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Retraites : la CFDT appelle les députés à voter la suspension de la réforme

La secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon a demandé mardi aux députés de “donner un premier coup d’arrêt” à la réforme des retraites en votant sa suspension mercredi à l’Assemblée nationale.”La CFDT, en tant que première organisation représentative des travailleuses et des travailleurs, vous demande d’entendre leurs voix en votant en faveur de la suspension de la réforme des retraites de 2023″, écrit Mme léon dans un courrier adressé aux députés.Elle estime qu'”en donnant ce mercredi le premier coup d’arrêt à un décalage de l’âge légal de départ à 64 ans, jamais discuté en tant que tel au sein de l’Hémicycle”, les députés enverraient “un signal d’écoute et de compréhension” à “l’ensemble du monde du travail”.L’article sur la suspension de la réforme de 2023, condition de la non-censure du gouvernement de Sébastien Lecornu pour les socialistes, sera examiné mercredi peu après 15H00, pour qu’un maximum de députés soient présents.La CFDT “s’engage à s’investir pleinement dans le débat qui aura lieu d’ici l’élection présidentielle de 2027 pour éclairer chacun et chacune sur les enjeux sociaux et financiers d’une réforme qu’il faudra nécessairement entreprendre et permettre à tous d’exprimer son choix en conscience”, poursuit Mme Léon.La responsable syndicale souligne que la future conférence Travail et Retraites “donnera sens” à cette supsension en permettant de “poser les enjeux ensemble, différemment”, en sortant des “postures idéologiques”.Lancée le 4 novembre, cette conférence sociale a été marqué par le départ de la première organisation patronale, le Medef, et l’accueil positif de la CFDT, satisfaite que le débat sur les pensions soit lié à celui sur le travail et l’emploi.La CGT a, elle, invité les parlementaires à voter contre la suspension, comme l’ont rapporté plusieurs sources concordantes.

La Bourse de Paris poussée par les espoirs de fin de paralysie budgétaire aux Etats-Unis

La Bourse de Paris a profité mardi des espoirs de levée imminente de la paralysie budgétaire aux Etats-Unis, contribuant à la nette hausse du CAC 40 et aux records sur d’autres indices européens.L’indice vedette de la place parisienne a terminé en hausse de 1,25%, soit un gain de 100,72 points, à 8.156,23 points. Lundi, il avait gagné 1,32% à 8.055,51 points.Le CAC 40 n’est désormais plus qu’à une centaine de points de son record absolu en séance (8.271,48 points le 21 octobre) et quelques dizaines de point du record en clôture (8.258,86 points le 21 octobre également).La course aux records a également repris à Madrid, l’indice vedette Ibex touchant un nouveau sommet historique en séance comme en clôture, dépassant momentanément les 16.400 points, ainsi qu’à Londres, où le FTSE 100 a atteint un nouveau record en clôture comme en séance, dépassant temporairement les 9.900 points.Pour Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill Group, “l’adoption d’un projet de loi de financement à court terme lundi soir, mettant fin au plus long +shutdown+ de l’histoire des États-Unis” soutient les marchés d’actions.Le texte, une fois approuvé par la Chambre des représentants, lèverait en effet la paralysie budgétaire après plus de 40 jours de “shutdown”.La proposition de loi doit désormais être débattue et adoptée à partir de mercredi à la Chambre des représentants, avant d’atterrir sur le bureau de Donald Trump pour une promulgation qui mettrait officiellement fin à la paralysie d’une partie de l’Etat fédéral.”Ainsi, si tout se passe bien, le +shutdown+ pourrait être terminé d’ici la fin de la semaine”, explique Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.”Une fois le +shutdown+ terminé, l’attention pourrait se tourner vers le flot de données économiques qui doit être publié”, rappelle Kathleen Brooks. Un certain nombre de publications économiques officielles ont en effet été retardées par la paralysie budgétaire.Le luxe rassuréLe secteur du luxe a grimpé à la Bourse de Paris mardi, Hermes gagnant 3,69 euros à 2.163 euros l’action, LVMH prenant 2,43% à 632,90 euros et enfin Kering montant de 2,00% à 316,65 euros le titre.La perspective d’une résolution imminente du “shutdown” aux Etats-Unis a profité au secteur, relançant les attentes de consommation américaine.

Prises de bénéfices à Wall Street dans un marché peu fréquenté

La Bourse de New York évoluait sans direction claire mardi, sujette à quelques prises de bénéfices dans un marché aux échanges limités, alors que les investisseurs continuent d’espérer la levée de la paralysie budgétaire aux États-Unis.Vers 14H51 GMT, le Dow Jones grapillait 0,10%, l’indice Nasdaq perdait 0,55% et l’indice élargi S&P 500 reculait de 0,22%.”L’actualité est calme” et les échanges peu fournis en ce jour férié des anciens combattants (“Veterans Day”), expliquent les analystes de Briefing.com.”Plusieurs des grandes capitalisations qui ont tiré le marché lundi connaissent des prises de bénéfices (…) après une solide progression”, poursuivent-ils.Mais subsistent aussi “d’autres questions qui pourraient inciter les investisseurs à retirer une partie de leur argent des megacapitalisations” du secteur technologique, note auprès de l’AFP Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities.La semaine passée, des spécialistes ont fait valoir que certaines valorisations sont allées trop vite, trop haut. D’autant qu’une interrogation demeure quant à la capacité des géants de la tech d’absorber les coûts colossaux de la course à l’intelligence artificielle (IA).Le mastodonte des puces Nvidia, qui avait brillé la veille (+5,79%) se repliait mardi (-2,24%) après que le géant japonais des investissements dans les technologies SoftBank Group a indiqué, sans plus de détails, s’être entièrement défait en octobre de la totalité de sa participation dans Nvidia, pour un total de 5,83 milliards de dollars.La start-up américaine spécialisée dans le “cloud” (informatique à distance) CoreWeave chutait, elle, de 10,73% à 94,27 dollars après avoir annoncé la veille des prévisions annuelles en deçà des attentes du marché, reléguant au second plan ses résultats solides pour le troisième trimestre.En parallèle, la levée du blocage budgétaire de l’Etat fédéral américain “pourrait avoir lieu d’ici la fin de la semaine”, estime Peter Cardillo, une perspective qui a ravi la place new-yorkaise la veille.Le Sénat américain a adopté lundi un texte qui, une fois approuvé par la Chambre des représentants, lèverait la paralysie budgétaire après plus de 40 jours de “shutdown”, mais qui est source de dissensions dans le camp démocrate.Depuis le 1er octobre et le début du blocage, plus d’un million de fonctionnaires ne sont pas payés et le versement de certaines aides est fortement perturbé, de même que la publication de données économiques officielles.Un déblocage “serait un soulagement, car nous aurons (…) une meilleure idée de la direction que prend l’économie”, note M. Cardillo.Le marché obligataire reste fermé en ce jour férié des anciens combattants. La veille, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’État américain s’est établi à 4,12%.Ailleurs, au tableau des valeurs, le groupe Paramount Skydance – issu de la fusion à l’été de deux grands noms des médias américains – brillait (+9,70% à 16,73 dollars) malgré des résultats trimestriels en dessous des attentes.L’entité profite toutefois d’une prévision de 30 milliards de dollars de chiffre d’affaires 2026, aidé notamment par la croissance de son activité de streaming.Le titre de Meta (Facebook, Instagram) reculait de 1,05% à 625,12 dollars. Le quotidien économique britannique Financial Times a rapporté mardi que le responsable de la recherche IA de Meta, le Français Yann LeCun, allait quitter le groupe. 

La demande de suspension de la plateforme Shein en France examinée par le tribunal de Paris le 26 novembre

L’audience en référé sur la suspension en France de la plateforme asiatique Shein, sous le coup de plusieurs procédures en justice, se tiendra le 26 novembre au tribunal judiciaire de Paris, a-t-on appris de source judiciaire, confirmant une information du Parisien.Matignon avait donné le 5 novembre 48 heures à Shein pour se mettre en conformité avec la loi française après la découverte sur son site de poupées sexuelles d’apparence enfantine et d’armes de catégorie A.Le Premier ministre Sébastien Lecornu a constaté le 7 novembre le retrait des produits illicites mais a confirmé le même jour le “maintien des procédures judiciaires aux fins d’obtenir la suspension de la plateforme”. Lors d’une audience au civil le 26 novembre, le juge des référés du tribunal judiciaire de Paris sera amené à statuer sur la suspension de la plateforme le temps que celle-ci démontre que l’ensemble des produits disponibles à la vente en France sont en conformité avec les lois et règlements français.La plateforme symbole de la mode jetable, fondée en 2012 en Chine et désormais basée à Singapour, a ouvert le 5 novembre son premier magasin physique au monde au BHV, célèbre grand magasin situé juste en face de l’Hôtel de Ville de Paris.Elle est sous le coup de plusieurs procédures judiciaires.Quatre enquêtes sur quatre plateformes (Shein, AliExpress, Temu et Wish) ont notamment été confiées à l’Office des mineurs (Ofmin) par le parquet de Paris le 3 novembre. Ces investigations portent sur la “diffusion de message violent, pornographique, ou contraire à la dignité accessible à un mineur”, mais aussi, pour Shein et AliExpress, sur la “diffusion de l’image ou la représentation d’un mineur présentant un caractère pornographique”.Dans ce contexte, la plateforme asiatique continue d’installer en France ses premiers magasins pérennes au monde. Après le BHV à Paris, des ouvertures sont prévues le 18 novembre à Dijon et Reims et le 21 novembre à Grenoble, puis début décembre à Angers et Limoges, selon la Société des grands magasins (SGM), propriétaire des structures qui accueillent la marque. La boutique Shein du BHV a accueilli “plus de 50.000″ visiteurs en quelques jours, d’après la SGM.”Shein reste engagée dans le dialogue avec les autorités françaises afin de répondre aux préoccupations exprimées et (…) continuer à nous améliorer”, avait indiqué le 7 novembre à l’AFP son porte-parole en France, Quentin Ruffat.

Première victoire judiciaire des auteurs allemands contre OpenAI

Les acteurs de l’industrie musicale allemande ont remporté mardi une première victoire judiciaire contre OpenAI, un tribunal estimant que le géant américain de l’intelligence artificielle avait enfreint les droits d’auteurs liés aux textes des chansons.Les “modèles linguistiques” utilisés par OpenAI ainsi que “la reproduction des textes des chansons dans les résultats du chatbot” constituent “des atteintes aux droits d’exploitation protégés par le droit d’auteur”, a jugé un tribunal de Munich, résumant sa décision dans un communiqué de presse.Si la cour a accédé à la plupart des demandes de la Société allemande de gestion collective des droits d’auteur musicaux (Gema), qui réclamait des dommages-intérêts, il n’a pas évoqué la manière dont ceux-ci pourraient être calculés.Ce procès est le premier du genre en Europe, selon la Gema, qui refuse que les œuvres servent de matière première gratuite aux géants de l’IA, arguant que “la subsistance des créateurs” est en jeu.OpenAI a exprimé son “désaccord”, a indiqué à l’AFP une porte-parole de l’entreprise. “Nous étudions les prochaines démarches possibles”, a-t-elle ajouté, soulignant en outre que le jugement ne concerne que les textes figurant dans la plainte, notamment des tubes des stars en Allemagne, Helene Fischer et Herbert Grönemeyer.”La décision concerne un nombre limité de parole et n’a pas d’impact pour les millions de gens, d’entreprises de développeurs qui en Allemagne utilisent notre technologie quotidiennement”, a-t-elle ajouté.- Reproduction “indirecte” -La Gema, qui dit représenter environ 100.000 acteurs de l’industrie musicale en Allemagne, avait déposé plainte en novembre 2024, reprochant à OpenAI d’avoir utilisé des paroles de chansons pour entraîner ses modèles IA et de les restituer ensuite aux utilisateurs, sans licence ni rémunération des auteurs.Les revendications de l’organisation “sont fondées, tant en raison de la reproduction des textes dans les modèles linguistiques que de leur reproduction dans les résultats”, estime le tribunal.Sur le premier point, “une perception indirecte” de l’oeuvre est “suffisante pour constituer une reproduction”, estime le tribunal qui se base sur la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).Et dans ses réponses, le chatbot ChatGPT a “rendu accessibles au public les paroles des chansons en litige de manière non autorisée”.OpenAI avait rejeté ces accusations, au motif que ses modèles ne stockent pas de données individuelles mais “reflètent ce qu’ils ont appris sur la base de l’ensemble des données d’entraînement”.Et comme les réponses générées résultent d’une démarche active de l’internaute, ce n’est pas l’entreprise mais l’utilisateur qui en est responsable, avait estimé OpenAI.Le groupe réclame que la législation européenne traitant des droits d’auteurs s’adapte aux réalités de l’intelligence artificielle.- Une jurisprudence? -Pour le cabinet d’avocats Raue, qui représentait Gema, la décision de Munich “apporte une sécurité juridique aux créateurs, éditeurs musicaux et plateformes dans toute l’Europe et pourrait avoir des répercussions bien au-delà de l’Allemagne”.Elle envoie ainsi “un message clair à l’industrie mondiale de la tech”, affirme encore le cabinet.L’Association des journalistes allemands (DJV) a elle salué “une étape importante pour les droits d’auteur”, y compris ceux des journalistes. Selon la DJV, il est désormais clair qu’OpenAI “est responsable des reproductions générées par l’IA et non l’utilisateur”.OpenAI, dont ChatGPT revendique quelque 700 millions d’utilisateurs hebdomadaires, est un des leaders mondiaux de l’intelligence artificielle.La mainmise de ces géants sur la création musicale et littéraire est régulièrement dénoncée par les acteurs de ces industries, qui demandent une régulation plus forte, notamment via un règlement européen (AI Act), pour obtenir de la transparence sur les données utilisées et garantir leurs revenus.Selon une organisation internationale d’éditeurs de musique, l’International Confederation of Music Publishers (ICMP), basée à Bruxelles, les géants de la tech ont aspiré la “totalité de la musique mondiale” sans respecter le droit d’auteur, d’après une étude parue le 9 septembre dans le média musical Billboard. 

IA, robots et quantique au cœur du Web Summit de Lisbonne

Entrepreneurs, investisseurs et influenceurs ont convergé mardi vers le Web Summit à Lisbonne pour échanger sur l’intelligence artificielle, les robots ou encore le quantique, sur fond de tensions géopolitiques et commerciales mondiales. Sous un ciel gris, les participants déambulaient dans des pavillons colorés, badge autour du cou, à la recherche des dernières nouveautés de la tech.Des représentants de plus de 150 pays, dont 2.500 start-up et 1.000 investisseurs, sont attendus dans la capitale portugaise jusqu’à jeudi pour cette édition marquée par la montée en puissance de la Chine.”La moitié des scientifiques et ingénieurs informatiques les plus en pointe sont en Chine. On ne peut pas les ignorer”, a déclaré à l’AFP Rev Lebaredian, vice-président en charge des technologies de simulation chez le géant américain Nvidia.Début novembre, le patron de Nvidia Jensen Huang a averti que le Chine allait “gagner la course” au développement de l’intelligence artificielle de nouvelle génération, appelant Washington à accélérer ses efforts.En raison des restrictions imposées à la fois par Pékin et Washington, les puces haut de gamme de Nvidia, utilisées pour former et alimenter les systèmes d’IA générative, ne sont actuellement pas vendues sur le territoire chinois.  “Si nous les excluons, les Chinois trouveront un moyen de développer des choses eux-mêmes, et nous perdrons l’opportunité de travailler avec eux”, a poursuivi M. Lebaredian. “Il est clair que l’ère de la domination occidentale dans la tech est révolue”, avait insisté sur scène Paddy Cosgrave, cofondateur du Web Summit lors de la soirée d’ouverture lundi soir.- IA “utile” -Ainsi, les robots humanoïdes de l’entreprise chinoise Unitree feront l’objet de plusieurs démonstrations.La start-up Bambu Lab, basée à Shenzhen, a elle présenté une imprimante 3D capable de confectionner grâce à l’IA générative en quelques heures un objet à partir d’une simple consigne textuelle.”J’espère voir plus de produits IA qui peuvent être utiles dans la vie de tous les jours”, a expliqué à l’AFP sur le stand une participante, Monica Wang. Une intelligence artificielle “moderne” permet “de passer de logiciels abstraits à une traduction dans le monde physique, notamment dans la robotique”, a ajouté Rev Lebaredian.  Seront ainsi présentées à Lisbonne les créations des entreprises américaines Amazon Robotics et Boston Dynamics, mais aussi de la start-up française Wandercraft, spécialisée dans la création d’exosquelettes pour les personnes à mobilité réduite. Le président d’Uber, Andrew Macdonald, et le directeur général de Lyft, David Risher, partageront, eux, leurs stratégies pour doter les routes de robotaxis.La concurrence mondiale dans ce domaine s’est récemment accélérée. Uber a signé un partenariat avec Nvidia pour rendre autonomes des dizaines de milliers de voitures de différents constructeurs à partir de 2027 tandis que Waymo, filiale d’Alphabet (Google), a annoncé son arrivée à Londres en 2026. Plusieurs acteurs chinois comme Baidu et Pony.ai ont aussi fait part de leur intention de se développer sur le marché européen de la voiture autonome.- Façonner la prochaine décennie -L’événement accueillera aussi bien des figures établies du secteur de l’IA telles que Brad Smith, président de Microsoft, et Cristiano Amon, patron de Qualcomm, spécialiste américain des processeurs pour smartphones, que des dirigeants de start-up prometteuses, à l’instar de Joleen Liang, cofondatrice de la start-up chinoise Squirrel AI qui développe de nouvelles méthodes d’apprentissage.L’événement espère mettre en lumière “les entreprises prometteuses qui vont bouleverser et façonner la prochaine decennie”, a commenté à l’AFP Katherine Farrell, vice-présidente de la communication du Web Summit. Comme Lovable, start-up suédoise qui permet à tout un chacun de créer un site sans savoir coder grâce à l’IA générative. Le “vibe coding”, nom donné à cette technique, a d’ailleurs été sacré expression de l’année 2025 par le dictionnaire britannique Collins.Sport et IA seront aussi à l’honneur. Comme le tennis, où l’IA permet de déterminer “des schémas prédictifs” sur la technique de jeu d’un athlète, a raconté lundi la joueuse russe Maria Sharapova, invitée. La vice-présidente de la Commission européenne chargée du numérique, Henna Virkkunen, est attendue mardi pour évoquer la question de la souveraineté technologique, qui préoccupe les Européens à mesure que les tensions commerciales et politiques s’accroissent avec les États-Unis.

Après la dermatose, les éleveurs des Alpes reconstituent leurs troupeaux

D’imposantes Montbéliardes sortent prudemment du camion: Tomate, Rome, Sexy et Oasis arrivent pour reconstituer le troupeau de Nicolas Prud’homme, éleveur laitier à Saint-Ferréol, en Haute-Savoie, frappé par l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse.Touché par l’épizootie, une partie de son cheptel, soit 68 bêtes, a été abattu cet été. “C’était une période très difficile, avec des moments durs à vivre”, confie pudiquement le Savoyard, également président du syndicat FDSEA pour le canton de Faverges.Mais ce matin ensoleillé de novembre, le sourire lui revient.”Celle-là, elle m’avait tapé dans l’oeil quand je l’ai vue”, lâche l’éleveur, en désignant Oasis: “elle est puissante, a un bon bassin, de bons aplombs, une mamelle encore fonctionnelle après cinq veaux”.”Le troupeau c’est un effectif, comme un club de foot”, explique Nicolas Prud’homme. Les élevages ont leurs vedettes, les éleveurs recherchent une star, “un peu comme un Ousmane Dembélé” : “c’est le travail de toute une vie”.Cet été, il a perdu deux bêtes de grande valeur pour leur génétique, leur production et leur morphologie, et plusieurs autres pas loin d’être aussi des championnes.Le geste fraternel de son confrère Thierry Dumoulin qui a accepté de lui vendre Oasis, au lieu de la garder pour son propre élevage, le touche d’autant plus : “On ne veut pas la charité. Mais faire l’effort de nous vendre un animal comme ça, c’est phénoménal.” – Lot par lot -“Autant faire plaisir à des éleveurs qui ont quand même eu le mérite de se sacrifier pour les autres”, commente le vendeur, venu de Savoie. Si les confrères n’avaient pas abattu leurs troupeaux, “peut-être qu’on n’aurait pas été touché pareil”, dit-il. Un esprit de solidarité lié aussi à une situation malheureusement familière: dans les années 1990, sa famille avait perdu ses bêtes dans l’épidémie de brucellose. Il le sait, c’est un “traumatisme pour l’éleveur”. Cet été fatal pour ses bêtes, Nicolas Prud’homme “va y penser toute sa vie. Mais je pense qu’il a de quoi rebondir”, espère Thierry Dumoulin.Trois vaches la semaine passée, huit la veille au matin puis trois dans l’après-midi. Les arrivées se poursuivront la semaine prochaine. Par petits lots, pour une acclimatation en douceur des animaux, dont le lait sert à produire du reblochon.Pour stopper la propagation de la maladie, transmise via des insectes piqueurs mais qui n’atteint pas l’homme, les autorités avaient imposé d’abattre toutes les bêtes d’un troupeau vivant ensemble dès qu’un cas était détecté. La mesure, très contestée par les syndicats Coordination rurale et Confédération paysanne, s’est doublée d’une campagne massive de vaccination. Sur 2.700 animaux abattus en France, plus de 1.700 l’ont été dans une zone se partageant entre la Haute-Savoie, la Savoie et l’Ain, premier épicentre de la maladie désormais plus présente dans les Pyrénées.- Faire ses comptes -Pour reconstituer les élevages laitiers des Alpes, il faut 500 ou 600 vaches, selon Cédric Laboret, président de la Chambre d’agriculture Savoie Mont Blanc. “Aujourd’hui, plus des deux tiers des animaux ont déjà été trouvés et amenés dans les fermes”, estime-t-il. Tout la filière a répondu à l’appel: Etat et préfecture, mutuelle, banques, coopératives et interprofession (lait, fromagers, affineurs…), syndicat, etc. L’Aftalp par exemple, l’association des fromages traditionnels des Alpes, a organisé une importante cagnotte de soutien.Nicolas Prud’homme n’a pas encore fait ses comptes. Les dossiers d’indemnisation sont encore en cours, il estime avoir pour l’instant touché un tiers des sommes promises. A l’achat, une vache revient à 2.400-2.500 euros en moyenne par tête.”Il nous faudra cinq ans pour que nos exploitations soient au niveau d’avant crise”, avance-t-il, en invitant la ministre Annie Genevard à revenir “pour faire un bilan”. Les agriculteurs attendent également l’issue de l’enquête sur l’origine de la contamination. “Parce que sinon, il n’y a pas de raison que ça ne se reproduise pas”, met en garde Cédric Laboret.

L’injection de requêtes, nouvelle arme des pirates pour contrôler votre IA

L’utilisation désormais massive des assistants d’intelligence artificielle (IA) a créé un point d’entrée pour les pirates informatiques qui, par divers subterfuges, peuvent donner leurs propres instructions à votre chatbot pour voler vos données, les effacer ou les modifier.Meta qualifie cette nouvelle menace, baptisée injection de requête, de “vulnérabilité”, quand le responsable de la sécurité informatique d’OpenAI, Dane Stuckey, y voit “un problème de sécurité non résolu”.Le concept existe depuis trois ans, soit avant même le lancement de ChatGPT, mais son champ était initialement limité car les assistants IA ne pouvaient que produire du contenu -code informatique, texte ou image- qui devait ensuite être revu et intégré par un utilisateur humain.Mais l’arrivée des agents IA, capables de réaliser des tâches de façon autonome, a offert aux pirates un bras armé à l’intérieur du système informatique d’un individu ou d’une entreprise, sorte de Cheval de Troie ultime.L’intégration de ces agents dans la nouvelle génération des navigateurs internet expose leurs utilisateurs à un océan de données en ligne de qualité et d’origine incertaines.Un pirate peut cacher des instructions dans une page internet, un courriel, une image ou un document, notamment en les rendant invisibles à l’oeil humain, voire même dans un faux lien vers un site, comme l’a relevé récemment le spécialiste NeuralTrust.L’agent lit ce contenu et exécute alors l’ordre qui lui est donné, à l’insu de l’internaute.L’agent IA ayant un accès étendu aux données de l’utilisateur, il peut en extraire une partie pour le pirate, les modifier ou les effacer, mais aussi orienter à son gré le fonctionnement d’un site ou du modèle d’IA lui-même.”Pour la première fois depuis des décennies, nous voyons de nouveaux vecteurs d’attaques qui peuvent venir de n’importe où”, a observé le nouveau venu de la recherche en ligne, Perplexity. D’autant, souligne-t-il, que l’IA générative et l’utilisation du langage courant ne circonscrivent plus le spectre “aux acteurs malveillants dotés de compétences techniques élevées”.- “Délicat équilibre” -Pour Eli Smadja, manager au sein du spécialiste israélien de cybesécurité Check Point, l’injection de requête “est le problème de sécurité numéro un pour les grands modèles de langage (LLM)”, programmes informatiques qui donnent vie aux assistants et agents IA.Tous les grands acteurs de l’IA générative grand public ont pris des mesures et publié chacun des recommandations pour se protéger contre ces assauts ou les déjouer.Microsoft a intégré un détecteur d’ordres malveillants, qui se détermine notamment en fonction de l’endroit ou se trouve l’instruction. Quant à OpenAI, il alerte l’utilisateur lorsque l’agent IA se rend sur un site sensible et ne laisse l’opération se poursuivre que si l’internaute l’observe directement en temps réel.D’autres suggèrent de demander une validation explicite à l’usager avant d’effectuer une tâche importante.”Mais le gros défi, c’est que les attaques se perfectionnent”, constate Johann Rehberger, chercheur en cybersécurité connu sous le pseudonyme wunderwuzzi. “Il y a certaines menaces que l’on n’a même pas encore identifiées.”Eli Smadja met en garde contre la “grosse erreur qui consiste à donner au même agent le contrôle sur tout. Il peut fouiller dans vos courriels, aller sur internet ou agir dans votre système.”Reste à trouver “le délicat équilibre”, selon Johann Rehberger, entre sécurité et facilité d’utilisation, “car les gens veulent aussi simplement que l’IA fasse des choses à leur place”, sans avoir à la surveiller en permanence.Pour Marti Jorda Roca, ingénieur chez l’espagnole NeuralTrust, la prise en compte de ces risques doit se faire à tous les niveaux.”Les gens doivent comprendre que l’utilisation de l’IA présente des dangers spécifiques de sécurité”, avance-t-il. Quant aux entreprises, “elles doivent installer des garde-fous (…) pour encadrer ces risques.”Pour l’ingénieur, cela pourrait retarder l’adoption des agents IA, notamment dans les entreprises sensibles comme les banques.Selon Johann Rehberger, l’intelligence artificielle n’est, de toute façon, pas encore assez mûre.”On n’en est pas encore à pouvoir laisser un agent IA partir en mission pendant une longue période”, dit-il. “Il finit par dérailler.”

Plus de risques et moins de solutions: l’angoisse des betteraviers français

Un océan de feuilles vertes et soudain, des taches ocre: la jaunisse de la betterave sucrière est arrivée dans les champs de Jean-Philippe Garnot, en Seine-et-Marne, où les planteurs attendent désespérément des solutions contre ce virus capable d’anéantir leur production.Début novembre, la campagne d’arrachage du tubercule blanc bat son plein en France, premier producteur européen de sucre. Les conditions météorologiques sont idéales et, au niveau national, les rendements s’annoncent meilleurs que l’an dernier, avec une production attendue à 34,2 millions de tonnes (+5%) en dépit d’une légère diminution des surfaces, selon les estimations du ministère de l’Agriculture.Mais sur la parcelle du céréalier, les stigmates d’une attaque de pucerons vecteurs de la jaunisse sont là: des feuilles piquetées, jaunies, qui entravent la photosynthèse.Jean-Philippe Garnot, qui cultive plus de 40 hectares de betteraves, redoute le verdict: “Là on voit des feuilles vertes qui ont repoussé. Le problème c’est que la betterave pompe de l’énergie pour refaire des feuilles au lieu de grossir et de faire du sucre”, explique-t-il à la presse, conviée par la Confédération nationale des betteraviers (CGB, association spécialisée du syndicat FNSEA).- “Impasse” -Le céréalier sort de terre une belle betterave – un kilogramme au jugé – et une autre plus chétive, aux feuilles rabougries. Il estime que 4 à 6% de ses betteraves sont touchées cette année.”On est loin de 2020″ quand le virus avait réduit la récolte de 30% au niveau national et de plus de 70% dans cette zone. Mais, “les 3-4 tonnes qui manquent par hectare, c’est une grosse partie de mon revenu”.Cette année, “on va avoir des résultats très hétérogènes: une très belle production dans certaines zones, comme le Nord, mais en Ile-de-France et en Champagne, c’est variable. Certains vont avoir de grosses pertes”, prédit Cyrille Milard, président de la CGB Ile-de-France.Dans le sud du département, certains “font 50 tonnes par hectare (contre 86t/ha attendues en moyenne nationale). Autour de moi, au moins six agriculteurs vont arrêter la betterave l’an prochain”, dit-il.La CGB s’inquiète pour la pérennité de la culture. Six sucreries ont fermé ces dix dernières années en France.Les agriculteurs se sentent démunis: “La betterave, c’était ce qui nous permettait de nous en sortir ces dernières années, parce que les prix du blé et de la pomme de terre ont chuté. On ne sait plus à quoi se raccrocher”, souffle Jean-Philippe Garnot.Pour la CGB, la situation d'”impasse” dans laquelle se trouvent les planteurs a commencé en 2018, avec l’interdiction effective des néonicotinoïdes, des pesticides puissants et nocifs pour les pollinisateurs.Après la récolte catastrophique de 2020 a été lancé un plan national de recherche pour lutter contre le puceron. Mais malgré des avancées, il faudra sans doute “encore cinq ans” pour développer des variétés plus robustes avec un bon rendement, explique Fabienne Maupas, directrice du département scientifique de l’Institut technique de la betterave (ITB).Sur le terrain, la lutte s’organise donc surtout pour empêcher l’arrivée du puceron. Certaines pratiques sont encouragées dans un récent rapport de l’institut de recherche Inrae: l’introduction de plantes compagnes comme l’orge ou l’avoine, le développement de produits répulsifs de biocontrôle et, surtout, la prévention pour éviter de maintenir de potentiels réservoirs pour le puceron, notamment en détruisant les résidus des récoltes précédentes.- “Combiner les solutions” -Dans ses champs, Jean-Philippe Granot estime avoir “appliqué les consignes” mais, certaines années, “la pression (virale) est trop forte”.L’ITB décrit une course contre la montre: seul 1% des pucerons arrivant sur un champ sont infectés mais ils se multiplient à une vitesse exceptionnelle.”Aujourd’hui le seul produit homologué est le Teppeki (flonicamide), pour une seule application (…) C’était efficace à plus de 70%, utilisé en association avec le Movento (spirotétramate), mais cette substance active vient d’être retirée du marché”, rappelle Fabienne Maupas.Et avec le temps, “le puceron devient résistant et le Teppeki ne va pas durer longtemps”, prévient-elle.S’estimant pris à la gorge, les planteurs réclament la réintroduction de l’acétamipride, un insecticide néonicotinoïde, interdit en France mais autorisé ailleurs en Europe.Dans son rapport, l’Inrae, qui appelle surtout à combiner les solutions, ne se prononce pas sur cette demande de la filière, dont il reconnaît “l’inquiétude”.Pour Jean-Philippe Garnot, “c’est quand même la première fois qu’on reconnaît qu’on est dans une impasse”.

La Bourse de Paris ouvre en hausse pour une séance au ralenti

La Bourse de Paris évolue en hausse mardi au début d’une séance aux échanges ralentis par le jour férié du 11 novembre.L’indice CAC 40 s’affiche en progrès de 0,74% vers 09H15 GMT.L’indice vedette de la Bourse de Paris a gagné 105,33 points lundi, soit une hausse de 1,32%, repassant la barre des 8.000 points à 8.055,51 points.L’appétit pour le risque est revenu lundi sur les marchés boursiers grâce aux espoirs de déblocage budgétaire aux Etats-Unis après 40 jours de paralysie. Après plus d’un mois de “shutdown”, un record, les Etats-Unis entrevoient désormais une issue prochaine à la paralysie budgétaire après un accord passé au Sénat entre la majorité républicaine et quelques démocrates modérés, qui font déjà fait face aux foudres de leur propre camp.Ce qui fait dire à John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank, que “la prudence reste de mise: un simple blocage parlementaire pourrait encore retarder la reprise des activités fédérales”.Les Bourses asiatiques ont reflété ces doutes mardi, ayant commencé dans l’enthousiasme, avant que l’inquiétude ne gagne quant à la qualité des statistiques économiques américaines qui seront publiées après la levée du “shutdown”.”Les pertes liées à l’interruption des dépenses publiques sont estimées à près de 18 milliards de dollars, un choc équivalent à 1,5 point de croissance en moins sur le trimestre” aux Etats-Unis, a estimé John Plassard.En Asie, l’indice vedette Nikkei au Japon, qui évoluait en territoire positif en séance, a finalement cédé 0,14% en clôture.Mardi, au cours d’une séance qui devrait être calme, le jour de l’Armistice commémorant la fin de la Première guerre mondiale et avec un marché obligataire américain fermé, les investisseurs de la place parisienne se focalisent sur quelques indicateurs européens, dont l’emploi en Grande-Bretagne et le baromètre mensuel de l’institut ZEW mesurant le moral des investisseurs.Le taux de chômage au Royaume Uni s’est inscrit à 5% le mois dernier, plus haut que prévu. Les analystes soulignent toutefois que ces données moroses augmentent les chances que la Banque d’Angleterre abaisse son taux d’intérêt, ce qui encourageait les investisseurs de la Bourse de Londres (+0,99% vers 09H15 GMT).PARMI LES VALEURS A SURVEILLERLVMH: le titre du géant français du luxe gagne 2,17% à 631,30 euros à la Bourse de Paris. Selon des informations de Bloomberg, le groupe s’apprêterait ouvrir plusieurs magasins en Chine –un marché clé–, dont quatre à Pékin en décembre aux enseignes de Louis Vuitton, Dior, Tiffany et Loro Piana.vmt/sr/eb