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Budget de la Sécu: l’Assemblée entame des débats clivants sur les dépenses, en attendant la réforme des retraites

Les députés ont poursuivi samedi soir l’examen du budget de la Sécurité sociale, après avoir adopté dans un scrutin à suspense sa partie “recettes”, et ont ouvert le chapitre des “dépenses” avec à l’horizon mercredi la suspension de la réforme des retraites.Les débats dureront jusqu’à mercredi, mais seront interrompus par deux journées de relâche en raison de l’Armistice du 11-Novembre. Et les parlementaires devront adopter un rythme soutenu, s’ils ne veulent pas dépasser les délais constitutionnels – ce qui entraînerait l’envoi du texte au Sénat sans vote.L’article sur la suspension de la réforme de 2023, condition de la non-censure du gouvernement de Sébastien Lecornu pour les socialistes, sera examiné mercredi peu après 15H00, pour qu’un maximum de députés soient présents.Au bout d’un long suspense samedi, les députés ont adopté la partie “recettes”, expurgée de beaucoup de mesures d’économies prévues par le gouvernement, par 176 voix contre 161 (et 58 abstentions).L’enjeu était de taille: un rejet aurait coupé court aux débats, envoyant séance tenante le texte entier au Sénat dans sa version initiale.Malgré les appels du gouvernement à approuver ce volet, la division a contaminé son camp: les députés Renaissance et MoDem ont voté pour. Horizons (parti d’Edouard Philippe) s’est divisé entre pour et abstentions. LR s’est abstenu.Juste avant le vote, l’Assemblée a rétabli dans une nouvelle délibération un impôt de production (C3S) supprimé jeudi, pour éviter un trou de “cinq milliards” dans les caisses, selon la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin. Un casus belli pour le Rassemblement national – qui a alors voté contre l’ensemble de la partie “recettes” – estimant que la suppression de cet impôt était “la seule mesure qui aurait pu rééquilibrer la copie finale”.Quant aux Insoumis, ils ont assumé voter contre la politique du gouvernement.- Grands débats sur les dépenses -Le RN et LFI ont fait “le jeu du pire”, a critiqué le premier secrétaire du PS Olivier Faure, alors que les députés socialistes ont voté pour, invoquant la nécessité de “poursuivre” le débat. La gauche s’est globalement désunie: écologistes et communistes se sont divisés entre pour, contre et abstentions.Seule LFI “a mené le combat à gauche”, a fustigé le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon.Les oppositions, et une partie du camp gouvernemental, peuvent encore se targuer d’avoir modifié la copie cette année: exit la surtaxe sur les mutuelles, la cotisation patronale sur les tickets-restaurants ou la fin d’une exonération sur les salaires des apprentis.La gauche a aussi fait adopter des amendements pour une hausse de la CSG sur les revenus du patrimoine (2,8 milliards de recettes estimées). Les sujets clivants ne manqueront pas dans la partie “dépenses”. Dès l’entame de son examen samedi soir, l’Assemblée a supprimé l’élargissement prévu des participations forfaitaires et franchises aux consultations chez le dentiste, et aux dispositifs médicaux.Un débat qui en cache un autre encore plus vif: le doublement par décret, en dehors du budget de la Sécu, des franchises médicales, pour récupérer 2,3 milliards d’euros. Une large partie de l’Assemblée pressant le gouvernement de renoncer à une mesure qui pèserait sur les patients.Samedi, ils ont également supprimé un article posant un base légale pour une obligation vaccinale contre la grippe pour les résidents en Ehpad et certains soignants.Ils avaient toutefois validé une autre mesure du gouvernement, visant à créer un panier de soins pour les patients susceptibles de développer des affections longues durée (ALD), au titre d’une meilleure “prévention”. Une partie de la gauche, notamment LFI, y est opposée, estimant qu’il s’agit d’une manière de faire sortir certains patients du périmètre actuel des ALD pour faire des économies.Le projet de budget prévoyait des économies importantes pour arriver à 17,5 milliards d’euros de déficit en 2026 (contre 23 milliards en 2025). Et malgré les concessions, le déficit ne devra pas être “supérieur à 20 milliards d’euros”, a martelé mercredi Amélie de Montchalin.Le rapporteur général du budget Thibault Bazin s’est inquiété des votes sur les “recettes” qui font grimper à ce stade le déficit à “20,6 milliards”. Sans compter d’éventuelles concessions gouvernementales dans les dépenses, comme le renoncement à l’inflammable proposition de gel des retraites et minima sociaux.

Budget de la Sécu: l’Assemblée adopte à une courte majorité les “recettes”, les débats continuent

Une première étape franchie à l’Assemblée pour le budget de la Sécurité sociale: les députés ont adopté sur un fil samedi sa partie “recettes”, largement remaniée. L’examen du texte peut donc se poursuivre sur la partie “dépenses”, qui comprend l’article-phare suspendant la réforme des retraites.Les débats dureront jusqu’à mercredi, mais seront interrompus par deux journées de relâche en raison de l’Armistice du 11-Novembre. Et les parlementaires devront adopter un rythme soutenu, s’ils ne veulent pas dépasser les délais constitutionnels, ce qui entraînerait l’envoi du texte au Sénat sans vote.L’article sur la suspension de la réforme de 2023, condition de la non-censure du gouvernement de Sébastien Lecornu pour les socialistes, sera examiné mercredi peu après 15H00, le gouvernement ayant réservé ce créneau pour éviter le risque d’un débat nocturne le week-end.Au bout d’un long suspense samedi les députés ont adopté la partie “recettes”, expurgée de beaucoup de mesures d’économies prévues par le gouvernement, par 176 voix contre 161 (et 58 abstentions).L’enjeu était de taille: un rejet aurait coupé court aux débats, envoyant séance tenante le texte entier au Sénat dans sa version initiale.Malgré les appels du gouvernement à approuver ce volet, la division a contaminé son camp : les députés Renaissance et MoDem ont voté pour. Horizons (parti d’Edouard Philippe) s’est divisé entre pour et abstentions. LR s’est abstenu.Juste avant le vote, l’Assemblée a rétabli dans une nouvelle délibération un impôt de production (C3S) supprimé jeudi, pour éviter un trou de “cinq milliards” dans les caisses, selon Amélie de Montchalin. Un casus belli pour le Rassemblement national – qui a du coup voté contre l’ensemble de la partie “recettes” –  estimant que la suppression de cet impôt était “la seule mesure qui aurait pu rééquilibrer la copie finale”.- Divisions à gauche et au centre -Quant aux Insoumis, ils ont assumé voter contre: “nous ne sommes pas d’accord”, avec la politique du gouvernement, a lancé Hadrien Clouet.Le RN et LFI ont fait “le jeu du pire”, a critiqué le Premier secrétaire du PS Olivier Faure. Les députés socialistes ont presque unanimement validé cette partie du texte, “pour la poursuite du débat”, a assuré le groupe.La gauche s’est globalement désunie : les écologistes et communistes se sont divisés entre pour, contre et abstentions.Seule LFI “a mené le combat à gauche”, a fustigé le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, des socialistes rétorquant que toute la gauche avait voté la partie “recettes” du budget de l’an passé, à l’époque largement réécrite en leur faveur.Les oppositions, et une partie du camp gouvernemental, peuvent encore se targuer d’avoir modifié la copie cette année : exit la surtaxe sur les mutuelles, la cotisation patronale sur les tickets-restaurants ou la fin d’une exonération sur les salaires des apprentis.La gauche a aussi fait adopter des amendements pour une hausse de la CSG sur les revenus du patrimoine (2,8 milliards de recettes estimées). Le tout avec un avis favorable, quoique très froid, du gouvernement, afin que la mesure reste sur la table pour la suite de la navette parlementaire.Les sujets clivants ne manqueront pas dans la partie “dépenses”. Dès l’entame de son examen samedi soir, l’Assemblée a supprimé l’élargissement prévu des participations forfaitaires et franchises aux consultations chez le dentiste, et aux dispositifs médicaux.Un débat qui en cache un autre encore plus vif : le doublement par décret, en-dehors du budget de la Sécu, des franchises médicales, pour récupérer 2,3 milliards d’euros. Une large partie de l’Assemblée pressant le gouvernement de renoncer à une mesure qui pèserait sur les patients.”Plus que jamais, le gouvernement se tient à disposition des députés et sénateurs pour la suite des débats”, a réagi le Premier ministre Sébastien Lecornu après le vote de samedi.Plus d’impôts, moins de dépenses… Tous les groupes s’inquiètent de la façon dont sera réduit le déficit de la Sécu. Le projet de budget prévoyait 17,5 milliards d’euros de déficit en 2026 (contre 23 milliards en 2025).Le déficit ne devra pas être “supérieur à 20 milliards d’euros”, a insisté mercredi Amélie de Montchalin.Le rapporteur général du budget Thibault Bazin s’est inquiété des votes sur les “recettes” qui font grimper à ce stade le déficit à “20,6 milliards”. Sans compter d’éventuelles concessions gouvernementales dans les dépenses, comme le renoncement à l’inflammable proposition de gel des retraites et minima sociaux.

Des bijoux de plusieurs millions et une broche de Napoléon en vente à Genève

Des bijoux estimés à plusieurs dizaines de millions d’euros et une broche de Napoléon Bonaparte saisie à Waterloo vont être proposés aux enchères la semaine prochaine à l’occasion de la semaine du luxe à Genève.Une vente à suivre chez Sotheby’s, le 12 novembre, concernera une broche ornée de diamants ayant appartenu à Napoléon Bonaparte et récupérée par l’armée prussienne dans la plaine de Waterloo.Le bijou, estimé entre 130.000 et 220.000 euros, faisait partie des effets personnels que l’empereur avait dû abandonner dans sa fuite face aux soldats britanniques et prussiens à l’issue de la célèbre bataille. La broche circulaire, d’environ 45 mm de diamètre, présente en son centre un grand diamant ovale de 13,04 carats, entouré de près d’une centaine de diamants anciens taillés à la mine, de formes et de tailles variées, disposés sur deux rangées concentriques. Cette pièce unique fut créée pour Napoléon vers 1810, “probablement pour orner son bicorne lors d’occasions spéciales”, précise la maison de vente. Elle fut ensuite offerte parmi d’autres objets au roi de Prusse Frédéric-Guillaume III comme trophée de guerre le 21 juin 1815, trois jours seulement après la bataille de Waterloo.  – Un diamant bleu à 20 millions -Une autre vente très attendue concernera le “Mellon blue”, un diamant bleu vif de 9,51 carats, “d’une pureté exceptionnelle” monté sur une bague, annonce la maison Christie’s, estimant sa valeur à entre 20 et 30 millions de dollars.Cette pierre, alors montée en pendentif, a appartenu pendant des décennies à Rachel Lambert Mellon, plus célèbre sous le nom de Bunny Mellon (1910-2014), horticultrice, philanthrope et collectionneuse d’art américaine, notamment connue pour avoir réaménagé la roseraie de la Maison Blanche en 1961 à la demande du président John F. Kennedy.”Ce magnifique diamant bleu vif (…) compte parmi les plus beaux diamants de couleur jamais proposés aux enchères”, s’enthousiame Rahul Kadakia, directeur international du département Joaillerie chez Christie’s. “Je pense qu’elle pourrait bien pulvériser le record mondial du prix au carat pour un diamant bleu vendu aux enchères”, a estimé de son côté Tobias Kormind, directeur de “77 Diamonds”, plus grand joaillier en ligne de diamants d’Europe. Ce record, a-t-il précisé, est actuellement détenu par le Blue Moon of Josephine, vendu pour plus de 48 millions de dollars en 2015, soit 4,1 millions de dollars par carat.Chez Sotheby’s, la pièce maîtresse des ventes de la semaine prochaine sera “The Glowing Rose” ou “Rose éclatante”, un diamant rose vif de 10,08 carats aux coins arrondis et facettes larges.Nommé ainsi en raison de sa couleur rose lumineuse et pure, une caractéristique “extrêmement rare, car la plupart des diamants roses présentent des nuances secondaires”, selon Sotheby’s. Ce diamant estimé à environ 20 millions de dollars sera vendu le 12 novembre.La semaine sera aussi marquée par des ventes traditionnelles de montres prestigieuses, comme la Rolex Oyster, une des premières montres-bracelet étanches que portait la nageuse d’endurance Mercedes Gleitze (1900-1981), première Britannique à traverser la Manche à la nage.Elle sera vendue le 9 novembre, chez Sotheby’s, pour un prix estimé à plus de 1,1 million d’euros.

Dans le Lot, les traverses de chemin de fer deviennent moins polluantes

Dans l’usine de Bretenoux-Biars, dans le Lot, les traverses des voies ferrées sont immergées dans d’immenses cuves contenant un mélange d’huiles cuivrées, un procédé moins polluant qu’auparavant, qui permettra à terme leur recyclage.Ces poutres rectangulaires en bois d’environ 80 kg, placées sous les rails, assurent la stabilité et l’inclinaison des voies ferrées. Elles étaient jusqu’alors protégées des intempéries par une imprégnation à la créosote, substance cancérogène et hautement toxique, et devenaient des déchets dangereux une fois retirées.Devant l’usine flambant neuve, les traverses de bois s’empilent, séchées à l’air libre avant d’être traitées. L’huile cuivrée, désormais utilisée, est une substance “moins toxique” et “plus respectueuse de l’environnement” que la créosote, a assuré le PDG de SNCF Réseau Matthieu Chabanel devant les nouvelles installations.SNCF-Réseau vient d’investir 6,5 millions d’euros pour moderniser son usine du Lot et abandonner progressivement la créosote, dont l’odeur âcre imprègne encore l’air. Non loin des forêts du Lot, qui fournissent en partie le bois, Estelle Masclet, directrice des opérations à SNCF Réseau, explique que les traverses, ainsi traitées à l’huile cuivrée, ont une durée de vie d’environ 35 ans sur le réseau ferroviaire.- “Deuxième vie” -“Les traverses pourront avoir une deuxième vie après avoir assuré le maintien des circulations sur le réseau”, dit-elle à l’AFP. “On pourra les réutiliser pour des aménagements paysagers ou des soutiens de talus.”Chaque année, quelque 700.000 traverses en bois sont retirées du réseau en France. Puis, un processus “très réglementé” consiste “à les brûler dans des incinérateurs”, précise Matthieu Chabanel. Pour Marion Carrier, chercheuse en génie des matériaux, jointe par l’AFP, “que la SNCF s’éloigne de la créosote est une très bonne nouvelle”. Elle souligne toutefois que “le cuivre est un métal lourd dont le recyclage reste complexe”.La réglementation européenne prévoit l’interdiction totale de la créosote d’ici 2029. La France a banni son usage en 2019, octroyant seulement une dérogation pour ses traverses de chemin de fer et les poteaux électriques ou de télécommunications.Le traitement étant essentiel pour éviter la putréfaction du bois, l’entreprise en charge du réseau ferroviaire français cherchait depuis plusieurs années une alternative à la créosote. L’usine du Lot, inaugurée fin octobre, produit chaque année 300.000 traverses, soit l’essentiel de la production française, intégralement absorbée par SNCF Réseau. C’est l’une des principales en Europe dans le domaine. Le marché européen des traverses en bois représente 2 millions de pièces par an.- Filière du bois -Depuis les années 1970, les traverses en béton s’imposent progressivement en France, notamment sur les Lignes à grande vitesse (LGV), mais plus de 15% des traverses sont encore en bois, parce qu’elles sont plus légères et plus souples, un avantage sur les ponts, par exemple. “Et puis le bois, c’est aussi un matériau qui soutient toute une filière économique”, avance le PDG de SNCF Réseau.Le bois de chêne est coupé et séché plusieurs mois pour atteindre le bon taux d’humidité, puis percé, entaillé et finalement imbibé d’huiles cuivrées, dans l’infrastructure de Bretenoux-Biars.Avant que leur réutilisation ne soit bannie, les vieilles traverses de chemin de fer traitées à la créosote finissaient en meubles, en barrières de jardin, en plancher ou en feu de cheminée, mais cet emploi domestique s’est révélé dangereux et a été interdit il y a une quinzaine d’années par le gouvernement français. 

Le budget de la Sécu et son débat sur les retraites suspendus au vote sur les “recettes”

Le budget de la Sécurité sociale va-t-il poursuivre son chemin à l’Assemblée? Les députés doivent se prononcer, potentiellement samedi, sur sa partie “recettes” largement remaniée, et dont le rejet interromprait les débats avant même l’article-phare suspendant la réforme des retraites.Signe de l’importance du moment, le ministère des Relations avec le Parlement a appelé les députés à adopter cette partie du texte pour que le débat “se poursuive” sur les dépenses, avant un vote sur l’ensemble du texte prévu mercredi, plutôt que d’envoyer dès ce week-end tout le projet de loi initial au Sénat. Laconique, et s’exprimant depuis le Mexique, Emmanuel Macron a tout de même répété ses vœux de “stabilité” pour le pays, en misant sur “la responsabilité de chacun” dans l’examen de ce budget.La partie “dépenses” contient des “sujets de santé, de prévention, d’hôpital” et “la suspension de la réforme des retraites”, rappelle le ministère.Un message nécessairement adressé aux oppositions, mais qui peut aussi se lire comme un appel à la mobilisation de son propre camp, échaudé par certaines concessions à la gauche. “On est loyal à un gouvernement qui fait n’importe quoi”, s’est emporté anonymement cette semaine un député Renaissance.L’opportunité d’aborder tous les sujets pèse à gauche: “on ne votera pas contre la partie recettes, ne serait-ce que parce qu’on veut qu’il y ait le débat sur la réforme des retraites”, a expliqué à l’AFP Stéphane Peu, patron du groupe communiste, qui devrait s’abstenir.Renaud Labaye, secrétaire général du groupe RN, pense que tous les groupes ont “intérêt à ce qu’on aborde les dépenses” car “ce n’est pas bon de laisser entendre aux Français que quand on parle de budget on ne parle que de fiscalité”. Mais la décision sera actée par la patronne Marine Le Pen.Le gouvernement espérera nécessairement une abstention des socialistes plutôt qu’un vote contre, alors que le PS, qui a obtenu sous la menace d’une censure l’annonce d’une suspension de la réforme des retraites, a un intérêt objectif à ce que les débats aillent jusqu’à cet article crucial.- Quel déficit? -Les oppositions, mais aussi une partie du camp gouvernemental, peuvent aussi se targuer d’avoir largement réécrit la partie recettes: exit la surtaxe sur les mutuelles, la cotisation patronale sur les tickets-restaurants ou la fin d’une exonération sur les salaires des apprentis.Et la gauche a aussi fait adopter des amendements PS, LFI et communiste pour une hausse de CSG sur les revenus du patrimoine, et dégager 2,8 milliards de recettes en 2026. Le tout avec un avis favorable, quoique très froid, du gouvernement, qui n’a pas approuvé le dispositif mais veut qu’il reste sur la table pour la suite de la navette parlementaire.”C’est la seule chose, pour l’instant, qu’ils ont cédée. Si les choses ne changent pas (…) ce sera un vote contre”, estimait vendredi après-midi Hendrik Davi, du groupe écologiste, qui décidera samedi de sa position.”J’aurais bien aimé qu’il y ait un petit peu plus de recettes”, pointait aussi Jérôme Guedj (PS) vendredi, déçu du manque de soutien à certaines réductions d’exonérations patronales. “Il faut qu’on voit à la fin ce qu’il y a.”Plus d’impôts, moins de dépenses… Tous les groupes s’inquiètent à leur manière de la façon dont sera réduit le déficit de la Sécu. La copie du gouvernement prévoyait 17,5 milliards d’euros de déficit en 2026 (contre 23 milliards en 2025).Mais le feu nourri des parlementaires contre plusieurs mesures-phares, comme le gel des retraites et des minima sociaux auquel le gouvernement entend renoncer, éloigne l’objectif.”Il faudra nous assurer que, de manière absolue, le déficit de la sécurité sociale ne soit pas supérieur à 20 milliards d’euros”, a insisté mercredi la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.Une alerte perçue comme une marge de manœuvre par certains à gauche, qui considèrent que le gouvernement de Sébastien Lecornu est effectivement prêt à renoncer à certaines mesures d’économies.sac-parl/la/jmt/abl/jnd

Orban obtient de Trump une exemption des sanctions liées au pétrole russe

Donald Trump a accepté d’accorder à la Hongrie une dérogation aux sanctions américaines liées au pétrole russe, lors d’une rencontre vendredi avec le Premier ministre Viktor Orban, dont il a loué de manière appuyée la politique anti-immigration.”Les Etats-Unis ont accordé à la Hongrie une exemption illimitée des sanctions sur le pétrole et le gaz russes. Nous sommes reconnaissants de cette décision qui garantit la sécurité énergétique de la Hongrie”, a écrit sur X le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto.Le mois dernier, les Etats-Unis ont imposé des sanctions aux deux plus grands producteurs de pétrole russes – Rosneft et Lukoil – face au refus de la Russie de mettre fin à la guerre en Ukraine. Et ils ont réclamé aux pays comme la Hongrie de se “sevrer” des sources d’énergie russes.Or ce pays d’Europe centrale dépend fortement du pétrole russe.La dérogation accordée sera valable un an, a précisé un responsable de la Maison Blanche à l’AFP sous couvert d’anonymat, ajoutant que Budapest s’était engagée en contrepartie à acheter pour environ 600 millions de dollars de gaz naturel liquéfié américain.Le président américain avait dit “étudier” cette option, “parce qu’il est très difficile pour (Viktor Orban) d’obtenir le pétrole et le gaz d’autres régions. Comme vous le savez, il ne bénéficie pas d’un accès à la mer”.Rare dirigeant européen proche à la fois du président américain et du président russe, Viktor Orban n’a pas cherché à diversifier massivement ses importations depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.Les sanctions américaines le fragilisaient à quelques mois de la tenue d’élections législatives, que le leader nationaliste, au pouvoir depuis 2010, n’est pas sûr de remporter, selon les sondages. – “Respecter” Orban -Le dirigeant hongrois avait rendu visite trois fois l’année dernière à Donald Trump, à chaque fois dans sa résidence Mar-a-Lago, en Floride, dont deux fois avant la réélection du milliardaire.Les deux hommes ont à nouveau exposé leurs affinités idéologiques vendredi.Donald Trump a exhorté l’Union européenne à “respecter” la Hongrie et son Premier ministre, qui s’est plaint des sanctions financières imposées par l’UE sur Budapest pour ses politiques migratoires: “Il a eu raison sur l’immigration”, a insisté le républicain, jugeant que les Européens pourraient “s’inspirer” de son invité.Le président américain a lui-même mis en place une brutale politique anti-immigration depuis son retour à la Maison Blanche en janvier.Hostile à l’immigration et aux droits des personnes LGBT+, Viktor Orban affronte régulièrement les instances européennes sur des questions de respect de l’État de droit notamment.Il a appelé à lancer un “âge d’or” pour la relation entre les Etats-Unis et la Hongrie, reprenant l’une des expressions préférées de Donald Trump.”Nous sommes le seul gouvernement en Europe qui se considère comme un gouvernement chrétien moderne. Tous les autres sont progressistes, gauchistes”, selon lui.Il a aussi critiqué la politique de l’UE face à la guerre en Ukraine, assurant que “les seuls gouvernements favorables à la paix étaient les Etats-Unis et la petite Hongrie.”Viktor Orban a refusé d’envoyer une aide militaire à l’Ukraine et il s’est opposé, à l’Otan et à l’Union européenne, à une action plus ferme contre la Russie après son invasion militaire de l’Ukraine.L’administration américaine s’est par ailleurs engagée à fermer un média en langue hongroise financé par les États-Unis afin de soutenir le Premier ministre nationaliste.Donald Trump “a déjà prouvé qu’il était prêt à aider ses alliés idéologiques”, en particulier à l’approche d’élections, rappelle à l’AFP Daniel Hegedus, expert de l’Europe centrale et orientale auprès du German Marshall Fund.Washington a par exemple volé au secours financièrement du président argentin Javier Milei, un autre ardent partisan de Donald Trump.

Shein échappe pour l’heure à une suspension mais reste sous étroite surveillance

Shein échappe pour l’heure à une suspension en France après avoir supprimé de son site tous les produits illicites mais reste “sous surveillance rapprochée” du gouvernement et toujours sous le coup de procédures judiciaires.Les pouvoirs publics avaient donné mercredi 48h à la plateforme asiatique de vente en ligne pour se mettre en conformité avec la loi après la découverte sur son site de poupées sexuelles d’apparence enfantine et d’armes de catégorie A.Dans un communiqué vendredi, le gouvernement annonce avoir “obtenu la suppression par Shein de tous les produits illicites vendus sur sa plateforme”.Ce résultat découle de la décision de Shein de suspendre sa “marketplace” où sont proposées les produits de vendeurs tiers.La Répression des fraudes a constaté qu’il n’y avait “plus aucun produit illicite (objets à caractère pédopornographique, armes blanches, médicaments…etc.) en vente sur Shein”, selon le gouvernement, qui y voit une “victoire fondamentale” pour les consommateurs et l’ordre public.Mais Shein n’est pas sortie d’affaires. Un nouveau point de situation est prévu la semaine prochaine à la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui “confirme” sur X “le maintien des procédures judiciaires aux fins d’obtenir la suspension de la plateforme”. Le ministère de l’Intérieur a saisi vendredi le tribunal judiciaire de Paris pour “faire cesser les graves dommages à l’ordre public causés par les défaillances répétées de Shein”, dit le gouvernement.- “Nouvelles procédures” -En outre, le parquet de Paris a annoncé lundi avoir confié quatre enquêtes à l’Office des mineurs (Ofmin), sur quatre plateformes (Shein, AliExpress, Temu et Wish). Ces investigations portent sur la “diffusion de message violent, pornographique, ou contraire à la dignité accessible à un mineur”, mais aussi, pour Shein et AliExpress, sur la “diffusion de l’image ou la représentation d’un mineur présentant un caractère pornographique”.”Nous prenons note de la décision du gouvernement aujourd’hui”, a indiqué à l’AFP le porte-parole de Shein en France, Quentin Ruffat. “Shein reste engagée dans le dialogue avec les autorités françaises afin de répondre aux préoccupations exprimées et de présenter les mesures que nous avons mises en place pour continuer à nous améliorer”.Au-delà, le gouvernement a constaté la vente de produits illicites sur d’autres plateformes, non nommées, et “engagera dans les prochains jours de nouvelles procédures à leur encontre”.Comme l’a constaté l’équipe de l’Investigation numérique de l’AFP, il semble toujours possible pour un acheteur français de se procurer facilement une poupée sexuelle à l’apparence enfantine sur internet, sans passer par le darkweb.La recherche d’une des poupées précédemment vendues par Shein a permis vendredi d’atterrir sur un site chinois en proposant.Shein montre désormais patte blanche. “Le Shein d’aujourd’hui n’est pas du tout celui de mercredi”, avait reconnu vendredi le ministre du Commerce Serge Papin.- Premiers magasins -Jeudi à l’aéroport Roissy-CDG, lors d’une opération de contrôle de 100% des colis Shein, des produits “pas aux normes” voire “destinés à un trafic illicite” ont été découverts, selon le ministre.M. Papin a par ailleurs refusé la possibilité d’une rencontre avec Donald Tang, le patron de Shein, qui s’engageait dans une lettre à “respecter toutes les lois françaises” et proposait une entrevue.La France a également interpellé la Commission européenne pour sanctionner Shein. La ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, s’est entretenue jeudi avec la vice-présidente de la Commission chargée du numérique, Henna Virkkunen. Cette dernière “considère l’affaire des poupées pédopornographiques comme extrêmement grave et ne compte pas en rester là”, a assuré la ministre au Parisien. Vendredi, par la voix du ministre du Commerce extérieur Nicolas Forissier, en déplacement à Shanghai, la France a fait savoir à la Chine, où la marque de mode ultra-éphémère fabrique majoritairement ses produits, que la vente par Shein de ces poupées était “inacceptable”.C’est dans ce contexte que Shein continue d’installer en France ses premiers magasins pérennes au monde. Après le BHV à Paris mercredi, des ouvertures sont prévues le 18 novembre à Dijon et Reims et le 21 novembre à Grenoble, puis début décembre à Angers et Limoges, selon la Société des grands magasins (SGM), propriétaire des structures qui accueilleront la marque.ac-ole-cnc-aor/jbo/cbn

Wall Street finit proche de l’équilibre, retenue par les valeurs technologiques

La Bourse de New York a clôturé proche de l’équilibre vendredi, au terme d’une semaine marquée par les craintes suscitées par les fortes valorisations des géants technologiques et par les incertitudes sur l’état de santé de l’économie américaine.Le Dow Jones a pris 0,16% et l’indice élargi S&P 500 a gagné 0,13%. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a lui reculé de 0,21%, soit une perte cumulée de plus de 3% sur la semaine écoulée.”Il est très déstabilisant (pour le marché, ndlr) de ne pas avoir une vue d’ensemble de la situation économique”, commente auprès de l’AFP Tom Cahill, de Ventura Wealth Management.La paralysie budgétaire aux Etats-Unis (“shutdown”) a atteint son 38ème jour, un record de longévité, et prive les investisseurs d’un certain nombre de données officielles, dont un rapport majeur sur l’emploi qui devait être publié vendredi.Seul indicateur du jour: une confiance des consommateurs en berne pour le mois de novembre, au plus bas depuis 2022, selon l’enquête préliminaire de l’Université du Michigan.Au sein des consommateurs comme des entreprises, “il y a une certaine inquiétude quant à la date à laquelle le gouvernement reprendra ses activités” et le fait “que cela pourrait affecter la croissance économique”, relève Tom Cahill.Les investisseurs continuent aussi de se détourner des valeurs technologiques face à “la crainte que les dépenses consacrées” au développement de l’intelligence artificielle (IA) “ne soient pas rentables dans un avenir proche”, souligne l’analyste.C’est pourtant ces dépenses, et l’enthousiasme généralisé autour de l’IA, qui ont poussé les principaux indices de Wall Street de sommets en sommets ces derniers mois.”Lorsque les cours atteignent ou approchent leurs plus hauts historiques, les investisseurs trouvent des raisons de prendre leurs bénéfices”, analyse Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.Le président américain Donald Trump a affirmé vendredi ne pas être inquiet de l’existence potentielle d’une bulle sur les marchés financiers autour de l’IA, jugeant que cette technologie “va être très utile”.Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’État américain était stable par rapport à la clôture la veille, à 4,09%.A la cote, le spécialiste des véhicules électriques Tesla a reculé (-3,68% à 429,52 dollars) après l’adoption la veille du plan de rémunération à 1.000 milliards de dollars du patron de l’entreprise, Elon Musk, à l’issue d’un vote de l’assemblée générale des actionnaires.Le cours de Take-Two Interactive, la maison mère de Rockstar Games, a plongé de 8,08% à 232,00 dollars après un nouveau report de la sortie de son très attendu jeu vidéo “Grand Theft Auto VI” (GTA VI).La plateforme de réservations de vols Expedia a brillé (+17,55% à 258,25 dollars), profitant de performances financières meilleures qu’attendu.Le site de location immobilière de courte durée Airbnb a gardé la tête hors de l’eau (+0,29% à 120,88 dollars) après la publication de résultats trimestriels mitigés.

Louis Schweitzer, l’homme qui a transformé Renault, est décédé

Patron emblématique du constructeur automobile Renault pendant 13 ans, mais aussi ex-directeur de cabinet de Laurent Fabius à Matignon et haut fonctionnaire éclectique, Louis Schweitzer est décédé jeudi à 83 ans, après avoir durablement transformé la marque au losange.L’Elysée a salué dans un communiqué “un idéaliste du concret qui voua toutes ses forces à la France” en “mariant l’industrie et le progrès social, le sens de l’Etat et l’humanisme, le patriotisme et l’ancrage européen, l’intransigeance des principes à la générosité des engagements”.Louis Schweitzer, dont le décès a été annoncé par sa famille, a passé 20 ans chez Renault, dont 13 comme PDG, entre 1992 et 2005. Il était encore président d’honneur de la marque au losange. Jean-Dominique Sénard, l’actuel président de Renault, salue dans un communiqué “l’engagement et l’exigence” de Louis Schweitzer, qui “ont contribué à la modernisation et l’internationalisation” du groupe “avec des lancements marquants comme Twingo et Mégane, l’acquisition de Dacia et la naissance de l’Alliance stratégique Renault-Nissan”.Les années Schweitzer chez Renault ont d’abord été marquées par le mariage raté avec le suédois Volvo en 1993, la privatisation du groupe en 1996, les 3.000 licenciements de Vilvorde en 1997, puis la conquête de marchés en Europe de l’est, en Amérique latine ou en Asie.Il fut également, aux côtés de son successeur Carlos Ghosn, à l’époque chez Nissan, l’un des principaux artisans du mariage entre la marque au losange et le géant japonais de l’automobile, entamé en 1999. Le dirigeant était notamment fier de l’un des grands succès de la marque dans les années 1990-2000, le monospace Scénic: “J’avais décidé Scénic I en pensant que ce serait un véhicule de grand volume et je n’étais pas rassuré. La première fois que je l’ai vu en maquette creuse, j’ai su que cela marcherait bien”, racontait M. Schweitzer quelques mois avant son départ.Le ministre de l’Economie, Roland Lescure, a rendu hommage auprès de l’AFP au “capitaine d’industrie, bâtisseur de l’automobile à la française et grand serviteur de l’économie” qu’était, selon lui, Louis Schweitzer. “À la tête de Renault, il a transformé une régie d’État en un géant mondial, alliant audace et vision”, ajoute M. Lescure.”C’est un très grand serviteur de l’Etat et de l’industrie française qui nous quitte”, a réagi l’ancien Premier ministre Laurent Fabius, saluant auprès de l’AFP “un homme exceptionnel” et “un ami personnel”. – Lutte contre les inégalités -Avant Renault, auprès de Laurent Fabius, Louis Schweitzer a été cité dans les affaires du sang contaminé – il a bénéficié d’un non-lieu – et des écoutes de l’Elysée, pour laquelle il a été reconnu coupable.Au sortir de sa carrière de dirigeant, il reste très actif dans le milieu économique, en intégrant les conseils d’administration de nombreuses sociétés comme Volvo, BNP, L’Oréal ou Veolia Environnement.Outre le monde économique, M. Schweitzer était également impliqué contre les discriminations et pour la défense des animaux. “Attaché à la lutte contre les inégalités, homme de grande culture, il fut aussi – ce qu’on sait moins – un défenseur convaincu de la cause animale”, affirme Laurent Fabius.De 2005 à 2010, Louis Schweitzer a présidé la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde), aujourd’hui absorbée par le Défenseur des Droits, où la Cour des comptes lui avait reproché une “opacité dans les comptes”.Le Défenseur des Droits a cependant souligné que Louis Schweitzer “aura su, sous sa présidence de la Halde, faire progresser le droit de la non-discrimination et permettre à de nombreuses personnes d’être rétablies dans leurs droits”.Petit-neveu du docteur Albert Schweitzer, prix Nobel de la paix 1952, Louis Schweitzer était encore président de la Fondation droit animal, éthique et sciences (LFDA) jusqu’à début octobre.Laurence Parisot, qui lui a succédé à ce poste, a loué vendredi sur X un “grand serviteur de l’intérêt général”.  En 2021, ce diplômé de Sciences Po et énarque avait été appelé à la rescousse pour un intérim à la tête de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP). Depuis 2022, il était également vice-président de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection, à Marseille, où il a notamment piloté le processus de remplacement de Didier Raoult.hrc-sde-jul-neo/ac/nth

Mercosur: Macron affirme être vigilant après le tollé provoqué par ses propos

Emmanuel Macron a réaffirmé vendredi qu’il restait “vigilant” et attendait encore des “réponses claires” sur l’accord commercial entre l’Union européenne et le bloc latino-américain du Mercosur, après le tollé causé en France par ses propos “positifs” quant à un possible feu vert.”Nous avons commencé à être entendus par la Commission” européenne, “c’est ce qui fait que j’ai pu dire que j’étais plus positif quand elle a présenté un élément nouveau par rapport à l’accord initial avec une clause de sauvegarde agricole robuste”, a dit le président français lors d’une conférence de presse à Mexico.Il a toutefois tenté de rassurer: “je reste vigilant, (…) car je défends les intérêts de la France et nous continuons à nous battre”, “la France continue d’attendre des réponses claires”, a-t-il martelé.Tard jeudi soir, le président français avait mis le feu aux poudres en se disant “plutôt positif” quant à la possibilité d’accepter ce traité de libre-échange, alors qu’il s’exprimait devant la presse en marge du sommet des chefs d’Etats précédant la COP30 à Belem au Brésil. Quelques heures plus tard, la ministre française de l’Agriculture (issue de LR) Annie Genevard, avait au contraire estimé que les garanties obtenues par la France pour protéger ses cultivateurs et éleveurs ne sont pas encore suffisantes: “aujourd’hui, même s’il y a des avancées, le compte n’y est pas”, avait-elle dit dans un message sur X.- “Trahison” -A gauche comme à droite, une grande partie de la classe politique a martelé vendredi que cet accord devait être “rejeté”, s’indignant des propos d’Emmanuel Macron.Quant au puissant syndicat agricole FNSEA, il a dénoncé “un reniement total”, déplorant les propos du président de la république qui avait pourtant affirmé “sa ferme opposition” à cet accord, a réagi Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, dans un message sur X. “En choisissant ce moment et ce lieu pour tendre la main au Mercosur, le Président de la République signe sa rupture avec l’agriculture française”, a-t-il prévenu.Pour Véronique Le Floc’h, présidente de la Coordination rurale, “le Mercosur, c’est la mort de l’agriculture”. Historiquement opposée aux accords de libre-échange, la Confédération paysanne dénonce “une trahison”.”Il nous avait dit, la main sur le coeur, au Salon de l’agriculture, qu’il s’opposerait à cet accord. (…) On est plus qu’en colère”, a déclaré à l’AFP un de ses porte-parole, Stéphane Galais.Cet accord, sur la table depuis des décennies mais signé fin 2024, doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins… en Argentine, au Brésil, en Uruguay et au Paraguay. Mais il facilitera aussi l’entrée de bœuf, volaille, sucre, miel… via des droits de douane réduits.- “Plan social” -Emmanuel Macron a cité jeudi l’obtention par la France de clauses de sauvegarde renforcées censées préserver les produits agricoles européens en cas de brusque hausse des importations ou baisse des prix liées à l’importation de produits latino-américains.Mais pour tous les syndicats sectoriels français, ces clauses ne protègent en rien d’une distorsion de concurrence liée à des normes environnementales et sanitaires moins exigeantes en Amérique du Sud.Cet accord, décrié aussi par une majorité de la classe politique française, intervient alors que de nombreuses filières agricoles sont en souffrance, comme l’élevage bovin: aujourd’hui, les importations d’aloyaux venues du Mercosur arrivent déjà à des coûts inférieurs de 18% à 32%, selon l’Institut de l’élevage.Le patron de la FNSEA appelle vendredi “les eurodéputés français à faire bloc pour s’opposer à cet accord”, dont la Commission européenne a lancé le processus de ratification.”Ces clauses de sauvegarde, on n’en veut pas. Il faut sortir de l’agriculture de ces accords de libre-échange. C’est tout”, a dit Véronique Le Floch vendredi à l’AFP.Parmi les “lignes rouges” citées par la ministre française de l’Agriculture, figurent l’obtention de clauses de sauvegarde “opérationnelles”, mais aussi des “mesures miroirs” garantissant que les produits respectent les mêmes normes, avec des “contrôles renforcés” sur les produits importés.A l’issue d’une rencontre entre le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la présidence brésilienne a indiqué mercredi qu’ils étaient “disposés à signer” l’accord lors du sommet du Mercosur, le 20 décembre à Rio de Janeiro.sb-cho-fff-jul/jbo/nth