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Issue en vue à la paralysie budgétaire aux Etats-Unis

Après plus de 40 jours de “shutdown”, un record, les Etats-Unis entrevoient lundi une issue prochaine à la paralysie budgétaire après un accord passé au Sénat entre la majorité républicaine et quelques démocrates modérés, qui font déjà face aux foudres de leur propre camp.L’adoption par le Sénat du nouveau texte budgétaire est attendue tard lundi voire dans la nuit. La proposition de loi fera ensuite la navette jusqu’à la Chambre des représentants qui devrait se prononcer peut-être dès mercredi. Une fois adopté par les deux chambres du Congrès, le texte atterrira sur le bureau de Donald Trump pour une promulgation qui mettra fin à la paralysie budgétaire.”On dirait qu’on s’approche de la fin du +shutdown+”, a lancé dimanche Donald Trump à son retour d’un week-end en Floride.Le chef républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a lui exprimé son optimisme lundi que la paralysie serait levée “cette semaine”.”Notre long cauchemar national touche enfin à sa fin”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.Depuis le 1er octobre et le début du blocage, plus d’un million de fonctionnaires ne sont pas payés, le versement de certaines aides est fortement perturbé, tout comme le trafic aérien, avec désormais des centaines d’annulations de vols chaque jour.- “Souffrances” -Au coeur du différend entre républicains et démocrates depuis plus de 40 jours: la question des coûts de santé.Le parti de Donald Trump, majoritaire au Congrès, proposait une simple extension du budget actuel, tandis que l’opposition réclamait une extension de subventions pour le programme d’assurance santé “Obamacare”, à destination principalement des ménages à bas revenus.Ces subventions doivent expirer à la fin de l’année, et les coûts de l’assurance santé devraient ainsi plus que doubler en 2026 pour 24 millions d’Américains qui utilisent “Obamacare”, selon KFF, un cercle de réflexion spécialisé sur les questions de santé.En raison des règles en vigueur au Sénat, plusieurs voix démocrates étaient nécessaires pour adopter un budget même si les républicains y sont majoritaires.Jusqu’à dimanche, seuls trois sénateurs de l’opposition avaient voté pour le texte républicain. Mais après un accord passé en coulisses, cinq autres ont finalement voté pour un nouveau texte, laissant entrevoir une fin prochaine au blocage.”Des semaines de négociations avec les républicains ont montré clairement qu’ils ne discuteraient pas des questions de santé” pour mettre fin à la paralysie, a assuré dans un communiqué l’une d’entre eux, la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen.”Attendre plus longtemps ne fera que prolonger les souffrances que les Américains ressentent à cause du +shutdown+”, a-t-elle ajouté.Connus la plupart comme centristes, ces huit élus de l’opposition ont obtenu l’annulation du licenciement de milliers de fonctionnaires fédéraux par l’administration Trump depuis le début de la paralysie.- Promesse creuse -Ils sont en revanche repartis les mains presque vides sur les questions de santé, n’arrachant pas une extension des subventions dans le texte final, mais seulement une promesse du chef républicain du Sénat quant à la tenue d’un vote prochain sur cette question.Une promesse creuse, ont dénoncé de nombreux élus démocrates, car le chef de la Chambre, Mike Johnson, a lui refusé de s’engager à prévoir un même vote à la chambre basse.Les républicains “n’agissent pas de bonne foi quand il s’agit de la santé des Américains”, a accusé lundi le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, lors d’une conférence de presse. Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, s’est lui lamenté sur X d’une “capitulation” et d’une “trahison” envers l’Amérique qui travaille.De nombreux élus et sympathisants démocrates appellent désormais à ce que des têtes tombent.Le premier visé: Chuck Schumer, chef de la minorité au Sénat. S’il a voté non dimanche soir, il est soupçonné par de nombreux élus et sympathisants démocrates d’avoir poussé en coulisses pour que ces élus modérés parviennent à un accord avec les républicains.”Si Chuck Schumer était un leader efficace, il aurait uni son groupe pour voter +Non+ ce soir et tenir bon sur la santé”, a cinglé Seth Moulton, élu à la Chambre.

France: le festival BD d’Angoulême “est en danger de mort”, alertent 22 lauréats

Le festival de bande dessinée d’Angoulême, dans le sud-ouest de la France, l’un des plus célèbres au monde, est en “danger de mort”, ont alerté lundi 22 dessinateurs lauréats de son prix le plus prestigieux, alors que les appels au boycott de l’événement se multiplient.”Le festival accumule les scandales, les erreurs de communication et le manque d’ambition, tout cela dans une totale opacité de gestion”, dénoncent dans une tribune les signataires qui appellent à “un changement rapide et profond” passant par le retrait du gestionnaire historique du festival, 9eArt+, reconduit samedi comme organisateur.Cet appel, publié sur le site du quotidien communiste L’Humanité, est signé notamment des Américains Art Spiegelman et Chris Ware, du Belge François Schuiten, de la Britannique Posy Simmonds et des Français Florence Cestac, Riad Sattouf, Jacques Tardi, Lewis Trondheim ou Willem, y compris la lauréate du Grand prix 2025, Anouk Ricard. “Il est grand temps de tourner la page de 9eArt+ pour que le festival retrouve, avec de nouveaux opérateurs, les valeurs qui ont construit sa notoriété internationale”, poursuivent-ils.La société 9eArt+, organisatrice du festival depuis 2007, a été reconduite samedi à l’issue d’un appel d’offres critiqué pour son opacité. Il lui a toutefois été demandé de s’associer avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image – un établissement culturel public local – pour organiser les éditions à compter de 2028.Cette annonce a suscité la colère d’une très grande partie du secteur de la BD, après une édition 2025 marquée par une grave crise de confiance avec 9eArt+, accusée de dérives commerciales, d’opacité et d’avoir licencié une salariée après une plainte pour viol en 2024.Sur les réseaux sociaux, les appels au boycott se sont multipliés ces derniers jours, relayés par de grands noms de la BD, comme les Françaises Pénélope Bagieu ou Catherine Meurisse. Lundi, Anouk Ricard s’est dite “effarée” par le choix de reconduire le délégataire historique du festival, confirmant son choix de boycotter l’événement. Dans une réaction à l’AFP, le ministère français de la Culture a regretté que “les contours des éditions futures restent flous, en dépit des efforts constants des financeurs publics et des attentes des auteurs, des éditeurs et des festivaliers”. La Cité internationale de la BD et 9eArt+ ont jusqu’au 20 novembre pour présenter un projet commun. Le ministère de la Culture a dit attendre “l’issue des discussions pour prendre une position définitive”.

Futur budget européen: von der Leyen fait un geste pour l’agriculture

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a proposé lundi un geste en faveur de l’agriculture dans le futur budget européen, pour tenter de calmer la fronde de la profession et des eurodéputés.Ursula von der Leyen entend “garantir le rôle des régions, renforcer l’identité de la politique agricole commune et améliorer la gouvernance”, a-t-elle assuré sur le réseau social X après une réunion avec la présidente du Parlement Roberta Metsola.Dans un courrier, la Commission propose notamment, en plus de la politique agricole commune (PAC), qu’au moins 10% d’une enveloppe à la main des Etats soit fléchée vers le secteur rural dans ce budget 2028-2034.Après la réunion, Roberta Metsola a salué une “discussion constructive” et un “pas en avant”.Un débat est prévu mercredi au Parlement européen.La Commission est en plein bras de fer avec les parlementaires sur le futur budget.L’exécutif voudrait une large refonte de l’architecture budgétaire européenne, avec l’intégration de la PAC à un grand fonds de “partenariat régional et national” et le transfert de certaines sommes vers la politique de cohésion.Mais les agriculteurs, plusieurs pays, dont la France, et de nombreux eurodéputés y voient surtout une coupe dans la PAC et une reprise en main par les Etats d’une partie de ses fonds.Droite, sociaux-démocrates, centristes et verts ont même menacé de torpiller l’ensemble du budget, qui doit être négocié pendant deux ans.Afin de calmer la fronde, Ursula von der Leyen souhaite garantir au secteur agricole davantage que le minimum de 300 milliards d’euros promis jusqu’ici, en proposant d’ajouter au moins 10% des enveloppes nationales. Le think-tank Farm Europe, dont plusieurs syndicats agricoles sont membres, n’y voit que des “concessions minimales”, sans “aucune modification formelle” à ce stade.”Cette suggestion ne résout en rien l’équation budgétaire pour les mesures fondamentales de la PAC”, critique cette organisation.Jusqu’ici, la PAC représentait 387 milliards d’euros sur sept ans, de 2021 à 2027, dont 270 milliards d’aides directes aux exploitations, et constituait le premier poste de dépenses de l’UE.

La Bourse de Paris termine en hausse avec l’espoir de déblocage budgétaire aux Etats-Unis

La Bourse de Paris a terminé en hausse lundi, les investisseurs profitant des éclaircies aux Etats-Unis, qui s’approchent de la fin de la paralysie budgétaire, relançant l’appétit pour le risque sur les marchés.L’indice vedette de la Bourse de Paris, le CAC 40, a gagné 105,33 points, soit une hausse de 1,32% pour terminer à 8.055,51 points. Vendredi, le CAC 40 avait terminé en baisse de 0,18%, revenant à 7.950,18 points. “Le sentiment de risque s’est amélioré à mesure que grandissait l’optimisme autour de la possibilité que le Sénat américain soit proche d’un accord pour mettre fin à la fermeture du gouvernement”, commente Fawad Razaqzada, analyste marchés chez Forex.com.Après plus de 40 jours de “shutdown”, un record, les Etats-Unis entrevoient lundi une issue prochaine à la paralysie budgétaire après un accord passé au Sénat entre la majorité républicaine et quelques démocrates modérés, qui font déjà face aux foudres de leur propre camp.L’adoption par le Sénat du nouveau texte budgétaire est attendue tard lundi voire dans la nuit. La proposition de loi fera ensuite la navette jusqu’à la Chambre des représentants qui devrait voter dessus peut-être dès mercredi. Une fois adopté par les deux chambres du Congrès, le texte atterrira sur le bureau de Donald Trump pour une promulgation qui mettra fin à la paralysie budgétaire.”Si cela se concrétise, une série de données économiques retardées pourraient être publiées, offrant potentiellement une meilleure visibilité tant pour la Réserve fédérale (Fed) que pour les investisseurs”, poursuit M. Razaqzada.Les marchés d’actions européens ont grimpé dans ce “contexte d’optimisme croissant quant à une possible résolution prochaine de la fermeture historique du gouvernement américain”, note Patrick Munnelly, analyste de Tickmill Group.- Le secteur bancaire au beau fixe -Après avoir été “sous pression”, le secteur bancaire “remonte très fortement”, relève Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour Mirabaud France, dans le sillage du retournement de tendance observé lundi.Il s’agit d’une “phase de rebond après une phase de baisse”, relève-t-il.Par ailleurs, “le secteur bancaire est sensible au cycle économique et bénéficie donc de perspectives moins défavorables avec la fin du +shutdown+ américain”, poursuit M. Rozier.Le titre Société Générale a gagné 4,14% à 56,90 euros, prenant la tête de l’indice CAC 40 lundi. Crédit Agricole a gagné 1,69% à 15,91 euros et BNP Paribas 2,31% à 67 euros. 

Lula dénonce les “négationnistes” du climat en recevant le monde en Amazonie

La 30e conférence sur le climat de l’ONU s’est ouverte lundi à Belem en Amazonie brésilienne avec la tâche immense de maintenir la coopération climatique mondiale au moment où les Etats-Unis lui tournent le dos.”Il est temps d’infliger une nouvelle défaite aux négationnistes”, a déclaré Luiz Inacio Lula da Silva en entamant deux semaines de conférence par une vigoureuse défense de l’action multilatérale.Le président brésilien a répété qu’investir pour le climat – point éternel de dispute dans cette enceinte – coûtait “beaucoup moins cher” que les guerres. Avec une volonté d’éviter le fatalisme: “Nous allons dans la bonne direction, mais à la mauvaise vitesse”.”Se lamenter n’est pas une stratégie, nous avons besoin de solutions”, a lancé Simon Stiell, chef de l’ONU Climat, qui coorganise la COP30 avec le pays hôte. Il demande que les tractations produisent du concret: davantage d’engagements pour sortir des énergies fossiles, pour développer les renouvelables, et pour envoyer l’argent promis aux pays pauvres pour les aider dans un climat plus violent.”Il est absurde, tant sur le plan économique que politique, de tergiverser alors que des méga-sécheresses détruisent les récoltes nationales et font flamber les prix des denrées alimentaires”, a-t-il plaidé.- Inévitable dépassement -“Le contexte géopolitique est le plus difficile de toutes les COP”, analyse pour l’AFP Bill Hare, directeur du centre de réflexion Climate Analytics. Il rappelle que pendant le premier mandat du climatosceptique Donald Trump, dans la foulée de l’accord de Paris, le régime climatique avait continué à se construire.”C’est aussi l’une des COP les plus importantes car 10 ans après l’accord de Paris, il est évident que les actions et engagements des pays sont loin de suffire pour limiter le réchauffement à 1,5°C”, ajoute l’expert.Ce que le chef de l’ONU, Antonio Guterres, reconnaît depuis quelques semaines, appelant désormais à ce que le dépassement soit le plus court possible. Ce qui implique de faire enfin baisser les émissions mondiales de gaz à effet de serre, principalement dues à la combustion du pétrole, du gaz et du charbon.Mais les Etats-Unis, premier producteur mondial de pétrole et 2e émetteur de gaz à effet de serre, sont absents pour la première fois de l’histoire de ces réunions, et le front des pays producteurs de pétrole a repris du poil de la bête depuis l’appel de Dubaï à sortir progressivement des énergies fossiles il y a deux ans.”C’est mieux que d’envoyer des gens tout bloquer, non?” dit à l’AFP la cheffe de Greenpeace au Brésil, Carolina Pasquali, à propos de l’absence de délégation de Washington.- Front des pays arabes -Un groupe de petites îles bataille pour que soit inscrit à l’ordre du jour le besoin de formuler une réponse à cet échec, mais le groupe des pays arabes et d’autres refusent.”1,5°C n’est pas qu’un chiffre ou un objectif, c’est une question de survie”, dit à l’AFP Manjeet Dhakal, conseiller du groupe des pays les moins développés à la COP. “Nous ne pourrons cautionner aucune décision qui n’inclue pas de discussion sur notre échec à éviter 1,5°C.”Mais il n’y aura pas de bras de fer d’emblée sur l’ordre du jour officiel de la conférence: les discussions les plus tendues sur ce sujet ainsi que la taxe carbone européenne et les mesures commerciales unilatérales ont été reportées à mercredi.”Ils se sont mis d’accord pour ne pas gâcher la fête de Lula aujourd’hui”, dit à l’AFP Alden Meyer, analyste du think tank E3G.L’un des mystères de ces deux semaines de négociation concerne la “feuille de route” sur les énergies fossiles mise sur la table par Lula lors du sommet de chefs d’Etat, la semaine dernière à Belem. Le Brésil a donné rendez-vous mardi pour clarifier ses intentions.Si les Brésiliens s’activent diplomatiquement depuis un an, ils sont en retard sur la logistique.Les ouvriers ont travaillé toute la nuit pour terminer de nombreux pavillons où les pays organisent leurs propres événements, et des délégués nationaux ont découvert que leurs bureaux de travail n’étaient pas prêts lundi matin.ffb-lg-app-ico/tmo/lpt

Déficit: RN et LFI mettent en cause la sincérité du budget et des élections en 2024

Après la révélation d’une lettre de Bruno Le Maire à Emmanuel Macron sur le dérapage du déficit public en 2024, La France insoumise et le Rassemblement national ont dénoncé lundi “omission” et “mensonges” ayant selon eux faussé la “sincérité” du budget et des élections de l’an dernier.Les oppositions ont vivement réagi au courrier de l’ex-ministre de l’Economie, dévoilé dans un reportage de C Dans L’Air diffusé dimanche sur France 5.La preuve d’une “omission d’Etat”, a fustigé le député LFI Eric Coquerel, quand la cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen, y a vu la “confirmation” de “mensonges organisés pour couvrir (les) dérapages insensés du déficit public”.Dans cette missive, datée du 6 avril 2024 et portant la mention “secret”, M. Le Maire alertait le président de la République sur la dérive des comptes et lui proposait un budget rectificatif pour y remédier.”Nous risquons de nous faire accuser de cacher notre copie”, avait mis en garde l’ancien locataire de Bercy, prévenant le chef de l’Etat que “toute stratégie d’évitement (était) vouée à l’échec”.En vain: attendu initialement à 4,4% du PIB, le déficit avait finalement atteint 5,8% soit un écart de plus de 40 milliards d’euros. Et Bruno Le Maire, resté en poste de mai 2017 à  septembre 2024, avait été accusé par les oppositions d’être responsable des problèmes budgétaires de la France, étant même surnommé “l’homme aux 1.000 milliards” de dette.- “En parfaite conscience” -Le gouvernement de l’époque a beau avoir reçu “des alertes en tous sens” sur la gravité de la situation des comptes publics, “rien n’a été suivi d’effet”, a souligné M. Coquerel sur BFMTV.”Rétrospectivement, ça veut dire que le budget qui était présenté était insincère”, a ajouté le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale.Mme Le Pen a estimé que “ces mensonges” ont également “porté atteinte à la sincérité des élections européennes” puis des législatives qui ont suivi.Car à ses yeux, la dissolution de l’Assemblée nationale a été décidée “en parfaite conscience” de la situation budgétaire par M. Macron, qui “n’en (a) dit mot”. Tout comme, selon elle, le “système politico-médiatique qui cache la vérité aux Français pour faire barrage au RN”.Des accusations balayées par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, qui a affirmé après le Conseil des ministres que “le président de la République (avait) pris toutes les mesures nécessaires durant cette année 2024 pour réduire les déficits, à commencer par le gel de dix milliards d’euros” dès le mois de février.L’ancienne députée macroniste a ajouté “au passage” se souvenir “des discussions qu’il y a pu avoir à l’Assemblée nationale où tous les groupes confondus ont reproché à Bruno Le Maire (et) au président de la République de faire ces économies-là, alors que c’était pourtant bien nécessaire”.Elle a invité la classe politique à travailler à la réduction du déficit pour les années à venir “plutôt que de regarder dans le rétroviseur”.led-fff-tg-gbh/are/cbn

Inégalités salariales: à partir de 11H31 lundi, les femmes travaillent “gratuitement”

Les femmes travaillent “gratuitement” à partir de 11H31 ce lundi et jusqu’à la fin de l’année, en raison des inégalités salariales persistantes, selon la lettre d’information féministe “Les Glorieuses”, qui alerte chaque année sur cette date symbolique.”Les Glorieuses” ont calculé cette heure et cette date à l’aide de statistiques sur les écarts de salaires entre les femmes et les hommes en France. A temps de travail identique, les femmes gagnent en moyenne 14,2% de moins que les hommes, selon les dernières données disponibles de l’Institut national de la statistique (Insee), qui portent sur 2023.Pour Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter, “il faut encore un coup de pouce pour accélérer dans la lutte pour l’égalité salariale”. Depuis 2016, l’écart salarial entre femmes et hommes s’est réduit de 15,1 à 14,2%, soit de 0,9 point. “A ce rythme-là, on atteindra l’égalité en 2167”, soit dans 142 ans, alerte-t-elle.Pour accélérer le mouvement, “Les Glorieuses” demandent une revalorisation des salaires des professions où les femmes sont les plus nombreuses et plaident pour un congé post-naissance équivalent pour les deux parents.Elles souhaitent également que l’accès des entreprises aux marchés publics et l’obtention de subventions soient conditionnés au respect de l’égalité salariale. Une mesure qui “permettrait de garantir que les fonds publics ne creusent plus les inégalités”.”Les Glorieuses” espèrent également que la transparence salariale, qui s’imposera dès l’an prochain, via la transposition d’une directive européenne, permettra de faire une différence.”Les pays comme l’Islande et la Suède, où les écarts de salaires sont devenus un non-sujet, ont mis en place la transparence salariale depuis des dizaines d’années”, souligne Rebecca Amsellem. “Cela va notamment aider les femmes à négocier leurs salaires”.”Ce n’est pas un symbole abstrait, c’est une injustice réelle. Nous devons y mettre fin”, a réagi dans la matinée la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun Pivet, sur le réseau X.”Les incantations ne servent à rien. Maintenant, il faut des actes”, a abondé sa vice-présidente, l’insoumise Clémence Guetté.De nombreux responsables de gauche ont écrit des messages pour s’indigner de cette inégalité salariale. Les femmes “occupent aussi plus souvent des emplois à temps partiel, et sont surreprésentées dans des secteurs essentiels, comme les soins, mais sous-valorisés par nos standards économiques et patriarcaux”, a souligné la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, seule femme à la tête d’un grand parti. “Mettons fin à cette inégalité par la loi, de manière obligatoire, incontournable”, a pour sa part réclamé le dirigeant du Parti communiste Fabien Roussel.

La Chine suspend ses droits portuaires “spéciaux” sur les navires américains

La Chine a annoncé lundi suspendre ses redevances spéciales sur les bateaux américains entrant dans ses ports, le jour de l’entrée en vigueur d’autres mesures d’apaisement dans la guerre commerciale entre Pékin et Washington.Les deux puissances sont engagées depuis plusieurs mois dans un conflit commercial aux multiples rebondissements et aux répercussions significatives sur l’économie mondiale. Les surtaxes douanières avaient un temps atteint des niveaux prohibitifs, entravant fortement les échanges bilatéraux, avant d’être ramenées à des montants plus modérés.Après une rencontre le 30 octobre entre le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Donald Trump, la Chine et les Etats-Unis ont accepté de revenir sur certaines des mesures commerciales punitives prises de part et d’autre.Le ministère chinois des Transports a ainsi confirmé lundi la suspension, pour un an, des droits “spéciaux” qui étaient imposés en fonction de leur tonnage aux navires détenus ou exploités par des entreprises, organisations ou individus américains et arrivant dans un port en Chine.La suspension est entrée en vigueur à 13H01 heure locale (05H01 GMT), a-t-il indiqué. Elle est liée à l’abandon par les Etats-Unis des droits portuaires imposés aux navires construits et exploités en Chine, a indiqué le ministère chinois du Commerce dans un communiqué publié en ligne.”Compte tenu de cette suspension (américaine), la Chine a décidé de suspendre les mesures concernées”, pour une durée d’un an, a-t-il précisé.L’imposition de ces frais portuaires avait été annoncée le mois dernier, en représailles à des mesures américaines similaires qui visaient à contrer la domination chinoise dans le secteur de la construction navale.Les Etats-Unis, puissance du secteur après la Seconde Guerre mondiale, ne représentent plus aujourd’hui que 0,1% de la production mondiale. La Chine construit à elle seule près de la moitié des navires dans le monde, devant la Corée du Sud et le Japon.- Sanctions et fentanyl -Une autre mesure d’apaisement a été annoncée lundi.Le ministère chinois du Commerce a suspendu, pour un an également et avec effet immédiat, ses sanctions contre cinq filiales américaines du mastodonte sud-coréen de la construction navale Hanwha Ocean.La suspension d’un an des mesures prises à l’encontre de Hanwha, effective depuis le 10 novembre, est liée à l’abandon par les Etats-Unis des droits portuaires imposés aux navires construits et exploités en Chine, a indiqué le ministère chinois du Commerce dans un communiqué publié en ligne.”Compte tenu de cette suspension (américaine), la Chine a décidé de suspendre les mesures concernées pour une durée d’un an, a-t-il précisé.Prises le 14 octobre, ces sanctions chinoises interdisaient toute transaction et coopération en Chine avec cinq filiales du géant sud-coréen Hanwha Ocean: Hanwha Shipping LLC, Hanwha Philly Shipyard, Hanwha Ocean USA International LLC, Hanwha Shipping Holdings LLC et USA Holdings Corp.Le ministère chinois du Commerce accusait ces sociétés d’avoir “contribué à et soutenu” une enquête des autorités américaines contre l’industrie navale chinoise. Autre signe du réchauffement en cours: le ministère chinois du Commerce a annoncé lundi avoir ajouté une dizaine de précurseurs du fentanyl à sa liste des produits soumis à un contrôle à l’exportation vers les Etats-Unis, le Mexique et le Canada.Washington reprochait jusqu’à récemment à Pékin de ne pas lutter efficacement contre les flux de ces substances chimiques. Le fentanyl est un analgésique opioïde très puissant. Utilisé en médecine, il est détourné en tant que drogue et est à l’origine de nombreux décès aux Etats-Unis.Le communiqué chinois ne mentionne pas les récentes négociations commerciales, mais la Maison-Blanche avait indiqué le 1er novembre que Pékin avait accepté de “mettre fin à l’expédition de certains produits chimiques spécifiques vers l’Amérique du Nord”, dans le cadre de mesures pour “stopper le flux de fentanyl”.- Détente -D’autres mesures d’apaisement, déjà annoncées précédemment, sont entrées en vigueur lundi.La Chine prolonge ainsi d’un an la suspension d’une partie des surtaxes douanières imposées aux produits américains. Elle les maintient à 10%.Pékin cesse aussi à partir de ce lundi d’appliquer des droits de douanes supplémentaires, imposés depuis mars, sur le soja et un certain nombre d’autres produits agricoles américains. Ces mesures touchaient durement des milieux favorables à Donald Trump.Les mesures d’apaisement de lundi sont les dernières en date prises par la Chine après la rencontre Trump-Xi.Pékin avait annoncé dimanche suspendre une interdiction d’exportation vers les Etats-Unis de gallium, germanium et d’antimoine, des métaux rares cruciaux pour l’industrie moderne.La Chine avait également confirmé qu’elle avait accepté de suspendre pour un an des restrictions récentes sur différentes exportations, dont certaines liées aux terres rares, matériaux essentiels pour la défense, l’automobile ou l’électronique.

Stablecoins: la Banque d’Angleterre propose un cadre pour renforcer la confiance

La Banque d’Angleterre (BoE) a dévoilé lundi ses propositions pour garantir la confiance du public dans les stablecoins, ces cryptomonnaies présentées comme stables car adossées aux devises traditionnelles, qui promettent de révolutionner les transactions en se passant des intermédiaires financiers traditionnels.Les stablecoins sont considérés comme un outil majeur de la popularisation des cryptomonnaies, censés incarner à la fois la stabilité d’une monnaie traditionnelle et la facilité de transaction offerte par les actifs numériques. Ils sont actuellement très majoritairement basées sur le dollar.”Notre objectif est de soutenir l’innovation et de construire la confiance dans cette nouvelle forme de monnaie” qui est appelée à “jouer un rôle significatif dans les paiements” à l’avenir, affirme dans un communiqué Sarah Breeden, vice-gouverneure de la BoE chargée de la stabilité financière.Alors que leur usage s’élargit déjà, les régulateurs veulent rassurer particuliers et institutions, dont la confiance a été entamée par l’effondrement en 2022 du “Terra”, un stablecoin dont le cours était censé être garanti par un algorithme et non par des réserves en monnaie traditionnelle.Selon une série de propositions dévoilées lundi par la BoE, soumises à consultation jusqu’au 10 février, les particuliers ne pourront dans un premier temps détenir plus de 20.000 livres (près de 23.000 euros) d’un stablecoin. Les entreprises seront limitées, sauf exceptions, à 10 millions.La BoE, qui pourrait aussi “soutenir les émetteurs de stablecoins systémiques” -c’est-à-dire les acteurs majeurs- “en période de tensions”, envisage d’autoriser que jusqu’à 60% des actifs détenus en garantie de la monnaie numérique soient des titres de dette publique britannique à court terme.La banque centrale sera chargée de réguler les stablecoins qui seront désignés comme “systémiques” par le ministère des Finances, tandis que les entreprises moins importantes du secteur seront sous l’égide du régulateur des marchés (la FCA).La FCA avait publié en mai ses propres propositions pour les émetteurs de stablecoins, notamment leur imposer de “détenir systématiquement des actifs de garantie d’un montant équivalent à la valeur des stablecoins”.Le cadre britannique pour le secteur doit entrer en vigueur l’an prochain, dans la foulée des Etats-Unis, qui ont adopté l’été dernier leur propre dispositif législatif, très favorable au secteur.L’UE s’est pour sa part dotée en 2024 d’un arsenal juridique limitant la fabrication et l’utilisation de stablecoins en dollars dans sa zone, sans pour autant faire décoller les stablecoins en euros.

Déficit: LFI dénonce une “omission d’Etat” après la révélation d’une lettre de Le Maire à Macron

Le député LFI Eric Coquerel a dénoncé lundi une “omission d’Etat” après la révélation du contenu d’une lettre d’alerte concernant le déficit public envoyée au printemps 2024 par Bruno Le Maire, alors ministre de l’Economie, à Emmanuel Macron.Dans cette missive, datée du 6 avril 2024 et portant la mention “secret”, Bruno Le Maire alertait le président sur le dérapage des comptes, selon un reportage de C Dans L’Air diffusé dimanche sur France 5.Mettant en avant la chute des recettes fiscales, il y demandait des mesures d’économies pour limiter le déficit à 4,9% du produit intérieur brut en 2024 et proposait une loi de finances rectificative (LFR).Ses recommandations n’avaient alors pas été suivies par Emmanuel Macron. Le déficit public avait lui atteint 5,8% du PIB cette année-là.”Il y a une omission d’Etat”, a réagi lundi Eric Coquerel, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, interrogé sur BFMTV, et “rétrospectivement, ça veut dire que le budget qui était présenté était insincère”. L’Insoumis a jugé que le gouvernement avait reçu “des alertes en tous sens”, y compris de Bruno Le Maire, sur la gravité de la situation des comptes publics, mais que “rien n’a(vait) été suivi d’effet”. Cette lettre au chef de l’Etat et d’autres alertes avaient été évoquées devant la commission d’enquête sur le dérapage du déficit par Bruno Le Maire, qui avait transmis la missive au président de la commission des Finances, a indiqué ce dernier à l’AFP. Selon les conclusions de cette commission mi-avril, des recettes fiscales plus faibles qu’escompté en 2023 et 2024 ont engendré des “moins-values” considérables pour les finances publiques. Mais les rapporteurs Mathieu Lefèvre (EPR) et Eric Ciotti (UDR) s’étaient opposés sur la responsabilité politique de ce dérapage. “Le président de la République a pris toutes les mesures nécessaires durant cette année 2024 pour réduire les déficits, à commencer par le gel de dix milliards d’euros intervenu de mémoire en mars 2024″, a réagi lundi la porte-parole de l’actuel gouvernement, Maud Bregeon, après le Conseil des ministres.”Je me souviens au passage des discussions qu’il y a pu avoir à l’Assemblée nationale où tous les groupes confondus ont reproché à Bruno Le Maire, ont reproché au président de la République de faire ces économies-là, alors que c’était pourtant bien nécessaire”, a-t-elle ajouté.Elle a invité la classe politique à travailler à la réduction du déficit pour les années à venir “plutôt que de regarder dans le rétroviseur”.Dans sa lettre de 2024, Bruno Le Maire affirmait que sans loi de finances rectificative, le gouvernement ouvrirait “un contentieux avec toutes les oppositions” et pourrait être accusé d'”insincérité”.”Nous risquons de nous faire accuser de cacher notre copie”, avait-il écrit, prévenant Emmanuel Macron que “toute stratégie d’évitement (était) vouée à l’échec”.Bruno Le Maire, ministre de l’Economie jusqu’en 2024, avait ensuite été accusé par les oppositions d’être responsable des problèmes budgétaires de la France, étant même surnommé “l’homme aux 1.000 milliards” de dette.