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Les Bourses européennes ouvrent sans grand changement

Les Bourses européennes ont ouvert sans grand changement vendredi, pour la dernière séance d’un mois positif pour la plupart des places financières, notamment portées par la saison des résultats d’entreprises du troisième trimestre.Dans les premiers échanges, Paris oscillait autour de l’équilibre (+0,03%), tandis que Londres reculait légèrement de 0,15% et Francfort de 0,22%.

Nvidia annonce qu’il fournira 260.000 de ses puces les plus sophistiquées à la Corée du Sud

Le mastodonte américain des puces Nvidia a annoncé vendredi qu’il fournira 260.000 de ses semi-conducteurs les plus performants à la Corée du Sud, lors d’une rencontre entre son patron Jensen Huang et le président sud-coréen Lee Jae Myung.La firme californienne a indiqué qu’il “travaillait avec la Corée du Sud pour étendre l’infrastructure d’intelligence artificielle (IA) du pays avec plus d’un quart de million de GPU (processeurs graphiques)”, répartis entre les services de cloud (informatique décentralisée) et des usines.En particulier, le géant technologique national Samsung Electronics “construit une usine équipée de plus de 50.000 GPU afin d’accélérer sa feuille de route en matière d’IA, de puces et de transformation numérique”, précise le communiqué.Le conglomérat SK Group, maison-mère du fabricant de puces mémoires SK Hynix, et le constructeur automobile Hyundai Motor vont également équiper des usines avec les puces Blackwell de Nvidia, ses semi-conducteurs IA les plus sophistiquées.NAVER Cloud, qui exploite le plus grand moteur de recherche sud-coréen, recevra 60.000 puces pour étendre son infrastructure d’IA. 50.000 autres seront déployées au “Centre national de calcul d’IA” de Séoul et auprès de fournisseurs de services de cloud.Alors que “ses usines ont déjà inspiré le monde entier avec leurs navires, voitures, puces et appareils électroniques sophistiqués”, “le leadership de la Corée du Sud en matière de technologie et de production la place au coeur de la révolution industrielle de l’IA”, a commenté Jensen Huang.Le communiqué mentionne également une collaboration avec le groupe LG “pour favoriser le développement de la technologie d’IA physique”.Cette annonce intervient alors que les plus grands patrons de la tech, dont Jensen Huang, sont réunis cette semaine en Corée du Sud, en marge d’un sommet des dirigeants des pays de l’Asie-Pacifique (APEC).Les commandes massives de microprocesseurs de pointe qui alimentent les systèmes d’IA ont fait de Nvidia la plus grande entreprise mondiale en termes de capitalisation boursière: elle a franchi mercredi le cap symbolique des 5.000 milliards de dollars.Certains experts s’inquiètent toutefois du risque d’explosion d’une possible “bulle de l’IA” sur les marchés boursiers et s’interrogent sur la durabilité de la demande.La menace de nouvelles taxes douanières sur les puces importées aux Etats-Unis, brandies par le président américain Donald Trump, assombrit également les perspectives du secteur.Par ailleurs, Nvidia se retrouve pris dans un bras de fer géopolitique entre les Etats-Unis et la Chine, qui se livrent une véritable course au développement de l’IA de pointe. Washington restreint ainsi l’exportation des puces haut de gamme de Nvidia (dont les Blackwell) vers la Chine pour des raisons de sécurité nationale, tandis que Pékin a tourné le dos à l’entreprise, privilégiant le développement de sa propre industrie des semi-conducteurs.De quoi faire de la Corée du Sud un marché d’autant plus précieux aux yeux de Nvidia pour ses ventes de puces.

Zucman, patrimoine et retraites, “journée majeure” vendredi à l’Assemblée

Deux gros morceaux pour le prix d’un: les députés débattent vendredi dans l’hémicycle de taxation du patrimoine, sur fond d’ultimatum du PS pour davantage de “justice fiscale”, et une partie des parlementaires doivent se prononcer en commission sur la suspension de la réforme des retraites, autre clé d’une non-censure.Dès 9H00, les députés rouvriront les débats sur le projet de budget de l’Etat, avec la question sensible de la fiscalité du patrimoine et la désormais fameuse taxe Zucman, après avoir approuvé ces derniers jours plusieurs taxes sur les grandes entreprises ou les géants des technologies.Signe de l’importance du moment, le Premier ministre Sébastien Lecornu devrait se rendre à l’Assemblée dans la journée pour participer aux débats, selon son entourage, alors que le PS menace de censurer en cas de refus du gouvernement d’imposer les hauts patrimoines.”La journée est majeure”, souligne un ministre.Au menu notamment, une taxe proposée par le gouvernement sur certaines holdings, des sociétés qui détiennent des participations dans d’autres entreprises, et qui fait débat dans son propre camp.Puis viendront des propositions de tous bords. Le Rassemblement national et le MoDem proposeront par exemple leurs versions d’un impôt sur la fortune. La gauche défendra entre autres l’instauration de la taxe de l’économiste Gabriel Zucman, impôt minimum de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros.- “Troisième voie” -Les socialistes proposeront en sus leur version de compromis au camp gouvernemental: 3% à partir de 10 millions d’euros, mais en excluant les entreprises innovantes et familiales.Philippe Brun (PS), négociateur pour son groupe sur le budget, estime son rendement à “15 milliards”, une estimation nettement rehaussée pour cette Zucman bis par rapport à de précédents calculs.Mais elle peine à convaincre le reste de la gauche. “On n’a jamais été contre voter des amendements de repli” mais “c’est une taxe passoire”, estime Eric Coquerel, président LFI de la commission des Finances.Et l’horizon paraît bouché face à une levée de boucliers au centre et au RN.”On est contre toutes les versions”, assume Sylvain Maillard (Renaissance). Zucman, c’est “non, ni light ni hard ni rien du tout”, a martelé Marine Le Pen, patronne du RN. Quant à Sébastien Lecornu, il a estimé jeudi qu'”il ne faudrait pas que des impôts improvisés créent des faillites certaines” d’entreprises. De quoi susciter le pessimisme : “Zucman ça passe pas, l’amendement (de repli) non plus”, pensent séparément deux députés PS.Pour autant, certains imaginent en cas d’échec un autre chemin, comme un amendement du gouvernement lors de la séance qui viendrait réconcilier plusieurs camps.”Si cela rapporte autant que la taxe Zucman, nous le regardons”, a affirmé jeudi le patron des députés PS Boris Vallaud. S’il y a une “troisième voie, au gouvernement de la proposer”.  – Suspense sur les retraites ? -Dans l’ombre de l’hémicycle, la commission des Affaires sociales examinera toute la journée le budget de la Sécurité sociale. Les enjeux sont moindres puisque les députés repartiront dans l’hémicycle, la semaine prochaine, de la copie initiale du gouvernement.Plusieurs points chauds seront abordés: gel des prestations sociales, montant prévu des dépenses de l’Assurance maladie, etc… Mais le vote attendu sera celui sur la suspension de la réforme des retraites, autre condition de la non-censure du PS à laquelle le Premier ministre a consenti.S’il existe une majorité à l’Assemblée pour abroger purement et simplement la réforme, le sort de cet article en commission est incertain.LR et Horizons (le parti d’Edouard Philippe) proposeront sa suppression, et pourraient être soutenus par des macronistes. Le RN devrait voter pour selon une source au groupe, tout comme les socialistes.Mais les Insoumis ne voteront pas l’article en commission, simple “report de la hausse de l’âge légal de départ”, argue Hadrien Clouet. Les écologistes l’envisagent aussi et décideront vendredi: “Hélas Macron a raison, c’est un décalage et non pas une suspension, qui quelque part entérine les 64 ans”, souligne Danielle Simonnet.

Wall Street recule sous le poids des valeurs technologiques

La Bourse de New York a clôturé en baisse jeudi, les résultats de plusieurs géants technologiques et les perspectives de dépenses massives pour le développement de l’intelligence artificielle (IA) ayant mis un coup de frein à l’optimisme des investisseurs.Le Dow Jones a perdu 0,23%, l’indice Nasdaq a lâché 1,57% et l’indice élargi S&P 500 s’est contracté de 0,99%.”La faiblesse observée chez Meta et Microsoft a servi de signal pour tempérer quelque peu l’enthousiasme autour de l’IA”, commente auprès de l’AFP Patrick O’Hare, de Briefing.com.Les deux grands groupes américains ont publié mercredi soir des résultats mal accueillis par les investisseurs.Meta, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp, a été le plus durement touché, avec un titre qui a dégringolé de 11,33% à 666,47 dollars jeudi, soit plus de 200 milliards de dollars de capitalisation boursière partis en fumée.Microsoft a lui perdu 2,92% à 525,76 dollars.”Il ne s’agit en aucun cas d’un effondrement du secteur, (…) mais plutôt d’une période de prise de bénéfices attendue depuis longtemps pour un groupe (de valeurs, ndlr) qui a connu une croissance fulgurante”, note Patrick O’Hare.Les géants technologiques sont engagés dans une course à l’IA pour laquelle ils sont prêts à dépenser chaque année des sommes de plus en plus imposantes, se rapprochant désormais des 100 milliards de dollars.Le marché “craint de plus en plus qu’il faille attendre un certain temps avant que ces entreprises ne voient le retour sur ces investissements considérables”, relève Patrick O’Hare.Sur le plan commercial, les investisseurs ne se sont pas montrés particulièrement enthousiastes par l’entrevue entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping.Certes, “les grandes lignes de l’accord conclu étaient largement conformes aux attentes”, estime M. O’Hare.Mais selon lui, “l’incertitude persiste quant à l’évolution de cette relation, car les deux parties, les États-Unis et la Chine, ont montré qu’elles étaient prêtes” à reprendre leur guerre commerciale “lorsqu’elles le jugeaient nécessaire”.Enfin, les acteurs du marché ont vu leur optimisme quelque peu tempéré par les propos du président de la Réserve fédérale (Fed) Jerome Powell, qui a estimé mercredi qu’une détente monétaire en décembre était “loin” d’être acquise.L’institution a abaissé ses taux mercredi pour la deuxième fois d’affilée.Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’État américain se tendait encore, évoluant autour de 4,09% contre 4,06% mercredi en clôture.Côté entreprises, le site de ventes en ligne eBay (-15,88% à 83,73 dollars) a trébuché, ne parvenant pas à satisfaire les investisseurs avec ses prévisions pour le trimestre à venir. Les résultats du trimestre écoulé, de juillet à septembre, sont pourtant ressortis au-dessus des attentes, aussi bien au niveau du bénéfice net par action que du chiffre d’affaires.Le laboratoire Moderna (+13,93% à 28,14 dollars) a profité d’informations de presse évoquant un possible rachat par un grand groupe pharmaceutique.La biotech américaine Metsera, spécialisée dans les traitements contre l’obésité s’est envolée (+22,06% à 63,73 dollars) après que le laboratoire danois Novo Nordisk a annoncé jeudi soumettre une offre de rachat d’au moins 6 milliards de dollars.La chaîne de restauration rapide d’inspiration mexicaine Chipotle Mexican Grill (-18,18% à 32,53 dollars) a souffert de ses prévisions, s’attendant à ce que ses ventes pour l’année complète – à périmètre comparable – soient en baisse par rapport à 2024, en raison d’une affluence moindre dans ses établissements.

Casino veut avoir réglé son problème de dette d’ici mi-2026

Le groupe Casino, endetté à hauteur de 1,4 milliard d’euros, veut renforcer sa structure financière d’ici mi-2026, près d’un an avant l’échéance de la dette en mars 2027, et dit notamment vouloir augmenter ses fonds propres.”Le groupe annonce lancer les travaux en vue de l’adaptation et du renforcement de sa structure financière”, a annoncé jeudi Casino dans un communiqué, diffusé après la publication de ses résultats trimestriels.Sa dette s’élevait à 1,4 milliard d’euros au 30 juin, contre 6,2 milliards fin 2023.Le groupe aux sept marques (Casino, Monoprix, Franprix, Naturalia, Vival, Spar et CDiscount) “entend avoir mené à bien ces travaux d’ici à la fin du second trimestre 2026”, et veut notamment “renforcer ses fonds propres”.Il ne mentionne toutefois pas les 500 millions d’euros que l’actionnaire principal du groupe, le  milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, s’apprêterait à réinjecter, selon une information récemment publiée par La Lettre.Celui-ci souhaiterait ainsi convaincre les créanciers d’alléger la dette du même montant. Ni Casino ni l’entourage de Daniel Kretinsky n’avaient fait de commentaire.”On est vraiment au tout début”, a précisé lors d’une conférence téléphonique Philippe Palazzi, directeur général du groupe, “nous lançons les travaux au niveau du groupe et nous allons travailler avec nos créanciers dans une deuxième étape”.Le groupe était en effet passé sous le contrôle de Daniel Kretinsky en 2024, après des années de pertes et de surendettement qui l’ont conduit à se séparer de l’intégralité des activités en grandes surfaces.Il a fermé ou vendu des centaines de magasins depuis fin 2023, dont 1.052 entre le 30 septembre 2024 et le 30 septembre 2025.De 2005 à 2024, le précédent PDG, originaire de Saint-Etienne, Jean-Charles Naouri, avait mené de multiples acquisitions, souvent financées par la dette. Face aux difficultés, il avait dû démissionner, sans indemnité de départ.- “Dynamique de croissance” -Début octobre, Jean-Charles Naouri a été jugé devant le tribunal correctionnel de Paris, soupçonné d’avoir manœuvré pour maintenir artificiellement le prix de l’action de son entreprise en 2018 et 2019, ce qu’il conteste.Le tribunal rendra sa décision le 29 janvier.Quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis ainsi que 2 millions d’euros d’amende ont été requis à son encontre, et 75 millions d’euros d’amende contre la société Casino en tant que personne morale.Le groupe rappelle, dans son communiqué jeudi, qu’il “conteste” cette condamnation, et précise d’ailleurs n’avoir enregistré “aucune provision” à ce titre.Casino, qui espère pouvoir tourner la page pour de bon, a publié jeudi un chiffre d’affaires en hausse de 0,5% au troisième trimestre sur un an, à nombre de magasins comparable.C’est la deuxième fois d’affilée seulement depuis le changement de direction, que les ventes grimpent.”Les choix stratégiques, commerciaux et opérationnels que nous avons faits sont les bons depuis le début de l’année, une dynamique de croissance place le groupe sur le chemin du redressement”, estime Philippe Palazzi.Cependant, par rapport au chiffre d’affaires publié l’an dernier à la même époque pour l’ensemble des magasins que comptait alors le groupe, les ventes baissent de 3,2%.Sur l’ensemble des neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires est en recul de 2,9% par rapport aux neuf premiers mois de 2024, mais en croissance de 0,6% à périmètre comparable.Le groupe a par ailleurs annoncé une amélioration de sa rentabilité, et maintenu son objectif de retour à l’équilibre du flux de trésorerie libre en 2026.Le bénéfice brut d’exploitation (Ebitda) ajusté, un indicateur de rentabilité, s’établit à 456 millions d’euros (+13%) sur les 9 mois de 2025, portant le taux de marge à 7,5%.

Lecornu veut 130 millions pour les maisons France Santé en 2026

Le Premier ministre Sébastien Lecornu veut consacrer 130 millions d’euros dans le budget de la Sécurité sociale aux futures maisons France Santé, qu’il veut développer sur le territoire pour faire face à la désertification médicale.”On va modifier le projet de loi de finances pour la Sécurité sociale avec une somme de 130 millions d’euros” pour les maisons France Santé, a déclaré jeudi M. Lecornu à l’occasion d’un déplacement à Carentan, dans la Manche.M. Lecornu avait annoncé le lancement de ces maisons France Santé lors de son premier déplacement en tant que chef du gouvernement à Mâcon, mais sans apporter jusque-là beaucoup de détails sur son projet.Les maisons France santé seront des structures déjà existantes comme des maisons de santé (animées par des médecins libéraux) ou des centres de santé (où des médecins salariés exercent) qui recevront chacune un “forfait de 50.000 euros”, a expliqué à Carentan M. Lecornu.Selon une source gouvernementale, pour avoir le label France Santé devront satisfaire “au moins quatre critères essentiels”: présence garantie d’un médecin et d’une infirmière, pas de dépassement, ouverture au moins cinq jours par semaine et recevoir des patients envoyé par le 15/service d’accès aux soins.”Les 50.000 euros pourront être employés pour venir protéger” les structures, “faire des travaux, embaucher une secrétaire médicale, pour venir accompagner l’arrivée d’un nouveau soignant, d’un kiné…”, a-t-il indiqué M. Lecornu.”Parfois ce sont des pharmacies qui constitueront la maison France santé parce que dans certains territoires ruraux, de toute façon, la seule présence que vous avez, c’est la pharmacie” a-t-il poursuivi.”Je souhaite qu’on ait globalement 15 à 20 maisons France santé qui soient agréées d’ici à Noël par département” puis “on doit avoir une montée en puissance très rapide pour atteindre les 2.000 maisons”, a-t-il indiqué.De source gouvernementale, l’objectif est d’atteindre les 2.000 “d’ici l’été 2026” et 5.000 “d’ici 2027”.  Le Premier ministre s’est déclaré favorable par ailleurs à ce que la discussion parlementaire “desserre un tout petit peu la pression sur les économies” en ce qui concerne les hôpitaux.Le texte actuel, préparé par l’ancien gouvernement de François Bayrou, prévoit que les dépenses de l’hôpital (public et privé) augmentent de 2,4%, un montant jugé largement insuffisant par la fédération des hopitaux publics (FHF). Elle estime qu’il entrainera en réalité pour eux la “plus forte baisse tarifaire” depuis une vingtaine d’années.M. Lecornu a également défendu le principe du doublement des franchises médicales, recalé mercredi en commission des Affaires sociales à l’Assemblée.Mais il a indiqué que le gouvernement n’était pas hostile à élargir le nombre de personnes qui ne paient pas ces franchises. Cette exemption concerne aujourd’hui, 18 millions de personnes (femmes enceintes, mineurs, titulaires de la complémentaire solidaire…), et le gouvernement “est ouvert” à “rehausser” éventuellement ce seuil, selon le Premier ministre.

La “réindustrialisation” de la France donne encore des signes d’essoufflement

La relance de l’activité industrielle en France, érigée au rang de priorité par le gouvernement après des décennies de déclin, a continué de ralentir au premier semestre 2025, selon un baromètre publié jeudi par la direction générale des entreprises (DGE), un service du ministère de l’Economie.Tout juste en territoire positif: le solde net entre ouvertures et agrandissements de sites industriels d’une part, et fermetures et réductions d’effectifs d’autre part, ressort à +9 sur les six premiers mois de 2025, selon les données du baromètre industriel lancé en 2022.Les différents gouvernements des deux mandats d’Emmanuel Macron ont voulu impulser un mouvement de “réindustrialisation” du pays, alors que le secteur est en déclin depuis les années 1970.L’activité industrielle flirte aujourd’hui avec les 10% du produit intérieur brut (PIB), contre 17% en 1995. Le mouvement est le même à l’échelle européenne, mais il est particulièrement marqué en France.Or, “après des tendances très positives observées en 2022 et 2023”, 2024 a enregistré “un ralentissement de la dynamique de réindustrialisation”, a indiqué le service de Bercy dans un communiqué jeudi.Ce ralentissement s’est poursuivi en début d’année.”Au premier semestre 2025, la France continue d’ouvrir et d’agrandir plus d’usines qu’elle n’en ferme ou n’en réduit, mais le ralentissement se poursuit avec un solde net d’ouvertures et d’extensions de +9, une baisse notable” par rapport à la 2e partie d’année 2024 (+48)”, dit encore Bercy.En 2024, ce baromètre avait recensé un solde net de -6 usines, qui passait en positif si on y ajoutait les transformations significatives de sites industriels existants, à +88 sites. Ce dernier indicateur était toutefois moitié moins important qu’en 2023.- “Désindustrialisation massive” -“On s’est fixé un cap qui est très clair: maintenir l’industrie dans ce pays et aussi aller se battre auprès de l’Union européenne, parce qu’il est temps de sortir de la naïveté sur un certain nombre de sujets, et notamment la concurrence internationale asiatique”, a déclaré le ministre en charge de l’Industrie, Sébastien Martin, sur BFM Business.La tendance confirme celle mise en évidence par un indicateur plus ancien, mené par le cabinet spécialisé Trendeo. Les chiffres du premier semestre 2025 ont été publiés début octobre, et le solde entre ouvertures et fermetures d’usines est “en négatif depuis le deuxième semestre 2024″, avec 25 usines perdues au premier semestre 2025.En comptant les agrandissements/réductions, il est lui aussi toujours faiblement positif.”La fragilité de la situation actuelle vient du fait que les filières qui étaient censées représenter le renouvellement du tissu industriel (véhicule électrique, énergies nouvelles) sont elles aussi concurrencées, fortement, tandis que la pression sur les industries plus traditionnelles ne s’est pas réduite”, analyse Trendeo, qui pointe aussi le rôle de l’incertitude politique, alors que l’activité industrielle nécessite une bonne visibilité sur le long terme.La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a pour sa part évoqué jeudi sur RTL “un moment de désindustrialisation massive” avec “plus de 300.000 emplois menacés”.Le syndicat a selon elle recensé 444 plans sociaux en France depuis les élections européennes de juin 2024, dont 325 fermetures de sites industriels. “C’est un recensement très partiel. Il nous en manque énormément, c’est juste le petit bout de l’iceberg”, a-t-elle déclaré, appelant à une remise en cause de la politique de l’offre du gouvernement.

Le G7 lancera une “alliance” pour contrer la domination de la Chine sur les minéraux critiques

Les ministres de l’Énergie du G7 ont annoncé jeudi au Canada le lancement d’une “alliance” pour contrer la mainmise chinoise sur les minéraux critiques, afin de garantir un accès plus fiable à ces ressources indispensables aux technologies du futur.Cette réunion de deux jours des sept pays s’est ouverte à Toronto quelques heures après la signature d’un accord entre le président des Etats-Unis Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping sur l’approvisionnement en terres rares, utilisées dans nombre de produits, des panneaux solaires aux missiles de précision.”Un bon signe”, selon la ministre allemande de l’Économie et de l’Énergie Katherina Reiche, qui a souligné devant la presse à Toronto la dépendance de son pays aux exportations chinoises de minéraux critiques.”Nous devons diversifier nos routes d’importations sur les matériaux bruts”, a-t-elle ajouté.C’est avec en tête la domination croissante de la Chine sur le raffinage et la transformation des terres rares que les chefs d’Etat et de gouvernement du G7 avaient d’ailleurs lancé, en marge de leur sommet au Canada en juin, un “Plan d’action sur les minéraux critiques”.Ce plan va se formaliser à Toronto avec la création de “l’Alliance sur la production de minéraux critiques”, a annoncé jeudi le ministre canadien de l’Énergie Tom Hodgson.Cette entente visera à “établir des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques transparentes, démocratiques et durables à l’échelle du G7”, a dit M. Hodgson.Dans le cadre, la Grande-Bretagne, le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon et les Etats-Unis vont mobiliser des investissements privés afin d’augmenter la production de minéraux critiques en contournant la Chine, et ainsi réduire son influence sur les marchés.- “Redistribuer le pouvoir” -Pour le responsable de la division des minéraux critiques à l’Agence internationale de l’énergie, Tae-Yoon Kim, la réunion de Toronto offre “une opportunité majeure (…) pour commencer à redistribuer le pouvoir sur le marché”.”La forte concentration du raffinage des minéraux critiques dans un seul pays (la Chine, ndlr) crée des risques économiques et de sécurité nationale”, explique-t-il à l’AFP.Car si de nombreux pays possèdent d’importantes réserves minérales, la Chine domine grâce à sa capacité de traitement et de raffinage, notamment des terres rares, utilisées dans un grand nombre d’appareils du quotidien et de haute technologie.Et comme une grande partie des minéraux passe par des entreprises contrôlées par la Chine, Pékin peut consolider ses réserves et contrôler l’offre mondiale.”Nous faisons face depuis des années à un concurrent qui a systématiquement faussé les marchés, utilisé des subventions industrielles, créé des surcapacités et sapé le commerce équitable”, estime Abigail Hunter, directrice du Center for Critical Minerals Strategy, groupe de réflexion basé à Washington.Pour Mme Hunter, les membres du G7 ont des priorités divergentes en matière de politique énergétique, notamment en terme de transition vers les énergies propres, et les politiques commerciales protectionnistes de Donald Trump, qui ont provoqué des bouleversements économiques mondiaux, pourraient fragiliser leur unité sur les minéraux critiques.Mais ils partagent une inquiétude commune à propos de la “sécurité de l’approvisionnement”, assure cette analyste, alors que la Chine impose des contrôles d’exportation plus stricts sur les terres rares.Selon elle, une réelle avancée à Toronto passera par des mesures concrètes sur la traçabilité et la transparence, afin notamment de réduire l’empreinte sur le marché mondial de sociétés “opaques” contrôlées par la Chine et présentes sur toute la chaîne d’approvisionnement.”La fenêtre d’opportunité pour régler ce problème est encore ouverte mais elle est très, très petite”, prévient Abigail Hunter, qui presse les pays du G7 d’agir rapidement.

La Bourse de Paris termine en baisse après une salve de résultats d’entreprises

La Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,53% jeudi, à l’issue d’une séance principalement marquée par la publication des résultats d’entreprises pour le troisième trimestre.L’indice vedette CAC 40 a cédé 43,59 points, à 8.157,29 points à la clôture. Mercredi, il avait reculé de 0,19% à 8.200,88 points.A Wall Street comme en Europe, les variations des indices sont “très liées à la période de résultats et à leur composition”, commente David Kruk, responsable du trading de La Financière de l’Échiquier.Aux Etats-Unis, les mastodontes du secteur technologique dominent la cote, après la publication des résultats de Meta, Alphabet et Microsoft et avant ceux des groupes Apple et Amazon attendus après la clôture des marchés américains.En France, la séance a quant à elle été rythmée par les publications des banques, dont les résultats “volent de record en record”, commente Guillaume Larmaraud, associé chez Colombus Consulting.Dans ce contexte, des prises de bénéfices lors de la saison des résultats sont “naturelles”, estime le porte-parole de la Financière de l’Échiquier.A la cote parisienne, Crédit Agricole a reculé de 4,80% à 15,49 euros, en dépit d’un bénéfice net en hausse de 11,4% au troisième trimestre, à 2,32 milliards d’euros.Société Générale a quant à elle cédé 3,57% à 53,00 euros après avoir vu son bénéfice net augmenter de 11,3% au troisième trimestre à 1,5 milliard d’euros.Outre le secteur bancaire, le constructeur automobile Stellantis a été la lanterne rouge du CAC 40, avec une chute de 8,75% à 8,85 euros après avoir annoncé prévoir “d’engager des charges supplémentaires au second semestre 2025” pour répondre aux “développements réglementaires, géopolitiques, macroéconomiques”.Stellantis, le géant aux 14 marques qui vient de traverser plusieurs trimestres difficiles, a réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 13% au troisième trimestre et a fait état de progrès “encourageants”, notamment aux Etats-Unis.Le groupe de luxe Kering, dont le cours a gagné plus de 30% depuis le début de l’année, a cédé 3,94% jeudi, à 313,05 euros, après la révision à la baisse d’une recommandation de la société Bernstein sur le titre.L’avionneur Airbus s’octroie la plus forte progression (+2,06% à 212,70 euros l’action) après avoir publié un bénéfice net au troisième trimestre en hausse de 14%, à 1,1 milliard d’euros, grâce notamment aux solides performances des branches défense et hélicoptères.

Stellantis commence à redresser ses ventes mais la Bourse s’inquiète de charges à venir

Stellantis, qui vient de traverser plusieurs mois difficiles, a annoncé jeudi une hausse de son chiffre d’affaires trimestriel et fait état de progrès “encourageants”, mais son titre a plongé à la Bourse de Paris en raison de charges supplémentaires à venir.Le géant automobile aux 14 marques a réalisé un chiffre d’affaires de 37,2 milliards d’euros au troisième trimestre, en hausse de 13%, porté par la croissance dans quasiment toutes ses régions, dont l’Amérique du Nord, à l’exception de l’Amérique du Sud.”Tandis que nous continuons de mettre en place des changements stratégiques importants afin de fournir à nos clients plus de choix, nous voyons des progrès” sur le trimestre par rapport au précédent et par rapport à la même période l’année dernière, ce qui est “encourageant”, a souligné Stellantis, numéro deux européen derrière Volkswagen.Le groupe confirme tabler sur “une amélioration continue” du chiffre d’affaires, du résultat d’exploitation ajusté et du flux de trésorerie disponible au 2e semestre par rapport au 1er.Mais il prévoit aussi “d’engager des charges supplémentaires au second semestre 2025” car “nous continuons à apporter des changements importants et nécessaires à nos plans stratégiques et de produits” pour répondre aux “développements réglementaires, géopolitiques, macroéconomiques” et autres. Il a également “entamé une révision de (son) processus d’estimation des garanties, qui devrait entraîner des changements dans les estimations et des charges non récurrentes au 2ème semestre 2025″.- Action plombée à la Bourse -Ces annonces ont plombé l’action du groupe. Après avoir chuté jusqu’à 10% à Paris, elle a finalement clôturé jeudi en baisse de 8,75% à 8,85 euros. Depuis le début de l’année, le cours de l’action a fondu de plus de 30%.”Compte tenu de ces incertitudes, nous estimons qu’il est encore trop tôt pour valider une véritable trajectoire de reprise pour le constructeur”, écrivent les analystes de la banque Oddo BHF dans une note.Geste inhabituel, le groupe a envoyé un message supplémentaire en début d’après-midi. Le patron du groupe, Antonio Filosa, y déclare: “Vous pouvez voir au 3e trimestre que nous avons continué et accéléré les actions entreprises à partir de janvier pour corriger les décisions stratégiques et opérationnelles du passé”.”Nous avons changé rapidement notre structure organisationnelle pour restaurer une proximité avec nos clients, concessionnaires et fournisseurs” et “nous avons renoué avec nos gouvernements et les régulateurs”, écrit l’Italien, nommé à la tête du groupe en juin, six mois après le départ forcé de son prédécesseur, Carlos Tavares.”Nous avons pris d’importantes décisions”, sur les produits ou les investissements, “qui ont restauré la liberté de choisir au coeur de notre stratégie”, conclut-il.- Relance aux Etats-Unis -Les livraisons de véhicules ont progressé de 13% au 3e trimestre, à 1,3 million d’unités, avait indiqué dans son premier communiqué Stellantis, né de la fusion en 2021 de Peugeot, Fiat et Chrysler.”A la fin du 3e trimestre, six des dix nouveaux véhicules prévus pour 2025 ont été lancés avec succès” et d’autres lancements au 4e trimestre “permettront de réintroduire plusieurs modèles de grande diffusion”, indique le groupe. Qui voit plusieurs signaux commerciaux “encourageants” aux Etats-Unis et en Europe au 3e trimestre, grâce aux lancements de nouveaux modèles.Aux Etats-Unis, quelques modèles symboliques illustrent la relance du groupe franco-italo-américain, comme le pick-up Ram 1.500 qui revient en version d’entrée de gamme. Les RAM sont de gros pick-ups qui génèrent la moitié des profits de Stellantis aux Etats-Unis.La part de marché du constructeur dans ce pays (avec ses Jeep, RAM, Dodge, Chrysler) a atteint 8,7% en septembre, la plus élevée depuis 15 mois.Stellantis avait annoncé mi-octobre un projet d’investissement de 13 milliards de dollars sur quatre ans aux Etats-Unis, pour y augmenter de 50% sa production par rapport à aujourd’hui. Les Etats-Unis représentent, historiquement, son centre de profit le plus important, mais le groupe y a vu ses parts de marché s’effriter.