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Musique: un accord inédit entre Universal et Udio marque un tournant dans la création par IA

En signant un accord inédit sur le lancement d’une plateforme de création musicale par IA, le géant Universal Music Group et la start-up Udio ouvrent un nouveau chapitre dans l’histoire de la musique, chamboulée par l’intelligence artificielle.”La nouvelle plateforme, qui sera lancée en 2026, sera alimentée par une technologie d’IA générative de pointe qui sera formée sur de la musique autorisée et sous licence”, ont indiqué les deux entreprises américaines dans un communiqué, dans la nuit de mercredi à jeudi.”Le nouveau service d’abonnement” permettra aux utilisateurs de “personnaliser, diffuser et partager de la musique de manière responsable, sur la plateforme Udio”, ont-ils indiqué.Son fonctionnement n’a pas encore été précisé, mais ouvre des questions sur la liberté d’adhésion des artistes, le niveau de rémunération ou encore la diffusion des musiques qui seront générées sur la plateforme.C’est la première fois qu’un tel accord est conclu: il résulte des négociations menées par la première major mondiale pour encadrer l’utilisation de son catalogue de stars, dont Taylor Swift, The Weeknd, Lady Gaga, via des licences, sésames pour utiliser la musique dans un cadre légal.”Ces nouveaux accords avec Udio démontrent notre engagement à faire ce qui est juste pour nos artistes et auteurs-compositeurs, adopter de nouvelles technologies, développer de nouveaux modèles commerciaux, diversifier les sources de revenus ou au-delà”, a déclaré Lucian Grainge, le PDG d’Universal Music Group (UMG).”Ensemble, nous construisons le paysage technologique et commercial qui élargira fondamentalement ce qui est possible en matière de création”, a réagi de son côté Andrew Sanchez, directeur général d’Udio. En même temps que l’annonce de cette future plateforme, les deux entreprises ont indiqué avoir soldé un litige, via un règlement à l’amiable dont le montant n’a pas été précisé, sur la violation des droits d’auteur. – Bras de fer -L’industrie musicale est engagée dans un bras de fer avec les entreprises de musique générée par IA, accusées d’un pillage massif d’œuvres protégées, en violation des droits d’auteur donc sans rémunérer les ayants-droit des titres sur lesquelles ils se sont entraînés.La Recording Industry Association of America, organisation interprofessionnelle américaine, a ainsi intenté en juin 2024 une action en justice contre Udio et son concurrent Suno, sans réelle avancée pour le moment.Des négociations ont été entamées en parallèle entre les trois majors – Universal, Warner et Sony – et ces entreprises. Le partenariat entre UMG et Udio résulte de ces tractations.Toujours sur le front de l’intelligence artificielle, UMG a aussi annoncé jeudi un partenariat avec la start-up londonienne Stability AI pour développer de nouveaux outils de création musicale. En plus de ces locomotives, d’autres pourparlers aboutissent: en août un accord a été signé entre l’éditeur de musique indépendant Kobalt, le partenaire de licences Merlin et Eleven Music, plateforme de morceaux générés par IA. Mais le contentieux est immense: en septembre, l’International Confederation of Music Publishers (ICMP), organisation internationale d’éditeurs musicaux, a dévoilé les résultats d’une enquête menée pendant près de deux ans sur le fonctionnement des services d’IA générative.”Les plus grandes entreprises technologiques mondiales ainsi que des entreprises spécialisées dans l’IA comme OpenAI, Suno, Udio, Mistral etc., se livrent à la plus grande violation de droits d’auteur jamais observée”, avait alors dénoncé auprès de l’AFP John Phelan, directeur général de l’ICMP.Les organismes qui représentent les ayants-droit – comme la Sacem en France – demandent une régulation plus stricte des entreprises d’IA pour rémunérer les auteurs et compositeurs de musique sur laquelle elles s’entraînent.Mais celles-ci s’abritent régulièrement derrière le “fair use”, une exception au droit d’auteur permettant, dans certaines circonstances, l’utilisation non consentie d’une œuvre. 

Wall Street: Meta plonge de plus de 11% après ses résultats trimestriels

L’action de Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp) chute jeudi de plus de 11% à la Bourse de New York, plombée par un bénéfice net en chute libre au troisième trimestre et la perspective d’investissements toujours plus massifs dans la course à l’intelligence artificielle (IA) générative.Vers 14H10 GMT à Wall Street, le titre perdait 11,49%, à 665,31 dollars. Cela représente plus de 200 milliards de dollars de capitalisation boursière qui s’envolent en fumée.La veille, le groupe a publié ses résultats trimestriels après la clôture.Son chiffre d’affaires de 51,2 milliards de dollars (+26% sur un an) a dépassé les attentes, mais le bénéfice net a été divisé par cinq par rapport à l’an dernier, à 2,1 milliards de dollars, en raison d’une charge fiscale exceptionnelle aux États-Unis de près de 16 milliards de dollars.L’entreprise de Menlo Park a surtout annoncé revoir encore à la hausse ses dépenses d’investissements, qui devraient se situer dans une fourchette comprise entre 70 et 72 milliards de dollars rien qu’en 2025, soit environ 75% de plus qu’en 2024.Et aucun répit ne s’annonce: “Nos dépenses totales augmenteront à un rythme nettement plus rapide en 2026 qu’en 2025, cette croissance étant principalement tirée par les coûts d’infrastructure” pour acheter des millions de puces IA et construire, électrifier et refroidir les centres de données géants associés, a prévenu le groupe.Meta n’est pas le seul géant technologique à dépenser autant pour tenter de devenir un acteur incontournable de l’IA.”Il semble que tous les grands acteurs vont certainement poursuivre, voire accélérer, leurs dépenses dans le domaine de l’IA”, remarque Kim Forrest, de Bokeh Capital Partners.Lors de la publication de ses résultats mercredi, Alphabet, la maison mère de Google, a ainsi dit s’attendre à ce que ses investissements cette année atteignent entre 91 et 93 milliards de dollars.Mais l’annonce d’Alphabet, couplée à des résultats nettement meilleurs qu’attendu, a été bien accueillie par les investisseurs. Vers 14H10 GMT, le titre prenait 5,14% à 289,30 dollars.

Wall Street hésite, entre résultats de la tech et négociations commerciales

La Bourse de New York hésitait jeudi, après les performances financières mitigées de quelques mastodontes du secteur technologique, les actions Meta et Microsoft chutant tandis qu’Alphabet montait.Vers 13H50 GMT, le Dow Jones prenait 0,28%, l’indice Nasdaq reculait de 0,83% et l’indice élargi S&P 500 lâchait 0,39%.”Le marché évalue actuellement une nouvelle série importante de résultats d’entreprises”, explique Patrick O’Hare, de Briefing.com, et certaines “méga-capitalisations bloquent la dynamique haussière” de la place américaine.Dans les premiers échanges, Meta (Facebook, Instagram) chutait très franchement (-11,74% à 663,40 dollars) après avoir tenté mercredi de justifier une nouvelle accélération de ses dépenses records dans l’intelligence artificielle (IA), accueillie avec inquiétude par les marchés.En revanche, Alphabet, maison mère de Google, était recherché (+2,41% à 281,79 dollars). Ses résultats ont dépassé les prévisions des analystes au troisième trimestre, profitant de la montée en puissance de son activité d’informatique à distance (cloud).Microsoft a également enregistré des résultats meilleurs que prévu mais glissait de 2,23% à 529,50 dollars.”Il semble que tous les grands acteurs vont certainement poursuivre, voire accélérer, leurs dépenses dans le domaine de l’IA”, remarque Kim Forrest, de Bokeh Capital Partners.Sont attendus aussi jeudi, mais après la clôture, les trimestriels d’Apple et Amazon.La veille, le géant des puces Nvidia avait dépassé le seuil historique des 5.000 milliards de capitalisation boursière, preuve supplémentaire de l’appétit des investisseurs pour l’intelligence artificielle.”Nous avons tous le sentiment intuitif qu’il se forme une +bulle IA+, mais nous ne savons pas comment cela va se passer”, note Mme Forrest.Sur le plan commercial, les dirigeants Donald Trump et Xi Jinping se sont entendus jeudi pour apaiser leur conflit lors d’une rencontre en Corée du Sud qualifiée par le président américain de “grand succès”.Le chef d’Etat américain a annoncé un accord sur les terres rares, le soja et certains droits de douane liés au fentanyl après ses entretiens avec son homologue chinois.”Ces négociations prennent du temps”, le marché continue donc d’adopter une attitude prudente, explique Kim Forrest.Sur le plan monétaire, la Fed a réduit mercredi ses taux d’intérêt pour la deuxième fois d’affilée, une décision qui n’a toutefois pas fait l’unanimité en son sein, son président prévenant qu’une détente supplémentaire était “loin” d’être acquise à la réunion de décembre.Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’État américain se tendait encore, évoluant autour de 4,10% contre 4,06% mercredi en clôture.A la cote, le géant américain des cafés Starbucks lâchait 0,67% à 83,61 dollars. Le groupe a annoncé mercredi une hausse de son chiffre d’affaires au quatrième trimestre de son exercice décalé 2025, une première en près de deux ans, mais son bénéfice net a chuté sur un an sous l’effet de coûts de restructuration.Le groupe de cosmétiques Estée Lauder, en perte de vitesse depuis plusieurs mois, est parvenu à dégager un chiffre d’affaires meilleur qu’attendu au premier trimestre de son exercice décalé, et a fait état d’une reprise des ventes en Chine. Il prenait 2,30% à 99,58 dollars.Le groupe pharmaceutique américain Merck était boudé (-2,16% à 84,69 dollars) malgré un bénéfice net et un chiffre d’affaires en progression.La biotech américaine Metsera, spécialisée dans les traitements contre l’obésité s’envolait (+21,38% à 63,38 dollars) après que le laboratoire danois Novo Nordisk a annoncé jeudi soumettre une offre de rachat d’au moins 6 milliards de dollars.

Wall Street: Meta plonge de plus de 11% à l’ouverture après ses résultats trimestriels

L’action de Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp) chute jeudi de plus de 11% à la Bourse de New York, au lendemain de la publication d’un bénéfice net en chute libre au troisième trimestre en raison d’une charge fiscale exceptionnelle.Dans les premiers échanges à Wall Street, le titre perdait 11,73%, à 663,49 dollars, soit une perte virtuelle de plus de 200 milliards de dollars de capitalisation boursière.

La BCE prolonge la pause sur les taux, sans s’engager pour la suite

La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ses taux inchangés jeudi, l’inflation étant revenue autour de la cible de 2% et l’économie semblant résiliente.Le taux de dépôt, référence de la politique monétaire, a été maintenu à 2%, comme depuis juillet, selon un communiqué publié à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs de l’institut monétaire délocalisée à Florence, en Italie.”L’inflation demeure proche de l’objectif de 2% à moyen terme, et l’évaluation par le Conseil des perspectives d’inflation reste globalement inchangée”, indique le communiqué.L’économie “a continué de croître en dépit du contexte mondial difficile”, aidée par un marché du travail jugé “robuste”, des bilans d’entreprises “solides” et les effets de l’assouplissement monétaire passé, ajoute l’institution. Néanmoins, les perspectives restent “incertaines, en particulier en raison des différends commerciaux au niveau mondial et des tensions géopolitiques”, selon la BCE. – La Fed agit -La BCE reste prudente, confrontée à ces incertitudes pouvant influer sur l’inflation, à la hausse comme à la baisse.L’agrégat qui avait culminé à 10,6% en 2022, dans le sillage de la flambée des prix de l’énergie liée à la guerre en Ukraine, est revenu autour de l’objectif de 2% ces derniers mois.La zone euro doit cependant affronter plusieurs défis: les droits de douane imposés par Washington, le conflit commercial sino-américain, et les tensions sur les approvisionnements en semi-conducteurs, susceptibles d’affecter l’industrie européenne. Une embellie : Donald Trump a annoncé jeudi à l’issue d’entretiens avec son homologue chinois Xi Jinping en Corée du Sud qu’un accord avait été conclu pour une suspension d’un an par Pékin de restrictions sur les terres rares, matériaux cruciaux pour l’industrie mondiale.La croissance du PIB de la zone euro a, quant à elle, surpris à la hausse au troisième trimestre, à 0,2%, malgré l’effet des chocs tarifaires, a indiqué Eurostat jeudi. Malgré l’incertitude politique en France, la croissance y a même atteint 0,5% sur la période. L’Allemagne a quant à elle échappé d’un cheveu à la récession, son économie stagnant (0,0%) de juillet à septembre, en attendant une impulsion venant de l’investissement public.La “résilience” économique de la zone euro “freine les partisans d’un assouplissement et maintient la BCE dans sa pause de politique monétaire”, a commenté Mark Wall, économiste chez Deutsche Bank.- Débat sur un assouplissement -La conférence de presse de Christine Lagarde à partir de 13H45 GMT pourrait livrer des indices sur le maintien ou l’évolution du statu quo monétaire de la BCE. Mercredi, la Réserve fédérale américaine (Fed) a, de son côté, décidé une baisse d’un quart de point de pourcentage, ramenant ses taux dans une fourchette de 3,75% et 4%. Il s’agit de la deuxième détente de l’année, après celle de septembre, afin de soutenir une économie où le marché du travail montre des signes de faiblesse. Les gardiens de l’euro pourraient, eux, ouvrir en décembre un débat sur une future baisse des taux, lorsque seront publiées ses projections d’inflation jusqu’en 2028, selon les observateurs.Michel Martinez, chef économiste Europe à la Société Générale, a déclaré à l’AFP anticiper une nouvelle baisse, mais seulement en mars 2026, lorsque l’inflation devrait “ nettement passer sous les 2%, tirée vers le bas par la chute retardée des prix de l’énergie et la fermeté de l’euro ”.L’assureur Allianz prévient: “Si la banque centrale tolère trop longtemps de légers écarts négatifs” de l’inflation par rapport à l’objectif, “elle risque d’être contrainte plus tard d’assouplir plus fortement sa politique ou de maintenir les taux bas plus longtemps”.La BCE a de nouveau souligné jeudi que sa politique monétaire restera guidée par les “données” disponibles et que ses décisions continueront d’être prises “réunion par réunion”. 

Proton lance un observatoire sur la cybercriminalité sur le dark web

La société suisse Proton, spécialisée dans la protection de la vie privée sur internet, a lancé jeudi un observatoire sur les violations de données détectées sur le dark web, dans l’objectif de mettre en lumière la cybercriminalité.Cet observatoire est chargé de détecter et signaler les cyberattaques à partir d’informations issues du dark web, où les cybercriminels échangent et vendent les données volées, indique l’entreprise dans un communiqué.Proton, connu pour son service de courrier électronique crypté, a constaté qu’en 2025, “plus de 300 millions de données personnelles ont déjà été exposées, provenant de près de 800 incidents”. Ces chiffres n’englobent toutefois que les violations issues “d’une source unique et identifiable, c’est‑à‑dire des entreprises individuelles”.Mais une grande partie des données disponibles sur le dark web se compose d’enregistrements compilés que les criminels ont collectés à partir de nombreuses violations, créant ainsi d’immenses bases de données regroupant des informations personnelles provenant d’innombrables sources.En incluant ces jeux de données agrégés, les chiffres seraient bien plus élevés, à hauteur de “1.571 incidents contenant des centaines de milliards d’enregistrements”, souligne Proton.A terme, Proton souhaite actualiser l’observatoire “en quasi temps réel”, et entend publier les nouvelles violations de données détectées sur le dark web, “qu’elles soient ou non rendues publiques par les entreprises concernées”.L’observatoire “pourra ainsi alerter les entreprises et organisations concernées, parfois avant même qu’elles ne découvrent la faille, afin qu’elles sécurisent leurs systèmes, préviennent de futures attaques et informent leurs clients”.Proton prône toutefois “une divulgation responsable” et affirme qu’elle contactera systématiquement les entreprises et organisations concernées avant que l’incident ne soit publié sur le site de l’observatoire.Le dark web, inaccessible via les navigateurs classiques, est une partie cachée d’internet où les criminels partagent et échangent des données volées.Les malfaiteurs l’utilisent souvent comme place de marché pour des activités illicites, telles que l’achat et la vente d’informations personnelles, de données financières ou d’identifiants de connexion volés, explique Proton.Les petites et moyennes entreprises sont particulièrement vulnérables aux cyberattaques. Selon Proton, les entreprises comptant entre 10 et 49 employés et celles comptant entre 50 et 249 employés représentent 48% des incidents, tandis que celles de moins de 10 employés en représentent 23%. C’est le secteur du commerce de détail et de gros qui est le plus fréquemment ciblé (25,4% des violations de données), suivi par les entreprises technologiques (15%) et celles du secteur des médias et du divertissement (11%).Parmi les données compromises observées par Proton, les noms et les adresses e-mail sont les informations les plus couramment divulguées.

Dermatose: les exportations de jeunes bovins vont reprendre

Le ministère de l’Agriculture a annoncé jeudi la reprise des exportations de bovins, suspendues pendant quinze jours pour éviter la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), qui continue toutefois de progresser dans les Pyrénées Orientales et dans le Jura.La suspension des exportations sur l’ensemble du territoire avait suscité une levée de boucliers du syndicat dominant, la FNSEA, jusqu’ici principal soutien de la stratégie d’éradication de la maladie mise en place par l’Etat.Le ministère avait mis en avant des mouvements “illicites” d’animaux probablement à l’origine de la diffusion de la maladie hors de la Savoie et la Haute-Savoie, où la maladie est apparue pour la première fois en juin et a depuis été maîtrisée, avec la levée des restrictions mi-octobre.Les fédérations d’éleveurs s’inquiétaient des conséquences de cette suspension sur les prix mais aussi des coûts supplémentaires engendrés pour nourrir les dizaines de milliers de jeunes bovins qui partent chaque semaine en Italie ou en Espagne pour y être engraissés, la France exportant pour plus d’un milliard d’euros de ces animaux par an. “Afin de préserver la situation économique de la filière bovine et de soutenir tous les professionnels responsables qui ont consenti à des efforts majeurs”, la ministre Annie Genevard a décidé “la reprise anticipée des exportations de bovins à compter du 1er novembre”, est-il indiqué dans un communiqué publié jeudi. La suspension aura duré quinze jours au total.La fédération nationale bovine (FNB), association spécialisée de la FNSEA, a salué la reprise des échanges, indiquant qu’il n’y avait “aucune raison pour que les prix” baissent.Le marché des bovins était déjà tendu: la baisse du cheptel français, premier producteur européen, ces dernières années a entraîné une raréfaction des animaux qui soutenait les prix depuis des mois.Le surplus après quinze jours de blocage pourrait donc avoir un impact limité, vu la forte demande, notamment de l’Italie, l’Espagne ayant aussi suspendu les échanges à cause de la dermatose. Le président de la FNB Patrick Bénézit appelle par ailleurs la ministre à obtenir rapidement “des accords bilatéraux”, avec l’Italie et l’Espagne, pour permettre les échanges d’animaux venus des zones réglementées où la vaccination est obligatoire, ce qui restreint les exportations.Interrogé plusieurs fois ces dernières semaines sur d’éventuelles discussions entre la France et ses voisins, le ministère n’a pas répondu.- L’épizootie continue -La fin de la suspension vaut pour les zones indemnes mais pas pour les zones réglementées autour des foyers de DNC repérés entre septembre et mi-octobre dans le Rhône, l’Ain, les Pyrénées Orientales et le Jura.Les centres de rassemblement de bovins seront par ailleurs soumis, jusqu’au 16 novembre, à des contrôles stricts pour assurer la traçabilité des déplacements d’animaux et “une réactivité sanitaire optimale en cas de besoin”. Les rassemblements festifs avec animaux restent interdits.Le ministère se félicite qu’aucun nouveau foyer de DNC n’ait été déclaré en dehors des zones réglementées “confirmant l’efficacité de la stratégie sanitaire”.Mais sur les trois dernières semaines, quinze nouveaux foyers ont été détectés dans les Pyrénées Orientales et dans le Jura notamment, contre sept foyers sur les neuf semaines précédentes. Depuis l’arrivée de la maladie en France, 95 foyers ont été enregistrés dans 63 élevages. Plus de 2.600 animaux ont été abattus, la stratégie gouvernementale prévoyant le dépeuplement total des foyers comportant un ou plusieurs animaux malades, mesure très contestée par la Coordination rurale et la Confédération paysanne.

La BCE devrait prolonger la pause sur les taux

La Banque centrale européenne (BCE) devrait maintenir ses taux inchangés jeudi, lors d’une réunion attendue sans surprise, estimant être en “bonne position” avec une inflation autour de la cible de 2%  et une économie résiliente.Le taux de dépôt, référence de la politique monétaire, sera maintenu à 2%, comme depuis juillet, selon les attentes.”A ce stade, nous sommes dans une bonne position et bien préparés pour faire face aux chocs futurs”, a déclaré la présidente de l’institution, Christine Lagarde, à la mi-octobre lors de la réunion annuelle du FMI à Washington. Ce message devrait être réitéré jeudi à Florence, en Italie, où se tient une réunion délocalisée de la BCE. – La Fed agit -La Réserve fédérale américaine (Fed) a, de son côté, décidé mercredi une baisse d’un quart de point de pourcentage, ramenant ses taux dans une fourchette de 3,75% et 4%. Il s’agit de la deuxième détente de l’année, après celle de septembre, afin de soutenir une économie où le marché du travail montre des signes de faiblesse. La BCE, elle, reste prudente, confrontée à des incertitudes pouvant influencer l’inflation, à la hausse comme à la baisse.L’agrégat qui avait culminé à 10,6% en 2022, dans le sillage de la flambée des prix de l’énergie liée à la guerre en Ukraine, est revenu autour de l’objectif de 2% ces derniers mois.La zone euro doit cependant affronter plusieurs défis: les droits de douane imposés par Washington, le conflit commercial sino-américain, et les tensions sur les approvisionnements en semi-conducteurs, susceptibles d’affecter l’industrie européenne. Une embellie toutefois : Donald Trump a annoncé jeudi à l’issue d’entretiens avec son homologue chinois Xi Jinping en Corée du Sud qu’un accord avait été conclu pour une suspension d’un an par Pékin de restrictions sur les terres rares, matériaux cruciaux pour l’industrie mondiale.La croissance du PIB de la zone euro a quant à elle surpris à la hausse au troisième trimestre, à 0,2%, malgré l’effet des chocs tarifaires, a indiqué Eurostat jeudi. Malgré l’incertitude politique en France, la croissance y a même atteint 0,5% sur la période. L’Allemagne a quant à elle échappé d’un cheveu à la récession, son économie stagnant (0,0%) de juillet à septembre, en attendant les impulsions venant de l’investissement public.- Débat sur un assouplissement -Le statu quo monétaire devrait perdurer, mais la BCE pourrait ouvrir en décembre un débat sur une future baisse des taux, lorsque seront publiées ses projections d’inflation jusqu’en 2028.Michel Martinez, chef économiste Europe à la Société Générale, a déclaré à l’AFP anticiper une nouvelle baisse, mais seulement en mars 2026, lorsque l’inflation devrait “ nettement passer sous les 2%, tirée vers le bas par la chute retardée des prix de l’énergie et la fermeté de l’euro ”.Cette situation se reflète déjà au niveau national. “Après Chypre, la France a eu la moins forte inflation de tous les pays de la zone euro en septembre, à 1,07%”, relève Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management.Or, Allianz prévient: “Si la banque centrale tolère trop longtemps de légers écarts négatifs” de l’inflation par rapport à l’objectif, “elle risque d’être contrainte plus tard d’assouplir plus fortement sa politique ou de maintenir les taux bas plus longtemps”.La BCE devrait de nouveau souligner que sa politique monétaire restera guidée par les “données” disponibles et que ses décisions continueront d’être prises “réunion par réunion”.La conférence de presse de Mme Lagarde pourrait toutefois livrer quelques signaux accommodants, selon les observateurs. Les tensions sur la dette en France planeront par ailleurs sur la réunion, tandis que l’écart entre les taux d’emprunt français et allemands est au plus haut depuis plusieurs années.M. Martinez estime cependant que Christine Lagarde “devrait éviter de commenter le cas individuel de la France”, afin de prévenir toute spéculation sur une intervention de la BCE.

Volkswagen replonge dans le rouge pour la première fois depuis la pandémie

Le premier constructeur européen Volkswagen, symbole chancelant de la puissance industrielle allemande, a enregistré sa première perte depuis la pandémie, pénalisé par les droits de douane américains et les difficultés du virage électrique chez sa filiale Porsche.Après six trimestres consécutifs de bénéfices en recul, le géant automobile a enregistré au troisième trimestre une perte nette de 1,07 milliard d’euros, selon ses résultats publiés jeudi. Une première depuis le printemps 2020, au cœur de la crise du Covid-19. Et ce, malgré un chiffre d’affaires en hausse annuelle de 2,3%, à 80,3 milliards d’euros, porté par des livraisons mondiales progressant d’1%.En comparaison, l’an dernier à la même période, le groupe avait dégagé un bénéfice de 1,6 milliards d’euros.A la Bourse de Francfort, le titre perdait 1,52% à 10H15 GMT sur l’indice Dax.- Porsche en panne -Les vents contraires sont multiples pour le groupe de Wolfsburg (ouest). Constructeur emblématique de la 911, Porsche, longtemps moteur des profits du groupe, a elle aussi plongé dans le rouge cet automne, pénalisée par le coût élevé de sa transformation et les retards accumulés dans le lancement de ses modèles électriques.Autre fardeau: les droits de douane américains. Passés de 2,5 % à 27,5 % en avril, puis ramenés à 15 % en août, ces taxes continuent de peser sur les exportations de Volkswagen, malgré la présence d’une usine dans le Tennessee. Ces droits de douane pourraient coûter à Volkswagen “jusqu’à 5 milliards d’euros sur l’année”, a déclaré Arno Antlitz, directeur financier du groupe, lors d’une conférence téléphonique.Les marques Audi et Porsche, parmi les plus rentables, fabriquent tous leurs modèles hors des Etats-Unis.Le groupe avait déjà envisagé relocaliser une partie de la production de la marque Audi aux Etats-Unis, mais n’a pas divulgué plus d’indications lors de la conférence.”Nous devons nous préparer à un scénario dans lequel les droits de douane resteront une composante de l’activité opérationnelle”, a souligné M. Antlitz.- 6 milliards d’euros d’économies -Face à ces difficultés, Volkswagen avait déjà abaissé en septembre ses prévisions annuelles, visant une marge opérationnelle de 2% à 3% des ventes, contre 4% à 5% auparavant. Au regard des résultats actuels, le groupe estime pouvoir atteindre la “borne haute de cette fourchette”, a précisé M. Antlitz.Cela dans l’hypothèse toutefois, “d’une disponibilité suffisante de semi-conducteurs”, déclare le communiqué.Les constructeurs automobiles européens sont frappés par une crise concernant le fabricant de semi-conducteurs simples Nexperia, qui menace l’approvisionnement de l’industrie européenne. “Nous sommes tranquilles jusqu’à la fin de la semaine prochaine”, a déclaré M. Antlitz, qui attend une solution “au niveau politique” à cette crise diplomatique entre les Pays-Bas et la Chine, tout comme son concurrent Mercedes-Benz.Enfin, la faiblesse des marges des véhicules électriques a contribué à la chute des bénéfices. Leurs ventes ont grimpé de 33% au troisième trimestre, mais ces modèles sont moins rentables, en raison du coût encore élevé des batteries.Volkswagen mise sur son vaste plan d’économies, chiffré à 6 milliards d’euros d’ici 2030 toutes marques confondues, et sur une réduction drastique de ses effectifs en Allemagne pour tenter d’enrayer l’érosion de ses marges.Les programmes de performance “commencent à porter leurs fruits”, a assuré le groupe dans le communiqué.Le groupe a lancé un plan de restructuration dès fin 2022 pour tenter de rattraper ses marges.Sa marque VW prévoit la suppression de 35.000 emplois d’ici 2030 grâce à un plan social, soit 29% de ses effectifs en Allemagne, une première historique.La faible demande pour les modèles électriques a conduit le groupe a suspendre temporairement la production dans deux de ses sites allemands cet automne.

France: la croissance durant l’été surprend positivement malgré l’instabilité politique

La croissance économique française a surpris en accélérant à 0,5% au troisième trimestre par rapport aux trois mois précédents, meilleure qu’anticipé grâce à des exportations dynamiques, malgré l’incertitude politique en France et les tensions commerciales avec les Etats-Unis.  C’est mieux que la stagnation en Allemagne et en Italie, et presque autant que l’Espagne (+0,6%). Supérieure au +0,3% anticipé initialement, cette publication laisse augurer que la deuxième économie de la zone euro atteindra au moins la croissance de 0,7% attendue par le gouvernement en 2025. L’acquis de croissance, c’est-à-dire ce que serait la croissance annuelle si le PIB n’évoluait plus du tout en fin d’année, est de 0,8% à fin septembre, indique l’Institut national de la statistique (Insee) en publiant sa première estimation jeudi.Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a salué “une performance remarquable”: “malgré les soubresauts politiques et les incertitudes internationales, nos entreprises investissent, exportent et font progresser le pays”. “L’adoption rapide d’un budget qui préserve la confiance des entreprises et des ménages sera capitale pour maintenir cet élan”, ajoute-t-il. – “Solide” -Le budget pour 2026 est âprement débattu dans une Assemblée nationale sans majorité, où plane toujours la menace d’une censure du gouvernement. Les échanges se cristallisent notamment sur la taxation des plus riches.   “Globalement, la croissance est solide”, note Maxime Darmet, économiste chez Allianz Trade, auprès de l’AFP.Avant le début de débats budgétaires houleux, l’économie a bénéficié durant l’été d’une accélération des exportations (+2,2%), surtout dans l’aéronautique, secteur qui était pénalisé depuis le Covid par des problèmes d’approvisionnement.Pour Stéphane Colliac, économiste chez BNP Paribas, ce renforcement des exportations “n’est qu’un début”. Les exportations de produits agroalimentaires, notamment les boissons, ont en revanche souffert des “tensions commerciales avec la Chine et les États-Unis”, selon l’Insee.Par ailleurs, la baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) face au reflux de l’inflation se traduit par une amélioration des investissements (+0,4% après 0,0%). Ils sont tirés par ceux des entreprises (+0,9%), tandis que les investissements des ménages, principalement dans le logement neuf, sont en berne (-0,4%).- “Maillon faible” -En septembre, l’Insee jugeait toutefois les moteurs de l’économie française fragiles dans un contexte marqué par un regain d’instabilité politique affectant la confiance des ménages et la consommation, un pilier traditionnel de la croissance. Cette dernière a progressé modérément de 0,1% au troisième trimestre, comme au deuxième. “La consommation reste le maillon faible de cette économie. Elle ne redémarre pas (…) avec un manque de confiance demeurant élevé”, analyse Maxime Darmet. Alors que les salaires réels progressent et que les taux d’épargne culminent, “il manque cet ingrédient-là pour que la croissance s’établisse sur des bases solides”.Le quatrième trimestre s’annonce moins flamboyant, selon l’économiste, qui prévoit un ralentissement coïncidant avec le retour de l’instabilité politique. De son côté, Stéphane Colliac n’exclut certes pas “un contrecoup” en fin d’année, mais il voit des raisons d’être “optimiste” avec des “fondamentaux assez solides” permettant de contrebalancer les risques. “L’incertitude politique et budgétaire devrait peser sur la dynamique de croissance. Néanmoins, le redressement du climat des affaires et de la confiance des consommateurs en octobre laisse penser que l’impact sera peut-être plus faible ou plus tardif que prévu”, souligne Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note. Après la chute du gouvernement de François Bayrou, le Premier ministre Sébastien Lecornu est en première ligne pour défendre un budget qui ambitionnait initialement un effort d’une trentaine de milliards d’euros pour 2026.Le gouvernement souhaite ramener le déficit public à 4,7% du PIB en 2026, après 5,4% en 2025, mais accepterait d’assouplir l’objectif jusqu’à un niveau se situant “sous 5%” pour permettre des compromis.Au troisième trimestre, les dépenses des administrations publiques sont restées dynamiques (+0,5%), Maxime Darmet ne voyant “aucun signe d’austérité budgétaire à ce stade”. L’incertitude politique et la situation dégradée de ses finances publiques a valu à la note souveraine française d’être abaissée par S&P et Fitch, et placée sous perspective négative par Moody’s.