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LVMH est en train de renflouer Le Parisien/Aujourd’hui en France

Un renflouement du journal Le Parisien/Aujourd’hui en France par son propriétaire, le géant du luxe LVMH, est “en cours”, ont indiqué plusieurs sources internes vendredi à l’AFP, confirmant des informations de presse.Alors que le journal fait l’objet de rumeurs de vente depuis plusieurs mois, cette recapitalisation a été évoquée par sa directrice générale par intérim, jeudi lors d’une réunion de la rédaction, selon des participants, confirmant des informations du Monde et de la Correspondance de la presse.Interrogée au sujet d’une recapitalisation, la directrice générale Anne-Violette Revel de Lambert a répondu qu’elle était “en cours” mais “pas encore faite”, selon des propos rapportés par ces participants.La recapitalisation avait été dévoilée le 31 octobre par le média La Lettre, qui évoquait un montant de 140 millions d’euros. LVMH n’avait pas commenté. Lors de la réunion de jeudi, aucun chiffre n’a été confirmé.”C’est une obligation légale de recapitaliser. Mais on nous promet derrière une restructuration, donc de nouveaux efforts”, a déclaré à l’AFP Aymeric Renou, délégué syndical SNJ (Syndicat national des journalistes).Un plan de réorganisation prévoyant la suppression de près de 40 postes est déjà en cours.Le 15 octobre, LVMH avait demandé au PDG du Parisien/Aujourd’hui en France, Pierre Louette, de présenter un plan stratégique pour ramener le titre à l’équilibre, le niveau de pertes étant trop important, selon un compte-rendu d’une réunion du comité de groupe du géant du luxe.La direction de LVMH avait assuré que l’option d’une vente n’était pas à l’ordre du jour mais ne pouvait être exclue s’il n’y avait pas de consensus sur la mise en place de ce plan de réduction des pertes, selon le même document.Depuis septembre, les journalistes du quotidien s’inquiètent d’un éventuel projet de vente au milliardaire conservateur Vincent Bolloré.Lors du comité de groupe du 15 octobre, LVMH a assuré que cela restait une rumeur, affirmant qu’il n’y avait pas de processus en cours, selon le compte-rendu.Deux journées de grève avaient eu lieu fin septembre, pour s’opposer à une éventuelle vente au groupe Bolloré et exiger l’embauche de 17 CDI pour combler des départs.Le Parisien/Aujourd’hui en France est le 3e quotidien le plus diffusé en France en cumulant son édition nationale et régionale, avec 260.000 exemplaires vendus par jour, selon l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias (ACPM).

La Bourse de Paris atone face aux incertitudes

La prudence est de mise vendredi à la Bourse de Paris, les investisseurs faisant face à de nombreuses zones d’ombres aux Etats-Unis, des droits de douane aux valorisations du secteur tech.Vers 10H30 heure de Paris, l’indice vedette de la place parisienne, le CAC 40, grappillait 0,03%, soit 2,19 points, pour s’établir à 7.966,96 points. Jeudi, le CAC 40 a terminé en baisse de 1,36%, à 7.964,77 points.”Les marchés consolident légèrement en ce début de mois de novembre, commente Xavier Chapard, stratégiste de LBP AM. En l’état, cela semble être une respiration plutôt saine après les fortes performances d’octobre plutôt qu’un changement de tendance.”Il relève un certain nombre d’incertitudes, avec “l’arrêt de l’activité dans nombre de services du gouvernement fédéral américain” ou “shutdown”, désormais le plus long de l’histoire, mais aussi les interrogations quant à “la légalité de certains droits de douane imposés par Trump qui était discutée à la Cour Suprême”.A cela s’ajoute le “scepticisme croissant quant à la capacité des valorisations stratosphériques du secteur de l’intelligence artificielle (IA) à tenir le coup”, souligne Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill Group.Enfin, les investisseurs doivent digérer une nouvelle salve de résultats d’entreprises.Arkema résisteLe chimiste français Arkema a abaissé pour la troisième fois cette année son objectif de rentabilité (Ebitda) pour 2025 en raison d’une “demande plus faible qu’attendue aux Etats-Unis”, et ses ventes ont reculé au troisième trimestre, selon un communiqué vendredi.”Cet avertissement était en grande partie déjà anticipé par les analystes (…) et s’explique par le contexte macroéconomique actuellement difficile et la demande plus faible que prévue aux US”, relèvent les analystes d’Oddo dans une note sur Arkema.Ils maintiennent par ailleurs leur recommandation positive avec un objectif de cours de 67 euros. Vers 10H20 à Paris, l’action Arkema prenait 2,82% à 50,40 euros.Voyants au vert pour Euronext L’opérateur boursier paneuropéen Euronext a publié jeudi un chiffre d’affaires en hausse au troisième trimestre, le sixième d’affilée, notamment grâce aux activités non liées aux volumes échangés sur les marchés.Le groupe a publié un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 10,6% sur un an, à 438,1 millions d’euros. Son bénéfice net a reculé de 6,1%, à 149,7 millions d’euros, en raison d’un effet de comparaison défavorable.Les résultats ont été salués en Bourse, le titre Euronext prenant 3,44% à 126,20 euros vendredi vers 10H20 heure de Paris.

Airbus enregistre sa plus grosse commande de l’année et intensifie ses livraisons en octobre

Airbus annonce vendredi avoir enregistré la commande annoncée au Salon du Bourget de 100 avions par la compagnie vietnamienne Vietjet Air, la plus grosse de l’année, et a intensifié ses livraisons avec la remise de 78 avions. La commande a été passée le 10 octobre, à la suite de la signature d’un protocole d’accord en juin au salon aérospatial international du Bourget, d’après les données communiquées vendredi par Airbus. Cette commande de 100 monocouloirs A321neo est d’une valeur théorique de près de 13 milliards de dollars. Le montant est calculé d’après les prix catalogue de 2018, concept qu’Airbus a abandonné depuis en arguant que les prix de vente réels dépendent des spécificités de chaque contrat, de la version et de la configuration de l’appareil et qu’ils demeurent confidentiels.Le protocole d’accord entre Vietjet Air et Airbus prévoit la commande potentielle de 50 appareils supplémentaires.La flotte de Vietjet Air comprend actuellement 115 appareils, tous des Airbus.En dehors de cette transaction, 12 autres avions ont été commandés, portant à 112 le total de commandes pour octobre, mois au cours duquel le géant aéronautique européen a également intensifié ses livraisons avec 78 avions remis à 36 clients. Depuis le début de l’année, ce sont 585 nouveaux appareils qui ont été livrés à 85 flottes aériennes.Lors de la publication de ses résultats financiers du troisième trimestre fin octobre, Airbus a maintenu son objectif de livraison en 2025 de 820 avions malgré les difficultés persistantes de sa chaîne d’approvisionnement.Trente-deux avions terminés étaient fin octobre dans l’attente de moteurs en raison des difficultés des sous-traitants Pratt&Whitney et CFM (Safran-General Electric). Ce problème s’est en partie résorbé, puisqu’au début de l’été, 60 avions étaient dans cette situation.  L’industriel, dont les livraisons se concentrent toujours sur la fin de l’année, devra sortir 235 appareils sur les deux derniers mois de l’année pour maintenir son objectif. Airbus monte en puissance par rapport à l’année dernière (766 appareils livrés en 2024) et renoue progressivement avec les productions précédant la pandémie de Covid-19.En 2019, avant que la pandémie de Covid-19 ne désorganise la chaîne de production de l’aéronautique, le géant européen avait livré 863 appareils.

Chine: les exportations en baisse pour la première fois en huit mois

Les exportations chinoises ont reculé de 1,1% sur un an en octobre, baissant pour la première fois depuis février, dans une période de regain des tensions commerciales avec les États-Unis, ont indiqué les douanes chinoises vendredi.Ces chiffres sont plus défavorables que les prévisions d’économistes interrogés par l’agence Bloomberg, qui tablaient sur une augmentation de 2,9% sur un an.Les importations ont quant à elles augmenté de 1% sur la même période, ont précisé les douanes. C’est également en deçà des prévisions des mêmes économistes qui misaient sur une hausse de 2,7%.La période concernée correspond à un nouvel accès de crispation commerciale entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales, avec l’annonce au début du mois d’octobre de nouvelles restrictions chinoises sur les exportations relatives aux stratégiques terres rares. En représailles, le président américain Donald Trump avait annoncé des droits de douanes supplémentaires de 100%, sans toutefois être passé à l’acte par la suite.Un sommet entre le président américain et son homologue chinois Xi Jinping le 30 octobre en Corée du Sud a ensuite débouché sur des mesures de détente réciproques.Avant cela, les exportations chinoises vers les États-Unis ont augmenté de 1,8% en octobre par rapport à septembre, selon les données rendues publiques vendredi, alors qu’elles avaient augmenté de 8,6% en septembre par rapport à août.Les importations en provenance des États-Unis ont quant à elles reculé de 11,6% entre septembre et octobre, d’après les douanes chinoises.- Moteur grippé -Les exportations font depuis des années office de moteur de l’économie chinoise, avec une consommation domestique obstinément languissante comme l’ont montré fin octobre les chiffres des ventes de détail qui, à 3% sur un an en septembre, ont affiché leur rythme de croissance le plus faible depuis novembre 2024.Au même moment, la Chine annonçait un ralentissement de la croissance au troisième trimestre: +4,8% sur douze mois, soit sa progression la plus faible depuis un an.Les exportateurs chinois avaient pris les mois précédents leurs dispositions pour anticiper l’augmentation des droits de douanes américains, rappelle dans une note Zhiwei Zhang, économiste chez Pinpoint Asset Management.”Cette pratique d’anticipation semble avoir fini par s’atténuer en octobre”, ajoute-t-il.”La guerre commerciale étant suspendue pendant un an, les exportations devraient se normaliser”, présage-t-il en faisant référence aux mesures annoncées par Chinois et Américains à la suite du sommet Xi-Trump, comme la baisse ou la confirmation de la suspension de droits de douanes.”Maintenant que la dynamique des exportations s’affaiblit, la Chine doit davantage miser sur la demande intérieure”, prévient Zhiwei Zhang.Le Parti communiste au pouvoir énonce la nécessité de “stimuler fortement la consommation” dans son récent projet de plan quinquennal définissant les grandes orientations du pays pour 2026-2030.

Nouveau report pour le jeu vidéo GTA VI, désormais attendu pour novembre 2026

La sortie du très attendu “Grand Theft Auto VI” (GTA VI), nouvel opus de la série de jeux vidéo populaire et sulfureuse à la fois, a de nouveau été repoussée par son éditeur Rockstar Games jusqu’au 19 novembre 2026.Le jeu de gangsters, dont le célèbre épisode précédent date de 2013, avait déjà été repoussé de l’automne 2025 à mai 2026.”Nous sommes désolés d’ajouter encore un peu plus de temps à ce qui a déjà été une longue attente, mais ces mois supplémentaires nous permettront de terminer le jeu avec le niveau de finition que vous attendez et méritez”, a déclaré Rockstar Games dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.L’enjeu est majeur pour l’avenir financier de l’entreprise, dont l’épisode précédent, GTA V, reste l’un des titres les plus vendus au monde, douze ans après sa commercialisation.Dans les échanges électroniques après la clôture de Wall Street vers 11H30 GMT, le cours chutait de 6,66% pour le groupe américain Take-Two Interactive, la maison mère de Rockstar Games, malgré des résultats meilleurs que prévus publiés jeudi.Quelques heures plus tôt, une manifestation devant les locaux de Rockstar Games à Edimbourg avait réuni des dizaines de personnes dénonçant le licenciement d’une trentaine de salariés. L’entreprise les accuse d’avoir partagé des “informations confidentielles” tandis que le syndicat IWGB (Independent Workers’ Union of Great Britain) y voit “l’acte d’entrave syndicale (…) le plus impitoyable de l’industrie du jeu vidéo”.- Promesses aux investisseurs -L’annonce du report de GTA VI a eu lieu au moment de la publication, jeudi, des résultats trimestriels de Take-Two, qui a légèrement relevé ses prévisions, grâce notamment aux résultats de sa simulation de basket “NBA 2K”.Le groupe prévoit d’atteindre un chiffre d’affaires annuel entre 6,38 et 6,48 milliards de dollars au terme de son exercice décalé qui se termine le 31 mars 2026. Là où les analystes s’attendaient à environ 9 milliards de dollars avant l’annonce du report.Le PDG de Take-Two, Strauss Zelnick, a promis aux investisseurs, jeudi, que l’exercice fiscal 2027 atteindra des “niveaux records” grâce à GTA VI, et “établira une nouvelle base de référence” pour l’entreprise, sans toutefois avancer de chiffre.Le groupe prévoit tout de même de réduire un peu ses pertes pour l’exercice 2026, à un niveau compris entre 349 et 414 millions de dollars.Outre la franchise du basket, dont le dernier épisode vient de sortir, l’entreprise a mis en avant la progression de “plus de 20% sur un an” de son abonnement en ligne GTA+ et un accueil meilleur que prévu de son nouveau jeu “Mafia: The Old Country”.- Protagoniste féminin -Peu de détails ont filtré sur GTA VI, dont la première bande-annonce, dévoilée en décembre 2023, a été visionnée près de 270 millions de fois sur la page YouTube de Rockstar Games. Elle montrait le retour du jeu dans les rues de Vice City, ville fictive inspirée de Miami et déjà utilisée dans un épisode précédent, promettant d’incarner un gangster dans des courses-poursuites, des fêtes sur des yachts et révélant, pour la première fois, un protagoniste féminin.La deuxième bande-annonce, publiée en mai après l’annonce du premier report, a totalisé 138 millions de vues à ce jour. Elle montre les premières scènes des aventures d’un couple de repris de justice, armes ou cocktails au poing, sur un jet-ski ou poursuivis par la police.Sorti en 2013, GTA V continue de se vendre et a atteint plus de 220 millions d’exemplaires dans le monde, selon les chiffres actualisés donnés jeudi par Take-Two.Le succès de la saga, débutée en 1997, a été émaillé de polémiques pour sa possibilité offerte de simuler des activités criminelles qui inciterait les joueurs, selon ses détracteurs, à les reproduire dans la vie réelle. Des accusations rejetées par ses créateurs, soutenus par une large communauté de fans.

Pourquoi le secteur automobile européen traverse “un ouragan force 5”?

Profits et ventes en berne, marché de la voiture électrique décevant, concurrence de la Chine et “sur-réglementation” de la part de Bruxelles: le secteur automobile européen est “à un moment charnière” de son existence, selon ses acteurs.Lors de la Journée de la filière auto, organisée cette semaine à Paris par la Plateforme automobile (PFA, le lobby des constructeurs et équipementiers français), les dirigeants ont tous ou presque sonné le tocsin: “Le sol se dérobe sous nos pieds” (Luc Chatel, président de la PFA), “notre industrie vit un tournant, avec un risque de décrochage” (François Provost, patron du groupe Renault), “l’Europe décline” (Antonio Filosa, Stellantis) etc.Pourquoi cette crise?Sans forcément tomber dans les prédictions les plus noires, dirigeants mais aussi syndicalistes et ONG environnementales sont d’accord sur les bouleversements en cours. Le patron de Mercedes, Ola Källenius, évoque “une transformation comme on en voit tous les 100 ans, dans un environnement balayé par un ouragan force 5″. Tandis que Marylise Léon, à la tête de la CFDT, a qualifié le moment d'”historique” et de “charnière”, devant la presse cette semaine également.De fait, le marché automobile n’a pas retrouvé ses niveaux d’avant Covid. Les ventes de véhicules neufs en Europe ont reculé de quelque 3 millions d’unités en Europe en 2024 par rapport à 2019, à 10,6 millions. Pour la France seulement, la chute est de 22% (2,21 millions d’unités en 2019, 1,72 million en 2024).Olivier Hanoulle, expert automobile au cabinet Roland Berger, explique le sentiment du secteur par trois facteurs: voiture électrique, protectionnisme américain et montée en puissance de la Chine. “L’Europe doit accomplir la transition vers la voiture électrique la plus rapide du monde. Les Chinois ont démarré bien avant nous, sans viser la fin du moteur thermique en 2035, et les Etats-Unis”, dirigés par Donald Trump, “s’électrifient lentement”, relève-t-il.L’échéance 2035?L’UE prévoit pour 2035 l’interdiction des voitures thermiques et hybrides neuves, une mesure phare du Pacte vert européen (Green Deal) acté en mars 2023 malgré les réticences allemandes. Une clause de revoyure est prévue pour 2026 mais, sous la pression des industriels qui espèrent un assouplissement des textes, la Commission devrait annoncer des décisions courant décembre.”Les risques qui pèsent aujourd’hui sur l’industrie européenne” résultent “d’un choix politique et dogmatique, et non pas technologique”, a asséné mardi Luc Chatel, président de la PFA.Les consommateurs n’achètent pas de véhicules électriques car ils sont trop chers, arguent des acteurs de l’industrie. Il faut donc autoriser les voitures hybrides rechargeables (moteur thermique et batterie électrique) et les agrocarburants pour après 2035. Et limiter “le tsunami de normes sur la sécurité et la décarbonation”, selon François Provost, le patron de Renault.2035 a été choisie afin d’avoir un parc automobile 100% vert en 2050, année de la neutralité climatique (une voiture dure en moyenne 15 ans), a rappelé Christophe Périllat, directeur général de l’équipementier Valeo, selon qui “le défi climatique n’a pas changé”. Mais les “concessions automobiles sont vides” et il faut donc “introduire de la flexibilité” pour relancer le marché.   Et les prix des voitures?Ils ont augmenté de 24% pour les véhicules neufs en France entre 2020 et 2024, indique une étude de l’Institut Mobilités en transition, publiée en mai. Selon ses analyses, “l’électrification” ne représente que 6 points de ces 24%, de même que l’inflation des coûts. La moitié de la hausse s’explique par des augmentations de marge et des montées en gamme.Une “SUVisation” des modèles proposés, qui rendent inaccessibles les véhicules neufs à la classe moyenne, note Thomas Uthayakumar, de l’ONG Fondation pour la nature et l’Homme. “Les constructeurs ont cyniquement abandonné les voitures abordables au profit des plus chères”, “aux dépens des PME implantées sur le sol français”, et “malgré les aides publiques largement distribuées”, abonde Marylise Léon.”Des voitures très grosses, très chères, très équipées” qui ont boosté les profits des constructeurs auto au tournant des années 2020, s’agace Diane Strauss, de l’ONG Transport & Environnement.fmp/ak/eb

Pour relancer le nucléaire, le secteur doit résoudre le casse-tête du financement

Le nucléaire revient sur le devant de la scène mais qui va payer pour ces projets gigantesques, longs et risqués? Domaine régalien par excellence, l’atome doit désormais envisager de nouveaux modes de financement, y compris privés, pour accélérer.Tombé en disgrâce après l’accident de la centrale japonaise de Fukushima en 2011, le nucléaire connaît un regain d’intérêt, porté par les besoins de décarboner l’énergie, renforcer l’indépendance énergétique et de répondre à l’explosion de la demande en électricité, dopée notamment par l’intelligence artificielle.Selon une étude EY-Parthenon publiée mercredi, s’appuyant notamment sur les scenarios de l’Agence internationale de l’énergie, le secteur nucléaire devrait doubler sa capacité de production à environ 820 GW d’ici 2050 afin de soutenir la sortie des énergies fossiles qui réchauffent le climat.Les investissements doivent suivre et rapidement doubler pour atteindre 159 milliards de dollars par an d’ici 2030 (pour un total de 3.600 milliards de dollars environ d’ici 2050).Si ces investissements sensibles et risqués ont historiquement été portés par les Etats et leurs électriciens publics, EY note “un essor remarquable de l’intérêt des investisseurs privés”.”Le financement public est devenu plus contraignant en raison de la régulation des aides d’État” comme en Union européenne, “mais aussi du fait de la situation financière des États”, explique Jéremie Haddad, associé chez EY.”Nous avons besoin de partenariats public-privé”, a d’ailleurs appelé le ministre français de l’Energie Roland Lescure à l’adresse du parterre de professionnels présents au salon international du nucléaire, qu’il inaugurait mardi à Paris et qui s’est terminé jeudi.Il a insisté: “nous avons besoin d’investisseurs à long terme, de régimes de retraite, de fonds souverains, pour nous aider à construire cet avenir ensemble”, rappelant qu’il est aussi ministre des Finances d’un pays très endetté “qui peine à faire passer un budget”.- Des politiques stables -Le ministre faisait référence aux projets de mini-réacteurs – au nombre de dix, suivis par l’autorité de sûreté – qui embarquent déjà des fonds publics et des capitaux privés – dont les plus avancés ont besoin de nouveaux soutiens pour passer au prototype.En revanche, en France, le programme de construction d’au moins 6 réacteurs EPR2 est parti pour rester dans le giron étatique. Au côté des financements d’EDF, entreprise publique à 100%, l’Etat lui accordera un prêt à taux zéro durant la phrase de construction, qui couvrira un peu plus de 55% du coût. Sur les modalités de financement, les acteurs scrutent avec intérêt le projet au Royaume-Uni de deux réacteurs à Sizewell C développés par EDF, qui repose sur un modèle innovant de partage du financement et des risques entre EDF, des investisseurs privés, l’Etat britannique.L’avantage: il offre aux investisseurs un revenu stable dès le début du projet grâce à une contribution à hauteur d’une livre par mois intégrée à la facture des consommateurs.Déployer davantage de capitaux privés nécessitera de surmonter plusieurs défis. Dans les grands réacteurs, la filière qui traîne la réputation de dérapages de coûts et de calendriers à rallonge doit prouver qu’elle est capable de livrer ses “chantiers à temps et dans les budgets”. Les marchés ont aussi besoin “de politiques gouvernementales stables” sur les 15 prochaines années, explique Jasbir Sidhu, associé gérant de Nuclear capital LPP. “On a aussi besoin des effets de série pour répliquer les modèles de réacteurs ailleurs et ainsi réduire leur coût”, explique à l’AFP Issam Taleb, associé chez EY-Parthenon.A côté des financeurs privés, les institutions financières internationales commencent aussi à changer “leur attitude envers le nucléaire”, note le directeur général de l’AIEA Rafael Grossi. Cette année, l’agence a signé avec la Banque mondiale un accord “levant une interdiction de plusieurs décennies” sur le financement du nucléaire, mis à l’index en raison des oppositions à cette énergie controversée.Interrogé mardi par l’AFP pendant le salon, M. Grossi évoque “des négociations” avec les banques asiatique et africaine de développement, la banque islamique de développement, la banque interaméricaine et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. 

Le secteur aérien français dit déjà pâtir de l’alourdissement de sa fiscalité

Décrochage du trafic par rapport au reste de l’Europe, bénéfices rognés et aviation d’affaires durement touchée: des entreprises, mais aussi le ministère des Transports, pointent certains effets délétères pour le secteur aérien français de l’alourdissement récent de sa fiscalité.Le budget 2025 instauré depuis mars une taxation renforcée sur l’aérien, via un triplement de la “taxe de solidarité sur les billets d’avion” (TSBA). Un surcoût de 4,77 euros par billet d’avion sur les vols intérieurs ou européens au départ de la France, et jusqu’à 120 euros par trajet long-courrier en classe affaires.Selon une étude publiée cette semaine par la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC), les compagnies aériennes n’ont pas taillé dans leurs marges: ces hausses se sont répercutées “en grande partie, voire en totalité, sur les prix du transport aérien, représentant jusqu’à deux points d’inflation supplémentaire”.En outre, selon la DGAC, la hausse “se répercute directement sur les prestations facturées, sous forme de taxes ou de redevances, aux compagnies aériennes pour effectuer l’atterrissage, la circulation au sol, le stationnement et le décollage des aéronefs, le débarquement et l’embarquement des passagers”, ce qu’on appelle dans le jargon du secteur les “coûts de touchée”.Conséquence, “la position concurrentielle des aéroports français s’est dégradée aussi bien sur le faisceau moyen-courrier (…) que sur le long-courrier, en concurrence avec les hubs, notamment extra-européens, pour attirer le trafic de correspondance”, a affirmé l’administration qui dépend du ministère des Transports.Ce constat semble confirmer les craintes énoncées par les professionnels du secteur aérien lors des débats budgétaires de l’automne 2024. La Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (Fnam) avait alors jugé que l’Etat, au capital d’Air France-KLM et du gestionnaire des aéroports parisiens, se tirait “une balle dans le pied” en dégradant la compétitivité de la destination France.”Ce ne sont pas seulement les compagnies aériennes qui en pâtissent”, a argumenté le directeur général d’Air France-KLM, Benjamin Smith, jeudi lors de la présentation de résultats trimestriels notamment lestés, selon son entreprise, par la hausse de la TSBA. – Pas de rebond post-JO -“C’est tout le secteur du voyage, le tourisme, l’hôtellerie. Pour la France, le compte n’y est pas”, a-t-il ajouté.Fin octobre, l’ONG Transport & Environment (T&E), étude économique à l’appui, avait a contrario estimé que “ce sont surtout les tendances en matière de comportement des voyageurs et les modèles économiques des compagnies aériennes qui influencent le nombre de passagers, et non les coûts seuls”.La DGAC a révélé mercredi que l’offre de sièges d’avions au départ de la France avait augmenté de seulement 1,4% depuis le début du deuxième trimestre, contre 4,7% dans le reste de l’Europe, laminant l’espoir de voir le pays bénéficier d’un “rebond” d’activité post-olympique comme d’autres pays hôtes.”La fiscalité française renchérit le prix des billets d’avion, détourne des capacités vers d’autres marchés européens et fragilise l’attractivité du pavillon national”, a assuré jeudi le Syndicat des compagnies aériennes autonomes (Scara), pour qui “la perte d’attractivité de la France a des effets sur l’emploi et la connectivité”.Evalué à 850 millions d’euros de plus en année pleine, le produit de la TSBA est reversé à 80% au budget général de l’Etat, le solde servant à financer les grands projets d’infrastructures routières et ferroviaires. C’est l’aviation d’affaires qui a été la plus affectée par sa hausse: de 207,37 à 2.097,37 euros de plus par passager embarqué, a rappelé la DGAC.Alors que le Parlement examine actuellement le projet de loi de finances (PLF) 2026, la principale association d’acteurs de l’aviation d’affaires, l’EBAA France, a exhorté les élus à corriger un dispositif “injuste dans sa conception, déséquilibré dans son application et inefficace dans ses résultats”.La hausse de la TSBA “détruit le pavillon français”, a assuré cette semaine l’association, citant le chiffre d’une baisse d’activité de 21,8% des compagnies françaises d’aviation d’affaires au troisième trimestre, contre une hausse de 4% de celle des opérateurs étrangers dans le pays.

Paralysie budgétaire: les Etats-Unis redoutent la pagaille dans les aéroports

Des centaines de milliers d’Américains voient leurs vols annulés à partir de vendredi en raison du blocage budgétaire qui s’étire et a conduit les autorités à alléger le trafic aérien face à la pénurie d’aiguilleurs du ciel.Sont concernés, entre autres, les trois aéroports de New York, les trois qui desservent Washington, ceux de Chicago, Los Angeles, San Francisco, Miami, Boston, Philadelphie, Atlanta ou encore Dallas.American Airlines et United Airlines, deux des principales compagnies régulières américaines, ont dit à l’AFP qu’elles réduisaient leur activité de 4% dès vendredi et tout au long du week-end, soit “environ 220 vols annulés chaque jour” pour la première, et “moins de 200 vols vendredi et samedi” pour la seconde.Delta, autre compagnie américaine majeure, prévoit elle autour de 170 annulations vendredi sur “approximativement 5.000 départs quotidiens”.L’administration Trump avait annoncé mercredi une réduction de 10% du nombre de vols dans quarante des aéroports américains les plus importants dès vendredi. Une décision justifiée par la nécessité de “réduire la pression” sur le contrôle aérien par impératif de sécurité, face au manque de personnel dans les tours de contrôle, auquel il est demandé depuis plus d’un mois de continuer à travailler sans être payé du fait de la paralysie budgétaire.Ce “shutdown” de l’Etat fédéral dure depuis 37 jours, un record, républicains et démocrates étant incapables de s’entendre sur un nouveau budget depuis le 1er octobre.- Vols domestiques et régionaux -Les annulations de vols s’ajoutent aux longues files d’attente aux points de contrôles qui sont gérés par des agents de sécurité également privés de salaire depuis plus d’un mois.Les perturbations débutent à la veille d’un week-end que nombre d’Américains prolongeront jusqu’au mardi 11 novembre, jour férié aux Etats-Unis. Et elles surviennent à l’approche de Thanksgiving, la grande fête familiale américaine pour laquelle des millions d’Américains prennent l’avion chaque année, le 27 novembre.”Si vous devez aller à un mariage, des obsèques ou autre chose d’important dans les prochains jours, compte tenu du risque d’annulation de vols, je conseillerais d’acheter un billet de secours sur une autre compagnie”, suggère le patron de la compagnie à bas coût Frontier, Barry Biffle, sur les réseaux sociaux.”Ainsi, si votre vol est annulé, vous avez une solution de rechange immédiatement”, poursuit-il, en avisant d'”acheter un billet remboursable”.Quels vols sont concernés ?Pas les vols internationaux long courrier à ce stade, ont précisé United et Delta.United indique dans un communiqué que les annulations se concentrent sur “les vols domestiques et régionaux qui ne relient pas nos hubs” aéroportuaires.Dans un mail adressé à ses clients, consulté par l’AFP, la compagnie précise que les vols “entre (ses) hubs”, Chicago, Denver, Houston, Los Angeles, Newark, San Francisco et Washington Dulles, ne sont pas affectés.- Zéro dollar -American Airlines table elle sur “environ 6.000 vols quotidiens”.”Avec Thanksgiving qui arrive, si on est toujours dans cette situation, ça va être rude. On agira sur ce qui concerne la sécurité. Mais votre vol décollera-t-il à l’heure ? Décollera-t-il tout court ? Ca reste à voir, mais il y aura davantage de perturbations”, a averti le ministre des Transports Sean Duffy au micro de Fox News jeudi.Les principales compagnies américaines ont fait savoir que leurs clients impactés pouvaient modifier leur voyage ou en demander le remboursement sans pénalité financière.Le blocage budgétaire a fortement désorganisé le contrôle aérien.A titre d’illustration, “actuellement, la moitié de nos trente aéroports principaux connaissent des pénuries de personnel” et “près de 80% des contrôleurs aériens sont absents dans les aéroports new-yorkais”, communiquait le régulateur aérien américain (FAA) le 31 octobre.”Après 31 jours sans salaire, les contrôleurs aériens sont soumis à un stress et une fatigue immenses”, soulignait-il.Autour de 14.000 contrôleurs aériens surveillent le ciel américain – et reçoivent en ce moment des fiches de paie à zéro dollar.Chaque jour, plus de trois millions de passagers prennent l’avion aux Etats-Unis et plus de 44.000 vols en moyenne les transportent, selon la FAA.

Feu vert des actionnaires de Tesla au plan de rémunération à 1.000 milliards de Musk

Le nouveau plan de rémunération du patron de Tesla, Elon Musk, a été adopté par plus de 75% des votes lors de l’assemblée générale des actionnaires réunie jeudi à Austin (Texas), lui offrant la perspective d’empocher plus de 1.000 milliards de dollars en dix ans.A l’issue des votes, un responsable du groupe a également annoncé l’adoption d’autres résolutions considérées par les dirigeants en amont de l’AG comme “cruciales pour l’avenir” du groupe.Les trois candidats au renouvellement de leur mandat d’administrateur ont obtenu satisfaction et l’amendement au plan de rémunération d’Elon Musk validé en 2018 – d’un montant total de 56 milliards – a également été approuvé.Les actionnaires ont été consultés sur  l’opportunité d’investir dans xAI, entreprise d’Elon Musk spécialisée dans l’intelligence artificielle ayant absorbé le réseau social X qui lui appartenait aussi, mais l’issue du vote a été moins probante. Le conseil d’administration va donc “examiner le résultat pour décider de la prochaine étape”, a relevé le responsable du groupe.Après l’annonce des résultats, Elon Musk est sorti des coulisses sous les hourras et les applaudissements des quelques centaines de participants à cette AG, retransmise en direct sur internet.”Merci de tout coeur pour ceux qui ont soutenu” les résolutions de la direction, a déclaré l’homme le plus riche au monde avec un patrimoine estimé à 500 milliards de dollars.”Ce n’est pas simplement un nouveau chapitre de l’histoire de Tesla, mais un livre tout neuf”, a-t-il ajouté, avant d’évoquer les différents produits et projets du groupe qui s’oriente toujours plus vers l’autonomie, la robotique et l’intelligence artificielle.Le nouveau plan de rémunération a fait débat dès son annonce en septembre.- Pactole conflictuel -Jusqu’au dernier moment, partisans et opposants à ce pactole ont tenté de rallier d’autres actionnaires à leur cause. Une manifestation anti-Musk s’est tenue mercredi à Austin, devant le Parlement du Texas.”Tesla n’est pas dirigé par un patron ordinaire. Elon est un visionnaire (…), qui a accompli des révolutions industrielles et des transformations réussies de nombreuses entreprises pionnières à plusieurs milliards de dollars”, affirmait notamment le groupe.Raison pour laquelle, d’après ses partisans, il mérite ce plan de rémunération qui vise aussi à le convaincre de rester aux commandes de Tesla.Elon Musk avait en effet insinué qu’il serait moins enclin à rester chez Tesla s’il n’obtenait pas satisfaction.D’une durée de dix ans, le plan est constitué de douze tranches fixant des seuils financiers et opérationnels déclenchant, dans certaines conditions, l’octroi d’actions du groupe au patron.La tranche finale prévoit notamment une capitalisation boursière de l’entreprise à 8.500 milliards de dollars – à peine plus de 1.000 milliards lors de l’annonce le 5 septembre – ou encore la vente de vingt millions de véhicules – Tesla a fabriqué en juin son huit millionième véhicule.S’il coche toutes les cases et dans les temps impartis, Elon Musk pourrait recevoir jusqu’à 12% du capital actuel supplémentaire et détenir entre 25% et 29% de Tesla.Au 12 septembre, il détenait environ 12,4% du capital dans un trust (413 millions d’actions) et a reçu, en plus, 96 millions d’actions en août dans le cadre du précédent plan de rémunération, retoqué deux fois en justice et soumis jeudi pour la troisième fois à l’AG.”Bien que nous reconnaissions la valeur considérable créée sous la direction visionnaire de M. Musk, nous sommes préoccupés par le montant total de la rémunération, la dilution et l’absence de mesures pour atténuer le risque lié à une personne clé”, relevait mardi le fonds souverain de la Norvège, un des dix principaux actionnaires de Tesla.Certains s’inquiètent aussi des conséquences des positions politiques extrêmes du multimilliardaire – un temps très proche de Donald Trump -, qui ont affecté les ventes mondiales, et de la concurrence croissante notamment des modèles chinois, moins chers.A l’inverse, la société d’investissements Baron Capital et le conseil d’administration du fonds de pension de l’Etat de Floride (SBA) ont soutenu ce package, soulignant que les précédents étaient tout aussi ambitieux et ont “toujours créé une valeur extraordinaire pour les actionnaires”.