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Budget de la Sécu: selon la copie de l’Assemblée, le déficit pourrait atteindre 24 milliards d’euros, prévient Farandou

A l’issue de l’examen en première lecture projet de budget de la sécurité sociale à l’Assemblée, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s’est dit jeudi soir “inquiet du déficit”, dans un entretien au Parisien, estimant qu’il pourrait atteindre 24 milliards d’euros en 2026, plus que cette année.A ce stade “il nous manque beaucoup d’économies que l’on a du mal à faire voter”, a-t-il reconnu. “Notre objectif était de le réduire, en le faisant passer de 23 à 17 milliards d’euros. Aujourd’hui, selon nos derniers calculs, nous pourrions atteindre les 24 milliards”, a précisé le ministre.”Quand la copie finale arrivera à l’Assemblée en décembre, tout le monde devra faire un pas vers l’autre”, a-t-il ajouté, en appelant à “la responsabilité de tous les parlementaires”.Si le projet de budget de la Sécu était adopté dans sa version modifiée par l’Assemblée, “nous passerions d’un déficit de 17,5 milliards d’euros” prévu initialement par le gouvernement, à un déficit “d’environ 24,3 milliards d’euros”, avait aussi expliqué plus tôt dans la journée Thibault Bazin (LR),rapporteur général de la commission des Affaires sociales, au lendemain de la fin de l’examen du texte en première lecture par les députés.Selon ses calculs, les changements apportés par l’Assemblée nationale au projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026 creuseraient son déficit de 6,8 milliards.Le projet de budget de la Sécurité sociale va être examiné par le Sénat à partir de la semaine prochaine, dans sa version modifiée par l’Assemblée.Interrogé par ailleurs sur l’intention du gouvernement de revoir le dispositif des ruptures conventionnelles dans le cadre de l’assurance chômage, M. Farandou a noté qu’elles “se sont beaucoup développées”.”Les allocations chômage versées à des salariés qui sortent de ruptures conventionnelles représentent un quart des versements”, a-t-il rappelé. “On peut craindre qu’il y ait une forme de dérive. Nous avons donc proposé aux partenaires sociaux de s’en emparer”, a-t-il dit.À quelle échéance ? “D’ici à la fin de l’année”, selon le ministre. “On voudrait aller assez vite pour trouver quelques centaines de millions d’euros d’économies. Toutes les pistes me vont bien”, a-t-il affirmé.

Boeing: les syndiqués ratifient l’offre d’accord social, la grève est finie

Plus de 3.000 employés de plusieurs usines de matériels militaires de Boeing ont ratifié jeudi l’accord social proposé par le constructeur aéronautique, mettant ainsi fin à une grève de plus de 100 jours, a annoncé la branche locale du syndicat des machinistes (IAM), dans un communiqué.C’était la cinquième fois depuis fin juillet que les adhérents de l’IAM-District 837 étaient consultés sur un projet de contrat social, qui va régenter leurs conditions salariales et autres avantages pour les cinq prochaines années.La dernière consultation, le 26 octobre, avait donné une victoire sur le fil au “non”, à 51% contre 49%. Le score de jeudi n’est pas disponible à ce stade.”Les membres de l’IAM-District sont restés forts et unis pendant plus de trois mois”, s’est félicité le syndicat. “Nous sommes fiers de ce pour quoi nos adhérents ont lutté ensemble et nous sommes prêts à retourner construire les avions militaires les plus avancés au monde”, a-t-il poursuivi.Boeing a immédiatement réagi après l’annonce du résultat dans un communiqué distinct.”Nous sommes ravis du résultat et nous avons hâte de retrouver toute notre équipe, de nouveau réunie le 17 novembre pour accompagner nos clients”, a indiqué l’avionneur.Pour emporter les dernières réticences, il avait notamment porté la prime de ratification à 6.000 dollars, au lieu de 3.000 précédemment, et avait “garanti” que tous les grévistes retrouveraient un poste de travail.Boeing a activé un plan de gestion de crise le 4 septembre, et lancé le recrutement d’ouvriers “permanents” pour remplacer les grévistes. Ces derniers n’étaient par conséquent pas sûrs, jusqu’à cette dernière offre de la direction, de retrouver un poste immédiatement à la fin de la grève ni dans la même usine.Sans changement par rapport à l’offre précédente, le salaire annuel de base va passer par étapes de 75.000 dollars en moyenne à 109.000 dollars au terme des cinq ans de l’accord social.Depuis le 4 août, environ 3.200 employés de sites à St. Louis et St. Charles dans le Missouri, et à Mascoutah dans l’Illinois, avaient cessé le travail. Sont notamment fabriqués dans ces usines les avions de combat F-15 et F-18, l’appareil de formation des pilotes T-7 Red Hawk, ainsi que le drone MQ-25.Les négociateurs du groupe et du syndicat étaient tombés d’accord à plusieurs reprises depuis l’été sur un projet mais les adhérents avaient voté “non” lors des quatre consultations précédentes (27 juillet, 3 août, 12 septembre et 26 octobre).

La Bourse de Paris inscrit un nouveau record en séance mais termine en baisse

La Bourse de Paris a terminé en baisse jeudi, après avoir toutefois battu un nouveau record en séance, les investisseurs oscillant entre le soulagement lié à la fin du “shutdown” aux Etats-Unis et l’incertitude née de l’absence de données statistiques officielles.L’indice vedette de la Bourse de Paris le CAC 40 a terminé en baisse de 0,11% jeudi, à 8.232,49 points. Il a toutefois inscrit un nouveau record absolu au début de la séance à 8.314,23 points, franchissant pour la première fois de son histoire la barre des 8.300 points.La veille, le CAC 40 avait terminé en hausse de 1,04%.Malgré les niveaux record de certains indices européens, comme Paris ou Madrid, “il y a un peu de fébrilité sur les marchés avec la fin du +shutdown+ aux Etats-Unis et la possibilité ou non d’obtenir les données économiques manquantes”, la paralysie budgétaire américaine ayant retardé un certain nombre de publications officielles, explique à l’AFP Charlotte de Montpellier, économiste d’ING.Le “soulagement” de la levée du blocage budgétaire aux Etats-Unis, “c’est déjà de l’histoire ancienne”, résume-t-elle.Le président américain Donald Trump a promulgué mercredi la loi mettant fin à la paralysie budgétaire. Après plus de 40 jours d’impasse, une poignée de sénateurs démocrates ont fini par rendre les armes lundi en approuvant avec leurs collègues républicains une nouvelle proposition de loi, qui étend le budget précédent jusqu’au 30 janvier.L’attention est désormais concentrée sur “les indicateurs économiques américains” à venir, note également Patrick Munnelly, de Tickmill Group. “Les 43 jours sans données officielles ont laissé la Réserve fédérale (Fed) et les investisseurs dans le flou quant à l’état du marché du travail et aux tendances de l’inflation”, estime-t-il.”Il y a une certaine confusion vers où on va d’un point de vue économique aux Etats-Unis”, poursuit Charlotte de Montpellier. “Or, c’est très important dans le contexte actuel car il y a de nombreuses d’incertitudes sur la trajectoire des taux de la Réserve fédérale américaine”, insiste l’économiste.La dernière réunion de politique monétaire de la banque centrale s’était en effet soldée par une baisse de taux, mais son président Jerome Powell avait semé le doute concernant ses prochaines décisions, affirmant qu’une détente supplémentaire était “loin” d’être acquise.Les acteurs du marché sont aujourd’hui partagés sur une nouvelle réduction des taux de la Fed en décembre, selon l’outil de veille CME FedWatch, alors qu’ils étaient quasi unanimes un mois plus tôt.”On sait que ce sont les données (officielles) qui vont faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre”, souligne Mme de Montpellier.Ubisoft demande la suspension de sa cotationLe géant français des jeux vidéo Ubisoft a décalé la publication de ses résultats pour le premier semestre, prévus jeudi soir, et demandé la suspension de sa cotation à la Bourse de Paris, a-t-il annoncé dans un communiqué.”Ubisoft a demandé à Euronext de suspendre la cotation de ses actions et de ses obligations à compter de l’ouverture des marchés le 14 novembre 2025″ et ce jusqu’à la diffusion de ses résultats “dans les prochains jours”, a indiqué l’éditeur, dont l’action a plongé de près de 50% depuis le début de l’année.Son titre a terminé en baisse de 0,94% à 6,77 euros, peu avant l’annonce.

Ubisoft décale la publication de ses résultats semestriels et demande la suspension de sa cotation

Le géant français des jeux vidéo Ubisoft a décalé la publication de ses résultats pour le premier semestre, prévus jeudi soir, et demandé la suspension de sa cotation à la Bourse de Paris, a-t-il annoncé sans avancer d’explications à ce stade.”Ubisoft a demandé à Euronext de suspendre la cotation de ses actions et de ses obligations à compter de l’ouverture des marchés le 14 novembre 2025″ et ce jusqu’à la diffusion de ses résultats “dans les prochains jours”, a indiqué dans un communiqué l’éditeur, dont l’action a plongé de près de 50% depuis le début de l’année.Contacté par l’AFP, Ubisoft n’a pas donné de raison spécifique à ce report dans l’immédiat.Dans un mail interne envoyé jeudi aux salariés et consulté par l’AFP, le directeur financier du groupe Frédérick Duguet a indiqué sans plus de précisions qu’Ubisoft avait besoin d’un “délai supplémentaire pour finaliser la clôture du semestre” et que la demande de suspension de sa cotation visait à “limiter les spéculations inutiles et la volatilité du marché pendant ce court délai”.”Cela pourrait impliquer une acquisition sous une forme ou une autre (…) ou un problème comptable ou financier”, a estimé Daniel Ahmad, du cabinet d’analyste Niko Partners, sur le réseau social Bluesky.Au premier trimestre (avril-juin) de son exercice 2025-2026 décalé, l’éditeur avait annoncé un chiffre d’affaires en baisse de 3,9%, à 310,8 millions d’euros.Ubisoft a enchaîné une succession de déconvenues ces dernières années après plusieurs lancements de jeux en demi-teinte et l’arrêt précoce de son jeu de tir en ligne XDefiant.Depuis 2023, l’éditeur français poursuit un plan de réduction des coûts qui a déjà entraîné la fermeture de plusieurs studios à l’étranger et le départ de plus de 2.000 salariés.En octobre, il a notamment annoncé un plan de départ volontaires dans ses studios de Stockholm et Malmö, en Suède, qui avaient notamment travaillé sur “Star Wars Outlaws”, superproduction qui a connu une réception mitigée et des ventes jugées décevantes après sa sortie à l’été 2024.En parallèle, le groupe s’est lancé dans une réorganisation interne qui doit regrouper ses différentes marques de jeux vidéo en entités distinctes qui restent sous son contrôle.Sa première filiale a été mise en place début octobre et réunit plus de 2.300 des quelque 17.000 employés du groupe dans le monde autour de ses trois plus grosses sagas: “Assassin’s Creed”, “Far Cry” et “Rainbow Six”.Elle a été créée grâce à un apport de 1,16 milliard d’euros du groupe chinois Tencent qui en détient 25%. La finalisation de la transaction, prévue pour la fin de l’année 2025 sous réserve de validation des autorités réglementaires, devrait également permettre à Ubisoft de se désendetter.

USA: des milliers de baristas de Starbucks en grève un jour de grande promotion

Plusieurs milliers de baristas, qui servent aux comptoirs de Starbucks, ont lancé jeudi une grève d’une durée indéterminée pour protester contre leurs conditions de travail et l’impasse des négociations du contrat social, débutant leur mouvement un jour de grande promotion de la chaîne de cafés américaine.A l’instar de l’année précédente, ce mouvement est lancé le jour de l’opération marketing Red Cup (tasse rouge) qui vise à offrir une tasse réutilisable de couleur rouge à tout client achetant une boisson créée par Starbucks pour les fêtes, à base de potiron, de cannelle, d’épices par exemple.Cette opération entraîne en général un surcroît d’activité pour les employés car elle dope la fréquentation.La “Red Cup Rebellion” prévoit des rassemblements jeudi à partir de 16 heures locales dans plus d’une dizaine de villes américaines, et un arrêt de travail d’un millier de baristas, selon un communiqué du syndicat Starbucks Workers Union.Plus de 65 cafés dans plus d’une quarantaine de villes font partie de cette première phase du mouvement qui pourrait, au fil des jours, grossir progressivement pour englober plus de 550 cafés syndiqués, soit plus de 10.000 employés.Aux Etats-Unis, Starbucks détient en propre près de 10.000 cafés et compte plus de 7.000 franchisés.Le groupe a indiqué à l’AFP constater très peu de perturbations jeudi matin.”Nous sommes déçus que Workers United, qui représente moins de 4% de nos employés, ait appelé à une grève plutôt que revenir à la table des négociations”, a réagi Jaci Anderson, porte-parole du groupe, affirmant que “moins de 1% des cafés subissent une quelconque perturbation”.- Blocage -“Lorsque le syndicat sera prêt à revenir, nous serons prêts à discuter”, a indiqué cette porte-parole.Les deux parties sont d’accord sur un point: les discussions sont éteintes depuis avril. Et elles s’en renvoient la responsabilité.Fondé en 2021, le syndicat tente d’élaborer le premier contrat social cadre avec la direction, mais les négociations se sont enlisées.Pour Lynne Fox, présidente du syndicat Workers United qui représente plus de 90.000 employés aux Etats-Unis tous secteurs confondus, la direction “refuse de négocier de bonne foi”.”Starbucks a passé l’année écoulée à dire aux gens qu’il veut revenir aux origines de Starbucks”, faisant référence au plan de restructuration Back to Starbucks lancé par le nouveau patron, à la tête du groupe en difficultés depuis septembre 2024, a souligné la syndicaliste lors d’un point-presse jeudi.”Mais la réalité est que, sous la direction de Brian Nicoll, les choses n’ont fait qu’aller à reculons”, alors qu’elles “faisaient des avancées constantes” avant son arrivée, a affirmé Mme Fox, évoquant des centaines de plaintes devant l’Inspection américaine du travail pour pratiques abusives dont une grande partie pour “représailles”Les employés réclament de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail avec des effectifs suffisants ainsi que des horaires “stables” et suffisants.”C’est difficile d’obtenir plus de 19 heures par semaine, ce qui est insuffisant pour bénéficier de la couverture d’assurance santé”, qui est activée à partir de vingt heures hebdomadaire, a expliqué Dachi Spoltore, barista depuis cinq ans à Pittsburgh (Pennsylvanie).Diego Franco, barista depuis six ans à Chicago (Illinois), a également relevé lors du point-presse les difficultés liées “aux changements constants de positionnement” et les sous-effectifs chroniques.Selon lui, trois personnes font désormais le travail de six auparavant dans son café. Il a réclamé “un salaire juste, des horaires stables et un respect de la législation sur le travail”. “Ce n’est pas ce que nous avons”, a-t-il dénoncé. 

Budget: le gouvernement subit un revers sur la taxation des retraités à la reprise des débats

Le gouvernement a subi un revers jeudi matin à la reprise des débats dans l’hémicycle sur le projet de loi de finances : les députés ont maintenu l’abattement fiscal de 10% sur les retraites, dont la suppression aurait généré d’importantes économies.La copie initiale du budget de l’Etat pour 2026 prévoit de remplacer l’abattement de 10% dont les retraités bénéficient sur leur pension, par un abattement forfaitaire de 2.000 euros, avec un rendement attendu de 1,2 milliard d’euros.L’objectif, selon la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, serait de créer de “la solidarité entre retraités” en permettant une “baisse d’impôt pour 1.6 million” des plus modestes, tout en augmentant celui des autres.  Mais la mesure a provoqué une levée de boucliers lors de son examen en première lecture à l’Assemblée. L’essentiel de la gauche, de l’alliance RN-UDR et des députés LR ont joint leurs voix pour l’effacer.”Il est hors de question de s’attaquer au pouvoir d’achat (…) de ceux qui ont travaillé toute leur vie”, a tonné Laurent Wauquiez, patron du groupe Les Républicains.Le communiste Nicolas Sansu a rappelé que la mesure provoquerait une hausse d’impôt “dès 1667 euros de pension mensuelle”. Jean Philippe Tanguy (RN) a fustigé une proposition participant à faire des retraités “les nouveaux bouc émissaires d’un système en échec”.A l’inverse, le député macroniste Guillaume Kasbarian a salué une proposition “courageuse” et fustigé ceux qui “refusent” de supprimer “l’un des nombreux avantages fiscaux des retraités” par “crainte électorale”.Ce vote intervient à la reprise de l’examen du budget de l’Etat dans l’hémicycle après 9 jours de pause. C’est le budget de la Sécu qui avait pris place au Palais Bourbon, avec le vote emblématique mercredi de la “suspension” de la réforme des retraites de 2023, l’une des conditions de la non-censure des socialistes du gouvernement de Sébastien Lecornu.L’examen du texte n’a pu aller à son terme mercredi soir, mais Amélie de Montchalin a redit jeudi que “l’ensemble des amendements votés ont été transmis au Sénat”.Pour le budget de l’État, la tâche s’annonce tout aussi ardue: plus de 2.100 amendements restant à examiner sur la seule première partie, consacrée aux recettes. Un vote aurait dû avoir lieu sur ce volet le 17 novembre, mais gouvernement et Assemblée ont acté qu’il n’y en aurait pas. Un vote sur la partie “recettes” n’est pas non plus assuré. L’ensemble du texte doit être transmis au Sénat le 23 novembre à minuit, selon les délais constitutionnels.- “Faire traîner les débats” -Le député LFI Aurélien Le Coq a accusé dans l’hémicycle le gouvernement de “vouloir faire trainer les débats”, et empêcher un vote, comme sur le budget de la Sécu. Cela “dépend de vous, il n’y a pas lieu de polémiquer”, lui a rétorqué la ministre. Comme sur le budget de la Sécu, certains groupes n’ont pas forcément envie d’aller jusqu’au bout et pourraient jouer la montre.”Face aux horreurs votées, on n’a pas intérêt à aller au vote”, dit un cadre Renaissance, ajoutant que vu le nombre d’amendements restants, il n’y a pas besoin de faire obstruction, mais de “prendre le temps du débat”.Une multitude de taxes reste à examiner, dont celle sur les petits colis, qui suscite une attention particulière alors que la polémique autour du géant du e-commerce Shein agite le débat public. Ou encore la hausse des droits de timbre pour obtenir un titre de séjour, décriée par la gauche.Avant la pause sur le budget de l’Etat, les députés s’étaient attaqués aux mesures les plus emblématiques, notamment sur la taxation des plus riches. Si la gauche a échoué à faire adopter sa “taxe Zucman”, plusieurs impôts visant les multinationales ou les superdividendes ont été votés, ulcérant le camp gouvernemental qui a dénoncé une “folie fiscale”.

Les Bourses européennes terminent dans le rouge

Les Bourses européennes ont terminé en baisse jeudi, malgré des niveaux records, le soulagement lié à la fin de la paralysie budgétaire aux Etats-Unis cédant la place au flou provoqué par l’absence de publications officielles sur l’économie américaine. La Bourse de Paris a cédé 0,11%, après avoir touché un nouveau record en séance, à 8.314,23 points. Francfort a perdu 1,39% et Londres 1,05%. Milan était quasi stable (-0,08%).

Les grévistes de Boeing votent pour la 5e fois, sur une offre encore revalorisée

Plus de 3.000 employés de plusieurs usines de matériels militaires de Boeing, en grève depuis le 4 août, doivent voter jeudi matin sur une nouvelle offre d’accord social présentée par le constructeur aéronautique, financièrement plus avantageuse et avec des garanties d’emplois.C’est la cinquième fois depuis fin juillet que les adhérents du District 837, branche locale du syndicat des machinistes (IAM), sont consultés sur leur prochain contrat social, qui doit régenter leurs conditions salariales et autres avantages pour les cinq prochaines années.La dernière consultation, le 26 octobre, avait donné une victoire sur le fil au “non”, à 51% contre 49%.Les négociateurs du syndicat “recommandent l’acceptation de cette offre”, a indiqué lundi le District 837 dans un communiqué, précisant qu’en cas de ratification, le travail pourrait reprendre dès dimanche. La grève a atteint son centième jour.”Avec les vacances de fin d’année qui approchent, nous voulons faire en sorte que tout le monde retourne travailler et fournir une stabilité pour vous et vos familles avec de meilleurs salaires, assurance santé et jours de congés garantis”, a indiqué lundi Steve Parker, président de la branche Défense, Espace et Sécurité (BDS) de Boeing, dans un message adressé aux employés concernés.Selon lui, la nouvelle proposition a été concoctée à partir des derniers retours des ouvriers qui souhaitent “davantage d’argent immédiatement plutôt que recevoir des actions de Boeing”.Ainsi, la prime de ratification est portée à 6.000 dollars au lieu de 3.000 précédemment mais, de ce fait, aucune distribution de titres boursiers n’aura lieu dans ce cadre.- Emploi garanti -Par ailleurs, les employés ayant cumulé plus de 80 heures de vacances – le plafond – pourront se faire payer le surplus au lieu de le perdre au 31 janvier.Et le groupe “garantit” que tous les grévistes retrouveront un poste de travail et “personne ne sera transféré” sur un autre site.Boeing a en effet activé un plan de gestion de crise le 4 septembre, et lancé le recrutement d’ouvriers “permanents” pour remplacer les grévistes. Ces derniers n’étaient par conséquent pas sûrs, jusqu’à cette dernière offre de la direction, de retrouver un poste immédiatement à la fin de la grève ni dans la même usine.Sans changement par rapport à l’offre précédente, le salaire annuel de base va passer de 75.000 dollars en moyenne à 109.000 dollars au terme des cinq ans de l’accord social.Depuis le 4 août, environ 3.200 employés de sites à St. Louis et St. Charles dans le Missouri, et à Mascoutah dans l’Illinois, ont cessé le travail. Sont notamment fabriqués dans ces usines les avions de combat F-15 et F-18, l’appareil de formation des pilotes T-7 Red Hawk, ainsi que le drone MQ-25.Les négociateurs du groupe et du syndicat sont déjà tombés d’accord à plusieurs reprises depuis l’été sur un projet mais les adhérents ont systématiquement voté “non” (27 juillet, 3 août, 12 septembre et 26 octobre).En septembre, les syndiqués avaient élaboré et pré-ratifié leur propre offre mais elle a été rejetée par l’avionneur.Beaucoup de grévistes ont pris un autre emploi pour subvenir à leurs besoins pendant cet arrêt de travail, l’aide financière versée par le syndicat étant assez réduite.Une grève de plus de cinquante jours, suivie par plus de 33.000 ouvriers syndiqués auprès de l’IAM, a bloqué à l’automne 2024 plusieurs usines cruciales de Boeing dans la région de Seattle (nord-ouest), fabriquant des avions commerciaux dont son modèle le plus vendu, le 737 MAX.L’accord social ratifié, le troisième soumis aux votes, prévoyait notamment un bonus de ratification de 12.000 dollars et une hausse salariale de 38% sur quatre ans.

Le taux de chômage en France poursuit doucement sa hausse

Le taux de chômage en France a légèrement augmenté au troisième trimestre 2025, de 0,1 point sur un trimestre et 0,3% sur un an, pour atteindre 7,7% de la population active. Une hausse qui traduit un retournement de tendance selon des experts.Le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail, recherchant un emploi et disponibles pour en prendre un dans les deux semaines, augmente de 44.000 par rapport au trimestre précédent, à 2,4 millions de personnes, observe l’Institut national de la statistique (Insee) dans son point trimestriel communiqué jeudi.”Le taux de chômage est ainsi supérieur de 0,3 point à son niveau du troisième trimestre 2024, mais demeure nettement au-dessous de son pic de mi-2015 (-2,8 points)”, note l’Insee. L’institut a aussi revu à la hausse son estimation du deuxième trimestre, de 7,5% à 7,6% de la population active.”La tendance légèrement haussière (du chômage), de 0,6 point depuis deux ans et demi, tranche avec la longue période de repli quasi-régulier qu’on a eue entre mi-2015, où on était à 10,5%, le point haut, et fin 2022, où on a atteint 7,1%”, a commenté le chef du département de l’Emploi et de Revenu d’Activité de l’Insee, Vladimir Passeron.Sur un an, la hausse du chômage “est portée par les âges médians (24-49 ans), plus 0,5 point, et les seniors, plus 0,4 point, alors que pour les jeunes de 15 à 24 ans, le taux de chômage diminue de 0,8 point à 18,8%”, ajoute-t-il. Sur le trimestre, le taux de chômage des 15-24 ans, particulièrement scruté, diminue de 0,2 point.Par ailleurs, la part des jeunes de 15 à 29 ans qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études, diminue de 0,2 point, à 12,5%. Une proportion qui se situe néanmoins 0,3 point au-dessus de son niveau d’un an auparavant.Le halo autour du chômage, constitué des personnes qui souhaitent un emploi mais n’en recherchent pas ou ne sont pas immédiatement disponibles, reste quasiment stable à 1,9 million de personnes sur le trimestre.Ces chiffres “montrent une situation globalement stable” a réagi le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou. “Le taux de chômage des jeunes recule, la part des jeunes ni en emploi ni en formation baisse également. Les taux d’emploi et d’activité restent élevés et l’emploi en CDI progresse. Dans le contexte économique difficile que nous connaissons, ce sont des signes positifs pour l’emploi”.- “Découragés” -Eric Heyer, directeur du département Analyse et Prévision de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), voit pourtant dans la baisse du chômage des jeunes une forme de trompe-l’œil, car leur taux d’emploi a également baissé sur le trimestre (-0,3 point), à 34,7%.Certains jeunes “ont perdu leur emploi mais ne se sont pas inscrits au chômage”, souligne l’économiste. “Soit ils sont retournés dans la scolarité, par exemple des apprentis qui ont perdu leur contrat d’apprentissage, soit ce sont des découragés, qui sont sortis de la population active, donc on ne peut pas s’en réjouir”.Début novembre, les chiffres de l’emploi salarié publiés par l’Insee indiquaient un quatrième trimestre consécutif de recul après presque quatre années de hausse, notamment à cause de la diminution des aides à l’apprentissage.Au-delà des jeunes, M. Heyer juge les chiffres “mauvais”, le nombre de chômeurs augmentant de 119.000 sur un an. “Depuis la crise sanitaire, malgré le peu de croissance économique, on avait beaucoup de créations d’emplois” mais, désormais, un retournement a eu lieu et “il faut plus de croissance pour créer des emplois”, explique-t-il.”Les gains de productivité font qu’il y a des destructions d’emplois, qui provoquent une hausse du chômage”, une tendance qui devrait durer au moins “jusqu’à fin 2026″, estime-t-il, alors que le gouvernement cherche à réduire le déficit et grignote les aides à l’apprentissage et aux entreprises.”Sur le lien activité-emploi, sur les dernières années, (..) on s’étonnait du fait qu’on avait finalement trop d’emplois au regard de la croissance constatée et effectivement, sur ce troisième trimestre, cela se renverse”, constate aussi le chef de la division Synthèse et conjoncture du marché du travail de l’Insee, Yves Jauneau.

Produits chinois à bas prix: les petits colis venus de l’étranger bientôt taxés dans l’UE

Une étape majeure contre le déferlement en Europe de produits chinois à bas prix: les ministres des Finances ont approuvé jeudi la suppression de l’exonération de droits de douane sur les petits colis importés dans l’Union européenne, qui pourrait entrer en vigueur dès le premier trimestre 2026.Cette exonération concerne les colis d’une valeur inférieure à 150 euros. Sa suppression avait été proposée en février par la Commission européenne et elle devait initialement entrer en vigueur à la mi-2028, en s’alignant sur la réforme de l’union douanière, un vaste projet d’harmonisation et de partage de données entre Etats membres.Mais les Etats, en particulier la France, et la Commission veulent aller beaucoup plus vite et mettre en application cette mesure le plus vite possible, dès le premier trimestre 2026. Pour ce faire, il faudra établir un système transitoire qui devrait être adopté lors de la prochaine réunion des ministres, le 12 décembre.Cette mesure, prise dans un contexte de tensions commerciales mondiales, vise à lutter contre l’afflux de produits chinois commandés sur des plateformes comme Temu ou Shein ne respectant pas les normes européennes, au grand dam des producteurs et commerçants européens qui dénoncent une concurrence déloyale.- 145 colis par seconde -En outre, la masse de paquets à contrôler est telle que les services douaniers se retrouvent souvent débordés et dans l’incapacité de vérifier la conformité des produits.Les statistiques concernant ces produits sont vertigineuses: quelque 4,6 milliards d’envois d’une valeur inférieure à 150 euros sont entrés sur le marché européen en 2024, soit plus de 145 chaque seconde. Sur ce total, 91% provenaient de Chine.La France, actuellement en plein bras de fer avec la plateforme Shein qu’elle veut suspendre en raison de la vente de produits illégaux – des poupées sexuelles d’apparence enfantine et des armes de catégorie A – s’est réjouie de cette décision qu’elle défendait ardemment.”La France a pris l’initiative de réagir au phénomène des petits colis. Cela a payé aujourd’hui”, s’est réjoui le ministre français de l’Economie Roland Lescure, dans une déclaration à l’AFP.”C’est une étape clef pour la protection des consommateurs européens et du marché intérieur en luttant plus efficacement contre les produits dangereux et non conformes à nos règlementations européennes. Nous avons franchi un grand pas pour la souveraineté économique de l’Union européenne”, a-t-il ajouté.La taxation des petits colis devrait en outre s’accompagner de l’instauration de frais de traitement sur ces mêmes envois à leur entrée dans l’UE. Leur montant n’a pas été encore fixé, mais Bruxelles a proposé en mai deux euros par paquet.L’UE espère pouvoir appliquer ces frais de traitement, qui aideront à financer les contrôles, à partir de la fin 2026.