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A Angers, Shein accueille ses premiers clients sans attirer la foule

Pas de foule comme à l’automne à Paris, mais des fidèles du site internet venus découvrir Shein “en vrai”: des amateurs de la marque de mode asiatique ultra-éphémère se sont pressés mercredi matin au BHV d’Angers, prêts à acheter mais parfois déçus.Un quart d’heure avant l’ouverture, Maud Bigot, 34 ans, patiente avec ses filles de 10 et 12 ans en tête d’une file d’attente d’une dizaine de personnes. La jeune femme, chignon blond et lunettes de soleil plantées sur la tête, passe “très régulièrement” commande sur le site internet de Shein.”Environ une fois par mois, mais ce serait toutes les semaines si j’écoutais mes filles… Les tarifs sont hyper abordables, on ne peut pas se le permettre ailleurs”, explique cette comptable. Une fois dans le magasin, ses filles slaloment dans les rayons, essayent ici un pull, là un pantalon. “C’est bien plus cher que sur le site”, souffle Maud Bigot. Carla, caissière de 25 ans dans un hypermarché, passe commande depuis “quatre ou cinq ans” sur le site de Shein et était impatiente de découvrir la marque “en vrai”. “La collection est plus basique que le site, plus chère aussi”, relève-t-elle.La direction du BHV d’Angers assure que les prix affichés sont les mêmes que sur le site, le magasin ne proposant toutefois que la gamme “premium” de Shein. Comme à Angers, des corners ont ouvert mercredi à Limoges, Dijon, Grenoble et Reims, découlant d’un partenariat dévoilé en octobre par l’exploitant du BHV — la Société des grands magasins (SGM) cofondée par Frédéric Merlin — et le géant de la vente en ligne Shein, régulièrement accusé de concurrence déloyale et de pollution environnementale. – Promotion -A Dijon, seuls sept clients ont franchi les portes du BHV à l’heure d’ouverture pour rejoindre le corner Shein, loin des foules qui s’étaient massées l’an dernier pour l’ouverture d’une boutique éphémère dans la même ville. Les ouvertures en province avaient été reportées mi-novembre, en pleine tempête médiatique après la découverte de poupées sexuelles à l’apparence de fillettes et d’armes de catégorie A sur la section du site de Shein dédiée aux vendeurs tiers. Le dirigeant avait invoqué la nécessité d'”adapter l’offre” et la “politique de prix”, dix jours après l’inauguration d’un magasin Shein au BHV de Paris.Avec ces nouvelles ouvertures, “l’idée est de tester, d’apprendre et d’ajuster avant d’élargir”, a indiqué le groupe SGM mardi.”Je sais qu’il y a des critiques mais pour les gens comme moi, qui n’ont pas beaucoup de revenus, ça permet d’acheter de jolies choses, d’avoir l’impression d’être bien habillée”, explique dans les rayons Irmine Pontalba, 63 ans, un pull noir et blanc à la main. Elle écarte sa veste pour montrer sa tunique: “Ca aussi, c’est Shein.” Les cent premiers clients ont reçu à l’entrée un bon pour un “cadeau collector” à retirer en caisse. Un panneau rose annonce une promotion de 40% dès le deuxième article acheté. – “Créer un flux” -“On propose des prix très attractifs pour les quatre premiers jours”, précise la directrice du magasin, Adeline Commard. Selon elle, l’arrivée de Shein au BHV “va créer un flux”: “en ce moment, beaucoup de magasins ferment, ce genre d’enseignes fait venir la clientèle.” Les polémiques ne sont pour elle “pas un sujet”. Près du grand magasin, un cafetier partage son analyse: “en ce moment, toute ouverture est bonne à prendre, cela fait vivre le centre-ville”, affirme ce gérant, qui souhaite rester anonyme pour “ne pas entrer dans la polémique”. Plusieurs magasins de vêtements du centre-ville, qui ne souhaitaient pas non plus être cités, se sont inquiétés auprès de l’AFP de l’arrivée de cette concurrence “à coup de prix réduits” qui pourrait capter leur clientèle. Dans le corner de 300 mètres carrés du BHV, des vendeuses vêtues de combinaisons noires marquées “Shein Squad” orientent les clientes. Sac noir et blanc à la main, Maud Bigot s’apprète à quitter le magasin. Elle continuera, dit-elle, à passer commande sur internet. 

Sans bovins, la fréquentation du Salon de l’agriculture en chute d’un quart les quatre premiers jours

Pas de vaches, les vacances scolaires, la météo, un parc des expositions en travaux… Les organisateurs du Salon de l’agriculture ont regretté mercredi une baisse de la fréquentation depuis l’ouverture mais salué des échanges “de qualité” entre exposants, politiques et visiteurs.Le nombre de visiteurs du salon, qui s’est ouvert samedi à Paris, a baissé d’environ 25% sur les quatre premiers jours, par rapport à l’année précédente, a annoncé le président du salon Jérôme Despey lors d’une conférence de presse.Les raisons sont nombreuses et la première est “l’absence de bovins”: “On sait que le visiteur vient voir l’égérie et les vaches”, a-t-il ajouté, à cinq jours de la clôture dimanche de l’événement qui avait rassemblé ces trois dernières années plus de 600.000 visiteurs par an.Il a réitéré son soutien aux éleveurs bovins ayant choisi de ne pas amener leurs animaux, habituelles stars de l’événement, à cause de la dermatose nodulaire contagieuse.Pour la première fois depuis huit ans, l’ouverture du salon a aussi coïncidé avec les vacances scolaires de toutes les zones et avec des conditions climatiques “exceptionnelles”, a énuméré M. Despey, regrettant aussi les travaux en cours au parc des expositions de la porte de Versailles, dans le sud de Paris.Ces travaux ont conduit les organisateurs à éloigner de l’entrée, mais aussi du hall des animaux, le hall dédié aux produits des régions françaises et des pays du monde.- “Avis partagés” -Dans les allées de ce hall, de nombreux exposants constatent une fréquentation moindre, surtout le premier week-end.”En deux mots, c’est nul. Je vais ramener 90% de mon stock (…) je ne vais pas amortir. Je fais plus de chiffre chez moi sur un marché en Corrèze sur une matinée que sur une journée ici, alors que là-bas, je paye 6 euros l’emplacement. Ici, j’en ai pour 3.800 euros pour la semaine et 1.000 euros d’hôtel”, a déploré auprès de l’AFP Fabrice Virolle, fabricant de macarons.”Les avis sont partagés, certains font part d’un chiffre d’affaires identique à l’année dernière”, a assuré mercredi Valérie Leroy, directrice du salon, évoquant un “confort de visite plus important, pour acheter dans de meilleures conditions” après des “échanges de qualité” avec les producteurs. “D’habitude, je n’ai même pas le temps de prendre les commandes précises, je cours partout, c’est la cohue. Là, on est tranquille”, explique Guillaume Dumontet, vigneron venu du Beaujolais (Rhône) qui, pour le moment, n’a pas rentabilisé sa venue et constate “quatre fois moins de monde que les autres années” sur son stand.”On a des exposants qui nous font part d’une baisse, on travaille avec eux pour voir comment on peut les rendre plus visibles”, a reconnu Valérie Leroy. – Bagarre “isolée” -“Ce week-end, il n’y avait pas de familles, Monsieur et Madame tout le monde, ils sont pas venus. Il n’y avait que des jeunes venus pour picoler”, a regretté Joseph Jackel, producteur de pâtes de fruits à Lavaur, dans le Tarn. Les organisateurs ont pourtant renouvelé leur plan de prévention contre la consommation excessive d’alcool.”Les gens nous parlent de la bagarre au stand de nougat. C’est à se demander si ça n’a pas joué sur la fréquentation”, ajoute Guillaume Dumontet.Une rixe a éclaté dimanche entre des exposants et des visiteurs, entraînant l’interpellation de 15 personnes. Un “événement isolé” pour Jérôme Despey.Aucun incident ne s’est produit lors des nombreuses visites de personnalités politiques, à quelques semaines des élections municipales et à un peu plus d’un an de l’élection présidentielle. “Je suis plutôt satisfait du respect dans les échanges et du dialogue” avec les agriculteurs, a encore dit M. Despey.”On va rebondir”, a-t-il ajouté, affirmant que cette année était “exceptionnelle” et que la fréquentation avait connu un “sursaut” mardi et mercredi matin, un signe encourageant pour la suite.En 2025, la fréquentation avait connu une légère hausse (+0,64%), à 607.503 visiteurs par rapport aux 603.652 de l’édition précédente, marquée par une visite mouvementée du président de la République. 

Wall Street ouvre en hausse en attendant Nvidia

La Bourse de New York a ouvert en hausse mercredi avant les résultats du géant des puces Nvidia, une publication particulièrement attendue dans un marché récemment échauffé par les inquiétudes autour de l’intelligence artificielle (IA).Dans les premiers échanges, le Dow Jones avançait de 0,37%, l’indice Nasdaq prenait 0,62% et l’indice élargi S&P 500 gagnait 0,42%. 

Merz plaide pour une relation plus “juste” avec la Chine

Le chancelier Friedrich Merz a plaidé mercredi pour une coopération renforcée mais plus “juste” avec la Chine, au premier jour d’une visite chez le principal partenaire commercial de l’Allemagne, de plus en plus perçu dans son pays comme un dangereux concurrent pour le “Made in Germany”.M. Merz, arrivé à la tête d’une importante délégation de chefs d’entreprise, a appelé de ses voeux, au cours de ses entretiens avec le Premier ministre Li Qiang puis le président Xi Jinping, une discussion ouverte sur les sujets de désaccord cités avant son voyage.Ils sont multiples : déséquilibre croissant des échanges en faveur de la Chine, distorsion de concurrence, restrictions d’accès aux marchés et sécurité des approvisionnements en terres rares sur lesquelles la Chine a la haute main, subventions de l’Etat aux entreprises chinoises, taux de change de la monnaie chinoise…”Il y a des défis”, mais “le cadre dans lequel nous évoluons est remarquablement bon”, a assuré M. Merz à l’occasion de ses entretiens avec le président Xi. M. Xi, qui reçoit les dirigeants étrangers les uns après les autres depuis quelques mois, a aussi affirmé son souhait de “nouvelles avancées” dans la relation.”Plus le monde est troublé et compliqué, plus il est important que la Chine et l’Allemagne renforcent leur communication stratégique”, a-t-il souligné.- “Incontournable” -M. Merz effectue pendant un peu moins de deux jours sa première visite en Chine depuis sa prise de fonctions en 2025. Après les dirigeants français, canadien ou britannique, il est le dernier en date à effectuer le déplacement de Pékin, à un moment où le président américain Donald Trump bouscule l’ordre établi, à coups de droits de douane et de remise en question des anciennes alliances.”La Chine est devenue incontournable pour tout le monde”, a dit M. Merz avant son départ mardi.Une source gouvernementale allemande a minimisé les espoirs d’annonces spectaculaires. Elle a souligné qu’il s’agissait d’un premier séjour pour le chancelier et qu’il ne s’agissait pas de “donner l’impression que nous entrons dans un nouveau printemps des relations germano‑chinoises”.Mais elle a assuré que la délégation avait reçu “quelques engagements” jugés sérieux et elle a fait miroiter “des choses tangibles” de la part de la Chine “dans un avenir proche”.Devant ses interlocuteurs, le président Xi présente invariablement son pays comme un partenaire fiable et constant et un champion du multilatéralisme et du libre-échange avec lequel leur pays a tout intérêt à traiter. La Chine a elle-même livré une âpre bataille commerciale et diplomatique aux Etats-Unis sous Donald Trump, qui est annoncé à Pékin fin mars.La première économie européenne, très dépendante des exportations, a subi ces derniers mois les effets de ces tensions globales. Elle pâtit aussi de la pression grandissante de la concurrence chinoise : en Chine même, où l’industrie allemande écoule de longue date sa production, mais aussi ailleurs dans le monde, jusqu’en Allemagne, y compris dans les secteurs de l’automobile et de la haute technologie.- Véhicules autonomes -Comme ses partenaires de l’Union européenne, l’Allemagne s’alarme de la poussée des véhicules électriques chinois et du déversement en Europe des excédents de production chinois.”Nous avons des préoccupations très précises en ce qui concerne notre coopération, que nous souhaitons améliorer et rendre plus juste”, a dit M. Merz au Premier ministre chinois.M. Merz entend poursuivre avec la Chine une politique de diminution des risques et des dépendances sans pour autant rechercher un  “découplage” qui se retournerait contre l’Allemagne.Les entrepreneurs qui l’accompagnent, comme les patrons de Volkswagen, BMW et Mercedes, entendent “saisir les nouvelles opportunités offertes par nos relations économiques”, a-t-il dit.M. Merz assistera jeudi à la présentation de véhicules autonomes par le constructeur Mercedes. Il se rendra ensuite à Hangzhou, pôle technologique, pour visiter le groupe de robotique Unitree et l’énergéticien Siemens Energy.M. Merz avait dit avant son départ vouloir évoquer la guerre en Ukraine, en comptant sur les bonnes relations de Pékin avec Moscou.Le président Xi lui a cependant opposé la position de principe de son pays préconisant le “dialogue et la négociation” en prenant en compte “les inquiétudes légitimes de toutes les parties”, a rapporté l’agence Chine nouvelle.

Aston Martin, entravé par les droits de douane, tranche dans ses effectifs

Le constructeur automobile de luxe britannique Aston Martin Lagonda a annoncé mercredi un plan de réduction de ses effectifs visant 20% de son personnel, en marge de la publication d’un résultat annuel 2025 plombé par les droits de douane aux Etats-Unis et en Chine.Cette annonce concerne environ 600 personnes sur les quelque 3.000 salariés du groupe, qui a publié mercredi une perte nette en hausse de 52% pour l’an dernier, à 493,2 millions de livres (566 millions d’euros).Un an après avoir déjà annoncé, dans un précédent plan, se séparer de 5% des salariés, “nous avons dû prendre, fin 2025, la difficile décision de mettre en oeuvre de nouveaux changements. Ce dernier programme entraînera le départ de jusqu’à 20%” des collaborateurs de l’entreprise, a annoncé le directeur général Adrian Hallmark dans un communiqué.Les performances de la marque préférée de James Bond sont en berne depuis plusieurs années. Alors qu’elle espérait redresser sa trajectoire “en 2025, le marché mondial de l’automobile de luxe a traversé l’une de ses années les plus turbulentes de ces derniers temps”, a déploré le dirigeant.”La demande des consommateurs a été affectée par l’escalade des incertitudes géopolitiques et des défis macroéconomiques, le facteur plus notable étant l’instauration de droits de douane plus élevés aux États-Unis comme en Chine”, a-t-il ajouté.- Concurrence intense -La marque, qui avait déjà annoncé en octobre une réduction de son plan d’investissement sur 5 ans, passé de 2 milliards à 1,7 milliard de livres, a vu l’an dernier le nombre de voitures vendues reculer de 10%, à 5.448 véhicules. Son chiffre d’affaires a fondu de 21% à 1,26 milliard de livres (1,4 milliard d’euros).Aston Martin, qui avait déjà prévenu la semaine dernière que ses résultats seraient moins bons que prévu, espère réaliser 40 millions de livres d’économies grâce aux suppressions de postes annoncées.Le groupe a accumulé ces dernières années les difficultés financières: les ventes ont ralenti et ses pertes se sont accumulées en raison “des droits de douane punitifs imposés par Trump” mais aussi d'”une demande atone en Chine ainsi qu’une concurrence intense d’autres marques de voitures de sport de luxe comme Porsche, Ferrari et Lamborghini”, explique Victoria Scholar, chez Interactive Investor.Le constructeur a en outre “pris du retard dans le lancement de sa première voiture entièrement électrique, repoussant sa sortie en raison du ralentissement de la demande mondiale” pour ce type de véhicules, poursuit l’analyste.- Retards de production -Les droits de douane imposés par le président américain Donald Trump avaient conduit Aston Martin à temporairement limiter ses exportations aux États-Unis en avril et mai, dans l’attente d’un accord commercial entre Londres et Washington.Un accord est finalement entré en vigueur fin juin, réduisant ces taxes douanières pour les automobiles britanniques de 27,5% à 10%, mais seulement dans la limite d’un quota de 100.000 véhicules par an.Au-delà des facteurs extérieurs, “en regardant sous le capot, on découvre des problèmes internes qui compliquent le redressement pour Aston Martin”, selon Aarin Chiekrie, analyste chez Hargreaves Lansdown.En particulier, “les retards de production ont pénalisé les performances”, poursuit l’analyste. “Pour tenter d’endiguer l’hémorragie financière, le groupe a vendu une poignée d’actifs afin de renforcer son bilan” et prend désormais “un tournant plus radical”.Mais “réduire les effectifs de manière aussi drastique rend une montée en puissance significative des volumes difficile à atteindre, et la route reste semée d’embûches pour Aston Martin”, prévient-il.Grâce aux mesures prises, le directeur général d’Aston Martin espère cependant une “amélioration significative” des performances financières cette année.Les investisseurs semblaient y croire: le titre d’Aston Martin était en petite hausse mercredi matin à la Bourse de Londres après avoir grimpé de plus de 5% un peu plus tôt dans la séance.

Seb envisage “jusqu’à 2.100” suppressions de postes dont 500 en France, pour retrouver la croissance

Jusqu’à 2.100 suppressions de postes dans le monde, dont 500 en France sur la base du volontariat: le groupe d’électroménager Seb (Moulinex, Tefal, Rowenta) lance un plan d’économies draconien, afin de renouer avec la croissance et de s’adapter à un marché de plus en plus concurrentiel.En marge de la présentation de ses résultats pour 2025, Seb a commencé à présenter mercredi aux organisations syndicales un plan qui vise à “retrouver” une “trajectoire de croissance rentable” et à s’adapter à une concurrence, notamment asiatique, “plus rapide et plus intense”, a précisé à l’AFP son directeur général, Stanislas de Gramont. En ce qui concerne la France, la production “n’est pas concernée” par ces suppressions et “il n’y aura pas de départs contraints”, a assuré le directeur général.”Lors d’un rendez-vous récent avec le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, le groupe s’est engagé clairement à préserver les emplois industriels en France, en particulier sur les sites de production”, a réagi auprès de l’AFP l’entourage du ministre.”Le gouvernement sera particulièrement attentif au respect de ces engagements”, a-t-on ajouté de même source, indiquant avoir reçu l’assurance qu’il s’agirait, en France, “exclusivement de départs volontaires, et non de licenciements contraints”.”On attend de voir”, a réagi Aurélien Verger, délégué FO pour la SAS Seb, qui regroupe 500 employés de trois sites, deux en Côte d’Or et un à Lourdes. Mais il lui semble “difficile” de trouver jusqu’à 500 employés prêts à partir volontairement.Pour Arnaud Lesueur (UNSA), secrétaire du Comité central de la SAS Seb, il faut “surtout” savoir “comment rebondir face aux difficultés économiques et retrouver une bonne performance”.”Notre première priorité, c’est de redresser la rentabilité (…), parce que nous avons connu un accident en 2025″ dans ce domaine, a expliqué M. de Gramont.Le groupe français a vu son chiffre d’affaires reculer en 2025 de 1,2% à 8,17 milliards d’euros. Le bénéfice net part du groupe augmente de 5,6% à 245 millions d’euros.Il s’agit d’une progression en trompe-l’oeil, Seb ayant écopé en 2024 d’une amende de près de 190 millions d’euros pour entente avec d’autres fabricants d’électroménager, sans laquelle l’évolution en 2025 aurait été moins flatteuse.Le résultat opérationnel, qui ne prend pas en compte cette sanction, a chuté de 25%: si une large part de cette chute est due à des difficultés aux Etats-Unis, et à un environnement perturbé par les droits de douane, “au delà de ça, on voit une transformation forte de la relation entre les marques et les consommateurs”, souligne Stanislas de Gramont. On voit une accélération des cycles d’innovation, le marché accélère”, a indiqué le dirigeant, qui souhaite “réduire de 30% le temps de mise en marché” des innovations du groupe. Le groupe veut également “tripler” sa présence sur les réseaux sociaux.- L’Europe, principalement touchée -En France, les “activités support”, comme “la finance et les ressources humaines”, seront principalement touchées, ainsi que la logistique, le marketing, ou le développement produit, selon M. de Gramont, qui précise que “l’intelligence artificielle jouera un rôle dans ces rationalisations”.Dans le pays, sept entités juridiques sont potentiellement concernées par ce plan, dont les sites de Pont-Evêque (Isère), Mayenne (Mayenne) ou Rumilly (Haute-Savoie), et le siège social à Ecully, en périphérie lyonnaise.Vers 11H35 heure de Paris, l’action du groupe flambait de 12,44% à 57,40 euros, alors que l’indice élargi SBF 120 était en petite hausse, après la publication de résultats supérieurs aux attentes et la présentation du plan.Dans le reste de l’Europe, où jusqu’à 900 postes pourraient être concernés, Seb a également démarré mercredi une discussion avec les partenaires sociaux, notamment en Allemagne, “concernant l’avenir de la production sur trois usines”, mais également des points de vente.Quelque 700 postes sont susceptibles d’être supprimés hors d’Europe, dans l’ensemble du groupe, notamment en Egypte, Turquie et au Brésil.Ces plans d’action, qui comprennent également des économies sur les achats, l’amélioration de l’efficacité industrielle et “l’optimisation des frais de structure”, “seront réalisés au plus tard en 2027, et 2028 sera la première année où le groupe bénéficiera pleinement de ces 200 millions d’euros” d’économies attendues, a indiqué M. de Gramont.Le groupe qui “anticipe une croissance” de son résultat opérationnel en 2026, espère à moyen terme, avec ce plan, “renouer avec sa trajectoire historique en visant une croissance organique annuelle des ventes de 5% et une marge opérationnelle de 10%, pour ensuite tendre vers 11%”, contre 7,4% en 2025. 

Sans bovins, la fréquentation du Salon de l’agriculture en chute d’un quart les quatre premiers jours

La fréquentation du Salon de l’agriculture, qui s’est ouvert samedi à Paris, a baissé d’environ 25% sur les quatre premiers jours en raison notamment de l’absence de bovins, ont annoncé mercredi les organisateurs.Le Salon avait “respecté” le choix des éleveurs de ne pas amener leurs vaches en raison de la dermatose.”On sait que le visiteur vient voir l’égérie et les vaches”, a déclaré le président du salon Jérôme Despey lors d’une conférence de presse, à cinq jours de la clôture dimanche de l’événement qui avait rassemblé ces trois dernières années plus de 600.000 visiteurs par an. Pour la première fois depuis huit ans, l’ouverture du salon a aussi coïncidé avec les vacances scolaires de toutes les zones. “Lorsqu’un salon est amputé de l’un de ses membres historiques, cela se ressent naturellement dans la dynamique globale. Ces éléments ont pu peser sur la venue d’une partie du public, traditionnellement très attachée à la filière bovine et à son rôle patrimonial”, ont ajouté les organisateurs dans un communiqué. Dans les allées du salon, de nombreux exposants, visiteurs et responsables ont constaté une fréquentation moindre que les autres années, surtout le premier week-end et le samedi, avec la traditionnelle inauguration par le président Emmanuel Macron.”En deux mots, c’est nul. Je vais ramener 90% de mon stock (…) je ne vais pas amortir. Mais personne ne va amortir. Je fais plus de chiffre chez moi sur un marché en Corrèze sur une matinée que sur une journée ici, alors que là-bas, je paye 6 euros l’emplacement. Ici, j’en ai pour 3.800 euros pour la semaine et 1.000 euros d’hôtel”, a déploré auprès de l’AFP Fabrice Virolle, fabricant de macarons.”Les avis sont partagés, certains font part d’un chiffre d’affaires identique à l’année dernière”, a déclaré mercredi Valérie Leroy, directrice du salon, évoquant un “confort de visite plus important, pour acheter dans de meilleures conditions” après des “échanges” avec les producteurs. “On a aussi des exposants qui nous font part d’une baisse, on travaille avec eux pour voir comment on peut les rendre plus visibles”, a-t-elle ajouté. “On va rebondir”, a ajouté Jérôme Despey, affirmant que cette année était “exceptionnelle” et que la fréquentation avait connu un “sursaut” mardi et espérant que cela se maintiendra les prochains jours. “Venir c’est soutenir” l’agriculture, a-t-il lancé en référence au slogan de l’édition 2026.

La consommation d’électricité stable en 2025 en France, signe de son retard à sortir des énergies fossiles

La consommation d’électricité en France est restée stable l’an dernier, en-deçà de ses niveaux d’avant-crises sanitaire et énergétique, ce qui confirme le retard du pays dans la transition énergétique et la sortie des énergies fossiles, a annoncé mercredi RTE.La production d’électricité en France métropolitaine a de son côté poursuivi sa progression, de 1,5% en 2025, à 547,5 terrawattheure (TWh), selon le bilan électrique 2025 du gestionnaire du réseau de haute tension.”En 2025, la consommation électrique en France métropolitaine est restée stable par rapport à celle de l’année précédente, atteignant 451 TWh (+0,4% par rapport à 2024)”, indique RTE.Elle demeure “très en retrait” -d’environ 6%- par rapport à la période 2014-2019, précédant la pandémie de Covid-19 et la crise énergétique consécutive à la guerre en Ukraine, précise-t-il.”La consommation d’électricité n’augmente pas”, commente Olivier Houvenagel, directeur adjoint de l’économie en charge des études prospectives de RTE auprès de l’AFP. “Surtout, on constate que la part de l’électricité dans la consommation d’énergie finale, donc le taux d’électrification du pays, n’a pas non plus augmenté”, ajoute-t-il.Les énergies fossiles restent prédominantes dans le bouquet énergétique français et représentaient 56% de la consommation d’énergie finale du pays en 2024, tandis que l’électricité ne comptait que pour 27%, fait valoir RTE.Le gestionnaire observe toutefois que la dynamique baissière de la consommation d’électricité “s’est arrêtée à partir de 2024”.L’électrification des usages, c’est-à-dire la transition vers l’électricité de secteurs dépendants des énergies fossiles (gaz, pétrole), “apparaît en retard par rapport aux trajectoires nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques de la France”, relève le gestionnaire.Ces secteurs sont les transports avec les véhicules électriques, le bâtiment avec les pompes à chaleur ou l’industrie avec des fours électriques.Le gouvernement, qui a fait de cette transition une priorité, doit présenter “dès le printemps” un plan d’électrification de l’économie, selon le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure.- Abondance de l’électricité bas-carbone -Ce mouvement est d’autant plus pertinent que la production d’électricité en France a dépassé son niveau de 2019, essentiellement grâce au rétablissement de la disponibilité du parc nucléaire et à la progression de la production des filières solaire et éolienne, notamment en mer.De plus, l’électricité est très largement décarbonée en France, avec un volume de production à 95,2% bas-carbone (nucléaire et renouvelable), un niveau “historique”, selon RTE.La production d’origine fossile a ainsi continué à refluer et son niveau “a été le plus faible observé depuis près de 75 ans”, selon RTE.”L’abondance de la production d’électricité bas-carbone française place le pays dans une position très favorable pour se décarboner rapidement et réduire sa dépendance aux énergies fossiles, qui représentent encore près de 60% de sa consommation d’énergie totale”, estime-t-il.”Le contenu carbone” de la France, ou empreinte carbone, est l’un des plus faibles en Europe, au deuxième rang après la Norvège, souligne Olivier Houvenagel. “L’enjeu maintenant, c’est vraiment de pouvoir décarboner les autres usages”, poursuit-il.De ce point de vue, la France dispose d’un avantage par rapport à “d’autres pays dont le +mix+ électrique repose encore largement sur une production fossile”.Autre atout, la France est exportatrice nette d’électricité en Europe et la compétitivité de sa production lui a permis d’enregistrer un nouveau record d’exportations en 2025, rappelle le gestionnaire.Elles ont représenté 92,3 TWh en 2025, ce qui est “comparable à la consommation d’électricité annuelle d’un pays comme la Belgique”.La France bénéficie aussi de prix de l’électricité parmi les plus bas d’Europe, en particulier vis-à-vis de l’Allemagne et de l’Italie, relève RTE.Le prix spot moyen annuel de l’électricité en France est de 61 euros du MWh, au-dessus des 39,4 euros du MWh de 2019, mais nettement en dessous des 275,9 euros du MWh en moyenne en 2022, au cœur de la crise énergétique.Enfin, la France joue un rôle de “carrefour électrique” en Europe avec des exportations qui transitent vers l’ensemble du continent, “au-delà des seuls pays limitrophes”.

Lait infantile: l’UE renforce ses contrôles douaniers sur la substance chinoise incriminée

L’Union européenne a décidé de renforcer ses contrôles aux frontières sur les importations en provenance de Chine de la substance incriminée dans l’affaire des laits infantiles contaminés par une toxine, qui a notamment déclenché des enquêtes judiciaires en France.A compter de jeudi, les douanes devront contrôler 50% des envois arrivant dans l’UE et originaires de Chine de cette substance, l’huile riche en acide arachidonique, ce produit “posant probablement un risque sérieux pour la santé humaine”, précise une décision publiée mercredi dans le Journal officiel de l’UE.Les investigations menées en Europe à la suite de cas de bébés contaminés par cette toxine, la céréulide, ont “apporté des preuves que l’huile riche en acide arachidonique originaire de Chine et utilisée pour fabriquer du lait en poudre constituait la source de cette contamination”, explique le texte, justifiant l’application de ces contrôles renforcés.Plusieurs fabricants, dont des géants européens tels que Nestlé, Danone et Lactalis, ont procédé depuis décembre au rappel de préparations pour nourrissons susceptibles d’être contaminées par cette toxine – la céréulide – dans plus de 60 pays.Deux agences de l’UE spécialisées dans la sécurité alimentaire et la prévention des maladies ont précisé qu’au total, sept pays européens, dont la France, la Belgique ou encore le Royaume-Uni, avaient signalé des cas de bébés présentant des symptômes gastro-intestinaux après avoir consommé du lait en poudre.Les autorités françaises enquêtent également sur les décès de trois bébés, dont le dernier est survenu le 5 février dernier, soupçonnés d’avoir bu du lait en poudre provenant des lots rappelés. “À ce jour, aucun caractère d’imputabilité n’a été établi scientifiquement”, insiste cependant le ministère français de la Santé sur son site. “Des enquêtes judiciaires sont en cours pour ces signalements.”Une entreprise chinoise établie à Wuhan, dans le centre du pays, Cabio Biotech, est soupçonnée d’être le fournisseur de la substance incriminée.

Eau et agriculture, un enjeu crucial sous tension climatique

Pas d’agriculture sans eau”, martèlent les agriculteurs, au début d’un siècle sous la pression du changement climatique qui verra les ressources aquifères diminuer et les coûts liés à la dépollution augmenter.Tour d’horizon des pratiques et enjeux en France, première puissance agricole européenne.Les usages de l’eauEn France métropolitaine, 31 milliards de m3 d’eau douce sont prélevés par an pour tous les usages. Le volume réellement consommé, non restitué aux milieux aquatiques, est estimé à 4,1 milliards de m3 en moyenne (entre 2010 et 2020), selon les données officielles.L’agriculture prélève moins que d’autres secteurs mais consomme 80% de ses prélèvements – une tomate est composée à 90% d’eau, une betterave à 70%. Elle est donc la première activité consommatrice d’eau avec plus de 2 milliards de m3, soit 58% du total, devant l’eau potable (26%), le refroidissement des centrales électriques (12%) et les usages industriels (4%).Seule 7% de la surface agricole utile est irriguée.Une ressource plus rare, source de tensionsLe président du Haut conseil pour le climat Jean-François Soussana alertait en janvier sur “une tension croissante entre la quantité d’eau réellement utilisable”, en recul avec le réchauffement climatique, et des “besoins (qui) vont s’accentuer, y compris pour l’irrigation”.En 2023, le président Emmanuel Macron avait présenté un “plan de sobriété” sur l’eau, épargnant largement les agriculteurs, quelques jours après des affrontements lors d’une manifestation contre une retenue d’eau artificielle – qualifiée de “méga-bassine” par ses opposants – à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres.Le gouvernement a réaffirmé depuis son soutien au stockage de l’eau, réclamé par les syndicats agricoles FNSEA ou Coordination rurale, tout en le conditionnant à “des changements de pratiques significatifs”.La loi Duplomb, adoptée à l’été, vise notamment à faciliter la construction d’ouvrages de stockage de l’eau, sans imposer aucun engagement dans la transition.Les types de prélèvement sont la retenue collinaire, alimentée par les eaux de ruissellement, le barrage, alimenté par un cours d’eau, jusqu’aux réserves de substitution ou “bassines”, déconnectées du réseau hydrographique et remplies essentiellement par pompage de la nappe phréatique.Nécessaire adaptationAlors qu’entre 2010 et 2020, les surfaces irriguées en France ont augmenté de 15%, une combinaison de solutions est mise en avant.L’institut Inrae plaide notamment pour une irrigation via un système de “goutte-à-goutte”, qui permet des économies d’eau de 10 à 30% pour les grandes cultures et de 20 à 35% pour l’arboriculture.Le changement des pratiques est mis en avant: introduction de haies pour lutter contre l’érosion et préserver l’humidité du sol, moins labourer ou diminuer les surfaces de maïs irrigué, qui ne consomme pas plus d’eau que le blé mais en réclame en été quand elle est la plus rare. La réutilisation des eaux usées traitées – qui représente environ 1% des eaux usées en France contre 15% en Espagne -, pourrait aussi être un levier pour certaines cultures à forte valeur ajoutée, comme les agrumes, le maïs irrigué ou la luzerne, selon l’institut Terram.Pesticides et dépollution de l’eauEn 40 ans, 14.000 captages d’eau ont disparu en France, à 41% du fait de pollutions agricoles (pesticides, engrais), avec pour conséquence une augmentation du prix de l’eau potable, liée au coût de son traitement, selon Harold Levrel, professeur d’économie au Muséum d’histoire naturelle.”On estime qu’on est autour d’un milliard d’euros de dépenses par an” pour traiter l’eau, avec des systèmes complexes de filtration utilisant “des charbons actifs importés de Chine ou des Etats-Unis”, relève-t-il.Cette dépollution est financée par les consommateurs via leur facture d’eau. Entre janvier 2023 et septembre 2025, sur l’indice du prix de l’eau publié par l’INSEE, “on a vu une augmentation de 16%, ce qui est énorme”, pour Olivier Andrault, de l’UFC-Que Choisir.Cette ardoise est appelée à gonfler pour “maintenir le niveau de dépollution requis par la réglementation, avec les nouveaux résidus de pesticides recherchés”, souligne-t-il.En France, s’applique théoriquement le principe “préleveur-pollueur-payeur”, selon lequel le prélèvement de l’eau et les rejets polluants qu’il engendre doivent donner lieu à une contribution financière proportionnelle à l’impact environnemental causé, rappelle une note récente du Conseil d’analyse économique.Alors que l’agriculture constitue une source majeure de pollution de l’eau, “on s’aperçoit que les redevances pour prélèvement d’eau sont essentiellement payées par les usagers domestiques”, indique à l’AFP l’économiste Stéphane Saussier, co-auteur de cette étude.