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Greenpeace dénonce la poursuite d’un commerce nucléaire “insupportable” entre France et Russie

Près de quatre ans après l’invasion de l’Ukraine, Greenpeace dénonce dans un nouveau rapport mercredi la poursuite du commerce nucléaire entre la France et la Russie, un domaine épargné par les sanctions internationales.Ni la France ni l’UE n’ont “mis fin à leurs relations commerciales avec Rosatom”, le géant nucléaire public russe, dénonce Greenpeace dans un communiqué.La France importe des quantités importantes  d’uranium enrichi en Russie ainsi que d’uranium naturel provenant du Kazakhstan et d’Ouzbékistan et transitant par ce pays, rappelle l’ONG antinucléaire.”La France continue à importer de l’uranium enrichi russe, que ce soit sous forme d’uranium naturel enrichi ou d’uranium de retraitement (uranium recyclé, ndlr) ré-enrichi (URE)”, à hauteur de 18% du total de ces importations, selon cette étude basée sur l’analyse des chiffres des Douanes françaises, à fin septembre 2025.En 2025, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, deux ex-républiques soviétiques, ont fourni la moitié (49,9%) de l’uranium naturel importé en France.Or selon Greenpeace, “une grande partie” de ces importations “transite toujours par le territoire russe entre les mains de Rosatom avant d’être livrée aux ports de Dunkerque ou de Rotterdam et acheminée notamment vers les usines Orano”, le géant français du cycle de l’uranium.”L’Etat russe continue à maintenir un contrôle fort sur le secteur minier kazakhstanais”, souligne l’ONG.Pour Pauline Boyer, chargée de campagne pour Greenpeace France, citée dans le communiqué, “notre pays alimente (…) l’économie russe et, par extension, sa machine de guerre”.”Le gouvernement français et l’Europe doivent sanctionner Rosatom pour envoyer un signal fort et mettre fin à l’impunité dont jouit la première entreprise au monde à avoir pris les commandes d’une centrale nucléaire étrangère par la force (la centrale ukrainienne de Zaporijjia). Dans ce contexte, le commerce nucléaire avec Rosatom est insupportable”, souligne-t-elle.A ce stade, la Commission européenne n’a pas donné de calendrier pour l’interdiction des importations de produits nucléaires russes dans l’UE, un sujet au coeur d’intenses tractations entre les 27.L’étude de Greenpeace actualise les données d’un rapport publié en mars 2023, dans lequel l’ONG dénonçait déjà la “dépendance” française envers l’atome civil russe.La France importe la totalité de l’uranium nécessaire au fonctionnement de son parc nucléaire, qui a assuré plus de 86% de la production électrique d’EDF dans le pays en 2024, selon cet opérateur.L’uranium naturel doit être converti puis enrichi pour être transformé en combustible pour les centrales nucléaires. La France dispose d’une usine d’enrichissement, au Tricastin (Drôme), gérée par Orano. 

Delta Air Lines commande 31 avions long-courrier à Airbus

La compagnie aérienne américaine Delta Air Lines a passé une commande ferme de 31 nouveaux avions long-courrier à Airbus, a annoncé mercredi le constructeur aéronautique européen.Ce contrat concerne 16 A330-900 et 15 A350-900, des types d’appareils déjà exploités par le transporteur, a détaillé Airbus dans un communiqué, sans préciser le montant de la transaction.Airbus ne publie plus ses tarifs, de toute façon jamais appliqués, depuis 2018. Au prix catalogue d’alors, la commande de Delta atteindrait quelque 9 milliards de dollars.Delta Air Lines possède déjà une importante flotte d’Airbus, plus de 500 aéronefs, tandis que 200 autres sont en commande, a souligné le géant industriel.Une fois livrés, les appareils dont la commande a été annoncée mercredi porteront à 55 le nombre d’A330 de Delta, dans sa version “neo” la plus récente, et 79 celui de ses A350, le dernier-né des long-courriers d’Airbus. “Au moment où nous étendons notre réseau international et préparons notre flotte à desservir des marchés long-courrier supplémentaires, ces appareils amélioreront nos capacités et renforceront nos offres haut de gamme”, s’est félicité le directeur général de Delta, Ed Bastian, cité dans le communiqué.Le 13 janvier, Delta Air Lines avait annoncé une commande ferme de 30 Boeing 787, rival de l’Airbus A350, assortie du même nombre d’appareils en option.En 2025, Delta a engrangé un bénéfice net en hausse de 44% à 5 milliards de dollars, sur un chiffre d’affaires de 63,4 milliards (+3% sur un an). 

Le pétrole du voisin brésilien fait des envieux en Guyane

A Saint-Georges de l’Oyapock, dans l’est de la Guyane, Steve Norino observe le contraste qui se creuse avec la rive d’en face. À 15 minutes de pirogue, la ville brésilienne d’Oiapoque connaît un boom inédit depuis que la compagnie pétrolière publique Petrobras fore au large.Avenue principale réaménagée, nouveaux commerces, logements qui poussent: “Des gens investissent, achètent des terrains à Oiapoque”, constate cet agriculteur natif de la commune guyanaise, joint par téléphone par l’AFP. “A Oiapoque, il y a tout, à Saint-Georges, il n’y a rien.”Ce contraste alimente jeudi l’examen au Sénat d’une proposition de loi du parlementaire guyanais Georges Patient (RDPI), qui souhaite autoriser de nouveau la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures dans les outre-mer, interdites depuis 2017 par la loi Hulot.Le décalage entre les deux rives de l’Oyapock saute aux yeux. Côté français, un seul petit hôtel et deux épiceries composent l’essentiel des commerces d’une commune de 4.000 habitants. Côté brésilien, 30.000 personnes vivent dans une ville devenue un pôle d’attraction pour tout l’Etat de l’Amapa, au niveau de l’embouchure de l’Amazone. Chaque week-end, des Guyanais traversent pour faire leurs courses à moindre prix ou sortir en famille. Saint-Georges ne sert plus que de parking pour ceux qui préfèrent laisser leur voiture côté guyanais.”Le manque de planification et de développement” de sa commune mine Steve Norino, impuissant face à la dynamique brésilienne lancée par Petrobras, même si l’entreprise n’en est qu’à la phase d’exploration au large des côtes.L’argument fait mouche chez une partie des élus locaux. “On n’a pas fait d’or industriel, mais nous pouvons faire du pétrolifère”, avance Jean-Luc Le West, vice-président de la collectivité territoriale de Guyane (CTG), qui suggère la construction d’une raffinerie pour traiter aux normes européennes le pétrole des pays voisins.”Le pétrole peut aussi, via la fiscalité, financer le projet d’autonomie” désiré par les élus guyanais, poursuit-il, avant de citer les 10,5 milliards de dollars d’investissement annoncés en octobre par TotalEnergies au Suriname voisin: “Pourquoi ne les aurait-on pas en Guyane ?”- “Sentiment criant d’injustice” -La question avait été lancée en février 2025 par Manuel Valls, alors ministre des Outre-mer, qui avait estimé nécessaire d'”ouvrir le débat” sur une exception au code minier permettant la prospection pétrolière. Une brèche dans laquelle certains élus se sont engouffrés.Le député indépendantiste Jean-Victor Castor (GDR) avait lancé l’offensive lors d’une question au gouvernement le 27 mars, invitant à regarder ce qui se passe “au Guyana, au Suriname ou dans le Nordeste brésilien”, trois zones proches où l’exploration pétrolière bat son plein.Sa conclusion: “La France condamne les Guyanais au sous-développement.” Son collègue Davy Rimane (GDR) avait, de son côté, évoqué un “sentiment criant d’injustice”.La loi Hulot de 2017 interdit toute prospection d’hydrocarbures sur le territoire français, sur terre comme en mer. Le permis d’exploration de Total (devenu TotalEnergies en 2021) au large de la Guyane avait expiré le 1er juin 2019 sans résultat probant, fermant alors la porte à une éventuelle industrie pétrolière locale.Le texte fait l’objet d’un désaccord interne au gouvernement mais au Sénat, la proposition de loi a été approuvée en commission. “Je considère qu’on ne peut pas, depuis la métropole, empêcher la Guyane ou les outre-mer d’envisager leur propre développement”, a affirmé la semaine dernière à l’AFP le sénateur Horizons Vincent Louault, rapporteur du texte.”Quand les Guyanais voient le Brésil se développer juste à côté d’eux et se demandent pourquoi ils ne pourraient pas, eux aussi, en bénéficier, il faut les comprendre. Il faut être capable d’entendre leurs doutes”, a-t-il ajouté. Plusieurs ONG – les Amis de la Terre France, Surfrider Foundation Europe, le Réseau Action Climat et Greenpeace France – s’opposent toutefois à ce texte, y voyant un “contresens climatique”, “un risque environnemental majeur pour des territoires déjà exposés” et “une absurdité économique”.”Si la situation économique et sociale des territoires ultramarins est alarmante, en particulier en Guyane et à Mayotte, présenter l’exploitation des énergies fossiles comme une solution relève d’une promesse trompeuse et irresponsable”, ont alerté ces associations dans un communiqué.Comme pour leur donner raison, la compagnie pétrolière publique brésilienne Petrobras a annoncé début janvier qu’une “perte de fluide” avait contraint à interrompre les opérations de forage au large d’Oiapoque, tout en assurant que ces pertes ne constituent pas un danger pour l’environnement.

Les Bourses européennes ouvrent prudemment

Les Bourses européennes évoluent sans direction claire mercredi, avant la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), tout en digérant des résultats de poids lourd, le numéro un mondial du luxe LVMH et le géant technologique ASML.Vers 8H05 GMT, dans les premiers échanges, Francfort (+0,02%), Londres (-0,01%) et Milan (+0,03%) étaient à l’équilibre. Paris cédait 0,64%.

Venezuela: la présidente par intérim affirme que les Etats-Unis débloquent des fonds visés par des sanctions

Les Etats-Unis ont commencé à débloquer des fonds vénézuéliens jusqu’ici gelés par des sanctions, a affirmé mardi la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, signal supplémentaire d’un rapprochement entre Caracas et Washington.Le président américain Donald Trump a imposé en 2019, durant son premier mandat, une batterie de sanctions contre le Venezuela alors dirigé par Nicolas Maduro, dont un embargo pétrolier, en réaction à une première réélection contestée du président socialiste.M. Maduro avait estimé en 2022 que les fonds bloqués par les sanctions internationales s’élevaient à environ 30 milliards de dollars.”Nous sommes en train de débloquer des ressources du Venezuela, qui appartiennent au peuple vénézuélien”, a assuré Mme Rodriguez lors d’une allocution à la télévision d’Etat mardi. “Cela nous permettra d’investir des ressources importantes dans l’équipement des hôpitaux, du matériel que nous achetons aux Etats-Unis et dans d’autres pays”, a-t-elle ajouté, sans préciser le montant des fonds débloqués. Mme Rodriguez a été investie cheffe de l’Etat par intérim le 5 janvier, deux jours après la capture de Nicolas Maduro par les Etats-Unis lors d’une opération militaire spectaculaire à Caracas.Elle a depuis offert des gages de coopération à Washington.”Je réaffirme ce qu’a dit le président Donald Trump: nous avons établi des canaux de communication respectueux et courtois, tant avec le président des Etats-Unis qu’avec le secrétaire (d’Etat Marco) Rubio, avec qui nous mettons en place un agenda de travail”, a indiqué la présidente intérimaire.Sous pression américaine, Mme Rodriguez a depuis le début du mois signé des accords pétroliers avec les Etats-Unis, engagé une réforme législative comprenant notamment une loi sur les hydrocarbures, libéré des prisonniers politiques et appelé à trouver des accords avec l’opposition.- Mises en garde -La semaine dernière, les Etats-Unis ont nommé Laura F. Dogu, ancienne ambassadrice au Nicaragua, nouvelle chargée d’affaires pour le Venezuela. Une décision perçue comme un réchauffement des relations diplomatiques entre les deux pays, rompus en 2019.Dimanche, Mme Rodriguez a toutefois exhorté les Etats-Unis à se tenir à l’écart de la politique du Venezuela, dont Trump a dit vouloir “dicter” les décisions.Car si Washington s’est rapidement accommodé de cette présidente par intérim, la pression américaine ne faiblit pas.Selon le texte d’un discours distribué à l’avance, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio doit avertir mercredi que les Etats-Unis pourraient de nouveau avoir “recours à la force” si le Venezuela ne coopère pas de façon jugée satisfaisante.Mme Rodriguez “est bien consciente du sort réservé à Maduro”. “Nous pensons que son intérêt personnel correspond à la réalisation de nos principaux objectifs”, doit encore dire M. Rubio devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.La Constitution vénézuélienne prévoit de nouvelles élections si le siège du président est déclaré vacant avant la mi-mandat. Nicolas Maduro a prêté serment en janvier 2025. Son fils, le député Nicolas Maduro Guerra, dit “Nicolasito (“petit Nicolas”), a affirmé mardi à l’AFP qu’il n’existait aucune disposition légale prévoyant de nouvelles élections en cas d'”enlèvement”, comme il qualifie le sort de son père. “Il n’y a aucun délai qui court”, a-t-il assuré, et “des élections ne sont pas envisagées”.Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores sont incarcérés dans une prison fédérale à New York, accusés de narcotrafic.

Taux d’intérêt de la Fed: une nouvelle phase glaciaire se profile aux Etats-Unis

La Réserve fédérale américaine (Fed) paraît prête à entamer 2026 comme elle a démarré 2025, au grand désarroi du président Trump: en laissant ses taux d’intérêt inchangés.Comme toutes les six semaines, la banque centrale annoncera sa décision à 19H00 GMT et son président Jerome Powell prendra la parole 30 minutes plus tard pour l’expliquer.Les investisseurs s’attendent à un maintien des taux à leur niveau actuel (entre 3,50% et 3,75%) après une petite série de baisses fin 2025, les responsables souhaitant se donner le temps de jauger l’impact de cette détente sur le marché du travail et l’inflation.Un retour à la politique monétaire, donc, à peine plus de deux semaines après que M. Powell eut pris la parole pour s’élever contre les pressions de la Maison Blanche, que l’institution avait jusqu’alors encaissées quasiment sans broncher.Dans un message vidéo solennel le 11 janvier, Jerome Powell a révélé faire l’objet d’une procédure lancée par le ministère de la Justice pouvant aboutir à des poursuites pénales.Il a dénoncé sans détour une tentative d’intimider l’institution parce qu’elle ne suit pas “les préconisations du président” des Etats-Unis. Donald Trump réclame depuis un an des taux d’intérêt beaucoup plus bas. “Ce qui se passe, c’est que le gouvernement tente de résoudre un désaccord sur la politique monétaire en instrumentalisant le système judiciaire. C’est totalement irresponsable et indigne”, cingle auprès de l’AFP Michael Strain, économiste au centre de réflexion conservateur American Enterprise Institute.Il estime que cela compliquera la tâche de la personne qui sera désignée par Donald Trump pour prendre la suite de M. Powell, dont le mandat prend fin en mai.”Ce sera plus difficile pour le prochain président (de la Fed) de convaincre les investisseurs” que l’institution continuera d’œuvrer “indépendamment des interférences politiques”, dit-il.Donald Trump veut une politique monétaire plus souple pour doper l’activité et réduire les coûts de financement de la dette publique. Selon lui, l’inflation n’est plus un problème.Un baromètre sur le moral des consommateurs, publié mardi, montre pourtant que celui-ci est au plus bas depuis plus de dix ans, plombé par les questions de pouvoir d’achat – cela fait cinq ans que l’inflation est au-dessus de l’objectif de la Fed (2%).- Dissensions -La banque centrale a laissé ses taux inchangés une grande partie de l’année 2025, inquiète de voir les droits de douane mis en place par Donald Trump faire dérailler les prix.Elle a fini par enclencher plusieurs baisses à partir de septembre, motivée par des créations d’emplois atones.Mais les divisions ont grandi en son sein, du fait de cette inflation qui résiste (en progression de 2,8% sur un an en novembre).Michael Strain considère que la pause qui se profile est bienvenue, et même que la Fed a “probablement commis une erreur” l’an dernier en lâchant trop de lest à son goût.”Il me semble que le marché du travail est plus robuste que ce que pensent les gens de la Fed (…) et qu’il y a davantage de probabilité de voir l’inflation accélérer plutôt que ralentir” en 2026, poursuit-il, n’excluant pas que l’institution doive finir par relever ses taux pendant l’année.La décision de la banque centrale risque une nouvelle fois de ne pas faire l’unanimité parmi les 12 votants.Au moins un responsable devrait s’opposer à un statu quo: le gouverneur Stephen Miran récemment placé là par Donald Trump, qui a jusqu’ici toujours voté pour des baisses plus fortes que ses collègues (d’un demi point de pourcentage plutôt qu’un quart de point).Deux autres gouverneurs nommés par Trump pourraient s’opposer à la majorité, remarque auprès de l’AFP l’économiste pour l’assureur Nationwide, Kathy Bostjancic, qui cite Michelle Bowman et Christopher Waller. Ce dernier fait partie des noms cités par l’exécutif pour la succession de Jerome Powell.Voter en faveur d’une baisse “lui permettrait peut-être de rester dans la course pour la présidence de la Fed”, pointe-t-elle. “Mais comme l’indépendance de la Fed est attaquée, il pourrait aussi vouloir se ranger symboliquement aux côtés du président Powell et de la Fed.”

Wall Street termine contrastée, nouveau record de l’indice S&P 500

La Bourse de New York a clôturé en ordre dispersé mardi, après avoir accueilli de façon mitigée une nouvelle salve de résultats d’entreprises, au premier jour de la réunion de la banque centrale américaine (Fed).Le Dow Jones a reculé de 0,83%, l’indice Nasdaq a gagné 0,83% et l’indice élargi S&P 500 a pris 0,41%, établissant ainsi un nouveau record à 6.978,60 points.”Alors qu’une vague de mauvais temps balaye une grande partie des États-Unis, les investisseurs traversent également une période saisonnière importante pour les marchés”, souligne Adam Turnquist, de LPL Financial.Cette semaine, environ 20% des entreprises composant l’indice S&P 500 doivent partager leurs performances financières.”L’attitude favorable au risque à Wall Street, qui n’hésite pas à augmenter ses expositions, est révélatrice de la conviction des acteurs du marché que les résultats seront supérieurs aux prévisions et augmenteront globalement”, estime Jose Torres, d’Interactive Brokers.Parmi les grands gagnants du jour, le constructeur automobile américain General Motors a été porté par ses prévisions pour 2026, avec une hausse attendue de ses bénéfices et de ses marges. Son titre a pris 8,97% à 86,56 dollars.En revanche, l’avionneur Boeing n’a pas su convaincre les investisseurs, même s’il a enregistré son premier bénéfice net annuel depuis 2018. Son cours a reculé de 1,56%, à 244,56 dollars l’action.Le marché attend surtout la publication des résultats de plusieurs géants technologiques, dont Microsoft, Meta et Tesla, tous prévus après la clôture mercredi. Apple partagera ses performances trimestrielles jeudi, après la séance régulière à Wall Street.D’autres “événements à risque notables restent au calendrier, notamment la conclusion demain de la réunion du comité de politique monétaire de la Fed”, remarque Adam Turnquist.Un maintien des taux est quasi unanimement attendu mais les investisseurs écouteront avec attention le discours du président de l’institution, Jerome Powell.Celui-ci est sous le feu des critiques de Donald Trump, qui pousse pour des taux bien plus bas. M. Powell a récemment révélé faire l’objet d’une procédure lancée par le ministère de la Justice, pouvant aboutir à des poursuites pénales.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt d’Etat américain à dix ans se tendait à 4,24% vers 21H40 GMT, contre 4,21% à la clôture lundi.Côté indicateurs, la confiance des consommateurs plonge en janvier aux Etats-Unis à son plus bas niveau depuis plus de dix ans, plombée par le coût de la vie, selon le baromètre de référence de l’association professionelle Conference Board.Ailleurs à la cote, les assureurs ont souffert de la faible évolution des remboursements prévus par les autorités fédérales pour les programmes d’assurance-maladie Medicaid et Medicare, qui devraient augmenter de seulement 0,09% en 2027. Les spécialistes tablaient sur une hausse de 5%.UnitedHealth a dévissé de 19,61% à 282,70 dollars, au plus bas depuis l’été. Sa chute explique le recul du Dow Jones, UnitedHealth ayant un poids important dans l’indice historique.L’assureur CVS a chuté de plus de 14% et Humana de plus de 21%.Le réseau social Pinterest (-9,61% à 23,41 dollars) a aussi connu une mauvaise séance mardi, après avoir annoncé son intention de supprimer environ 15% de ses effectifs afin de consacrer davantage de ressources à l’adoption de l’intelligence artificielle (IA).

Des résultats 2025 en recul pour LVMH après une année “agitée”

Le numéro un mondial du luxe LVMH a ouvert mardi la saison de publication des résultats annuels 2025 du CAC 40 avec des résultats en recul, expliquant avoir fait les frais d’une année “agitée sur le plan économique et géopolitique” et prévoyant une année 2026 qui ne sera “pas très simple non plus”.Le bénéfice net du propriétaire de Louis Vuitton, Dior, Celine, Moët & Chandon ou encore Hennessy a baissé de 13% en 2025, à 10,9 milliards d’euros, pénalisé notamment par la surtaxe exceptionnelle imposée aux grandes entreprises au nom du redressement des finances publiques françaises. Cette surtaxe a augmenté de 4 points le taux d’imposition du groupe, a fait savoir LVMH, sans préciser le montant effectivement payé – qu’il avait estimé l’an dernier entre “700 millions et 800 millions d’euros”.Le chiffre d’affaires du groupe a reculé de 5% en 2025, à 80,8 milliards d’euros, sous l’effet du contexte géopolitique et douanier international, marqué notamment par une conjoncture plus difficile pour les vins et spiritueux. Mais les ventes se sont améliorées au second semestre, avec un retour notamment de la clientèle en Asie et aux Etats-Unis. “Les résultats du groupe sont solides” malgré “une année agitée sur le plan économique et géopolitique”, et “2026 ne va pas être très simple non plus”, a concédé le PDG Bernard Arnault, lors de la présentation des résultats.”Et cette année, c’est sûr qu’avec la poursuite des crises géopolitiques, avec l’incertitude économique, avec les politiques de certains États dont le nôtre qui sont plutôt contre les entreprises pour les taxer un maximum, et donc créer du chômage, je pense qu’il y a de quoi être un peu réservé”, a lancé le milliardaire.En 2025, la rentabilité du géant français du luxe a légèrement baissé, avec une marge opérationnelle courante de 22%, contre 23% en 2024.Mais “on voit les choses à long terme”, a affirmé M. Arnault, annonçant que la famille Arnault, qui “a déjà près de 50% du capital” de LVMH, “va franchir dans le début de cette année les 50%”.Pour 2026, “malgré un contexte géopolitique et macroéconomique encore incertain, le groupe reste confiant”, indique son communiqué.Au quatrième trimestre, les ventes ont reculé de 5% à 22,7 milliards d’euros (mais ont augmenté de 1% hors effets de change).- “On verra si ça va durer”-En 2025, les ventes de la division phare du groupe, mode et maroquinerie, (Louis Vuitton, Dior, Celine, Fendi…) ont reculé de 8% à 37,8 milliards d’euros, malgré une amélioration au second semestre. La marge opérationnelle de la division est de 35%.”L’évènement de la semaine, c’est le défilé Dior de haute couture, tout le monde se demandait comment cela allait se passer”, a déclaré M. Arnault, rappelant que Jonathan Anderson n’avait jamais fait de haute couture et soulignant que l’accueil a été bon. “La marque Dior en ce début d’année profite de son renouveau créatif, les produits sont très demandés en début d’année, on verra si ça va durer”, a-t-il ajouté.Louis Vuitton, “à l’inverse de Dior, n’est pas une affaire de mode, c’est une affaire de maroquinerie (…) Vuitton ne va pas faire d’hôtel, Vuitton se concentre au lieu de se diversifier”, a aussi affirmé Bernard Arnault, alors que des rumeurs avaient évoqué la création d’un hôtel Vuitton sur les Champs-Elysées.Côté mode, LVMH a annoncé avoir accru sa participation dans Loro Piana, spécialiste italien des cachemires, passant de 85 à 94%, pour un milliard d’euros.En 2025, ce sont les ventes de vins et spiritueux qui ont été les plus touchées: elles ont chuté de 9% à 20,36 milliards d’euros, pâtissant d’effets de changes, des taxes douanières et d’une impossibilité d’augmenter des prix déjà élevés.C’est un “contexte difficile en particulier pour le cognac qui est en Chine et au Etats-Unis frappé par des droits de douane qui ont dépassé nos prévisions”, a déclaré M. Arnault. “On essaie de trouver un accord en Chine”, a-t-il ajouté, sans précisions.Le marché du champagne est “un peu moins porteur”, a-t-il précisé. Mais “les vins rosés se développent très bien”.

La Fed entame sa première réunion de l’année, chahutée par la tempête Trump

La Réserve fédérale américaine (Fed) a entamé mardi sa première réunion de 2026 à l’issue de laquelle un statu quo sur les taux est attendu, une issue qui ne plaira pas au président Trump.La réunion à huis clos a commencé  à 10H00 (15H00 GMT), selon un porte-parole. Elle durera jusqu’à mercredi.L’assemblée des banquiers centraux américains se tient à peine plus de deux semaines après que son président Jerome Powell a révélé faire l’objet d’une procédure lancée par le ministère de la Justice, pouvant aboutir à des poursuites pénales.Dans un message vidéo solennel le 11 janvier, il a dénoncé sans détour une tentative d’intimider l’institution monétaire parce qu’elle ne suit pas “les préconisations du président” des Etats-Unis.Depuis son retour au pouvoir il y a un an, le chef de l’Etat réclame sur tous les tons une forte baisse des taux directeurs de la Fed, qui guident les coûts d’emprunt.La banque centrale a laissé ses taux inchangés une grande partie de l’année 2025, inquiète de voir les droits de douane mis en place par Donald Trump faire dérailler les prix.Elle a fini par enclencher à partir de septembre une série de baisses, motivée par l’apathie des créations d’emplois dans le pays.Mais les divisions ont grandi en son sein, l’inflation continuant à augmenter plus vite que le rythme jugé optimal par l’institution (soit 2%, contre 2,8% sur un an en novembre).Les marchés financiers s’attendent donc massivement à ce que la Fed opte à nouveau pour le statu quo, selon l’outil de veille CME FedWatch.Au moins un responsable devrait s’opposer à un tel scénario, le gouverneur Stephen Miran récemment placé là par Donald Trump, qui a jusqu’ici toujours voté pour des baisses plus fortes que ses collègues (d’un demi point de pourcentage plutôt qu’un quart de point).Les taux d’intérêt sont dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%.

L’assurance vie fait le plein en 2025 avec plus de 50 milliards d’euros de surplus

Les dépôts sur les contrats d’assurance vie ont atteint un niveau record en 2025, avec un solde positif de plus de 50 milliards d’euros jamais vu depuis 2010, à la faveur de taux plus rémunérateurs pour les fonds en euros, selon les chiffres donnés par les assureurs. Les dépôts (ou cotisations) du mois de décembre, en forte hausse de 17% sur un an, à 16 milliards d’euros “sont en droite ligne de ce qu’on observe depuis plus d’un an”, a constaté Paul Esmein, directeur général de France Assureurs mardi lors d’une conférence de presse.En 2025, les cotisations ont atteint 192,1 milliards d’euros, contre 174,9 milliards en 2024. La progression concerne à la fois les supports en unités de compte (UC, +13%), au profil dit plus “dynamique” (c’est-à-dire plus risqué) et ceux en euros, au capital garanti (+8%).Le versement des prestations aux bénéficiaires en 2025 s’est lui inscrit en léger recul de 3% par rapport à 2024, à 141,4 milliards d’euros, soit 5 milliards d’euros de moins que l’an dernier.Au total, en montant net, c’est-à-dire quand on déduit les retraits d’argent des dépôts, l’assurance vie a engrangé 50,6 milliards d’euros en 2025, un niveau plus vu depuis 2010, et supérieur de 22,1 milliards d’euros à celui de 2024. Cette collecte nette positive concerne à la fois les contrats en UC (42,5 milliards d’euros) et ceux en euros (8,1 milliards d’euros), après cinq années consécutives de “décollecte”, c’est-à-dire de retraits supérieurs aux cotisations, pour les fonds en euros.Cela porte l’encours de l’assurance vie à 2.107 milliards d’euros fin 2025, en hausse de 6,1% sur un an.En France, 20 millions de personnes détiennent 57 millions de contrats d’assurance vie, dont l’encours médian est de 35.000 euros, selon les chiffres de France Assureurs.De leur côté, les versements sur les Plans épargne retraite (PER) continuent de séduire, avec une hausse de 16% en 2025, à 20,2 milliards d’euros. En déduisant les sommes retirées par les épargnants, le solde net a progressé de 11 milliards d’euros.- “Compétitivité retrouvée” -L’année 2026 démarre sous de bons auspices pour l’assurance vie en France.Alors que le taux du Livret A va baisser à 1,5% au 1er février, les contrats d’assurance vie vont être un peu plus rémunérateurs pour les épargnants que l’année précédente. Les premiers taux de rendement annoncés courant janvier sont stables ou en légère hausse par rapport à l’an dernier.Le taux de rémunération moyen des fonds euros — les seuls dont le capital est garanti et qui sont ceux attirant les épargnants prudents — est bien orienté cette année et devrait se situer hors prélèvements fiscaux et sociaux autour de 2,65%, selon les estimations du cabinet spécialisé Facts & Figures.Le Cercle de l’épargne est d’accord: “En 2025, le rendement moyen des fonds en euros, au vu des premières communications des compagnies d’assurance, devrait se situer autour de 2,7%”, a pour sa part indiqué mardi dans une note son président Philippe Crevel.”Il est ainsi supérieur de 1,5 point au point bas atteint en 2020 et 2021″, rappelle M. Crevel.L’Afer, qui se présente comme la première association d’épargnants, a ainsi annoncé une amélioration sensible de ses rendements en 2025 à 2,65%, tout comme le groupe mutualiste Carac à 3,55%.Face à des situations de marché “hétérogènes”, Suravenir, qui dépend du groupe Crédit Mutuel Arkea, a lui stabilisé ses taux sur l’année 2025 entre 2,20% et 2,80%, selon les contrats.Pour CNP Assurances, les taux des fonds en euros sont restés stables en 2025, ou légèrement en recul selon les contrats, entre 2,10% et 2,35%.