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Vigilance environnementale des entreprises: droite et extrême droite s’allient pour sabrer la loi

Droite et extrême droite ont mêlé leurs voix au Parlement européen jeudi pour détricoter une loi sur le “devoir de vigilance” sociale et environnementale des grandes entreprises, un coup de tonnerre à Bruxelles.Les eurodéputés ont approuvé par 382 voix contre 249 la baisse des ambitions de ce texte, en limitant le nombre d’entreprises concernées et en supprimant certaines de leurs obligations.A rebours de la traditionnelle majorité dite “proeuropéenne”, l’alliance de circonstance de la droite (le PPE) avec l’extrême droite a provoqué un tollé au sein des autres groupes.Le PPE “a torpillé tout compromis modéré”, s’est indigné le social-démocrate René Repasi.Ce vote sonne comme un avertissement pour le camp proeuropéen, au moment où le Parlement commence à se saisir d’une série de textes sur la “simplification” de la vie des entreprises. L’extrême droite a savouré une “grande victoire” jeudi. “Une autre majorité est possible”, “ce n’est qu’un début”, a lancé le groupe des Patriotes, présidé par Jordan Bardella. Adoptée il y a seulement un an et demi, cette loi sur le devoir de vigilance fait les frais du virage probusiness de l’Union européenne, bousculée par la concurrence de la Chine et les droits de douane aux Etats-Unis. Son entrée en vigueur avait déjà été reportée d’un an, de 2027 à 2028.Mais Bruxelles veut aller plus loin pour alléger les “charges” administratives des entreprises sur le continent.Sous peine de sanctions, la loi adoptée en 2024 obligeait les entreprises de plus de 1.000 salariés à prévenir et remédier aux violations de droits humains (travail des enfants, travail forcé, sécurité…) et aux dommages environnementaux tout au long de leurs chaînes de valeur, y compris chez leurs fournisseurs dans le monde.Jeudi, dans le sillage des Etats membres, le Parlement européen a relevé le seuil des entreprises concernées, à plus de 5.000 employés et plus d’1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel. Surtout, les eurodéputés ont supprimé le régime de responsabilité civile européenne, qui servait à harmoniser les obligations des entreprises et leurs responsabilités devant la justice en cas de manquements.Les parlementaires ont préféré s’en tenir aux législations de chaque pays. Ils ont également renoncé aux plans de transition climatique que les entreprises étaient censées fournir.- “Asphyxie” -La loi est “complètement vide” désormais, déplore le centriste Pascal Canfin. Ce vote se produit “pendant la COP30” au Brésil et “représente un recul considérable pour l’action climatique du secteur privé”, estime-t-il.A droite, l’eurodéputé François-Xavier Bellamy pense au contraire que cette “simplification” permet de “sauver nos entreprises de l’asphyxie normative”.Après ce vote, les négociations vont s’engager avec les Etats membres, en vue d’une adoption définitive de la loi revue et corrigée.”Il est encore possible de rectifier le tir”, mais ce scrutin montre que “l’extrême droite gagne en influence” et que la majorité proeuropéenne “s’effrite”, explique Jurei Yada, du centre de réflexion E3G.Des organisations environnementales s’en prennent également aux “lobbies industriels” opposés à cette loi.L’absence de responsabilité civile européenne risque d’introduire “une concurrence entre les 27 Etats membres pour savoir qui a le régime le plus laxiste pour essayer d’attirer des entreprises”, met en garde Swann Bommier, de l’ONG Bloom.Au nom de la lutte contre la bureaucratie, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron avaient appelé à supprimer purement et simplement cette loi.Mais même si elle n’est que sabrée, la pilule est difficile à avaler pour une partie des parlementaires qui avaient célébré son adoption “historique” en avril 2024 après plusieurs années de bras de fer au sein même des institutions européennes.Les superlatifs ne manquaient pas à l’époque, y compris chez les macronistes, dont la présidente actuelle du groupe centriste Valérie Hayer (Renew).Mais les équilibres politiques ont changé dans l’hémicycle depuis les élections de juin 2024, marquées par le renforcement de la droite et la percée de l’extrême droite, qui veut combattre le “pacte vert”, la batterie de mesures environnementales adoptées lors du précédent mandat.

La croissance britannique s’essouffle à deux semaines du budget

L’activité économiqe britannique a marqué le pas au troisième trimestre, le PIB ne progressant que de 0,1%, ce qui constitue un nouvel accroc pour le gouvernement travailliste à deux semaines de la présentation de son budget, où des hausses d’impôts et des coupes dans les dépenses sont attendues.Ce chiffre, publié jeudi par l’Office national des statistiques (ONS), fait suite à une croissance inattendue de 0,7% au premier trimestre, puis à un fort ralentissement, à 0,3%, les trois mois suivants.La faiblesse de la croissance, inférieure aux attentes des analystes interrogés par Bloomberg qui tablaient sur 0,2%, accroît un peu plus la pression sur la ministre des Finances. Rachel Reeves a promis d’équilibrer les comptes publics sans étouffer une économie à la peine et présente son projet de budget le 26 novembre.Or, une croissance aussi basse limite ses marges de manœuvre, en freinant les recettes fiscales et la capacité à financer les dépenses publiques.”Cela brosse le tableau d’une économie qui a démarré l’année 2025 en force, mais qui perd aujourd’hui beaucoup de son élan”, souligne Lindsay James, analyste chez Quilter, pour qui le budget sera “crucial pour la suite”.- Cyberattaque -“L’incertitude quant à d’éventuelles hausses d’impôts et les rumeurs persistantes selon lesquelles les employeurs seraient à nouveau visés (…) risquent d’étouffer la fragile confiance des entreprises et de faire grimper le chômage”, estime-t-elle.La presse britannique spécule aussi depuis des semaines sur une possible hausse de l’impôt sur le revenu, qui viendrait compromettre une promesse des travaillistes avant leur retour au pouvoir en juillet 2024.Mme Reeves a longtemps balayé l’hypothèse, avant d’évoluer peu à peu dans sa rhétorique, jusqu’à expliquer que sans cette hausse, des “coupes profondes” dans les investissements publics seront nécessaires, hypothéquant les espoirs de croissance à long terme.Elle a promis jeudi dans un communiqué, en réaction à ces chiffres, qu’elle prendrait “les décisions équitables qui s’imposent pour bâtir une économie forte”.”S’assurer que le prochain budget soutienne la croissance plutôt qu’elle ne l’entrave (…) n’est pas une mince affaire compte tenu de l’ampleur de l’assainissement budgétaire attendu”, souligne cependant James Smith, du think tank Resolution Foundation.Le PIB britannique s’est même contracté de 0,1% en septembre, affecté par la violente cyberattaque qui a contraint le constructeur Jaguar Land Rover à arrêter sa production pendant un mois, au détriment aussi de sa chaîne de production.- Pressions de l’extrême droite -Outre cette croissance stagnante, le gouvernement doit composer avec une inflation élevée, à 3,8% sur un an en septembre, et un chômage au plus haut depuis la pandémie, avec un taux de 5% au troisième trimestre.Il subit aussi toujours l’effet des droits de douane américains, en dépit d’un accord avec Washington les limitant à 10% présenté comme une victoire par le gouvernement: les exportations de biens vers les Etats-Unis ont chuté en septembre, tombant à leur plus faible niveau depuis janvier 2022.La présentation du nouveau budget constitue donc une échéance décisive pour l’équipe du Premier ministre Keir Starmer, au plus bas dans les sondages et contesté jusque dans son camp, au moment où le parti d’extrême droite Reform UK caracole en tête des intentions de vote.Un recul sur une promesse de campagne aussi symbolique que l’impôt sur le revenu viendrait encore obscurcir l’horizon politique des travaillistes, qui ont déjà pâti des fortes hausses de cotisations patronales et des nombreuses coupes budgétaires annoncées l’an passé.Le gouvernement devrait dès lors tenter de compenser ces mauvaises nouvelles budgétaires par des annonces sociales comme la levée du plafond des allocations familiales, actuellement limitées à deux enfants, ou une baisse de la TVA sur les prix de l’énergie.

A Zanzibar, l’élevage d’éponges de mer offre une bouée de sauvetage aux femmes

Chaque matin, des femmes voilées en longues robes amples pataugent dans les eaux turquoise peu profondes de Zanzibar, en Tanzanie, pour s’occuper de leurs fermes d’éponges de mer, nouvelle source de revenus vitale depuis qu’elles ont été frappées par le changement climatique. La hausse des températures océaniques, la surpêche et la pollution ont progressivement dégradé les écosystèmes marins, affectant notamment la culture d’algues, une activité qui était essentielle pour les habitantes du village de Jambiani, situé dans l’archipel tanzanien. Désormais, celles-ci misent sur l’élevage d’éponges de mer, dans le cadre d’un projet mis en place par l’ONG suisse Marine Cultures. “Les températures élevées ont décimé les algues et la diminution des stocks de poissons a poussé de nombreux pêcheurs à abandonner leur métier”, explique Ali Mahmudi, chef de projet. Les éponges, qui offrent abri et nourriture aux créatures marines, prospèrent généralement dans les eaux plus chaudes. Elles sont également lucratives en tant que produit de soin biologique, utilisé pour l’exfoliation de la peau. Depuis le rivage, on aperçoit des bâtons noirs qui émergent de l’eau, auxquels sont accrochées des rangées d’éponges. “J’ai été stupéfaite d’apprendre que des éponges existent dans l’océan”, confie à l’AFP Nasiri Hassan Haji, 53 ans, qui a découvert cette pratique il y a plus de 10 ans.Cette mère de quatre enfants cultivait autrefois des algues, un travail qu’elle décrit comme pénible et peu rémunérateur. En 2009, l’association Marine Cultures a lancé une ferme pilote avec des veuves à Jambiani afin d’évaluer le potentiel de cette activité dans l’archipel, où plus d’un quart du 1,9 million d’habitants vit sous le seuil de pauvreté. Face à la demande croissante de produits écologiques, le marché des éponges naturelles a connu une croissance constante et l’entreprise s’est avérée lucrative.L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) estimait sa valeur à 20 millions de dollars en 2020. – Restauration des récifs coralliens -Selon leur taille, les éponges peuvent se vendre jusqu’à 30 dollars pièce et une seule ferme peut en compter jusqu’à 1.500.”Cela a changé ma vie. J’ai pu construire ma propre maison”, s’enthousiasme Shemsa Abbasi Suleiman, 53 ans, le sourire aux lèvres. De nombreuses autres femmes ont rejoint une coopérative pour développer le projet, mais cela n’a pas été un long fleuve tranquille. “Au début, j’avais peur de me lancer car je ne savais pas nager. Beaucoup me décourageaient, disant que (…) j’allais me noyer”, raconte Mme Haji. Grâce à un programme d’une ONG, elle a appris à nager à l’âge de 39 ans.Outre le fait qu’elles génèrent des revenus pour les populations locales, les éponges sont bénéfiques pour le milieu marin. Des études montrent que leur structure squelettique favorise la capture du carbone au sein des écosystèmes coralliens, tandis que leur corps poreux filtre et purifie naturellement l’eau de mer. Selon les Nations unies, “l’océan est en crise profonde”, avec environ 60% des écosystèmes marins mondiaux dégradés ou exploités de manière non durable. Les éponges contribuent également à la restauration des récifs coralliens, qui abritent 25% de la vie marine et sont actuellement menacés. “Ce qui m’a séduit, c’est que nous ne détruisons pas l’environnement”, ajoute Mme Haji.Zanzibar fait partie de la Tanzanie. Comme ailleurs dans le pays, le parti au pouvoir CCM y a été déclaré vainqueur des élections législatives et présidentielle de la fin du mois dernier. Le scrutin a été émaillé de violences en Tanzanie continentale avec des centaines, voire des milliers de personnes tuées lors de la répression sévère de manifestations anti-pouvoir, selon l’opposition et des défenseurs des droits humains.  L’ONU a appelé à une enquête.

Le ministre suisse de l’Economie de retour à Washington pour discuter des droits de douane

Le ministre suisse de l’Economie est depuis mercredi de retour à Washington où il doit s’entretenir avec les autorités américaines, pour la troisième fois depuis que le pays alpin s’est vu imposer en août des droits de douane de 39%. Guy Parmelin doit notamment y rencontrer le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR) Jamieson Greer, ont rapporté jeudi plusieurs médias suisses, alors que Berne s’accroche à l’espoir d’un allégement des 39% imposés depuis août aux produits du pays alpin. Lundi soir, l’agence financière Bloomberg a affirmé que la Suisse serait proche d’un accord ramenant les droits de douane à 15%, soit au même niveau que ceux appliqués aux produits de l’Union européenne, sur la base de sources informées du dossier, sans les nommer. Contacté par l’AFP, le ministère suisse de l’Economie a indiqué que M. Parmelin est à Washington “pour poursuivre les discussions”, sans fournir davantage de précisions. La semaine dernière, six grands patrons, dont celui de l’horloger Rolex et du géant du luxe Richemont, ont rencontré le président américain Donald Trump pour attirer son attention sur les répercussions des droits de douane pour l’économie suisse. En août, la Suisse s’est vue imposer des droits de douane de 39%, suscitant de vives inquiétudes en particulier dans le secteur de l’horlogerie, mais aussi pour les PME industrielles et les fabricants de produits alimentaires comme le fromage ou le chocolat. La pharmacie, son plus gros gros secteur d’exportation, est en sursis: les médicaments sont exemptés de droits de douane mais Donald Trump agite régulièrement la menace de les taxer eux aussi. Début août, Guy Parmelin et la présidente de la Confédération Karin Keller-Sutter, qui est également ministre des Finances, s’étaient rendus en urgence à Washington pour tenter d’infléchir la position de la Maison Blanche. M. Parmelin avait ensuite fait un second déplacement en septembre. 

La Bourse de Paris poursuit son avancée après un record

La Bourse de Paris poursuit son avancée jeudi après son record en séance la veille porté par la fin de la paralysie budgétaire aux Etats-Unis.Le CAC 40 gagnait 0,72% peu après l’ouverture. A ce rythme, l’indice vedette de la Bourse de Paris devrait inscrire un record en clôture après avoir affiché un plus haut absolu en séance la veille.A 8.290,97 points en séance mercredi, le CAC 40 a ainsi dépassé son précédent sommet de fin octobre, avant de terminer en hausse de 85,01 points, soit + 1,04%, à 8.241,24 points, à 17 points de son plus haut en clôture.La course aux records a dépassé les frontières françaises, les places de Madrid et Londres ayant également affiché des niveaux historiques mercredi. Milan a atteint un nouveau sommet depuis 2000.Ces performances sont dues notamment au soulagement apporté par la résolution de la crise budgétaire américaine.Dans la soirée de mercredi, à la suite d’un vote au Congrès, Donald Trump a finalement signé la loi mettant fin à la plus longue paralysie budgétaire des Etats-Unis, après 43 jours qui ont bouleversé plusieurs pans de l’économie américaine.Les marchés européens ont ouvert en ordre dispersé jeudi matin. Les hausses sont portées “par le vote américain mettant fin au shutdown et par la montée des anticipations d’une baisse de taux de la Fed en décembre”, a commenté John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.Sur le front des indicateurs, les investisseurs vont s’intéresser à la croissance britannique au 3e trimestre qui a calé à 0,1%. En France, le taux de chômage a légèrement augmenté au troisième trimestre, de +0,1 point par rapport au deuxième trimestre, pour atteindre 7,7% de la population active, a annoncé jeudi l’Insee, qui a aussi révisé en hausse l’estimation du deuxième trimestre de 7,5% à 7,6%.Pour les entreprises françaises, plusieurs résultats sont attendus après Bourse dont ceux du groupe de construction Eiffage, d’Alstom et de l’éditeur de jeux Ubisoft.Outre-Atlantique, les chiffres officiels de l’inflation et du marché du travail le mois dernier aux Etats-Unis ne seront “probablement” jamais publiés en raison de la paralysie budgétaire qui a suspendu la collecte des données, a indiqué la Maison Blanche.Carrefour recherchéCarrefour avançait de 1,36% à 13,43 euros vers 08h40 GMT après que la famille Saadé, propriétaire de l’armateur CMA CGM, est devenue le deuxième actionnaire du groupe avec une prise de participation d’environ 4% du capital, soit un investissement de quelque 400 millions d’euros, selon une annonce mercredi du distributeur.

L’examen du budget de l’Etat reprend à l’Assemblée, la niche fiscale des retraités dans le viseur

La suppression de la niche fiscale des retraités sera au coeur des débats jeudi matin à l’Assemblée nationale, où reprend l’examen du projet de loi de Finances après des débats qui ont traîné en longueur puis neuf jours de pause.Cette reprise intervient au lendemain d’un vote emblématique pour suspendre la réforme des retraites de 2023, crantée dans le texte du budget la Sécu, dont l’examen n’a pu aller à son terme mercredi soir.Pour le budget de l’État, la tâche s’annonce tout aussi ardue: plus de 2.100 amendements restent à examiner sur la seule première partie, consacrée aux recettes. Un vote est prévu le 17 novembre sur cette partie, mais il semble loin d’être assuré. L’ensemble du texte doit être transmis au Sénat le 23 novembre à minuit, selon les délais constitutionnels.Au programme dès la réouverture des débats: la suppression de la niche fiscale des retraités. Le gouvernement entend remplacer l’abattement de 10% dont ils bénéficient sur leur pension, par un abattement forfaitaire de 2.000 euros, avec un rendement attendu de 1,2 milliard d’euros.Mais, comme en commission, un consensus pour supprimer cette mesure devrait se dégager.Une multitude de taxes reste à examiner, dont celle sur les petits colis, qui suscite une attention particulière alors que la polémique autour du géant du e-commerce Shein agite le débat public. Ou encore la hausse des droits de timbre pour obtenir un titre de séjour, décriée par la gauche.Gouvernement et Assemblée ont désormais acté qu’il n’y aurait pas de vote sur la partie “dépenses” du budget de l’Etat, le gouvernement ayant annoncé en conférence des présidents mercredi les postes budgétaires (défense, sport…) qu’il souhaite voir examinés. Mais un vote sur la partie “recettes” n’est pas non plus assuré. Comme sur le budget de la Sécu, certains groupes n’ont pas forcément envie d’aller jusqu’au bout et pourraient jouer la montre.”Face aux horreurs votées, on n’a pas intérêt à aller au vote”, dit un cadre Renaissance, ajoutant qu’avec 2.100 amendements restants, il n’y a pas besoin de faire obstruction, mais de “prendre le temps du débat”.Avant la pause sur le budget de l’Etat, les députés s’étaient attaqués aux mesures les plus emblématiques, notamment sur la taxation des plus riches. Si la gauche a échoué à faire adopter sa “taxe Zucman”, plusieurs impôts visant les multinationales ou les superdividendes ont été votés, ulcérant le camp gouvernemental qui a dénoncé une “folie fiscale”.La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a tiré un bilan plus nuancé, jugeant la copie loin d’un “budget Frankenstein”, avec un objectif de déficit de 4,7% du PIB tenu. Le gouvernement s’est engagé à transmettre au Sénat tous les amendements qui auront été votés par l’Assemblée nationale.

Wall Street termine en ordre dispersé, record du Dow Jones

La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mercredi, les investisseurs se désengageant des valeurs de la tech au profit de titres plus traditionnels, sur fond de déblocage budgétaire imminent aux Etats-Unis.Le Dow Jones a pris 0,68%, atteignant un nouveau record en clôture à 48.254,82 points. L’indice élargi S&P 500 a terminé près de l’équilibre (+0,06%). Le Nasdaq a perdu 0,26%.”On assiste aujourd’hui à un rééquilibrage au détriment de certaines valeurs technologiques, vers des titres plus ancrés historiquement”, issus notamment du secteur financier ou de la santé, a expliqué à l’AFP Patrick O’Hare, analyste de Briefing.com.L’assureur santé UnitedHealth, l’une des plus grosses pondérations du Dow Jones, a par exemple gagné 3,55%, à 339,09 dollars.”L’appétit pour l’achat de titres à forte capitalisation est quelque peu assouvi pour le moment” et “les investisseurs cherchent à identifier d’autres secteurs qui ont pu être délaissés”, a ajouté l’analyste.D’où le recul du Nasdaq – indice à forte coloration technologique – au profit de l’avancée du Dow Jones, qui regroupe des entreprises et des industries plus traditionnelles. La place américaine a aussi salué la fin probable de la paralysie budgétaire aux Etats-Unis, après plus de 40 jours d’impasse, un record.Le Sénat a adopté lundi une proposition de loi qui prolonge le budget américain actuel jusqu’à fin janvier. La Chambre des représentants se prononcera mercredi soir sur ce texte. Les spécialistes estiment qu’il sera adopté.Cela viendrait mettre fin au plus long “shutdown” de l’histoire des Etats-Unis, qui avait notamment suspendu la publication de statistiques clés sur la première économie mondiale.Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’Etat américain s’inscrivait à 4,07% vers 21H15 GMT contre 4,12%, la veille.”Le marché des bons du Trésor se prépare probablement à recevoir des données décevantes, (…) en particulier sur le front de l’emploi”, a estimé Patrick O’Hare. Selon l’analyste, cette perspective ne devrait pas miner le marché boursier qui “interprétera ces chiffres comme une ouverture pour une nouvelle baisse des taux de la Fed (banque centrale américaine) en décembre”.Une politique d’assouplissement monétaire est de nature à aider la croissance, et donc les bénéfices des entreprises.La Maison-Blanche a toutefois prévenu mercredi que les chiffres officiels sur l’état des prix à la consommation (CPI) et du marché du travail pour le mois d’octobre aux Etats-Unis ne seront “probablement” jamais publiés, le “shutdown” ayant suspendu la collecte des données.Au tableau des valeurs, le groupe américain de semi-conducteurs Advanced Micro Devices (AMD) a profité de ses prévisions de croissance à long terme, bien accueillies par les investisseurs. AMD s’attend notamment à ce que son chiffre d’affaires réalisé dans les centres de données bondisse de 60% dans les trois à cinq prochaines années.Son action s’est envolée de 9,00%, à 258,89 dollars. Depuis le début de l’année, le titre de l’entreprise a plus que doublé son prix.Le spécialiste des équipements de télécommunications Cisco a terminé dans le vert (+3,14% à 73,96 dollars) avant la publication de ses résultats trimestriels après la clôture de Wall Street.L’équipementier sportif suisse On (+17,99%, à 41,51 dollars) a brillé à l’annonce d’une nouvelle révision en hausse de ses prévisions, la troisième d’affilée. L’entreprise helvétique a aussi annoncé qu’elle ne ferait pas de promotions pour le “Black Friday”, coup d’envoi de la période d’achats pour les fêtes.

La famille Saadé s’invite dans la grande distribution comme 2e actionnaire de Carrefour

Après les médias et le cinéma, la grande distribution: le PDG de l’armateur CMA CGM, Rodolphe Saadé, et sa famille se sont invités au capital de Carrefour, devenant le deuxième actionnaire de la multinationale française.Carrefour a annoncé mercredi que la famille Saadé avait pris une participation de 4% – soit un investissement de quelque 400 millions d’euros – à son capital et que Rodolphe Saadé entrerait à son conseil d’administration dès le 1er décembre. Il remplacera Eduardo Rossi, qui représentait l’actionnaire Peninsula, holding de la famille du milliardaire brésilien Abilio Diniz décédé en février 2024.Devenue première actionnaire de Carrefour en mars 2024, Peninsula était récemment repassée en deuxième position avec une participation de 8,5%, qu’elle a finalement cédée, a annoncé le distributeur dans un communiqué distinct mercredi.La société Galfa, détenue par la famille Moulin-Houzé (Galeries Lafayette), reste le premier actionnaire de Carrefour, à hauteur d’environ 9,5%. Pour entrer au capital du deuxième distributeur alimentaire français, la famille Saadé a créé une nouvelle entité, Carrix, qu’elle codétient avec CMA CGM, a précisé Carrefour dans un communiqué.Elle remplacera Peninsula au conseil d’administration, où elle sera représentée par Rodolphe Saadé comme administrateur indépendant “pour la durée restante” de ce mandat “soit jusqu’à l’assemblée générale 2028”.Carrix siégera également au comité stratégique du conseil d’administration.Cité dans le communiqué, Rodolphe Saadé s’est dit “heureux d’entrer au capital” d’un groupe jouant “un rôle majeur dans l’alimentation et la distribution”.- Ambitions au Brésil -“En intégrant son conseil d’administration, je souhaite (…) accompagner le développement du groupe dans la durée”, ajoute le dirigeant franco-libanais. “L’engagement, la vision et l’expérience de Rodolphe Saadé apporteront une contribution majeure à notre gouvernance, au développement de notre groupe et à sa création de valeur”, a commenté le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard.Il s’agit de la première incursion de la famille Saadé dans la grande distribution. En mai, elle avait fait son entrée au capital du groupe de cinéma Pathé, avec pour ambition d’accélérer à l’international dans la production de films et de séries.Rodolphe Saadé a également racheté en 2022 le journal La Provence, posant ainsi la première pierre d’un groupe de médias qui compte depuis les journaux La Tribune et La Tribune Dimanche, mais aussi BFMTV, RMC et Brut.Avec ce nouvel investissement patrimonial dans une multinationale tricolore, qu’elle n’exclut pas de renforcer à l’avenir, la famille Saadé s’associe aussi à un groupe fort au Brésil, l’un des principaux marchés de Carrefour avec la France et l’Espagne. En septembre 2024, CMA CGM avait annoncé l’acquisition du plus gros opérateur portuaire du pays, Santos Brasil. “C’est un pays à très fort potentiel où la croissance est au rendez-vous”, avait assuré Rodolphe Saadé pour justifier cet investissement, réalisé sur fonds propres.- Stabilité -De son côté, Carrefour va pouvoir rassurer les marchés quant à la stabilité de son actionnariat en compensant partiellement le départ de Peninsula, qui était attendu, quatre ans après celui du milliardaire français Bernard Arnault, après 14 années de présence au capital. En octobre, Carrefour a publié un chiffre d’affaires de 22,6 milliards d’euros pour le troisième trimestre, en recul de 1,5% car pénalisé par l’évolution des changes en Amérique latine.Mais les ventes du distributeur ont résisté à données comparables, notamment en France en dépit des “incertitudes politiques”.Dirigé depuis 2017 par Alexandre Bompard, dont le mandat a été renouvelé cet été pour trois ans après 2026, Carrefour a entamé une “revue de portefeuille” en début d’année pour dégager davantage de rentabilité.Son cours de Bourse avait été mis sous pression l’an dernier. Son action évolue actuellement autour de 13,25 euros.Dévoilée cet été, la cession de Carrefour Italie doit être effective d’ici à la fin de l’année.Carrefour fait également évoluer son modèle pour exploiter de plus en plus largement des magasins en franchise et en location-gérance, une variante de la franchise où le distributeur reste propriétaire du fonds de commerce.Cette stratégie est attaquée par la CFDT, qui la qualifie de “plan social déguisé”. La justice doit se prononcer le 21 novembre.

L’Assemblée valide la “suspension” de la réforme des retraites, la gauche se fracture

Réforme emblématique du quinquennat, mais prix de la non-censure: l’Assemblée nationale a approuvé mercredi la “suspension” de la dernière réforme des retraites, malgré la division de la gauche – insoumis et communistes dénonçant un simple “décalage”. Ses pistes de financement restent au coeur des débats.Face à la menace d’une censure, le Premier ministre Sébastien Lecornu, proche d’Emmanuel Macron, avait promis la suspension de la réforme qui porte progressivement l’âge légal de départ à 64 ans, pour amener les socialistes à la table des négociations.Intégrée au budget de la Sécurité sociale, la suspension a été approuvée par 255 voix contre 146, avec le soutien majoritaire du PS, des Écologistes, du RN et de Liot.Mais aussi avec l’abstention majoritaire des députés Renaissance et des voix favorables du MoDem, deux ans après l’entrée en vigueur d’un texte dont ils ont payé l’impopularité lors des législatives post-dissolution.Horizons a voté contre, et LR s’est divisé avec une majorité de contre.L’article suspend jusqu’à janvier 2028 la marche en avant vers les 64 ans, et le relèvement du nombre de trimestres à cotiser.La génération née en 1964 partirait à 62 ans et 9 mois (comme la précédente) au lieu des 63 ans prévus par la réforme. Et partirait avec 170 trimestres cotisés au lieu de 171. Sauf nouvelle réforme, l’application de la réforme Borne reprendrait ensuite, avec un trimestre de décalage.Le gouvernement a aussi étendu le périmètre, pour inclure notamment les carrières longues, même si plusieurs députés lui ont demandé de confirmer combien de personnes en bénéficieraient. La concession ferait en tout cas passer le coût estimé à 300 millions d’euros en 2026 et 1,9 milliard en 2027, selon l’exécutif.La gauche s’est coupée en deux: socialistes et écologistes ont voté majoritairement pour, Insoumis et communistes majoritairement contre.Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a salué une “victoire importante” et un “totem absolu pour la macronie (qui) a été ébranlée”. Voter “le décalage”, c’est “voter pour la retraite à 64 ans”, a insisté au contraire Mathilde Panot, présidente du groupe LFI.- Haro sur l'”année blanche” -Si le Medef dénonce une “erreur fatale” du gouvernement, la question divise aussi les syndicats, la CFDT saluant une “vraie victoire”, la CGT fustigeant un “simple décalage”.Et son financement continue de diviser, alors que plusieurs mesures d’économies pour la Sécu sont inflammables (doublement des franchises médicales, surtaxe sur les mutuelles, etc…).Une nouvelle illustration en a été donnée mercredi en fin de journée : l’Assemblée a très largement supprimé le gel programmé des pensions de retraite et des prestations sociales, comme les allocations familiales ou le Revenu de solidarité active (RSA), habituellement indexées sur l’inflation. Une “année blanche” censée dégager 3,6 milliards d’euros en 2026.Le même article prévoit également des économies à plus long terme, sous-indexant les pensions de retraite de 0,9 point en 2027, puis de 0,4 point pour les années suivantes, jusqu’en 2030. Un coup de rabot important en 2027 visant notamment à financer la suspension de la réforme des retraites.Mais la mesure suscite une puissante levée de boucliers de la gauche au RN en passant par LR.Sébastien Lecornu s’était dit fin octobre “favorable à regarder” les amendements pour “dégeler” retraites et minima sociaux”. Mercredi, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin s’est toutefois montrée  défavorable à la suppression de la totalité de la mesure, proposant de ne viser par exemple que les ménages aux revenus les plus élevés.Quoi qu’il en soit, le chemin sera encore long pour entériner la suspension de la réforme des retraites, qui sera accueillie en terrain hostile au Sénat, à partir de samedi en commission, et du 19 novembre dans l’hémicycle.Les députés ne pourront probablement pas voter en première lecture l’ensemble du budget de la Sécurité sociale, son examen étant supposé s’arrêter mercredi à minuit, avec encore plus de 300 amendements au programme.Les Insoumis appellent à prolonger les débats, estimant que socialistes et gouvernement jouent la montre, pour s’éviter un vote compliqué, qui pourrait contraindre le PS à voter pour, face aux oppositions fermes du RN et de LFI à l’ensemble du projet de loi.En l’absence de vote, le gouvernement s’est engagé à transmettre la copie de l’Assemblée telle quelle, au moment de l’interruption des débats.sac-la-parl/sde/cbn

A Toulouse Macron présente sa stratégie pour un espace “devenu champ de bataille”

Le président Emmanuel Macron a achevé mercredi un déplacement à Toulouse par la présentation de la stratégie française pour un espace “devenu un champ de bataille”, dernier chapitre d’une visite chargée où il a lancé un cycle de débats sur les réseaux sociaux et tenté d’apaiser les agriculteurs.”L’espace n’est plus un sanctuaire, c’est devenu un champ de bataille”, a souligné le chef de l’Etat, dans les nouveaux locaux du Commandement militaire de l’Espace installé depuis l’été dernier à Toulouse, qu’il était venu inaugurer, alors qu’à Paris, la suspension de sa réforme phare des retraites a été entérinée à l’Assemblée nationale.Persuadé que “la guerre d’aujourd’hui se joue déjà dans l’espace” et que “la guerre de demain commencera dans l’espace”, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité pour la France et l’Europe de défendre avec force leurs positions dans ce secteur.A cet égard, le président a annoncé une rallonge de 4,2 milliards d’euros supplémentaires au spatial militaire d’ici 2030 dans le cadre de l’actualisation de la loi de programmation militaire.Dans une Europe spatiale “fragile”, il a aussi estimé qu’il fallait “pousser nos champions européens pour qu’ils soient compétitifs sur le marché mondial”.- Lanceurs réutilisables -Parmi les priorités affichées pour la stratégie spatiale française, Emmanuel Macron a évoqué son souhait de “développer les futurs lanceurs autour de la réutilisation, la propulsion à bas coût, la motorisation à forte poussée qui sont les éléments de rupture et d’avancée technologique que nous avons identifiés”.Emmanuel Macron a martelé: “dépendre d’une grande puissance tierce ou d’un quelconque magnat du spatial c’est hors de question”, ajoutant: “suivez mon regard”, dans une claire allusion à Elon Musk. Il faut “faire monter en cadence l’exploitation d’Ariane 6 dont la compétitivité doit être améliorée”, a par ailleurs souligné M. Macron qui souhaite “moderniser la base de Kourou pour en faire un lieu agile, ouvert aux petits lanceurs et aux partenaires étrangers”.Avant de débuter ce chapitre consacré au spatial, M. Macron a salué la libération annoncée de l’écrivain Boualem Sansal, remerciant Alger ainsi que l’Allemagne pour son rôle joué dans ce dossier.- Mercosur: “non très ferme” -Auparavant, le chef de l’Etat a dit clairement à une délégation d’agriculteurs que le projet d’accord de libre échange entre l’UE et le Mercosur “tel qu’il existe aujourd’hui, recueillera un non très ferme de la France” en l’absence de clauses de sauvegarde, de “mesures miroirs” ou encore de “contrôles aux frontières”, a rapporté la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, à la fin de l’entretien auquel elle a également participé.Les agriculteurs mobilisés ont accueilli de manière relativement positive la clarification des exigences de la France sur le projet d’accord, tout en restant très critiques sur son contenu. D’autres mesures, sur une diminution de la taxation sur les importations d’engrais par exemple ou sur les questions spécifiquement régionales liées à l’impact du réchauffement climatique en Occitanie, ont été saluées par la FNSEA qui avec les Jeunes Agriculteurs avait appelé à manifester.Le déplacement toulousain du président a d’abord été dédié au lancement d’un cycle de débats citoyens avec la presse quotidienne régionale, Emmanuel Macron affirmant vouloir “sonner le tocsin” sur le risque que font peser les réseaux sociaux sur la démocratie française.- “Far west” -“Il n’y a pas de liberté sans responsabilité”, a-t-il martelé, n’hésitant pas à comparer les réseaux sociaux au “far west” devant 300 personnes réunies au siège du quotidien régional La Dépêche du Midi. Le président Macron, en retrait sur la scène politique intérieure depuis la dissolution ratée de 2024, entend faire des effets néfastes des écrans et des réseaux sociaux son nouveau cheval de bataille dans la dernière ligne droite du quinquennat.”L’objectif, c’est d’aller vers des décisions concrètes au début de l’année 2026″, a-t-il souligné, prônant notamment un “âge de majorité numérique”, vers 15 ans en France. A la manière des débats de l’époque des gilets jaunes, le chef de l’Etat, au centre d’un cercle de six rangées de sièges, a même admis qu’il n’excluait pas de sortir de certains réseaux, dont X, mais précisé qu’il ne le ferait pas “demain matin” car “la priorité c’est d’abord de mener la bataille en interne”.Le prochain débat citoyen similaire doit avoir lieu le 19 novembre, avec le quotidien La Voix du Nord.