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Budget de la Sécu: Lecornu intensifie les consultations à l’aube d’une semaine déterminante

Le Premier ministre Sébastien Lecornu sera à la manœuvre cette semaine pour tenter d’arracher un compromis sur le budget de la Sécurité sociale, de retour dans l’hémicycle à partir de mardi pour une nouvelle lecture décisive.Lundi à la mi-journée, le chef du gouvernement doit rencontrer successivement les responsables du PS et du PCF à Matignon. Il rencontrera également les représentants des écologistes mardi, et ceux du RN mercredi, après avoir vu ceux de Liot et de LR la semaine dernière.M. Lecornu, qui assistera à la discussion générale sur le budget de la Sécu mardi, a par ailleurs prévu des rencontres avec plusieurs organisations patronale et syndicales (Medef, CFDT, FO) et échangera avec des parlementaires sur la défense ou l’énergie, thèmes clés du budget de l’État.Lundi, il a adressé une lettre aux entrepreneurs afin de les rassurer face au “vrai danger pour le pays”: “l’absence de budget”. Il y évoque notamment “un moment de clarification nationale”, où chacun “devra dire où il se situe: avec ceux qui veulent faire tenir le pays, ou avec ceux qui préfèrent le voir vaciller”. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale revient à l’Assemblée dans la version transmise par le Sénat, assez éloignée de celle des députés, puisque les sénateurs en ont rejeté la mesure phare, la suspension de la réforme des retraites, et écarté une piste de recettes arrachée de haute lutte par les socialistes, à savoir la hausse de la CSG sur les revenus du capital.Un premier vote sur la partie “recettes” est attendu dans la semaine, et le vote sur l’ensemble du texte le 9 décembre.Samedi, la commission des Affaires sociales a rejeté le projet de budget, LR votant contre, tandis que le PS s’est abstenu.”On est assez loin d’un accord”, a convenu le président de la commission, Frédéric Valletoux, dont le groupe Horizons devrait hésiter en séance entre vote contre et abstention.Le vote de la commission ne préjuge pas forcément de la suite, mais il témoigne de l’étroitesse du chemin, avec un PS frileux et surtout un “socle commun” de plus en plus timoré.Alors que tout indique que LFI et l’alliance RN-UDR voteront contre, il faudrait, pour que ce budget soit adopté, que les groupes de la coalition gouvernementale l’approuvent, et qu’au minimum le PS et les écologistes s’abstiennent. Ou bien que le PS vote pour, alors que les écologistes semblent de plus en plus tentés de voter contre. – “Vitalité démocratique” -Lundi, les socialistes vont redire au Premier ministre leurs priorités: “défendre le pouvoir d’achat et les services publics, par la contribution des plus fortunés”, a expliqué le président du groupe des députés PS Boris Vallaud au Parisien samedi.Également sur la table: le sujet des franchises médicales, dont le gouvernement souhaite le doublement, à rebours de la gauche, et les exonérations de cotisations sociales, dont le PS souhaite la réduction “plutôt que de mettre à contribution les hauts patrimoines”.Les responsables PS viendront aussi selon M. Vallaud avec un message politique, pour demander à M. Lecornu s’il est “effectivement le chef de cette majorité”, alors qu’ils constatent “une grande dispersion” entre les quatre groupes censés soutenir le gouvernement, “notamment LR et Horizons”.De fait, LR montre peu d’empressement à soutenir le texte: “A l’heure où je vous parle (…) j’ai très envie de ne pas voter ce budget de la Sécurité sociale”, a déclaré le rapporteur général du Budget de l’État Philippe Juvin.Dans sa lettre aux entrepreneurs, le Premier ministre défend la “vitalité démocratique” selon lui à l’œuvre depuis que la dissolution de 2024 qui n’a pas donné de majorité claire. Mais rappelle qu'”aujourd’hui, l’urgence est simple: avoir un budget”. “Je sais déjà que celui-ci ne reflètera pas mes convictions. Il est d’ailleurs bien possible qu’il ne reflètera complètement les convictions de personne. Mais ce budget de compromis issu du Parlement sera la condition pour que la France continue de se tenir à vos côtés”, affirme Sébastien Lecornu.Le gouvernement est décidé à obtenir un vote sur le budget mais la petite musique du 49.3 de se faire de plus en plus insistante, au PS comme chez LR.L’utilisation de cette arme constitutionnelle, abandonnée par M. Lecornu à la demande du PS, permettrait au gouvernement de faire adopter son texte sans que le PS ni LR ne soient obligés de le voter.

Les mineurs clandestins sud-africains face au crépuscule du charbon

En grandissant, Cyprial rêvait de devenir avocat. Adulte, il passe ses journées sous terre, dans une obscurité totale, à piocher la roche d’une mine de charbon clandestine en Afrique du Sud.Le grondement des brouettes résonne dans les tunnels étroits où lui et des dizaines d’autres hommes travaillent depuis l’aube. Certains creusent la paroi rocheuse, leurs faibles lampes frontales perçant à peine l’obscurité.D’autres poussent des charges pesant jusqu’à 100 kilogrammes à pleine vitesse dans les tunnels, puis sur une colline escarpée jusqu’aux camions servant à livrer le charbon à des vendeurs informels dans la ville voisine d’Ermelo, dans la province orientale du Mpumalanga, coeur charbonnier du pays.Ils pénètrent par un tunnel de fortune dans cette colline éventrée abandonnée par une entreprise minière.L’Afrique du Sud figure parmi les principaux producteurs mondiaux de charbon, qui alimente environ 80% de l’électricité du pays.Classé parmi les 12 plus grands émetteurs de gaz à effet de serre au monde, le pays est devenu en 2021 le premier au monde à signer un accord de partenariat pour une transition énergétique juste (JETP) avec des pays occidentaux, pour un total de 8,5 milliards de dollars (7,3 milliards d’euros). Principalement des prêts à conditions préférentielles destinés à financer la production d’énergies moins polluantes.Si la majeure partie de l’électricité est produite dans le Mpumalanga, les habitants disent avoir peu bénéficié de l’exploitation minière à grande échelle. Ils craignent que la transition énergétique ne les laisse à nouveau de côté.- “Artisanaux” ou “illégaux” ? -“Dans le puits, c’est noir comme dans un four. On ne peut même pas voir son doigt,” explique Cyprial, en tirant sur un joint pour l’aider à “faire disparaître toutes (s)es peurs”.”La moitié des jeunes d’ici à Ermelo font ce travail,” affirme cet homme qui s’exprime sous pseudonyme par peur de représailles des autorités.Avec un taux de 34%, le Mpumalanga est encore plus touché par le chômage que le reste du pays.Le charbon d’Ermelo alimente des centrales du pays et de l’étranger mais de nombreux habitants ici vivent dans des cabanes sans accès à l’électricité.”Ce minerai vient de chez nous, mais il est pris pour être vendu ailleurs… alors que les gens d’ici n’en bénéficient pas,” explique Cyprial à l’AFP.Le gouvernement qualifie Cyprial et les autres de “mineurs illégaux”, mais ils préfèrent le terme “mineurs artisanaux”.”Ce charbon, on le transporte vers des habitations pour que des gens puissent l’utiliser pour cuisiner et se chauffer,” déclare Jabulani Sibiya, représentant de l’union des mineurs artisanaux d’Ermelo.L’électricité produite dans le Mpumalanga est trop chère pour de nombreux habitants, une situation qui “n’est pas juste” selon lui.Le président Cyril Ramaphosa a qualifié ces mineurs de “menace” pour l’économie et la sécurité du pays, et les autorités tentent d’éradiquer cette activité. Il y avait plus de 40.000 mineurs clandestins en Afrique du Sud en 2021, d’après les estimations, mais principalement dans des mines d’or.- Transition vraiment “juste” ? -Les mineurs artisanaux d’Ermelo ont demandé un permis minier collectif, mais le processus est coûteux et lent, explique Zethu Hlatshwayo, porte-parole de l’Association nationale des mineurs artisanaux (NAAM).Cette année, le gouvernement a introduit un projet de loi destiné à faciliter la formalisation de l’exploitation minière artisanale. Mais le processus est entravé par la “paperasserie”, déplore Zethu Hlatshwayo.”Il faut avoir un terrain, des permis, une autorisation environnementale,” liste-t-il, en estimant le coût total à trois millions de rands (150.000 euros).Pour lui, une “transition juste” doit permettre aux gens ordinaires d’accéder aux richesses minières de l’Afrique du Sud. Cela corrigerait, d’après Zethu Hlatshwayo, “les injustices du passé”, en référence à l’apartheid, quand la lucrative industrie minière était le domaine réservé des Sud-Africains blancs.L’exploitation minière ne disparaîtra pas avec l’abandon du charbon, tant les matières premières stratégiques présentes dans le sous-sol sud-africain sont nécessaires à la fabrication de panneaux solaires ou de voitures électriques.Il est essentiel “d’inclure la durabilité et les mineurs artisanaux de communautés marginalisées,” plaide Zethu Hlatshwayo. “Ce ne sera pas une transition juste si on est laissés de côté”.

Le “Hollywood sur Danube” hongrois craint de faire les frais des taxes Trump

“Dune”, “Blade Runner 2049”, “The Witcher”: ces blockbusters ont tous été au moins en partie tournés à Budapest, surnommée le “Hollywood sur le Danube”. Mais l’industrie du cinéma hongrois florissante craint de faire les frais des taxes douanières de Donald Trump.”C’est comme une météorite qui se dirigerait vers la Terre : elle peut soit passer à côté de nous soit nous frapper de plein fouet”, estime Karoly Radnai, directeur général du cabinet fiscal hongrois Andersen.”Il n’y a aucun moyen de s’adapter. Si Trump introduit des taxes, ce sera très mauvais pour nous”, ajoute-t-il, alors que cette industrie pèse près d’un milliard de dollars.La capitale hongroise et la Hongrie dans son ensemble sont devenues des lieux de tournage incontournables pour les productions internationales ces 20 dernières années, en particulier pour les studios américains, grâce à des paysages pittoresques, une main-d’œuvre bon marché et un généreux programme de subventions.Or cet âge d’or pourrait cesser du jour au lendemain, si le président américain décide de mettre à exécution sa menace de taxer à 100% les films produits à l’étranger. Avec une centaine de projets par an, la Hongrie est désormais le pays le plus important pour Hollywood en dehors du monde anglophone, en particulier pour les services de streaming, selon Timothy Havens, professeur à l’Université de l’Iowa.”Les séries haut de gamme, avec des éléments visuels spectaculaires, sont leur produit d’appel”, souligne-t-il. Or c’est coûteux, “qu’il s’agisse d’effets spéciaux ou de prises de vue en extérieur”, d’où l’attrait de la Hongrie.Les experts conviennent que cette externalisation a sérieusement nui à la machine cinématographie californienne, mais ils sont sceptiques quant aux bénéfices de la taxation des tournages à l’étranger.”Le modèle actuel est si important pour les résultats financiers de Hollywood que les producteurs trouveront une solution pour contourner les taxes si elles sont mises en oeuvre”, selon M. Havens.Le commissaire du gouvernement hongrois pour le développement de l’industrie cinématographique, Czaba Kael, a affirmé à l’AFP que la question du cinéma avait été soulevée auprès de l’administration Trump dont M. Orban est proche.- “Savoir-faire” -En 2023, quelque 910 millions de dollars ont été dépensés dans le pays pour des productions cinématographiques étrangères, en majorité américaines, selon l’Institut national du film. Un chiffre qui a été multiplié par quatre en cinq ans.Mais il ne s’agit pas que d’argent, selon Czaba Kael qui dirige cet organisme public de soutien aux cinéastes.Il cite ainsi les selfies pris par des stars de passage qui offrent une publicité gratuite au pays de 9,5 millions d’habitants, mais surtout la transmission d’un “savoir-faire” par “les plus grands réalisateurs et directeurs de la photographie” qui a permis au cinéma hongrois de grandir. Dernier exemple en date, la série télévisée historique hongroise “Rise of Raven”, qui a bénéficié d’une diffusion internationale cette année.M. Kael rappelle aussi la percée de professionnels comme la décoratrice Zsuzsanna Sipos, qui a remporté, avec le Canadien Patrice Vermette, l’Oscar de la meilleure direction artistique en 2022 pour son travail sur le premier volet de “Dune” du réalisateur Denis Villeneuve.Les taxes de Donald Trump ne sont pas la seule ombre à peser sur l’industrie hongroise du cinéma qui emploie désormais 20.000 personnes.En juin, le Premier ministre Viktor Orban a pris la décision de suspendre le programme adopté en 2004, qui permet un remboursement de 30% des frais de production locale.Bien que M. Kael se veuille rassurant concernant la reprise de ces subventions, les producteurs hongrois craignent de plus en plus que la situation ne dure, en raison d’une croissance économique à l’arrêt qui pousse le gouvernement à réorienter ses dépenses vers des programmes plus susceptibles de plaire aux électeurs à l’approche des législatives d’avril.”Pour l’instant, les choses fonctionnent encore, mais cela pourrait très facilement s’effondrer”, craint le producteur américano-hongrois Daniel Kresmery, de la société HeroSuared, rencontré fin octobre sur le plateau de tournage d’un film d’horreur au nom tenu encore secret, dans le décor sinistre de l’ancien hôpital psychiatrique de Budapest.

Coup d’envoi apaisé des négociations entre industriels et supermarchés

Pâtes, poulet et calumet de la paix: source d’habituelles tensions sur fond de guerre des prix, les négociations commerciales annuelles entre la grande distribution et l’industrie agroalimentaire démarrent lundi dans un contexte apaisé après la signature d’une charte censée ramener le calme autour de la table.D’ici au 1er mars, trois mois de négociations intenses fixeront les prix et les conditions (modalités de livraison, calendrier promotionnel…) auxquelles les grandes surfaces s’approvisionnent auprès des fabricants.  Ces tractations opposent des distributeurs en quête de prix compétitifs pour attirer les clients, et des industriels invoquant coûts de production et besoins d’investissements. Opaques et sources de tensions, elles sont accusées de tirer vers le bas les revenus des agriculteurs malgré leur encadrement par la loi Egalim.Elles déterminent in fine les tarifs en rayon, uniquement pour les produits de grandes marques (par exemple Nutella de Ferrero, Actimel de Danone, bonbons Haribo…), et non ceux des marques des supermarchés (Carrefour, Marque Repère, U…), qui pèsent plus du tiers des ventes.Mais cette année, les discussions ont commencé avant l’heure, début novembre, pour élaborer une charte commune inédite engageant toutes les parties prenantes, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) et cinq organisations d’industriels (Ania, Ilec, Feef, Pact’Alim, et la Coopération agricole).- Des PME mieux considérées -Au terme d’un dialogue “constructif”, aux dires de plusieurs participants, la fumée blanche est sortie dimanche, avec la signature d’un document construit autour de trois thèmes: le respect mutuel lors des échanges, une attention particulière portée aux PME et la valorisation des produits frais et de l’origine des produits.”C’est un signal positif après des années d’hyperinflation. N’oublions pas que l’enjeu de ces négociations est le tarif payé par le consommateur”, a commenté sur LinkedIn Thierry Cotillard, patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché.Cette charte “constitue une avancée vers des négociations commerciales plus apaisées et de bonne foi”, s’est félicitée Karima Kaci, directrice générale de Pact’Alim, qui représente 3.000 PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) de l’industrie alimentaire.Le traitement différencié pour les PME, dont les négociations avec la grande distribution devront être bouclées avant le 15 janvier, a été particulièrement salué par les participants.”Ça veut dire des négociations plus rapides, plus courtes et ça permet de se concentrer sur le développement de l’activité, sur les investissements, sur le développement de produits”, résume auprès de l’AFP Léonard Prunier, de la Feef, qui représente 22.000 PME et ETI.- “Volonté collective” -Mais ce document, non contraignant, résistera-t-il à la guerre des prix?  Dominique Schelcher, le patron de Coopérative U, a dit redouter “des exigences très fortes des multinationales” face aux “postures beaucoup plus raisonnables des PME”, comme ce fut le cas dernièrement, selon lui, pour la négociation sur les chocolats de Pâques 2026.”L’enjeu principal pour les PME et ETI sera que la hausse des tarifs ne puisse être inférieure à la hausse de la matière première agricole. Il en va de notre souveraineté alimentaire”, prévient Karima Kaci.Le lancement prochain, par le Sénat, d’une commission d’enquête sur les marges de la grande distribution, à l’initiative des Ecologistes, pourraient aussi parasiter le processus.En 2025, les industriels de l’agroalimentaire ont obtenu 1,5% de hausse moyenne des prix alors qu’ils demandaient une augmentation moyenne de 5,7%.”Ce n’est pas juste un acte politique, c’est une volonté collective de progresser”, assure Judith Jiguet, déléguée générale de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). “On va se donner des clauses de revoyure tout au long de ces trois mois à venir et on fera un bilan ensemble.””Pas de géant”, selon ses mots, ou simple vœu pieu? Le climat des prochains jours apportera de premières réponses.

Supermarchés et fournisseurs s’engagent à mener des négociations apaisées

La grande distribution et les fournisseurs agro-industriels ont-ils enterré la hache de guerre? A la veille du lancement de leurs négociations commerciales annuelles, ils ont annoncé la signature d’une charte inédite afin d’apaiser leurs relations, historiquement conflictuelles.”C’est une avancée dont la filière avait vraiment besoin et depuis longtemps”, a réagi auprès de l’AFP Judith Jiguet, déléguée générale de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). “On revit chaque année la même chose, on sort épuisé de part et d’autre de la table”, ajoute-t-elle.Cette charte “constitue une avancée vers des négociations commerciales plus apaisées et de bonne foi”, s’est félicitée Karima Kaci, directrice générale de Pact’Alim, l’une des cinq organisations d’industriels signataires avec l’Ania, l’Ilec, la Feef, et la Coopération agricole.”C’est un signal positif après des années d’hyperinflation. N’oublions pas que l’enjeu de ces négociations est le tarif payé par le consommateur”, a commenté sur LinkedIn Thierry Cotillard, patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché.Comme tous les ans démarrent, à compter de lundi, trois mois d’intenses négociations pour fixer les prix et les conditions (modalités de livraison, calendrier promotionnel…) auxquelles les grandes surfaces s’approvisionnent auprès des fabricants. Ces tractations opposent des distributeurs en quête de prix compétitifs pour attirer les clients, et des industriels invoquant coûts de production et besoins d’investissements. Opaques et sources de tensions, elles sont accusées de tirer vers le bas les revenus des agriculteurs malgré leur encadrement par la loi Egalim.Elles déterminent in fine les tarifs en rayon, uniquement pour les produits de grandes marques (par exemple Nutella de Ferrero, Actimel de Danone, bonbons Haribo…), et non ceux des marques des supermarchés (Carrefour, Marque Repère, U…), qui pèsent plus du tiers des ventes.- PME mieux considérées -La charte, initiée par le ministre du Commerce Serge Papin et la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, “pose des principes destinés à instaurer un climat apaisé: échanges respectueux, rendez-vous mieux organisés, modalités adaptées et maintien d’un dialogue suivi tout au long du processus”, selon les parties prenantes.Elle prévoit “un traitement différencié pour les PME”, avec une fin des négociations entre distributeurs et fournisseurs “au plus tard le 15 janvier 2026″ les concernant.”Elles ne sont pas équipées de la même façon que les autres, donc il faut les faire passer avant et il faut les traiter différemment”, justifie Judith Jiguet.”Dans ce cadre, l’enjeu principal pour les PME et ETI sera que la hausse des tarifs ne puisse être inférieure à la hausse de la matière première agricole. Il en va de notre souveraineté alimentaire”, complète Karima Kaci de Pact’Alim, qui représente 3.000 PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) de l’industrie alimentaire.Le dernier axe de l’accord porte sur “la valorisation des produits frais et la poursuite des démarches visant à favoriser l’information du consommateur, notamment en matière d’origine des produits”.- Clauses de revoyure -Mais ce document, non contraignant, résistera-t-il à la guerre des prix ? Les récentes et féroces négociations sur le chocolat pour Pâques 2026 peuvent instiller le doute.”Ce n’est pas juste un acte politique, c’est une volonté collective de progresser”, assure Judith Jiguet. “On va se donner des clauses de revoyure tout au long de ces trois mois à venir et on fera un bilan ensemble.””Cette charte est une première étape, la prochaine loi Egalim devra être l’occasion d’avancer sur la simplification de la loi, et le renforcement de la sanctuarisation de la matière première agricole”, souligne pour sa part Karima Kaci.Cet accord “est la preuve que des échanges constructifs et un dialogue nourri permettent de converger vers la mise en œuvre de pratiques responsables au service de relations commerciales équilibrées”, se sont félicités dans un communiqué commun les ministres du Commerce Serge Papin et de l’Agriculture Annie Genevard.Avant de rappeler, eux aussi, que “les engagements pris feront l’objet d’un suivi attentif afin d’en garantir l’application et l’efficacité”.

Dans un incinérateur francilien, voyage au centre des déchets

Au bord de la Seine, dissimulé à 31 mètres de profondeur dans l’ouest parisien, un ballet insoupçonné: un grappin charrie des monceaux d’ordures ménagères et alimente en permanence les deux fours-chaudières d’Isséane, un des trois incinérateurs de la région parisienne.Quelque 250 camions viennent décharger chaque jour les ordures d’une vingtaine de communes d’Ile-de-France: l’un après l’autre, ils basculent le contenu de leur benne dans une fosse de béton d’une capacité de 23.000 mètres cubes, l’équivalent de sept piscines olympiques.Dans cette fosse, deux grappins “peuvent prendre 4 à 5 tonnes de déchets par prise pour alimenter les fours”, explique à l’AFP Olivier Nectoux, directeur d’exploitation du site, pour le compte du Syctom, service public de traitement et de valorisation des déchets ménagers de 82 communes de la région parisienne.Dans la fosse, malgré les déchets abondants, l’odeur de poubelle est peu présente, beaucoup moins en tout cas que derrière un camion de ramassage en plein Paris.”La fosse est en dépression, on aspire l’air pour alimenter le four en oxygène et ça évite au maximum la propagation des odeurs à l’extérieur”, explique Sofien El Andaloussi, directeur général adjoint du Syctom.- “Comme à la fête foraine” -Surplombant le gouffre de déchets, dans la salle de commandes, un pontier, assis derrière une grande vitre empoussiérée, commande le grappin à l’aide d’un joystick et “homogénéise” les flux de déchets.”C’est un peu comme à la fête foraine, il pioche dans la fosse et il mélange le déchet petit à petit”, explique M. El Andaloussi, pour qui la finalité est d’avoir, dans les fours, “un pouvoir calorifique homogène et contrôlé”.Une fois que le four est lancé, “c’est uniquement le déchet qui permet d’alimenter” la combustion, précise le directeur général adjoint, ajoutant que les déchets sont brûlés “pendant une heure et demie à 1.100 degrés”.Derrière un tout petit hublot, des flammes dansent en permanence, sept jours sur sept, 24 heures sur 24. De visible, il ne reste plus dans les fours que de la ferraille et du mâchefer.La chaleur produite par les trois usines d’incinération du Syctom (Isséane à Issy-les-Moulineaux, mais aussi celles d’Ivry-sur-Seine et de Saint-Ouen) alimentent “50% du réseau de la compagnie parisienne de chauffage urbain”.Celle-ci chauffe près d’un million de personnes dans la capitale et 16 communes voisines, dont la totalité des hôpitaux parisiens.Ce service, ainsi que l’énergie produite par les usines, sont souvent mis en avant par les gestionnaires de déchets face aux contempteurs de l’incinération, lesquels soulignent le coût financier des usines, mais aussi sanitaire et environnemental des rejets de fumées.- Un tiers des déchets français incinérés -Celles-ci contiennent du CO2, mais aussi des oxydes d’azote (NOx), oxydes de soufre (SO2) et d’autres polluants tels que les particules fines et les dioxines, souligne dans un récent rapport l’ONG Zero Waste, qui s’alarme du “coût caché” de ces pollutions.Le traitement des fumées “prend les deux tiers de notre usine”, souligne M. El Andaloussi, qui assure que les résultats d’analyses, mis en ligne, sont “systématiquement extrêmement en deça des limites fixées par l’État”.D’une manière générale, certaines ONG déplorent la part trop importante que représente l’incinération dans la gestion des déchets, par rapport au recyclage globalement mieux disant sur le plan environnemental.Quelque 29% des déchets étaient incinérés en France en 2022, selon un rapport de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).Une solution que le gouvernement envisageait de taxer davantage dans le prochain budget de l’Etat, tout comme la mise en décharge, au détriment des communes.Or, “à peu près un tiers de ce qui rentre dans un incinérateur ou un centre de stockage est composé de produits qui ne sont pas recyclables”, a déclaré à l’AFP Nicolas Garnier, délégué général du réseau de collectivités Amorce, à la manoeuvre pour faire taxer les industriels qui produisent du non-recyclable, plutôt que les contribuables.Amorce souhaite également taxer les industriels à travers les éco-organismes qui n’atteignent pas les objectifs de recyclage des déchets fixés par Bruxelles.En 2023, la production de déchets municipaux dans l’UE a atteint 511 kg par habitant, selon un rapport publié par la cour des comptes européenne, une moyenne qu’avoisine la France.

Casinos et hôtels: Barrière mise sur l'”art de vivre à la française” pour s’exporter

Au terme d’une “très belle année”, le groupe français de casinos et d’hôtels Barrière veut réorganiser ses marques et mise sur l'”art de vivre à la française” pour mieux s’exporter et se diversifier, explique son directeur général Grégory Rabuel à l’AFP.”Il n’y a pas beaucoup d’entreprises 100% françaises dans notre domaine, on défend ce modèle”, détaille-t-il.Les vingt hôtels du groupe vont être réunis sous la bannière “Barrière Collection”, avec les marques Fouquet’s et Maison Barrière comme principales vitrines et l’objectif de doubler le parc hôtelier d’ici dix ans.Le palace du groupe à Courchevel, dans les Alpes françaises, et le 5 étoiles de Saint-Barthélémy, dans les Antilles françaises deviendront des Fouquet’s dès le 1er décembre, rejoignant le célèbre établissement parisien – actuellement en rénovation – et le Fouquet’s New York ouvert il y a trois ans.”Nous allons développer dans le monde entier des projets d’hôtels Fouquet’s”, une marque qui sera réservée à l’hôtellerie, à l’exception de la célèbre brasserie Fouquet’s des Champs-Elysées à Paris et de son homologue new-yorkaise, détaille le dirigeant.La marque Maison Barrière, lancée début 2025 à Paris pour des établissements “boutique hôtels, plus intimistes, plus discrets”, a également vocation à se développer à l’étranger avec une première adresse signée à Lisbonne pour un hôtel et une résidence hôtelière haut de gamme, poursuit-il.”On est désormais dans une dynamique de développement à l’international puisqu’on a une dépendance au marché français qui est trop importante” avec 85% du chiffre d’affaires, indique-t-il.Parmi les destinations visées, les Etats-Unis, les capitales européennes, des lieux de villégiature de luxe comme les Maldives ou plus insolites comme la Laponie.”Quand on discute avec les investisseurs à l’étranger on se rend compte que c’est important d’avoir plusieurs marques et typologies d’hôtels à leur proposer”, estime-t-il.Parallèlement, le groupe “investit massivement” dans ses établissements historiques dans des stations baléaires françaises (L’Hermitage à La Baule, Le Normandy à Deauville ou le Majestic à Cannes…) “pour les moderniser, pour que l’expérience de montée en gamme soit vraiment perçue et perceptible par nos clients”.”On compte aussi beaucoup sur ces établissements parce que c’est ce qui fait notre réputation et nous permet de nous développer à l’international”, où le groupe privilégie le modèle des contrats de management.- “Désirabilité” -Si Barrière tire encore 70% de son chiffre d’affaires des casinos, ce sont l’hôtellerie (+5% en un an) et la restauration (+10%) qui tirent la croissance, indique-t-il.Sur l’exercice 2025 clos fin octobre, Barrière a enregistré une hausse de 3,5% de son chiffre d’affaires à environ 1,450 milliard d’euros.Côté restauration, Barrière s’appuie sur le groupe Loulou racheté en 2024. Après l’ouverture d’un Loulou dans son palace de Courchevel où “le succès a été immédiat et la désirabilité de l’hôtel a explosé”, le groupe qui gère 150 restaurants a ouvert avec le fondateur de Loulou Le Grand Café au sein de l’espace événementiel du Grand Palais à Paris, relève le dirigeant, qui compte déployer ce concept notamment à Londres.Et côté casinos, “nous avons aussi modifié notre marque”, devenue “Barrière Casino”, et “nous allons nous servir de notre savoir-faire dans l’hôtellerie pour appliquer les mêmes codes aux casinos”, détaille-t-il.”Depuis deux ans et demi, nous sommes dans une transformation très significative avec des investissements de près de 100 millions d’euros par an dans nos hôtels, nos restaurants, nos casinos, dans toutes nos destinations”, estime le dirigeant recruté par Joy Desseigne-Barrière et son frère Alexandre peu de temps après leur arrivée à la présidence du groupe, au terme d’une longue bataille avec leur père Dominique Desseigne.L’internationalisation concerne aussi les casinos avec un nouveau projet prévu à Tirana, en Albanie, d’ici un an qui rejoindra les casinos internationaux du groupe (3 en Suisse, 2 en Egypte, et un en Côte-d’Ivoire pour 34 casinos au total).

L’Iran et la Turquie s’accordent pour construire une liaison ferroviaire stratégique

L’Iran et la Turquie se sont engagés dimanche à débuter les travaux d’une liaison ferroviaire reliant les deux pays et destinée à devenir un maillon stratégique pour le commerce mondial entre l’Europe et l’Asie.L’Iran, pays du Moyen-Orient situé à un carrefour entre l’Europe et l’Asie, considère son emplacement géographique comme un atout. Le pays multiplie ainsi les initiatives avec ses voisins pour développer infrastructures et échanges commerciaux, perçus comme des débouchés pour relancer son économie fragilisée par des décennies de sanctions internationales. L’an dernier, Téhéran a ainsi approuvé le tracé d’une ligne de transit ferroviaire avec son voisin turc, connue en Iran sous le nom de ligne Marand-Cheshmeh Soraya.”Les deux pays ont (…) souligné l’importance de cette liaison ferroviaire dans la région et ont exprimé l’espoir que la construction de cette ligne puisse débuter au plus vite”, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, lors d’une rencontre à Téhéran avec son homologue turc Hakan Fidan.”L’accent a été mis sur la nécessité de lever les obstacles au commerce et aux investissements entre les deux pays”, a ajouté M. Araghchi. Ce projet, d’une longueur d’environ 200 kilomètres et d’un coût estimé à 1,6 milliard de dollars, devrait être achevé dans un délai de trois à quatre ans, selon les autorités iraniennes. La ligne reliera la localité iranienne de Marand (nord-ouest) à celle de Cheshmeh Soraya située en territoire iranien à la frontière avec la Turquie. Les travaux une fois achevés permettront d’avoir une continuité ferroviaire entre l’Iran et son voisin turc jusqu’à la ville d’Aralik. La ministre iranienne des Transports, Farzaneh Sadegh, a souligné plus tôt ce mois-ci que cette liaison “garantira la continuité du réseau (ferroviaire) entre la Chine et l’Europe”.Les Routes de la soie ont été pendant des siècles un vaste réseau de routes commerciales reliant l’Asie à l’Europe en passant par le Moyen-Orient, qui ont favorisé les échanges de biens mais aussi culturels et les connaissances entre les continents.Depuis 2013, la Chine en a fait un projet politique pour accroître son influence à l’étranger.L’initiative des “Nouvelles routes de la soie” (de son nom officiel “La Ceinture et la Route”) vise notamment à construire des infrastructures maritimes, routières et ferroviaires, en particulier dans les pays en développement. Plus d’une centaine de pays adhèrent à ce projet.

Budget de la sécu: coups de pressions réciproques gouvernement-PS avant une semaine déterminante à l’Assemblée

Appels au compromis et mises en gardes réciproques se succèdent entre le gouvernement Lecornu et le Parti socialiste autour du budget de la Sécurité sociale, qui revient en séance mardi à l’Assemblée nationale avec un vote prévu le 9 décembre, déterminant pour l’issue des discussions budgétaires.Lundi midi, Sébastien Lecornu recevra les représentants du PS, dans le cadre des nouvelles concertations voulues par Matignon pour élaborer un compromis. Le temps presse: le projet de Budget de la Sécu (PLFSS) revient en séance mardi à l’Assemblée.Ce texte est retourné dès samedi en commission au Palais-Bourbon, après avoir été largement modifié au Sénat, dominé par la droite et le centre. Revenant notamment sur la suspension de la réforme des retraites concédée par M. Lecornu aux socialistes en échange de sa non-censure.A l’issue d’un examen express, la commission des Affaires sociales de l’Assemblée a rejeté le texte, signe de la difficulté qui attend le gouvernement en séance. Les socialistes se sont abstenus sur le vote final, tandis que les commissaires Les Républicains (LR) ont voté contre. Et dans le bloc central, les députés Horizons hésiteront en séance entre vote contre et abstention, selon le président de la Commission des affaires sociales Frédéric Valletoux.”Si le projet de loi de finances de la Sécu n’est pas adopté le 9 décembre prochain, on pourra tous constater l’échec des discussions parlementaires” et “je crois qu’à la fin, on est tous perdants”, a mis en garde la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, dimanche sur LCI, évoquant “un budget de compromis qui vise à tenir un an, un an en attendant les élections présidentielles”.Un compromis avec qui ? Dans un entretien au Parisien, le président du groupe PS Boris Vallaud a pointé “une grande dispersion” dans les positions des partis composant le socle gouvernemental, “notamment LR et Horizons”.”Le gouvernement ne peut pas attendre des socialistes ce qu’il n’obtient pas de sa majorité”, a prévenu M. Vallaud.-“Incohérence” du PS ?-Sans vote positif du PS, ce PLFSS “ne passera pas”, a rétorqué Maud Bregeon. Et “je ne saurai pas expliquer aux Français que les socialistes ne votent pas favorablement” pour un texte “qui suspend la réforme des retraites. Il y a une forme d’incohérence derrière que, à mon avis, les Français auraient un peu du mal à comprendre”, a-t-elle ajouté.Quid du bloc central ? Aux réticents députés Horizons, le parti d’Édouard Philippe, “ce qu’on leur dit, c’est qu’on veut avec eux arriver à trouver des compromis qui permettent de maintenir ce déficit (de la Sécurité sociale) sous les 20 milliards d’euros”, a déclaré Mme Bregeon.Du côté de LR, le rapporteur général du Budget de l’État, Philippe Juvin, a “très envie”, à ce stade, de ne pas voter le PLFSS. “Très défavorable” à la suspension de la réforme des retraites, le député des Hauts-de-Seine a “l’impression que ce n’est pas pour solde de tout compte et que tous les jours il y a une demande nouvelle des socialistes”.Dans ces conditions incertaines, Sébastien Lecornu doit-il revenir sur son abandon du 49.3 ? Même chez les socialistes, qui l’avaient exigé, l’idée fait son chemin, remise sur la table par François Hollande et pas formellement exclue par Boris Vallaud. Et même réclamée, côté LR, par Philippe Juvin.Les gens “s’en fichent de la méthode”, “ce qu’ils veulent c’est qu’on ait un budget”, a jugé l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne sur Franceinter et Franceinfo.Avantage du 49.3: il permet à un groupe d’opposition de ne pas voter pour un texte mais de se contenter de ne pas censurer le gouvernement. Il permet aussi à l’exécutif de contraindre une majorité réticente.Sur le budget de l’Etat, le compromis parait plus incertain. Le Sénat poursuit son examen, jusqu’à la mi-décembre. Revenant méticuleusement sur la copie de l’Assemblée: samedi, la Chambre haute s’est notamment opposée à la surtaxe sur les entreprises, l’une des principales propositions du gouvernement qui en espérait quatre milliards d’euros de recettes.

Assurance chômage: le gouvernement veut 400 millions d’économies sur les ruptures conventionnelles

Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou accepte de laisser les organisations syndicales et patronales négocier d’ici fin janvier sur l’assurance chômage avec l’objectif de dégager 400 millions d’euros d’économies par an, notamment sur les ruptures conventionnelles, a-t-on appris dimanche auprès du ministère du Travail.”J’ai envoyé (samedi) un courrier aux partenaires sociaux pour leur demander d’ouvrir une négociation interprofessionnelle portant, notamment, sur les ruptures conventionnelles”, indique M. Farandou dans une déclaration à l’AFP.”La lettre de cadrage d’août 2025 sera retirée dès lors que les organisations syndicales et patronales auront débuté leurs négociations et établi un calendrier permettant d’aboutir à un accord avant la fin du mois de janvier 2026″, poursuit-il. “L’objectif est de générer une économie d’au moins 400 millions par an, en année pleine, avec des effets dès 2026″, précise-t-il.Dans sa lettre de cadrage, en août, le gouvernement Bayrou avait demandé aux partenaires sociaux de négocier une nouvelle convention d’assurance chômage en réalisant 2 à 2,5 milliards d’euros d’économies par an entre 2026 et 2029.Elle fixait le 15 novembre comme date butoir pour un accord, mais les discussions n’ont jamais eu lieu.Le 14 novembre, cinq syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) et deux organisations patronales (CPME et U2P), avaient demandé au gouvernement de retirer ce cadrage financier, en proposant en contrepartie d’ouvrir des négociations sur les ruptures conventionnelles et les contrats courts.”Le gouvernement fera prévaloir la négociation initiée par les partenaires sociaux sur le document de cadrage 2025, qui sera en conséquence retiré dès lors que l’engagement d’une négociation sera formalisé et qu’un calendrier permettant d’aboutir à un accord d’ici la fin du mois de janvier sera établi”, a répondu le ministre dans sa lettre envoyée samedi.”Si cette négociation ne devait pas aboutir dans ces délais, au regard du contexte dégradé des finances publiques, le gouvernement sera conduit à prendre de nouveau ses responsabilités”, poursuit-il.Créée par la loi de “modernisation du marché du travail” en 2008, la rupture conventionnelle permet au salarié et à son employeur de rompre un CDI à l’amiable. Le salarié touche une indemnité spécifique, négociée avec l’employeur, et peut ensuite percevoir des indemnités chômage, contrairement à un salarié démissionnaire. Selon l’Unédic, 515.000 ruptures conventionnelles individuelles ont été signées en 2024. Cette année-là, les dépenses d’allocations chômage liées à ces ruptures ont atteint 9,4 milliards d’euros, soit 26% des dépenses d’allocations.