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Wall Street évolue en hausse, satisfaite de l’inflation américaine pour septembre

La Bourse de New York a accentué sa hausse vendredi, après la publication décalée d’un indicateur d’inflation américaine pour le mois de septembre qui renforce les espoirs de baisse des taux de la Réserve fédérale (Fed) la semaine prochaine.Vers 15H30 GMT, une heure après l’ouverture, l’indice Dow Jones prenait 0,50%, l’indice élargi S&P 500 progressait de 0,54% et l’indice Nasdaq gagnait 0,71%.Les investisseurs ont accueilli positivement l’indice d’inflation PCE pour le mois de septembre, publié à 15H00 GMT et retardé à cause de la longue paralysie budgétaire (“shutdown”) de 43 jours qui a touché les Etats-Unis.A +2,8% sur un an contre +2,7% en août, l’inflation s’éloigne encore de la cible de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui est de 2%. Mais l’inflation sous-jacente (hors prix volatils de l’énergie et de l’alimentation) a légèrement ralenti à +2,8% en glissement annuel, contre +2,9% le mois précédent, selon le communiqué du ministère du Commerce. Surtout, “le marché estime que ces chiffres sont meilleurs que prévu”, remarque auprès de l’AFP Sam Stovall, de CFRA.”Bien que ces données soient anciennes”, il s’agit “du dernier rapport sur l’inflation que le marché recevra avant la décision” de la Fed “la semaine prochaine”, note Patrick O’Hare de Briefing.com.Et pour Sam Stovall, il “conforte l’optimisme des marchés quant à une baisse des taux” de l’institution monétaire.Les investisseurs attendent toujours massivement une nouvelle réduction des taux d’un quart de point à l’issue de la réunion de la Fed le 10 décembre, ce qui constituerait la troisième détente consécutive.Un assouplissement monétaire “serait favorable aux actions”, commente auprès de l’AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments, car il est de nature à aider la croissance, et donc à augmenter les perspectives de bénéfices des entreprises.La place new-yorkaise a aussi gardé un oeil sur l’enquête préliminaire de l’Université du Michigan sur la confiance de consommateurs en décembre, qui est ressortie meilleure qu’escompté (à 53,3 points contre 52 points attendus par le marché).Cette “légère hausse” laisse penser que les consommateurs pourraient “davantage dépenser pour les fêtes de fin d’année”, note M. Stovall.Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d’Etat américains à 10 ans se tendait légèrement à 4,11%, contre 4,10% à la clôture jeudi.Au tableau des valeurs, le géant du streaming Netflix était dans le vert (+0,70% à 103,94 dollars) après avoir annoncé vendredi racheter le studio de cinéma et de télévision Warner Bros Discovery (+3,08% à 25,29 dollars) pour près de 83 milliards de dollars.Cette acquisition est la plus grosse opération de concentration dans le domaine du divertissement depuis le rachat de Fox par Disney, pour 71 milliards de dollars en 2019.Paramount Skydance, qui était également en lice pour le rachat de WBD, chutait de 6,24% à 13,89 dollars.La compagnie aérienne à bas prix Southwest Airlines prenait 3,98% à 37,23 dollars malgré une révision à la baisse de ses performances financières annuelles à cause, entre autres raisons, de l’impact du “shutdown” sur son chiffre d’affaires, mais aussi de la hausse des prix du carburant.La veille, Alaska Air Group (+3,41% à 48,93 dollars) avait fait un constat similaire.L’enseigne de lingerie Victoria’s Secret s’envolait (+16,89% à 48,59 dollars), profitant de résultats meilleurs que prévu pour le troisième trimestre et d’une révision à la hausse ses prévisions pour l’ensemble de l’année.

Retraites et travail: la conférence sociale percutée par le débat budgétaire

La conférence Travail et retraites a lancé ses travaux vendredi, des “matériaux précieux pour le débat politique”, espère le gouvernement qui bataille contre un possible rejet de son projet de budget de la Sécurité sociale par les députés.”Si on veut avancer les retraites, il faut passer par la case travail”, a déclaré le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou en ouverture de cette conférence voulue par Sébastien Lecornu, moins de six mois après l’échec du conclave initié par son prédécesseur François Bayrou.”Ce n’est pas impossible que les partenaires sociaux s’emparent des travaux de cette conférence et peut-être arrivent à converger sur le sujet des retraites”, a-t-il estimé lors d’un point de presse. “Ces travaux de qualité que nous allons engager, qui vont durer jusqu’à l’été de l’année prochaine, constitueront des matériaux précieux pour le débat politique”, a-t-il ajouté.”Le Premier ministre avait bien prévu de venir mais l’actualité parlementaire est exigeante”, a indiqué M. Farandou, ajoutant qu’il passerait au Conseil économique, social et environnemental (Cese), qui héberge la conférence, si les débats à l’Assemblée le permettent.Le ministre du Travail a rappelé que “s’il n’y a pas de loi (budgétaire) sur la sécurité sociale, comme la suspension est encapsulée dedans, il n’y aura pas d’arrêt, de décalage, de suspension de la réforme de 2023″.Voulue par Sébastien Lecornu au moment de l’annonce de la suspension de la réforme des retraites, la conférence a été lancée il y a un mois par une réunion de méthode, dont le Medef a claqué la porte.La principale organisation patronale, très remontée contre les efforts demandés aux entreprises dans le projet de budget, préfère s’en tenir à l'”agenda autonome” des partenaires sociaux, qui “n’est pas indexé sur des échéances politiques”.Jean-Pierre Farandou s’est montré compréhensif: “Je comprends que le Medef, en ce moment, reporte plutôt son regard sur les débats à l’Assemblée”. Il s’est dit “convaincu” qu’une fois les débats budgétaires passés, le Medef “retrouvera sa place, et on a besoin de lui pour avancer”.Les représentants des petites et moyennes entreprises, CPME et U2P étaient en revanche présents vendredi, tout comme l’ensemble des organisations syndicales, sauf Solidaires. La CGT a décidé jeudi de participer, après avoir obtenu du Premier ministre que l’objectif de la conférence de “conforter notre système par répartition”, a affirmé la secrétaire générale du syndicat, Sophie Binet.- “Enorme gâchis” -Elle a ajouté sur France Info que la CGT voulait que “cette conférence puisse déboucher sur un ou des référendums pour que les Françaises et les Français puissent enfin voter, notamment en matière de retraite”.”Il y a un fossé grandissant entre le travail tel qu’il est imposé et le travail tel qu’il est vécu”, a affirmé pour sa part la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, lors du premier débat thématique de la journée, sur les mutations du monde du travail.Elle a également dénoncé “l’énorme gâchis en matière de dialogue social avec la réforme des instances représentatives du personnel” de 2017. Comme d’autres intervenants, elle a mentionné les défis du monde du travail, de la révolution numérique à la transition écologique.Depuis 40 ans, les politiques publiques ont “trop souvent privilégié les enjeux d’emploi au détriment de la question du travail, en se focalisant sur les chiffres” du marché du travail, a expliqué le président du Cese Thierry Beaudet. “Tant que nous n’aurons pas le courage de rouvrir le débat sur le financement du modèle social, nous ne revalorisons pas le travail lui-même”, a estimé le président de la CPME, Amir Reza-Tofighi.Le président du syndicat des cadres CFE-CGC François Hommeril a loué un ministre du Travail “très sincère”, disant avoir “vraiment envie de jouer le jeu” de la conférence, tout en disant qu’il “peine à comprendre” l’absence du Medef.L’après-midi, les questions d’emploi, notamment des jeunes et des seniors, et les liens entre le “virage démographique” et les retraites sont abordés.Cette première conférence plénière, qui sera suivie de deux autres et d’ateliers mensuels jusqu’à l’été prochain, sera clôturée par Jean-Pierre Farandou et son homologue de la Fonction publique David Amiel.

Netflix va racheter Warner Bros Discovery pour près de 83 milliards de dollars

Netflix, le géant du streaming, va racheter le studio de cinéma et de télévision Warner Bros Discovery pour près de 83 milliards de dollars au total, ont annoncé les deux entreprises américaines dans un communiqué commun vendredi. Cette acquisition, qui permet à Netflix d’acquérir un immense catalogue de films mais aussi le prestigieux service de streaming HBO Max, est la plus grosse opération de consolidation dans le domaine du divertissement depuis le rachat de Fox par Disney, pour 71 milliards de dollars en 2019.Paramount Skydance et l’opérateur Comcast étaient également en lice pour le rachat de Warner Bros Discovery (WBD), mais Netflix a proposé l’offre la plus élevée.La plateforme va verser 27,75 dollars par action à WBD, valorisant l’entreprise à 72 milliards de dollars, hors dette. Selon des médias américains, le conseil d’administration de Warner Bros Discovery souhaitait un chiffre autour de 75 milliards de dollars, hors dette.En juin, WBD avait annoncé son intention de séparer ses divisions streaming et studios en deux sociétés distinctes cotées en Bourse.”Cette séparation devrait maintenant être achevée au troisième trimestre 2026, avant la finalisation de cette transaction”, indique le communiqué.”Notre mission a toujours été de divertir”, a commenté Ted Sarandos, directeur général de Netflix, cité dans le communiqué.”En combinant l’incroyable bibliothèque de séries et de films de Warner Bros  — des classiques intemporels comme Casablanca et Citizen Kane aux favoris modernes comme Harry Potter et Friends — avec nos titres qui définissent la culture tels que Stranger Things, KPop Demon Hunters et Squid Game, nous serons en mesure de le faire encore mieux”, ajoute-t-il.La bataille du streaming et la décroissance de la télévision traditionnelle entraînent des réorganisations stratégiques majeures chez les grands acteurs américains.Pour rivaliser avec Netflix et Disney, les concurrents cherchent à s’unir pour se renforcer dans le streaming et améliorer leur rentabilité.Selon le New York Post, des responsables de la Maison Blanche se seraient récemment inquiétés de la possible acquisition de WBD par Netflix, risquant selon eux de donner à la plateforme vidéo une position dominante sur le marché américain des contenus.Dans les échanges électroniques avant l’ouverture de la Bourse de New York, le titre de Netflix reculait de 2,6% aux alentours de 12H30 GMT vendredi, celui de Warner Bros gagnant à l’inverse 1,2%.

Zone euro: la croissance révisée à la hausse à 0,3% au 3e trimestre, selon Eurostat

La croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro au troisième trimestre 2025 par rapport au précédent a été revue à la hausse, à 0,3%, a annoncé l’Office européen de statistiques Eurostat vendredi.Au cours de cette période, le PIB corrigé des variations saisonnières a augmenté de 0,3% dans la zone euro, contre 0,2% précédemment estimé, et de 0,4% dans l’UE, a précisé Eurostat.Sur un an, le PIB a augmenté de 1,4% dans la  zone euro et de 1,6% dans l’UE au troisième trimestre 2025, soit en légère baisse par rapport à la situation le trimestre précédent, selon Eurostat.C’est au Danemark que la croissance a été la plus forte (+2,3% au troisième trimestre), suivi du Luxembourg et de la Suède (+1,1%). Des baisses ont été enregistrées en Irlande et en Finlande (-0,3% pour les deux pays) et en Roumanie (-0,2%). La France a confirmé son bon résultat avec +0,5%, déjà annoncé en octobre. Et en Allemagne, la croissance est restée nulle au troisième trimestre, comme précédemment estimée.

Les prix alimentaires en baisse, reflet de l’abondance agricole mondiale

Le prix global des denrées alimentaires dans le monde a reflué en novembre, pour le troisième mois consécutif, reflet d’une offre abondante et d’une concurrence accrue entre exportateurs, a indiqué vendredi l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).Au vu des récoltes en cours, la FAO a d’ailleurs de nouveau relevé sa prévision de production céréalière pour 2025, qui devrait pour la première fois dépasser 3 milliards de tonnes, en hausse de 4,9% par rapport à la récolte 2024.Cette hausse globale de production est notamment liée aux belles récoltes de blé attendues en Australie et surtout en Argentine, où “des semis plus importants que prévu et des rendements probablement records (…) devraient conduire à une récolte historique”.Les productions de blé augmentent aussi en Europe et aux Etats-Unis, de même que celles de céréales secondaires comme l’orge. Et les récoltes de riz s’annoncent en hausse (+1,6%).L’indice FAO des prix alimentaires, qui suit l’évolution des prix internationaux d’un ensemble de denrées, a globalement reculé de 1,2% sur un mois. Il se situe “2,1% en dessous de son niveau de novembre 2024” et près de 22% sous son pic de mars 2022, juste après l’invasion russe de l’Ukraine.Paradoxalement, seules les céréales voient leur prix légèrement rebondir (+1,3% sur un mois), portées par la hausse du blé (+2,5%). Les prix de la céréale du pain sont soutenus par “un potentiel intérêt de la Chine” pour les productions américaines, la “poursuite des hostilités” en mer Noire et “une diminution attendue des semis en Russie”.L’ensemble des autres productions voient leurs prix refluer.Le prix des huiles végétales, qui était en octobre au plus haut depuis l’été du fait de commandes de biocarburants et de retards de récoltes, baisse de 2,6% en novembre en raison d’une baisse des cotations de l’huile de palme, de colza et de tournesol. L’huile de soja demeure “soutenue par une forte demande du biodiesel, notamment au Brésil”.Les prix de la viande évoluent peu (-0,8%) alors que ceux des produits laitiers reculent de 3,1% en novembre, “sous l’effet d’une baisse des cotations du beurre et de la poudre de lait entier”, liée à une augmentation de la production mondiale et des disponibilités exportables.Le prix du sucre chute de près de 6% en un mois, en raison notamment des abondantes productions attendues au Brésil, en Inde et en Thaïlande.

En RDC, des quartiers submergés par les eaux “acides” de l’industrie minière

Son champ desséché est envahi de détritus charriés par des eaux polluées et la petite fille dans ses bras est couverte de boutons: à Lubumbashi, capitale minière de la RDC, des milliers de Congolais se disent victimes des rejets toxiques de l’industrie minière.Hélène Mvubu raconte subir depuis des années les effets des inondations d’eaux contaminées déversées par Congo Dongfang Mining (CDM), entreprise minière chinoise qui traite des minerais de cuivre et de cobalt dans les quartiers périphériques de la capitale de la province du Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC).”La nourriture que nous préparons devient amère, nos sources d’eau sont polluées”, déplore cette agricultrice en arpentant sa parcelle située dans le quartier de Kamatete, où la canne à sucre jaunit sur pied. Les puissances mondiales, notamment la Chine et les Etats-Unis, se livrent à une course aux minerais stratégiques en RDC, dont le sous-sol fournit plus de 70% du cobalt mondial, essentiel à la fabrication de batteries électriques et d’armement. Mais leur extraction est accusée de provoquer de graves dégâts sur l’environnement.Le champ d’Hélène Mvubu se trouve en plein sur la voie de ruissellement des eaux de l’usine chinoise, dont la silhouette métallique s’élève à environ 2 km, au sommet d’une hauteur surplombant les quartiers résidentiels de Kamatete, Kasapa et Kamisepe.L’ampleur de la pollution reste inconnue et la vaste concession de CDM, entourée d’un mur de béton et gardée par des policiers, est impénétrable. Seul constat: dès que les pluies arrivent, de grandes quantités d’eau rouge jaillissent de quatre bouches d’évacuation creusées sous l’enceinte.Habitants et représentants de la société civile interrogés par l’AFP accusent CDM de profiter depuis des années des périodes de pluie pour déverser des eaux usées issues du traitement des déchets miniers.Début novembre, des milliers de mètres cube d’eau rougeâtre ont déferlé une nouvelle fois du site de l’entreprise chinoise pendant deux jours. Et ce alors qu’aucune pluie n’était tombée.Cette fois, l’inondation a suscité une telle indignation que les autorités congolaises ont dû agir en suspendant les activités du site et en désignant une commission d’enquête. Une décision rare dans un pays où les entreprises minières, notamment chinoises, opèrent généralement impunément et en toute opacité, souvent avec la complicité d’administrations locales.- “Ouvert les vannes” -“Tout le monde était étonné de voir que les eaux nous envahissaient alors qu’il n’avait pas plu”, relève Hortance Kiluba, habitante de Kamitete occupée à laver son linge.Selon Joseph Kongolo, membre de la commission d’enquête et coordinateur provincial de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), la société chinoise “a été trompée par la météo et a ouvert les vannes avant la tombée des pluies”, rendant la supercherie évidente.CDM a cependant affirmé que cette inondation avait été causée par la rupture accidentelle d’un bassin de rétention.Selon plusieurs membres de la commission d’enquête, la pollution autour du site remonte toutefois à plusieurs années.Aucune étude de toxicité des eaux déversées n’a encore été rendue publique, mais les habitants rencontrés par l’AFP disent avoir depuis longtemps remarqué leur nocivité.Sur le marché local, Martiny, vendeuse de fruits et légumes, montre ses pieds et ses mains “abimés”, selon elle, par cette eau “acide”.Le marché a été entièrement inondé début novembre. La cargaison de poissons séchés de Martiny, trempée et immangeable, pourrit encore dans une bassine.Pour calmer la colère, des employés de CDM ont distribué masques et bouteilles d’eau aux riverains. Leurs pelleteuses s’activent par ailleurs pour refaire un tronçon de route défoncée par les eaux.”C’est de la décoration”, fustige un chef de quartier affirmant sous couvert de l’anonymat que la compagnie chinoise a payé certains responsables locaux pour faire admettre aux communautés la théorie d’un accident.- “Responsabilités partagées” -Un représentant de CDM contacté par l’AFP nie toute négligence de l’entreprise, assurant que les rejets “sont traités sur le site” et qu’il “ne peut donc y avoir eu de pollution antérieure” à novembre.La filiale de la multinationale chinoise Zheijang Huayou Cobalt est depuis longtemps dans le collimateur des organisations locales de défense des droits.Me Hubert Thiswaka, représentant de l’Institut des recherches en droits humains (IRDH) et lui aussi membre de la commission d’enquête, bataille depuis plusieurs années pour que CDM respecte ses obligations sociales et financières prévues par la loi: paiement de la redevance minière, construction d’hôpitaux et d’écoles…”Curieusement, CDM a eu toute les autorisations pour s’installer au sommet de cette colline”, d’où les pluies ruissellent naturellement vers les quartiers en contrebas, dit-il.Si la société minière a démontré un “mépris des normes élémentaires” avec des “répercussions graves sur l’environnement”, les “responsabilités sont partagées”, a admis publiquement le ministre des Mines Louis Watum Kabamba, à l’issue des travaux de la commission. “Notre administration aurait dû jouer son rôle”.

Budget de la sécu: “pas d’autre horizon” que de le voter, dit le gouvernement

Le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a estimé vendredi qu’il n’y avait “pas d’autre horizon” que d’avoir “un budget de la Sécurité sociale qui soit voté mardi”, évoquant “un moment de grande gravité”.”On peut trébucher à chaque instant et c’est pour ça que c’est un moment de grande gravité. C’est pour ça que le Premier ministre lui-même vient au banc et y passe des heures”, a déclaré le ministre sur Franceinfo, à propos du texte actuellement examiné en deuxième lecture, dont l’adoption s’annonce périlleuse, à commencer par le volet recettes vendredi.Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui refuse d’employer le 49.3 pour imposer l’adoption du texte sans vote, comme il l’a promis au début de son parcours parlementaire, a annulé plusieurs rendez-vous jeudi pour consacrer sa journée au dossier.Interrogé sur la possibilité que le budget de la Sécu soit rejeté par l’Assemblée, Laurent Panifous a regretté “une petite musique que nous entendons depuis maintenant quelques jours qui est de dire +finalement, ne pas voter le budget de la Sécurité sociale, c’est pas si grave+”.”Qu’est-ce qui aura changé en janvier, février ou mars ? Quelles seraient les concessions supplémentaires qui pourraient être faites sans faire craquer un côté ou l’autre de l’hémicycle ?” a fustigé Laurent Panifous, à l’adresse des anciens Premiers ministres Édouard Philippe (Horizons) et Michel Barnier (LR), qui estiment à ce stade ne pas pouvoir voter le texte, alors même que leur camp appartient au gouvernement.”Il y a des gens qui veulent trouver des solutions, à condition qu’on les écoute, à condition qu’on cherche des compromis, parfois du côté droit, parfois du côté gauche”, a poursuivi l’ancien président du groupe indépendant Liot, qui reconnaît que “c’est pour ça que c’est un exercice difficile, c’est pour ça que nous ne sommes sûrs de rien”.Le ministre a tenu à rappeler la complexité de la procédure en cas de rejet vendredi sur la partie recettes ou mardi sur le texte entier, car il “partirait au Sénat, et la seule issue possible, qui paraît hautement improbable, serait que le texte du Sénat et celui de l’Assemblée soient identiques”. Il a ainsi estimé que “l’on pourrait considérer que nous n’aurions pas de budget de la Sécurité sociale”.

Netflix en “négociations exclusives” pour racheter Warner Bros Discovery

Netflix, le géant du streaming, est entré en “négociations exclusives” pour acquérir le studio de cinéma et de télévision Warner Bros Discovery, ont rapporté vendredi les médias américains.Netflix a proposé l’offre la plus élevée pour acquérir le groupe dans une transaction évaluée à 28 dollars par action. Les deux groupes doivent officialiser l’information de façon imminente, assure le Wall Street Journal. Avec Warner Bros Discovery (WBD), Netflix mettrait la main sur un immense catalogue de films mais aussi sur son prestigieux service de streaming HBO Max. Si Netflix et WBD parviennent à un accord, ce serait la plus grosse opération de consolidation dans le domaine du divertissement depuis le rachat de Fox par Disney, pour 71 milliards de dollars en 2019.La valorisation boursière de Warner Bros Discovery tourne autour de 60 milliards de dollars selon Bloomberg, qui a révélé l’information. Mais son conseil d’administration souhaiterait un chiffre autour de 75 milliards de dollars, hors dette.Paramount Skydance et l’opérateur Comcast étaient également en lice pour le rachat de WBD.La bataille du streaming et la décroissance de la télévision traditionnelle entraînent des réorganisations stratégiques majeures chez les grands acteurs américains.Pour rivaliser avec Netflix et Disney, les concurrents cherchent à s’unir pour se renforcer dans le streaming et améliorer leur rentabilité.Selon le New York Post, des responsables de la Maison Blanche se seraient récemment inquiétés de cette possible acquisition de WBD par Netflix. Elle confèrerait à la plateforme vidéo, selon eux, une position dominante sur le marché américain des contenus.”Le vainqueur va orienter la manière dont les plus gros films d’Hollywood sont distribués et comment les annonceurs s’y adaptent”, a commenté dans une note Jeremy Goldman, analyste du cabinet Emarketer.Lors d’un entretien au podcast “The Town”, mis en ligne vendredi dernier, le réalisateur James Cameron (“Avatar” et “Titanic” notamment) s’était dit opposé à cette absorption, au motif que les dirigeants de ce dernier privilégient leur plateforme au détriment des salles de cinéma.

MaPrimeRénov’: les conseillers en rénovation énergétique craignent pour leur avenir

Depuis les déboires de MaPrimeRénov’ avant l’été, les professionnels qui accompagnent les particuliers souffrent de la chute du nombre des demandes d’aides à la rénovation énergétique globale et sont contraints de tailler dans leurs effectifs.Obligatoires depuis 2024 pour toute demande de subvention de rénovation d’ampleur, les accompagnateurs Rénov’ (MAR) se sont développés partout en France, aidés et agréés par l’Agence nationale de l’habitat (Anah), pour suivre l’engouement des ménages pour la rénovation énergétique.Mais depuis le printemps dernier, cette dynamique est “cassée”, en raison de la fermeture du guichet MaPrimeRénov’ pendant trois mois cet été et des changements de règles qui créent beaucoup d’incertitudes chez les particuliers, affirme à l’AFP Sebastian Ruiz, président de la communauté des MAR. Alors que l’Anah recevait autour de 10.000 nouvelles demandes d’aides MaPrimeRénov’ pour des rénovations d’ampleur chaque mois avant mai 2025, seulement 6.898 dossiers ont été déposés depuis la réouverture du guichet le 30 septembre, dont une grande partie avait passé l’été à attendre. A titre personnel, Sebastian Ruiz obtenait en moyenne “10 nouveaux projets par mois” jusqu’à mars 2025. “Maintenant c’est à peine un projet par mois, donc 90% de moins de prospects”, explique cet architecte de métier. Le constat est du même ordre de grandeur pour Camille Thomas, présidente de l’entreprise Assistant Rénov: une baisse de 80% de l’activité de MAR et une baisse des effectifs dédiés. Egalement à la tête du réseau de professionnels Renomar, elle affirme à l’AFP que “l’ensemble des adhérents sont en difficulté, avec plus ou moins d’intensité”. – 1.500 emplois menacés -Parmi les 600 MAR qui ont répondu à un questionnaire de Renomar en octobre, 71% ont “déjà été contraints de prendre des mesures RH à la suite de la suspension” du guichet, et le tiers restant compte prendre des mesures dans les prochains mois. La moitié des accompagnateurs ont licencié du personnel, ou envisagent de le faire. Selon les estimations de Renomar, cela représente 200 emplois supprimés et une baisse de 20% des effectifs en 4 mois, au sein du réseau qui compte 1.000 adhérents. “Il est probable que ce nombre double d’ici janvier si la dynamique actuelle se maintient”, s’inquiète Rénomar, qui calcule que 1.500 emplois sont menacés à l’échelle de toute la filière des MAR. Le principal problème évoqué par les MAR est le délai d’octroi de subvention par l’Anah et le versement du solde après travaux. Vient ensuite la difficulté de trouver de nouveaux clients. Au sein de la communauté des MAR, ce serait même un emploi (équivalent temps plein) sur deux qui serait en péril, selon Sebastian Ruiz. “Il y a des entreprises qui se sont créées en 2025, qui ont investi dans du recrutement, des locaux, de la formation, qui ont emprunté et tout d’un coup ils se sont retrouvés en négatif et sans activité”, rapporte Sebastian Ruiz, qui estime que cette situation concerne “plus de 50” de ses 200 adhérents. L’effondrement du marché touche aussi les “acteurs historiques”, les bureaux d’études et cabinets de conseil qui travaillent avec les collectivités locales sur la rénovation de l’habitat et sont regroupés au sein de l’association des consultants en aménagement et développement des territoires (Acad). “On arrête de recruter sur des missions 100% MAR” et “les équipes sont mobilisées sur d’autres missions d’amélioration du logement”, explique Julien Fortin, chargé des relations publiques de l’Acad.Pour 2026, c’est encore l’incertitude. “Si le marché ne reprend pas très tôt et si le gouvernement et l’Anah n’envoient pas des messages forts, ça va être la catastrophe”, alerte Camille Thomas. Premier message du gouvernement, loin d’être positif, le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun a déclaré jeudi devant des députés que MaPrimeRénov’ devrait “probablement poursuivre en 2026” avec des critères restreints, semblables à ceux actuellement en vigueur, c’est-à-dire des aides recentrées “sur des foyers très modestes et modestes”. Cela exclurait la réouverture des aides pour les ménages intermédiaires et supérieurs. 

En Tanzanie, tourisme au ralenti après les massacres des élections

Plages de sable blanc désertes, bateaux de plaisance désespérément amarrés dans les eaux turquoise de Zanzibar… En Tanzanie, la fréquentation touristique a fortement ralenti après les manifestations antipouvoir réprimées dans le sang il y a un mois.Le pays d’Afrique de l’Est a sombré dans la violence le 29 octobre, à l’occasion d’élections législatives et présidentielle jugées frauduleuses par des observateurs étrangers. Plus de 1.000 personnes, dont des manifestants hostiles au pouvoir, ont été tuées des jours durant par les forces de sécurité, selon l’opposition et des défenseurs des droits humains.Les autorités tanzaniennes ont jusqu’ici refusé de communiquer tout bilan humain. Au pire des violences, elles ont bloqué internet, paralysant le pays, mais entravant aussi les touristes de passage, parfois contraints de dormir dans des aéroports.Dans les derniers jours de novembre, alors que l’AFP visite l’archipel de Zanzibar, il faut donc arpenter avec détermination les ruelles escarpées de sa capitale, Stone Town, pour dénicher quelques visiteurs.”Nous sommes venus malgré (les violences) car nous n’allons pas dans les grandes villes”, où la répression s’est exercée, résume Amaia, une Espagnole.Les Français Jérémy Fuzel et Alexandra Gonzalez, qui devaient initialement découvrir la Tanzanie avec leur fille de 5 ans au moment des manifestations, ont finalement décalé leur séjour. “Je ne pense pas qu’il y ait un impact (sécuritaire) réel sur nous étrangers”, estime le père de famille.- “Morceaux de cadavres” -Des mots que ne renieraient pas les autorités tanzaniennes, alors que le tourisme est devenu l’an passé la première source de devises étrangères du pays, générant près de 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros).”Notre nation reste pacifique, calme et ouverte à tous ceux souhaitant visiter ses beautés”, affirmait en novembre le porte-parole du gouvernement Gerson Msigwa. “Ignorez s’il vous plaît toute désinformation visant à vous éloigner des expériences inoubliables qui vous attendent ici.”Des défenseurs des droits humains tanzaniens appellent les étrangers à délaisser leur pays.”Tout touriste (…) profite au gang illégitime et meurtrier qui a tué des milliers de personnes”, a averti sur X la célèbre militante tanzanienne Maria Sarungi Tsehai.”Si vous faites de la plongée ou que vous nagez”, poursuit-elle, “vous pourriez trouver des morceaux de cadavres, car nous avons reçu des informations crédibles faisant état de corps jetés dans l’océan Indien.”Conséquence ou non de ces appels, Nazir Adam, bijoutier à Zanzibar, estime recevoir moitié moins de touristes que d’habitude dans son magasin. “Parfois, il y a quelques jours creux. Mais pas deux semaines d’affilée comme ça”, déplore-t-il, un phénomène selon lui lié à la situation politique.Même son de cloche à Arusha, ville au pied du Kilimandjaro, où un gérant d’hôtel regrette que moins de 30% de son établissement soit actuellement occupé, contre 60 à 70% habituellement en cette saison.Quelque “150 réservations et quatre évènements internationaux prévus en décembre ont été annulés”, se désole-t-il sous couvert d’anonymat, craignant que parler à l’AFP ne lui crée des problèmes dans un pays où la liberté de parole se réduit drastiquement.Officiellement, le président de l’Association tanzanienne des tour-opérateurs (Tato), Wilbard Chambulo, se dit toutefois satisfait. “80% du chiffre d’affaires se fait de juin à octobre, donc pour nous l’année est terminée”, affirme-t-il à l’AFP. – “Destinations alternatives” -Selon plusieurs experts, le record de fréquentation établi en 2024, avec plus de 2,1 millions de touristes internationaux recensés, sera difficilement égalé.”L’élément déterminant, c’est la sécurité des biens et des personnes”, estime Didier Arino, directeur général du cabinet Protourisme. Donc au moindre problème, des “destinations alternatives” sont poussées par les tour-opérateurs, décrit-il.L’Union européenne a en outre placé en juin tous les transporteurs aériens de Tanzanie sur sa liste des compagnies à risque, rendant ce vaste pays moins aisé à parcourir. Le gouvernement a, lui, décidé de plusieurs taxes frappant les touristes, en décourageant certains.”Entre les compagnies aériennes blacklistées et les émeutes, pas mal de nos compatriotes ont décidé de ne pas y aller, certains reportant leur voyage à une date ultérieure, quand d’autres ont trouvé autre chose”, remarque Patrice Caradec, le président du Seto, une organisation de tour-opérateurs en France.Alors que la Tanzanie “cartonnait”, malgré son coût élevé d’au moins 2.000 euros par personne par séjour, la destination est passée de 10% de croissance annuelle chez les voyageurs français à 15 à 18% de baisse cet été par rapport au précédent, poursuit-il, ce que les tueries d’il y a un mois ne devraient améliorer.Des manifestations sont en outre prévues le 9 décembre, que le gouvernement tanzanien tente d’empêcher, juste avant les vacances de Noël, second pic touristique de l’année. “La Tanzanie, ce n’était pas le succès de l’été”, commente M. Caradec. “Et ce ne sera pas le succès de l’hiver.”strs-jf/jcp/mba