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Face aux menaces russes, Macron muscle la défense spatiale française avec 4,2 milliards d’euros

Face aux menaces russes, le président Emmanuel Macron a annoncé mercredi un investissement supplémentaire de 4,2 milliards d’euros pour la défense spatiale française d’ici à 2030.En présentant la nouvelle stratégie spatiale française à horizon 2040, le chef de l’Etat a notamment prôné le développement des futurs lanceurs européens réutilisables pour gagner en compétitivité face à SpaceX d’Elon Musk.”La guerre d’aujourd’hui se joue déjà dans l’espace et la guerre de demain commencera dans l’espace”, a déclaré le président francais à Toulouse, au siège du Commandement de l’espace, qu’il vient d’inaugurer. “Nous vivons l’espionnage, par exemple par la Russie, de nos satellites par des vaisseaux patrouilleurs, les brouillages massifs des signaux GPS, les attaques cyber contre nos infrastructures spatiales, les essais de missiles antisatellites, le développement d’armes antisatellites (…)  et même la menace russe, particulièrement choquante d’armes nucléaires dans l’espace”, a-t-il détaillé.Pour répondre à ces défis, il a annoncé qu’il entendait consacrer 4,2 milliards d’euros supplémentaires aux 6 milliards déjà prévus pour le spatial militaire d’ici 2030, dans le cadre de l’actualisation de la loi de programmation militaire.S’y ajouteront “plus de 16 milliards d’euros pour le spatiale français civil, en incluant les activités duales” (civiles et militaires), a-t-il ajouté.C’est toutefois bien en deçà des 35 milliards d’euros que le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a promis d’investir d’ici 2030 dans la défense spatiale allemande pour contrer les capacités militaires de la Russie et de la Chine.La France risque donc de se présenter en position de faiblesse pendant la conférence ministérielle de l’ESA prévue à Brême, en Allemagne, les 26 et 27 novembre. Le président français a également demandé de sortir du principe du “retour géographique” de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui garantit que chaque Etat membre récupère, sous forme de contrats industriels, une part des investissements proportionnelle à sa contribution au budget de l’agence, deux semaines avant le conseil ministériel crucial de l’ESA qui définira les budgets pour les trois ans à venir. Ce principe “a eu sa justification et son utilité à une époque, mais nous devons désormais tourner la page” pour que “nos champions européens soient compétitifs”, a-t-il insisté. Il a également souhaité le développement de futurs lanceurs spatiaux “autour de la réutilisation, la propulsion à bas coût, la motorisation à forte poussée” et “moderniser” la base spatiale européenne de Kourou, en Guyane française, “pour en faire un lieu agile, ouvert aux petits lanceurs et à des partenaires étrangers”.

Bourse de Paris: nouveau record en séance pour le CAC 40, moins d’un mois après son précédent

L’indice vedette de la Bourse de Paris a atteint mercredi un nouveau sommet historique profitant de la fin imminente du blocage budgétaire aux Etats-Unis, mais aussi des bons résultats de sociétés, de l’abondance de liquidités et d’un marché haussier qui ne cesse de rebondir.Le CAC 40 a dépassé son précédent sommet historique en séance, qui datait du 21 octobre, et affiche désormais un nouveau plus haut absolu en séance à 8.280,97 points.En clôture, le CAC 40 a terminé à 8.241,24 points, en hausse de 1,04%, à dix sept points de son précédent sommet en clôture.La course aux records dépasse les frontières françaises, les places de Madrid et Londres affichant également des niveaux historiques. Milan a quant à elle atteint un nouveau plus haut depuis 2000.”La perspective d’une fin du shutdown américain, attendue dans la journée, alimente la demande pour les actifs risqués”, explique Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.La Chambre américaine des représentants doit voter mercredi un texte, salué comme “une très grande victoire” par Donald Trump, pour mettre fin à la plus longue paralysie budgétaire de l’histoire des Etats-Unis. Ces plus de 40 jours d’impasse budgétaire, provoquée par un bras de fer sur les dépenses d’assurance santé pour les plus pauvres, ont mis des milliers de fonctionnaires au chômage technique.Cette fermeture des services publics faute d’accord budgétaire a aussi privé investisseurs et analystes de statistiques officielles sur l’état de santé de la première économie mondiale à l’heure où la réserve fédérale (Fed) réfléchit à baisser ou non à nouveau les taux directeurs en décembre.- Soulagement -La résolution de la paralysie budgétaire “est un élément de soulagement”, souligne Emmanuel Auboyneau d’Amplegest. “Cela provoquait un ralentissement et ne donnait aucune visibilité à la Réserve fédérale (Fed) qui du coup n’avait pas les éléments si elle pouvait baisser les taux ou pas”, a ajouté le gérant de portefeuille, interrogé par l’AFP.Les marchés espèrent en effet une nouvelle baisse des taux directeurs de la Banque centrale américaine en décembre, un facteur favorable aux investisseurs en actions.Dans la foulée d’une baisse des rendements obligataires américains à dix ans, les taux français ont aussi fondu à 3,37% contre 3,42% à la dernière clôture.  Autre élément de poids favorisant les Bourses, les résultats de sociétés ce trimestre, notamment américaines, ont dépassé les estimations pour le deuxième trimestre d’affilée. “C’est le deuxième trimestre d’affilée nettement au-dessus des estimations. Cela montre que la croissance est là”, souligne M. Auboyneau.Cette foison de records s’explique aussi par des politiques monétaires incitatives et par l’abondance de liquidités: “ces records partout signifient qu’il y a beaucoup de cash” à investir, note le gérant d’Amplegest. En France, le taux d’épargne approche les 19%, “c’est colossal”.Enfin, après une mauvaise séquence la semaine dernière sur les marchés affectés par les craintes de survalorisations des titres liés à l’IA, les investisseurs sont revenus en force pour des achats à bon compte. “C’est le propre d’un marché haussier. Dès qu’il y a une baisse, il y a des acheteurs qui arrivent”, souligne encore Emmanuel Auboyneau.Une rotation sectorielle s’effectue, explique Daniela Hathorn, analyste de Capital.com. “Les investisseurs délaissent les grandes valeurs technologiques au profit des banques, du secteur des loisirs et de l’énergie”, commente Daniela Hathorn, analyste de Capital.com. Et du luxe, ce qui profite au CAC 40, où le poids des valeurs du luxe représente quelque 20%. LVMH, en baisse au début de l’année, a gagné 7,29% depuis le début de la semaine.

La famille Saadé devient le 2e actionnaire de Carrefour

La famille Saadé, propriétaire de l’armateur marseillais CMA CGM, est entrée au capital de Carrefour à hauteur d’environ 4%, devenant son deuxième actionnaire, a annoncé mercredi le géant de la grande distribution.Le milliardaire Rodolphe Saadé entrera à cette occasion le 1er décembre au conseil d’administration du groupe, en remplacement d’Eduardo Rossi, qui représentait Peninsula, la holding de la famille du milliardaire brésilien Abilio Diniz décédé en février 2024. Devenue première actionnaire de Carrefour en mars 2024, Peninsula était récemment repassée en deuxième position avec une participation de 8,5%, qu’elle a finalement cédé, a annoncé le distributeur dans un communiqué distinct mercredi.La société Galfa, détenue par la famille Moulin-Houzé (Galeries Lafayette), reste le premier actionnaire de Carrefour, à hauteur d’environ 9,5%. Pour entrer au capital du deuxième distributeur alimentaire français, la famille Saadé a créé une nouvelle entité, Carrix, qu’elle co-détient avec CMA CGM, a précisé Carrefour dans son communiqué.Elle remplacera Peninsula comme administrateur indépendant “pour la durée restante de son mandat soit jusqu’à l’Assemblée générale 2028” et “sera membre du comité stratégique du Conseil d’admnistration”, est-il ajouté.Cité dans le communiqué, Rodolphe Saadé s’est dit “heureux d’entrer au capital” d’un groupe jouant “un rôle majeur dans l’alimentation et la distribution”. “En intégrant son conseil d’administration, je souhaite (…) accompagner le développement du groupe dans la durée”, a-t-il fait valoir. “L’engagement, la vision et l’expérience de Rodolphe Saadé apporteront une contribution majeure à notre gouvernance, au développement de notre groupe et à sa création de valeur”, a commenté le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard.Il s’agit de la première incursion de la famille Saadé dans la grande distribution. En mai, elle avait son entrée au capital de Pathé, avec pour ambition d’accélérer à l’international dans la production de films et de séries.Rodolphe Saadé a également racheté en 2022 le journal La Provence, posant ainsi la première pierre d’un groupe de médias qui compte depuis les journaux La Tribune et La Tribune Dimanche, mais aussi BFMTV, RMC et Brut.En octobre, Carrefour a annoncé avoir réalisé un chiffre d’affaires de 22,6 milliards d’euros au troisième trimestre, en recul de 1,5% car pénalisé par l’évolution des changes en Amérique latine.

A Toulouse, Emmanuel Macron veut “sonner le tocsin” sur les risques des réseaux sociaux

Au lancement d’un cycle de débats citoyens avec la presse quotidienne régionale, le président Emmanuel Macron a voulu mercredi à Toulouse “sonner le tocsin” sur le risque que font peser les réseaux sociaux sur la démocratie française.”Il n’y a pas de liberté sans responsabilité”, a-t-il martelé, n’hésitant pas à comparer les réseaux sociaux au “far west” devant 300 personnes réunies au siège de La Dépêche du Midi, avant un prochain débat similaire, le 19 novembre, à La Voix du Nord. “L’objectif, c’est d’aller vers des décisions concrètes au début de l’année 2026”, a souligné le président de la République, le jour où la suspension de sa réforme phare des retraites doit être entérinée à l’Assemblée nationale.A la manière des débats de l’époque des gilets jaunes, le chef de l’Etat, au centre d’un cercle de six rangées de sièges, a même admis qu’il n’excluait pas de sortir de certains réseaux, dont X, mais précisé qu’il ne le ferait pas “demain matin” car “la priorité c’est d’abord de mener la bataille en interne”.- “Non très ferme” au Mercosur -A l’occasion de cette visite, quelque 250 agriculteurs à bord d’une soixantaine de tracteurs avaient convergé sur Toulouse pour exiger “des engagements clairs et fermes” d’Emmanuel Macron, après le tollé provoqué par ses propos sur l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur. Après s’être déclaré “plutôt positif” mais “vigilant” sur la possibilité d’accepter l’accord de libre échange, le chef de l’Etat a dit clairement mercredi à une délégation d’agriculteurs que le projet “tel qu’il existe aujourd’hui, recueillera un non très ferme de la France”, a rapporté la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, à la fin de l’entretien auquel elle a également participé.Les agriculteurs mobilisés ont accueilli de manière relativement positive la clarification des exigences de la France sur le projet d’accord, tout en restant très critiques sur son contenu. D’autres mesures, sur les engrais par exemple ou sur les questions spécifiquement régionales, ont été saluées par la FRSEA qui avec les JA avaient appelé à manifester.- “Majorité numérique” et “levée d’anonymat” -Le président Macron, en retrait sur la scène politique intérieure depuis la dissolution ratée de 2024, entend faire des effets néfastes des écrans et des réseaux sociaux son nouveau cheval de bataille dans la dernière ligne droite du quinquennat avant les municipales de 2026 et la présidentielle de 2027.Au siège de La Dépêche du Midi, M. Macron a estimé que “nos réseaux sociaux, c’est comme une agora où on serait tous avec des cagoules et où celui qui crie le plus fort a plutôt raison”.Il a jugé insuffisant ce qui avait déjà été réalisé pour “réguler et changer” les choses. C’est pourquoi il a tenu “à sonner le tocsin”, afin de prendre “les bonnes décisions collectives”. Le chef de l’Etat a notamment estimé qu’il fallait aller “vers un âge de majorité numérique”, vers 15 ans en France.Il a aussi déclaré que “la levée de l’anonymat” des internautes faisait à ses yeux “partie des réponses”, pour permettre la responsabilisation judiciaire notamment de ceux qui “profèrent des contenus antisémites, racistes, discriminants.”Au cours des échanges, le président de la République n’a pas été épargné par certains intervenants, le médecin généraliste Jérôme Marty lui reprochant d’avoir “adoubé” le Pr Didier Raoult, qui avait mis en avant des traitements à l’efficacité très contestée lors de la pandémie de Covid-19, et l’enseignant-youtubeur Yann Bouvier lui lançant: “Attention aux propos qui accuseraient le monde universitaire d’être coupable de +casser la République en deux+, comme vous l’avez dit, M. le président, en 2020”.- L’espace, “endroit de contestation” -Emmanuel Macron inaugurera ensuite des bâtiments du Commandement de l’espace (CDE) où il dévoilera la stratégie nationale spatiale française à l’horizon 2040 pour faire face à la compétition mondiale, tant civile que militaire.”L’espace n’est plus un endroit paisible, c’est un endroit de contestation”, dont certaines “extrêmement agressives de la part de nos compétiteurs, parmi lesquels la Russie”, fait valoir l’Elysée.Le président doit donc, selon l’Elysée, donner mercredi après-midi “une vision”, “un calendrier” et “fixer un objectif” pour cette stratégie, qu’il devrait décliner selon cinq piliers: la “souveraineté en matière d’accès à l’espace”, les compétences industrielles, la défense, “la science et l’exploration”, ainsi que la coopération, tant intra-européenne qu’avec les alliés non-européens.

Macron aux agriculteurs: en l’état, l’accord Mercosur “recueillera un non très ferme de la France” (Genevard)

Le président Emmanuel Macron, qui s’est entretenu mercredi avec une délégation d’agriculteurs à Toulouse, leur a dit clairement que le projet d’accord entre l’UE et le Mercosur, “tel qu’il existe aujourd’hui, recueillera un non très ferme de la France”, a rapporté la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.En l’absence de clause de sauvegarde, de “mesures miroirs” ou encore de “contrôles aux frontières”, “la France ne peut pas valider à ce stade le projet d’accord avec les pays du Mercosur parce que ce projet d’accord ne protège pas les intérêts de nos agriculteurs”, a ajouté la ministre, devant la presse, à l’issue de l’entrevue à laquelle elle a également participé.”On ne peut pas accepter, les agriculteurs ne peuvent pas accepter, le consommateur ne peut pas accepter qu’on produise et qu’on importe sur le sol européen des produits et de l’alimentation qui ne respectent pas les règles qu’on impose à nos propres producteurs”, a ajouté Mme Genevard, qui insiste sur le fait que la France sera “extrêmement” déterminée, en particulier sur la question des “mesures miroirs”.Environ 300 agriculteurs venus avec quelque 70 engins agricoles s’étaient progressivement rassemblés mercredi au fil de la journée à Toulouse pour demander des clarifications à Emmanuel Macron sur le traité de libre-échange avec le Mercosur, après ses déclarations sur le sujet au Brésil et au Mexique.”Le président s’est engagé aujourd’hui à ne pas signer le Mercosur tant qu’il n’y aurait pas les clauses qui seraient mises en place”, a rapporté Jean-Marie Dirat, président de la Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles (FRSEA) à ses adhérents, en fin d’après-midi.Son syndicat reste opposé à l’ensemble du traité et juge donc la position “pas acceptable”. Pour autant, “ce n’est pas parfait mais il y a du mieux”, a fait remarquer le secrétaire général des Jeunes Agriculteurs de Haute-Garonne, Jean-Baptiste Gibert.”Il va falloir continuer à se battre”, a-t-il dit, saluant quelques mesures positives comme une promesse d’une diminution de taxation sur les engrais importés, ou la prise en compte des spécificités de l’Occitanie, région de France la plus touchée par le changement climatique.Pour la Confédération paysanne, Laurence Marandola a salué “un “éclaircissement fort et qui était indispensable” de la part du président de la République qui a dit qu’il ne signerait pas en l’état l’accord et a listé les “conditions qui permettraient d’avancer”.Ce syndicat reste lui-aussi fermement opposé au principe même de l’accord et s’est désolé de voir l’agriculture traitée comme “une monnaie d’échange”.La Confédération a par ailleurs déploré l'”inflexibilité totale” de la gestion de la crise sanitaire liée à la dermatose nodulaire contagieuse, alors que le syndicat réclame l’arrêt de l’abattage d’animaux sains.

Bourse de Paris: l’indice CAC 40 atteint un nouveau record absolu

L’indice vedette de la Bourse de Paris a atteint mercredi un nouveau sommet historique, profitant de la fin imminente du blocage budgétaire aux Etats-Unis, qui doit être votée en soirée au Congrès américain. Le CAC 40 a dépassé son précédent sommet historique en séance, qui datait du 21 octobre, et affiche désormais un nouveau record absolu à 8.280,97 points. A 15H20 GMT, le CAC 40 s’affichait en hausse de 1,34%.La course aux records dépasse les frontières françaises, les places de Madrid et Londres affichant également des niveaux historiques. Milan a quant à elle atteint un nouveau plus haut depuis 2000.L’indice Stoxx Europe 600, qui réunit les 600 plus grosses capitalisations boursières du continent, a également enregistré un nouveau record historique en séance mercredi.”La perspective d’une fin du shutdown américain, attendue dans la journée, alimente la demande pour les actifs risqués”, explique Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.La Chambre américaine des représentants doit voter mercredi un texte, salué comme “une très grande victoire” par Donald Trump, pour mettre fin à la plus longue paralysie budgétaire de l’histoire des Etats-Unis. Ces plus de 40 jours d’impasse budgétaire, provoquée par un bras de fer sur les dépenses d’assurance santé pour les plus pauvres, ont mis des milliers de fonctionnaires au chômage technique.D’importance pour les marchés, le “shutdown” a aussi privé les investisseurs et analystes de statistiques officielles sur l’état de santé de l’économie américaine à l’heure où la Banque centrale (Fed) réfléchit à baisser ou non à nouveau les taux directeurs en décembre.Mardi soir, la puissante commission des règles de la Chambre, qui examine les projets de loi avant qu’ils ne soient soumis au vote des parlementaires, a indiqué sur son site internet avoir donné son feu vert à l’examen du projet de loi adopté par le Sénat la veille.Grâce à ce feu vert procédural indispensable, la Chambre dominée par les républicains pourra voter le texte mercredi en soirée. Il ne resterait alors que la signature présidentielle pour lever le “shutdown” après plus de 40 jours d’impasse.En parallèle, une “une rotation sectorielle” s’opère sur les marchés d’après Daniela Hathorn, analyste de Capital.com. “Les investisseurs délaissent les grandes valeurs technologiques et défensives au profit des banques, du secteur des loisirs et de l’énergie”.”Cette dynamique profite aux marchés européens, qui attirent aussi les investisseurs en quête de diversification régionale après une forte exposition aux valeurs technologiques américaines”, poursuit-elle.

Records à Paris et en Europe, Wall Street en hausse: les Bourses saluent la fin annoncée du “shutdown”

Les marchés mondiaux saluaient mercredi, en alignant des records, la levée attendue du blocage budgétaire de plus de 40 jours aux Etats-Unis, dans l’attente d’un vote programmé au Congrès américain en fin de journée.A New York, le Dow Jones s’est élancé à l’ouverture, gagnant 0,81% vers 14H50 GMT. Le S&P 500 était stable (+0,08%) tandis qu’à la faveur d’une rotation sectorielle se dégageant un peu des valeurs technologiques, le Nasdaq était en retrait de 0,24%.En Europe, l’indice vedette de la Bourse de Paris, le CAC 40, a affiché un nouveau record absolu à 8.280,97 points, dépassant celui du 21 octobre dernier. L’indice prenait 1,38% à 15H20 GMT.Le Dax de Francfort avançait de 1,25%.Le FTSE 100 de Londres grappillait 0,18%, et l’Ibex de Madrid 1,41%, les deux indices touchant de nouveaux sommets historiques en séance dès l’ouverture des marchés européens mercredi. La veille déjà, ils avaient atteint des niveaux record en séance comme en clôture.Le FTSE Mib de Milan gagnait 0,94%, ayant touché un nouveau sommet en séance depuis 2000. Il a effacé ses précédents pics de 2007 et 2001.L’indice Stoxx Europe 600 (+1,20%), qui réunit les 600 plus grosses capitalisations boursières du continent, a atteint un nouveau record historique en séance mercredi.Ce mouvement est lié “à une amélioration de l’appétit pour le risque”, affirme Daniela Hathorn, analyste de Capital.com.”La perspective d’une fin du +shutdown+ américain, attendue dans la journée, alimente la demande pour les actifs risqués”, explique Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.La Chambre américaine des représentants doit voter mercredi soir un texte, salué comme “une très grande victoire” par Donald Trump, pour mettre fin à la plus longue paralysie budgétaire de l’histoire des Etats-Unis après plus de 40 jours d’impasse.La puissante commission des règles de la Chambre, qui examine les projets de loi avant qu’ils ne soient soumis au vote des parlementaires, a indiqué sur son site internet avoir donné son feu vert mardi soir (8 voix contre 4) à l’examen du projet de loi adopté par le Sénat lundi.Grâce à ce feu vert procédural indispensable, la Chambre dominée par les républicains pourra voter le texte mercredi en soirée. Il ne resterait alors que la signature présidentielle pour lever ce blocage budgétaire qui a contraint de nombreux services publics à fermer et mis des milliers de fonctionnaires au chômage technique.”Sa résolution serait positive pour les marchés financiers, car elle permettrait de rétablir la publication des données économiques dans la semaine à venir”, note par ailleurs Mme Brooks.Dans le même temps, une rotation sectorielle s’opère sur les marchés: “les investisseurs délaissent les grandes valeurs technologiques et défensives au profit des banques, du secteur des loisirs et de l’énergie”, relève Daniela Hathorn.”Cette dynamique profite aux marchés européens, qui attirent aussi les investisseurs en quête de diversification régionale après une forte exposition aux valeurs technologiques américaines”, poursuit-elle.Les Bourses asiatiques ont également profité de l’enthousiasme général sur les marchés. A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé en hausse de 0,43%. La Bourse de Séoul a gagné 1,07% et Taipei 0,58%. L’indice hongkongais Hang Seng a gagné 0,85%.SSE grimpe à LondresL’énergéticien écossais SSE s’envolait de 13,35% vers 14H50 GMT à la Bourse de Londres après avoir annoncé un plan d’investissements de 33 milliards de livres (37 milliards d’euros) sur cinq ans pour moderniser le réseau électrique – dont l’essentiel était toutefois déjà connu.Avec la multiplication de nouveaux lieux de production d’électricité, notamment éoliens et solaires, les entreprises qui gèrent le réseau électrique au Royaume-Uni investissent des dizaines de milliards de livres pour construire de nouvelles connexions.Infineon Technologies recherchéLe fabricant de puces Infineon (+7,14% à Francfort) était recherché après avoir indiqué miser sur l’IA dans les centres de données pour relancer sa croissance.Le groupe bavarois a fait état au dernier trimestre de son exercice décalé d’un chiffre d’affaires en légère hausse à 3,94 milliards d’euros et d’un résultat opérationnel en recul de 14% sur un an, à 717 millions d’euros. Le pétrole fléchitVers 15H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord perdait 2,76% à 63,36 dollars, et le WTI américain cédait 3,03% à 59,19 dollars alors que des craintes d’un excès d’offre pèsent sur le marché. L’OPEP a maintenu ses prévisions de hausse de la demande pour 2025-2026.Sur le marché des changes, le dollar restait stable (+0,07%) face à la monnaie unique, à 1,1578 dollar pour un euro.

“Fini la pétrochimie”: à Bruxelles, des emballages à base de champignons

D’un blanc laiteux, légers et prêts à accueillir des savons, des emballages produits à partir de champignons attendent les visiteurs de la “première usine de mycomatériaux d’Europe”, revendique son PDG. Ceux-là sont “destinés à des hôtels”, explique Julien Jacquet, à la tête de la société belge Permafungi qui fabrique ces packagings entièrement biodégradables. Le fondateur ne s’en cache pas, il est du genre “idéaliste”, un David contre Goliath qui voudrait défier la montagne des polystyrènes polluants avec ses nouveaux produits durables.Mais la quête de rentabilité s’annonce rude. A ce stade, Permafungi reste dans une niche avec ses emballages sur mesure pour des savonneries plutôt haut-de-gamme.A Bruxelles, dans le petit milieu de l’économie circulaire, cette entreprise de 12 salariés s’est bâtie une notoriété depuis une dizaine d’années en recyclant le marc de café des bistrots pour produire des champignons comestibles.Afin de passer à la vitesse supérieure, elle vient d’ouvrir, après deux ans de travaux, une usine qui s’attaque au secteur ultra concurrentiel de l’emballage.Julien Jacquet critique les emballages industriels “produits à l’autre bout du monde” et dérivés du pétrole. Lui voudrait “rapprocher l’utilisateur du packaging”, grâce aux… champignons de la forêt de Soignes, qui jouxte la capitale belge.En pratique, l’entreprise récupère d’abord des déchets que des industries traditionnelles délaissent, comme la sciure de bois, et les place dans des moules.Puis le mycélium – considéré comme la racine du champignon – fait son travail. En se nourrissant des déchets, il se développe et prend la forme voulue par le client. La masse à la “texture de tofu” termine son parcours en salle de séchage avant d’être démoulée puis livrée.- “Beaucoup de promesses” -“Fini la pétrochimie. Ici les champignons poussent et on les aide grâce au recyclage de l’eau de pluie et à la coopération des machines” qui accélèrent la production, revendique l’entrepreneur.Panneaux solaires sur le toit, local à vélo en bois, le projet est dans l’air du temps. Il résonne avec une loi européenne qui prévoit que tous les emballages soient recyclables à partir de 2030.Permafungi a ainsi bénéficié d’une subvention de deux millions d’euros de l’Union européenne ainsi que d’aides régionales.La petite entreprise a en outre réussi à convaincre un investisseur privé, le fonds suisse Après-Demain – groupe pharmaceutique du milliardaire Thierry Mauvernay – qui a mis un million d’euros dans le projet.Ce fonds “veut soutenir une entreprise à impact” , qui utilise des ressources de proximité plus “respectueuses de l’environnement”, explique l’un de ses responsables Sébastien Beth. Mais “pour durer”, l’entreprise bruxelloise aura besoin “d’être rentable dans les deux à cinq ans”, reconnaît cet investisseur aguerri. Des développements sont annoncés avec deux vignobles, une marque de montres et une enseigne de bougies. Julien Jacquet table sur un chiffre d’affaires de trois millions d’euros dans trois ans.De l’Europe aux Etats-Unis, des projets à base de champignons sont régulièrement lancés depuis le milieu des années 2000.”Il y a eu beaucoup de promesses depuis très longtemps, y compris pour fabriquer des biocarburants”, mais le problème “c’est la mise à l’échelle et le coût”, explique Luc Vernet, du centre de réflexion Farm Europe, spécialiste de l’agriculture et de l’alimentation.”Le point du blocage” demeure “la concurrence des produits fossiles, portés par un prix du pétrole bas”, souligne-t-il.L’UE promet fin novembre une stratégie sur la bio-économie, dont un soutien aux biomatériaux.L’enjeu est crucial en matière d’emballages, source de pollution toujours plus grande. Selon les données de l’UE, chaque Européen produisait près de 190 kg de déchets d’emballages en 2021 et ce chiffre passera à 209 kg en 2030, sans mesures supplémentaires.Julien Jacquet souligne aussi que son projet permet d’ouvrir une usine en ville, dans une Europe qui a tant souffert de la désindustrialisation.Le nouveau site de Permafungi est installé à quelques centaines de mètres de l’usine automobile Audi, définitivement fermée depuis fin février et qui employait quelque 3.000 salariés à Bruxelles.

Moins de droits de douane sur le café et les bananes ? Washington semble y songer

Le ministre américain des Finances a affirmé mercredi qu’une annonce “significative” était dans les tuyaux aux Etats-Unis pour rendre moins chères des denrées non produites sur place, actuellement frappées par les droits de douane voulus par Donald Trump.Depuis un cinglant revers à des scrutins locaux, la majorité républicaine a remis la question du coût de la vie en tête de ses priorités. Or les droits de douane mis en place par l’exécutif touchent presque toutes les importations, même quand la production locale ne peut couvrir les besoins.Dans une interview à la chaîne de télévision Fox news mercredi, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a dit que les consommateurs pouvaient s’attendre à une annonce “significative dans les prochains jours concernant les choses qui ne sont pas cultivées aux Etats-Unis”.”Le café en fait partie, les bananes, d’autres fruits, des choses comme ça”, a-t-il ajouté, affirmant que “cela fera baisser les prix très rapidement”.Le ministre n’a pas donné de précisions, mais le président Donald Trump avait déclaré dans une précédente interview qu’il allait “réduire certains droits de douane, on aura du café qui viendra” aux Etats-Unis.Les prix du café ont bondi de près de 19% sur un an, selon les dernières données officielles disponibles (indice CPI pour septembre).Des aléas climatiques dans les pays producteurs expliquent en partie cette hausse, mais jouent aussi les taxes douanières de 50% imposées par Donald Trump sur de nombreux produits en provenance du Brésil.Les bananes consommées aux Etats-Unis sont aussi massivement importées, principalement de quatre pays: Guatemala, Equateur, Costa Rica et Honduras, selon les données du ministère de l’Agriculture.Ces derniers mois, cette production a été frappée par 10 ou 15% de surtaxe.

MSC Croisières commande 2 navires aux chantiers de Saint-Nazaire pour 3,5 mds d’euros

L’armateur suisse MSC Croisières a annoncé mercredi la commande de deux nouveaux navires aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, dans l’ouest de la France, pour 3,5 milliards d’euros.La livraison de ces deux paquebots, dont la construction doit démarrer en 2029, est prévue respectivement en 2030 et 2031, précisent MSC et les chantiers de l’Atlantique dans un communiqué commun.Ces deux nouvelles commandes portent à près de 7 milliards d’euros la valeur totale des navires que MSC Croisières a confiés aux Chantiers de l’Atlantique en 2025, après les deux autres paquebots de la série World Class signés en mai en marge du sommet Choose France.Ces quatre navires rejoindront les quatre premiers paquebots de la série “World Class”, d’une capacité de plus de 6.700 passagers : le MSC World Europa et le MSC World America, déjà en service, le MSC World Asia – dont la livraison est prévue en novembre 2026 – et le MSC Atlantic, qui doit entrer en service en 2027.Avec ces six bateaux déjà en construction ou prochainement en chantier, le montant des investissements directs globaux engagés actuellement par MSC Croisières en France s’élève à 10,5 milliards d’euros, souligne le communiqué.