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L’injection de requêtes, nouvelle arme des pirates pour contrôler votre IA

L’utilisation désormais massive des assistants d’intelligence artificielle (IA) a créé un point d’entrée pour les pirates informatiques qui, par divers subterfuges, peuvent donner leurs propres instructions à votre chatbot pour voler vos données, les effacer ou les modifier.Meta qualifie cette nouvelle menace, baptisée injection de requête, de “vulnérabilité”, quand le responsable de la sécurité informatique d’OpenAI, Dane Stuckey, y voit “un problème de sécurité non résolu”.Le concept existe depuis trois ans, soit avant même le lancement de ChatGPT, mais son champ était initialement limité car les assistants IA ne pouvaient que produire du contenu -code informatique, texte ou image- qui devait ensuite être revu et intégré par un utilisateur humain.Mais l’arrivée des agents IA, capables de réaliser des tâches de façon autonome, a offert aux pirates un bras armé à l’intérieur du système informatique d’un individu ou d’une entreprise, sorte de Cheval de Troie ultime.L’intégration de ces agents dans la nouvelle génération des navigateurs internet expose leurs utilisateurs à un océan de données en ligne de qualité et d’origine incertaines.Un pirate peut cacher des instructions dans une page internet, un courriel, une image ou un document, notamment en les rendant invisibles à l’oeil humain, voire même dans un faux lien vers un site, comme l’a relevé récemment le spécialiste NeuralTrust.L’agent lit ce contenu et exécute alors l’ordre qui lui est donné, à l’insu de l’internaute.L’agent IA ayant un accès étendu aux données de l’utilisateur, il peut en extraire une partie pour le pirate, les modifier ou les effacer, mais aussi orienter à son gré le fonctionnement d’un site ou du modèle d’IA lui-même.”Pour la première fois depuis des décennies, nous voyons de nouveaux vecteurs d’attaques qui peuvent venir de n’importe où”, a observé le nouveau venu de la recherche en ligne, Perplexity. D’autant, souligne-t-il, que l’IA générative et l’utilisation du langage courant ne circonscrivent plus le spectre “aux acteurs malveillants dotés de compétences techniques élevées”.- “Délicat équilibre” -Pour Eli Smadja, manager au sein du spécialiste israélien de cybesécurité Check Point, l’injection de requête “est le problème de sécurité numéro un pour les grands modèles de langage (LLM)”, programmes informatiques qui donnent vie aux assistants et agents IA.Tous les grands acteurs de l’IA générative grand public ont pris des mesures et publié chacun des recommandations pour se protéger contre ces assauts ou les déjouer.Microsoft a intégré un détecteur d’ordres malveillants, qui se détermine notamment en fonction de l’endroit ou se trouve l’instruction. Quant à OpenAI, il alerte l’utilisateur lorsque l’agent IA se rend sur un site sensible et ne laisse l’opération se poursuivre que si l’internaute l’observe directement en temps réel.D’autres suggèrent de demander une validation explicite à l’usager avant d’effectuer une tâche importante.”Mais le gros défi, c’est que les attaques se perfectionnent”, constate Johann Rehberger, chercheur en cybersécurité connu sous le pseudonyme wunderwuzzi. “Il y a certaines menaces que l’on n’a même pas encore identifiées.”Eli Smadja met en garde contre la “grosse erreur qui consiste à donner au même agent le contrôle sur tout. Il peut fouiller dans vos courriels, aller sur internet ou agir dans votre système.”Reste à trouver “le délicat équilibre”, selon Johann Rehberger, entre sécurité et facilité d’utilisation, “car les gens veulent aussi simplement que l’IA fasse des choses à leur place”, sans avoir à la surveiller en permanence.Pour Marti Jorda Roca, ingénieur chez l’espagnole NeuralTrust, la prise en compte de ces risques doit se faire à tous les niveaux.”Les gens doivent comprendre que l’utilisation de l’IA présente des dangers spécifiques de sécurité”, avance-t-il. Quant aux entreprises, “elles doivent installer des garde-fous (…) pour encadrer ces risques.”Pour l’ingénieur, cela pourrait retarder l’adoption des agents IA, notamment dans les entreprises sensibles comme les banques.Selon Johann Rehberger, l’intelligence artificielle n’est, de toute façon, pas encore assez mûre.”On n’en est pas encore à pouvoir laisser un agent IA partir en mission pendant une longue période”, dit-il. “Il finit par dérailler.”

Plus de risques et moins de solutions: l’angoisse des betteraviers français

Un océan de feuilles vertes et soudain, des taches ocre: la jaunisse de la betterave sucrière est arrivée dans les champs de Jean-Philippe Garnot, en Seine-et-Marne, où les planteurs attendent désespérément des solutions contre ce virus capable d’anéantir leur production.Début novembre, la campagne d’arrachage du tubercule blanc bat son plein en France, premier producteur européen de sucre. Les conditions météorologiques sont idéales et, au niveau national, les rendements s’annoncent meilleurs que l’an dernier, avec une production attendue à 34,2 millions de tonnes (+5%) en dépit d’une légère diminution des surfaces, selon les estimations du ministère de l’Agriculture.Mais sur la parcelle du céréalier, les stigmates d’une attaque de pucerons vecteurs de la jaunisse sont là: des feuilles piquetées, jaunies, qui entravent la photosynthèse.Jean-Philippe Garnot, qui cultive plus de 40 hectares de betteraves, redoute le verdict: “Là on voit des feuilles vertes qui ont repoussé. Le problème c’est que la betterave pompe de l’énergie pour refaire des feuilles au lieu de grossir et de faire du sucre”, explique-t-il à la presse, conviée par la Confédération nationale des betteraviers (CGB, association spécialisée du syndicat FNSEA).- “Impasse” -Le céréalier sort de terre une belle betterave – un kilogramme au jugé – et une autre plus chétive, aux feuilles rabougries. Il estime que 4 à 6% de ses betteraves sont touchées cette année.”On est loin de 2020″ quand le virus avait réduit la récolte de 30% au niveau national et de plus de 70% dans cette zone. Mais, “les 3-4 tonnes qui manquent par hectare, c’est une grosse partie de mon revenu”.Cette année, “on va avoir des résultats très hétérogènes: une très belle production dans certaines zones, comme le Nord, mais en Ile-de-France et en Champagne, c’est variable. Certains vont avoir de grosses pertes”, prédit Cyrille Milard, président de la CGB Ile-de-France.Dans le sud du département, certains “font 50 tonnes par hectare (contre 86t/ha attendues en moyenne nationale). Autour de moi, au moins six agriculteurs vont arrêter la betterave l’an prochain”, dit-il.La CGB s’inquiète pour la pérennité de la culture. Six sucreries ont fermé ces dix dernières années en France.Les agriculteurs se sentent démunis: “La betterave, c’était ce qui nous permettait de nous en sortir ces dernières années, parce que les prix du blé et de la pomme de terre ont chuté. On ne sait plus à quoi se raccrocher”, souffle Jean-Philippe Garnot.Pour la CGB, la situation d'”impasse” dans laquelle se trouvent les planteurs a commencé en 2018, avec l’interdiction effective des néonicotinoïdes, des pesticides puissants et nocifs pour les pollinisateurs.Après la récolte catastrophique de 2020 a été lancé un plan national de recherche pour lutter contre le puceron. Mais malgré des avancées, il faudra sans doute “encore cinq ans” pour développer des variétés plus robustes avec un bon rendement, explique Fabienne Maupas, directrice du département scientifique de l’Institut technique de la betterave (ITB).Sur le terrain, la lutte s’organise donc surtout pour empêcher l’arrivée du puceron. Certaines pratiques sont encouragées dans un récent rapport de l’institut de recherche Inrae: l’introduction de plantes compagnes comme l’orge ou l’avoine, le développement de produits répulsifs de biocontrôle et, surtout, la prévention pour éviter de maintenir de potentiels réservoirs pour le puceron, notamment en détruisant les résidus des récoltes précédentes.- “Combiner les solutions” -Dans ses champs, Jean-Philippe Granot estime avoir “appliqué les consignes” mais, certaines années, “la pression (virale) est trop forte”.L’ITB décrit une course contre la montre: seul 1% des pucerons arrivant sur un champ sont infectés mais ils se multiplient à une vitesse exceptionnelle.”Aujourd’hui le seul produit homologué est le Teppeki (flonicamide), pour une seule application (…) C’était efficace à plus de 70%, utilisé en association avec le Movento (spirotétramate), mais cette substance active vient d’être retirée du marché”, rappelle Fabienne Maupas.Et avec le temps, “le puceron devient résistant et le Teppeki ne va pas durer longtemps”, prévient-elle.S’estimant pris à la gorge, les planteurs réclament la réintroduction de l’acétamipride, un insecticide néonicotinoïde, interdit en France mais autorisé ailleurs en Europe.Dans son rapport, l’Inrae, qui appelle surtout à combiner les solutions, ne se prononce pas sur cette demande de la filière, dont il reconnaît “l’inquiétude”.Pour Jean-Philippe Garnot, “c’est quand même la première fois qu’on reconnaît qu’on est dans une impasse”.

La Bourse de Paris ouvre en hausse pour une séance au ralenti

La Bourse de Paris évolue en hausse mardi au début d’une séance aux échanges ralentis par le jour férié du 11 novembre.L’indice CAC 40 s’affiche en progrès de 0,74% vers 09H15 GMT.L’indice vedette de la Bourse de Paris a gagné 105,33 points lundi, soit une hausse de 1,32%, repassant la barre des 8.000 points à 8.055,51 points.L’appétit pour le risque est revenu lundi sur les marchés boursiers grâce aux espoirs de déblocage budgétaire aux Etats-Unis après 40 jours de paralysie. Après plus d’un mois de “shutdown”, un record, les Etats-Unis entrevoient désormais une issue prochaine à la paralysie budgétaire après un accord passé au Sénat entre la majorité républicaine et quelques démocrates modérés, qui font déjà fait face aux foudres de leur propre camp.Ce qui fait dire à John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank, que “la prudence reste de mise: un simple blocage parlementaire pourrait encore retarder la reprise des activités fédérales”.Les Bourses asiatiques ont reflété ces doutes mardi, ayant commencé dans l’enthousiasme, avant que l’inquiétude ne gagne quant à la qualité des statistiques économiques américaines qui seront publiées après la levée du “shutdown”.”Les pertes liées à l’interruption des dépenses publiques sont estimées à près de 18 milliards de dollars, un choc équivalent à 1,5 point de croissance en moins sur le trimestre” aux Etats-Unis, a estimé John Plassard.En Asie, l’indice vedette Nikkei au Japon, qui évoluait en territoire positif en séance, a finalement cédé 0,14% en clôture.Mardi, au cours d’une séance qui devrait être calme, le jour de l’Armistice commémorant la fin de la Première guerre mondiale et avec un marché obligataire américain fermé, les investisseurs de la place parisienne se focalisent sur quelques indicateurs européens, dont l’emploi en Grande-Bretagne et le baromètre mensuel de l’institut ZEW mesurant le moral des investisseurs.Le taux de chômage au Royaume Uni s’est inscrit à 5% le mois dernier, plus haut que prévu. Les analystes soulignent toutefois que ces données moroses augmentent les chances que la Banque d’Angleterre abaisse son taux d’intérêt, ce qui encourageait les investisseurs de la Bourse de Londres (+0,99% vers 09H15 GMT).PARMI LES VALEURS A SURVEILLERLVMH: le titre du géant français du luxe gagne 2,17% à 631,30 euros à la Bourse de Paris. Selon des informations de Bloomberg, le groupe s’apprêterait ouvrir plusieurs magasins en Chine –un marché clé–, dont quatre à Pékin en décembre aux enseignes de Louis Vuitton, Dior, Tiffany et Loro Piana.vmt/sr/eb

Le Congrès américain avance vers une fin de la paralysie budgétaire

Le Sénat américain a adopté lundi un texte qui, une fois approuvé par la Chambre des représentants, lèverait la paralysie budgétaire après plus de 40 jours de “shutdown”, mais qui est source de dissensions dans le camp démocrate.La proposition de loi adoptée à 60 voix pour et 40 contre étend le budget actuel jusque fin janvier. Le texte doit désormais être débattu et adopté à partir de mercredi à la Chambre des représentants, avant d’atterrir sur le bureau de Donald Trump pour une promulgation qui mettrait officiellement fin à la paralysie d’une partie de l’Etat fédéral.”Nourrissez tout le monde. Payez nos militaires, nos fonctionnaires et la police du Capitole. Mettez fin au chaos dans les aéroports. Le pays avant le parti”, a clamé lundi sur X le sénateur démocrate John Fetterman, qui a voté en faveur de la mesure républicaine.Le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, a écrit sur le même réseau social être heureux de soutenir “la voie vers la fin de ce +shutdown+ inutile, d’une manière responsable qui permette de payer rapidement les fonctionnaires et de rouvrir le gouvernement fédéral”. Avant le vote, le président américain s’était réjoui d’avoir obtenu suffisamment de voix démocrates au Sénat pour sortir de l’impasse.”C’est dommage qu’il ait été fermé, mais on va rouvrir notre pays très rapidement”, a déclaré Donald Trump devant la presse à la Maison Blanche.Le chef républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, avait aussi exprimé son optimisme lundi concernant une sortie de la paralysie “cette semaine”. “Notre long cauchemar national touche enfin à sa fin”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse.Depuis le 1er octobre et le début du blocage, plus d’un million de fonctionnaires ne sont pas payés, le versement de certaines aides est fortement perturbé, tout comme le trafic aérien, avec maintenant des centaines d’annulations de vols chaque jour.- “Souffrances prolongées” -Au coeur du différend entre républicains et démocrates depuis plus de 40 jours: la question des coûts de santé.Le parti de Donald Trump, majoritaire au Congrès, proposait une simple extension du budget actuel, tandis que l’opposition réclamait une extension de subventions pour le programme d’assurance santé “Obamacare”, à destination principalement des ménages à bas revenus.Ces subventions doivent expirer à la fin de l’année, et les coûts de l’assurance santé devraient ainsi plus que doubler en 2026 pour 24 millions d’Américains qui utilisent “Obamacare”, selon KFF, un cercle de réflexion spécialisé sur les questions de santé.En raison des règles en vigueur au Sénat, plusieurs voix démocrates étaient nécessaires pour adopter un budget même si les républicains y sont majoritaires. Au total, huit démocrates ont finalement voté pour un nouveau texte.”Des semaines de négociations avec les républicains ont montré clairement qu’ils ne discuteraient pas des questions de santé” pour mettre fin à la paralysie, a assuré dans un communiqué l’une d’entre eux, la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen.”Attendre plus longtemps ne fera que prolonger les souffrances que les Américains ressentent à cause du +shutdown+”, a-t-elle ajouté.Connus pour la plupart comme centristes, ces huit élus de l’opposition ont obtenu l’annulation du licenciement de milliers de fonctionnaires fédéraux par l’administration Trump depuis le début de la paralysie.- “Pas de bonne foi” -Ils sont en revanche repartis les mains presque vides sur les questions de santé, n’arrachant pas une extension des subventions dans le texte final, mais seulement une promesse du chef républicain du Sénat quant à la tenue d’un vote prochain sur cette question.Une promesse creuse, ont dénoncé de nombreux élus démocrates, car le chef de la Chambre, Mike Johnson, a lui refusé de s’engager à prévoir un même vote à la chambre basse.De nombreux élus et sympathisants démocrates appellent désormais à ce que des têtes tombent.Le premier visé: Chuck Schumer, chef de la minorité au Sénat. S’il a voté non dimanche soir, il est soupçonné par de nombreux élus et sympathisants démocrates d’avoir poussé en coulisses pour que ces élus modérés parviennent à un accord avec les républicains.

Retraites: les dilemmes de Renaissance

Comment enjamber le débat sur la suspension de la réforme des retraites ? Contraint d’avaliser une remise en cause de son bilan, le parti Renaissance entend soumettre “sa” propre réforme, illustration d’une position inconfortable entre la nécessaire “stabilité” de l’exécutif et la volonté de se projeter dans l’après-Macron.L’heure est à l’introspection chez les macronistes. Voire aux règlements de compte. Dimanche, sur France 5, l’ancien ministre de l’Économie Bruno Le Maire a réaffirmé avoir alerté Emmanuel Macron sur le dérapage des comptes publics, plaidant en vain pour un budget rectificatif au printemps 2024, avant la dissolution de l’Assemblée nationale.Après cinq ans de règne sans partage, deux ans de majorité relative et deux Premiers ministres éconduits depuis la dissolution, les soutiens du président n’ont guère le choix: si, avec la nomination et la reconduction de Sébastien Lecornu à Matignon, ils ont conservé la plupart des leviers gouvernementaux et évité la censure immédiate, le prix à payer, fixé par le Parti socialiste, est élevé. Et comprend la fameuse suspension jusqu’à la présidentielle de la réforme Borne, examinée par l’Assemblée mercredi.Un crève-coeur ? Peut-être. Mais “pour les gens, la suspension de la réforme est actée” et “nous, on ne peut pas faire dérailler le truc”, estimait récemment un dirigeant de Renaissance.Gabriel Attal a plaidé pour l’abstention, lundi soir en réunion de groupe. “Certains souhaitent voter contre la suspension tout en soutenant le PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale, ndlr). D’autres pensent qu’il faut s’abstenir pour marquer le compromis. Le Premier ministre a semblé favorable à une abstention, qui permettrait de défendre notre projet sans bloquer le compromis”, avait-il expliqué dans la journée lors d’un échange avec la presse.”Il y aura de l’abstention en grande majorité, quelques pour et quelques contre”, anticipe une source gouvernementale, qui table sur une position similaire au MoDem, tandis que les députés Horizons, le parti d’Édouard Philippe, devraient voter contre.La suspension “obère l’avenir”, a jugé sur LCI le député Renaissance Marc Ferracci, qui votera contre.- Débat du “passé” -Mais pas question, pour Gabriel Attal, de se laisser happer par un débat qui “appartient au passé”.L’ancien Premier ministre, qui a entamé un large travail d’inventaire du macronisme au pouvoir, y voit “un épisode supplémentaire du débat sans fin infligé aux Français depuis des décennies”. Avec “à chaque fois le même discours (sur) la réforme de la dernière chance pour sauver le système”, rhétorique à laquelle l’ancien porte-parole du gouvernement a lui-même largement contribué.Sans nourrir d’illusion sur la possibilité d’une adoption d’ici l’élection présidentielle, Renaissance va déposer une proposition de loi reprenant la réforme conçue par le parti et présentée en juillet, pour “un système universel, clair et compréhensible”. S’inspirant en partie de la réforme abandonnée en 2020.”On fera progressivement converger les différents régimes, de telle sorte qu’un euro cotisé ouvre les mêmes droits, que l’on soit salarié, fonctionnaire ou indépendant”, a expliqué M. Attal.Ce “nouveau système” ferait disparaître l’âge légal de départ “devenu un non-sens”. “Chacun sera libre de choisir le moment où il part. On ne fixe qu’une condition: il faudra un montant minimal de pension de retraite à atteindre pour pouvoir liquider sa retraite”, a-t-il développé.”L’État doit fixer un cadre, des objectifs, et les paramètres (durée et montant de cotisation, NDLR), eux, doivent être déterminés par les partenaires sociaux en suivant une règle d’or budgétaire. Cette règle d’or sera très fermement inscrite, incontournable, c’est l’équilibre financier du système”, a précisé M. Attal.Ce système devra “inciter” à une part de capitalisation mais sans la rendre obligatoire, a par ailleurs indiqué l’ancien locataire de Matignon. Avec la création d’un “fonds de capitalisation à la naissance” dans le cadre duquel chaque enfant recevrait 1.000 euros versés par l’État, placés sur un “compte de capitalisation”.Une proposition que les macronistes entendent également verser au débat via un amendement au projet de loi de finances.”L’objectif premier est d’ouvrir le débat dans la société”, explique M. Attal, résolument tourné vers l’Élysée. “Il n’y a aucune vraie dynamique politique qui puisse s’installer d’ici aux municipales. (…) Il faut survivre, jusqu’au moment où les gens rentreront dans le débat de la présidentielle”, théorisait-on récemment au sommet du parti.

Wall Street termine en hausse, espère un déblocage budgétaire

La Bourse de New York a terminé en franche hausse lundi, les investisseurs espérant une levée de la paralysie budgétaire (“shutdown”) aux États-Unis, après plus de 40 jours de blocage.Le Dow Jones a gagné 0,81%, l’indice Nasdaq a progressé de 2,27% et l’indice élargi S&P 500 s’est octroyé 1,54%.”Les investisseurs s’accrochent à la nouvelle selon laquelle le Sénat s’apprête à adopter une mesure visant à rouvrir le gouvernement” après le plus long blocage de l’histoire du pays, résume auprès de l’AFP Jack Albin, de Cresset.Dimanche, un accord a été passé au Sénat entre la majorité républicaine et quelques démocrates modérés. L’adoption par la chambre haute d’un nouveau texte budgétaire est attendue tard lundi voire dans la nuit.Charge ensuite à la Chambre des représentants d’examiner la proposition et, en cas d’adoption, du président américain Donald Trump de la promulguer.”Nous verrons si le gouvernement rouvrira dans les prochains jours”, ce qui serait “bon à la fois pour les consommateurs et pour les investisseurs”, note M. Albin.Depuis le 1er octobre et le début du blocage, plus d’un million de fonctionnaires ne sont pas payés, le versement de certaines aides est fortement perturbé, tout comme le trafic aérien, avec désormais des centaines d’annulations de vols chaque jour.Une réouverture éventuelle “renforce les perspectives de croissance et ravive l’optimisme”, note Jose Torres, d’Interactive Brokers.Un déblocage permettrai aussi aux investisseurs d’avoir de nouveau accès aux données économiques officielles, qui manquaient jusqu’alors à l’appel.Grâce à ces indicateurs, ils pourront affiner leurs attentes quant au futur de la politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed).Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’État américain se tendait légèrement à 4,11% vers 21H15 GMT par rapport à la clôture de vendredi, à 4,10%.Au tableau des valeurs, après avoir été boudées la semaine dernière, “les actions à très forte capitalisation ont profité d’une tendance générale d’achat à la baisse”, observe Patrick O’Hare de Briefing.com.Le géant des puces Nvidia a brillé (+5,79%), de même que Microsoft (+1,85%) ou Alphabet (+4,04%), la maison-mère de Google.Les compagnies aériennes, à l’instar d’American Airlines (+0,88%), Delta (+0,99%) et United (+0,22%) ont été boudées, alors que plus de mille vols ont encore été annulés lundi aux Etats-Unis à cause du “shutdown”.Donald Trump a menacé les contrôleurs aériens ne se présentant pas à leur poste de sabrer dans les salaires et a au contraire évoqué un “bonus de 10.000 dollars” pour chaque contrôleur resté à son poste pendant la durée du blocage budgétaire.La plateforme de réservation de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) Lyft (+7,62% à 23,72 dollars) a profité de l’annonce d’un partenariat avec l’application de réservation de taxis officiels Curb à Los Angeles (Californie).La biotech américaine Metsera (-14,80% à 70,87 dollars), spécialiste des traitements anti-obésité, a chuté après avoir confirmé qu’elle serait bien rachetée par Pfizer. Ce dernier avait dû batailler contre le danois Novo Nordisk, qui cherchait aussi à intégrer la biotech dans son périmètre.La start-up américaine spécialisée dans le “cloud” (informatique à distance) CoreWeave a terminé dans le vert (+1,54% à 105,61 dollars) avant la publication de ses résultats trimestriels post-clôture.

COP30: Lula reçoit le monde en Amazonie, bataille en vue entre pays

La 30e conférence sur le climat de l’ONU s’est ouverte lundi à Belém en Amazonie brésilienne, avec déjà une bataille en vue entre pays sur l’urgence et les moyens de contenir le réchauffement climatique.”Il est temps d’infliger une nouvelle défaite aux négationnistes”, a déclaré Luiz Inacio Lula da Silva en entamant deux semaines de conférence, sans les Etats-Unis, par une vigoureuse défense de l’action multilatérale.Le président brésilien a répété qu’investir pour le climat – point éternel de dispute dans cette enceinte – coûtait “beaucoup moins cher” que les guerres. Avec une volonté d’éviter le fatalisme: “Nous allons dans la bonne direction, mais à la mauvaise vitesse.”Les Etats-Unis, premier producteur mondial de pétrole et deuxième émetteur de gaz à effet de serre, sont absents pour la première fois de l’histoire de ces réunions.”C’est mieux que d’envoyer des gens tout bloquer, non?”, dit à l’AFP la cheffe de Greenpeace au Brésil, Carolina Pasquali.Cette COP, la première en Amazonie, rassemble moins que lors des éditions précédentes, avec 42.000 personnes accréditées. Au premier jour, les délégués présents ont pu entendre la pluie tropicale cogner violemment contre le toit du centre de conventions, et même sentir des gouttes s’infiltrer dans l’enceinte.”Se lamenter n’est pas une stratégie, nous avons besoin de solutions”, a lancé Simon Stiell, chef de l’ONU Climat, qui coorganise la COP30 avec le pays hôte. Il s’est félicité d’une petite avancée: en incluant les toutes dernières feuilles de route climatiques déposées par certains pays, la baisse des émissions d’ici 2035 sera de 12%. Toujours loin du compte mais un peu mieux que les 10% annoncés dernièrement sur une base plus limitée. “Chaque fraction de degré de réchauffement évitée sauvera des millions de vies et évitera des milliards de dollars en dommages climatiques”, a souligné Simon Stiell. Mais il demande que les tractations produisent plus de concret: davantage d’engagements pour sortir des énergies fossiles, pour développer les renouvelables, et pour envoyer l’argent promis aux pays pauvres pour les aider dans un climat plus violent.Le temps presse, rappellent les scientifiques. Jim Skea, président du Giec, le groupe de chercheurs qui travaille sur le climat sous l’égide de l’ONU, a jugé “presque inévitable” de dépasser à court terme le seuil de 1,5°C de réchauffement, l’objectif le plus ambitieux fixé par l’accord de Paris en 2015.- “Question de survie” -Un groupe de petites îles bataille pour que soit inscrit à l’ordre du jour le besoin de formuler une réponse à cet échec, mais le groupe des pays arabes et d’autres refusent, craignant une nouvelle attaque contre pétrole. La position de l’Arabie saoudite est “toxique”, déplore un diplomate occidental.Un échec à maintenir la limite de 1,5°C “scelle notre perte”, a dit à l’AFP Maina Vakafua Talia, ministre du Tuvalu, petit archipel du Pacifique menacé par la montée des eaux.”Je garde espoir. On doit garder un certain optimisme”, a-t-il toutefois dit.”1,5°C n’est pas qu’un chiffre ou un objectif, c’est une question de survie”, abonde auprès de l’AFP Manjeet Dhakal, conseiller du groupe des pays les moins développés à la COP. “Nous ne pourrons cautionner aucune décision qui n’inclue pas de discussion sur notre échec à éviter 1,5°C.”Mais il n’y aura pas de bras de fer d’emblée sur l’ordre du jour officiel de la conférence: les discussions les plus tendues sur ce sujet ainsi que la taxe carbone européenne et les mesures commerciales unilatérales ont été reportées à mercredi.- “Sujet sensible” -D’ici là, la présidence brésilienne organise des consultations entre pays, après de premiers échanges “assez tendus”, selon un participant. “Personne ne veut bouger de ses positions”, regrette un représentant d’un pays d’Amérique latine.L’un des mystères de ces deux semaines de négociation concerne la “feuille de route” sur les énergies fossiles mise sur la table par Lula lors du sommet de chefs d’Etat, la semaine dernière à Belem.La sortie du pétrole, du gaz et du charbon fera-t-elle l’objet d’une nouvelle décision négociée et contraignante – après une première étape il y a deux ans à Dubaï – ou, plus probablement, d’engagements volontaires de certains pays?”On sait que c’est un sujet sensible pour un certain nombre de nos partenaires, que pour certains, c’est plus simple d’en discuter, pas sous un format de négociation, mais sous un format de coalition”, reconnaît-on dans la délégation française.ffb-lg-app-ico-jmi/liu

France: des appels au boycott menacent la 53e édition du festival de BD d’Angoulême

Avis de tempête sur le célèbre festival de bande dessinée d’Angoulême, dans le sud-ouest de la France: les appels au boycott et les critiques des grands noms de la BD se multiplient contre l’organisateur de l’événement.”Le Festival de la bande dessinée d’Angoulême est en danger de mort”, ont alerté lundi dans une tribune 22 lauréats du Grand prix, récompense suprême du festival, dont la renommée est mondiale.En cause: la reconduction de son délégataire historique très contesté, 9eArt+, comme organisateur de l’évènement.L’appel, publié sur le site du quotidien communiste L’Humanité, est signé notamment des Américains Art Spiegelman et Chris Ware, du Belge François Schuiten, de la Britannique Posy Simmonds et des Français Florence Cestac, Riad Sattouf, Jacques Tardi, Lewis Trondheim ou Willem, y compris la lauréate du Grand prix 2025, Anouk Ricard. Ces prestigieux auteurs et autrices de BD dénoncent un événement qui “accumule les scandales, les erreurs de communication et le manque d’ambition, tout cela dans une totale opacité de gestion”.”Il est grand temps de tourner la page 9eArt+ pour que le Festival retrouve, avec de nouveaux opérateurs, les valeurs qui ont construit sa notoriété internationale”, demandent-ils, à quelques mois de l’édition 2026, prévue du 29 janvier au 1er février.Depuis l’annonce samedi par l’association propriétaire du festival de BD d’Angoulême (FIBD) de la reconduction de la société 9eArt+, à l’issue d’un appel d’offre très critiqué pour son opacité, la colère du secteur ne retombe pas. – Prix des entrées -Cette société privée, vivement contestée, devra toutefois s’associer avec la Cité internationale de la BD et de l’image pour organiser les éditions à compter de 2028.L’annonce a soulevé l’indignation d’une grande partie du secteur, déjà marqué par une édition 2025 entachée par une grave crise de confiance avec 9eArt+, accusée de dérives commerciales, d’opacité et d’avoir licencié une salariée après une plainte pour viol en 2024.Sur les réseaux sociaux, les appels au boycott se sont multipliés avec le mot-clé #NOFIBD2026. Anouk Ricard a annoncé qu’elle ne se rendrait pas à Angoulême, tout comme d’autres autrices françaises, comme Pénélope Bagieu ou Catherine Meurisse.Auprès de l’AFP, Anouk Ricard, 54 ans, sacrée à Angoulême pour son œuvre décalée et absurde, a évoqué une “longue liste” de griefs contre le festival, dont “le prix des entrées, le mépris des auteur.ices, le manque de transparence, le manque d’écoute”. “Difficile de dire ce qui dérange le plus”, a-t-elle noté.Poids lourd du secteur, le Syndicat national de l’édition (SNE) a réclamé samedi “une clarification” sur la réorganisation en cours du festival et de la “transparence”, faute de quoi il boycotterait les éditions après 2026.- “Flou” -Le Syndicat des éditeurs alternatifs (SEA) a lui réitéré son rejet absolu de “la reconduction de cette société et de son dirigeant, Franck Bondoux”.Dans une réaction à l’AFP, le ministère français de la Culture a regretté que “les contours des éditions futures restent flous, en dépit des efforts constants des financeurs publics et des attentes des auteurs, des éditeurs et des festivaliers”. La Cité internationale de la BD et 9eArt+ ont jusqu’au 20 novembre pour présenter un projet commun. Le ministère a dit attendre “l’issue des discussions pour prendre une position définitive”.Le festival, créé en 1974, est organisé par 9eArt+ depuis 2007. Au printemps, sous la pression de ses financeurs publics (État et collectivités locales) et d’un appel d’auteurs au boycott, l’association du Festival d’Angoulême avait mis fin au contrat de 9eArt+, ouvrant à la concurrence l’organisation de l’événement à partir de 2028.En juillet, le délégataire historique avait annoncé le retrait à cet horizon de son directeur décrié, Franck Bondoux, sans renoncer à candidater à l’appel à projets.

COP30: le président du Giec déclare désormais “presque inévitable” de dépasser 1,5°C de réchauffement

Le président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a jugé “presque inévitable” de dépasser à court terme le seuil de 1,5°C de réchauffement, un objectif fixé par l’accord de Paris en 2015, tout en estimant qu’il est “peut-être encore possible” de le limiter.”Il est désormais presque inévitable que le réchauffement climatique dépasse 1,5°C à court terme, et cela est clairement dû à l’insuffisance des mesures prises en faveur du climat au cours des dernières années et à l’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre qui en a résulté”, a déclaré Jim Skea, président du groupe de chercheurs établissant le consensus scientifique sur le climat, lors d’un message vidéo à l’ouverture de la COP30 à Belem au Brésil.”Mais il est peut-être encore possible de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d’ici à la fin du siècle”, a précisé M. Skea, ajoutant que “cela impliquerait des réductions immédiates, profondes et durables des émissions de dioxyde de carbone, ainsi que l’élimination d’une partie importante du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère”.L’ONU et de nombreux climatologues ont déjà reconnu que ce niveau de réchauffement serait atteint prochainement, appelant à faire en sorte que le dépassement soit temporaire, ce qui se compterait en décennies.Les scientifiques insistent sur le danger de chaque dixième de degré de réchauffement au-delà de +1,5°C, avec des effets imprévisibles pour les écosystèmes et la vie humaine, entre canicules, sécheresses, incendies, inondations, tempêtes, montée du niveau des mers, atteintes à la biodiversité, etc.L’accord de Paris en 2015 a pour objectif de limiter le réchauffement “bien en dessous” de 2°C, et de maintenir les efforts pour le contenir à 1,5°C, par rapport à la période préindustrielle. Le climat est déjà réchauffé d’environ 1,4°C, selon l’observatoire européen Copernicus.

Le déficit public est “sur les rails” pour respecter les prévisions en 2025, selon le gouvernement

Les finances publiques sont “sur les rails” pour respecter la prévision d’un déficit budgétaire de 5,4% du produit intérieur brut (PIB) en 2025, selon le gouvernement qui a présenté son projet de loi de finances de fin de gestion (PLFFG) en conseil des ministres lundi.Les ministres Roland Lescure (Economie) et Amélie de Montchalin (Comptes publics) ont présenté dans la matinée le texte, qui doit ensuite être déposé devant l’Assemblée nationale. Il “retrace l’exécution budgétaire de l’année 2025” et constitue une “photographie de l’année en cours”, a indiqué la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, à l’issue du conseil. L’objectif de déficit public en 2025 est “sur les rails” et sera “tenu” ce qui “prouve que nous sommes capables de maitriser nos dépenses publiques”, a-t-elle estimé.Le gouvernement projette de ramener le déficit public à 5,4% en 2025 après 5,8% en 2024, et maintient également son objectif de croissance à 0,7% du PIB en 2025. Le texte prévoit par ailleurs d’annuler 1,2 milliard d’euros de crédits, correspondant à la différence entre l’ouverture de 3 milliards d’euros de crédits supplémentaires pour financer divers “aléas de gestion”, et l’annulation de 4,2 milliards d’euros de crédits, dont une “grande partie” sur la réserve de précaution des ministères, précise le gouvernement. Le total des dépenses du périmètre de l’Etat est en hausse de 0,3 milliard d’euros par rapport à la loi de finance initiale, relève Bercy auprès de l’AFP.Dans le détail, 1,1 milliard d’euros supplémentaires financeront la hausse des charges du service public de l’énergie, 300 millions d’euros seront affectés à la mission Défense, et 200 millions pour la mission Sécurité, afin de répondre à des surcoûts opérationnels dans les Outre-mer notamment, précise le texte.  A noter d’autres ouvertures de crédits pour financer l’hébergement d’urgence (100 millions d’euros), des aides et prestations sociales, notamment la prime d’activité (300 millions d’euros) ou l’allocation adulte handicapé (100 millions d’euros).Les annulations de crédits affecteront notamment la mission Travail, emploi et administration des ministères sociaux à hauteur de 800 millions d’euros, ainsi que la mission Recherche et enseignement supérieur (-250 millions d’euros), et Economie (-180 millions d’euros). Du côté des recettes, les rentrées liées à l’impôt sur le revenu sont en petite hausse par rapport à la prévision initiale (+400 millions d’euros), tandis que les recettes d’impôts sur les sociétés augmentent plus nettement (+5,2 milliards d’euros). Les recettes de la contribution différentielle sur les plus hauts revenus (CDHR) ont en revanche été revues à la baisse, estimées à quelque 1,4 milliard d’euros, contre 2 milliards d’euros selon le projet de loi de finances initial.