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Danone rappelle de nouveaux lots de lait infantile au Royaume-Uni et en Espagne notamment

Le géant agro-alimentaire Danone a élargi ses rappels de lait infantile pour inclure de nouveaux lots au Royaume-Uni et en Espagne, ont indiqué vendredi les agences alimentaires des pays concernés, tandis que des lots en Croatie et en Slovénie sont également touchés.L’agence de sécurité alimentaire britannique a annoncé le retrait de lots des marques d’Aptamil et de Cow&Gate “car la toxine cereulide pourrait être y être présente”.Elle souligne que ce rappel d’une quinzaine de lots différents, avec des dates de péremption différentes, constitue une “extension” d’un premier rappel daté du 23 janvier.   De son côté, l’Agence espagnole de sécurité alimentaire et de la nutrition (Aesan) a indiqué étendre “l’alerte” du 24 janvier “pour la possible présence de céréulide dans des préparations infantiles en provenance d’Irlande des marques Almiron et Blédina”, deux marques du groupe Danone.”En vertu du principe de précaution, l’entreprise fabricante a décidé de retirer de nouveaux produits et lots. Ces produits sont en cours de retrait des circuits de commercialisation. Il est recommandé aux personnes qui ont à leur domicile les produits visés par cette alerte de s’abstenir de les consommer”, poursuit-elle.Des lots de laits infantiles produits par Danone en Allemagne ont également été rappelés en Croatie et en Slovénie, selon des notifications officielles recensées par la plateforme européenne RASFF.En nombre de lots, les rappels effectués depuis jeudi sont sensiblement plus élevés que les rappels annoncés par différents industriels depuis la mi-janvier, selon des données compilées par l’AFP. Les annonces des agences britannique et espagnole interviennent au lendemain de rappels de lait infantile en France et dans plusieurs autres pays européens, après la mise à jour par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) de ses recommandations concernant le seuil toléré de céréulide dans les préparations, une toxine pouvant provoquer diarrhées, nausée et vomissements.Le géant agroalimentaire français n’a pas répondu dans l’immédiat à des demandes de l’AFP concernant la liste des pays concernés par des rappels après la mise à jour des recommandations de l’Efsa, ni sur le nombre de lots et de boîtes concernés.La céréulide, produite par certaines bactéries, a été détectée dans une huile riche en acide arachidonique produite par l’industriel chinois Cabio Biotech, fournisseur de plusieurs géants de l’agroalimentaire.Depuis décembre, Nestlé, Danone et Lactalis, ainsi que de plus petits acteurs de ce marché en pleine croissance, ont procédé à de multiples rappels, concernant plus de 60 pays.La taille des lots retirés peut varier d’un industriel à l’autre ou selon les commandes reçues par ces derniers. Les géants de l’agroalimentaire ne communiquent pas sur le nombre de boîtes concernées.Des enquêtes pénales ont été ouvertes en France, notamment à Bordeaux et Angers, après la mort de deux nourrissons ayant consommé des laits Nestlé rappelés, mais elles n’ont pas établi de lien direct à ce stade.Cinq autres nourrissons ont pour l’heure été hospitalisés en France après avoir consommé des laits infantiles concernés par les rappels et sont depuis tous sortis de l’hôpital, les autorités sanitaires rappelant qu’aucun lien direct n’était établi à ce stade avec cette toxine.Après l’annonce de rappels élargis en France et dans plusieurs pays européens, Danone a dit jeudi vouloir “rassurer les parents”.”Nos formules infantiles sont sûres. Toutes les formules pour bébés de nos marques sont produites selon des normes strictes de sécurité des aliments et font l’objet de contrôles rigoureux avant de quitter nos usines”, a assuré le géant français.

MaPrimeRénov’: “rendez-vous personnalisé” obligatoire pour les rénovations d’ampleur

Les demandeurs d’aides MaPrimeRénov’ pour une rénovation d’ampleur devront désormais obligatoirement avoir un “rendez-vous personnalisé” avec un conseiller France Rénov’ pour être mieux accompagnés et éviter les fraudes, a annoncé le ministre du Logement Vincent Jeanbrun vendredi. Il avait indiqué jeudi que le dispositif d’aides à la rénovation énergétique des logements serait relancé pour tous les ménages dès la promulgation de la loi de finances 2026, “dans quelques jours”. Il en a détaillé les modalités lors d’un déplacement à Carrières-sous-Poissy (Yvelines), dans un espace conseil France Rénov’. Pour les projets de rénovation d’ampleur, “un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov’ sera désormais obligatoire avant le dépôt de la demande d’aide MaPrimeRénov’, afin de sécuriser les parcours et garantir la qualité des rénovations financées”, selon un communiqué du ministère du Logement vendredi. Les règles d’éligibilité et les taux de financement restent inchangés. France Rénov’ est un service public et compte 614 espaces sur tout le territoire, selon le ministère. Les rendez-vous pourront avoir lieu en agence, en visio “et probablement même par téléphone si les pièces ont été partagées par mail”, précise le cabinet du ministre. “En rendant obligatoire le passage à l’espace conseil (…) on s’assure que, dès le départ du projet, la réflexion est accompagnée, gratuitement et de bout en bout”, a indiqué Vincent Jeanbrun durant sa visite. “On n’est plus tout seul face à son ordinateur”. Cette nouvelle contrainte doit aussi permettre de lutter contre la fraude et les “faux dossiers”, déposés par “des faux clients avec de fausses entreprises”, a expliqué le ministre. La Répression des fraudes a détecté des manquements graves chez 34% des 1.000 professionnels contrôlés en 2024 au sein du secteur de la rénovation énergétique, cible privilégiée d’escrocs qui tentent de détourner les aides MaPrimeRénov’.MaPrimeRénov’ avait été restreint aux plus modestes en septembre et suspendu en janvier, faute de budget de l’État. L’enveloppe prévue pour le dispositif en 2026 est de 3,6 milliards d’euros de crédits de l’État et 500 millions d’euros de certificats d’économie d’énergie (CEE, des aides proposées par les fournisseurs d’énergie). L’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui distribue les aides MaPrimeRénov’, prévoit cette année de financer 150.000 travaux de rénovation isolés (changement de chaudière ou de fenêtres) et 120.000 rénovations globales (68.000 en copropriété et 52.000 logements individuels). Cet objectif est cependant déjà amputé par les 83.000 dossiers suspendus fin 2025. “Que la France dispose d’un budget va permettre de reprendre l’engagement des dossiers en attente et ainsi permettre aux travaux de débuter”, a salué le ministre vendredi. 

La Bourse de Paris finit en hausse une semaine dominée par la thématique de l’IA

La Bourse de Paris a terminé en hausse de 0,43% vendredi, soutenue par un regain d’optimisme sur une possible détente monétaire en zone euro, achevant une semaine marquée surtout par les doutes du marché sur les valeurs technologiques.L’indice vedette CAC 40 a avancé de 35,67 points, à 8.273,84 points et conclut sa première semaine de février sur un gain hebdomadaire de 1,81%.”On a vu cette semaine un double mouvement de rotation sur les marchés: l’un est sectoriel, passant des valeurs technologiques aux valeurs plus défensives, mais aussi un mouvement allant des grosses valorisations aux plus modestes”, décrit Alexandre Baradez, responsable de l’analyse des marchés chez IG France.Cette tendance a ainsi doublement bénéficié à la cote parisienne, à la fois moins exposée aux entreprises technologiques et aux prix plus attractifs que les actions américaines.”En Europe, le marché a aussi “profité des propos plus incisifs de Christine Lagarde”, la présidente de la Banque centrale européenne, tenus la veille “sur les taux”, ajoute Alexandre Baradez.La présidente de l’institution monétaire a admis qu’un euro fort (rendant les importations relativement moins chères) “pourrait faire reculer l’inflation au-delà des anticipations”, une perspective qui pourrait en théorie pousser la BCE à abaisser ses taux.Toutefois, “on a été tellement haut dans les performances ces derniers mois que cette seule séance est difficile à qualifier de +rebond+”. Il faudra prendre davantage de “recul” pour comprendre où s’arrête “cette phase de réflexion du marché”, estime encore Alexandre Baradez.Débâcle boursière pour StellantisLa séance a été marquée par la débâcle de Stellantis, dont le titre a chuté de 25,24% à 6,11 euros après l’annonce d’une charge exceptionnelle colossale de 22 milliards d’euros dans ses résultats de 2025.”Les charges exceptionnelles annoncées sont colossales, au point de dépasser à elles seules la capitalisation boursière actuelle du groupe. La suppression du dividende agit comme un signal supplémentaire de rupture pour les investisseurs”, commente Matéis Mouflet, analyste chez XTB France.Pour les analystes de la banque Oddo BHF, “l’ampleur des annonces du jour dépasse largement les hypothèses les plus prudentes”. Ils estimaient pour leur part ces charges “à 7 milliards d’euros”, selon une note publiée vendredi.Danone élargit ses rappels de lait infantileDanone a chuté de 3,70% à 69,16 euros après avoir élargi ses rappels de lait infantile en France, au Royaume-Uni et dans plusieurs autres pays européens dont l’Allemagne, la Pologne, l’Autriche, la Hongrie et la Roumanie.Plusieurs centaines de lots sont concernés: plus de 120 en Autriche, et en France 19 références de laits Gallia et Blédilait sont citées par le site officiel Rappel Conso, pour plusieurs dizaines de lots. Au Royaume-Uni, les rappels concernent de nouveaux lots des marques Aptamil et Cow&Gate.Vinci bondit après ses résultatsLe titre du géant français du BTP et des services à l’énergie Vinci a bondi de 9,91% à 134,20 euros après que le groupe a présenté des résultats annuels au-dessus des prévisions des analystes, en termes de chiffre d’affaires notamment.

Des milliers de manifestants à Saint-Gaudens contre la fermeture de l’usine Fibre Excellence

Malgré une pluie battante, plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) pour défendre l’usine locale de pâte à papier Fibre Excellence menacée de fermeture, a constaté un journaliste de l’AFP.Avec en tête de cortège les salariés de l’usine vêtus de leurs gilets de travail jaunes fluo, environ 3.000 personnes, selon la CGT, ont défilé dans les rues de la sous-préfecture haut-garonnaise dont les commerces avaient fermé par solidarité pendant la manifestation.”On a appris ça il y a 15 jours, après les fêtes”, raconte à l’AFP Audrey Noël, dont le mari est contremaître à l’usine. “C’est difficile, ça a été vraiment du jour au lendemain, c’est compliqué pour beaucoup de familles impactées par cette fermeture possible”, juge-t-elle, accompagnée de ses deux filles de 14 et 7 ans. L’usine de Saint-Gaudens et ses quelque 300 emplois directs, poumon économique de ce territoire rural au pied des Pyrénées, est menacée de fermeture, tout comme un autre site du groupe à Tarascon (250 emplois, Bouches-du-Rhône).”Aujourd’hui on a perdu beaucoup d’argent sur l’année 2025, on est en difficulté financière, parce que le prix de la pâte n’est pas bon depuis un an. Le prix des matières premières a fortement augmenté et le prix de notre contrat EDF n’est pas à la hauteur”, explique à l’AFP Sébastien Oustric, délégué CGT de l’usine. “La direction discute avec l’Etat depuis longtemps mais l’Etat ne nous a pas entendus, aujourd’hui l’actionnaire nous a dit: au rythme où on va, le 15 mars ce sera la fermeture, la cessation de paiement et tout ce qui en découlera”, ajoute le représentant syndical.”Le sauvetage immédiat dépend uniquement du Premier ministre et de l’Etat”, affirme son côté le maire de Saint-Gaudens, Jean-Yves Duclos (DVG), interrogé par l’AFP. “Si le Premier ministre décide de réhausser le tarif de l’électricité, l’usine est sauvée”, assure-t-il car la production d’énergie est, avec la fabrication de pâte à papier, une des activités du site.”Il y en a marre du double langage, on n’en finit pas au gouvernement de dire que l’on soutient la réindustrialisation, là le gouvernement, il est en train d’enterrer une usine de pâte à papier”, a de son côté déploré la présidente (PS) de la région Occitanie, Carole Delga, présente dans le cortège et originaire du territoire.

“CPE XXL”, “CPE déguisé” : la proposition du Medef suscite l’ire de la CGT et de l’Unef

“CPE XXL”, “CPE déguisé” : la proposition du Medef de créer un CDI pouvant être rompu plus facilement pour lutter contre le chômage des jeunes a suscité samedi l’ire de la CGT et de l’Unef, cette dernière brandissant la menace d’une “mobilisation massive”.Selon des documents remis mercredi aux organisations syndicales et consultés par l’AFP vendredi, la principale organisation patronale a proposé la création d’un CDI “pouvant être rompu sans motif pendant les premières années”, avec “une indemnisation croissante en lien avec l’ancienneté du salarié en cas de rupture”.Ce dispositif comporte des similitudes avec le “contrat première embauche” (CPE), créé en 2006 par Dominique de Villepin alors Premier ministre, qui avait généré une mobilisation historique et amené le gouvernement à le supprimer avant son application. “Alors que nous fêtons cette année les 20 ans de la victoire contre le CPE, le Medef ose remettre le couvert” et “réussit à faire pire que le CPE qui avait 2 ans de période d’essai”, a réagi samedi la CGT dans un communiqué.”Ce projet est une déclaration de guerre contre les jeunes et les salarié.e.s”, ajoute l’organisation syndicale. La CGT prévient qu’elle “refusera catégoriquement de s’engager dans toute négociation qui comporte ces éléments”.Même indignation du côté du syndicat étudiant Unef qui a appelé, quelques heures plus tard, “l’ensemble de la jeunesse, étudiante et travailleuse, à se mobiliser contre ces attaques inacceptables”.La mesure “vise à créer une génération de jeunes travailleurs précaires, corvéables à merci, sans droits ni protections”, dénonce l’Unef qui demande aux organisations syndicales “de refuser catégoriquement toute négociation sur ces bases et aux forces politiques progressistes de s'(y) opposer fermement”.- “Pistes de réflexion” -Concernant l’autre suggestion du Medef visant à adapter le niveau de rémunération des primo-entrants, le syndicat dénonce une “discrimination pure et simple fondée sur l’âge” qui “précariserait davantage des centaines de milliers de jeunes déjà confrontés à une précarité qui explose et à des conditions de travail déplorables”. “Si le gouvernement ou le patronat tentent d’imposer ces attaques contre notre camp social, nous saurons, comme en 2006, nous mobiliser massivement pour les faire reculer”, prévient l’Unef.Joint par l’AFP vendredi, le Medef avait indiqué qu’il ne s’agissait pour l’heure que de “propositions pour nourrir le débat”. Dans son document, l’organisation patronale expliquait que les mesures proposées avaient vocation à s’attaquer à la problématique des jeunes NEET (ni en emploi, ni en études, ni en formation).”Il ne s’agit pas de se séparer plus facilement”, a insisté samedi sur franceinfo Fabrice le Saché vice-président du Medef. “Toute la logique qui préside à ces pistes de réflexion – et pas propositions – (…) c’est comment on fait pour arrêter le scandale absolu d’avoir 1,4 million de jeunes qui ne sont ni en formation ni en étude ni en emploi, d’avoir 19% de taux de chômage chez les jeunes”.”Nous ce qu’on essaye de régler c’est ça (…) il faut arrêter ce gâchis humain”, a-t-il ajouté. 

Accablés par la crise, les Cubains prônent le dialogue face aux menaces de Trump

Les Cubains, déjà accablés par la crise économique, ne cachent pas leur inquiétude face aux menaces de Donald Trump sur l’approvisionnement de leur pays en pétrole, et certains soutiennent la voie du dialogue pour éviter une aggravation de la situation.”Le mieux est qu’ils négocient, qu’on parvienne à un accord, que tout le monde s’en sorte du mieux possible et que nous ne soyons pas davantage pénalisés que nous ne le sommes déjà”, confie à l’AFP Vivian Valdés dans une rue de La Havane. “Si on ne négocie pas, ce sera encore pire, et le peuple ne vit pas bien”, se lamente cette pharmacienne de 60 ans qui raconte, les larmes aux yeux, ses difficultés pour acheter des médicaments pour sa mère, atteinte d’Alzheimer.Donald Trump, qui a déjà tari les livraisons de pétrole vénézuélien à Cuba depuis la capture de Nicolas Maduro début janvier, a signé jeudi un décret stipulant que les Etats-Unis pourraient frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à La Havane. Washington invoque une “menace exceptionnelle” que ferait peser Cuba sur la sécurité nationale américaine. Le montant de ces éventuels droits de douane et les pays concernés ne sont pas précisés, même si le Mexique, qui livre encore du pétrole à l’île communiste, est dans la ligne de mire.Une pression supplémentaire sur Cuba, déjà enferrée depuis six ans dans une grave crise économique qui a provoqué une émigration massive et soumet les habitants à des pénuries de nourriture, de médicaments, de transports. Jorge Grosso, étudiant de 23 ans, est lui aussi partisan du dialogue avec Washington. Il faut “négocier et voir quelles sont les conditions posées (par Donald Trump), parce qu’au final ils sont en train de nous asphyxier”, dit-il, dans une file d’attente non loin d’une station-service.En troisième année de comptabilité, il attend depuis “presque 24 heures” pour acheter de l’essence pour sa Lada blanche. Si l’approvisionnement en pétrole est coupé “ça va être dur, très dur”, craint-il.- Files d’attente -Ces derniers jours, les files d’attente devant les stations-service à La Havane n’ont cessé de s’allonger et les délestages électriques peuvent désormais atteindre une dizaine d’heures dans la capitale. Depuis son coup de force au Venezuela, principal allié de Cuba, Donald Trump a multiplié les menaces contre le gouvernement de l’île.Le magnat républicain a exhorté La Havane à accepter “un accord avant qu’il ne soit trop tard”, sans préciser lequel. “Il n’y aura plus de pétrole ou d’argent à destination de Cuba – zéro!”, a-t-il menacé.Il a également assuré que des discussions étaient en cours entre son pays et Cuba, ce qu’a démenti le président cubain, Miguel Diaz-Canel, qui réitéré sa disposition à dialoguer avec Washington, mais sans faire “aucune concession politique”.Au cours de plus de soixante ans d’affrontement idéologique avec son grand voisin, Cuba n’a connu un rapprochement avec Washington que lors du second mandat de Barack Obama (2013-2017).Ce bref dégel diplomatique a pris fin sous le premier mandat de Donald Trump (2017-2021), qui a renforcé, plus que tout autre président américain, l’embargo que Washington impose à l’île depuis 1962. Mais tous les Cubains ne soutiennent pas un dialogue avec les Etats-Unis.Rolando Gonzalez, 81 ans, estime que Donald Trump “a des problèmes mentaux” et qu’il “ment”. “Dire que Cuba est une menace pour les Etats-Unis, personne ne le croit”, lance-t-il.D’autres se demandent si Cuba pourra compter sur ses alliés traditionnels, la Chine et la Russie. “Ils soutiennent Cuba diplomatiquement, mais les mots ne résolvent pas les problèmes”, estime Jorge Martinez, ingénieur informatique de 60 ans, qui juge “très prudentes” les prises de position de Pékin et de Moscou: “Ils ne veulent pas avoir des problèmes avec Trump.”

Chine: l’activité manufacturière perd son élan en janvier

L’activité manufacturière chinoise a ralenti en janvier, selon les données officielles publiées samedi, rompant avec la brève remontée en territoire positif observée en fin d’année 2025. L’indice des directeurs d’achat (PMI) de l’activité manufacturière, un indicateur clé qui reflète notamment le moral des milieux industriels, a reculé à 49,3 en janvier, d’après le Bureau national des statistiques (BNS). En décembre, il était s’était pourtant établi à 50,1, remontant timidement au-dessus de la barre des 50 points qui traduit une expansion de l’activité, et ce pour la première fois depuis mars 2025.Retombant sous ce seuil, le chiffre de janvier est également nettement inférieur à la prévision des analystes de Bloomberg, qui misaient sur 50,1 points de nouveau.Les données de janvier reflètent “une demande effective insuffisante sur le marché, ainsi qu’une “saison creuse traditionnelle” pour certains secteurs industriels, a interprété Huo Lihui, statisticien au BNS, dans le communiqué. La deuxième économie mondiale est confrontée à un ralentissement persistant de la consommation intérieure, qui pèse sur l’activité malgré la vigueur des exportations.Ce nouveau recul de l’activité manufacturière en janvier résulte d’une “faible demande intérieure”, a relevé dans une note Zhiwei Zhang, président et économiste en chef de Pinpoint Asset Management. “L’activité économique pourrait ralentir au premier trimestre”, estime-t-il.L’année dernière, les exportations ont représenté le “pilier de la croissance”, a-t-il ajouté, précisant que la “durabilité” du secteur était “très importante pour les perspectives de croissance”.La Chine a enregistré en 2025 un excédent commercial record de près de 1.200 milliards de dollars, une dynamique essentielle alors que la confiance des consommateurs nationaux reste morose. Pékin a promis courant janvier des mesures “fortes” pour stimuler d’ici 2030 cette consommation intérieure très modeste ces dernières années en raison notamment des difficultés du secteur immobilier et des pressions démographiques.Les hauts responsables chinois ont assuré que des politiques clés seraient annoncées en mars, lors de la publication du nouveau plan quinquennal chinois pour la période 2026-2030, en cours d’élaboration. Le pays a enregistré une croissance de 5% en 2025, conformément à son objectif officiel, mais ce taux reste toutefois l’un des plus faibles depuis des décennies, hors pandémie de Covid-19. 

Keir Starmer conclut sa visite en Chine sous les reproches de Trump

Le Premier ministre britannique Keir Starmer se rend au Japon samedi  après avoir conclu une visite de quatre jours en Chine qu’il voit surtout comme une première étape de la relance des relations avec Pékin, une perspective jugée “très dangereuse” par Donald Trump.Ce premier déplacement en Chine d’un chef du gouvernement britannique en huit ans a été très scruté au Royaume-Uni, où certains s’inquiètent des risques d’un rapprochement trop grand avec la Chine, notamment en terme de sécurité nationale.Dès son arrivée mercredi, Keir Starmer s’est évertué à défendre sa stratégie, dans un contexte de rivalités commerciales croissantes et au moment où le président américain s’en prend à ses alliés traditionnels.”Le monde est instable (…). Et nous devons donc composer avec cette instabilité mondiale. Mon principe directeur est l’intérêt national du Royaume-Uni”, a-t-il insisté vendredi dans un entretien à des chaînes de télévision britanniques, en saluant les “opportunités” économiques ouvertes par sa visite en Chine.Comme la récente venue du Premier ministre canadien Mark Carney, ce rapprochement entre Londres et Pékin hérisse Donald Trump.”C’est très dangereux pour eux de faire ça”, a lâché le président américain lors d’un échange avec la presse à Washington.M. Starmer a rappelé qu’une visite du président américain en Chine était attendue dans les prochains mois.”Les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont des alliés très proches, c’est pour cela que nous avons discuté de cette visite avec son équipe avant de venir”, a déclaré M. Starmer. Lors de son entretien avec Xi Jinping jeudi, il a jugé “vital” pour le Royaume-Uni d’améliorer ses relations avec Pékin tandis que le président chinois a estimé que “la Chine et le Royaume-Uni (devaient) renforcer leur dialogue et leur coopération”.Réagissant aux propos de Donald Trump, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a souligné lors d’un point presse que “la Chine (était) prête à renforcer la coopération avec tous les pays, dans un esprit de bénéfice mutuel”.Après avoir visité un institut de design et rencontré des étudiants en art accompagné de l’actrice britannique Rosamund Pike, Keir Starmer s’envole samedi pour le Japon, où il doit s’entretenir avec la Première ministre Sanae Takaichi.- Sanctions chinoises levées -Vendredi, depuis Shanghai, il a annoncé que la Chine avait levé les sanctions qui visaient depuis 2021 sept parlementaires britanniques ayant critiqué le bilan de Pékin en matière de droits de l’Homme, concernant le traitement de la minorité des Ouïghours dans le Xinjiang. Une victoire surtout symbolique.”Les restrictions (à leur encontre) ne s’appliquent plus. Et le président Xi m’a dit que cela signifie que tous les parlementaires sont libres de voyager en Chine”, a déclaré M. Starmer depuis Shanghai.Les sanctions chinoises étaient intervenues en représailles de sanctions britanniques et de l’Union européenne contre la Chine.Elles avaient été prises au moment où les relations entre Londres et Pékin s’étaient considérablement dégradées sous les gouvernements conservateurs en raison d’un durcissement de la politique chinoise à Hong Kong et d’accusations réciproques d’espionnage.La cheffe du parti conservateur Kemi Badenoch a fustigé la visite de M. Starmer “dans un Etat qui mène des opérations d’espionnage quotidiennement dans notre pays, bafoue les règles commerciales internationales et soutient (le président russe Vladimir) Poutine dans sa guerre injustifiée en Ukraine”.- Labubu -Le dirigeant travailliste repart avec une dizaine d’accords de coopération (santé, services, immigration irrégulière) ainsi qu’une baisse bienvenue des droits de douane sur les exportations de whisky.Downing Street a également indiqué que Pékin allait accorder au Royaume-Uni une exemption de visas pour les Britanniques effectuant des séjours de moins de 30 jours, qui entrera en vigueur “une fois les procédures nécessaires accomplies”, a tempéré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.Des entreprises britanniques ont conclu pour 2,2 milliards de livres (3 milliards de dollars) de contrats d’exportation, 2,3 milliards de livres en “accès au marché” chinois sur cinq ans et “plusieurs centaines de millions” de livres d’investissements, a annoncé Londres dans un communiqué.La chaîne chinoise de magasin Pop Mart, qui vend les célèbres peluches Labubu, va elle installer au Royaume-Uni son “hub régional” et ouvrira 27 boutiques en Europe en 2026, dont sept au Royaume-Uni. Le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a aussi annoncé son intention d’investir 15 milliards de dollars d’ici 2030 en Chine.

Les Etats-Unis en paralysie budgétaire, mais une fin rapide espérée

Les Etats-Unis sont entrés à minuit samedi en situation de paralysie budgétaire partielle, mais avec l’espoir d’une fin rapide avec un vote attendu lundi au Congrès.Trois mois après le “shutdown” le plus long de l’histoire du pays, le blocage a pour origine cette fois-ci le refus de l’opposition démocrate d’adopter un budget pour la sécurité intérieure sans la mise en place de freins contre la police de l’immigration, à la suite des récents tirs mortels d’agents fédéraux à Minneapolis.Le Sénat américain avait cependant adopté quelques heures plus tôt un texte budgétaire qui devrait permettre à la paralysie de rester de courte durée. Car la Chambre des représentants doit désormais approuver le texte, avec un vote attendu en début de semaine pour mettre fin au “shutdown”.Les conséquences sont donc minimes, puisque le blocage pourrait durer seulement un week-end, sans que de nombreux fonctionnaires ne soient mis au chômage technique.Dans une note, le Bureau du budget (OMB) de la Maison Blanche a demandé vendredi soir aux différents ministères de mettre en place leur plan pour une paralysie budgétaire, tout en affirmant “avoir l’espoir” que ce blocage “soit bref”.Le texte adopté vendredi avec 71 voix pour et 29 contre est le résultat d’un accord entre Donald Trump et les sénateurs démocrates. Ces derniers refusent d’adopter le budget proposé pour le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) sans la mise en place de réformes de la police de l’immigration (ICE), jugée hors de contrôle après les événements récents de Minneapolis.- Navette -Ils ont finalement accepté d’adopter cinq des six volets du texte budgétaire, tandis que la partie concernant le DHS fera l’objet de nouvelles négociations au cours des deux prochaines semaines.Mais puisque leur version est différente de celle approuvée auparavant par la Chambre, la proposition de loi doit faire la navette retour pour une adoption définitive par le Congrès, avant promulgation par Donald Trump.La semaine dernière, le texte initial semblait se diriger vers une adoption au Sénat avant la date limite du 31 janvier, mais les événements de samedi dernier à Minneapolis ont changé la donne.Le décès d’Alex Pretti, tué comme Renee Good quelques jours plus tôt par des agents fédéraux dans cette métropole du nord des Etats-Unis, a provoqué un mouvement d’indignation au sein de la classe politique.Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a appelé vendredi après le vote à des négociations avec les républicains pour concevoir des mesures “fortes et de bon sens” dans le but de “freiner l’ICE” et “mettre fin à la violence”.L’élu démocrate exige notamment la fin des “patrouilles volantes” et l’interdiction du port de cagoules par les agents.”Pas de police secrète”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.- 43 jours -En raison des règles en vigueur au Sénat, 60 voix sur 100 sont nécessaires pour adopter un texte budgétaire, et les républicains, même s’ils disposent de la majorité, avaient donc besoin de l’appui de plusieurs élus de l’opposition pour adopter leur proposition de budget.Si le “shutdown” est bien entré en vigueur à minuit, les Etats-Unis ne connaîtront sans doute pas une répétition du blocage d’octobre et novembre dernier, lorsque républicains et démocrates avaient bataillé pendant 43 jours sur la question de subventions d’assurance santé.Des centaines de milliers de fonctionnaires avaient alors été mis au chômage technique, tandis que d’autres aux missions considérées comme essentielles avaient dû continuer à travailler. Mais tous avaient dû attendre la fin de la paralysie budgétaire pour recevoir leur salaire.Le dernier “shutdown” n’avait pris fin qu’avec la décision de quelques sénateurs démocrates de voter pour un texte budgétaire concocté par les républicains, en échange de promesses de concessions sur ces subventions. Leur décision avait été fortement critiquée par de nombreux sympathisants démocrates, qui souhaitaient voir une opposition plus vigoureuse face à Donald Trump.

Canal du Panama: le Danois Maersk exploitera temporairement deux ports après l’annulation de la concession de CK Hutchison

Le Panama a annoncé vendredi que le géant danois du transport maritime Maersk exploitera temporairement deux ports du canal reliant l’Atlantique au Pacifique, après l’annulation la veille par la justice panaméenne de la concession accordée au groupe hongkongais CK Hutchison.La Cour suprême du Panama a invalidé la concession dont jouissait CK Hutchison pour exploiter deux ports situés aux deux extrémités du canal, celui de Cristobal, côté Atlantique, et de Balboa, côté Pacifique, provoquant une vive réaction de Pékin qui a promis de “protéger les droits et intérêts légitimes de ses entreprises”.Selon l’arrêt de 69 pages consulté parl’AFP, la concession a été déclarée “inconstitutionnelle” car elle avait “une inclination disproportionnée en faveur de l’entreprise” sans “aucune justification” et “au détriment des caisses de l’Etat”.Cette annonce a eu lieu alors que les États-Unis cherchent à limiter l’influence chinoise sur cette voie stratégique, exacerbant les tensions autour du canal de 80 kilomètres par lequel transite environ 5% du commerce maritime mondial.Les États-Unis et la Chine en sont les deux principaux utilisateurs. L’Autorité maritime du Panama a indiqué vendredi que le gouvernement panaméen “comptera, le moment venu, sur le soutien spécialisé d’APM Terminals (filiale de Maersk) en tant qu’administrateur temporaire” des ports de Balboa et Cristobal. Cette entreprise “est l’un des opérateurs maritimes les plus fiables au monde, ce qui en fait une option adéquate pour assumer cette responsabilité”, a ajouté l’autorité dans un communiqué.Le président panaméen José Raul Mulino avait auparavant évoqué des “discussions” avec Maersk pour “prendre temporairement en charge l’exploitation des deux terminaux”.Dans un premier temps, “il y aura une période de continuité avec l’opérateur actuel”, après quoi “débutera une période de transition, qui aboutira à une nouvelle concession à des conditions favorables à notre pays”, a-t-il expliqué.Le chef de l’Etat panaméen avait qualifié à plusieurs reprises de “contraires aux intérêts nationaux” les contrats en vertu desquels CK Hutchison exploitait les ports.Dans un communiqué, la filiale de Maersk a confirmé “sa disposition à assumer l’exploitation temporaire” afin de “prévenir tout risque” pour le commerce mondial.- Pression américaine -La Cour suprême a jugé jeudi “inconstitutionnelles” les lois en vertu desquelles le groupe hongkongais opère ces infrastructures.La nullité des contrats avait été demandée par la Cour des comptes panaméenne, qui avait déposé deux plaintes l’an dernier, estimant qu’ils présentaient des irrégularités.”La partie chinoise prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre résolument les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises”, a réagi Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’un point presse régulier.Le gouvernement de Hong Kong a également répondu vendredi, affirmant dans un communiqué qu’il “désapprouve vivement et rejette fermement cette décision”. L’exécutif de la région administrative spéciale dit s’opposer “catégoriquement à ce que tout gouvernement étranger utilise des moyens coercitifs, répressifs ou autres pratiques déraisonnables dans les relations économiques et commerciales internationales”.Panama Ports Company (PPC), filiale de CK Hutchison, a dénoncé une décision qui “manque de fondement juridique et met en péril non seulement PPC et son contrat, mais aussi le bien-être et la stabilité de milliers de familles panaméennes qui dépendent directement ou indirectement de l’activité portuaire”.- Prudence des investisseurs -Fondé par le milliardaire Li Ka-shing, CK Hutchison est l’un des plus grands conglomérats de Hong Kong, présent notamment dans la finance, le commerce de détail, les infrastructures, les télécommunications et la logistique.Sa filiale PPC gère les ports de Cristobal et de Balboa depuis 1997. Elle avait obtenu une première concession de 25 ans, prolongée pour une durée équivalente en 2021.Construit par les Etats-Unis et inauguré en 1914, le canal est passé sous contrôle panaméen en 1999 dans le cadre de traités bilatéraux négociés sous la présidence du démocrate américain Jimmy Carter (1977-1981).A son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a menacé à plusieurs reprises l’an dernier de reprendre le contrôle du canal, estimant qu’il se trouve sous l’influence de Pékin. Il a également exigé du Panama des conditions préférentielles pour son utilisation par les navires américains.En mars, CK Hutchison avait accepté de céder le contrôle des deux ports à un conglomérat mené par le fonds américain BlackRock, mais la transaction, que la Chine considère avec suspicion, n’a toujours pas été finalisée.Après l’annonce venue du Panama, l’action du conglomérat a perdu 4,6% en séance vendredi à la bourse de Hong Kong.Selon Kelvin Lam, économiste chez Pantheon Macroeconomics, “dorénavant, les pays étrangers vont être de plus en plus prudents lorsqu’il s’agira d’investir des capitaux dans des projets d’infrastructures stratégiques dans l’arrière-cour des États-Unis, en particulier pour les pays qui n’entretiennent pas de bonnes relations avec ces derniers”.