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Mercosur: l’Union européenne donne son feu vert, sans la France

Après plus de vingt-cinq ans de négociations, l’Union européenne a donné son feu vert à l’accord de libre-échange avec le Mercosur vendredi, malgré la colère des agriculteurs et l’opposition de la France.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué un “accord historique” avec l’Amérique latine, qu’elle a “hâte” de parapher.L’accord est “équilibré”, alors que “l’insatisfaction des deux parties a été une réalité tout au long des négociations”, a réagi Rubén Ramírez, le ministre des Affaires étrangères du Paraguay, un des quatre pays membres fondateurs.Selon le gouvernement argentin, cette signature est prévue le 17 janvier au Paraguay.Ce traité entre l’UE, l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay créerait l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, de plus de 700 millions de consommateurs.Ce feu vert “n’est pas la fin de l’histoire”, a assuré la ministre française de l’Agriculture Annie Genevard. “Il y a un acteur majeur qui va rentrer en ligne de compte, c’est le Parlement européen”.La ratification du traité dépend encore d’un vote du Parlement européen, probablement en février ou en mars. Le scrutin pourrait être serré, alors que la contestation agricole s’amplifie.La FNSEA, premier syndicat agricole français, a promis un grand rassemblement le 20 janvier à Strasbourg, devant le siège du Parlement européen.Vendredi, des manifestations ont eu lieu en Pologne et en Italie et la mobilisation s’est poursuivie en France.Une cinquantaine de tracteurs d’agriculteurs français et allemands ont bloqué le Pont de l’Europe reliant Strasbourg à Kehl, de l’autre côté du Rhin.Deux autoroutes à la frontière franco-belge étaient également bloquées, ainsi qu’un dépôt pétrolier dans le Nord de la France.Des agriculteurs et leurs tracteurs étaient aussi à Paris pour dénoncer le Mercosur, le prix des engrais et la gestion gouvernementale de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins.- L’Italie décisive -A Bruxelles vendredi, une majorité d’Etats européens a donné son aval à cet accord avec le Mercosur, grâce au soutien décisif de l’Italie.La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni vante un “équilibre” entre les bénéfices pour les industriels et les “garanties” apportées aux agriculteurs.En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz a salué un “signal fort”, qui soulage l’industrie automobile, déboussolée par les droits de douane des États-Unis et la concurrence chinoise.Comme la Hongrie, la Pologne, l’Irlande et l’Autriche, la France s’est opposée à cet accord “d’un autre âge”, négocié depuis 1999. Elle compte poursuivre la bataille au Parlement européen et s’alarme d’une éventuelle application du traité avant sa ratification à Strasbourg.150 eurodéputés, sur 720, ont en outre appelé à saisir la justice pour tenter de suspendre l’accord.Pour ses détracteurs, ce traité va bousculer l’agriculture européenne avec des produits moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants. Pour ses thuriféraires, il va permettre au contraire de relancer une économie européenne à la peine, et de “renforcer l’autonomie stratégique” de l’UE, s’est félicité le gouvernement espagnol.En supprimant une large part des droits de douane, cet accord favorise les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de fromages. Dans le sens inverse, il facilite l’entrée en Europe de bœuf, de volaille, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui inquiètent les filières concernées.- “Échec diplomatique” français -Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a donné un argument supplémentaire aux partisans de l’accord. L’Union européenne doit diversifier ses partenariats commerciaux, martèle ainsi la Commission.C’est un “jour historique pour le multilatéralisme”, s’est aussi réjoui le président brésilien Lula.Dans l’espoir d’amadouer les agriculteurs, Bruxelles a enchaîné les concessions ces derniers mois, dont des garanties renforcées pour les produits les plus sensibles.Sur ce volet, les Vingt-Sept se sont alignés vendredi sur la position mieux-disante du Parlement européen pour protéger les agriculteurs en cas de déstabilisation du marché.Mais rien n’y a fait, la colère agricole est repartie de plus belle. En France, empêtrée dans l’instabilité politique, Emmanuel Macron a paru hésiter au sujet de ce traité avec le Mercosur, “pas acceptable en l’état”.Mais la pression était trop forte, avec la menace de la droite de faire tomber le gouvernement en cas de soutien à l’accord.Et malgré le non d’Emmanuel Macron au Mercosur, l’extrême droite française a annoncé deux motions de censure à l’Assemblée nationale et au Parlement européen, aux faibles chances d’aboutir. La gauche radicale a également annoncé le dépôt d’une motion de censure à l’Assemblée.L’UE va ainsi signer un accord commercial contre l’avis de la première puissance agricole européenne, une situation quasiment inédite.Certes, Paris souligne avoir pesé pour obtenir des gestes en faveur des agriculteurs. Mais c’est “un échec diplomatique et tactique”, cingle un ancien ministre français, anonymement. 

Personnes dénudées par Grok: X fait “un premier pas”, selon la France

Le choix de réserver aux abonnés payants la fonctionnalité de Grok, l’assistant IA du réseau social X, permettant de générer de fausses images de personnes dénudées est “un premier pas” pour le ministre français Roland Lescure, chargé de la souveraineté numérique, mais une décision “insuffisante et hypocrite” a jugé vendredi la ministre déléguée au Numérique Anne Le Hénanff.”L’action de la France et de l’Europe paye: X restreint l’utilisation de Grok. C’est un premier pas, mais la lutte contre les dérives de l’IA doit se poursuivre”, a écrit vendredi sur Bluesky le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique.”Cette décision est insuffisante et hypocrite : si X peut désactiver cette fonctionnalité pour ses non-abonnés, alors il peut le faire pour tous”, a réagi auprès de l’AFP Anne Le Hénanff, la ministre déléguée au Numérique.Le Royaume-Uni a aussi vigoureusement dénoncé ce choix de X.Celui-ci “transforme simplement une fonctionnalité qui permet la création d’images illégales en un service premium”, et constitue “une insulte aux victimes de misogynie et de violences sexuelles”, a dénoncé un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer.Quant au porte-parole de la Commission européenne pour les affaires numériques, Thomas Régnier, il a estimé que “cela ne change pas notre problème de fond: nous ne voulons pas voir de telles images”.Ces images, réalisées en demandant à Grok de dénuder des personnes réelles à partir de ses photos ou vidéos, ont suscité des protestations à travers le monde.Interpellé par de nombreux utilisateurs sur X qui étaient scandalisés, Grok a répondu vendredi: “La génération et l’édition d’images sont actuellement réservées aux abonnés payants. Vous pouvez vous abonner pour débloquer ces fonctionnalités.”M. Lescure, de son côté, a rappelé que la France avait “saisi la justice et continuera d’exiger des plateformes qu’elles respectent nos lois si elles veulent profiter de notre marché”.

Bourses européennes: Paris, Francfort et Londres battent leurs records en clôture

Les Bourses européennes ont conclu vendredi sur des records alimentés par la hausse des secteurs technologiques et de la défense depuis le début de l’année, dans un contexte de tensions géopolitiques.L’indice vedette parisien CAC 40 a terminé en nette hausse de 1,44%, dépassant son dernier record en clôture qui datait du 21 octobre. Il a signé un nouveau record en clôture, à 8.362,09 points.Le Dax de la Bourse de Francfort a terminé en hausse de 0,53%, battant lui aussi son pic historique (à 25.261,64 points), tout comme le FTSE 100 de Londres qui a clôturé en progression de 0,80% (à 10.124,60 points).

Trump dit avoir “annulé” une nouvelle attaque sur le Venezuela après la libération d’opposants

Donald Trump a déclaré vendredi avoir “annulé” une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela, du fait de la “coopération” de Caracas, qui a commencé à libérer plusieurs opposants politiques mais affirme n’être ni “subordonné, ni soumis” à Washington.L’annonce de ces libérations a été saluée par le président américain sur son réseau Truth Social comme “un geste très important et intelligent” par Caracas.Après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines le 3 janvier, Donald Trump a dit dans son message avoir annulé une nouvelle attaque ciblant le pays, du fait de la “coopération” avec le pouvoir à Caracas. “Les Etats-Unis et le Venezuela travaillent bien ensemble”, a-t-il déclaré, notamment pour la “reconstruction” de l’industrie pétrolière, a-t-il dit.Le président américain doit recevoir vendredi à la Maison Blanche plusieurs dirigeants de grandes compagnies pétrolières pour évoquer des investissements au Venezuela.En parallèle, des diplomates américains se sont rendus à Caracas pour envisager la réouverture de l’ambassade des Etats-Unis, fermée depuis 2019.Le gouvernement américain continue cependant de mener d’une main ferme son blocus sur l’exportation du pétrole vénézuélien. Il a annoncé vendredi matin avoir saisi dans les eaux internationales un nouveau pétrolier qui partait du Venezuela, le cinquième saisi par Washington ces dernières semaines.- Rencontre Trump-Machado -L’annonce de la libération des opposants est intervenue quelques jours après le début lundi du mandat de la présidente par intérim vénézuélienne, Delcy Rodriguez, qui a assuré que son pays n’était ni “subordonné ni soumis” aux Etats-Unis et a évoqué sa “loyauté envers le président Nicolas Maduro”.L’un des principaux détenus relâchés jeudi, Enrique Marquez, avait mené une croisade judiciaire contre la réélection en 2024 de Nicolas Maduro, acquise selon l’opposition et une grande partie de la communauté internationale dans des conditions entachées de fraude.Edmundo González Urrutia, opposant en exil en Espagne, s’est dit vendredi “profondément heureux” de ces libérations.L’opposante Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025 et réfugiée dans la clandestinité, a elle aussi salué ces libérations, jugeant qu'”aujourd’hui, la vérité, pourchassée et réduite au silence pendant des années, parvient à se frayer un chemin”.Donald Trump a annoncé jeudi qu’il la recevrait à Washington “la semaine prochaine”, en ajoutant à la chaîne Fox News que ce serait “un grand honneur” si elle lui remettait son prix Nobel, comme elle le lui a proposé.A Oslo toutefois, l’Institut Nobel a indiqué qu’il était impossible de transférer un prix Nobel.Ces libérations sont “un geste unilatéral du gouvernement” afin “de favoriser la coexistence pacifique”, a fait valoir Jorge Rodriguez, président du Parlement du Venezuela, sans préciser le nombre ni la nationalité des détenus relâchés.Cinq ressortissants espagnols, dont l’avocate de premier plan Rocio San Miguel, libérés jeudi sont arrivés en début d’après-midi à Madrid. Et le gouvernement espagnol a déclaré espérer la libération d’un autre de ses ressortissants emprisonné au Venezuela pour des raisons politiques.- “Beaucoup d’espoir” -Le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, a par ailleurs annoncé s’être entretenu vendredi avec son homologue américain Marco Rubio “sur la situation au Venezuela”, une première depuis la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines.Après l’opération, l’Espagne, où vivent plusieurs centaines de milliers de Vénézuéliens, avait proposé de jouer les intermédiaires dans la crise entre Caracas et Washington, une offre jusque-là ignorée par Donald Trump.Le pape Léon XIV a pour sa part exprimé sa “vive inquiétude” quant à “l’aggravation des tensions” dans la région et a appelé lors d’un discours devant le corps diplomatique “à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s’engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun”.Devant la prison d’El Rodeo I à Guatire, en périphérie de Caracas, des familles ont passé toute la nuit devant le bâtiment dans l’espoir de voir leur proche libéré, en vain pour le moment.”Nous sommes ici avec beaucoup d’espoir, avec beaucoup de foi”, a déclaré à l’AFP Hiowanka Avila, 39 ans, dont le frère est détenu depuis 2018, accusé d’avoir participé à une tentative d’attentat au drone contre Nicolas Maduro.L’ONG Foro penal estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires.

Le monde agricole ne décolère pas contre l’accord Mercosur, voté à Bruxelles

“Colère totale des paysans”: le vote de l’accord UE-Mercosur à Bruxelles ne passe pas vendredi auprès des agriculteurs français, qui poursuivent leur mobilisation, à grand renfort de tracteurs, avant des annonces du gouvernement en leur “faveur” prévues à 18H00.Après plus d’un mois de mobilisation en province et au lendemain du débarquement à Paris des tracteurs de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, à la ligne contestataire, la gendarmerie dénombrait à la mi-journée 49 actions dans 31 départements, mobilisant 1.200 personnes avec 500 tracteurs.A l’aube, la Confédération paysanne, troisième syndicat, a lancé une opération escargot avec quelques tracteurs sur le périphérique parisien, avant que deux de ses porte-parole ne soient interpellés devant l’Arc de Triomphe.Il est “inadmissible que la Confédération paysanne soit le seul syndicat à subir cette répression”, a dénoncé cette autre organisation contestataire, classée à gauche.Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a assumé jeudi soir de n’avoir pas dispersé l’action “illégale” de la Coordination rurale (CR) avec ses tracteurs à Paris alors que les rassemblements non déclarés y étaient interdits.La Confédération paysanne a prévu un rassemblement devant un commissariat à Paris en fin d’après-midi tandis que la CR manifestera devant le tribunal de Meaux, pour protester contre les interpellations de leurs adhérents.Après avoir cheminé de leurs bastions du Sud-Ouest, de Normandie ou du Nord, les agriculteurs de la CR, habitués des actions coup de poing, sont parvenus à l’Assemblée nationale. Ses militants se sont repliés dans la soirée, mais nombre d’entre eux sont encore autour de Paris, prêts à “revenir”.- L’Anses “doit disparaître” -Le préfet de police Patrice Faure “tient à rappeler qu’aucun trouble à l’ordre public ou atteinte aux forces de l’ordre, ne peut être toléré”, a indiqué vendredi sur X la préfecture.Le ton est monté au sud de Paris vendredi en début d’après-midi devant le siège de l’agence sanitaire Anses, où quelques dizaines de “bonnets jaunes” de la Coordination rurale sont venus lancer des oeufs contre un organisme qui doit “disparaître”, a affirmé José Pérez, président de la CR du Lot-et-Garonne, joint par téléphone par l’AFP. Aucune interpellation n’a été rapportée.La FNSEA et ses alliés des Jeunes Agriculteurs, alliance syndicale qui domine dans le monde agricole, mènent de leur côté des actions déclarées dans plusieurs départements vendredi et ont appelé à manifester le 20 janvier à Strasbourg devant le Parlement européen, qui devra prochainement voter la ratification de l’accord UE-Mercosur. Le vote à Bruxelles par les États membres “est une trahison de la souveraineté agricole européenne”, a indiqué la FNSEA vendredi, et “provoque la colère totale des paysans”. L’opposition d’Emmanuel Macron au traité UE-Mercosur n’a non seulement pas permis de bloquer l’accord à Bruxelles, mais n’a pas non plus satisfait les syndicats: ils attendent des mesures concrètes dans les cours de ferme et aucun ne se réjouit de “la perte d’influence de la France” en Europe, selon l’expression de la FNSEA.Une conférence de presse a lieu à 18h en présence des ministres de l’Agriculture, Annie Genevard – qui accueille la rencontre – des Comptes publics Amélie de Montchalin, de l’Europe Nicolas Forissier et de la Transition écologique et Mathieu Lefèvre pour faire des “annonces en faveur du monde agricole”. – Actions dans plusieurs régions -Viticulteurs en crise, céréaliers confrontés à la hausse des prix des engrais, éleveurs confrontés à de multiples épizooties… la liste est longue.La Confédération paysanne et la CR demandent notamment la fin de l’abattage total des troupeaux bovins infectés par la dermatose nodulaire. La CR demande aussi un “moratoire” sur les contrôles des pratiques des agriculteurs.Des actions ont lieu vendredi dans plusieurs régions, mais aussi en Belgique, en Italie ou encore en Pologne.Des autoroutes sont bloquées dans le sens France-Belgique dans le Nord, mais aussi dans le Sud-Ouest. Des dépôts de carburants ont été pris pour cible dans ces mêmes régions, à Haulchin et à Bassens.”C’est une descente aux enfers (…) Les produits qui rentrent du Mercosur sont moins chers, parce qu’ils produisent du maïs sur des milliers d’hectares”, avec des OGM interdits en Europe, se désole Jean-Michel Larrère, président de la FDSEA des Landes lors d’un rassemblement dans une zone portuaire près de Bayonne.

Trump veut rallier les majors pétrolières à sa stratégie au Venezuela

Donald Trump a promis vendredi “au moins 100 milliards de dollars” d’investissements au Venezuela des grands groupes pétroliers internationaux, qu’il tente de rallier à sa stratégie de mise sous tutelle du pays pour de nombreuses années.”Au moins 100 milliards de dollars seront investis par les GRANDES COMPAGNIES PÉTROLIÈRES, que je rencontrerai toutes aujourd’hui à la Maison Blanche”, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.La réunion, à laquelle participeront aussi le chef de la diplomatie Marco Rubio et le ministre à l’Energie Chris Wright, est prévue à 14h30 locales (19h30 GMT), a fait savoir la Maison Blanche.Les entreprises représentées: Chevron, Exxon, ConocoPhillips, Continental Halliburton, HKN, Valero, Marathon, Shell, Trafigura, Vitol Americas, Repsol, Eni, Aspect Holdings, Tallgrass, Raisa Energy et Hilcorp.Seul Chevron dispose aujourd’hui d’une licence au Venezuela. Les deux autres groupes américains de la liste, Exxon et ConocoPhillips, ont quitté le territoire en 2007, refusant les conditions de l’ancien dirigeant Hugo Chavez imposant que l’Etat devienne actionnaire majoritaire de toutes les entreprises présentes dans le pays. Le président américain ne cache pas que le pétrole est au coeur de sa stratégie pour le pays, dont il a fait capturer le président désormais déchu Nicolas Maduro.Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées de brut du monde avec 303.221 millions de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), devant l’Arabie saoudite (267.200 millions) et l’Iran.Mais la production est faible, plafonnée à 1 million de barils par jour, après des décennies de sous-investissement qui ont laissé les infrastructures pétrolières en piteux état.Pour Donald Trump, voilà une manne qu’il suffit d’exploiter pour faire baisser encore les cours du brut, l’une de ses priorités.Encore faut-il convaincre les majors du pétrole d’investir malgré l’instabilité politique, les questions sur la sécurité et la perspective de lourdes dépenses pour remettre l’outil de production en état.- “Beaucoup de temps” -Le président américain avait annoncé mardi que les “autorités par intérim du Venezuela (allaient) remettre aux Etats-Unis entre 30 et 50 millions de barils de pétrole sous sanction et de haute qualité”, soit de un à deux mois de production.”Ce pétrole sera vendu au prix du marché et l’argent sera contrôlé par moi”, avait-il ajouté. Il a plus tard assuré que les recettes serviraient au Venezuela uniquement pour acheter des produits américains.Le ministre américain de l’Energie, Chris Wright, a lui jugé possible d'”obtenir plusieurs centaines de milliers de barils par jour de production supplémentaire à court et moyen terme, si les conditions sont réunies”.Washington a instauré, durant le premier mandat de Donald Trump, un embargo pétrolier visant à asphyxier économiquement le pays qui dépend de ses exportations d’or noir.Et à son retour à la Maison Blanche l’an dernier, le républicain a mis fin à l’essentiel des licences permettant aux multinationales du pétrole et du gaz d’opérer au Venezuela, à l’exception de celle de Chevron.Washington se dit prêt à lever les sanctions “de manière sélective” pour pouvoir commercialiser le pétrole vénézuélien sur le marché du pétrole traditionnel.”A long terme, nous créerons les conditions pour que les grandes entreprises américaines qui étaient présentes auparavant, ou qui ne l’étaient pas mais qui souhaitent s’implanter, puissent s’y installer”, a assuré mercredi Chris Wright.Mais “pour revenir aux chiffres historiques de production (…), cela nécessite(ra) des dizaines de milliards de dollars et beaucoup de temps”, a reconnu le ministre, promettant le soutien de l’administration américaine.Le brut vénézuélien est beaucoup plus visqueux que celui extrait aux Etats-Unis, ce qui rend son raffinage compliqué, coûteux et polluant.Le ministère américain de l’Energie prévoit déjà d’expédier du pétrole léger pour qu’il soit mélangé à la production vénézuélienne, afin de “l’optimiser”.Il compte aussi autoriser l’envoi d’équipements et d’experts dans le pays pour remettre à niveau les infrastructures.

A la Bourse de Paris, le CAC 40 atteint des sommets inédits

Le CAC 40, l’indice vedette de la Bourse de Paris, a établi un record en séance vendredi, à 8.317,82 points, dans un début d’année marqué par la forte hausse des valeurs de la défense en Europe, recherchées en raison du contexte géopolitique tendu.Vers 12H15 GMT (13H15, heure de Paris), le CAC 40 progressait de 0,84%, à 8.312,77 points, peu après avoir dépassé son dernier point haut du 13 novembre 2025.En cette sixième séance de 2026, l’indice affiche une progression d’environ 2% depuis le début de l’année, en ligne avec les autres principales places boursières européennes, qui elles aussi ont signé des records cette semaine.L’indice DAX, équivalent du CAC 40 pour la Bourse de Francfort, a atteint de nouveaux sommets en séance et en clôture, tout comme le FTSE 100 londonien et l’Ibex 35 madrilène.Sur la cote parisienne, les plus fortes progressions depuis le début de l’année sont à attribuer aux entreprises de la défense et de l’aéronautique. Thales grimpe de plus de 15%, Airbus de plus de 7% et Safran de près de 6%.”Le marché a conclu l’année 2025 en pensant qu’on s’acheminait vers un début de solution sur la crise ukrainienne et puis 2026 a débuté sur l’opération américaine au Venezuela et le marché se demande si c’était la première d’une série d’actions militaires des Etats-Unis”, commente Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés à IG France.Samedi dernier, des forces spéciales américaines ont enlevé le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores à Caracas et les ont transportés à New York pour y être jugés pour des accusations de trafic de drogue. Depuis, Donald Trump a déclaré ouvertement que les États-Unis allaient “diriger” le Venezuela et que les entreprises américaines contrôleraient son pétrole.”Dès lors qu’on cible le Venezuela, on considère que les Etats-Unis envoient aussi un message de force brute et géopolitique fort à la Chine et à la Russie, mais les tensions sur le Groenland jouent aussi pour les investisseurs européens, parce qu’elles touchent directement l’Union européenne, ce qui tend fortement les relations diplomatiques”, poursuit l’analyste.Le président américain martèle que les Etats-Unis doivent prendre le contrôle du Groenland, territoire autonome danois, pour assurer leur sécurité face à la Chine et à la Russie.La Maison Blanche, tout en refusant d’exclure l’option militaire, a fait savoir que le président réfléchissait “activement” à un achat de l’immense île arctique.Outre les valeurs de la défense, celles du luxe, qui pèsent lourd dans l’indice CAC 40, progressent depuis le début de l’année: Hermès s’octroie 3,16%, L’Oréal 4,49% et Kering 5,91%. La première capitalisation boursière du CAC 40, LVMH, leader du secteur, est en revanche à l’équilibre.

Le monde agricole ne décolère pas contre le Mercosur, voté à Bruxelles

Repli des tracteurs de la Coordination rurale et entrée en scène de ceux de la Confédération paysanne, qui dénonce l’interpellation de deux de ses responsables devant l’Arc de Triomphe: la mobilisation agricole se poursuit vendredi en France, contre le Mercosur et la politique sanitaire du gouvernement.Le vote vendredi à Bruxelles de ce traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains, malgré l’opposition de la France et des agriculteurs qui craignent un déferlement de boeuf, volailles et sucre produits avec des normes moins disantes que les règles européennes, devrait amplifier la colère qui éclate depuis début décembre dans les campagnes.Deux porte-parole de la Confédération paysanne ont été interpellés devant l’Arc de Triomphe où ils marchaient avec des militants après une opération escargot sur le périphérique parisien. Le syndicat a dénoncé des “arrestations scandaleuses” et “violentes”.Jean-Luc Mélenchon a dénoncé sur X “une grave mise en cause de la liberté de manifestation”, peu après le dépôt par son parti la France insoumise d’une motion de censure contre le gouvernement, notamment pour protester contre l’accord de libre-échange.Avant l’aube, plusieurs dizaines d’agriculteurs de la Confédération paysanne sont entrés sur le périphérique à l’est, porte de Montreuil, avec six tracteurs. Vers 11H00, des tracteurs étaient bloqués dans l’ouest de Paris, porte Maillot, accompagnés de militants de la CGT et des Soulèvements de la terre.”C’est le Mercosur qu’il faut abattre, pas nos vaches!”, a déclaré Nicolas Fortin, secrétaire général du 3e syndicat agricole français, historiquement marqué à gauche, opposé au libre-échange et très engagé contre la gestion actuelle de l’épizootie de dermatose qui frappe les bovins.- “Un exploit” -Une position défendue la veille par les “bonnets jaunes” de la Coordination rurale (CR), 2e syndicat agricole, coutumier des opérations coup de poing et dont certains responsables dans le Sud-Ouest ne cachent pas leur proximité avec l’extrême droite.”Mercosur mort à coup sûr”, clamait une pancarte accrochée à un tracteur de la CR jeudi à l’Arc de Triomphe, où ils n’ont pas été inquiétés par les forces de l’ordre.Après avoir cheminé de leurs bastions du Sud-Ouest, de Normandie ou du Nord, les agriculteurs de la CR ont réussi leur démonstration de force, parvenant à entrer dans la capitale, jusque devant l’Assemblée nationale malgré les interdictions de rassemblements non déclarés devant le grandes institutions parisiennes.Onze interpellations, 12 mises en fourrière et 65 verbalisations ainsi que plus de 600 manifestants ont été recensées jeudi par le ministère de l’Intérieur en Ile-de-France, hors de la capitale. Laurent Nunez a assumé de n’avoir pas dispersé cette action “illégale”.Dans la soirée, le président du syndicat, l’éleveur Bertrand Venteau, a appelé ses troupes au repos, promettant de “revenir” en force si besoin.- Actions dans plusieurs régions -Des actions sont prévues vendredi dans plusieurs régions, mais aussi en Belgique ou encore en Pologne.Dans le Nord, les autoroutes A27 et A2, qui mènent aux autoroutes belges E42 et E19, sont fermées depuis jeudi soir dans le sens France-Belgique. L’entrepôt pétrolier de Haulchin (Nord) est bloqué par des tracteurs de la CR.La gendarmerie a fait état de plusieurs blocages routiers à 7h30, à Beaune (Bourgogne) mais aussi en Lozère, dans le Tarn et dans le Pays Basque.L’accès au dépôt de carburant de Bassens, sur le port de Bordeaux, est toujours bloqué par des agriculteurs de la CR.”C’est une descente aux enfers (…) Les produits qui rentrent du Mercosur sont moins chers, parce qu’ils produisent du maïs sur des milliers d’hectare”, avec des OGM interdits en Europe, se désole ean-Michel Larrère, président de la FDSEA des Landes lors d’un rassemblement dans une zone portuaire près de Bayonne. “C’est une distorsion complète”, ajoute cet éleveur de poulet qui compare son prix, 7 euros, au “poulet ukrainien deux fois moins cher au poulet brésilien à 2,5 euros”.Depuis début décembre, la mobilisation s’est durcie, pour dénoncer la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire, la signature imminente du traité de libre-échange UE-Mercosur, la faiblesse des prix des céréales et la hausse de celui des engrais. Les annonces de Paris et de Bruxelles en faveur des agriculteurs n’ont pas suffi et l’annonce d’un “non” au Mercosur de la France, qui n’est pas parvenue à réunir une minorité de blocage à Bruxelles, signifie surtout, pour les syndicats, la “faiblesse” et “l’isolement” de la première puissance agricole européenne.La FNSEA, premier syndicat avec ses alliés des Jeunes agriculteurs, a appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier contre l’accord de libre-échange.

Le monde agricole ne décolère pas, des tracteurs sur le périphérique parisien

Repli des tracteurs de la Coordination rurale et entrée en scène de ceux de la Confédération paysanne sur le périphérique parisien: la mobilisation agricole se poursuit vendredi en France, contre le Mercosur et la politique sanitaire du gouvernement.Le “non” de la France au Mercosur, finalement décidé par le président Emmanuel Macron, et la quasi-certitude d’un vote en faveur de ce traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains laissent un goût amer aux agriculteurs, mobilisés depuis des mois contre ce traité.Avant l’aube, plusieurs dizaines d’agriculteurs de la Confédération paysanne sont entrés sur le périphérique parisien, porte de Montreuil, avec six tracteurs, bloquant la circulation, un peu avant 7h30.”Non! Non! Non au Mercosur!”, ont-ils scandé, brandissant des fumigènes, a constaté une journaliste de l’AFP.”C’est le Mercosur qu’il faut abattre, pas nos vaches!”, a déclaré Nicolas Fortin, secrétaire général du 3e syndicat agricole français, historiquement opposé au libre-échange et très engagé dans l’opposition à la gestion actuelle de l’épizootie de dermatose qui frappe les bovins.- “Un exploit” -Accompagnés de militants du mouvement écologiste Les Soulèvements de la terre et d’étudiants d’AgroParisTech, ils ont dit leur rejet de la “maladie du libre-échange”.Une position défendue la veille par les “bonnets jaunes” de la Coordination rurale (CR), 2e syndicat agricole, coutumier des opérations coup de poing et idéologiquement très loin de l’altermondialisme de la Confédération paysanne.”Mercosur mort à coup sûr”, clamait une pancarte accrochée à un tracteur de la CR parvenu jeudi au pied de l’Arc de Triomphe.Après avoir cheminé de ses bastions du Sud-Ouest, de Normandie ou du Nord, les agriculteurs de la CR ont réussi leur démonstration de force, parvenant à entrer dans la capitale, jusque devant l’Assemblée nationale.Dans la soirée, le président du syndicat, l’éleveur Bertrand Venteau, a appelé ses troupes au repos. L’ensemble des agriculteurs et leurs engins avaient quitté Paris vers 22H00, selon la police.”Ce qui a été fait, c’est un exploit”, a-t-il dit à ses troupes, juché sur un tracteur, promettant de “revenir” en force si besoin. Des actions de blocages routiers et manifestations sont prévues dans certaines régions, mais aussi en Belgique ou encore en Pologne, soit un troisième hiver d’affilée marqué par des mouvements d’agriculteurs.Dans le Nord, les autoroutes A27 et A2, qui mènent aux autoroutes belges E42 et E19, sont fermées depuis jeudi soir dans le sens France-Belgique, selon la préfecture.La gendarmerie a fait état de plusieurs blocages routiers à 7h30, à Beaune (Bourgogne) mais aussi en Lozère, dans le Tarn et dans le Pays Basque.L’accès au dépôt de carburant de Bassens, sur le port de Bordeaux, par des agriculteurs de la CR se poursuit, ont constaté des journalistes de l’AFP.- Prêts à “revenir” -Depuis début décembre, la mobilisation s’est durcie dans les campagnes françaises, pour dénoncer la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire, la signature imminente du traité de libre-échange UE-Mercosur, la faiblesse des prix des céréales et la hausse de celui des engrais.L’annonce d’un “non” au Mercosur de la France, qui n’est pas parvenue à réunir une minorité de blocage à Bruxelles, signifie surtout, pour les syndicats, la “faiblesse” et “l’isolement” de la première puissance agricole européenne.En dépit des déclarations jeudi soir de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard qui a revendiqué “un non puissant” contre ce traité et vanté les avancées obtenues par Paris, notamment pour faire baisser le prix des engrais et préserver le budget de la Politique agricole commune (PAC).Ces dernières semaines, le gouvernement français et Bruxelles ont multiplié les annonces, mais la pilule du Mercosur ne passe pas pour de nombreux agriculteurs, qui craignent l’arrivée de bœuf, sucre et de volailles sud-américains produits avec des normes moins disantes que celles imposées aux européens.La FNSEA, premier syndicat avec ses alliés des Jeunes Agriculteurs, a appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier. De son côté, le président de la CR a promis un combat “dur et long”. Il a de nouveau appelé à un “moratoire sur les contrôles” dans les fermes jusqu’à la présidentielle.Onze interpellations, 12 mises en fourrière et 65 verbalisations ainsi que plus de 600 manifestants ont été recensées jeudi par le ministère de l’Intérieur en Ile-de-France, hors de la capitale.

Mercosur: l’UE proche d’un accord après vingt-cinq ans de suspense

Après plus de 25 ans de négociations, l’Union européenne est sur le point de conclure l’accord commercial avec le Mercosur, qui pourrait recevoir l’aval des Etats européens vendredi, malgré la colère des agriculteurs et l’opposition de la France.Depuis 1999, la Commission européenne mène des tractations ardues pour créer l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.Entre fausses promesses de dénouement imminent et longues mésententes, les négociations ont achoppé des années durant sur la question agricole.Cette fois, Bruxelles croit l’accord à portée de main.Pour ses détracteurs, il va bousculer l’agriculture européenne à coups de produits moins chers et pas forcément respectueux des normes environnementales de l’UE, faute de contrôles suffisants. Pour ses thuriféraires comme l’Allemagne et l’Espagne, cet accord va permettre au contraire de relancer une économie européenne à la peine, affaiblie par la concurrence chinoise et les droits de douane aux Etats-Unis.En dépit de la contestation redoublée des agriculteurs européens, en particulier en France, Ursula von der Leyen espère parapher ce traité lundi au Paraguay.Avant de se rendre en Amérique latine, la présidente de la Commission européenne a besoin de la bénédiction des Etats européens, à la majorité qualifiée, lors d’un vote attendu ce vendredi en fin de matinée.L’Italie, qui avait demandé un délai supplémentaire en décembre, semble cette fois prête à donner son aval, potentiellement décisif.La France est toujours contre, comme l’a annoncé Emmanuel Macron jeudi soir, invoquant un “rejet unanime” de la classe politique hexagonale.La Pologne, la Hongrie, l’Irlande, mais aussi l’Autriche devraient également s’y opposer, sans parvenir à bloquer l’accord pour autant.Ce traité entre l’UE et quatre pays du Mercosur créerait une zone de libre-échange de plus de 700 millions de consommateurs, réclamée par les milieux d’affaires.En supprimant une large part des droits de douane, il favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins ou de fromages. Dans le sens inverse, il faciliterait l’entrée en Europe de boeuf, de volaille, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui alarment les filières concernées.- “Echec diplomatique” pour la France -Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a donné un argument supplémentaire aux partisans de l’accord. L’Union européenne doit diversifier ses partenariats commerciaux, martèle ainsi la Commission.Dans l’espoir d’amadouer les agriculteurs, Bruxelles a enchaîné les concessions ces derniers mois, dont des garanties renforcées pour protéger les produits sensibles ou un geste budgétaire dans la future politique agricole commune (PAC) de l’UE.Mais rien n’y a fait, la colère agricole est repartie de plus belle. “Il y a beaucoup de peine. Il y a beaucoup d’énervement et ça devient de plus en plus tendu”, confiait Judy Peeters, un représentant des agriculteurs belges, lors d’une action de blocage jeudi soir sur un échangeur autoroutier au sud de Bruxelles.En Grèce, les agriculteurs ont multiplié cette semaine les barrages routiers et intensifié leur mobilisation entamée fin novembre, notamment contre le Mercosur.En France, des tracteurs étaient à Paris jeudi et vendredi pour dénoncer tout à la fois le Mercosur, le prix des engrais ou la gestion gouvernementale de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins.Empêtré dans l’instabilité politique, Emmanuel Macron a paru hésiter sur ce traité avec le Mercosur, “pas acceptable en l’état”.Mais la pression politique était trop forte, avec la menace de la droite de faire tomber le gouvernement de Sébastien Lecornu en cas de soutien à l’accord. Et même malgré le non d’Emmanuel Macron au Mercosur, l’extrême droite française a annoncé deux motions de censure à l’Assemblée nationale et au Parlement européen, aux faibles chances d’aboutir.L’Union européenne s’apprête à approuver un traité commercial contre l’avis de la première puissance agricole du continent, une situation quasiment inédite.Certes, Paris souligne avoir pesé pour obtenir des gestes “incontestables” en faveur des agriculteurs.Mais c’est “un échec diplomatique et tactique”, cingle un ancien ministre français, anonymement.La France s’est isolée en disant que cet accord était “épouvantable”, quand l’Italie peut se targuer d’une “tactique assez habile qui permet à (Giorgia) Meloni de dire +c’est moi qui décide+”, estime-t-il.Paris explique néanmoins que la partie n’est pas terminée, puisque l’accord, s’il est bien signé, doit encore être soumis au Parlement européen pour ratification, dans quelques semaines.Le scrutin pourrait être serré dans l’hémicycle où les considérations nationales pèseront. La FNSEA, le premier syndicat agricole français, a appelé à un grand rassemblement devant le siège du Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier.