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L’Eurogroupe élit son nouveau chef, en plein débat sur les avoirs russes

Un ministre grec ou un ministre belge à la tête de l’instance qui réunit les pays de la zone euro? L’Eurogroupe élit jeudi son nouveau président, en plein débat sur la question – sensible – de l’utilisation des avoirs russes pour aider l’Ukraine.Kyriakos Pierrakakis, 42 ans, veut incarner la “résilience” de son pays après la tourmente des années 2010, lorsque la crise de la dette grecque avait menacé de faire imploser la zone euro.Il n’est chargé des finances de son pays que depuis mars, mais peut faire valoir son expertise en matière de transformation numérique de l’Etat dans ses précédentes fonctions ministérielles, notamment à l’Education.En face, le ministre belge du Budget Vincent Van Peteghem, 45 ans, qui met en avant son expérience des sujets européens et sa pratique des compromis dans les coalitions fédérales auxquelles il participe depuis 2020.Il est un fervent défenseur de l’assainissement des finances publiques en Belgique, pays qui affiche l’un des pires taux d’endettement de la zone euro.Mais sa candidature intervient dans un contexte de tensions au sein de l’UE en raison du blocage belge sur les avoirs russes. La Belgique s’oppose fermement à un projet de l’UE visant à financer un prêt à Kiev en l’adossant aux avoirs de la Russie, gelés depuis l’invasion de l’Ukraine et qui sont pour l’essentiel conservés à Bruxelles par la société Euroclear.Le gouvernement belge a exprimé de vives réserves quant au risque de représailles juridiques et financières de la part de Moscou et réclame de solides garanties aux autres pays de l’UE.Cette question épineuse du financement de l’Ukraine sera d’ailleurs au menu d’un dîner qui réunira jeudi soir les ministres des Finances de l’ensemble de l’Union européenne, et surtout d’un sommet des dirigeants de l’UE la semaine prochaine.- Nomination à Francfort -Les deux candidats à la présidence de l’Eurogroupe, tous deux membres de partis de droite, se sont lancés après la démission surprise de l’Irlandais Paschal Donohoe, qui exerçait la fonction depuis 2020 et avait été réélu il y a quelques mois seulement.Cette instance, créée en 1997, coordonne les politiques économiques et budgétaires des 20 pays de la zone euro, bientôt au nombre de 21, la Bulgarie s’apprêtant à adopter la monnaie unique le 1er janvier prochain.Le président de l’Eurogroupe est chargé de préparer les réunions mensuelles des ministres des Finances de la zone euro et la représente dans différents organismes internationaux (FMI, Banque mondiale, G7 Finances…), ce qui lui procure une stature internationale.Le vote, à la majorité simple, se déroulera dans l’après-midi à Bruxelles.Parallèlement, l’Eurogroupe va lancer officiellement jeudi le processus de nomination pour un autre poste européen convoité: la vice-présidence de la Banque centrale européenne (BCE).Il s’agit cette fois de trouver un successeur à l’Espagnol Luis de Guindos, dont le mandat au sein de l’institution installée à Francfort s’achèvera fin mai 2026. L’Eurogroupe joue un rôle central dans ce processus car il devra sélectionner début 2026 l’une des candidatures proposées par les pays de la zone euro. Leur choix devra ensuite être validé par les dirigeants des 27, après consultation du Parlement européen et du conseil des gouverneurs de la BCE.La succession de M. de Guindos est considérée comme un tour de chauffe avant l’expiration en 2027 des mandats de trois des six membres du directoire de la BCE, dont celui de la présidente Christine Lagarde qui devrait attirer les convoitises de plusieurs pays.

Grève générale au Portugal contre une réforme du code du travail

Le Portugal tournera au ralenti jeudi, avec d’importantes perturbations attendues dans les transports en commun, les écoles et les hôpitaux, en raison d’une grève générale contre une réforme du code du travail défendue par le gouvernement de droite.Il s’agit du plus important mouvement social depuis 2013, à une époque où le pays ibérique vivait sous perfusion de l’Union européenne et du Fonds monétaire international et avait été soumis à une sévère cure d’austérité budgétaire, assortie de la dernière révision en profondeur de la réglementation du travail.L’objectif de l’actuel gouvernement est de “stimuler la croissance économique pour créer plus d’emploi et payer de meilleurs salaires”, a déclaré le Premier ministre Luis Montenegro en défendant cet avant-projet de réforme comprenant plus d’une centaine de mesures.Concrètement, l’exécutif souhaite allonger la durée des contrats temporaires, permettre aux entreprises d’embaucher des sous-traitants après un plan de licenciements ou encore augmenter les services minimum à assurer en cas de grève.Pour la principale confédération syndicale, la CGTP, ces dispositions représentent “une des plus grandes attaques faites au monde du travail”, a déclaré à l’AFP son secrétaire général Tiago Oliveira, en dénonçant une volonté de “normaliser la précarité”, “déréguler les horaires de travail” et “faciliter les licenciements”.Sur une population active de quelque 5 millions de personnes, environ 1,3 million sont déjà en situation précaire, a souligné le responsable de la confédération syndicale, qui organisera une vingtaine de manifestations à travers le pays.Le mouvement de grève lancé avec l’autre confédération syndicale, l’UGT, historiquement plus modérée, devrait avoir un impact “plus visible” dans les secteurs des transports et des services publics, des écoles aux hôpitaux en passant par les tribunaux et l’administration fiscale, a précisé M. Oliveira.- “Déjà un succès” -De nombreux syndicats du secteur privé ont également rejoint le mouvement et le transport aérien devrait connaître d’importantes perturbations. La compagnie nationale TAP Air Portugal prévoit de réaliser un tiers seulement des quelque 250 vols prévus en temps normal.La compagnie des chemins de fer a quant à elle prévenu que l’impact du mouvement pourrait s’étendre de mercredi à vendredi.”Nous aurons sans aucun doute une grande grève générale”, a assuré le dirigeant de la CGTP, selon lequel le mouvement serait “déjà un succès” en attirant l’attention de l’opinion publique sur ce projet de réforme du code du travail, alors que le pays se trouve en pleine pré-campagne pour l’élection présidentielle qui se jouera début 2026.”J’espère que le pays fonctionnera dans la normalité possible (…) car les droits des uns ne doivent pas entraver les droits des autres”, a déclaré pour sa part mercredi le Premier ministre.D’après un sondage publié par la presse locale, 61% des personnes interrogées se sont dites favorables à la grève.La coalition de droite au pouvoir a été accusée par l’opposition de gauche de ne pas avoir inscrit cette réforme au programme électoral porté lors des législatives anticipées de mai dernier.Bien que le gouvernement ne dispose pas de majorité absolue au Parlement, il devrait pouvoir adopter cette série de mesures avec le soutien des libéraux et, surtout, de l’extrême droite, devenue la deuxième force politique du pays.Alors que le Portugal affiche une croissance économique autour de 2% et un taux de chômage historiquement bas, environ 6%, M. Montenegro a fait valoir que le pays devait profiter de cette conjoncture favorable pour mener cette réforme.

Le jeu français “Clair Obscur: Expedition 33” grand favori des Game Awards à Los Angeles

Avec un record de nominations, le jeu vidéo français “Clair Obscur: Expedition 33” arrive jeudi soir en grand favori à la 12e cérémonie des Game Awards à Los Angeles, rendez-vous annuel central de l’industrie vidéoludique.La première production du studio montpelliérain Sandfall Interactive, qui narre les aventures tragiques d’un groupe de personnages dans un univers postapocalyptique, pourrait bien devenir le premier jeu français à remporter le titre convoité de “GOTY” (“jeu de l’année”).Développé par une équipe d’une trentaine de personnes, une taille plutôt modeste comparée aux mastodontes du secteur, il fera face aux superproductions japonaises “Death Stranding 2”, dernière création de Hideo Kojima, père de la saga Metal Gear Solid, et “Donkey Kong Bananza”, jeu de plateforme aux décors entièrement destructibles mettant en scène le célèbre singe de Nintendo.Dans la catégorie reine, il sera également opposé à deux succès de la scène indépendante: “Hades 2”, du studio américain Supergiant Games, et “Hollow Knight: Silksong”, des Australiens de Team Cherry.La simulation de vie de chevalier “Kingdom Come: Deliverance 2”, du tchèque Warhorse Studios, clôt cette sélection.Nommé dans 10 catégories – et trois fois dans celle de la meilleure “performance” pour un acteur/doubleur – “Clair Obscur” concourt aussi aux titres de “meilleur jeu de rôle”, “meilleure narration”, “meilleure musique” ou encore “meilleure direction artistique”.A cela s’ajoute une nomination de dernière minute dans la catégorie du vote du public, annoncée lundi.L’an dernier, c’était le Français Nicolas Doucet, directeur du studio japonais Team Asobi, propriété de Sony, qui était monté sur la scène du Peacock Theater pour recevoir le titre du “jeu de l’année” pour “Astro Bot”, jeu de plateforme rendant hommage aux héros phares de la Playstation.- Campagne marketing -Parmi les personnalités attendues sur scène cette année pour remettre des prix: Todd Howard, directeur du studio Bethesda produisant les populaires sagas de jeux The Elder Scrolls et Fallout, et l’acteur américain Jeffrey Wright, qui prête sa voix à l’un des héros du jeu narratif “Dispatch”.Les Game Awards sont aussi l’occasion pour les gros studios et éditeurs de jeux de dévoiler leurs prochaines sorties.Les organisateurs ont déjà annoncé que la saga Tomb Raider, qui n’a pas accueilli de nouvel opus majeur depuis 2018, donnera des informations sur les futures aventures de Lara Croft jeudi soir.Les internautes vont également découvrir le jeu qui se cache derrière la mystérieuse campagne marketing organisée depuis quelques jours autour de la cérémonie, avec l’apparition d’une imposante structure représentant une porte ancienne ornée de sculptures dans le désert californien.Depuis 2014, les Game Awards sont organisés et présentés par l’ancien journaliste et animateur canadien Geoff Keighley.Retransmise en ligne sur les plateformes YouTube et Twitch mais aussi sur les réseaux sociaux, la cérémonie sera également diffusée pour la première fois sur Prime Video, le service de streaming d’Amazon.En 2024, les Game Awards avaient revendiqué 154 millions de visionnages en direct dans le monde sur ses différents canaux.Le jury, composé d’une centaine de médias et d’influenceurs spécialisés, pèse pour près de 90% dans la désignation des vainqueurs, contre 10% pour le vote du public, selon le site officiel de la cérémonie.

L’A69 devant la cour d’appel, audience cruciale pour l’avenir du chantier

La cour administrative d’appel de Toulouse se penche jeudi sur le chantier de l’autoroute A69, une étape décisive pour la construction de cette infrastructure contestée dont le rapporteur public a d’ores et déjà souhaité la poursuite.Ce magistrat dont la vocation est d’éclairer les décisions des juridictions administratives et dont l’avis est en général suivi, a estimé, dans ses conclusions, qu’il convenait de revenir sur la décision du tribunal administratif de Toulouse qui, le 27 février, avait annulé l’autorisation environnementale ayant permis le démarrage des travaux, en 2023.Le rapporteur public Frédéric Diard estime en effet que ce jugement du tribunal établissant “que le projet de liaison autoroutière entre Castres et Toulouse ne répond pas à une Raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), n’est pas fondé”.Jeudi matin, il doit développer sa position dans une salle d’audience qui promet d’être comble, comme elle l’a été tout au long des différentes étapes procédurales de la longue bataille juridique autour de ce projet de 53 km de voie rapide, devenu depuis plusieurs années un symbole des luttes écologiques.- Opposants mobilisés -Un rassemblement des anti-A69 est attendu à partir de 08H30 devant les portes de la cour administrative d’appel alors qu’une dizaine d'”écureuils”, des militants écologistes suspendus à des arbres, ont pris place depuis mercredi dans des platanes faisant face à la juridiction.”Nous invitons les médias à venir écouter attentivement les motivations du rapporteur lors de l’audience”, a réagi le principal collectif d’opposants à l’A69, “La Voie est libre” (LVEL), après avoir pris connaissance de sa position.”Il doit nous donner une démonstration irréfutable du caractère vital de l’A69. N’en doutons pas”, a-t-il ironisé, alors que le collectif s’était indigné que M. Diard soit reconduit comme rapporteur public pour cette audience cruciale alors qu’il avait déjà pris position en faveur de l’A69 dans une première procédure liée à ce dossier.En mai dernier, il avait en effet souhaité que la cour administrative d’appel se prononce en faveur de la demande présentée par l’Etat et le concessionnaire Atosca d’un “sursis à exécution” du jugement du tribunal administratif de Toulouse, une requête visant à faire reprendre les travaux, interrompus par cette décision.La juridiction d’appel, présidée dans cette procédure par Denis Chabert, avait suivi le rapporteur public, ce qui avait permis une reprise progressive du chantier au cours de l’été. M. Chabert préside également l’audience qui s’ouvre jeudi.- Chantier à plein régime -Les opposants ont demandé à ce que ce magistrat, tout comme M. Diard, ainsi qu’un troisième ayant également participé à l’audience de mai, ne siègent pas jeudi mais leur demande de récusation a été rejetée.”Avec cette décision, la justice creuse elle-même le fossé qui sépare les citoyens de l’institution”, selon LVEL.Sur le terrain, près d’un millier de personnes travaillent sur ce vaste chantier où le ballet des tractopelles, niveleuses et autres bulldozers bat son plein: 82% des terrassements et 95% des ouvrages d’art (ponts, viaducs, structures de soutènement, etc.) sont désormais réalisés, affirme le maître d’œuvre Atosca, même si les opposants contestent ces chiffres.Le chantier s’apprête à rentrer dans sa phase ultime, avec la pose, à partir de janvier, des 500.000 tonnes du revêtement que les deux centrales d’enrobé à chaud, installées en novembre, se préparent à produire.Fervent soutien du projet, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a répété à la mi-novembre qu’il souhaitait “mettre en route cette autoroute d’ici au mois d’octobre 2026”.L’audience d’appel doit permettre de définitivement “clarifier” les choses, a-t-il dit, espérant voir le chantier “continuer sereinement pour tenir les délais”.

Reprise en coopérative ou liquidation: Brandt va être fixé sur son sort

L’espoir de la dernière chance pour quelque 700 salariés: la justice se prononce jeudi sur le sort du groupe d’électroménager Brandt, fleuron industriel français en grandes difficultés et placé en redressement judiciaire début octobre.Face au risque, particulièrement redouté, d’une mise en liquidation, un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, permettrait de sauver au moins 370 emplois.Cette offre, présentée comme celle de la dernière chance, a reçu ces derniers jours un large soutien des pouvoirs publics et est soutenue par une majorité de salariés.La décision du tribunal des affaires économiques (TAE) de Nanterre est attendue dans la journée, une semaine après l’audience qui s’y est tenue. “Quand on a une entreprise industrielle qui est chère au cœur des Français, on doit tout faire pour essayer de la garder chez nous”, a martelé mercredi devant le Sénat le ministre de l’Economie Roland Lescure.La tâche s’annonce difficile: entre 20 et 25 millions d’euros seraient nécessaires pour relancer l’activité de Brandt.M. Lescure, qui a assuré que tous les salariés non conservés par cet éventuel projet de Scop seraient accompagnés “dans des reconversions” par l’Etat, veut croire à cette mobilisation “rarement vue”.Le gouvernement a annoncé un soutien de l’Etat à hauteur de 5 millions d’euros, suivi par la région Centre-Val de Loire, qui pourrait dégager environ 7 millions d’euros au total. La métropole d’Orléans s’est engagée sur une contribution du même ordre de grandeur.- “Situation très difficile” -“Quand on fait la somme de tout ça, on est à près de 20 millions d’euros d’engagements publics” consacrés au “redémarrage” de deux usines, avait affirmé à l’AFP à l’issue de l’audience le président de la région Centre-Val de Loire, François Bonneau, jugeant l’effort “assez remarquable”.Il reste à savoir si les banques, poussées par le gouvernement à “jouer le jeu”, répondront à l’appel pour convaincre le tribunal de la viabilité du projet.La coopérative serait aussi l’unique possibilité de sauver les deux usines du groupe, situées près d’Orléans (Loiret), et à Vendôme (Loir-et-Cher), selon plusieurs sources.Un cas qui rappelle celui de la verrerie Duralex, finalement reprise sous ce même statut de Scop en juillet 2024, après des mois de flou et d’inquiétudes pour ses employés.Pour près de 700 salariés de Brandt, les incertitudes sont aussi fortes, surtout depuis début octobre et le placement en redressement judiciaire du groupe, alors que leurs salaires ne seront plus versés après le 15 décembre.”C’est une situation très difficile”, a reconnu auprès de l’AFP Dylan Wrede, agent logistique depuis dix ans dans une des usines du groupe, située près d’Orléans, où l’activité est quasiment à l’arrêt depuis des semaines.En jeu, l’avenir du fabricant des produits Brandt, mais aussi celui de trois autres marques françaises d’électroménager Vedette, Sauter et De Dietrich.Outre ses deux usines en France, en Centre-Val de Loire, Brandt possède un centre de service après-vente en région parisienne, à Saint-Ouen-L’Aumône (Val-d’Oise). Son siège social est situé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).Brandt, propriété depuis 2014 du groupe algérien Cevital, réalise 260 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’entreprise subit notamment les conséquences des temps difficiles vécus par le secteur du gros électroménager, lié à la crise de l’immobilier.Ce secteur a subi l’an dernier un nouveau recul de ventes (-3,9%), après avoir déjà baissé en 2023.L’achat de ces produits, notamment des appareils de cuisine, est souvent corrélé à l’acquisition d’un bien immobilier ou à un déménagement, selon le dernier bilan du groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils et d’équipements ménagers (Gifam).

Taux d’intérêt américains: la Fed lâche du lest contre l’avis de plusieurs responsables

La banque centrale des Etats-Unis (Fed) a conclu mercredi sa dernière réunion de l’année par une baisse des taux d’intérêt sans faire l’unanimité en son sein ni donner d’orientation claire pour la suite.Pour la troisième fois en trois réunions consécutives, la Réserve fédérale a diminué d’un quart de point de pourcentage ses taux directeurs, qui guident les coûts d’emprunt.Ils sont désormais dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%.Trois des douze votants ont manifesté leur opposition: deux ne voulaient pas de baisse du tout et un voulait une réduction plus forte, d’un demi-point.Le président de la Fed de Kansas City, Jeffrey Schmid, s’était déjà prononcé contre la précédente baisse, fin octobre. Il a été rejoint par le président de la Fed de Chicago, Austan Goolsbee.Les deux hommes ont dit publiquement qu’ils s’inquiétaient pour l’heure davantage du niveau de l’inflation que de la santé du marché du travail américain.Quant au responsable en faveur d’une baisse d’un demi-point, il s’agit sans surprise du gouverneur Stephen Miran, récemment nommé par le président Donald Trump.- Débats “serrés” –  En conférence de presse, le patron de la Fed Jerome Powell a affirmé que la décision de mercredi ne relevait pas de l’évidence.Les Etats-Unis connaissent à la fois une inflation en accélération (à 2,8%) et un chômage en augmentation (à 4,4%), scénarios qui impliquent en théorie des actions opposées de la part de la banque centrale. “La discussion était serrée mais nous devons prendre une décision. On espère toujours que les données vont nous permettre d’y voir plus clair”, a déclaré M. Powell.La banque centrale a été privée de certains indicateurs économiques majeurs en raison de la récente paralysie budgétaire (“shutdown”) qui a mis au chômage technique les services statistiques des Etats-Unis pendant 43 jours.”La période est frustrante pour la classe moyenne et confuse pour la Fed”, considère Heather Long, économiste de la banque Navy Federal Credit Union.Interrogé sur la question du coût de la vie, revenue en tête du débat public, Jerome Powell a estimé que les salaires devront augmenter pendant “plusieurs années” plus vite que l’inflation “pour que les gens commencent à se sentir bien en termes de pouvoir d’achat”.Donald Trump, de son côté, a encore assuré mardi que les prix baissaient “énormément”.- Nouvelles têtes -Jerome Powell a donné peu d’indication pour la suite, sans fermer la porte à une baisse supplémentaire fin janvier.Cela a gonflé le moral de la Bourse de New York, qui a terminé en hausse.”Cela ne me surprend pas qu’il y ait de l’optimisme sur les marchés à court terme, dans la mesure où la Fed continue de baisser les taux alors que l’économie est en croissance”, relève Chris Zaccarelli, chargé d’investissements chez Northlight Asset Management.Il prévient toutefois que les investisseurs risquent la déconvenue, car d’autres détentes pourraient mettre du temps à arriver, “voire ne pas arriver”.Les responsables de la Fed imaginent globalement qu’une autre baisse des taux sera nécessaire en 2026, selon leurs projections actualisées.Mais une partie d’entre eux ne sera alors plus en mesure de voter.En effet, parmi les douze personnes fixant les taux américains, quatre changent tous les ans selon un système de rotation impliquant les banques centrales régionales.Les nouveaux entrants sont réputés encore plus soucieux du niveau de l’inflation que leurs prédécesseurs.A l’inverse, Donald Trump veut que la personne qui prendra la place de Jerome Powell au printemps s’attache à faire baisser les taux.Il a présenté son conseiller économique Kevin Hassett comme favori mais laisse encore planer un certain suspense sur son choix final. Le chef de l’Etat entend par ailleurs toujours destituer une gouverneure de l’institution, Lisa Cook. La Cour suprême se penchera sur l’affaire en janvier.

Wall Street termine en hausse, satisfaite par la Fed

La Bourse de New York a clôturé en hausse mercredi, poussée par la nouvelle baisse des taux de la banque centrale américaine (Fed) et la perspective d’une inflation moindre l’an prochain, perçue comme propice à une nouvelle détente monétaire.Le Dow Jones a pris 1,05%, l’indice Nasdaq a avancé de 0,33% et l’indice élargi S&P 500 a gagné 0,67%.Pour la troisième fois d’affilée, les taux directeurs américains sont réduits d’un quart de point de pourcentage, pour s’établir dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%, une décision largement anticipée par les marchés.En revanche, le président de la Fed Jerome Powell “s’est montré moins ferme que ne l’avaient prévu de nombreux investisseurs” lors de sa conférence de presse, assure auprès de l’AFP Sam Stovall, de CFRA.”Nous sommes bien positionnés pour décider de l’étendue et du calendrier de potentiels nouveaux ajustements, selon l’évolution des données économiques et de nos perspectives”, a dit mercredi M. Powell.Les Etats-Unis connaissent à la fois une inflation en accélération et un chômage plus élevé, scénarios qui impliquent en théorie des actions opposées de la part de la banque centrale. Mais selon les projections économiques actualisées de l’institution, la hausse des prix l’année prochaine pourrait être moins importante qu’auparavant anticipé, à 2,4% (contre 2,6%).Pour Sam Stovall, “compte tenu de l’affaiblissement du marché de l’emploi et de la baisse prévue du taux d’inflation, cela favorisera la perspective d’une, voire de deux baisses de taux l’année prochaine”.Pour le moment, les responsables de la Fed continuent de prévoir une unique réduction des taux en 2026, selon la médiane de leurs prévisions mises à jour.”L’absence de baisses plus importantes aurait pu être mal interprétée par Wall Street, mais l’annonce d’une reprise, certes lente, de l’expansion du bilan” de la Fed “est certainement une raison de se réjouir”, avance Jose Torres, d’Interactive Brokers.En achetant plus de titres, comme les bons du Trésor, la Réserve fédérale introduit plus de liquidités sur les marchés, une situation “qui a contribué à faire grimper significativement les valorisations boursières” après la pandémie de Covid-19.Les propos de Jerome Powell ont aussi eu pour conséquence de diminuer le rendement de l’emprunt américain à dix ans, qui évoluait vers 21H25 GMT autour de 4,15% contre 4,19% à la clôture la veille.Son équivalent à deux ans, plus sensible aux évolutions monétaires, passait lui de 3,61% à 3,54%.Côté entreprises, GE Vernova, qui rassemble les anciennes activités énergétiques du conglomérat General Electric, s’est envolé (+15,62% à 723,00 dollars) après avoir revu à la hausse ses prévisions sur le long terme (d’ici 2028) et avoir confirmé celles de 2025. La chaîne de magasins de jeux vidéo GameStop (-4,28% à 22,12 dollars) a pâti de performances financières moins bonnes qu’attendu pour le troisième trimestre, notamment en termes de chiffre d’affaires.La société de défense AeroVironment (-12,85% à 245,25 dollars) a été lourdement sanctionnée pour ses résultats en deçà des attentes au deuxième trimestre de son exercice décalé, dont un bénéfice net par action à 44 cents, alors que le marché tablait sur 78 cents.

Dermatose: les syndicats proposent un protocole expérimental, nouveau cas dans les Hautes-Pyrénées

La chambre d’agriculture et les syndicats agricoles d’Ariège ont proposé mercredi un protocole expérimental au ministère de l’Agriculture afin d’éviter les abattages de bovins, après la découverte de cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en Ariège mardi, et dans les Hautes-Pyrénées mercredi.Près de 200 agriculteurs sont mobilisés depuis l’aube mercredi autour du village des Bordes-sur-Arize, dans l’Ariège, pour bloquer les routes autour de l’exploitation aux services vétérinaires chargés d’euthanasier les 208 bovins.Un autre cas de DNC a été détecté dans un élevage de la commune de Luby-Betmont, a annoncé mercredi la préfecture Hautes-Pyrénées qui précise que les abattages débuteront “dans les prochains jours”. De son côté, la Coordination rurale (CR) a appelé à une deuxième mobilisation, à l’image de celle lancée en Ariège, pour éviter que les bovins ne soient éliminés.”On va tenir les deux points de mobilisation jusqu’à faire plier la ministre. Pas la peine d’envoyer 3.000 CRS, ça ne changera rien”, a déclaré à l’AFP Lionel Candelon, président CR de la chambre d’agriculture du Gers, voisin des Hautes-Pyrénées.En marge du rassemblement ariégeois, les représentants locaux des différents syndicats agricoles (Coordination rurale, FNSEA, Confédération paysanne, etc.) se sont réunis pour demander “la suspension immédiate du dépeuplement systématique et la mise en place d’un protocole expérimental”, est-il écrit dans un communiqué de presse transmis par la chambre d’agriculture de l’Ariège mercredi après-midi.- “Trous dans la raquette” -Ils proposent que ne soit abattues que les vaches contaminées et que la santé du reste du troupeau soit contrôlée par test PCR pendant 4 à 6 semaines. Ils appellent également à une “vaccination massive, rapide et efficace au-delà des zones règlementées” ainsi que la mise en place d’une zone de protection de 5 km autour du foyer. Cette demande “vaut pour les cas de l’Ariège, des Hautes-Pyrénées, et tout le territoire” français, a précisé M. Candelon.Jusqu’ici, la règlementation visant à stopper la propagation de la maladie prévoit que l’ensemble du troupeau concerné soit abattu et l’instauration de “zones règlementées” dans un rayon de 50 km autour du foyer de DNC, un périmètre dans lequel les déplacements de bovins sont interdits ou restreints et où les bêtes sont vaccinées.”Manifestement il y a des trous dans la raquette. On est a 100 km d’une zone où il y a eu des cas et il y a un cas qui sort ici. Il n’y a pas d’éleveur transhumant à côté, ils n’ont pas acheté de bêtes récemment dans la zone affectée. Madame la ministre (de l’Agriculture, Annie Genevard, NDLR) expliquez-nous!”, a déclaré David Eychenne, éleveur ariégeois et co-porte-parole de la Confédération paysanne d’Occitanie.Dans l’après-midi, des experts du ministère de l’Agriculture, escortés par des gendarmes, se sont rendus dans la ferme pour une évaluation financière du troupeau. “Les bovins abattus dans le cadre de la lutte contre la DNC font l’objet d’une indemnisation par les services de l’État”, a rappelé mercredi la préfecture de l’Ariège dans un communiqué.- “la vaccination, pas l’abattage” -Les cas détectés mardi et mercredi sont les deux premiers cas confirmés de DNC dans les départements de l’Ariège et des Hautes-Pyrénées depuis la détection du premier foyer en Savoie le 29 juin 2025. Cette maladie, apparue en juin en France et non transmissible à l’humain, est “sous contrôle” assure de son côté le ministère de l’Agriculture.Face à la colère d’éleveurs, le gouvernement a lancé mardi “des réflexions” sur la vaccination préventive du cheptel français contre la DNC, une stratégie qui divise les acteurs.”La solution c’est la vaccination, pas l’abattage. Surveiller sanitairement oui, mais il faut laisser en paix les animaux qui ne sont pas contaminés”, a estimé Lionel Candelon.A l’inverse, d’autres redoutent qu’une vaccination générale remette en cause le “statut indemne” de la France, lui permettant d’exporter.Interrogée mardi devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a estimé qu’une généralisation de la vaccination enverrait “un signal préoccupant à nos partenaires européens”.

La Fed réduit ses taux d’intérêt malgré l’opposition de plusieurs responsables

La banque centrale des Etats-Unis (Fed) a abaissé mercredi ses taux d’intérêt pour la troisième fois d’affilée, une décision marquée par une opposition accrue en son sein.Les taux directeurs américains sont réduits d’un quart de point de pourcentage, pour s’établir dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%.Trois des douze responsables amenés à se prononcer étaient contre cette détente: deux ne voulaient pas de baisse du tout et un voulait une réduction plus forte, d’un demi-point.Le président de la Fed de Kansas City, Jeffrey Schmid, s’était déjà opposé à la précédente baisse, fin octobre. Il a été rejoint mercredi par le président de la Fed de Chicago, Austan Goolsbee.Les deux hommes ont dit publiquement qu’ils s’inquiétaient pour l’heure davantage du niveau de l’inflation que de la santé du marché du travail américain.Quant au responsable en faveur d’une baisse plus forte, il s’agit sans surprise du gouverneur Stephen Miran, récemment nommé par le président Donald Trump.- Débats “serrés” –  En conférence de presse, le président de la Fed Jerome Powell a affirmé que la décision de mercredi ne s’imposait pas avec certitude au vu de la situation économique des Etats-Unis.Le pays connait en effet à la fois une inflation en accélération et un chômage plus élevé, scénarios qui impliquent en théorie des actions opposées de la part de la banque centrale. “La discussion était serrée mais nous devons prendre une décision. On espère toujours que les données vont nous permettre d’avoir une vision claire”, a déclaré M. Powell.La longue paralysie budgétaire cet automne aux Etats-Unis a suspendu la publication de données économiques phares. Certaines sont même définitivement perdues, ne pouvant être compilées rétroactivement.Le dernier taux de chômage connu (4,4%) remonte au mois de septembre. Idem pour l’inflation (à 2,8%, quand l’objectif de la Fed est de 2%).Des chiffres plus récents concernant l’emploi et le niveau des prix ne seront disponibles que la semaine prochaine.En attendant, le président Donald Trump assure que les prix baissent “énormément”.”Pour que les gens commencent à se sentir bien en termes de pouvoir d’achat”, les salaires devront augmenter pendant “plusieurs années” plus vite que l’inflation, a estimé de son côté le patron de la Réserve fédérale.- Nouvelles têtes à la Fed -Jerome Powell a par ailleurs considéré que les taux de l’institution étaient désormais autour de leur niveau dit “neutre”, celui qui ne restreint pas l’économie délibérément (pour freiner l’inflation), ni ne la soutient particulièrement (au secours de l’emploi).D’apparence technique, la déclaration peut s’interpréter comme une façon de dire qu’il n’est pas forcément nécessaire d’abaisser davantage les taux directeurs pour le moment. Mais Jerome Powell n’a pas non plus fermé la porte à cette éventualité.Comme chaque trimestre, les responsables de la Fed ont actualisé leurs prévisions pour l’économie américaine. La médiane de leurs estimations montre qu’ils s’attendent toujours à ce qu’une autre baisse des taux soit nécessaire en 2026.Mais le casting changera en partie l’année prochaine.Jerome Powell doit laisser sa place au printemps.Le conseiller économique de Donald Trump, Kevin Hassett, fait actuellement figure de favori pour lui succéder.La Maison Blanche prévoit toutefois une dernière salve d’entretiens avec plusieurs prétendants au poste.Donald Trump ne fait pas mystère du fait qu’il attend du futur patron de la Fed qu’il conduise une politique plus accommodante sur les taux.Mais des responsables monétaires réputés faucons (ayant comme priorité la lutte contre l’inflation, en langage de banque centrale) vont entrer en jeu. En effet, parmi les douze personnes votant sur les taux américains, quatre changent tous les ans selon un système de rotation impliquant les Fed régionales.Enfin, le sort de la gouverneure de l’institution Lisa Cook, que Donald Trump essaie de destituer, reste en suspens. La Cour suprême doit se pencher sur l’affaire en janvier.

Google promet une recherche avec IA plus profitable pour les médias

Google a annoncé mercredi tester des résumés d’articles de presse générés avec l’intelligence artificielle dans le cadre d’un partenariat rémunéré avec des médias, parmi d’autres innovations censées répondre aux reproches de pillage des contenus journalistiques pour nourrir les résultats de son moteur de recherche.Le numéro 1 mondial de la recherche en ligne a noué un “nouveau programme de partenariat commercial” avec plusieurs médias dans le monde, dont le magazine allemand Der Spiegel, le quotidien espagnol El País et le britannique The Guardian, ou encore le Times of India et le Washington Post.Ce programme est censé “explorer comment l’IA peut aider à générer davantage d’audiences engagées”, autrement dit plus d’abonnés, de temps de lecture de qualité ou d’interactions.Pour cela, le test prévoit dans Google Actualités de générer avec l’IA des résumés des articles des médias partenaires, “pour donner plus de contexte au public avant de cliquer” sur le lien qui sera fourni. Ses résumés incitatifs seront aussi disponibles en format audio.Google annonce aussi l’extension de ses partenariats avec des agences de presse au-delà d’Associated Press, avec notamment ses homologues indonésienne Antara et sud-coréenne Yonhap pour “inclure des informations en temps réel” dans les résultats de Gemini, son modèle d’IA phare.En parallèle, le géant de Mountain View annonce étendre au monde entier l’option “sources préférées” qui permet aux utilisateurs de choisir quelles sources d’informations s’afficheront en priorité dans les résultats d’actualité, parmi 90.000 producteurs de contenus allant du média local aux éditeurs d’informations internationaux.L’option sera disponible pour les utilisateurs anglophones “dans les prochains jours”, puis progressivement dans les autres langues dans le courant de l’année 2026.Les utilisateurs ayant souscrit des abonnements à des médias verront les liens vers leurs articles mieux mis en valeur, d’abord dans l’application Gemini, puis dans les réponses générées par IA pour le moteur de recherche de Google.Cette option de voir les résultats de recherche Google s’afficher non plus comme une liste de liens mais comme des textes rédigés par l’IA n’est pas disponible en France, en raison notamment des tensions autour de la juste rémunération des médias (droits voisins) avec les sites internet utilisés pour fournir les réponses.Enfin, le mode IA de Google affichera désormais plus de liens dans les réponses, présentés de manière plus visible, promet encore le géant américain.