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Le Sénat récupère le budget de l’Etat, le compromis reste hors de vue

Le Sénat, intransigeant sur sa ligne anti-taxes prônée par la droite, s’attaque jeudi au projet de budget de l’Etat pour 2026. Une étape cruciale sur la route d’un compromis budgétaire encore hors de vue, même si certains envisagent toujours une étroite voie de passage.D’un budget à l’autre… Après avoir acté mercredi d’irréconciliables divergences avec l’Assemblée nationale sur le budget de la Sécurité sociale, la chambre haute se penche sur le deuxième volet de son marathon budgétaire à partir de 14H30.Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 occupera les sénateurs jusqu’à un vote solennel le 15 décembre. Et contrairement aux députés, qui ont massivement rejeté la partie “recettes” du texte le week-end dernier, les élus de la Haute assemblée auront l’opportunité de parcourir l’ensemble du budget, recettes comme dépenses.Cela arrange bien la majorité sénatoriale, une solide alliance entre la droite et les centristes. Car sa ligne directrice est simple: “Plus d’économies et moins de taxes injustes”, a résumé mercredi le chef des sénateurs Les Républicains, Mathieu Darnaud.Redevenu sénateur, Bruno Retailleau est plus offensif encore ces derniers jours vis-à-vis du gouvernement. Le “compromis” budgétaire ? “Moi, je parle de tambouille”, a-t-il encore égratigné mercredi sur franceinfo. Le scénario d’une loi spéciale en cas d’échec du processus budgétaire ? Il serait meilleur, selon lui, qu’un budget qui “appauvrit les Français”…Les débats sur le budget de la Sécu, ces derniers jours, ont dressé le tableau d’une droite sénatoriale inflexible, refusant la suspension de la réforme des retraites et la quasi-totalité des compromis trouvés à l’Assemblée nationale. Ce texte va désormais revenir sur le bureau des députés, samedi en commission et mardi dans l’hémicycle, pour une nouvelle lecture.- “Un rouleau-compresseur” -Bis repetita sur le budget de l’Etat ? “Notre majorité, c’est un rouleau-compresseur, elle vote en bloc, contrairement à l’Assemblée”, assure à l’AFP le chef des centristes, Hervé Marseille. “On essaie d’avoir une ligne qui soit claire et audible: limiter les impôts, trouver des économies”. Ainsi, les sénateurs entendent bien respecter l’objectif d’un déficit ramené à 4,7% du PIB en 2026, contre 5,4% en 2025. Avec deux ambitions: limiter les nouveaux prélèvements – environ 14 milliards dans la copie du gouvernement – et aller plus loin que les 17 milliards d’économies de dépenses proposées par Sébastien Lecornu.Transformation de l’aide médicale d’Etat pour les sans-papiers en aide médicale d’urgence, non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, suppression de 4.000 postes d’enseignants supplémentaires, refus de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, restriction de la taxe sur les “holdings patrimoniales” proposée par le gouvernement… Voici, pèle-mêle, les propositions que la Haute assemblée promet de voter.”C’est la droite la plus dure qu’on ait connu”, s’inquiète le patron du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner. “Nous faisons face à une droite revancharde. Clairement, ce n’est pas avec elle que nous pourrons avancer” vers un compromis, renchérit son collègue Thierry Cozic.- Compromis impossible ? -Si la gauche est minoritaire au Sénat, le gouvernement peut difficilement faire sans elle à l’Assemblée nationale. L’abstention des socialistes y sera nécessaire – voire même insuffisante – pour envisager l’adoption définitive d’un budget, si Sébastien Lecornu continue de renoncer à l’article 49.3.Après l’échec de la taxe “Zucman”, les socialistes cherchent toujours à faire contribuer les plus hauts patrimoines. Une nouvelle proposition a fleuri mercredi, celle d’un emprunt “forcé” visant les foyers les plus aisés.Si le gouvernement a accueilli avec “bienveillance” cet amendement, il semble n’avoir aucune chance de passer le filtre du Sénat.Malgré ces divergences majeures, le Premier ministre Sébastien Lecornu continue de croire à un compromis possible avant la fin décembre. Plusieurs sources parlementaires et gouvernementales espèrent notamment qu’un accord potentiel sur le budget de la Sécu, la semaine prochaine à l’Assemblée, ferait souffler un vent positif sur le budget de l’Etat.”Chacun affiche ses positions mais je pense qu’il y a la volonté non feinte de trouver une voie de passage”, a reconnu le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Husson (LR). “Il faudra à un moment qu’on enlève les costumes.”

Wall Street termine dans le vert à la veille de Thanksgiving

La Bourse de New York a terminé en hausse mercredi, à la veille d’un jour férié (Thanksgiving), toujours poussée par les espoirs de baisse des taux de la Réserve fédérale (Fed) en décembre.Le Dow Jones a pris 0,67%, l’indice Nasdaq s’est octroyé 0,82% et l’indice élargi S&P 500 a gagné 0,69%.”L’appétit pour le risque s’accroît à la veille de Thanksgiving”, jour férié lors duquel les marchés américains seront fermés, commente Jose Torres, d’Interactive Brokers.La séance de vendredi sera quant à elle amputée de trois heures.”Les actions continuent d’afficher une vigueur généralisée après une augmentation des probabilités d’une baisse des taux d’intérêt en décembre”, remarquent les analystes de Briefing.com.Plusieurs indicateurs économiques américains publiés cette semaine ont conforté les investisseurs dans leur hypothèse d’un nouvel assouplissement monétaire d’un quart de point, les 9 et 10 décembre prochains.Publié mercredi, le “Livre beige” de la Fed (une enquête régulière basée sur les remontées d’acteurs économiques) a montré que le marché de l’emploi continue de se dégrader alors que l’inflation persiste.Ces attentes ont aussi été renforcées par des rumeurs de presse selon lesquelles Kevin Hassett serait considéré comme le favori pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Fed l’année prochaine, selon M. Torres.Principal conseiller économique du président Donald Trump, M. Hassett prêche comme lui pour que la Fed réduise ses taux.Sur le marché obligataire, vers 21H10 GMT, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’Etat américain restait stable par rapport à la veille en clôture, à 4,00%.Ailleurs, côté entreprises, “nous assistons à une rotation saine: les investisseurs se détachent des actions technologiques à très forte capitalisation et vont vers un ensemble plus large d’entreprises”, explique auprès de l’AFP Jack Albin, de Cresset.L’indice Russell 2000, qui réunit 2.000 PME, progressait de 0,87%, se rapprochant de ses records du mois d’octobre.Petites et moyennes entreprises sont traditionnellement soutenues par un environnement de taux plus bas et une conjoncture économique positive.Le fabricant d’ordinateurs et serveurs Dell a été recherché, s’octroyant 5,81% à 133,24 dollars, après des résultats mitigés mais une hausse de ses prévisions annuelles.Son concurrent HP a été sanctionné (-1,38% à 23,93 dollars), pâtissant de l’annonce d’une réduction de ses effectifs et de prévisions inférieures aux attentes pour 2026.Le titre des magasins de vêtements Urban Outfitters s’est envolé (+13,54% à 77,56 dollars), profitant de performances financières largement meilleures qu’attendu pour le troisième trimestre, et ce malgré le contexte commercial incertain.Le spécialiste des équipements agricoles Deere a glissé (-5,76% à 469,43 dollars) après avoir annoncé des prévisions de bénéfices pour 2026 considérées comme décevantes par le marché.

Renaud Dutreil défend les “abeilles” de la production face aux “frelons” politiques

Renaud Dutreil, père du pacte de transmission d’entreprises familiales qui porte son nom, et qui a occupé plusieurs postes de ministres sous Jacques Chirac entre 2002 et 2005, a défendu mercredi les “abeilles” qui produisent en France, semblant espérer qu’une candidature à la présidentielle vienne de ce côté.Il a repris sur Radio Classique la métaphore des abeilles et des frelons, du philosophe du 19e siècle Claude-Henri de Saint-Simon : celui-ci explique en substance que les gouvernants ou élus (les frelons) vivent sur “le miel” produit par les industriels (les abeilles).Aujourd’hui “les abeilles sont consternées par les frelons qui ne semblent plus servir l’intérêt du pays mais leur propre intérêt” a dit M. Dutreil, “elles en ont ras-le-bol et ont le sentiment que la classe politique ne les comprend plus et est devenue assez ignorante”.Évoquant les députés, il a estimé qu’on devrait “leur faire passer un examen d’économie de base pour qu’ils atteignent le niveau bac avant de décider pour l’ensemble des Français ce qui est bon et pas bon”.”Il faut que les abeilles s’organisent, développent un programme politique et, peut-être, aient un candidat à l’élection présidentielle car elles ne trouvent pas de solutions dans les partis politiques. Elles savent s’organiser et je suis sûr qu’elles trouveront leur bon candidat”, a-t-il ajouté.L’ancien ministre devenu homme d’affaires, plus présent dans les médias depuis quelques semaines, notamment à l’occasion de la publication par la Cour des comptes ce mois-ci d’un rapport critique sur le Pacte Dutreil, a par ailleurs considéré qu’il y avait “énormément d’hypocrisie” sur le sujet de Shein.”Chez Michel-Edouard Leclerc vous trouvez les mêmes produits fabriqués dans les mêmes usines”, a-t-il dit. Pourquoi s’en prendre à Shein parce que c’est un nom chinois et pas à Michel-Edouard Leclerc qui est français?”.”C’est plutôt le problème de la réindustrialisation de la France qu’il faut mettre sur la scène”, selon lui.M. Dutreil a jugé en outre “intéressant que “M. (Frédéric) Merlin – le patron du BHV qui vient d’ouvrir une boutique Shein dans ses murs parisiens – souhaite amener Shein à la pratique du commerce de centre-ville”.D’autres ouvertures sont prévues à Dijon, Reims, Grenoble, Angers ou Limoges. Le géant chinois du commerce est actuellement la cible de nombreuses critiques, et d’une assignation judiciaire de l’Etat français pour avoir vendu sur sa plateforme des poupées sexuelles figurant des enfants.

Crash du Rio-Paris: en appel, une condamnation requise contre Airbus et Air France face à l'”indécence”

Une peine peut-être “dérisoire” au regard du chagrin des parties civiles mais qui doit “résonner comme un avertissement”: le parquet général a requis mercredi en appel une condamnation pour Airbus et Air France, relaxés en première instance après le crash du vol Rio-Paris en 2009.Seize ans après le drame qui a coûté la vie à 228 personnes et un procès en première instance ayant conclu en avril 2023 à “des “imprudences” et “négligences” sans qu'”aucun lien de causalité certain” n’ait “pu être démontré”, les avocats généraux ont soutenu en appel que “les fautes reprochées aux deux sociétés aériennes mises en causes, étaient caractérisées” et ont requis une condamnation.Dans une salle pleine et particulièrement calme, les familles des victimes ont écouté durant près de cinq heures le réquisitoire, qui dès les premières minutes avait posé sa conclusion par la voix de l’avocate générale Agnès Labreuil : “Nous conclurons à l’infirmation du jugement et à la condamnation des deux sociétés”.Son confrère, Rodolphe Juy-Birmann, a conclu leur réquisitoire à deux voix en s’adressant directement aux endeuillés.”Seize années écoulées depuis le drame, c’est long, beaucoup trop long. (…) J’espère que votre combat prendra fin quand la cour rendra sa décision dans quelques mois”, a-t-il souligné.Le représentant du ministère public a alors fustigé le comportement de deux compagnies mises en cause. “Rien n’est venu, aucune parole de réconfort sincère. C’est une défense en granit, un seul mot résume tout ce cirque: l’indécence”, a-t-il lâché. “Seize années pour venir raconter n’importe quoi et nous sortir des arguments de la manche ou du chapeau, c’est inadmissible de la part d’une compagnie.”Le représentant de l’accusation a reconnu que “quelle que soit la peine prononcée”, elle “paraîtra bien dérisoire au regard de la peine” des familles.En tant que personnes morales, Airbus et Air France ne peuvent être condamnées qu’à une peine d’amende de 225.000 euros maximum.”Ca ne voudra pas dire grand chose mais néanmoins, vous aurez été entendus dans votre statut de victime”. “Ce sera aussi l’occasion de mettre un nom, une cause qui a conduit à la disparition d’un être cher”, a encore dit Rodolphe Juy-Birmann, insistant sur la réputation des pilotes qui “ne sont en rien responsables de cet accident”.Selon le parquet général, les fautes commises par Airbus sont “la sous-estimation de la gravité des défaillances des sondes Pitot équipant l’avion”, “un défaut d’information des équipages des sociétés exploitantes, qui a empêché les pilotes de réagir comme il le fallait et créé la situation conduisant à l’accident”. Concernant Air France, il s’agit d'”un défaut de formation relatif à la procédure à suivre en cas de gel des sondes Pitot et des dysfonctionnements en résultant” et “un défaut d’information des équipages sur la détection du gel” de ces sondes “qui s’imposait pour assurer la sécurité des opérations aériennes”.”Cette condamnation jettera l’opprobre, un discrédit sur ces deux compagnies” et “doit résonner comme un avertissement”, a tancé l’avocat général, Airbus a indiqué à l’AFP avoir pris “acte du réquisitoire du parquet de Paris et y répondra lors de sa plaidoirie” jeudi.”Depuis 16 ans, Airbus a mis tous ses moyens et son expertise au service de la justice et des enquêteurs pour comprendre les causes de cet accident et faire en sorte qu’il ne puisse jamais se reproduire. Nous le devons non seulement aux familles des victimes, mais aussi aux millions de passagers qui voyagent à bord de nos avions chaque jour”, a ajouté le constructeur européen.Le 1er juin 2009, le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris s’était abîmé en pleine nuit dans l’Atlantique, quelques heures après son décollage, entraînant la mort de ses 216 passagers et 12 membres d’équipage, dans l’accident le plus meurtrier de l’histoire des compagnies françaises.Le point de départ de l’accident est le givrage des sondes de vitesse Pitot alors que l’avion volait à haute altitude. Dans l’incompréhension, les trois pilotes n’avaient pas réussi à reprendre le contrôle de l’avion qui a décroché et heurté l’océan 4 minutes et 23 secondes plus tard.

Shein dans le collimateur de l’UE, après le scandale des poupées pédopornographiques en France

L’Union européenne a intensifié mercredi ses pressions sur le géant de la vente en ligne Shein après le scandale en France de la vente de poupées sexuelles ressemblant à des enfants, invoquant des risques pour les consommateurs à l’échelle européenne.La controverse a débuté en novembre lorsque les autorités françaises ont condamné Shein pour avoir proposé à la vente des poupées sexuelles ressemblant à des enfants et décidé de suspendre la plateforme.Le gouvernement français a multiplié les procédures envers Shein, fondée en Chine en 2012 mais désormais basée à Singapour, pour obtenir la suspension de son site pour trois mois minimum. Paris exhortait depuis l’UE à sévir également contre la plateforme.Mercredi, l’exécutif européen est monté au créneau à son tour: “Nous avons désormais de sérieuses indications que Shein pourrait effectivement présenter des risques plus systémiques pour nos consommateurs dans toute l’Union européenne”, a réagi le porte-parole de l’UE, Thomas Regnier.Le gouvernement français a “salué” cette décision de l’exécutif européen “pouvant potentiellement aller jusqu’à l’ouverture d’une enquête” et qui “expose” la plateforme “à des sanctions pouvant aller jusqu’à 6% de son chiffre d’affaire mondial”.La Commission européenne pointe également du doigt le risque de vente illégale d’armes sur Shein. Elle demande désormais à la plateforme des gages sur l’accès des mineurs à son site, “en particulier via des mesures de vérification d’âge”.La Commission a adressé ces demandes à Shein dans le cadre du DSA (Digital services act), le règlement européen sur les contenus en ligne qui oblige les grandes plateformes à prendre des mesures renforcées pour protéger leurs utilisateurs contre les contenus illégaux et dangereux.Le DSA peut déboucher sur des enquêtes voire des amendes. Pour l’heure, Bruxelles demande à Shein de lui fournir des informations détaillées et des documents internes sur les mesures prises pour garantir que les enfants ne soient pas exposés à des contenus inappropriés pour leur âge. La Commission souhaite également en savoir plus sur les mesures prises par Shein pour empêcher la vente de produits illégaux, tels que des armes, sur sa plateforme.Mais le DSA donne à Bruxelles le pouvoir, en dernier recours, de suspendre temporairement la plateforme.- Système défaillant -Ajoutant leur pression à celle de la Commission, les députés européens estiment qu’il est temps pour l’Europe de plus tenir la bride aux plateformes.Mercredi, une majorité de députés européens a ainsi soutenu une résolution non contraignante stipulant que la suspension des plateformes qui enfreignent les règles “ne devrait plus être considérée comme une mesure exceptionnelle prise en dernier recours”.Les députés estiment que les faits reprochés à Shein “témoignent non pas de l’existence d’incidents isolés, mais d’un système défaillant auquel il n’est pas possible de remédier par le simple retrait d’un produit ou des excuses publiques”.En France, une audience de Shein qui devait se tenir mercredi devant le tribunal judiciaire de Paris a été renvoyée au 5 décembre sur demande de l’avocat de l’État, qui a regretté avoir reçu tardivement les arguments de défense de Shein.Paris veut en outre enclencher “dans les prochains jours” la même procédure de suspension envers deux autres plateformes, AliExpress et Joom, également en raison de la vente de poupées pédopornographiques. “C’est un combat qui vise à protéger les consommateurs, qui vise aussi à protéger les enfants, les adolescents”, a annoncé mercredi le ministre du Commerce Serge Papin sur la chaîne française TF1.Le gouvernement a également signalé à la justice les plateformes eBay, Temu et Wish pour la vente de produits illégaux.Début novembre, le gouvernement français avait déjà essayé de suspendre Shein avec une procédure administrative. Le groupe avait retiré en conséquence les produits concernés et avait suspendu toutes les ventes réalisées sur son site français par des vendeurs tiers, sa place de marché (ou “marketplace”), ainsi que celles hors habillement. Une première “victoire” selon Paris.

Budget britannique: Londres poursuit ses hausses d’impôts et rassure les marchés

Un an après des hausses d’impôts massives, le gouvernement travailliste du Royaume-Uni a présenté mercredi un budget confirmant sa politique de discipline fiscale, avec de nouvelles taxes qui ont rassuré les marchés, mais aussi plusieurs mesures en faveur du pouvoir d’achat.”Ce sont mes choix: ni austérité, ni endettement, ni aveuglement face à l’injustice”, a déclaré la ministre des Finances Rachel Reeves, chargée de présenter le plan gouvernemental devant les députés.Au plus bas dans les sondages et devancé par le parti europhobe d’extrême droite de Nigel Farage, Reform UK, l’exécutif du Premier ministre Keir Starmer jouait gros politiquement avec cette échéance attendue de longue date.Les regards se sont tournés dès la fin du discours de la Chancelière de l’Echiquier, le titre officiel de Mme Reeves, vers les marchés financiers, qui ont réagi positivement: la livre s’est renforcée et les taux d’emprunts de la dette ont sensiblement reculé.”Cela suggère que la Chancelière a franchi un obstacle majeur avec ce budget et que ses mesures ont pour l’instant une crédibilité budgétaire auprès des investisseurs”, estime Kathleen Brooks, analyste chez XTB. “Dans l’ensemble, les marchés financiers respirent un peu.”Les hausses d’impôts annoncées mercredi rapporteront 26,1 milliards au budget annuel d’ici la fin de la mandature, puis 29,8 milliards de livres l’année suivante, en 2030/2031.Selon l’Office for Budget Responsibility (OBR), organisme britannique chargé de la surveillance des finances publiques, les recettes fiscales représenteront alors 38% du PIB, du jamais-vu au Royaume-Uni.- Taxe déguisée -Après y avoir longtemps songé, Rachel Reeves a finalement renoncé à augmenter l’impôt sur le revenu, ce qui aurait rompu avec une promesse de campagne des travaillistes, pour une manoeuvre plus subtile, parfois qualifiée de taxe déguisée: l’extension du gel des seuils de cet impôt.Cette mesure, principale source de revenu annoncée mercredi, fait payer davantage ceux dont le salaire augmente et franchit une tranche supérieure.Des hausses de taxes sur les propriétés les plus luxueuses, les jeux d’argent ou sur les retraites privées ont aussi été dévoilées.Ces décisions difficiles se sont imposées à Mme Reeves, avec une économie à la peine depuis le retour au pouvoir des travaillistes en juillet 2024: la croissance stagne (+0,1% au troisième trimestre), tandis que le déficit (aux alentours de 5% du PIB l’an passé) et la dette inquiètent les marchés.Elle a encore blâmé mercredi les “décisions néfastes” des conservateurs, au pouvoir pendant 14 ans, ainsi que “l’héritage du Brexit et de la pandémie”.Mais son budget de l’an passé est aussi très critiqué: malgré 40 milliards de hausses d’impôts, dont 25 particulièrement décriées pour les entreprises, et des dizaines de milliards d’investissements, il n’a permis de retrouver ni le chemin de l’équilibre budgétaire, ni la croissance.- “Sauvé son poste” -“Elle avait juré que ce serait une mesure exceptionnelle. Elle avait déclaré à tout le monde qu’à partir de maintenant, la stabilité serait au rendez-vous et qu’elle financerait tout grâce à la croissance. Aujourd’hui, elle a rompu chacune de ces promesses”, a attaqué la cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch.Pour compenser le coût politique de ces hausses d’impôts, Rachel Reeves a présenté une série de mesures destinées à “apporter un soulagement immédiat aux familles”.Parmi elles, la suppression d’un plafond sur les allocations familiales, ainsi qu’une hausse supérieure à l’inflation des pensions de retraite et du salaire minimum.Autant de marqueurs sociaux indispensables à un budget travailliste, dans un pays à l’inflation persistante (+3,6% en octobre), où le gaz et l’électricité coûtent cher.Mme Reeves “a peut-être sauvé son poste et accordé plus de temps au gouvernement”, estime l’analyste Kathleen Brooks. “Bien sûr, le véritable test sera de savoir si l’économie pourra rebondir.”L’OBR a apporté mercredi une réponse mitigée, en dégradant les prévisions de croissance du pays jusqu’en 2029, malgré une révision à la hausse pour cette année (de 1 à 1,5%).

La Pologne attribue le marché de ses sous-marins au suédois Saab

La Pologne a annoncé mercredi avoir attribué le marché de ses futurs sous-marins au suédois Saab, écartant ainsi les autres offres étrangères dont celle du français Naval Group, pour devenir une puissance militaire en mer Baltique face à la menace russe.”L’offre suédoise était la seule qui répondait à toutes les attentes de la marine”, a déclaré à la presse le ministre polonais de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz.”Aujourd’hui est un jour historique pour le partenariat suédo-polonais et pour la sécurité accrue dans la mer Baltique”, s’est félicité son homologue suédois Pal Jonson sur X.”Cela renforcera notre défense commune, notre sécurité et notre base industrielle de défense”, a-t-il ajouté.Le programme d’achat de sous-marins nommé Orka (Orque) compte parmi les projets les plus importants et les plus urgents de la marine polonaise qui dispose actuellement d’un seul submersible, obsolète, construit en 1985 en URSS.L’offre suédoise qui prévoit la livraison de trois bâtiments A26 Blekinge était en concurrence avec celles d’entreprises française, allemande, espagnole, italienne et sud-coréenne.Dans un communiqué, le français Naval Group, qui construit le Scorpène, dit “prendre acte du choix souverain de la Pologne” au terme d'”une compétition intense de plusieurs années”.”Cela ne remet en aucun cas en cause les capacités éprouvées du Scorpène, dont les capacités supérieures et combat-proven équipent déjà de nombreuses marines dans le monde”, a-t-il ajouté.Le Scorpène a déjà été vendu au Brésil, au Chili, à l’Indonésie, à la Malaisie et à l’Inde. Il n’équipe pas la Marine française, celle-ci ne disposant que de sous-marins à propulsion nucléaire.Le premier submersible suédois pourrait être livré en 2030, selon le ministre polonais.Afin de maintenir les compétences des marins polonais, ceux-ci devraient commencer leur formation en 2026 et avoir accès en 2027 à un “gap filler”, c’est-à-dire un ancien navire suédois qui sera utilisé pour la formation.- 440 km de frontière maritime -Craignant la menace russe, la Pologne s’est lancée depuis plusieurs années dans un programme de modernisation rapide de son armée, avec des contrats d’achat d’armements, à coups de milliards de zlotys, principalement aux Etats-Unis et en Corée du Sud.Etat membre de l’Otan, voisine de l’Ukraine, du Bélarus et de la Russie, la Pologne consacrera 4,8% de son PIB à la défense, en légère hausse par rapport à l’année en cours.Sa frontière maritime s’étend sur 440 kilomètres sur la Baltique, mer entourée par plusieurs autres pays de l’Otan, et la Russie.Plusieurs incidents, dont des perturbations du fonctionnement du système GPS, des violations de l’espace aérien par la Russie, la rupture de câbles énergétiques ont eu lieu récemment dans cet espace.”Cette décision établit une nouvelle architecture de sécurité dans la mer Baltique”, a déclaré le ministre.Le groupe Saab s’est félicité de la décision polonaise indiquant cependant qu’à ce stade, il “n’a signé aucun contrat ni reçu de commande”. “Nous sommes honorés d’avoir été sélectionnés et nous nous réjouissons des prochaines négociations avec l’Agence de l’armement en Pologne”, a dit Micael Johansson, président et PDG de Saab dans un communiqué. L’offre suédoise, a-t-il souligné, comprend des sous-marins adaptés à la mer Baltique et “améliorera considérablement la capacité opérationnelle de la marine polonaise et profitera à l’économie polonaise”.Aucun sous-marin de type A26 Blekinge n’est en exploitation actuellement. La Suède a initialement commandé deux sous-marins A26 en 2015 pour une livraison programmée en 2023. Mais depuis les retards se sont accumulés et la facture a explosé.Alors que le contrat initial était de 8,2 milliards de couronnes (740 millions d’euros) pour les deux submersibles, il s’établit aujourd’hui à 25 milliards de couronnes, selon les autorités suédoises.

Au procès Lafarge pour financement du terrorisme, l’acceptation du “racket” des groupes jihadistes

“On avait le choix entre deux solutions, la pire et la moins pire”. Au procès de Lafarge, d’anciens cadres se sont expliqués sur les raisons pour lesquelles le cimentier était resté en Syrie jusqu’en 2014, moyennant des paiements à des groupes classés comme “terroristes”.Le tribunal correctionnel de Paris, qui juge le groupe et huit ex-responsables pour financement du terrorisme et violation d’embargo, a commencé mardi à se pencher sur le volet, central, des flux financiers entre la filiale syrienne de la multinationale, Lafarge Cement Syria (LCS), et des groupes rebelles, parmi lesquels figurent le groupe État islamique (EI) et Jabhat al-Nosra.Lafarge est soupçonné de leur avoir versé en 2013 et 2014 plusieurs millions d’euros — cinq millions selon l’accusation — afin de maintenir l’activité d’une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie, alors que les autres multinationales avaient quitté le pays dès 2012.En juillet de cette année-là, les expatriés de LCS sont eux aussi évacués de Syrie et l’usine mise à l’arrêt. Pourtant, quelques semaines plus tard, cette dernière redémarre, avec les employés locaux restés sur place.”Il y avait une volonté des employés de montrer qu’ils étaient capables, sans le retour des expatriés, de redémarrer l’usine”, explique Bruno Pescheux, l’ancien directeur général de la branche syrienne.Ils prenaient pourtant de “gros risques”, notamment en passant les barrages, observe la magistrate. “Il a été mis en place par notre actionnaire syrien un système qu’on peut appeler une assurance que des passages aux +checkpoints+ des salariés Lafarge se passeraient bien”, répond-il.L’actionnaire minoritaire syrien, Firas Tlass, est au centre du dossier, ayant servi d’intermédiaire entre LCS et les groupes armés. Lui aussi renvoyé en procès par la justice française, il est toutefois absent aux débats et donc jugé par défaut. “Ce système particulier avait été accepté par Lafarge avec l’idée aussi que ça n’allait pas durer longtemps”, avance Bruno Pescheux.Ce système prévoyait le versement d’argent pour d’une part financer l’acquisition d’intrants destinés à la production de ciment, tels que les hydrocarbures ou la pouzzolane, et d’autre part à assurer des “paiements de sécurité” et permettre aux employés de la cimenterie et aux marchandises de passer les “checkpoints”.Décortiquant méticuleusement tous les courriels et comptes rendus échangés entre les différents protagonistes, la présidente du tribunal Isabelle Prévost-Desprez appelle successivement, dans une espèce de valse continue, les prévenus à la barre pour les interroger sur tel ou tel point, puis les fait rasseoir avant de leur demander de revenir.- “Racket” -“Soit on se faisait taxer — c’était pas nouveau, ce système est généralisé au niveau de la Syrie — soit on fermait”, déclare de son côté Christian Herrault, ancien directeur général adjoint de Lafarge, qui évoque un système de “racket”. Un terme qui fait souvent tiquer la présidente, plusieurs messages faisant plutôt état de “négociations” ou d'”accords”.En octobre 2013, des camions de LCS sont bloqués à un checkpoint et un mois plus tard, le groupe EI apparaît dans la liste des bénéficiaires des “donations” de LCS.”On peut se laver les mains et partir, mais que seraient devenus les salariés de l’usine si nous étions partis ?”, demande M. Herrault. “On avait le choix entre deux mauvaises solutions, la pire et la moins pire”, ajoute-t-il. “Si on était partis”, les groupes jihadistes “auraient démembré l’usine, vendu ou fait tourner l’usine”, estime-t-il.En juillet 2014, alors que l’EI a proclamé son califat, la situation devient plus violente et l’usine est une nouvelle fois à l’arrêt. Pour autant, l’objectif est de trouver un accord pour la “redémarrer, pour vider les silos” et éviter que la production ne tombe aux mains des jihadistes, ce qui leur aurait rapporté “dix fois plus que les donations”, explique-t-il.Selon M. Herrault, le PDG d’alors, Bruno Lafont, qui figure aussi parmi les prévenus, était parfaitement au courant de ces versements.”Je n’ai jamais entendu, compris ou suspecté des paiements à des groupes terroristes jusqu’au 27 août 2014″, dément le principal intéressé. La cimenterie, finalement évacuée, tombera aux mains de l’EI mi-septembre 2014.

La Bourse de Paris finit dans le vert, entre Fed et Ukraine

La Bourse de Paris a terminé dans le vert mercredi, portée par les espoirs croissants de baisses des taux directeurs de la Réserve fédérale (Fed) aux Etats-Unis et d’un accord de paix en Ukraine.Le CAC 40 a pris 0,88%, à 8.096,43 points, en hausse de 70,63 points. La veille, l’indice avait gagné 0,83%.Comme l’ensemble des indices boursiers mondiaux, la place parisienne a été tirée “par le regain d’optimisme vis-à-vis d’une baisse des taux” aux Etats-Unis, relève Fawad Razaqzada, analyste de City Index.Les investisseurs “semblent se détendre et envisager sereinement la suite des événements”, relève Andreas Lipkow, analyste indépendant.Plusieurs indicateurs économiques américains, publiés mardi, ont conforté les investisseurs dans leur hypothèse d’un nouvel assouplissement monétaire lors de la prochaine réunion de la Fed en décembre.Certains membres de l’institution avaient déjà évoqué cette possibilité les jours précédents.Les probabilités d’une baisse de taux de 0,25 point de pourcentage atteignent désormais 85%, selon l’outil CME FedWatch, “alors qu’elles étaient encore sous les 20% il y a seulement une semaine”, selon Daniela Hathorn, analyste de marché à Capital.com.Par ailleurs, des informations publiées mercredi par Bloomberg, selon lesquelles l’économiste Kevin Hassett pourrait être nommé à la tête de la Fed, en remplacement de Jerome Powell dont le mandat court jusqu’en mai 2026, “ont été bien accueillies, car ce dernier est perçu comme favorable à un cycle d’assouplissement monétaire”, ajoute Zakaria Darouich, responsable multi-actifs chez CPR AM, interrogé par l’AFP.Autre point d’attention des marchés: l’évolution des discussions autour d’un accord de paix en Ukraine.Le Kremlin a relevé mercredi certains points “positifs” dans le plan américain pour mettre fin au conflit en Ukraine, après avoir rejeté une contre-proposition européenne, tandis que Kiev et ses alliés continuent de plaider pour une paix “juste et durable”.Pour les marchés, “le scénario d’une paix en Ukraine en 2026 se rapproche, et cela devrait être positif pour les économies voisines, à savoir les pays européens”, relève Zakaria Darouich. Côté obligataire, le taux d’emprunt à échéance dix ans s’inscrit à 3,40%, au même niveau que la veille en clôture. Son équivalent allemand, référence en Europe, a atteint 2,67%.Valneva s’envoleLe laboratoire franco-autrichien Valneva s’est envolé de 7,60% à 4,08 euros, après avoir annoncé mercredi dans un communiqué des résultats finaux positifs de l’étude de phase 2 concernant son candidat vaccin contre la maladie de Lyme, VLA15, transmise par des tiques.”Les résultats confirment les avantages d’une vaccination annuelle avant chaque saison de transmission de la maladie de Lyme” et “aucun problème de sécurité n’a été observé”, précise le communiqué.

Un partenariat entre une entreprise d’IA et le gouvernement sous le feu des critiques

Un accord entre le gouvernement et Doctrine, une entreprise française de l’IA dans le secteur juridique, qui va équiper des agents de l’Etat, fait grincer des dents un secteur qui pointe une récente condamnation pour concurrence déloyale de cette entreprise détenue par un fonds américain.La lettre d’engagement signée mardi par le ministre délégué de la Fonction publique, David Amiel, et le président de Doctrine, Guillaume Carrère, n’est pas passée inaperçue dans le monde de l’édition juridique.D’après cet accord, l’entreprise qui collabore avec le ministère de l’Intérieur et revendique plusieurs centaines d’entités publiques partenaires va fournir aux juristes de l’Etat des outils d’intelligence artificielle pour “simplifier” certaines missions, selon un communiqué du ministère de la Fonction publique et de Doctrine. Les agents bénéficieront de formations dédiées à ces “solutions” technologiques. Toutefois, le coût total de l’opération n’est pas défini, le nombre d’agents équipés n’est pas connu, et les outils mis à disposition n’ont pas été détaillés.  En outre, l’assurance du ministère que l’accord n’est “pas exclusif” et l’invitation lancée aux entreprises du secteur à formuler des offres sont loin de rassurer. “Je suis tombé de ma chaise”, lâche Denis Berthault, directeur du développement des contenus chez Lexisnexis, joint par l’AFP, tandis que Fabien Girard, président du directoire de Lexibase, y voit “le résultat logique d’un lobbying permanent de cette entreprise auprès des pouvoirs publics”. Surtout, ils pointent la récente condamnation de la société qui détient Doctrine.fr pour “concurrence déloyal- Données publiques -En mai, cinq grands éditeurs juridiques, dont Dalloz, Lexisnexis, et Lexibase, l’avaient emporté en appel, et la justice avait conclu à “des présomptions graves, précises et concordantes” selon lesquelles Forseti, la société exploitante de Doctrine.fr, s’est “procuré des centaines de milliers de décisions de justice des tribunaux administratifs”, et “des centaines de milliers de décisions auprès des tribunaux judiciaires de première instance de manière illicite”.Ce site internet était accusé par ses concurrents d’avoir pillé leurs bases de données, que ces éditeurs avaient constituées en s’adressant aux greffes des tribunaux.Avec ce partenariat, “on disculpe médiatiquement un acteur qui continue à diffuser des données volées, et on le recommande aux fonctionnaires de l’Etat”, estime Denis Berthault, regrettant que la justice n’ait pas demandé à l’entreprise de supprimer ces données, un point que souligne Doctrine auprès de l’AFP.Le “contentieux commercial fait partie de la vie des entreprises à succès”, “et nous comprenons que la croissance de Doctrine puisse susciter de l’inconfort”, a réagi l’entreprise auprès de l’AFP.”La procédure judiciaire a été clôturée”, répond de son côté le ministère de la Fonction publique, assurant que le “respect strict des règles de la commande publique s’appliquera à toute mise en oeuvre future”.Mais pour Fabien Girard, le partenariat est de mauvais augure pour de futurs appels d’offres. “Vous imaginez la puissance du postulant (Doctrine, NDLR) étant donné qu’il a une lettre d’intention?”, interroge-t-il. L’entreprise pourrait bénéficier “d’informations privilégiées” à la faveur de ce partenariat, mais “tout contrat qui fait plus de 100.000 euros doit passer par un appel d’offres” pour être conforme à la loi, assure une source interne chez Lefebvre-Dalloz, sous couvert de l’anonymat.- Pavillon américain -Elle estime “choquant qu’on fasse confiance à une entreprise dont la majorité de l’actionnariat est détenue par un fonds américain quand on prône la souveraineté”, et évoque des “risques de ventes à d’autres fonds” étrangers.Créé en 2016, Doctrine.fr a connu une forte croissance et a levé 10 millions d’euros en juin 2018 auprès du fonds Otium Venture et de Xavier Niel, le patron d’Iliad, maison mère de Free.En 2023, Forseti, la société exploitante de Doctrine.fr, a annoncé être passé sous le contrôle du fonds d’investissement américain Summit Partners, basé à Boston, qui revendique 45 milliards de dollars d’actifs sous gestion dans le monde. Il déclare être présent au capital de “550 entreprises”, notamment dans les domaines de la technologie et de la santé, et compte parmi les plus connues l’américain Uber et le français Veepee (ex Ventes privées.com).”Summit Partners est un fonds américain, mais c’est la partie européenne qui a investi dans Doctrine” qui “n’est aucunement soumise au droit américain”, indique l’entreprise.