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Budget britannique: Londres poursuit ses hausses d’impĂ´ts pour rassurer les marchĂ©s

Sous forte pression des marchĂ©s et de l’opinion, le gouvernement travailliste du Royaume-Uni a tentĂ© mercredi de dissiper les craintes sur les finances publiques en prĂ©sentant un budget incluant de nouvelles hausses d’impĂ´ts, tout en intĂ©grant des mesures en faveur du pouvoir d’achat.”Ce sont mes choix: ni austĂ©ritĂ©, ni endettement, ni aveuglement face Ă  l’injustice”, a dĂ©clarĂ© la ministre des Finances Rachel Reeves, chargĂ©e de prĂ©senter le plan gouvernemental devant les dĂ©putĂ©s.”Mon choix, c’est un budget pour une fiscalitĂ© Ă©quitable, des services publics solides et une Ă©conomie stable”, a-t-elle ajoutĂ©.Au plus bas dans les sondages et devancĂ© par le parti europhobe d’extrĂŞme droite de Nigel Farage, Reform UK, l’exĂ©cutif du Premier ministre Keir Starmer joue gros politiquement avec cette Ă©chĂ©ance attendue de longue date.Les regards sont dĂ©sormais tournĂ©s vers les marchĂ©s, qui agissent comme rĂ©vĂ©lateurs de la crĂ©dibilitĂ© Ă©conomique de ce budget. Ces derniers, pour l’instant plutĂ´t positifs, ont l’habitude de rĂ©agir au quart de tour Ă  chaque annonce budgĂ©taire. En dĂ©but d’annĂ©e, il avaient fait monter les taux d’emprunt Ă  un niveau inĂ©dit en plus de 25 ans.En amont de cette prĂ©sentation, l’Office for Budget Responsibility (OBR), organisme britannique chargĂ© de la surveillance des finances publiques, avait annoncĂ© une mauvaise nouvelle, en dĂ©gradant les prĂ©visions de croissance du pays jusqu’en 2029, malgrĂ© une rĂ©vision Ă  la hausse cette annĂ©e (de 1 Ă  1,5%).- “DĂ©cisions nĂ©fastes” -Pour remplir sa promesse de financer Ă  terme chaque dĂ©pense (hors investissement) par des recettes, la Chancelière de l’Echiquier, le titre officiel de Mme Reeves, a annoncĂ© mercredi des hausses d’impĂ´ts qui rapporteront 26,1 milliards au budget annuel d’ici la fin de la mandature, et 29,8 milliards de livres l’annĂ©e suivante, en 2030/2031.Elle a renoncĂ© Ă  augmenter l’impĂ´t sur le revenu, ce qui l’aurait fait rompre avec une importante promesse de campagne des travaillistes, pour une manoeuvre plus subtile: le gel des seuils de cet impĂ´t.Cette mesure, qui peut ĂŞtre qualifiĂ©e de taxe dĂ©guisĂ©e, fait payer davantage ceux dont le salaire augmente et franchit une tranche supĂ©rieure. La mesure rapporterait 12,7 milliards de livres en 2030/2031.Des hausses de taxes sur les propriĂ©tĂ©s les plus luxueuses, les jeux d’argent ou sur les retraites privĂ©es ont aussi Ă©tĂ© dĂ©voilĂ©es.Mme Reeves n’avait d’autre choix que d’imposer ces taxes, Ă©tant pieds et mains liĂ©s par une Ă©conomie Ă  la peine depuis le retour au pouvoir des travaillistes en juillet 2024: la croissance stagne (+0,1% au troisième trimestre), tandis que le dĂ©ficit (aux alentours de 5% du PIB l’an passĂ©) et la dette inquiètent les marchĂ©s.Elle a encore blâmĂ© mercredi les “dĂ©cisions nĂ©fastes” des conservateurs, au pouvoir pendant 14 ans, mais aussi “l’hĂ©ritage du Brexit et de la pandĂ©mie”.- “Soulagement immĂ©diat” -Mais son budget de l’an passĂ© est aussi très critiquĂ©: malgrĂ© 40 milliards de hausses d’impĂ´ts très impopulaires, dont 25 particulièrement dĂ©criĂ©es pour les entreprises, et des dizaines de milliards d’investissements, il n’a permis de retrouver ni le chemin de l’Ă©quilibre budgĂ©taire, ni la croissance.”J’ai dit que je rĂ©duirais le coĂ»t de la vie, et je le pensais vraiment. Ce budget permettra de rĂ©duire l’inflation et d’apporter un soulagement immĂ©diat aux familles”, a promis la ministre, qui a prĂ©sentĂ© une sĂ©rie de mesures en faveur du pouvoir d’achat.La suppression d’un plafond sur les allocations familiales, qui devrait coĂ»ter 3 milliards de livres d’ici 2029/2030 est la plus importante.Une hausse supĂ©rieure Ă  l’inflation des pensions de retraite et du salaire minimum a Ă©galement Ă©tĂ© annoncĂ©e. D’autres mesures sont plus symboliques que dĂ©terminantes, comme le gel des tarifs ferroviaires ou celui des frais de prescription (gĂ©nĂ©ralement de 9,90 livres payĂ©es au service public de santĂ© pour un mĂ©dicament).Autant de marqueurs sociaux indispensables Ă  un budget travailliste, dans un pays Ă  l’inflation persistante (+3,6% en octobre), oĂą le gaz et l’Ă©lectricitĂ© coĂ»tent cher.

L’audience de Shein devant le tribunal judiciaire renvoyĂ©e au 5 dĂ©cembre

L’audience qui devait se tenir mercredi devant le tribunal judiciaire de Paris pour la possible suspension de la plateforme Shein a Ă©tĂ© renvoyĂ©e au 5 dĂ©cembre, après demande de l’avocat de l’Etat qui rĂ©clame plus de temps.L’avocat de l’Etat a regrettĂ© avoir reçu tardivement, mardi soir, les arguments de dĂ©fense de Shein, dont l’Etat demande une suspension du site pendant trois mois après la dĂ©couverte de la vente sur la plateforme de poupĂ©es sexuelles d’apparence enfantine et d’armes de catĂ©gorie A.Selon M. Le Gunehec, il existe une “contestation assez radicale par Shein de la possibilitĂ© mĂŞme (pour l’Etat) de venir voir le juge”. Il a demandĂ© plus de temps pour analyser les pièces fournies par Shein.- “Volte-face” -Pour l’avocate de Shein, Julia Bombardier, s’exprimant Ă  la sortie de la salle d’audience, il s’agit d’une “volte-face totale” et le renvoi demandĂ© par l’Etat indique que “le gouvernement n’est pas confortable sur le dossier”.De son cĂ´tĂ©, le ministère public ne s’est pas opposĂ© Ă  la demande de renvoi mais a d’ores et dĂ©jĂ  indiquĂ© qu’il ne s’associerait pas Ă  la demande de blocage du site Shein formulĂ©e par l’Etat.Selon l’autre conseil de Shein, Kami Haeri, lors de l’audience, la demande de suspension est “obsolète” car les produits incriminĂ©s ont Ă©tĂ© retirĂ©s du site de e-commerce après la dĂ©couverte de leur vente par la RĂ©pression des fraudes (DGCCRF) le 31 octobre.Au niveau europĂ©en, la Commission europĂ©enne “soupçonne que la plateforme de Shein puisse prĂ©senter un risque systĂ©mique pour les consommateurs dans toute l’Union europĂ©enne” et lui a adressĂ© une sĂ©rie de demandes dĂ©taillĂ©es, a-t-elle prĂ©cisĂ© mercredi.Shein a pris acte de la demande de renvoi, annonce l’entreprise dans un communiquĂ© Ă  l’AFP. Le groupe fondĂ© en Chine en 2012 mais basĂ© Ă  Singapour explique avoir eu l’intention de prĂ©senter mercredi “en dĂ©tail les dispositifs complets de contrĂ´le (…) dĂ©jĂ  en place ainsi que les amĂ©liorations significatives que nous avons apportĂ©es Ă  nos systèmes de sĂ©curitĂ©, de contrĂ´le et de conformitĂ©”. Outre la suspension, la vente de contenu pĂ©dopornographique peut ĂŞtre punie de sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende. L’absence de filtrage pour les mineurs, comme la vente d’armes, est elle passible de trois ans de prison et 75.000 euros d’amende, selon le code pĂ©nal.- Pas seulement Shein -Par ailleurs, la procĂ©dure d’assignation devant le tribunal judiciaire utilisĂ©e contre Shein va ĂŞtre actionnĂ©e par le gouvernement envers deux autres plateformes, AliExpress et Joom, pour ventes de “poupĂ©es pĂ©dopornographiques”, a annoncĂ© mercredi le ministre du Commerce Serge Papin sur TF1.Cette procĂ©dure sera engagĂ©e “dans les prochains jours”, a prĂ©cisĂ© le cabinet du ministre Ă  l’AFP.”C’est un combat qui vise Ă  protĂ©ger les consommateurs, qui vise aussi Ă  protĂ©ger les enfants, les adolescents”, a expliquĂ© M. Papin.Le ministre avait dĂ©jĂ  annoncĂ© mi-novembre le signalement Ă  la justice par le gouvernement des plateformes AliExpress et Joom en mĂŞme temps que eBay, Temu, Wish, pour la vente de produits illĂ©gaux.AliExpress avait assurĂ© que “les annonces concernĂ©es (par le signalement) ont Ă©tĂ© retirĂ©es”, après l’ouverture d’une enquĂŞte par le parquet de Paris, conjointement Ă  d’autres concernant Shein, Temu, Wish et eBay.La plateforme de commerce en ligne AliExpress est la propriĂ©tĂ© du gĂ©ant technologique chinois Alibaba, tandis que Joom est une plateforme russe fondĂ©e en 2016.Dans une rĂ©solution non contraignante adoptĂ©e mercredi, le Parlement europĂ©en a lui demandĂ© la possibilitĂ© de suspendre plus rapidement les plateformes de e-commerce en cas de violation grave du droit de l’UE.DĂ©but novembre, le gouvernement français avait dĂ©jĂ  essayĂ© de suspendre Shein avec une procĂ©dure administrative. Le groupe avait retirĂ© en consĂ©quence les produits concernĂ©s et avait suspendu toutes les ventes rĂ©alisĂ©es sur son site français par des vendeurs tiers, sa place de marchĂ© (ou “marketplace”), ainsi que celles hors habillement. Une première “victoire” selon le gouvernement.

DĂ©carbonation des transports: l’Occitanie inaugure l’autoroute ferroviaire Sète-Calais

Dans le port de Sète (HĂ©rault) une rangĂ©e de camions semi-remorques et leurs chauffeurs attendent patiemment de “prendre le train”. Quasi simultanĂ©ment, en face, une autre rangĂ©e de poids-lourds se prĂ©pare Ă  descendre des wagons: l’autoroute ferroviaire est nĂ©e.Le “dĂ©chargement horizontal” des remorques de camions, permis par les wagons et dispositifs surbaissĂ©s inventĂ©s par le constructeur ferroviaire alsacien Lohr, va permettre de “transporter des conteneurs entre la Turquie et la Grande-Bretagne sans voir la route”, a saluĂ© mardi la prĂ©sidente de la rĂ©gion Occitanie Carole Delga lors de l’inauguration du nouveau terminal ferroviaire au port de Sète-Frontignan, en prĂ©sence du PDG de la SNCF Jean Castex.Le lancement de cette autoroute ferroviaire entre Sète et Calais avait Ă©tĂ© annoncĂ© par M. Castex lui-mĂŞme lorsqu’il Ă©tait Premier ministre en 2020. Elle permettra de transporter 40.000 remorques de camions par an, enlevant autant de poids lourds Ă©metteurs de CO2 de la route, contre 15.000 cette annĂ©e.En Occitanie, elle s’ajoute Ă  celle qui relie Le Boulou près de Perpignan Ă  la gare de Bettembourg au Luxembourg.- “Un tapis roulant” – Cette exploitation, lancĂ©e en 2007, supprime 100.000 camions par an de la route, selon Marie-JosĂ© Navarre, vice-prĂ©sidente de Lohr, fabricant alsacien des wagons qui permettent d’accueillir facilement tout type de remorque de camion sans intervention de grues. “Cette liaison, très rentable, c’est un tapis roulant” avec cinq dĂ©parts par jour, dit-elle.Christian Morin, directeur du site, se rĂ©jouit de voir arriver Ă  Sète un nouveau client pour son autoroute ferroviaire: le gĂ©ant de la vente en ligne Amazon, dont des containers sont visibles sur le port. Le Boulou est tellement saturĂ©, explique-t-il, que les containers Amazon venus d’Espagne en partance pour le Nord de l’Europe viennent Ă  Sète pour ĂŞtre expĂ©diĂ©s Ă  Calais.Une troisième autoroute ferroviaire, Cherbourg-Bayonne, a Ă©tĂ© inaugurĂ©e en juillet, celle-ci pour le compte de l’armateur Britanny Ferries. Une quatrième, Bayonne-Bettembourg doit ĂŞtre lancĂ©e mi dĂ©cembre, par VIIA, filiale de Rail Logistics Europe, le nouveau pĂ´le fret de la SNCF.Mercredi, le port de Dunkerque a annoncĂ© qu’il se lançait aussi dans le ferroutage en confiant au groupe Modalis la construction d’un terminal dĂ©diĂ©. Il doit ĂŞtre mis en service en mars.  Mais pour M. Castex, les choses ne vont pas assez vite. “Le transport ferroviaire de marchandises ne reprĂ©sente encore que 3% du total du transport de fret” entre la France et l’Espagne, il y a beaucoup Ă  faire, s’est-il dĂ©solĂ© devant la presse. Au niveau national, cette part est de 11%, selon l’autoritĂ© de rĂ©gulation des transports ART.Le dĂ©veloppement du ferroutage, annoncĂ© depuis plus de 25 ans, est compliquĂ© Ă  mettre en Ĺ“uvre: il est très couteux en investissements de nouveaux matĂ©riels et nĂ©cessite que les infrastructures (tunnels, ponts) par lesquelles passent ces nouveaux trains soient adaptĂ©es tout le long de très longs parcours. “On travaille sur le temps long”, a ajoutĂ© le nouveau patron de la SNCF, confrontĂ© parallèlement Ă  l’Ă©chec de la ligne de marchandises dite des “primeurs” entre Perpignan et Rungis, fermĂ©e depuis l’Ă©tĂ© 2024, et n’a trouvĂ© aucun repreneur malgrĂ© les relances du mĂŞme Jean Castex lorsqu’il Ă©tait Ă  Matignon. – Prototype unique au monde – Le transport de marchandises par rail, c’est “la voie Ă  suivre” appuie Carole Delga, qui a fait de la dĂ©carbonation des transports une prioritĂ©.Mardi, elle a prĂ©sidĂ© au baptĂŞme de la première drague capable de fonctionner Ă  l’hydrogène vert, dans le port de Sète. Ce bateau de 70 mètres, va aspirer le sable et les sĂ©diments pour Ă©viter l’envasement des ports. Conçu par le cabinet d’architecture navale LMG Marin, basĂ© Ă  Toulouse, c’est un prototype unique au monde, qui a reçu le soutien financier de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maĂ®trise de l’Ă©nergie). Il pourra ĂŞtre louĂ© avec ses 20 marins Ă  d’autres ports mĂ©diterranĂ©ens pour leur Ă©viter de faire venir des dragues couteuses d’Europe du Nord, a indiquĂ© Mme Delga.Mardi, Ă  Sète, a Ă©galement Ă©tĂ© inaugurĂ© un quai Ă©lectrique pour rĂ©duire les Ă©missions des bateaux Ă  quai qui n’utiliseront plus leurs moteurs diesel en escale. Ce raccordement Ă©lectrique sera obligatoire pour les bateaux de croisière et de conteneurs d’ici 2030 dans toute l’Union europĂ©enne.

Safran inaugure en Inde un site gĂ©ant de maintenance pour son moteur d’avion vedette

Safran a inaugurĂ© mercredi Ă  Hyderabad, en Inde, un centre de maintenance pour son moteur d’avion phare, le Leap, une Ă©tape stratĂ©gique pour le groupe français dans un pays oĂą le trafic aĂ©rien connaĂ®t une croissance fulgurante.”L’ouverture de ce site illustre l’importance de l’Inde pour notre groupe”, a soulignĂ© mercredi le directeur gĂ©nĂ©ral de Safran, Olivier Andriès. “Nous sommes fiers d’accompagner la croissance rapide des marchĂ©s d’aĂ©ronautique civil et militaire dans le pays” et de “contribuer Ă  (son) autonomie stratĂ©gique du pays”. Safran entend tripler son chiffre d’affaires en Inde d’ici 2030 pour dĂ©passer les 3 milliards d’euros, dont la moitiĂ© sera gĂ©nĂ©rĂ©e par les implantations indiennes, et multiplier par cinq ses approvisionnements dans le pays. “Au cours des onze dernières annĂ©es, l’Ă©cosystème de l’aviation en Inde a fait un bond dĂ©cisif, doublant le nombre d’aĂ©roports, d’avions et de passagers”, a rappelĂ© mercredi le ministre de l’Aviation civile, Kinjarapu Rammohan Naidu.PrĂ©sentĂ© comme le plus grand centre mondial de maintenance et de rĂ©paration des moteurs Leap, le site inaugurĂ© mercredi est situĂ© Ă  proximitĂ© de l’aĂ©roport d’Hyderabad (sud), une ville de 10 millions d’habitants. FabriquĂ© par Safran et l’amĂ©ricain GE dans le cadre de leur coentreprise CFM, Leap Ă©quipe tous les Boeing 737 MAX, environ 60% des Airbus A320neo – les modèles les plus vendus des deux avionneurs – et les COMAC C919 chinois. – “RĂ©duire la dĂ©pendance” -OpĂ©rationnel dĂ©but 2026, cet immense atelier de 45.000 m2 a nĂ©cessitĂ© un investissement de 200 millions d’euros. A terme, il sera dotĂ© d’une capacitĂ© annuelle de maintenance de 300 moteurs Leap qui Ă©quipent la majoritĂ© des monocouloirs de nouvelle gĂ©nĂ©ration.L’Inde est le troisième marchĂ© mondial de CFM, avec cinq compagnies exploitant plus de 400 appareils Ă©quipĂ©s de moteurs Leap et plus de 2.000 moteurs en commande.LancĂ© avec 250 employĂ©s, le site d’Hyderabad en accueillera Ă  terme jusqu’Ă  1.100.Jusqu’Ă  prĂ©sent, les compagnies indiennes faisaient rĂ©viser ses moteurs Ă  l’Ă©tranger. “D’ici 2030, jusqu’Ă  90% de la maintenance des moteurs Leap des compagnies indiennes seront rĂ©alisĂ©s dans cet atelier”, s’est fĂ©licitĂ© le ministre Naidu. “Cela rĂ©duira considĂ©rablement la dĂ©pendance aux centres Ă©trangers et les coĂ»ts, et raccourcira les dĂ©lais d’exĂ©cution”.Safran vend ses moteurs Ă  perte et tire le gros de ses marges des services après-vente et de l’entretien.PrĂ©sent en Inde depuis soixante-dix ans, notamment dans les turbines d’hĂ©licoptères, le groupe y a rĂ©cemment renforcĂ© son implantation. Il possède dĂ©sormais 18 sites industriels et environ 3.000 collaborateurs.- “Ligne d’assemblage” -Safran et la sociĂ©tĂ© indienne Hindustan Aeronautics Limited produisent Ă  Bangalore des composants pour les moteurs CM56 et Leap.Cette inauguration a Ă©tĂ© l’occasion pour les dirigeants du groupe français et des reprĂ©sentants du gouvernement indien de poser la première pierre du futur atelier de maintenance du moteur M88, qui Ă©quipe le chasseur Rafale de Dassault Aviation.Il reprĂ©sente un investissement de plus de 40 millions d’euros, pourra rĂ©viser plus de 600 modules de moteurs par an et emploiera Ă  terme 150 personnes.Fin avril, New Delhi a signĂ© un accord pour l’acquisition de 26 nouveaux avions de combat pour sa marine. Cette commande est venue s’ajouter Ă  une première, en 2016, de 36 Rafale pour l’armĂ©e de l’air indienne.D’autres commandes pourraient ĂŞtre passĂ©es dans les prochains mois par New Delhi . “Si cela se concrĂ©tise, nous nous engageons pleinement Ă  aller encore plus loin en termes de +Make in India+ (FabriquĂ© en Inde). Une dĂ©cision sera de commencer Ă  dĂ©velopper une ligne d’assemblage de ce moteur”, s’est engagĂ© M. Andriès, avec notamment des pièces fabriquĂ©es et achetĂ©es en Inde.L’Inde est “le seul pays au monde pour lequel nous serions prĂŞts Ă  faire, un tel transfert de technologie”, a-t-il affirmĂ©.Lundi, Safran a par ailleurs signĂ© un accord pour la crĂ©ation d’une coentreprise avec Bharat Electronics Limited, destinĂ©e Ă  la production de l’armement air-sol modulaire Hammer.

Le PS propose un emprunt “forcĂ©” auprès des plus riches, la France n’en a “pas besoin” selon Lescure

La France n’a aucun problème pour se financer sur les marchĂ©s et “pas besoin” d’un emprunt “forcĂ©” auprès des plus aisĂ©s, a affirmĂ© mercredi le ministre de l’Économie Roland Lescure, en rĂ©action Ă  un dispositif proposĂ© par les sĂ©nateurs socialistes dans le budget.”Le ministre des Finances, quand il se lève le matin, il a quand mĂŞme pas mal de problèmes Ă  rĂ©gler. Heureusement, il y en a un qui ne lui pose pas de problème, c’est le financement de la dette”, a dĂ©clarĂ© M. Lescure sur France Inter. “Aujourd’hui, les gens continuent Ă  prĂŞter Ă  la France, et c’est tant mieux. Donc a priori pas besoin d’un emprunt, qui plus est forcĂ©”, a-t-il ajoutĂ©. “Surtout s’il est forcĂ©, je pense que cela ne donnerait pas forcĂ©ment un message très positif”, a-t-il soulignĂ©. Plusieurs amendements socialistes au projet de loi de finances pour 2026, mis en avant par Les Echos, proposent d’instaurer un emprunt obligatoire Ă  taux zĂ©ro, pour environ 20.000 des contribuables les plus aisĂ©s. Plus mesurĂ©e, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a affirmĂ© que le gouvernement n’avait “pas tranchĂ© de position” sur une proposition qu’il regardait “avec bienveillance”. “Il faut qu’on regarde avec les socialistes les modalitĂ©s de mise en Ĺ“uvre”, a-t-elle ajoutĂ© lors du compte-rendu du Conseil des ministres, tout en rappelant la position du “socle commun”: pas de taxe qui “viendrait dĂ©truire l’emploi, grever l’innovation, freiner tout ce qui fait la croissance française et la rĂ©ussite des entreprises françaises”.”Ce n’est pas une taxe, ce n’est pas un impĂ´t. C’est du patriotisme fiscal, certes obligatoire, mais qui ne va impacter qu’Ă  la marge les plus grandes fortunes”, a plaidĂ© auprès de l’AFP le prĂ©sident du groupe socialiste au SĂ©nat Patrick Kanner, ravi de voir que cette proposition “interpelle” le gouvernement. “C’est une contribution exceptionnelle, de l’argent frais qui rentre et qu’on n’ira pas emprunter sur les marchĂ©s Ă  des taux Ă©levĂ©s”, a ajoutĂ© le sĂ©nateur PS du Nord, qui a peu d’espoirs de voir sa proposition adoptĂ©e au SĂ©nat mais table sur son retour par la suite dans la discussion parlementaire.La proposition pourrait rapporter entre 6 et 15 milliards d’euros selon les critères retenus, selon lui. Elle “concernerait 0,05% des foyers fiscaux”, a-t-il calculĂ©.Un amendement identique a Ă©tĂ© dĂ©posĂ© au SĂ©nat par le groupe Ă©cologiste. Les dĂ©bats commencent jeudi sur le projet de loi de finances, rejetĂ© par l’AssemblĂ©e nationale en première lecture.”Que les socialistes soient nostalgiques des annĂ©es Mitterrand, je le comprends. La dernière fois qu’on a fait ça, c’Ă©tait le gouvernement Mauroy en 1983. Qu’on puisse examiner toutes les formes (…) crĂ©atives, innovantes, de financement de la dette de l’État, pourquoi pas. Mais attention, aujourd’hui, je n’ai pas de problème de financement. Je ne compte pas en avoir l’annĂ©e prochaine non plus”, a rĂ©agi M. Lescure.  

Dette amĂ©ricaine, boom de l’IA : les risques pour la stabilitĂ© financière demeurent Ă©levĂ©s, selon la BCE

DĂ©ficits amĂ©ricains Ă©levĂ©s et risque de correction brutale des valorisations des entreprises technologiques: ces facteurs outre-Atlantique font peser des risques importants sur la stabilitĂ© financière en zone euro, souligne mercredi la Banque centrale europĂ©enne.Les États-Unis enregistrent “des dĂ©ficits budgĂ©taires durablement Ă©levĂ©s” qu’il faut financer, alimentant des inquiĂ©tudes sur leur capacitĂ© Ă  rembourser leur dette Ă  long terme, alors que les taux d’intĂ©rĂŞt d’emprunt sont Ă©levĂ©s, indique l’institution monĂ©taire dans son rapport semestriel sur la stabilitĂ© financière. “CombinĂ©es aux inquiĂ©tudes du marchĂ© concernant l’indĂ©pendance des banques centrales, ces Ă©volutions ont affaibli le rĂ´le de valeur refuge des bons du TrĂ©sor amĂ©ricain et le dollar amĂ©ricain”, note la BCE.Un dollar plus faible peut, en retour, “amplifier les effets des droits de douane amĂ©ricains sur les exportateurs de la zone euro”, car les entreprises europĂ©ennes vendant aux États-Unis voient leur compĂ©titivitĂ© affectĂ©e.Les marchĂ©s financiers mondiaux, largement influencĂ©s par ce qui se passe aux États-Unis, pourraient aussi ĂŞtre perturbĂ©s et cela pourrait mettre Ă  mal la stabilitĂ© financière en Europe, ajoute la BCE. Ces tensions se manifesteraient notamment par “des fluctuations dĂ©sordonnĂ©es des devises, des effets nĂ©gatifs sur la compĂ©titivitĂ© commerciale et des variations des coĂ»ts de financement pour les États, les entreprises et les banques” du continent.Les marchĂ©s ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© secouĂ©s en avril quand le prĂ©sident Trump a lancĂ© sa guerre commerciale, obligeant Ă  réévaluer le profil de risque des actifs amĂ©ricains. Depuis, “le risque d’une guerre commerciale a Ă©tĂ© Ă©cartĂ©”, a soulignĂ© le vice-prĂ©sident de la BCE, Luis de Guindos, lors d’une confĂ©rence tĂ©lĂ©phonique.Ces tensions font toutefois partie du paysage mondial, marquĂ© par “des annonces de droits de douane, pauses et revirements”, relève le rapport. La BCE alerte Ă©galement sur les risques liĂ©s Ă  l’engouement autour de l’intelligence artificielle, conduisant Ă  des valorisations excessives des marchĂ©s dans la tech amĂ©ricaine, ce qui pourrait entraĂ®ner des corrections brutales en Bourse.”Les marchĂ©s anticipent un scĂ©nario très favorable, dans lequel l’IA serait entièrement mise en Ĺ“uvre et adoptĂ©e”, a pointĂ© M.de Guindos.La tâche de la banque centrale est quant Ă  elle d'”identifier les faiblesses possibles si ce scĂ©nario ne se rĂ©alise pas, ou s’il y a un accident”.Son message se veut cependant rassurant, la situation actuelle n’Ă©tant pas comparable “avec celle des entreprises lors de la bulle Internet” au tournant des annĂ©e 2000.A l’Ă©poque, de nombreuses start-ups technologiques et sites web avaient atteint des capitalisations boursières astronomiques, souvent sans bĂ©nĂ©fices rĂ©els ni modèle Ă©conomique viable, avant de s’Ă©crouler.

L’Etat poursuit sa lutte contre les plateformes, Shein devant le tribunal

Face au “Far West” des plateformes d’e-commerce, le gouvernement multiplie les procĂ©dures pour les mettre au pas: Shein passe devant le tribunal judiciaire de Paris mercredi et l’Etat s’apprĂŞte Ă  assigner en justice AliExpress et Joom.Pour le gĂ©ant asiatique Shein, l’État, via son avocat, rĂ©clame la suspension pour trois mois minimum du site en France et une rĂ©ouverture sous conditions.Si elle n’est pas attendue mercredi, la dĂ©cision du tribunal doit ĂŞtre rendue dans les prochains jours.Après la dĂ©couverte le 31 octobre de la vente de poupĂ©es sexuelles d’apparence enfantine et d’armes de catĂ©gorie A sur le site de Shein, l’État a multipliĂ© les procĂ©dures envers l’entreprise dont une assignation devant le tribunal judiciaire, qui lui vaut l’audience de mercredi.Selon le code pĂ©nal, la vente de contenu pĂ©dopornographique peut ĂŞtre punie de sept ans d’emprisonnement et 100.000 euros d’amende. L’absence de filtrage pour les mineurs, comme la vente d’armes, est elle passible de trois ans de prison et 75.000 euros d’amende.La procĂ©dure de mercredi n’est “pas une fin en soi”, avait expliquĂ© le ministère de l’Economie mardi, le gouvernement Ă©tant dans son ensemble en “ordre de marche” contre “la rĂ©currence systĂ©mique des dĂ©rives” de Shein et d’autres plateformes.- Pas seulement Shein -C’est cette mĂŞme procĂ©dure d’assignation devant le tribunal judiciaire que veut utiliser le gouvernement envers deux autres plateformes, AliExpress et Joom, pour ventes de “poupĂ©es pĂ©dopornographiques”, a annoncĂ© mercredi le ministre du Commerce Serge Papin sur TF1.L’assignation en justice est l’acte qui permet de saisir officiellement un juge civil d’un diffĂ©rend entre deux parties. Elle permet de notifier Ă  une personne ou entitĂ© visĂ©e qu’une procĂ©dure judiciaire est engagĂ©e contre elle.Cette procĂ©dure sera engagĂ©e “dans les prochains jours”, a prĂ©cisĂ© le cabinet du ministre Ă  l’AFP.”C’est un combat qui vise Ă  protĂ©ger les consommateurs, qui vise aussi Ă  protĂ©ger les enfants, les adolescents”, a expliquĂ© M. Papin.Le ministre avait dĂ©jĂ  annoncĂ© mi-novembre le signalement Ă  la justice par le gouvernement des plateformes AliExpress et Joom en mĂŞme temps que eBay, Temu, Wish, pour la vente de produits illĂ©gaux.AliExpress avait assurĂ© que “les annonces concernĂ©es (par le signalement) ont Ă©tĂ© retirĂ©es”, après l’ouverture d’une enquĂŞte par le parquet de Paris, conjointement Ă  d’autres concernant Shein, Temu, Wish et eBay.La plateforme de commerce en ligne AliExpress est la propriĂ©tĂ© du gĂ©ant technologique chinois Alibaba, tandis que Joom est une plateforme russe fondĂ©e en 2016.- “Protectionnisme” -Avec une certaine “dose de protectionnisme”, M. Papin dit vouloir protĂ©ger “notre industrie” et “nos commerçants” en mettant fin au “Far West numĂ©rique”.Selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, “l’objectif n’est pas de s’opposer au commerce pour s’opposer au commerce. On sait bien par ailleurs que beaucoup de Français commandent sur ces plateformes” qui proposent des produits Ă  bas coĂ»t.Le gouvernement se dit conscient des difficultĂ©s liĂ©es au pouvoir d’achat des Français mais veut que les “produits qui sont vendus” sur ces plateformes soient “lĂ©gaux” et “conformes”.Le gouvernement avait dĂ©jĂ  essayĂ© de suspendre Shein avec une procĂ©dure administrative dĂ©but novembre. Le groupe avait retirĂ© en consĂ©quence les produits incriminĂ©s et avait Ă©tĂ© plus loin en suspendant toutes les ventes rĂ©alisĂ©es sur son site français par des vendeurs tiers, sa place de marchĂ© (ou “marketplace”), ainsi que celles hors habillement. Une première “victoire” selon le gouvernement.L’entreprise fondĂ©e en Chine en 2012 mais basĂ©e Ă  Singapour a ouvert un magasin au grand magasin BHV Ă  Paris dĂ©but novembre et prĂ©voit d’en ouvrir cinq autres en France. mvn-ole-hrc-led/ak/eb

DĂ©carbonation: l’Occitanie inaugure l’autoroute ferroviaire Sète-Calais

Dans le port de Sète (HĂ©rault) une rangĂ©e de camions semi-remorques et leurs chauffeurs attendent patiemment de “prendre le train”. Quasi simultanĂ©ment, en face, une autre rangĂ©e de poids lourds se prĂ©pare Ă  descendre des wagons: l’autoroute ferroviaire est nĂ©e.Le “dĂ©chargement horizontal” des remorques de camions, permis par les wagons et dispositifs surbaissĂ©s inventĂ©s par le constructeur ferroviaire alsacien Lohr, va permettre de “transporter des conteneurs entre la Turquie et la Grande-Bretagne sans voir la route”, a saluĂ© mardi la prĂ©sidente de la rĂ©gion Occitanie Carole Delga lors de l’inauguration du nouveau terminal ferroviaire au port de Sète-Frontignan, en prĂ©sence du PDG de la SNCF Jean Castex.Le lancement de cette autoroute ferroviaire entre Sète et Calais avait Ă©tĂ© annoncĂ© par M. Castex lui-mĂŞme lorsqu’il Ă©tait Premier ministre en 2020. Elle pourra permettre de transporter Ă  terme 40.000 remorques de camions par an, enlevant autant de poids lourds Ă©metteurs de CO2 de la route, contre 15.000 attendus cette annĂ©e.En Occitanie, elle s’ajoute Ă  celle qui relie Le Boulou près de Perpignan Ă  la gare de Bettembourg au Luxembourg.- “Un tapis roulant” – Cette exploitation, lancĂ©e en 2007, supprime au moins 100.000 camions par an de la route, selon Marie-JosĂ© Navarre, vice-prĂ©sidente de Lohr, fabricant alsacien des wagons qui permettent d’accueillir facilement tout type de remorque de camion sans intervention de grues. “Cette liaison, très rentable, c’est un tapis roulant” avec cinq dĂ©parts par jour, dit-elle.Christian Morin, directeur du site, se rĂ©jouit de voir arriver Ă  Sète un nouveau client: le gĂ©ant de la vente en ligne Amazon, dont des containers sont visibles sur le port. Le Boulou est tellement saturĂ©, explique-t-il, que les containers Amazon venus d’Espagne en partance pour le Nord de l’Europe viennent Ă  Sète pour ĂŞtre expĂ©diĂ©s Ă  Calais.Une troisième ligne d’autoroute ferroviaire, Cherbourg-Bayonne, a Ă©tĂ© inaugurĂ©e en juillet cette annĂ©e, celle-ci pour le compte de l’armateur Britanny Ferries. Une quatrième, Bayonne-Bettembourg doit ĂŞtre lancĂ©e mi dĂ©cembre, par VIIA, filiale de Rail Logistics Europe, le nouveau pĂ´le fret de la SNCF, qui exploite aussi Sète et Le Boulou.Mais pour M. Castex, les choses ne vont pas assez vite. “Le transport ferroviaire de marchandises ne reprĂ©sente encore que 3% du total du transport de fret”, il y a beaucoup Ă  faire, s’est-il dĂ©solĂ© devant la presse.Le dĂ©veloppement du ferroutage, ou autoroutes ferroviaires, annoncĂ© depuis plus de 25 ans, est compliquĂ© Ă  mettre en Ĺ“uvre car toutes les normes internationales du transport doivent ĂŞtre alignĂ©es (camions, rails, sĂ©curitĂ©…), et très couteux en investissements. “On travaille sur le temps long” a ajoutĂ© le nouveau patron de la SNCF, confrontĂ© parallèlement Ă  l’Ă©chec de la ligne de marchandises dite des “primeurs” entre Perpignan et Rungis, qui est fermĂ©e depuis l’Ă©tĂ© 2024, et n’a trouvĂ© aucun repreneur malgrĂ© le soutien et les relances du mĂŞme Jean Castex lorsqu’il Ă©tait Ă  Matignon. – Prototype unique au monde – Le transport de marchandises par rail, c’est “la voie Ă  suivre” appuie Carole Delga, qui a fait de la dĂ©carbonation des transports une prioritĂ©.Mardi, elle a prĂ©sidĂ© au baptĂŞme de la première drague capable de fonctionner Ă  l’hydrogène vert, dans le port de Sète. Ce bateau de 70 mètres, va aspirer le sable et les sĂ©diments pour Ă©viter l’envasement des ports. Conçu par le cabinet d’architecture navale LMG Marin, basĂ© Ă  Toulouse, c’est un prototype unique au monde, qui a reçu le soutien financier de l’Ademe. Il pourra ĂŞtre louĂ© avec ses 20 marins Ă  d’autres ports mĂ©diterranĂ©ens pour leur Ă©viter de faire venir des dragues couteuses d’Europe du Nord, a indiquĂ© Mme Delga.Mardi, Ă  Sète, a Ă©galement Ă©tĂ© inaugurĂ© un quai Ă©lectrique pour rĂ©duire les Ă©missions des bateaux Ă  quai qui n’utiliseront plus leurs moteurs diesel en escale. Ce raccordement Ă©lectrique sera obligatoire pour les bateaux de croisière et de conteneurs d’ici 2030 dans toute l’Union europĂ©enne.

Inde: Safran inaugure un site de maintenance de son moteur vedette

Safran a inaugurĂ© mercredi Ă  Hyderabad en Inde, un centre de maintenance pour son moteur d’avion phare le Leap, une Ă©tape stratĂ©gique pour le groupe français dans un pays oĂą le trafic aĂ©rien connaĂ®t une croissance fulgurante. “L’ouverture de ce site illustre l’importance de l’Inde pour notre groupe”, a soulignĂ© mercredi le directeur gĂ©nĂ©ral de Safran Olivier Andriès. “Nous sommes fiers d’accompagner la croissance rapide des marchĂ©s d’aĂ©ronautique civil et militaire dans le pays ainsi qu’à contribuer Ă  l’autonomie stratĂ©gique du pays”, a-t-il ajoutĂ© lors de l’inauguration. Safran entend tripler son chiffre d’affaires en Inde d’ici 2030 pour dĂ©passer les 3 milliards d’euros, dont la moitiĂ© sera gĂ©nĂ©rĂ©e par les implantations indiennes, et multiplier par cinq ses approvisionnements dans le pays. Les perspectives dans le quatrième marchĂ© aĂ©rien au monde sont immenses pour le groupe français. “Au cours des 11 dernières annĂ©es, l’Ă©cosystème de l’aviation en Inde a fait un bond dĂ©cisif, doublant le nombre d’aĂ©roports, d’avions et de passagers”, a rappelĂ© mercredi le ministre de l’Aviation civile, Kinjarapu Rammohan Naidu.Le plus grand centre au monde de maintenance et de rĂ©paration des moteurs Leap inaugurĂ© mercredi, se situe Ă  proximitĂ© de l’aĂ©roport d’Hyderabad, une ville du centre du pays de près de dix millions d’habitants. FabriquĂ© par Safran et l’amĂ©ricain GE dans le cadre de leur coentreprise CFM, Leap Ă©quipe tous les Boeing 737 MAX et environ 60% des Airbus A320neo – les modèles les plus vendus des deux avionneurs – ainsi que les appareils chinois COMAC C919. OpĂ©rationnel Ă  partir de dĂ©but 2026, cet immense atelier d’une superficie de 45.000 m2 reprĂ©sente un investissement total de 200 millions d’euros et sera opĂ©rationnel dĂ©but 2026. A terme, il sera dotĂ© une capacitĂ© annuelle de maintenance de 300 moteurs Leap qui Ă©quipent aujourd’hui la majoritĂ© des avions monocouloirs de nouvelle gĂ©nĂ©ration. L’Inde est le troisième marchĂ© mondial de CFM avec cinq compagnies aĂ©riennes indiennes exploitant plus de 400 appareils Ă©quipĂ©s de ses moteurs Leap et plus de 2.000 moteurs en commande. Au dĂ©part, ce site emploiera plus de 250 personnes et jusqu’à 1.100 Ă  terme chargĂ©es de dĂ©monter, inspecter et rĂ©assembler plus de 300 rĂ©acteurs par an. Jusqu’Ă  prĂ©sent, les compagnies indiennes faisaient rĂ©viser les deux moteurs que comptent ces appareils monocouloir Ă  l’Ă©tranger. “D’ici 2030, jusqu’à 90% de la maintenance des moteurs Leap des compagnies indiennes sera rĂ©alisĂ©e dans cet atelier, s’est fĂ©licitĂ© le ministre de l’Aviation civile, Kinjarapu Rammohan Naidu. “Cela permettra de rĂ©duire considĂ©rablement la dĂ©pendance aux centres Ă©trangers, les coĂ»ts et de raccourcir les dĂ©lais d’exĂ©cution”, a-t-il soulignĂ©.

Le chinois JD.com a acceptĂ© les conditions posĂ©es par Bercy en vue d’une entrĂ©e indirecte au capital de Fnac Darty, affirme Lescure

Le gĂ©ant chinois de l’e-commerce JD.com a acceptĂ© les conditions posĂ©es par Bercy pour devenir de manière indirecte le deuxième actionnaire de Fnac Darty, a indiquĂ© mercredi le ministre de l’Economie, Roland Lescure sur France Inter.Soulignant que Fnac n’Ă©tait “pas un commerçant comme un autre”, Roland Lescure a affirmĂ© s’ĂŞtre entretenu avec le groupe JD.com pour le “sensibiliser au caractère culturel du commerce en question et (…) pour poser des conditions. Ils les ont acceptĂ©es”. “Ces conditions sont très simples”, a-t-il explicitĂ©: “ils vont rester un actionnaire (…) dormant, aucun droit de gouvernance, aucun impact sur la gestion de l’entreprise”. “On passe d’un actionnaire allemand Ă  un actionnaire chinois, qui n’aura aucun impact ni sur la gestion, la gouvernance”, a-t-il ajoutĂ©. JD.com, qui veut renforcer sa prĂ©sence en Europe, est en cours de finalisation du rachat, pour quelque 2,2 milliards d’euros, du distributeur allemand Ceconomy, qui dĂ©tient 22% du capital du distributeur français, ce qui en fait le deuxième actionnaire derrière le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky (28%). En septembre, face Ă  l’arrivĂ©e attendue de JD.com au capital de Fnac Darty, le ministère de l’Economie avait demandĂ© au groupe chinois de dĂ©poser une demande d’examen au titre du contrĂ´le des investissements Ă©trangers en France (IEF), ce qu’il a fait. Cette procĂ©dure visant Ă  prĂ©server les intĂ©rĂŞts Ă©conomiques de la France dans certains secteurs sensibles n’Ă©tait finalement pas applicable dans ce cas, a expliquĂ© Bercy Ă  l’AFP, ajoutant avoir nĂ©anmoins demandĂ© Ă  JD.com de respecter certaines conditions dans le cadre de l’opĂ©ration. Parmi ces dernières, outre la non intervention dans la gestion, “JD et Ceconomy se sont engagĂ©s Ă  ne pas augmenter leur participation au capital de Fnac” et Ă  ne pas en prendre le contrĂ´le, selon le ministère de l’Economie.”La gouvernance de Fnac, qui est composĂ©e d’administrateurs indĂ©pendants, ne sera pas modifiĂ©e”, a-t-il ajoutĂ©.  Le directeur gĂ©nĂ©ral de Fnac Darty, Enrique Martinez, a dit mercredi avoir “pris acte des annonces du ministre de l’Economie et des Finances et des garanties obtenues par le gouvernement de la part de JD.com dans l’hypothèse oĂą le rachat de Ceconomy serait menĂ© Ă  son terme”. “Ceconomy n’est pas reprĂ©sentĂ© au conseil d’administration et n’aura pas d’influence directe ou indirecte dans la gouvernance de notre groupe, qui pourra ainsi continuer Ă  dĂ©ployer sa feuille de route stratĂ©gique”, a-t-il ajoutĂ© dans une rĂ©action Ă©crite transmise Ă  l’AFP. JD.com a par ailleurs lancĂ© en France sa plateforme de vente en ligne Joybuy, oĂą l’on trouve tous types de produits, de l’Ă©lectronique aux vĂŞtements, en passant par de l’alimentaire.