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La suspension de la réforme des retraites en passe d’être votée à l’Assemblée

La suspension de la réforme des retraites de 2023, dont l’examen a enfin débuté à l’Assemblée, a de grandes chances d’être votée mercredi, même si les échanges s’annoncent houleux à gauche.Les députés ont commencé à débattre de l’article du projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui suspend jusqu’à janvier 2028 la marche en avant vers les 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser.Concrètement, la génération née en 1964 partirait à 62 ans et 9 mois (comme la précédente) au lieu des 63 ans prévus par la réforme. Ces assurés partiraient avec 170 trimestres cotisés au lieu de 171.Si aucune autre réforme n’était votée après la présidentielle, l’application de la réforme Borne reprendrait ensuite, avec un trimestre de décalage.Pour s’assurer du vote des socialistes, voire de certains écologistes et communistes, le gouvernement a déposé un amendement pour élargir cette suspension, notamment aux carrières longues, aux catégories “actives” et “superactives” de la fonction publique (pompiers, aides-soignantes…) et aux personnes nées au premier trimestre 1965.Une ouverture qui a un coût : évaluée à 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard en 2027 par le gouvernement, la suspension coûterait avec l’élargissement 300 millions en 2026 et 1,9 milliard en 2027. Elle pourrait être financée par une hausse de la CSG sur les revenus du capital votée dans le même budget.Et si les socialistes ne boudent pas leur plaisir d’avoir réussi à faire bouger Emmanuel Macron sur sa principale réforme du second quinquennat, les Insoumis restent vent debout contre “une trahison” du PS sur “l’abrogation” de la réforme, revendiquée par le Nouveau Front populaire aux législatives-2024.”Nous ne voterons pas cette compromission PS-Lecornu !”, dénonce Eric Coquerel (LFI) selon qui voter “ce décalage de 3 mois” revient à valider de facto aussi pour la première fois l’âge légal de 64 ans.Le “rapport de force, il porte ses fruits”, se réjouit au contraire Jérôme Guedj (PS).Une ligne de partage qui divise aussi les syndicats, la CFDT ayant salué une “vraie victoire”, quand la CGT fustige un “simple décalage”.De quoi susciter des interrogations à gauche. Les écologistes voteront pour. Les députés communistes voteront majoritairement contre ce qu’ils considèrent comme un simple “décalage” et non une “suspension”, selon leur président Stéphane Peu.- “On peut continuer” -Pour des raisons diamétralement opposées, une majorité du groupe LR devrait s’opposer à cette suspension, à l’instar des députés Horizons d’Édouard Philippe, qui a désapprouvé une concession “trop importante” au PS.Ces oppositions ne suffiront pas car “tous les députés RN” voteront pour la suspension, selon leur cheffe de file Marine Le Pen. Et les députés Renaissance s’abstiendront majoritairement, souvent à contrecœur, pour ne pas faire dérailler l’accord avec les socialistes. “Cinq ou six” devraient voter contre, selon une source au groupe.Le chemin sera de toute façon encore long pour l’adoption finale de cette suspension, qui sera accueillie en terrain hostile au Sénat, probablement à partir de samedi.En raison du retard accumulé, les députés n’auront peut-être pas la possibilité de voter en première lecture sur l’ensemble du budget de la Sécurité sociale, dont l’examen doit s’achever à ce stade mercredi à minuit, avec près de 400 amendements encore à examiner.Y a-t-il encore une chance d’aller au vote ? “Non”, estimait sobrement un député PS mercredi matin. “On peut continuer” les débats au-delà de minuit, insiste le député LFI Hadrien Clouet, interpellant le gouvernement, arguant que ce dernier peut à partir de minuit transmettre le texte au Sénat, mais n’est pas obligé de le faire.Les Insoumis estiment que socialistes et gouvernement se sont entendus pour jouer la montre pour ne pas prendre le risque d’un rejet du budget dans l’hémicycle.Car, si le RN vote pour la suspension de la réforme des retraites, il entend voter contre le texte dans son ensemble avec la suspension incluse.Cela pourrait contraindre les socialistes à voter avec les macronistes en faveur du texte global alors qu’ils préfèreraient s’abstenir, n’en cautionnant pas toutes les mesures.En l’absence de vote, le texte sera quoi qu’il arrive transmis au Sénat et le gouvernement s’est engagé à envoyé la copie de l’Assemblée, dans son état au moment de l’interruption des débats.parl-far-sac/sde/dch   

Energie: essor rapide des renouvelables, la demande de pétrole se stabilise “vers 2030”, selon l’AIE

Les renouvelables se déploient au niveau mondial plus vite que les énergies fossiles, malgré le changement de politique aux Etats-Unis, indique mercredi l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui, dans son scénario médian, voit la demande de pétrole “se stabiliser vers 2030”.Les renouvelables, tirées par l’électricité solaire, voient leur demande croître “plus rapidement que toute autre source majeure d’énergie, dans tous les scénarios” présentés par l’AIE dans son rapport annuel sur les perspectives énergétiques mondiales (WEO 2025).Dans ce rapport très attendu, publié au moment où se tient la conférence de l’ONU sur le climat COP30 à Belem, l’AIE présente trois scénarios sur le futur de l’énergie: l’un basé sur les politiques actuelles des pays, déclinant une vision “prudente” du rythme de la transition énergétique; un autre incluant les mesures à adopter pour atteindre la neutralité carbone en 2050, et un scénario médian incluant les mesures déjà annoncées par les Etats.Dans ce dernier, les Etats-Unis – du fait des changements de politiques annoncés – ont en 2035 35% de capacités renouvelables en moins par rapport aux prévisions de 2024, “mais au niveau mondial les renouvelables poursuivent leur expansion rapide”.La Chine en reste le premier marché – et premier fabricant – assurant 45 à 60% du déploiement ces dix prochaines années, dans tous les scénarios.Sur le partage des énergies, les chemins en revanche divergent: dans le scénario médian, la demande de charbon atteint un pic et le pétrole se stabilise “aux environs de 2030”. En revanche, le gaz continue à croître au cours des années 2030 contrairement aux précédentes prévisions, du fait de la nouvelle politique américaine et de prix plus bas.Il y a deux ans, l’AIE avait évoqué un pic de la demande de tous les fossiles (pétrole, charbon, gaz) dès cette décennie.Dans le scénario basé sur les politiques actuelles – le plus conservateur -, la demande de charbon commence à se replier avant la fin de cette décennie mais celle de pétrole et de gaz continue à croître jusqu’en 2050.L’AIE ressuscite ainsi ce scénario, abandonné en 2020 dans un contexte d’élan global de la transition énergétique. Son retour est abondamment commenté par les défenseurs du climat dont certains y voient le signe d’une “pression” américaine sur l’AIE. “En résumé, l’AIE régresse”, a commenté Stephan Singer, du réseau CAN International.Pour Rachel Cleetus, de l’Union of Concerned Scientists, interrogée à Belem, ce scenario “n’est pas représentatif de la réalité de l’accélération (de la transition) dans le monde, ses motivations sont politiques”.Du point de vue de l’AIE, ces scenarios multiples tirent les conséquences de changements de politiques et d’incertitudes économiques, réflétant aussi des “visions des gouvernements concernant l’avenir de l’énergie” qui “divergent largement”, a indiqué le directeur de l’agence Fatih Birol à la presse.- “Deux sujets critiques” -Agence de l’OCDE, l’AIE est aujourd’hui dans le collimateur de la pro-pétrole et climatosceptique administration Trump.”Nous réformerons le fonctionnement de l’AIE ou nous nous retirerons”, avait averti en juillet le secrétaire américain à l’Energie Chris Wright.L’institution, créée en 1974 pour aider les pays riches à affronter le choc pétrolier, a produit depuis les années 2020 des scénarios décrivant un déclin des énergies fossiles et modélisé le chemin à suivre pour atteindre la neutralité carbone, condition pour endiguer le réchauffement.Le rapport, qui appelle à la coopération et reconnaît la préoccupation des gouvernements d’assurer la sécurité énergétique, aborde de nombreux enjeux: boom de la demande d’énergie et notamment d’électricité, tirée par la climatisation, les centres de données et les véhicules propres, et aussi les défis de l’approvisionnement en métaux critiques.Et surtout, sur “deux sujets critiques, le monde est en-deça des objectifs qu’il s’est fixés, insiste-t-il: l’accès universel à l’énergie et le changement climatique”.Les trois scénarios entraîneront le monde au-delà de 1,5°C de réchauffement, et même à presque 3°C d’ici 2100 pour le moins ambitieux. Seul le scénario “neutralité carbone” permettrait, à plus long terme, de revenir sous ce seuil de 1,5°C, souligne l’AIE, qui relève que 2024 a été l’année la plus chaude enregistrée. Dans ce scenario, synonyme de forte adoption des énergies bas carbone, il n’y aurait “pas besoin, dans l’ensemble, (d’investissements) dans de nouveaux champs conventionnels” pour satisfaire la demande en pétrole et gaz, a indiqué Tim Gould, chef économiste Energie de l’AIE.

Emmanuel Macron vient à Toulouse “sonner le tocsin” sur les réseaux sociaux

Au milieu d’un cercle de quelque 300 personnes, le président Emmanuel Macron est venu mercredi à Toulouse “sonner le tocsin” sur le risque que font peser les réseaux sociaux sur la démocratie française.”L’objectif, c’est d’aller vers des décisions concrètes au début de l’année 2026″, a-t-il déclaré au début d’un débat au siège de la Dépêche du Midi, le premier d’un cycle de discussions avec les lecteurs de la presse quotidienne régionale. A la manière des débats de l’époque des gilets jaunes, le chef de l’Etat, au centre d’un cercle de six rangées de sièges installés dans l’imprimerie du journal, a souligné que “nos réseaux sociaux, c’est comme une agora où on serait tous avec des cagoules et où celui qui crie le plus fort a plutôt raison”.Le jour où la suspension de sa réforme phare des retraites doit être entérinée à l’Assemblée nationale, le président de la République vient à Toulouse pour échanger sur la “démocratie à l’épreuve des réseaux sociaux” mais aussi, dans l’après-midi, pour présenter la stratégie spatiale nationale.A l’occasion de cette visite, quelque 250 agriculteurs à bord d’une soixantaine de tracteurs se sont rassemblés pour “exiger des engagements clairs et fermes du président de la République en faveur de l’agriculture française”, selon la FNSEA à l’initiative du mouvement. Le syndicat agricole est ulcéré par les propos du chef de l’État, qui s’est dit “plutôt positif” mais “vigilant” sur la possibilité d’accepter l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur.Une délégation, comprenant l’ensemble des organisations syndicales agricoles, doit être reçue à 13H30 par le président pour une entrevue, organisée dans les locaux de l’Ecole nationale d’aviation civile (ENAC), non loin du Centre national d’études spatiales (CNES) où M. Macron doit ensuite se rendre.L’Élysée n’a pas confirmé dans l’immédiat, se bornant à dire à l’AFP que des discussions étaient en cours avec les représentants agricoles. Mais la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annulé tous ses rendez-vous du jour pour rejoindre le président Macron à Toulouse, selon le ministère. – Complotisme, infox et éducation -Au siège de La Dépêche du Midi, dans l’ouest de la Ville rose, M. Macron a déclaré que “les réseaux sociaux bousculent notre rapport à la formation de nos opinions publiques, aux élections et donc à notre vie démocratique.””On a vu ces derniers temps, dans les élections qui se sont tenues, comment les réseaux sociaux devenaient des agents soit d’interférence, soit de dégénérescence”, a-t-il dit à propos des élections en Moldavie et en Roumanie.Il a jugé insuffisant ce qui avait déjà été réalisé pour “réguler et changer” les choses. C’est pourquoi il a tenu “à sonner le tocsin”, afin de prendre “les bonnes décisions collectives pour faire face à ces défis, à la fois pour nos jeunes et pour le bon fonctionnement démocratique”. Il a notamment estimé qu’il fallait aller “vers une interdiction des réseaux sociaux jusqu’à un certain âge”.Le président, en retrait sur la scène politique intérieure depuis la dissolution ratée de 2024, entend faire des effets néfastes des écrans et des réseaux sociaux son nouveau cheval de bataille dans la dernière ligne droite du quinquennat avant les municipales de 2026 et la présidentielle de 2027.- L’espace, “endroit de contestation” -Le président de la République doit ensuite inaugurer des bâtiments du Commandement de l’espace (CDE) où il dévoilera la stratégie nationale spatiale française à l’horizon 2040 pour faire face à la compétition mondiale, tant civile que militaire.”L’espace n’est plus un endroit paisible, c’est un endroit de contestation”, dont certaines “extrêmement agressives de la part de nos compétiteurs, parmi lesquels la Russie”, fait valoir l’Elysée.”Dans l’espace, le mot d’ordre est d’accélérer immédiatement. (…) Face à la militarisation de l’espace, le temps n’est plus celui des politesses de la défense active mais bien des actions offensives”, jugeait jeudi le chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace, le général Jérôme Bellanger.Emmanuel Macron doit donc, selon l’Elysée, donner mercredi après-midi “une vision”, “un calendrier” et “fixer un objectif” pour cette stratégie, qu’il devrait décliner selon cinq piliers: la “souveraineté en matière d’accès à l’espace”, les compétences industrielles, la défense, “la science et l’exploration”, ainsi que la coopération, tant intra-européenne qu’avec les alliés non-européens.

Réforme des retraites: les députés vont enfin voter

Exigée par les socialistes pour ne pas censurer le gouvernement Lecornu, la suspension de la réforme des retraites est enfin débattue mercredi à l’Assemblée et devrait être approuvée en première lecture, même si les échanges s’annoncent houleux à gauche.Peu après 15H00, les députés débattront de l’article du projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui suspend jusqu’à janvier 2028 la marche en avant vers les 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser.Concrètement, la génération née en 1964 partirait à 62 ans et 9 mois (comme la précédente) au lieu des 63 ans prévus par la réforme. Ces assurés partiraient avec 170 trimestres cotisés au lieu de 171.Si aucune autre réforme n’était votée après la présidentielle, l’application de la réforme Borne reprendrait ensuite, avec un trimestre de décalage.Pour s’assurer du vote des socialistes, voire de certains écologistes et communistes, le gouvernement a déposé un amendement pour élargir cette suspension, notamment aux carrières longues, aux catégories “actives” et “superactives” de la fonction publique (pompiers, aides-soignantes…) et aux personnes nées au premier trimestre 1965.Une ouverture qui a un coût : évaluée à 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard en 2027 par le gouvernement, la suspension coûterait avec l’élargissement 300 millions en 2026 et 1,9 milliard en 2027. Elle pourrait être financée par une hausse de la CSG sur les revenus du capital votée dans le même budget.Et si les socialistes ne boudent pas leur plaisir d’avoir réussi à faire bouger Emmanuel Macron sur sa principale réforme du second quinquennat, les Insoumis restent vent debout contre “une trahison” du PS sur “l’abrogation” de la réforme, revendiquée par le Nouveau Front populaire aux législatives-2024.”Nous ne voterons pas cette compromission PS-Lecornu !”, dénonce Eric Coquerel (LFI) selon qui voter “ce décalage de 3 mois” revient à valider de facto aussi pour la première fois l’âge légal de 64 ans.Le “rapport de force, il porte ses fruits”, se réjouit au contraire Jérôme Guedj (PS).Une ligne de partage qui divise aussi les syndicats, la CFDT ayant salué une “vraie victoire”, quand la CGT fustige un “simple décalage”.De quoi susciter des interrogations à gauche. “Je suis sensible à ce que dit la CGT” mais voter contre serait “difficilement compréhensible pour les travailleurs”, confie Alexis Corbière, dont le groupe écologiste se réunit à 13H00 pour trancher.- “On peut continuer” -Pour des raisons diamétralement opposées, une majorité du groupe LR devrait s’opposer à cette suspension, à l’instar des députés Horizons d’Édouard Philippe, qui a désapprouvé une concession “trop importante” au PS.Ces oppositions ne suffiront pas car “tous les députés RN” voteront pour la suspension, selon leur leur cheffe de file Marine Le Pen. Et les députés Renaissance s’abstiendront majoritairement, souvent à contrecœur, pour ne pas faire dérailler l’accord avec les socialistes. “Cinq ou six députés” devraient voter contre, selon une source au groupe.Le chemin sera de toute façon encore long pour l’adoption finale de cette suspension, qui sera accueillie en terrain hostile au Sénat, probablement à partir de samedi.En raison du retard accumulé, les députés n’auront peut-être pas la possibilité de voter en première lecture sur l’ensemble du budget de la Sécurité sociale, dont l’examen doit s’achever à ce stade mercredi à minuit, avec près de 400 amendements encore à examiner.Y’a-t-il encore une chance d’aller au vote ? “Non”, estimait sobrement un député PS mercredi matin. “On peut continuer” les débats au-delà de minuit, insistait quelques heures plus tard le député LFI Hadrien Clouet, interpellant le gouvernement, arguant que ce dernier peut à partir de minuit transmettre le texte au Sénat, mais n’est pas obligé de le faire.Les Insoumis estiment que socialistes et gouvernement se sont entendus pour jouer la montre pour ne pas prendre le risque d’un rejet du budget dans l’hémicycle.Car, si le RN vote pour la suspension de la réforme des retraites, il entend voter contre le texte dans son ensemble avec la suspension incluse.Cela pourrait contraindre les socialistes à voter avec les macronistes en faveur du texte global alors qu’ils préfèreraient s’abstenir, n’en cautionnant pas toutes les mesures.En l’absence de vote, le texte sera quoi qu’il arrive transmis au Sénat et le gouvernement s’est engagé à envoyé la copie de l’Assemblée, dans son état au moment de l’interruption des débats.parl-far-sac/hr/asm

USA: la Chambre des représentants vote pour clore sept semaines de paralysie budgétaire

La Chambre américaine des représentants doit voter mercredi un texte, salué comme “une très grande victoire” par Donald Trump, pour mettre fin à la plus longue paralysie budgétaire de l’histoire des Etats-Unis.La puissante commission des règles de la Chambre, qui examine les projets de loi avant qu’ils ne soient soumis au vote des parlementaires, a indiqué sur son site internet avoir donné son feu vert mardi soir (8 voix contre 4) à l’examen du projet de loi adopté par le Sénat lundi.Grâce à ce feu vert procédural indispensable, la Chambre dominée par les républicains pourra voter le texte mercredi en soirée. Il ne resterait alors que la signature présidentielle pour lever le “shutdown”.Après plus de 40 jours d’impasse, huit sénateurs démocrates avaient fini par rendre les armes lundi en votant avec leurs collègues républicains le projet de texte budgétaire.Cette proposition de loi, adoptée par la marge minimum de 60 voix contre 40, étend le budget actuel jusqu’à fin janvier. Le texte laisse en revanche dans le flou la prolongation de l’assurance santé pour les plus modestes (“Obamacare”), au grand dam de la base et de nombreux élus démocrates.Seule concession à l’opposition, le texte prévoit la réintégration et le paiement des salaires de ceux qui ont été licenciés ou mis en chômage technique depuis le début du “shutdown”. Quelque 650.000 fonctionnaires ont été mis en congé sans solde et 600.000 autres ont travaillé sans rémunération.Le projet de loi prévoit également des fonds pour le programme d’aide alimentaire jusqu’en septembre prochain.”Notre long cauchemar national touche enfin à sa fin”, s’est félicité le chef républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson. “Nous rouvrons notre pays, il n’aurait jamais dû être fermé”, s’est réjoui de son côté le président Donald Trump. – “Capitulation” -Huit voix de l’opposition étaient nécessaires pour adopter le texte, même si les républicains sont majoritaires au sénat. Et les huit qui l’ont voté se sont attiré les foudres de nombreux membres du camp démocrate, qui dénoncent de maigres concessions et de fausses promesses républicaines.Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, s’est ainsi lamenté sur X d’une “capitulation” et d’une “trahison” envers l’Amérique qui travaille.La polémique vise principalement Chuck Schumer, chef des démocrates au Sénat. S’il a voté non au texte, il est soupçonné par de nombreux élus et sympathisants démocrates d’avoir poussé en coulisses pour un accord.Le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, a pour sa part exhorté les républicains à tenir leur engagement d’organiser bientôt un vote au Congrès pour prolonger certaines subventions de l'”Obamacare”.”Maintenant, il va falloir voir s’il y aura des actes ou si c’était seulement des mots”, a déclaré Hakeem Jeffries sur CNN.- Santé “inabordable” -La question de ces subventions est au coeur du différend qui a mené au “shutdown”. Sans leur prolongation, les coûts de l’assurance santé devraient plus que doubler en 2026 pour 24 millions d’Américains qui utilisent “Obamacare”, selon KFF, un cercle de réflexion spécialisé sur les questions de santé.”La santé des gens à travers ce pays est sur le point de devenir inabordable (…) Et cela en Amérique, le pays le plus riche au monde dans l’Histoire!”, a dénoncé Hakeem Jeffries lors d’une conférence de presse mardi au Capitole.Depuis le 1er octobre, plus d’un million de fonctionnaires ne sont pas payés. Le versement de certaines aides est fortement perturbé, tout comme le trafic aérien.En raison de pénuries de contrôleurs aériens, certains choisissent de se faire porter pâle plutôt que de travailler sans salaire. Des dizaines de milliers de vols ont été annulés ces derniers jours dans le pays.Le ministre des Transports, Sean Duffy, a lancé un nouvel avertissement mardi: si la Chambre des représentants n’adopte pas rapidement le nouveau texte budgétaire, de nouvelles répercussions sont à attendre dans les aéroports.

Vin: la production mondiale attendue en 2025 se ressaisit, mais reste basse

Bouleversée par les dérèglements climatiques, la production mondiale de vin devrait en 2025 être de nouveau “bien en-deçà des moyennes récentes”, même si elle remonte “légèrement” par rapport à la terrible année 2024, prévoit l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV).Par rapport à l’an dernier, qui avait connu la plus faible vendange depuis 1961, la production viticole devrait cette année être en “légère reprise” de 3% à quelque 232 millions d’hectolitres (mhl), anticipe l’OIV d’après les données de 29 pays représentant 85% de la production.Pour autant ce volume devrait rester bien en-deça de la moyenne quinquennale (-7%), et ce pour la 3e année consécutive, “confirmant une période d’offre mondiale réduite, sous l’effet des défis climatiques et des nouveaux modes de consommation”, souligne l’OIV, organisation intergouvernementale centenaire réunissant 51 Etats.Cette année encore, “la variabilité climatique est restée le facteur dominant”, note-t-elle.Ce phénomène est particulièrement marqué en Europe (qui assure toujours quelque 60% de la production totale).Le continent, qui a fortement souffert l’an dernier, se ressaisit, à 140 mhl attendus dans l’UE (+2%), mais demeure largement en-dessous de sa moyenne de 2020-24 (-8%), révélant “l’influence croissante des événements climatiques extrêmes” sur le vin dans cette région de production historique, note l’OIV.Si cette estimation se confirmait, il s’agirait de la 2e vendange la plus faible enregistrée sur cette zone depuis le début du siècle.Les contrastes régionaux y sont cependant marqués, y compris au sein des pays, avec des zones plus ou moins bien ou mal loties en fonction des intempéries: sécheresse ici, pluies continues ailleurs…La France s’attend à 35,9 mhl, une récolte de 16% inférieure à sa moyenne sur cinq ans, affectée par la chaleur et la sécheresse, et dans une moindre mesure par des plans d’arrachage de vignes. Si ce chiffre se vérifie, ce sera sa plus faible production depuis 1957, note l’OIV.Mêmes difficultés en Espagne, à 29,4 mhl attendus, sous l’effet d’une sécheresse installée depuis trois ans accentuée par des épisodes de chaleur et de grêle. Portugal et Allemagne ont eux subi des pluies torrentielles. Premier producteur mondial, l’Italie, à 47,4 mhl, retrouve en revanche ses volumes moyens, quand une poignée de pays d’Europe du centre et de l’est dépassent leur moyenne (Hongrie, Roumanie, Autriche).- Marché à l’équilibre -Les Etats-Unis, 4e producteur mondial, ne récupèrent que partiellement leurs volumes, à 21,7 mhl, soit +3% par rapport à la faible vendange de 2024.Quant à l’hémisphère Sud (49 mhl attendus), le bilan là aussi est mitigé, et globalement en-deça de la moyenne quinquennale, toujours pour cause de “défis climatiques”, note l’OIV, qui publiera des chiffres définitifs en avril.La reprise ainsi est “modeste” en Afrique du sud, Australie, Nouvelle-Zélande et Brésil, compensant juste un recul marqué au Chili où canicules, pluies irrégulières et manque d’eau ont miné les rendements.Pour autant cette situation générale peut permettre au marché de retrouver un équilibre global, relève l’OIV sur un ton plus positif: “cela peut contribuer à stabiliser les stocks”, alors que la consommation de vin recule et que le commerce international — où s’écoule une bouteille sur deux — évolue dans un contexte d'”incertitudes accrues”.”Nous ne devons pas oublier qu’il y a des individus et des régions qui pâtissent de ces conséquences climatiques”, souligne son directeur général John Barker à l’AFP. “Mais si nous regardons d’un point de vue global, il est positif de voir un meilleur équilibre entre l’offre et la demande mondiales, et cela renforce les prix à l’export”, a-t-il dit à l’AFP.Selon les derniers chiffres officiels recueillis par l’OIV, la consommation mondiale de vin a de nouveau reculé en 2024, pour atteindre son plus bas niveau en plus de 60 ans. En cause, des perturbations conjoncturelles (inflation, hausse des coûts), mais aussi une tendance de fond, constatée depuis 2018.

USA: la Chambre des représentants vote pour clore la paralysie budgétaire

La Chambre américaine des représentants doit voter mercredi un texte, salué comme “une très grande victoire” par Donald Trump, pour mettre fin à la plus longue paralysie budgétaire de l’histoire des Etats-Unis.La puissante commission des règles de la Chambre, qui examine les projets de loi avant qu’ils ne soient soumis au vote des parlementaires, a indiqué sur son site internet avoir donné son feu vert mardi soir (8 voix contre 4) à l’examen du projet de loi adopté par le Sénat lundi.Grâce à ce feu vert procédural indispensable, la Chambre dominée par les républicains pourra voter le texte mercredi en soirée. Il ne resterait alors que la signature présidentielle pour lever le “shutdown”.La commission n’a fait aucun cadeau à l’opposition, rejetant une série d’amendements proposés par les démocrates, dont un visant à prolonger les subventions d’assurance santé arrivant à expiration, une revendication majeure pour la plupart d’entre eux.Mais les républicains ont averti que toute modification du texte le renverrait au Sénat, ce qui prolongerait la paralysie budgétaire.Après plus de 40 jours d’impasse, le Sénat avait adopté lundi cette proposition de loi qui prolonge le budget actuel jusqu’à fin janvier. “Notre long cauchemar national touche enfin à sa fin”, avait lancé le chef républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson.”Nous rouvrons notre pays, il n’aurait jamais dû être fermé”, s’est réjoui de son côté le président Donald Trump. – “Capitulation” -En raison des règles en vigueur au Sénat sur le budget, plusieurs voix démocrates étaient nécessaires pour adopter le texte, même si les républicains y sont majoritaires. Finalement, huit sénateurs de l’opposition ont accepté de voter pour, après d’ultimes négociations en coulisses.Ces élus, connus pour la plupart comme de tendance centriste, ont obtenu l’annulation du licenciement de milliers de fonctionnaires fédéraux par l’administration Trump depuis le début de la paralysie.Mais ils se sont attiré les foudres de nombreux membres de leur camp, qui dénoncent de maigres concessions et des promesses républicaines en l’air.Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, s’est ainsi lamenté sur X d’une “capitulation” et d’une “trahison” envers l’Amérique qui travaille.La polémique vise principalement Chuck Schumer, chef des démocrates au Sénat. S’il a voté non au texte, il est soupçonné par de nombreux élus et sympathisants démocrates d’avoir poussé en coulisses pour un accord avec les républicains.Le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, a pour sa part exhorté les républicains à tenir leur engagement d’organiser bientôt un vote au Congrès pour prolonger certaines subventions de l'”Obamacare”, principal programme public d’assurance santé pour les Américains à bas revenus.”Maintenant, il va falloir voir s’il y aura des actes ou si c’était seulement des mots”, a déclaré Hakeem Jeffries sur CNN.- Santé “inabordable” -La question de ces subventions est au coeur du différend qui a mené au “shutdown”. Sans leur prolongation, les coûts de l’assurance santé devraient plus que doubler en 2026 pour 24 millions d’Américains qui utilisent “Obamacare”, selon KFF, un cercle de réflexion spécialisé sur les questions de santé.”La santé des gens à travers ce pays est sur le point de devenir inabordable (…) Et cela en Amérique, le pays le plus riche au monde dans l’Histoire!”, a dénoncé Hakeem Jeffries lors d’une conférence de presse mardi au Capitole.Depuis le 1er octobre, plus d’un million de fonctionnaires ne sont pas payés. Le versement de certaines aides est fortement perturbé, tout comme le trafic aérien.En raison de pénuries de contrôleurs aériens, certains choisissent de se faire porter pâle plutôt que de travailler sans salaire. Des dizaines de milliers de vols ont été annulés ces derniers jours dans le pays.Le ministre des Transports, Sean Duffy, a lancé un nouvel avertissement mardi: si la Chambre des représentants n’adopte pas rapidement le nouveau texte budgétaire, de nouvelles répercussions sont à attendre dans les aéroports.

Energies: élan des renouvelables, pic possible du pétrole “vers 2030”, selon l’AIE

Les énergies renouvelables se déploient au niveau mondial plus vite que les énergies fossiles, malgré le changement des politiques climatiques aux Etats-Unis, indique mercredi l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui, dans son scénario médian, voit aussi la demande de pétrole “se stabiliser vers 2030”.Les renouvelables, tirées par le solaire photovoltaïque, voient leur demande croître “plus rapidement que toute autre source majeure d’énergie, dans tous les scénarios” présentés par l’AIE dans son rapport annuel sur les perspectives énergétiques mondiales (WEO 2025).Dans ce rapport très attendu par les décideurs, publié alors que se tient la conférence de l’ONU sur le climat COP30 à Belem, l’AIE présente trois scénarios sur le futur de l’énergie dans le monde: l’un basé sur les politiques actuelles des pays, un autre incluant les mesures à adopter pour atteindre la neutralité carbone en 2050, et un scénario médian incluant les mesures déjà annoncées par les Etats.Dans ce scénario médian, les Etats-Unis, du fait des changements de politiques annoncés, ont en 2035 35% de capacités renouvelables en moins par rapport aux prévisions de 2024, “mais au niveau mondial les renouvelables poursuivent leur expansion rapide”.La Chine en reste le premier marché – et premier fabricant – assurant 45 à 60% du déploiement ces dix prochaines années, quels que soient les scénarios.Sur le partage des énergies, les chemins en revanche divergent: dans le scénario médian, la demande de charbon atteint un pic et le pétrole se stabilise “aux environs de 2030”. En revanche, le gaz continue à croître au cours des années 2030 contrairement aux précédentes prévisions, du fait de la nouvelle politique américaine et de prix plus bas.Il y a deux ans, l’AIE avait évoqué un pic de la demande de tous les fossiles (pétrole, charbon, gaz) dans la décennie.Dans le scénario basé sur les politiques actuelles – le plus conservateur, la demande de charbon commence à se replier avant la fin de cette décennie, mais celle de pétrole et de gaz continue à croître jusqu’en 2050.Cette année, l’AIE a ressuscité ce scénario, qu’elle avait abandonné en 2020 dans le contexte d’un élan global vers la transition énergétique. Son retour est abondamment commenté par les défenseurs du climat dont certains y voient le signe d’une “pression” américaine sur l’AIE. “En résumé, l’AIE régresse”, a commenté Stephan Singer, du réseau CAN International.Pour Rachel Cleetus, de l’Union of Concerned Scientists, interrogée à Belem, ce scenario “n’est pas représentatif de la réalité de l’accélération (de la transition) dans le monde, ses motivations sont politiques”.- “Deux sujets critiques” -Agence de l’OCDE, l’AIE est aujourd’hui dans le collimateur de la propétrole et climatosceptique administration Trump.”Nous réformerons le fonctionnement de l’AIE ou nous nous retirerons”, avait averti en juillet le secrétaire américain à l’Energie Chris Wright.L’institution, créée en 1974 pour aider les pays riches à affronter le choc pétrolier, a produit depuis les années 2020 des scénarios décrivant un déclin des énergies fossiles et modélisé le chemin à suivre pour atteindre en 2050 la neutralité carbone nécessaire pour freiner le réchauffement planétaire.Pour ce nouveau rapport très scruté, l’AIE précise que les trois voies explorées “ne sont pas des prévisions” et qu'”il n’y a pas de scénario unique”.Si la sécurité énergétique est la préoccupation centrale de nombreux gouvernements, “leurs réponses doivent prendre en considération les synergies et compromis pouvant surgir d’autres objectifs -accessibilité, compétitivité, changement climatique”, indique le directeur de l’Agence, Fatih Birol, dans un communiqué.Le rapport, qui appelle à la coopération et aux efforts concertés, aborde de fait bien des enjeux: le boom de la demande d’énergie, et en particulier l’essor de l’électricité, les défis de l’approvisionnement en métaux critiques…Et surtout, sur “deux sujets critiques, le monde est en-deça des objectifs qu’il s’est fixés, insiste-t-il: l’accès universel à l’énergie et le changement climatique”.Les trois scénarios entraîneront le monde au-delà de 1,5°C de réchauffement, et même à presque 3°C d’ici 2100 pour le plus conservateur. Seul le scénario “neutralité carbone” permettrait, à plus long terme, de revenir sous ce seuil de 1,5°C, souligne l’AIE, qui relève que 2024 a été l’année la plus chaude enregistrée.”Les délégués à la COP30 ont l’opportunité de choisir lequel de ces scénarios deviendra une réalité vécue pour des milliards de personnes dans le monde”, a déclaré Sriram Madhusoodanan, de US Climate Action Network.Le secteur de l’énergie devra en tout cas “se préparer aux risques générés” notamment par des températures accrues. Selon l’AIE, plus de 200 millions de foyers ont subi en 2023 des dysfonctionnements liés aux infrastructures, à 85% des incidents sur les lignes et réseaux.

La Bourse de Paris profite de l’optimisme et de l’appétit pour le risque

La Bourse de Paris évoluait dans le vert mercredi, l’optimisme et l’appétit pour le risque des investisseurs faisant leur retour avec l’imminence de la levée du “shutdown” qui paralyse les Etats-Unis depuis plus de 40 jours.Vers 10H45 heure de Paris, l’indice vedette de la Bourse de Paris, le CAC 40, prenait 84,40 points, soit + 1,03%, à 8.240,63 points. Mardi, il a terminé en hausse de 1,25% à 8.156,23 points.Le CAC 40 n’est désormais plus qu’à une dizaine de points de son record absolu en séance (8.271,48 points le 21 octobre) et en clôture (8.258,86 points le 21 octobre également).Ce mouvement est lié “à une amélioration de l’appétit pour le risque”, affirme Daniela Hathorn, analyste de Capital.com.Les discussions en cours “sur une législation visant à mettre fin au +shutdown+ du gouvernement ont levé un poids majeur sur les marchés mondiaux”, précise-t-elle.La Chambre américaine des représentants doit voter mercredi pour lever la paralysie budgétaire, une “très grande victoire”, selon le président américain Donald Trump.Après plus de 40 jours d’impasse, le Sénat a adopté lundi une proposition de loi qui prolonge le budget actuel jusqu’à fin janvier. La Chambre doit en débattre à partir de mercredi, avec un vote attendu possiblement dans la soirée. Il ne resterait alors que la signature présidentielle pour lever le “shutdown”.L’analyste évoque par ailleurs une rotation sectorielle sur les marchés: “les investisseurs délaissent les grandes valeurs technologiques et défensives au profit des banques, du secteur des loisirs et de l’énergie”.”Cette dynamique profite aux marchés européens, qui attirent aussi les investisseurs en quête de diversification régionale après une forte exposition aux valeurs technologiques américaines”, poursuit-elle.L’indice Stoxx Europe 600 (+0,61%), qui réunit les 600 plus grosses capitalisations boursières du continent, a d’ailleurs touché un nouveau record historique en séance mercredi.Chute d’EdenredEdenred, société qui commercialise les Ticket Restaurant, chute à la Bourse de Paris après l’annonce par le groupe d’un changement réglementaire défavorable au Brésil, pays qui représente près de 10% de son activité.Le titre du groupe perdait 9,72% à 19,13 euros vers 10H30 heure de Paris, peu après avoir perdu plus de 10%.Le groupe a annoncé dans un communiqué mercredi redouter une baisse “comprise entre 8% et 12%” de son Ebitda organique (excédent brut d’exploitation, indicateur de rentabilité) en 2026, contre une hausse de 2 à 4% prévue précédemment, sur fond de publication imminente par le gouvernement brésilien d’un décret concernant le “dispositif des titres-restaurant et titres-alimentation” du pays.Veolia se maintientVeolia était en hausse de 0,31% à 29,31 euros vers 10H30 heure de Paris après avoir annoncé mercredi avoir remporté ou prolongé trois contrats de gestion de l’eau en Australie, auprès d’opérateurs publics, pour un montant total de 700 millions de dollars australiens (395 millions euros).Le premier contrat, de 15 ans et avec une option de prolongation de cinq ans, porte sur six usines de traitement de l’eau autour de Ballarat, ville de l’Etat de Victoria située à l’ouest de Melbourne.

Reprise partielle ou liquidation? L’aciériste Novasco va connaître son sort

Le sort des 760 salariés de l’aciériste Novasco, en redressement judiciaire, pourrait être scellé mercredi par la justice, appelée lors d’une nouvelle audience à dire si l’entreprise est reprise au prix d’une casse sociale importante, ou si elle met tout bonnement la clé sous la porte.Les deux repreneurs potentiels de l’ex-Ascométal ont commencé à être entendus dans la matinée par la chambre commerciale du tribunal judiciaire de Strasbourg, qu’ils espèrent convaincre que leurs offres sont sérieusement financées.Il s’agit de l’industriel français Europlasma et d’un consortium d’investisseurs français réunis autour de Julien Baillon, à la tête de la PME ardennaise Métal Blanc, reçus à partir de 09H30 en audience non publique.Quelques dizaines de salariés, venus en autocar depuis le site d’Hagondange (Moselle), se sont rassemblés devant le palais de justice de Strasbourg, où la CGT a installé une tente et sert du café. “Quoi qu’il arrive, ce sera une mauvaise journée pour les salariés”, a dit aux journalistes Yann Amadoro, délégué syndical CGT du site mosellan. La décision, qui s’annonce “catastrophique” ou “extrêmement catastrophique”, devrait être rendue en fin de semaine, selon lui.”On sait très bien que pour nous, Hagondange c’est fini”, a résumé David Grosse, élu CGT. “On va se battre pour notre usine encore, tant qu’on peut, (pour) des accompagnements dignes”, a-t-il poursuivi. “On est en deuil, on ne sait pas trop où on va aller”, a commenté pour sa part son collègue Amar Mokrani.Europlasma propose de reprendre les sites de Saint-Etienne, Custines (Meurthe-et-Moselle) et Leffrinkoucke près de Dunkerque (Nord). Le principal, l’aciérie électrique d’Hagondange, pourrait l’être aussi mais au prix de licenciements massifs – seuls 75 emplois seraient sauvés, sur les 450 actuels.Le consortium autour de Métal Blanc, en revanche, n’a proposé de reprendre que le site des Dunes, à Leffrinkoucke. – “Catastrophe sociale majeure” -Les candidats à la reprise devront toutefois présenter davantage de preuves du sérieux de leur plan que lors de l’audience précédente, a prévenu M. Amadoro. Et si aucun des deux ne convainc le tribunal, celui-ci pourra prononcer la liquidation de l’entreprise, envoyant au chômage ses près de 760 salariés.”Dans tous les cas, nous allons vers une catastrophe sociale majeure, en particulier pour Hagondange : 450 salariés, 450 familles, un territoire”, craint l’intersyndicale (CGT, CFDT, CFE-CGC) dans un communiqué.”Ca va être difficile, je préfère le dire tout de suite, ça va être difficile”, a répété le ministre de l’Industrie Sébastien Martin dimanche.Il est même allé jusqu’à former le voeu de “redonner un avenir” à “ce site”, semblant parler de l’usine d’Hagondange, dont il espère qu’elle “ne ferme pas et ne soit pas une friche”.Ce serait un nouveau coup dur pour la Moselle, déjà durement éprouvée par la désindustrialisation.- “non-sens écologique” -Dans les jours à venir, les salariés d’Hagondange ont prévu des actions de blocage jeudi et vendredi, pour réclamer des conditions améliorées de départ. Et des représentants du personnel de Novasco doivent être reçus par le ministre de l’Industrie en fin de semaine.Novasco, qui fabrique des aciers spéciaux, notamment pour le secteur automobile, en est à son quatrième redressement judiciaire depuis 2014.Le groupe avait été repris en 2024 par le fonds d’investissement britannique Greybull Capital, qui avait promis d’y injecter 90 millions d’euros tandis que l’Etat verserait 85 millions.Si l’Etat a globalement tenu ses engagements financiers, Greybull n’a apporté que 1,5 million d’euros, selon les syndicats.”On va voir comment ils comptent assumer une part de leur responsabilité”, a déclaré la semaine dernière le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin.Les syndicats en appellent aux pouvoirs publics pour sauver cette aciérie électrique, dont la disparition serait, selon eux, un “non-sens écologique et stratégique” dans un secteur où il est difficile de réduire les émissions de gaz à effet de serre. “L’Etat est responsable, il doit garantir le maintien de tous les emplois”, proclamait ainsi une pancarte affichée par les salariés mercredi devant le tribunal de Strasbourg.L’industrie sidérurgique européenne multiplie les plans de licenciements, souffrant entre autres de la concurrence chinoise, des coûts élevés de l’énergie, ainsi que des difficultés des constructeurs automobiles, gros consommateurs d’acier.