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La Bourse de Paris en légère baisse, avant Nvidia

La Bourse de Paris évolue légèrement dans le rouge mercredi, dans l’attente des résultats du mastodonte américain des puces électroniques Nvidia, sur fond de craintes croissantes d’une bulle financière autour de l’intelligence artificielle (IA).Vers 9H30 (heure de Paris), le CAC 40 perdait 0,22% à 7.949,65 points, en recul de 18,29 points. La veille, l’indice parisien a cédé 1,86%.”Aujourd’hui, l’attention des marchés est focalisée sur les résultats de Nvidia”, a résumé Derren Nathan, analyste d’Hargreaves Lansdown.Ces résultats “détermineront de manière significative la tendance future des marchés boursiers tant aux États-Unis qu’en Europe”, a souligné Andreas Lipkow, analyste indépendant.Le spécialiste des puces électroniques doit publier son rapport financier pour le troisième trimestre de son exercice décalé 2025-2026, après la fermeture de Wall Street, à 22H00 (heure de Paris).Il est attendu au tournant, car Nvidia est une figure de proue du mouvement d’investissements massifs des géants de la tech dans l’IA. Les titres des groupes technologiques ont porté les marchés financiers ces derniers mois, poussés par les espoirs que cette technologie ouvre la voie à un nouveau cycle de croissance.Mais des analystes craignent désormais que certaines actions soient allées trop haut, trop vite, et que le secteur ne s’auto-alimente dans un système en vase clos, ayant peu de liens avec le reste de l’économie.”Tout l’écosystème lié à l’intelligence artificielle ressemble à une poignée d’entreprises qui s’échangent des milliards sans qu’on voie vraiment d’argent entrer depuis l’extérieur”, a noté Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.Exemple récent: le partenariat annoncé mardi entre “Nvidia, Microsoft et Anthropic”, prévoyant que les “deux premiers investissent 15 milliards de dollars” dans le troisième, qui “achètera de la puissance de calcul” de Microsoft, “alimentée par des puces Nvidia”, a relevé cette analyste.Côté obligataire, le taux d’intérêt de l’emprunt d’Etat français à échéance dix ans, atteignait 3,45% vers 9H30, au même niveau que la veille. Son équivalent allemand, référence en Europe, était à 2,70%, lui aussi stable.Interparfums dégringoleL’action d’Interparfums cédait nettement du terrain à la Bourse de Paris (-8,41% à 24,46 euros, vers 9H30), après que le groupe a annoncé mercredi dans un communiqué ne pas être en mesure d’estimer son chiffre d’affaires pour l’année prochaine, et observé un ralentissement de sa croissance en 2025.

Les Bourses européennes ouvrent sans impulsion

Les marchés boursiers européens ont ouvert sans élan mercredi, retenant leur souffle avant la publication des résultats du géant américain des puces électroniques Nvidia, dans un contexte de craintes croissantes d’une bulle financière autour de l’intelligence artificielle.Vers 8H05 GMT, dans les premiers échanges, Paris perdait 0,11%, tandis que Londres (-0,01%) et Francfort (+0,03%) restaient à l’équilibre. Milan perdait 0,43%.

Négociations nocturnes à la COP30 avant le retour de Lula à Belem

Le Brésil veut que sa COP, la première en Amazonie, soit un succès, et ses diplomates font désormais travailler les négociateurs nuit et jour dans l’espoir – jugé optimiste – d’un premier consensus dès mercredi en présence du président Lula.Il est rare que les chefs d’Etat, après avoir ouvert les COP, reviennent dans la dernière ligne droite de la conférence. François Hollande en 2015 pour l’accord de Paris et Boris Johnson en 2021 à Glasgow étaient revenus ajouter de la pression sur les délégués dans les derniers jours. La COP30 est censée se terminer vendredi soir après deux semaines.Mais Luiz Inacio Lula da Silva a investi un capital politique important pour la réussite de cette 30e conférence de l’ONU sur le changement climatique, avec un objectif: “infliger une nouvelle défaite aux négationnistes” du climat, et démontrer en Amazonie que le monde n’a pas abandonné la coopération climatique, malgré les turbulences géopolitiques et économiques.Il rencontrera les groupes de négociation mercredi, a confirmé le diplomate brésilien qui préside la conférence, André Correa do Lago.Les pays, aussi désireux soit-ils de lui offrir un succès, n’en ont cependant pas abandonné leurs lignes rouges. Les portes ne claquent pas encore, mais les ministres restent loin du consensus.Une tentative assez avancée de compromis par la présidence brésilienne de la COP30 a été publiée à la surprise générale dès mardi matin. Elle ne tranche pas entre des options extrêmes sur les engagements financiers des pays développés, les “mesures commerciales unilatérales” et la sortie des énergies fossiles.Un front de dizaines de pays européens, latino-américains et insulaires réclament une décision qui engagerait les pays à réellement mettre en place la sortie progressive des énergies fossiles adoptée sur le principe à Dubaï en 2023. Il s’oppose aux pays producteurs de pétrole, largement silencieux à Belem.Une nouvelle version du texte est attendue mercredi et le diplomate brésilien qui préside la conférence, André Correa do Lago, a prévenu dans un sourire qu’en cas de séance plénière mercredi, “cela pourrait finir tard”.- L’UE se fait entendre -“Comme toujours à ce stade des négociations, c’est mitigé”, a déclaré à l’AFP le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra.”Ce n’est pas particulièrement équilibré mais c’est une première ébauche”, a dit à des journalistes l’émissaire pour le climat du Royaume-Uni, Rachel Kyte. “Les Brésiliens ont un calendrier très ambitieux. Je pense que ça met beaucoup de pression aux délégués mais il y a une alchimie propre à chaque COP”, a-t-elle ajouté.Wopke Hoekstra a prévenu qu’il n’était pas question de “rouvrir les compromis atteints difficilement l’an dernier en termes de financement” des pays riches en direction des pays en développement, et a aussi dénoncé tout entraînement “dans une conversation artificielle sur les mesures commerciales”.M. Hoekstra réagissait à l’inclusion d’options, dans le projet de texte, faisant allusion aux mesures commerciales unilatérales, ce qui vise implicitement la taxe carbone aux frontières que l’UE va mettre en place en janvier et qui est critiquée comme protectionniste par la Chine et d’autres pays exportateurs.- “Mutirão” -Le texte brésilien est baptisé “Mutirão mondiale”, en référence à un mot autochtone désignant une communauté qui se rassemble pour travailler ensemble sur une tâche commune.Selon les règles de la convention de l’ONU sur le climat, le consensus entre les 194 pays membres de l’accord de Paris, et l’Union européenne, est nécessaire pour l’adoption de toute décision.Le texte suggère aussi de tripler les financements des pays riches vers les plus pauvres pour leur adaptation au changement climatique, d’ici 2030 ou 2035, ce qui correspond à une demande des pays du Sud – un objectif totalement irréaliste, répondent les Européens en privé.Sans décision financière sur l’adaptation “tout ce dont on discute ici n’est que symbolique”, juge Lina Yassin, chercheuse et déléguée du Soudan. “On repartira à la maison et demain rien n’aura changé.”L’habileté brésilienne permettra-t-elle de dégager un point d’équilibre entre les demandes de la Chine, de l’Inde, des Occidentaux, des pays africains…?”Nous devons montrer au monde que le multilatéralisme est vivant”, a déclaré Josephine Moote, représentante de l’archipel de Kiribati dans le Pacifique.

L’Irlande, pilier européen de l’informatique, face au coût énergétique de l’IA

Avec ses vastes fermes de serveurs, l’Irlande est devenue un pôle mondial de l’informatique en nuage, aujourd’hui en plein boom avec l’intelligence artificielle. Mais cette position-phare en Europe la place aussi au coeur du débat sur les coûts énergétiques et environnementaux du secteur.L’Irlande accueille aujourd’hui plus de 80 centres de données, essentiellement dans de grands entrepôts autour de Dublin, une des plus fortes concentrations au monde, selon le cabinet spécialisé américain Synergy.Au service de géants de la tech dont Meta, Amazon, Google et Microsoft, ils consomment déjà un cinquième de la production électrique nationale, alimentant les craintes pour la stabilité du réseau et pour le respect des objectifs environnementaux du pays, faute d’énergies renouvelables en quantité suffisante.Ces centres, et les investissements et emplois hautement qualifiés qu’ils attirent, contribuent certes à l’économie irlandaise: le secteur numérique dans son ensemble représente 13% du PIB du pays, selon l’organisation patronale irlandaise IBEC. Mais certains se demandent si leur coût environnemental en vaut vraiment la chandelle.Pour Rosi Leonard, porte-parole irlandaise de l’organisation écologiste Friends of the Earth spécialiste de ces centres, ils sont “complètement insoutenables pour nos vies, nos écosystèmes et nos budgets carbone”.Selon les statistiques officielles, la part des centres de données dans la consommation totale d’électricité du pays atteignait 22% en 2024, contre seulement 2 à 3% en moyenne dans l’UE. – Des signes de faiblesse – L’opérateur national du réseau électrique, EirGrid, prévoit qu’elle atteindra 30% d’ici 2030, soit la consommation annuelle des 2 millions de foyers irlandais, indiquait en juillet la société d’analyse énergétique Wood Mackenzie. Le réseau montre déjà des signes de faiblesse, poussant certains centres à recourir en complément à des générateurs — qui fonctionnent habituellement au pétrole ou au gaz. Rosi Leonard accuse les géants de la tech d'”utiliser leur influence pour demander des connexions au réseau gazier et pour augmenter la pollution et les émissions”. Si les données manquent pour évaluer l’impact précis des centres de données sur les émissions, elle prône “un moratoire sur l’extension des centres de données, tant qu’il ne sera pas prouvé qu’ils ne menacent pas le climat et les budgets carbone”. Alors que “nous peinons déjà à réduire les émissions à un rythme correspondant à nos engagements et aux lois que nous avons adoptées, développer un secteur qui va encore substantiellement augmenter nos émissions n’a pas de sens”, souligne aussi Barry McMullin, expert en réduction d’émissions à l’université de Dublin City. La compatibilité des centres de données avec les objectifs d’émissions “est peu probable avant dix ans,” selon lui.Certains responsables locaux ont déjà mis le holà.L’an dernier, un conseil municipal de Dublin a bloqué l’extension d’un centre de Google, invoquant “une capacité insuffisante” du réseau et “le manque de (production) d’énergie renouvelable substantielle sur le site”.  Dès 2022, le gouvernement appelait les centres de données à montrer “la voie vers la décarbonisation” et à concevoir à l’avenir des centres avec “un bilan net zéro” en matière d’émissions. – “Frustrations” –   Pour les industriels et investisseurs, en revanche, la priorité est d’augmenter la capacité du réseau, dont les problèmes créent des “frustrations”, déplore Maurice Mortell, responsable de Digital Infrastructure Ireland (DII), groupement professionnel qui défend les entreprises du secteur numérique.L'”avance irlandaise” dans l’informatique en nuage “est en danger, les investissements se dirigent ailleurs”, avertit-il.  Le réseau national EirGrid prévoit des mises à niveau de capacité et une diversification régionale pour mieux répartir la demande des centres de données à l’échelle nationale. Mais les experts doutent que ces plans soient réalisés à temps pour répondre à la demande des investisseurs. En attendant, quelques solutions ponctuelles pour limiter l’impact négatif des centres de données ont vu le jour. Ainsi, un projet pilote lancé en 2023 en partenariat avec les autorités de Dublin permet d’utiliser la chaleur résiduelle générée par un centre de données d’Amazon pour chauffer et fournir en eau chaude des bureaux et une bibliothèque. Des centaines de foyers et un hôpital pourraient suivre. “D’autres centres de données pourraient faire de même, c’est une situation gagnant-gagnant”, affirme Admir Shala, l’ingénieur qui coordonne le projet. Le professeur McMullin est plus sceptique: “le projet reste limité, nous n’avons pas de réseaux de chauffage auxquels raccorder cette chaleur perdue et les centres tournent toute l’année, alors qu’on a besoin de chauffage que six mois par an”, dit-il.  

Sous pression, l’UE allège ses règles sur l’IA et les données

L’UE doit annoncer mercredi une série de mesures visant à réduire le fardeau réglementaire dans le domaine de l’intelligence artificielle et des données, au nom de l’urgence à redresser la compétitivité de l’Europe et combler son retard technologique.Accusée de céder à des pressions des lobbies du secteur des deux côtés de l’Atlantique, et du gouvernement américain, la Commission s’est défendue ces dernières semaines de vouloir affaiblir la réglementation européenne.Elle a assuré à plusieurs reprises préparer uniquement une loi de simplification prévoyant des “ajustements” ciblés, nécessaires aux entreprises pour se mettre en conformité à ces nouvelles règles, et réduire le fardeau bureaucratique et les coûts qui en résultent.Et y voit la déclinaison au secteur technologique de son offensive lancée l’an dernier, qui vise à redynamiser l’économie européenne et à combler le retard en matière d’IA.Parmi les mesures phare qui pourraient être dévoilées mercredi, selon une version provisoire du projet consultée par l’AFP, la Commission pourrait accorder un délai d’un an aux entreprises qui développent des systèmes d’IA considérés comme à “haut risque” pour se conformer à la loi européenne sur l’intelligence artificielle (AI Act).Entré en vigueur en 2024, avec une application progressive au cours des prochaines années, ce texte européen était censé protéger des dérives de l’intelligence artificielle sans brider l’innovation.Il classifie les modèles selon leur niveau de risque, avec des contraintes proportionnelles au danger.Mais cette législation a suscité une pluie de critiques d’entreprises européennes et américaines qui y voient un frein à leur développement.- “Complexité excessive et incohérences” -Le groupe américain OpenAI avait appelé Bruxelles à mettre fin à l’enchevêtrement des règles européennes (AI Act, DMA, DSA, GDPR…) et nationales, y voyant une chance pour l’Europe de “relancer sa compétitivité, protéger ses citoyens et renouer avec la prospérité et le progrès”.”Il y a un vaste consensus parmi les dirigeants d’entreprises selon lequel la simplification de la réglementation serait le levier le plus puissant pour développer l’investissement et l’innovation en Europe”, a défendu de son côté DigitalEurope, le lobby européen du secteur technologique.Autre point qui suscite l’inquiétude des défenseurs de la protection des données personnelles, la Commission pourrait autoriser l’utilisation de données privées pour le développement des modèles d’IA.Une possibilité très critiquée par les ONG, qui y voient une grave entorse au règlement européen sur la protection des données (GDPR).Parmi les dispositions qui auraient le plus de conséquences visibles pour les internautes, la Commission pourrait chercher à réduire la multiplication des bannières d’autorisation des cookies, ces outils de mesure et de pistage publicitaires.Ces bannières incessantes sont devenues une plaie au quotidien pour de nombreux utilisateurs, même si elles visaient au départ à leur donner un meilleur contrôle sur la collecte et d’exploitation de leurs données. Ces mesures, si elles sont confirmées, risquent de faire l’objet de débats agités au Parlement européen.”L’Europe souffre de la complexité excessive et des incohérences entre les règles qui sont déjà en place. Les silos et les doublons réglementaires, et l’application inégale des obligations créent des incertitudes pour les entreprises, et fragmentent le marché unique”, plaide l’eurodéputée bulgare Eva Maydell (PPE, droite), parmi les partisans de ces assouplissements.Au contraire, les eurodéputés sociaux-démocrates ont demandé à la Commission “de ne pas déréglementer et affaiblir le cadre juridique numérique soigneusement construit par l’UE”.”Au lieu des ajustements ciblés annoncés, la Commission propose de modifier des éléments fondamentaux tels que la définition des données à caractère personnel et les droits des personnes concernées par le GDPR”, s’alarme quant à elle NOYB, l’association du militant autrichien pour la protection des données Max Schrems.Elle craint également que l’UE accepte de “donner aux entreprises d’IA un chèque en blanc pour aspirer les données personnelles des Européens”.

Un tableau de Klimt devient la 2e oeuvre la plus chère jamais vendue aux enchères

Un portrait peint par l’Autrichien Gustav Klimt, vendu 236,4 millions de dollars (204 millions d’euros) par Sotheby’s mardi à New York, est devenu la deuxième oeuvre la plus chère jamais adjugée aux enchères.Seul le “Salvator Mundi” attribué à Léonard de Vinci a fait mieux, vendu pour 450 millions de dollars (alors environ 380 millions d’euros) à New York en 2017.Six acheteurs se sont disputé pendant 20 minutes “Le portrait d’Elisabeth Lederer” (1914-1916), estimé à 150 millions de dollars, qui représente la fille du principal mécène de Gustav Klimt dans une robe impériale chinoise blanche, devant une tapisserie bleue aux motifs d’inspiration asiatique.Sotheby’s n’a pas dévoilé le nom de l’acquéreur.A l’instar de ce tableau, les grands portraits en pied réalisés par le peintre autrichien pendant sa période phare (entre 1912 et 1917) sont “extrêmement rares”, explique Sotheby’s dans un communiqué. La plupart font partie des collections des grands musées et très peu sont détenus par des collectionneurs privés.Cette vente record intervient alors que le produit mondial des enchères d’œuvres d’art a chuté de 33,5% en 2024 à 9,9 milliards de dollars, son plus bas niveau depuis 2009, selon le rapport annuel Artprice publié en mars. En cause alors, outre un contexte économique difficile, le manque d’œuvres de grande valeur.Autre enchère remarquée mardi à New York, les toilettes en or massif du provocateur italien Maurizio Cattelan ont été vendues à une “célèbre marque américaine” pour 12,1 millions de dollars (10,4 millions d’euros), a indiqué Sotheby’s dans un communiqué.Une première version de l’oeuvre, baptisée “America”, a été volée en 2019 dans un château en Angleterre. Jamais retrouvée, elle a probablement été fondue pour être revendue. Trois hommes ont été condamnés dans cette affaire.- Au tour de Frida Kahlo ? -Plusieurs autres oeuvres de Gustav Klimt ont été adjugées lors des mêmes enchères, dont sa “Prairie en fleur” (c. 1908) pour 86 millions de dollars (74,2 millions d’euros) et sa “Pente forestière à Unterach am Attersee” (1916) pour 68,3 millions de dollars (58,9 millions d’euros).Ces tableaux champêtres, ainsi que deux études pour un portrait, faisaient partie de la collection de Leonard A. Lauder, héritier de l’empire des cosmétiques Estée Lauder, décédé en juin à l’âge de 92 ans.Au total, la vente des 24 lots de cette collection a généré 527,5 millions de dollars (455,6 millions d’euros), dont 391,7 millions (338,3 millions d’euros) rien que pour Gustav Klimt. “Un événement historique pour le marché de l’art”, a estimé Charles Stewart, directeur général de Sotheby’s, cité dans un communiqué.Pour l’artiste autrichien, le précédent record était allé à la “Dame à l’éventail” (1917-1918), adjugée pour 85,3 millions de livres sterling (98,9 millions d’euros, 108,8 millions de dollars) à Londres en 2023.Mis en vente jeudi par Sotheby’s à New York, un autoportrait de Frida Kahlo a de bonnes chances de devenir le tableau le plus cher réalisé par une femme.Estimée entre 40 et 60 millions de dollars (34 et 51 millions d’euros), cette peinture de 1940 intitulée “Le rêve (La chambre)” la représente dormant dans un lit surplombé d’un immense squelette.Le tableau le plus cher d’une artiste vendu jusqu’à présent est une oeuvre de 1932 de l’Américaine Georgia O’Keeffe, qui avait atteint la somme de 44,4 millions de dollars (alors 41,5 millions d’euros) en 2014.Aucune femme n’a franchi le seuil des 50 millions, dépassé plus de 150 fois par des hommes.Le record pour Frida Kahlo est un autre autoportrait de 1949, “Diego et moi”, qui s’est vendu pour 34,4 millions de dollars.

Budget de la Sécu: inflexible sur les retraites, le Sénat lance son marathon budgétaire

Le Sénat entame mercredi son marathon budgétaire par l’examen du budget de la Sécurité sociale, une occasion pour la droite de marteler son opposition inflexible à la suspension de la réforme des retraites, au risque d’anéantir toute chance de compromis final au Parlement.Après plusieurs semaines de débats parfois chaotiques à l’Assemblée nationale, les projecteurs se braquent désormais sur le Palais du Luxembourg.Les sénateurs se saisissent vers 16h30 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Ils siègeront sans interruption pendant sept jours sur ce texte, avant un vote solennel prévu mercredi 26 novembre. Puis ils s’empareront du budget de l’Etat, actuellement débattu à l’Assemblée.A la différence de cette dernière, la chambre haute dispose d’une très nette majorité acquise à une alliance entre la droite et les centristes.Cette configuration permet donc d’envisager sereinement un vote favorable, à condition d’arriver au bout des quelque 1.300 amendements soumis à l’hémicycle… Mais quelle sera la copie retenue par le Sénat ? Très irritée par le choix du gouvernement de se tourner vers le Parti socialiste en vue de négocier sa survie, la majorité sénatoriale n’entend pas rentrer si facilement dans le “compromis” souhaité par le Premier ministre Sébastien Lecornu.”Le gouvernement veut acheter à n’importe quel prix le fait de durer un peu plus”, s’est agacé mardi le patron des Républicains Bruno Retailleau, redevenu sénateur.- “Courage” -Droite et centristes n’auront donc aucun scrupule à refuser en bloc la concession majeure offerte par le gouvernement aux socialistes: la “suspension” jusqu’à janvier 2028 de la réforme des retraites portant l’âge légal de départ à 64 ans. Soutenue de longue date par le Sénat, elle sera donc rétablie en séance publique, sauf immense surprise.”On n’est pas là pour maintenir coûte que coûte un gouvernement”, martèle le patron du groupe LR, Mathieu Darnaud. “On sait très bien que la suspension de cette réforme, ce sont des coûts supplémentaires”, ajoute-t-il.La réforme des retraites n’est pas le seul objet de désaccord entre députés et sénateurs, ces derniers ayant promis de supprimer des dizaines de mesures votées à l’Assemblée.”La copie de l’Assemblée n’est pas acceptable”, assume la centriste Elisabeth Doineau, rapporteure générale du budget de la Sécu. “Rien n’est agréable à porter, mais il faut aussi avoir le courage de revenir à un niveau de déficit qui rentre dans l’épure”.La sénatrice espère ramener le déficit de la Sécu à environ 17,5 milliards d’euros en 2026 – soit l’objectif initial du gouvernement – contre plus de 24 milliards selon la copie des députés.Pour ce faire, les sénateurs entendent réintroduire le principe de “l’année blanche”, c’est-à-dire le gel des pensions de retraites et des prestations sociales, à l’exception de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et les retraites inférieures à 1.400 euros.Ils s’opposent aussi à la hausse de la CSG sur le capital, autre victoire des députés socialistes.- “Le retour des horreurs” -“C’est le retour des horreurs”, se désespère le président des sénateurs socialistes Patrick Kanner, promettant des “débats aussi durs qu’en 2023 sur la réforme des retraites”. Dans cette chambre où La France insoumise n’a aucun parlementaire, la gauche – socialiste, écologiste et communiste – a promis “d’entrer en résistance” en commun et de “faire bloc” pour “défendre des acquis”, malgré ses divergences stratégiques sur le budget.Interrogée ce week-end par Le Parisien, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a elle appelé les sénateurs à “œuvrer au compromis” sur les retraites.Mais la chambre haute et son président Gérard Larcher n’entendent pas, à ce stade, céder sur cette ligne rouge… Au risque de doucher les espoirs d’un compromis bâti entre les deux chambres du Parlement ?Au Sénat comme à l’Assemblée, l’immense majorité des parlementaires envisagent déjà l’échec de la commission mixte paritaire (CMP), réunion censée accorder les versions des deux chambres fin novembre. Cela obligerait les députés à entamer au pas de course une “nouvelle lecture” de ce PLFSS. Avec un risque chaque jour plus grand de voir le texte mis en place par voie d’ordonnances, si les délais constitutionnels – fixés au 12 décembre à minuit – sont dépassés… 

IA: Nvidia et Microsoft vont investir 15 milliards de dollars dans la start-up Anthropic

Les géants du numérique américains Nvidia et Microsoft ont annoncé mardi qu’ils vont investir respectivement 10 milliards et 5 milliards de dollars dans la start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA) Anthropic, connue pour son outil d’IA générative Claude.Ces nouveaux investissements, annoncés dans un communiqué commun, devraient porter la valorisation d’Anthropic à 350 milliards de dollars, selon des sources proches citées par la chaîne américaine CNBC.Son concurrent OpenAI a récemment vu sa valorisation atteindre 500 milliards de dollars.La jeune entreprise s’est de son côté engagée à acheter pour 30 milliards de dollars de capacités auprès d’Azure, la plateforme d’informatique dématérialisée (“cloud”) de Microsoft, et mettra Claude à disposition des “clients entreprise d’Azure, avec un choix de modèles étendu et de nouvelles capacités”, selon le communiqué des trois entreprises.Cette annonce n’a cependant pas particulièrement séduit les marchés, les titres Nvidia et Microsoft reculant respectivement de 2,22% et 2,38% à la Bourse de New York vers 20H50 GMT, dans un marché globalement à la baisse alors que les craintes d’une possible bulle spéculative autour de l’IA montent chez les investisseurs.Le rapprochement entre les trois entreprises prévoit par ailleurs une collaboration en terme de conception et ingénierie qui doit permettre d'”optimiser les modèles d’Anthropic pour en obtenir la meilleure performance et efficacité”.”Nous allons petit à petit devenir les clients les uns des autres. Nous allons utiliser les modèles d’Anthropic, ils vont utiliser notre infrastructure et nous irons sur les marchés ensemble pour aider nos clients à profiter pleinement de la valeur créée par l’IA”, a déclaré, dans une vidéo commune, le PDG de Microsoft, Satya Nadella.”C’est la première fois que nous avons un partenariat d’importance avec Anthropic pour accélérer le développement de Claude”, a de son côté signalé le patron de Nvidia, Jensen Huang, “cet accord entre nos trois entreprises permettra d’apporter l’IA et le cloud à chaque entreprise, chaque industrie dans le monde”.- Craintes de bulle -L’annonce de ce partenariat entre les trois entreprises intervient alors qu’un autre géant du numérique, Google, a annoncé le même jour la dernière version de son outil IA, Gemini 3, qui doit notamment permettre de générer de manière autonome des projets d’écriture d’application à partir de consignes données en langage courant, et qui viendrait ainsi en concurrence de Claude.Egalement basée en Californie, Anthropic a été fondée en 2021 par des anciens d’OpenAI et se présente comme développant une IA qui se veut plus sûre.Comme sa concurrente, elle profite des énormes investissements réalisés par les géants du numérique, Microsoft et Nvidia en tête. Mais Anthropic comme OpenAI se voient également concurrencées par certains, à l’image de Google donc mais également d’Amazon, de Meta, ou plus récemment de xAI, lancée par Elon Musk.Depuis le lancement de ChatGPT il y a bientôt trois ans, le secteur a dépensé des dizaines de milliards de dollars pour accélérer le développement et l’adoption de l’IA.Ces annonces interviennent alors que les marchés s’inquiètent des valorisations faramineuses du secteur du numérique, mais aussi des sommes importantes engagées, alors que le retour sur investissement semble être encore loin et le coût de développement de chaque nouvelle version augmente en produisant des innovations qui sont moins importantes.Depuis son plus haut fin octobre, le titre Nvidia, première valorisation au monde, a perdu plus de 12% de sa valeur et les marchés attendent la publication de ses résultats, attendus mercredi.Bien que la croissance des investissements dans l’IA ait été “un moment extraordinaire”, il existe une certaine “irrationalité” dans l’actuelle frénésie qui s’en est emparée, a reconnu lundi Sundar Pichai, le patron d’Alphabet, maison mère de Google.Autre difficulté qui se présente, la consommation d’énergie nécessaire pour faire tourner les serveurs de l’IA ne cesse d’augmenter, pour représenter 1,5% de la consommation mondiale d’électricité selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Cette voracité énergétique crée parfois des tensions sur les réseaux locaux, une contrainte que les géants du secteur tentent de contourner en signant des accords pour le développement de nouvelles sources d’énergie dédiées.

Wall Street termine en baisse, lestée par la tech et la Fed

La Bourse de New York a clôturé en baisse mardi, les inquiétudes concernant les valorisations des géants de l’intelligence artificielle (IA) continuant de peser sur le marché, de même que les incertitudes autour des taux de la Fed.Le Dow Jones a perdu 1,07%, l’indice Nasdaq s’est replié de 1,21% et l’indice élargi S&P 500 a cédé 0,83%.”Wall Street adopte une posture prudente face aux inquiétudes liées aux niveaux de valorisation élevés” de certains titres, résume Jose Torres, d’Interactive Brokers.”Une partie des pertes récentes sur le marché s’explique par les appréhensions concernant (…) le domaine de l’intelligence artificielle”, précise auprès de l’AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.Les titres des géants de la tech ont atteint des niveaux stratosphériques en Bourse ces derniers mois, poussés par les espoirs que les investissements massifs dans l’IA ouvrent la voie à un nouveau cycle de croissance.Mais les analystes craignent de plus en plus que certaines actions soient allées trop haut, trop vite, menant à la création d’une bulle spéculative autour de l’IA.Dans un entretien à la BBC mardi, Sundar Pichai, le patron d’Alphabet, maison mère de Google, a reconnu que toutes les entreprises seraient lourdement affectées si cette bulle IA venait à éclater, ajoutant que la croissance des investissements y avait été “un moment extraordinaire”, avec potentiellement une certaine “irrationalité”.”Un point de bascule (…) pourrait venir des résultats de Nvidia demain après la clôture” de Wall Street, estime Art Hogan.Le géant des puces a encore perdu mardi 2,62% à 181,71 dollars. Le titre est tombé de plus de 12% depuis son plus haut en clôture enregistré fin octobre.De “bonnes nouvelles” de la première capitalisation mondiale “devraient susciter un certain enthousiasme pour d’autres acteurs du secteur de l’IA qui ont également connu un recul”, note M. Hogan.En parallèle, “la visibilité sur les prochaines mesures de la Fed (banque centrale américaine, ndlr) est devenue très floue, ce qui n’aide pas”, remarque l’analyste.Plusieurs membres de l’institution ont récemment joué la carte de la prudence sur une nouvelle baisse des taux à l’issue de la réunion de politique monétaire programmée les 9 et 10 décembre prochains.Des positions qui s’ajoutent à celles du patron de la Fed Jerome Powell, selon qui une détente supplémentaire est “loin” d’être acquise à la prochaine réunion de l’institution.Pour se faire une meilleure idée du cap privilégié par l’institution, le marché attend cette semaine une série de données dont la publication a été retardée par la récente fermeture des services publics aux Etats-Unis, avec notamment le rapport sur l’emploi pour septembre jeudi.Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’Etat américain se détendait à 4,11% vers 21H25 GMT contre 4,14% la veille en clôture.A la cote, la chaîne américaine de magasins de bricolage Home Depot a franchement reculé (-5,82% à 337,18 dollars) après avoir abaissé ses prévisions pour l’année complète, du fait notamment d’une demande plus faible.Sont aussi attendues cette semaine les performances financières des géants américains des hypermarchés Walmart (-1,40%) et Target (+0,30%).Meta, maison mère de Facebook, a terminé dans le rouge (-0,54% à 598,74 dollars) bien qu’un juge fédéral américain ait estimé mardi que le groupe n’était pas en situation d’abus de position dominante sur le marché des réseaux sociaux.La justice rejette ainsi les arguments avancés par la Commission fédérale du Commerce (FTC) –une agence de protection des consommateurs– il y a cinq ans, après le rachat d’Instagram et WhatsApp.

Perrier: la vente de la célèbre eau gazeuse reste autorisée par la justice

Un tribunal français a autorisé mardi la poursuite de la commercialisation de la célèbre eau gazeuse Perrier, dont une association de consommateurs contestait la vente comme “eau minérale naturelle” en jugeant que la marque de Nestlé Waters était coupable de “tromperies”.”L’existence d’un risque sanitaire pour le consommateur lié aux eaux Perrier étiquetées +eaux minérales naturelles+ n’est nullement établie”, a décidé le tribunal de Nanterre, en région parisienne. En concluant “qu’aucun dommage imminent n’est démontré”.L’association de consommateurs UFC-Que Choisir arguait que la microfiltration utilisée par le groupe sur ses eaux faisait que celles-ci ne pouvaient plus prétendre à l’appellation “eau minérale naturelle”. Et demandait en conséquence à la justice une “interdiction de commercialisation” et “la cessation des tromperies”.Le tribunal a débouté l’association et l’a condamnée à verser 5.000 euros au groupe Nestlé Waters Premium Beverages pour couvrir ses frais de justice. “Nous sommes en colère”, a réagi sa présidente, Marie-Amandine Stévenin.Nestlé Waters, qui produit en France les eaux Perrier, Vittel, Contrex ou encore Hépar, a pour sa part salué une décision qui “confirme que la sécurité alimentaire des eaux minérales naturelles Source Perrier a toujours été garantie”.Il s’agit du enième rebondissement d’un feuilleton de deux ans. Qui a trouvé sa source quand le groupe suisse a admis, début 2024 sous le coup de plusieurs enquêtes de presse, avoir utilisé par le passé des traitements interdits (charbon, UV) pour ses eaux.L’avocat d’UFC-Que Choisir, Alexis Macchetto, était allé jusqu’à dire qu’il existait “un risque réel pour le consommateur”.Nestlé Waters avait contesté “fermement” les demandes de l’association, “notamment les allégations mettant en cause la sécurité alimentaire des produits”.- Commercialisation “trompeuse”? -Le groupe utilise depuis 2024 une microfiltration à 0,2 micron dont la légalité a été contestée, l’eau minérale naturelle ne pouvant faire l’objet de désinfection ou traitement de nature à modifier ses caractéristiques, sauf exception pour retirer du fer ou du manganèse considérés comme nocifs.Le groupe affirme l’avoir fait dans le cadre d’un plan de transformation validé par le gouvernement français en 2023.Depuis, les autorités sanitaires ont estimé que cette microfiltration à 0,2 micron modifiait le microbisme de l’eau, poussant le groupe, sous injonction préfectorale, à la remplacer par une microfiltration à 0,45 micron.Si Nestlé Waters affirme que ce degré de microfiltration a été validé par les autorités, il a dû déposer de nouvelles demandes d’autorisation préfectorale pour exploiter ses forages et commercialiser sous l’appellation eau minérale naturelle.Alors que les préfets n’ont toujours pas rendu leur décision, UFC-Que Choisir soutient que la commercialisation actuelle est “trompeuse”.Nestlé Waters s’en défend, soulignant la mise en place depuis juin, indépendamment de la procédure judiciaire, d’une “vaste” campagne de communication dans les supermarchés et la presse, affirmant bien que les eaux Perrier, Contrex et Hépar “sont susceptibles” de ne pas être minérales naturelles selon “l’analyse par l’Etat de leur microfiltration”.- Pas d’impact sur les ventes -Dans l’immédiat, cette campagne ne semble pas avoir eu d’impact sur les ventes. Sur les bouteilles Perrier classiques, “le nombre de foyers acheteurs est resté stable”, souligne l’entreprise à l’AFP, précisant qu’elle vend toute sa production. Sur le dernier trimestre, avec une météo propice à la consommation d’eau, les ventes sont “même en croissance”.En revanche, la production des bouteilles bleues de Perrier fines bulles a reculé puisque des forages ont été suspendus depuis le début du scandale, et le groupe reconnaît que les ventes ont mécaniquement baissé.Une autre campagne de communication a été lancée ces dernières semaines, cette fois par les concurrents français de Nestlé Waters réunis dans la Maison des eaux minérales naturelles.”L’appellation eau minérale naturelle se mérite”, affirme le syndicat qui rassemble Danone (Evian, Badoit, Salvetat, Volvic) avec des plus petits acteurs (Wattwiller, Mont-Roucous, Eau neuve, Bonneval).Pour eux, la réglementation, dont Nestlé Waters a demandé une clarification, est limpide. “Nous partageons une responsabilité commune: protéger la pureté originelle. Sans traitement. Sans compromis”. C’est-à-dire avec une microfiltration à 0,45 micron réservée au retrait du fer ou du manganèse, ce qui n’est pas le cas pour les filtres utilisés par Nestlé Waters dans le cadre des demandes d’autorisation en cours.