Test

À l’Assemblée, le budget de l’Etat en pause, place au projet de financement de la Sécu

Les députés ont bouclé lundi huit jours de débats sur la partie “recettes” du budget de l’État et voient peu à peu s’éloigner l’espoir d’arriver un jour au vote sur ce texte, remplacé dès mardi dans l’hémicycle par l’examen du budget de la Sécurité sociale. L’Assemblée risque de ne pas pouvoir examiner en entier la première partie du projet de loi de finances avant le 23 novembre à minuit, date à laquelle le gouvernement doit transmettre le texte au Sénat. S’il existe une chance que les débats s’accélèrent, le gouvernement semble désormais envisager clairement l’hypothèse du dépassement des délais. La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a ainsi assuré lundi soir que le gouvernement s’engageait à “transmettre” au Sénat “tous les amendements” qui auront été “votés” par l’Assemblée nationale. Une manière d’assurer aux groupes parlementaires que leurs travaux ne seront pas vains. En effet, lorsque les délais constitutionnels sont dépassés, l’exécutif est en droit de transmettre le projet initial, balayant du coup tous les votes des députés d’un claquement de doigts. En faisant le choix inverse, Sébastien Lecornu va donc demander au Sénat de se positionner sur toutes les mesures adoptées par les députés.Cette annonce intervient après huit jours d’âpres débats. Un examen qui s’est poursuivi lundi avec notamment l’adoption d’un amendement RN rétablissement “l’exit tax” dans sa version d’origine sarkozyste. Ou encore le resserrement du pacte Dutreil qui facilite la transmission d’une entreprise familiale. Dans la soirée, les députés ont rejeté l’une des mesures les plus décriées du projet de budget de l’Etat qui prévoit de soumettre à l’impôt sur le revenu les indemnités journalières versées aux personnes atteintes d’une affection longue durée (ALD). Ils ont également voté contre une hausse de la fiscalité sur deux biocarburants le B100 et le E85. – Rendez-vous le 12 novembre -L’examen du projet de loi de finances pour 2026 ne reprendra que le 12 novembre, car les députés entament dès mardi la discussion sur le projet de financement de la Sécurité sociale, truffé d’irritants lui aussi.Amélie de Montchalin a profité de ce moment pour tirer un premier bilan: on est loin “du budget Frankenstein” que la confusion fiscale des derniers jours pourrait laisser croire, selon elle. “Nous sommes précisément à 4,7% (du PIB) de déficit”, soit l’objectif initial du gouvernement, a-t-elle indiqué lundi matin. “Ce qui veut dire qu’il y a encore de la marge de manœuvre” lors de la navette parlementaire.Côté entreprises, “il y a eu des hausses d’impôts de 2,5 milliards pour les multinationales. Il y a eu des baisses aussi à peu près de 3 milliards de moins pour les PME”, a-t-elle résumé.Ce calcul exclut cependant “quatre taxes” (sur les multinationales, les rachats d’actions, les super dividendes notamment) que le gouvernement juge inapplicables ou contraires au droit européen.Côté ménages, il y aurait “à peu près 2 milliards de moins d’impôt, notamment du fait du dégel du barème de l’impôt sur le revenu” et de l’autre “un ensemble de mesures sur les plus fortunés qui représenteraient plus que l’ISF avant 2017″. Ces mesures devraient rapporter entre 5 et 6 milliards d’euros, contre 5,1 pour l’ISF.Insuffisant toutefois pour que cette copie réunisse une majorité de députés à ce stade, car les divergences restent grandes.”Je ne vois pas très bien comment cette partie 1 pourrait être votée, parce qu’en fait elle ne va satisfaire personne”, a pointé le rapporteur général du Budget, Philippe Juvin (LR).- La gauche boycotte une réunion -Le Premier ministre a demandé à ses ministres de réunir les représentants des groupes pour trouver des points d’accord. Mais la gauche ne s’est pas rendue à la réunion organisée à la mi-journée au ministère des Relations avec le Parlement, en raison de la présence du Rassemblement national. Outre le RN, son allié l’UDR d’Eric Ciotti, le groupe indépendant Liot et les représentants du socle commun y ont assisté. Le premier secrétaire du PS Olivier Faure reste néanmoins optimiste: si la voie était “étroite” vers une adoption, un “chemin” lui semblait encore “possible” lundi.”J’appelle ça les idiots utiles du macronisme”, a rétorqué l’Insoumis Eric Coquerel.En cas de rejet de cette première partie, le projet de budget partirait au Sénat dans sa version initiale. Si le Parlement ne s’est pas prononcé le 23 décembre, le gouvernement peut légiférer par ordonnances, une procédure inédite. Autre option si rejet du budget: le vote d’une loi spéciale.sl-far-ama-cma/vgu

Budget: les débats s’étirent en longueur, le projet de financement de la Sécu en approche

Les députés bouclent lundi huit jours de débats sur la partie “recettes” du budget de l’État et voient peu à peu s’éloigner l’espoir d’arriver un jour au vote sur ce texte, remplacé dès mardi dans l’hémicycle par l’examen du budget de la Sécurité sociale. Au fil des heures de discussion, le constat est chaque jour plus clair: l’Assemblée risque de ne pas pouvoir examiner en entier la première partie du projet de loi de finances avant le 23 novembre à minuit, date à laquelle le gouvernement doit transmettre le texte au Sénat. S’il existe une chance que les débats s’accélèrent, le gouvernement semble désormais envisager clairement l’hypothèse du dépassement des délais. La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a ainsi assuré lundi soir que le gouvernement s’engageait à “transmettre” au Sénat “tous les amendements” qui auront été “votés” par l’Assemblée nationale. Une manière d’assurer aux groupes parlementaires que leurs travaux ne seront pas vains. En effet, lorsque les délais constitutionnels sont dépassés, l’exécutif est en droit de transmettre le projet initial, balayant du coup tous les votes des députés d’un claquement de doigts. En faisant le choix inverse, Sébastien Lecornu va donc demander au Sénat de se positionner sur toutes les mesures adoptées par les députés.Cette annonce intervient après huit jours d’âpres débats. Un examen qui s’est poursuivi lundi avec notamment l’adoption d’un amendement RN rétablissement “l’exit tax” (taxe d’expatriation) dans sa version d’origine sarkozyste. Ou encore le resserrement du pacte Dutreil qui facilite la transmission d’une entreprise familiale. Dans la soirée, les députés ont rejeté l’une des mesures les plus décriées du projet de budget de l’Etat qui prévoit de soumettre à l’impôt sur le revenu les indemnités journalières versées aux personnes atteintes d’une affection longue durée (ALD).- Rendez-vous le 12 novembre -L’examen du projet de loi de finances pour 2026 ne reprendra que le 12 novembre, car les députés entament dès mardi la discussion sur le projet de financement de la Sécurité sociale, truffé d’irritants lui aussi.Amélie de Montchalin a profité de ce premier moment-charnière pour tirer un premier bilan des votes: on est loin “du budget Frankenstein” que la confusion fiscale des derniers jours pourrait laisser croire, selon elle. “Nous sommes précisément à 4,7% (du PIB) de déficit”, soit l’objectif initial du gouvernement, a-t-elle indiqué lundi matin. “Ce qui veut dire qu’il y a encore de la marge de manœuvre” lors de la navette parlementaire.Côté entreprises, “il y a eu des hausses d’impôts de 2,5 milliards pour les multinationales. Il y a eu des baisses aussi à peu près de 3 milliards de moins pour les PME”, a-t-elle résumé.Ce calcul exclut cependant “quatre taxes” (sur les multinationales, les rachats d’actions, les super dividendes notamment) que le gouvernement juge inapplicables ou contraires au droit européen.Côté ménages, il y aurait “à peu près 2 milliards de moins d’impôt, notamment du fait du dégel du barème de l’impôt sur le revenu” et de l’autre “un ensemble de mesures sur les plus fortunés qui représenteraient plus que l’ISF avant 2017″. Ces mesures devraient rapporter entre 5 et 6 milliards d’euros, contre 5,1 pour l’ISF.Insuffisant toutefois pour que cette copie réunisse une majorité de députés, du moins à ce stade, car les divergences restent grandes.”Je ne vois pas très bien comment cette partie 1 pourrait être votée, parce qu’en fait elle ne va satisfaire personne”, a pointé le rapporteur général du Budget, Philippe Juvin (LR).- La gauche boycotte une réunion -Reconnaissant ces limites dans la discussion budgétaire pour parvenir à une copie d’ensemble cohérente, le Premier ministre a demandé à ses ministres de réunir les représentants des groupes pour trouver des points d’accord. Las. La gauche ne s’est pas rendue à la réunion organisée à la mi-journée au ministère des Relations avec le Parlement, en raison de la présence du Rassemblement national. Outre le RN, son allié l’UDR d’Eric Ciotti, le groupe indépendant Liot et les représentants du socle commun y ont assisté. Le premier secrétaire du PS Olivier Faure continue de son côté à tenir un discours optimiste: si la voie était “étroite” vers une adoption, un “chemin” lui semblait encore “possible” lundi.”J’appelle ça les idiots utiles du macronisme”, a rétorqué l’Insoumis Eric Coquerel devant la presse.En cas de rejet de cette première partie, le projet de budget partirait au Sénat dans sa version initiale. Si le Parlement ne s’est pas prononcé le 23 décembre, le gouvernement peut légiférer par ordonnances, une procédure inédite. Autre option, en cas de rejet du budget: le vote d’une loi spéciale.

Wall Street termine sans direction claire, montre des signes de faiblesse

La Bourse de New York a terminé sur une note contrastée lundi, quelque peu aidée par une poignée de grands noms de la tech américaine, alors que d’autres secteurs ont manqué de force.Le Dow Jones a perdu 0,48%, l’indice Nasdaq a gagné 0,46% et l’indice élargi S&P 500 a pris 0,17%.Le marché semble “s’affaiblir légèrement”, mais il reste “soutenu par certaines actions à forte capitalisation”, commente auprès de l’AFP Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities.”Seuls 2 des 11 principaux secteurs progressent”, la technologie et les biens de consommation, “tandis que les neuf autres reculent”, abonde Jose Torres, d’Interactive Brokers, à l’image de l’énergie, de la finance ou de la santé.Parmi les gagnants: “Amazon mène le peloton des mégacapitalisations pour la deuxième séance consécutive”, précisent les analystes de Briefing.com.La place américaine a salué la semaine passée les résultats trimestriels meilleurs qu’attendus du géant du commerce et de l’informatique (+9,58% vendredi à la clôture) et a encore félicité le groupe lundi (+4,00% à 254,00 dollars) après l’annonce qu’OpenAI, créateur de ChatGPT, allait lui acheter pour 38 milliards de dollars de capacités supplémentaires de développement pour son IA.Cela “renforce l’enthousiasme quant à la probabilité de nouvelles opérations majeures” dans le secteur de l’intelligence artificielle, explique Jose Torres.Autre géant de Wall Street, le spécialiste des semiconducteurs Nvidia (+2,17% à 206,88 dollars) a profité lundi de l’autorisation accordée par l’administration américaine à l’envoi de ses puces aux Émirats arabes unis.Côté indicateurs, “les données économiques du jour n’ont certainement pas entraîné une grande implication” des investisseurs, note M. Torres.L’indice ISM d’activité manufacturière aux Etats-Unis (source privée) pour le mois d’octobre est ressorti à 48,7 points pour le mois d’octobre, soit sensiblement en-deçà des 49,5 attendus par les économistes.En outre, la paralysie budgétaire aux Etats-Unis (“shutdown”) qui dure depuis un mois risque de retarder la publication de données clés sur l’emploi américain normalement attendue vendredi.”Le sentiment général est que le marché du travail perd de son élan, mais en l’absence de chiffres concrets”, les acteurs du marché “adoptent naturellement une approche attentiste”, explique Kevin Ford, de Convera.Cela “pourrait également inciter la Fed à se montrer plus prudente en décembre et justifier une pause” après une baisse des taux d’un quart de point la semaine passée, d’après Christoph Balz, de Commerzbank.Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’État américain se tendait, évoluant autour de 4,10% contre 4,08% à la clôture vendredi.A la cote, le géant américain des produits d’hygiène Kimberly-Clark a dégringolé (-14,57% à 102,27 dollars) après avoir annoncé racheter le laboratoire de santé Kenvue (+12,46% à 16,16 dollars), fabriquant du Tylenol (paracétamol), un médicament récemment incriminé par le président Donald Trump.Le président américain a lié la prise de paracétamol par les femmes enceintes à un risque élevé d’autisme chez l’enfant, alors même qu’un tel lien n’est pas scientifiquement établi.L’opérateur de centres de données Iren a brillé (+11,52% à 67,75 dollars) après l’annonce d’un contrat de près de 9,7 milliards de dollars avec Microsoft pour l’utilisation de puces Nvidia.La saison des résultats bat toujours son plein et sont notamment attendues cette semaine les performances de Palantir, Super Micro et AMD.

Ouverture du premier procès civil contre Boeing lié au crash d’un 737 MAX 8 en 2019

Le premier procès au civil du constructeur aéronautique Boeing pour le crash d’un 737 MAX 8 a commencé lundi devant un tribunal de Chicago, pour examiner deux plaintes de proches de passagers du vol d’Ethiopian Airlines qui s’est écrasé en mars 2019 peu après son décollage d’Addis Abeba.L’avionneur américain était parvenu à éviter quatre procès précédemment programmés devant le juge Jorge Alonso, qui centralise toutes les plaintes civiles déposées à la suite de cet accident, en concluant un accord financier parfois in extremis. Mais pas cette fois.Le procès a commencé à 8H30 heures locales (14H30 GMT).Il doit durer une dizaine de jours devant huit jurés, qui doivent être choisis mardi matin parmi cinquante habitants de trois Etats (Illinois, Wisconsin, Indiana), a expliqué lundi à l’AFP une source proche du dossier, précisant que les propos d’ouverture des avocats débuteraient dans la foulée.Chaque camp disposera de 90 minutes: 45 minutes pour chaque plaignant, et 90 minutes pour l’avionneur.Le 10 mars 2019, un Boeing 737 MAX 8 effectuant le vol ET302 d’Ethiopian Airlines entre Addis Abeba et Nairobi s’est écrasé au sud-est de la capitale éthiopienne six minutes après le décollage, tuant les 157 personnes à bord originaires de 35 pays.Des proches de 155 victimes ont déposé plainte contre Boeing entre avril 2019 et mars 2021 pour mort injustifiée et négligence, entre autres. A ce stade, il en reste onze encore ouvertes.Pour simplifier la procédure, le juge a constitué des groupes de cinq à six plaintes et a fixé, pour chaque groupe, une date de procès. Si toutes les plaintes d’un groupe aboutissent à un accord à l’amiable, le procès est annulé.Une transaction hors tribunal est possible même pendant le procès, qui a simplement vocation à déterminer le montant de l’indemnisation des proches.Deux dossiers – Shikha Garg, 36 ans et habitant New Delhi, et Mercy Ndivo, Kényane de 28 ans – étaient programmés lundi.Selon la source proche du dossier, des proches de victimes se trouvaient dans la salle d’audience lundi matin et “ont été présentées au groupe de jurés potentiels par le juge”.- Accord éloigné -En audience publique préparatoire au procès le 29 octobre, l’avocat principal de Boeing, Dan Webb, avait indiqué que les positions étaient “très éloignées” pour envisager un quelconque accord avant l’ouverture du procès.”Nous anticipons que les deux affaires prévues (Garg et Ndivo, NDLR) vont être examinées comme prévu lundi”, avait abondé Robert Clifford, avocat principal de l’affaire Ndivo et qui a représenté les proches de 68 victimes.D’après le cabinet Clifford, Shikha Garg était consultante pour un programme de développement des Nations unies et se rendait, comme beaucoup de victimes, à l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement (ANUE) à Nairobi.Le 29 octobre, ses avocats ont indiqué qu’elle était en début de grossesse.D’après le Times of India, elle s’était mariée trois mois auparavant et devait voyager avec son mari, qui a dû annuler son billet pour un rendez-vous professionnel. Elle avait participé aux négociations de l’accord de Paris en 2015.Mercy Ndivo et son mari, qui voyageait avec elle, étaient parents d’une fillette de quasiment huit ans aujourd’hui. La jeune femme retournait à Londres pour la cérémonie de remise de son master de comptabilité.L’avionneur a accepté la responsabilité de l’accident car “la conception du (logiciel antidécrochage) MCAS a contribué à ces événements”.Ce logiciel est aussi impliqué dans l’accident d’un 737 MAX 8 de la compagnie indonésienne Lion Air, tombé en mer le 29 octobre 2018 une dizaine de minutes après son décollage de Jakarta, tuant 189 personnes.Plusieurs dizaines de plaintes civiles ont été déposées aux Etats-Unis après cet accident. Une seule reste ouverte.”Nous sommes profondément désolés pour ceux qui ont perdu des êtres chers” dans ces accidents, a commenté Boeing lundi. “Nous avons immédiatement pris l’engagement de compenser complètement et équitablement” ces proches “et nous avons accepté la responsabilité juridique de ces accidents”.Selon l’avionneur, plus de 90% des plaintes civiles liées aux deux crashs ont abouti à des ententes hors tribunal.Il avait précisé auparavant avoir versé “plusieurs milliards de dollars”, en plus des sommes allouées lors d’une procédure pénale devant un tribunal fédéral de Fort Worth (Texas).Dans ce volet, portant sur les deux accidents, Boeing et le ministère de la Justice attendent la décision du juge Reed O’Connor de valider ou non l’accord mettant définitivement fin aux poursuites, annoncé le 23 mai. C’est le troisième qui lui est soumis depuis 2021.

Menacée de révocation par Trump, une gouverneure de la Fed reprend la parole

La responsable de la Réserve fédérale américaine (Fed) Lisa Cook, que Trump a tenté d’évincer, a recommencé lundi à livrer ses impressions sur l’économie américaine en faisant allusion à mots comptés à l’affaire judiciaire qui la concerne.Depuis fin août, le président Donald Trump cherche à révoquer Mme Cook du conseil des gouverneurs de la Fed. Il l’accuse d’avoir menti à des banques lors de demandes de prêts immobiliers personnels.L’affaire est désormais entre les mains de la plus haute institution judiciaire américaine, la Cour suprême, dont Donald Trump a cimenté la majorité conservatrice pendant son premier mandat.Lundi, la gouverneure a repris ses engagements publics lors d’une intervention au centre de réflexion Brookings Institution à Washington, à laquelle a assisté l’AFP.A la fin de son discours, et avant une séance de questions, elle a prévenu qu’elle ne commenterait pas l’affaire en cours.Elle a ajouté que son poste au conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale représentait “l’honneur de (s)a vie” et qu’elle continuerait à l’occuper “au service du peuple américain”.Par la suite, des références indirectes à l’affaire ont toutefois émaillé les propos de la gouverneure, très applaudie par l’assistance à la fin de son intervention.Elle a ainsi affirmé que l’indépendance de l’institution “méritait d’être défendue”.La complexité de la situation économique actuelle “vaudrait un cours quand je remettrai les pieds dans une classe – ce que je ne souhaite pas de sitôt”, a-t-elle aussi lancé dans un sourire.Nommée sous le président démocrate Joe Biden, Lisa Cook est la première femme noire à occuper un poste de gouverneure de l’institution monétaire.Plusieurs décisions de justice lui ont jusqu’ici été favorables, à chaque fois contestées en appel par le président américain.La Cour suprême, désormais saisie, n’a pas autorisé le chef d’Etat à révoquer sans attendre Mme Cook. Elle n’examinera pas l’affaire avant janvier prochain, offrant un répit à la gouverneure.L’affaire pose la question des limites du pouvoir présidentiel à l’égard d’une institution censée fixer les taux d’intérêt à l’abri des ingérences et alternances politiques.- “A deux vitesses” -Sur le plan économique, Lisa Cook a souligné que les deux piliers du mandat de la Fed (emploi et stabilité des prix) présentaient des risques importants.”Je m’attends à ce que l’inflation reste élevée l’année prochaine”, a-t-elle dit.Selon elle, “l’inflation devrait revenir vers notre objectif de 2% une fois que les effets des droits de douane (mis en place par l’exécutif américain, NDLR) seront derrière nous”.La gouverneure a par ailleurs souligné que l’économie semblait de plus en plus “à deux vitesses”: “Les ménages aisés s’en sortent bien” quand “la situation semble se dégrader pour les foyers vulnérables et les classes moyennes et populaires”.Elle a cité en particulier l’augmentation du chômage chez les jeunes et les Noirs ces derniers mois.

Le patron de Stellantis veut rassurer les salariés en France

Le directeur général de Stellantis a rencontré lundi les syndicats pour tenter de les rassurer sur l’avenir du géant automobile franco-italo-américain en France, quelques jours après avoir annoncé un investissement de milliards de dollars aux Etats-Unis, a-t-on appris de plusieurs sources.”La France représente le deuxième pays pour Stellantis, en termes de source de profits dans le monde, et le premier pays en Europe”, a dit Antonio Filosa lors d’une réunion avec les syndicats représentatifs (CFE-CGC, FO, CFDT, CFTC et CGT), selon un communiqué de la direction. “La France est fondamentale pour le succès de Stellantis et de la région Europe élargie”.La France est le pays dans lequel Stellantis “investit le plus”, avec plus de 2 milliards d’euros en 2025 (soit le même montant annuel que ces dernières années), et 3 milliards pour la transition énergétique au total sur ces cinq dernières années, a-t-il ajouté.Le groupe a annoncé aux syndicats un plan de recrutement de 1.400 salariés en CDI en France en 2026 (700 cadres et 700 opérateurs et ouvriers qualifiés), ont précisé Stellantis et les syndicats. Avec les départs à la retraite, cela devrait représenter un solde net légèrement positif, selon la direction du groupe, qui compte 39.000 salariés en France.”Cela régénère nos effectifs, alors que nous avons en France une moyenne d’âge qui dépasse les 50 ans”, selon Jean-Paul Guy, délégué syndical CFTC du site de Vesoul. “Toutes les solutions +business+ seront étudiées en France, y compris à Mulhouse et Poissy, plus en souffrance actuellement”, a-t-il ajouté auprès de l’AFP.Concernant le site de Poissy (Yvelines), qui emploie 2.000 salariés et assemble des Opel Mokka et des DS3 Crossback, une annonce sera faite fin novembre ou au plus tard fin 2025, ont indiqué à l’AFP Brahim Ait Athmane et Philippe Diogo, représentants FO sur le site de Poissy. Lors de la réunion de lundi après-midi, Antonio Filosa “nous a assuré que le tissu industriel ne serait pas touché et qu’il n’y aurait pas de fermeture de sites”, ont-ils ajouté.Poissy est censé produire ces deux voitures jusqu’à 2028. Mais certains craignent que l’usine automobile historique, dernier site en Ile-de-France à assembler des véhicules, cesse cette activité avant même 2028.Les Etats-Unis sont le premier centre de profits de Stellantis et le groupe prévoit d’y investir 13 milliards de dollars sur les quatre prochaines années, a-t-il annoncé mi-octobre.

Menacé d’interdiction en France, Shein interdit la vente des “poupées sexuelles” sur son site

A deux jours de son implantation au sein du BHV, grand magasin historique de Paris, le géant asiatique de la vente en ligne Shein a dit lundi avoir mis en place une “interdiction totale des produits de type poupée sexuelle” à travers le monde, après que la Répression des Fraudes française a signalé à la justice la vente de “poupées sexuelles d’apparence enfantine”.Dans un communiqué diffusé lundi soir, la plateforme, qui risque d’être interdite en France, a affirmé avoir supprimé l’intégralité des annonces et visuels associés aux “poupées sexuelles”, et avoir temporairement déréférencé sa catégorie “produits pour adultes”.Samedi, la direction générale de la Répression des fraudes française avait annoncé avoir signalé à la justice la vente de “poupées sexuelles d’apparence enfantine” après avoir constaté leur présence sur le site de Shein.Le spécialiste de la mode jetable ultra-éphémère avait affirmé dimanche que les produits avaient été “immédiatement retirés” de la plateforme.- “Inacceptable” -“Si ces comportements sont répétés, nous serons en droit, et je le demanderai, qu’on interdise l’accès de la plateforme Shein au marché français”, avait tonné lundi le ministre français de l’Économie Roland Lescure, sur la chaîne BFMTV et la radio RMC.L’État peut interdire une plateforme en cas de récidive ou de non-retrait rapide des contenus illégaux “pour des actes terroristes, pour le trafic de stupéfiants et pour des objets pédopornographiques”, avait-il prévenu.”C’est tout à fait inacceptable et soulève la question, plus généralement, de la manière dont le marché unique européen, dont notre marché intérieur, est envahi par des produits contrefaits”, avait renchéri le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.Shein sera convoquée devant les députés sous “quinze jours” pour être auditionnée par la mission d’information sur les contrôles des produits importés en France, qui cherche à “obtenir des réponses précises sur la transparence des chaînes d’approvisionnement de SHEIN, ses procédures de contrôle interne et les mesures correctrices mises en œuvre”, a déclaré lundi dans un communiqué le rapporteur de cette mission.La Répression des fraudes a par ailleurs annoncé lundi avoir saisi la justice après avoir “constaté la commercialisation de poupées à caractère pédopornographique par AliExpress”, a-t-elle indiqué dans un communiqué.La “description” et la “catégorisation” de ces poupées sur le site “permettent difficilement de douter du caractère pédopornographique des contenus”, écrit-elle encore, précisant avoir “élargi ses investigations à d’autres plateformes de e-commerce largement fréquentées par les consommateurs français”, sans donner d’autres noms.”Les annonces concernées ont été retirées dès que nous en avons eu connaissance”, avait auparavant réagi AliExpress, autre géant chinois de la vente en ligne, dans un communiqué transmis à l’AFP.Pour Arnaud Gallais, fondateur de Mouv’Enfants, collectif qui lutte contre les violences sexuelles sur les mineurs et dont plusieurs militants étaient devant le BHV lundi pour dénoncer le partenariat avec Shein, le géant de l’e-commerce “ment”: “les poupées sont toujours en vente sur la plateforme, sur Shein en Grande-Bretagne, Espagne, Chili, vous les trouvez, et avec un VPN vous pouvez les faire livrer en France”, s’inquiète-t-il auprès de l’AFP.- “Indécent” -Entreprise aux racines chinoises qui a conquis le marché mondial de l’ultra fast-fashion, Shein s’est implantée progressivement dans le paysage du commerce en ligne depuis son arrivée en France en 2015. Elle est régulièrement accusée de concurrence déloyale, de pollution environnementale et de conditions de travail indignes.Suscitant un tollé, Shein a prévu d’ouvrir mercredi son tout premier magasin physique pérenne au sixième étage du Bazar de l’Hôtel de Ville (BHV), créé en 1856 au cœur de la capitale française.Sur une immense affiche disposée sur la devanture, le patron de Shein, Donald Tang, et celui de la société des grands magasins (SGM), propriétaire du BHV, Frédéric Merlin, s’affichent tout sourire.S’il juge “indécent” et “inacceptable” la vente de ces poupées, M. Merlin a défendu lundi le partenariat avec Shein.”Le principe même de notre partenariat est clair: seuls les vêtements et articles conçus et produits directement par SHEIN pour le BHV seront vendus en magasin”, assure-t-il. “Aucun produit issu de la marketplace internationale de SHEIN n’est concerné.”

Transmission d’entreprises: les députés resserrent les règles du pacte Dutreil

Les députés ont voté lundi pour mieux encadrer le pacte Dutreil, qui facilite la transmission d’une entreprise familiale, afin d’éviter que ce dispositif fiscal soit détourné pour réduire les droits de succession sur des biens personnels.Le Pacte Dutreil, créé par la loi du même nom en 2003, exonère à 75% de droits de succession la transmission d’une entreprise aux descendants, sous réserve qu’ils la conservent un certain nombre d’années.Mais son efficience est contestée, avec une importante perte de recettes pour l’Etat, révèlent plusieurs études (dont un rapport de la Cour des comptes à paraitre dans les semaines à venir, aux conclusions déjà dévoilées par Le Monde) et des cas d’optimisation fiscale documentés. Par exemple lorsque les contribuables font bénéficier de l’abattement des biens sans rapport avec l’entreprise. Ainsi, l’Assemblée nationale a voté pour supprimer les biens non-professionnels des exonérations permises par le pacte. “Il s’agit de corriger un scandale”, s’est exclamé le député communiste Emmanuel Maurel dans l’hémicycle, prenant l’exemple “d’un chalet avec un bureau dedans” qui pourrait ainsi bénéficier d’une exonération. La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a plaidé pour qu’une liste des biens personnels et somptuaires à exclure du dispositif soit précisée dans le texte du budget lors de la suite de l’examen parlementaire.La mesure a été adoptée à 94 voix contre 49. La gauche a voté pour, les députés du camp gouvernemental étaient divisés. Le Rassemblement national s’est abstenu.Les députés ont également voté pour augmenter de deux ans la durée de détention minimale des actions transmises dans le cadre du pacte Dutreil. Mais pour les députés de gauche qui souhaitaient réformer en profondeur ce pacte – car ils y voient une niche fiscale profitant surtout aux plus riches – il ne s’agit-là que d’une “réforme à la marge”.Le coût pour les finances publique du pacte Dutreil, longtemps estimé à 800 millions d’euros, aurait engendré une perte de recettes fiscales de 5,5 milliards d’euros en 2024, selon la synthèse du rapport consulté par Le Monde.Pour le député LFI Eric Coquerel, président de la commission des Finances, l’optimisation est toujours “possible sur les biens professionnels” et il aurait fallu l’encadrer encore bien davantage. D’après Le Monde, La Cour des comptes préconiserait de réduire le taux d’abattement si l’entreprise était revendue juste après la fin de la période durant laquelle les bénéficiaires sont tenus d’en conserver la propriété.Le député de droite Sylvain Berrios (Horizons) a fustigé des élus de gauche qui “s’acharnent à vouloir casser l’entreprise familiale en France qui représente le cœur de notre économie”.

La Bourse de Paris termine atone, dans une séance de transition

La Bourse de Paris a terminé en timide baisse lundi, dans une séance de transition sans publications d’entreprises ou indicateurs majeurs, rattrapée par le sentiment mitigé à Wall Street.L’indice vedette de la Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,14%, soit une perte de 11,28 points, pour s’établir à 8.109,79 points. Vendredi, l’indice CAC 40, avait conclu en baisse de 0,44%, pour s’établir à 8.121,07 points.”L’Europe n’a pas grand-chose de nouveau à se mettre sous la dent ni en termes de politique monétaire”, ni en termes de résultats d’entreprises, souligne Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché à IG France interrogé par l’AFP.Et “avec l’absence de vraies nouvelles nouvelles sur l’Europe”, “on a l’impression que la tendance américaine a rattrapé les marchés européens cette après-midi”, poursuit-il.Car hors secteur technologique, l’humeur reste morose aux Etats-Unis, avec dans les “rares indicateurs publiés aux États-Unis”, l’indice ISM d’activité manufacturière aux Etats-Unis pour le mois d’octobre ressorti à 48,7 points, soit sensiblement en deçà des 49,5 attendus par les économistes, note-t-il.”On pourrait être tenté de surréagir à des données qui d’ordinaire ne font pas tant réagir, en l’absence d’autres données officielles à se mettre sous la dent” en plein “shutdown”, une paralysie des services publics en passe de devenir la plus longue de l’histoire américaine, souligne Alexandre Baradez.- Feu vert pour Renault -Les constructeurs automobiles français Renault Group et chinois Geely, déjà partenaires au sein d’une coentreprise de moteurs, ont finalisé un accord pour une coopération poussée au Brésil, avec une entrée de Geely dans l’actionnariat de la filiale brésilienne de Renault, ont-ils annoncé lundi.Geely devient actionnaire à hauteur de 26,4% dans Renault do Brasil. Le montant de la transaction n’est pas communiqué, a indiqué Renault. Le titre Renault a terminé en hausse de 2,23% à 34,45 euros.

Kimberly-Clark (Kleenex) rachète Kenvue, fabricant du Tylenol, valorisé 48,7 milliards de dollars

Le géant américain des produits d’hygiène Kimberly-Clark et le laboratoire de santé Kenvue, fabricant du Tylenol (paracétamol), ont annoncé lundi leur projet de rapprochement qui valorise ce dernier 48,7 milliards de dollars.Avec cette opération, Kimberly-Clark met la main sur l’ancienne division santé grand public de Johnson & Johnson (J&J) et sur son médicament phare, le Tylenol, accusé sans aucune preuve scientifique par l’administration Trump de causer l’autisme chez les enfants de femmes l’ayant utilisé lorsqu’elles étaient enceintes.Kenvue avait chuté à Wall Street début septembre après la parution d’informations de presse assurant que le ministre américain de la Santé Robert Kennedy Jr allait lier le Tylenol au développement de l’autisme chez l’enfant.Le 22 septembre, le président Donald Trump lui-même a déconseillé le paracétamol aux femmes enceintes, l’associant aussi à un risque d’autisme élevé pour les enfants. Aucun lien de causalité n’a jamais été prouvé entre la prise de paracétamol pendant la grossesse et l’autisme.L’OMS s’est exprimée fin septembre pour affirmer l’absence de lien avéré. L’Agence européenne des médicaments et le régulateur britannique du médicament ont eux aussi réaffirmé que le paracétamol pouvait être utilisé par les femmes enceintes.Pour autant, le procureur général du Texas Ken Paxton, républicain et allié du président américain, a lancé il y a quelques jours des poursuites contre J&J et Kenvue, les accusant de “marketing trompeur” pour avoir affirmé que le Tylenol “était sans danger pour les femmes enceintes”.- Produits du quotidien -“Nous sommes ravis de réunir deux entreprises emblématiques pour créer un leader mondial de la santé et du bien-être”, a fait valoir Mike Hsu, le PDG de Kimberly-Clark, cité dans le communiqué, évoquant “l’importante transformation” du groupe ces dernières années “pour pivoter vers des activités à plus forte croissance et des marges plus importantes”.C’est lui qui prendra la tête du nouveau groupe et trois membres du conseil d’administration de Kenvue – créé en février 2022 – se joindront à celui de Kimberly-Clark dans son nouveau périmètre, dont le siège restera à Irving (Texas).”Notre association avec Kimberly-Clark unit deux portefeuilles hautement complémentaires, remplis de marques emblématiques et appréciées ainsi que d’essentiels du quotidien auxquels les gens font confiance et sur lesquels ils comptent tout au long de leur vie”, a aussi souligné Kirk Perry, directeur général de Kenvue.L’opération sera réalisée en partie en titres – 0,14625 action KC pour une action Kenvue – et en partie en liquide – 3,50 dollars par action -, ce qui fait que les actionnaires de Kenvue vont se partager d’entrée de jeu une enveloppe de 6,8 milliards de dollars.Les analystes de TD Cowen soulignent dans une note que cela représente une prime de 46% par rapport au cours de clôture de Kenvue vendredi.Vers 17H10 GMT, l’action Kenvue bondissait de 16,31% mais celle de Kimberly-Clark perdait 12,61%, à la Bourse de New York.Pour TD Cowen, cette baisse résulte “probablement d’inquiétudes liées aux poursuites contre Kenvue, à la complexité du groupe combiné et aux efforts qui vont être nécessaires pour redresser de nombreuses marques en difficultés de Kenvue”.A l’issue de l’opération, le capital du nouveau groupe sera détenu à environ 54% par les actionnaires de Kimberly-Clark et à 46% par ceux de Kenvue.Selon le communiqué, la nouvelle société combinée générera un chiffre d’affaires d’environ 32 milliards de dollars en 2025 et un résultat d’exploitation à données comparables d’environ 7 milliards de dollars.L’opération doit être finalisée au second semestre 2026, après obtention du feu vert des actionnaires des deux entreprises et des autorités réglementaires.Elle devrait générer 2,1 milliards de dollars de synergies nettes par an – dont 1,9 milliard au niveau des coûts – et être positive sur le bénéfice net par action à données comparables d’ici à la deuxième année de la fusion.Le nouveau groupe va posséder dix marques générant chacune au moins un milliard de dollars de chiffre d’affaires annuel (Huggies, Neutrogena, Johnson’s, Listerine, Tylenol, Kleenex, Scott, Cottonelle, Kotex et Depend).