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Wall Street tirée par la fin à venir de la paralysie budgétaire

La Bourse de New York a clôturé globalement en hausse mardi, profitant des anticipations sur le déblocage budgétaire aux Etats-Unis, les valeurs technologiques subissant toutefois quelques prises de bénéfices face aux doutes sur leur niveau de valorisation.Le Dow Jones a grimpé de 1,18% et l’indice élargi S&P 500 a pris 0,21%. En revanche, le Nasdaq a perdu 0,25%.Le Sénat a adopté lundi une proposition de loi qui prolonge le budget actuel jusqu’à fin janvier, et la Chambre doit en débattre à partir de mercredi, avec un vote attendu potentiellement dans la soirée.Il ne resterait alors que la signature de Donald Trump pour permettre la reprise des activités de l’Etat fédéral, après plus de 40 jours de suspension partielle.”La fin imminente du +shutdown+, qui coïncide avec la possibilité d’une politique monétaire progressivement accommodante, entraîne une bifurcation entre les indices de référence”, souligne Jose Torres, d’Interactive Brokers.Le Dow Jones, qui regroupe des entreprises et des industries dépendant largement des dépenses des ménages américains, a été l’indice le plus recherché.Le fait que plus d’un million de fonctionnaires n’ont pas été payés depuis le 1er octobre “a un peu freiné la consommation”, juge auprès de l’AFP Tim Urbanowicz, d’Innovator Capital Management.En revanche, “l’enthousiasme déclinant pour les +Sept Magnifiques+ (le surnom donné aux grands noms de la tech, ndlr) a pesé sur les indices S&P 500 et Nasdaq”, selon M. Torres.”Il y a des inquiétudes concernant les valorisations, mais celles-ci ne signifient pas que le marché va s’effondrer, elles laissent simplement beaucoup moins de place aux mauvaises nouvelles”, estime Tim Urbanowicz.Les investisseurs ont quelque peu été refroidis par la vente par le géant japonais des investissements dans les technologies SoftBank Group de sa participation dans le mastodonte des puces Nvidia (-2,96% à 193,16 dollars), pour un montant de 5,83 milliards de dollars.La séance a aussi été marquée par des volumes “plus faibles que la normale” en raison du jour férié des anciens combattants (“Veterans Day”), remarque M. Urbanowicz.Le marché obligataire est resté fermé pour cette raison. La veille, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’État américain s’est établi à 4,12%.Côté entreprises, la start-up américaine spécialisée dans le “cloud” (informatique à distance) CoreWeave a plongé de 16,31% à 88,39 dollars après avoir annoncé lundi soir des prévisions annuelles en deçà des attentes du marché, reléguant au second plan ses résultats solides pour le troisième trimestre.Le groupe américain de livraison de plis et de colis FedEx (+5,45% à 267,72 dollars) a été porté par des propos de son directeur financier, assurant que ses bénéfices pour le trimestre en cours seraient supérieurs à la fois aux attentes et aux performances financières d’il y a un an. Ces propos ont aussi bénéficié à son concurrent UPS, dont le titre a pris 2,12% à 95,03 dollars.Le groupe Paramount Skydance – issu de la fusion à l’été de deux grands noms des médias américains – a brillé (+9,77% à 16,74 dollars) malgré des résultats trimestriels en deçà des attentes.L’entité profite toutefois d’une prévision de 30 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour 2026, aidée notamment par la croissance des revenus issus du streaming et les perspectives d’économies toujours plus importantes, via des licenciements et synergies.

Manifestation à Belgrade contre un projet immobilier du gendre de Trump

Des étudiants serbes et des habitants de Belgrade ont protesté mardi contre un projet de destruction d’un ancien état-major de l’armée yougoslave afin de permettre la construction d’un hôtel de luxe par Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump.Le sujet est sensible en Serbie car il s’agit de bâtiments bombardés plusieurs fois en 1999 lors d’une campagne aérienne de l’Otan emmenée par les États-Unis pour mettre fin à la guerre au Kosovo (1998-1999).Affinity Partners, l’entreprise de Jared Kushner – accueilli plusieurs fois en Serbie par le président Aleksandar Vucic – a signé en 2024 un contrat de location d’une durée de 99 ans avec le gouvernement serbe pour réaménager le site, dont le statut de “bien culturel” venait tout juste d’être révoqué.La manifestation, qui a rassemblé des centaines de personnes, selon un photographe de l’AFP, a eu lieu quatre jours après l’adoption par le Parlement serbe d’une loi spéciale permettant d’accélérer le projet et d’entamer la destruction du siège de l’ex état-major, en plein cœur de Belgrade.”Ce pouvoir a décidé d’adopter une loi spéciale afin de s’en servir pour légaliser son crime”, a déclaré lors du rassemblement Valentina Moravcevic, une étudiante, à la télévision N1.”Ils peuvent désormais légalement détruire cet immeuble, mais nous ne leur permettront pas. Nous sommes là aujourd’hui pour leur adresser un avertissement et pour leur dire que notre histoire et notre héritage culturel est important pour nous”, a-t-elle ajouté.Les manifestants ont brièvement formé un “mur humain” symbolique autour du complexe et ont également dessiné sur le sol une “ligne de défense” rouge, selon le photographe de l’AFP.Invité dans la soirée sur le plateau d’une télévision locale, le chef de l’État serbe a défendu un “projet extraordinaire”.”Nous donnons le terrain, ils apportent un financement d’au moins 650 millions d’euros. C’est un investissement énorme pour notre pays”, a déclaré Aleksandar Vucic, en précisant que le site en question mesurait 2,9 hectares.La Serbie avait enregistré en 2024 un montant record de plus de 5,2 milliards d’euros d’investissements étrangers, mais cette tendance ne s’est pas poursuivie cette année.Éventré par les bombardements, le siège de l’ancien état-major, en face du gouvernement et du ministère des Affaires étrangères, n’a jamais été reconstruit.Édifié en 1965, le bâtiment avait été déclaré en 2005 par le gouvernement serbe “bien culturel” protégé, un statut révoqué fin 2024.Le projet envisagé par le gendre du président américain a toutefois été suspendu en mai en raison de soupçons selon lesquels des documents utilisés pour lever la protection du site auraient été falsifiés. Une enquête est en cours.Le deuxième partenaire du projet est le promoteur immobilier Eagle Hills des Émirats arabes unis, qui a été impliqué depuis fin 2015 dans un vaste projet de réaménagement d’une grande partie des rives de la Save, un affluent du Danube. Ce projet est rejeté par l’opinion publique et les partis d’opposition.

A Niagara, un G7 élargi cherchera une réponse commune sur l’Ukraine face à Moscou

Les chefs de la diplomatie du G7 se retrouvent à partir de mardi soir au Canada, avec l’Ukraine en tête de leur agenda et l’espoir de parler d’une voix unie face à l’intransigeance russe au moment où les négociations sont au point mort, lors d’un sommet qu’Ottawa a souhaité très multilatéral.Les ministres des Affaires étrangères des sept pays – Allemagne, Grande-Bretagne, Canada, France, Italie, Japon et États-Unis – se réunissent à Niagara, à la frontière canado-américaine, pour leur second rendez-vous de l’année.Mais, pour l’occasion, ont également été invités les représentants de l’Afrique du Sud, de l’Australie, du Brésil, de l’Inde, du Mexique, de la Corée du Sud et de l’Arabie saoudite.”Pour le Canada, il est important de favoriser une conversation aussi multilatérale, notamment en ce moment dans un environnement si volatil et compliqué”, a déclaré lundi Anita Anand, la ministre canadienne des Affaires étrangères, lors d’un entretien avec l’AFP.La ministre, qui dit espérer la publication d’un communiqué final commun, s’est toutefois abstenue de promettre des avancées concrètes sur le dossier ukrainien.Le pays a été ces dernières semaines la cible d’attaques russes redoublées sur ses infrastructures énergétiques. Côté diplomatique, les négociations pour mettre fin à la guerre avec la Russie sont au point mort.Le sujet du financement des besoins de l’Ukraine au cours des prochaines années en utilisant les avoirs russes gelés devrait donc être de nouveau discuté lors de ce G7.Les diplomates se retrouvent après que le président Donald Trump a imposé, en octobre, des sanctions aux deux plus grandes compagnies pétrolières russes – Rosneft et Lukoil – fustigeant le président Vladimir Poutine pour son refus de mettre fin au conflit.Lors du dernier sommet du G7 en juin dans les Rocheuses canadiennes, en présence du président Volodymyr Zelensky, les dirigeants de ce club des grandes démocraties industrialisées s’étaient contentés du minimum sur le dossier ukrainien sans parvenir à s’entendre pour durcir le ton face à la Russie. L’Italie entend aussi mettre sur la table la question du Soudan, souhaitant réaffirmer l’importance d’augmenter les flux d’aide humanitaire. Ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts, en a déplacé près de 12 millions d’autres et a provoqué, selon l’ONU, la pire crise humanitaire au monde.Quant au ministre indien, il a promis de porter la voix des pays du Sud.- Tensions bilatérales -Toutes ces discussions pourraient toutefois être de nouveau parasitées par les tensions commerciales entre le Canada et les Etats-Unis.Marco Rubio arrive mardi après-midi au Canada alors que les relations entre les deux voisins se sont de nouveau tendues: le président américain a annoncé il y a plus de deux semaines mettre fin à toutes les discussions commerciales bilatérales entre les deux pays. M. Rubio et Mme Anand ont prévu une rencontre mercredi au deuxième et dernier jour de la réunion à Niagara.Mais la ministre canadienne n’a pas l’intention de remettre la question des droits de douane sur la table avec son homologue. “Nous aurons une rencontre et nous avons beaucoup de sujets à évoquer tous les deux concernant les affaires du monde”, a-t-elle expliqué, avant d’ajouter: “La question du commerce est entre les mains d’autres ministres”.Pour les Américains, la sécurité économique et les minéraux critiques, un sujet de préoccupation croissant pour les démocraties industrialisées, devraient aussi figurer en tête de l’ordre du jour de la rencontre de deux jours.Pékin a établi un contrôle quasi total du marché du raffinage et du traitement de divers minéraux — en particulier des terres rares nécessaires à la fabrication des aimants utilisés dans les technologies de pointe.Le G7 a annoncé le mois dernier une première série de projets conjoints visant à renforcer les capacités de raffinage en dehors de la Chine.Selon un responsable du département d’État, les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques seront “un point d’attention majeur”.”Il existe un consensus mondial croissant parmi nombre de nos partenaires et alliés selon lequel la sécurité économique, c’est la sécurité nationale et inversement”, a déclaré ce haut responsable du département d’Etat américain lors d’un point de presse lundi.

La rivalité Chine-USA s’invite au Web Summit de Lisbonne

Les rivalités géopolitiques et commerciales entre les États-Unis et la Chine étaient au cœur des discussions du Web Summit, qui réunit depuis mardi à Lisbonne les acteurs de la tech mondiale. Au moins 71.000 participants de 157 pays, dont plus de 2.700 start-up et 1.800 investisseurs, sont attendus dans la capitale portugaise jusqu’à jeudi.Pour cette première journée, entrepreneurs, investisseurs et influenceurs déambulaient dans des pavillons colorés, badge autour du cou, à la recherche des dernières innovations de la tech.Microsoft a profité de l’événement pour annoncer un investissement de 10 milliards de dollars à partir du début de l’année prochaine dans un méga centre de données au Portugal, en partenariat avec l’entreprise britannique Nscale, afin de développer ses infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle.”Il s’agit d’un des plus importants investissements en capacité de calcul d’IA en Europe”, a indiqué le géant américain dans un communiqué.En matière de centres de données, “la demande dans le domaine de l’IA, en particulier ces cinq derniers mois, est devenue assez folle”, a assuré à l’AFP le directeur produit de Nscale, Daniel Bathurst.-La Chine en vedette – Cette édition est fortement marquée par l’IA, en particulier par la montée en puissance de la Chine dans ce domaine.  “La moitié des scientifiques et ingénieurs informatiques les plus en pointe sont en Chine. On ne peut pas les ignorer”, a déclaré à l’AFP Rev Lebaredian, vice-président en charge des technologies de simulation chez le géant américain Nvidia.En raison des restrictions imposées à la fois par Pékin et Washington, les puces haut de gamme de Nvidia, utilisées pour former et alimenter les systèmes d’IA générative, ne sont actuellement pas vendues sur le territoire chinois.  “Si nous les excluons, les Chinois trouveront un moyen de développer des choses eux-mêmes, et nous perdrons l’opportunité de travailler avec eux”, a poursuivi M. Lebaredian. “Il est clair que l’ère de la domination occidentale dans la tech est révolue”, a insisté lundi soir lors de la cérémonie d’ouverture Paddy Cosgrave, cofondateur du Web Summit.Ainsi, des robots humanoïdes particulièrement impressionnants de l’entreprise chinoise Unitree ont fait l’objet de plusieurs démonstrations.La start-up Bambu Lab, basée à Shenzhen, a elle présenté une imprimante 3D capable de confectionner grâce à l’IA générative en quelques heures un objet à partir d’une simple consigne textuelle.”J’espère voir plus de produits IA qui peuvent être utiles dans la vie de tous les jours”, a expliqué à l’AFP une participante, Monica Wang. – Robotaxis et souveraineté – “Comment allons-nous passer d’industries dominées par le travail humain à celles entièrement régies par les robots ?”, s’est interrogé sur scène Andrew Macdonald, directeur des opérations d’Uber, qui a récemment signé un partenariat avec Nvidia pour rendre autonomes des dizaines de milliers de voitures de différents constructeurs à partir de 2027.La concurrence mondiale dans le domaine des robotaxis s’est récemment accélérée. Waymo, filiale d’Alphabet (Google), a annoncé son arrivée à Londres en 2026 et plusieurs acteurs chinois comme Baidu et Pony.ai ont fait part de leur intention de se développer sur le marché européen de la voiture autonome.”Jusqu’à présent, les avancées sur cette technologie sont venues des États-Unis et de la Chine mais cela va changer”, a poursuivi M. Macdonald. Dans le secteur tech, “la compétition s’est intensifiée et durcie”, a souligné de son côté la vice-présidente de la Commission européenne chargée du numérique, Henna Virkkunen. L’Union européenne compte près de 8.000 start-up dédiées à l’IA, a-t-elle ajouté, appelant à une préférence européenne pour les marchés publics afin de les aider à se développer. “Il est important que nous ne soyons pas dépendants d’un pays ou d’une entreprise pour des technologies critiques”, a-t-elle plaidé.La société suédoise Lovable qui permet à tout un chacun de créer un site sans savoir coder grâce à l’IA générative s’est d’ailleurs distinguée comme l’une des start-up les plus en vue du salon. L’événement souhaite mettre en lumière “les entreprises prometteuses qui vont bouleverser et façonner la prochaine décennie”, a commenté à l’AFP Katherine Farrell, vice-présidente de la communication du Web Summit.  

Retraites : la CFDT appelle les députés à voter la suspension de la réforme

La secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon a demandé mardi aux députés de “donner un premier coup d’arrêt” à la réforme des retraites en votant sa suspension mercredi à l’Assemblée nationale.”La CFDT, en tant que première organisation représentative des travailleuses et des travailleurs, vous demande d’entendre leurs voix en votant en faveur de la suspension de la réforme des retraites de 2023″, écrit Mme léon dans un courrier adressé aux députés.Elle estime qu'”en donnant ce mercredi le premier coup d’arrêt à un décalage de l’âge légal de départ à 64 ans, jamais discuté en tant que tel au sein de l’Hémicycle”, les députés enverraient “un signal d’écoute et de compréhension” à “l’ensemble du monde du travail”.L’article sur la suspension de la réforme de 2023, condition de la non-censure du gouvernement de Sébastien Lecornu pour les socialistes, sera examiné mercredi peu après 15H00, pour qu’un maximum de députés soient présents.La CFDT “s’engage à s’investir pleinement dans le débat qui aura lieu d’ici l’élection présidentielle de 2027 pour éclairer chacun et chacune sur les enjeux sociaux et financiers d’une réforme qu’il faudra nécessairement entreprendre et permettre à tous d’exprimer son choix en conscience”, poursuit Mme Léon.La responsable syndicale souligne que la future conférence Travail et Retraites “donnera sens” à cette supsension en permettant de “poser les enjeux ensemble, différemment”, en sortant des “postures idéologiques”.Lancée le 4 novembre, cette conférence sociale a été marqué par le départ de la première organisation patronale, le Medef, et l’accueil positif de la CFDT, satisfaite que le débat sur les pensions soit lié à celui sur le travail et l’emploi.La CGT a, elle, invité les parlementaires à voter contre la suspension, comme l’ont rapporté plusieurs sources concordantes.

La Bourse de Paris poussée par les espoirs de fin de paralysie budgétaire aux Etats-Unis

La Bourse de Paris a profité mardi des espoirs de levée imminente de la paralysie budgétaire aux Etats-Unis, contribuant à la nette hausse du CAC 40 et aux records sur d’autres indices européens.L’indice vedette de la place parisienne a terminé en hausse de 1,25%, soit un gain de 100,72 points, à 8.156,23 points. Lundi, il avait gagné 1,32% à 8.055,51 points.Le CAC 40 n’est désormais plus qu’à une centaine de points de son record absolu en séance (8.271,48 points le 21 octobre) et quelques dizaines de point du record en clôture (8.258,86 points le 21 octobre également).La course aux records a également repris à Madrid, l’indice vedette Ibex touchant un nouveau sommet historique en séance comme en clôture, dépassant momentanément les 16.400 points, ainsi qu’à Londres, où le FTSE 100 a atteint un nouveau record en clôture comme en séance, dépassant temporairement les 9.900 points.Pour Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill Group, “l’adoption d’un projet de loi de financement à court terme lundi soir, mettant fin au plus long +shutdown+ de l’histoire des États-Unis” soutient les marchés d’actions.Le texte, une fois approuvé par la Chambre des représentants, lèverait en effet la paralysie budgétaire après plus de 40 jours de “shutdown”.La proposition de loi doit désormais être débattue et adoptée à partir de mercredi à la Chambre des représentants, avant d’atterrir sur le bureau de Donald Trump pour une promulgation qui mettrait officiellement fin à la paralysie d’une partie de l’Etat fédéral.”Ainsi, si tout se passe bien, le +shutdown+ pourrait être terminé d’ici la fin de la semaine”, explique Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.”Une fois le +shutdown+ terminé, l’attention pourrait se tourner vers le flot de données économiques qui doit être publié”, rappelle Kathleen Brooks. Un certain nombre de publications économiques officielles ont en effet été retardées par la paralysie budgétaire.Le luxe rassuréLe secteur du luxe a grimpé à la Bourse de Paris mardi, Hermes gagnant 3,69 euros à 2.163 euros l’action, LVMH prenant 2,43% à 632,90 euros et enfin Kering montant de 2,00% à 316,65 euros le titre.La perspective d’une résolution imminente du “shutdown” aux Etats-Unis a profité au secteur, relançant les attentes de consommation américaine.

Prises de bénéfices à Wall Street dans un marché peu fréquenté

La Bourse de New York évoluait sans direction claire mardi, sujette à quelques prises de bénéfices dans un marché aux échanges limités, alors que les investisseurs continuent d’espérer la levée de la paralysie budgétaire aux États-Unis.Vers 14H51 GMT, le Dow Jones grapillait 0,10%, l’indice Nasdaq perdait 0,55% et l’indice élargi S&P 500 reculait de 0,22%.”L’actualité est calme” et les échanges peu fournis en ce jour férié des anciens combattants (“Veterans Day”), expliquent les analystes de Briefing.com.”Plusieurs des grandes capitalisations qui ont tiré le marché lundi connaissent des prises de bénéfices (…) après une solide progression”, poursuivent-ils.Mais subsistent aussi “d’autres questions qui pourraient inciter les investisseurs à retirer une partie de leur argent des megacapitalisations” du secteur technologique, note auprès de l’AFP Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities.La semaine passée, des spécialistes ont fait valoir que certaines valorisations sont allées trop vite, trop haut. D’autant qu’une interrogation demeure quant à la capacité des géants de la tech d’absorber les coûts colossaux de la course à l’intelligence artificielle (IA).Le mastodonte des puces Nvidia, qui avait brillé la veille (+5,79%) se repliait mardi (-2,24%) après que le géant japonais des investissements dans les technologies SoftBank Group a indiqué, sans plus de détails, s’être entièrement défait en octobre de la totalité de sa participation dans Nvidia, pour un total de 5,83 milliards de dollars.La start-up américaine spécialisée dans le “cloud” (informatique à distance) CoreWeave chutait, elle, de 10,73% à 94,27 dollars après avoir annoncé la veille des prévisions annuelles en deçà des attentes du marché, reléguant au second plan ses résultats solides pour le troisième trimestre.En parallèle, la levée du blocage budgétaire de l’Etat fédéral américain “pourrait avoir lieu d’ici la fin de la semaine”, estime Peter Cardillo, une perspective qui a ravi la place new-yorkaise la veille.Le Sénat américain a adopté lundi un texte qui, une fois approuvé par la Chambre des représentants, lèverait la paralysie budgétaire après plus de 40 jours de “shutdown”, mais qui est source de dissensions dans le camp démocrate.Depuis le 1er octobre et le début du blocage, plus d’un million de fonctionnaires ne sont pas payés et le versement de certaines aides est fortement perturbé, de même que la publication de données économiques officielles.Un déblocage “serait un soulagement, car nous aurons (…) une meilleure idée de la direction que prend l’économie”, note M. Cardillo.Le marché obligataire reste fermé en ce jour férié des anciens combattants. La veille, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’État américain s’est établi à 4,12%.Ailleurs, au tableau des valeurs, le groupe Paramount Skydance – issu de la fusion à l’été de deux grands noms des médias américains – brillait (+9,70% à 16,73 dollars) malgré des résultats trimestriels en dessous des attentes.L’entité profite toutefois d’une prévision de 30 milliards de dollars de chiffre d’affaires 2026, aidé notamment par la croissance de son activité de streaming.Le titre de Meta (Facebook, Instagram) reculait de 1,05% à 625,12 dollars. Le quotidien économique britannique Financial Times a rapporté mardi que le responsable de la recherche IA de Meta, le Français Yann LeCun, allait quitter le groupe. 

La demande de suspension de la plateforme Shein en France examinée par le tribunal de Paris le 26 novembre

L’audience en référé sur la suspension en France de la plateforme asiatique Shein, sous le coup de plusieurs procédures en justice, se tiendra le 26 novembre au tribunal judiciaire de Paris, a-t-on appris de source judiciaire, confirmant une information du Parisien.Matignon avait donné le 5 novembre 48 heures à Shein pour se mettre en conformité avec la loi française après la découverte sur son site de poupées sexuelles d’apparence enfantine et d’armes de catégorie A.Le Premier ministre Sébastien Lecornu a constaté le 7 novembre le retrait des produits illicites mais a confirmé le même jour le “maintien des procédures judiciaires aux fins d’obtenir la suspension de la plateforme”. Lors d’une audience au civil le 26 novembre, le juge des référés du tribunal judiciaire de Paris sera amené à statuer sur la suspension de la plateforme le temps que celle-ci démontre que l’ensemble des produits disponibles à la vente en France sont en conformité avec les lois et règlements français.La plateforme symbole de la mode jetable, fondée en 2012 en Chine et désormais basée à Singapour, a ouvert le 5 novembre son premier magasin physique au monde au BHV, célèbre grand magasin situé juste en face de l’Hôtel de Ville de Paris.Elle est sous le coup de plusieurs procédures judiciaires.Quatre enquêtes sur quatre plateformes (Shein, AliExpress, Temu et Wish) ont notamment été confiées à l’Office des mineurs (Ofmin) par le parquet de Paris le 3 novembre. Ces investigations portent sur la “diffusion de message violent, pornographique, ou contraire à la dignité accessible à un mineur”, mais aussi, pour Shein et AliExpress, sur la “diffusion de l’image ou la représentation d’un mineur présentant un caractère pornographique”.Dans ce contexte, la plateforme asiatique continue d’installer en France ses premiers magasins pérennes au monde. Après le BHV à Paris, des ouvertures sont prévues le 18 novembre à Dijon et Reims et le 21 novembre à Grenoble, puis début décembre à Angers et Limoges, selon la Société des grands magasins (SGM), propriétaire des structures qui accueillent la marque. La boutique Shein du BHV a accueilli “plus de 50.000″ visiteurs en quelques jours, d’après la SGM.”Shein reste engagée dans le dialogue avec les autorités françaises afin de répondre aux préoccupations exprimées et (…) continuer à nous améliorer”, avait indiqué le 7 novembre à l’AFP son porte-parole en France, Quentin Ruffat.

Première victoire judiciaire des auteurs allemands contre OpenAI

Les acteurs de l’industrie musicale allemande ont remporté mardi une première victoire judiciaire contre OpenAI, un tribunal estimant que le géant américain de l’intelligence artificielle avait enfreint les droits d’auteurs liés aux textes des chansons.Les “modèles linguistiques” utilisés par OpenAI ainsi que “la reproduction des textes des chansons dans les résultats du chatbot” constituent “des atteintes aux droits d’exploitation protégés par le droit d’auteur”, a jugé un tribunal de Munich, résumant sa décision dans un communiqué de presse.Si la cour a accédé à la plupart des demandes de la Société allemande de gestion collective des droits d’auteur musicaux (Gema), qui réclamait des dommages-intérêts, il n’a pas évoqué la manière dont ceux-ci pourraient être calculés.Ce procès est le premier du genre en Europe, selon la Gema, qui refuse que les œuvres servent de matière première gratuite aux géants de l’IA, arguant que “la subsistance des créateurs” est en jeu.OpenAI a exprimé son “désaccord”, a indiqué à l’AFP une porte-parole de l’entreprise. “Nous étudions les prochaines démarches possibles”, a-t-elle ajouté, soulignant en outre que le jugement ne concerne que les textes figurant dans la plainte, notamment des tubes des stars en Allemagne, Helene Fischer et Herbert Grönemeyer.”La décision concerne un nombre limité de parole et n’a pas d’impact pour les millions de gens, d’entreprises de développeurs qui en Allemagne utilisent notre technologie quotidiennement”, a-t-elle ajouté.- Reproduction “indirecte” -La Gema, qui dit représenter environ 100.000 acteurs de l’industrie musicale en Allemagne, avait déposé plainte en novembre 2024, reprochant à OpenAI d’avoir utilisé des paroles de chansons pour entraîner ses modèles IA et de les restituer ensuite aux utilisateurs, sans licence ni rémunération des auteurs.Les revendications de l’organisation “sont fondées, tant en raison de la reproduction des textes dans les modèles linguistiques que de leur reproduction dans les résultats”, estime le tribunal.Sur le premier point, “une perception indirecte” de l’oeuvre est “suffisante pour constituer une reproduction”, estime le tribunal qui se base sur la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).Et dans ses réponses, le chatbot ChatGPT a “rendu accessibles au public les paroles des chansons en litige de manière non autorisée”.OpenAI avait rejeté ces accusations, au motif que ses modèles ne stockent pas de données individuelles mais “reflètent ce qu’ils ont appris sur la base de l’ensemble des données d’entraînement”.Et comme les réponses générées résultent d’une démarche active de l’internaute, ce n’est pas l’entreprise mais l’utilisateur qui en est responsable, avait estimé OpenAI.Le groupe réclame que la législation européenne traitant des droits d’auteurs s’adapte aux réalités de l’intelligence artificielle.- Une jurisprudence? -Pour le cabinet d’avocats Raue, qui représentait Gema, la décision de Munich “apporte une sécurité juridique aux créateurs, éditeurs musicaux et plateformes dans toute l’Europe et pourrait avoir des répercussions bien au-delà de l’Allemagne”.Elle envoie ainsi “un message clair à l’industrie mondiale de la tech”, affirme encore le cabinet.L’Association des journalistes allemands (DJV) a elle salué “une étape importante pour les droits d’auteur”, y compris ceux des journalistes. Selon la DJV, il est désormais clair qu’OpenAI “est responsable des reproductions générées par l’IA et non l’utilisateur”.OpenAI, dont ChatGPT revendique quelque 700 millions d’utilisateurs hebdomadaires, est un des leaders mondiaux de l’intelligence artificielle.La mainmise de ces géants sur la création musicale et littéraire est régulièrement dénoncée par les acteurs de ces industries, qui demandent une régulation plus forte, notamment via un règlement européen (AI Act), pour obtenir de la transparence sur les données utilisées et garantir leurs revenus.Selon une organisation internationale d’éditeurs de musique, l’International Confederation of Music Publishers (ICMP), basée à Bruxelles, les géants de la tech ont aspiré la “totalité de la musique mondiale” sans respecter le droit d’auteur, d’après une étude parue le 9 septembre dans le média musical Billboard. 

IA, robots et quantique au cœur du Web Summit de Lisbonne

Entrepreneurs, investisseurs et influenceurs ont convergé mardi vers le Web Summit à Lisbonne pour échanger sur l’intelligence artificielle, les robots ou encore le quantique, sur fond de tensions géopolitiques et commerciales mondiales. Sous un ciel gris, les participants déambulaient dans des pavillons colorés, badge autour du cou, à la recherche des dernières nouveautés de la tech.Des représentants de plus de 150 pays, dont 2.500 start-up et 1.000 investisseurs, sont attendus dans la capitale portugaise jusqu’à jeudi pour cette édition marquée par la montée en puissance de la Chine.”La moitié des scientifiques et ingénieurs informatiques les plus en pointe sont en Chine. On ne peut pas les ignorer”, a déclaré à l’AFP Rev Lebaredian, vice-président en charge des technologies de simulation chez le géant américain Nvidia.Début novembre, le patron de Nvidia Jensen Huang a averti que le Chine allait “gagner la course” au développement de l’intelligence artificielle de nouvelle génération, appelant Washington à accélérer ses efforts.En raison des restrictions imposées à la fois par Pékin et Washington, les puces haut de gamme de Nvidia, utilisées pour former et alimenter les systèmes d’IA générative, ne sont actuellement pas vendues sur le territoire chinois.  “Si nous les excluons, les Chinois trouveront un moyen de développer des choses eux-mêmes, et nous perdrons l’opportunité de travailler avec eux”, a poursuivi M. Lebaredian. “Il est clair que l’ère de la domination occidentale dans la tech est révolue”, avait insisté sur scène Paddy Cosgrave, cofondateur du Web Summit lors de la soirée d’ouverture lundi soir.- IA “utile” -Ainsi, les robots humanoïdes de l’entreprise chinoise Unitree feront l’objet de plusieurs démonstrations.La start-up Bambu Lab, basée à Shenzhen, a elle présenté une imprimante 3D capable de confectionner grâce à l’IA générative en quelques heures un objet à partir d’une simple consigne textuelle.”J’espère voir plus de produits IA qui peuvent être utiles dans la vie de tous les jours”, a expliqué à l’AFP sur le stand une participante, Monica Wang. Une intelligence artificielle “moderne” permet “de passer de logiciels abstraits à une traduction dans le monde physique, notamment dans la robotique”, a ajouté Rev Lebaredian.  Seront ainsi présentées à Lisbonne les créations des entreprises américaines Amazon Robotics et Boston Dynamics, mais aussi de la start-up française Wandercraft, spécialisée dans la création d’exosquelettes pour les personnes à mobilité réduite. Le président d’Uber, Andrew Macdonald, et le directeur général de Lyft, David Risher, partageront, eux, leurs stratégies pour doter les routes de robotaxis.La concurrence mondiale dans ce domaine s’est récemment accélérée. Uber a signé un partenariat avec Nvidia pour rendre autonomes des dizaines de milliers de voitures de différents constructeurs à partir de 2027 tandis que Waymo, filiale d’Alphabet (Google), a annoncé son arrivée à Londres en 2026. Plusieurs acteurs chinois comme Baidu et Pony.ai ont aussi fait part de leur intention de se développer sur le marché européen de la voiture autonome.- Façonner la prochaine décennie -L’événement accueillera aussi bien des figures établies du secteur de l’IA telles que Brad Smith, président de Microsoft, et Cristiano Amon, patron de Qualcomm, spécialiste américain des processeurs pour smartphones, que des dirigeants de start-up prometteuses, à l’instar de Joleen Liang, cofondatrice de la start-up chinoise Squirrel AI qui développe de nouvelles méthodes d’apprentissage.L’événement espère mettre en lumière “les entreprises prometteuses qui vont bouleverser et façonner la prochaine decennie”, a commenté à l’AFP Katherine Farrell, vice-présidente de la communication du Web Summit. Comme Lovable, start-up suédoise qui permet à tout un chacun de créer un site sans savoir coder grâce à l’IA générative. Le “vibe coding”, nom donné à cette technique, a d’ailleurs été sacré expression de l’année 2025 par le dictionnaire britannique Collins.Sport et IA seront aussi à l’honneur. Comme le tennis, où l’IA permet de déterminer “des schémas prédictifs” sur la technique de jeu d’un athlète, a raconté lundi la joueuse russe Maria Sharapova, invitée. La vice-présidente de la Commission européenne chargée du numérique, Henna Virkkunen, est attendue mardi pour évoquer la question de la souveraineté technologique, qui préoccupe les Européens à mesure que les tensions commerciales et politiques s’accroissent avec les États-Unis.