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Le groupe d’experts sur le Smic recommande une hausse de 1,4%, sans coup de pouce

La revalorisation automatique, pas plus: le groupe d’experts sur le Smic a recommandé jeudi de ne pas donner de coup de pouce au salaire minimum au-delà de son augmentation mécanique, qui devrait donner “une hausse autour de 1,4%”, en raison du “ralentissement du marché du travail”.Cette revalorisation automatique “devrait conduire à une hausse autour de 1,4% au 1er janvier 2026, soit au-dessus de l’inflation attendue (proche de 1%)”, expliquent ces experts dans un communiqué accompagnant la remise de leur rapport annuel au gouvernement et aux partenaires sociaux.”Compte tenu du ralentissement du marché du travail, du niveau élevé du Smic par rapport au salaire médian et du coût très important des exonérations” de charges patronales sur les bas salaires, ils recommandent de “ne pas aller au-delà de la revalorisation automatique prévue par le Code du travail”. Depuis sa création en 2008, ce groupe d’experts n’a jamais préconisé de coup de pouce.Si le Premier ministre suit ses recommandations, le Smic, aujourd’hui à 1.426,30 euros net par mois (1.801,80 euros brut), augmentera d’un peu moins de 20 euros net par mois.”Vingt euros de plus, ce n’est pas suffisant. Avec l’augmentation de l’électricité, des courses alimentaires…”, a réagi Noémie, auxiliaire de crèche à Orléans. “On prend toujours, mais ça me fera juste deux boîtes de lait, en plus, par mois”, a-t-elle calculé.- “20 euros, c’est nul” – Pour Mehdi, vendeur polyvalent dans une gare parisienne, “20 euros, c’est nul!” Avec un Smic, “il faut espérer qu’il n’y ait pas de coup dur”, confie-t-il. Quand son lave-linge l’a lâché, “il a fallu se priver” pour le remplacer. Chaque 1er janvier, le Smic est indexé à l’inflation constatée pour les 20% de ménages aux plus faibles revenus et revalorisé de la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire de base ouvrier et employé.Au-delà de cette évolution mécanique, le gouvernement peut donner un coup de pouce, mais le dernier remonte à juillet 2012, au lendemain de l’élection de François Hollande à l’Elysée.Pour la CFDT, un coup de pouce aurait été “bienvenu” cette année. La CGT revendique, elle, un Smic à 2.000 euros brut.Après avoir consulté ce rapport, les partenaires sociaux donnent un avis, mais c’est le Premier ministre qui fixe le niveau du Smic au 1er janvier.Au 1er novembre 2024, environ 2,2 millions de salariés du secteur privé étaient rémunérés au Smic, soit 12,4% d’entre eux, selon les données du ministère du Travail.Les experts arguent que “le Smic aura progressé plus vite que les prix en cumul sur les cinq dernières années”, alors que “de nombreux salaires supérieurs au Smic n’ont pas encore récupéré la totalité de leur pouvoir d’achat d’avant la période inflationniste, entraînant une compression significative de la structure salariale”.- Grève pour les salaires -“Le Smic doit être un point de départ dans la carrière et permettre d’accéder à des emplois mieux rémunérés”, souligne le président du groupe d’experts, Stéphane Carcillo, notant que la France est le pays de l’Union européenne où le salaire minimum se rapproche le plus du salaire médian (2.183 euros net dans le secteur privé en 2023).Pour éviter l’effet “trappe à bas salaires”, les experts souhaiteraient ramener progressivement le plafond ouvrant droit à des exonérations de cotisations patronales à deux Smic. En septembre, le gouvernement a déjà décidé de le ramener à 3 Smic, contre 3,3 auparavant.La mesure souhaitée par les experts permettrait, selon eux, d’économiser 6 milliards d’euros sur les allègements de cotisations, qui coûtent aujourd’hui environ 75 milliards d’euros par an. Ces économies pourraient, par exemple, être redirigées vers la prime d’activité.Le rapport pointe également le poids dans les revenus des personnes modestes avec enfants des aides versés par les communes, départements ou régions, dont les montants n’ont pas toujours suivi l’inflation. Il recommande d’en faire un suivi plus fin pour faciliter, “le cas échéant”, leur revalorisation.”La préoccupation première de la population, ce sont les salaires”, estime le secrétaire confédéral de la CGT, Thomas Vacheron, pour qui il faut “supprimer ce groupe d’experts de la non-augmentation du Smic”. Le 2 décembre prochain, la CGT, Solidaires et la FSU appellent à faire grève et manifester pour les salaires. 

La Bourse de Paris termine à l’équilibre à l’issue d’une séance calme

La Bourse de Paris a conclu jeudi en légère hausse (+0,04%) une séance atone, à l’issue d’une journée sans événement majeur à l’agenda et sans les investisseurs américains, absents pour Thanksgiving, jour férié aux Etats-Unis.L’indice vedette de la Bourse de Paris, le CAC 40, a terminé en légère hausse de 3,04 points et s’est établi à 8.099,47 points à la clôture. Mercredi, il avait pris 0,88%, clôturant à 8.096,43 points.Cette journée a été “particulièrement calme parce que les marchés sont fermés pour Thanksgiving” aux Etats-Unis, a souligné Amélie Derambure, gérante de portefeuille diversifié chez Amundi, décrivant un marché parisien “positivement orienté mais sans grosse variation”.Elle a noté comme facteur de soutien “une baisse attendue des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) mi-décembre” et “les efforts pour parvenir à un cessez-le-feu en Ukraine”.Une pluie d’indicateurs économiques aux Etats-Unis avaient musclé les anticipations d’une prochaine baisse de taux de la banque centrale américaine (Fed) d’un quart de point, lors de sa réunion des 9 et 10 décembre.Dernier en date: le Livre beige de la Fed, enquête régulière basée sur les remontées d’acteurs économiques, a montré mercredi que le marché de l’emploi se dégradait aux Etats-Unis, ce qui lui donne à la Fed une marge de manœuvre pour assouplir sa politique monétaire afin de soutenir l’activité.Trigano s’envoleLe fabricant français de véhicules de loisirs Trigano, leader européen du camping-car (marques Chausson, Challenger, Adria…), a terminé en très forte hausse de 15,97%, à 171,40 euros. Le groupe avait publié mercredi un bénéfice et un chiffre d’affaires en recul sur son exercice décalé 2024-2025. Toutefois, ces résultats sont “globalement en ligne avec les attentes” et ont mis en exergue “une excellente génération de flux de trésorerie”, ont relevé les analystes d’Oddo BHF dans une note.Côté perspectives, Trigano a prévu d’augmenter “de façon progressive ses productions” au premier semestre 2026 et a aussi noté une “bonne progression de ses carnets de commandes”.

Les Bourses européennes terminent autour de l’équilibre

Les Bourses européennes ont terminé proches de l’équilibre jeudi, mais tout de même en terrain positif, les investisseurs évaluant les perspectives de baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine (Fed) dans une séance calme en raison de la fermeture de Wall Street pour Thanksgiving.La Bourse de Paris est restée stable (+0,04%) comme Francfort (+0,02%) quand Francfort a gagné 0,18% et Milan 0,21%.

Les entreprises ne vivent “pas dans un enfer fiscal” en France, assure Olivier Faure

Le patron des socialistes Olivier Faure a affirmé que les entreprises ne vivaient pas “dans un enfer fiscal en France” lors d’une intervention devant des chefs d’entreprises au Sommet de l’économie, organisé par le magazine Challenges.”Nous ne sommes pas dans un pays qui est taxophile. Nous sommes dans un pays qui est dans la moyenne et qui permet aujourd’hui aux entreprises de vivre”, a affirmé le premier secrétaire du PS.M. Faure a dit comprendre le point de vue patronal qui est “d’aller plus loin dans la baisse des cotisations et de la fiscalité”, mais selon lui le taux de l’Impôt sur les entreprises (IS) a “baissé depuis 40 ans”, passant de 50% en 1986 à 25% aujourd’hui.”Là je parle du taux théorique. Je ne parle même pas du taux effectif qui est beaucoup plus bas pour les grands groupes, un peu moins bas pour les PME, mais pour l’ensemble inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE”, a-t-il encore affirmé.”Il faut bien sûr tenir compte de ce que vivent les grands groupes. Il ne s’agit pas de leur imposer une fiscalité qui serait pénalisante, mais ne pas laisser penser non plus qu’aujourd’hui on vivrait dans un enfer fiscal en France, ce qui n’est pas le cas”, a martelé M. Faure.”Je ne vous hais point”, a-t-il assuré à un chef d’entreprise qui demandait “pourquoi cette haine?”.”La vision que je porte est celle d’un monde social-démocrate (…) dans lequel on a su concilier des libertés comme nulle part ailleurs et en même temps une protection sociale comme nulle part ailleurs”, a-t-il ajouté.Le patron des socialistes en a aussi profité pour défendre les débats à l’Assemblée sur le budget, “qui donnent le sentiment d’une certaine confusion”. a-t-il reconnu.”Je revendique le fait que le débat parlementaire est utile, qu’il n’est pas médiocre et qu’il permet aussi de figurer ce que sont les alternatives et donc parfois aussi de clarifier les positions de chacun”.Sur le PLF, “tout le monde a voté contre. Pourquoi? Parce que, en première lecture, chacun vient affirme ce qu’il est. (…) Ce temps-là était un temps nécessaire, un temps de décantation. Maintenant, ce à quoi il faut parvenir, c’est un deuxième temps qui soit celui de la recherche sincère du compromis”, pour trouver un budget nécessaire aux entreprises, aux collectivités locales et “au commun des mortels”.

Pesticides: 3.000 litres saisis chez des particuliers malgré l’interdiction (OFB)

Près de 3.000 litres de pesticides ont été saisis chez les particuliers depuis le début de l’année par les agents de la police de l’environnement malgré l’interdiction de leur usage depuis 2019, a annoncé jeudi l’Office français de la biodiversité.Les quantités de produits phytosanitaires saisies représentent 1.000 hectares de surfaces traitées, soit près de 1.500 terrains de foot selon un dosage standard du produit, indique l’organisme public.L’OFB a pour la première année mené une opération d’une telle envergure sur les produits phytosanitaires chez les acquéreurs et vendeurs particuliers. Près de 600 contrôles ont été effectués sur 83 départements entre le 1er janvier et le 31 octobre.Depuis le 1er janvier 2019, il est interdit aux particuliers et aux professionnels non agréés d’acheter ou d’utiliser, dans les jardins, potagers, balcons, terrasses et plantes d’intérieur, des produits phytopharmaceutiques de synthèse pour protéger leurs plantations de certains organismes (insectes, “mauvaises herbes”…) jugés nuisibles. La vente de ces produits en jardineries et dans les rayons spécialisés en grande distribution a été arrêtée, mais il est encore fréquent que des sites de vente en ligne proposent illégalement et de manière frauduleuse ces produits à la vente, indique l’OFB.”En visant non plus les fournisseurs mais également les acquéreurs et usagers de produits phytopharmaceutiques, l’opération lancée par l’OFB en 2025 vise à prévenir les atteintes” sur les milieux naturels et particulièrement les réserves en eau “en saisissant notamment les produits acquis illégalement pour en empêcher l’usage”, indique-t-il dans un communiqué.Entre 1994 et 2013, 7.716 captages d’eau destinés à la consommation humaine sur les 32.000 que comptent la France ont été abandonnés, dont 39% en raison de la présence de pesticides ou de nitrates, rappelle l’OFB soulignant également les effets délétères des produits phytosanitaires sur la biodiversité notamment les insectes dont les populations ont chuté de 70 à 80% en Europe au cours des dernières décennies.Par ailleurs l’OFB note que la plupart des particuliers utilisant ces produits ne sont pas conscient des risques qu’ils encourent. Ainsi les substances saisies “étaient fréquemment utilisées à des concentrations dangereuses pour la santé humaine, sans précaution particulière. De plus, aucune mesure de protection n’était mise en place pour préserver la santé des autres occupants du domicile, notamment les enfants, personnes âgées ou personnes vulnérables, exposés involontairement aux produits”, explique l’organisme.

Budget: “Le temps nous est compté” et “le compromis devient urgent”, alerte Lescure devant le Sénat

“Le temps nous est compté” pour aboutir à un compromis sur le budget, a alerté jeudi le ministre de l’Economie Roland Lescure en ouverture des débats au Sénat, appelant les sénateurs à se montrer “constructifs” vis-à-vis de l’Assemblée nationale, malgré leurs divergences.”L’heure du compromis est arrivée. Le temps nous est compté”, a lancé le ministre dans l’hémicycle de la chambre haute. Les sénateurs s’attaquent jeudi au projet de budget de l’Etat pour 2026, qu’ils examineront jusqu’au 15 décembre. Il ne restera ensuite que quelques jours pour aboutir à une adoption finale de ce PLF au Parlement avant le 31 décembre.Roland Lescure a appelé à “un débat apaisé, rigoureux, constructif et qui débouche dans les temps sur un compromis raisonnable dont j’espère, l’Assemblée se saisira en son temps pour nous amener à un compromis global”. A ce stade, le compromis semble très lointain: les députés ont rejeté la partie “recettes” du PLF ces derniers jours à la quasi-unanimité.”Ce compromis devient urgent”, a-t-il ajouté, alors que le Sénat, dominé par la droite, maintient depuis plusieurs semaines une grande intransigeance, en refusant la plupart des compromis votés à l’Assemblée nationale et en critiquant les concessions faites par le Premier ministre en direction des socialistes.”Ces débats doivent nous conduire à la construction d’un compromis avec des élus à l’Assemblée nationale qui ne pensent pas comme la majorité sénatoriale”, a prévenu M. Lescure, espérant, “pourquoi pas – on peut toujours rêver – parvenir à une commission mixte paritaire (CMP) conclusive”.Cette CMP, réunion de conciliation entre députés et sénateurs censée aboutir à un texte de compromis, doit survenir dans la seconde moitié du mois de décembre sur le budget de l’Etat. Sur le budget de la Sécurité sociale, elle avait échoué, mercredi soir.La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a également tiré la sonnette d’alarme devant les sénateurs, les alertant notamment sur les inconvénients que présenterait l’adoption d’une loi spéciale, faute d’accord sur le budget.”Échouer, ce serait acter l’affaiblissement durable de notre pays plutôt que son sursaut”, a-t-elle affirmé. Une loi spéciale, “cela voudrait dire une interruption du soutien de l’Etat” aux collectivités territoriales, ou encore “des retards dans nos investissements pour la défense alors que la guerre est à nos portes”, a-t-elle développé.

Les opposants à l’A69 dénoncent un dépassement illégal de l’emprise prévue pour le chantier

Le principal collectif d’opposants à l’A69 a affirmé jeudi que le chantier de cette autoroute contestée s’est illégalement développé sur une emprise territoriale plus importante qu’initialement prévu et annoncé déposer plainte.Sollicité par l’AFP, Atosca, le futur concessionnaire de cette autoroute Toulouse-Castres qui supervise actuellement le chantier, réfute ces éléments, estimant que les zones évoquées sont “régulières”. Photos aériennes à l’appui, les anti-A69 de “La Voie est libre” (LVEL) estiment, dans un communiqué, qu'”a minima 42 hectares d’emprises supplémentaires (…) ont été artificialisés par le chantier”, une information que l’Agence de vérification de Radio France a annoncé jeudi matin avoir pu confirmer.”LVEL ne conteste pas qu’un projet comme celui-là nécessite des ajustements à la marge mais conteste le fait que ces emprises ont manifestement été faites sans aucun contrôle de l’Etat”, a expliqué à l’AFP un porte-parole du collectif.”Ils sont tels”, a-t-il ajouté, “qu’ils nécessiteraient une évaluation environnementale complémentaire avec un arrêté d’autorisation environnementale complémentaire”.LVEL va déposer une plainte “pour travaux de construction de l’ouvrage autoroutier sans autorisation” contre Atosca dans le courant de la semaine prochaine, a précisé à l’AFP une de ses avocates, ajoutant également “saisir la ministre de la Transition écologique d’une demande d’expertise de l’Inspection générale de l’Environnement (IGEDD) et (de) suspension du chantier”.Atosca répond en affirmant que les “zones évoquées correspondent à des secteurs couverts par les autorisations environnementales” et que “les impacts éventuels ont donc été identifiés et intégrés dans le dispositif ERC (éviter – réduire – compenser) du projet”.”Les zones de chantier sont régulières et seront remises en état conformément aux prescriptions de l’autorisation environnementale”, affime le concessionnaire.Devenu un emblème national des luttes environnementales contre des projets jugés dépassés à l’heure du changement climatique, l’A69 fait l’objet d’une bataille au long cours devant la justice.Une audience décisive doit avoir lieu le 11 décembre devant la cour administrative d’appel de Toulouse, qui doit à cette occasion examiner au fond la validité de l’autorisation environnementale qui a permis le lancement des travaux.Celle-ci a été annulée par le tribunal administratif de Toulouse le 27 février dernier. La cour d’appel a depuis provisoirement autorisé une reprise du chantier, dans l’attente de se prononcer sur le fond.Dans le cadre de cette procédure devant la justice administrative, LVEL a déposé une demande de récusation de plusieurs magistrats appelés à se prononcer le 11 décembre, qui sera examinée ce vendredi.

Nationaliser ArcelorMittal pour sauver la sidérurgie ? La proposition de LFI examinée à l’Assemblée

Le feu des hauts-fourneaux embrase jeudi le Palais Bourbon et ses abords: les députés débattront dans l’après-midi d’une proposition de loi de La France insoumise (LFI) pour nationaliser les activités françaises d’ArcelorMittal en proie à de sévères difficultés.À l’appel de la CGT, quelque 200 salariés, venus en bus des sites du Nord et de Moselle, ont manifesté dans la matinée sur l’esplanade des Invalides pour soutenir le texte. “La famille Mittal a mis la main sur les deux-tiers de la production de l’acier français et ArcelorMittal est en train de délocaliser la production en Inde, aux Etats-Unis, au Brésil”, a dénoncé la députée LFI Aurélie Trouvé qui défendra le texte à partir de 15H00 dans l’hémicycle. A ses côtés, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, balaie les arguments avancés par le gouvernement contre la nationalisation: “On nous dit (que) ça coûte très cher. Dix ans d’aides publiques, c’est la nationalisation d’Arcelor. Donc nous, nous sommes aussi là pour dire que cette politique du carnet de chèques (…) en blanc, il faut arrêter”, a dénoncé la leader syndicale. Fumigènes en mains, des militants CGT ont fait résonner des pétards sur cette place située à proximité de l’Assemblée. Certains prendront place dans les tribunes, où LFI entend “faire entrer les revendications populaires dans l’hémicycle” à l’occasion de sa journée annuelle réservée à l’examen de ses textes parlementaires, explique à l’AFP la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot.Le groupe de gauche considère la nationalisation comme “l’unique solution” pour sauver la filière et ses 15.000 emplois directs.Objectif: contrer le plan social annoncé en avril et relancer la décarbonation des hauts-fourneaux, faute de quoi l’acier français deviendrait non rentable dès 2030, alerte Aurélie Trouvé. Chiffrée à trois milliards d’euros, la nationalisation rencontre l’opposition du gouvernement. “Ce n’est pas parce que l’Etat va faire un chèque de 3 milliards (…) que l’on va changer la compétitivité”, a affirmé le ministre de l’Economie Roland Lescure mercredi. Il faut d’abord “se protéger contre les invasions de produits, en l’occurrence venant de Chine”, a-t-il ajouté, précisant avoir obtenu de la Commission européenne une enquête sur ce “dumping” et la hausse des droits de douane.L’espoir des salariés s’est ravivé après l’adoption du texte en commission la semaine dernière grâce aux voix de la gauche, une faible mobilisation du camp gouvernemental et l’abstention du RN. – Obstruction du RN -“Changer l’actionnaire d’ArcelorMittal France ne changerait en rien les problèmes structurels”, a réagi son PDG, Alain Le Grix de la Salle.Mais rien n’assure un vote jeudi.En cause notamment, l’obstruction assumée du groupe de Marine Le Pen et de ses alliés ciottistes, en représailles aux blocages de LFI sur leurs textes ces derniers mois. Avec quelque 285 amendements déposés, dont 89% par les seuls groupes RN et UDR, les débats pourraient s’éterniser. Et le vote doit pouvoir être organisé avant minuit, heure limite d’examen des textes.  “Aujourd’hui le RN poignarde les travailleurs du groupe Arcelor en bloquant la nationalisation. La ligne Bardella s’avance”, a réagi sur X Jean-Luc Mélenchon, faisant référence à une supposée ligne plus libérale incarnée par le numéro 2 du RN. Mais plusieurs responsables du RN ont finalement indiqué que le groupe lepéniste devrait finalement permettre un vote dans les délais en retirant des amendements.  – Dernière ligne droite -Le RN qui capte une large partie du vote ouvrier n’est pas favorable à une nationalisation, et accuse LFI de donner de “faux espoirs” aux travailleurs. Il plaide pour une “golden share”, un droit de veto de l’État sur les décisions stratégiques sans gestion directe. Une proposition “stupide”, tranche Aurélie Trouvé, qui estime qu’elle ne relancerait pas les investissements nécessaires à la transition écologique et donc à la survie de la filière.Même en cas d’adoption, le texte aurait peu de chances d’aboutir sans le soutien gouvernemental alors qu’une initiative similaire portée par les communistes a déjà été rejetée fin octobre au Sénat.Mais syndicats comme mouvements de gauche s’accordent à faire monter la pression politique. “On est dans la dernière ligne droite. Le plan acier est en train de passer au Parlement européen. Il sera voté le 3 décembre. Donc ça veut dire qu’il faut qu’on tienne la pression jusque là-bas”, souligne Gaëtan Lecocq, délégué CGT à Dunkerque.  

Le Portugal se dote d’un budget de l’Etat pour 2026 excédentaire

Le Parlement portugais a adopté jeudi la version finale du budget de l’Etat pour 2026, prévoyant un excédent public de 0,1% du PIB, soit la quatrième année consécutive de comptes publics à l’équilibre.Ce vote représente “un facteur de confiance” qui confirme que le Portugal est “un pays fiable”, s’est félicité le Premier ministre Luis Montenegro en quittant l’hémicycle.La loi des finances a été adoptée grâce aux voix des députés de la coalition gouvernementale de droite, qui ne dispose pas de la majorité absolue, et à l’abstention de l’opposition socialiste.Les élus du parti d’extrême droite Chega (“Assez”), devenu la première formation d’opposition lors des élections législatives de mai dernier, ont voté contre le texte.Après les excédents de 2023 (1,3%) et 2024 (0,5), le Portugal devrait afficher cette année un excédent de 0,3%.La dette publique devrait reculer à 87,8% du PIB l’année prochaine, contre plus de 130% au plus fort de la crise de la zone euro en 2011. Cette baisse s’inscrit dans une trajectoire d’assainissement engagée lorsque le Portugal, frappé par la crise de la dette, avait dû accepter une sévère cure d’austérité pour bénéficier d’un plan d’aide international.La commission européenne avait validé mardi le projet budgétaire du Portugal, estimant qu’il était conforme à ses recommandations, même si Bruxelles, plus pessimiste que Lisbonne, s’attend selon ses propres prévisions à un déficit public de 0,3% du PIB en 2026, après un exercice à l’équilibre en 2025.”Il est important que le Portugal maintienne le cap en matière de politique budgétaire”, a mis en garde le commissaire européen à l’Économie Valdis Dombrovskis.Selon les prévisions inscrites au budget de l’Etat, le Portugal devrait afficher une croissance économique de 2% cette année puis de 2,3% en 2026, après une hausse du PIB de 2,1% l’an dernier.En matière de mesures, la loi de finances prévoit notamment une augmentation des pensions de retraite les plus modestes, ainsi qu’une baisse de l’impôt sur le revenu et une réduction de l’impôt sur les sociétés d’un point de pourcentage, à 20%.

Budget: le Sénat marque son intransigeance, le compromis reste lointain

Le Sénat, dominé par la droite, s’attaque jeudi au projet de budget de l’Etat pour 2026 en assumant une attitude plus intransigeante que jamais sur sa ligne “anti-taxes”, quitte à refermer encore un peu plus l’étroite voie de passage vers un compromis budgétaire.Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 occupera les sénateurs jusqu’à un vote solennel le 15 décembre. Leur comportement sera particulièrement scruté: faut-il s’attendre à une chambre haute constructive ? Leader incontesté de la droite sénatoriale, Bruno Retailleau n’est pas franchement dans l’ouverture. “Il ne restera rien du budget. Le Sénat va faire son travail”, a-t-il encore lancé jeudi lors d’une intervention au Sommet de l’économie, organisé par le magazine Challenges.”C’est-à-dire qu’il y aura moins d’impôts (…) et on va faire beaucoup, beaucoup, beaucoup plus d’économies que le gouvernement dans sa copie initiale”, a-t-il affirmé.Après sa sortie du gouvernement en octobre, le président des Républicains compte marquer sa différence avec l’exécutif au cours de la discussion budgétaire. En critiquant notamment les concessions faites par le Premier ministre Sébastien Lecornu en direction de la gauche, “une tambouille” avec “comme seul objectif de pouvoir durer”, selon le sénateur de Vendée.Au Sénat, le chef du parti gaulliste aura probablement les moyens de ses ambitions, grâce à la solide alliance nouée avec les centristes. Une majorité très large, renforcée la plupart du temps par la vingtaine de sénateurs du groupe des Indépendants, à majorité Horizons; voire du groupe macroniste.- “Un rouleau-compresseur” -Les débats sur le budget de la Sécurité sociale, ces derniers jours, ont déjà dressé le tableau d’une droite sénatoriale inflexible, refusant la suspension de la réforme des retraites et la quasi-totalité des compromis trouvés à l’Assemblée nationale. Ce texte va désormais revenir sur le bureau des députés, samedi en commission et mardi dans l’hémicycle, pour une nouvelle lecture.Bis repetita sur le budget de l’Etat ? “Notre majorité, c’est un rouleau-compresseur, elle vote en bloc, contrairement à l’Assemblée”, assure à l’AFP le chef des centristes, Hervé Marseille, par ailleurs patron de l’UDI. “On essaie d’avoir une ligne qui soit claire et audible: limiter les impôts, trouver des économies”.Avec à leurs côtés de Gérard Larcher (président LR du Sénat) et Mathieu Darnaud (président des sénateurs LR), les deux chefs de parti proposent ainsi une copie de “responsabilité” et entendent respecter l’objectif d’un déficit ramené à 4,7% du PIB en 2026, contre 5,4% en 2025. Transformation de l’aide médicale d’Etat pour les sans-papiers en aide médicale d’urgence, non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, suppression de 4.000 postes d’enseignants supplémentaires, refus de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, restriction de la taxe sur les “holdings patrimoniales” proposée par le gouvernement… Voici, pèle-mêle, les propositions que la Haute assemblée promet de voter.- Compromis impossible ? -“C’est la droite la plus dure qu’on ait connue”, s’inquiète le patron du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner. “Nous faisons face à une droite revancharde, complètement sourde. Clairement, ce n’est pas avec elle que nous pourrons avancer” vers un compromis, renchérit son collègue Thierry Cozic.Si la gauche est minoritaire au Sénat, le gouvernement peut difficilement faire sans elle à l’Assemblée nationale. L’abstention des socialistes y sera nécessaire – voire même insuffisante – pour envisager l’adoption définitive d’un budget, si Sébastien Lecornu continue de renoncer à l’article 49.3.L’intransigeance de Bruno Retailleau commence à irriter au sein du gouvernement. “Il y a tout un jeu de postures qui se joue (…) pour des raisons personnelles et électorales”, s’agace un conseiller de l’exécutif. “Ceux qui le font doivent l’assumer”.Malgré ces divergences majeures, le Premier ministre Sébastien Lecornu continue de croire à un compromis possible avant la fin décembre. Plusieurs sources parlementaires et gouvernementales espèrent notamment qu’un accord potentiel sur le budget de la Sécu, la semaine prochaine à l’Assemblée, ferait souffler un vent positif sur le budget de l’Etat.”Chacun affiche ses positions mais je pense qu’il y a la volonté non feinte de trouver une voie de passage”, a reconnu le rapporteur général du budget au Sénat, Jean-François Husson (LR). “Il faudra à un moment qu’on enlève les costumes.”