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Les Bourses européennes terminent en baisse, lestées par des prises de profits

Les Bourses européennes ont conclu en baisse jeudi, à la suite d’un recul de Wall Street, où les investisseurs choisissent de prendre leurs bénéfices face à des signes de dégradation du marché de l’emploi américain.La Bourse de Paris a perdu 1,36% à la clôture, celle de Londres 0,42%, tandis que Francfort a cédé 1,31%.

La Belgique se donne 50 jours pour trouver un accord budgétaire

Le gouvernement belge a finalement tenu bon malgré ses divergences sur le bugdet. Jeudi, le Premier ministre Bart De Wever a octroyé à sa coalition un nouveau délai de 50 jours, soit jusqu’à Noël, pour parvenir à un accord sur le gros effort d’économies qu’il réclame.En dramatisant l’enjeu, le conservateur flamand avait fixé initialement la date butoir du 6 novembre pour parvenir à un accord au sein de cette coalition de cinq partis.Il avait promis de se rendre chez le roi Philippe en cas d’impasse et a tenu parole… Mais pour informer le souverain que la confiance n’était pas rompue entre les partenaires et qu’un accord serait trouvé avant Noël.”Sire, donnez-moi cinquante jours. Mais cette période ne sera pas prolongée”, a expliqué le chef du gouvernement en rendant compte aux députés en début d’après-midi de son entrevue royale.La Belgique affiche un des pires niveaux d’endettement de la zone euro, avec la Grèce, l’Italie et la France.Et la Commission européenne a pointé du doigt le pays comme “le seul” dans l’UE ne disposant pas d’une planification budgétaire pluriannuelle au niveau national, ce à quoi Bart De Wever était bien déterminé à remédier. Au pouvoir à Bruxelles depuis février, il a mis à l’agenda une série de réformes structurelles inédites sur la libéralisation du marché du travail, les droits au chômage ou les retraites.- Un effort de 10 milliards d’euros -Mais les cinq partis de sa coalition se divisent sur l’ampleur des réformes, ainsi que sur la manière de réaliser les nouvelles économies budgétaires en parallèle à une forte augmentation des dépenses militaires, sur fond de menace russe.Bart De Wever a mis la barre haut en exigeant que l’Etat fédéral économise 10 milliards d’euros sur le reste de la législature (2026-2029), via la réduction de certaines allocations et dépenses de santé mais aussi un relèvement de la TVA.Il se heurte en particulier aux libéraux francophones du Mouvement réformateur (MR), pourtant ses principaux partenaires de droite mais qui refusent fermement toute hausse de la fiscalité.Annoncer fin octobre qu’il se rendrait chez le roi le 6 novembre en cas de désaccords persistants était pour Bart De Wever une façon de laisser planer le spectre d’une démission, après seulement neuf mois en fonction.Mais l’ultimatum était vu par beaucoup comme un coup de pression pour persuader de la nécessité de secouer le pays.Le ministre de la Défense Theo Francken, issu du même parti (N-VA) que Bart De Wever, avait jugé lundi que “ça serait fou” de faire tomber un gouvernement dans une telle situation géopolitique, alors que les autorités belges s’inquiètent de la multiplication des survols de drones suspects au-dessus de sites stratégiques.- “La crédibilité de la Belgique” -Bart De Wever a d’ailleurs présidé jeudi matin, juste avant son rendez-vous au palais royal, une réunion d’urgence du conseil national de sécurité consacrée aux mesures à envisager pour mieux contrôler l’usage de drones.Dans la nuit de mardi à mercredi, des signalements de drones aux abords de plusieurs grands aéroports de Belgique ont entraîné la fermeture de l’espace aérien pendant plusieurs heures.Aux yeux de Jean Faniel, qui dirige le Centre de recherche et d’information socio-politiques (Crisp), ce contexte sécuritaire corsait davantage la difficulté pour le chef du gouvernement.”Annoncer une démission le jour d’un conseil de sécurité sur les drones entamerait son image sur la scène européenne où il aime se présenter comme un homme d’Etat capable de peser”, a-t-il expliqué à l’AFP.Seul un petit nombre des grandes réformes voulues par M. De Wever ont à ce jour abouti. Et le Premier ministre devait initialement présenter au Parlement le 14 octobre son projet de budget pluriannuel déroulant les prochaines étapes. C’était sans compter les interminables tractactions dont le pays a le secret. Il est désormais exclu qu’un nouveau budget puisse être adopté par le Parlement avant la fin de l’année.Jeudi, après avoir reçu le Premier ministre, le roi a demandé aux partenaires de la coalition de “doter le pays au plus vite d’une trajectoire budgétaire claire pour les années à venir”. “Il en va de l’intérêt des citoyens et des finances publiques, ainsi que de la crédibilité de la Belgique sur la scène européenne et internationale”. 

La Banque d’Angleterre maintient son taux directeur à 4% à l’issue d’un vote serré

La Banque d’Angleterre (BoE) a laissé son taux directeur inchangé à 4% jeudi, à une courte majorité, face à la conjoncture économique morose du Royaume-Uni et avant la présentation du budget britannique, qui devrait comprendre des hausses d’impôts.”Nous pensons toujours que les taux vont progressivement baisser, mais nous devons être sûrs que l’inflation est bien engagée sur la voie du retour vers notre objectif de 2% avant de les abaisser de nouveau”, a déclaré le gouverneur de la BoE, Andrew Bailey, dans un commentaire joint au rapport de politique monétaire.Cinq membres du Comité de politique monétaire (MPC) ont voté pour ce statu quo, largement anticipé par le marché, en attendant les détails du budget du gouvernement travailliste le 26 novembre.Quatre membres ont cependant voté au contraire pour une baisse d’un quart de point de pourcentage.La BoE estime que l’inflation a atteint son pic au Royaume-Uni en septembre, à 3,8% sur un an, là où elle misait auparavant sur un sommet à 4%, et s’attend à ce qu’elle revienne à sa cible de 2% courant 2027.Elle attribue la récente poussée des prix à l’alimentation et à des hausses inhabituelles des prix administrés — c’est-à-dire régulés par les autorités publiques, par exemple à l’aide des taxes sur les véhicules.- Droits de douane et cyberattaque -Le Royaume-Uni reste confronté à une croissance qui bat de l’aile, à 0,1% en août, et un marché de l’emploi qui s’affaiblit, ce qui a conduit certains analystes à parier sur une baisse de taux jeudi.D’autant que cette situation pourrait être amplifiée par des hausses d’impôts dans le budget d’automne, comme la ministre des Finances britannique, Rachel Reeves, l’a laissé entendre mardi dans un discours. Elle s’est aussi engagée à lutter contre l’inflation.”Une partie de la faiblesse (de la croissance, ndlr) peut refléter l’incertitude autour du budget d’automne”, s’est bornée à reconnaître la BoE dans son rapport.Dans la conférence de presse suivant l’annonce, le gouverneur Andrew Bailey s’est refusé à spéculer sur le contenu ou les effets du budget, qui n’ont pas affecté les projections de la Banque.”Il revient à la ministre des Finances de faire des annonces dans le budget, et nous y répondrons ensuite”, a-t-il déclaré.La BoE met aussi en avant la “croissance plus faible qu’attendue des exportations vers les Etats-Unis” en raison de droits de douane plus élevés, ainsi que “les perturbations liées à la cyberattaque” contre le constructeur Jaguar Land Rover, contraint de stopper sa production pendant un mois.- Livre stable -La banque centrale britannique a rehaussé sa prévision de croissance pour 2025, à 1,5%, contre 1,25% projeté en août, et conservé celle pour 2026, à 1,25%.Deux membres du MPC ont fait part de leurs inquiétudes sur le fait que des taux trop élevés puissent affecter l’activité, et mener à une inflation en deçà des attentes.Roman Ziruk, analyste chez Ebury, relève “la suppression du terme de +prudence+ (de la détente monétaire, ndlr) dans les indications de la Banque”, mais note que “les anticipations de baisse des taux à court terme ont peu évolué, les marchés estimant toujours à environ 60% la probabilité d’une baisse le mois prochain”.Face à un billet vert affaibli par les incertitudes sur l’économie américaine, vers 14H20 GMT (15H20 à Paris), la devise britannique prenait 0,30%, à 1,3091 dollars.La BoE avait déjà maintenu son taux inchangé lors de sa dernière réunion de septembre.Elle a abaissé son taux directeur à cinq reprises depuis août 2024, l’inflation étant largement redescendue de son pic de plus de 11% fin 2022.La semaine dernière, la Réserve fédérale américaine (Fed) a choisi d’abaisser ses taux d’intérêt d’un quart de point de pourcentage. La Banque centrale européenne (BCE) a, elle, poursuivi la pause dans son assouplissement monétaire.

Shein: opération de contrôle de 100% des colis issus de la plateforme à Roissy-CDG

L’ensemble des colis issus de Shein arrivés à l’aéroport de Roissy-CDG sont contrôlés jeudi dans le cadre d’une vaste opération initiée dans la matinée en présence de ministres de Bercy, et au lendemain du lancement d’une procédure de suspension de la plateforme, a constaté l’AFP.Ces contrôles doivent contribuer à alimenter les procédures en cours contre Shein et “les premiers constats font apparaître des produits non conformes et illicites”, notamment des produits cosmétiques non autorisés, des jouets dangereux pour les enfants, des contrefaçons ou des appareils d’électroménager défaillants, a précisé la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin dans un post sur le réseau social X. Elle avait fait le déplacement à l’aéroport de Roissy-CDG dans la matinée accompagnée par le ministre du Commerce Serge Papin. Ils ont notamment assisté au déballage par des officiers des douanes de nombreux paquets blancs sur lesquels on pouvait distinguer la lettre S de la marque de la plateforme asiatique.”Typiquement, vous ouvrez un colis, vous regardez le nombre de produits, ce n’est pas pour une consommation personnelle, ça veut dire qu’on organise la revente”, a affirmé Serge Papin en déballant l’un des paquets contenant de nombreux articles. “Ça montre qu’on n’est pas en train de vendre des produits aux consommateurs, ça veut dire qu’on est en train d’importer des biens commerciaux, et dans ce cas on applique les règles de l’importation commerciale”, a abondé Amélie de Montchalin.Menée conjointement par la répression des fraudes (DGCCRF), les douanes, la gendarmerie du transport aérien notamment, cette opération doit permettre de contrôler 200.000 colis et de s’assurer de la conformité des produits, notamment en vérifiant la “véracité des déclarations et le respect des obligations fiscales et douanières”, a précisé la ministre des Comptes publics. Plusieurs procédures (administratives, judiciaires et au niveau européen) ont été engagées mercredi contre la plateforme après le tollé provoqué par la vente de poupées à caractère pédopornographique et d’armes de catégories A. Roissy-CDG est le deuxième aéroport européen avec deux millions de tonnes de fret traitées en moyenne chaque année, et il connaît un essor sans précédent des flux de e-commerce depuis 2022, a précisé le cabinet de la ministre à l’AFP. Chaque année, 95% des flux de colis en provenance de Chine y transitent avant d’être distribués sur l’ensemble du territoire, selon Amélie de Montchalin.

Wall Street sur ses gardes, entre valorisations records et incertitudes commerciales

La Bourse de New York a ouvert en baisse jeudi, toujours attentive aux niveaux élevés de valorisation des géants technologiques et quelque peu prudente face au scepticisme de la Cour suprême des Etats-Unis sur les droits de douane de Donald Trump.Dans les premiers échanges, le Dow Jones lâchait 0,04%, l’indice Nasdaq perdait 0,28% et l’indice élargi S&P 500 cédait 0,15%.

Allemagne : Merz soutient la Commission européenne contre l’acier subventionné de Chine

Le chancelier Friedrich Merz a apporté jeudi le soutien de l’Allemagne aux plans de la Commission européenne pour réduire les importations d’acier subventionné, en provenance de Chine notamment, en recourant, entre autres, à des droits de douane accrus.”La Commission a déjà formulé des premières propositions, qui vont dans la bonne direction. Je m’engagerai pleinement (pour les) soutenir”, a déclaré le chancelier en clôture d’un sommet de crise sur le secteur à Berlin.L’Europe, en particulier l’Allemagne, fait face aux droits de douane imposés par les États-Unis, et aux “flux commerciaux détournés”, notamment en provenance d’Asie et “plus particulièrement de Chine, qui inondent les marchés avec de l’acier subventionné”, a souligné le chancelier devant la presse.”Il est donc nécessaire de mettre en place une protection efficace”, a poursuivi M.Merz, qui s’est dit prêt à s’engager pour “réduire les quotas d’importation et augmenter les droits de douane sur les volumes excédant ces quotas”, comme Bruxelles l’envisage.Selon les propositions émanant de la Commission européenne début octobre, les quotas d’importation d’acier étranger qui peuvent être importés chaque année dans l’UE sans droits de douane seront réduits de 47 %, à 18,3 millions de tonnes, et les droits sur les volumes excédentaires passeront de 25 % à 50 %.”Le débat a même porté sur la possibilité d’accélérer le processus avec la France”, a souligné de son côté le ministre social-démocrate des Finances et vice-chancelier Lars Klingbeil. “C’est exactement la bonne voie”, a renchéri Jürgen Kerner, vice-président du syndicat de la métallurgie IG Metall.M. Merz veut par ailleurs s’engager pour protéger des importations de “tous les producteurs ne respectant pas les accords internationaux sur les réductions de CO₂, via le CBAM, le mécanisme de taxation aux frontières”.Lors de ce sommet de crise à Berlin, des représentants d’entreprises et de syndicats ainsi que plusieurs ministres-présidents des régions sidérurgiques ont cherché les voies pour préserver la filière en Allemagne et en Europe.”Les entreprises traversent une crise existentielle”, a martelé le chancelier.Le conglomérat allemand Thyssenkrupp négocie la cession de sa division acier en difficulté à l’Indien Jindal Steel.Pour aider le secteur, Berlin veut mettre en place un tarif industriel pour l’électricité, en discussion à Bruxelles, qui pourrait être appliqué dès 2026 en Allemagne.Cela doit faciliter la transition vers une production d’acier climatiquement neutre.”Nous devons protéger nos marchés et nos producteurs”, a-t-il conclu. M. Merz a salué à cet égard la décision de l’opérateur ferroviaire allemand Deutsche Bahn qui a demandé d’accorder une préférence à l’acier européen pour le renouvellement du réseau ferroviaire.

Vedette de la tech française, Doctolib sanctionnée pour des pratiques anticoncurrentielles

La vedette de la tech française Doctolib a écopé d’une amende de 4,665 millions d’euros pour des pratiques anticoncurrentielles, qui vient écorner l’image d’une des rares start-up françaises à avoir imposé sa marque auprès du grand public.Doctolib, qui vend ses services aux soignants, “a délibérément mis en oeuvre plusieurs pratiques anticoncurrentielles (…) répondant à une stratégie anticoncurrentielle globale, structurée et cohérente visant à verrouiller les marchés concernés et évincer les entreprises concurrentes”, a indiqué dans un communiqué l’Autorité de la Concurrence, qui a sanctionné l’entreprise.Doctolib, qui redoutait la décision de l’Autorité, a immédiatement réagi, annonçant  dans un communiqué qu’elle faisait appel de cette décision qui “présente une lecture erronée de notre activité et de notre secteur”.L’entreprise est visée pour son activité sur ses marchés phare de la prise de rendez-vous en ligne, et de la téléconsultation, qu’elle domine très largement selon les chiffres de l’Autorité : “de 70 à 90% de part de marché” pour le rendez-vous en ligne, et “plus de 40%” de part de marché sur la téléconsultation.L’Autorité de la concurrence lui reproche des clauses obligeant le soignant à ne recourir qu’à son service, à l’exclusion des autres, et des ventes liées, en imposant par exemple aux soignants voulant souscrire à l’offre de téléconsultation de souscrire au service de rendez-vous en ligne.L’Autorité de la concurrence reproche également à Doctolib d’avoir acheté en 2018 son principal concurrent, “MonDocteur”, ouvrant la voie, selon elle, à des hausses de tarifs régulières par la suite.”Concrètement pour les nouveaux clients les tarifs sont passés de 109 euros mensuels au moment de l’acquisition à 129 euros en mars 2019 puis 139 euros en mars 2021 et à 149 euros en mars 2023″, a indiqué Fabienne Siredey-Garnier, la vice-présidente de l’Autorité.La décision est la “conséquence d’une plainte vieille de 2019”, déposée par un de (ses) “concurrents historiques” sur le marché du logiciel médical (NDLR Cegedim), a de son côté déploré Doctolib.Doctolib conteste les griefs de l’Autorité. Sur la vente liée par exemple, “déconnecter” l’offre de téléconsultation de l’offre de rendez-vous en ligne “aboutirait à des difficultés conséquentes pour le suivi des patients et l’activité quotidienne des soignants”, affirme-t-elle.Quant au rachat de “MonDocteur”, qui équipait à l’époque “2% des soignants”, il s’agissait “d’une opération de croissance externe qui est d’une banalité absolue dans la vie d’une entreprise”, a estimé l’entreprise.- “Killer le produit” -La décision est exécutoire, et Doctolib devra donc payer au Trésor public le montant de l’amende, quitte à la récupérer, avec les intérêts, si la cour d’appel de Paris compétente pour juger son appel lui donne raison.Par ailleurs, Doctolib doit mettre fin dès maintenant aux pratiques anticoncurrentielles identifiées par la décision qui continueraient de subsister, notamment en matière de vente liée, a souligné l’Autorité. Dans cette affaire, l’Autorité avait rassemblé, notamment lors d’une perquisition en 2021, de nombreux documents internes étayant ses accusations.Au moment du rachat de MonDocteur, des documents internes évoquent ainsi la volonté de “killer le produit” pour arriver à la “disparition” du concurrent, indique l’Autorité.Doctolib, qui a été fondée en 2013, compte aujourd’hui environ 3.000 salariés. Son chiffre d’affaires annuel a atteint 348 millions d’euros en 2024.”Doctolib est un grand succès français, un grand succès technologique et commercial”, a estimé le président de l’Autorité de la Concurrence, Benoit Coeuré. Mais “notre décision rappelle que nul n’est censé ignorer la loi”, a-t-il ajouté.

Parfum de crise gouvernementale en Belgique autour du budget

Le gouvernement belge chutera-t-il jeudi ? Le Premier ministre Bart De Wever a donné un ton dramatique aux débats budgétaires en fixant à ses partenaires de coalition cette date butoir pour conclure un accord sur un gros effort d’économies réclamé depuis des semaines.La Belgique affiche un des pires niveaux d’endettement de la zone euro, avec la Grèce, l’Italie et la France, où le gouvernement est aussi à la peine sur la question de l’assainissement des finances publiques.Au pouvoir à Bruxelles depuis février, le conservateur flamand Bart De Wever compte revenir dans les clous européens grâce à une série de réformes inédites sur la libéralisation du marché du travail, les droits au chômage ou les retraites.Mais les cinq partis de la coalition se divisent sur l’ampleur des réformes, ainsi que sur la manière de réaliser les nouvelles économies budgétaires en parallèle à une forte augmentation des dépenses militaires, sur fond de menace russe.Bart De Wever a mis la barre haut en exigeant que l’Etat fédéral économise 10 milliards d’euros sur le reste de la législature (2026-2029), via la réduction de certaines allocations et dépenses de santé mais aussi un relèvement de la TVA.Il se heurte en particulier aux libéraux francophones du Mouvement réformateur (MR), pourtant ses principaux partenaires de droite mais qui refusent fermement toute hausse de la fiscalité.Fin octobre, il a prévenu que faute d’accord à présenter aux députés le 6 novembre, il irait “faire rapport” au roi Philippe de cette impasse politique, une manière de faire planer le spectre d’une démission, même si d’autre scénarios, tels que la fixation d’une nouvelle échéance, restent bien sûr possibles.Jeudi matin, le Palais royal a confirmé qu’une audience avec Bart De Wever était prévue à 13H00.- “Dette horrible” -Le scénario d’une chute du gouvernement au bout de seulement neuf mois est-il crédible ?Dans le camp du Premier ministre l’ultimatum est surtout vu comme un coup de pression pour persuader de la nécessité de secouer le pays.”Le budget est horrible, la dette nationale est horrible, on doit prendre des mesures fortes”, et “continuer avec ce gouvernement”, a plaidé cette semaine le ministre de la Défense Theo Francken, issu du même parti (N-VA) que Bart De Wever.Il a appelé au compromis en jugeant que “ça serait fou” de provoquer une démission dans une telle situation géopolitique, alors que les services de sécurité et la Défense s’inquiètent de la multiplication des survols de drones suspects au-dessus de sites stratégiques.Bart De Wever doit d’ailleurs présider jeudi matin une réunion d’urgence du conseil national de sécurité à Bruxelles, après de nouveaux signalements de drones aux abords de grands aéroports qui ont entraîné la fermeture de l’espace aérien dans la nuit de mardi à mercredi.- “Enfermé dans un calendrier” -Aux yeux de Jean Faniel, qui dirige le Centre de recherche et d’information socio-politiques (Crisp), ce contexte sécuritaire vient corser davantage la difficulté pour le chef du gouvernement.”Annoncer une démission le jour d’un conseil de sécurité sur les drones entamerait son image sur la scène européenne où il aime se présenter comme un homme d’Etat capable de peser”, explique-t-il à l’AFP.L’expert s’étonne aussi que le Premier ministre se soit “enfermé dans un calendrier et une exigence chiffrée”. “Que se passera-t-il s’il y a un accord sur 7 ou 8 milliards d’euros? On dira qu’il est mauvais alors que c’est déjà un effort conséquent?”.Mercredi soir, une série de tête-à-tête entre le Premier ministre et les chefs de file des partis partenaires au sein de son gouvernement s’est achevée sur le constat de désaccords persistants. La Belgique, pays réputé ingouvernable où le paysage politique est de plus en plus fragmenté, a vécu en 2010-2011 une période record de 541 jours sans gouvernement de plein exercice.Après les élections législatives de 2019 et 2024, il a fallu respectivement seize et sept mois de longues tractations pour aboutir à un accord de coalition.

Shein: contrôle de 100% des colis issus de la plateforme à Roissy-CDG, selon Amélie de Montchalin

L’ensemble des colis issus de Shein arrivés à l’aéroport de Roissy-CDG sont contrôlés jeudi dans le cadre d’une opération intervenant au lendemain du lancement d’une procédure de suspension de la plateforme, a indiqué la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin sur X.L’opération doit contribuer à alimenter les procédures en cours contre Shein et “les premiers constats font apparaître des produits non conformes et illicites”, notamment des produits cosmétiques non autorisés, des jouets dangereux pour les enfants, des contrefaçons ou des appareils d’électroménager défaillants, a précisé la ministre dans un post sur le réseau social. Menée conjointement par la répression des fraudes (DGCCRF), les douanes, la gendarmerie du transport aérien notamment, cette opération doit permettre de contrôler 200.000 colis et de s’assurer de la conformité des produits, notamment en vérifiant la “véracité des déclarations et le respect des obligations fiscales et douanières”, a précisé la ministre des Comptes publics. Plusieurs procédures (administratives, judiciaires et au niveau européen) ont été engagées mercredi contre la plateforme après le tollé provoqué par la vente de poupées à caractère pédopornographique et d’armes de catégories A. Roissy-CDG est le deuxième aéroport européen avec deux millions de tonnes de fret traitées en moyenne chaque année, et il connaît un essor sans précédent des flux de e-commerce depuis 2022, a précisé le cabinet de la ministre à l’AFP. Chaque année, 95% des flux de colis en provenance de Chine y transitent avant d’être distribués sur l’ensemble du territoire, selon Amélie de Montchalin.

La Banque d’Angleterre maintient son taux directeur à 4% après un vote serré

La Banque d’Angleterre (BoE) a laissé son taux directeur inchangé à 4% jeudi, à une courte majorité, face à la conjoncture économique morose du Royaume-Uni et avant la présentation du budget britannique, qui devrait comprendre des hausses d’impôts.”Nous pensons toujours que les taux vont progressivement baisser, mais nous devons être sûrs que l’inflation est bien engagée sur la voie du retour vers notre objectif de 2% avant de les abaisser de nouveau”, a déclaré le gouverneur de la BoE, Andrew Bailey, dans un commentaire joint au rapport de politique monétaire.Cinq membres du Comité de politique monétaire (MPC) ont voté pour ce statu quo, largement anticipé par le marché, en attendant les détails du budget du gouvernement travailliste le 26 novembre.Quatre membres ont cependant voté pour une baisse d’un quart de point de pourcentage.La BoE estime que l’inflation a atteint son pic au Royaume-Uni en septembre, à 3,8% sur un an, là où elle misait auparavant sur un sommet à 4%, et s’attend toujours à ce qu’elle revienne à sa cible de 2% courant 2027.Elle attribue la récente poussée des prix à l’alimentation et à des hausses inhabituelles des tarifs administrés.- Droits de douane et cyberattaque -Le Royaume-Uni reste confronté à une croissance qui bat de l’aile, à 0,1% en août, et un marché de l’emploi qui s’affaiblit, ce qui a conduit certains analystes à parier sur une baisse de taux jeudi.D’autant que cette situation pourrait être amplifiée par des hausses d’impôts dans le budget d’automne, comme la ministre des Finances britannique, Rachel Reeves, l’a laissé entendre mardi dans un discours.”Une partie de la faiblesse (de la croissance, ndlr) peut refléter l’incertitude autour du budget d’automne “, s’est bornée à reconnaître la BoE dans son rapport.Elle met aussi en avant la “croissance plus faible qu’attendue des exportations vers les Etats-Unis” en raison de droits de douane plus élevés, ainsi que “les perturbations liées à la cyberattaque” contre le constructeur Jaguar Land Rover, contraint de stopper sa production pendant un mois.- Livre stable -La banque centrale britannique a rehaussé sa prévision de croissance pour 2025, à 1,5%, contre 1,25% projeté en août, et conservé celle pour 2026, à 1,25%.Deux membres du MPC ont fait part de leurs inquiétudes sur le fait que des taux trop élevés puissent affecter l’activité, et mener à une inflation en-deçà des attentes.Vers 12H20 GMT (13H20 à Paris), la devise britannique était presque stable face à l’euro et gagnait 0,18% face au billet vert à 1,3074 dollars, proche de son niveau avant la décision. La BoE avait déjà maintenu son taux inchangé lors de sa dernière réunion de septembre.Elle a déjà abaissé son taux directeur à cinq reprises depuis août 2024, l’inflation étant largement redescendue de son pic de plus de 11% fin 2022.La semaine dernière, la Réserve fédérale américaine (Fed) a choisi d’abaisser ses taux d’intérêts d’un quart de point de pourcentage. La Banque centrale européenne (BCE) a, elle, poursuivit la pause dans son assouplissement monétaire.