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Femmes et enfants dénudés avec l’IA Grok: X prend des mesures mais reste sous pression

L’UE et le Royaume-Uni ont salué mercredi avec prudence des mesures supplémentaires, non précisées, qu’auraient prises le réseau social X pour bannir les images sexualisées de femmes et d’enfants créées avec son assistant IA Grok, désormais dans le viseur du procureur général de Californie.”Nous prenons acte des mesures supplémentaires adoptées par X pour interdire à Grok de générer des images sexualisées de femmes et d’enfants”, a déclaré mercredi Thomas Regnier, un porte-parole de la Commission européenne, sans préciser de quelles mesures il s’agissait.”Nous évaluerons attentivement ces changements afin de nous assurer qu’ils protègent efficacement les citoyens de l’Union européenne”, a-t-il ajouté.Selon le porte-parole, “si ces changements n’étaient pas effectifs, la Commission n’hésiterait pas à utiliser tout” son arsenal législatif. Celui-ci lui permet d’infliger, entre autres, des astreintes financières, voire de suspendre le réseau social sur le sol européen.”J’ai été informé ce matin que X agit pour assurer une totale conformité avec la législation britannique”, a déclaré mercredi le Premier ministre Keir Starmer devant le Parlement.”Si c’est le cas, c’est une bonne chose, mais nous ne reculerons pas et ils doivent agir”, a-t-il mis en garde, rappelant que l’enquête indépendante ouverte lundi par une autorité de régulation britannique se poursuivait.Ni le réseau social d’Elon Musk, chantre revendiqué de la liberté d’expression, ni xAI, son entreprise qui programme Grok, n’ont officiellement communiqué mercredi sur de nouvelles mesures.Interrogé par l’AFP, Grok a généré cette réponse: “xAI a imposé des restrictions sur la génération par Grok de deepfakes (montages hyper-réalistes) sexualisés à la suite d’un tollé mondial et d’enquêtes, mais aucune interdiction totale n’a été annoncée”.Depuis le 9 janvier, la fonctionnalité de génération d’images de Grok avec peu de restrictions, surnommée par xAI le “spicy mode” (épicé), a été désactivée pour les utilisateurs non payants de X.”Le +Spicy Mode+ semble partiellement fonctionnel, bien que limité dans certaines régions”, a ajouté le robot.- enquête californienne -L’indignation internationale a pris de l’ampleur ces dernières semaines au vu des milliers d’images à caractère sexuel générées par Grok.Certains utilisateurs de X se sont servis de Grok pour poster ou répondre à des messages contenant des photos de femmes, les accompagnant d’une instruction comme “Mets-la en bikini” pour générer en réponse publique un montage hyper-réaliste (“deepfake” en anglais).Le scandale a conduit à la suspension de Grok en Indonésie et en Malaisie ce week-end. L’Inde a affirmé avoir fait retirer des milliers de contenus sur X et plusieurs procédures ont été ouvertes dans le monde, notamment en France et, depuis mercredi, en Californie.Le procureur de Californie — un élu démocrate qui s’affiche comme un opposant face aux velléités de l’administration Trump d’empêcher une régulation de l’IA — a annoncé lancer sa propre enquête “afin de déterminer si, et comment, xAI a violé la loi”.”xAI semble faciliter la production à grande échelle de détournements non consentis d’images intimes, utilisées pour harceler des femmes et des jeunes filles sur internet, notamment via le réseau social X”, accuse le communiqué du procureur Rob Bonta, qui brigue sa réélection en novembre pour un second mandat. “J’exhorte xAI à prendre des mesures immédiates pour que cela ne se reproduise plus”, ajoute-t-il, assurant avoir “une tolérance zéro pour la création et la diffusion par l’IA d’images intimes non consenties ou de matériel pédopornographique”Le procureur californien reproche à xAI d’avoir utilisé son “spicy mode” “comme un argument marketing, ce qui a, sans surprise, provoqué une prolifération de contenus sexualisés sans le consentement des personnes”.”Il est rapporté que xAI a aussi produit des images réalistes d’enfants impliqués dans des actes sexuels”, dénonce encore le communiqué.La semaine dernière, une analyse menée par l’ONG AI Forensics sur plus de 20.000 images générées par Grok a révélé que plus de la moitié représentaient des personnes légèrement vêtues, dont 81% étaient des femmes et 2% paraissaient mineurs.Toute personne utilisant Grok pour “créer du contenu illégal subira les mêmes conséquences que si elle mettait en ligne du contenu illégal”, s’est défendu la semaine dernière Elon Musk dans un message posté sur X.

Wall Street termine en baisse, la tech accuse le coup

La Bourse de New York a terminé en baisse mercredi, plombée par le repli des capitalisations boursières géantes du secteur technologique, sur fond de résultats trimestriels mitigés pour les grandes banques américaines.L’indice Nasdaq – à forte coloration technologique – a perdu 1,00%, l’indice élargi S&P 500 a reculé de 0,53% et le Dow Jones de 0,09%.”L’humeur des investisseurs est en train de changer” et “une certaine négativité s’installe” sur la place américaine, commente auprès de l’AFP Jack Ablin, de Cresset.”La pression à la vente des titres à très forte capitalisation a été suffisamment forte pour peser sur les principaux indices, malgré la résilience relative des petites capitalisations”, remarquent de leur côté les analystes de Briefing.com.Les “Sept Magnifiques”, surnom donné aux grands noms du secteur technologique, ont tous terminé dans le rouge, à l’image de Nvidia (-1,44%), Amazon (-2,43%), Apple (-0,40%) ou Microsoft (-2,40%).Dans le même temps, “le secteur financier continue d’être sous pression” et “le facteur principal qui stimule les ventes aujourd’hui est la publication de résultats mitigés par les grandes banques”, expliquent les experts de Briefing.com.Bank of America a chuté (-3,70%) malgré des performances meilleures qu’escompté lors des trois derniers mois de 2025, tandis que Wells Fargo (-4,60%) a fait moins bien qu’attendu et Citigroup (-3,34%) a vu ses résultats amputés par une perte liée à la Russie.”Il souffle aujourd’hui un vent d’aversion au risque sur Wall Street”, résume Jose Torres, d’Interactive Brokers.Côté indicateurs, les ventes au détail ont rebondi davantage que prévu en novembre, en hausse de 0,6% sur un mois, pour atteindre 735,9 milliards de dollars, a rapporté le ministère du Commerce. Les analystes s’attendaient à un rythme moins élevé, autour de 0,3%.L’indice des prix à la production (PPI) pour novembre a lui progressé de 0,2% sur un mois, en accélération par rapport à octobre.Ces chiffres “renforcent l’opinion du marché selon laquelle il faudra probablement attendre encore plusieurs mois avant la prochaine baisse des taux” d’intérêt de la banque centrale américaine (Fed), notent les analystes de Briefing.com.Les opérateurs continuent d’anticiper deux baisses de taux en 2026, selon l’outil de veille CME FedWactch.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt d’Etat américain à dix ans se détendait à 4,14% vers 21H15 GMT, contre 4,18% à la clôture la veille.Au tableau des valeurs, le groupe Trip.com, plus grand fournisseur en Chine de réservations de voyage en ligne, a dégringolé (-17,05% à 62,78 dollars) après l’ouverture d’une enquête par Pékin pour des soupçons de pratiques monopolistiques.”Toutes les activités de l’entreprise se poursuivent normalement” le temps de la procédure, ouverte par le régulateur chinois du marché, a assuré mercredi l’entreprise.Le secteur du tourisme a été particulièrement à la peine, à l’instar du site de location immobilière de courte durée Airbnb (-5,20%) ou des plateformes de réservations en ligne Booking (-2,40%) et Expedia (-3,07%).Le constructeur de véhicules électriques Rivian a franchement glissé (-7,16% à 17,50 dollars), pâtissant d’une révision à la baisse de son titre par la banque UBS.

Enquête sur une fraude bancaire: saisie de près d’un milliard d’euros de biens au Brésil

La police brésilienne a saisi mercredi près d’un milliard d’euros de biens et mené des perquisitions dans le cadre d’une enquête sur ce qui pourrait être, selon le gouvernement, “la plus grande fraude bancaire de l’histoire” du Brésil.Mardi, le ministre des Finances, Fernando Haddad, avait déclaré que l’affaire concernant l’établissement Banco Master, liquidé en novembre, “exige la plus grande prudence”, estimant qu’il pourrait s’agir “de la plus grande fraude bancaire de l’histoire” du Brésil.Un juge de la Cour suprême a ordonné des perquisitions à des adresses liées à l’entourage de Daniel Vorcaro, ancien propriétaire de la banque, qui a été placé en détention préventive lors d’une première opération policière en novembre.Son beau-frère, Fabiano Campos Zettel, a été placé en détention mercredi, sur ordre du même magistrat. M. Campos Zettel a été interpellé alors qu’il comptait prendre un vol pour Dubai mais, selon la presse, a été libéré quelques heures plus tard.La police fédérale a indiqué dans un communiqué avoir mené 42 perquisitions dans cinq Etats brésiliens, dont ceux de Sao Paulo et Rio de Janeiro, et avoir saisi des biens pour une valeur totale de 5,7 milliards de réais (environ 910 millions d’euros). Des photos rendues publiques par la police montrent que des armes de plusieurs calibres, des voitures et montres de luxe ont été saisies, ainsi que de l’argent en espèces.L’enquête porte sur des soupçons de délits “d’organisation criminelle, de fraude financière, de manipulation du marché et de blanchiment d’argent”, a détaillé la police.Cette affaire fait les gros titres de la presse brésilienne depuis que la Banque centrale a ordonné la liquidation de cette petite banque privée en novembre, invoquant une “grave crise de liquidités” et des violations de la réglementation financière.Pendant que l’enquête suit son cours, 1,6 million de créanciers de la banque attendent d’être indemnisés, selon une estimation du Fonds de garantie de crédit, un organisme indépendant de protection des déposants et des investisseurs.En novembre, le directeur de la Police fédérale, Andrei Rodrigues, avait affirmé lors d’une audition au Parlement que la fraude présumée chez Banco Master pourrait tourner autour de 12 milliards de réais (environ 1,9 milliard d’euros).

Action coup de poing de la Confédération paysanne à Paris, 50 gardes à vue

Une centaine d’agriculteurs de la Confédération paysanne sont parvenus mercredi à entrer dans une annexe du ministère de l’Agriculture à Paris, qu’ils ont occupée pendant une heure avant d’être délogés, ce qui a conduit au placement en garde à vue de 50 d’entre eux, selon la préfecture de police.Peu après 16H00, les manifestants réunis dans l’enceinte de la direction générale de la performance économique, à quelques mètres de l’entrée du ministère dans le VIIe arrondissement de Paris, ont déployé une banderole plaidant: “L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir”.”Un groupe de personnes se revendiquant de la Confédération Paysanne a pénétré sans autorisation l’enceinte extérieure d’une annexe du ministère de l’Agriculture”, a relaté la préfecture de Paris dans la soirée, précisant que “ces faits sont constitutifs d’un grave trouble à l’ordre public et de plusieurs délits”.Les policiers ont évacué les lieux et interpellé 50 personnes ensuite placées en garde à vue, a ajouté la préfecture, indiquant qu’un représentant du ministère de l’Agriculture avait déposé plainte.La Confédération paysanne évoque 52 gardes à vue parmi lesquelles ses trois porte-parole nationaux ainsi que le président de la chambre d’agriculture de Guyane Jean-Yves Tarcy, et a appelé à un rassemblement devant le commissariat du XVIIIe arrondissement, dans le nord de Paris, pour protester contre le “mépris constant” du gouvernement envers les paysans.”La ministre de l’Agriculture a porté plainte contre une action pacifique, menée sans aucune violence”, a dénoncé le syndicat dans un communiqué appelant à la libération des militants et dénonçant “le deux poids deux mesures de ce gouvernement dans la répression syndicale et dans les réponses politiques aux demandes” des agriculteurs.Etaient présents des agriculteurs venus d’Outre-mer, pour clamer “la solidarité entre les paysans” et dénoncer la politique agricole du gouvernement et l’accaparement selon eux des subventions publiques par un petit nombre d’exploitants et de grands groupes agroindustriels.Fanny Métrat, une des porte-parole de la Confédération paysanne a demandé la “décolonisation de l’agriculture” et “la fin de cette cogestion insupportable de la FNSEA (premier syndicat agricole) et du ministère de l’Agriculture”.Cette déclaration intervient au lendemain d’une nouvelle salve d’annonces du gouvernement qui a notamment promis une “loi d’urgence agricole” portant sur la prédation (attaques de prédateurs sur le bétail), l’eau et les moyens de production, répondant très exactement aux demandes de l’alliance FNSEA-Jeunes agriculteurs qui domine le paysage syndical agricole.La FNSEA, qui a longtemps été le seul interlocuteur de l’Etat avant l’émergence d’autres syndicats et notamment la Confédération paysanne en 1987, est régulièrement accusée par les autres forces d’imposer son ordre du jour à l’État.”La FNSEA peut faire défiler 400 tracteurs et est reçue en grande pompe par Yaël Braun-Pivet et le Premier ministre. Nous, à chaque fois qu’on se mobilise, tout ce qu’on obtient c’est de la répression”, a dénoncé Thomas Gibert, également porte-parole du syndicat.Vendredi, Thomas Gibert et Stéphane Galais, le troisième porte-parole, avaient été interpellés brutalement au pied de l’Arc de Triomphe, où il étaient venus attendre six tracteurs de leur syndicat après une opération escargot sur le périphérique.clf-sb-mdz-sc/abb/bfi

“Pas vrai” que des milliers de Français fortunés échappent à l’impôt sur le revenu, affirme de Montchalin

La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a démenti mercredi le fait que des “milliers” de personnes fortunées ne paient “aucun impôt sur le revenu”, comme l’avait affirmé dimanche l’ex-ministre de l’Economie, Eric Lombard.”Il n’est pas vrai que des dizaines de milliers de Français fortunés ne paieraient aucun impôt sur le revenu. Il n’y a pas de document à Bercy qui le montrerait”, a affirmé Amélie de Montachalin, interrogée sur le sujet lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.”Et si c’était le cas, cela fait bien longtemps évidemment que cette situation aurait, un, été dénoncée, deux, corrigée”, a-t-elle ajouté.”La direction des finances publiques (DGFiP) avait regardé: parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro. Ils ne paient aucun impôt sur le revenu”, affirmait dimanche dans un entretien au journal Libération Eric Lombard, qui a quitté Bercy en octobre.Le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel (LFI), a dans la foulée demandé des documents à Bercy.”Je répondrai évidemment au président de la commission des Finances en lui communiquant toutes les notes, toutes les données qui montrent que ce diagnostic que je partage avec vous est un, connu, deux, partagé, étayé”, a dit la ministre des Comptes publics.La commission des Finances du Sénat a également, de son côté, envoyé un courrier au ministre de l’Economie Roland Lescure, lui demandant de leur transmettre une série de documents.”Ensuite, nous aimerions nous entretenir, en début de semaine prochaine, avec les services de la direction générale des finances publiques, pour échanger sur ces éléments que vous aurez bien voulu nous transmettre en amont”, selon ce courrier consulté par l’AFP, signé du président et du rapporteur général de cette commission, Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR).Selon Amélie de Montchalin, “il n’y a pas de documents ou même de réalité qui amènerait une dizaine de milliers de fortunés français à ne payer aucun impôt sur le revenu”.La ministre a par ailleurs souligné que le gouvernement disait depuis “des mois (…) qu’effectivement si des mécanismes d’optimisation fiscale que nous connaissons amènent à ce que le taux d’imposition effectif moyen des plus fortunés de notre pays (soit) plus bas que ce qu’il devrait être, il faut que nous changions la loi”.”Ce gouvernement a déposé un projet de loi de finances avec un article 3 qui s’appelle une taxe sur les holdings, qui a fait l’objet de beaucoup de débats et qui permet précisément pour la première fois dans notre pays, de mettre un mot, de mettre des outils et de mettre une réponse à une situation que nous ne nions pas, mais qu’il nous faut regarder avec efficacité”, a-t-elle ajouté.

Action coup de poing de la Confédération paysanne au ministère de l’Agriculture

Une centaine d’agriculteurs de la Confédération paysanne sont parvenus mercredi à entrer dans une annexe du ministère de l’Agriculture à Paris, qu’ils ont occupée pendant une heure avant d’être délogés, ont constaté des journalistes de l’AFP.Une “vingtaine de manifestants ont été interpellés, dont les trois porte-parole nationaux du syndicat”, a-t-on indiqué à la Confédération paysanne en fin d’après-midi. Peu après 16H, les manifestants réunis dans l’enceinte de la direction générale de la performance économique, à quelques mètres de l’entrée du ministère dans le 7e arrondissement de Paris, ont déployé une banderole plaidant: “L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir”.Étaient présents des agriculteurs venus d’Outremer, pour clamer “la solidarité entre les paysans” et dénoncer la politique agricole du gouvernement et l’accaparement selon eux des subventions publiques par un petit nombre d’exploitants et de grands groupes agroindustriels.Fanny Métrat, une des porte-parole de la Confédération paysanne a demandé la “décolonisation de l’agriculture” et “la fin de cette cogestion insupportable de la FNSEA (premier syndicat agricole) et du ministère de l’Agriculture”.Cette déclaration intervient au lendemain d’une nouvelle salve d’annonces du gouvernement qui a notamment promis une “loi d’urgence agricole” portant sur la prédation (attaques de prédateurs sur le bétail), l’eau et les moyens de production, répondant très exactement aux demandes de l’alliance FNSEA-Jeunes agriculteurs qui domine le paysage syndical agricole.La FNSEA, qui a longtemps été le seul interlocuteur de l’État avant l’émergence d’autres syndicats et notamment la Confédération paysanne en 1987, est régulièrement accusée par les autres forces d’imposer son ordre du jour à l’État.”La FNSEA arrive avec sa liste de courses et est remerciée par le Premier ministre, encore hier”, a lancé Stéphane Galais, lui aussi porte-parole de la Confédération paysanne, en référence à l’entrée dans Paris de plus de 350 tracteurs mardi, escortés par la police.”La FNSEA peut faire défiler 400 tracteurs et est reçue en grande pompe par Yaël Braun-Pivet et le Premier ministre. Nous, à chaque fois qu’on se mobilise, tout ce qu’on obtient c’est de la répression”, a dénoncé Thomas Gibert, également porte-parole du syndicat.Vendredi, Thomas Gibert et Stéphane Galais avaient été interpellés brutalement au pied de l’Arc de Triomphe, où il étaient venus attendre six tracteurs de leur syndicat après une opération escargot sur le périphérique.

Personnes dénudées avec l’IA Grok: enquête sur xAI ouverte en Californie

Le procureur général de Californie a annoncé mercredi lancer une enquête visant xAI en raison de la prolifération sur internet d’images dénudées de femmes et d’enfants générées avec l’assistant d’intelligence artificielle Grok créé par cette entreprise d’Elon Musk.”xAI semble faciliter la production à grande échelle de détournements non consentis d’images intimes (deepfakes), utilisées pour harceler des femmes et des jeunes filles sur internet, notamment via le réseau social X”, accuse le communiqué du procureur démocrate Rob Bonta, dont les investigations s’ajoutent aux multiples enquêtes ouvertes dans plusieurs pays sur cette affaire.En conséquence, “mon bureau annonce aujourd’hui formellement une enquête sur xAI afin de déterminer si, et comment, xAI a violé la loi”, déclare le procureur Bonta, cité dans le communiqué.”J’exhorte xAI à prendre des mesures immédiates pour que cela ne se reproduise plus”, ajoute-t-il: “Nous avons une tolérance zéro pour la création et la diffusion par l’IA d’images intimes non consenties ou de matériel pédopornographique”.Un mouvement d’indignation internationale a pris de l’ampleur ces dernières semaines autour de Grok et de la possibilité qu’il offre de modifier des images, en particulier celles publiées sur le réseau social X, également propriété d’Elon Musk.Certains utilisateurs en ont profité pour poster ou répondre à des messages contenant des photos de femmes, les accompagnant d’une instruction comme “Mets-la en bikini” pour recevoir en échange un montage hyper-réaliste (“deepfake” en anglais).Depuis le 9 janvier, la fonctionnalité de création d’images a été désactivée pour les utilisateurs non payants de X, qui affirme prendre des mesures pour supprimer ces contenus illégaux et suspendre les comptes concernés.Le procureur californien reproche a xAI d”avoir vanté la possibilité de dénuder les personnes “comme un argument marketing, ce qui a sans surprise provoqué une prolifération de contenus sexualisés sans le consentement des personnes concernées”.”Il est rapporté qu’xAI a aussi produit des images réalistes d’enfants impliqués dans des actes sexuels”, dénonce encore le communiqué.La semaine dernière, une analyse menée par l’ONG AI Forensics sur plus de 20.000 images générées par Grok a révélé que plus de la moitié représentaient des personnes légèrement vêtues, dont 81% étaient des femmes et 2% paraissaient mineurs.L’Indonésie et la Malaisie ont suspendu l’accès à Grok ce week-end, tandis que l’Inde a affirmé avoir fait retirer des milliers de contenus sur X. Des enquêtes sont en cours dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et la France.

L’Assurance maladie alerte sur l’envolée des dépenses de médicaments innovants

Une vingtaine de médicaments à plus de 100.000 euros par an et par patient: l’Assurance maladie alerte sur l’explosion des coûts des médicaments innovants et entend faire la chasse aux traitements qui n’apportent pas de progrès.En volume, la consommation de médicaments a augmenté légèrement (+1,1% par an) sur les cinq dernières années mais en montant, la facture grimpe à cause de médicaments très onéreux.En 2024, les montants réellement payés par l’Assurance maladie après les remises négociées avec les laboratoires ont atteint 27,2 milliards d’euros, en hausse de 7,2% sur un an.”Alors qu’en 2015, un seul médicament dépassait un coût de traitement annuel de 100.000 euros par patient, ils sont 21 en 2025 à franchir ce seuil, et les traitements les plus coûteux dépassent désormais 185.000 euros par patient et par an”, avant remises, c’est-à-dire avant les réductions négociées entre les industriels et l’Etat, selon des données de l’Assurance maladie.Deux médicaments, prescrits pour un nombre très limité de malades, excèdent même le million d’euros annuel par patient: il s’agit du Bylvay, prescrit à 51 patients atteints d’une maladie rare du foie, et du Myalepta, prescrit à 39 patients atteints d’une maladie grave du tissu graisseux, sachant que dans les maladies rares les remises peuvent atteindre, selon des connaisseurs, jusqu’à 90% du prix catalogue.- Des anticancéreux qui dépassent le milliard – En 2024, deux anticancéreux ont dépassé le milliard d’euros de remboursement: Keytruda (2,1 milliards d’euros) et Darzalex (1,05 milliard d’euros), souligne l’Assurance maladie rappelant que le nombre de patients pris en charge en oncologie augmente en moyenne de 3% par an en France.”C’est un coût, mais c’est un coût par rapport à une valeur thérapeutique qui vient répondre à un vrai besoin” pour 3 millions de patients qui luttent contre le cancer chaque année, justifiait cet automne la présidente de l’Agipharm (association regroupant les laboratoires américains implantés en France) Clarisse Lhoste.Une étude du Centre international de recherche sur le cancer a évalué les pertes de productivité dues à la mortalité prématurée par cancer à 566 milliards de dollars, soit l’équivalent de 0,6% du produit intérieur brut mondial en 2022.Si les médicaments innovants ne représentent qu’une part limitée des volumes, ils concentrent une part croissante des dépenses: en 2024, leur coût annuel moyen atteint 3.801 euros par patient (hors vaccin), contre 161 euros pour les médicaments plus anciens.Cette dynamique est liée à l’essor des innovations thérapeutiques contre des maladies rares et graves désormais prises en charge, a souligné Thomas Fatôme, directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance maladie, y voyant “un sujet de soutenabilité” pour le système de santé.”Les médicaments de plus de 1.000 euros, correspondent à 0,5% du volume des médicaments remboursés et à un tiers de la dépense totale”, a détaillé de son côté Sophie Kelley, responsable du département des produits de santé à l’Assurance maladie au cours d’une conférence de presse.- “Nouveau n’est pas forcément innovant” – Mais un nouveau médicament “n’est pas forcément innovant”, a-t-elle insisté, soulignant qu'”un tiers des médicaments remboursés aujourd’hui et encore sous brevet n’apportent finaclement pas ou très peu d’amélioration par rapport à l’existant”.Le montant remboursé des traitements considérés comme innovants, représentent une part toujours plus importante des remboursements: de 8 milliards en 2017 à un peu plus de 10 milliards en 2024.Ce bilan intervient alors que l’accord-cadre régissant la régulation des tarifs des médicaments remboursables doit être renégocié avec l’industrie pharmaceutique cette année.Les industriels font régulièrement valoir que 37% des nouveaux médicaments autorisés en Europe ne sont pas disponibles en France et que les prix des médicaments y sont parmi les plus bas du continent.”On n’est pas totalement convergent sur ce diagnostic”, s’est défendu Thomas Fatôme. “Notre système permet un accès efficace à des médicaments innovants”, a-t-il dit, mais “il faut se poser la question de savoir pourquoi les coûts moyens de traitements sur les ASMR IV (progrès thérapeutique mineur, Ndlr) et V (pas de progrès thérapeutique) augmentent aussi rapidement”, prônant “le juste soin au juste prix”.

Trafic de pesticides: prison ferme requise contre un fournisseur et un important maraîcher

Des peines de prison ferme ont été requises mercredi à Marseille contre un intermédiaire et un important maraîcher, fournisseur de grandes marques de distribution, au procès d’un trafic de produits phytosanitaires interdits.Le procureur a requis 10 mois de prison ferme, 65.000 euros d’amende et une interdiction d’exercer une profession en lien avec l’agriculture contre Alain H., 78 ans, “apporteur d’affaires” qui fournissait des agriculteurs des Bouches-du-Rhône et de la Drôme et “sans qui tout ça n’aurait pas été réalisé”.Contre son principal client, Didier C., 58 ans, très important maraîcher dont la société exploite quelque 2.000 hectares dans les Bouches-du-Rhône, notamment pour produire des salades pour les marques Bonduelle ou Florette et les plateformes de distribution de Lidl, Leclerc, Intermarché ou Super U, le procureur a requis 6 mois de prison ferme et 40.000 euros d’amende, ainsi que 80.000 euros à l’encontre d’une de ses sociétés, la SCEA REVENY.Sept prévenus au total sont poursuivis pour ce trafic, entre 2018 et 2024, de produits phytosanitaires en provenance d’Espagne ne bénéficiant pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) et donc interdits en France. Leurs productions maraîchères et fruitières étaient notamment commercialisées dans des enseignes de la grande distribution.”Mépriser les autorisations de mise sur le marché, c’est mépriser le consommateur”, a dénoncé le procureur Michel Sastre, rappelant également “la dangerosité” pour l’homme et l’environnement des substances en cause.”Les peines vont tenir compte de l’importance des exploitations, des casiers (judiciaires des prévenus) et de leur âge”, a précisé le représentant du parquet, réclamant des peines plus légères à l’encontre des cinq autres arboriculteurs et maraîchers impliqués, trois des Bouches-du-Rhône et deux Drômois.Il a ainsi requis des peines s’échelonnent de 4 à 8 mois de prison avec sursis et de 15.000 à 40.000 d’amendes individuelles et des amendes entre 5.000 et 40.000 pour leurs sociétés.De nombreuses associations de défense de l’environnement – France Nature Environnement (FNE), Générations futures, la Ligue pour la protection des oiseaux LPO Paca, l’UFC-Que Choisir ou encore le syndicat agricole de la Confédération paysanne – sont parties civiles dans un dossier qu’elles estiment exemplaireEn défense de Didier C., à la tête d’une vingtaine de sociétés agricoles, Me Pascal Roubaud a vivement fustigé l’absence “d’expertises” et demandé la relaxe de son client. “Dans ce dossier, où sont les expertises… on s’est contenté de simples approximations”, a critiqué l’avocat marseillais, dénonçant une procédure qui s’appuie sur de simples “notes” manuscrites du fournisseur.L’ensemble des conseils des agriculteurs ont dénoncés “une enquête à charge”, le manque “d’analyses des produits” saisis, arguant “de l’absence d’intention” d’utiliser des produits stockés, parfois depuis longtemps. Ils ont également demandé la relaxe. Seul Me Alain Baduel, conseil d’Alain H., a reconnu la matérialité de trois infractions parmi les 11 reprochées à son client, notamment un abus de bien sociaux pour avoir payé des frais d’avocats sur la trésorerie d’une société aujourd’hui dissoute.L’avocat a regretté que le procureur ait voulu faire, selon lui, “un procès exemplaire” dénonçant “la lourdeur excessive” de la peine réclamé à l’encontre de son client.La décision a été mise en délibéré au 7 avril.

Le patron de Nestlé présente ses excuses pour le rappel de laits infantiles

Le patron de Nestlé a présenté ses excuses pour le rappel volontaire de laits infantiles qui touche une soixantaine de pays, face aux critiques et inquiétudes pour la réputation du géant suisse de l’agroalimentaire.”Je veux (…) présenter mes sincères excuses pour l’inquiétude et les perturbations que ceci a pu causer aux parents, proches aidants et clients”, a déclaré Philipp Navratil, son directeur général, dans une vidéo mise en ligne mercredi sur le site Internet du groupe, dans laquelle il a dit “comprendre” en “tant que parent” lui-même. “Je tiens à vous rassurer sur le fait qu’aucun cas de maladie liée aux produits touchés n’a été confirmé jusqu’à présent”, a-t-il ajouté, insistant sur le fait qu’il s’agissait d’une mesure “de précaution”. La semaine passée, plusieurs des filiales de Nestlé en Europe, notamment en Allemagne, en Italie, en Suède et en France, avaient annoncé un rappel volontaire de certains lots de produits, commercialisés sous des noms différents selon les pays. Ce rappel avait été lancé en raison de la présence potentielle de céréulide, une substance d’origine bactérienne issue du micro-organisme Bacillus cereus, susceptible de provoquer des troubles digestifs, comme des diarrhées et vomissements. La liste des produits rappelés s’était allongée au fil de la semaine, déclenchant de vives critiques notamment de l’ONG Foodwatch qui avait reproché à Nestlé de communiquer “au compte-gouttes” sur un produit “sensible”.Dans son message vidéo, M. Navratil est revenu sur le déroulement de ce rappel de produit, précisant que le groupe avait agi “rapidement et de manière transparente” en travaillant “étroitement avec les autorités” de “chaque pays”, ce qui expliquait pourquoi “ces rappels ont été annoncés localement, un par un, comme prévu”. “Tous les rappels ont maintenant été annoncés”, a-t-il précisé. Mercredi, la liste publiée sur son site comptait une soixantaine de pays.En décembre, le groupe avait déjà procédé à un rappel de produits en Europe, notamment en France, après la détection d’un incident de qualité dans une usine aux Pays-Bas. Entre-temps, il a découvert que la cause était liée à une matière première venant d’un de ses fournisseurs et a “immédiatement stoppé la distribution de tous les produits affectés”, a poursuivi M. Navratil. – Risque réputationnel -Nestlé a connu deux années agitées depuis le scandale en 2024 autour de ses eaux en bouteille. Ce rappel de lots de laits infantiles accentue donc la pression sur M. Navratil qui s’est vu confier la direction en septembre après le licenciement de son prédécesseur, à la suite d’une enquête interne concernant une relation amoureuse non déclarée avec une subordonnée directe. “Cet incident intervient à un mauvais moment pour l’entreprise”, a réagi Jon Cox, analyste chez Kepler Cheuvreux, interrogé par l’AFP. Nestlé ne publie pas le détail de ses ventes dans les laits infantiles, mais selon ses calculs, ils représentent “environ 10%” du chiffre d’affaires du groupe. “L’impact financier est quelque peu limité”, mais “les dommages réputationnels sont importants”, prévient l’analyste. Dans une note publiée la semaine passée, Jean-Philippe Bertschy, analyste de Vontobel, s’était lui aussi inquiété davantage pour la réputation de Nestlé que pour les répercussions financières, “les volumes affectés” ne représentant qu’environ “0,5% du chiffre d’affaires annuel”, avait-il quantifié.Mais ce rappel de produits est “loin d’être rassurant pour les investisseurs”, d’autant que les attentes à l’égard de la nouvelle direction “étaient élevées”, avait-il souligné.Mercredi, l’action a regagné 1,80% après la mise en ligne de cette vidéo, à 76,55 francs suisses.