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Le Portugal au ralenti pour cause de grève générale

Transports fortement perturbés, écoles fermées et hôpitaux en services réduits: le Portugal est confronté jeudi à sa première grève générale en 12 ans, un mouvement social lancé par les syndicats pour protester contre une réforme du code du travail défendue par le gouvernement de droite.Les stations du métro de Lisbonne n’ont pas ouvert leurs portes, tandis que les ferries et les trains tournaient au rythme des services minimum décrétés, avec des tableaux d’affichage annonçant des annulations en cascade.”Je me suis levée à 4 heures pour aller travailler, mais là je suis bloquée car je n’ai toujours pas réussi à prendre le train”, a témoigné Nairene de Melo, une employée d’hôtel de 20 ans, à la station du Cais do Sodré, qui relie le centre-ville aux banlieues sud et ouest de la capitale portugaise.Les commerces, cafés et restaurants, étaient ouverts mais avec moins de clients qu’à l’accoutumée.”C’est beaucoup plus calme que d’habitude (…) Les gens se sont organisés à l’avance”, a raconté Fernanda Marques, 64 ans, employée dans un petit café à la sortie de la gare, en installant les tables en terrasse.L’ambiance était également plus calme que d’ordinaire dans les aéroports, la compagnie nationale TAP Air Portugal ayant supprimé plus de 200 vols, et la plus importante usine automobile du pays, une unité du groupe Volkswagen située dans la région de Setubal (sud) était paralysée.- “Attaque au monde du travail” -D’après des données compilées par la principale confédération syndicale, la CGTP, de nombreux services de collecte de déchets étaient à l’arrêt, de même que des dizaines d’unités hospitalières assurant des soins non urgents.L’autre centrale syndicale, l’UGT, a fait état d’un taux de participation de ses adhérents de 80%. La Fédération nationale des médecins a évoqué une adhésion de 90% et le premier syndicat enseignant a affirmé qu’elle était supérieure à 90%, provoquant la fermeture de centaines d’écoles.”La grande majorité des Portugais est au travail”, a toutefois assuré le porte-parole du conseil des ministres, Antonio Leitao Amaro, en ajoutant que le mouvement était comparable à “une grève partielle de certains secteurs de la fonction publique”.Cette grève est le plus important mouvement social depuis 2013, à une époque où le pays ibérique vivait sous perfusion de l’Union européenne et du Fonds monétaire international, qui lui avaient imposé une sévère cure d’austérité budgétaire et la dernière révision en profondeur de la réglementation du travail.L’actuel gouvernement a présenté en juillet un avant-projet de réforme comprenant plus d’une centaine de mesures visant à “stimuler la croissance économique pour créer plus d’emplois et payer de meilleurs salaires”, a fait valoir le Premier ministre Luis Montenegro.- “Corriger un déséquilibre” -L’exécutif souhaite notamment simplifier les procédures de licenciement, allonger la durée des contrats à durée déterminée, offrir plus de flexibilité aux entreprises pour organiser le temps de travail, ou encore élargir les services minimum en cas de grève.Pour la CGTP, qui organise jeudi une vingtaine de manifestations à travers le pays, cette réforme représente “une des plus grandes attaques faites au monde du travail”, a déclaré à l’AFP son secrétaire général Tiago Oliveira.Le président de la principale confédération patronale, Armindo Monteiro, a quant à lui dénoncé la “position radicale” des syndicats et qualifié cette grève de “prématurée”.L’avant-projet du gouvernement est “une base de discussion” qui vient “corriger un déséquilibre” provoqué par l’adoption en 2023, par le précédent gouvernement de gauche, d’une série d’amendements au code du travail plus favorables aux salariés, a-t-il commenté auprès de l’AFP.Bien que le gouvernement ne dispose pas de majorité absolue au Parlement, il devrait pouvoir adopter cette série de mesures avec le soutien des libéraux et, surtout, de l’extrême droite, devenue la deuxième force politique du pays à l’issue des législatives de mai dernier.Alors que le Portugal affiche une croissance économique autour de 2% et un taux de chômage historiquement bas (environ 6%), M. Montenegro a fait valoir que le pays devait profiter de cette conjoncture favorable pour mener cette réforme.

Dermatose: l’État annonce l’abattage des bovins en Ariège, des agriculteurs s’y opposent

Le préfet de l’Ariège a annoncé l’abattage jeudi d’un troupeau de plus de 200 vaches après la découverte d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans cet élevage des Bordes-sur-Arize, autour duquel des agriculteurs ont dressé des barrages pour bloquer l’accès à la ferme.Plusieurs centaines d’agriculteurs, notamment de la Coordination rurale mais aussi de la Confédération paysanne, entendent empêcher que les vaches soient euthanasiées. Avec des dizaines de tracteurs, des troncs d’arbres, ils obstruent les routes menant à l’exploitation, a constaté l’AFP.”Notre intention est d’empêcher (l’abattage). Il faut que la ministre (de l’Agriculture, Annie Genevard) prenne conscience de la situation”, a déclaré Jérôme Bayle, figure régionale du mouvement de protestation agricole, assurant que les propriétaires du troupeau “sont totalement opposés à l’abattage total”.Au micro de la radio Ici Occitanie, le préfet de l’Ariège Hervé Brabant avait auparavant averti que la stratégie d’abattage était la seule efficace “pour préserver le cheptel français”. “Les mesures sanitaires qui s’imposent conduisent à ce que le troupeau soit abattu, c’est la meilleure solution qu’on puisse apporter. Aujourd’hui c’est la seule solution qui fonctionne”, a-t-il assuré.”Si je dois faire preuve de fermeté, je ferai preuve de fermeté. Mais je serai désolé d’en arriver là et j’en appelle à la responsabilité”, a poursuivi le préfet de l’Ariège.- Protocole expérimental -Jeudi matin, aucune présence policière n’était visible aux abords immédiats de la ferme des Bordes-sur-Arize, village de 500 habitants au pied des Pyrénées. Pour l’heure, il est impossible aux services vétérinaires d’accéder à l’étable où sont rassemblées plus de 200 blondes d’Aquitaine.Les syndicats agricoles locaux et la chambre d’agriculture de l’Ariège ont proposé mercredi un protocole expérimental au ministère de l’Agriculture. Ils demandent que ne soit abattues que les vaches contaminées et que la santé du reste du troupeau soit contrôlée par test PCR pendant 4 à 6 semaines. Ils appellent également à une vaccination massive ainsi qu’à la mise en place d’une zone de protection de 5 km autour du foyer. Jusqu’ici, la règlementation visant à stopper la propagation de la maladie prévoit que l’ensemble du troupeau concerné soit abattu et l’instauration de “zones règlementées” dans un rayon de 50 km autour du foyer de DNC, un périmètre dans lequel les déplacements de bovins sont interdits ou restreints et où les bêtes sont vaccinées.Dans les Hautes-Pyrénées, un autre troupeau d’une vingtaine de bovins doit être abattu vendredi, a annoncé jeudi le préfet du département Jean Salomon. Dans cette exploitation située dans le village de Luby-Betmont, une dizaine d’éleveurs sont également mobilisés pour empêcher l’intervention des services vétérinaires.”Les tentatives de blocage ou les regroupements observés en proximité des exploitations font courir à tous les éleveurs un risque de propagation supplémentaire de la maladie”, s’est inquiété Jean Salomon.- “La vaccination, pas l’abattage -“On va tenir les deux points de mobilisation jusqu’à faire plier la ministre. Pas la peine d’envoyer 3.000 CRS, ça ne changera rien”, a assuré mercredi soir à l’AFP Lionel Candelon, président CR de la chambre d’agriculture du Gers, voisin des Hautes-Pyrénées.Les cas détectés de DNC dans l’Ariège et les Hautes-Pyrénées sont les premiers recensés dans ces départements depuis la détection du premier foyer en Savoie le 29 juin 2025. Cette maladie, apparue en juin en France et non transmissible à l’humain mais pouvant entraîner la mort de bovins, est “sous contrôle” assure de son côté le ministère de l’Agriculture, qui a ouvert mardi “des réflexions” sur la vaccination préventive du cheptel français.”La solution c’est la vaccination, pas l’abattage. Surveiller sanitairement oui, mais il faut laisser en paix les animaux qui ne sont pas contaminés”, a estimé Lionel Candelon.A l’inverse, d’autres comme la FNSEA y sont plus réticents en raison du “risque d’effondrement des exportations et des prix” qu’elle pourrait entraîner, a expliqué mardi à l’AFP son président, Arnaud Rousseau.En Occitanie, une centaine de manifestants avaient tenté de s’opposer début novembre à l’abattage de 80 bovins dans un élevage touché par la DNC à Thuès-Entre-Valls, dans les Pyrénées-Orientales. Ils avaient été délogés par les gendarmes avant que les services vétérinaires ne procèdent aux euthanasies.

Pétrole: les revenus d’exportation de la Russie tombent à leur plus bas niveau depuis la pandémie de Covid

Les revenus d’exportations de pétrole et produits pétroliers de la Russie ont atteint en novembre “leur plus bas niveau” depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, et même depuis la crise de la pandémie de Covid-19, a indiqué l’Agence international de l’énergie dans un rapport mensuel.Les exportations de pétrole brut et de produits pétroliers de la Russie ont diminué de 420.000 barils par jour, pour atteindre 6,9 millions de barils par jour (mb/j) en novembre, “leur niveau le plus bas depuis le début de la guerre” et “depuis la pandémie de Covid”, souligne l’AIE dans son rapport publié jeudi. De fait, “la réduction des volumes exportés, combinée à des prix plus faibles, a fait chuter (ses) recettes à 11 milliards de dollars, soit 3,6 milliards de moins en glissement annuel et 11,4 milliards en dessous de la moyenne du premier semestre 2022, après l’invasion de l’Ukraine”, précise l’Agence de l’énergie de l’OCDE.Le secteur énergétique, poumon économique de la Russie, est sous pression des sanctions occidentales visant à assécher le financement de la guerre menée par Moscou en Ukraine et de l’intensification depuis cet été des frappes ukrainiennes qui visent ses raffineries et infrastructures d’hydrocarbures.Dans le détail, les exportations de brut russe ont diminué en novembre de 290.000 barils par jour sur un mois, tandis que les exportations de produits pétroliers ont reculé de 130.000 barils par jour.En particulier, note l’AIE, ses exportations par voie maritime via la mer Noire ont chuté de 42%, atteignant 910.000 barils par jour, “pénalisées par les récentes attaques ukrainiennes visant des navires et installations de la +flotte fantôme”, utilisée pour contourner les sanctions internationales. Selon l’AIE, la Turquie et l’Inde apparaissent comme “les deux principales destinations touchées par ce recul”. 

À Rungis, sangliers et chevreuils s’imposent timidement au menu des fêtes

Autre choix que la traditionnelle volaille, la viande de gibier trouve sa place dans les allées du marché national de Rungis pendant les fêtes, au sein d’un secteur dominé par les importations car mal structuré, malgré l’abondance de sangliers et chevreuils dans les forêts françaises.A l’approche de Noël, Rungis est déjà sur le pont. Obéissant à un ballet millimétré, des milliers de semi-remorques sillonnent les 234 hectares du plus grand marché du monde de produits frais. Chaque nuit, 25.000 acheteurs parcourent entre 23H00 et 6H00 du matin les pavillons de la marée, des volailles, des fruits et légumes ou du fromage à la recherche des produits incontournables pour les fêtes.”C’est la quinzaine à ne pas manquer, c’est 25% du chiffre d’affaires”, souligne le PDG de Rungis, Stéphane Layani, malgré le cahotage d’un transpalette rempli de bourriches d’huîtres. Avec 1,8 million de tonnes de produits alimentaires qui transitent par ses portes, le “Ventre de Paris” nourrit près d’un Français sur quatre.Devant cette avalanche de mets fins, d’huiles parfumées et de fruits charnus, un secteur tente timidement de s’imposer sur la table du réveillon: la viande de gibier. Civets de cerf au pain d’épices, cuissots de sanglier à la sauce tomate ou gigues de chevreuil dopent le secteur qui réalise 30% de ses ventes annuelles pendant les fêtes. “Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’une viande forte en goût, on peut le cuisiner aujourd’hui de façon très moderne. Ce sont des viandes maigres qui présentent beaucoup de qualités nutritives”, explique Jérôme Mascle, responsable du gibier chez le grossiste Avigros à Rungis, montrant une cuisse de sanglier, sous vide, à 8 euros le kilo.- Sanglier de Nouvelle-Zélande, biche américaine -Au milieu de l’avalanche de volailles françaises déclinées à tarif compétitif, Avigros est la dernière des six entreprises du pavillon à proposer du gibier à ses clients. Reilhe-Martin, autre grossiste, a jeté l’éponge il y a trois ans lors du rachat de l’entreprise, et le groupe Alvidis commercialise la venaison (viande de gibier) de façon plus marginale.En cause: un produit jugé compliqué à cuisiner par le grand public et tombé en désuétude. “Il y a trente ans, le gibier représentait 30% de la marchandise sur la période des fêtes et aujourd’hui à peine 5% !”, relève le “Roi de la volaille”, Gino Catena. Sous son chapeau de feutre bleu, le président du Syndicat de la volaille et du gibier grimace : “Le secteur n’est pas du tout organisé en France. Le sanglier vient de Nouvelle-Zélande, la biche d’Amérique du Nord et le chevreuil des pays de l’Est, alors que l’on fait face à une abondance dans nos bois!”Environ la moitié des 36.000 tonnes de viande de gibier consommées en France chaque année sont issues de l’importation, selon une étude du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) menée en 2021. La ressource est pourtant prolifique en France: “881.000 sangliers sont abattus chaque année entre septembre et mars”, relève Olivier Touchard, chargé de la venaison à la Fédération nationale des chasseurs, pour seulement 40.000 carcasses livrées sur le marché.”Le reste de la venaison est fléché vers l’auto-consommation des chasseurs, les boucheries en circuits courts et pour moitié dans ce que l’on appelle le réseau gris, c’est-à-dire le don, le troc ou la vente sans contrôle sanitaire ni visibilité”, poursuit M. Touchard qui incrimine une législation trop contraignante.Pour tenter de répondre à la problématique, la Fédération des chasseurs a lancé en octobre la marque-label “Gibiers de France”, afin de garantir la traçabilité de la viande et structurer la filière.S’il n’est pas encore présent sur les étals de Rungis, le label concerne dans un premier temps les centres de traitement du gibier, au nombre de 26 en France.”Pour ces fêtes de fin d’année, il ne faut pas se leurrer, le gibier restera majoritairement une option pour les restaurateurs haut de gamme”, souligne M.  Mascle, qui espère un retour en grâce à plus long terme. L’Auvergnat Paul Marcon a remporté cette année le Bocuse d’or, Graal de la gastronomie, en réalisant un plat… au chevreuil.

“Un traumatisme”: la liquidation de Brandt prononcée, quelque 700 emplois supprimés

“Un choc”: la justice a prononcé jeudi la liquidation judiciaire du groupe centenaire d’électroménager Brandt, fleuron industriel français qui disparaît en laissant quelque 700 salariés au chômage à la veille de Noël.”C’est une terrible nouvelle, un choc et un coup très dur porté à l’industrie française”, a indiqué à l’AFP le président de la région Centre-Val de Loire François Bonneau, évoquant un “traumatisme” pour les quelque 700 emplois du groupe supprimés après cette décision du tribunal des activités économiques (TAE) de Nanterre.Bercy a de son côté exprimé sa “profonde tristesse” après la liquidation d’un “fleuron français”.Devant une des usines du groupe, à Vendôme, qui emploie 93 salariés dans le Loir-et-Cher, une soixantaine de salariés ont fait part de leur colère.”C’est une décision très choquante. On a tout fait, mais ça n’a pas marché, on était bien ici, on est tous sous le choc. Les fêtes de Noël seront tristes”, a déclaré à l’AFP Célia Pinto à l’AFP, devant plusieurs braseros allumés.Comme d’autres, elle a décidé de brûler des documents administratifs devant l’usine, façon de dire “au revoir à Brandt”.Face au risque d’une mise en liquidation, particulièrement redouté, un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, devait pourtant permettre de sauver au moins 370 emplois.Cette offre, présentée comme celle de la dernière chance, avait reçu ces derniers jours un large soutien des pouvoirs publics et d’une majorité de salariés.La tâche s’annonçait difficile. Eentre 20 et 25 millions d’euros étaient nécessaires pour relancer l’activité de Brandt.Les pouvoirs publics ont pourtant annoncé des soutiens en cascade: le gouvernement avait promis une aide de l’Etat à hauteur de 5 millions d’euros, suivi par la région Centre-Val de Loire et la métropole d’Orléans pour une somme atteignant au moins 20 millions d’euros.”On ne comprend pas, les soutiens étaient là, une mobilisation sans précédent avait été faite”, a dit M. Bonneau.Le ministre de l’Economie et des Finances, Roland Lescure, et son collègue en charge de l’Industrie, Sébastien Martin ont déploré que “malgré cela, les autres acteurs indispensables n’ont pas souhaité se positionner pour sauver Brandt”, semblant désigner, sans les nommer, les banques.Face à ce “traumatisme” porté à ces emplois et au territoire, ce dernier doit se rendre dans la journée aux côtés des salariés du site situé près d’Orléans.- “La rage” -La coopérative était aussi l’unique possibilité de sauver les deux usines du groupe, situées près d’Orléans (Loiret), et à Vendôme (Loir-et-Cher). Avec cette décision, environ 450 postes industriels sont supprimés.Au total, quelque 700 emplois disparaissent, alors que leurs salaires ne seront plus versés après le 15 décembre.”C’est de la rage, de la colère, de l’incompréhension. On se sera battus jusqu’au bout”, a abondé le secrétaire CGT Melkonyan Khachatur auprès de l’AFP, évoquant avec aperture “un beau cadeau de Noël”.Avec cette décision, le fabricant des produits Brandt disparaît, tout comme les trois autres marques françaises d’électroménager Vedette, Sauter et De Dietrich.Outre ses deux usines en France, en Centre-Val de Loire, Brandt possède un centre de service après-vente en région parisienne, à Saint-Ouen-L’Aumône (Val-d’Oise). Son siège social est situé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).Brandt, propriété depuis 2014 du groupe algérien Cevital, réalise 260 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’entreprise subit notamment les conséquences des temps difficiles vécus par le secteur du gros électroménager, lié au ralentissement du marché immobilier.Ce secteur a subi l’an dernier un nouveau recul de ventes (-3,9%), après avoir déjà baissé en 2023.ngu-js-pvt-tmn/mb/rhl

La Bourse de Paris en petite hausse après la Fed

La Bourse de Paris évoluait en petite hausse après avoir hésité à l’ouverture du marché, les investisseurs restant partagés entre l’enthousiasmante lié à la baisse de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) et la défiance autour de l’IA.Le CAC 40 prenait 0,52% vers 10H20 heure de Paris, soit une hausse de 41,60 points pour s’établir à 8.064,29 points. La veille, l’indice vedette a terminé en baisse de 0,37%, pour s’établir à 8.022,69 points.La hausse des marchés boursiers alimentée “par la baisse de taux de la Fed a perdu de son élan après des résultats décevants d’Oracle, qui ont pesé sur les valeurs technologiques”, commente Patrick Munnelly, de Tickmill Group.”Les revenus cloud décevants chez Oracle ont ravivé le récit de bulle de l’IA, pesant sur le sentiment de risque global et frappant durement les actions liées à l’IA”, explique Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets.Jusque-là, “l’appétit pour le risque s’était amélioré”, note Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com.La banque centrale américaine a conclu mercredi sa dernière réunion de l’année par une baisse des taux d’intérêt d’un quart de point de pourcentage sans faire l’unanimité en son sein ni donner d’orientation claire pour la suite.Les taux directeurs sont désormais dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%.”Les investisseurs ont conclu que la Fed est prête à laisser l’économie tourner à plein régime, adoptant l’idée que la politique monétaire passe d’un régime restrictif à un régime plus accommodant, alors même que la croissance montre une certaine résilience”, estime Mme Hathorn.STMicroelectronics obtient un financementLe groupe franco-italien STMicroelectronics, spécialisé dans les semi-conducteurs, a obtenu un financement de la banque européenne d’investissement (BEI) de 1 milliard d’euros, a-t-il annoncé jeudi dans un communiqué.”La Banque européenne d’investissement et STMicroelectronics ont signé un accord de financement de 500 millions d’euros pour renforcer la compétitivité et l’autonomie stratégique de l’Europe. Il s’agit de la première tranche d’une ligne de crédit plus importante de 1 milliard d’euros”, a détaillé l’entreprise.Vers 10H10 heure de Paris, le titre STMicroelectronics perdait cependant 0,22% à 22,22 euros, l’ensemble des valeurs de la tech restant sous pression après les résultats d’Oracle.Schneider Electric vise une croissance de son activitéSchneider Electric vise une croissance organique de son chiffre d’affaires “comprise entre 7 % et 10 %” d’ici 2030 et une “nouvelle progression” de sa rentabilité, en s’appuyant l’intelligence artificielle, a-t-il annoncé jeudi.L’annonce a été saluée en Bourse, le titre prenant 3,68% à 242,10 euros vers 10H10 heure de Paris.

Brandt: liquidation judiciaire prononcée, quelque 700 emplois supprimés

La justice a prononcé jeudi la liquidation du groupe centenaire d’électroménager Brandt, fleuron industriel français, en grandes difficultés depuis son placement en redressement judiciaire, a annoncé le président de la région Centre-Val de Loire à l’AFP.”C’est une terrible nouvelle, un choc et un coup très dur porté à l’industrie française”, a réagi son président François Bonneau, évoquant un “traumatisme” pour les quelque 700 emplois du groupe supprimés après cette décision du tribunal des activités économiques (TAE) de Nanterre.Face au risque, particulièrement redouté, d’une mise en liquidation, un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, devait pourtant permettre de sauver au moins 370 emplois.Cette offre, présentée comme celle de la dernière chance, a reçu ces derniers jours un large soutien des pouvoirs publics et était soutenue par une majorité de salariés.”On ne comprend pas, les soutiens étaient là, une mobilisation sans précédent avait été faite par les pouvoirs publics”, a dit M. Bonneau, qui avait estimé précédemment le total des engagements publics à “près de 20 millions d’euros”.C’est un “traumatisme” à “la veille de Noël”, a-t-il ajouté, précisant qu’il se rendrait aux côtés des salariés de l’usine située près d’Orléans dans la journée.Avec cette décision, le fabricant des produits Brandt disparaît, tout comme les trois autres marques françaises d’électroménager Vedette, Sauter et De Dietrich.Outre ses deux usines en France, en Centre-Val de Loire, Brandt possède un centre de service après-vente en région parisienne, à Saint-Ouen-L’Aumône (Val-d’Oise). Son siège social est situé à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).Brandt, propriété depuis 2014 du groupe algérien Cevital, réalise 260 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’entreprise subit notamment les conséquences des temps difficiles vécus par le secteur du gros électroménager, lié à la crise de l’immobilier.Ce secteur a subi l’an dernier un nouveau recul de ventes (-3,9%), après avoir déjà baissé en 2023.

A69: Début d’une audience décisive devant la cour administrative d’appel de Toulouse

La cour administrative d’appel de Toulouse a commencé jeudi matin à se pencher sur le dossier de l’autoroute A69, lors d’une audience décisive pour la construction de cette infrastructure contestée dont le rapporteur public a d’ores et déjà souhaité la poursuite.Ce magistrat dont la vocation est d’éclairer les décisions des juridictions administratives et dont l’avis est en général suivi, a estimé, dans ses conclusions, qu’il convenait de revenir sur la décision du tribunal administratif de Toulouse qui, le 27 février, avait annulé l’autorisation environnementale ayant permis le démarrage des travaux, en 2023.Au terme de l’audience jeudi, la cour administrative d’appel va mettre son arrêt en délibéré, la décision devant intervenir dans plusieurs semaines.Plusieurs dizaines d’opposants à l’A69 s’étaient rassemblés devant la juridiction, avant le début de l’audience, espérant “un peu de justice, un peu de clarté”, comme l’a affirmé à l’AFP Sylvie Baune, retraitée et militante contre l’autoroute.”On a vraiment l’impression que quoi qu’il se passe, ça (le chantier, ndlr) continue, ça avance alors qu’ils sont hors la loi, ils font ce qu’ils veulent, c’est catastrophique”, a-t-elle déploré, non loin d’une affichette portant le message: “Aujourd’hui, l’État nous vole la justice”.A quelques mètres, une dizaine d'”écureuils”, ces militants écologistes qui se suspendent dans les arbres pour défendre la nature, descendaient des platanes où ils s’étaient accrochés depuis la veille, devant la cour.”Une nouvelle fois, il faut montrer à quel point il y a une proximité entre le porteur de projet, les décideurs politiques et les tribunaux”, a déploré Thomas Brail, l’un d’entre eux, fondateur du Groupement national de Surveillance des arbres (GNSA).M. Brail, comme d’autres manifestants, dénonçait à cet égard la position prise par le rapporteur public dans cette affaire.Jeudi matin, Frédéric Diard va développer ses arguments dans une salle d’audience comble, comme elle l’a été tout au long des différentes étapes procédurales de la longue bataille juridique autour de ce projet de 53 km de voie rapide, devenu depuis plusieurs années un symbole des luttes écologiques.- Récusation rejetée -“Nous invitons les médias à venir écouter attentivement les motivations du rapporteur lors de l’audience”, a réagi le principal collectif d’opposants à l’A69, “La Voie est libre” (LVEL), après avoir pris connaissance de sa position.”Il doit nous donner une démonstration irréfutable du caractère vital de l’A69. N’en doutons pas”, a-t-il ironisé, alors que le collectif s’était indigné que M. Diard soit reconduit comme rapporteur public pour cette audience cruciale alors qu’il avait déjà pris position en faveur de l’A69 dans une première procédure liée à ce dossier.En mai dernier, il avait en effet souhaité que la cour administrative d’appel se prononce en faveur de la demande présentée par l’État et le concessionnaire Atosca d’un “sursis à exécution” du jugement du tribunal administratif de Toulouse, une requête visant à faire reprendre les travaux, interrompus par cette décision.La juridiction d’appel, présidée dans cette procédure par Denis Chabert, avait suivi le rapporteur public, ce qui avait permis une reprise progressive du chantier au cours de l’été. M. Chabert préside également l’audience de jeudi.Les opposants ont demandé à ce que ce magistrat, tout comme M. Diard, ainsi qu’un troisième ayant également participé à l’audience de mai, ne siègent pas jeudi mais leur demande de récusation a été rejetée.”Avec cette décision, la justice creuse elle-même le fossé qui sépare les citoyens de l’institution”, selon LVEL.- Phase ultime du chantier -Sur le terrain, près d’un millier de personnes travaillent actuellement sur ce vaste chantier où le ballet des tractopelles, niveleuses et autres bulldozers bat son plein: 82% des terrassements et 95% des ouvrages d’art (ponts, viaducs, structures de soutènement, etc.) sont désormais réalisés, affirme le maître d’œuvre Atosca, même si les opposants contestent ces chiffres.Le chantier s’apprête à rentrer dans sa phase ultime, avec la pose, à partir de janvier, des 500.000 tonnes du revêtement que les deux centrales d’enrobé à chaud, installées en novembre, se préparent à produire.Fervent soutien du projet, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a répété à la mi-novembre qu’il souhaitait “mettre en route cette autoroute d’ici au mois d’octobre 2026”.

Shell poursuivi au Royaume-Uni par des survivants d’un typhon aux Philippines

Des survivants du typhon Rai, qui a fait plus de 400 morts en 2021 aux Philippines, ont déposé plainte à Londres contre le géant britannique des hydrocarbures Shell, accusé de n’avoir pas pris ses responsabilités face aux conséquences du changement climatique, ont annoncé jeudi les ONG qui les soutiennent.”Les habitants des îles comme nous ne contribuent que très peu à la pollution. Mais qui en paye le prix? Les pauvres comme nous”, raconte à l’AFP Trixy Elle, l’une des plaignantes dont la maison familiale et quatre bateaux ont été emportés par la tempête.Le typhon Rai avait ravagé des régions très pauvres du pays en décembre 2021 et fait des centaines de milliers de sans-abri.La plainte déposée à Londres constitue selon les ONG, dont Greenpeace, “une contribution essentielle au mouvement mondial grandissant visant à remettre en cause l’impunité des compagnies pétrolières”.Elle s’inscrit dans la continuité de la reconnaissance en mai par la justice allemande d’une responsabilité mondiale des entreprises productrices d’électricité dans les dommages liés aux émissions de gaz à effet de serre, quel que soit l’endroit où ils se produisent. Les affaires de ce genre se multiplient dans le monde entier.Il s’agit d'”une étape décisive pour tenir le géant pétrolier Shell responsable des morts, blessures et destructions causées par cette tempête”, est-il souligné dans le communiqué des ONG.Jeudi à Manille, la militante de Greenpeace Virginia Benosa-Llorin a qualifié la plainte de “test pour responsabiliser les entreprises”.- “Dette” -Un porte-parole de Shell a dénoncé “une allégation infondée, qui n’aidera pas à lutter contre le changement climatique, ni à réduire les émissions”. “Chez Shell, nous réduisons les émissions de nos opérations et aidons nos clients à réduire les leurs”, a-t-il ajouté dans sa déclaration à l’AFP.Les Philippines, classées parmi les pays les plus exposés au changement climatique, sont balayées par près de 20 tempêtes tropicales ou typhons chaque année.La plainte, qui s’appuie sur le droit philippin, a été déposée au nom de 103 survivants qui demandent “réparation pour les vies perdues, les blessures subies et les maisons détruites”, selon le communiqué.L’un d’entre eux, Rickcel Inting, un pêcheur, raconte à l’AFP que sa famille a “tout perdu en un instant” lorsque la tempête a frappé la province de Bohol (centre). “Shell est responsable de ce dont nous avons souffert par ses actions qui ont causé de la pollution et nui à l’environnement”, et “a une dette envers les personnes pauvres”, ajoute cet homme de 46 ans, qui dit n’avoir jamais pu remplacer ses bateaux de pêche perdus.Trixy Elle, 34 ans, explique, elle, que sa famille continue de rembourser les prêts contractés après la catastrophe. Elle réclame un million de pesos philippins de dommages-intérêts (14.500 euros).- “Preuves scientifiques” -Les plaignants disent s’appuyer sur “des preuves scientifiques, notamment de nouvelles recherches qui permettent désormais d’attribuer directement des événements météorologiques extrêmes individuels au changement climatique et les émissions à des compagnies pétrolières spécifiques”.Leur action est également soutenue par l’avis inédit – bien que non contraignant – rendu fin juillet par la Cour de justice internationale, selon lequel les Etats qui violent leurs obligations climatiques pourraient se voir réclamer des réparations par les pays les plus affectés.De nombreux experts considèrent que cette analyse va influencer les tribunaux de la planète, les négociations sur le climat et les délibérations politiques à travers le globe.”Les survivants soutiennent que Shell, responsable de plus de 41 milliards de tonnes d’équivalent CO2, soit plus de 2% des émissions mondiales de combustibles fossiles, ne peut pas invoquer l’ignorance”, est-il souligné dans le communiqué des ONG.L’entreprise a fait machine arrière ces dernières années sur certains de ses objectifs climatiques pour se recentrer sur les hydrocarbures, dans l’espoir de doper ses bénéfices.Le groupe est régulièrement attaqué pour le coût environnemental de ses activités pétrolières, en particulier au Nigeria.burs-zap/lul/jnd/vk

Le Portugal en grève contre une réforme du code du travail

Le Portugal tourne au ralenti jeudi, avec d’importantes perturbations attendues dans les transports en commun, les écoles et les hôpitaux en raison d’une grève générale, la première en 12 ans, contre une réforme du code du travail défendue par le gouvernement de droite.Au lever du jour, une des gares ferroviaires de Lisbonne était quasiment déserte, alors que les tableaux d’affichage annonçaient l’annulation de la plupart des trains, a constaté un journaliste de l’AFP.Si les chemins de fer et les ferries qui traversent le Tage devaient assurer un service minimum, les stations du métro de la capitale étaient fermées.D’après des données compilées par la principale confédération syndicale, la CGTP, de nombreux services de collecte de déchets étaient à l’arrêt, de même que plusieurs unités hospitalières assurant des soins non urgents. Il s’agit du plus important mouvement social depuis 2013, à une époque où le pays ibérique vivait sous perfusion de l’Union européenne et du Fonds monétaire international et avait été soumis à une sévère cure d’austérité budgétaire, assortie de la dernière révision en profondeur de la réglementation du travail.L’objectif de l’actuel gouvernement est de “stimuler la croissance économique pour créer plus d’emplois et payer de meilleurs salaires”, a déclaré le Premier ministre Luis Montenegro en défendant cet avant-projet de réforme comprenant plus d’une centaine de mesures.- “Normaliser la précarité” -Concrètement, l’exécutif souhaite allonger la durée des contrats temporaires, permettre aux entreprises d’embaucher des sous-traitants après un plan de licenciements ou encore augmenter le service minimum à assurer en cas de grève.Pour la CGTP, qui organisera une vingtaine de manifestations à travers le pays, ces dispositions représentent “une des plus grandes attaques faites au monde du travail”, a déclaré à l’AFP son secrétaire général Tiago Oliveira, en dénonçant une volonté de “normaliser la précarité”, “déréguler les horaires de travail” et “faciliter les licenciements”.Le mouvement de grève lancé avec l’autre confédération syndicale, l’UGT, historiquement plus modérée, devrait avoir un impact “plus visible” dans les secteurs des transports et des services publics, des écoles aux hôpitaux en passant par les tribunaux et l’administration fiscale, a précisé M. Oliveira.De nombreux syndicats du secteur privé ont également rejoint le mouvement et le transport aérien devrait connaître d’importantes perturbations. La compagnie nationale TAP Air Portugal prévoit de réaliser un tiers seulement des quelque 250 vols prévus en temps normal.- “Corriger un déséquilibre” -“Nous aurons sans aucun doute une grande grève générale”, a assuré le dirigeant de la CGTP, selon lequel le mouvement serait “déjà un succès” en attirant l’attention de l’opinion publique sur ce projet de réforme du code du travail, alors que le pays se trouve en pleine pré-campagne pour l’élection présidentielle prévue début 2026.D’après un sondage publié mercredi par la presse locale, 61% des personnes interrogées se sont dites favorables à la grève.Le président de la principale confédération patronale, Armindo Monteiro, a quant à lui dénoncé la “position radicale” des syndicats et qualifié cette grève de “prématurée”.L’avant-projet du gouvernement est “une base de discussion” qui vient “corriger un déséquilibre” provoqué par l’adoption en 2023, par le précédent gouvernement de gauche, d’une série d’amendements au code du travail plus favorables aux salariés, a-t-il précisé à l’AFP.Bien que le gouvernement ne dispose pas de majorité absolue au Parlement, il devrait pouvoir adopter cette série de mesures avec le soutien des libéraux et, surtout, de l’extrême droite, devenue la deuxième force politique du pays.Alors que le Portugal affiche une croissance économique autour de 2% et un taux de chômage historiquement bas (environ 6%), M. Montenegro a fait valoir que le pays devait profiter de cette conjoncture favorable pour mener cette réforme.