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Les petits colis chinois entrant dans l’UE seront taxés 3 euros à partir de juillet 2026

Trois euros à compter du 1er juillet 2026: les Etats européens se sont entendus vendredi sur la taxation des petits colis importés dans l’Union européenne, une mesure qui vise à contrer l’afflux de produits chinois à bas prix sur le marché européen.Voici comment cette taxe s’appliquera, selon un porte-parole du Conseil:- Tous les paquets seront au minimum taxés 3 euros- Si un colis contient plusieurs exemplaires d’un même article (un même t-shirt par exemple), la taxe ne s’appliquera qu’une fois.- Si le paquet contient plusieurs produits différents (un jean et un t-shirt par exemple), il faudra payer 3 euros par produit.”Cette mesure temporaire répond au fait qu’actuellement, ces colis sont importés dans l’UE sans subir de droits de douane, ce qui entraîne une concurrence déloyale pour les vendeurs européens, des risques pour la santé et la sécurité des consommateurs, des niveaux élevés de fraude et des inquiétudes pour l’environnement”, a souligné le Conseil, qui représente les 27 Etats membres. Quelque 4,6 milliards d’envois d’une valeur inférieure à 150 euros sont entrés sur le marché européen en 2024, soit plus de 145 chaque seconde. Sur ce total, 91% provenaient de Chine.Il y a un mois, les ministres des Finances européens avaient approuvé la suppression dès l’an prochain de l’exonération de droits de douane dont bénéficient depuis longtemps ces “petits colis”.Une mesure qui vise à lutter contre le déferlement de produits chinois à bas prix, achetés sur des plateformes asiatiques comme Shein, Temu ou AliExpress.Cet afflux de paquets importés sans aucun droit de douane est dénoncé avec plus en plus de vigueur comme une forme de concurrence déloyale par les producteurs et les commerçants européens.De plus, la masse de colis arrivant en Europe est telle que les douaniers sont fréquemment dans l’incapacité de contrôler leur conformité.Difficile dans ces conditions d’intercepter les produits dangereux ou contrefaits avant qu’ils n’arrivent dans les mains des consommateurs.- Une bataille menée par la France -“L’instauration d’un montant forfaitaire sur les petits colis est une victoire majeure pour l’Union européenne”, a salué le ministre français de l’Economie Roland Lescure, qui a porté ce combat à Bruxelles.La France, en plein bras de fer avec le géant de l’e-commerce d’origine chinoise Shein, après le scandale de la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine et d’armes de catégorie A, est en pointe dans ce dossier.La mesure était en fait déjà prévue dans le cadre de la réforme de l’Union douanière (le système douanier européen), mais celle-ci ne doit s’appliquer qu’en 2028.Les ministres de l’Economie de l’UE se sont donc entendus à Bruxelles sur un dispositif transitoire, qui s’appliquera à partir du 1er juillet prochain, et jusqu’à l’entrée en vigueur d’une solution pérenne qui devrait accompagner ou précéder la réforme douanière.La France avait proposé à ses partenaires d’imposer une “taxe forfaitaire”, c’est à dire d’un montant fixe, plutôt qu’une taxe proportionnelle comme le préconisait la Commission européenne. Et c’est l’option défendue par Paris, beaucoup plus dissuasive, qui a été validée.- Une première étape -En revanche, la mesure ne s’appliquera qu’en juillet, alors que Paris militait pour une entrée en vigueur dès le premier trimestre.Mettre en place un système transitoire “n’est pas simple, car nous devons le faire avec nos moyens existants”, en attendant la plateforme de données, avait expliqué en amont un diplomate européen.La taxation des petits colis n’est qu’une première étape d’une offensive de l’UE contre l’avalanche de produits chinois qui entrent sur son territoire : elle devrait s’accompagner de l’instauration à partir de novembre 2026 de frais de traitement sur ces même colis valant moins de 150 euros. Bruxelles a proposé en mai de les fixer à deux euros par paquet.Cette somme aidera à financer le développement des contrôles, et contribuera selon l’UE, avec la perception des droits de douane, à rééquilibrer les règles du jeu entre les produits européens et la concurrence “made in China”. En outre,  plusieurs pays membres, comme la France et l’Italie, ont déjà annoncé la mise en place de tels frais de traitement à l’échelle nationale. 

Ariège: l’abattage des bovins a débuté dans la ferme où un cas de dermatose a été détecté

Après deux jours de mobilisation d’agriculteurs contre la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), les services vétérinaires ont commencé vendredi à abattre les 207 vaches d’un élevage d’Ariège sous la protection des gendarmes mobiles, après des incidents la veille dans cette ferme.Vendredi matin, aux alentours de 10h30, les premières vaches ont été abattues et chargées par un engin dans un des camions benne devant les conduire dans un centre d’incinération, a constaté le journaliste de l’AFP. Une demi-heure plus tard, le premier camion a quitté la ferme.Jeudi soir, les gendarmes ont délogé par la force quelques centaines de manifestants qui bloquaient l’accès à l’exploitation avec des dizaines de tracteurs et des troncs d’arbres en travers de la route étroite et sinueuse, au pied des Pyrénées.L’intervention des gendarmes en tenue anti-émeutes, appuyés par des véhicules blindés Centaures, a été émaillée d’incidents entre les forces de l’ordre et les manifestants. Des journalistes de l’AFP sur place ont assisté à des jets de pierre et de grenades lacrymogènes entre les deux positions.Vers 23h00, les forces de l’ordre ont pris le contrôle de l’exploitation et les manifestants se sont dispersés, essentiellement des fermiers affiliés à la Coordination rurale (CR) ou à la Confédération paysanne, mais aussi quelques militants “d’ultragauche”, selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. – Quatre interpellations -Quatre personnes ont été interpellées jeudi soir lors de l’opération dans le village des Bordes-sur-Arize, mais une seule restait en garde à vue vendredi matin, selon le parquet de Foix.”On agit pour éviter qu’il y ait une maladie qui se propage qui causerait des dégâts terribles dans l’élevage bovin”, a déclaré sur RTL M. Nuñez.Pour Guilhem Boudin, 56 ans, ancien céréalier en Ariège, l’un des rares manifestants présents vendredi matin autour de la ferme, “on est en train de faire quelque chose de stupide. Une bête était réellement malade. Elle est morte et au lieu de faire un ciblage en fonction des bêtes malades et d’abattre au fur et à mesure, ils veulent tout abattre”, a-t-il regretté.Vendredi matin, il n’y avait plus qu’une dizaine de manifestants mais plus aucun tracteur à proximité de la ferme, dont l’accès est toujours restreint par plusieurs véhicules de la gendarmerie mobile.”On s’est pris pas loin de mille grenades sur la gueule. C’est la manière dont on nous traite, comme de la merde”, a regretté auprès de l’AFP Lionel Candelon, président de la CR du Gers.Des agriculteurs restent mobilisés dans le Sud-Ouest contre la gestion de la stratégie du gouvernement face à la DNC, mais aussi pour d’autres raisons.- Vaccination étendue -A Agen, des manifestants ont déversé de nombreux déchets dans la nuit de jeudi à vendredi devant des bâtiments administratifs. La CR du Lot-et-Garonne, qui s’est aussi mobilisée jeudi aux Bordes-sur-Arize, avait qualifié la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, de “pompier pyromane”.En Lozère, un barrage filtrant a été établi sur l’A75 Clermont-Béziers dans la nuit de jeudi à vendredi.Alors que les manifestants réclament une vaccination préventive élargie du cheptel, le ministre du Commerce Serge Papin a estimé vendredi que “la solution, c’est le vaccin”.”On ne résoudra que par la vaccination”, a-t-il affirmé sur Europe 1. “Tout le monde est de bonne foi dans cette affaire. L’Etat doit prendre une décision et protéger l’essentiel”, a-t-il dit.En Ariège, le préfet a annoncé jeudi qu’une campagne de vaccination des 33.000 bovins du département allait débuter en fin de semaine prochaine.Le gouvernement a étendu vendredi les zones de vaccination obligatoire en Occitanie.”Face à la dégradation soudaine de la situation sanitaire, le ministère chargé de l’Agriculture a décidé d’étendre le dispositif de lutte en instaurant une zone vaccinale couvrant les départements de l’Aude, de la Haute-Garonne, du Gers, des Pyrénées-Atlantiques (à l’exception des communes déjà situées en zone règlementée)”, a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué de presse vendredi.Dans un communiqué séparé, le préfet des Pyrénées-Atlantiques cite aussi le département des Landes parmi ceux qui font l’objet de l’extension de la zone vaccinale.

Brandt: le gouvernement veut croire à un “projet alternatif”

Opération sauvetage, acte II : au lendemain de la décision de liquidation du groupe Brandt et de quelque 700 emplois, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a assuré que le gouvernement croyait en la possibilité d’un “nouveau projet” industriel pour la région, dans un autre domaine que l’électroménager.”Je ne laisse pas tomber le sujet Brandt”, a déclaré le ministre vendredi sur TF1, soulignant qu'”il y a un site industriel qui est présent, il y a des savoirs-faire qui sont présents et donc la capacité d’imaginer un nouveau projet industriel sur ce site”.”Ce ne sera pas forcément bien entendu dans le secteur de l’électroménager puisque pour Brandt c’est fini”, a toutefois précisé le cabinet du ministre dans la foulée, “mais ça peut être dans d’autres secteurs”.Le centre Val-de-Loire, où se trouve les deux usines du groupe, près d’Orléans (Loiret) et à Vendôme (Loir-et-Cher)est une région “dont l’ADN est très, très marqué par les industries de l’armement”, a déclaré à l’AFP le président de la région, François Bonneau.Il se demande s’il n’y aurait “pas la possibilité de mettre en place une fabrication de drones”.”Il y a là un patrimoine industriel qui est tout à fait intéressant sur deux sites”, a-t-il ajouté, soulignant qu'”au-delà du foncier, il y a des machines, il y a des lignes de production, des chaînes de production”.Le tribunal des activités économiques de Nanterre a prononcé jeudi la liquidation judiciaire du groupe centenaire d’électroménager Brandt, qui employait 700 personnes, notamment près d’Orléans, où se trouve le principal site industriel du groupe, avec 350 salariés.La justice a ainsi rejeté un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, qui devait permettre de sauver au moins 370 emplois.Mais, tout en se voulant “prudent”, le ministre des PME, Serge Papin, a estimé qu’il “reste encore une possibilité après la liquidation judiciaire”, compte tenu de la vingtaine de millions d’euros mobilisés par l’Etat et les collectivités pour soutenir le projet de Scop : “on sait qu’il y a des expériences qui ont été réussies avec les Scop. Je pense notamment à Duralex”, a déclaré M. Papin.”D’ici la fin de l’année, on va se revoir avec les acteurs locaux pour essayer de rebâtir un projet. Un autre projet peut-être, un projet sérieux, tout aussi sérieux que celui-ci, avec plus d’investisseurs privés sans doute aussi”, a ajouté M. Martin.- Un “rebond” mais “sur le temps long” -Bercy souhaite “capitaliser sur la dynamique qui a été engagée”, mais en “prenant le temps de le définir d’abord de manière concertée et que ce projet soit le plus solide, pérenne possible”, a indiqué le cabinet de Sébastien Martin, qui a indiqué souhaiter un “rebond”, tout en évoquant une réflexion “sur le temps long”.”On a besoin d’agir et d’agir vite, c’est la détermination de la région”, a déclaré pour sa part, François Bonneau.En attendant, l’Etat “accompagnera les salariés pour faire en sorte que ce plan social soit bien construit”, a-t-il assuré, ajoutant compter sur les entreprises “dynamiques” du bassin d’emploi d’Orléans, pour permettre à des salariés de Brandt de retrouver un emploi.A l’annonce de la décision du tribunal, jeudi, le ministre de l’Economie et des Finances, Roland Lescure, et Sébastien Martin, ont rappelé que l’Etat et les collectivités avaient mobilisé une vingtaine de millions d’euros, et déploré que “les autres acteurs indispensables” n’aient “pas souhaité se positionner pour sauver Brandt”, désignant, sans les nommer, les banques.”Il y a eu peu de partenaires bancaires, c’est vrai”, a déclaré vendredi Sébastien Martin, qui aurait souhaité que, “face à l’urgence de la situation, on se dise que les procédures habituelles, on pouvait faire un peu mieux, un peu plus vite”.La CGT Métallurgie a appelé vendredi “l’ensemble des salariés à poursuivre la mobilisation”, demandant “au procureur de la République de faire appel de cette décision” et à l’Etat, “au-delà des discours”, de s’engager “pour maintenir l’activité de cette entreprise centenaire et garantir l’ensemble des emplois actuels”.

Nucléaire: feu vert pour l’exploitation de l’EPR de Flamanville à pleine puissance (ASNR)

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASNR) a donné vendredi son feu vert à l’énergéticien EDF pour augmenter au-delà de 80% la puissance du réacteur EPR de Flamanville (Manche), ouvrant la voie à une exploitation à pleine puissance après des années d’attente.L’ASNR a indiqué vendredi sur son site internet n’avoir “pas mis en évidence d’élément susceptible de remettre en cause la possibilité de poursuivre la montée en puissance” du très attendu réacteur “Flamanville 3”, qui avait atteint pour la première fois le seuil de 80% de sa puissance mi-novembre.Le feu vert du gendarme de la sûreté nucléaire “permet à EDF de poursuivre la montée en puissance du réacteur” jusqu’à la puissance maximale et de “terminer le programme d’essais de démarrage”, déclare l’ASNR vendredi. “Les équipes de Flamanville 3 lancent les opérations de montée en puissance”, a réagi vendredi EDF auprès de l’AFP. “Les équipes sont mobilisées pour amener le réacteur à 100% de puissance d’ici la fin de l’automne”, conformément aux annonces faites précédemment.En novembre, l’énergéticien avait aussi annoncé une “visite complète” du site, impliquant l’arrêt complet du réacteur pendant 350 jours à compter du 26 septembre 2026. A cette occasion, le couvercle de la cuve, concerné par des anomalies connues de longue date, sera remplacé, justement à la demande de l’ASNR.Flamanville 3, premier réacteur nucléaire à démarrer depuis 25 ans en France, a été raccordé au réseau électrique le 21 décembre 2024, avec 12 ans de retard par rapport à la date prévue.Ses coûts ont explosé par rapport au devis initial de 3,3 milliards d’euros, estimés désormais par la Cour des Comptes aux alentours de 23,7 milliards d’euros aux conditions de 2023.L’EPR, construit face à la Manche au côté de deux autres réacteurs, est le plus puissant du parc nucléaire français et doit pouvoir alimenter deux millions de foyers. Mais sa puissance théorique d’abord annoncée à 1.620 MW, reste à confirmer.Dans un rapport du 30 septembre, la Commission de régulation de l’énergie (CRE), avait en effet révélé qu’EDF lui avait communiqué une hypothèse de puissance maximale de 1.585 MW. En novembre, EDF a précisé qu’il s’agissait du “bas de la fourchette”, disant espérer atteindre les 1.620 MW. La puissance d’un réacteur, une donnée importante pour estimer sa capacité de production électrique, dépend de facteurs météorologiques influençant la température des eaux de refroidissement, mais aussi de réglages et d’optimisations. 

Litige entre Google et sa filiale russe: une saisie conservatoire de 110 millions d’euros réalisée en France

Une saisie conservatoire de plus de 110 millions d’euros d’avoirs appartenant à Google a été réalisée en France mercredi, en application d’une décision de justice russe, a appris l’AFP auprès d’un avocat représentant Google Russie en France.Selon plusieurs documents consultés par l’AFP, des actions et des créances de Google France appartenant à la société mère Google ont été saisies mercredi par la voie de commissaires de justice mandatés par Google Russie.Sollicité par l’AFP, le groupe Google n’a pas répondu.Selon l’avocat William Julié, qui représente en France les intérêts de Google Russie et de ses liquidateurs, cette saisie conservatoire permet à la filiale de garantir la disponibilité des fonds, dans l’attente d’une décision de la justice française.D’après l’avocat, des procédures similaires ont été engagées en Espagne, au Brésil et en Turquie. “L’idée, c’est d’aller chercher les créances ou les actions de Google, en tant que maison mère, dans les filiales” du groupe dans plusieurs pays, détaille Me Julié auprès de l’AFP.Cette saisie conservatoire survient dans le cadre d’un litige entre le liquidateur de la filiale russe de Google et la maison mère, et alors que le dossier n’est pas encore arrivé devant la justice française. Avec cette procédure, les liquidateurs de la filiale russe, qui représentent désormais la société déclarée en faillite en 2023, tentent de faire appliquer une décision prononcée par la justice russe à l’été 2024. Cette dernière avait invalidé un paiement d’un montant de 9,5 milliards de roubles (environ 110 millions d’euros) envoyé en 2021 par la filiale russe à la société mère. Un virement qualifié par William Julié de “siphonnage de fonds” de la filiale.L’avocat pointe une modification unilatéralement décidée par la maison mère en 2018 du contrat qui liait les deux sociétés, et qui a eu pour conséquence d’augmenter significativement les fonds transférés par Google Russie. “On va maintenant engager une procédure de fond” devant la justice, ajoute Me Julié, afin de faire reconnaître la décision russe.

Dermatose: extension de la vaccination en Occitanie, sur fond de colère agricole

Le gouvernement a étendu vendredi les zones de vaccination obligatoire en Occitanie face “à la dégradation soudaine de la situation sanitaire”, dans un contexte de colère d’éleveurs contre la stratégie d’abattage de troupeaux jusqu’ici déployée.Alors que les manifestants réclament une vaccination préventive élargie du cheptel, le ministre du Commerce Serge Papin a estimé vendredi que “la solution, c’est le vaccin””On ne résoudra que par la vaccination”, a-t-il affirmé sur Europe 1. “Tout le monde est de bonne foi dans cette affaire. L’Etat doit prendre une décision et protéger l’essentiel”, a-t-il dit.Mardi, un cas de dermatose nodulaire contagieuse a été détecté en Ariège. Le lendemain, un autre l’a été dans les Hautes-Pyrénées. Ce sont les premiers recensés dans ces départements depuis la détection du premier foyer en Savoie fin juin.”Face à la dégradation soudaine de la situation sanitaire, le ministère chargé de l’Agriculture a décidé d’étendre le dispositif de lutte en instaurant une zone vaccinale couvrant les départements de l’Aude, de la Haute-Garonne, du Gers, des Pyrénées-Atlantiques (à l’exception des communes déjà situées en zone règlementée)”, a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué de presse vendredi.Désormais, la vaccination de tous les bovins y est obligatoire et ils ne peuvent sortir de la zone vaccinale, sauf vers un abattoir, précise le ministère.Dans un communiqué séparé, le préfet des Pyrénées-Atlantiques cite aussi le département des Landes parmi ceux qui font l’objet de l’extension de la zone vaccinale.En Ariège, les agriculteurs sont toujours mobilisés contre la décision d’abattre un troupeau de vaches de la ferme où un cas de DNC a été détecté.La stratégie mise en place depuis l’apparition de la DNC en juin implique l’abattage de toutes les bêtes des foyers affectés, des restrictions de mouvements des troupeaux et une “vaccination d’urgence” de tous les bovins dans la zone concernée.Mais les opposants à cette stratégie, soutenus par la Coordination rurale et la Confédération paysanne, dénoncent un protocole “injuste et inefficace” et réclament une vaccination élargie.Le puissant syndicat FNSEA, qui a jusqu’ici soutenu le choix gouvernemental, redoutant qu’une vaccination prive la France de son statut “indemne” et donc de sa capacité à exporter, a semblé jeudi infléchir cette position.Son président Arnaud Rousseau a annoncé jeudi soir dans une vidéo à ses adhérents avoir demandé à Mme Genevard une “extension de la zone vaccinale au-delà des zones règlementées”.Lors d’un comité spécial rassemblant tous les acteurs du dossier, le gouvernement a lancé mardi la “réflexion” sur la stratégie vaccinale à adopter en 2026.Apparue en juin en France, la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est non transmissible à l’humain mais peut entraîner la mort des animaux.Le ministère estime que la situation est “stabilisée” dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Au Kazakhstan, l’essor des “Nouvelles routes de la soie” chinoises

Avec un immense chariot élévateur, Jandos Nourmagambetov empile des conteneurs sur les wagons d’un train prêt à filer à travers la steppe du Kazakhstan sur un nouveau chemin de fer crucial pour le commerce Chine-Europe via l’Asie centrale.”Un train de 39 wagons mesure environ 900 mètres. Nous effectuons cette opération en 40 minutes”, explique à l’AFP le grutier dans ce terminal balayé par les vents à Dostyk, une petite ville kazakhe frontalière avec la Chine.”Nous réceptionnons et expédions des marchandises provenant principalement d’Europe, d’Asie et de Russie”, dit M. Nourmagambetov, saisissant des caissons métalliques d’une vingtaine de tonnes avec les inscriptions “Xian” ou “Zhengzhou”, centres logistiques majeurs en Chine.Située dans les portes de Djoungarie, rare passage plat donnant accès au Xinjiang chinois, Dostyk est proche du pôle mondial d’inaccessibilité terrestre: la mer ouverte la plus proche, dans l’Arctique, est à environ 2.500 km.Malgré cet enclavement, les bourrasques et les tempêtes de poussière, Dostyk — “amitié” en kazakh– et sa ville-miroir chinoise Alachankou sont d’une importance stratégique pour le commerce ferroviaire sino-européen, passant à 85% par le Kazakhstan, neuvième plus grand pays du monde.Pour le fret, “Dostyk est la plus grande gare du Kazakhstan, c’est un noeud d’échanges à l’exportation et à l’importation”, dit Janat Outegoulov, l’un des responsables régionaux de la Kazakhstan Temir Joly, les chemins de fer kazakhs.- Corridor transcaspien -Les conteneurs partant de Dostyk/Alachankou mais aussi de Khorgos/Altynkol, plus au sud, peuvent relier l’Europe via la Russie, parcours traditionnel, ou désormais emprunter le Corridor médian à travers la mer Caspienne (TITR en anglais).Cette voie alternative soutenue par les Européens pour contourner la Russie fait l’objet d’un “intérêt accru depuis l’invasion russe de l’Ukraine”, note la Banque mondiale: les volumes ont augmenté de 668% entre 2021 et 2024, d’après les données officielles.A Dostyk, l’ouverture à l’automne d’une double voie doit multiplier le fret par cinq, avec le passage de 12 à 60 paires de trains quotidiens.Cette modernisation est nécessaire pour cette ex-république soviétique enclavée, grande comme cinq fois la France, qui espère s’imposer comme “un pont d’or entre la Chine et l’Europe”, selon son président Kassym-Jomart Tokaïev.”En 1991 avec l’indépendance, il était nécessaire d’établir des relations avec la Chine. Les premiers trains ont commencé à circuler”, raconte M. Outegoulov, après trois décennies de fermeture dues à la crise sino-soviétique des années 1960.D’après le responsable, “les premiers trains de conteneurs ont commencé à circuler en 2013, conformément aux accords sur le transport de fret entre la Chine et l’Europe via notre territoire”.En clair, le lancement des “Nouvelles routes de la soie”, plaçant l’Asie centrale au coeur de ce gigantesque projet d’infrastructures cher au dirigeant chinois Xi Jinping.Traverser cette immense région grande comme l’Union européenne réduit les temps de livraison et évite des itinéraires plus risqués – maritime via la mer Rouge et le canal de Suez encombré, ou terrestre par la Russie, compliqué par les sanctions occidentales.Sur le quai de la gare de Dostyk en reconstruction, une stèle portera le slogan “Une ceinture, une route”, nom chinois des Routes de la soie, où la ceinture représente les voies ferrées.- “Volume augmente” -Mais augmenter la cadence nécessite des ajustements techniques dans cette bourgade longtemps délaissée, à 165 kilomètres de la première ville kazakhe.”A Dostyk, nous avons deux types de voies: large de 1.520 millimètres (utilisée par les ex-républiques soviétiques) et étroite de 1.435 millimètres”, explique Erlan Kajibekov, aiguilleur du rail.Devant lui, un immense tableau où des lumières rouges jaunes et vertes s’allument pour coordonner le flux de trains, “dont le volume augmente”.”Le tronçon Alachankou–Dostyk est stratégique: des trains arrivent de la Chine vers l’Europe. Nous les transférons sur la voie large, les répartissons sur les rails et les envoyons, pareil pour les trains arrivant d’Europe”, explique le technicien.Serik Naïmanchalov, conducteur ayant connu le Dostyk endormi des années 1990, multiplie les allers-retours en Chine.”Grâce au développement du chemin de fer et à la construction de la double voie ferrée, nous voyageons souvent”, abonde-t-il.”Arrivés à Alachankou, nous remettons les documents de la cargaison. Nous dételons la locomotive et laissons la cargaison. D’autres wagons nous sont remis pour repartir au Kazakhstan”.Le président Tokaïev a déjà prévenu de “ne pas se reposer sur ses lauriers”. Pour éviter les embouteillages à Dostyk et Khorgos, l’ouverture d’un nouveau poste ferroviaire frontalier plus au nord est prévue pour 2027.

Transports: la RATP se cherche un ou une présidente

Après le départ de Jean Castex à la SNCF, la RATP se cherche un ou une présidente, dont la nomination pourrait intervenir “rapidement”, selon des sources concordantes.L’annonce se fera par communiqué de l’Elysée en vertu de l’article 13 de la Constitution qui prévoit que le président de la République nomme aux emplois civils et militaires de l’Etat.Suivront, deux semaines plus tard, deux auditions de l’impétrant devant les sénateurs, puis devant les députés. Les parlementaires ont la possibilité de s’opposer au candidat d’Emmanuel Macron s’ils réunissent trois cinquième de leurs votes cumulés contre le nom choisi par l’Elysée.En revanche, si le candidat est adoubé par le Parlement, son nom est proposé en conseil d’administration comme nouvel administrateur, puis confirmé dans la foulée par un décret suivant le conseil des ministres.Depuis l’arrivée de l’ancien Premier ministre Jean Castex à la tête de la SNCF début novembre, les rumeurs se multiplient sur le nom de celui ou celle qui sera chargé de lui succéder aux commandes de la Régie autonome des transports parisiens, vieille dame créée le 21 mars 1948 et désormais plongée dans le grand bain de l’ouverture à la concurrence.Les articles de presse pèsent les différents “profils” pressentis, politiques ou techniques qui pourraient “faire le job”.Les noms qui reviennent le plus souvent sont ceux de Xavier Piechaczyk, président du directoire du distributeur d’électricité RTE et ex-conseiller énergie-transport de Jean-Marc Ayrault et François Hollande, Alain Krakovitch, actuel directeur des TGV et Intercités à SNCF Voyageurs, Jean-François Monteils, président du directoire de la Société des grands projets (SGP) et selon la Tribune, Valérie Vesque-Jeancard, présidente de Vinci Airways et directrice déléguée de Vinci Airports.”Si le nom sort de l’Elysée avant la fin de l’année, cela permettrait au PDG de prendre ses fonctions fin janvier-début février” souligne un fin connaisseur des milieux ferroviaires qui requiert l’anonymat. – “Aller vite” -“Une entreprise industrielle comme la RATP ne peut pas rester sans pilote très longtemps” souligne une autre source, proche du dossier, qui requiert aussi l’anonymat, avant d’ajouter “il faut aller vite, car c’est aussi une boite politique, la RATP”.Une entreprise aux enjeux d’autant plus complexes, que malgré son ancrage initial parisien, la RATP dépend du financement de la région Ile-de-France pour ses matériels, s’étend de plus en plus loin dans la banlieue, voire en métropole, et gère des réseaux de transports dans 16 pays sur les cinq continents. En France, elle est notamment pressentie pour gérer les transports ferroviaires régionaux autour de Caen en Normandie à partir de 2027 après avoir répondu – via sa filiale RATP Dev – à des appels d’offre d’ouverture à la concurrence.A Paris, la RATP est en train d’introduire progressivement de nouveaux matériels sur son réseau. Le nouveau métro MF19 construit par Alstom, ira d’abord sur la ligne 10 puis sept autres lignes (7 bis, 3 bis, 13 d’ici 2027, puis 12, 8, 3 et 7 d’ici 2034). L’ensemble du processus prendra une dizaine d’années environ de travaux de modernisation sur les lignes concernées: beaucoup d’ingénierie fine à organiser pour réaliser les travaux pendant la nuit sans interrompre le trafic diurne et de désagréments pour les voyageurs.A échéance plus lointaine, le ou la future patronne devra déterminer la stratégie du groupe dans les nouvelles ouvertures à la concurrence qui se dessinent: les tramway en 2030 puis le métro en 2040.Sur le réseau de bus francilien, où la RATP a d’ores et déjà perdu son monopole, elle est parvenue à conserver l’exploitation de 70% des lignes d’autobus qu’elle gérait à l’issue des dernières vagues d’appels d’offre de mise en concurrence qui se sont achevées cet automne.En particulier, elle continue d’exploiter via RATP Dev tous les bus de Paris intra-muros et a engagé un processus de verdissement de sa flotte de bus, financé par Ile-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité organisatrice des transports.Ses concurrents Keolis (filiale de la SNCF), Transdev et l’italien ATM ont pris les rênes le 1er novembre des lignes remportées.

Satellites: Eutelsat finalise son augmentation de capital et veut grandir encore

L’opérateur européen de satellites de communication Eutelsat a annoncé vendredi la finalisation de son augmentation de capital d’environ 1,5 milliard d’euros, avec une dernière tranche à 670 millions d’euros, et veut ainsi poursuivre sa croissance face à l’américain Starlink.Deuxième opérateur mondial de satellites en orbite basse, qui permettent de faire fonctionner des services de télécommunications, Eutelsat est souvent présenté comme une alternative européenne à Starlink, de l’entreprise américaine SpaceX, propriété d’Elon Musk. “Eutelsat annonce aujourd’hui le succès de son augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription des actionnaires d’un montant brut d’environ 670 millions d’euros”, a indiqué l’opérateur dans un communiqué.Cela s’ajoute à une première tranche de 828 millions d’euros, finalisée fin novembre dans le cadre d’une augmentation de capital de 1,5 milliard d’euros présentée en juin.A l’issue de l’opération, qui sera réglementairement achevée le 16 décembre, l’Etat français deviendra premier actionnaire du groupe, avec près de 30% des parts.Le deuxième actionnaire sera l’entreprise indienne Bharti Space Limited (près de 18%), devant l’Etat britannique (11%), le groupe français CMA CGM (7,5%) et le fonds stratégique de participations (FSP, 5%). Le public détiendra un peu moins de 30% du capital.La première tranche des investissements avait uniquement été effectuée par les grands actionnaires (Etat français, Bharti Space Limited, l’Etat britannique, CMA CGM et le FSP).La deuxième tranche, elle, était ouverte à l’ensemble des actionnaires. Les grands actionnaires avaient déjà souscrit 475 millions d’euros, et le reste des actionnaires avait la possibilité d’investir jusqu’à près de 200 millions d’euros.- “Souveraineté” -Selon Eutelsat, l’augmentation de capital “servira à renforcer sa structure financière et financer son plan stratégique”.Le groupe européen exploite plus de 600 satellites en orbite basse depuis sa fusion avec le britannique OneWeb en 2023. Cette activité est en pleine croissance, alors que la branche historique d’Eutelsat, la diffusion de la télévision dans les foyers, poursuit son déclin”Pour continuer cette histoire de croissance, on avait besoin de cette augmentation de capital, on avait besoin de lever ces fonds. C’est fait”, s’est félicité le directeur général d’Eutelsat, Jean-François Fallacher, sur la chaîne BFM Business.”On va lancer, grâce à cette augmentation de capital, 440 nouveaux satellites dans les trois ans qui viennent”, a-t-il poursuivi.Face à Starlink, “nous sommes la seule l’unique constellation basse orbite européenne”, a insisté M. Fallacher, qui y voit un enjeu de “souveraineté”. “On aimerait avoir d’autres États européens qui viennent au capital d’Eutelsat, il faut qu’on engage des discussions”, a-t-il dit.Les clients d’Eutelsat ne sont pas le grand public, mais “les grandes entreprises, les gouvernements, (…) les compagnies aériennes, les grandes compagnies maritimes”, auxquels l’opérateur “fournit (des) services d’accès de très haut débit”, a rappelé le dirigeant.Pour la deuxième tranche de l’augmentation de capital, la demande pour acheter des actions a dépassé l’offre, selon Eutelsat. “A l’issue de la période de souscription qui s’est achevée le 9 décembre 2025, la demande totale s’est élevée à environ 891.581.211 euros, soit un taux de souscription d’environ 133%” par rapport au montant prévu de 670 millions d’euros.”C’est une très bonne nouvelle, ça prouve que le marché s’intéresse à ce qu’on fait”, a commenté M. Fallacher. Le groupe a réalisé sur son exercice 2024/2025 un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros. Dans les premiers échanges de la Bourse de Paris vendredi, le cours d’Eutelsat perdait 5,36% à 1,98 euro, peu après avoir chuté de plus de 8%, dans un marché en légère hausse.

Brandt: le gouvernement “ne laisse pas tomber” et veut “un nouveau projet”

Le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, affirme vendredi qu’il “ne laisse pas tomber” Brandt et estime qu’il est possible “d’imaginer un nouveau projet”, au lendemain d’une décision de justice ordonnant la liquidation judiciaire du groupe d’électroménager.”Je ne laisse pas tomber le sujet Brandt”, a déclaré le ministre, soulignant qu'”il y a un site industriel qui est présent, il y a des savoirs-faire qui sont présents et donc la capacité d’imaginer un nouveau projet industriel sur ce site”, vendredi sur TF1.Le tribunal des activités économiques de Nanterre a prononcé jeudi la liquidation judiciaire du groupe centenaire d’électroménager Brandt, qui employait quelque 700 personnes, notamment près d’Orléans, où se trouve le principal site industriel du groupe, avec 350 salariés.La justice a ainsi rejeté un projet de Scop (société coopérative et participative), soutenu par le groupe Revive, qui devait permettre de sauver au moins 370 emplois.”D’ici la fin de l’année, on va se revoir avec les acteurs locaux pour essayer de rebâtir un projet. Un autre projet peut-être, un projet sérieux, tout aussi sérieux que celui-ci, avec plus d’investisseurs privés sans doute aussi”, a ajouté M. Martin. Il n’a cependant pas écarté, dans un premier temps, l’échéance du plan social: “on accompagnera les salariés pour faire en sorte que ce plan social soit bien construit”, a-t-il assuré, ajoutant compter sur les entreprises “dynamiques” du bassin d’emploi d’Orléans, pour permettre à des salariés de Brandt de retrouver un emploi.  A l’annonce de la décision du tribunal, jeudi, le ministre de l’Economie et des Finances, Roland Lescure, et Sébastien Martin, ont rappelé que l’Etat et les collectivités avaient mobilisé une vingtaine de millions d’euros, et déploré que “les autres acteurs indispensables” n’aient “pas souhaité se positionner pour sauver Brandt”, désignant, sans les nommer, les banques.”Il y a eu peu de partenaires bancaires, c’est vrai”, a déclaré vendredi Sébastien Martin, qui aurait souhaité que, “face à l’urgence de la situation, on se dise que les procédures habituelles, on pouvait faire un peu mieux, un peu plus vite”.”Je suis prudent, mais il reste encore une possibilité après la liquidation judiciaire”, a renchéri Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, dans le même temps vendredi, sur Europe 1. “Les banques qui font défaut actuellement, (…) en voyant le sérieux et la robustesse d’un projet alternatif pourraient peut-être s’engager”, a-t-il ajouté.