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A Béziers, des milliers de viticulteurs demandent “d’agir vite” face à leur détresse

Des milliers de viticulteurs ont exprimé leur désarroi dans les rues de Béziers samedi pour demander aux pouvoirs publics d'”agir vite” face à la concurrence étrangère et à la grande distribution qui tirent les prix vers le bas et au réchauffement climatique.Au moins 4.000 manifestants, selon la préfecture, 7.000 selon les organisateurs, ont également demandé un allègement des normes, trop contraignantes selon eux.En marge du cortège, qui a défilé dans le calme, un magasin Lidl a été dégradé et saccagé, et un radar et des poubelles brûlées, selon la préfecture.Des membres de la Coordination rurale ont craqué des fumigènes jaunes et noirs à leur effigie. Côté FNSEA, le premier syndicat agricole s’est réjoui de l’affluence.”Voir toute cette mobilisation, ça fait plaisir mais je sais pas si ça fera avancer les choses. On a l’impression qu’on ne nous écoute pas, qu’on se fout de nous”, confie Carole, viticultrice de 51 ans qui produit un vin d’appellation Minervois et qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.Son exploitation de 17 ha à Pouzzoles, dans l’Aude, est dans la famille depuis trois générations mais elle “ne sait pas si on pourra la léguer à nos enfants, c’est le plus dur”. Son fils, Romain, âgé de 16 ans, ne souhaite pas reprendre l’exploitation. “Quand on voit (la situation) maintenant, c’est pas possible de se projeter car ça empire d’année en année. C’est pas vivre, c’est survivre”, explique-t-il à l’AFP.A intervalle régulier, des Biterrois ont applaudi de leurs fenêtres. “Merci !”, ont lancé des manifestants émus, leurs applaudissements se propageant au cortège. “On nous étouffe sous les normes. On nous noie sous les taxes. On nous ment sur les prix. Et pendant qu’on se bat pour survivre, d’autres exportent le vin au prix de l’eau. D’autres vendent des bouteilles au prix d’un simple café”, a affirmé Romain Angelras, président des Jeunes agriculteurs (JA) du Gard.”On nous parle aujourd’hui de souveraineté alimentaire. Mais nos politiques la sacrifie sur l’autel du libre-échange. Les vignerons ne se tairont pas. Il nous faut des réponses vite maintenant!”.Une délégation de viticulteurs doit être reçue le 24 novembre par le ministère de l’Agriculture, veille du grand salon professionnel Sitevi prévu à Montpellier du 25 au 27 novembre et où est attendu la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.Elle avait déjà reçu des représentants le 6 novembre. Selon le président des Vignerons indépendants Jean-Marie Fabre, “trois leviers” à actionner pour amorcer une sortie de crise avaient été évoqués: un soutien de trésorerie sous la forme notamment de prêts de consolidation, un nouveau plan d’arrachage à hauteur de 35.000 hectares (sur les 780.000 ha de vigne française) et davantage de soutien au plan du commerce international.- 2025, mauvais millésime -Consommation de vin des Français en recul, épisodes de gel, de grêle et de sécheresse qui se multiplient, droits de douane de Donald Trump et taxes chinoises sur le cognac et l’armagnac… “Jamais notre secteur n’avait eu à traverser en quatre ou cinq ans autant de crises avec des origines multiples, multifactorielles”, souligne Jean-Marie Fabre.”Dans toutes les zones viticoles de France, c’est compliqué”, rappelle Jean-Samuel Eynard, président de la chambre d’agriculture de Gironde, où il cultive 35 ha de vigne d’appellation Côte-de-bourg.Les difficultés sont accrues en Occitanie, premier vignoble de France en surface, aux appellations souvent moins renommées, et territoire particulièrement frappé par le changement climatique où les grappes se sont desséchées cet été sous des températures supérieures à 40 degrés.Signe de l’urgence, FNSEA/JA et Coordination rurale ont mis de côté leurs divergences et portent une vingtaine de revendications comme “la lutte contre les prix du vin abusivement bas pratiqués par les négociants et la grande distribution”, l’accès à l’eau ou encore l’assouplissement de la loi interdisant la publicité pour le vin.Tous craignent en plus que le millésime 2025 soit d’une maigreur inédite.

Droits de douane: le Brésil salue le revirement américain, mais veut plus

Le gouvernement brésilien a estimé samedi que la levée de droits de douane annoncée par Donald Trump pour certains produits comme le café va “dans la bonne direction”, tout en espérant davantage des négociations en cours.Malgré l’annonce vendredi par le président américain de cette annulation de droits de douane de 10% dits “réciproques” sur certains produits agricoles en vigueur depuis avril, le Brésil demeure touché par une surtaxe punitive de 40% infligée par Washington sur une part importante de ses exportations vers les Etats-Unis.Par conséquent, le café et la viande de boeuf, qui étaient taxés à 50% depuis le mois d’août, le sont désormais à 40%. Le Brésil est le premier producteur et exportateur mondial de ces deux produits.Cette surtaxe de 40% a été imposée en représailles à une supposée “chasse aux sorcières” contre l’ex-président brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro, allié politique de M. Trump, qui a été condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’Etat en septembre.La levée de certains droits de douane au niveau mondial annoncée vendredi est “positive et va dans la bonne direction”, a déclaré samedi le vice-président du pays sud-américain, Geraldo Alckmin, lors d’un conférence de presse à Brasilia.”Nous allons continuer à travailler pour réduire davantage (les droits de douane imposés au Brésil, ndlr). Dans le cas du café, il n’est pas logique de maintenir 40%, étant donné que le Brésil est le principal fournisseur des États-Unis”, a-t-il affirmé.Le dialogue entre Washington et Brasilia a repris ces dernières semaines, symbolisé par une rencontre entre Donald Trump et son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva fin octobre en Malaisie.Les négociations se poursuivent: le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a rencontré deux fois le ministre des Affaires étrangères brésilien Mauro Vieira cette semaine, mercredi au Canada puis jeudi à Washington.Contrairement à la majorité des pays qui se sont vus imposer des surtaxes douanières par Washington, la balance commerciale du Brésil par rapport aux Etats-Unis est déficitaire.

Washington insiste sur la sortie des Russes de la compagnie pétrolière serbe NIS et maintient les sanctions (ministre)

Le gouvernement américain insiste sur le retrait des compagnies russes de la société pétrolière serbe NIS et maintient des sanctions qui la visent depuis le 9 octobre, a déclaré samedi la ministre serbe de l’Energie, en annonçant des décisions “difficiles” que son pays devra prendre dans les prochains jours.La ministre serbe Dubravka Djedovic Handanovic a expliqué que le gouvernement américain avait refusé une requête des avocats de NIS (Industrie pétrolière serbe) pour réclamer la levée des sanctions en échange d'”un accord sur un changement de gestion” au sein de la compagnie pétrolière, cruciale pour l’économie locale.La Serbie a cédé en 2009 les parts majoritaires dans NIS au géant russe Gazprom Neft.”Pour la première fois, l’administration américaine a clairement et sans équivoque déclaré et écrit qu’elle souhaite un changement complet des actionnaires russes dans la propriété, c’est-à-dire qu’elle exige le retrait de la propriété russe de la compagnie NIS”, a déclaré la ministre dans une déclaration à la presse.Après plusieurs reports depuis janvier, le ministère des Finances des Etats-Unis a commencé à appliquer le 9 octobre les sanctions contre NIS, dans le cadre des sanctions plus vastes contre le secteur énergétique russe, face au refus de la Russie de mettre fin à la guerre en Ukraine.Acteur principal sur le marché serbe du pétrole, NIS gère la seule raffinerie dans le pays, à Pancevo, près de Belgrade, qui approvisionne environ 80% du marché serbe.Des représentants du NIS ont indiqué que la raffinerie avait des réserves de pétrole pour pouvoir tourner jusqu’au 25 novembre.Dans de telles circonstances, la ministre de l’Energie serbe a annoncé que l’Etat serbe allait devoir prendre des “décisions difficiles”, en évoquant une éventuelle d'”reprise de la compagnie” par le gouvernement.- “Nationalisation” -“Je sais que le président (Aleksandar) Vucic est contre la nationalisation, tout comme beaucoup d’entre nous au sein du gouvernement”, a dit Mme Djedovic Handanovic, en annonçant pour dimanche une réunion “extraordinaire” du gouvernement sur le sujet.”Nous ne permettrons pas que notre pays soit mis en danger, mais nous serons peut-être confrontés dans les jours à venir à certaines des décisions les plus difficiles de notre histoire”, a poursuivi la ministre.Candidate à l’adhésion à l’Union européenne, la Serbie est aussi l’un des rares pays du continent à ne pas avoir imposé de sanctions à la Russie après son invasion de l’Ukraine. Elle dépend fortement des importations du gaz russe.La ministre avait déclaré mardi que la partie russe était “prête à céder le contrôle et l’influence dans la société (…) à une tierce partie”.Ces nouveaux développements laissent deviner un changement de position de Moscou.”J’espère que nos amis russes comprendront la gravité de la situation et qu’ils nous aideront à la surmonter”, a dit Mme Djedovic Handanovic samedi.Selon elle, les autorités américaines ont accordé une “autorisation pour les négociations sur la propriété, valable jusqu’au 13 février”, mais cette autorisation ne met pas en sursis les sanctions.”Nous n’avons pas obtenu un seul jour pour permettre à NIS de continuer à fonctionner”, a souligné la ministre.Selon les données disponibles, Gazprom Neft détient près de 45% de la société serbe. Sa maison mère, Gazprom, a récemment transféré 11,30% des parts à Intelligence, une société de Saint-Pétersbourg.L’Etat serbe possède près de 30% de la compagnie et le reste est détenu par des actionnaires minoritaires.

Le ciel américain retrouve un niveau de vols quasi normal

Le ministre américain des Transports s’est réjoui vendredi que l’espace aérien des Etats-Unis ait connu la veille l’un de ses “meilleurs jours depuis un moment” grâce à la fin de la paralysie budgétaire, avec très peu de contrôleurs absents.”Hier a été l’une des meilleures journées pour notre espace aérien depuis un moment avec simplement quelques contrôleurs aériens manquants à l’appel à leur poste”, a affirmé Sean Duffy, sur son compte X. “Nous sommes en train d’examiner les données fournies et nous travaillons dur pour un retour à la normale de l’espace aérien” (ATC), a-t-il ajouté.Le régulateur américain de l’aviation (FAA) a annoncé vendredi soir un nouvel abaissement du taux de réduction des vols domestiques, qui va passer à 3% des vols programmés dès samedi matin, au lieu de 6%, dans quarante aéroports. Le 7 novembre, une réduction de 10% avait été imposée.Des restrictions supplémentaires sont instaurées depuis jeudi pour douze aéroports à forte fréquentation.Ces limitations sont la conséquence de la paralysie budgétaire aux Etats-Unis, qui a commencé le 1er octobre et s’est officiellement achevée mercredi. Une durée record.Des centaines de milliers de fonctionnaires ont été mis au chômage partiel tandis que d’autres, considérés comme essentiels, ont été appelés à travailler sans salaire.Parmi ces derniers, des milliers de contrôleurs aériens mais, au fil des jours, l’absentéisme a augmenté dans les tours de contrôle qui souffraient déjà d’un manque de personnel avant la paralysie budgétaire.Selon Cirium, fournisseur de données pour l’aéronautique, seulement 2% des vols programmés vendredi avaient été annulés au dernier bilan diffusé à 08H00 (13H00 GMT), soit 540 vols sur les 25.294 qui devaient décoller d’un aéroport américain.Les aéroports d’Atlanta, Chicago-O’Hare, Newark, Dallas Fort Worth et Denver étaient les plus touchés avec une vingtaine d’annulations chacun.- Près de 5% -En temps normal, le taux d’annulation est de 1%, précise Cirium, qui prévoit un retour à la normale d’ici lundi.Le taux d’annulation avait été jeudi de 3,52% (918 annulations) et 86% des vols avaient décollé à l’heure, ce qui est mieux que la moyenne en temps normal.Au total, depuis le 7 novembre, près de 6.400 vols ont été annulés, soit 4,96% de ceux qui avaient été programmés.D’après le site FlightAware, vers 22H20 GMT, 635 vols de, vers et à l’intérieur des Etats-Unis avaient été annulés vendredi et 2.359 retardés. Il prévoit 159 annulations samedi et 24 dimanche.Les compagnies Skywest – sous-traitant d’Alaska Airlines, American, Delta et United -, Envoy (American Airlines), Southwest et Republic étaient les plus touchées vendredi.”Par chance, le niveau des effectifs de l’ATC montre des signes très positifs d’amélioration et nous avons hâte de reprendre nos opérations normales une fois que la FAA donnera l’autorisation”, a souligné à l’AFP Airlines for America (A4A), association représentant les grandes compagnies aériennes américaines.”Nous sommes encouragés par les indications de stabilisation du système de contrôle aérien”, a commenté la compagnie Southwest à l’AFP.La compagnie United Airlines a mis en place sur son site une page listant les quelque 130 vols annulés vendredi, s’engageant à opérer environ 4.000 vols par jour.Le retour à la normale va intervenir juste avant les grands départs pour les festivités de Thanksgiving, rendez-vous familial incontournable des Américains le 27 novembre. Un record de passagers aériens est attendu.

Après Shein, le gouvernement signale six nouvelles plateformes à la justice

Dans le sillage de Shein, le gouvernement a signalé six nouvelles plateformes internet à la justice, dont cinq (AliExpress, Joom, eBay, Temu, Wish) pour la vente de produits illégaux, a annoncé vendredi le ministre du Commerce Serge Papin au Parisien. La Répression des fraudes (DGCCRF) a découvert “qu’AliExpress et Joom vendaient aussi des poupées pédopornographiques” et que Wish, Temu, AliExpress et eBay “vendaient des armes de catégorie A, comme des poings américains et des machettes”, a déclaré le ministre. Par ailleurs, Wish, Temu et Amazon “ne respectaient pas leurs obligations de filtrage des mineurs aux images à caractère pornographiques”, a-t-il ajouté.”Nous avons signalé au procureur de la République l’ensemble des plateformes qui proposaient des contenus illicites”, a poursuivi Serge Papin, interrogé sur le lancement d’actions judiciaires. “S’agissant de Shein nous avons en plus demandé sa suspension à la justice”, a-t-il rappelé. “Toute plateforme qui aura commercialisé des articles illicites aura le même traitement”, a prévenu M. Papin, ce qui ne correspond pas aux griefs à l’encontre du géant américain Amazon, pointé lui pour des mesures de filtrage insuffisantes.”Les dossiers sont soit déjà déposés, soit en passe de l’être”. Avec les ministres de l’Economie, Roland Lescure, déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, de l’Intérieur Laurent Nuñez, “notre vigilance ne faiblira pas”, a-t-il ajouté. Sollicité par l’AFP, eBay a assuré continuer “à oeuvrer sans relâche pour empêcher la vente d’objets interdits sur sa plateforme” et “coopérer” avec “les autorités de régulation françaises sur ce sujet”. Les autres plateformes (hors Shein) contactées par l’AFP n’avaient pas donné suite vendredi soir. Par ailleurs, Serge Papin réunira, le 27 novembre à Bercy, les ministres du commerce des Etats membres de l’Union européenne pour échanger de l’impact de ces plateformes sur le commerce dans l’UE, a indiqué son ministère à l’AFP. La semaine dernière, le gouvernement avait annoncé avoir constaté la vente de produits illicites sur d’autres plateformes que Shein et promis de “nouvelles procédures à leur encontre”.Cela faisait suite à la révélation de la vente sur Shein de poupées sexuelles ressemblant à des fillettes, puis d’armes de catégorie A.Shein a supprimé de son site tous les produits illicites, échappant pour l’heure à une suspension en France, mais est toujours sous le coup de procédures judiciaires.Le groupe asiatique doit être auditionné mardi à l’Assemblée nationale, devant la mission d’information sur les contrôles des produits importés en France, mais n’a pas encore confirmé sa venue. 

Wall Street sans direction claire à l’issue d’une semaine mouvementée

La Bourse de New York a terminé sur une note contrastée vendredi, après une semaine chahutée en raison des incertitudes sur l’état de santé de l’économie américaine en l’absence d’indicateurs officiels.Le Dow Jones a reculé de 0,65%, l’indice Nasdaq a pris 0,13% et l’indice élargi S&P 500 est resté proche de l’équilibre (-0,05%).”Après une forte hausse entre avril et octobre, le marché a le droit de faire une pause, de se consolider et de digérer un peu”, commente auprès de l’AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments.Selon lui, il faut s’attendre à ce que les principaux indices de la place américaine évoluent en dents de scie dans les prochains jours, à l’image de ce qui a été observé cette semaine.Certes, la paralysie budgétaire – la plus longue de l’histoire des États-Unis – est désormais terminée. Mais il faudra encore un peu de temps avant que les investisseurs ne reçoivent suffisamment de statistiques officielles leur permettant d’avoir une idée précise de l’état dans lequel se trouve la première économie mondiale.La semaine prochaine est attendu le rapport sur l’emploi pour le mois de septembre. Les chiffres de l’emploi en octobre devaient être publiés plus tard, mais ils seront tronqués, a d’ores et déjà prévenu un conseiller de Trump.En parallèle, les valorisations des géants de la tech “restent préoccupantes”, relève Adam Sarhan. A l’occasion de la publication de leurs résultats trimestriels, plusieurs grands noms du secteur ont été sanctionnés, à l’image de Meta et Palantir.Dans ce contexte, selon l’analyste, les performances trimestrielles de Nvidia, plus grande capitalisation mondiale, seront “très importantes” mercredi après la clôture.D’autres résultats seront aussi largement suivis, notamment ceux des distributeurs, qui permettront de voir “comment se porte la consommation” des ménages américains, selon M. Sarhan.Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’État américain évoluait autour de 4,14% contre 4,12% la veille.A la cote, la société de biotechnologie Cidara Therapeutics, qui développe notamment un traitement novateur contre la grippe, a été en orbite après l’annonce de son rachat par le groupe pharmaceutique américain Merck (-0,01% à 92,92 dollars) pour environ 9,2 milliards de dollars.Le prix de son action a doublé, à 217,71 dollars.Le fabricant d’électroménager Whirlpool (+6,99% à 70,28 dollars) a été porté par le renforcement à son capital du fonds d’investissement activiste Appaloosa. Selon un document financier, ce dernier possède désormais près de 10% des parts de l’entreprise.Le site de revente de billets sportifs et d’événements et spectacles StubHub a dégringolé (-20,99% à 14,87 dollars) après avoir décidé de ne pas donner de prévision pour le prochain trimestre. Le groupe a fait son entrée à la Bourse de New York en septembre.

BHP jugé responsable d’un désastre écologique au Brésil, compensations colossales en jeu

La justice britannique a reconnu vendredi le géant minier australien BHP responsable de la rupture dévastatrice d’un barrage minier au Brésil en 2015, une décision ouvrant la voie à des dizaines de milliards de livres de compensations pour les 620.000 plaignants recensés dans cette procédure.”BHP est strictement responsable en tant que +pollueur+ des dommages causés par l’effondrement”, tranche la Haute Cour de Londres dans sa décision, à l’issue d’un procès titanesque entre octobre 2024 et mars 2025, qui a vu se succéder experts et victimes.Elle considère aussi que l’entreprise a “fait preuve de négligence, d’imprudence et/ou d’un manque de compétence” sur l’état du barrage, malgré les études et les recommandations. “Le risque d’effondrement du barrage était prévisible”.Pamela Sena a perdu sa fille de cinq ans dans le drame. Interrogée par l’AFP à Bento Rodrigues, l’un des villages les plus touchés, elle a déclaré “avoir pleuré de joie” en apprenant la décision judiciaire. La fillette, Emanuele Vitoria, était à l’école lorsque l’ordre de se réfugier en hauteur a été reçu par les habitants. “Mais quand je suis arrivée là-bas, ils n’étaient pas là. Et quand j’ai regardé en bas, tout était déjà détruit”, se souvient la femme de 31 ans.BHP a annoncé dans un communiqué son “intention de faire appel”. Le groupe avait deux sièges à l’époque des faits, dont un à Londres, ce qui explique cet énorme procès civil dans la capitale britannique.Cette décision “crée un précédent historique en matière de responsabilité internationale des entreprises”, se félicite le cabinet Pogust Goodhead, qui représente les demandeurs. “Les victimes peuvent désormais demander des dommages et intérêts en Angleterre”.La question des dédommagements doit faire l’objet d’un deuxième procès, prévu à partir d’octobre 2026, que la Haute Cour avait commencé à organiser avant même sa décision de vendredi.- Procédure “redondante” -Le 5 novembre 2015, la rupture du barrage de Fundao, près de la ville de Mariana, dans l’Etat du Minas Gerais (sud-est), avait entraîné une gigantesque coulée de boue de déchets toxiques sur 650 kilomètres le long d’un fleuve, le Rio Doce, jusqu’à l’océan Atlantique.La catastrophe a provoqué 19 morts, privé plus de 600 personnes de leur foyer, tué des milliers d’animaux et dévasté des zones de forêt tropicale protégée.Le barrage était exploité par Samarco, dont BHP et la compagnie brésilienne Vale étaient copropriétaires. Pour les avocats des victimes, BHP était au courant pratiquement dès le début du risque sérieux que représentait cette infrastructure.Le groupe australien, qui reconnaît “une tragédie”, considère que la procédure britannique “est redondante” par rapport à un accord de réparation et de compensation à 170 milliards de reais (28 milliards d’euros) signé l’an dernier au Brésil, permettant de dédommager 610.000 personnes.Selon le président de BHP Americas, Brandon Craig, 240.000 plaignants du recours britannique “ont déjà reçu une indemnisation au Brésil” et “signé des décharges complètes”, reconnues selon lui par le tribunal.”Nous pensons que cela réduira considérablement la taille et la valeur des réclamations”, ajoute-t-il.- “Pas un accident” -Mais la majorité des 620.000 plaignants de la procédure britannique (dont 31 municipalités brésiliennes, des entreprises et plusieurs peuples autochtones) estiment ne pas être couverts par cet accord et espèrent obtenir davantage auprès de la justice britannique.Le cabinet Pogust Goodhead avait il y a deux ans évalué les sommes en jeu devant la justice britannique à quelque 36 milliards de livres (41 milliards d’euros), mais cela dépendra du nombre de victimes acceptés.BHP, qui partagera le coût des indemnisations avec Vale, dit ne pas envisager de potentiels premiers paiements “avant 2029″.”Je me suis promis de ne pas me reposer tant que les responsables n’auraient pas été punis pour la mort de mon fils Thiago. La décision du juge confirme ce que nous affirmons depuis dix ans: ce n’était pas un accident et BHP doit assumer”, a réagi dans le communiqué des avocats de Gelvana Rodrigues, dont le fils de 7 ans a été tué par la coulée de boue.Une autre procédure civile est par ailleurs en cours depuis 2024 devant la justice des Pays-Bas.Au Brésil, qui accueille actuellement la COP30, Vale et BHP ont été relaxés il y a un an sur le plan pénal par un tribunal, pour absence de preuves, une décision contre laquelle les victimes s’étaient insurgées.

Emmanuel Macron appelle à “assumer une politique de protection de notre industrie”

Face à la “brutalité des échanges commerciaux” et à la “concurrence déloyale”, le président de la République Emmanuel Macron a plaidé vendredi pour une “politique de protection de notre industrie”, lors de l’inauguration de la cinquième édition de la Grande exposition du fabriqué en France à l’Elysée.”Il faut qu’on assume une politique de protection de notre industrie, et ce n’est pas un gros mot”, a-t-il déclaré devant un parterre de ministres, parlementaires, industriels et entrepreneurs français.Le président a évoqué un contexte économique marqué par l'”accélération de la mondialisation”, la “brutalité des échanges commerciaux ” et “une concurrence déloyale”, citant notamment la “surproduction chinoise” et les droits de douane américains.”Il faut tout à la fois une politique de compétitivité” et “une politique de protection si on ne veut pas se laisser déborder”, a-t-il ajouté.”J’ai besoin de votre soutien”, a lancé Emmanuel Macron, insistant sur un “combat”, mené par la France à l’échelle européenne et “parfois contre beaucoup de ses alliés”.Le président a notamment cité la question de l’acier et celle les petits colis qui “viennent déstabiliser nos commerces de centre-ville”.Depuis des années, la sidérurgie européenne souffre d’une rude concurrence chinoise et est également menacée par la hausse des droits de douane américains. Début octobre, la Commission européenne a proposé de réduire de 47% les quotas annuels d’acier étranger qui peuvent être importés dans l’UE sans droits de douane, notamment de Chine.Sur le sujet des petits colis, les ministres des Finances ont approuvé jeudi la suppression de l’exonération de droits de douane sur les petits colis importés dans l’Union européenne, qui pourrait entrer en vigueur dès le premier trimestre 2026.A l’inauguration de la Grande exposition du fabriqué en France, Emmanuel Macron a aussi plaidé pour la décarbonation. “On peut réindustrialiser le pays en décarbonant”, a-t-il affirmé, ventant la création d’emplois en France “tout en baissant les émissions de CO2″.”Il ne faut pas en ce moment dans le débat public réouvrir des oppositions d’avant-guerre”, a tancé le président. “Si on veut garder nos grands cimentiers, nos grandes aciéries, nos ports, il faut aller beaucoup plus vite dans la décarbonation”.Les 15 et 16 novembre, 123 produits fabriqués sur l’ensemble du territoire français seront exposés au Palais de l’Elysée. L’initiative, dont c’est la cinquième édition, vise à mettre en valeur la fabrication française.

Sébastien Lecornu donne des gages aux départements sur le budget et le social

Le Premier ministre Sébastien Lecornu, lui-même ancien président du département de l’Eure, a proposé vendredi de doubler le fonds de sauvegarde des départements à hauteur de 600 millions d’euros, principale revendication de ces collectivités en grande difficulté financière. Dans un discours prononcé en clôture des Assises des départements à Albi, le chef du gouvernement a dressé le constat “triste” d’une situation inchangée pour les départements depuis 2015, lorsqu’il venait d’être élu conseiller départemental.”Plus la situation est difficile, plus les discours sont sucrés vis-à-vis des départements (…), plus les mots sont doux, moins les solutions arrivent”, a-t-il reconnu.Les départements alertent depuis plusieurs années sur le risque d’asphyxie financière qui les guette sous l’effet conjoint de la chute de leurs recettes issues notamment des transactions immobilières et de l’explosion de leurs dépenses sociales, non pilotables.Quelque 54 départements seront dans le rouge fin 2025, soit la moitié des départements, selon Départements de France, qui estime à six milliards d’euros les dépenses nouvelles imposées par l’Etat depuis deux ans et demi, et à 8,5 milliards la baisse des recettes.Pour éteindre le feu, M. Lecornu a annoncé le dépôt d’un amendement gouvernemental au budget faisant passer de 300 à 600 millions d’euros le fonds de sauvegarde des départements, dont les critères n’évolueront pas.”Ca évite tout défaut, et donc ce n’est qu’une mesure conservatoire”, a-t-il précisé.M. Lecornu a également ouvert la voie à une révision du Dilico, un dispositif très critiqué par les collectivités de mise en réserve de leurs recettes fiscales.”Ce Dilico, par définition, ne peut pas être demandé aux conseils départementaux qui sont dans la difficulté. Les ministres ont le mandat pour non seulement le plafonner dans son montant” mais aussi “dans le nombre de conseils départementaux qui seront concernés”, a-t-il indiqué. “Quoi qu’il arrive (…) il faut qu’il y ait un budget voté à la fin de l’année”, a-t-il toutefois insisté, alors qu’il ne dispose pas de majorité.Chose nouvelle, M. Lecornu s’est dit également ouvert à ce que les départements bénéficient d’une part de CSG. “Si l’on fait du conseil départemental la collectivité des solidarités (…), il est logique que les conseils départementaux perçoivent une part de CSG”, a-t-il estimé.- “Ruptures” -Concernant les causes structurelles des difficultés départementales, Sébastien Lecornu a dit vouloir proposer “quelques ruptures” via le nouvel acte de décentralisation qu’il appelle de ses voeux. “C’est avec les conseils départementaux que l’on va tenter d’écrire le premier chapitre de la réforme de l’État et notamment de la grande clarification autour des questions sociales, médico-sociales et sanitaires”, a-t-il annoncé.Un projet de loi sera déposé en décembre pour créer une “allocation sociale unique”, mesure saluée par les députés LR, dont c’était une revendication.Cette allocation permet de “rapprocher la prime d’activité, le RSA et un certain nombre d’aides au logement”, a déclaré Sébastien Lecornu, ajoutant qu’elle permettrait de faire des économies “de gestion” et “non pas sur les bénéficiaires”.Cette réforme promise par Emmanuel Macron depuis 2018 a vocation à rendre les prestations sociales plus lisibles, mais ses contours sont encore flous.Les associations de défense des plus précaires demandent qu’elle ne se fasse pas aux dépens des plus vulnérables.Sur les compétences, Sébastien Lecornu a ouvert la réflexion sur le transfert aux départements de la gestion des 10.000 km de routes nationales non concédées, et s’est dit favorable à une “réforme profonde des agences régionales de santé”.”Au moment où il faut faire France Santé sur la même logique que France Services (…), on voit bien que c’est la structure départementale qui pourra la mettre en œuvre et la planifier”, a-t-il déclaré en souhaitant intégrer l’accès aux soins dans son avant-projet d’acte de décentralisation.Interrogé par l’AFP, le président de Départements de France François Sauvadet (UDI) a appelé les parlementaires à voter l’amendement concernant le doublement du fonds de sauvegarde.”C’est ce que nous demandions (…). Ca nous permettra d’avoir la tête hors de l’eau”, a-t-il déclaré.Jean-Luc Gleyze, président PS des départements de gauche, a lui salué l’idée d’un transfert de CSG, “vraie réponse” selon lui dans la “solidification d’un socle de recettes cohérent” pour les départements.  “On est satisfaits, il faut qu’on prenne la perche qui nous a été tendue”, a déclaré de son côté Nicolas Lacroix, président des départements de la droite et du centre.