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Vins, engrais: l’UE annonce des aides à des agriculteurs “sous pression”

Quarante millions d’euros pour les producteurs de vins français, et une suspension d’un an des taxes sur certaines importations d’engrais: le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a mis en avant dans un entretien à l’AFP, des mesures de soutien aux agriculteurs, avant sa visite mercredi au Salon de l’agriculture. “Le secteur est sous pression pour beaucoup de raisons”, a souligné le responsable, à commencer par les maladies animales comme la dermatose nodulaire, “qui a frappé énormément notre secteur de l’élevage” et privé le Salon parisien de ses vaches pour la première fois de son histoire.Mais aussi en raison “des pressions géopolitiques suite à la guerre en Ukraine”, sans oublier les droits de douane imposés par les Etats-Unis, ou la Chine.Dans ce “contexte très compliqué”, le commissaire européen espère que comme lui, “beaucoup de visiteurs viendront aussi pour soutenir le secteur. Parce que le Salon de l’agriculture, c’est aussi une occasion de fêter et de soutenir notre secteur agricole”.Le dirigeant n’arrive pas les mains vides à ce grand rendez-vous du monde agricole. M. Hansen a annoncé à l’AFP que l’Union européenne allait débloquer 40 millions d’euros pour soutenir la filière française du vin.Cette enveloppe permettra de financer le recours à la “distillation de crise”, un mécanisme qui permet en cas de surproduction de convertir des stocks excédentaires de vin en alcool réservé à un usage industriel, le tout financé par l’UE.”C’est une grande annonce pour le secteur du vin, on a libéré 40 millions d’euros de la réserve agricole, pour permettre à la France la distillation de crise, ce qui va enlever des volumes du marché” et aider à stabiliser les prix, a expliqué M. Hansen.La filière française du vin avait demandé une telle mesure, tout en chiffrant de son côté ses besoins à 80 millions d’euros, face à une baisse tendancielle de la consommation hexagonale, couplée à un recul des exportations liée aux batailles commerciales avec les Etats-Unis et la Chine.L’UE a annoncé en outre mardi la suspension pour un an des droits de douane sur les importations d’engrais azotés et de leurs matières premières, à l’exception de celles provenant de Russie et du Belarus.De quoi concrétiser un engagement pris début janvier par Bruxelles, qui devrait faire économiser 60 millions d’euros aux agriculteurs et fabricants d’engrais européens.Cela vise à répondre aux difficultés des cultivateurs de céréales ou de betteraves qui dénoncent l’envolée de leurs coûts de production, encore aggravée selon eux par l’entrée en vigueur cette année du mécanisme européen de taxe carbone aux frontières (MACF).A ce propos, le commissaire à l’Agriculture dit réfléchir à “utiliser une partie des revenus du MACF pour dédommager nos agriculteurs”.- “On doit trouver des débouchés” -Christophe Hansen, un ancien eurodéputé luxembourgeois qui a intégré la Commission fin 2024, a par ailleurs défendu les accords de libre-échange négociés par l’exécutif européen, comme un moyen de doper les exportations agricoles européennes, malgré l’opposition que celui signé avec le Mercosur suscite, en particulier en France.”On ne va pas consommer plus domestiquement. Et on aura du mal à convaincre d’autres de consommer plus de produits européens. Donc on doit trouver des débouchés si on veut stabiliser les prix”.Un argument qui plaide selon lui en faveur d’une application provisoire de l’accord avec le Mercosur, comme la Commission en a la possibilité.Cela permettrait à Bruxelles de se passer du feu vert du Parlement européen, qui a saisi la justice européenne et refuse de se prononcer en attendant que son recours soit examiné.”C’est regrettable que le Parlement européen n’ait pas saisi l’opportunité de décider de manière démocratique sur ce traité et a plutôt préféré le retarder”, estime le commissaire.Il a redit que la décision d’appliquer ou pas provisoirement l’accord “n’est pas encore prise”, et que la question ne sera tranchée qu'”après consultation des États membres, mais aussi du Parlement européen”.Enfin, M. Hansen a rappelé les propositions de la Commission pour amender sa réforme très contestée de la Politique agricole commune, face aux vives craintes des agriculteurs, et à l’accueil “glacial” qu’elle avait reçu au Parlement.En tout, les fonds dédiés aux agriculteurs dans le prochain budget européen devraient atteindre “près de 400 milliards” d’euros de 2028 à 2034, calcule-t-il, contre 386 milliards sur la période en cours (2021-2027).

Jour J pour l’assurance chômage, la CGT mobilise devant l’Unédic

Patronat et syndicats tentent mercredi de trouver un accord sur l’assurance chômage dégageant au moins 400 millions d’euros d’économies et éviter ainsi que le gouvernement reprenne la main sur les conditions d’indemnisation.Au cœur de l’équation figurent notamment les conditions d’indemnisation des salariés ayant conclu une rupture conventionnelle, dispositif que le gouvernement juge trop coûteux. Devant le siège de l’Unédic, au moins 300 personnes se sont réunies à l’appel de la CGT, en présence de sa secrétaire générale Sophie Binet, qui a dénoncé une baisse “inédite” des droits des chômeurs de 25% depuis 2017.”On ne lutte pas contre le chômage en s’attaquant aux chômeurs”, a-t-elle ajouté, devant des militants principalement issus de la fédération du Spectacle (FNSAC) et du comité chômeurs et précaires.Parmi les propositions patronales pour trouver des économies figure l’augmentation du nombre d’heures annuel nécessaire aux intermittents du spectacle pour être indemnisés, qui passerait de 507 à 557 heures. “On peut craindre qu’avec l’adoption d’une telle mesure, beaucoup d’entre nous n’arrivent pas à ouvrir des droits à l’assurance chômage”, a expliqué Ghislain Gauthier, secrétaire général de la FNSAC.Cette proposition pourrait toutefois être écartée, les discussions devraient se focaliser sur les ruptures conventionnelles. Si un accord est trouvé, il aboutirait à des conditions d’indemnisation moins favorables pour les salariés rompant leur CDI d’un commun accord avec leur employeur, aujourd’hui soumis quasiment aux mêmes règles que les autres chômeurs. En 2024, 515.000 ruptures conventionnelles individuelles ont été conclues, notamment dans de petites entreprises. Avec des dépenses d’allocations chômage atteignant 9,4 milliards d’euros, soit 26% du total, le dispositif, créé en 2008, est trop cher aux yeux du gouvernement, qui dénonce des “abus”. Plus jeunes et plus diplômés que la moyenne des demandeurs d’emploi, les chômeurs issus de ces ruptures touchent en moyenne des allocations plus élevées, ouvrant des droits plus longtemps, selon l’Unédic.- “Voie de passage” –  La négociation a été ouverte à la demande du gouvernement Lecornu, qui a écarté une réforme de l’assurance chômage plus large avec un objectif d’économies dix fois supérieur demandée en août par son prédécesseur François Bayrou: la mission confiée aux partenaires sociaux est d’économiser au moins 400 millions d’euros par an. Après une politique de la chaise vide du Medef, la négociation a connu un nouveau départ en sa présence, avec la volonté affichée des trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P) d’économiser au moins un milliard et de négocier sur l’assurance chômage au-delà des seules ruptures conventionnelles. Irrecevable pour les syndicats.Lundi, les chefs de file des cinq syndicats représentatifs ont appelé le patronat à se montrer “raisonnable”, plusieurs se disant optimistes sur un possible accord. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a ainsi évoqué une “voie de passage”.”Depuis toujours on nous dit que c’est dans la philosophie du gouvernement de vouloir reprendre la main sur l’assurance chômage mais à chaque fois, on lui a démontré qu’on était capable de trouver des accords”, selon son homologue de FO, Frédéric Souillot. La CGT, qui désigne les employeurs comme responsables des abus de ruptures conventionnelles et propose un “malus” pour ceux y ayant beaucoup recours, est moins accommodante. Lundi, les organisations patronales ont soumis aux syndicats un projet d’accord prévoyant de réduire à 15 mois, au lieu de 18, la durée d’indemnisation maximale pour les chômeurs de moins de 55 ans ayant signé une rupture conventionnelle. Après un accord à l’amiable, la grande majorité des demandeurs d’emploi verraient en outre leur indemnisation diminuer de 30% au-delà de six mois d’indemnisation. La CFDT défend, elle, une dégressivité qui ne serait appliquée qu'”en cas d’absence de démarche de mise en œuvre du projet professionnel”, à l’issue d’un accompagnement renforcé.  “La CFE-CGC se bat depuis des années contre la dégressivité, qui ne sert à rien”, s’agace pour sa part le négociateur du syndicat des cadres, Jean-François Foucard. De l’issue de cette journée incertaine dépendra aussi la possibilité d’avancer dans l’autre négociation en cours, sur les contrats courts.

La Bourse de Paris bat un nouveau record, entre apaisement sur la tech et résultats d’entreprises

La Bourse de Paris a battu un nouveau record en séance mercredi, profitant d’un apaisement des craintes sur l’intelligence artificielle avant les résultats du mastodonte Nvidia, et digérant une flopée de résultats d’entreprises.Le CAC 40 prenait 0,32% vers 10H00 (heure de Paris), soit une hausse de 27,04 points, à 8.546,72 points. Il a dépassé en début de séance un nouveau record absolu, à 8.556,89 points.”On voit des signes d’apaisement sur les craintes concernant l’IA”, indique Matt Britzman, analyste pour Hargreaves Lansdown.Depuis plusieurs semaines, les marchés s’interrogent sur la rentabilité des dépenses colossales des géants de la tech dans le développement de l’IA, qu’ils financent de plus en plus en s’endettant alors qu’ils utilisaient auparavant leur trésorerie.Les investisseurs s’inquiètent aussi des conséquences du développement de cette nouvelle technologie pour le modèle économique de nombreux secteurs, comme celui des logiciels qui a connu de lourdes déconvenues en Bourse depuis le début de l’année.Mais le marché a repris son souffle à Wall Street mardi, après que l’entreprise californienne Anthropic s’est montrée ouverte à travailler avec les entreprises du secteur des logiciels. C’est son assistant d’IA, Claude, qui suscitait le plus d’inquiétude.Les investisseurs se tournent désormais vers les résultats annuels et du quatrième trimestre de Nvidia, un “point culminant” de la journée, relève Andreas Lipkwow, analyste pour CMC Markets.La publication du mastodonte de la tech, véritable baromètre de l’intelligence artificielle, aura lieu après la fermeture des marchés américains à Wall Street, soit après 22H00 (heure française).Avant de prendre connaissance de cette publication, les marchés doivent digérer une série de résultats d’entreprises.Seb supprime des postesLe titre du groupe d’électroménager Seb bondissait de 11,07% à 56,70 euros, après avoir présenté des résultats annuels supérieurs aux attentes et un plan d’économies impliquant “jusqu’à 2.100” suppressions de postes.Il a “publié des résultats globalement supérieurs aux attentes”, notamment en termes de “profitabilité”, relèvent les analystes d’Oddo Bhf.Année difficile pour BicBic (-6,47% à 53,50 euros) a vu son bénéfice chuter de quelque 60% en 2025, une “année difficile” en particulier sur les marchés américains, a annoncé mardi le fabricant français de stylos, briquets et rasoirs en plastique jetables.

La PAC, pilier de l’agriculture et de la construction européennes

Pilier de la construction européenne et de l’agriculture du continent, la politique agricole commune (PAC) assure aujourd’hui l’essentiel du revenu de nombre d’agriculteurs. Sa renégociation en cours est un enjeu majeur, au coeur de la mission du commissaire européen Christophe Hansen, en visite mercredi au Salon de l’agriculture.Pourquoi la PAC ?La PAC naît avec le traité de Rome de 1957 instituant la Communauté européenne et entre en vigueur en 1962, à une période où le continent manque encore de nombreux produits malgré une amorce de modernisation agricole.Parmi ses objectifs : une productivité accrue, un revenu équitable pour la population agricole, la sécurité d’approvisionnement, des prix raisonnables pour les consommateurs.Le système, protecteur, combine prix garantis, tarifs douaniers aux frontières extérieures, aides à l’exportation… complété dans les années 1970 par des soutiens divers (à l’installation, aux zones défavorisées…), le tout stimulant un essor rapide de la production.Le principe de solidarité financière stipule que les dépenses de la PAC sont supportées par tous les Etats.Mais des critiques (coût, distribution, surproductions…) et un contexte de libéralisation des marchés et de négociations avec le GATT (future OMC) aboutissent en 1992 à une réforme, avec une baisse des prix garantis compensée par des aides directes au revenu agricole.A terme, “on espérait qu’avec les gains de productivité on aurait moins besoin de compenser. Mais ça ne s’est pas passé comme prévu”, raconte Hervé Guyomard, économiste à l’institut Inrae.Essentiel des revenusDe fait, les rendements ont moins augmenté qu’espéré, tandis que les coûts de production (mécanisation, engrais, travail…) pénalisaient la compétitivité européenne face à de nouveaux concurrents, comme le Brésil. Plus de 60 ans après l’instauration de la PAC, ses subventions assuraient ainsi en moyenne 49% des revenus agricoles (résultat courant avant impôt) dans l’UE en 2020-23. Avec des différences selon les secteurs et pays.En France c’est 66%, en Allemagne 74%, aux Pays-Bas 22%.Premier pays agricole, la France, contributrice nette au budget européen, est le premier pays bénéficiaire de celui de la PAC avec plus de 9 milliards d’euros annuels.Ces écarts “tiennent à des effets de spécialisation productive”, explique l’économiste Vincent Chatellier (Inrae): “En France la forte spécialisation sur les céréales et les herbivores contribue à cette situation. Aux Pays-Bas, les productions horticole et porcine sont peu soutenues”.Le défi du verdissement Depuis les années 90, alors que les sols s’épuisent et le réchauffement s’accélère, l’UE ajoute aux aides des objectifs environnementaux, de santé… Une tendance pas toujours comprise par les intéressés, accompagnée aussi de complications administratives.Cette politique culmine en 2020 avec le projet de Pacte vert, qui finit par se heurter à la crise du Covid, à l’invasion de l’Ukraine, aux manifestations agricoles…”La souveraineté alimentaire est revenue sur le devant de la scène, ainsi que des questions comme le renouvellement des générations ou la position des agriculteurs dans la chaîne de valeur,” souligne M. Guyomard.Il devient “de plus en plus compliqué de concilier tous les objectifs que l’on assigne à cette +pauvre+ politique agricole commune”, résume-t-il.Dès lors la “subsidiarité” va prendre de plus en plus d’importance: plus de liberté est laissée à chaque Etat pour répondre à ses besoins.PAC à la carte?Ce principe de “subsidiarité” a d’abord concerné les mesures de développement rural, puis l’aide aux revenus via des “plans stratégiques nationaux” négociés avec Bruxelles.”Dans sa proposition pour 2028-34, la Commission européenne a encore augmenté la marge de manoeuvre à la discrétion des États”, note Hervé Guyomard: “C’est de moins en moins commun et de plus en plus une PAC à la carte (…) et dans le projet, l’environnement est moins bien traité que le soutien au revenu alors que les problèmes environnementaux sont toujours là”.La PAC serait intégrée dans un grand fonds de partenariat régional, qui n’englobe pas que l’agriculture.Syndicats et grands pays agricoles sont vent debout, redoutant un budget en repli et des distorsions de concurrence.A grands traits, ils se divisent entre un bloc libéral pour plus de flexibilité (Pays-Bas, Danemark, Suède, Finlande), un bloc (France, Espagne, Portugal, Irlande) pour un socle commun fort. Europe de l’Est et Etats baltes soutiennent un revenu égal mais goûtent moins les prescriptions environnementales.Les négociations s’annoncent ardues, dans un contexte de définition d’un budget européen sous pression.

Les Bourses européennes ouvrent en hausse

Les marchés boursiers européens ont ouvert en hausse mercredi, profitant d’un certain apaisement des craintes sur l’intelligence artificielle avant les résultats du mastodonte Nvidia, et digérant une floppée de résultats d’entreprises.Vers 08H05 GMT, dans les premiers échanges, Paris prenait 0,36%, Londres 0,74% et Milan 0,75%. Francfort prenait 0,41%.

Jour J pour un accord entre syndicats et patronat sur les règles des ruptures conventionnelles

Il sera peut-être bientôt moins avantageux de conclure une rupture conventionnelle: patronat et syndicats tentent mercredi de trouver un accord pour faire économiser au moins 400 millions d’euros à l’assurance chômage sur ces fins de contrat à l’amiable, que le gouvernement juge trop coûteuses.Il reste aux partenaires sociaux une journée – et peut-être une partie de la nuit – pour montrer que le paritarisme fonctionne encore et éviter que le gouvernement prenne ce dossier en main.  Durée maximale d’indemnisation réduite, dégressivité des allocations chômage… Des discussions du jour peuvent émerger des conditions d’indemnisation moins favorables pour les salariés rompant leur CDI d’un commun accord avec leur employeur, aujourd’hui soumis quasiment aux mêmes règles que les autres chômeurs. En 2024, 515.000 ruptures conventionnelles individuelles ont été conclues, notamment dans de petites entreprises. Avec des dépenses d’allocations chômage atteignant 9,4 milliards d’euros, soit 26% du total, le dispositif, créé en 2008, est trop cher aux yeux du gouvernement, qui dénonce des “abus”. Plus jeunes et plus diplômés que la moyenne des demandeurs d’emploi, les chômeurs issus de ces ruptures touchent en moyenne des allocations plus élevées, ouvrant des droits plus longtemps, selon l’Unédic.La négociation a été ouverte à la demande du gouvernement Lecornu, qui a écarté une réforme de l’assurance chômage plus large avec un objectif d’économies dix fois supérieur demandée en août par son prédécesseur François Bayrou: la mission confiée aux partenaires sociaux est d’économiser au moins 400 millions d’euros par an. Après une politique de la chaise vide du Medef, la négociation a connu un nouveau départ en sa présence, avec la volonté affichée des trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P) d’économiser au moins un milliard et de négocier sur l’assurance chômage au-delà des seules ruptures conventionnelles. Irrecevable pour les syndicats, qui dénoncent le grignotage des droits des demandeurs d’emploi depuis 2017.- “Voie de passage” –  En début de semaine, la possibilité d’un accord commençait toutefois à se dessiner.Lundi, les chefs de file des cinq syndicats représentatifs ont appelé le patronat à se montrer “raisonnable”, plusieurs se disant optimistes sur un possible accord. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a évoqué une “voie de passage”.”Depuis toujours on nous dit que c’est dans la philosophie du gouvernement de vouloir reprendre la main sur l’assurance chômage mais à chaque fois, on lui a démontré qu’on était capable de trouver des accords”, selon son homologue de FO, Frédéric Souillot. La CGT, qui désigne les employeurs comme responsables des abus de ruptures conventionnelles et propose un “malus” pour ceux y ayant beaucoup recours, est moins accommodante. “Le patronat nous demande de faire encore des économies sur le dos des privés d’emploi” alors qu'”il n’y a jamais eu des réformes d’une telle violence sur le dos des privés d’emploi” que depuis 2017, a déclaré Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT mercredi sur TF1. “On a du mal à voir où va être le point d’atterrissage”. Lundi, les organisations patronales ont soumis aux syndicats un projet d’accord prévoyant de réduire à 15 mois la durée d’indemnisation maximale pour les chômeurs de moins de 55 ans ayant signé une rupture conventionnelle.Après un accord à l’amiable, la grande majorité des demandeurs d’emploi verraient en outre leur indemnisation diminuer de 30% au-delà de six mois d’indemnisation. La CFDT a proposé la semaine dernière qu’une dégressivité ne soit appliquée qu'”en cas d’absence de démarche de mise en œuvre du projet professionnel”, à l’issue d’un accompagnement renforcé.  “La CFE-CGC se bat depuis des années contre la dégressivité, qui ne sert à rien”, s’agace pour sa part le négociateur du syndicat des cadres, Jean-François Foucard. Le patronat veut aussi durcir les conditions d’accès des intermittents du spectacle à l’assurance chômage, ce qui leur vaudra un comité d’accueil de la CGT Spectacle devant le siège de l’Unédic dès 09H00, en présence de Sophie Binet.De l’issue de cette journée incertaine dépendra aussi la possibilité d’avancer dans l’autre négociation en cours, sur les contrats courts.

Merz arrive en Chine, entre dépendance commerciale et méfiance de Berlin

Le chancelier Friedrich Merz est arrivé mercredi en Chine, principal partenaire commercial de l’Allemagne de plus en plus perçu dans son pays comme un dangereux concurrent plutôt qu’un immense marché.Il s’agit de la première visite du chancelier en Chine depuis sa prise de fonctions en 2025. Accompagné d’une importante délégation de chefs d’entreprise, l’avion de M. Merz est arrivé peu après 11H00 locales (3H00 GMT), selon un journaliste de l’AFP.Le chancelier doit s’entretenir et dîner dans la soirée avec le président chinois Xi Jinping, lors de ce déplacement de moins de deux jours centré sur l’économie et la sécurité.Auparavant, il doit être salué avec les honneurs militaires dans le décor monumental du Palais du peuple par le Premier ministre chinois Li Qiang avant des entretiens.Sa visite intervient à un moment où le président américain Donald Trump bouscule l’ordre établi, à coups de droits de douane et de remise en question des anciennes alliances.Simultanément, l’industrie qui a fait la réputation de la place allemande est soumise à la pression de la concurrence chinoise en Chine, en Europe même, et ailleurs dans le monde. M. Merz a appelé mardi, juste avant de quitter Berlin, à une relation commerciale fondée sur “une concurrence loyale”.M. Merz est le dernier dirigeant étranger en date à effectuer le déplacement de Pékin. Les trois derniers mois ont vu se succéder dans la capitale chinoise les dirigeants britannique, finlandais, canadien, sud-coréen, irlandais ou français.Devant eux, le président Xi a invariablement présenté son pays comme un partenaire fiable et constant et un champion du multilatéralisme et du libre-échange avec lequel leur pays a tout intérêt à traiter, dans une relation “gagnant-gagnant” inspirée par le “respect mutuel”. La Chine a elle-même livré en 2025 une âpre bataille commerciale et diplomatique aux Etats-Unis sous Donald Trump. M. Trump est annoncé en Chine fin mars.M. Merz s’était rendu mi-janvier en Inde, grand rival de la Chine en Asie.Friedrich Merz a emmené avec lui en Chine les patrons de Volkswagen, BMW et Mercedes, qui subissent une compétition de plus en plus forte sur le marché chinois, alors que les constructeurs chinois, en particulier ceux de voitures électriques, tentent une percée massive en Europe.- Partenariat “équilibré” -M. Merz assistera jeudi à la présentation de véhicules autonomes par le constructeur Mercedes. Il se rendra ensuite à Hangzhou, pôle technologique, pour visiter le groupe de robotique Unitree et l’énergéticien Siemens Energy.Les Européens regardent de plus en plus la Chine avec méfiance. L’année dernière, Pékin a interdit l’exportation de puces électroniques vers l’Europe après un différend avec le gouvernement néerlandais concernant le fabricant de semi-conducteurs Nexperia. Une situation qui a mis sous pression l’industrie automobile allemande, menacée d’arrêts de production et de chômage partiel.”Nous voulons un partenariat avec la Chine qui soit équilibré, fiable, réglementé et équitable. C’est ce que nous proposons. C’est également ce que nous attendons de la part de la Chine”, a insisté mardi M. Merz.Il y a quelques années, l’UE s’était mise d’accord sur une stratégie dite de “de-risking”, ou réduction des risques vis-à-vis de la Chine. Mais la dépendance n’a guère diminué. Cela vaut particulièrement pour les terres rares, sans lesquelles de nombreux domaines technologiques ne pourraient plus fonctionner, et sur lesquelles la Chine occupe une position dominante.”La Chine exploite systématiquement les dépendances des autres”, avait fustigé M. Merz, lors de la conférence sur la sécurité à Munich mi-février.Pour la première économie européenne, très dépendante de ses exportations, et dont l’industrie a écoulé pendant des années sa production sur l’immense marché chinois, la situation s’est considérablement détériorée ces dernières années.L’an passé, le déficit commercial de l’Allemagne avec la Chine a augmenté de plus de 22 milliards d’euros pour atteindre environ 89 milliards d’euros. La situation est similaire pour le reste de l’Europe.L’Allemagne dispose cependant encore de moyens de pression, estime auprès de l’AFP Michael Laha, expert de la Société allemande de politique étrangère (DGAP).Il cite les fabricants de machine-outils, qui restent de “très importants” fournisseurs, “les Chinois n’étant pas encore si avancés dans ce domaine”.  

L’Assemblée s’empare du projet de loi contre la fraude fiscale et sociale

Après le Sénat en novembre, l’Assemblée nationale s’empare à partir de mercredi soir du projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales, vivement critiqué par la gauche qui dénonce un texte par trop focalisé selon elle sur la fraude sociale.Les débats pour cette première lecture devraient se tenir à partir de 21H30 et jusqu’à vendredi, avec à la clé plus de 1.000 amendements à examiner, sur une grosse centaine d’articles. La France insoumise a déposé une motion de rejet qui sera examinée à l’entame des débats, et le gouvernement devrait appeler certains articles en priorité.Nouveaux moyens de détection des fraudes, sanctions et obligations renforcées, partage d’informations amélioré dans les administrations… le projet de loi entend “accélérer le passage de la suspicion à la détection, de la détection à la sanction et de la sanction au recouvrement”, avait résumé la ministre de la Santé Stéphanie Rist en novembre.Le gouvernement espère qu’il fasse entrer dans les caisses plus de deux milliards d’euros, une manne bienvenue à l’heure où le déficit public peine à se résorber.Sur le volet social à lui seul, la fraude représenterait un manque à gagner annuel de 13 milliards d’euros, selon le Haut Conseil du financement de la protection sociale. Or seuls 2,9 milliards ont pu être détectés en 2024, avec un taux de recouvrement effectif très faible. Le projet de loi, touffu, propose notamment d’étendre les informations fiscales et patrimoniales auxquels pourront avoir accès différents organismes sociaux ; de rendre obligatoires la géolocalisation des transporteurs sanitaires et des taxis conventionnés ; et de mieux réguler le secteur des voitures de transport avec chauffeur (VTC). Il prévoit aussi de créer une procédure de “flagrance sociale” permettant une saisie à titre conservatoire des actifs d’une entreprise suspectée de travail au noir ; ou encore de suspendre le versement des allocations chômage lorsque France Travail a des “indices sérieux de manœuvres frauduleuses”. – Données des compagnies aériennes -Une mesure similaire concernant les prestations sociales a été supprimée en commission à l’initiative de la gauche et du groupe centriste Liot.Egalement supprimée en commission, cette fois-ci à la demande du rapporteur Patrick Hetzel (LR), une disposition particulièrement polémique introduite au Sénat, donnant à France Travail l’accès aux données du fichier des compagnies aériennes et aéroportuaires pour mieux détecter les fraudes. Des députés LR tenteront néanmoins de la rétablir dans l’hémicycle.Face à la grogne des médecins libéraux, le gouvernement a comme il s’y était engagé déposé un amendement pour supprimer le caractère obligatoire de la “mise sous objectif” par l’Assurance maladie des médecins qui sur-prescrivent.Un autre amendement gouvernemental doit permettre aux préfets de prononcer la fermeture administrative temporaire d’un établissement ayant recouru sciemment, directement ou indirectement, au service d’une personne exerçant un travail dissimulé.Lors des débats en commission, le député LFI Louis Boyard a fustigé une “politique de classe” et un acharnement sur “un petit pourcentage de personnes qui vivent avec 800 à 1.000 euros (…) tandis que les gros fraudeurs échappent aux sanctions”.Un point de vue que ne devrait pas manquer de conforter la publication la semaine dernière d’une note de Bercy montrant que plus de 13.000 foyers fortunés ne payent aucun impôt sur la fortune.Un vote solennel sur le texte est prévu le 31 mars, après la coupure parlementaire liée aux élections municipales.

Energie: le gouvernement va affronter deux motions de censure

Sébastien Lecornu devrait surmonter mercredi deux motions de censure, déposées par le RN et LFI pour protester contre la publication par décret de la feuille de route énergétique du gouvernement.”Par respect du Parlement”, le Premier ministre a fait de l’examen de ces deux motions un préalable au remaniement gouvernemental, qui pourrait intervenir mercredi dans la foulée ou jeudi, et acter le départ de la ministre de la Culture Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris.Aucune des deux motions ne devrait atteindre le nombre de voix nécessaire pour renverser le gouvernement (289), la gauche ne votant jamais les motions de l’extrême droite, et le PS ayant annoncé qu’il ne voterait pas celle de LFI.Le gouvernement a dévoilé par décret le 12 février sa nouvelle stratégie énergétique, après trois ans d’intenses débats et d’innombrables reports.Mettant l’accent sur la relance de la consommation d’une électricité décarbonée, notamment d’origine nucléaire, en remplacement des énergies fossiles coûteuses à importer, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) a aussi acté un moindre déploiement de l’éolien terrestre et du solaire.Le RN critique dans sa motion le choix du gouvernement de passer par décret, y voyant un “acte illibéral contre le Parlement”. Il estime que le gouvernement aurait dû passer par la loi, en vertu du code de l’énergie, et pointe un “choix irrationnel” des énergies intermittentes dicté par la Commission européenne.Sur le fond, il fustige “une politique décroissante qui accélère les énergies intermittentes, ment sur le nucléaire et fait peser un risque majeur sur les finances publiques”.La motion LFI regrette elle aussi un “passage en force” du gouvernement. Mais sur le fond elle déplore à l’inverse du RN une “relance massive du nucléaire”, et un “coup de frein sans précédent sur le développement des énergies renouvelables”, “seules à pouvoir se substituer aux énergies fossiles à court terme et à nous permettre de répondre à l’urgence climatique”.Le PS a annoncé mardi qu’il ne la voterait pas. Notamment, parce qu’une censure aurait pour conséquence “de mettre un nouvel arrêt aux investisseurs et promoteurs des énergies renouvelables en France”, qui “n’en peuvent plus de ce stop and go et ont besoin d’un cap”, a expliqué un des porte-parole du groupe, Romain Eskenazi.Du côté des communistes, une majorité de leurs députés ne devrait pas voter la motion insoumise, selon le président du groupe Stéphane Peu, rappelant les divergences sur les questions énergétiques entre LFI et son groupe, pro-nucléaire.A l’inverse, les Ecologistes ont annoncé leur intention de voter pour, précisant que “le contenu du texte” leur convient.

Argentine: pour la deuxième année de Milei, l’économie rebondit de 4,4% en 2025

L’économie argentine a rebondi de 4,4% en 2025, la deuxième année du gouvernement de l’ultralibéral Javier Milei, un regain très hétérogène selon les secteurs d’activité et accompagné d’une austérité budgétaire draconienne, après une contraction de 1,8% en 2024.L’estimation mensuelle d’activité économique (Emae) publiée mardi par l’Institut national de la statistique (Indec), qui préfigure habituellement la statistique officielle du PIB, fait état d’un regain de l’activité en décembre, tiré surtout par le secteur agraire, pour clore 2025 à 4,4% de croissance cumulée.Ce chiffre est sensiblement inférieur aux prévisions initiales du gouvernement, qui tablait sur 5%, tandis que le Fonds monétaire international (FMI) prévoyait 4,5%.Après un très sévère ralentissement de l’activité depuis le milieu d’année 2025, jusqu’à un mois de novembre en repli (-0,1%), l’économie de l’Argentine s’est reprise en décembre (+3,5%).”Ce chiffre ne va pas plaire aux prophètes du chaos”, a claironné Javier Milei sur son compte X, “l’Argentine avance”.Le regain de décembre est dû, selon l’Indec, à un secteur agraire particulièrement performant, avec notamment une récolte de blé parmi les plus rentables des dernières années.Le secteur minier et les services financiers ont aussi enregistré une croissance marquée.Mais le rebond en 2025 de la troisième économie d’Amérique latine traduit aussi une très forte hétérogénéité selon les secteurs, relève l’institut, avec deux sinistrés en particulier: l’industrie et le commerce, qui enregistrent sur l’année des reculs de 3,9% et 1,3% respectivement.- Réforme du travail contestée-L’économiste “anarcho-capitaliste” Milei, comme il se décrit, a enregistré depuis son accession au pouvoir en décembre 2023 un succès macro-économique majeur en maîtrisant l’inflation, ramenée en deux ans de plus de 150% à 32%. Et deux années d’excédent des comptes publics, en 2024 puis 2025, sans précédent en 14 ans.Mais cette réussite s’est faite au prix d’une drastique austérité budgétaire, anémiant une consommation qui a tardé à redémarrer tout au long de 2025. Elle s’est aussi accompagnée d’une ouverture poussée aux importations, exposant une industrie argentine vulnérable.Autant de facteurs, ajoutés aux suppressions sèches de postes dans la fonction publique, qui ont contribué à la perte de près de 300.000 emplois formels en deux ans, entre secteurs privé et public, selon des données de syndicats et du registre du travail.Pour l’économiste Pablo Tigani, traditionnellement critique de l’exécutif, l’indice de croissance de l’économie est en partie “un mirage” car il masque “un taux de change soutenu artificiellement, une chute de la consommation, un investissement direct étranger en recul pour la première fois depuis 23 ans (…) Tout cela va mal finir”, a-t-il estimé pour l’AFP.Pour l’année 2026, comme pour 2027, le FMI dans son dernier rapport actualisé de janvier sur l’économie mondiale, table pour l’Argentine sur une croissance de 4%. Le gouvernement, lui, mise sur 5% de croissance en 2026 dans son budget adopté en décembre, le premier approuvé par le Parlement depuis le début de la présidence Milei. Auparavant, un Parlement hostile avait frustré l’adoption de budgets d’austérité de l’exécutif, le forçant a reconduire le budget 2023.Très largement remis à flot à l’automne, en pleines turbulences financières, par l’aide du Trésor américain de son allié Donald Trump, venant après une nouvelle aide du FMI en avril, Javier Milei est sorti revigoré des législatives de mi-mandat fin octobre. Une présence parlementaire renforcée, quoique toujours pas majoritaire, lui permet une plus grande latitude dans ses réformes dérégulatrices. Dans son viseur pour sa deuxième moitié de mandat: une réforme fiscale et du système de protection sociale.Dimanche, il doit prononcer son discours annuel au Parlement. Et d’ici là, escompte voir adoptée, dès la fin de la semaine, son autre projet-clef: la réforme du travail, dans le sens d’une flexibilité accrue.Un projet marqué ces dernières semaines par des manifestations de rue émaillées de violences, en marge des débats dans l’hémicycle.