Budget britannique: Londres poursuit ses hausses d’impĂ´ts pour rassurer les marchĂ©s
Sous forte pression des marchĂ©s et de l’opinion, le gouvernement travailliste du Royaume-Uni a tentĂ© mercredi de dissiper les craintes sur les finances publiques en prĂ©sentant un budget incluant de nouvelles hausses d’impĂ´ts, tout en intĂ©grant des mesures en faveur du pouvoir d’achat.”Ce sont mes choix: ni austĂ©ritĂ©, ni endettement, ni aveuglement face Ă l’injustice”, a dĂ©clarĂ© la ministre des Finances Rachel Reeves, chargĂ©e de prĂ©senter le plan gouvernemental devant les dĂ©putĂ©s.”Mon choix, c’est un budget pour une fiscalitĂ© Ă©quitable, des services publics solides et une Ă©conomie stable”, a-t-elle ajoutĂ©.Au plus bas dans les sondages et devancĂ© par le parti europhobe d’extrĂŞme droite de Nigel Farage, Reform UK, l’exĂ©cutif du Premier ministre Keir Starmer joue gros politiquement avec cette Ă©chĂ©ance attendue de longue date.Les regards sont dĂ©sormais tournĂ©s vers les marchĂ©s, qui agissent comme rĂ©vĂ©lateurs de la crĂ©dibilitĂ© Ă©conomique de ce budget. Ces derniers, pour l’instant plutĂ´t positifs, ont l’habitude de rĂ©agir au quart de tour Ă chaque annonce budgĂ©taire. En dĂ©but d’annĂ©e, il avaient fait monter les taux d’emprunt Ă un niveau inĂ©dit en plus de 25 ans.En amont de cette prĂ©sentation, l’Office for Budget Responsibility (OBR), organisme britannique chargĂ© de la surveillance des finances publiques, avait annoncĂ© une mauvaise nouvelle, en dĂ©gradant les prĂ©visions de croissance du pays jusqu’en 2029, malgrĂ© une rĂ©vision Ă la hausse cette annĂ©e (de 1 Ă 1,5%).- “DĂ©cisions nĂ©fastes” -Pour remplir sa promesse de financer Ă terme chaque dĂ©pense (hors investissement) par des recettes, la Chancelière de l’Echiquier, le titre officiel de Mme Reeves, a annoncĂ© mercredi des hausses d’impĂ´ts qui rapporteront 26,1 milliards au budget annuel d’ici la fin de la mandature, et 29,8 milliards de livres l’annĂ©e suivante, en 2030/2031.Elle a renoncĂ© Ă augmenter l’impĂ´t sur le revenu, ce qui l’aurait fait rompre avec une importante promesse de campagne des travaillistes, pour une manoeuvre plus subtile: le gel des seuils de cet impĂ´t.Cette mesure, qui peut ĂŞtre qualifiĂ©e de taxe dĂ©guisĂ©e, fait payer davantage ceux dont le salaire augmente et franchit une tranche supĂ©rieure. La mesure rapporterait 12,7 milliards de livres en 2030/2031.Des hausses de taxes sur les propriĂ©tĂ©s les plus luxueuses, les jeux d’argent ou sur les retraites privĂ©es ont aussi Ă©tĂ© dĂ©voilĂ©es.Mme Reeves n’avait d’autre choix que d’imposer ces taxes, Ă©tant pieds et mains liĂ©s par une Ă©conomie Ă la peine depuis le retour au pouvoir des travaillistes en juillet 2024: la croissance stagne (+0,1% au troisième trimestre), tandis que le dĂ©ficit (aux alentours de 5% du PIB l’an passĂ©) et la dette inquiètent les marchĂ©s.Elle a encore blâmĂ© mercredi les “dĂ©cisions nĂ©fastes” des conservateurs, au pouvoir pendant 14 ans, mais aussi “l’hĂ©ritage du Brexit et de la pandĂ©mie”.- “Soulagement immĂ©diat” -Mais son budget de l’an passĂ© est aussi très critiquĂ©: malgrĂ© 40 milliards de hausses d’impĂ´ts très impopulaires, dont 25 particulièrement dĂ©criĂ©es pour les entreprises, et des dizaines de milliards d’investissements, il n’a permis de retrouver ni le chemin de l’Ă©quilibre budgĂ©taire, ni la croissance.”J’ai dit que je rĂ©duirais le coĂ»t de la vie, et je le pensais vraiment. Ce budget permettra de rĂ©duire l’inflation et d’apporter un soulagement immĂ©diat aux familles”, a promis la ministre, qui a prĂ©sentĂ© une sĂ©rie de mesures en faveur du pouvoir d’achat.La suppression d’un plafond sur les allocations familiales, qui devrait coĂ»ter 3 milliards de livres d’ici 2029/2030 est la plus importante.Une hausse supĂ©rieure Ă l’inflation des pensions de retraite et du salaire minimum a Ă©galement Ă©tĂ© annoncĂ©e. D’autres mesures sont plus symboliques que dĂ©terminantes, comme le gel des tarifs ferroviaires ou celui des frais de prescription (gĂ©nĂ©ralement de 9,90 livres payĂ©es au service public de santĂ© pour un mĂ©dicament).Autant de marqueurs sociaux indispensables Ă un budget travailliste, dans un pays Ă l’inflation persistante (+3,6% en octobre), oĂą le gaz et l’Ă©lectricitĂ© coĂ»tent cher.






