Test

Le Livret A boudé par les épargnants l’an dernier

Le Livret A n’a plus la cote: les épargnants ont retiré plus d’argent qu’ils n’en ont déposé sur leurs Livrets A l’an dernier, une première depuis 2015 liée à la concurrence féroce de l’assurance vie, affirme jeudi la Caisse des dépôts (CDC).”C’est un retour de balancier qui est tout à fait logique”, a estimé lors d’une conférence de presse en ligne le directeur financier du fonds d’épargne de la CDC Stéphane Magnan, après plusieurs années de dépôts importants et un taux de rémunération en berne.Dans le détail, les retraits ont dépassé les dépôts de 2,12 milliards d’euros en 2025, malgré un mois de décembre honorable.Cette situation dite de “décollecte nette” est rare en année pleine pour le produit financier le plus célèbre en France, détenu par 57 millions d’épargnants et concentrant près de 450 milliards d’euros.Elle arrive après plusieurs années fastes pour le Livret A: cette somme a fortement augmenté ces dernières années, notamment depuis le début de la pandémie de Covid-19, en 2020.La capacité d’épargne élevée des Français est toujours intacte: ils mettent de côté près d’un euro gagné sur cinq selon l’Insee, un ratio qui s’explique par le fort degré d’incertitude, voire d’inquiétude, concernant leur avenir et celui du pays.Mais l’attrait du Livret A a été plombé l’an dernier par les deux baisses successives de son taux de rémunération: de 3% à 2,4% au mois de février, puis de 2,4% à 1,7% en août.- Perspectives moroses -Le taux de rendement des produits concurrents, les fonds euros de l’assurance vie, commercialisés par les réseaux bancaires et les compagnies d’assurance, était dans le même temps de 2,65% en moyenne, selon les estimations de plusieurs experts de l’épargne.Ce dernier taux est toutefois soumis à des prélèvements sociaux et fiscaux pouvant aller jusqu’à 30%, contrairement au Livret A qui n’est pas soumis à la fiscalité.Les données annuelles pour l’assurance vie seront publiées la semaine prochaine par la fédération professionnelle France Assureurs mais le Magistère Banque-Finance de l’université Panthéon-Assas table sur une collecte nette de 50 milliards d’euros en 2025.La nouvelle baisse à venir du taux du Livret A, à 1,5% en février, ne devrait pas permettre d’inverser la tendance, a expliqué à l’AFP Marc Campi, associé au sein du cabinet Square Management.Le petit livret rouge n’a également pas bénéficié d’un soutien massif des établissements bancaires, à qui il coûte cher. Peu promeuvent les produits d’épargne réglementée sur leurs étagères.Beaucoup d’agents économiques, dont le ministère de l’Economie et la Banque de France, ont par ailleurs volontiers mis en avant des placements financiers plus risqués, destinés au financement du capital des entreprises.La “Caisse” est également attendue sur une meilleure transparence de l’utilisation des fonds du Livret A et de son cousin le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), dont une partie est investie au capital d’entreprises dont la liste n’est pas publique.- Le LEP à la peine -Le LDDS s’en est un peu mieux sorti l’an dernier que le Livret A, avec une collecte nette positive de 1,65 milliard d’euros. Les deux produits, gérés par les banques et par la Caisse des dépôts, totalisaient fin décembre 615,2 milliards d’euros. Ils ont rapporté 12,64 milliards d’euros d’intérêts à leurs possesseurs, précise jeudi la CDC.La CDC a également partagé jeudi les données concernant le Livret d’épargne populaire (LEP), affichant un taux avantageux (2,5% à partir du 1er février) mais réservé aux ménages modestes.Malgré les efforts déclarés de la Banque de France et de Bercy, les LEP ont connu eux aussi l’an dernier une situation de décollecte nette, de 840 millions d’euros, essentiellement due à la radiation des titulaires n’étant plus éligibles du fait d’une augmentation de leurs revenus.Seules 12 millions de personnes détiennent un LEP, un nombre très loin des quelque 31 millions éligibles en France.”Les chiffres d’ouvertures de LEP sont un peu décevant”, a déploré M. Magnan, “il y a clairement une question d’information de l’ensemble des gens qui pourraient avoir un LEP et qui ne l’ont pas encore ouvert”.

Après sa reculade sur le Groenland, Trump dévoile son “Conseil de paix” à Davos

Donald Trump dévoile son nouveau “Conseil de paix” et rencontre le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, jeudi à Davos, tentant de muscler son bilan d’autoproclamé “faiseur de paix” après avoir désamorcé la veille le conflit sur le Groenland qu’il avait lui-même provoqué.Après des semaines de déclarations plus agressives les unes que les autres, le président américain a subitement annoncé mercredi soir dans la station huppée des Alpes suisses, où il participe à la réunion du Forum économique mondial, “le cadre d’un futur accord” sur le Groenland. Il a aussi levé ses menaces douanières autant que militaires.Jeudi, il doit participer à 09H30 GMT à la cérémonie de signature de la charte fondatrice d’un “Conseil de paix” à sa main, censé œuvrer à la résolution des conflits dans le monde en concurrence avec l’ONU.Il avait initialement été conçu pour superviser la reconstruction de Gaza. Mais le projet de charte prévoit un mandat bien plus vaste que la seule question du territoire palestinien.- Ticket d’entrée à un milliard -Le ticket d’entrée est d’un milliard de dollars pour un siège permanent. Donald Trump a affirmé à Davos que Vladimir Poutine avait accepté l’invitation. Un peu plus tôt, le président russe avait lui seulement indiqué que son ministère des Affaires étrangères avait été “chargé d’étudier” la proposition américaine.Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait savoir qu’il avait accepté de siéger.Des alliés clés des Etats-Unis, notamment la France et le Royaume-Uni, ont exprimé leur scepticisme face à ce “Conseil de paix”. Mais de nombreux pays du Moyen-Orient sont partants, dont l’Arabie saoudite ou le Qatar.Environ 35 dirigeants ont déjà accepté de s’y rallier, sur quelque 50 invitations envoyées, a indiqué mercredi un haut responsable de l’administration Trump aux journalistes.”Je pense que c’est le meilleur conseil jamais formé”, s’est vanté Donald Trump mercredi lors d’une rencontre avec son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, qui fait partie de ceux ayant accepté l’invitation.Le président américain ne cache pas sa frustration de ne pas avoir eu le prix Nobel de la paix, alors qu’il affirme régulièrement avoir mis fin à huit guerres, un bilan contesté.- Rencontre avec Zelensky -L’invitation de Vladimir Poutine inquiète particulièrement les alliés des Etats-Unis, notamment l’Ukraine qui cherche à mettre fin à presque quatre ans de guerre avec la Russie qui a envahi son pays en février 2022.Donald Trump a prévu de rencontrer le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, après le lancement de son “Conseil de paix”.A Davos mercredi, il a affirmé que la Russie et l’Ukraine seraient “stupides” de ne pas arriver à un accord pour mettre fin au conflit, qu’il avait promis de régler en une journée en prenant ses fonctions il y a un an.Et il a répété que les présidents russe et ukrainien étaient proches d’un accord, une affirmation qu’il a souvent répétée même s’il a alternativement blâmé l’un ou l’autre pour l’absence de cessez-le-feu.Réticent de longue date à fournir de l’aide à l’Ukraine, Donald Trump a jugé mercredi à Davos que c’était à l’Otan et à l’Europe de “s’occuper de l’Ukraine”, et pas aux Etats-Unis.L’émissaire américain Steve Witkoff doit cependant partir de Davos pour se rendre à Moscou jeudi, avec le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, pour des discussions avec Vladimir Poutine.Volodymyr Zelensky s’était dit “inquiet” mardi d’une perte d’attention internationale sur le conflit en Ukraine, le plus sanglant en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, à cause du différend causé par les velléités du président américain de s’emparer du Groenland.Donald Trump a assuré mercredi avoir conçu avec le chef de l’Otan Mark Rutte “le cadre d’un futur accord concernant le Groenland”.Il y a “encore beaucoup de travail à faire” pour trouver un accord sur le Groenland, a cependant déclaré à l’AFP M. Rutte.

L’électricité éolienne et solaire prend le pas sur les fossiles dans l’UE

L’Union européenne a pour la première fois produit plus d’électricité solaire ou éolienne en 2025 que celle d’origine fossile, a rapporté jeudi le centre de réflexion Ember, mais elle reste dépendante au gaz importé, susceptible d’être source de “chantage énergétique”.Les deux énergies basées sur le vent et le soleil “ont généré un record de 30% de l’électricité de l’UE, devançant les énergies fossiles (29%)”, indique le think-tank dans son rapport annuel intitulé European Electricity Review.Un record essentiellement tiré par l’énergie solaire, dont la production a fortement augmenté et représenté 13% de l’électricité produite de l’UE en 2025, tandis que l’éolien s’inscrivait en léger recul du fait de conditions moins venteuses (16,9%).Dans le même temps, la production d’électricité issue des centrales à charbon a atteint un nouveau plancher historique (9,2%) en 2025 après des années de forte baisse, ajoute le rapport qui analyse les données de production et de demande d’électricité dans les 27 pays de l’UE en 2025.”Ce moment historique montre à quelle vitesse l’UE évolue vers un système énergétique reposant sur l’éolien et le solaire”, se félicite Beatrice Petrovich, auteure du rapport. “Alors que la dépendance aux énergies fossiles alimente l’instabilité dans le monde, les enjeux de la transition vers les énergies propres sont plus évidents que jamais”, ajoute-t-elle.La Suède a dès 2010 franchi ce seuil, suivie par le Danemark en 2015. France, Portugal, Espagne et Autriche l’ont passé en 2023, avant l’Allemagne (2024) ou les Pays-Bas (2025). Mais l’Italie, la Grèce, la Pologne ou l’Irlande produisent encore davantage d’électricité à partir d’énergies fossiles.L’UE reste fortement dépendante au gaz importé, qui a alimenté 16,7% de la production d’électricité l’an dernier, selon le rapport. “L’augmentation de la production d’électricité à partir de gaz, conjuguée à la baisse de la production hydroélectrique en 2025, a fait grimper de 16% la facture des importations de gaz fossile de l’UE et a entraîné des flambées des prix sur les marchés de l’électricité”, indique-t-il.- Risques de “chantage” énergétique – Or, ajoute le centre de réflexion, les enjeux sont majeurs alors que “pour l’Union européenne, les risques de chantage énergétique de la part des exportateurs de combustibles fossiles étaient particulièrement préoccupants” en 2025.Une allusion transparente à la dépendance de l’Europe au gaz russe ou aux injonctions américaines de s’approvisionner en pétrole et gaz auprès des Etats-Unis, sur fond de guerre commerciale lancée par Donald Trump.”Investir dans les énergies renouvelables produites localement constitue une stratégie essentielle pour atténuer ce risque, dans un contexte géopolitique toujours plus instable”, souligne Ember alors que l’électrification de secteurs comme le transport, l’industrie ou le logement permettent aux Etats de réduire cette dépendance aux énergies fossiles tout en décarbonant leur économie.Cette mise en garde rejoint celle lancée mardi par Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), pour qui la sécurité énergétique des Etats devrait être élevée au rang d’enjeu de sécurité nationale.”L’énergie et la géopolitique ont toujours été intimement liées” mais “je n’ai jamais vu les risques liés à la sécurité énergétique se multiplier à ce point, ni l’ombre menaçante que la géopolitique et le secteur énergétique dans son ensemble projettent sur la sécurité énergétique”, a-t-il plaidé à l’occasion du Forum économique mondial de Davos.”Le prochain défi consistera à réduire significativement la dépendance de l’UE au gaz importé, coûteux”, estime Beatrice Petrovich. “En investissant dans l’ensemble du système électrique pour exploiter le potentiel des batteries, des réseaux et des technologies électrifiées, l’UE peut tirer parti de sa propre production d’énergie renouvelable afin de stabiliser les prix et de se prémunir contre le chantage énergétique.”Pour asseoir sa résilience et renforcer sa souveraineté énergétique, le think-tank préconise d’augmenter les capacités de stockage par batteries, de renforcer les réseaux électriques et d’accroître la flexibilité de la demande afin “d’intégrer davantage l’énergie solaire et éolienne au mix énergétique” et de pallier la variabilité et l’intermittence de ces énergies. “Ces mesures amélioreront non seulement la sécurité énergétique, mais sont également essentielles pour garantir des prix prévisibles et stables”, souligne Ember.

Le Crédit Agricole en grève pour la rémunération et l’emploi

La colère sociale monte au sein des caisses régionales du Crédit Agricole: plusieurs syndicats appellent à un débrayage jeudi, regrettant des augmentations de salaires insuffisantes l’an dernier et la mise en place d’un plan de transformation menaçant l’emploi.Les quelque 78.000 salariés de la fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA), qui regroupe les 39 des caisses régionales et plusieurs filiales associées (spécialisées dans l’informatique ou la formation par exemple) sont invités à arrêter le travail deux heures jeudi, voire une demi-journée ou une journée pour ceux qui le souhaitent.La grève est rare dans le secteur bancaire, d’autant plus dans une banque mutualiste comme le Crédit Agricole. L’action de jeudi a même été qualifiée de “grande première” dans une communication syndicale adressée la semaine dernière aux salariés.Contacté par l’AFP, le secrétaire national Sud-Crédit agricole Mutuel (Sud-Cam) Jean-Yves Salvat dénonce d’abord un “manque de respect” de la direction dans les négociations salariales menées en fin d’année dernière, et souhaite leur réouverture.Les syndicats n’ont pas digéré l’échec de ces négociations, qui se sont soldées par une augmentation générale d’environ 0,5%.”La négociation a été forcément une négociation difficile”, concède auprès de l’AFP François-Xavier Heulle, directeur général adjoint de la FNCA en charge des ressources humaines, qui met en avant la part supplémentaire d’augmentations individuelles à la discrétion des caisses régionales, qui sont des banques coopératives autonomes.- “Efficacité” -Les syndicats se mobilisent également contre les potentiels effets d’un plan de mutualisation de certains métiers porté par la direction et baptisé “efficacité”.Ce programme vise à “être un peu plus +industriel+ dans la façon de traiter les opérations” parmi les les caisses régionales du Crédit Agricole, explique de son côté le directeur adjoint de la FNCA en charge de la transformation et de la performance, Eric Gonce.”Il y a des transformations, on ne nie pas évidemment que ça puisse inquiéter”, continue-t-il.L’objectif du plan se limite à “essayer de baisser la masse salariale en regroupant des services partout en France”, balaye M. Salvat, qui cite en exemple une menace sur 150 postes dans la caisse régionale du Centre Ouest, qui regroupe les départements de la Haute-Vienne et de l’Indre.Le responsable syndical souhaite être davantage “associé” au projet “efficacité”, en négociant réellement les mesures d’accompagnement pour les salariés.Les syndicats sont également attentifs au nombre d’agences, dont la baisse s’est amorcée au tournant des années 2010, selon un décompte tenu par Sud-cam.Le syndicat constate une accélération du phénomène, avec 112 agences fermées l’an dernier, deux fois plus que les années précédentes.Le Crédit Agricole ne fait pas face à des problèmes de rentabilité: le bénéfice net part du groupe des caisses régionales approche des 3,2 milliards d’euros pour les trois premiers trimestres de 2025.La banque a vu l’arrivée en mai 2025 d’un nouveau directeur général au sein de l’entité cotée du groupe (Casa), Olivier Gavalda.

Groenland: Trump lève subitement ses menaces et annonce un “cadre” d’accord

Après des semaines de déclarations agressives, Donald Trump a subitement annoncé mercredi à Davos “le cadre d’un futur accord” sur le Groenland, extrêmement vague, et levé ses menaces douanières autant que militaires.L’annonce a été accueillie avec enthousiasme par Wall Street et avec un soulagement prudent au Danemark, mais avec méfiance sur l’île arctique, territoire autonome danois.”Il ment”, a réagi Mickel Nielsen, un technicien de 47 ans, auprès de l’AFP. “Je ne crois à rien de ce qu’il dit et je pense que je ne suis pas le seul”.Le président américain a refusé de préciser si le compromis en discussions donnait aux Etats-Unis la possession du territoire autonome danois, comme il l’a exigé à de multiples reprises afin, selon lui, d’en garantir la sécurité face à la Russie et à la Chine.”Trump dit qu’il met la guerre commerciale en pause, dit +je ne vais pas attaquer le Groenland+, ce sont des messages positifs”, a réagi le ministre des Affaires étrangères danois Lars Løkke Rasmussen, sans vouloir se prononcer sur le projet d’accord annoncé.Le chef de l’Otan Mark Rutte, avec qui Donald Trump dit avoir négocié le projet d’accord, a lui déclaré à l’AFP qu’il restait “beaucoup de travail” avant de le finaliser.Sans livrer aucun détail, le président américain a assuré à des journalistes qu’il n’était “pas question d’argent” dans les négociations.Au cours d’une “réunion très productive que j’ai eue avec le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, nous avons conçu le cadre d’un futur accord concernant le Groenland et, en réalité, toute la région arctique”, a écrit le dirigeant républicain sur son réseau Truth Social, depuis la station de ski suisse où il participe au Forum économique mondial.- “Pour toujours” -“Sur la base de cette entente, je n’imposerai pas les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février”, a ajouté Donald Trump dans son message.Cette menace, émise samedi en réaction à l’envoi de troupes européennes, visait la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande.Wall Street, dont Donald Trump suit toujours les mouvements avec grande attention, a salué cette désescalade commerciale. Le Dow Jones a progressé de 1,21% et l’indice Nasdaq a pris 1,18% mercredi, après avoir chuté la veille. Le président américain, ancien promoteur immobilier, se vante régulièrement d’être un négociateur hors pair de “deals” forcément avantageux mais parfois bien vagues.Ses déclarations à Davos n’ont pas fait exception à la règle.Il a assuré à des journalistes que le projet d’accord donnait aux Etats-Unis “tout ce (qu’ils) voulaient” et “pour toujours”.Interrogé pour savoir si cela impliquait une possession du Groenland, il a hésité puis esquivé: “Euh… C’est un accord de long terme. C’est l’accord de long terme par excellence”.Mark Rutte a assuré lui sur Fox New que le sujet de la souveraineté du territoire autonome danois n’avait pas été abordé dans leurs discussions.Le milliardaire de 79 ans avait déjà nettement calmé le jeu quelques heures auparavant en excluant pour la première fois d’utiliser “la force” pour mettre la main sur le Groenland.”Je n’utiliserai pas la force”, a-t-il déclaré lors d’un discours.A Nuuk, les habitants ont surtout fait part à l’AFP d’un sentiment de défiance.”Le Groenland est le pays des Groenlandais. On ne peut pas en disposer comme ça, pour quoi que ce soit”, a confié Anak, une aide-soignante de 64 ans.”L’Otan n’a en aucun cas le droit de négocier quoi que ce soit sans nous, le Groenland. Rien sur nous, sans nous”, a protesté pour sa part la députée groenlandaise Aaja Chenmitz, l’une des deux élues représentant le Groenland au parlement danois.”Et que l’Otan ait son mot à dire sur notre pays et nos minéraux, c’est complètement dingue”, a-t-elle ajouté.Selon le dernier sondage en date publié en janvier 2025, 85% des Groenlandais sont opposés à leur rattachement aux Etats-Unis. Seuls 6% y sont favorables.

Wall Street rebondit, rassurée sur le Groenland

Après sa forte chute de la veille, la Bourse de New York a inversé la tendance mercredi, poussée par la volte-face de Donald Trump sur le Groenland, qui a suspendu ses menaces douanières contre plusieurs pays européens.L’indice élargi S&P 500 a gagné 1,16%, le Dow Jones a progressé de 1,21% et l’indice Nasdaq a pris 1,18%. La veille, les trois indices vedettes étaient tombés d’environ 2%.Déjà dans le vert pendant la majeure partie de la séance, “le marché s’est franchement redressé après l’annonce par le président Trump d’un accord concernant le Groenland”, remarquent les analystes de Briefing.com.Il avait menacé durant le week-end d’imposer des droits de douane allant jusqu’à 25% à huit pays européens, dont l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, en représailles à leur soutien à ce territoire autonome danois.Mais mercredi, le chef d’Etat américain a levé cette menace de surtaxes commerciale, assurant avoir “conçu le cadre d’un futur accord concernant” le Groenland.”Sur la base de cette entente, je n’imposerai pas les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février”, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, sans donner aucun détail sur le “cadre” en question.”Les marchés craignaient clairement que certaines de ces mesures commerciales puissent ébranler la confiance dans les actifs américains”, commente auprès de l’AFP Dave Grecsek, d’Aspiriant.Donald Trump a aussi écarté l’option militaire pour s’emparer du Groenland.”Les gens pensaient que j’utiliserais la force. Je n’ai pas besoin d’utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n’utiliserai pas la force”, a-t-il déclaré.”Il y a peut-être une prise de conscience quant au fait qu’il ne faut pas trop perturber les marchés, en particulier le marché obligataire”, note M. Grecsek.Vers 21H15, le rendement de l’emprunt d’Etat américain à dix ans se détendait ainsi par rapport à la veille, à 4,25% contre 4,29% la veille.Les relations commerciales demeurent au centre de l’attention, selon M. Grecsek, mais les investisseurs restent aussi à l’affût de nouvelles données économiques.Ils attendent la publication jeudi de la nouvelle estimation de croissance aux Etats-Unis pour le troisième trimestre, puis, le même jour, de l’indice des prix PCE – jauge d’inflation privilégiée par la Réserve fédérale (Fed) – pour les mois d’octobre et de novembre.Côté entreprises, la saison des résultats bat son plein.Pour le moment, les performances financières “ont été mitigées (…) mais nous n’en sommes encore qu’au début de la saison des résultats”, observe Dave Grecsek.Netflix a terminé dans le rouge (-2,18% à 85,36 dollars) au lendemain de la publication de ses résultats trimestriels.Le géant du divertissement a pourtant dépassé pour la première fois les 12 milliards de dollars de chiffre d’affaires lors des trois derniers mois de 2025, en hausse de près de 18% sur un an, et prévoit de retrouver un bénéfice de plus de 3 milliards au prochain trimestre.Le spécialiste des services pour l’industrie pétrolière américain Halliburton a été recherché (+4,05% à 33,36 dollars) après avoir publié mercredi des résultats supérieurs aux attentes au quatrième trimestre, soutenu par la demande pour ses services à l’international, malgré un contexte compliqué pour le secteur pétrolier. Le géant des puces Intel (+11,72% à 54,25 dollars) s’est envolé poussé par l’optimisme des analystes pour son titre avant la publication de ses résultats jeudi.

Xavier Piechaczyk, candidat à la RATP, prêt à prendre le métro en marche derrière Castex

Faire rouler métros, trams et bus en satisfaisant les voyageurs parisiens et les salariés du groupe, sur fond d’ouverture à la concurrence: Xavier Piechaczyk, choisi par Emmanuel Macron pour piloter la RATP, s’est déclaré prêt mercredi à relever les multiples défis des transports franciliens.Sans être issu du sérail des transports, l’actuel président du directoire du distributeur public d’électricité RTE, candidat à la succession de Jean Castex, a fait valoir devant une commission du Sénat tous les points de convergence entre son parcours professionnel et les besoins de la RATP.Au cours d’un grand oral de près de deux heures devant les sénateurs appelés à se prononcer sur sa candidature, cet ancien conseiller énergie-transport de Jean-Marc Ayrault, puis de François Hollande à l’Elysée, a mis en valeur sa vie professionnelle “consacrée aux services publics”.Il a notamment insisté sur trois de ses compétences qu’il envisage de mettre au service de la RATP: la “maîtrise d’ouvrage d’infrastructures”, qu’il a exercée au ministère de l’Equipement, mais aussi chez RTE, c’est-à-dire la conception et la gestion de chantiers; la “performance industrielle”, soit la gestion fine de la maintenance d’équipements technologiques pour assurer un service public 24 heures sur 24; et enfin la “transformation des organisations” qu’il a pratiquée en tant que chef de la modernisation du ministère de l’Equipement, mais aussi chez RTE, “avec le dialogue social qui les accompagne”.La question sociale était d’ailleurs le premier sujet d’intérêt des sénateurs, alors que la Régie est bousculée par l’arrivée de la concurrence. “Avant toute chose, nous aimerions savoir quel type de président de la RATP vous entendez incarner, quelle sera votre méthode de management, comment comptez-vous mener le dialogue social avec les organisations syndicales?” lui a demandé d’emblée Daniel Guéret, sénateur LR d’Eure et Loire.”Je compte faire à la RATP ce que j’ai toujours fait dans l’ensemble de mes fonctions et de mes responsabilités, avoir un dialogue social sincère et transparent” (…) et rechercher des compromis, a répondu M. Piechakzyk.- “Coopératif” ou “bulldozer” ? -Il a insisté sur son caractère “coopératif”, en indiquant qu’il avait “du mal à comprendre” les critiques portant sur son “style bulldozer”.Chez RTE, en dix ans, dont cinq et demi de présidence, huit accords salariaux sur dix, négociés dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) ont été signés par les syndicats, a-t-il fait valoir pour attester de ses talents de négociateur social.Avec l’ouverture à la concurrence, “l’ancien périmètre du monopole va décroître c’est mécanique”, a analysé M. Piechaczyk en se gardant néanmoins de vouloir courir “tous les lièvres à la fois” dans les futurs appels d’offres régionaux afin de compenser d’éventuelles pertes d’activités sur son propre réseau francilien.La RATP, qui a déjà remporté la gestion de l’étoile ferroviaire autour de Caen, via sa filiale RATP DEV, présentera bien sa candidature sur certains dossiers, mais à condition notamment qu’elle apporte “plus de qualité pour les voyageurs”, a-t-il dit.A l’étranger, il s’est déclaré favorable à l’idée lancée par Jean Castex de “discuter d’une équipe de France” pour répondre ensemble aux appels d’offres avec la SNCF, Keolis et “les grands BTPistes” français, notamment pour les chantiers de construction de réseaux urbains de transport.Il a salué l’oeuvre de Jean Castex qui a “considérablement redressé la qualité de service”, tout en “relevant le défi des JO de Paris 2024” et en préparant l’ouverture à la concurrence des bus qui a eu lieu en 2025: “un zero faute”. “La conflictualité a été faible et le premier transfert s’est déroulé sans bug opérationnel majeur”, a-t-il ajouté, en s’engageant à “poursuivre le dialogue social”.Deux sujets de société ont retenu son attention, les atteintes sexuelles faites aux femmes dans les transports en commun, sujet sur lequel il aimerait s’engager “personnellement”. Et en matière d’accessibilité, le remplacement des 2.000 tourniquets qui demeurent dans le métro parisien, et empêchent les passages des parents avec poussettes.Une deuxième audition est programmée mercredi 28 janvier devant les députés, à l’issue de laquelle les élus des deux chambres se prononceront sur sa candidature.

Le patron de Ryanair rappelle à Musk que les règles de l’UE lui interdisent un rachat

Le patron de Ryanair Michael O’Leary a rappelé mercredi à Elon Musk que les règles de l’UE interdisaient aux non-Européens de prendre le contrôle de la compagnie irlandaise, réagissant au sondage du milliardaire sur X évoquant une éventuelle acquisition, sur fond de querelle entre les deux hommes.”Nous sommes une société cotée. Il est libre de faire (une offre) à tout moment. Mais les non-Européens ne peuvent pas détenir la majorité d’une compagnie aérienne européenne”, a déclaré M. O’Leary lors d’une conférence de presse à Dublin.Les règles européennes imposent qu’une compagnie aérienne basée dans l’UE soit majoritairement détenue par des ressortissants de l’UE (ou de pays européens tiers). Né en Afrique du Sud, Elon Musk possède aussi les nationalités canadienne et américaine.Connu pour son goût de la provocation, M. O’Leary a toutefois invité le milliardaire à investir dans sa compagnie, y voyant “un très bon placement, certainement un investissement nettement meilleur que les rendements financiers qu’il obtient sur X”.Les tensions entre les deux hommes font suite au rejet par le patron de Ryanair, la semaine dernière, du réseau de satellites Starlink d’Elon Musk pour équiper sa flotte en wifi, estimant que cela coûterait entre 150 et 250 millions de dollars par an en raison notamment de la traînée aérodynamique des antennes et du surcoût de carburant associé.Dans cette interview à la radio irlandaise Newstalk, il avait aussi qualifié le patron de Tesla et SpaceX d'”idiot” et son réseau social X de “cloaque”.Ce dernier avait répondu en traitant à son tour M. O’Leary d'”idiot” et de “crétin attardé”, en suggérant sur X de racheter Ryanair, jusqu’à publier un sondage auprès de ses “followers”.Selon M. O’Leary, la publicité générée par ce “clash” a entraîné une hausse des réservations “d’environ 2% ou 3% au cours des cinq derniers jours”. “Compte tenu de nos volumes, (c’)est une progression très significative”, a-t-il dit, remerciant Elon Musk pour cet “extraordinaire coup de projecteur”.La valorisation boursière de Ryanair, première compagnie européenne en nombre de passagers, s’élève à près de 30 milliards d’euros. Elon Musk avait dû débourser 44 milliards de dollars pour racheter Twitter en 2022, qu’il avait ensuite rebaptisé X.

Lisa Cook, l’économiste afro-américaine au coeur de la bataille entre Trump et la Fed

L’économiste Lisa Cook, que Donald Trump veut éjecter de la banque centrale des Etats-Unis, est la seule femme noire à avoir intégré le cercle des gouverneurs de l’institution monétaire, non sans avoir d’abord affronté l’hostilité du camp républicain.La Cour suprême des Etats-Unis s’est penchée mercredi sur le cas de cette gouverneure de la Réserve fédérale (Fed) que le président américain pense avoir le pouvoir de licencier d’un simple message sur son réseau Truth Social.S’il arrive à ses fins, cela représenterait une première pour la banque centrale plus que centenaire, dont les taux d’intérêt guident les coûts d’emprunt.Son indépendance est vue comme un facteur de stabilité des marchés financiers. Et le dossier Lisa Cook comme un test des digues légales tenant le pouvoir exécutif à l’écart de la politique monétaire de la première économie mondiale.”Cette affaire déterminera si la Réserve fédérale sera en mesure de fixer les taux directeurs en se basant sur des éléments tangibles et un raisonnement indépendant, ou si elle succombera à la pression politique”, a affirmé Mme Cook dans un communiqué, à l’issue de l’audience.La décision de la Cour est attendue d’ici le terme de sa session annuelle, fin juin.Donald Trump assume de vouloir remodeler la gouvernance de l’organisation et des taux plus bas. Il estime depuis fin août avoir un “motif valable” pour révoquer Lisa Cook.Il accuse la sexagénaire d’avoir été malhonnête lors de demandes de prêts immobiliers personnels, en présentant, dans un court laps de temps, deux logements distincts comme des résidences principales.Lisa Cook a exclu toute malversation et immédiatement porté l’affaire devant la justice pour rester en place.- Les discriminations au coeur de son travail -Mme Cook est devenue gouverneure de la Fed en 2022 sur proposition de l’ancien président démocrate Joe Biden. Son mandat court jusqu’en janvier 2038.Elle avait essuyé un tir de barrage du parti républicain dès l’annonce de sa nomination, confirmée à une courte majorité par le Sénat. Ses opposants avaient remis en question ses compétences. Pour ses soutiens, un tel débat n’aurait pas eu lieu si elle avait eu une autre couleur de peau.Docteure en économie, Lisa Cook avait fait partie des conseillers économiques de la Maison Blanche à l’époque de Barack Obama, mais aussi dans l’équipe de transition de Joe Biden.Elle a consacré une grande partie de ses recherches académiques aux cicatrices économiques, jusque-là non mesurées, des discriminations.Elle a ainsi montré que ces discriminations avaient ralenti l’ensemble de la société, pas seulement les victimes directes de l’injustice.Celle qui parle cinq langues, dont le français et le russe, a aussi travaillé sur le redressement du Rwanda après le génocide de 1994.Née en 1964, l’année du crépuscule de la ségrégation raciale aux Etats-Unis, Mme Cook avait raconté au Sénat que ses “convictions (avaient) été façonnées par (s)on enfance à Milledgeville, en Géorgie”, dans le sud-est du pays.Son entourage militait en faveur d’un “changement non violent aux côtés d’un ami de la famille, le révérend Martin Luther King”, avait-elle décrit.Elle “a été l’un des premiers enfants noirs à intégrer son école publique, et a passé sa vie à briser les barrières raciales et de genre”, avait alors salué le sénateur de Géorgie Raphael Warnock.Fille d’un aumônier baptiste et d’une professeure en école d’infirmiers, elle porte d’ailleurs sous l’œil droit la cicatrice physique du racisme, après avoir été attaquée, enfant, alors qu’elle fréquentait une école auparavant réservée aux élèves blancs.

Grand chambardement et annulations de jeux chez Ubisoft pour redevenir compétitif

Fini de jouer pour Ubisoft: empêtré dans des difficultés financières depuis plusieurs années, le géant français des jeux vidéo se dote d’une nouvelle organisation inédite pour être plus compétitif, au prix de plusieurs jeux annulés et d’une nouvelle cure d’austérité.Première victime de ce grand chambardement interne: “Prince of Persia: les Sables du temps”, remake de l’un des plus grands succès d’Ubisoft dans les années 2000, ne verra jamais le jour malgré plusieurs années de développement. Ce qui a suscité une vague de messages de fans déçus sur les réseaux sociaux.Cinq autres jeux sont également abandonnés: “4 titres non annoncés” et “un jeu mobile”, détaille le groupe dans un communiqué. Sept autres jeux bénéficieront “d’un temps de développement supplémentaire”.Confronté à un marché plus sélectif et concurrentiel, la direction du groupe a annoncé prévoir finalement une perte opérationnelle d’un milliard d’euros pour l’exercice en cours et vouloir recentrer ses efforts, en repartant avec une nouvelle organisation interne.Ce modèle opérationnel, inédit dans l’industrie, sera lancé début avril et s’articulera autour de cinq “maisons de créations” réunissant une partie de ses studios.La première, Vantage Studios, a vu le jour en octobre et réunit les marques phares d’Ubisoft (“Assassin’s Creed”, “Rainbow Six” et “Far Cry”), avec pour objectif de générer un milliard d’euros par an.- Cinq “maisons de création” -Valorisée à 3,8 milliards d’euros, cette filiale est détenue à hauteur de 26,32% par le groupe chinois Tencent, en échange de 1,16 milliard d’euros.Elle est désormais rejointe par quatre autres “maisons” thématiques: une consacrée aux jeux de tirs (“The Division”, “Ghost Recon”, “Splinter Cell”), une dédiée aux univers fantastiques (“Rayman”, “Prince of Persia”, “Beyond Good & Evil”…), une autre réunissant des titres comme “For Honor” et “The Crew”, tandis qu’une dernière est centrée sur les jeux familiaux comme “Just Dance”.”Chacune est structurée autour d’un genre créatif bien défini et d’un positionnement de marque, avec une responsabilité complète et une autonomie financière”, a souligné le PDG d’Ubisoft Yves Guillemot, soulignant un “changement radical” pour le groupe.Ces maisons réuniront environ la moitié des studios d’Ubisoft dans le monde, tandis que l’autre moitié apportera son soutien et son expertise aux différents projets au travers d’un réseau mondial partagé, a détaillé à l’AFP la directrice des studios Marie-Sophie de Waubert. Les équipes technologiques et les services de production, de marketing et de distribution seront mutualisés, tandis que le siège, situé en région parisienne, aura notamment la charge d’établir les priorités stratégiques et l’allocation des fonds.- Nouveau plan d’économie -Côté salariés, la direction souhaite réduire fortement le télétravail pour revenir à une présence sur site de cinq jours par semaine. Un souhait qui pourrait passer difficilement: plusieurs grèves avaient paralysé les studios en 2024 en France pour défendre le travail à distance.”C’est totalement gratuit, injuste et brutal”, a réagi auprès de l’AFP Vincent Cambedouzou, représentant du Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV) à Ubisoft Paris.”On ne peut pas juste assister à ce désastre sans rien faire”, a-t-il ajouté, pointant un “conflit initié par la direction”. Le groupe, qui a réduit ses effectifs de plus de 3.000 salariés dans le monde et fermé plusieurs studios ces dernières années dans le cadre d’un plan d’économie de 300 millions d’euros, engage “une troisième et dernière phase” de ce plan, pour réduire ses coûts “d’au moins 200 millions d’euros” d’ici deux ans.”Les gens sont terrifiés, les studios ferment les uns après les autres”, poursuit M. Cambedouzou, alors que la direction a annoncé la fin du studio d’Ubisoft Stockholm. Selon Yves Guillemot, “le recentrage du portefeuille aura un impact significatif sur la trajectoire financière à court terme” du groupe.L’entreprise, qui prévoyait jusque-là un résultat opérationnel proche de l’équilibre pour son exercice 2025/2026, anticipe désormais une perte opérationnelle d’un milliard d’euros et un net bookings (réservations nettes, soit les ventes hors revenus différés) en baisse, à environ 1,5 milliard d’euros sur l’année.Dans un contexte mondial de crise de croissance pour tout le secteur du jeu vidéo, Ubisoft a enchaîné plusieurs revers ces dernières années, avec des lancements de jeux en demi-teinte ou encore l’arrêt précoce de son jeu de tir en ligne “XDefiant”.A la peine sur les marchés, l’action d’Ubisoft a plongé de 51% en 2025.