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Les Îles Cook, l’archipel du Pacifique qui aide Russie et Iran à écouler leur pétrole malgré les sanctions

Des pétroliers soupçonnés d’être impliqués dans la contrebande de pétrole brut pour la Russie et l’Iran utilisent un bureau bordant une plage des Îles Cook pour brouiller les pistes, a constaté l’AFP au travers d’une analyse de données relatives aux sanctions.Niché à côté d’une pizzeria dans cet archipel isolé de l’océan Pacifique se trouve le modeste siège social de Maritime Cook Islands, l’un des registres maritimes qui connaît la plus forte croissance au monde.Les armateurs étrangers peuvent payer l’entreprise pour naviguer sous le pavillon étoilé de cet archipel polynésien dans lequel ils n’ont jamais mis les pieds.Les données relatives aux sanctions américaines identifient 20 pétroliers immatriculés aux Îles Cook comme étant soupçonnés d’avoir fait de la contrebande de carburant russe et iranien entre 2024 et 2025.Quatorze autres pétroliers battant pavillon des Îles Cook figurent sur la liste noire d’une autre base de données britannique répertoriant les sanctions pour la même période.La Nouvelle-Zélande, de loin le partenaire diplomatique le plus proche des Îles Cook, a déclaré qu’il était “alarmant et exaspérant” de voir les efforts de sanctions compromis.”La Nouvelle-Zélande continue d’être très préoccupée par la manière dont les Îles Cook gèrent leur registre maritime, ce qu’elle a exprimé à plusieurs reprises au gouvernement des Îles Cook depuis de nombreuses années”, a déclaré un porte-parole du ministre des Affaires étrangères Winston Peters.Les Îles Cook, qui jouissent d’une autonomie administrative, restent en “libre association” avec la Nouvelle-Zélande, ancienne puissance coloniale, qui continue d’intervenir dans des domaines tels que la défense et les affaires étrangères.- “Croissance la plus rapide” au monde -Maritime Cook Islands, une entreprise privée “sous délégation de pouvoir” du gouvernement local et supervisée par l’autorité nationale de régulation des transports, se charge de la tenue et de la gestion du registre maritime du micro-État.Les recettes publiques provenant des droits de navigation ont bondi de plus de 400% au cours des cinq dernières années, selon les documents budgétaires des Îles Cook, et atteignent l’équivalent de plus de 151.000 euros au cours du dernier exercice financier.Le journal maritime Lloyd’s List a couronné l’année dernière la Maritime Cook Islands comme entreprise avec le “registre à la croissance la plus rapide” au monde.Cette activité lucrative, bien que permettant de renflouer les caisses de l’État, présente des failles.Le Royal United Services Institute, un groupe de réflexion britannique, estime que l’Iran et la Corée du Nord exploitent depuis des années les registres maritimes de petits pays du Pacifique Sud tels que les Palaos, Niue ou Tuvalu.- Flotte fantôme russe -Selon un briefing du Parlement européen datant de 2024, les Îles Cook figurent parmi les “principaux pays dont les pavillons sont utilisés par les pétroliers fantômes transportant du pétrole brut russe”.En avril, une compagnie maritime basée aux Émirats arabes unis a été accusée d’avoir fait passer en contrebande “des millions de dollars” de carburant pour le compte de l’armée iranienne dans le golfe Persique.L’entreprise disposait, selon les États-Unis, de pétroliers battant pavillon de la Barbade, de la Gambie, du Panama et des Îles Cook.”Plusieurs navires battant pavillon des Îles Cook ont été identifiés comme faisant partie de la flotte fantôme” russe, selon le professeur de l’Université nationale australienne Anton Moiseienko, spécialisé en sanctions et criminalité financière.Les sanctions occidentales visent à empêcher l’Iran et la Russie de tirer profit de leurs ventes de pétrole, afin de limiter le financement du programme nucléaire de Téhéran ou de l’invasion de l’Ukraine par Moscou.- “Pas de mécanisme international” -Le capitaine et deux officiers d’un pétrolier immatriculé aux Îles Cook soupçonné d’appartenir à cette flotte, l’Eagle S, sont accusés d’avoir volontairement sectionné des câbles en mer Baltique fin 2024.Le tribunal finlandais où ils ont été jugés en août et septembre dernier s’est déclaré incompétent en octobre, au motif que “ce sont les tribunaux de l’État du pavillon du navire ou de l’État d’origine des prévenus qui avaient compétence pénale en la matière”.En ce qui concerne les États du pavillon, “il n’existe pas vraiment de mécanisme international pour faire respecter leurs obligations”, déplore M. Moiseienko.”Le registre des Îles Cook n’a jamais accueilli de navires sanctionnés” et “dispose de plateformes qui permettent une surveillance et une détection efficaces des activités illicites”, se défend Maritime Cook Islands.La société affirme “ne pas avoir connaissance” des préoccupations relatives au non-respect des sanctions ou de tout cas d’abus.

Les Bourses européennes ouvrent prudemment

Les marchés boursiers européens ont ouvert sans tendance notable mardi, dans un climat de prudence sur les marchés, avant la publication d’indicateurs économiques cette semaine en Europe et aux Etats-Unis.Vers 8H05 GMT, Paris cédait 0,12%, Londres était stable (-0,02%), Francfort prenait 0,14% et Milan 0,17%.

Foie gras et volailles festives investissent dans la publicité avant les fêtes

Les filières du foie gras et de la volaille haut de gamme misent sur des campagnes publicitaires d’envergure pour assurer leur présence sur les tables des fêtes de fin d’année et rattraper plusieurs années difficiles.Entre 2021 et 2023, l’offre de produits festifs issus de l’élevage de volaille a été fortement touchée par les épizooties de grippe aviaire dont la dernière en 2022 avait conduit à l’abattage de dizaines de millions de volailles. La production de foies gras avait alors chuté de près de moitié, à plus de 8.000 tonnes en 2022 contre 16.000 en 2020, avant de rebondir à près de 14.000 en 2024. En 2025, les professionnels du secteur annoncent des productions “stables” pour les filières du foie gras et des volailles festives (chapon, dinde, pintade…).Mais pour éviter de nouvelles saisons dévastatrices, la France a mis en place la vaccination obligatoire dans les élevages supérieurs à 250 canards depuis 2023. Elle est à ce jour le seul pays européen à l’avoir rendue obligatoire.La menace de la grippe aviaire n’a pas pour autant disparu: elle connait un rebond en Europe depuis début août avec 235 foyers recensé par la plateforme ESA, dont 24 foyers dans des élevages de volailles français.”Il n’y a pas eu de cas d’influenza aviaire dans les volailles festives, le produit sera donc bien sur les tables de fin d’année”, a cependant affirmé Patrick Pageart, trésorier d’Anvol, l’interprofession des volailles de chair, lors d’une conférence de presse le 25 novembre.En 2024, le retour des produits festifs en rayon s’est traduit par une hausse de leur consommation: +10,4% pour les achats de foie gras en volume et +5,4% pour les volailles.Cette année, la filière souhaite poursuivre la dynamique en mettant “tout en œuvre pour favoriser la demande”, a assuré Benoît Drouin, président du syndicat des labels avicoles (Synalaf).Les filières ont lancé d’importantes campagnes de communication à l’image du Cifog, l’interprofession du foie gras, qui a annoncé investir “deux millions d’euros dans la communication” lors d’une conférence de presse en novembre.- Réseaux sociaux -Avec deux spots publicitaires diffusés depuis la mi-novembre après quatre ans d’absence à la télévision et des collaborations avec des influenceurs culinaires sur les réseaux sociaux, le Cifog espère “donner envie de consommer” du foie gras.Dans le secteur de la volaille, le Synalaf a investi dans une “puissante campagne de rentrée” — confinancée par l’Union européenne — tandis que les acteurs de la filière encouragent également “les mises en avant des volailles festives dans les grandes surfaces”, comme l’a expliqué Yann Nédélec, directeur d’Anvol.La crise inflationniste en 2022 et 2023 a poussé les Français à changer leurs habitudes de consommation en optant pour des produits “alternatifs qui pouvaient être un peu moins chers”, observe Juliette Favre, experte en produits de grande consommation au sein du cabinet de conseil Circana, interrogée par l’AFP.Depuis 2024, la hausse de l’offre et le ralentissement de l’inflation ont permis “un recul des prix” du foie gras selon les chiffres de Circana: notamment, -2,8% sur les deux premières semaines de novembre 2025 par rapport à 2024. En revanche, pour les volailles entières en libre service hors rayon boucherie traditionnelle, les “prix sont presque stables” avec une légère inflation de 1,4% par rapport à novembre 2023.La filière du foie gras mise également sur des campagnes de communication pour répondre à la défiance d’une partie des consommateurs. Un rapport FranceAgriMer de 2023 soulignait que les 18-34 ans accordent moins de confiance au secteur notamment sur les questions de bien-être animal. Le Cifog multiplie ainsi les initiatives: participation à la campagne européenne “Teach Further” et diffusion, depuis 2024, d’une série de vidéos sur les réseaux sociaux dans laquelle vétérinaires et éleveurs décrivent les pratiques d’élevage et d’engraissement.”En dépit de tout ce qu’on peut dire sur le gavage, le foie gras ne baisse pas en quantité consommée”, souligne Christophe Burtin, spécialiste de l’alimentaire du cabinet de conseil français Kéa. Les achats de foie gras ont enregistré une hausse de 55,3% en volume sur les six premiers mois de 2025 par rapport au premier semestre 2024 selon les chiffres communiqués par le Cifog, qui affirme que “cette dynamique permet aux professionnels de la filière d’aborder la saison des réveillons avec sérénité”. 

Samsung présente son premier téléphone pliable en trois

L’entreprise sud-coréenne Samsung a présenté mardi son premier téléphone pliable en trois, un an après son concurrent chinois Huawei, à un prix inaccessible au consommateur moyen. Le Galaxy Z TriFold sera mis en vente le 12 décembre en Corée du Sud et coûtera plus de deux fois plus cher que le nouvel iPhone 17, soit 2.443 dollars (2.104 euros) dans le pays. Cette nouveauté pour Samsung n’est pas une première mondiale: l’an dernier, Huawei a devancé ses concurrents avec un téléphone vendu à un prix similaire.Très fin, le Galaxy Z TriFold se déplie pour dévoiler un écran de 10 pouces (25,4 centimètres), offrant “des possibilités accrues pour créer et travailler”, a déclaré le géant sud-coréen de la technologie. Il n’est “pas destiné à la vente de masse”, a admis le géant sud-coréen. Alex Lim, vice-président exécutif de Samsung Electronics, a déclaré qu’il s’agissait d’une “édition spéciale”.La croissance sur le marché concurrentiel des smartphones se montre irrégulière, poussant les fabricants à trouver de nouveaux moyens pour se différencier des autres entreprises. Disponible uniquement en noir, le nouvel appareil de Samsung pèse 309 grammes et mesure moins de 0,5 cm d’épaisseur à son point le plus fin.Le téléphone intègre des fonctionnalités d’intelligence artificielle (IA) générative, utilisables en temps réel à travers le partage d’écran ou de caméra.Ce lancement intervient au moment où Apple est en passe de devancer Samsung. Les livraisons de smartphones de l’entreprise américaine devraient atteindre une part mondiale de 19,4% en 2025, tandis que Samsung devrait détenir 18,7% du marché, selon le cabinet d’études Counterpoint. Apple détrônerait ainsi son rival pour la première fois.

En plein débat sur sa nationalisation en France, ArcelorMittal met en avant un important investissement à Mardyck

Le géant de la sidérurgie ArcelorMittal, dont l’Assemblée nationale a voté la nationalisation fin novembre, présente mardi à la presse de nouvelles lignes de production à Mardyck, près de Dunkerque, fruit de son “plus important investissement” en Europe depuis dix ans.ArcelorMittal France le répète sur tous les tons: cette nouvelle unité de production d’aciers électriques, qui a nécessité un financement de 600 millions d’euros, représente “le plus important investissement du groupe en Europe depuis dix ans”.A Mardyck, dans le Nord, où “les trois premières lignes” de cette nouvelle filière de production doivent démarrer d’ici la fin de l’année, l’entreprise entend produire chaque année plus de 150.000 tonnes de cet acier enrichi de silicium. Cela lui confère de fortes propriétés magnétiques et le destine à la production de moteurs pour voitures électriques.ArcelorMittal y voit une des preuves qu’elle “ne se désengage pas de la France” mais modernise ses outils et “prépare l’avenir de la production d’acier” dans le pays.Cela peine à convaincre représentants du personnel, experts et élus politiques de gauche, qui ont fait adopter à l’Assemblée nationale fin novembre une proposition de loi visant à nationaliser ArcelorMittal France, au nom de la défense de la filière acier française.L’avenir de ce texte est incertain car il lui sera difficile d’être adopté au Sénat. Et le gouvernement y est opposé, y voyant “une réponse populiste à un problème structurel”, dixit le ministre de l’Economie Roland Lescure.La demande d’acier, historiquement portée par l’automobile et la construction, s’émousse en Europe. Et la production locale fait face à la concurrence de la production asiatique et notamment chinoise, vendue moins cher.ArcelorMittal, qui revendique avoir investi 1,7 milliard d’euros en 5 ans en France (dont 30% environ pour la maintenance), a annoncé en début d’année un plan de suppression d’emplois dans ses usines dans le nord et l’est du pays.En mai, Jean-Marc Vecrin, coordinateur CFDT pour l’ensemble du groupe, expliquait à l’AFP craindre que “petit à petit (ArcelorMittal) s’engage de plus en plus hors Europe et qu’il se désengage de l’Europe”.Début novembre, un rapport d’experts mandatés par le CSEC du groupe, contesté par l’entreprise, avait jugé l’avenir du géant sidérurgique “incertain” en France, et critiqué le sous-investissement dans l’outil de production et “une forme de précipitation” dans la décision de procéder à des licenciements.

L’Assemblée ouvre une semaine décisive pour le budget de la Sécu

Un acte 2 décisif: les députés planchent à nouveau mardi sur le budget de la Sécurité sociale, à l’avenir très incertain, avec encore de multiples compromis à trouver pour le gouvernement à gauche… sans perdre sa droite. Retraites, franchises, déficit à contenir… Les sujets explosifs ne manquent pas, tous facteurs d’une équation difficile pour rassembler des voix de groupes aux positions souvent opposées.Une adoption du texte mardi prochain serait une victoire majeure pour le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui, contraint par son absence de majorité, place le Parlement au centre de la construction budgétaire. Des cadres du camp gouvernemental espèrent qu’elle enclenche une dynamique positive pour le budget de l’Etat, encore plus clivant.Mais un rejet serait un désaveu cinglant de la méthode gouvernementale.L’examen du texte devrait commencer en fin d’après-midi, en présence du Premier ministre, par une motion de rejet préalable des Insoumis, a priori vouée à l’échec. Les débats sur les quelque 980 amendements pourront aller jusqu’à dimanche. A mi-parcours, les députés voteront d’abord sur la partie “recettes”. Rejetée, elle emporterait l’ensemble du texte.Son adoption de justesse en première lecture avait permis de débattre notamment de la suspension de la réforme des retraites, concédée par le gouvernement contre une non-censure du PS. Les députés n’avaient pas fini l’examen dans les temps, et le Sénat a profondément remanié le texte, annulant la suspension de la réforme. C’est de sa copie que les députés repartent.- “Dernier kilomètre” -Le moment est crucial car si le dernier mot est donné à l’Assemblée après un nouveau passage au Sénat, la copie finale ne pourra que très peu différer de celle écrite par les députés cette semaine.Pour le rapporteur général Thibault Bazin (LR), “si on évite les irritants, et qu’on n’en crée pas de nouveau (…) on peut avoir un chemin”.Mais cela impliquera selon lui un déficit de la Sécu plus important que 20 milliards d’euros, limite fixée par le gouvernement, alors que l’Assemblée en première lecture le portait à 24 milliards.”On a l’impression d’être à la veille d’un match de Ligue des Champions”, souligne Jérôme Guedj, député PS. “Sur les 660 milliards du budget de la Sécu, le dernier kilomètre porte” sur quelques milliards, note-t-il.Les députés devraient ré-indexer sur l’inflation les minimas sociaux et pensions de retraites. Et suspendre de nouveau la réforme des retraites.Une bataille aura lieu sur une mesure proposée par la gauche pour engranger des recettes: l’augmentation de la part de CSG sur les revenus du capital. Irritant la droite, elle avait motivé certains députés LR et Horizons à s’abstenir en première lecture.”Ils refusent toute recette supplémentaire”, déplore Sandrine Rousseau (groupe écologiste), alors qu’il manque “5 milliards rien que pour que les hôpitaux fonctionnent correctement”.Autre point brûlant: les franchises médicales, reste à charge payé par les patients par exemple sur les médicaments, que le gouvernement entend doubler par décret.”Il doit renoncer” à cette “mesure injuste”, a martelé le groupe écologiste, dont le vote pourrait être décisif. Sébastien Lecornu le rencontrera mardi.Côté Rassemblement national, Christophe Bentz dénonce à la fois des “dérapages et insincérités budgétaires” et des mesures “injustes socialement et contraignantes économiquement”. – “Qu’un chemin: le compromis” -A l’approche du match, tout le monde semble se renvoyer la balle.Les socialistes estiment que le gouvernement doit convaincre les écologistes. “Le PS doit faire le travail” auprès d’eux, lance en retour un cadre Renaissance, qui appelle parallèlement PS et LR à se “rendre compte qu’ils ont besoin (des concessions) de l’un et l’autre” pour que le texte passe.”Je ne suis pas là pour rassurer les gens. Les parlementaires, ils sont là pour rassurer les Français”, en adoptant un budget, a insisté lundi M. Lecornu.Le gouvernement, qui alerte sur un déficit de la Sécu approchant “30 milliards” en l’absence de budget, pourrait-il ressusciter le 49.3 pour passer l’obstacle ? Certains députés le souhaitent, estimant plus facile pour les socialistes, voire pour Horizons et LR, de ne pas censurer le gouvernement que de voter ce compromis.Une piste écartée par l’entourage de M. Lecornu: “il n’y a qu’un chemin, le compromis parlementaire”.

Wall Street termine en baisse après des données économiques moroses

La Bourse de New York a terminé en baisse lundi, minée par une activité manufacturière qui continue de se contracter aux Etats-Unis, sur fond de faiblesses dans plusieurs secteurs phares.Le Dow Jones a perdu 0,90%, l’indice Nasdaq a reculé de 0,38% et l’indice élargi S&P 500 a lâché 0,53%.”On observe des prises de bénéfices après le fort rebond de la semaine dernière”, explique Patrick O’Hare, de Briefing.com.”Le marché a dû digérer une mauvaise surprise”, à savoir “un rapport sur l’activité manufacturière plus faible que prévu”, ajoute auprès de l’AFP Christopher Low, de FHN Financial.Publié lundi, l’indice basé sur les réponses d’un panel d’entreprises s’est établi à 48,2%, marquant le neuvième mois de contraction de l’activité à la suite (50 étant la limite entre contraction et expansion).C’est moins que ce que pronostiquaient les analystes, selon le consensus publié par MarketWatch.”Les fabricants affirment que les droits de douane” de l’administration américaine “constituent un frein pour leur secteur”, relève Bill Adams, de Comerica Bank.”Le secteur manufacturier devrait se trouver dans une position plus solide à mesure que (…) la demande mondiale reprend, dans un contexte de légère baisse des taux d’intérêt (aux Etats-Unis, ndlr) et d’un dollar plus faible”, estime toutefois Oren Klachkin, de Nationwide.La probabilité attribuée par les opérateurs à une baisse de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) à l’issue de sa prochaine réunion, les 9 et 10 décembre, reste autour de 85%.Toujours côté indicateurs, les acteurs du marché attendent désormais le rapport mensuel sur les créations d’emplois dans le secteur privé pour novembre, publié mercredi.Vendredi, ils surveilleront l’indice des prix à la consommation PCE pour le mois de septembre, décalé à cause de la paralysie budgétaire (“shutdown”) de 43 jours aux Etats-Unis.Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’Etat américain se tendait nettement vers 21H10 GMT, à 4,09%, contre 4,01% à la clôture vendredi.A la cote, les valeurs associées au secteur des cryptomonnaies ont franchement pâti de la glissade du bitcoin, à l’image des plateformes d’échange Coinbase (-4,76%) et Robinhood (-4,09%) ou du “mineur” (créateur de monnaie numérique) Riot Platforms (-4,03%).La séance a aussi été marquée par “la faiblesse des actions à très forte capitalisation”, constate Patrick O’Hare, comme Meta (-1,08%), Alphabet (-1,65%) ou Broadcom (-4,19%).Plusieurs sociétés pharmaceutiques spécialisées dans les vaccins ont aussi reculé après la fuite d’un document attribué à un haut responsable américain et appelant à réviser le processus d’approbation des vaccins aux Etats-Unis.Le laboratoire Moderna, à l’origine de l’un des premiers vaccins contre le Covid-19, a chuté de 7,01% à 24,16 dollars. La société BioNTech a perdu 5,58%, tandis que Novavax a chuté de 5,11%.Après une ouverture en baisse, le géant des puces Nvidia a finalement terminé dans le vert (+1,65% à 179,92 dollars). Le groupe a annoncé lundi l’achat pour 2 milliards de dollars d’actions de Synopsys, spécialisé dans le développement de logiciels pour l’industrie des semi-conducteurs.Cette transaction s’inscrit dans le cadre d’un partenariat stratégique visant à accélérer le développement de systèmes dans les domaines de l’informatique et de l’intelligence artificielle (IA).

Pour sauver Brandt, fleuron industriel français, l’Etat en soutien d’un projet de coopérative

“48 heures” pour sauver un fleuron du Made in France: l’Etat s’est dit “prêt” lundi à apporter cinq millions d’euros dans un projet de reprise en Scop du groupe d’électroménager Brandt, dont l’avenir est incertain depuis son placement en redressement judiciaire.Quelque 300 emplois, sur les près de 700 que compte le groupe en France, pourraient être sauvés grâce à ce projet, a indiqué le ministre délégué chargé de l’Industrie Sébastien Martin, deux jours avant une audience décisive devant le tribunal des activités économiques de Nanterre mercredi.”Soit on pense qu’on va pouvoir garder tout le monde, mais il n’y a pas d’avenir, soit on est prêt à accepter qu’il y ait un recentrage de la stratégie de l’entreprise”, a ajouté M. Martin, évoquant “48 heures” pour sauver une marque “qui parle à tous les Français”.Ce projet est soutenu par le groupe Revive (dont le patron est Cédric Meston, aussi cofondateur de HappyVore), qui “vient en soutien de la Scop”.Parmi les autres projets déposés, aucun ne propose de sauver les deux usines du groupe Brandt, située près d’Orléans, dans le Loiret, et à Vendôme, dans le Loir-et-Cher, selon des sources concordantes dont des élus locaux.Attachée au fait de conserver ces deux sites industriels, la région Centre-Val de Loire s’est dite “mobilisée”, aux côtés de l’Etat et de la métropole d’Orléans.- “Au bord du gouffre” -“C’est du Made in France, c’est une industrie qu’on empêche de partir à l’autre bout du monde. Ça doit être un combat”, a plaidé le président (PS) de la région, François Bonneau, assurant que sa collectivité mettrait “des moyens financiers”.Ce projet de Scop soutenu par les élus locaux rappelle le cas de la verrerie Duralex, reprise en coopérative en juillet 2024.”On est au bord du gouffre, c’est la seule issue pour sauver des emplois”, a affirmé Cyril Aubert, secrétaire CFTC du comité central social et économique de la marque.Selon lui, près de 20 millions d’euros seraient nécessaires pour relancer l’activité de Brandt, qui ne pourra plus payer les salaires après le 15 décembre.”Il va maintenant falloir convaincre les investisseurs privés d’ici à l’audience”, a-t-il souligné, avant le rendez-vous judiciaire décisif mercredi, qui devrait sceller pour de bon le sort d’une marque “connue par 96%” des consommateurs et placée en redressement judiciaire début octobre.Son avenir est depuis plus qu’incertain et sa production presque à l’arrêt, dans un contexte difficile pour le secteur du gros électroménager.Après une baisse en 2023, ce secteur a connu l’an dernier un nouveau recul (-3,9%), affecté par une crise persistante de l’immobilier.L’achat de ces produits, notamment des appareils de cuisine, est souvent corrélé à l’acquisition d’un bien immobilier ou à un déménagement, selon le dernier bilan du groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils et d’équipements ménagers (Gifam).Outre ses deux usines en France, en Centre-Val de Loire, Brandt possède un centre de service après vente (SAV) en région parisienne, à Saint-Ouen-L’Aumône (Val-d’Oise). Son siège social est situé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).La direction de ce groupe centenaire, qui paraissait pourtant résolument optimiste au lancement de la procédure de redressement, ne souhaite plus s’exprimer avant l’audience.Début octobre, elle semblait encore croire à une issue favorable pour le fabricant des produits Brandt, mais aussi de ceux des marques Vedette, Sauter et De Dietrich. “Il y a plusieurs pistes assez sérieuses à l’étude, qui sont bien engagées”, avait alors assuré un porte-parole du groupe, voyant dans cette procédure un moyen “de donner un coup d’accélérateur à cette recherche”.Brandt appartient depuis 2014 au groupe algérien Cevital, qui réalise 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploie 18.000 salariés, selon des données publiées sur son site internet.

Pour la Cour des comptes, la réponse budgétaire au pic d’inflation de 2022-2023 a creusé le déficit

Contrairement à la majorité des épisodes inflationnistes, le choc de 2022-2023 a creusé le déficit public en raison d’une réponse budgétaire “expansionniste, précoce et massive”, selon une analyse de la Cour des comptes lundi. Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur de l’euro en 2002, l’inflation a été supérieure à 5% sur un an entre mars 2022 et septembre 2023.Alors que les effets budgétaires de l’inflation sont “habituellement favorables à court terme” (notamment sur les recettes fiscales), le déficit public de la France s’est creusé à 6,6% du produit intérieur brut (PIB) en 2021, avant une amélioration en 2022 à 4,7% du PIB, puis une nouvelle dégradation à 5,4% du PIB en 2023. Une situation qui s’explique essentiellement par une importante reprise de la demande combinée à une “congestion des chaînes logistiques” au lendemain de la crise sanitaire, ainsi que par les conséquences de la guerre en Ukraine, notamment d’un choc d’offre sur les prix de l’énergie, détaillent les Sages de la rue Cambon.Le déficit public s’est dégradé de 47 milliards d’euros en 2023, en comparaison avec une situation de référence retenue par Cour des comptes où croissance et inflation auraient poursuivi les tendances observées entre 2013 et 2021.Selon l’institution, cette situation est “presque intégralement imputable” à l’ampleur et à la durée des mesures prises pour faire face à la hausse des prix (38 milliards d’euros en 2022 et 43 milliards d’euros en 2023).”Subventionnement de certains prix, indexation sur l’inflation des prestations sociales, limitation des effets de l’inflation sur l’impôt sur le revenu et hausse des rémunérations des fonctionnaires”, ont permis de “limiter l’inflation ressentie” par les ménages, mais ont bénéficié à l’ensemble de la population sans ciblage sur les “ménages les plus exposés”.La Cour pointe en particulier les “subventions énergétiques”, largement attribuées aux ménages et aux entreprises, “à l’opposé du consensus économique”. Le maintien de certaines mesures énergétiques exceptionnelles ont notamment contribué à poursuivre le creusement du déficit public en 2024, peut-on lire.   Cette réponse française n’était toutefois pas isolée en Europe, relève les auteurs.   Mais la politique budgétaire française s’est “écartée des préconisations” de l’Europe qui recommandait une “+intervention d’urgence+” et des “+mesures exceptionnelles ciblées et limitées dans le temps+”, peut-on lire. 

La justice donne une nouvelle vie au concepteur du coeur artificiel Carmat

La justice a validé lundi l’unique offre de reprise de Carmat, fabricant français de coeur artificiel placé en redressement judiciaire depuis juillet, au terme de plusieurs mois de rebondissements.Le tribunal des affaires économiques de Versailles “ordonne la cession de la SA Carmat au profit de la SAS Carmat”, nouvelle entité privée qui prendra la suite de l’activité comme le proposait le président du conseil d’administration et actionnaire Pierre Bastid dans son offre déposée en novembre. Sur le volet social, “ce seront 39 salariés qui seront licenciés pour motif économique”, l’offre de reprise portant sur 88 des 127 salariés début décembre, selon la décision dont l’AFP a eu copie.Le pronostic vital de la société, qui fabrique des coeurs artificiels pour des patients en attente d’une transplantation cardiaque, était engagé depuis son placement en redressement judiciaire début juillet.Carmat avait fait l’objet en août d’une première offre de reprise présentée par Pierre Bastid, actionnaire à hauteur de 17%, mais celle-ci avait été jugée irrecevable fin septembre, l’homme d’affaires n’ayant pas réussi à temps à mobiliser les fonds pour tenir les engagements de son plan de reprise.Mi-octobre, le tribunal avait accordé un délai supplémentaire. M. Bastid avait été le seul à déposer une nouvelle offre, associé à la holding de la famille Ligresti, Santé Holding, autre actionnaire historique de Carmat.- Douche froide pour les petits porteurs -L’année 2026 sera cruciale pour le nouveau Carmat: “Il faut remettre la machine en marche” après près de 6 mois de mise en veille et “il faut remotiver les fournisseurs”, a indiqué à l’AFP Pierre Bastid. Il va chercher également à obtenir les accords de remboursement par la Sécurité sociale et poursuivre les études pour obtenir un accès au marché américain.A moyen terme, il vise “l’atteinte de l’équilibre économique” à horizon 2030/31, disant envisager à plus long terme de “construire un acteur +medtech+ de la cardiologie en France et pourquoi pas en Europe”.L’entreprise implantée dans des Yvelines avait également suscité l’intérêt d’Alpha Blue Ocean, un family-office installé à Dubaï et aux Bahamas, selon M. Bastid.Du côté des petits porteurs en revanche, c’est “la douche froide” : “nous sommes étonnés que la même équipe” reprenne le flambeau, a déclaré à l’AFP le président de l’association des actionnaires minoritaires de Carmat (Aamidca), Nadir Ressad, qui a évalué à “un million d’euros” les pertes cumulées sur ses investissements depuis l’entrée en Bourse de Carmat en 2010. L’association, qui se sent “lésée”, “n’exclut pas une action en justice” pour défendre ses intérêts, a-t-il ajouté, tout en soulignant que certains de ses 60 membres envisagent malgré tout de “participer à un investissement dans le Carmat 2”, qui ne sera plus cotée en Bourse.Fondée en 2008, Carmat dont le nom combine celui de son inventeur médical Alain Carpentier, chirurgien cardiaque, et de l’entreprise Matra Defense, est l’une des rares sociétés au monde à développer un coeur artificiel entier.Le développement de sa prothèse qui imite la forme et la fonction d’un cœur naturel avait suscité un fort engouement. Tout comme une première implantation réussie en 2013. Mais il aura fallu attendre fin 2020 pour que ce coeur bionique obtienne sa certification européenne, en tant que “pont à la transplantation”, c’est-à-dire pour les patients en insuffisance cardiaque terminale en attente d’une greffe du myocarde. Ce feu vert a permis une première vente en juillet 2021 pour un patient en Italie.L’aventure a ensuite connu plusieurs revers: le décès prématuré du cinquième patient implanté a entraîné la suspension des essais cliniques entre novembre 2016 et mai 2017, suivie de deux autres décès liés à des dysfonctionnements qui ont conduit Carmat à suspendre volontairement les implantations entre fin 2021 et octobre 2022 pour améliorer le dispositif.Au total, 122 patients ont été greffés avec ce coeur artificiel.