Test

Auchan envisage de vendre 91 supermarchés au Groupement Mousquetaires (Intermarché)

Auchan, qui souhaite se concentrer sur ses hypermarchés, entend proposer à la vente 91 supermarchés au Groupement Mousquetaires (Intermarché), a annoncé le groupe mardi.Le distributeur, en difficulté, avait dévoilé en novembre son projet de basculer en franchise Intermarché ou Netto ses supermarchés. Le groupe en compte environ 300 dont une trentaine sont déjà franchisés. Sur son parc total de 266 magasins détenus en propre, il ne prévoit désormais un passage en franchise que pour 164 d’entre eux, dit-il mardi. Dans un communiqué, il indique que 91 supermarchés, “de par leur situation géographique ou économique”, seront “proposés à la cession au Groupement Mousquetaires”. La localisation de ces supermarchés n’est pas précisée.Le projet est soumis à la consultation des instances représentatives du personnel, ouverte mardi, et doit être autorisé par l’Autorité de la concurrence.Pour les 164 supermarchés qui passeraient en franchise, Auchan souhaite créer une nouvelle entité juridique autonome qui resterait sa propriété mais qui permettrait l’exploitation sous enseigne Intermarché ou Netto.”Cette entité bénéficierait immédiatement du modèle commercial d’Intermarché pleinement adapté à ce format”, estime Auchan, notamment en termes de “compétitivité” des prix.Auchan espère finaliser l’intégration progressive de ces 164 supermarchés “à l’horizon avril 2027.”En novembre, le directeur général d’Auchan Retail, Guillaume Darrasse, avait précisé les contours du modèle envisagé: “les fonds de commerce, l’immobilier restent propriétés d’Auchan, les salariés restent des salariés d’Auchan, et on travaillera sous enseigne Intermarché, qui nous livrera les marchandises, la politique commerciale, le concept magasin.”Auchan conserverait 11 supermarchés dans son périmètre, “sous d’autres formats”, indique le distributeur, sans détailler davantage.L’opération doit permettre à Auchan de faire baisser les prix dans ses supermarchés, de 6 à 8% selon une source proche du dossier, tout en continuant le “travail” sur sa centaine d’hypermarchés.La présentation du projet en novembre aux instances du personnel avait provoqué “une onde de choc”, avait alors témoigné à l’AFP René Carette, délégué syndical central à la CFDT Auchan.”On veut qu’Auchan s’engage à maintenir tous les emplois et tous les acquis sociaux”, avait ajouté Franck Martinaud, délégué syndical Retail France FO.Ce deal “gagnant-gagnant” pourrait “nous permettre d’étendre notre emprise sur le marché français”, s’était de son côté félicité le patron des Mousquetaires, Thierry Cotillard. Les supermarchés Auchan représentent deux points de part de marché, et les Mousquetaires visent 20% en 2028, contre 17,7% en octobre, selon Kantar Worldpanel.

En Moselle, recherches et espoirs après la découverte “unique au monde” d’hydrogène naturel

Pourra-t-on prochainement exploiter en Lorraine des millions de tonnes d’hydrogène naturel, possible source d’énergie décarbonée? Les recherches s’intensifient autour de ce gisement sous-terrain potentiellement unique au monde, dont les retombées économiques pourraient profiter à toute la région.A Pontpierre, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Metz, une plateforme de forage de 41 mètres de haut, venue d’Autriche, a été érigée en périphérie du village de 800 habitants.La semaine dernière, les tiges ont atteint 2.600 mètres de profondeur. Et l’objectif est de creuser encore, jusqu’à 4.000 mètres courant février, à la recherche d’hydrogène blanc, ou natif, dissout naturellement dans les eaux souterraines.Ces travaux doivent permettre de poursuivre les investigations après la découverte “unique” de ce qui pourrait être “la plus grosse réserve d’hydrogène naturel au monde”, rappelle Yann Fouant, responsable des relations publiques de La Française de l’Energie (FDE). Cette entreprise mène le projet avec l’appui scientifique du laboratoire GeoRessources du CNRS et de l’Université de Lorraine, dans le cadre d’un programme de recherches baptisé Regalor II (pour Ressources en gaz et en lithium en Lorraine).Selon les estimations du CNRS à l’issue du précédent programme de recherches, Regalor, le gisement lorrain (qui s’étend aussi sur une partie des territoires belge, luxembourgeois et allemand) pourrait comporter environ 34 millions de tonnes d’hydrogène. – “Petites bulles en surface” -Le but de ce nouveau programme de recherches est de descendre bien plus bas que le précédent (qui s’était arrêté à 1.300 m de profondeur) pour “se rapprocher peut-être de la source, de la cuisine de l’hydrogène” et ainsi mieux comprendre les mécanismes de sa formation, explique Jacques Pironon, directeur de recherches du CNRS au laboratoire GeoRessources.L’hydrogène natif se forme naturellement dans le sous-sol, via des réactions chimiques, entre l’eau et des minéraux par exemple. En Lorraine, où l’extraction minière a jadis fait fleurir l’économie, les veines de charbon, en se transformant en gaz “avec le temps (et) la température”, sont peut-être à l’origine de la création de l’hydrogène, détaille M. Pironon.Cela peut aussi provenir d’une réaction entre des molécules de fer et d’eau: le fer va créer “de la rouille en quelque sorte” pour ainsi produire de l’hydrogène. Les études actuellement menées doivent permettre de déterminer quelle hypothèse est la bonne. Cette phase de recherches permet aussi d’anticiper l’exploitation future, espérée, de cette ressource. Dans le cadre de ce forage, “on a déjà produit l’hydrogène, on l’a remonté, on a eu des petites bulles en surface”, détaille M. Fouant.- “Promesse” -“C’est vraiment une promesse (…) pour l’instant, tous les feux clignotent au vert en termes de décarbonation”, de “source d’énergie” et “d’indépendance énergétique”, s’enthousiasme Philippe de Donato, directeur de recherche au CNRS, qui travaille sur le projet.Il se félicite également de “l’avance” française en matière de recherche sur l’exploitation du gaz dissout dans l’eau, grâce notamment à une sonde brevetée “que nous sommes les seuls à utiliser”. “On a continué de travailler, d’améliorer cette sonde-là, à la fois en système de mesure et maintenant en système d’extraction à dimension industrielle”.Pour le président de la Région Grand Est Franck Leroy, “ici, en Moselle, le sous-sol fait partie de notre histoire”. “Demain, il peut devenir un atout stratégique pour notre souveraineté énergétique et industrielle”, se félicite-t-il. Deux associations locales de défense de l’environnement, l’APEL57 et le Collectif de défense des bassins miniers lorrains, appellent cependant à la vigilance quant à l’impact futur de ce projet sur les nappes d’eau souterraine.Un précédent projet de la Française de l’Energie, qui visait à exploiter les gaz de couche, autrement dit le méthane piégé dans les veines de charbon du sous-sol lorrain, a d’ailleurs été enterré en décembre par le Conseil d’Etat, justement à cause du risque jugé trop élevé d’atteinte aux ressources en eau.

Les Bourses européennes ouvrent dans le vert

Les Bourses européennes ont ouvert dans le vert mardi, optimistes mais toujours prudentes avant la publication des résultats de poids lourds européens et la première réunion de l’année de la Réserve fédérale américaine.Dans les premiers échanges, la Bourse de Paris prenait 0,16%, Francfort 0,23%, Londres 0,26% et Milan 0,52%.

Bourses mondiales: l’Europe reste prudente, Wall Street avance sans crainte

Les Bourses mondiales ont évolué dans des directions divergentes lundi, les places européennes restant sur la défensive tandis que Wall Street s’est montrée impatiente d’accueillir les résultats des géants de la tech.A New York, le Dow Jones a pris 0,64%, l’indice Nasdaq 0,43% et l’indice élargi S&P 500 a gagné 0,50%.”Il y a une légère anticipation de l’idée” que les géants technologiques “affichent à nouveau de bons résultats”, commente auprès de l’AFP Patrick O’Hare, de Briefing.com.Microsoft (+0,93%), Meta (+2,06%) et Tesla (-3,09%) partageront leurs performances trimestrielles après la clôture mercredi. Apple (+2,97%) fera de même jeudi.”Les analystes veulent en savoir plus sur les initiatives en matière d’intelligence artificielle, le rythme des investissements et les bénéfices attendus afin de mieux évaluer si ce thème peut continuer à soutenir le marché”, souligne Jose Torres, d’Interactive Brokers.En Europe, la Bourse de Paris a terminé en petite baisse de 0,15%, Londres est restée à l’équilibre (+0,05%), quand Francfort (+0,13%) et Milan (+0,26%) ont terminé en timide hausse.”Ce climat de prudence fait suite aux turbulences de la semaine dernière, déclenchées par les menaces douanières surprises du président américain Donald Trump liées au Groenland” à l’encontre de certains pays européens, relève Patrick Munnelly, de Tickmill Group.”Bien que cette menace ait depuis été retirée, les investisseurs restent méfiants quant aux conséquences potentielles à long terme sur le commerce mondial si les droits de douane devenaient un outil de négociation récurrent”, poursuit-il.En parallèle, les acteurs du marché attendent la première réunion de politique monétaire de l’année de la banque centrale américaine (Fed), qui doit débuter mardi.Elle se tiendra dans un contexte tendu, le président de l’institution Jerome Powell ayant révélé début janvier l’existence d’une procédure lancée par le ministère de la Justice contre lui. Il a dénoncé une énième tentative d’intimidation de la Fed par l’exécutif.L’or dépasse les 5.100 dollarsL’or a poursuivi sa course aux records lundi, franchissant pour la première fois de son histoire le seuil des 5.100 dollars l’once.Le métal jaune s’est hissé lundi jusqu’à 5.111,07 dollars l’once (31,1 g). Vers 21H45 GMT, il valait 5.012,50 dollars (+0,50%).La récente envolée de l’or, valeur refuge par excellence, a été soutenue par les tensions autour du Groenland, dont le président américain Donald Trump a dit vouloir s’emparer, promettant à ses alliés européens des taxes douanières en cas d’opposition, avant finalement de lever sa menace, assurant avoir “conçu le cadre d’un futur accord”.L’argent a lui aussi touché un nouveau record lundi à plus de 117 dollars l’once, avant de refluer autour de 103 dollars vers 21H45 GMT.”Ce mouvement souligne un changement de comportement des investisseurs”, relève Daniela Hathorn, analyste pour Capital.com. “Les métaux précieux ne sont plus considérés uniquement comme des instruments de couverture stratégique, mais de plus en plus comme des réserves de valeur alternatives dans un monde marqué par les fractures politiques, les tensions budgétaires et l’incertitude monétaire”, explique-t-elle.Le prix du gaz flambeLe gaz naturel américain a atteint lundi un nouveau sommet depuis 2022, à 6,575 dollars par million de British thermal unit (BTU, une unité de mesure anglo-saxonne).”Cette hausse intervient alors qu’une tempête hivernale frappe les États-Unis, près de la moitié des États ayant déclaré l’état d’urgence”, relèvent les analystes d’ING. “Ces conditions extrêmes vont stimuler la demande de chauffage et mettre les infrastructures énergétiques sous pression.”Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, a lui touché un plus haut depuis mars 2025, à 43,38 euros le mégawattheure (MWh), avant de clôturer à 39,11 euros.Le yen bonditLe yen est en grande forme, prenant 0,96% par rapport au billet vert à 154,23 yens pour un dollar vers 21H45 GMT.”Les anticipations d’une intervention conjointe de la Banque du Japon et de la Fed pour contenir la faiblesse du yen se sont intensifiées”, relève Antonio Ruggiero, de Convera.Selon Bloomberg, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a dit être prête à “prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre les mouvements spéculatifs et hautement anormaux” du yen.

Wall Street profite de l’élan pour la tech avant les résultats du secteur

La Bourse de New York a terminé en hausse lundi, portée par les grands noms du secteur technologique avant la publication de leurs résultats trimestriels, les investisseurs attendant aussi la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed).Le Dow Jones a pris 0,64%, l’indice Nasdaq 0,43% et l’indice élargi S&P 500 a gagné 0,50%.”Wall Street démarre certainement (…) du bon pied” cette semaine chargée en événements, juge Jose Torres, d’Interactive Brokers.”Il y a une légère anticipation de l’idée” que les géants technologiques “affichent à nouveau de bons résultats”, commente auprès de l’AFP Patrick O’Hare, de Briefing.com.Et comme selon lui “le marché est en quelque sorte dominé par ces actions à très forte capitalisation”, c’est la place américaine dans son ensemble qui a été tirée vers le haut lundi.Microsoft (+0,93%), Meta (+2,06%) et Tesla (-3,09%) partageront leurs performances trimestrielles après la clôture mercredi. Apple (+2,97%) fera de même jeudi.”Les analystes veulent en savoir plus sur les initiatives en matière d’intelligence artificielle, le rythme des investissements et les bénéfices attendus afin de mieux évaluer si ce thème peut continuer à soutenir le marché”, souligne Jose Torres.Parmi les autres résultats attendus dans les prochains jours, ceux de l’avionneur Boeing, du spécialiste de la défense RTX, du constructeur d’engins de chantier Caterpillar et des groupes pétroliers ExxonMobil et Chevron.En parallèle, la place américaine reste attentive aux développements concernant la banque centrale américaine, dont la première réunion de politique monétaire de l’année doit débuter mardi.”Il est évident que tout le monde s’attend à ce qu’elle maintienne son taux cible inchangé”, relève Patrick O’Hare.Mais le discours de son président, Jerome Powell, sera très suivi mercredi.La Fed est sous le feu des critiques de Donald Trump depuis plusieurs mois, notamment parce que le président américain voudrait voir les taux d’intérêt diminuer plus nettement.M. Powell a annoncé récemment être l’objet d’une procédure lancée par le ministère de la Justice, pouvant aboutir à des poursuites pénales.Sur le plan macroéconomique, le marché a été agréablement surpris par les commandes de biens durables de novembre, qui sont ressorties en nette progression sur un mois (+5,3%) et largement au-delà des attentes.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt d’Etat américain à dix ans se détendait à 4,21% vers 21H30 GMT, contre 4,23% à la clôture vendredi.Côté entreprises, la société Booz Allen Hamilton (-8,12% à 93,93 dollars), habituée des collaborations avec les autorités américaines dont le renseignement, a nettement reculé après avoir vu l’intégralité de ses contrats avec le Trésor annulés.Washington accuse un employé de l’entreprise d’avoir subtilisé les déclarations de revenus de plusieurs centaines de milliers d’Américains et d’en avoir rendu publiques certaines, dont celles de Donald Trump et Elon Musk.La compagnie minière USA Rare Earth (+7,87% à 26,72 dollars) a été recherchée après l’annonce d’une prise de participation à son capital de l’administration Trump via l’émission de nouvelles actions et bons de souscription. La société a aussi levé 1,5 milliard de dollars auprès d’acteurs privés, selon CNBC.La start-up américaine spécialisée dans le “cloud” (informatique à distance) CoreWeave (+5,73% à 98,31 dollars) a aussi terminé en progression après que le géant des semi-conducteurs Nvidia a annoncé avoir acquis pour deux milliards de dollars d’actions de l’entreprise.CoreWeave construit et loue des centres de données équipés de processeurs graphiques Nvidia, essentiels pour l’entraînement des modèles d’IA et leur fonctionnement.

La mort de deux Américains dans le Minnesota fait peser un risque de nouveau “shutdown”

Confronté en octobre à la paralysie budgétaire la plus longue de l’histoire des Etats-Unis, Donald Trump encourt le risque d’un nouveau “shutdown”, les démocrates étant déterminés à l’empêcher de financer sa lutte contre l’immigration après la mort de deux Américains tués par des agents fédéraux à Minneapolis.Jusqu’au week-end dernier, le président américain et les principaux responsables républicains au Congrès semblaient proches de faire voter le reste du budget fédéral pour l’année fiscale 2026.L’obstacle de la Chambre des représentants était déjà passé et les sénateurs républicains étaient plutôt confiants quant à la possibilité de convaincre suffisamment de démocrates à voter en ce sens avant la date limite, vendredi prochain.Mais la mort samedi d’Alex Pretti, deuxième victime de la police fédérale à Minneapolis (Nord) ce mois-ci, a rebattu les cartes et pourrait désormais faire de nouveau basculer le gouvernement fédéral dans la paralysie budgétaire.Le décès de cet infirmier de 37 ans sous les tirs d’agents fédéraux est en effet devenu un symbole de la politique migratoire répressive menée par le gouvernement, provoquant de très vives réactions.Un nouveau “shutdown” aurait des conséquences pour de nombreux ministères, de la santé à la défense, en passant par les transports ou le logement mais, surtout, le ministère de la Sécurité intérieure (DHS), dont dépendent la police de l’immigration (ICE) et l’Agence de protection des douanes et frontières (CBP).Pour les démocrates, il est désormais impossible d’apporter les voix nécessaires pour voter la loi si cette dernière inclut de nouveaux financements en faveur du DHS sans renforcement du contrôle des agences en charge de la politique migratoire.Le texte prévoit 64,4 milliards de dollars pour le DHS, dont 10 milliards pour l’ICE. “Cette répression violente doit s’arrêter. Je ne peux pas voter pour financer le DHS tant que ce gouvernement continue à mener cette violente politique dans nos villes”, a ainsi assuré sur son compte X le sénateur démocrate de Virginie Mark Warner.Le leader des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, a explicité la position de son parti, assurant qu’il bloquerait tout nouveau financement si cela concernait également le DHS, qu’il estime être “lamentablement inadapté pour contrôler les abus de (l’ICE)”.- Républicains sur la défensive -La Maison Blanche et la ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, ont assuré que la mort de M. Pretti relevait de la légitime défense, prétendant — malgré des images montrant le contraire — qu’il s’était approché des agents en brandissant une arme avec la volonté évidente de commettre “un massacre”.S’il portait bien une arme, avec un permis, comme l’ont précisé les forces locales de police et sa famille, plusieurs vidéos montrent Alex Pretti s’approchant un téléphone à la main des agents et venant en aide à une personne plaquée au sol par des policiers, avant d’être à son tour mis à genoux de force, frappé, désarmé, puis tué.Pour Donald Trump, un deuxième “shutdown” en moins de six mois, après le précédent qui avait perturbé les vols, retardé le versement des salaires et coûté politiquement cher au gouvernement, pourrait être un défi.Interrogé sur le drame, le républicain a botté en touche, assurant qu’il n’aimait pas voir de morts dans les rues américaines, mais critiquant également la présence de manifestants armés.Il a annoncé lundi l’envoi à Minneapolis du responsable de sa politique anti-immigration, Tom Homan.Les responsables politiques de la ville et de l’Etat du Minnesota ont eux demandé le retrait immédiat de l’ensemble des agents fédéraux ainsi qu’une enquête indépendante sur les circonstances du drame.Au niveau national, les républicains sont sur la défensive, et, tant à la Chambre qu’au Sénat, des voix s’élèvent pour demander l’audition des responsables de la politique migratoire, certains, même parmi des alliés reconnus de Donald Trump, appelant à l’ouverture d’une enquête.Le sénateur de Louisiane Bill Cassidy a ainsi décrit la mort d’Alex Pretti comme étant “incroyablement perturbante”, prévenant que c’était “la crédibilité de l’ICE et du DHS qui (était) en jeu”, alors que son confrère du Nebraska Pete Ricketts a demandé “une enquête transparente et prioritaire”.Malgré tout, les responsables républicains veulent obtenir les voix nécessaires pour le budget du gouvernement, estimant qu’en sortir le financement du DHS nécessiterait une nouvelle loi, ce qui ferait recommencer au départ la procédure parlementaire et entraînerait ainsi un “shutdown” temporaire.

Commerce: l’Inde et l’Europe concluent “l’accord de tous les accords”

L’Inde et l’Union européenne (UE) ont mis lundi la dernière main à un accord de libre-échange commercial décrit comme “historique” dont la conclusion sera annoncée mardi, sous la pression de la concurrence chinoise et des droits de douane imposés par les Etats-Unis.”Les négociations entre responsables sont terminées et les deux parties sont prêtes à annoncer la conclusion des discussions sur le traité de libre-échange le 27 janvier”, a annoncé à l’AFP un haut-responsable du ministère indien du Commerce, Rajesh Agrawal, sans autre détail.Invités d’honneur lundi des festivités du Jour de la République, le président du Conseil européen Antonio Costa et son homologue de la Commission Ursula von der Leyen retrouvent mardi le Premier ministre Narendra Modi à l’occasion d’un 16e sommet bilatéral.Les ultimes tractations autour de ce document, qualifié de “traité de tous les traités” par le ministre indien du Commerce Piyush Goyal, ont levé les derniers points de frictions entre les parties.”Les dernières négociations ont été utiles, nous sommes désormais très optimistes sur la conclusion de cet accord historique”, a fait savoir lundi en début de soirée sous couvert d’anonymat un responsable européen.Les deux parties discutent depuis plus de vingt ans de cet accord commercial, dont la guerre des droits de douane engagée par le président américain Donald Trump et la concurrence chinoise ont accéléré la conclusion.Soumises à ces incertitudes géopolitiques, l’UE comme l’Inde sont en quête pressante de nouveaux débouchés.En 2024, elles ont échangé 120 milliards d’euros de marchandises – en hausse de près de 90% en dix ans – et 60 milliards d’euros de services, selon l’UE.Bruxelles lorgne avec gourmandise sur l’immense marché que représente le pays le plus peuplé de la planète, avec ses 1,5 milliard d’habitants et sa très forte croissance, de 8,2% en glissement annuel au dernier trimestre.- “Avantage concurrentiel” -Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), l’Inde devrait rafler cette année au Japon le titre de quatrième économie mondiale, derrière les Etats-Unis, la Chine et l’Allemagne. Et elle pourrait monter sur le podium avant 2030, selon son gouvernement.Pour sa part, New Delhi considère l’Europe comme une source indispensable des technologies et investissements dont elle a un cruel besoin pour accélérer sa modernisation et créer des millions d’emplois pour sa population.”L’UE compte bénéficier du niveau d’accès le plus élevé jamais accordé à un partenaire commercial sur le marché indien traditionnellement protégé”, a déclaré Ursula von der Leyen en arrivant dimanche en Inde, pariant sur un doublement des exportations européennes. “Nous obtiendrons un avantage concurrentiel significatif dans des secteurs industriels et agroalimentaires clés”, a-t-elle laissé entendre.L’Inde pourrait ainsi s’ouvrir un peu plus aux voitures et aux vins européens, en échange d’un meilleur accès en Europe pour ses textiles et ses médicaments.New Delhi et Bruxelles entendent aussi parapher mardi un accord sur les mouvements de travailleurs saisonniers, les échanges d’étudiants, de chercheurs ou de certains professionnels à forte qualification, ainsi qu’un pacte de sécurité et de défense.”L’Inde et l’Europe ont fait un choix clair. Celui du partenariat stratégique, du dialogue et de l’ouverture”, a souligné Mme von der Leyen sur X, “nous montrons à un monde fracturé qu’une autre voie est possible”.En matière de défense, New Delhi a diversifié ses achats de matériel militaire en s’éloignant de son fournisseur historique russe, tandis que l’Europe tente de faire la même chose vis-à-vis des Américains.

Ubisoft continue les coupes et veut supprimer jusqu’à près de 5% de ses effectifs français

Le paquebot Ubisoft va réduire la voilure en France: le géant des jeux vidéo compte supprimer “jusqu’à 200 postes” au sein de son siège, soit près de 5% de ses effectifs français, dans le cadre d’une vaste réorganisation visant à le relancer.Après de nombreuses restructurations et fermetures de studios à l’étranger, c’est au tour des salariés français d’être concernés par un projet de rupture conventionnelle collective, qui pourrait toucher jusqu’à 200 postes sur les 1.100 employés que compte le siège d’Ubisoft, basé à Saint-Mandé (Ile-de-France).Réservé aux salariés volontaires en CDI répondant à des critères définis avec les syndicats, ce dispositif prévoit un départ de l’entreprise assorti d’une indemnité, négociée entre la direction et les élus du personnel, et du maintien des droits au chômage.C’est la première fois que le créateur de “Assassin’s Creed” propose un plan de départs de ce type en France, qui n’a pas à être justifié par un motif économique. Seuls les salariés du siège (dénommé “Ubisoft International”) sous contrat français sont concernés par cette proposition, a précisé le groupe à l’AFP.Il souligne qu'”aucune décision ne sera définitive tant qu’un accord collectif n’aura pas été conclu avec les représentants du personnel et validé par les autorités françaises”. “Toute cette situation découle des choix stratégiques qui ont été faits par la direction. On considère que ce n’est pas aux salariés de payer pour ces choix”, a commenté auprès de l’AFP un délégué syndical CGT au sein d’Ubisoft.”Ce n’est pas une solution que l’on trouve juste”, a-t-il ajouté, appelant les salariés à se mobiliser.Cette annonce survient alors que l’éditeur français a présenté la semaine dernière sa nouvelle organisation interne, répartie en plusieurs “maisons de créations”.A partir d’avril, ces cinq structures réuniront par spécialité environ la moitié des studios d’Ubisoft, tandis que l’autre moitié servira de soutien aux différents projets. Les équipes technologiques, de production et marketing et de distribution seront mutualisées.Dans ce nouveau modèle, “le siège d’Ubisoft va se recentrer sur un rôle de soutien”, a expliqué mercredi à l’AFP Marie-Sophie de Waubert, la directrice des studios de l’éditeur.- Nouveau plan d’économies -Ce remaniement s’accompagne d’un nouveau plan de réduction des coûts d’au moins 200 millions d’euros sur deux ans.Celui-ci s’ajoute aux 300 millions d’euros d’économies déjà réalisées depuis 2023.Empêtré dans des difficultés financières et plombé par plusieurs lancements de jeux en demi-teinte ces dernières années, Ubisoft a fermé plusieurs de ses studios à l’étranger, notamment à San Francisco (Etats-Unis), Osaka (Japon), Leamington (Royaume-Uni), Stockholm (Suède) et Halifax.Il a également mené des restructurations au sein de studios à Abu Dhabi, en Finlande ou encore en Suède.Le numéro 1 français qui compte environ 17.000 salariés dans le monde dont près de 4.000 en France, s’est séparé de plus de 3.000 employés ces dernières années.En France, si les différents studios que compte le groupe à Paris, Bordeaux ou encore Annecy, ont été relativement épargnés jusque-là, le climat social pourrait encore se tendre: la direction a indiqué mercredi qu’elle souhaitait réduire drastiquement le télétravail.Plusieurs grèves avaient paralysé ces studios en 2024 pour défendre notamment le travail à distance.Mercredi, Ubisoft a également annoncé l’annulation du développement de six titres, dont le très attendu remake de l’un de ses jeux phares, “Prince of Persia: Les sables du temps”, au grand dam de nombreux fans qui ont appelé l’éditeur à revenir sur cette décision. Sept autres jeux ont été repoussés dans la foulée.En conséquence, Ubisoft prévoit désormais une perte opérationnelle d’un milliard d’euros pour l’exercice en cours, qui se clôt fin mars.Cette réorganisation interne a été froidement accueillie sur les marchés, où Ubisoft a connu jeudi la plus forte baisse de son histoire.Alors qu’elle tournait autour de 85 euros en janvier 2021, l’action Ubisoft ne vaut plus aujourd’hui qu’environ 4,5 euros, soit une chute de près de 95% en cinq ans.

Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky veut prendre la majorité de Fnac Darty

Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky va lancer une offre publique d’achat (OPA) sur Fnac Darty et compte ainsi prendre le contrôle du spécialiste de l’électronique et des produits culturels, sur lequel planait l’ombre d’un actionnaire indirect chinois ces derniers mois. Pour ce faire, la société EP Group, contrôlée par M. Kretinsky, a transmis vendredi au conseil d’administration de Fnac Darty une offre proposant un prix de 36 euros par action, valorisant l’entreprise à plus d’un milliard d’euros, selon un communiqué de Fnac Darty publié lundi. “Le conseil d’administration de Fnac Darty a unanimement accueilli favorablement l’offre”, a annoncé le distributeur, dont M. Kretinsky est déjà le principal actionnaire, à hauteur de 28,5% du capital. Avec cette OPA, il compte franchir le seuil de 50%.- Pas de sortie de la Bourse -A la Bourse de Paris lundi, l’action Fnac Darty a bondi de 17,02%, à 35,40 euros, pour une capitalisation boursière de 1,05 milliard d’euros, au plus haut depuis juillet 2022.Le prix proposé par EP Group représente une plus-value d’environ 25% sur le cours de Bourse moyen de l’action Fnac Darty depuis septembre.A ce prix offert de 36 euros par action, M. Kretinsky devra débourser près de 230 millions d’euros pour devenir actionnaire à hauteur de 50%.L’offre, dont le dépôt auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) est prévu “avant la fin du premier trimestre 2026”, n’entraînera pas de sortie de la Bourse, puisque EP Group n’a “pas l’intention de mettre en œuvre une procédure de retrait obligatoire”, est-il précisé dans le communiqué. “Nous saluons ce projet de notre premier actionnaire, qui témoigne d’un soutien renouvelé à notre plan +Beyond everyday+ et à notre stratégie de plus long terme”, a réagi le directeur général de Fnac Darty, Enrique Martinez, cité dans le communiqué. En devenant l’actionnaire majoritaire de Fnac Darty, M. Kretinsky empêcherait de facto le géant chinois du commerce en ligne JD.com d’acquérir davantage de poids dans les décisions de l’entreprise, qui a récemment fait l’objet d’une attention particulière du ministère français de l’Économie concernant son contrôle et ses actionnaires. JD.com est en train d’acquérir le distributeur allemand Ceconomy, qui détient lui-même plus de 20% du capital de Fnac Darty, ce qui confère au groupe chinois de manière indirecte la place de deuxième actionnaire de l’entreprise française. Ce changement de main a poussé Bercy à poser quelques conditions au cours de l’automne, parmi lesquelles, outre la non-intervention dans la gestion, un engagement de JD.com et Ceconomy à ne pas augmenter leur participation au capital de Fnac Darty. Des conditions que JD.com a acceptées fin novembre. “L’Etat suivra de près ce dossier”, a assuré Bercy lundi à l’AFP. Dans la soirée, ni Ceconomy ni JD.com n’avaient réagi à l’annonce de Fnac Darty.La clôture de l’offre sera soumise aux autorisations de la Commission européenne ainsi que des autorités de la concurrence françaises et suisses.- Vente de Nature & Découvertes -Simultanément à l’annonce de l’OPA, Fnac Darty a indiqué qu’il cherchait à se séparer de Nature & Découvertes, enseigne dédiée au bien-être qu’il avait acquise en 2019 et dont les difficultés plombaient les comptes du distributeur. “Le groupe a décidé de lancer un processus actif de recherche de partenaire qui serait plus à même de soutenir son développement”, a ajouté Fnac Darty dans son communiqué.Les résultats préliminaires du groupe pour 2025, non audités, laissent entrevoir un chiffre d’affaires quasi stable (+0,7%) de 10,3 milliards d’euros, à périmètre, taux de change et parc de magasins constants, et un résultat opérationnel courant “en légère progression”, à 203 millions d’euros.L’activité devrait aussi rester “stable” en organique au quatrième trimestre, prévoit Fnac Darty, mais les trois derniers mois de l’année ont été pénalisés par “la contre-performance de la France” (près de 60% de l’activité du groupe), qui a enregistré une baisse de 0,6% de son activité sur un an.Le groupe avait publié en juillet une perte nette de 86 millions d’euros pour son premier semestre 2025, légèrement réduite sur un an, sans donner d’objectif pour son résultat net annuel.

L’Europe accélère pour l’éolien offshore en mer du Nord face à Moscou

Des dirigeants européens ont promis lundi à Hambourg d’accélérer leur coopération pour produire de l’énergie éolienne en mer du Nord, afin de sécuriser l’approvisionnement énergétique du continent et d’écarter tout retour au gaz russe. Ce troisième sommet sur la coopération énergétique et sécuritaire dans la région de la mer du Nord, se tient dans un contexte diplomatique de tensions, du fait de la menace russe et des ambitions américaines pour le Groenland, également au centre des débats.Dans cette zone stratégique, les Européens veulent accélérer le déploiement de l’éolien en mer, un défi industriel colossal pour la décarbonation du continent.Les ministres de l’Energie belge, danois, français, allemand, islandais, irlandais, luxembourgeois, néerlandais et norvégien ont signé lundi une déclaration commune pour créer “le plus grand pôle mondial d’énergie propre”.Lors de la deuxième édition de ce sommet en 2023, les pays participants étaient convenus de développer en mer du Nord jusqu’à 300 gigawatts de capacité énergétique d’ici à 2050, avec un objectif intermédiaire de 120 GW pour 2030, jusqu’à présent en passe d’être manqué, selon les experts du secteur.- “Sécurité des approvisionnements” -Le nouvel accord prévoit que l’Allemagne, la Norvège, la France, le Danemark et le Royaume-Uni lancent une “flotte sans précédent” de projets d’éolien offshore, représentant une capacité totale de 100 GW, selon un communiqué séparé du ministère britannique de l’Energie qui ne précise pas le calendrier.Cette production équivaut aux besoins électriques de près de 100 millions de foyers.L’accord doit permettre la “résilience” et la “sécurité des approvisionnements” de l’Europe, a déclaré Katherina Reiche, ministère allemande l’Economie et de l’Energie.”Le sommet a dépassé les attentes en matière d’annonces politiques” et industrielles, assure Nick Mabey, directeur du think-tank climatique E3G à l’AFP. Mais il attend désormais de l’action, car jusqu’ici il déplore “une approche très nationale” en Europe sur l’éolien offshore et une coopération “qui n’a pas lieu” entre les ministères de la Défense et de l’Energie.L’Allemagne et le Danemark se sont également mis d’accord sur un projet baptisé “île énergétique de Bornholm” qui vise à faire de l’île de Bornholm, située en mer Baltique, un centre névralgique pour l’énergie éolienne offshore.L’éolien a gagné en importance avec la décision des Européens, à la suite de l’invasion de l’Ukraine en 2022, de ne plus être dépendants du gaz russe, malgré la flambée des prix de l’énergie que cela a entraîné.”Nous envoyons un signal très clair à la Russie: nous ne vous laisserons plus utiliser l’énergie contre nous”, a déclaré Dan Jørgensen, commissaire européen à l’Energie. “Cette menace en provenance de l’Est est toujours présente. S’y rajoute un défi en provenance de l’Ouest, avec un partenaire américain qui peut se montrer imprévisible”, a déclaré le ministre français de l’Economie Roland Lescure à l’AFP, alors que de nombreux pays, dont l’Allemagne, s’approvisionnent en gaz liquéfié aux Etats-Unis.- Unité autour du Groenland -Les pays riverains de la mer du Nord veulent aussi offrir une meilleure visibilité aux industriels, alors que des opérations de sabotage et d’espionnage dans la région ont été imputées à la Russie.L’Otan était d’ailleurs représentée au sommet, en pleine recrudescence des tensions autour des infrastructures énergétiques en Mer du Nord comme en Mer Baltique.”Depuis notre création, nous investissons aussi dans la sécurité” mais le sujet gagne en importance, a indiqué à l’AFP Manon Van Beek, directrice générale du néerlandais TenneT, poids lourd des réseaux de transport électrique.Elle assure “coopérer étroitement” avec la police et l’Otan.L’avenir du Groenland, convoité par Washington, n’était pas officiellement à l’ordre du jour du sommet.Mais le sujet était présent, même si à Davos, Donald Trump a rétracté sa menace de s’emparer par la force du Groenland.”Le Danemark et la population du Groenland peuvent compter sur notre solidarité”, a affirmé le chancelier allemand, Friedrich Merz. “L’Europe a fait preuve de force et d’unité ces dernières semaines”, s’est félicité la première ministre danoise, Mette Frederiksen. Et d’ajouter: “j’en suis reconnaissante, mais je dois aussi dire que c’est la seule façon d’aller de l’avant”.