Test

Des musées plus chers pour les touristes hors-UE, nouvelle exception française

Américains, Chinois ou Mexicains passent à la caisse: les touristes extra-européens en France devront payer davantage que les autres pour visiter le Louvre et cinq autres lieux culturels, une mesure combattue par des syndicats et quasiment sans équivalent en Europe et aux Etats-Unis.Au nom d’une “rupture” portée par le gouvernement pour renflouer les caisses, les touristes hors Espace économique européen (Union européenne + Islande, Liechtenstein et Norvège) s’acquitteront à partir de mercredi de 32 euros pour arpenter le Louvre, musée le plus visité du globe, soit 45% de plus que le prix d’entrée actuel.Dès à présent, l’entrée au château de Chambord leur coûte 31 euros, soit 10 de plus qu’aux résidents européens, et le prix du billet pour le château de Versailles sera plus élevé de trois euros pour eux à partir de mercredi. Selon le ministère de la Culture, cette tarification différenciée s’appliquera aussi cette année à trois autres lieux (Conciergerie, Sainte-Chapelle, visites de l’Opéra Garnier) en France, première destination touristique mondiale. “Je souhaite que les visiteurs hors UE paient davantage leur billet d’entrée et que ce supplément aille financer la rénovation du patrimoine national. Les Français n’ont pas vocation à payer tout, tout seuls”, expliquait fin 2024 la ministre de la Culture Rachida Dati, pour justifier ce qu’elle qualifiait de “vraie rupture dans la politique tarifaire”.De fait, une telle mesure n’a pas vraiment d’équivalent en Europe ou aux Etats-Unis. Au British Museum de Londres, où l’entrée est gratuite, au Rijksmuseum d’Amsterdam, au Prado de Madrid ou à l’Alte Nationalgalerie de Berlin, les visiteurs sont logés à la même enseigne quelle que soit leur origine géographique.Parmi les rares – et limitées – exceptions, le Met de New York permet aux résidents de cet Etat de fixer eux-mêmes leur prix d’entrée, l’accès au Palais des Doges de Venise est gratuit pour les habitants de la ville et les Européens de moins de 25 ans ont droit à un tarif réduit pour l’Acropole d’Athènes ou le Colisée à Rome. Des tarifs plus élevés s’appliquent par ailleurs aux touristes étrangers dans des lieux culturels de pays moins riches, comme le Machu Picchu au Pérou.- “Musées sous pression” -Avec sa nouvelle politique tarifaire, la France espère générer “20 à 30 millions d’euros” supplémentaires par an, selon les estimations du ministère de la Culture, des fonds qui seront notamment alloués au colossal chantier de rénovation du Louvre voulu par le président français et évalué à plus d’un milliard d’euros.”Ce sera un des moyens de financement de ce projet qui accompagnera évidemment la montée du nombre de visiteurs (au Louvre, ndlr), puisque nous viserons moins de 12 millions de visiteurs par an”, contre environ 9 millions actuellement, avait expliqué Emmanuel Macron en janvier 2025, en présentant ce projet baptisé “Louvre, nouvelle renaissance”.Cette différenciation fait toutefois grincer des dents au nom de “l’universalisme” des musées. Les syndicats du Louvre, engagés depuis mi-décembre dans une des plus longues grèves de l’histoire du musée, ont ainsi listé parmi leurs revendications le “renoncement à la double tarification qui foule aux pieds notre histoire républicaine et l’universalisme fondateur du musée du Louvre”, selon le texte de leur préavis déposé début décembre.Cette politique est “choquante philosophiquement, socialement, humainement”, avait déjà déclaré le syndicat CFDT fin novembre lors du conseil d’administration du Louvre qui avait avalisé la nouvelle grille tarifaire et réveillé un lancinant débat sur les musées. Sommés d’assurer un accès au plus grand nombre tout en générant suffisamment de recettes pour leur entretien, “les musées sont sous pression”, a reconnu un des comités du Conseil international des musées (Icom), une organisation représentée dans 139 pays, peu après la décision du Louvre. Ces deux impératifs – accessibilité et viabilité – “ne cohabitent pas toujours facilement”, avait admis l’instance dans un post Instagram.

Meta exhorte l’Australie à revenir sur son interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans

Le géant américain de la technologie Meta a appelé lundi l’Australie à reconsidérer son interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, tout en signalant avoir bloqué plus de 544.000 comptes en vertu de la nouvelle loi.Depuis le 10 décembre, les géants Facebook et Instagram, dont la maison mère est Meta, YouTube, TikTok, Snapchat ou encore Reddit ont l’obligation de bannir les utilisateurs australiens âgés de moins de 16 ans, une première mondiale. Les plateformes de streaming Kick et Twitch, ainsi que les réseaux sociaux Threads et X, sont aussi concernés.Les entreprises s’exposent à des amendes de 49,5 millions de dollars australiens (28 millions d’euros) si elles ne prennent pas de “mesures raisonnables” pour respecter la loi. Meta, l’entreprise du milliardaire Mark Zuckerberg, a déclaré avoir supprimé 331.000 comptes de mineurs sur Instagram, 173.000 sur Facebook et 40.000 sur Threads au cours de la semaine précédant le 11 décembre, et assuré vouloir respecter la loi.”Cela dit, nous appelons le gouvernement australien à collaborer de manière constructive avec l’industrie, afin de trouver une meilleure solution, par exemple en incitant l’ensemble du secteur à relever le niveau en matière de sécurité, de protection de la vie privée et d’expériences en ligne adaptées à l’âge, plutôt que d’imposer des interdictions générales”, a-t-elle déclaré dans un communiqué.Meta a également demandé à nouveau que les plateformes soient tenues de vérifier l’âge des utilisateurs et d’obtenir l’accord parental avant que les moins de 16 ans puissent procéder au téléchargement d’une application. Meta juge qu’il s’agit du seul moyen pour éviter que les adolescents ne se tournent vers de nouvelles applications, moins réglementées, afin de contourner l’interdiction.Le gouvernement a de son côté déclaré tenir les réseaux sociaux responsables des dommages qu’elles causent aux jeunes Australiens.”Les plateformes telles que Meta collectent une quantité considérable de données sur leurs utilisateurs à des fins commerciales. Elles peuvent et doivent utiliser ces informations pour se conformer à la législation australienne, et s’assurer que les moins de 16 ans ne sont pas présents sur leurs plateformes”, a déclaré lundi un porte-parole du gouvernement.

Budget: les partis à Bercy pour trouver des “convergences” avant les discussions à l’Assemblée

La ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin, reçoit lundi les partis à Bercy pour trouver des “convergences” sur le budget 2026, et enfin parvenir à un compromis, à la veille du coup d’envoi des discussions dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.La tâche s’annonce ardue: les députés ont déjà rejeté samedi en commission le texte.La réunion devrait permettre de “poursuivre le dialogue (…) sur les points qui n’ont pas encore fait l’objet de convergence”, a expliqué le cabinet de la ministre, laquelle a mentionné les “collectivités locales” et les “dépenses d’avenir”, comme deux points de friction à résoudre.La ministre a même réitéré son objectif de “trouver une solution avant la fin” janvier pour doter la France d’un budget, seulement pallié pour l’instant par une loi spéciale permettant d’assurer la continuité de l’Etat.Ne sont conviés que les “groupes parlementaires qui souhaitent sortir de l’impasse budgétaire par le travail, plutôt que de prendre le risque d’un arrêt de la procédure dès mercredi en cas d’adoption des motions de censure”, a mentionné le cabinet de la ministre, sans plus de détails.-  Se saisir du 49.3 -Olivier Faure, patron des socialistes, a annoncé que le PS se rendrait à Bercy lundi.Les discussions devraient se dérouler dans un contexte tendu, alors que l’exécutif fait face à deux motions de censure déposées par le RN et LFI, axées sur leur opposition au traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, ce qui risque d’encore compliquer les débats.Amélie de Montchalin a qualifié dimanche cette initiative “d’acte politique qui n’a aucun sens” sur France 3. Elle a mis en garde sur les conséquences de l’adoption d’une motion de censure contre le gouvernement, alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, brandit désormais clairement la menace d’une dissolution en réponse à cette éventualité.”Quand vous faites tomber un gouvernement, à l’instant où nous parlons, ça stoppe les débats budgétaires. Ça ne résout rien au Mercosur. Et oui, il y aura une dissolution”, a déploré Mme de Montchalin, ce qui empêcherait “d’avoir un budget avant les élections municipales” de mars.Face aux blocages, des voix demandent au gouvernement de se saisir de l’article 49.3, à l’instar de l’ex-ministre des Finances, Eric Lombard.L’ex-ministre a aussi fustigé les concessions “sans contrepartie” accordées au PS, citant la suspension de la réforme des retraites. “Après toutes ces concessions, on n’a pas de budget!”, a-t-il regretté.L’ancien président et député de Corrèze, François Hollande, a lui aussi soutenu cette hypothèse. Olivier Faure a de son côté jugé qu’il serait “absurde” pour son parti de demander l’utilisation du 49.3.

Après une rare collision en mer du Nord, le capitaine russe d’un porte-conteneurs jugé à Londres

La collision entre un porte-conteneurs et un pétrolier en mer du Nord avait fait un mort et provoqué de spectaculaires incendies en mars 2025: le capitaine russe du porte-conteneurs est jugé à partir de lundi à Londres pour homicide involontaire par négligence grave. Le 10 mars, le Solong, un porte-conteneurs battant pavillon portugais, percutait en plein jour le pétrolier Stena Immaculate, affrété par l’armée américaine, qui se trouvait au mouillage à une vingtaine de kilomètres des côtes du nord-est de l’Angleterre. Dans cet accident aux circonstances inhabituelles, un homme a trouvé la mort: un membre d’équipage philippin du Solong, Mark Angelo Pernia, 38 ans. Le gouvernement britannique a rapidement écarté l’hypothèse d’un acte criminel.Le capitaine du porte-conteneurs, Vladimir Motine, en détention provisoire depuis mars, comparaît devant la cour criminelle de l’Old Bailey, à Londres. Son procès est prévu pour durer quatre à cinq semaines. Lors d’une précédente audience, en mai, cet homme de 59 ans originaire de Saint-Pétersbourg avait plaidé non coupable d’homicide involontaire, assisté d’un interprète russophone.La cour va plonger dans les circonstances qui ont mené à cette collision: pourquoi le Solong n’a pas dévié de sa course pour éviter l’accident? Pourquoi a-t-il frappé le Stena Immaculate à pleine vitesse? Il a “surgi de nulle part”, avait témoigné peu après l’accident un membre d’équipage du pétrolier à la BBC.Il avait aussi été dit alors qu’il avait changé subitement de direction dans la nuit, quelques heures avant la collision. Un rapport préliminaire du bureau d’enquête des accidents maritimes avait indiqué que la visibilité au moment de la collision était réduite par endroits.Les 23 membres d’équipage du Stena Immaculate avaient pu rejoindre la terre ferme, tout comme les 13 rescapés du Solong. Mais il avait fallu plusieurs jours pour maîtriser les gigantesques incendies qui avaient suivi, sur les deux navires.Et une partie du kérosène transporté par le Stena Immaculate, chargé d’environ 220.000 barils de carburant d’aviation, s’était déversé en mer.Plus de 17.000 barils ont été “perdus” à la suite de l’impact et de l’incendie, selon la compagnie américaine Crowley qui exploitait le pétrolier.Si une marée noire a été évitée, la collision a provoqué la dispersion de nombreux granulés de plastique du Solong, en mer et sur les côtes du Yorkshire, région qui abrite plusieurs réserves naturelles. Ernst Russ, la société allemande propriétaire du porte-conteneurs, et Crowley, la compagnie américaine exploitant le pétrolier, ont porté plainte l’une contre l’autre.

Iran: le bilan des morts s’alourdit, le pouvoir appelle à des contre-manifestations

Le pouvoir iranien a perpétré un “massacre”, selon un groupe de défense des droits humains, pour réprimer le mouvement de contestation dans le pays, où les autorités ont appelé à des manifestations lundi en soutien à la République islamique. L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a déclaré dimanche avoir confirmé la mort d’au moins 192 manifestants, mais averti que le nombre réel de victimes pourrait être beaucoup plus élevé.”Des informations non vérifiées indiquent qu’au moins plusieurs centaines, voire plus de 2.000 personnes selon certaines sources, auraient été tuées”, a-t-elle souligné, dénonçant un “massacre” et un “crime (…) majeur contre le peuple iranien”. D’une ampleur inédite depuis trois ans, le mouvement pose à la République islamique, proclamée en 1979, l’un de ses plus grands défis. Déclenché à Téhéran le 28 décembre par des commerçants protestant contre la cherté de la vie, il a gagné de nombreuses autres villes. Les autorités ont imposé une coupure d’internet, désormais en vigueur depuis plus de 72 heures, selon l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, a appelé les autorités à “la plus grande retenue” dans l’usage de la force et à rétablir les communications. L’IHR a aussi estimé à plus de 2.600 les manifestants arrêtés. Le pouvoir judiciaire a réitéré que les mis en cause seraient traités “avec fermeté”, après que le chef de la police a fait état “d’importantes arrestations”. – “Deuil national” -En fin de journée, le gouvernement a décrété trois jours de deuil national pour les “martyrs de la résistance”, en référence notamment aux membres des forces de sécurité tués. Si les autorités disent comprendre les revendications économiques des manifestants, elles fustigent désormais de plus en plus des “émeutiers” instrumentalisés selon elles par l’étranger, les Etats-Unis et Israël en tête.Le président Massoud Pezeshkian a exhorté la population à participer lundi à une “marche de résistance” dans tout le pays, pour dénoncer les violences commises, selon lui, par des “criminels terroristes urbains”. La télévision d’Etat a diffusé des images de bâtiments en feu, dont une mosquée, ainsi que de cortèges funéraires d’agents des forces de l’ordre.Dimanche, une vidéo largement partagée montrait de nouveau des manifestants se rassemblant dans le quartier de Pounak, à Téhéran, en scandant des slogans en faveur de la monarchie déchue.La télévision d’Etat s’est efforcée de montrer une forme de retour au calme, diffusant des images d’une circulation fluide. Le gouverneur de Téhéran, Mohammad-Sadegh Motamedian, a affirmé à la télévision que “le nombre de manifestations (était) en baisse”.Très présent sur les réseaux sociaux, Reza Pahlavi, fils en exil du chah renversé en 1979, a de son côté appelé à de nouvelles actions, se disant prêt à retourner dans son pays et mener une transition démocratique. – Hôpitaux “débordés” -Des images publiées sur les réseaux sociaux  – probablement par des moyens satellitaires – ont montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale Téhéran et Machhad, dans l’est du pays.Dans une autre vidéo authentifiée par l’AFP, on voit des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant une morgue de Téhéran, et ce qui semble être des Iraniens à la recherche de leurs proches disparus.Le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, a affirmé que les hôpitaux étaient “débordés” par l’afflux de manifestants blessés, et que les réserves de sang diminuent.A Téhéran, un journaliste de l’AFP décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne, avec beaucoup de boutiques qui ont baissé le rideau.Les écoles sont fermées et l’enseignement se fait désormais à distance mais sans internet, il est impossible de se connecter. De même, si de nombreux Iraniens se rendent encore au bureau, l’absence de réseau rend toute activité difficile.Des manifestations de solidarité ont rassemblé des milliers de personnes dimanche à Paris, Londres ou Vienne, tandis qu’à Istanbul, la police turque a bloqué les manifestants devant le consulat iranien.- “Vivant ou non” -“Nous ne savons rien de nos proches actuellement en Iran”, a déploré dans la foule londonienne Fahimeh Moradi, 52 ans. “Mon fils est là-bas, et je ne sais pas s’il est vivant ou non”. Le président américain Donald Trump a répété samedi que Washington se tenait “prêt à aider” les manifestants “aspirant à la liberté”. En cas de frappes américaines, l’Iran ripostera en ciblant des sites militaires et le transport maritime des Etats-Unis, a averti le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui dit espérer que Téhéran “serait bientôt délivré du joug de la tyrannie”, tandis qu’un haut responsable militaire affirmait que l’armée serait “en mesure de répondre avec force si nécessaire”. La mobilisation survient dans un pays affaibli par une guerre avec Israël en juin et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, ainsi que par les sanctions liées à son programme nucléaire rétablies en septembre par l’ONU.

Des libérations d’opposants toujours attendues au Venezuela

Les Vénézuéliens attendaient toujours dimanche la poursuite des libérations de prisonniers politiques promises par le pouvoir à la suite de la capture par les Etats-Unis de Nicolas Maduro.Le Venezuela a annoncé jeudi la libération d’un “nombre important” de prisonniers, y compris étrangers. Mais, celles-ci se produisent au compte-gouttes et des familles s’impatientent. L’ONG Foro Penal, qui défend les personnes détenues dans le pays pour des raisons politiques, a comptabilisé dimanche à midi 17 libérations, d’autres organisations de défense des droits humains évoquant le chiffre de 21. Selon les ONG il existe entre 800 et 1.200 prisonniers politiques dans le pays.  Le gouvernement vénézuélien présente cette mesure comme un geste de “coexistence pacifique”, l’administration du président américain Donald Trump y voyant la conséquence directe de l’opération ayant conduit à la capture du président Nicolas Maduro le 3 janvier.Des proches campent jour et nuit devant des centres pénitentiaires comme celui de l’Hélicoïde, une prison redoutée et gérée par les services de renseignements, ou celui de Rodeo I, à l’est de Caracas. -Plus de pétrole pour Cuba-Une quarantaine de proches attendent toujours dimanche à Rodeo I une libération importante, et certaines familles ont organisé des “relais” pour qu’au moins un proche soit présent en permanence. Le dimanche est traditionnellement un jour de visites, l’occasion d’apporter des produits d’hygiène ou de la nourriture et de voir ses proches. “Nous ne sommes pas venus en visite, nous sommes venus les chercher”, souligne Angeles Tirado, 33 ans, dont les proches sont emprisonnés. Un collectif d’ONG de défense des droits humains a déploré le décès survenu la veille d’Edison José Torres Fernandez, un policier de 52 ans, détenu pour trahison à la patrie. Agent comptant plus de vingt ans de service, il avait été arrêté le 9 décembre pour avoir “partagé des messages critiques à l’encontre du régime et du gouverneur de l’Etat”.Le parquet a confirmé sa mort dimanche après-midi indiquant qu’il avait été “victime d’un accident vasculaire cérébral, suivi d’un arrêt cardiaque, qui a entraîné son décès”.Depuis 2014, quelque 18 prisonniers politiques sont morts en détention au Venezuela, selon des organisations de défense des droits humains. Dans la foulée de la chute surprise du président Maduro, la vice-présidente Delcy Rodriguez a été investie comme cheffe de l’Etat par intérim. Elle négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite notamment profiter des immenses réserves de pétrole vénézuéliennes.Son gouvernement a décidé d’entamer “un processus exploratoire” en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019, tout en répétant qu’il n’est pas “soumis” à Washington.Après une visite de diplomates américains à Caracas vendredi, l’administration Trump “reste en contact étroit avec les autorités intérimaires”, a indiqué samedi un responsable du département d’Etat. M. Trump a affirmé avoir “annulé” une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la “coopération” de Caracas, et Washington entend “dicter” toutes ses décisions. Dimanche, le président américain, qui veut en finir avec la collaboration entre Caracas et la Havane, a durci le ton contre Cuba et exhorté le pays caribéen à accepter “avant qu’il ne soit trop tard” un “accord” dont il n’a pas précisé la nature, suscitant la colère de son homologue à La Havane.”IL N’Y AURA PLUS DE PÉTROLE NI D’ARGENT POUR CUBA — ZÉRO !”, a écrit  M. Trump en lettres majuscules sur son réseau social Truth Social. Ce à quoi lui a répondu sur X le président cubain Miguel Diaz-Canel: “personne ne dicte quoi faire”, Cuba, pays communiste et adversaire des Etats-Unis depuis des décennies, est “une nation libre, indépendante et souveraine”. Caracas a réagi en fin d’après-midi affirmant que les “relations internationales doivent être régies par les principes du droit international, la non-ingérence, l’égalité souveraine des États et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes”. – “Des combattants” -Aux Etats-Unis, depuis le centre de détention de Brooklyn, à New York, où il est incarcéré, M. Maduro s’est montré confiant. “Nous allons bien. Nous sommes des combattants”, a-t-il déclaré selon son fils, dans une vidéo publiée samedi par le PSUVA, le parti au pouvoir au Venezuela.Accusés notamment de trafic de drogue, l’ancien dirigeant socialiste et son épouse Cilia Flores ont plaidé non-coupable lors de leur présentation lundi dernier devant la justice américaine, avant une prochaine audience prévue le 17 mars.

Accord UE-Mercosur: les agriculteurs maintiennent la pression

Barrages filtrants au port du Havre (Seine-Maritime) et sur l’autoroute A1, multiples actions lundi: les agriculteurs restent mobilisés contre l’accord entre l’UE et des pays du Mercosur sud-américain, aussi dénoncé ailleurs en Europe.Après la démonstration de force jeudi à Paris de la Coordination rurale, des manifestations ont notamment eu lieu en Italie, Pologne ou Irlande pour protester contre ce traité entre l’UE, l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, qui créerait l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec plus de 700 millions de consommateurs.En France, deux points névralgiques du transport de marchandises sont désormais visés: le premier port à conteneurs français au Havre et l’autoroute A1, “axe routier le plus fréquenté” du pays selon son concessionnaire, la Sanef, et passage privilégié entre Paris et les deux principaux ports de marchandises d’Europe, Anvers (Belgique) et Rotterdam (Pays-Bas).Dimanche soir, vers 21H30, plusieurs dizaines d’agriculteurs ont bloqué le péage de Fresnes-Lès-Montauban, au sud de Lille, sur l’A1, pour contrôler les marchandises des camions, de nouveau autorisés à rouler après l’interdiction de circulation dominicale. “Mercosur, Ukraine, DNC, trop c’est trop”, “Ce que nous vivons n’est pas une crise mais une escroquerie à l’agriculture”, ont pu lire des journalistes de l’AFP sur des banderoles. Au Havre, environ 150 agriculteurs avec des tracteurs entendent eux aussi inspecter tous les camions qui entrent ou sortent pour écarter les produits alimentaires non conformes aux normes imposées aux producteurs français et européens, sans bloquer l’entrée du port.Ils n’ont pu contrôler que deux poids lourds dimanche, mais en attendent “5.000 par jour” à partir de lundi, a expliqué Justin Lemaître, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime (JA76).- Autoroutes bloquées -La Coordination rurale entend aussi bloquer un dépôt pétrolier sur le port de La Rochelle tôt lundi matin. Deux autres ont été libérés dans le Nord et en Gironde ces derniers jours et la préfecture de Savoie menace d’intervenir lundi matin pour libérer celui d’Albens, sur la commune d’Entrelacs, selon la Confédération paysanne.Dans les Pyrénées-Atlantiques, le préfet a aussi menacé de recourir à la force dimanche pour obtenir “la levée sans délai des blocages affectant l’autoroute A63”, l’un des principaux axes routiers entre la France et l’Espagne, occupé depuis vendredi par des agriculteurs non syndiqués à hauteur de Bayonne. Il a aussi interdit “toute manifestation non déclarée” lundi à Bayonne, mais des syndicats agricoles (Confédération paysanne, Modef et syndicat basque ELB) ont maintenu leur appel à se rassembler près de l’A63.Au sud de Toulouse, cela fera un mois lundi que l’A64 est occupée par les “Ultras de l’A64”.Dans le Tarn-et-Garonne voisin, les locaux de la Mutualité sociale agricole (MSA) resteront fermés au public à partir de lundi pour dénoncer des actes de vandalisme commis dans la nuit de vendredi à samedi. Cette mobilisation agricole, lancée il y a un mois contre la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a été amplifiée par le feu vert donné vendredi par une majorité de pays de l’UE à l’accord avec le Mercosur, qui doit être signé samedi prochain au Paraguay.Pour ses détracteurs, ce traité va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés d’Amérique latine moins chers et pas forcément respectueux des normes européennes, faute de contrôles suffisants.La ratification de ce traité dépend encore d’un vote, qui s’annonce serré, au Parlement européen, probablement en février ou en mars. Un grand rassemblement d’agriculteurs est prévu devant son siège strasbourgeois le 20 janvier.Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a, lui, publié une série de messages sur son compte X pour confirmer le paquet de 300 millions d’euros à destination des agriculteurs, dévoilé vendredi par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, qui reprend pour partie des mesures déjà connues mais n’a pas éteint leur colère.cor-ban-jed-elr-kau/gf/bfi

Accord UE-Mercosur: barrage filtrant au port du Havre, opération en vue sur l’A1

Contrôle des camions sortant du port du Havre (Seine-Maritime), opération dimanche soir sur l’autoroute A1: les agriculteurs maintiennent la pression contre l’accord entre l’UE et des pays du Mercosur sud-américain, aussi dénoncé ailleurs en Europe.Après la démonstration de force jeudi à Paris de la Coordination rurale, des manifestations ont eu lieu dans différents pays européens pour protester contre ce traité entre l’UE, l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, qui créerait l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, de plus de 700 millions de consommateurs.Au Havre, environ 150 agriculteurs avec des tracteurs se trouvaient dimanche soir au niveau d’un rond-point contrôlant l’entrée du port, où ils ont allumé un grand feu pour lutter contre le froid, a constaté un correspondant de l’AFP.Sur place depuis la veille, ces militants agricoles entendent contrôler tous les camions qui entrent ou qui sortent et bloquer les produits alimentaires qui ne respectent pas les normes imposées aux producteurs français et européens.En raison de l’interdiction faite aux poids lourds de circuler le week-end, ils n’ont contrôlé que deux camions dimanche, mais “l’activité portuaire et le trafic routier devraient s’intensifier cette nuit, ou très tôt demain (lundi) matin”, a expliqué Justin Lemaître, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime (JA76).”On nous annonce 5.000 camions par jour à partir de demain” lundi, a-t-il souligné.Les militants agricoles ne souhaitent pas bloquer l’entrée du port du Havre, l’un des plus grands ports de marchandises français, mais veulent uniquement contrôler les camions, a insisté M. Lemaître.- Autoroutes bloquées -Dans le nord de la France, la Coordination rurale préparait une action d’ampleur dimanche soir sur l’autoroute A1, au niveau du péage de Fresnes-lès-Montauban (Pas-de-Calais).D’autres autoroutes sont déjà bloquées, comme l’A64 au sud de Toulouse, où un barrage est en place depuis un mois.Dans les Pyrénées-Atlantiques, le préfet a exigé dans un communiqué “la levée sans délai des blocages affectant l’autoroute A63”, l’un des principaux axes routiers entre la France et l’Espagne, occupé depuis vendredi par des agriculteurs non syndiqués à hauteur de Bayonne. Il a menacé d’un “déblocage rapide” par la force. La préfecture a également interdit “toute manifestation non déclarée” lundi à Bayonne, alors que des syndicats agricoles (Confédération paysanne, Modef et syndicat basque ELB) appellent à se rassembler près de l’A63.En Savoie, la préfecture menace aussi de “déloger lundi matin” la cinquantaine d’agriculteurs qui bloquent depuis jeudi soir le dépôt pétrolier d’Albens, sur la commune d’Entrelacs, selon la Confédération paysanne.Par ailleurs, à partir de lundi, les locaux de la Mutualité sociale agricole (MSA) dans le Tarn-et-Garonne resteront fermés au public pour dénoncer des actes de vandalisme commis dans la nuit de vendredi à samedi. Cette mobilisation agricole, lancée il y a un mois contre la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a été amplifiée par le feu vert donné vendredi par une majorité de pays de l’UE à l’accord avec le Mercosur, qui doit être signé samedi prochain au Paraguay.Pour ses détracteurs, ce traité va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés d’Amérique latine moins chers et pas forcément respectueux des normes européennes, faute de contrôles suffisants.Le Premier ministre Benjamin Lecornu a publié une série de messages sur X pour confirmer le paquet de 300 millions d’euros à destination des agriculteurs, dévoilé vendredi par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, qui reprend pour partie des mesures déjà connues mais n’a pas éteint leur colère.La ratification du traité avec le Mercosur dépend encore d’un vote, qui s’annonce serré, au Parlement européen, probablement en février ou en mars. Un grand rassemblement d’agriculteurs est prévu devant son siège strasbourgeois le 20 janvier.cor-ban-jed-elr-kau/gf/er

Des libérations d’opposants toujours attendues au Venezuela, Maduro reste combatif

Les Vénézuéliens attendaient toujours dimanche la poursuite des libérations de prisonniers politiques promises par le pouvoir, tandis que le président déchu Nicolas Maduro restait combatif depuis sa cellule américaine.Le Venezuela a annoncé jeudi la libération d’un “nombre important” de prisonniers, y compris des étrangers. Mais à peine une vingtaine de personnes détenues pour des raisons politiques ont été libérées depuis, selon des proches et des défenseurs des droits humains.Le gouvernement vénézuélien présente cette mesure comme un geste de “coexistence pacifique”, les Etats-Unis y voyant une conséquence de leur intervention après le bombardement du pays pour capturer le président Nicolas Maduro le 3 janvier.Certains campent jour et nuit devant des centres pénitentiaires comme celui de l’Hélicoïde, une prison redoutée et gérée par les services de renseignements, ou celui de Rodeo I, à l’est de Caracas. Là, bougies et prières ont accompagné la soirée, a constaté l’AFP. -Plus de pétrole pour Cuba-Une quarantaine de proches attendent toujours dimanche à Rodeo I une libération importante, certaines familles ont organisé des “relais” pour qu’au moins un proche soit présent en permanence. Le dimanche est traditionnellement un jour de visites, l’occasion d’apporter des produits d’hygiène ou de la nourriture et de voir ses proches. “Nous ne sommes pas venus en visite, nous sommes venus les chercher”, souligne Angeles Tirado, 33 ans, dont les proches sont emprisonnés. Un collectif d’ONG de défense des droits humains a déploré le décès survenu la veille d’Edison José Torres Fernandez, un policier de 52 ans, détenu pour trahison à la patrie. Agent dans l’Etat vénézuélien de Portuguesa, à environ 400 kilomètres à l’ouest de Caracas, le policier, qui comptait plus de vingt ans de service, avait été arrêté le 9 décembre pour avoir “partagé des messages critiques à l’encontre du régime et du gouverneur de l’Etat”.Dans la foulée de la chute surprise de l’ex-dirigeant, Delcy Rodriguez, qui était vice-présidente, a été investie comme cheffe de l’Etat par intérim. Elle négocie sur plusieurs fronts avec Washington, qui souhaite notamment profiter des immenses réserves de pétrole vénézuéliennes.Son gouvernement a décidé d’entamer “un processus exploratoire” en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019, tout en répétant qu’il n’est pas “soumis” à Washington.Après une visite de diplomates américains à Caracas vendredi, l’administration du président américain Donald Trump “reste en contact étroit avec les autorités intérimaires”, a indiqué samedi un responsable du département d’Etat. M. Trump a affirmé avoir “annulé” une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la “coopération” de Caracas, et Washington entend “dicter” toutes ses décisions. Dimanche, le président américain, qui veut en finir avec la collaboration entre Caracas et la Havane, a notamment rappelé sur son réseau social Truth: “Cuba a vécu, pendant de nombreuses années, grâce à de grandes quantités de pétrole et d’argent en provenance du Venezuela. En échange, Cuba a fourni des +services de sécurité+ aux deux derniers dictateurs vénézuéliens, mais plus maintenant ! La plupart de ces Cubains sont MORTS lors de l’attaque”, qui a mené à la capture de M. Maduro. “IL N’Y AURA PLUS DE PÉTROLE NI D’ARGENT POUR CUBA — ZÉRO !”, écrit  M. Trump. Ce à quoi lui a répondu sur X le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel: “personne ne dicte quoi faire”, le pays communiste et adversaire des Etats-Unis depuis des décennies, est “une nation libre, indépendante et souveraine”. – “Des combattants” -Aux Etats-Unis, depuis le centre de détention de Brooklyn, à New York, où il est incarcéré, M. Maduro, s’est montré confiant. “Nous allons bien. Nous sommes des combattants”, a-t-il déclaré selon son fils, dans une vidéo publiée samedi par le PSUVA, le parti au pouvoir au Venezuela.Accusés notamment de trafic de drogue, l’ancien dirigeant socialiste et son épouse Cilia Flores ont plaidé non-coupable lors de leur présentation lundi dernier devant la justice américaine, avant une prochaine audience prévue le 17 mars.Depuis 2014, quelque 18 prisonniers politiques sont morts en détention, selon des organisations de défense des droits humains. Selon leurs estimations, le Venezuela en compte actuellement entre 800 et 1.200.Les contestations de la proclamation de victoire de Nicolas Maduro à la présidentielle de 2024 avaient conduit à l’arrestation de 2.400 personnes. Plus de 2.000 avaient été ensuite relâchées, selon les chiffres officiels. bur-pr-al-pgf/mr/emp

Près de 200 morts dans les manifestations en Iran, selon une ONG

Le bilan du nombre de manifestants tués en Iran s’est nettement alourdi dimanche, une ONG faisant état d’au moins 192 morts dans cette contestation inédite depuis trois ans.Le mouvement, initialement déclenché à Téhéran le 28 décembre par des commerçants devant la cherté de la vie et la dépréciation de la monnaie, a gagné de nombreuses autres villes et pris de l’ampleur ces derniers jours.Alors que la République islamique fait face à l’un de ses plus grands défis depuis sa proclamation en 1979, le président américain Donald Trump a répété samedi que Washington se tenait “prêt à aider” les manifestants “aspirant à la liberté”. En cas de frappes américaines, l’Iran ripostera en ciblant des sites militaires et le transport maritime des Etats-Unis, a averti dimanche le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.Si les autorités disent comprendre les revendications économiques des manifestants, elles fustigent désormais de plus en plus des “émeutiers” instrumentalisés selon elles par l’étranger, les Etats-Unis et Israël en tête.Ils ne devraient pas être autorisés à semer le trouble dans la société, a averti dans une interview diffusée par la télévision d’Etat Irib, le président Massoud Pezeshkian. Il a dans le même temps appelé la jeunesse à ne pas se laisser “tromper” par des “terroristes”.Le chef de la police avait annoncé plus tôt “d’importantes arrestations contre les principaux éléments impliqués dans les émeutes”.- Hôpitaux “débordés” -Sur le terrain, la mobilisation ne faiblit pas. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche dans plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale Téhéran et Machhad, dans l’est du pays.Ces images sont probablement diffusées par des moyens satellitaires, alors que la coupure d’internet, depuis maintenant plus de 60 heures, rend quasi impossible toute communication avec le monde extérieur.”Cette mesure de censure constitue une menace directe pour la sécurité et le bien-être des Iraniens”, a souligné sur son compte X l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks. Dans d’autres vidéos, qui n’ont pas pu être authentifiées par l’AFP à ce stade, on voit des familles qui semblent identifier dans une morgue de Téhéran les corps de proches tués dans les manifestations.L’ONG Iran Human Rights, baséee en Norvège, a dit avoir confirmé, depuis le début des manifestations, “la mort d’au moins 192 manifestants”, soit plus du double de chiffre de 51 morts donné vendredi. Elle a averti que le bilan pourrait être bien plus élevé vu le peu d’informations filtrant de la situation dans le pays.Le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI), dont le siège est à New York, a dit avoir reçu des “témoignages directs et des rapports crédibles” sur la mort de centaines de manifestants ces derniers jours.”Un massacre est en cours en Iran. Le monde doit agir maintenant pour empêcher de nouvelles pertes humaines”, avertit l’organisation.Elle ajoute que les hôpitaux sont “débordés” et que les réserves de sang diminuent.- Lignes téléphoniques coupées -A Téhéran, un journaliste de l’AFP décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne. Le prix de la viande a presque doublé depuis le début de la contestation et beaucoup de boutiques ont baissé le rideau.Les écoles sont fermées et l’enseignement se fait désormais à distance mais sans internet, il est impossible de se connecter. De même, si de nombreux Iraniens se rendent encore au bureau, l’absence de réseau rend toute activité difficile.Samedi soir, les lignes de téléphonie mobile ont également été coupées. Selon des habitants de Téhéran, lors de la dernière grande vague de manifestations en 2022-2023, elles continuaient de fonctionner et le niveau de perturbation de la vie quotidienne n’avait rien à voir avec la situation actuelle.Très présent sur les réseaux sociaux, Reza Pahlavi, fils en exil du chah renversé en 1979, a appelé à de nouvelles actions plus tard dimanche.”N’abandonnez pas les rues. Mon cœur est avec vous. Je sais que je serai bientôt à vos côtés”, a-t-il lancé.Cette mobilisation survient dans un pays affaibli par une guerre avec Israël en juin et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux, ainsi que par les sanctions liées à son programme nucléaire rétablies en septembre par l’ONU.Israël a affiché dimanche son soutien à “la lutte du peuple iranien pour la liberté”. Son Premier ministre Benjamin Netanyahu a dit espérer que l’Iran “serait bientôt délivré du joug de la tyrannie”, tandis qu’un haut responsable militaire affirmait que l’armée serait “en mesure de répondre avec force si nécessaire”. Le pape Léon XIV a lui lancé un appel au dialogue et à la paix en Iran, disant prier pour “le bien commun de la société tout entière”.