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Les émissions de CO2 liées aux fossiles vers un nouveau record en 2025, selon des scientifiques

Les émissions de dioxyde de carbone issues des énergies fossiles devraient atteindre un nouveau record en 2025, selon une étude scientifique de référence qui confirme jeudi qu’il sera quasiment “impossible” de limiter le réchauffement planétaire à moins de 1,5°C.Selon le Global Carbon Project, mené par 130 scientifiques internationaux et publié comme chaque année alors que les nations sont réunies pour la conférence de l’ONU sur le climat (COP30), les émissions de CO2 issues du charbon, du pétrole et du gaz fossile seront supérieures en 2025 de 1,1% à celles de l’année précédente, pour atteindre 38,1 milliards de tonnes (GtCO2).”C’est plus que la moyenne de progression annuelle de ces dix dernières années, qui était de 0,8%”, note l’étude, indiquant que ces émissions sont maintenant 10% plus élevées qu’elles ne l’étaient en 2015, année de l’accord de Paris, qui ambitionnait de limiter le réchauffement à 2°C voire 1,5°C par rapport à la période préindustrielle. Même si les émissions ont baissé dans plusieurs pays, notamment sous l’effet du développement des énergies renouvelables, de l’électrification des véhicules ou de la baisse de la déforestation, “collectivement, le monde n’est pas à la hauteur”, a souligné auprès de l’AFP Glen Peters du Centre pour la recherche internationale sur le climat. “Chacun doit faire sa part, et tous doivent faire davantage”.- Budget carbone quasi-épuisé -L’étude, attendue comme aux COP précédentes pour une première estimation du dérapage climatique mondial pour l’année en cours, estime combien l’atmosphère peut encore recevoir de CO2 pour que son réchauffement soit limité à 1,5°C. Cette quantité est estimée à 170 milliards de tonnes (GtCO2).”Cela équivaut à quatre années d’émissions au rythme actuel”, conclut Pierre Friedlingstein, de l’université d’Exeter, qui a dirigé l’étude. “C’est donc, en pratique, impossible”.Ce constat d’échec s’est imposé tout au long de l’année 2025, reconnu désormais par l’ONU, des climatologues, le président du Giec et les participants de cette COP. L’objectif est désormais de faire en sorte que le dépassement soit temporaire, mais cela pourrait se compter en décennies.”Nous avons besoin d’objectifs ambitieux, car chaque dixième de degré est crucial” a rappelé jeudi à Belem Stephen Stich de l’université d’Exeter, l’un des auteurs de l’étude. Pour rester sous 1,7 à 2°C, l’humanité a encore 12 à 25 ans pour agir, a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse, “et je pense qu’avec les progrès technologiques et le développement des énergies renouvelables, ces objectifs sont réalisables”.Sur la trajectoire actuelle, le monde se réchaufferait de 2,3 à 2,5°C d’ici la fin du siècle si les pays tiennent leurs engagements, a estimé l’ONU juste avant le rendez-vous de Belem.L’ordre de grandeur est similaire (2,6°C d’ici 2100) dans les calculs publiés jeudi aussi par le Climate Action Tracker.Les dernières annonces des pays “ne changent rien”, conclut ce groupe.- Nouveau record pour le charbon -En 2025, les émissions liées spécifiquement à la combustion de charbon atteindront un nouveau record, progressant de 0,8% au niveau mondial, portées notamment par les hausses enregistrées aux Etats-Unis et en Inde.Les rejets liés au pétrole et au gaz progressent également, de respectivement 1 et 1,3%. Sur le gaz, les émissions “semblent revenir à la tendance de croissance persistante qui prévalait avant l’invasion russe de l’Ukraine”, signale l’étude.”L’an dernier, nous étions assez confiants quant à la possibilité d’atteindre ce pic” sur les fossiles, mais “de nouvelles estimations montrent qu’ils ne sera pas atteint avant 2030 environ. C’est inquiétant, et pour moi, c’est vraiment incompréhensible, car les énergies renouvelables sont très bon marché et devraient être la nouvelle norme. Et pourtant, les combustibles fossiles continuent”, a commenté à Belem, Niklas Höhne du NewClimate Institute.Par régions, les États-Unis et l’Union européenne ont inversé la tendance à la baisse observée ces dernières années, enregistrant une hausse de leurs émissions, de respectivement 1,9% et 0,4%, en partie liée à des hivers plus frais qui ont stimulé la demande de chauffage.Les émissions de la Chine, pays le plus pollueur, semblent se stabiliser (+0,4%), mais selon M. Peters, l’incertitude quant aux politiques menées par le pays rend prématurée l’affirmation selon laquelle un pic aurait été atteint.

Wall Street sans entrain après la levée de la paralysie budgétaire

La Bourse de New York évoluait en baisse jeudi, alors que les investisseurs assimilent la résolution de la plus longue paralysie budgétaire de l’histoire des Etats-Unis, qui avait notamment suspendu la publication de statistiques économiques clés.Vers 14H50 GMT, le Dow Jones perdait 0,20% au lendemain d’un record en clôture. L’indice Nasdaq reculait de 1,31% et l’indice élargi S&P 500 lâchait 0,74%.La loi mettant fin au blocage budgétaire (“shutdown”) de plus de 40 jours – un record historique – a été promulgué mecredi par le président américain Donald Trump.Depuis le 1er octobre, plus d’un million de fonctionnaires n’étaient pas payés. Le versement de certaines aides a été fortement perturbé, de même que la publication de données économiques officielles essentielles pour prendre le pouls de l’économie américaine.”La fin du +shutdown+ est une bonne nouvelle”, mais les investisseurs vont désormais “se concentrer sur toutes les données économiques à venir pour tenter de tirer des conclusions” quant au futur de la politique monétaire américaine, commente auprès de l’AFP Sam Stovall, de CFRA.”La plupart des données prendront un certain temps à être publiées, si tant est qu’elles le soient”, préviennent toutefois les analystes de Briefing.com.La place américaine va aussi surveiller avec attention les prochaines interventions des gouverneurs de la banque centrale américaine (Fed).”Les attentes concernant un nouvel assouplissement monétaire de la part de la Fed s’estompent déjà”, avancent les analystes de Briefing.com.Dans un texte transmis à la presse, l’une des responsables de la banque centrale, Susan Collins, a déclaré qu’en “l’absence de signes d’une détérioration notable du marché du travail, (elle) hésiterai(t) à assouplir davantage la politique monétaire.”Des propos qui s’ajoutent à ceux du patron de la Fed, Jerome Powell, selon qui qu’une détente supplémentaire est “loin” d’être acquise à la prochaine réunion de l’institution.Les acteurs du marché sont aujourd’hui partagés sur une nouvelle réduction des taux de la Fed en décembre, selon l’outil de veille CME FedWatch. Ils étaient pourtant quasi-unanimes un mois plus tôt.Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’Etat américain s’inscrivait à 4,10% vers contre 4,07%, la veille.Côté entreprises, “nous assistons actuellement à une rotation classique”, observe David Miller, de Catalyst Funds.”Les investisseurs réalisent des bénéfices sur les valeurs technologiques à très forte capitalisation après une longue période de hausse (…) et réorientent leurs investissements vers des secteurs dont les valorisations sont plus raisonnables, notamment l’industrie, la finance, l’énergie et la santé”, détaille l’analyste.C’est la raison pour laquelle le recul du Nasdaq – indice à forte coloration technologique – est plus marqué que celui du Dow Jones, qui regroupe des entreprises et des industries plus traditionnelles. Au tableau des valeurs, Disney a publié jeudi un chiffre d’affaires en légère baisse et inférieur aux prévisions des analystes pour le quatrième trimestre de son exercice comptable décalé, provoquant un net repli du titre (-8,35% à 106,91 dollars).Le chiffre d’affaires se monte à 22,5 milliards de dollars (-0,5%), selon un communiqué, quand le marché attendait 22,8 milliards, un repli explicable notamment par les performances en demi-teinte des films des studios du groupe.Le spécialiste des équipements de télécommunications Cisco était recherché (+4,27% à 77,12 dollars) après la publication de ses résultats trimestriels, considérés par les investisseurs comme encourageants.Le géant américain du café Starbucks évoluait dans le rouge (-0,65% à 86,69 dollars) alors que du personnel syndicalisé a lancé jeudi une grève reconductible à travers les Etats-Unis.

Disney déçoit côté cinéma et télévision, le titre souffre

Disney a publié jeudi un chiffre d’affaires trimestriel inférieur aux prévisions des analystes, marqué par des performances en demi-teinte des films du groupe et la confirmation de l’essoufflement de la télévision traditionnelle.Les investisseurs ont immédiatement sanctionné l’action de The Walt Disney Company, de son nom complet, qui abandonnait plus de 7% en début de séance à Wall Street.Le chiffre d’affaires se monte à 22,5 milliards de dollars pour le quatrième trimestre de son exercice décalé (clôturé fin septembre), en baisse de 0,5% sur un an, quand le marché attendait 22,8 milliards.Côté cinéma, la comédie “La guerre des Rose” a notamment peiné au box-office, et même si le film de super-héros “Les 4 Fantastiques: Premiers Pas” s’est plutôt bien comporté, il est resté très loin du succès de “Deadpool & Wolverine”, qui avait porté Disney sur la même période de 2024.Les revenus de la branche qui regroupe la production pour le cinéma et la télévision ont ainsi chuté de 26% sur un an, avec une perte d’exploitation à la clef (52 millions de dollars).”Tous les films ne marchent pas”, a commenté, lors de la conférence de presse de présentation des résultats, le patron Bob Iger. “Nous sommes dans ce milieu depuis suffisamment longtemps pour le savoir.”Le directeur général s’est néanmoins dit “très optimiste” quant à l’exercice 2026, avec plusieurs longs métrages de gros calibre, notamment “Zootopie 2” (novembre), “Avatar: de feu et de cendres” (décembre), mais aussi “Toy Story 5” (juin) et la version en prises de vue réelles de “Vaiana” (juillet).- Le streaming brille -Le géant du divertissement a aussi souffert d’une nouvelle décélération dans la télévision traditionnelle (-16%), attribuable notamment à une baisse des recettes publicitaires et du chiffre d’affaires tiré de ses activités en Inde.Le recul des ventes de contenus produits par les studios ainsi que de la télévision traditionnelle (hors streaming) masquent la croissance enregistrée dans toutes les autres activités du groupe de Burbank (Californie).Le streaming a notamment enregistré une progression marquée (+8%), notamment grâce à un bond des abonnés à sa plateforme Hulu (+17%).Six ans après le lancement du service de vidéo à la demande Disney+, qui a été marqué par des milliards de pertes durant les premières années, le groupe en a fait une importante source de profits.Sur le quatrième trimestre comptable, clôturé fin septembre, Disney a même vu le bénéfice opérationnel accélérer de 39% sur le streaming, pour partie grâce à des hausses de prix.Le groupe a aussi pu compter sur la division “Experiences” (+6%), dans laquelle figurent les parcs d’attraction et les croisières. Ce dynamisme est à souligner dans un contexte de ralentissement de l’économie américaine et de prudence des consommateurs.Lors de la présentation des résultats, le directeur financier Hugh Johnston a indiqué que les réservations dans les parcs situés aux Etats-Unis étaient en hausse de 3% lors du trimestre en cours. “Nous sommes satisfaits de la demande”, a-t-il déclaré.Pour l’ensemble de l’entreprise, le bénéfice net ressort à 1,44 milliard de dollars, plus que doublé sur un an (+156%).Cette différence est, pour partie, due à d’importantes dépréciations d’actifs constatées au quatrième trimestre de l’exercice 2024, liées à son repositionnement sur le marché indien.Rapporté par action et hors éléments exceptionnels, paramètre scruté par la Bourse, le bénéfice atteint 1,11 dollar, soit mieux que les projections des analystes, qui tablaient sur 1,07 dollar.Disney anticipe une croissance à deux chiffres de cet indicateur pour son prochain exercice, ainsi qu’en 2027 (par rapport à 2026).Le groupe se dit ambitieux et a annoncé une augmentation d’un milliard de dollars de son budget dédié aux contenus, à savoir films, séries et sport, sur son exercice 2026, pour le porter à 24 milliards de dollars.Il va également renforcer son offre de croisières et investir dans de nouvelles attractions pour ses parcs.

Voiture sans chauffeur: Uber et Lyft en route vers une adoption progressive

Des chauffeurs remplacés par des voitures autonomes chez Uber ou Lyft ? Les deux  plateformes de VTC travaillent à l’intégration progressive de la conduite autonome, en multipliant les partenariats, mais avancent prudemment face à des consommateurs attachés à la présence humaine derrière le volant.Construire des véhicules autonomes plus sûrs que les conducteurs humains est une question “presque entièrement résolue”, a estimé mardi lors du Web Summit de Lisbonne Andrew Macdonald, directeur des opérations d’Uber.”Maintenant, c’est une question de commercialisation”, a-t-il ajouté lors de ce salon spécialisé dans les innovations de la tech.”D’ici cinq ans, si (la conduite autonome) représente même 10% de notre activité, ce serait un énorme succès”, a déclaré pour sa part à l’AFP le directeur de Lyft, David Risher, lors d’un entretien mercredi.Pour cette entreprise américaine de VTC, cela représenterait environ 500 millions de dollars par trimestre, ses réservations s’élevant à 5 milliards de dollars, selon les derniers chiffres communiqués.Une somme qui reste bien inférieure à celle des courses payées sur la plateforme Uber sur la même période, dont le montant total atteint 50 milliards de dollars, avec une gamme de services toutefois plus large incluant la livraison de nourriture.Lyft, qui représente environ 30% du marché américain et a récemment racheté l’application européenne FreeNow, prévoit de déployer des projets pilotes dans certaines villes aux États-Unis et en Europe. – Partenariats démultipliés -A Nashville (Tennessee), l’entreprise lancera en 2026 un projet en partenariat avec la start-up californienne Waymo, qui propose déjà des trajets autonomes à San Francisco. En Allemagne et au Royaume-Uni, elle s’associera avec le géant technologique chinois Baidu. Ces deux pays ont été “les plus rapides d’Europe” à se lancer dans des projets officiels de conduite autonome, a déclaré à l’AFP le patron de FreeNow, Thomas Zimmermann. Le secteur a récemment vu fleurir les partenariats entre un petit nombre d’entreprises, tant du côté des plateformes de transport que du côté des entreprises spécialisées dans les technologies de conduite autonome.Dans les villes américaines d’Austin (Texas) et d’Atlanta (Géorgie), Uber travaille également avec Waymo, tandis qu’à Abu Dhabi la plateforme de VTC s’est associée avec le chinois WeRide.Quant à Lyft, l’entreprise a conclu un partenariat avec des groupes américains comme Tensor, ainsi qu’avec l’entreprise américano-israélienne Mobileye.Contrairement à l’intelligence artificielle ou aux semi-conducteurs, pour lesquels la Chine et les États-Unis se livrent à une course acharnée, la conduite autonome permet encore des partenariats entre entreprises chinoises et américaines.Des alliances qui concernent toutefois des pays en dehors des États-Unis. En raison des tensions géopolitiques entre les deux pays, les fabricants chinois ont peu de chance de conquérir le marché automobile américain avec leurs offres de conduite autonome, a souligné le patron de Lyft.- Contact humain -S’agissant de l’Europe, “les entreprises chinoises estiment qu’elles ont besoin d’un partenariat avec une entreprise comme la nôtre pour commercialiser leur technologie”, a-t-il ajouté.L’avènement de la conduite autonome ne pourra cependant se faire qu’à petits pas. La conduite humaine restera encore prépondérante pour les années, voire les décennies à venir, selon les deux géants du secteur des VTC. “Ce sera une transition délicate de passer d’une main-d’œuvre entièrement humaine à de l’IA dans des véhicules autonomes”, selon Andrew Macdonald, d’Uber. Pour l’instant, “il n’y a tout simplement pas assez de véhicules autonomes dans le monde pour satisfaire toute la demande”, a indiqué de son côté David Risher. Les habitudes et les besoins des passagers restent aussi orientés vers les chauffeurs humains, selon le dirigeant. “A de nombreux moments, les gens voudront de l’aide avec leurs bagages ou un mot gentil à la fin de la journée”. 

Vigilance environnementale des entreprises: droite et extrême droite s’allient pour sabrer la loi

Droite et extrême droite ont mêlé leurs voix au Parlement européen jeudi pour détricoter une loi sur le “devoir de vigilance” sociale et environnementale des grandes entreprises, un coup de tonnerre à Bruxelles.Les eurodéputés ont approuvé par 382 voix contre 249 la baisse des ambitions de ce texte, en limitant le nombre d’entreprises concernées et en supprimant certaines de leurs obligations.A rebours de la traditionnelle majorité dite “proeuropéenne”, l’alliance de circonstance de la droite (le PPE) avec l’extrême droite a provoqué un tollé au sein des autres groupes.Le PPE “a torpillé tout compromis modéré”, s’est indigné le social-démocrate René Repasi.Ce vote sonne comme un avertissement pour le camp proeuropéen, au moment où le Parlement commence à se saisir d’une série de textes sur la “simplification” de la vie des entreprises. L’extrême droite a savouré une “grande victoire” jeudi. “Une autre majorité est possible”, “ce n’est qu’un début”, a lancé le groupe des Patriotes, présidé par Jordan Bardella. Adoptée il y a seulement un an et demi, cette loi sur le devoir de vigilance fait les frais du virage probusiness de l’Union européenne, bousculée par la concurrence de la Chine et les droits de douane aux Etats-Unis. Son entrée en vigueur avait déjà été reportée d’un an, de 2027 à 2028.Mais Bruxelles veut aller plus loin pour alléger les “charges” administratives des entreprises sur le continent.Sous peine de sanctions, la loi adoptée en 2024 obligeait les entreprises de plus de 1.000 salariés à prévenir et remédier aux violations de droits humains (travail des enfants, travail forcé, sécurité…) et aux dommages environnementaux tout au long de leurs chaînes de valeur, y compris chez leurs fournisseurs dans le monde.Jeudi, dans le sillage des Etats membres, le Parlement européen a relevé le seuil des entreprises concernées, à plus de 5.000 employés et plus d’1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel. Surtout, les eurodéputés ont supprimé le régime de responsabilité civile européenne, qui servait à harmoniser les obligations des entreprises et leurs responsabilités devant la justice en cas de manquements.Les parlementaires ont préféré s’en tenir aux législations de chaque pays. Ils ont également renoncé aux plans de transition climatique que les entreprises étaient censées fournir.- “Asphyxie” -La loi est “complètement vide” désormais, déplore le centriste Pascal Canfin. Ce vote se produit “pendant la COP30” au Brésil et “représente un recul considérable pour l’action climatique du secteur privé”, estime-t-il.A droite, l’eurodéputé François-Xavier Bellamy pense au contraire que cette “simplification” permet de “sauver nos entreprises de l’asphyxie normative”.Après ce vote, les négociations vont s’engager avec les Etats membres, en vue d’une adoption définitive de la loi revue et corrigée.”Il est encore possible de rectifier le tir”, mais ce scrutin montre que “l’extrême droite gagne en influence” et que la majorité proeuropéenne “s’effrite”, explique Jurei Yada, du centre de réflexion E3G.Des organisations environnementales s’en prennent également aux “lobbies industriels” opposés à cette loi.L’absence de responsabilité civile européenne risque d’introduire “une concurrence entre les 27 Etats membres pour savoir qui a le régime le plus laxiste pour essayer d’attirer des entreprises”, met en garde Swann Bommier, de l’ONG Bloom.Au nom de la lutte contre la bureaucratie, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron avaient appelé à supprimer purement et simplement cette loi.Mais même si elle n’est que sabrée, la pilule est difficile à avaler pour une partie des parlementaires qui avaient célébré son adoption “historique” en avril 2024 après plusieurs années de bras de fer au sein même des institutions européennes.Les superlatifs ne manquaient pas à l’époque, y compris chez les macronistes, dont la présidente actuelle du groupe centriste Valérie Hayer (Renew).Mais les équilibres politiques ont changé dans l’hémicycle depuis les élections de juin 2024, marquées par le renforcement de la droite et la percée de l’extrême droite, qui veut combattre le “pacte vert”, la batterie de mesures environnementales adoptées lors du précédent mandat.

La croissance britannique s’essouffle à deux semaines du budget

L’activité économiqe britannique a marqué le pas au troisième trimestre, le PIB ne progressant que de 0,1%, ce qui constitue un nouvel accroc pour le gouvernement travailliste à deux semaines de la présentation de son budget, où des hausses d’impôts et des coupes dans les dépenses sont attendues.Ce chiffre, publié jeudi par l’Office national des statistiques (ONS), fait suite à une croissance inattendue de 0,7% au premier trimestre, puis à un fort ralentissement, à 0,3%, les trois mois suivants.La faiblesse de la croissance, inférieure aux attentes des analystes interrogés par Bloomberg qui tablaient sur 0,2%, accroît un peu plus la pression sur la ministre des Finances. Rachel Reeves a promis d’équilibrer les comptes publics sans étouffer une économie à la peine et présente son projet de budget le 26 novembre.Or, une croissance aussi basse limite ses marges de manœuvre, en freinant les recettes fiscales et la capacité à financer les dépenses publiques.”Cela brosse le tableau d’une économie qui a démarré l’année 2025 en force, mais qui perd aujourd’hui beaucoup de son élan”, souligne Lindsay James, analyste chez Quilter, pour qui le budget sera “crucial pour la suite”.- Cyberattaque -“L’incertitude quant à d’éventuelles hausses d’impôts et les rumeurs persistantes selon lesquelles les employeurs seraient à nouveau visés (…) risquent d’étouffer la fragile confiance des entreprises et de faire grimper le chômage”, estime-t-elle.La presse britannique spécule aussi depuis des semaines sur une possible hausse de l’impôt sur le revenu, qui viendrait compromettre une promesse des travaillistes avant leur retour au pouvoir en juillet 2024.Mme Reeves a longtemps balayé l’hypothèse, avant d’évoluer peu à peu dans sa rhétorique, jusqu’à expliquer que sans cette hausse, des “coupes profondes” dans les investissements publics seront nécessaires, hypothéquant les espoirs de croissance à long terme.Elle a promis jeudi dans un communiqué, en réaction à ces chiffres, qu’elle prendrait “les décisions équitables qui s’imposent pour bâtir une économie forte”.”S’assurer que le prochain budget soutienne la croissance plutôt qu’elle ne l’entrave (…) n’est pas une mince affaire compte tenu de l’ampleur de l’assainissement budgétaire attendu”, souligne cependant James Smith, du think tank Resolution Foundation.Le PIB britannique s’est même contracté de 0,1% en septembre, affecté par la violente cyberattaque qui a contraint le constructeur Jaguar Land Rover à arrêter sa production pendant un mois, au détriment aussi de sa chaîne de production.- Pressions de l’extrême droite -Outre cette croissance stagnante, le gouvernement doit composer avec une inflation élevée, à 3,8% sur un an en septembre, et un chômage au plus haut depuis la pandémie, avec un taux de 5% au troisième trimestre.Il subit aussi toujours l’effet des droits de douane américains, en dépit d’un accord avec Washington les limitant à 10% présenté comme une victoire par le gouvernement: les exportations de biens vers les Etats-Unis ont chuté en septembre, tombant à leur plus faible niveau depuis janvier 2022.La présentation du nouveau budget constitue donc une échéance décisive pour l’équipe du Premier ministre Keir Starmer, au plus bas dans les sondages et contesté jusque dans son camp, au moment où le parti d’extrême droite Reform UK caracole en tête des intentions de vote.Un recul sur une promesse de campagne aussi symbolique que l’impôt sur le revenu viendrait encore obscurcir l’horizon politique des travaillistes, qui ont déjà pâti des fortes hausses de cotisations patronales et des nombreuses coupes budgétaires annoncées l’an passé.Le gouvernement devrait dès lors tenter de compenser ces mauvaises nouvelles budgétaires par des annonces sociales comme la levée du plafond des allocations familiales, actuellement limitées à deux enfants, ou une baisse de la TVA sur les prix de l’énergie.

A Zanzibar, l’élevage d’éponges de mer offre une bouée de sauvetage aux femmes

Chaque matin, des femmes voilées en longues robes amples pataugent dans les eaux turquoise peu profondes de Zanzibar, en Tanzanie, pour s’occuper de leurs fermes d’éponges de mer, nouvelle source de revenus vitale depuis qu’elles ont été frappées par le changement climatique. La hausse des températures océaniques, la surpêche et la pollution ont progressivement dégradé les écosystèmes marins, affectant notamment la culture d’algues, une activité qui était essentielle pour les habitantes du village de Jambiani, situé dans l’archipel tanzanien. Désormais, celles-ci misent sur l’élevage d’éponges de mer, dans le cadre d’un projet mis en place par l’ONG suisse Marine Cultures. “Les températures élevées ont décimé les algues et la diminution des stocks de poissons a poussé de nombreux pêcheurs à abandonner leur métier”, explique Ali Mahmudi, chef de projet. Les éponges, qui offrent abri et nourriture aux créatures marines, prospèrent généralement dans les eaux plus chaudes. Elles sont également lucratives en tant que produit de soin biologique, utilisé pour l’exfoliation de la peau. Depuis le rivage, on aperçoit des bâtons noirs qui émergent de l’eau, auxquels sont accrochées des rangées d’éponges. “J’ai été stupéfaite d’apprendre que des éponges existent dans l’océan”, confie à l’AFP Nasiri Hassan Haji, 53 ans, qui a découvert cette pratique il y a plus de 10 ans.Cette mère de quatre enfants cultivait autrefois des algues, un travail qu’elle décrit comme pénible et peu rémunérateur. En 2009, l’association Marine Cultures a lancé une ferme pilote avec des veuves à Jambiani afin d’évaluer le potentiel de cette activité dans l’archipel, où plus d’un quart du 1,9 million d’habitants vit sous le seuil de pauvreté. Face à la demande croissante de produits écologiques, le marché des éponges naturelles a connu une croissance constante et l’entreprise s’est avérée lucrative.L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) estimait sa valeur à 20 millions de dollars en 2020. – Restauration des récifs coralliens -Selon leur taille, les éponges peuvent se vendre jusqu’à 30 dollars pièce et une seule ferme peut en compter jusqu’à 1.500.”Cela a changé ma vie. J’ai pu construire ma propre maison”, s’enthousiasme Shemsa Abbasi Suleiman, 53 ans, le sourire aux lèvres. De nombreuses autres femmes ont rejoint une coopérative pour développer le projet, mais cela n’a pas été un long fleuve tranquille. “Au début, j’avais peur de me lancer car je ne savais pas nager. Beaucoup me décourageaient, disant que (…) j’allais me noyer”, raconte Mme Haji. Grâce à un programme d’une ONG, elle a appris à nager à l’âge de 39 ans.Outre le fait qu’elles génèrent des revenus pour les populations locales, les éponges sont bénéfiques pour le milieu marin. Des études montrent que leur structure squelettique favorise la capture du carbone au sein des écosystèmes coralliens, tandis que leur corps poreux filtre et purifie naturellement l’eau de mer. Selon les Nations unies, “l’océan est en crise profonde”, avec environ 60% des écosystèmes marins mondiaux dégradés ou exploités de manière non durable. Les éponges contribuent également à la restauration des récifs coralliens, qui abritent 25% de la vie marine et sont actuellement menacés. “Ce qui m’a séduit, c’est que nous ne détruisons pas l’environnement”, ajoute Mme Haji.Zanzibar fait partie de la Tanzanie. Comme ailleurs dans le pays, le parti au pouvoir CCM y a été déclaré vainqueur des élections législatives et présidentielle de la fin du mois dernier. Le scrutin a été émaillé de violences en Tanzanie continentale avec des centaines, voire des milliers de personnes tuées lors de la répression sévère de manifestations anti-pouvoir, selon l’opposition et des défenseurs des droits humains.  L’ONU a appelé à une enquête.

Le ministre suisse de l’Economie de retour à Washington pour discuter des droits de douane

Le ministre suisse de l’Economie est depuis mercredi de retour à Washington où il doit s’entretenir avec les autorités américaines, pour la troisième fois depuis que le pays alpin s’est vu imposer en août des droits de douane de 39%. Guy Parmelin doit notamment y rencontrer le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR) Jamieson Greer, ont rapporté jeudi plusieurs médias suisses, alors que Berne s’accroche à l’espoir d’un allégement des 39% imposés depuis août aux produits du pays alpin. Lundi soir, l’agence financière Bloomberg a affirmé que la Suisse serait proche d’un accord ramenant les droits de douane à 15%, soit au même niveau que ceux appliqués aux produits de l’Union européenne, sur la base de sources informées du dossier, sans les nommer. Contacté par l’AFP, le ministère suisse de l’Economie a indiqué que M. Parmelin est à Washington “pour poursuivre les discussions”, sans fournir davantage de précisions. La semaine dernière, six grands patrons, dont celui de l’horloger Rolex et du géant du luxe Richemont, ont rencontré le président américain Donald Trump pour attirer son attention sur les répercussions des droits de douane pour l’économie suisse. En août, la Suisse s’est vue imposer des droits de douane de 39%, suscitant de vives inquiétudes en particulier dans le secteur de l’horlogerie, mais aussi pour les PME industrielles et les fabricants de produits alimentaires comme le fromage ou le chocolat. La pharmacie, son plus gros gros secteur d’exportation, est en sursis: les médicaments sont exemptés de droits de douane mais Donald Trump agite régulièrement la menace de les taxer eux aussi. Début août, Guy Parmelin et la présidente de la Confédération Karin Keller-Sutter, qui est également ministre des Finances, s’étaient rendus en urgence à Washington pour tenter d’infléchir la position de la Maison Blanche. M. Parmelin avait ensuite fait un second déplacement en septembre. 

La Bourse de Paris poursuit son avancée après un record

La Bourse de Paris poursuit son avancée jeudi après son record en séance la veille porté par la fin de la paralysie budgétaire aux Etats-Unis.Le CAC 40 gagnait 0,72% peu après l’ouverture. A ce rythme, l’indice vedette de la Bourse de Paris devrait inscrire un record en clôture après avoir affiché un plus haut absolu en séance la veille.A 8.290,97 points en séance mercredi, le CAC 40 a ainsi dépassé son précédent sommet de fin octobre, avant de terminer en hausse de 85,01 points, soit + 1,04%, à 8.241,24 points, à 17 points de son plus haut en clôture.La course aux records a dépassé les frontières françaises, les places de Madrid et Londres ayant également affiché des niveaux historiques mercredi. Milan a atteint un nouveau sommet depuis 2000.Ces performances sont dues notamment au soulagement apporté par la résolution de la crise budgétaire américaine.Dans la soirée de mercredi, à la suite d’un vote au Congrès, Donald Trump a finalement signé la loi mettant fin à la plus longue paralysie budgétaire des Etats-Unis, après 43 jours qui ont bouleversé plusieurs pans de l’économie américaine.Les marchés européens ont ouvert en ordre dispersé jeudi matin. Les hausses sont portées “par le vote américain mettant fin au shutdown et par la montée des anticipations d’une baisse de taux de la Fed en décembre”, a commenté John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.Sur le front des indicateurs, les investisseurs vont s’intéresser à la croissance britannique au 3e trimestre qui a calé à 0,1%. En France, le taux de chômage a légèrement augmenté au troisième trimestre, de +0,1 point par rapport au deuxième trimestre, pour atteindre 7,7% de la population active, a annoncé jeudi l’Insee, qui a aussi révisé en hausse l’estimation du deuxième trimestre de 7,5% à 7,6%.Pour les entreprises françaises, plusieurs résultats sont attendus après Bourse dont ceux du groupe de construction Eiffage, d’Alstom et de l’éditeur de jeux Ubisoft.Outre-Atlantique, les chiffres officiels de l’inflation et du marché du travail le mois dernier aux Etats-Unis ne seront “probablement” jamais publiés en raison de la paralysie budgétaire qui a suspendu la collecte des données, a indiqué la Maison Blanche.Carrefour recherchéCarrefour avançait de 1,36% à 13,43 euros vers 08h40 GMT après que la famille Saadé, propriétaire de l’armateur CMA CGM, est devenue le deuxième actionnaire du groupe avec une prise de participation d’environ 4% du capital, soit un investissement de quelque 400 millions d’euros, selon une annonce mercredi du distributeur.

L’examen du budget de l’Etat reprend à l’Assemblée, la niche fiscale des retraités dans le viseur

La suppression de la niche fiscale des retraités sera au coeur des débats jeudi matin à l’Assemblée nationale, où reprend l’examen du projet de loi de Finances après des débats qui ont traîné en longueur puis neuf jours de pause.Cette reprise intervient au lendemain d’un vote emblématique pour suspendre la réforme des retraites de 2023, crantée dans le texte du budget la Sécu, dont l’examen n’a pu aller à son terme mercredi soir.Pour le budget de l’État, la tâche s’annonce tout aussi ardue: plus de 2.100 amendements restent à examiner sur la seule première partie, consacrée aux recettes. Un vote est prévu le 17 novembre sur cette partie, mais il semble loin d’être assuré. L’ensemble du texte doit être transmis au Sénat le 23 novembre à minuit, selon les délais constitutionnels.Au programme dès la réouverture des débats: la suppression de la niche fiscale des retraités. Le gouvernement entend remplacer l’abattement de 10% dont ils bénéficient sur leur pension, par un abattement forfaitaire de 2.000 euros, avec un rendement attendu de 1,2 milliard d’euros.Mais, comme en commission, un consensus pour supprimer cette mesure devrait se dégager.Une multitude de taxes reste à examiner, dont celle sur les petits colis, qui suscite une attention particulière alors que la polémique autour du géant du e-commerce Shein agite le débat public. Ou encore la hausse des droits de timbre pour obtenir un titre de séjour, décriée par la gauche.Gouvernement et Assemblée ont désormais acté qu’il n’y aurait pas de vote sur la partie “dépenses” du budget de l’Etat, le gouvernement ayant annoncé en conférence des présidents mercredi les postes budgétaires (défense, sport…) qu’il souhaite voir examinés. Mais un vote sur la partie “recettes” n’est pas non plus assuré. Comme sur le budget de la Sécu, certains groupes n’ont pas forcément envie d’aller jusqu’au bout et pourraient jouer la montre.”Face aux horreurs votées, on n’a pas intérêt à aller au vote”, dit un cadre Renaissance, ajoutant qu’avec 2.100 amendements restants, il n’y a pas besoin de faire obstruction, mais de “prendre le temps du débat”.Avant la pause sur le budget de l’Etat, les députés s’étaient attaqués aux mesures les plus emblématiques, notamment sur la taxation des plus riches. Si la gauche a échoué à faire adopter sa “taxe Zucman”, plusieurs impôts visant les multinationales ou les superdividendes ont été votés, ulcérant le camp gouvernemental qui a dénoncé une “folie fiscale”.La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a tiré un bilan plus nuancé, jugeant la copie loin d’un “budget Frankenstein”, avec un objectif de déficit de 4,7% du PIB tenu. Le gouvernement s’est engagé à transmettre au Sénat tous les amendements qui auront été votés par l’Assemblée nationale.