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Marchés financiers: l’or s’envole au-delà des 5.100 dollars, les Bourses calmes

L’or poursuit sa course aux records lundi, dépassant pour la première fois de son histoire les 5.100 dollars l’once, dans un contexte d’incertitude suscitée par la présidence Trump, pendant que les Bourses patientent avant une semaine riche en événements.Le métal jaune s’est hissé lundi à un nouveau record, à 5.111,07 dollars l’once (31,1 g). Vers 16H45 GMT, il valait 5.068,30 dollars (+1,62%).La faiblesse du dollar américain alimente “une perte plus large de confiance dans les monnaies fiduciaires, qui a longtemps soutenu l’attrait de l’or”, explique Fawad Razaqzada, analyste de marché chez Forex.com. “À cela s’ajoute une incertitude persistante sur les politiques mondiales, et il n’est guère surprenant de voir les capitaux continuer à affluer vers les actifs tangibles.”La récente envolée de l’or, valeur refuge par excellence,  a été soutenue par les tensions autour du Groenland, dont le président américain Donald Trump a dit vouloir s’emparer, promettant à ses alliés européens des taxes douanières en cas d’opposition, avant finalement de lever sa menace, assurant avoir “conçu le cadre d’un futur accord”.L’argent a lui aussi touché un nouveau record lundi à plus de 114,50 dollars l’once. Vers 16H45 GMT, il grimpait de 9,13% à 112,61 dollars.”Ce mouvement souligne un changement de comportement des investisseurs”, relève Daniela Hathorn, analyste pour Capital.com. “Les métaux précieux ne sont plus considérés uniquement comme des instruments de couverture stratégique, mais de plus en plus comme des réserves de valeur alternatives dans un monde marqué par les fractures politiques, les tensions budgétaires et l’incertitude monétaire”, explique-t-elle.Côté marchés boursiers, la prudence reste de mise lundi, à l’orée d’une semaine chargée, avec une réunion de la Réserve fédérale américaine.Elle se tiendra dans un contexte tendu, le président de l’institution Jerome Powell ayant révélé début janvier l’existence d’une procédure lancée par le ministère de la Justice contre lui. Il a dénoncé une énième tentative d’intimidation de la Fed par l’exécutif.En Europe, la Bourse de Paris a terminé en petite baisse de 0,15%, Londres est restée à l’équilibre (+0,05%), quand Francfort (+0,13%) et Milan (+0,26%) ont terminé en timide hausse.”Ce climat de prudence fait suite aux turbulences de la semaine dernière, déclenchées par les menaces douanières surprises du président américain Donald Trump liées au Groenland, visant” des pays européens, relève Patrick Munnelly, de Tickmill Group.”Bien que cette menace ait depuis été retirée, les investisseurs restent méfiants quant aux conséquences potentielles à long terme sur le commerce mondial si les droits de douane devenaient un outil de négociation récurrent”, poursuit-il.A Wall Street, les indices restaient plus optimistes, le Dow Jones s’octroyant 0,30%, le S&P 500 0,59% et le Nasdaq 0,74%, avant la publication des résultats des grands noms du secteur technologique.Microsoft, Meta et Tesla publieront leurs résultats après la clôture mercredi. Apple fera de même jeudi.Le prix du gaz s’envoleLe gaz naturel américain a atteint lundi un nouveau sommet depuis 2022, à 6,293 dollars par million de British thermal unit (BTU, une unité de mesure anglo-saxonne).”Cette hausse intervient alors qu’une tempête hivernale frappe les États-Unis, près de la moitié des États ayant déclaré l’état d’urgence”, relèvent les analystes d’ING. “Ces conditions extrêmes vont stimuler la demande de chauffage et mettre les infrastructures énergétiques sous pression.”Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, a lui touché un plus haut depuis mars 2025, à 43,38 euros le mégawattheure (MWh). Son cours était de 39,18 euros vers 16h45 GMT.Le yen bonditLe yen flambe, prenant 1,14% par rapport au billet vert à 153,93 yens pour un dollar vers 16H45 GMT.La monnaie nippone a été portée lundi par des informations relayées par l’agence de presse Bloomberg, selon lesquelles la Réserve fédérale américaine pourrait soutenir une intervention de Tokyo pour faire remonter son cours, en chute libre ces dernières semaines.Cela “a renforcé les anticipations selon lesquelles toute mesure visant à soutenir le yen pourrait être coordonnée entre le Japon et les États-Unis”, relève Kat Hudson, de Hargreaves Lansdown.

Wall Street aborde avec optimisme une semaine chargée en événements

La Bourse de New York évolue en hausse lundi, abordant avec vigueur une semaine marquée par la publication de nombreux résultats d’entreprises et une nouvelle réunion de la banque centrale américaine (Fed).Vers 15H05 GMT, le Dow Jones prenait 0,36%, l’indice Nasdaq 0,42% et l’indice élargi S&P 500 avançait de 0,44%.”Les résultats trimestriels seront publiés à un rythme effréné tout au long de la semaine”, prévient Jay Woods, de Freedom Capital Markets. L’analyste a calculé: “plus de 20% des entreprises du S&P 500 et un tiers des entreprises du Dow Jones” partageront leurs performances financières dans les prochains jours.Parmi elles, l’avionneur Boeing, le spécialiste de la défense RTX, le constructeur d’engins de chantier Caterpillar et les groupes pétroliers ExxonMobil et Chevron.Pour Christopher Low, de FHN Financial, les résultats des grands noms du secteur technologique, “principaux moteurs de l’année passée”, seront à nouveau les plus suivis.Microsoft, Meta et Tesla publieront leurs résultats après la clôture mercredi. Apple fera de même jeudi.”Idéalement, les entreprises technologiques pourraient commencer à répondre à certaines (des) questions” autour de leurs gigantesques investissements pour développer l’intelligence artificielle (IA), et la possibilité d’en tirer des bénéfices, avance Ken Mahoney, de Mahoney Asset Management.En parallèle, “les investisseurs surveillent la Fed”, remarque Christopher Low.La Réserve fédérale tiendra sa première réunion de l’année mardi et mercredi, à l’issue de laquelle un statu quo sur les taux est attendu.”Cela signifie donc que tout dépendra de la manière dont elle choisira de communiquer et de ce qu’elle dira au sujet des décisions politiques potentielles à venir”, estime M. Low.L’institution monétaire est mise sous pression par Donald Trump, qui voudrait la voir réduire nettement ses taux. Son président, Jerome Powell, a annoncé récemment être l’objet d’une procédure lancée par le ministère de la Justice, pouvant aboutir à des poursuites pénales.Sur le plan commercial, les acteurs du marché restent attentifs à la reprise des tensions entre Washington et Ottawa, Donald Trump ayant menacé d’imposer des droits de douane de 100% sur les produits canadiens si le pays s’entête à vouloir développer ses échanges avec la Chine.”C’est certainement important et cela pourrait être très perturbateur” pour l’économie si cela venait remettre en question l’accord de libre-échange nord-américain, prévient Christopher Low.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt d’Etat américain à dix ans se détendait à 4,21% vers 15H00 GMT, contre 4,23% à la clôture vendredi.Côté entreprises, les compagnies aériennes étaient orientées à la baisse, plombées par l’annulation de milliers de vols en raison du passage d’une tempête hivernale majeure aux Etats-Unis, qui a fait au moins 11 morts.Delta reculait de 0,47%, American Airlines de 0,07%, United de 0,20% .La compagnie minière USA Rare Earth bondissait de 17,64% à 29,15 dollars après l’annonce d’une prise de participation à son capital de l’administration Trump via l’émission de nouvelles actions et bons de souscription. La société a aussi levé 1,5 milliard de dollars auprès d’acteurs privés, selon CNBC.La start-up américaine spécialisée dans le “cloud” (informatique à distance) CoreWeave (+12,64% à 104,73 dollars) était aussi en nette progression après que le géant des semi-conducteurs Nvidia a annoncé avoir acquis pour deux milliards de dollars d’actions de l’entreprise.CoreWeave construit et loue des centres de données équipés de processeurs graphiques Nvidia, essentiels pour l’entraînement des modèles d’IA et leur fonctionnement.

Face aux “pratiques mafieuses” en Corse, l’Etat s’organise

Face à la vingtaine de bandes criminelles répertoriées en Corse, les autorités administratives et judiciaires ont détaillé un plan de bataille pour contrecarrer l’action de “la pieuvre” dans l’île méditerranéenne.Présentées le 15 novembre lors des manifestations antimafia à Ajaccio et Bastia, “trois initiatives pour lutter contre la criminalité organisée et l’emprise mafieuse” sont désormais “à l’oeuvre”, expliquait la semaine dernière le préfet de Corse, Eric Jalon, lors d’un point presse.Trois “groupes d’évaluation de la criminalité organisée en Corse”, un régional et deux départementaux, ont ainsi été créés pour “mettre autour de la table dans un comité restreint les autorités judiciaires, les autorités administratives et les services de police et de gendarmerie de manière à partager un diagnostic, établir des priorités et coordonner au mieux l’action”, a détaillé le préfet.Un millier d’agents de l’État vont par ailleurs être formés pour “qu’ils puissent déceler tous les endroits où la pieuvre peut s’agripper et le signaler notamment à la coordination pour la sécurité”, a indiqué le préfet, pour qui “en formant la jeunesse, avec les actions initiées par le rectorat” de sensibilisation à la mafia dans les collèges et lycées de l’île et “en formant nos agents, on renforce les défenses immunitaires du corps social”.Enfin, à destination des “entreprises affectées par la criminalité organisée”, notamment par des incendies criminels à répétition, les pouvoirs publics recensent “les outils disponibles (Banque de France, Urssaf, finances publiques,..)” pour les aider “à répondre à leurs difficultés”.- “Action féroce” -“Si on est simplement sur la recherche des auteurs des assassinats, on ne résoudra pas le problème de la mafia”, a assuré à l’AFP le coordonnateur pour la sécurité en Corse, Arnaud Vieules, prônant “une action globale avec des poursuites judiciaires et une action administrative féroce contre les acteurs de la criminalité organisée, dans le respect absolu de la loi mais en ne laissant rien passer”.Le procureur de Bastia, Jean-Philippe Navarre a également précisé à l’AFP mettre en oeuvre avec le préfet de Haute-Corse, Michel Prosic, “une logique de harcèlement des groupes criminels”, en “multipliant les enquêtes” dans “les secteurs sensibles des balades en mer, des travaux publics, de la restauration”, victimes de racket ou d’incendies criminels.”Donc on part des groupes criminels, on identifie leurs intérêts économiques, s’ils veulent investir dans un stade de foot, un club de padel ou la construction d’un supermarché et on va regarder si le terrain est constructible, qui a délivré le permis de construire, est-ce que ça a été fait dans les règles, s’il y a eu un marché public, etc…””On ne va pas trouver à chaque fois quelque chose, mais on a déjà plus de chances de trouver”, relève le magistrat, estimant que “c’est à la justice de faire la démonstration de son efficacité avec des enquêtes plus nombreuses, plus ciblées, en attaquant le produit du crime là où il est, en attaquant les investissements de ces activités criminelles dans l’économie et en rendant plus de réponses pénales, plus vite”.Pour Nicolas Septe, procureur d’Ajaccio, 2025 restera une “année charnière”, “sans retour en arrière possible” dans la lutte contre la criminalité organisée, avec la mise en place du pôle régional anticriminalité organisée (Praco) à Bastia et l’entrée en fonction du parquet national anticriminalité organisée (Pnaco).”Les priorités de l’action publique en 2026 demeurent la criminalité organisée, les incendies volontaires, les extorsions, mais aussi les saisies d’avoirs criminels”, a-t-il martelé, en se félicitant des 10 millions d’euros saisis en Corse en 2025.

Davantage de passagers aériens en France qu’avant le Covid-19, mais marché intérieur déprimé

Le nombre de passagers aériens en France a dépassé pour la première fois en 2025 son niveau d’avant la pandémie de Covid-19, malgré la poursuite de la déprime du marché intérieur, selon des statistiques publiées lundi.La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) a dit avoir décompté 183 millions de voyages aériens individuels au départ ou à l’arrivée du territoire français sur des vols commerciaux, une hausse de 2,8% sur un an, permettant de battre de 1,9% le record de 2019.Le trafic international, qui a représenté 85% du volume de passagers l’année dernière, a été 7,3% plus élevé que six ans plus tôt. En revanche, le nombre de voyageurs sur les lignes intérieures s’est encore contracté, de 1,5% entre 2024 et 2025, et a été inférieur de 20,9% à son niveau de 2019, selon la même source.Ce phénomène est attribué par les professionnels du secteur à la concurrence du train sur les lignes entre Paris et les grandes métropoles régionales, à une taxation récemment alourdie sur les billets d’avion, mais aussi aux visioconférences et aux politiques de responsabilité environnementale des entreprises.De fait, les lignes radiales ont été les plus touchées par la désaffection des voyageurs, 29,9% moins nombreux sur celles-ci qu’avant la crise sanitaire. La fréquentation des liaisons transversales, de région à région, s’est quant à elle contractée de 21,5% sur la période.Ce sont les lignes de et vers l’Outre-Mer qui ont redressé la tendance, grâce à une hausse de 3,1% par rapport à 2019.A l’international, les routes à la santé la plus éclatante depuis le Covid sont celles de et vers l’Afrique (+31,8% en six ans), l’Union européenne (+6,4%) et l’Amérique (+6,1%). L’Asie-Pacifique, où les confinements de population et fermetures de frontières avaient été particulièrement stricts pendant la pandémie, semble toujours en subir les séquelles, avec des flux passagers inférieurs de 5% à ceux de 2019.La fréquentation des avions de et vers la Chine (-30,4%) et plus encore, le Japon (-34,8%) est restée particulièrement faible par rapport à 2019. Dans ce dernier pays, la faiblesse du yen pourrait aussi avoir dissuadé les touristes de se rendre en Europe.Cette situation peut aussi s’expliquer par la fermeture de l’espace aérien russe aux compagnies françaises depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, ce qui complique la desserte de l’Extrême-Orient.

En Corse, les agents de l’Etat formés pour mener le combat contre “la mafia”

Un combat contre “des adversaires rudes, coriaces, riches”: face à “la mafia” les services de l’Etat en Corse ont lancé une campagne de formation de 1.000 agents publics pour qu’ils signalent toute tentative de pression et “les signaux faibles” d’une présence criminelle dans leur activité.Il s’agit d’expliquer “comment les agents de l’Etat peuvent être confrontés et doivent réagir à la criminalité organisée”, résume Arnaud Vieules, coordonnateur pour la sécurité en Corse, lors de la troisième séance de sensibilisation réalisée devant 80 agents de la Direction départementale des territoires (DDT) et à laquelle l’AFP a pu assister en exclusivité.La séance de deux heures débute par une présentation de la criminalité insulaire, composée d'”une vingtaine de bandes criminelles” avec “3, 4, 5 bandes criminelles qui cohabitent à Ajaccio” et “à peu près aucune règle outre l’appât du gain, l’amitié ou la rancoeur”, explique ce sous-préfet détaché de la police.Cette criminalité peut être qualifiée de “mafia” parce que “les groupes criminels ont le souci d’un ancrage social et économique qui les amène à investir sur ce territoire en captant (..) notamment la commande publique” avec “des acteurs politiques plus ou moins contraints”, ajoute-t-il.Concernant leurs revenus illicites, “le dénominateur commun initial est le trafic de stupéfiants”, qui est “à un niveau élevé sur ce territoire”, sans “points de deal” mais avec “une ubérisation de la distribution de la drogue via les réseaux sociaux ou WhatsApp”, souligne-t-il. Il évoque également “les jeux clandestins, dans certains cafés, qui rapportent beaucoup de cash”.Ensuite, ils “investissent dans l’économie réelle”, notamment “l’immobilier, le foncier, le tourisme, la restauration, la batellerie, le commerce, la distribution, les déchets” et dans “le secteur agricole, avec des mécanismes de fraudes”, développe-t-il.- Collectif puissant -Dans ces secteurs, “vous, agents de l’Etat” pouvez être confrontés aux “pressions, à l’oppression, à la corruption”, à des “conflits d’intérêts”, à des “services parfois poreux” ou à une “ambiguïté hiérarchique” quand “la personne en qui vous avez le moins confiance est votre responsable immédiat”.Mais “vous pouvez être des capteurs de situations inappropriées”, des “contributeurs de cette lutte contre la mafia”, a-t-il avancé en rappelant que “tous les agents de l’État ont l’obligation de signaler les infractions détectées”.Signalement qui peut se faire “par voie hiérarchique”, directement au procureur ou en contactant la coordination pour la sécurité forte de 14 agents, via notamment un mail dédié (pref-signalement-csc@corse-du-sud.gouv.fr).”Y compris les signaux faibles que vous pourrez détecter”, dit-il, assurant qu'”il n’y a pas de mauvais signalement” et que “les sources sont sacrées” et protégées “par une confidentialité absolue”.Interrogé par un agent sur ces “signaux faibles”, il précise que “voir apparaître dans votre environnement professionnel un acteur de la criminalité organisée”, même dans des “démarches normales”, doit être signalé. Et puis, “à chaque fois que vous êtes capables de dire +ça ne va pas, il n’y a peut-être pas d’infraction, mais ce n’est pas logique, pas rationnel+”.”Si on appliquait au niveau des services de l’État systématiquement la même réglementation pour tous et de la même manière, je pense que déjà, on résoudrait un certain nombre de sujets”, a lancé un agent sous les applaudissements de ses collègues.Interrogé par l’AFP, un autre agent, sous couvert d’anonymat comme tous ceux présents, s’est dit “agréablement surpris de cette formation”, “intéressante et nécessaire”, jugeant parfois “compliqué de passer par sa hiérarchie, surtout quand on sait que c’est l’État qui est en faute”.Quand “il y a une infraction et qu’il n’y a pas de suite, c’est souvent par manque de moyens mais parfois, par pression politique”, a-t-il précisé. “Dans ces cas-là, ça serait bien de nous dire +tu as bien fait ton travail mais on ne peut rien faire+. Ca nous permettrait d’être moins frustrés”.”On a en face de nous des adversaires rudes, coriaces, riches, pas faciles à neutraliser, c’est une réalité, un combat. La mafia, c’est cet ancrage-là très puissant” mais “ce qu’on vous offre aujourd’hui, c’est la capacité de renforcer la cuirasse. Si le collectif est mobilisé, on est bien plus puissant que la criminalité organisée”, conclut le coordonnateur.

L’Europe accélère pour l’éolien offshore en mer du Nord face à Moscou

Des dirigeants européens ont promis lundi à Hambourg d’accélérer leur coopération pour produire de l’énergie éolienne en mer du Nord, afin de sécuriser l’approvisionnement énergétique du continent et d’écarter tout retour au gaz russe. Ils se sont réunis à l’occasion du troisième sommet sur la coopération énergétique et sécuritaire dans la région de la mer du Nord, qui se tient pour la première fois en Allemagne, dans un contexte diplomatique fragilisé par la menace russe et les ambitions américaines pour le Groenland, également au centre des débats.Dans cette zone stratégique, les Européens veulent accélérer le déploiement de l’éolien en mer, un défi industriel colossal pour la décarbonation du continent.Les ministres de l’Energie de la Belgique, du Danemark, de la France, de l’Allemagne, de l’Islande, de l’Irlande, du Luxembourg, des Pays-Bas et de la Norvège ont signé lundi une déclaration commune pour créer “le plus grand pôle mondial d’énergie propre”, selon un communiqué publié par le ministère allemand de l’Economie et de l’Energie.Lors de la deuxième édition de ce sommet en 2023, les pays participants étaient convenus de développer en mer du Nord jusqu’à 300 gigawatts de capacité énergétique d’ici à 2050, avec un objectif intermédiaire de 120 GW pour 2030, jusqu’à présent en passe d’être manqué, selon les experts du secteur.- “Sécurité des approvisionnements” -Le nouvel accord prévoit que l’Allemagne, la Norvège, la France, le Danemark et le Royaume-Uni lancent une “flotte sans précédent” de projets conjoints d’éolien offshore, représentant une capacité totale de 100 GW, selon un communiqué séparé du ministère britannique de l’Energie qui ne précise pas le calendrier.Cette production équivaut aux besoins électriques de près de 100 millions de foyers.L’accord doit permettre de renforcer la “résilience” et la “sécurité des approvisionnements” de l’Europe, a déclaré Katherina Reiche, ministère allemande l’Economie et de l’Energie, lors d’une conférence de presse au début du sommet.Une grande partie de l’Europe, l’Allemagne en tête, a longtemps dépendu des livraisons de gaz russe, jusqu’à décider de s’en sevrer après l’invasion de Ukraine par Moscou en 2022. Cette rupture avait provoqué une flambée historique de l’inflation, plongeant de nombreuses industries énergivores dans la crise. Les dirigeants européens, présents à Hambourg, ont souligné ne plus jamais vouloir se retrouver dans cette position.- Attaques hybrides -“Nous envoyons un signal très clair à la Russie: nous ne vous laisserons plus utiliser l’énergie contre nous”, a déclaré Dan Jørgensen, commissaire européen à l’Energie. L’initiative vise aussi à offrir une meilleure visibilité aux industriels et aux gestionnaires de réseaux, alors que des attaques hybrides dans la région ont été imputées à la Russie.L’avenir du Groenland, convoité par Washington, n’était pas officiellement à l’ordre du jour de ce sommet international de la mer du Nord créé dans la foulée de la guerre en Ukraine pour limiter la dépendance énergétique de l’Europe.Mais le sujet de la sécurité dans la région a été abordé, en pleine recrudescence des tensions autour des infrastructures énergétiques en mer du Nord, comme en mer Baltique.La Première ministre danoise Mette Frederiksen, en visite vendredi au Groenland, des représentants de l’Islande, de la Commission européenne et de l’Otan étaient présents dans la deuxième ville allemande.Au forum de Davos, le président américain Donald Trump a certes rétracté sa menace de s’emparer par la force du Groenland et annoncé un “cadre d’accord” avec ses alliés de l’Otan.Mais les Européens restent en alerte face au président américain, qui affirme vouloir protéger cette immense île de la Russie et de la Chine. “La question du Groenland est dans tous les esprits”, a déclaré lundi M. Jørgensen, lui-même originaire du Danemark, lors de la conférence de presse.”Tous les ministres que j’ai rencontrés aujourd’hui se sont montrés extrêmement solidaires et loyaux, et je pense qu’il est juste de dire que tout le monde au Danemark est extrêmement heureux que nos amis se soient tenus à nos côtés”, a-t-il ajouté.

Marchés financiers: l’or au-dessus des 5.100 dollars, prudence sur les Bourses

L’or poursuit sa course aux records lundi, pour la première fois au dessus des 5.100 dollars, dans un contexte d’incertitude suscitée par la présidence Trump aux Etats-Unis, tandis que les Bourses font preuve de prudence avant une semaine riche en événements.Le métal jaune s’est hissé lundi à un nouveau record, à 5.111,07 dollars l’once (31,1 g). Vers 12H20 GMT, il était à 5.092,18 dollars l’once.Valeur refuge par excellence, l’or est stimulé par les revirements fréquents de Donald Trump qui créent un climat d’incertitude aux Etats-Unis, détournant les investisseurs et les banques centrales du dollar et des obligations d’Etat américaines, habituellement considérés comme des valeurs refuges.Sa progression récente a été soutenue par les tensions autour du Groenland, dont le président américain a dit vouloir s’emparer, promettant à ses alliés européens des taxes douanières en cas d’opposition, avant finalement de lever sa menace, assurant avoir “conçu le cadre d’un futur accord”.Plus généralement, “la dépréciation des devises et l’augmentation du niveau d’endettement” des Etats, “se traduisent par une soif insatiable” d’actifs “tangibles”, estime Neil Wilson, de Saxo Markets.L’argent a lui aussi touché un nouveau record lundi à 110,1287 dollars l’once.Sur le marché de la dette européenne, les taux étaient en recul, signe d’un appétit des investisseurs pour ces actifs peu risqués. Le taux d’emprunt à dix ans de l’Allemagne baissait à 2,87%, contre 2,90% vendredi. Son équivalent français était à 3,44%, contre 3,49%.Côté marchés boursiers, l’heure est à la prudence lundi, à l’orée d’une semaine chargée, avec une réunion de la Réserve fédérale américaine.En Europe, vers 12H20 GMT, Paris reculait de 0,21%, Francfort était stable (-0,06%) et Londres grappillait 0,16%. Milan prenait 0,35%.A New York, les contrats à terme sur les principaux indices présageaient une ouverture en petite baisse.”Les investisseurs restent prudents à l’approche de la réunion de la Réserve fédérale”, qui aura lieu mardi et mercredi, relève John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.Cette réunion se tiendra dans un contexte tendu, le président de l’institution Jerome Powell ayant révélé début janvier l’existence d’une procédure lancée par le ministère de la Justice contre lui. Il a dénoncé une énième tentative d’intimidation de la Fed par l’exécutif.Aux Etats-Unis, plusieurs poids lourds de la tech seront sous le feu des projecteurs cette semaine, avec les résultats du quatrième trimestre de Meta et de Microsoft mercredi et d’Apple jeudi.Le yen bonditLe yen flambe, prenant 1,26% à 182,27 yens pour un dollar.La monnaie nippone a été portée lundi par des informations relayées par l’agence de presse Bloomberg, selon lesquelles la Réserve fédérale américaine pourrait soutenir une intervention de Tokyo pour faire apprécier sa valeur, en chute libre ces dernières semaines.Cela “a renforcé les anticipations selon lesquelles toute mesure visant à soutenir le yen pourrait être coordonnée entre le Japon et les États-Unis”, relève Kat Hudson, de Hargreaves Lansdown.Et “si la Fed intervient, c’est que c’est du sérieux”, estime Kathleen Brooks, analyste pour XTB.Le yen avait déjà été poussé vendredi par les déclarations de la ministre des Finances japonaise, Satsuki Katayama, qui n’avait pas écarté l’option d’intervenir pour soutenir sa monnaie.Cette dernière a perdu près de 6% face au dollar au cours des six derniers mois et évolue proche de ses plus bas niveaux depuis 2024, plombée notamment par les craintes des investisseurs quant à la soutenabilité du programme de dépenses publiques voulu par la nouvelle Première ministre Sanae Takaichi.Dans ce contexte, la Bourse de Tokyo a perdu 1,79%.OPA sur Fnac DartyLe milliardaire tchèque Daniel Kretinsky a lancé une offre publique d’achat (OPA) sur Fnac Darty. Il compte prendre le contrôle majoritaire du spécialiste de l’électronique et des produits culturels sur lequel planait l’ombre d’un actionnaire indirect chinois ces derniers mois. Vers 12H20 GMT, l’action du groupe prenait 16,86% à 35,35 euros après s’être envolée de près de 19% dans les tout premiers échanges. L’OPA a été annoncée vendredi au prix de 36 euros par action.

Royaume-Uni: retard dans l’ouverture du procès pour corruption d’une ex-présidente de l’Opep

L’ouverture à Londres du procès pour corruption de Diezani Alison-Madueke, ancienne figure politique du Nigeria et première femme présidente de l’Opep, va être retardée à cause de problèmes juridiques et techniques non résolus lundi.Selon l’avocate de l’accusation et ceux de la défense, le procès ne pourra pas commencer avant mardi, au plus tôt.Les parties doivent encore s’accorder sur certaines preuves qui pourront être examinées ou non durant les débats et finaliser la constitution des jurés.L’ancienne ministre nigériane des Ressources pétrolières entre 2010 et 2015, fait face à six chefs d’inculpation tous liés à des faits de corruption qui auraient eu lieu durant son mandat de ministre.Selon l’un d’eux, il est notamment  reproché à Mme Alison-Madueke, 65 ans, d’avoir “accepté des avantages financiers” de la part de deux individus “en lien avec les groupes Atlantic Energy et SPOG Petrochemical” entre 2011 et 2015.”L’acceptation de ce don (constitue) en soi l’exercice abusif” de sa fonction, est-il souligné.Au total, l’ancienne femme politique est accusée d’avoir bénéficié d’au moins 100.000 livres en argent liquide, mais aussi de voitures avec chauffeur, de voyages dans des avions privés ou encore du paiement des frais de scolarité de son fils.Selon l’acte d’accusation, elle aurait aussi profité de multiples résidences à Londres, situées dans des quartiers cossus de la capitale britannique, durant cette période.Elle aurait ainsi bénéficié “des services du personnel liés à l’exploitation” de ces résidences, du “paiement des factures”, ou encore de “travaux de rénovation” et de mobilier. Enfin, elle aurait accepté des articles provenant d’achats dans des magasins de luxe comme Harrods ou Louis Vuitton.En 2023, l’agence britannique de lutte contre la criminalité (NCA), avait affirmé qu’au cours de ses années au gouvernement elle aurait “accepté des pots-de-vin (…) valant des millions de livres”.L’ancienne ministre est aussi visée par plusieurs enquêtes pour blanchiment d’argent et corruption aux Etats-Unis ou en Italie.Elle est l’une des cibles privilégiées de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) au Nigeria, où elle est accusé du détournement présumé de millions de dollars d’argent public.Elle a toujours nié avoir détourné l’argent des juteux contrats pétroliers et des caisses de l’Etat lorsqu’elle était aux affaires.Placée en liberté sous caution depuis son arrestation à Londres fin 2015, celle qui fut présidente de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pendant un an, entre 2014 et 2015, était présente lundi au tribunal.L’accusée est arrivée dans la salle d’audience avec une canne et un strap au poignet gauche. Deux autres personnes mentionnées dans l’acte d’accusation sont poursuivies par la justice britannique dans le cadre de ce procès devant la Southwark Crown Court de Londres, qui doit durer de 10 à 12 semaines.

Fnac Darty cherche à vendre Nature & Découvertes 

Fnac Darty a annoncé lundi chercher à se séparer de l’enseigne dédiée au bien-être, aux sciences et aux activités d’extérieur Nature & Découvertes, qu’il avait acquise en 2019 mais dont les difficultés plombent les comptes du groupe. “Les défis rencontrés depuis plusieurs trimestres par Nature & Découvertes ont perduré malgré les initiatives mises en place pour redynamiser l’activité”, indique Fnac Darty, à l’occasion de la publication de ses résultats préliminaires, dévoilés en même temps que l’annonce d’une OPA de la part de son premier actionnaire Daniel Kretinsky. “Le groupe a décidé de lancer un processus actif de recherche de partenaire qui serait plus à même de soutenir son développement”, ajoute Fnac Darty dans son communiqué, précisant reclasser l’enseigne en “IFRS 5”, soit les actifs destinées à la vente, d’un point de vue comptable. Rachetée avant le Covid par Fnac Darty, l’enseigne avait particulièrement souffert de la pandémie. “Cela a provoqué un espèce de rupture du modèle”, a expliqué lundi Enrique Martinez, directeur général de Fnac Darty, qui s’est dit cependant “confiant” quant à la possibilité de trouver des acquéreurs, la marque étant, selon lui, “très attractive”. Nature & Découvertes compte actuellement 91 magasins dans quatre pays, dont 84 en France.Les résultats préliminaires de Fnac Darty pour 2025, non audités, laissent entrevoir un chiffre d’affaires quasiment stable (+0,7%) à 10,3 milliards d’euros à périmètre, taux de change et parc de magasins constants, et un résultat opérationnel courant “en légère progression” à 203 millions d’euros.L’activité devrait aussi être restée “stable” en organique au quatrième trimestre, indique Fnac Darty, mais les trois derniers mois de l’année ont été pénalisés par “la contre performance de la France” (près de 60% de l’activité du groupe), qui a enregistré une baisse de 0,6% de son activité sur un an.”Les chiffres publiés par la Banque de France la semaine dernière confirment un contexte particulièrement difficile pour le secteur de la distribution avec une pression forte sur la consommation et la confiance des ménages”, souligne Fnac Darty, ajoutant que pour le reste de l’Europe, les performances sont “très satisfaisantes”. 

Côte d’Ivoire: chez les planteurs de cacao, la “malédiction de l’or brun”

C’est une maison en torchis, à 20 kilomètres de Guiglo, dans l’ouest ivorien, qu’on rejoint par une piste cahoteuse de terre rouge, avec pour toit une simple bâche, sans électricité. Ici vit Laurent Koné, producteur de cacao depuis trente ans. La Côte d’Ivoire connaît actuellement de grandes difficultés pour vendre son cacao, du fait d’un ralentissement des exportations sur fond de problèmes de liquidités des acheteurs et de baisse des cours mondiaux.Une épreuve de plus pour les planteurs, petites mains essentielles de “l’or brun”, qui, souvent, vivent déjà dans des conditions très précaires.La Banque mondiale, dont le dernier rapport sur le sujet date de 2019, estimait que plus de la moitié (54,9%) des producteurs de cacao gagnent moins de 757 francs CFA par jour (1,15 euros). Le cacao fait vivre indirectement environ un cinquième de la population ivoirienne, soit plus de cinq millions de personnes.  “J’ai commencé à planter en 1996 et jusqu’à présent je n’ai pas de toit car il n’y a pas l’argent”, explique M. Koné, 54 ans, à l’AFP. “Ce n’est pas digne”, déplore-t-il. Le gouvernement ivoirien martèle que la condition des planteurs est une de ses priorités: en un an, suivant la hausse des cours mondiaux, il a nettement augmenté le prix payé aux producteurs, fixé à 2.800 francs le kilo (4,26 euros), un record. “Les producteurs sont debout, capables de manger à leur faim, capables de se loger, capables de se soigner, capables de jouir des bienfaits de l’électricité et de l’eau potable, capables d’envoyer leurs enfants à l’école et à l’université”, se félicitait en octobre le ministre de l’Agriculture d’alors, Kobenan Kouassi Adjoumani, remplacé lors d’un remaniement vendredi.Mais depuis la fixation de ce prix, les cours mondiaux ont chuté et les acheteurs se font rares. Résultat, la mesure n’a pas eu l’effet escompté: les exportations sont au ralenti et les producteurs ne sont plus payés, certains depuis des mois. Comme dans de nombreux campements, à Betykro, autour de M. Koné, une cinquantaine de familles vivent toujours sans électricité et sans réseau mobile, avec une seule pompe pour l’eau.Le premier dispensaire est à 10km de mauvaise piste et selon nombre de planteurs, la couverture maladie universelle mise en place par l’Etat n’est pas assez efficace pour couvrir les frais de santé. – “Toujours plus vulnérables” -“On est déçus”, explique, abattu, Boniface Djabia, 64 ans, planteur et chef du village. “Les planteurs sont les plus pauvres de la Côte d’Ivoire”, montrant ses vêtements usés jusqu’à la corde.Les planteurs “sont toujours plus vulnérables”, confirme Oscar Toukpo, sociologue à l’université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan. En cause, selon lui: les rendements de plus en plus faibles de terres qui s’épuisent et l’augmentation du coût de la vie. “Les paysans s’endettent auprès des coopératives et des vendeurs de produits phyto-sanitaires pour essayer d’améliorer la production” et “le cycle de pauvreté continue”, poursuit le sociologue.”Un sac d’engrais fait 22.000 francs (33 euros) mais il n’y a pas l’argent”, déplore Laurent Koné. Dans son champ, à quelques dizaines de mètres de sa maison, il travaille encore uniquement à la machette et au gourdin, en chaussures ouvertes. Aujourd’hui encore, le maintien des volumes de production repose sur l’extension des plantations, au détriment de la productivité. Une stratégie qui montre ses limites, alors que la Côte d’Ivoire a déjà perdu 90% de son couvert forestier en 60 ans. Selon la Banque Mondiale, la productivité du verger ivoirien stagne sur les 20 dernières années, autour de 450-550kg de fèves de cacao par hectare.- Découragement -“Certains vont même jusqu’à invoquer la malédiction de +l’or brun+”, poursuit l’institution, pour trois raisons : la destruction des forêts, une pauvreté persistante et le fait que la Côte d’Ivoire ne perçoit que 6% du total des gains de la filière mondiale.Ces dernières années, l’Etat a toutefois investi dans des sites de broyage du cacao, afin de transformer la matière première sur place. Pour s’en sortir, certains producteurs diversifient leur production en plantant des palmiers ou de l’hévéa, utilisé pour la production de caoutchouc, qui produit 11 mois sur 12, contrairement au cacao dont la récolte est saisonnière. “On, se débrouille avec les plantations d’hévéa”, explique Alidou Traoré, jeune planteur de 24 ans qui a reprend les terres de son père. Dans son village, à quelques kilomètres de celui de Laurent Koné, les maisons semblent plus solides. Mais le découragement pointe. La situation du cacao actuelle “ça ne me donne pas courage”, poursuit le jeune homme.”Je ne veux pas que mes enfants soient planteurs comme moi”, souffle Laurent Koné, “parce que c’est une souffrance”.