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Le plan de Trump pour l’Ukraine relance le débat sur les avoirs russes en Europe

Le plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre en Ukraine donne des sueurs froides aux Européens et augmente encore la pression pour trancher la question des avoirs russes gelés, au coeur d’un dispositif pour financer Kiev.La proposition en 28 points, partagée par l’administration américaine en fin de semaine dernière, a relancé des discussions nourries entre capitales européennes: comment ne pas se faire imposer cet accord, jugé très favorable à Moscou? Comment essayer de peser sur ces tractations, décisives pour l’avenir de l’Ukraine et la sécurité du continent?Un point en particulier a alimenté l’inquiétude des Européens: le point numéro 14 du plan Trump, sur l’utilisation des actifs russes gelés.- “Aux Européens de décider” -Quelque 210 milliards d’euros de la Banque centrale russe sont actuellement immobilisés dans l’UE. Ils ont été gelés par les Occidentaux après l’invasion de l’Ukraine en février 2022.Le plan du président américain Donald Trump propose de remettre une partie de ces avoirs aux Etats-Unis et au Kremlin pour différents projets.Un scénario inenvisageable pour la plupart des Européens, qui refusent d’être privés de leur meilleur levier face à la Russie.C’est “aux Européens de décider” de l’usage des ces actifs russes, a martelé le président français Emmanuel Macron mardi.La proposition du président américain s’avère d’autant plus délicate que les 27 pays de l’UE débattent justement de la possibilité de s’appuyer sur ces mêmes avoirs russes pour financer l’Ukraine.Fin octobre, les Européens se sont engagés à trouver des solutions pour soutenir l’Ukraine au cours des deux prochaines années, afin de garantir que Kiev ne se retrouve pas à court de ressources. La grande question est désormais de savoir comment organiser ce financement.- Pour la Belgique, c’est toujours non -Pour de nombreux pays de l’UE aux finances publiques fragiles, s’appuyer sur ces avoirs russes gelés, comme l’a proposé la Commission européenne, est de loin l’option la plus séduisante.L’Allemagne, les pays baltes, les scandinaves, la Pologne et les Pays-Bas poussent à fond pour.Mais l’opération complètement inédite soulève de nombreuses questions juridiques. Et donc une forte réticence de la Belgique, où se trouve la plus grande partie de ces avoirs.Le Premier ministre belge Bart De Wever redoute que son pays paie seul les pots cassés en cas de problème et d’être exposé à d’éventuelles représailles russes. Depuis plusieurs semaines, diplomates et responsables européens s’activent en coulisses pour répondre à ces inquiétudes. Et la proposition américaine “a encore accru la pression pour trouver un accord”, selon un diplomate européen sous couvert d’anonymat.Lors d’une conférence de presse lundi, le Premier ministre polonais Donald Tusk a espéré un compromis rapide pour que ces fonds viennent en aide à l’Ukraine. Mais “ce n’est pas encore une décision définitive, car certains pays européens ont encore des réserves”, a-t-il toutefois noté.Sollicitée par l’AFP, la Belgique a affirmé que ses “préoccupations” et sa “position” demeuraient pour l’heure inchangées — en dépit de la présentation du plan de Donald Trump. Les Européens ont désormais trois semaines pour tenter de la rallier au projet ou bien de trouver d’autres formes de financement pour l’Ukraine. Le tout avant un sommet crucial, prévu mi-décembre.

Devis gonflés et imprécisions dans les audits, face à la fraude à MaPrimeRénov’ les nécessaires visites sur place

“Les combles sont très bien isolés, donc il n’y a aucune raison d’isoler les rampants” du toit, contrairement à ce que prévoyait le devis de travaux de rénovation énergétique, selon un agent venu faire un contrôle avant l’octroi éventuel d’une subvention MaPrimeRénov’. La visite de cet expert technique, qui a demandé à ne pas être identifié, a été déclenchée par des doutes de la part du service d’instruction de MaPrimeRénov’ à la lecture du dossier de demande d’aide : aucune isolation aux murs et un chauffe-eau inchangé depuis la construction de cette maison en 1984, à Aubevoye, petite commune de l’Eure.Tournevis en main, l’agent de contrôle démonte un interrupteur électrique pour scruter l’intérieur des murs: bingo! “Derrière le carreau de plâtre, il y a 5 cm de vide d’air, puis le mur en parpaing”. Une constitution “légèrement plus isolante” qu’un mur non doublé. Quant au vieux chauffe-eau, il n’existe pas. Une chaudière au gaz a été installée en 2019 au sous-sol. “Investir 20.000 euros dans une pompe à chaleur si le changement de la chaudière n’est pas nécessaire c’est douteux” et “pas très honnête de la part de l’auditeur”, relève l’agent, pédagogue avec le propriétaire, Fouad. Ce technicien dans l’automobile âgé de 50 ans avait bien conscience des nombreux “fraudes et devis gonflés” dans la rénovation énergétique, mais pas que ça pouvait toucher sa propre maison, qu’il loue à une famille.Le contrôle de “l’état initial du logement”, renseigné dans l’audit énergétique, aura pourtant révélé que des éléments dégradent la note énergétique du logement et justifient certains travaux -pas tellement nécessaires au final, selon l’expert technique- pour lesquels il a été demandé 49.000 euros, la subvention maximale possible au vu des revenus du propriétaire. – “Trois infos et demie” -Des dossiers truffés d’incohérences, l’agglomération Seine-Eure, à 40 km au sud de Rouen, en reçoit des dizaines depuis la création en 2024 des “Accompagnateurs Rénov'” (MAR), des professionnels qui conseillent les particuliers dans leur projet de rénovation énergétique, à consulter obligatoirement pour demander une subvention. Avant 2024, l’intercommunalité aidait les ménages à rénover énergétiquement leur logement en s’appuyant sur des professionnels locaux et certifiés par la région Normandie. Mais “du jour au lendemain, on a reçu des dossiers déposés par des MAR de Marseille, de Lyon, de Bordeaux, avec des audits contenant trois infos et demie, des incohérences immédiates, mais des devis bien propres”, qui ont mis la puce à l’oreille du service d’examen des dossiers MaPrimeRénov’, raconte une instructrice souhaitant garder l’anonymat en raison des pressions récurrentes de particuliers et d’entreprises mécontentes.Un premier contrôle sur place en 2024 révèle des anomalies, idem pour les inspections suivantes sur d’autres cas. “100% des dossiers déposés par des MAR extérieurs au département sont frauduleux”, alerte Anne Terlez, vice-présidente de l’agglomération, chargée de l’habitat. Il ne s’agit pas là d’usurpation d’identité, d’arnaque au détriment des particuliers ni d’entreprises non autorisées à faire ce type d’activité, mais de négligences, d’imprécisions qui contribuent à gaspiller de l’argent public ou en tout cas qui rendent la rénovation moins efficace. – 10% à 15% de contrôles physiques -“Le spectre entre une usurpation d’identité et un dossier parfait est très large, il y a beaucoup de degrés différents de fraude potentielle”, souligne encore l’examinatrice de dossiers, déplorant le manque d’action de la part de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), qui distribue les aides MaPrimeRénov’, sur ces autres facettes de la fraude.Elle constate que “c’est sur l’audit énergétique que ces entreprises arrivent le plus à berner les services instructeurs, qui sont composés de personnel administratif et non technique”, et insiste sur l’importance des “contrôles sur place”, avant travaux, sans quoi “impossible de prouver si quelque chose existe ou pas”. L’Anah assure de son côté avoir des “outils et techniques” pour contrôler l’audit énergétique d’avant travaux et faire appel à des instructeurs qui ont “toutes les expertises pour juger la qualité des projets de travaux”. Au niveau national, les contrôles physiques concernent 10% à 15% des projets et se déroulent après la réalisation des travaux, explique à l’AFP l’agence publique.Mais dans l’Eure, Anne Terlez dit avoir vécu “des injonctions contraires” entre “l’objectif de massification” de la rénovation énergétique poursuivi par l’Anah et la nécessaire lutte contre la fraude. Un reproche balayé par l’Anah qui cite l’allongement des délais d’attente comme preuve de la lutte contre la fraude.

Terres rares: l’Europe doit “muscler son jeu” face au “racket” chinois, selon la Commission

L’Europe doit “muscler” son jeu pour réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine en matière de terres rares, a déclaré mardi le vice-président de la Commission européenne Stéphane Séjourné, accusant Pékin d’exercer une forme de “racket” sur les entreprises européennes qui veulent s’en procurer.Malgré la suspension de certaines de ses restrictions aux exportations de terres rares, la Chine continue d’exiger des entreprises étrangères “des renseignements relevant souvent, et c’est inquiétant, de secrets industriels”, des “exigences qui s’apparentent aussi à du +racket+”, a lancé le commissaire chargé de la Stratégie industrielle.Lors d’un débat au Parlement européen à Strasbourg, M. Séjourné a détaillé les grands axes du plan qu’il présentera la semaine prochaine pour sécuriser les approvisionnements européens en terres rares, baptisé ResourceEU.Les terres rares sont des métaux et minerais essentiels pour des pans entiers de l’économie, en particulier l’industrie automobile, les énergies renouvelables ou la défense.Cette année, la Chine qui domine la production mondiale de terres rares, a imposé des restrictions à ses exportations en avril puis en octobre, au grand dam des industriels européens. Fin octobre, Pékin a annoncé la suspension pour un an d’une partie de ces mesures, dans le cadre d’un accord avec Washington.Mais “cette avancée n’est que partielle, probablement très temporaire et il est temps pour l’Europe de muscler son jeu, redoubler ses efforts, c’est-à-dire vis-à-vis de la Chine, réduire les dépendances”, a estimé M. Séjourné.L’UE a déjà lancé des initiatives en ce sens, visant à développer sa propre production minière et à nouer des partenariats avec d’autres producteurs. Mais pour accélérer le mouvement, le plan ResourceEU prévoit notamment la création d’un “centre européen des matières premières critiques”, qui pourra acheter en commun et stocker les minerais, a détaillé le responsable européen, évoquant aussi des dispositifs pour encourager le recyclage des matières premières en Europe.

Novartis compte supprimer 550 postes en Suisse d’ici fin 2027

Novartis compte supprimer 550 postes en Suisse d’ici fin 2027 dans le cadre d’une modernisation d’une usine où il compte cesser la production de comprimés et capsules pour se concentrer sur les thérapies cellulaires, a annoncé le groupe mardi.  Son usine à Stein, à une quarantaine de kilomètres de Bâle dans le nord de la Suisse, doit également devenir le centre de compétences pour les formes galéniques stériles, précise le groupe dans un communiqué, expliquant qu’il compte s’y concentrer sur la fabrication de traitements plus complexes. “Pour maintenir une production compétitive, nous devons nous concentrer sur les technologies de production innovante et investir dans un haut degré d’automatisation”, a déclaré Steffen Lang, qui dirige les activités opérationnelles de Novartis, cité dans le communiqué. Le géant pharmaceutique suisse compte y investir 26 millions de dollars (22,5 millions d’euros), notamment pour accroître l’automatisation du site. Ces changements sont soumis à un processus d’information et de consultation, précise le groupe qui s’engage à soutenir les employés.Un plan social a été prolongé jusqu’en 2028, souligne le communiqué. Le groupe évoque entre autres des départs en retraite anticipée. Novartis prévoit également d’injecter 80 millions de dollars dans un autre site en Suisse, dans la banlieue de Bâle, pour y renforcer la production de traitements à petits ARN interférents, des thérapies innovantes utilisées notamment pour les maladies cardiovasculaires, rénales et métaboliques. Environ 80 postes doivent être créés sur ce site d’ici 2028, indique le communiqué.Basé à Bâle, le groupe qui a réalisé un chiffre d’affaires de 50,3 milliards de dollars l’an passé employait 78.310 personnes dans le monde fin 2024. En Suisse, il comptait environ 10.000 employés, dont 5.000 dans la recherche et développement. 

Véhicules électriques : Volkswagen dit maîtriser toute la chaîne de production en Chine

Volkswagen a déclaré mardi pouvoir désormais construire entièrement ses voitures électriques depuis ses sites chinois, une stratégie pour réduire ses coûts et être plus compétitif sur son premier marché en perte de vitesse.Le groupe a étendu la capacité de son centre de production et d’innovation de Hefei (est de la Chine) et peut maintenant y “développer, tester et fabriquer localement la prochaine génération de véhicules intelligents et connectés”, salue le président du directoire Oliver Blume dans un communiqué.Ainsi, “les coûts d’un nouveau modèle, dans certains projets clés, peuvent être réduits de jusqu’à 50%” par rapport à ceux en Europe, grâce aux fournisseurs locaux et aux infrastructures chinoises, assure le groupe.Les nouvelles installations de Hefei contribuent aussi à réduire de 30% le temps de développement des véhicules électriques.C’est la première fois dans l’histoire de Volkswagen que des véhicules peuvent être construits entièrement en dehors de l’Allemagne.Oliver Blume veut ainsi “consolider durablement” la position de Volkswagen sur le premier marché automobile mondial, face aux droits de douane américains et à la morosité du marché européen.Sur les neufs premiers mois de 2025, le constructeur aux dix marques a écoulé environ 28% de sa production de voitures en Chine, en hausse de 8,5% sur un an. Mais la part du marché du groupe de Wolfsbourg est sous pression, face à une intense concurrence, notamment dans l’électrique où le constructeur BYD a plusieurs longueurs d’avance. “Nos clients (chinois) attendent des mises à jour technologiques rapides tout en exigeant les normes les plus élevées en matière de qualité et de sécurité”, ajoute Ralf Brandstätter, directeur du groupe en Chine.”Notre stratégie ‘En Chine, pour la Chine’ prend de l’ampleur”, résume M. Blume.Le groupe réfléchit en même temps à exporter ces véhicules produits localement “vers des marchés en forte croissance”, en Asie du Sud-est, au Moyen-Orient et à plus long terme en Amérique du Sud.Après six trimestres consécutifs de bénéfices en recul, le géant automobile a enregistré au troisième trimestre une perte nette de 1,07 milliard d’euros et lancé un plan d’économies de 6 milliards d’euros avec des suppressions d’emplois en Allemagne.

Vente de produits illégaux: une cinquième plateforme, eBay, visée par une enquête

La plateforme de ventes en ligne américaine eBay est visée par une enquête après avoir été signalée par le gouvernement pour la vente de produits illégaux, soit la cinquième procédure de ce type après celles visant Shein, AliExpress, Temu et Wish, a indiqué le parquet de Paris à l’AFP mardi.Mi-novembre, après l’éclosion du scandale autour de Shein, le ministre du Commerce Serge Papin avait annoncé des nouveaux signalements de plateformes de vente en ligne à la justice, dont cinq (AliExpress, Joom, eBay, Temu, Wish) pour la vente de produits illégaux.S’agissant d’eBay, le ministre avait indiqué qu’il avait été détecté, comme sur Wish, Temu et AliExpress, des ventes “d’armes de catégorie A, comme des poings américains et des machettes”.Sollicité par l’AFP, le parquet a précisé mardi qu’une cinquième enquête avait été ouverte, concernant le site de ventes en ligne américain.Interrogé mi-novembre par l’AFP, eBay avait assuré continuer “à oeuvrer sans relâche pour empêcher la vente d’objets interdits sur sa plateforme” et “coopérer” avec “les autorités de régulation françaises sur ce sujet”. Le scandale avait éclaté début novembre après que la DGCCRF avait annoncé avoir signalé à la justice la commercialisation de poupées sexuelles à caractère pédopornographique par le géant de l’e-commerce asiatique Shein. Début novembre, le parquet de Paris avait annoncé avoir confié quatre enquêtes à l’Office des mineurs (Ofmin), sur quatre plateformes (Shein, AliExpress, Temu et Wish). Dans le viseur du gouvernement, la plateforme Shein est convoquée mercredi matin devant le tribunal judiciaire de Paris, qui devra statuer sur la suspension du site en France après la découverte de la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine et d’armes de catégorie A.Les dirigeants de Shein sont convoqués le 2 décembre devant la commission du développement durable de l’Assemblée nationale.

Energie: au Royaume-Uni, l’espoir de factures allégées grâce au nouveau budget

James Fitzgerald attendra un peu cette année avant d’illuminer son pub londonien avec des guirlandes de Noël: comme de nombreux Britanniques, il subit la flambée des prix de l’énergie et du coût de la vie, cibles affichées du budget que le gouvernement travailliste présente mercredi. “Nous n’avons pas encore allumé les lumières dehors, parce qu’il faut absolument réduire nos coûts”, explique à l’AFP cet Irlandais de 44 ans, patron du Thatched House, près du feu de cheminée qui réchauffe son établissement. Dehors, à Hammersmith, quartier de l’ouest londonien, le thermomètre frôle zéro degré.Depuis la hausse consécutive à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, il y a près de quatre ans, les factures britanniques n’ont cessé d’augmenter. “Notre facture de gaz a vraiment explosé cette année”, raconte le patron d’une voix douce. “Nous n’avons pas allumé le chauffage central, même s’il fait bien froid (…) On est obligés de rogner sur ce genre de dépenses.”Les coûts de fonctionnement du pub ont grimpé de 22.000 livres (25.000 euros) sur un an, dont environ un cinquième à cause des factures d’énergie, assure-t-il.Avec une économie à la peine et des finances publiques dégradées, le gouvernement du Premier ministre Keir Starmer devrait annoncer de nouvelles hausses d’impôts mercredi. Mais la ministre des Finances Rachel Reeves, chargée de présenter le budget, a aussi promis “des mesures directes pour alléger le coût de la vie”, qui suscitent l’attente des Britanniques.- “Regarder les clients dans les yeux” -Selon le régulateur britannique de l’énergie, pour un foyer moyen, la facture annuelle combinée de gaz et d’électricité atteindra 1.758 livres en 2026.”Les prix de l’énergie (…) partout en Europe, et en particulier au Royaume-Uni, sont beaucoup trop élevés”, reconnaît Greg Jackson, directeur général d’Octopus, premier distributeur d’énergie aux particuliers du pays, dans un entretien à l’AFP.En cherchant à limiter l’impact de la flambée des prix sur ses clients, son entreprise est parvenue début 2025 à dépasser l’opérateur historique British Gas en nombre d’abonnés, après seulement neuf ans d’existence.Lui estime que les factures augmentent en raison du coût élevé de la construction de nouvelles infrastructures –actuellement vieillissantes– et d’une gestion inefficace du réseau.”Je ne pense pas qu’on puisse regarder les clients dans les yeux, leur envoyer de telles factures, tout en sachant que les coûts pourraient être plus bas si nous étions plus efficaces”, développe-t-il.Dans son siège londonien, des écrans affichent en temps réel la production des parcs éoliens britanniques et les économies réalisées lorsque ses clients consomment cette électricité.”Quand il y a du vent ou du soleil, il y a souvent de l’électricité très bon marché disponible sur le marché de gros”, insiste-t-il.Grâce à l’éolien, aussi bien terrestre qu’en mer, le Royaume-Uni est l’un des pays les plus en avance sur les énergies renouvelables en Europe, mais reste dépendant du coûteux gaz naturel, qui représente plus d’un tiers de son mix énergétique.- “Une pinte à midi” -Au Thatched House, James Fitzgerald peste aussi contre la hausse des prix alimentaires, l’augmentation du salaire minimum et les taxes, notamment sur le vin, décidées dans le précédent budget.En cas de nouvelles hausses d’impôts, il craint de devoir fermer son pub à l’heure du déjeuner.”D’autres pubs du quartier ferment désormais le lundi et le mardi. On ne veut pas en arriver là”, dit-il, décrivant un établissement qui vit essentiellement de sa clientèle locale, mène des actions caritatives, accueille fêtes et veillées funèbres.Il a déjà réduit ses effectifs au cours de l’année écoulée et craint de devoir encore “faire des coupes”.Selon les données du secteur, le Royaume-Uni perd en moyenne un pub par jour.”On voit bien le prix de la bière augmenter régulièrement”, observe Keith Patterson, un client sexagénaire. “Plus grand monde ne vient boire une pinte à midi”.

Avec la Reine des Neiges, Disneyland Paris inaugure une nouvelle ère

“Libérée, délivrée”: Disneyland Paris inaugurera le 29 mars son espace dédié à “La Reine des Neiges”, nouvelle étape d’un projet d’extension à deux milliards d’euros censé renforcer la domination du parc d’attractions, première destination touristique privée d’Europe. Les fans d’Anna et d’Elsa pourront bientôt chanter à tue-tête à bord d’un bateau dans une nouvelle attraction… Ou simplement en parcourant le somptueux village norvégien fictif d’Arendelle, surplombé d’une montagne enneigée haute de 36 mètres, elle-même couronnée d’un palais de glace, au sein du parc Walt Disney Studios. Ce dernier, ouvert en 2002, soit dix ans après le parc classique, à Chessy (Seine-et-Marne) sera rebaptisé pour l’occasion Disney Adventure World. Il accueillera dans les années à venir un univers et une attraction aux couleurs d’un autre grand succès de la firme aux grandes oreilles, “Le Roi Lion”, dont la construction a démarré cet automne. Au terme de sa transformation, ce parc généralement moins apprécié que son grand frère aura “quasiment doublé de taille”, s’est félicitée Natacha Rafalski, présidente de Disneyland Paris, en amont d’une visite organisée pour de nombreux médias français et internationaux, ainsi que des fans et influenceurs. “Il s’agit d’une étape décisive pour Disneyland Paris”, a-t-elle insisté.- Innovations -En attendant Simba et autres animaux de la savane, Disney Adventure World s’organisera autour d’un lac de trois hectares conçu pour un nouveau spectacle nocturne de 16 minutes à 360° alliant jets d’eau, effets pyrotechniques, 279 drones aériens et 100 drones aquatiques à la technologie inédite, selon Disneyand Paris.”Disney Adventure World permettra non seulement à nos visiteurs de vivre une expérience immersive encore plus intense, mais repoussera également les limites technologiques telles que nous les connaissons aujourd’hui”, a promis Bruce Vaughn, président et directeur créatif de Walt Disney Imagineering.En témoigne selon lui le robot dernier cri d’Olaf, le bonhomme de neige et ami des soeurs d’Arendelle, présenté à la presse et qui pourra interagir avec les visiteurs.La nouvelle mouture du parc proposera aussi une attraction inédite inspirée du film “Raiponce”, similaire dans son principe aux tasses tournoyantes d'”Alice aux pays des merveilles” situées dans l’autre parc, des espaces végétalisés, un nouveau restaurant haut de gamme de style art déco, aux couleurs des princesses Disney, ainsi que le tout premier bar des deux parcs.A terme, l’univers du film Pixar “Là-Haut” sera également au coeur d’une attraction de types chaises volantes.Financé par la maison mère the Walt Disney Company, le projet d’extension du parc, annoncé en 2018, repose sur un plan d’investissement de deux milliards d’euros.- Tarification dynamique -Sera-t-il accompagné d’une hausse des prix d’entrée? Sollicitée par l’AFP, Disneyland Paris, qui a mis en place l’année dernière la tarification dynamique (variation des prix en fonction de la demande) n’avait pas répondu lundi soir.L’agrandissement et le rafraîchissement du second parc, qui propose aussi des zones dédiées à Marvel et Pixar, devrait dans tous les cas attirer de nouveaux visiteurs.Et permettre de désengorger son voisin, dont le spectacle nocturne sur le château de la Belle au bois dormant aura désormais de la concurrence.Initialement pensé comme une immersion dans les coulisses du cinéma, assez pauvre en attractions, le Walt Disney Studios ne nécessitait pas vraiment d’y passer une journée entière, malgré l’ouverture d’attractions inspirées du “Monde de Nemo” en 2007 et de “Ratatouille” en 2014.Sa mue a démarré en 2022 avec l’inauguration du Marvel Avengers Campus, où s’est notamment installée une attraction Spider-Man.Entièrement redécoré, le bâtiment “World Premiere”, qui célébrait les coulisses de la fabrication des films, avait rouvert en mai pour transporter les visiteurs au milieu d’une soirée hollywoodienne célébrant une avant-première de film.Disneyland Paris, qui emploie 19.000 salariés, ne communique pas ses chiffres de fréquentation. Mais sa croissance a tiré celle des parcs Disney hors des Etats-Unis, selon les derniers résultats trimestriels de sa maison mère.

Wall Street termine en nette hausse, espère une baisse des taux de la Fed

La Bourse de New York a terminé en franche hausse lundi, poussée par les espoirs d’une nouvelle baisse des taux de la Réserve fédérale (Fed), sur fond d’appétit retrouvé pour certaines valeurs de l’intelligence artificielle (IA).L’indice Nasdaq – à forte coloration technologique – a gagné 2,69%, l’indice élargi S&P 500 a avancé de 1,55% et le Dow Jones a pris 0,44%.”Le marché reconsidère la possibilité d’une baisse des taux en décembre, c’est ce qui lui a donné de l’élan aujourd’hui”, résume auprès de l’AFP Patrick O’Hare, de Briefing.com.Lundi, le gouverneur de la Fed Christopher Waller s’est montré favorable à une nouvelle réduction des taux avant la fin de l’année, exprimant des inquiétudes quant à un marché du travail “toujours fragile”.Des propos qui s’ajoutent à ceux du président de la Fed de New York, John Williams, qui a déclaré vendredi “continue(r) de voir de la marge pour un nouvel ajustement à court terme” des taux directeurs. Les investisseurs anticipent désormais majoritairement une baisse d’un quart de point à l’issue de la prochaine réunion de la Fed, les 9 et 10 décembre, selon l’outil de veille CME FedWatch. Ils étaient une minorité la semaine passée.Une politique d’assouplissement monétaire est de nature à aider la croissance, et donc à augmenter les perspectives de bénéfices des entreprises, d’où l’optimisme de Wall Street.En parallèle, plusieurs indicateurs, dont la publication avait été suspendue pendant la période de paralysie budgétaire (“shutdown”), doivent paraître dans la semaine. Parmi eux, les ventes au détail de septembre et l’indice des prix à la production (PPI) pour le même mois sont attendus mardi.Ces chiffres sont “un peu dépassés”, mais ils “auront assurément un impact sur la prise de décision de la Fed en décembre”, assure Patrick O’Hare.Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’Etat américain se détendait à 4,03% vers 21H10 GMT, contre 4,06% vendredi en clôture.Côté entreprises, “on observe des gains importants sur certaines actions à très forte capitalisation (…) notamment Alphabet”, la maison mère de Google, note Patrick O’Hare.Le titre Alphabet a atteint un record en clôture (+6,31% à 318,58 dollars) “grâce à l’accueil favorable réservé à son modèle d’IA générative Gemini 3”, note l’analyste.Selon M. O’Hare, cela “permet de renouer avec l’idée selon laquelle le secteur de l’IA a encore de beaux jours devant lui” après avoir été mis à mal ces dernières semaines à cause d’inquiétudes grandissantes sur les valorisations faramineuses de certains titres.D’autres grands noms de la tech américaine ont profité de cet envol, à l’instar de Broadcom (+11,10%) ou de Tesla (+6,82%).Le laboratoire pharmaceutique danois Novo Nordisk a franchement reculé (-5,54% à 44,99 dollars) après que des essais ont montré l’absence d’effet du sémaglutide, molécule à la base de ses traitements anti-obésité, dans le traitement de la maladie d’Alzheimer.Les volumes d’échanges ont été plus faibles que d’habitude, du fait d’une semaine tronquée par un jour férié (Thanksgiving) jeudi. La séance de vendredi sera quant à elle amputée de trois heures.

Budget: Lecornu veut changer de méthode pour essayer de surmonter les blocages au Parlement

Pour conjurer la perspective d’un rejet du budget à la fin de l’année, Sébastien Lecornu entend réunir les partis sur des “priorités absolues” comme la sécurité, l’agriculture et l’énergie, en soumettant ensuite ces discussions à des votes au Parlement, un changement de méthode déjà critiqué.Alors que le Sénat à majorité de droite s’est emparé des textes budgétaires –le vote revenant sur la suspension de la réforme des retraites est attendu mardi soir–, le Premier ministre a concocté un programme pour l’Assemblée nationale, qui a rejeté quasi-unanimement samedi la partie “recettes” du budget.M. Lecornu entend soumettre des thèmes au débat parlementaire. Le premier pourrait avoir lieu lundi prochain: le Premier ministre va proposer à la conférence des présidents de l’Assemblée, réunie mardi matin, “qu’un vote ait lieu” sur “la stratégie de défense nationale, les moyens supplémentaires et les efforts industriels à engager”.Un débat en vertu de l’article 50-1 de la Constitution, suivi d’un vote non contraignant, a expliqué lundi sur BFMTV la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon, qui a précisé le sens de la démarche de Matignon: “si le Premier ministre propose au vote cette augmentation de budget (de la défense), c’est précisément pour intégrer le résultat de ce vote par la suite”.Les armées seraient “les premières victimes” d’un échec des discussions budgétaires, avec l’abandon de la hausse de 6 milliards d’euros de crédits prévue dans la loi de programmation militaire, a expliqué M. Lecornu lors d’une allocution lundi matin depuis Matignon.La démarche consiste donc à accroître la pression sur les parlementaires face à la perspective d’une absence de vote final sur le budget.Le chef du gouvernement s’est dit toujours convaincu d'”une majorité” possible à l’Assemblée. Ecartant l’hypothèse d’une loi spéciale ou d’un budget par ordonnances. “Il n’y a pas d’alternative au vote parlementaire”, a insisté Maud Brégeon.Le vote de l’Assemblée samedi constituant néanmoins “une alerte”, M. Lecornu a opéré un changement de méthode d’ici la reprise des débats mi-décembre au Palais-Bourbon.A cette fin, il va recevoir l’ensemble des formations politiques ainsi que les partenaires sociaux pour discuter de cinq thèmes vus comme des “priorités (…) absolues” : le déficit, la réforme de l’État, l’énergie, l’agriculture ainsi que la sécurité intérieure et extérieure, avec débats et votes possibles à la clé.”Des mesures dilatoires”, a réagi auprès de l’AFP le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner.M. Lecornu “balade les Françaises et les Français, et les partis politiques avec, avec son air bonhomme (…) et un très grand cynisme”, a jugé le député RN Jean-Philippe Tanguy sur BFMTV.Lors d’une conférence des présidents lundi, le président du Sénat Gérard Larcher a fait part de son “mécontentement sur cette façon de procéder”, selon des sources parlementaires.- “Forme de cynisme”-Parmi les autres sujets sur la table, M. Lecornu a cité l’énergie, “un enjeu majeur”, notamment sur le pouvoir d’achat.Quant à l’agriculture, “la négociation de la future politique agricole commune avec Bruxelles” doit faire l’objet “d’un consensus le plus large possible”.Concernant la réforme de l’Etat et la décentralisation, il a dit vouloir “avancer rapidement” sur un projet de loi.Il a enfin réaffirmé que le budget 2026 devrait “garder une cible de déficit à moins de 5% du PIB”Mais le Premier ministre a aussi dénoncé “une forme de cynisme”, s’en prenant aux “comportements de La France insoumise et même parfois du Rassemblement national” et implicitement au patron des Républicains Bruno Retailleau, qui a déclaré préférer “une loi spéciale” (c’est-à-dire la reconduction temporaire du budget 2025) plutôt “qu’un budget qui continuera à déclasser la France”.Parallèlement à ces discussions, les projets de budget de l’État et de la Sécurité sociale poursuivent leur route au Sénat.Dans l’hémicycle d’abord, où les sénateurs ferraillent sur le budget de la Sécu depuis plusieurs jours avant un vote solennel prévu mercredi après-midi. La droite et ses alliés centristes s’apprêtent d’ailleurs à s’opposer à la “suspension” de la réforme des retraites et au “dégel” des prestations sociales, deux votes cruciaux qui auront probablement lieu mardi soir.En commission des Finances, les sénateurs examinent le volet “recettes” du projet budget de l’État, avant son arrivée dans l’hémicycle à partir de jeudi.Sur ce texte, les sénateurs repartent de la copie initiale du gouvernement. Les commissaires aux Finances ont voté une restriction de la taxe sur les holdings familiales proposée par le gouvernement, s’opposant aussi à la surtaxe sur l’impôt sur les sociétés. Mais la contribution différentielle visant les plus haut revenus est pour l’heure épargnée.far-ama-led-bpa/jmt/frd/