, entre 1992 et 2005. Il était encore président d’honneur de la marque au losange. Jean-Dominique Sénard, l’actuel président de Renault, salue dans un communiqué “l’engagement et l’exigence” de Louis Schweitzer, qui “ont contribué à la modernisation et l’internationalisation” du groupe “avec des lancements marquants comme Twingo et Mégane, l’acquisition de Dacia et la naissance de l’Alliance stratégique Renault-Nissan”.Les années Schweitzer chez Renault ont d’abord été marquées par le mariage raté avec le suédois Volvo en 1993, la privatisation du groupe en 1996, les 3.000 licenciements de Vilvorde en 1997, puis la conquête de marchés en Europe de l’est, en Amérique latine ou en Asie.Il fut également, aux côtés de son successeur Carlos Ghosn, à l’époque chez Nissan, l’un des principaux artisans du mariage entre la marque au losange et le géant japonais de l’automobile, entamé en 1999. Le dirigeant était notamment fier de l’un des grands succès de la marque dans les années 1990-2000, le monospace Scénic: “J’avais décidé Scénic I en pensant que ce serait un véhicule de grand volume et je n’étais pas rassuré. La première fois que je l’ai vu en maquette creuse, j’ai su que cela marcherait bien”, racontait M. Schweitzer quelques mois avant son départ.Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a rendu hommage auprès de l’AFP au “capitaine d’industrie, bâtisseur de l’automobile à la française et grand serviteur de l’économie” qu’était, selon lui, Louis Schweitzer. “À la tête de Renault, il a transformé une régie d’État en un géant mondial, alliant audace et vision”, ajoute M. Lescure.”C’est un très grand serviteur de l’Etat et de l’industrie française qui nous quitte”, a réagi l’ancien Premier ministre Laurent Fabius, saluant auprès de l’AFP “un homme exceptionnel” et “un ami personnel”. – Lutte contre les inégalités -Avant Renault, auprès de Laurent Fabius, Louis Schweitzer a été cité dans les affaires du sang contaminé – il a bénéficié d’un non-lieu – et des écoutes de l’Elysée, pour laquelle il a été reconnu coupable.Au sortir de sa carrière de dirigeant, il reste très actif dans le milieu économique, en intégrant les conseils d’administration de nombreuses sociétés comme Volvo, BNP, L’Oréal ou Veolia Environnement.Outre le monde économique, M. Schweitzer était également impliqué contre les discriminations et pour la défense des animaux. “Attaché à la lutte contre les inégalités, homme de grande culture, il fut aussi – ce qu’on sait moins – un défenseur convaincu de la cause animale”, affirme Laurent Fabius.De 2005 à 2010, Louis Schweitzer a présidé la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), aujourd’hui absorbée par le Défenseur des Droits, où la Cour des comptes lui avait reproché une “opacité dans les comptes”.Le Défenseur des Droits a cependant souligné que Louis Schweitzer “aura su, sous sa présidence de la Halde, faire progresser le droit de la non-discrimination et permettre à de nombreuses personnes d’être rétablies dans leurs droits”.Petit-neveu du docteur Albert Schweitzer, prix Nobel de la paix 1952, Louis Schweitzer était encore président de la Fondation droit animal, éthique et sciences (LFDA) jusqu’à début octobre.Laurence Parisot, qui lui a succédé à ce poste, a loué vendredi sur X un “grand serviteur de l’intérêt général”.  En 2021, ce diplômé de Sciences Po et énarque avait été appelé à la rescousse pour un intérim à la tête de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP). Depuis 2022, il était également vice-président de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection, à Marseille, où il a notamment piloté le processus de remplacement de Didier Raoult.hrc-sde-jul-neo/ac/nth

Mercosur: Macron affirme être vigilant après le tollé provoqué par ses propos

Emmanuel Macron a réaffirmé vendredi qu’il restait “vigilant” et attendait encore des “réponses claires” sur l’accord commercial entre l’Union européenne et le bloc latino-américain du Mercosur, après le tollé causé en France par ses propos “positifs” quant à un possible feu vert.”Nous avons commencé à être entendus par la Commission” européenne, “c’est ce qui fait que j’ai pu dire que j’étais plus positif quand elle a présenté un élément nouveau par rapport à l’accord initial avec une clause de sauvegarde agricole robuste”, a dit le président français lors d’une conférence de presse à Mexico.Il a toutefois tenté de rassurer: “je reste vigilant, (…) car je défends les intérêts de la France et nous continuons à nous battre”, “la France continue d’attendre des réponses claires”, a-t-il martelé.Tard jeudi soir, le président français avait mis le feu aux poudres en se disant “plutôt positif” quant à la possibilité d’accepter ce traité de libre-échange, alors qu’il s’exprimait devant la presse en marge du sommet des chefs d’Etats précédant la COP30 à Belem au Brésil. Quelques heures plus tard, la ministre française de l’Agriculture (issue de LR) Annie Genevard, avait au contraire estimé que les garanties obtenues par la France pour protéger ses cultivateurs et éleveurs ne sont pas encore suffisantes: “aujourd’hui, même s’il y a des avancées, le compte n’y est pas”, avait-elle dit dans un message sur X.- “Trahison” -A gauche comme à droite, une grande partie de la classe politique a martelé vendredi que cet accord devait être “rejeté”, s’indignant des propos d’Emmanuel Macron.Quant au puissant syndicat agricole FNSEA, il a dénoncé “un reniement total”, déplorant les propos du président de la république qui avait pourtant affirmé “sa ferme opposition” à cet accord, a réagi Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, dans un message sur X. “En choisissant ce moment et ce lieu pour tendre la main au Mercosur, le Président de la République signe sa rupture avec l’agriculture française”, a-t-il prévenu.Pour Véronique Le Floc’h, présidente de la Coordination rurale, “le Mercosur, c’est la mort de l’agriculture”. Historiquement opposée aux accords de libre-échange, la Confédération paysanne dénonce “une trahison”.”Il nous avait dit, la main sur le coeur, au Salon de l’agriculture, qu’il s’opposerait à cet accord. (…) On est plus qu’en colère”, a déclaré à l’AFP un de ses porte-parole, Stéphane Galais.Cet accord, sur la table depuis des décennies mais signé fin 2024, doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins… en Argentine, au Brésil, en Uruguay et au Paraguay. Mais il facilitera aussi l’entrée de bœuf, volaille, sucre, miel… via des droits de douane réduits.- “Plan social” -Emmanuel Macron a cité jeudi l’obtention par la France de clauses de sauvegarde renforcées censées préserver les produits agricoles européens en cas de brusque hausse des importations ou baisse des prix liées à l’importation de produits latino-américains.Mais pour tous les syndicats sectoriels français, ces clauses ne protègent en rien d’une distorsion de concurrence liée à des normes environnementales et sanitaires moins exigeantes en Amérique du Sud.Cet accord, décrié aussi par une majorité de la classe politique française, intervient alors que de nombreuses filières agricoles sont en souffrance, comme l’élevage bovin: aujourd’hui, les importations d’aloyaux venues du Mercosur arrivent déjà à des coûts inférieurs de 18% à 32%, selon l’Institut de l’élevage.Le patron de la FNSEA appelle vendredi “les eurodéputés français à faire bloc pour s’opposer à cet accord”, dont la Commission européenne a lancé le processus de ratification.”Ces clauses de sauvegarde, on n’en veut pas. Il faut sortir de l’agriculture de ces accords de libre-échange. C’est tout”, a dit Véronique Le Floch vendredi à l’AFP.Parmi les “lignes rouges” citées par la ministre française de l’Agriculture, figurent l’obtention de clauses de sauvegarde “opérationnelles”, mais aussi des “mesures miroirs” garantissant que les produits respectent les mêmes normes, avec des “contrôles renforcés” sur les produits importés.A l’issue d’une rencontre entre le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la présidence brésilienne a indiqué mercredi qu’ils étaient “disposés à signer” l’accord lors du sommet du Mercosur, le 20 décembre à Rio de Janeiro.sb-cho-fff-jul/jbo/nth

Puces Nexperia : reprise des exportations de Chine, selon un fournisseur automobile allemand

Le fournisseur automobile allemand Aumovio a indiqué vendredi que Pékin l’avait autorisé à exporter des puces produites en Chine par le fabricant néerlandais Nexperia, signe d’apaisement dans le différend sino-néerlandais sur les semi-conducteurs.”Nous avons reçu la confirmation (jeudi) qu’Aumovio a reçu une licence d’exportation du gouvernement chinois pour exporter des puces Nexperia”, a indiqué vendredi une porte-parole de l’entreprise allemande à l’AFP.Le groupe, ancienne division de Continental, fournit des composants tels que capteurs et écrans pour les principaux constructeurs automobiles. Il semblerait que la mesure d’applique désormais “à tous les fournisseurs”, a déclaré vendredi le PDG d’Aumovio, Philipp von Hirschheydt, lors la présentation des résultats trimestriels, selon le quotidien d’affaires Handelsblatt.Le dirigeant a dit s’attendre à “un retour à la normale d’ici quatre à six semaines”.Nexperia, acquise par une société chinoise en 2018, a été partiellement reprise par l’Etat néerlandais fin septembre pour des raisons de sécurité nationale. Pékin avait alors interdit la réexportation de ses puces vers l’Europe, avant d’annoncer samedi dernier qu’une partie des puces serait exemptée de l’interdiction, un geste salué par l’Allemagne.”La désescalade et la poursuite des négociations entre les Pays-Bas et la Chine sont très bienvenues”, a déclaré vendredi une porte-parole du ministère de l’Économie à Berlin.”Nous espérons vivement que ces autorisations ponctuelles à court terme parviendront rapidement à l’industrie”, a-t-elle ajouté, pendant que Berlin poursuit les discussions avec les Pays-Bas sur ce dossier.L’industrie automobile allemande, pilier de la première économie européenne, risquait d’être durement touchée si la pénurie persistait: les semi-conducteurs de Nexperia sont cruciaux pour l’électronique embarquée des véhicules modernes très technologiques.Volkswagen, premier constructeur automobile européen, avait averti d’éventuels arrêts de production en cas de prolongation de la crise, tandis que des entreprises plus petites envisageraient de réduire le temps de travail.Plusieurs entreprises allemandes ont déposé des demandes de chômage partiel en raison de pénuries d’approvisionnement en puces, a confirmé l’agence pour l’emploi régionale du Bade-Wurtemberg (sud) à l’AFP jeudi.S’adressant aux journalistes vendredi soir lors des négociations sur le climat au Brésil, le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré que l’Allemagne et les Pays-Bas avaient eu des discussions avec la Chine sur cette question. “Il y a des signes positifs indiquant que les livraisons peuvent reprendre”, a-t-il déclaré, ajoutant que cela pourrait se produire dans les prochaines heures. “Après m’être entretenu avec le Premier ministre néerlandais, je suis convaincu que cela fonctionnera”, a-t-il déclaré.

La Bourse de Paris, en léger repli, reprend son souffle à l’instar des autres places financières

La prudence est restée de mise vendredi à la Bourse de Paris, qui finit sur un repli hebdomadaire, reprenant son souffle pour s’interroger sur les fortes valorisations du secteur de la tech et la santé de l’économie aux Etats-Unis.L’indice vedette de la place parisienne, le CAC 40, a cédé 0,18% vendredi, soit 14,59 points, revenant à 7.950,18 points. Il avait déjà abandonné jeudi 1,36% et a perdu 2,10% sur la semaine.”Le marché est en train de reprendre son souffle car il y a eu beaucoup d’éléments récents à digérer”, a indiqué à l’AFP Arnaud Morvillez, gérant chez Uzes Gestion, faisant notamment référence aux résultats d’entreprises et à une déception causée par le discours de la direction de la banque centrale américaine (Fed) concernant sa future politique monétaire: “on s’attendait à une baisse des taux pour décembre qui a priori est loin d’être acquise”.”Des poches de marché ont été très valorisées, notamment autour de l’IA, il faut que ça dégonfle, que les investisseurs prennent un peu de profits pour repartir sur des bases saines”, a-t-il ajouté.Eymane Cherfa, analyste actions de Myria AM, souligne aussi que les investisseurs “se mettent à douter de la rentabilité des milliards de dollars investis dans le secteur de l’IA”. “La frénésie des investisseurs se calme”, a-t-il résumé.Sur le front domestique, l’enlisement des débats sur le budget de la France à l’Assemblée ne pèse guère sur l’humeur du marché parisien, assure Arnaud Morvillez. “On suit les Américains, on ne voit pas forcément de traces d’événements politiques sur le CAC 40”, estime le gérant d’Uzes Gestion.Lionel Melka, associé chez Swan Capital, en est moins persuadé et pense que “le marasme ambiant et les discussions budgétaires pèsent sur les banques”. “On n’y comprend plus rien, on est entrés dans une zone inconnue”, ajoute l’analyste interrogé par l’AFP.De l’autre côté de l’Atlantique, la prolongation de la paralysie budgétaire (“shutdown”) commence à répandre “un brouillard” sur l’état de l’économie américaine et surtout sur celui du marché du travail. Les statistiques officielles sur l’emploi n’ont pas été publiées pour les mois de septembre et d’octobre. “Il n’y a pas vraiment de porte de sortie avec les deux parties qui se renvoient la balle” au Congrès américaine, “ça va finir par peser sur l’économie américaine”, craint Lionel Melka.Reste que le marché français, en l’absence de données macro-économiques et de grosses valeurs technologiques sur le CAC 40, se focalise davantage sur des actions individuelles, liées aux publications de résultats, plutôt que sur un mouvement de fond, estime encore Lionel Melka.Kering en pointeL’action du groupe Kering a été recherchée (+2,92% à 299,90 euros). L’agence de notation S&P a relevé sa perspective de notation de crédit du groupe de luxe de négative à stable. “Cela a permis de donner de l’oxygène au titre”, a signalé Eymane Cherfa de Myria AM.Voyants au vert pour Euronext L’opérateur boursier paneuropéen Euronext a publié jeudi un chiffre d’affaires en hausse au 3e trimestre, le sixième d’affilée, notamment grâce aux activités non liées aux volumes échangés sur les marchés.Les résultats ont été salués en Bourse, le titre Euronext prenant 3,93% à 126,80.

Les marchés européens reprennent leur souffle et terminent la semaine en repli

Les Bourses européennes ont terminé la semaine en repli vendredi, reprenant leur souffle après de multiples résultats d’entreprises, une frénésie d’investissements dans le secteur de l’IA et des interrogations sur l’état de santé de l’économie américaine.La Bourse de Paris a cédé 0,18% vendredi et 2,10% sur la semaine. Francfort a reculé vendredi de 0,69%, Londres a perdu 0,55% et Milan 0,35%.

Wall Street patauge, la tech inquiète

La Bourse de New York évolue en baisse vendredi, bridée par les inquiétudes autour des valorisations élevées des géants de la tech et de l’IA, sur fond de paralysie budgétaire persistante aux Etats-Unis.Vers 15H00 GMT, le Dow Jones perdait 0,24%, l’indice Nasdaq reculait de 1,09% et l’indice élargi S&P 500 cédait 0,62%. “Les actions à forte capitalisation ont connu une semaine difficile et cette période ne semble pas prête de prendre fin”, prévient Patrick O’Hare, de Briefing.com.”On entend beaucoup parler de la surévaluation des titres liés à l’intelligence artificielle (…) les investisseurs ont finalement décidé de prendre quelques bénéfices cette semaine”, note auprès de l’AFP Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities.Le dynamisme de Wall Street ces derniers mois s’est notamment appuyé sur l’enthousiasme autour du développement de l’intelligence artificielle (IA) et la conclusion de contrats commerciaux à plusieurs dizaines de milliards de dollars.Mais les spécialistes s’inquiètent que certaines valorisations soient allées trop vite trop haut, d’autant que les craintes grandissent sur la capacité des géants de la tech à absorber les coûts colossaux de la course à l’IA. “Le marché cherche actuellement à déterminer si cette perte de dynamisme est une simple consolidation liée à la prise de bénéfices ou le début d’une correction plus importante liée à la valorisation” de certains groupes, souligne M. O’Hare.Vendredi, les Sept Magnifiques (le surnom donné aux grands groupes du secteur technologique, ndlr) évoluaient tous dans le rouge, à l’instar de Nvidia (-2,45%), Microsoft (-0,29%) ou Alphabet, maison mère de Google (-2,01%).Dans le même temps, “il n’y a pas d’actualités macroéconomiques qui retiennent particulièrement l’attention” des investisseurs en raison de “la paralysie budgétaire en cours” aux Etats-Unis, commentent les analystes de Briefing.com.Le “shutdown” a atteint son 38ème jour, un record de longévité, et prive les investisseurs de données officielles concernant l’état de l’économie américaine, dont un rapport majeur sur l’emploi qui devait être publié vendredi.Seul indicateur au menu du jour: une confiance des consommateurs en berne pour le mois de novembre, au plus bas depuis 2022, selon l’enquête préliminaire de l’Université du Michigan.Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’État américain se tendait très légèrement à 4,10%, contre 4,09% à la clôture jeudi.A la cote, le spécialiste des véhicules électriques Tesla reculait nettement (-4,22% à 427,08 dollars) après l’adoption la veille du plan de rémunération à 1.000 milliards de dollars du patron de l’entreprise, Elon Musk, à l’issue d’un vote de l’assemblée générale des actionnaires.Le cours de Take-Two Interactive, la maison mère de Rockstar Games, plongeait de 7,92% à 232,41 dollars après un nouveau report de la sortie de son très attendu jeu vidéo “Grand Theft Auto VI” (GTA VI).Le site de location immobilière de courte durée Airbnb gardait la tête hors de l’eau (+0,50% à 121,18 dollars) après la publication de résultats trimestriels mitigés.La plateforme de réservations de vols Expedia brillait (+16,62% à 256,22 dollars), profitant de performances financières meilleures qu’attendu.

Mercosur: colère des représentants agricoles après les déclarations de Macron

Un “affront”, “la mort” de l’agriculture en France: les représentants du monde agricole ont fustigé vendredi les propos du président Emmanuel Macron, qui s’est dit “plutôt positif” quant à la possibilité d’accepter l’accord commercial entre l’UE et quatre pays latino-américains du Mercosur.Le président français, qui s’exprimait devant la presse en marge du sommet des chefs d’Etats précédant la COP30 à Belem au Brésil, a aussi affirmé rester “vigilant”.Des déclarations suivies quelques heures plus tard par celles de la ministre française de l’Agriculture (issue de LR) Annie Genevard, pour qui les garanties obtenues par la France pour protéger ses cultivateurs et éleveurs ne sont pas encore suffisantes.”Les lignes rouges de la France sont connues depuis le départ (…) Et aujourd’hui, même s’il y a des avancées, le compte n’y est pas”, a-t-elle dit dans un message posté sur X.Pour le puissant syndicat agricole FNSEA, la position du chef de l’Etat est “un reniement total”.Après avoir affirmé au monde agricole “sa ferme opposition” à cet accord, le président Macron se dit désormais plutôt enclin à l’accepter, depuis le Brésil, “au cœur du territoire de nos concurrents agricoles”, a réagi Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, dans un message sur X. “En choisissant ce moment et ce lieu pour tendre la main au Mercosur, le Président de la République signe sa rupture avec l’agriculture française”, prévient-il, dénonçant un “affront”.”Nous ne laisserons pas brader notre modèle, nos emplois ni notre souveraineté. Nous serons combatifs, avec le soutien des Français, pour refuser un accord qui sacrifierait notre agriculture sur l’autel d’une mondialisation sans règles”, ajoute-t-il. Véronique Le Floch, présidente de la Coordination rurale, dénonce également: “le Mercosur, c’est la mort de l’agriculture”.Cet accord, sur la table depuis des décennies mais signé fin 2024, doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins… en Argentine, au Brésil, en Uruguay et au Paraguay. Mais il facilitera aussi l’entrée de bœuf, volaille, sucre, miel… via des droits de douane réduits.- “Plan social” -Emmanuel Macron a cité jeudi l’obtention par la France de clauses de sauvegarde renforcées censées préserver les produits agricoles européens en cas de brusque hausse des importations ou baisse des prix liées à l’importation de produits latino-américains.Mais pour tous les syndicats sectoriels français, ces clauses ne protègent en rien les produits agricoles d’une distorsion de concurrence liée à des normes environnementales et sanitaires bien moins exigeantes en Amérique du Sud qu’en Europe.Cet accord, décrié aussi par une majorité de la classe politique française, intervient alors que de nombreuses filières agricoles sont en souffrance, par exemple l’élevage bovin, qui redoute de s’en trouver un peu plus déstabilisé: aujourd’hui, les importations d’aloyaux venues du Mercosur arrivent déjà à des coûts inférieurs de 18% à 32%, selon l’Institut de l’élevage.”Faire respecter en dehors de l’Europe ce que l’on exige de nos producteurs en Europe est une condition incontournable”, a martelé vendredi le patron de la FNSEA, qui appelle “les eurodéputés français à faire bloc pour s’opposer à cet accord”, dont la Commission européenne a lancé le processus de ratification.Emmanuel Macron “décide de sacrifier l’agriculture, il valide un plan social qui ne sera pas qu’agricole, mais ira bien au-delà. Et demain, je ne sais pas qui entretiendra nos territoires”, a dit Véronique Le Floch vendredi à l’AFP. “Ces clauses de sauvegarde, on n’en veut pas. Il faut sortir de l’agriculture de ces accords de libre-échange. C’est tout”.Parmi les “lignes rouges” citées par la ministre française de l’Agriculture, figurent l’obtention de clauses de sauvegarde “opérationnelles”, mais aussi des “mesures miroirs” garantissant que les produits respectent les mêmes normes, avec des “contrôles renforcés” sur les produits importés.A l’issue d’une rencontre entre le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la présidence brésilienne a indiqué mercredi qu’ils étaient “disposés à signer” l’accord lors du sommet du Mercosur, le 20 décembre à Rio de Janeiro.

Louis Schweitzer, humaniste et grande figure de l’industrie

Grand patron de l’automobile, mais aussi humaniste cultivé et défenseur des animaux, Louis Schweitzer, décédé à l’âge de 83 ans, a illustré l’éclectisme de la haute fonction publique à la française.Petit-neveu du docteur Albert Schweitzer, prix Nobel de la Paix en 1952, fils d’un directeur général du Fonds monétaire international et cousin de Jean-Paul Sartre, ce protestant de famille alsacienne, né à Genève en Suisse le 8 juillet 1942, s’est imposé tant dans le monde des affaires qu’en politique, ou plus tard dans le domaine culturel.A la tête de Renault de 1992 à 2005, le constructeur, longtemps vu comme le “laboratoire social” de la France d’après-guerre, s’est métamorphosé en multinationale, d’abord via la privatisation puis par une alliance structurante et mouvementée avec le japonais Nissan, signée en 1999, après l’échec d’un premier mariage avec le suédois Volvo.La même année, Louis Schweitzer, qui a passé au total 20 ans chez Renault, avait aussi signé le rachat de la marque roumaine Dacia, au départ pour concevoir une voiture à bas prix destinée aux pays de l’ancienne Europe de l’Est, devenue ensuite un immense succès commercial.L’ancien patron aux emblématiques lunettes rondes avait par la suite mis en cause publiquement la gestion de son successeur Carlos Ghosn dans les difficultés ultérieures rencontrées par Renault avec son allié japonais.Cet homme de dossiers, longiligne et d’humeur égale, avait aussi rencontré son lot de vicissitudes: lorsqu’il a annoncé la fermeture de l’usine Renault de Vilvorde en Belgique, ou lorsqu’il fut, comme directeur de cabinet de Laurent Fabius, cité dans les affaires du sang contaminé et des écoutes de l’Elysée.”C’est par hasard”, avait-il confié plus tard, que ce haut fonctionnaire avait été amené, en 1981 après l’arrivée d’un gouvernement socialiste au pouvoir en France, à travailler auprès de M. Fabius, comme directeur de cabinet au Budget, puis à l’Industrie, et enfin à l’Hôtel Matignon.- “respect de la vie” -Un  peu “par hasard” aussi qu’il était arrivé en mai 1986, au lendemain de législatives perdues par la gauche, chez Renault aux côtés du PDG Georges Besse – assassiné la même année par Action Directe.Un monde automobile où cet opiniâtre est devenu le dauphin de Raymond Lévy, successeur de Besse, avant de prendre la tête du groupe au losange.Après son départ de la firme de Billancourt, cet amateur d’art contemporain, père de deux filles, était resté très actif dans le domaine économique. Il avait intégré les conseils d’administration de grands groupes comme Volvo, BNP, L’Oréal ou Veolia Environnement.Grand collectionneur de bandes dessinées, il avait fondé la Société des amis du musée du Quai Branly, présidé le conseil d’administration du festival d’Avignon et du Musée du Louvre.En 2005, cet humaniste avait aussi dirigé la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), aujourd’hui absorbée par le Défenseur des Droits, où la Cour des Comptes lui avait reproché une “opacité dans les comptes”.  Louis Schweitzer a également présidé le conseil de surveillance du quotidien Le Monde.Ces dernières années, il s’était engagé pour des causes plus sociales. De 2011 à 2020, il avait présidé Initiative France, un réseau d’aide à la création d’entreprises dans les quartiers défavorisés. Il avait aussi pris la tête un temps de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) après la démission d’Olivier Duhamel, visé par une enquête pour viols sur mineur.En 2012, il avait mis sa notoriété au service de la cause animale en prenant la tête de la Fondation droit animal, éthique, et sciences (LFDA). Alors qu’il menait campagne contre l’élevage des poulets en batterie industrielle vendus dans les supermarchés, pour défendre “les poulets en liberté”, il s’était souvenu auprès de l’AFP en 2018 de son grand-oncle Albert Schweitzer qui “défendait le respect de la vie”.

Shein: l’Italie fourbit ses armes contre la “fast fashion”

La mode italienne cherche à se défendre de la plateforme Shein, qui l’a affrontée sur ses terres milanaises avec une collection chic et une armée d’influenceurs.”Des centaines de milliers de colis arrivent dans nos maisons chaque jour. Nous devons réagir”, a alerté le président d’un syndicat patronal de la mode (Confindustria Moda), Luca Sburlati, auprès de l’AFP. “Cette invasion de produits étrangers à bas prix endommage nos produits et met en danger les consommateurs”, a tonné le ministre du “Made in Italy” Adolfo Urso mi-octobre après une rencontre avec le secteur.La mode italienne est notamment vent debout contre Shein, une plateforme basée à Singapour et régulièrement accusée de pollution environnementale et de conditions de travail indignes.En France, le gouvernement est entré en guerre contre Shein début novembre en lui reprochant notamment de vendre des produits interdits, comme des poupées sexuelles à l’effigie d’enfants. Ce qui n’a pas empêché près de 8.000 personnes, mercredi à Paris, de faire la queue pour l’ouverture du premier magasin pérenne de la plateforme au monde. – Influenceurs -En Italie, où la mode représente une partie importante de l’économie (5% du PIB), Shein est devenue omniprésente dans les rues et les dressings. La plateforme s’est même parée de sequins à Milan pour son premier défilé italien, peu après la semaine officielle de la mode en octobre.Des dizaines d’influenceurs avaient été invités et habillés par les différentes marques de Shein pour présenter les pièces de sa collection automne-hiver, revendiquant des influences italiennes, entre simili-dentelle noire, costumes trois-pièces et longues (fausses) fourrures.”L’idée était de montrer que tout le monde peut trouver son style chez Shein, et de répondre à nos détracteurs”, a déclaré à l’AFP Luca Raveillon, directeur artistique du défilé. “Regardez, c’est beau (…) ça tombe bien, on a fière allure avec, et on peut s’exprimer avec ce qu’on porte”, alors que “la vie devient chère”, a souligné le créateur français.Shein “regarde ce qui passe dans la rue”, a commenté l’influenceuse Alessia Tresoldi, 27 ans, de Bergame (nord).Au premier rang pour le défilé, en longue robe de chiffon rouge, Alessia collabore depuis dix ans avec la plateforme et a égrené des extraits de la collection auprès de son million d’abonnés sur Instagram. Concernant la qualité de vêtements: “j’ai toujours montré ce que c’était”, a-t-elle assuré. “C’est un peu mal vu parfois”, concède la mannequin Clizia Somma, 28 ans, qui était cliente avant de collaborer avec Shein. “Des abonnés me disent que je soutiens le travail précaire”.- Mesures -Au niveau européen, afin de stopper la vague, la filière demande la fin de l’exemption des droits de douane pour les paquets de moins de 150 euros.Le gouvernement italien a promis des mesures urgentes, proposant notamment que les marques les plus vertueuses soient certifiées. Mercredi, il a commencé par transposer une directive européenne qui renforce les exigences de transparence qui pèsent sur les vendeurs, notamment sur le poids environnemental des produits. Shein a déjà été sanctionné sur ce point en Italie comme en France. Mais des mesures plus radicales sont attendues impatiemment par la filière italienne, qui doit présenter son plan stratégique 2035 le 11 novembre. Elle souhaite notamment s’inspirer d’une proposition de loi française, qui prévoit des pénalités financières et une interdiction totale de publicité pour la mode ultra-éphémère.- Prix -Au défilé milanais, Mattia Trebino, 24 ans, blouson en imitation croco sur le dos, estime recevoir environ un colis Shein par semaine. “Ces fringues, on peut les utiliser une ou deux fois au maximum, mais elles coûtent vraiment pas cher”.Le site propose une des fourrures 100% polyester du défilé, disponible en 15 couleurs, à partir de 28 euros, avec la livraison gratuite. Avec ces tarifs, les consommateurs européens achètent 60% plus de vêtements qu’en l’an 2000, et les gardent moitié moins longtemps, selon une étude du cabinet The European House Ambrosetti présentée fin octobre.Pour son auteur Carlo Cici, l’industrie de la mode européenne doit surtout innover davantage pour se démarquer. “Le consommateur est très intéressé par la durabilité des produits, mais n’est pas prêt à la payer”, résume-t-il dans l’étude.