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En plein débat sur sa nationalisation, ArcelorMittal montre le fruit d’un gros investissement dans le Nord

ArcelorMittal, dont l’Assemblée nationale a voté la nationalisation des actifs français fin novembre, a présenté mardi ses nouvelles lignes de production d’aciers électriques dans le Nord, un segment d’avenir, la preuve selon lui qu’il mise toujours sur la France.Installée à Mardyck, près de Dunkerque, cette nouvelle unité de production qui a coûté 500 millions d’euros représente “le plus important du groupe en Europe depuis dix ans”, a répété mardi le groupe.Trois premières lignes de production, actuellement en phase de rodage, doivent commener à fonctionner d’ici la fin de l’année. Le groupe entend produire à Mardyck plus de 150.000 tonnes de cet acier enrichi de silicium, aux fortes propriétés magnétiques, destiné notamment à la production de moteurs pour voitures électriques, mais aussi pour l’éolien ou le ferroviaire.”On a une impulsion qui a été donnée sur le domaine des transports, avec le bannissement de la vente de véhicules thermiques à l’horizon 2035 (dans l’Union européenne, NDLR). Mais il y a aussi le domaine de l’utilisation de l’énergie, et donc le basculement du fossile vers l’électricité” dans de nombreux autres secteurs, a souligné mardi Hugues Baudin, pilote du projet aciers électriques.Cela devrait permettre de créer 200 emplois sur le site de Mardyck, qui en compte déjà 450, selon le groupe, qui voit dans cet investissement important la démonstration qu’il “ne se désengage pas de la France”, mais y modernise au contraire ses outils et prépare l’avenir de la production d’acier dans le pays.Deux lignes de production supplémentaires sont prévues pour mi-2027.L’investissement total à Mardyck, d’abord fixé en 2022 à 300 millions d’euros, a été réévalué à 500 millions car “nous avons sous-estimé la complexité de la réutilisation des bâtiments industriels” existants sur place, a expliqué mardi Bruno Ribo, directeur général d’ArcelorMittal France.Une installation similaire existe déjà en Lozère, à Saint-Chély-d’Apcher, dont le site de Mardyck devrait être “l’usine sœur”, selon M. Ribo.Un four de 300 mètres de long dont la température monte jusqu’à 1.000 degrés est presque prêt à être mis en service à l’étage d’une énorme halle tout en longueur, où plusieurs agents se forment et se préparent au lancement des lignes de production.Un cockpit dans lequel se trouve une dizaine d’écrans leur permet de contrôler, d’inspecter, de vérifier la qualité et de repérer les petits défauts sur les bobines.- Motus sur la décarbonation à Dunkerque -Ce nouveau projet à Mardyck, “c’était une bonne nouvelle au départ. Le problème, c’est que c’est un chantier qui dure, qui dure. Tous les mois, on nous dit que ça va démarrer à la fin du mois”, regrette Ludovic Putter, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal à Mardyck.”Il y a des gens qui attendent le démarrage depuis presque deux ans. C’est long pour eux, et certains jettent l’éponge et démissionnent. C’est le service où on a le plus de démissions, sur une ligne qui n’a pas démarré”, ajoute le syndicaliste.Le projet peine à convaincre représentants du personnel, experts et élus politiques de gauche, qui ont fait adopter fin novembre à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à nationaliser ArcelorMittal France, au nom de la défense de la filière tricolore de l’acier.L’avenir de ce texte est cependant très incertain car il lui sera difficile d’être adopté au Sénat, qui penche à droite. Et le gouvernement y est opposé, y voyant “une réponse populiste à un problème structurel”, dixit le ministre de l’Economie Roland Lescure.La demande d’acier, historiquement portée par l’automobile et le bâtiment, s’émousse en Europe. Et la production locale fait face à l’énorme concurrence de la production asiatique et surtout chinoise, vendue beaucoup moins chère.Malgré des mesures sans précédent de Bruxelles annoncées en octobre pour soutenir la compétitivité de la sidérurgie européenne, ArcelorMittal n’a toujours pas confirmé son projet clé de décarboner ses hauts-fourneaux de Dunkerque.Le groupe a aussi annoncé en avril la suppression de quelque 600 postes en France, un chiffre désormais ramené à 260 emplois en raison de réorganisations et reclassements anticipés. Début novembre, un rapport d’experts mandatés par le CSEC du groupe, contesté par l’entreprise, avait jugé l’avenir du géant sidérurgique “incertain” en France, et critiqué notamment un sous-investissement dans son outil de production.

L’Œuf d’Hiver Fabergé bat un record aux enchères pour 22,9 millions de livres

L’Œuf d’Hiver de la famille impériale russe, considéré comme l’une des plus belles pièces créées par le joaillier Fabergé, s’est envolé pour la somme record de 22,9 millions de livres (26 millions d’euros) aux enchères mardi à Londres chez Christie’s.Il établit “un nouveau record mondial pour une œuvre de Fabergé”, souligne dans un communiqué Margo Oganesian, responsable du département Fabergé et œuvres russes au sein de la maison d’enchères.Ce luxueux objet, qui suscitait la convoitise des collectionneurs internationaux, était estimé à plus de 20 millions de livres par Christie’s, qui n’a pas communiqué l’identité ni la nationalité de l’acquéreur.”Avec seulement une poignée d’œufs de Pâques impériaux encore entre les mains de collectionneurs privés, il s’agissait d’une occasion exceptionnelle et historique”, commente Margo Oganesian. Commandé par le tsar Nicolas II pour sa mère, l’impératrice douairière Maria Feodorovna, l’Œuf d’Hiver des Romanov n’a pas seulement été le témoin des soubresauts de l’histoire moderne russe, il est à bien des égards un objet d’exception.Il a largement dépassé le précédent record pour un œuf Fabergé. Celui-ci avait été établi en 2007 avec la vente de l’Œuf Rothschild par la même maison d’enchères pour près de neuf millions de livres (12,5 millions d’euros) à un collectionneur russe.Par essence, les œufs Fabergé sont des pièces rares, avait rappelé à l’AFP Margo Oganesian.La maison dirigée par le joaillier russe Pierre-Karl Fabergé en a créé 50 pour la famille impériale à l’occasion des fêtes pascales, avant la chute de cette dernière lors de la Révolution de 1917 et son exécution en 1918. Une tradition inaugurée par le tsar Alexandre III. Elle a été poursuivie par son fils, Nicolas II, avec une différence. Le dernier tsar de l’histoire faisait confectionner deux œufs: un pour sa mère, en plus de celui pour son épouse Alexandra.- 4.500 diamants -Ces œufs suscitent un regain d’intérêt sur le marché de l’art depuis les années 1950 – jusqu’ici, principalement auprès des Russes fortunés, désireux de s’offrir un bout de l’histoire de leur pays.A ce jour, seuls 43 d’entre eux existent encore, et sept sont aux mains de particuliers. Mais l’Œuf d’Hiver a une place à part dans la collection des Romanov.Haut de 14 centimètres, taillé dans un fragile cristal de roche et agrémenté de plus de 4.500 diamants, il est, selon les experts, la création la plus luxueuse de la maison pour la famille impériale.Outre l’opulence même de l’objet, c’est “la technique et le savoir-faire” utilisés qui en font un objet exceptionnel. “Il est difficile de comprendre comment Fabergé l’a réalisé”, avait estimé Margo Oganesian.L’œuf et son socle sont sculptés dans le cristal de roche, puis ornés de montures en platine, façonnées en forme de flocons de neige. À l’intérieur, une surprise s’offre aux regards: un bouquet de fleurs composé d’anémones en quartz blanc, fixées sur des tiges en fil d’or dans un panier en platine.Comme les autres possessions des Romanov, il porte sa part d’histoire russe. Il est transféré de Saint-Pétersbourg à Moscou dans les années 1920, où il est vendu par les Bolchéviques.Il est alors acheté par un joaillier londonien. En 1949, il est à nouveau vendu aux enchères à Londres, avant de disparaître des radars. Son propriétaire actuel n’a pas été révélé.”Pendant 20 ans, les experts et les spécialistes l’ont perdu de vue, jusqu’à ce qu’il soit redécouvert en 1994 et mis en vente chez Christie’s à Genève”, a souligné Margo Oganesian. Huit ans plus tard, en 2002, il est à nouveau vendu, à New York cette fois, pour 9,6 millions de dollars.

L’économie allemande traverse “sa crise la plus profonde” de l’après-guerre, selon les industriels

L’économie allemande traverse “sa crise la plus profonde” de l’après-guerre, a averti mardi la première fédération industrielle du pays, reprochant au gouvernement son inaction malgré une quatrième année consécutive de production industrielle en chute.Le produit intérieur brut (PIB) de l’Allemagne devrait au mieux connaître une année de stagnation en 2025, après deux ans de récession, tandis que le chancelier Friedrich Merz semble peiner à trouver la recette pour mener des réformes et donner confiance aux entreprises.”L’économie allemande est en chute libre et pourtant le gouvernement ne réagit pas avec la détermination nécessaire”, a dénoncé dans un communiqué Peter Leibinger, président de la Fédération des industries allemandes (BDI). Le communiqué de cette organisation patronale est pour le moins alarmiste et critique du chancelier Merz, un conservateur allié aux sociaux-démocrates au sein d’une coalition gouvernementale assez impopulaire, arrivée au pouvoir au printemps, après des élections législatives marquées par l’essor de l’extrême droite.”Nous attendons cette année une chute de la production de 2%, la production industrielle sera donc en recul pour la 4e année consécutive. Ce n’est pas un trou d’air conjoncturel, mais un décrochage structurel”, martèle le BDI, appelant les autorités à un “tournant dans la politique économique, avec des priorités claires pour la compétitivité et la croissance”.Après avoir fait longtemps exception dans une Europe désindustrialisée, l’Allemagne a profité d’une insolente bonne santé économique dans les années 2010, grâce à un modèle fondé sur l’exportation de produits à haute valeur ajoutée sortant d’usines tournant à plein régime à l’aide du gaz russe bon marché.- Trop-plein de règles -Mais la pandémie de Covid-19, l’envolée du coût de l’énergie après l’invasion russe de l’Ukraine, un manque d’innovation, la concurrence chinoise et désormais les taxes douanières américaines sont venus éroder ses fondations, transformant peu à peu la première économie européenne en homme malade du continent.Le chancelier Merz a promis cet automne une série de réformes et un toilettage bureaucratique en Allemagne comme en Europe, répondant à une revendication des entreprises qui jugent les règlementations trop complexes, y voyant un frein à l’innovation et un moteur de coûts.”Nous avons trop d’exigences réglementaires”, abonde dans une réaction à l’AFP Brian Fürderer, patron de Microqore Medical, un fabricant d’équipements chirurgicaux. Pour cet entrepreneur, le processus allant de “la certification à la mise sur le marché d’un produit prend beaucoup trop de temps et est beaucoup trop compliqué”.M. Fürderer regrette également que les Allemands soient “toujours dépendants de marques étrangères” dans les domaines clés comme l’IA ou les logiciels.La semaine dernière au Parlement, Friedrich Merz a défendu son action, énumérant les réformes adoptées comme la baisse de la fiscalité des entreprises ou la tarification de l’électricité. Mais pour les industriels, ça ne va pas assez vite.- “Réformes structurelles” -“Chaque mois sans réformes structurelles résolues coûtera encore des emplois”, juge le BDI.La transformation de l’industrie allemande met l’emploi sous pression: l’automobile a perdu 6,3% de ses effectifs en un an, soit 48.700 postes, la métallurgie 2,6% depuis un an et plus de 11% depuis 2019, détaille le BDI dans un rapport publié mardi.Dans l’automobile, Volkswagen prévoit ainsi la suppression de 35.000 emplois d’ici 2030, soit 29% de ses effectifs en Allemagne.La fédération de l’industrie chimique et pharmaceutique a déjà alerté sur un niveau de production au plus bas depuis 30 ans dans la chimie. À l’inverse, l’industrie de l’armement, dopée par des investissements massifs, fait figure de bouée de sauvetage pour le gouvernement, qui a appelé mardi à une coopération renforcée entre secteurs.Et si “la situation est sans aucun doute grave”, outre la défense, des secteurs “comme l’aéronautique, la technologie médicale, l’industrie ferroviaire, la technologie énergétique” se portent “globalement bien”, tempère dans une réaction à l’AFP vice-président du syndicat de la métallurgie IG Metall.

La Bourse de Paris dans l’attente de nouvelles sur l’Ukraine et l’économie américaine

La Bourse de Paris a terminé en légère baisse mardi, à l’exception des banques, dans une séance calme marquée par l’attente, d’un côté, d’indicateurs économiques américains déterminants pour la politique monétaire du pays, et de l’autre, de nouvelles sur les négociations pour la paix en Ukraine.Le CAC 40 a perdu 0,28%, soit 22,39 points, pour s’établir à 8.074,61 points. La veille, l’indice vedette parisien a cédé 0,32%, clôturant à 8.097,00 points.”On a un CAC 40 et d’autres indices européens assez timides depuis le début de  la semaine”, constate Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés chez IG France, interrogé par l’AFP.”Une atmosphère de calme règne sur les marchés”, note Fawad Razaqzada, analyste marchés chez Forex.com, pour qui “l’absence de nouvelles majeures a certainement contribué à ce ton plus serein”.Les investisseurs patientent avant la publication mercredi du rapport mensuel sur les créations d’emplois aux Etats-Unis dans le secteur privé pour novembre puis, vendredi, la très attendue inflation, selon l’indice PCE, pour le mois de septembre.En parallèle, le marché scrute les nouvelles sur de potentielles avancées pour mettre fin à la guerre en Ukraine.Le président russe Vladimir Poutine a accueilli mardi soir au Kremlin l’émissaire américain Steve Witkoff pour évoquer le plan de Washington visant à mettre fin à la guerre, selon des images de la télévision russe.Une délégation de Kiev pourrait rencontrer mercredi Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner, en Europe après leurs pourparlers à Moscou, selon une source ukrainienne à l’AFP. L’Ukraine guette avec attention les résultats de cet entretien, le président Volodymyr Zelensky ayant plaidé mardi pour une fin de la guerre et pas “seulement à une pause” dans les combats.Les banques au beau fixeLes banques françaises sont les grandes gagnantes de la séance boursière, Société Générale s’octroyant 2,24% à 61,06 euros, BNP Paribas 2,23% à 75,08 euros, et Crédit Agricole 1,57% à 16,84 euros.Les investisseurs digèrent toujours les propos tenus lundi par le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Kazuo Ueda, qui ont renforcé les attentes d’une hausse de taux de l’institution dès sa réunion des 18-19 décembre.La BoJ va ainsi “réduire l’écart de taux avec les autres banques centrales”, et donc ” déboucler les opportunités de +carry trade+”, un mécanisme consiste à emprunter dans une devise dont la banque centrale pratique des taux bas, comme celle du Japon, pour placer ses fonds dans des actifs à plus haut rendement, explique M. Baradez.Les attentes de hausses de taux de la BoJ font monter également les taux américains et européens: “tout ce qui se passe au Japon déborde des frontières par les phénomènes de transmission de liquidités du Japon aux autres zones”, ajoute-t-il.Les banques profitent ensuite des taux plus élevés car “les marges des banques sont contraintes par les taux faibles”, poursuit Alexandre Baradez. “Quand les taux se redressent, cela profite aux valeurs bancaires en autorisant les banques à faire des marges confortables sur la partie crédit”.

Shein esquive les députés, la procureure de la République saisie

Comme prévu, Shein n’est pas venu: la plateforme d’e-commerce a refusé mardi de se rendre devant une commission de l’Assemblée nationale, tant que la décision de justice sur sa suspension n’est pas rendue, et va en conséquence faire l’objet d’une saisine de la procureure de la République.La sanction encourue est très faible: une amende de 7.500 euros. Mais elle est “symbolique” face à l’attitude “irrespectueuse” de la marque de mode éphémère, explique Sandrine Le Feur, députée Renaissance, présidente de la commission Développement durable et Aménagement du territoire de l’Assemblée, devant laquelle l’entreprise était convoquée.Shein a déjà écopé cette année en France de trois amendes d’un total de 191 millions d’euros, notamment pour fausses promotions et informations trompeuses.Le groupe asiatique avait demandé la semaine dernière un nouveau report de cette audience, arguant qu’il souhaitait attendre d’abord la décision du tribunal judiciaire de Paris sur sa suspension, réclamée par l’Etat en raison des produits interdits qu’elle vendait.Après la découverte fin octobre de la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine et d’armes de catégorie A, Shein avait été convoqué une première fois le 18 novembre devant la mission d’information sur les contrôles des produits importés en France de l’Assemblée. C’est ensuite la commission Développement durable qui avait pris le relais, en convoquant Shein le 26 novembre puis le 2 décembre. A chaque fois, Shein a demandé un report en raison de la procédure judiciaire déclenchée par le gouvernement.- “Pas une excuse” -“Les députés sont respectueux des enquêtes en cours et de la séparation des pouvoirs et donc cette enquête n’est absolument pas une excuse”, a répondu Sandrine Le Feur.”Choquée” par les “trois refus” de Shein, elle explique que la saisine du procureur de la République est “une première” pour une commission permanente de l’Assemblée.Cette saisine doit être faite mardi soir, a précisé le cabinet de Mme Le Feur à l’AFP.Selon elle, le comportement de Shein n’est “pas acceptable”. Elle s’indigne notamment de la demande par le groupe asiatique d’un “entretien préalable (…) pour s’assurer de la bonne tenue de l’audition”.Shein a pris “connaissance” de la saisine, et “réaffirme sa volonté de participer aux travaux” de la commission, réagit l’entreprise dans un communiqué transmis à l’AFP.”Nous considérons que toute contribution doit intervenir dans le respect des procédures judiciaires en cours et à l’issue de la décision attendue du tribunal judiciaire”, répète Shein. Une proposition transpartisane de résolution européenne sera par ailleurs soumise mercredi en commission européenne de l’Assemblée pour alerter Bruxelles et demander la suspension de la plateforme à l’échelle de l’UE.Mercredi 10 décembre, les dérives des plateformes d’e-commerce seront encore à l’ordre du jour parlementaire avec la présentation du rapport de la mission d’information sur les contrôles des produits importés.Avant cela, Shein sera au tribunal vendredi. L’Etat y demandera une suspension du site pendant trois mois et une réouverture assortie de conditions, sous contrôle de l’Arcom, régulateur du numérique.Le parquet de Paris avait indiqué la semaine dernière qu’une demande de blocage de trois mois pourrait être considérée comme disproportionnée au regard de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme.Face à une première tentative de suspension début novembre, le groupe avait retiré les produits incriminés et suspendu toutes les ventes réalisées sur son site français par des vendeurs tiers, sa “marketplace”, ainsi que celles hors habillement.

Pas question de toucher au fonctionnement du livret A, assure Roland Lescure

Le ministre de l’Economie et des Finances Roland Lescure a assuré mardi que le gouvernement “n’envisageait absolument pas” de toucher au fonctionnement du Livret A, que suggère de modifier le Conseil des prélèvements obligatoires, un organisme rattaché à la Cour des Comptes.”Les recommandations rendues publiques hier n’engagent que la Cour des comptes et ne constituent en aucun cas la position du Gouvernement”, assure-t-il dans un message posté sur le réseau social Bluesky.Dans un rapport présenté lundi, le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) suggère de nombreuses pistes pour réformer la fiscalité du patrimoine, et notamment de modifier les plafonds des livrets d’épargne réglementée (Livret A, livret d’Epargne Populaire-LEP…), en soumettant à l’impôt ce qui dépasserait du plafond.Cela permettrait, selon le CPO, d’inciter à réorienter l’épargne populaire vers des investissements qu’il juge plus efficaces pour l’économie.”Le Gouvernement n’envisage absolument pas de toucher au fonctionnement du Livret A : ni à travers une réduction de son plafond, ni par une fiscalisation, y compris partielle”, assure M. Lescure.Pour lui, le Livret A est “un produit d’épargne populaire essentiel, qui joue un rôle déterminant dans le financement du logement social et du renouvellement urbain”, et “il constitue un outil central pour soutenir les ménages qui en ont le plus besoin”.”S’agissant des préoccupations exprimées sur le pouvoir d’achat”, M. Lescure rappelle dans son message toutes les mesures “fortes” qu’avait prise le gouvernement pour lutter contre l’inflation ces dernières années, comme le bouclier tarifaire ou les chèques énergie.Le sujet est inflammable politiquement. Le ministre bataille ainsi verbalement depuis plusieurs jours avec le RN, dont le président Jordan Bardella a appelé ses partisans à “se mobiliser” contre un projet de hausse des certificats d’économie d’énergie (CEE).Celui-ci fera monter les prix du carburant à la pompe de 4 à 6 centimes par litre en janvier, a prévenu mercredi l’Union française des industries pétrolières (Ufip). Rappelant que les CEE financent la transition écologique des moins aisés, M. Lescure a accusé M. Bardella, “de ne pas savoir de quoi il parle ou de mentir comme un arracheur de dents”, samedi sur BFMTV.”S’il veut relayer la communication (des pétroliers) il peut le faire, mais il devrait plutôt utiliser la relation qu’il a avec eux pour les convaincre de ne pas augmenter les prix” du carburant, avait-il lancé.

Les Bourses européennes terminent indécises

Les Bourses européennes ont terminé sans direction claire mardi, indécises en pleines négociations pour mettre un terme à la guerre en Ukraine et avant la publication de plusieurs indicateurs macroéconomiques américains déterminants pour la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed).La Bourse de Paris a perdu 0,28%, Londres est restée à l’équilibre (-0,01%), quand Francfort a gagné 0,51% et Milan 0,22%.

La vente de Valeurs actuelles à un trio d’investisseurs dont Pierre-Edouard Stérin finalisée

La vente de l’hebdomadaire de droite conservatrice Valeurs actuelles par son propriétaire, la famille Safa, à un trio d’investisseurs où figure le milliardaire catholique Pierre-Edouard Stérin a été finalisée, ont indiqué mardi à l’AFP les vendeurs et une source proche du dossier.”Le groupe Pidevmedias a vendu Valmonde, la société éditrice de Valeurs actuelles, à un trio d’investisseurs composé de Benjamin La Combe, Alexis Caude et Pierre-Edouard Stérin”, a déclaré à l’AFP le président de Pidevmedias, Erik Monjalous.”Notre conseil de surveillance avait donné son accord il y a quelques semaines. Nous avons signé le contrat de vente ce (mardi) matin”, a ajouté M. Monjalous. Une source proche de la vente, qui a tenu à rester anonyme, a confirmé la transaction. Aucun montant n’a été communiqué.Valmonde appartenait aux héritiers de l’homme d’affaires franco-libanais Iskandar Safa, mort en janvier 2024 et qui avait racheté ce groupe en 2015.L’opération, qui avait été annoncée fin septembre, permet à Pierre-Edouard Stérin, catholique conservateur installé en Belgique, de renforcer sa présence dans le paysage français. L’homme d’affaires, que les coffrets cadeaux Smartbox ont rendu milliardaire, est sorti de l’ombre depuis que son projet politique “Périclès”, acronyme de “Patriotes enracinés résistants identitaires chrétiens libéraux européens souverainistes”, a été rendu public en 2024 par L’Humanité et le JDD.Il avait cherché en vain à racheter l’hebdomadaire Marianne en 2024, mais la rédaction s’y était opposée.L’actuel directeur de la rédaction de Valeurs actuelles, Tugdual Denis, restera à son poste. Sous son impulsion, l’hebdomadaire a lancé une nouvelle formule en janvier, en revendiquant un cap “libéral-conservateur”, après le départ en 2023 de Geoffroy Lejeune, licencié avec fracas et parti diriger le Journal du dimanche (JDD) du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.  Sous la direction de M. Lejeune (2016-2023), Valeurs actuelles avait soutenu le candidat d’extrême droite Eric Zemmour à la présidentielle de 2022 et s’était spécialisé dans les Unes choc, sur le “grand remplacement”, les “racailles” ou “la terreur vegan”.Entre juillet 2024 et juin 2025, Valeurs actuelles s’est vendu à 73.000 exemplaires en moyenne par numéro, soit une baisse des ventes de 21% sur un an, selon l’ACPM (Alliance pour les chiffres de la presse et des médias). Sa diffusion payée s’élevait à 114.000 exemplaires en 2021.

La démographie, défi à anticiper pour les finances publiques, selon un rapport

Fécondité en baisse, allongement de l’espérance de vie: le poids de la démographie sur les finances publiques va aller croissant, souligne mardi la Cour des comptes, qui invite à repenser “la vision collective” du vieillissement et de l’âge du départ à la retraite. “La contrainte systémique que fait peser la démographie sur les systèmes de retraite par répartition invite à repenser la tranche d’âge 60-70 ans comme une décennie où l’activité professionnelle devra continuer à prendre une place croissante pour ceux qui le pourront”, note le rapport de la Cour des comptes.A l’heure où l’Assemblée nationale va reprendre l’examen du budget de la Sécurité sociale, la Cour souligne que “l’âge de bascule” du travail à l retraite exerce, “au moins autant que le niveau des pensions, une influence décisive sur l’équilibre des finances publiques”. Mais “l’intensité du débat sur les retraites” ne devrait pas éclipser les autres défis posés par le vieillissement de la population, insiste l’institution.Avec le déclin de la fécondité (1,62 enfant par femme en 2024), l’espérance de vie allongée, l’arrivée à des âges avancés des générations nombreuses du baby-boom, la part des 65 ans et plus dans la population française est passée de 16,3% en 2005 à 21,8% en 2024. Par ailleurs, d’ici 2070, cette part pourrait même atteindre 28,9%. Pour la Cour des comptes, la réduction du nombre d’habitants en âge de travailler va éroder les recettes publiques, qui vont décrocher par rapport à des dépenses pour les retraites, la santé et la dépendance durablement augmentées par les effets du vieillissement.En maintenant les dépenses par tête et par tranche d’âge à leur niveau actuel, les dépenses publiques pourraient représenter 60,8% du PIB en 2070, un niveau comparable à celui déjà atteint lors du pic de la crise du Covid-19. Il est ensuite revenu à 57%.Concernant l’hypothèse d’une stabilisation à ce niveau à l’horizon 2070, la dépense publique annuelle par tête “devrait alors être réduite”, au fil des décennies, “de 1,7% en 2030, 3,3% en 2040, 4,8% en 2050, 5,1% en 2060 et 6,1% en 2070”, écrit le rapport.Dans ce contexte, les modalités de financement du système de protection sociale “seront nécessairement appelées à évoluer” et il incombera aux responsables politiques d’arbitrer “entre fiscalité ou cotisations, solidarité intergénérationnelle ou intragénérationnelle, secteur public et secteur privé” pour garantir équité et soutenabilité, selon les estimations de la Cour.Avec ce document, la Cour n’est “pas en train d’appeler à la retraite à 70 ans” mais elle espère “éclairer le débat public que nous devons impérativement avoir, et je pense en premier lieu à (l’élection présidentielle de) 2027” , a souligné Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes, en marge d’une conférence de presse. Car malgré son prévisible impact massif sur les finances publiques, “la démographie reste la grande absente” des débats budgétaires, a-t-il souligné. Pour M. Moscovici, pouvoirs publics et partenaires sociaux doivent anticiper ces transformations démographiques, faute de quoi la France risque de se retrouver “au pied du mur”.”Ne commettons pas la même erreur avec la démographie que celle que nous avons commise avec la dette publique”, a-t-il prévenu. 

Dermatose: un troupeau abattu dans le Doubs malgré une mobilisation

Des centaines de manifestants et des recours devant le Tribunal administratif n’y auront rien changé: un troupeau de vaches, pourtant vaccinées contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), devait être abattu mardi dans une ferme du Doubs.Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes dans la matinée afin d’évacuer des manifestants dans cette ferme de Pouilley-Français où 83 vaches doivent être envoyées à la mort.”C’était ultra-violent”, a dénoncé Stéphane Galais, porte-parole national de la Confédération paysanne présent sur place. “On ne supporte plus cette façon autoritaire de gérer les crises sanitaires”.Dans un communiqué, la préfecture a fait état de quelque 300 manifestants, face à “un dispositif de sécurité composé de 175 gendarmes”. Le préfet du Doubs, Rémi Bastille, avait interdit lundi soir toute manifestation “aux abords de l’exploitation”.”Les forces de l’ordre ont effectué un tir défensif de LBD face à des tracteurs en mouvement vers des gendarmes, mais aucune personne n’a été blessée”, indique la préfectureDeux personnes ont été interpellées dans cette exploitation près de Besançon, dont le propriétaire Cédric Lhomme avait lancé un appel, relayé par la Coordination rurale et la Confédération paysanne, à se rassembler afin d’empêcher les abattages.”L’opération de dépeuplement du cheptel de Pouilley-Français est engagée”, a déclaré la préfecture du Doubs dans le communiqué.”Le préfet du Doubs renouvelle son entier soutien à l’éleveur et sa famille dans cette épreuve, ainsi qu’aux intervenants mobilisés sur cette opération”, a-t-elle indiqué, ajoutant que les forces de l’ordre sécurisaient l’exploitation “afin de permettre le bon déroulement des opérations”.Les bovins avaient bien été vaccinés contre la DNC mais une vache a été testée positive vendredi, ce qui doit entraîner d’après les services de l’Etat l’abattage de tout le troupeau.- Apparition de nodules -Les organisations agricoles avaient saisi le tribunal administratif de Besançon, mais peine perdue, ce dernier a rejeté en début d’après-midi leur recours en référé.Dans son ordonnance, le tribunal souligne notamment que la “présence d’une bête contaminée démontre que la vaccination de l’ensemble du cheptel a été réalisée trop tardivement pour le prémunir de la dermatose nodulaire”, et fait courir des risques aux exploitations situées à proximité.Céline Lhomme, l’épouse de l’exploitant, a plus tôt déclaré à l’AFP que la vache en question allait “très bien” et que les nodules qui sont apparus pourraient être liés à sa vaccination.Elle a indiqué avoir demandé à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, originaire du Doubs, d’intervenir. “Elle fait la sourde oreille, on n’a aucune nouvelle”, a regretté Mme Lhomme.Sollicité, le ministère de l’Agriculture n’a pas réagi dans l’immédiat.Le procureur de la République de Besançon, Cédric Logelin, a précisé que les deux personnes interpellées sont poursuivies pour “violence avec arme” et refus d’obtempérer par conducteur d’un véhicule. Il a ajouté que le conducteur d’un tracteur “a été touché à l’épaule” et que des examens médicaux sont en cours pour les deux gardés à vue.A l’autre bout du pays, une centaine de manifestants ont tenté lundi de s’opposer à l’abattage, dans les Pyrénées-Orientales, d’environ 80 bovins dans le cadre de la lutte contre la DNC, avant d’être délogés par les gendarmes.