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Paramount Skydance surenchérit sur Warner Bros Discovery pour écarter Netflix

Le groupe de télévision et de cinéma Paramount Skydance a présenté lundi une contre-offre pour son concurrent Warner Bros Discovery (WBD), valorisé 108,4 milliards de dollars, trois jours après l’annonce d’un accord de rachat entre WBD et Netflix.Les investisseurs ont réagi favorablement à ce nouveau développement, le titre WBD gagnant 4,70% à 27,31 dollars vers 15H45 GMT à la Bourse de New York. Le titre Netflix était, lui, en revanche sanctionné, abandonnant 4,24%. A la différence de Netflix, qui ne propose de racheter, pour l’essentiel, que le studio Warner Bros et la plateforme de vidéo à la demande HBO Max, Paramount Skydance veut, lui, acquérir l’ensemble de WBD, y compris son portefeuille de chaînes de télévision, selon un communiqué. Il offre 30 dollars par action alors que Netflix propose 27,50 dollars, mais pas sur le même périmètre.Avant d’étudier une vente, Warner Bros Discovery avait pour projet de scinder du reste du groupe ces chaînes, parmi lesquelles figure CNN et Discovery, estimant leur potentiel de croissance moindre dans un contexte d’érosion de la télévision par câble aux États-Unis.Paramount Skydance avait été le premier à manifester son intérêt pour Warner Bros Discovery et a soumis cinq offres, avant celle de lundi, mais le conseil de WBD lui a préféré Netflix, qui a également coiffé au poteau le câblo-opérateur Comcast.”Notre offre est la plus élevée parmi celles qui sont sur la table”, a déclaré David Ellison, patron de Paramount Skydance, lors d’un entretien à la chaîne CNBC.Celle de Netflix valorisait Warner Bros et HBO Max 82,7 milliards de dollars, dette comprise (72 hors dette).Malgré ces offres multiples comprenant, à chaque fois, des conditions revalorisées, le conseil de WBD “ne les a jamais étudiées sérieusement”, affirme Paramount Skydance, qui a choisi de rendre publique cette nouvelle proposition, rompant ainsi avec un processus confidentiel jusqu’ici.Pour tenter de convaincre le conseil d’administration de WBD et ses actionnaires, Paramount Skydance est prêt à financer son offre intégralement en numéraire, alors que celle de Netflix comportait une partie en actions (16% environ).- “Mauvais pour la concurrence” -Le groupe est parvenu à réunir cette somme colossale en s’appuyant, pour partie, sur le patrimoine de la famille Ellison, le père de David, Larry, étant l’un des hommes les plus riches du monde, avec une fortune estimée à 270 milliards de dollars par le site du magazine Forbes.Paramount Skydance prévoit également de lever 54 milliards de dollars de dette, un montant considérable qui lesterait le bilan de l’entité combinée en cas de succès de l’opération. “Nous avons davantage de certitude d’obtenir l’accord des régulateurs” que Netflix, a également fait valoir David Ellison.Dimanche, en marge d’une cérémonie à Washington, Donald Trump avait exprimé des doutes quant à l’opportunité d’une union entre Netflix et Warner Bros.Netflix a déjà “une très grosse part de marché”, a-t-il rappelé, ce qui “pourrait être un problème”.Ce rapprochement réunirait, en effet, deux des trois plus grosses plateformes mondiales de vidéo à la demande payante (en excluant Amazon Prime au modèle hybride), soit plus de 300 millions d’abonnés pour Netflix et 128 pour HBO Max.”Laisser le premier service mondial de streaming fusionner avec le troisième est mauvais pour la concurrence”, a avancé David Ellison, le service de Paramount Skydance, Paramount+, étant d’une taille plus modeste avec 79 millions d’abonnés.Sollicité par l’AFP, Netflix n’a pas donné suite dans l’immédiat.David Ellison a aussi pour lui d’avoir l’oreille de Donald Trump, qui est proche de son père Larry, lequel a contribué financièrement aux campagnes électorales du président américain.”Le dossier Warner Bros Discovery est loin d’être clos”, a réagi Ross Benes, analyste du cabinet Emarketer. “Netflix a l’avantage”, a-t-il ajouté, car il a reçu le feu vert des administrateurs de WBD, “mais Paramount va en appeler aux actionnaires, aux régulateurs et aux politiciens” pour triompher.Jeff Wlodarczak, analyste de Pivotal, a lui abaissé sa recommandation sur le titre Netflix, craignant de voir le groupe de Los Gatos (Californie) surenchérir et grever ses finances.Selon lui, Netflix “pourrait devoir se défaire de HBO pour obtenir l’accord des régulateurs”.

Wall Street ouvre sans direction claire, les yeux rivés sur la Fed

La Bourse de New York évolue en ordre dispersé lundi, à la veille de la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed), les investisseurs cherchant à affiner leurs attentes quant à la trajectoire de la politique monétaire en 2026.Vers 14H50 GMT, l’indice Dow Jones reculait de 0,18%, l’indice élargi S&P 500 était proche de l’équilibre (-0,06%) et l’indice Nasdaq grappillait 0,15%.”Cette semaine, évidemment, le marché observera si la Fed décide de réduire les taux d’intérêt” à l’issue de sa réunion qui doit se tenir mardi et mercredi, commente auprès de l’AFP Sam Stovall, de CFRA.Les investisseurs anticipent toujours massivement une nouvelle baisse d’un quart de point, ce qui constituerait la troisième détente consécutive et ramènerait les taux dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%.Mais les marchés vont aussi se concentrer sur les commentaires du président de la Fed, Jerome Powell, et sur les projections économiques pour l’année prochaine.”Les investisseurs souhaitent que M. Powell laisse entendre que l’institution reste au moins ouverte à une nouvelle baisse en janvier”, souligne Sam Stovall.Un assouplissement monétaire est de nature à aider la croissance, et donc à augmenter les perspectives de bénéfices des entreprises.”Les actions à faible capitalisation ont d’ailleurs atteint de nouveaux sommets la semaine dernière”, en partie grâce aux perspectives de détente monétaire, note M. Stovall.”Les petites entreprises seraient plus durement touchées par un ralentissement économique que les grandes capitalisations”, d’où leur optimisme face à un assouplissement monétaire probable, ajoute l’analyste.Côté indicateurs, la place new-yorkaise gardera un oeil sur la publication du rapport JOLTS mardi concernant les offres d’emploi en octobre, des données retardées à cause de la longue paralysie budgétaire (“shutdown”) qui a touché les Etats-Unis du 1er octobre au 12 novembre.Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d’Etat américains à 10 ans se tendait vers 14H55 GMT, à 4,17%, contre 4,13% à la clôture vendredi.A la cote, la société Confluent était propulsée (+28,72% à 29,78 dollars) après l’annonce lundi de son rachat par le groupe informatique IBM (+2,17% à 314,63 dollars) pour 11 milliards de dollars.Avec cette transaction, qui devrait être finalisée d’ici mi-2026, IBM indique vouloir accélérer le déploiement d’intelligences artificielles (IA) agentiques auprès des entreprises.Marvell Technology chutait franchement (-7,77% à 91,22 dollars) suite à des informations de presse selon lesquelles le géant Microsoft pourrait abandonner les puces électroniques Marvell au profit de celles de Broadcom (+3,12% à 402,43 dollars). Le site d’achats de voitures en ligne Carvana prenait de la vitesse (+7,81% à 431,01 dollars) après l’annonce vendredi de son intégration au sein de l’indice S&P 500 le 22 décembre.En parallèle, plusieurs résultats d’entreprises sont attendus cette semaine, dont ceux du spécialiste des centres de données Oracle (+1,86% lundi) et de l’éditeur de logiciels Adobe (-0,22%) mercredi.Les performances trimestrielles de Broadcom et de la chaîne de supermarchés de demi-gros Costco (-0,48%) doivent être publiées jeudi.

Publicité sur Facebook/Instagram: Meta prend des engagements pour satisfaire l’UE

Les utilisateurs européens de Facebook et Instagram vont pouvoir opter pour des publicités plus respectueuses de leurs données personnelles, sans souscrire pour autant à un abonnement payant, selon des engagements formels pris par leur maison mère Meta pour tenter de clore un contentieux avec Bruxelles.La Commission européenne a annoncé lundi avoir reçu ces engagements, pris par Meta pour se mettre en conformité avec le règlement européen sur les marchés numériques (DMA).L’exécutif européen avait imposé au géant américain des réseaux sociaux une amende de 200 millions d’euros en avril, la première infligée dans le cadre du DMA (simultanément avec une amende de 500 millions d’euros prononcée contre Apple).Bruxelles avait estimé que le groupe enfreignait les dispositions de ce texte en matière de traitement des données personnelles. Cette difficulté faisait suite à la mise en place fin 2023 dans l’UE d’un abonnement permettant d’utiliser Facebook et Instagram sans voir de publicités, pourtant présenté par Meta comme un moyen de respecter les exigences réglementaires européennes en matière de données personnelles.Le groupe avait obligé alors les utilisateurs refusant de payer l’abonnement à consentir à l’exploitation de leurs données personnelles à des fins publicitaires, sans leur donner à l’époque la possibilité d’opter pour des publicités moins personnalisées, comme le prévoit le DMA.Après des mises en garde de l’UE, Meta a mis en place à l’automne 2024 un nouveau modèle publicitaire visant à se mettre en conformité.Selon Bruxelles, le nouveau système ne répond pas totalement aux obligations du DMA, mais Meta prépare une nouvelle version qui sera présentée en janvier, et qui devrait résoudre “de manière effective” les griefs soulevés.L’entreprise donnera alors un choix plus clair aux utilisateurs refusant de payer un abonnement: ils pourront soit “consentir à partager toutes leurs données et voir des publicités entièrement personnalisées”, soit “opter pour partager moins de données” et voir des publicités moins ciblées, a résumé la Commission dans un communiqué.”L’affaire n’est pas close, mais c’est une étape très positive”, a commenté un porte-parole de l’exécutif européen.Contacté par l’AFP, Meta a pris note de l’annonce de la Commission, tout en défendant l’écosystème des publicités personnalisées diffusées sur les plateformes du groupe.Celles-ci jouent un rôle “vital pour l’économie européenne”, a souligné un porte-parole du groupe, soulignant qu'”elles ont contribué l’an dernier à générer 213 milliards d’euros d’activité économique et à soutenir 1,44 million d’emplois dans l’UE”.

L’UE autorise le rachat par Mars du groupe Kellanova (chips Pringles, produits Kellogg’s)

L’Union européenne a annoncé lundi avoir autorisé le rachat par le géant agroalimentaire américain Mars de son compatriote Kellanova, qui détient notamment les chips Pringles et certains produits céréaliers vendus sous la marque Kellogg’s.La Commission européenne, qui avait ouvert cet été une enquête approfondie sur cette transaction à 31 milliards d’euros (36 milliards de dollars), annoncée en août 2024, dit avoir conclu qu’elle n’entraînerait pas de problèmes de concurrence en Europe.Bruxelles avait justifié son enquête en disant s’inquiéter du risque que l’opération ne provoque des hausses de prix pour les consommateurs, en augmentant le pouvoir de pression de Mars lors des négociations tarifaires avec les distributeurs.Mais la Commission a estimé finalement que “les produits de Kellanova qui vont s’ajouter au portefeuille de marques de Mars ne vont pas renforcer son pouvoir de négociation”.Outre sa célèbre barre chocolatée, Mars produit aussi les Twix et Snickers, les bonbons au chocolat M&Ms ou encore les aliments pour animaux Whiskas et Royal Canin.L’acquisition de Kellanova va lui permettre de se développer dans les snacks salés.Kellanova est issue de la scission en 2023 de l’ex-groupe américain Kellogg en deux sociétés distinctes.D’un côté, WK Kellogg a conservé les activités de céréales pour petit-déjeuner en Amérique du Nord (Kellogg’s Corn Flakes, Froot Loops, Rice Krispies, All-Bran…). Le groupe italien Ferrero a annoncé cet été vouloir racheter cette société pour 3,1 milliards de dollars.De l’autre, Kellanova a hérité des marques de céréales à l’international, et des gammes d’encas salés et sucrés, dont les chips Pringles, les biscuits Cheez-It et les Pop-Tarts. 

Infrastructures de données: IBM va racheter Confluent 11 milliards de dollars

Le groupe informatique IBM va racheter la société Confluent pour 11 milliards de dollars, se renforçant dans les infrastructures de données, ont annoncé lundi les deux sociétés américaines dans un communiqué.Avec cette transaction, qui devrait être finalisée d’ici mi-2026, IBM indique vouloir accélérer le déploiement d’intelligences artificielles (IA) agentiques auprès des entreprises alors que les géants de la tech multiplient les rachats d’ampleur.Selon les termes de l’accord, IBM rachètera toutes les actions ordinaires émises et en circulation de Confluent pour 31 dollars par action, représentant une valeur d’entreprise de 11 milliards de dollars.IBM et Confluent “permettront aux entreprises de déployer l’IA générative et agentique de manière plus efficace et rapide en assurant une communication et un flux de données fiables entre les environnements”, fait valoir le communiqué.Aujourd’hui, “les données sont dispersées entre les cloud publics et privés, les centres de données et d’innombrables fournisseurs de technologies,” a commenté Arvind Krishna, le PDG d’IBM, cité dans le communiqué.”Avec l’acquisition de Confluent, IBM fournira une plateforme intelligente de données pour l’informatique d’entreprise, conçue spécialement pour l’IA”, poursuit-il.Le groupe centenaire est bien positionné dans la course à l’intelligence artificielle (IA), actif dans les logiciels, le conseil et les infrastructures (serveurs sur site ou à distance), même s’il est loin d’afficher les taux de croissance des géants de l’IA (1,4% de croissance du chiffre d’affaires en 2024).IBM avait racheté l’an dernier son compatriote HashiCorp, spécialiste du cloud, pour 6,4 milliards de dollars. Il s’est par ailleurs engagé en avril cette année à investir 150 milliards de dollars aux Etats-Unis sur cinq ans.De son côté, Confluent a enregistré en 2024 un chiffre d’affaires de 922 millions de dollars, en hausse de 26% sur un an.Dans les échanges électroniques avant l’ouverture de la Bourse de New York, le titre de Confluent s’envolait de 29% aux alentours de 13H30 GMT. Celui d’IBM cédait de son côté 0,9%.

Grèce: heurts entre agriculteurs en colère et policiers en Crète

Des dizaines d’agriculteurs en colère se sont heurtés lundi aux forces antiémeutes grecques à La Canée, en Crète, alors qu’ils protestent dans toute la Grèce contre les retards dans le versement d’aides au secteur, en lien avec une vaste fraude aux subventions européennes.Des agriculteurs armés de pierres et de bâtons ont saccagé des véhicules de police positionnés pour tenter d’empêcher les manifestants d’atteindre l’aéroport international de La Canée, situé près de cette ville de l’ouest de la Crète, selon des images diffusées par la télévision publique ERT. Les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes contre les manifestants, selon la ERT, avant de battre en retraite, permettant aux agriculteurs de renverser un véhicule de police. A Héraklion, chef-lieu de la Crète, d’autres agriculteurs ont envahi la piste de l’aéroport international, selon d’autres images diffusées en direct. L’aéroport, qui accueille de nombreux touristes en été, a fermé ses portes et aucun avion ne peut décoller ou atterrir, selon l’agence grecque ANA.  Alors que le mouvement de colère s’est durci, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a assuré que le gouvernement était ouvert au dialogue avec les représentants des agriculteurs mais il a aussi mis en garde contre des protestations “aveugles”.”Parfois les mobilisations les plus extrêmes peuvent retourner de larges catégories de la société contre les agriculteurs, même si ces derniers peuvent avoir des revendications légitimes”, a également jugé le Premier ministre, originaire de Crète, région fortement impliquée dans ce vaste scandale qui secoue la Grèce depuis plusieurs mois. Depuis la semaine dernière, des milliers d’agriculteurs bloquent avec leurs tracteurs des autoroutes, principalement dans le centre et le nord du pays, pour réclamer le versement de subventions de l’UE retardé par une enquête en cours du Parquet européen. Selon les autorités grecques, ce sont plus de 30 millions d’euros de subventions de la PAC (Politique agricole commune de l’UE) qui auraient été détournées par des personnes réclamant une aide pour des terres qu’elles ne possédaient pas ou exagérant la taille de leurs troupeaux.Les éleveurs réclament également des compensations suite à l’abattage de plus de 400.000 moutons et chèvres pour empêcher la propagation d’une épidémie de variole ovine. 

A Francfort, la célèbre sculpture de l’euro sauvée de la disparition

A Francfort, l’imposante sculpture bleue et jaune représentant le symbole de l’euro, élément majeur de curiosité dans la ville abritant la BCE, a été sauvée d’une possible disparition, selon un accord dévoilé lundi par la municipalité. Installée au cœur de la ville au bord du Main, sur la Willy-Brandt Platz, l’œuvre “sera préservée” grâce à l’engagement conjoint de la ville de Francfort, de la Banque centrale européenne et de la branche francfortoise de l’association proeuropéenne “Europa Union” (EUF), a déclaré Eileen O’Sullivan, adjointe au maire, lors d’une conférence de presse.Cette solution intervient après “des années de discussions et un avenir devenu incertain”, en raison de coûts d’entretien élevés et du retrait de sponsors, a-t-elle ajouté.Un budget annuel de 50.000 euros a été arrêté, financé pour 30.000 euros par la Ville et complété par la BCE, qui a élu domicile dans la métropole financière depuis ses premiers débuts en 1998.  L’imposante installation lumineuse, haute de 14 mètres et pesant 50 tonnes, remonte à fin 2001, juste avant la mise en circulation des billets et pièces en euro au 1ᵉʳ janvier 2002.Conçue par l’artiste allemand Ottmar Hörl, elle a été érigée devant l’ancien siège de la BCE, représentant un euro entouré de douze étoiles.Avec le temps, c’est devenu l’objet “le plus photographié de la ville”, assure Mme O’Sullivan.”C’est beau, ça m’impressionne”, confie Nathalia, une jeune touriste venue du Pays basque avec un groupe d’amies, rencontrée devant le monument.L’éclairage, mais aussi les réparations suite à des actes de vandalisme — jusqu’à 15.000 euros pour une étoile détruite à coups de pied — sont les principales dépenses à couvrir, à côté de l’assurance et l’inspection périodique de l’organisme TÜV.Ce dernier a dernièrement dressé une liste d’améliorations à effectuer “pour 30.000 euros”, a fait valoir Manfred Pohl, président du Frankfurter Kultur Komitee, l’association locale qui détenait jusqu’ici la sculpture avant de passer la main à l’EUF.Le déménagement de la BCE en 2014 dans une tour flambant neuf à l’est de la ville avait déjà failli causer la disparition de l’œuvre.Sa dernière grande rénovation, avec l’installation de plus de 2.000 ampoules LED, remonte à 2015.

Face à “la guerre agricole”, Genevard appelle à un “grand réveil alimentaire”

Dans une France agricole affaiblie, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a appelé lundi l’ensemble de la chaîne alimentaire “à agir” face à “la guerre agricole” qui “se prépare”, en lançant des “conférences de la souveraineté alimentaire” destinées à définir une stratégie agricole nationale sur dix ans.”La guerre agricole menace chaque jour un peu plus et il est temps d’agir”, a martelé la ministre, estimant que l’actualité mondiale, avec la guerre en Ukraine, la politique douanière américaine ou les taxes chinoises, dissipe aujourd’hui “l’illusion” d’une paix prospère durable, dans un discours appelant à un “grand réveil alimentaire” depuis le marché de gros de Rungis.”Depuis 2014, le financement de la politique agricole et alimentaire chinoise par habitant a bondi de 40%; celle des Etats-Unis de 86%; celle de la Russie de 15%. Et celle de l’Union européenne a reculé de 19%. C’est une erreur historique à laquelle il faut faire barrage”, a-t-elle développé, appelant à lutter en Europe “contre les tentations de la décroissance portées par quelques thuriféraires du décadentisme”.- Retour “symbolique” à Rungis -Dans un discours martial, faisant écho à son appel au “réarmement” alimentaire en févier dernier, la ministre a lancé officiellement une série de conférences, promises par la loi d’orientation agricole de mars 2025, qui se dérouleront sur plusieurs mois, par filières de production et au niveau régional, pour des conclusions en juin.Le lancement à Rungis, premier marché international de produits frais, du “grand réveil alimentaire”, a été chaleureusement accueilli par des acteurs industriels, de la distribution ou les coopératives agricoles mais boudé par les syndicats agricoles – à l’exception des Jeunes agriculteurs (JA).Le premier d’entre eux, la puissante Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), participe bien aux conférences – qui ont déjà démarré – mais a boycotté le rendez-vous de Rungis, vu comme “s’apparentant davantage à une opération de communication” qu’un acte politique majeur.”Cela fait 15, 20 ans qu’on dit qu’on va dans le mauvais sens. Ce qui nous intéresse maintenant, c’est ce qu’on va faire, (…) comment on assure des revenus sur les exploitations”, a souligné auprès de l’AFP le secrétaire général de la FNSEA Hervé Lapie.Le premier syndicat goûte assez peu ce retour “symbolique” à Rungis, où Emmanuel Macron avait en 2017 prôné une stratégie de “montée en gamme”, depuis percutée par l’inflation et la concurrence accrue sur les marchés.Huit ans plus tard, l’ambiance est morose. Après deux hivers de colère dans les campagnes, le monde agricole reste au bord de l’explosion, entre crises sanitaires dans l’élevage et prix en berne. – “Protection” -La colère gronde en France, où la mobilisation s’organise, portée par la Confédération paysanne et la Coordination rurale, contre la politique d’abattage systématique de bovins touchés par la dermatose. La FNSEA prépare, elle, une manifestation le 18 décembre à Bruxelles contre l’accord de libre-échange UE-Mercosur ou la taxe carbone aux frontières pour les engrais.La ministre s’est présentée comme protectrice de la France agricole, en premier lieu dans les négociations internationales. Réitérant son opposition au Mercosur, elle a prévenu que si la Commission européenne ne le faisait pas, elle agirait: “J’interdirai moi-même les importations sur notre sol de produits contenant des substances interdites en Europe comme le droit européen me le permet”, a-t-elle lancé.Elle a également plaidé pour la création d’un “fonds souverain agricole” et appelé les marchés publics à jouer leur rôle dans cette “reconquête alimentaire”, notamment en consommant d’abord bio et durable français dans les cantines.Plusieurs filières ont souligné que le temps n’était plus aux nouvelles consultations mais aux décisions, alors que des “plans de souveraineté” ont déjà été lancés: pour les fruits et légumes en 2023, le blé dur et la viande en 2024. Qu’espérer donc de ces conférences ?L’idée est de construire à partir “de l’évolution de la demande” pour “élaborer un plan d’action de production et de transformation à dix ans” en partant de “la demande du consommateur français, européen et mondial”, explique le ministère.Ludovic Spiers, ex-directeur général du géant coopératif agricole Agrial, a été nommé “coordinateur général” du chantier. Des groupes de travail sectoriels sont prévus (cultures, viandes blanches, viticulture…), réunissant les interprofessions, l’amont (l’agriculture) et l’aval (la transformation), l’établissement public FranceAgrimer, la recherche… mais pas les associations de consommateurs, ni de défense de l’environnement.

Débauche et frénésie culturelle: Lagos entame son “Detty December”, période la plus rentable de l’année

Toujours plus grand, plus brillant, plus intense : Lagos la démesurée entame son “Detty December”, un mois de festivités où Lagosiens, Nigérians de la diaspora et touristes s’étourdissent dans un tourbillon d’événements qui fait battre encore plus fort qu’à l’accoutumée le pouls de la mégapole de 20 millions d’habitants et son économie.L’expression en pidgin nigérian “Detty December”, pour “Dirty December” en anglais (littéralement “décembre sale” en français), décrit ce moment où les Nigérians de la diaspora rentrent au pays et célèbrent les fêtes de fin d’année avec faste, frénésie et débauche aux côtés de leurs familles et amis, en plus des traditionnels rendez-vous religieux de la période.Nigérians de la diaspora, bien décidés à se faire plaisir pendant leur séjour, et Lagosiens fortunés n’hésitent pas à dépenser d’importantes sommes pendant ce mois particulier, véritable bulle économique pour le secteur touristique et culturel local.Et peu importe si le président Bola Tinubu a placé le pays “en état d’urgence sécuritaire nationale” fin novembre suite à une recrudescence des enlèvements de masse dans la moitié nord du pays, Lagos la sudiste est bien loin de s’inquiéter.- “L’été africain” -Deola et Darey Art Alade l’ont compris : via leur société spécialisée dans l’événementiel, ils ont déposé la marque “Detty December” dès 2019, organisant chaque année un festival mêlant spectacles, concerts et événements divers s’étalant sur les trois dernières semaines du mois.Pour Deola, “Detty December” est un “pèlerinage culturel” et “un véritable moteur économique” dont Lagos est “l’épicentre”.”C’est le véritable été de l’Afrique”, la “fenêtre touristique la plus importante”, abonde Darey, son époux, tout en louant “l’énergie sans filtre” de Lagos.”Les gens viennent rendre visite à leur famille, ils invitent leurs amis. Et maintenant, tout le monde est pris par la fièvre du Detty December”, ce qui “transforme ces moments culturels en une valeur économique réelle et mesurable”, s’enthousiasme-t-il.Hannatu Musa Musawa, la ministre nigériane de la culture, partenaire du festival de Deola et Darey Art Alade, a déclaré qu’il s’agissait d’une “occasion de transformer ces idées en opportunités concrètes, en emplois réels et en expériences tangibles dans nos villes pour notre économie créative”.L’an dernier, “Detty December” a généré plus de 71,6 millions de dollars (61,4 millions d’euros) de recettes à Lagos grâce au tourisme, l’hôtellerie et le divertissement, dont 44 millions de dollars (37,7 millions d’euros) rien que pour le secteur hôtelier, selon le gouvernement de l’État.Une manne qui a fait fi de la crise économique – la pire en une génération – qui frappait le pays de plein fouet en 2024, avec une inflation dépassant les 30% tout au long de l’année. Grisé par les retombées économiques croissantes de “Detty December”, le gouvernement de l’État de Lagos a lancé cette année l’initiative “101 jours à Lagos”, proposant une série de rendez-vous culturels du 26 septembre au 4 janvier pour “stimuler le tourisme, mettre en valeur la culture et l’économie créative de l’État et attirer les visiteurs”.De fait, les trois derniers mois ont vu se succéder une frénésie d’expositions, de conventions, de festivals, préparant les Lagosiens au feu d’artifice final de “Detty December”.- “Complet” -Pour Eko Hotels & Suites, le plus grand complexe hôtelier de la ville avec 825 chambres et neuf restaurants et bars, l’enjeu est de taille et “Detty December” se prépare un an à l’avance.Ce mois “représente entre 15 et 20% de nos revenus”, explique la directrice commerciale, Iyadunni Gbadebo, pour qui il s’agit “de la période la plus excitante de l’année”. Depuis sept ans, Eko propose une formule en pension complète sur une dizaine de jours entre le 20 décembre et le 1er janvier, incluant une litanie d’activités et de spectacles pour ses clients, principalement des familles “d’Africains de la diaspora”.”Mais cette année, nous avons beaucoup d’Afro-Américains vivant aux États-Unis qui viennent pour vivre une expérience différente”, souligne Mme Gbadebo.Pour une famille de quatre personnes, la formule pour cette dizaine de jours oscille entre 13 et 22 millions de nairas (7.720 à 12.900 euros), selon la chambre. Avant de proposer cette formule, l’hôtel était désert à cette période. “On pouvait entendre les mouches voler dans le hall”, plaisante Mme Gbadebo.Maintenant, les réservations démarrent dès juillet et toutes les chambres étaient déjà complètes un mois avant le démarrage de “Detty December”.Ultime cadeau de Noël pour les Lagosiens : les mégastars de l’afrobeats, engagées dans des tournées mondiales le reste de l’année, attendent les derniers jours de décembre pour daigner se produire dans leur pays. Cette année, Asake et Davido se produiront les 24 et 25 décembre, à 300.000 et 250.000 nairas le billet (178 et 148 euros), soit environ quatre fois le salaire mensuel minimum, fixé à 70.000 nairas (41,40 euros).

Chine: l’excédent commercial dépasse 1.000 milliards de dollars en 2025

L’excédent commercial colossal de la Chine a dépassé pour la première fois les 1.000 milliards de dollars en 2025, les exportations à travers le reste du monde compensant la forte baisse des livraisons vers les États-Unis, indiquent des chiffres officiels publiés lundi.Le solde positif des échanges de la Chine avec le reste du monde de janvier à novembre était de 1.080 milliards de dollars, a indiqué l’administration des Douanes.”L’excédent commercial de la Chine cette année a déjà dépassé celui de l’année dernière, et nous prévoyons qu’il augmentera encore l’année prochaine”, écrit dans une note Zichun Huang, de Capital Economics.”La faiblesse des exportations vers les Etats-Unis a été largement compensée par les expéditions vers d’autres marchés” en novembre, a-t-elle dit.Les exportations de la Chine ont augmenté de 5,9% en novembre sur un an, plus rapidement que prévu, mais ont baissé de 28,6% vers les seuls Etats-Unis au cours de la même période, a indiqué l’administration des Douanes.Le chiffre global des exportations est meilleur que les prévisions de l’agence Bloomberg, qui tablait sur une hausse de 4%.Cette embellie fait suite à un recul des exportations de 1,1% sur un an en octobre, le premier depuis février coïncidant avec un regain des tensions commerciales avec les Etats-Unis.Les importations ont progressé de 1,9% sur un an en novembre, à un rythme plus lent que la hausse de 3% prévue par Bloomberg, nouveau signe d’atonie de la consommation intérieure.”Le rebond de la croissance des exportations en novembre contribue à atténuer la faiblesse de la demande intérieure”, commente dans une note Zhiwei Zhang, président et économiste en chef chez Pinpoint Asset Management. “La dynamique économique a ralenti au quatrième trimestre, en partie à cause de la faiblesse persistante du secteur immobilier”, ajoute-t-il.La Chine et les Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale en 2025 après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Un sommet entre le président américain et son homologue chinois Xi Jinping le 30 octobre en Corée du Sud a débouché sur des mesures de détente réciproques, au moins temporaires.Les exportations font depuis des années office de moteur de l’économie chinoise, avec une consommation domestique obstinément languissante et une crise de la dette prolongée dans le vaste secteur immobilier. La Chine est aussi confrontée à un chômage élevé chez les jeunes et un vieillissement rapide de sa population.Les dirigeants chinois, qui visent une croissance globale de cinq pour cent cette année, doivent tenir cette semaine une importante réunion consacrée à la planification économique.Les exportations vers les Etats-Unis ont représenté 33,8 milliards de dollars en novembre, contre 47,3 milliards à la même époque l’an dernier.- Menace de Macron -Les exportations vers les Etats-Unis ont baissé quasiment tout au long de l’année. Mais elles sont restées de manière globale résilientes.Les partenaires européens de la Chine en particulier s’alarment de voir qu’avec la confrontation commerciale avec les Etats-Unis ses produits se déversent sur leur marché.Ils pressent la Chine de stimuler sa consommation intérieure.Le président français Emmanuel Macron, tout juste de retour de Chine où il a plaidé la cause européenne en fin de semaine passée, a menacé Pékin dimanche de droits de douane “dans les tout prochains mois” si la Chine ne prend pas des mesures pour réduire le déficit commercial qui ne cesse de se creuser avec l’UE.Le protectionnisme de l’administration Trump “accroît nos problèmes en redirigeant les flux chinois massivement sur nos marchés”, a-t-il dit au quotidien français Les Echos.Le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul jusqu’à mardi en Chine. Déjà affectées par des désaccords géopolitiques, les relations entre Berlin et Pékin se sont encore refroidies ces derniers mois avec les tensions commerciales entre l’UE et la Chine.Cela n’a pas empêché la Chine de redevenir cette année le premier partenaire commercial de l’Allemagne à la place des Etats-Unis.