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TikTok annonce créer une co-entreprise aux Etats-Unis pour y éviter son interdiction

TikTok a annoncĂ© jeudi avoir créé une co-entreprise majoritairement dĂ©tenue par des investisseurs amĂ©ricains pour gĂ©rer ses activitĂ©s aux Etats-Unis, mettant fin Ă  une longue saga judiciaire qui menaçait de conduire Ă  son interdiction dans le pays.Cette nouvelle structure servira plus de 200 millions d’utilisateurs, tout en mettant en Ĺ“uvre des garanties strictes en matière de protection des donnĂ©es, de sĂ©curitĂ© des algorithmes et de modĂ©ration des contenus, a assurĂ© la plateforme dans un communiquĂ©.Sa crĂ©ation rĂ©pond Ă  une loi adoptĂ©e sous le mandat de l’ancien prĂ©sident dĂ©mocrate Joe Biden, obligeant ByteDance, le propriĂ©taire chinois de TikTok, Ă  cĂ©der le contrĂ´le de ses activitĂ©s aux États-Unis sous peine d’y ĂŞtre interdit.Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a saluĂ© cet Ă©pilogue et le rĂ´le jouĂ© selon lui par son homologue chinois Xi Jinping.”Je suis tellement heureux d’avoir aidĂ© Ă  sauver TikTok!”, a-t-il Ă©crit sur son rĂ©seau Truth Social, affirmant que le rĂ©seau “appartient dĂ©sormais Ă  un groupe de grands patriotes et investisseurs amĂ©ricains”.- Date butoir -“Je voudrais aussi remercier le prĂ©sident chinois Xi d’avoir travaillĂ© avec nous et, en fin de compte, approuvĂ© l’accord. Il aurait pu faire le contraire, mais il ne l’a pas fait, et nous lui en sommes reconnaissants”, a-t-il ajoutĂ©.Donald Trump avait repoussĂ© Ă  plusieurs reprises la date butoir pour cette mise en conformitĂ© de TikTok, qui avait Ă©tĂ© fixĂ©e pour la dernière fois Ă  vendredi. Le rĂ©seau social avait annoncĂ© en dĂ©cembre avoir signĂ© un accord permettant de crĂ©er la co-entreprise amĂ©ricaine exigĂ©e par la loi.Cette dernière sera dĂ©tenue par une majoritĂ© d’investisseurs amĂ©ricains. Les sociĂ©tĂ©s Silver Lake et Oracle dĂ©teindront notamment 15% des parts chacune, ainsi que le fonds MGX, basĂ© Ă  Abou Dhabi.Le montant de la transaction n’a pas Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©. L’an passĂ©, le vice-prĂ©sident amĂ©ricain JD Vance avait Ă©valuĂ© la valorisation de TikTok USA Ă  14 milliards de dollars, un montant jugĂ© très sous-Ă©valuĂ© par les experts.Parmi les investisseurs figurent plusieurs riches soutiens du prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, qui avait dĂ©fini les contours de la nouvelle structure dans un dĂ©cret publiĂ© en septembre, Ă  l’instar de Larry Ellison, d’Oracle.Ce gĂ©ant technologique sera notamment chargĂ© de stocker les donnĂ©es des utilisateurs amĂ©ricains dans son cloud sĂ©curisĂ©, selon TikTok.La sociĂ©tĂ© d’investissement Silver Lake Partners ou le groupe informatique Dell font Ă©galement partie des investisseurs. – ByteDance garde 19,9% -ByteDance conserve pour sa part une participation de 19,9% dans la coentreprise, restant ainsi en dessous du seuil de 20% fixĂ© par la loi.Selon TikTok, la structure fonctionnera comme “une entitĂ© indĂ©pendante” dirigĂ©e par un conseil d’administration de sept membres majoritairement amĂ©ricains, incluant le directeur gĂ©nĂ©ral de la plateforme, Shou Chew, et des dirigeants de grands fonds d’investissement.En revanche, TikTok conservera le contrĂ´le aux Etats-Unis de ses services chargĂ©s de ses activitĂ©s commerciales (publicitĂ©, vente en ligne, communication, etc) et de “l’interopĂ©rabilitĂ© mondiale” du rĂ©seau social.Selon l’analyste Jasmine Enberg, “de grandes questions sur la manière dont tout cela va se dĂ©rouler” persistent.”En coulisses, TikTok travaille probablement d’arrache-pied pour rassurer les annonceurs sur le fait que l’activitĂ© restera normale”, a-t-elle confiĂ© Ă  l’AFP. “MĂŞme si l’obligation pour les utilisateurs de tĂ©lĂ©charger une nouvelle application semble peu probable, les partenaires de la marque voudront s’assurer que leurs stratĂ©gies sur TikTok ne seront pas perturbĂ©es”, a-t-elle dit.La loi adoptĂ©e au printemps 2024 par le Congrès amĂ©ricain visait Ă  empĂŞcher que les autoritĂ©s chinoises puissent mettre la main sur des donnĂ©es personnelles d’utilisateurs de TikTok aux États-Unis, ou ne soient en mesure d’influencer l’opinion amĂ©ricaine via le puissant algorithme du rĂ©seau social de courtes vidĂ©os.TikTok a admis que des employĂ©s basĂ©s en Chine avaient eu accès Ă  des donnĂ©es d’utilisateurs amĂ©ricains, mais a toujours dĂ©menti les avoir communiquĂ©es au gouvernement chinois.

Japon: dissolution du Parlement, l’inflation au cĹ“ur des dĂ©bats

La chambre basse du Parlement japonais a Ă©tĂ© formellement dissoute vendredi Ă  l’initiative de la Première ministre Sanae Takaichi, qui espère capitaliser sur sa cote de popularitĂ© lors de lĂ©gislatives anticipĂ©es le 8 fĂ©vrier, tout en devant faire face Ă  une inflation toujours soutenue.La chambre basse du Parlement nippon a Ă©tĂ© officiellement dissoute dans la matinĂ©e via une lettre lue dans l’hĂ©micycle par le prĂ©sident de l’institution, tandis que les dĂ©putĂ©s scandaient le traditionnel cri de ralliement “Banzai!”.Cette dissolution dĂ©cidĂ©e par Mme Takaichi, devenue en octobre la première femme cheffe du gouvernement de l’archipel, ouvre la voie Ă  des Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es le 8 fĂ©vrier.La dirigeante ultra-nationalise mise sur ses bons sondages d’opinion pour doper les scores de son Parti libĂ©ral-dĂ©mocrate (PLD, droite nationaliste), alors que la coalition gouvernementale n’est majoritaire que de justesse au Parlement.Un scrutin placĂ© sous le signe de l’Ă©conomie dans un pays longtemps hantĂ© par la dĂ©flation mais confrontĂ© depuis trois ans et demi Ă  la flambĂ©e du coĂ»t de la vie et Ă  la faiblesse chronique du yen qui renchĂ©rit les produits importĂ©s.Juste avant cette dissolution, des chiffres officiels ont fait Ă©tat d’un ralentissement de l’inflation (hors produits frais) Ă  2,4% sur un an en dĂ©cembre, en-deçà des 3% enregistrĂ©s en novembre.Un essoufflement qui s’explique essentiellement par les subventions Ă©nergĂ©tiques accordĂ©es en dĂ©cembre, tandis que les prix alimentaires continuent eux de bondir, le riz s’envolant encore de 34% sur un an.Le riz est mĂŞme devenu un symbole: son prix avait plus que doublĂ© mi-2025. Le mĂ©contentement populaire pour l’inflation a largement contribuĂ© Ă  faire tomber Shigeru Ishiba, le prĂ©dĂ©cesseur de Sanae Takaichi.Soucieuse de rassurer, cette dernière a dĂ©voilĂ© en novembre un plan de relance Ă©quivalant Ă  117 milliards d’euros pour soulager mĂ©nages et entreprises, avec subventions et allocations.La Banque du Japon (BoJ), qui resserre sa politique depuis dĂ©but 2024 pour juguler l’inflation, a relevĂ© en dĂ©cembre son taux directeur au plus haut niveau depuis 30 ans. Elle a choisi lundi le statu quo monĂ©taire mais continue de scruter la flambĂ©e des prix.Et le sujet sera au cĹ“ur de la campagne des lĂ©gislatives: Sanae Takaichi a promis d’exempter les produits alimentaires de la taxe sur la consommation de 8% pendant deux ans. Les partis d’opposition rĂ©clament aussi cet allègement, avec d’autres mesures comme le rĂ©examen des cotisations d’assurance sociale.”Ce qui prĂ©occupe le public, ce sont les mesures pour faire face Ă  l’inflation”, confirme Ă  l’AFP Hidehiro Yamamoto, professeur de sciences politiques Ă  l’universitĂ© Tsukuba. “Il n’est pas certain non plus que le fort soutien populaire Ă  l’administration Takaichi se traduise rĂ©ellement par un appui au PLD” tempère-t-il, citant de rĂ©cents scandales liĂ©s aux fonds politiques.- Dette sous pression -Certes, le gouvernement vient d’approuver un nouveau budget record pour l’exercice 2026 commençant en avril, promettant d’obtenir promptement l’aval du Parlement afin de soutenir les mĂ©nages.Mais Jun Azumi, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la principale formation d’opposition, le Parti dĂ©mocrate constitutionnel (PDC), juge que la dissolution risque de retarder l’adoption du budget en “sacrifiant” les besoins des mĂ©nages – tout en voulant lui aussi sabrer les taxes sur la consommation.Plus gĂ©nĂ©ralement, Mme Takaichi entend, avec ce scrutin, conforter son mandat pour poursuivre sa politique budgĂ©taire accommodante.Au risque de gonfler l’endettement dĂ©jĂ  pharaonique du pays, qui devrait dĂ©passer 230% du PIB sur l’exercice 2025.La perspective d’allègements fiscaux a affolĂ© cette semaine le marchĂ© obligataire, dĂ©jĂ  Ă©chaudĂ© par le colossal plan de relance de 2025 et inquiet de dĂ©rapages budgĂ©taires financĂ©s par la dette. Les rendements des obligations souveraines nippones se sont envolĂ©s Ă  des sommets inĂ©dits, signe de dĂ©fiance des investisseurs.- Enjeu des jeunes -Face au PLD, puissante formation qui dirige le Japon presque sans discontinuer depuis 1955, et Ă  son partenaire de coalition, le Parti de l’innovation, des forces de l’opposition s’organisent pour cette courte campagne Ă©lectorale.Le Parti dĂ©mocrate constitutionnel (PDC, centre gauche) et le petit parti bouddhiste Komeito (centre droit) s’unissent au sein d’une “Alliance centriste pour la rĂ©forme”.Les analystes estiment que l’Ă©lection pourrait ĂŞtre serrĂ©e selon le degrĂ© de succès de cette alliance, mais les chances que l’opposition l’emporte restent minces.”L’enjeu dĂ©terminant sera le comportement Ă©lectoral des groupes de jeunes et de personnes d’âge moyen”, estime Mizuho Research dans une note. Le gouvernement Takaichi recueillait quelque 90% de soutien chez les moins de 30 ans dans un sondage publiĂ© fin dĂ©cembre.

Le Venezuela va ouvrir l’exploitation pĂ©trolière au privĂ© sur fond de rĂ©chauffement des relations avec Washington

Le Venezuela va complètement ouvrir l’exploitation pĂ©trolière au secteur privĂ©, selon un projet de loi adoptĂ© en première lecture jeudi Ă  l’AssemblĂ©e nationale, sur fond de rĂ©chauffement avec les Etats-Unis qui ont nommĂ© jeudi une nouvelle chargĂ©e d’affaires pour le Venezuela. Cette importante rĂ©forme, qui doit ĂŞtre approuvĂ©e en seconde lecture, intervient trois semaines après la spectaculaire capture du prĂ©sident Nicolas Maduro par les Etats-Unis, et la dĂ©signation de Delcy Rodriguez comme prĂ©sidente par intĂ©rim.L’approbation dĂ©finitive est attendue dans les prochains jours, le pouvoir ayant la majoritĂ© absolue Ă  l’AssemblĂ©e après le boycott des lĂ©gislatives par l’opposition en 2025.Cette rĂ©forme apparaĂ®t comme un nouveau pas vers une normalisation des relations entre Caracas et Washington rompues en 2019. Mme Rodriguez a offert des gages de coopĂ©ration au prĂ©sident Donald Trump qui ne fait pas mystère de son intĂ©rĂŞt pour le pĂ©trole du Venezuela, pays qui dispose des plus grandes rĂ©serves d’or noir de la planète.M. Trump a d’ailleurs confiĂ© jeudi avoir “parlĂ© aujourd’hui avec Maria (Maria Corina Machado l’opposante et Nobel de la Paix) que j’aime beaucoup. Mais Delcy (Rodriguez) fait preuve d’un leadership très fort jusqu’Ă  prĂ©sent”.Mme Rodriguez est cependant toujours sous le coup de sanctions de Washington, notamment le gel de ses avoirs.- PĂ©trole au privĂ© -L’exploitation pĂ©trolière Ă©tait jusqu’ici l’apanage de l’Etat ou d’entreprises mixtes dans lesquelles l’Etat dĂ©tenait la majoritĂ©. Le projet de loi prĂ©voit que “des entreprises privĂ©es domiciliĂ©es” au Venezuela pourront exploiter le pĂ©trole après avoir signĂ© des contrats. “Le pĂ©trole sous terre ne sert Ă  rien. Ă€ quoi nous sert-il de dire que nous avons les plus grandes rĂ©serves du monde si” nous ne pouvons pas “augmenter la production ? Nous devons le faire (rĂ©former), et nous devons le faire maintenant”, a lancĂ© le prĂ©sident de l’AssemblĂ©e Jorge Rodriguez, par ailleurs frère de Delcy. “Chaque jour qui passe est un jour perdu, et un jour de rĂ©serves qu’on ne pourra pas utiliser”, a-t-il ajoutĂ©. La production avoisine 1,2 million barils/jour (bj), selon les autoritĂ©s. Des annĂ©es de mauvaise gestion et de corruption l’ont faite passer d’un pic de plus de 3 millions bj au dĂ©but des annĂ©es 2000 Ă  un plus bas historique de 350.000 bj en 2020.La rĂ©forme de la loi sur le pĂ©trole Ă©tait un souhait des compagnies amĂ©ricaines, dĂ©sireuses de voir protĂ©gĂ©s leurs Ă©ventuels investissements tant dans l’exploitation que l’exploration, selon des analystes.Orlando Camacho, dĂ©putĂ© prĂ©sident de la Commission de l’Energie, a lui soulignĂ© que “ce projet de rĂ©forme constitue une Ă©tape vers la modernisation du secteur Ă©nergĂ©tique. La vĂ©ritable souverainetĂ© ne rĂ©side pas seulement dans le contrĂ´le des ressources, mais dans leur transformation en biens pour le peuple vĂ©nĂ©zuĂ©lien”.- “Dialogue” -Les Etats-Unis ont eux nommĂ© jeudi chargĂ©e d’affaires Laura F. Dogu, ancienne ambassadrice au Nicaragua, pays dirigĂ© par le leader d’inspiration socialiste Daniel Ortega, proche alliĂ© du pouvoir vĂ©nĂ©zuĂ©lien.Le chargĂ© d’affaires est celui qui dirige une mission diplomatique en absence d’ambassadeur, notamment quand les relations sont rompues. Mme Dogu, qui s’installera dans l’immĂ©diat Ă  Bogota, remplace John McNamara, qui occupait ce poste depuis le 1er fĂ©vrier 2025. M. McNamara ainsi que d’autres diplomates se sont rendus Ă  Caracas le 9 janvier en vue “d’une reprise progressive des opĂ©rations”, selon une source diplomatique.”Nous sommes dans un processus de dialogue, de travail avec les Etats-Unis, sans aucune crainte”, a dĂ©clarĂ© mercredi Mme Rodriguez, qui semble affermir son pouvoir. Elle a rĂ©organisĂ© mercredi soir l’appareil militaire avec douze nominations d’officiers Ă  la tĂŞte de rĂ©gions militaires. Le Guardian assure jeudi que les Etats-Unis nĂ©gociaient secrètement avec Mme Rodriguez depuis des mois. Citant une source amĂ©ricaine, le journal indique qu’en dĂ©cembre elle avait convenu que Maduro devait partir. Un article taxĂ© de “faux” par les autoritĂ©s vĂ©nĂ©zuĂ©liennes.- LibĂ©ration -Mme Rodriguez, dont l’intĂ©rim selon la Constitution peut durer six mois avant de nouvelles Ă©lections, avait aussi promis la libĂ©ration de prisonniers politiques. Ces libĂ©rations s’opèrent au compte-gouttes avec moins de 200 remises en libertĂ© sur quelque 800 prisonniers politiques, selon l’ONG Foro Penal.Un des plus cĂ©lèbres, Rafael Tudares Bracho, est sorti de prison dans la nuit de mercredi Ă  jeudi. Il s’agit du gendre d’Edmundo Gonzalez Urrutia, le candidat d’opposition qui revendique la victoire Ă  la prĂ©sidentielle de 2024 face Ă  Maduro.ArrĂŞtĂ© en janvier 2025, M. Tudares avait Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  30 ans de prison pour terrorisme. Selon ses proches, il ne faisait pas de politique et a Ă©tĂ© victime des “reprĂ©sailles” du pouvoir contre M. Gonzalez Urrutia, exilĂ© en Espagne. De nombreuses figures, comme les opposants Juan Pablo Guanipa et Freddy Superlano ou l’activiste Javier Tarazona, restent Ă©crouĂ©s.

Collision ferroviaire en Espagne: le bilan monte Ă  45 morts

Deux nouveaux corps, les deux derniers, ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s jeudi dans l’un des deux trains impliquĂ©s dans la collision de dimanche soir en Andalousie (sud), portant le bilan dĂ©finitif de cette catastrophe Ă  45 morts.Les mĂ©decins lĂ©gistes “ont pratiquĂ© l’autopsie de 45 personnes, toutes dĂ©cĂ©dĂ©es dans l’accident”, a indiquĂ© le soir l’organisme en charge du dĂ©compte dans un communiquĂ©, confirmant l’identification des deux derniers corps rĂ©cupĂ©rĂ©s.Le chef du service d’enquĂŞte de la Garde civile, Fernando DomĂ­nguez, avait prĂ©venu dans l’après-midi qu’il serait mis “fin au dispositif de recherche” dès l’identification des deux derniers corps.Au total, 45 signalements pour disparition ont Ă©tĂ© Ă©mis par des proches de passagers auprès de la police.Ces deux derniers corps ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s dans une des voitures du train de la Renfe (la compagnie ferroviaire publique), percutĂ© de plein fouet par trois voitures d’un train de l’opĂ©rateur Iryo – une sociĂ©tĂ© dĂ©tenue majoritairement par le groupe italien Trenitalia – qui avaient dĂ©raillĂ© et s’Ă©taient dĂ©portĂ©es sur sa voie.Depuis plusieurs jours, des engins de chantier s’activaient Ă  Adamuz pour dĂ©gager et dĂ©couper la ferraille afin de retrouver les corps encastrĂ©s dans les rames de train qui circulaient Ă  plus de 200 km/heure au moment de la collision.Selon le dernier bilan dĂ©taillĂ© transmis mercredi par l’Institut mĂ©dico-lĂ©gal (qui ne prenait donc pas en compte les derniers corps retrouvĂ©s), 28 dĂ©pouilles se trouvaient dans le train de la Renfe, six sur les voies, six autres dans le train Iryo et trois “entre les deux trains”.Quant aux signalements pour disparition, il y avait 22 femmes et 23 hommes. Il s’agissait pour la plupart d’Espagnols, sauf trois d’entre eux qui Ă©taient allemand, marocain et russe.- Une enquĂŞte “complexe” -La tâche la plus urgente des autoritĂ©s est maintenant de dĂ©terminer les causes de cette tragĂ©die, qui restent Ă  cette heure mystĂ©rieuses.D’après les mĂ©dias espagnols, l’enquĂŞte – qui exclut l’hypothèse d’un acte de sabotage, selon le gouvernement – s’intĂ©resse Ă  une rupture du rail de plus de 30 centimètres de long Ă  l’endroit de l’accident.Mercredi, des journaux ont Ă©galement Ă©voquĂ© la piste d’un “bogie” (chariot placĂ© dans la partie infĂ©rieure du châssis d’un train) retrouvĂ© dans un cours d’eau proche du lieu de la collision.Le ministre des Transports, Ă“scar Puente, avait expliquĂ© mercredi soir qu’il s’agissait d’une “enquĂŞte complexe qui demande du temps, une analyse approfondie et un examen exhaustif de tous les acteurs impliquĂ©s”, Ă  savoir “l’infrastructure, le matĂ©riel roulant, les systèmes de sĂ©curitĂ© et les conditions d’exploitation”.Il avait surtout dĂ©fendu avec force le rĂ©seau ferroviaire et les transports publics du pays, dont l’image a terriblement souffert de cette semaine noire, Ă©galement marquĂ©e mardi soir par un autre accident qui a fait un mort et 37 blessĂ©s Ă  Gelida, en Catalogne (nord-est), lorsqu’un train de banlieue a percutĂ© un mur de soutènement tombĂ© sur les voies en raison de fortes pluies. Depuis, tout le rĂ©seau de trains de banlieue de la Catalogne est Ă  l’arrĂŞt, handicapant ses 400.000 voyageurs quotidiens.- “Point d’inflexion” -Jeudi, c’est un train de banlieue qui a Ă©tĂ© heurtĂ© par un camion-grue d’Ă©clairage public près de Carthagène (sud est), faisant quelques blessĂ©s lĂ©gers et confirmant cette loi des sĂ©ries.ConfrontĂ© Ă  deux accidents ferroviaires mortels en 48 heures, le gouvernement de gauche de Pedro Sánchez, et surtout son ministre des Transports, sont sous pression Ă  la fois de l’opposition de droite et du syndicat des conducteurs de train, le Semaf.DĂ©crivant les accidents d’Adamuz et Gelida comme “un point d’inflexion”, ce syndicat a convoquĂ© mercredi une grève de trois jours les 9, 10 et 11 fĂ©vrier “pour que se soient rĂ©alisĂ©es toutes les rĂ©formes garantissant la sĂ©curitĂ© des opĂ©rations ferroviaires”.Il dĂ©nonce notamment que “les nombreux rapports” remis par les conducteurs sur “le mauvais Ă©tat des voies” dans certains endroits prĂ©cis du rĂ©seau soient restĂ©s “sans “rĂ©ponse ni intervention pendant des mois, voire des annĂ©es”.

Wall Street soulagĂ©e par la perspective d’un accord sur le Groenland

La Bourse de New York a terminĂ© en hausse jeudi, continuant de se montrer rassurĂ©e par l’annonce d’un protocole d’accord entre Donald Trump et le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Otan concernant le Groenland, qui a permis la levĂ©e des menaces douanières de Washington.Le Dow Jones a gagnĂ© 0,63%, l’indice Nasdaq 0,91% et l’indice Ă©largi S&P 500 a pris 0,55%. En deux jours, les trois principaux indices de la place amĂ©ricaine ont effacĂ© l’essentiel de leurs pertes liĂ©es aux tensions sur le Groenland.Des discussions mercredi Ă  Davos entre Donald Trump et le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Otan, Mark Rutte, ont permis, selon le prĂ©sident amĂ©ricain, de dĂ©boucher sur un “cadre d’accord” au sujet de ce territoire autonome danois.”Cet accord vague a conduit” le chef d’Etat amĂ©ricain “Ă  renoncer Ă  ses menaces d’augmenter les droits de douane sur certains pays europĂ©ens qui protestaient contre les ambitions de Washington concernant le territoire danois autonome”, souligne Jose Torres, d’Interactive Brokers.Le Danemark a dit jeudi entrevoir l’opportunitĂ© d’une “rĂ©elle nĂ©gociation” avec les Etats-Unis sur la question.A l’image du conflit en Ukraine ou des regains de tensions avec l’Iran, “ce type de risques gĂ©opolitiques entraĂ®ne gĂ©nĂ©ralement une certaine volatilitĂ© Ă  court terme” des cours, relève auprès de l’AFP Tom O’Shea, d’Innovator Capital Management.”Mais Ă  long terme, si cela n’affecte pas les bĂ©nĂ©fices des entreprises, les investisseurs ne considèrent pas vraiment cela comme un Ă©vĂ©nement susceptible d’influencer le marchĂ©”, ajoute l’analyste.Le rendement de l’emprunt d’Etat amĂ©ricain Ă  dix ans s’Ă©tablissait Ă  4,25% vers 21H30 GMT après ĂŞtre montĂ© jusqu’Ă  4,31% en dĂ©but de semaine, touchant des plus hauts niveaux depuis aoĂ»t.Selon M. O’Shea, “le marchĂ© bĂ©nĂ©ficie Ă  nouveau de nombreux facteurs favorables”, notamment grâce aux dernières donnĂ©es Ă©conomiques.L’indice d’inflation PCE publiĂ© jeudi aux Etats-Unis montre que celle-ci s’est stabilisĂ©e sur un an en novembre, tout en restant nettement au-dessus de la cible fixĂ©e par la banque centrale (Fed).La croissance du produit intĂ©rieur brut (PIB) du pays a Ă©tĂ© lĂ©gèrement rĂ©visĂ©e Ă  la hausse au troisième trimestre 2025, Ă  4,4% en rythme annualisĂ©, contre 4,3% lors de la prĂ©cĂ©dente estimation.Et les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chĂ´mage sont ressorties en deçà des attentes jeudi, Ă  200.000 demandes.”L’Ă©conomie est en très bonne position pour aller de l’avant”, estime Tom O’Shea.CĂ´tĂ© entreprises, la banque amĂ©ricaine JPMorgan Chase (+0,53% Ă  303,63 dollars) a terminĂ© en hausse malgrĂ© l’assignation en justice lancĂ©e par Donald Trump. Le prĂ©sident amĂ©ricain accuse l’Ă©tablissement financier et son patron Jamie Dimon d’avoir clĂ´turĂ© ses comptes pour des “raisons politiques”, et rĂ©clame 5 milliards de dollars.Le groupe aĂ©ronautique GE Aerospace a chutĂ© (-7,38% Ă  295,00 dollars) malgrĂ© des rĂ©sultats supĂ©rieurs aux attentes au quatrième trimestre 2025, profitant notamment d’un bond des livraisons de moteurs et des ventes de pièces dĂ©tachĂ©es.Le gĂ©ant amĂ©ricain des produits d’hygiène Procter & Gamble est parvenu Ă  garder la tĂŞte hors de l’eau (+2,65% Ă  149,93 dollars) malgrĂ© des rĂ©sultats infĂ©rieurs aux attentes lors du deuxième trimestre de son exercice dĂ©calĂ©.L’entreprise, qui navigue dans un environnement difficile pour la consommation, a abaissĂ© certains de ses objectifs financiers.Le groupe de divertissement et mĂ©dias Paramount Skydance (+1,55% Ă  11,58 dollars) a terminĂ© en hausse après avoir prolongĂ© la date butoir de son offre de rachat de Warner Bros Digital.

Les tensions commerciales entre Colombie et Equateur montent d’un cran, menaces sur l’Ă©nergie

La Colombie a rĂ©pliquĂ© jeudi aux droits de douanes de l’Equateur avec l’annonce de taxes sur plusieurs produits, dans un diffĂ©rend diplomatique et commercial qui s’envenime et menace dĂ©sormais d’affecter la coopĂ©ration Ă©nergĂ©tique de ces deux voisins.La bataille tarifaire entre les deux pays sud-amĂ©ricains a dĂ©butĂ© mercredi Ă  l’initiative du prĂ©sident Ă©quatorien, Daniel Noboa. Depuis Davos, cet alliĂ© de l’amĂ©ricain Donald Trump a annoncĂ© l’imposition de droits de douane de 30% sur les importations en provenance de Colombie Ă  partir de fĂ©vrier, reprochant Ă  Bogota de ne pas en faire assez pour lutter contre le trafic de drogue Ă  leur frontière commune.En rĂ©ponse, le gouvernement colombien a promis jeudi des taxes de 30% appliquĂ©es Ă  20 produits Ă©quatoriens non spĂ©cifiĂ©s. Cette riposte “ne constitue ni une sanction ni une mesure de confrontation, mais plutĂ´t une action correctrice visant Ă  rĂ©tablir la balance commerciale et Ă  protĂ©ger le secteur productif national”, a-t-il soulignĂ©.Bogota a Ă©galement dĂ©cidĂ© de suspendre les transactions internationales d’Ă©lectricitĂ© entre les deux pays, “Ă  titre prĂ©ventif afin de protĂ©ger la souverainetĂ© et la sĂ©curitĂ© Ă©nergĂ©tiques de la Colombie” selon le ministère de l’Energie. Ce dernier met en avant des analyses techniques montrant “une pression accrue sur le rĂ©seau Ă©lectrique colombien”.L’Equateur a connu de fortes sĂ©cheresses qui ont entraĂ®nĂ© en 2024 et en 2025 des coupures d’Ă©lectricitĂ© prolongĂ©es, dans ce pays de 17 millions d’habitants oĂą 70% de l’Ă©nergie Ă©lectrique dĂ©pend de la production hydraulique.La Colombie a approvisionnĂ© Ă  plusieurs reprises son voisin, ce que n’a pas manquĂ© de rappeler dès mercredi le prĂ©sident de gauche Gustavo Petro.- “Agression Ă©conomique” -Jeudi, Quito a renchĂ©ri en annonçant de nouveaux droits de douane sur le transport de pĂ©trole colombien via l’un de ses olĂ©oducs.”La tarification du transport du brut colombien via l’OCP aura la rĂ©ciprocitĂ© reçue dans le cas de l’Ă©lectricitĂ©”, a indiquĂ© sur X la ministre Ă©quatorienne de l’Energie, InĂ©s Manzano. D’après le site de l’OCP, depuis 2013, 46 millions de barils de brut colombien ont Ă©tĂ© acheminĂ©s par cet olĂ©oduc de la jungle amazonienne jusqu’Ă  un port sur la cĂ´te pacifique de l’Equateur.Selon des experts, les deux pays sortiraient perdants d’une guerre commerciale mais les consĂ©quences seraient plus dĂ©lĂ©tères pour l’Equateur, l’Ă©lectricitĂ© touchant tous les secteurs productifs.Une pĂ©nurie d’Ă©lectricitĂ© “pourrait paralyser” l’Equateur, souligne Alberto Acosta Burneo, analyste Ă©conomique du Groupe Spurrier interrogĂ© par l’AFP.Face aux annonces du gouvernement Noboa, le ministre colombien de l’Energie, Edwin Palma, a dĂ©noncĂ© “un acte d’agression Ă©conomique, non pas contre le prĂ©sident Petro, mais contre notre peuple”.D’après une lettre officielle publiĂ©e par les mĂ©dias locaux, la Colombie a proposĂ© Ă  l’Equateur une rĂ©union bilatĂ©rale Ă  la frontière le 25 janvier.- Partenaires -L’Equateur est devenu en quelques annĂ©es l’un des pays les plus violents d’AmĂ©rique latine et le principal point de sortie de la cocaĂŻne produite dans la rĂ©gion, sous l’effet de gangs liĂ©s aux cartels mexicains et colombiens.Le pays partage avec la Colombie une frontière de 600 kilomètres oĂą opèrent des guĂ©rillas colombiennes et des organisations dĂ©diĂ©es au trafic de drogues et d’armes ainsi qu’Ă  l’exploitation minière illĂ©gale. Les prĂ©sidents Noboa et Petro, situĂ©s Ă  l’opposĂ© sur l’Ă©chiquier politique, s’affrontent frĂ©quemment, comme sur la rĂ©cente Ă©viction du dirigeant vĂ©nĂ©zuĂ©lien Nicolas Maduro par l’armĂ©e amĂ©ricaine. Mais leurs deux pays restent d’importants partenaires commerciaux.La Colombie exporte vers l’Equateur de l’Ă©lectricitĂ©, des mĂ©dicaments, des vĂ©hicules, des produits cosmĂ©tiques et des plastiques. Et lui achète, entre autres, des graisses et huiles vĂ©gĂ©tales, du thon en conserve, des minĂ©raux et des mĂ©taux.

Trump attaque JPMorgan Chase et son patron pour clĂ´ture abusive de ses comptes

Donald Trump a assignĂ© jeudi devant la justice civile de Miami la banque amĂ©ricaine JPMorgan Chase et son patron Jamie Dimon, Ă  qui il rĂ©clame 5 milliards de dollars pour avoir fermĂ© d’autoritĂ© ses comptes pour des “raisons politiques”, selon le document de l’assignation consultĂ© par l’AFP.Le milliardaire affirme que cette fermeture est intervenue sans prĂ©avis suffisant en avril 2021, soit trois mois après les Ă©vĂ©nements du 6 janvier et l’assaut du Capitole Ă  Washington, pour permettre Ă  la banque de “prendre ses distances avec le prĂ©sident Trump et ses opinions politiques conservatrices”.Donald Trump explique avoir Ă©tĂ©, avant ces dĂ©veloppements, client de la banque durant des dĂ©cennies et avoir rĂ©alisĂ©, par son biais, des centaines de millions de dollars de transactions.Selon lui, JPMorgan Chase ne lui a proposĂ© “aucun recours, remède ou alternative” Ă  la clĂ´ture de ses comptes, qui a occasionnĂ© pour lui “un prĂ©judice financier et des pertes considĂ©rables”, mais aussi une atteinte Ă  sa rĂ©putation.”Nous regrettons que le prĂ©sident Trump nous attaque, mais pensons que cette action en justice n’a pas de fondement”, a rĂ©agi l’Ă©tablissement dans un message transmis Ă  l’AFP. “Nous respectons le droit du prĂ©sident de saisir la justice” et Ă©voque, de son cĂ´tĂ©, “le droit de se dĂ©fendre. C’est pour cela que sont faits les tribunaux.”Cette initiative intervient une semaine après que Jamie Dimon a critiquĂ© publiquement ce qu’il percevait comme des tentatives, de la part du gouvernement amĂ©ricain, d'”Ă©roder” l’indĂ©pendance de la banque centrale amĂ©ricaine (Fed).Le ministère amĂ©ricain de la Justice mène une enquĂŞte sur le prĂ©sident de la Fed, Jerome Powell, sur la base d’auditions relatives aux travaux de rĂ©novation du bâtiment de la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale.Jerome Powell a qualifiĂ© ces auditions de “prĂ©texte” pour l’Ă©carter et affaiblir l’indĂ©pendance de la Fed.Quelques jours après ces premières dĂ©clarations, Jamie Dimon, rĂ©pondant Ă  une question lors d’une interview, a expliquĂ© Ă©carter de diriger un jour la Fed mais pas de devenir ministre des Finances s’il Ă©tait un jour sollicitĂ© pour ce poste.- “Woke” -Or selon le Wall Street Journal, Donald Trump a proposĂ© au puissant patron de JPMorgan Chase la prĂ©sidence de la Fed, ce qu’a dĂ©menti le chef de l’Etat dans un message postĂ© samedi sur Truth Social.Dans la mĂŞme communication, l’ancien promoteur immobilier a prĂ©venu qu’il allait attaquer en justice JPMorgan Chase dans les deux semaines Ă  venir pour avoir fermĂ© ses comptes de façon “incorrecte” et “inadĂ©quate”, mentionnant comme Ă©lĂ©ment dĂ©clencheur les Ă©vĂ©nements du 6 janvier 2021.Pour Donald Trump, JPMorgan Chase a pris cette initiative sur la base de “croyances +woke+ selon lesquelles elle devait mettre ses distances” avec lui, en rĂ©fĂ©rence au courant de pensĂ©e dĂ©nonçant toutes les formes d’injustice et de discrimination subies par les minoritĂ©s. JPMorgan Chase “ne clĂ´t pas des comptes pour des motifs politiques ou religieux”, a affirmĂ© la banque. “Nous les clĂ´turons quand ils prĂ©sentent un risque juridique ou rĂ©glementaire pour l’entreprise.”Plusieurs Ă©lus et personnalitĂ©s de droite accusent, depuis plusieurs annĂ©es, des banques amĂ©ricaines d’avoir choisi d’Ă©carter des clients aux opinions conservatrices, sans donnĂ©es tangibles Ă  l’appui.Les investisseurs ont fait peu de cas de cette annonce. Vers 19H50 GMT, l’action de JPMorgan Chase Ă©tait en hausse de 0,78% Ă  la Bourse de New York.JPMorgan Chase est la cinquième banque du monde par la taille des actifs, derrière quatre Ă©tablissements chinois. Elle est, en revanche, de très loin la première par la capitalisation boursière, avec une valorisation d’environ 830 milliards de dollars.Durant des dĂ©cennies, Donald Trump a saisi la justice Ă  tout va pour diffamation ou prĂ©judice moral ou Ă©conomique contre des dizaines de particuliers et de sociĂ©tĂ©s, la plupart du temps sans succès.Mais depuis le dĂ©but de son second mandat, plusieurs entreprises ont conclu avec lui des accords amiables pour mettre fin Ă  des procĂ©dures engagĂ©es contre elles par le prĂ©sident amĂ©ricain.Le groupe Paramount (dĂ©sormais Paramount Skydance), la chaĂ®ne ABC, YouTube, Meta et xAI ont versĂ©, au total, des dizaines de millions de dollars pour solder ces poursuites, sans qu’aucun de ces dossiers n’aille jusqu’au tribunal.

Lait infantile: deux enquêtes ouvertes après la mort suspecte de deux nourrissons

Deux enquĂŞtes distinctes ont Ă©tĂ© ouvertes Ă  Angers et Bordeaux après les dĂ©cès rĂ©cents de deux nourrissons ayant consommĂ© un lait infantile rappelĂ© par NestlĂ© pour cause de “possible contamination” par une substance d’origine bactĂ©rienne, sans “lien de causalitĂ©” Ă©tabli pour l’heure, selon les autoritĂ©s.Un premier dĂ©cès suspect, Ă©voquĂ© sans prĂ©cisions de lieu mardi par l’un des services du ministère de la SantĂ© qui a lancĂ© des investigations sanitaires, concerne un bĂ©bĂ© nĂ© le 25 dĂ©cembre et mort le 8 janvier Ă  l’hĂ´pital Haut LĂ©vĂŞque de Pessac, dans la banlieue de Bordeaux.”Une fois sorti de la maternitĂ©, le nourrisson avait notamment Ă©tĂ© alimentĂ©, entre le 5 et le 7 janvier 2026, avec un lait artificiel de marque Guigoz ayant fait l’objet d’un rappel pour une possible contamination par une bactĂ©rie Bacillus Cereus”, a prĂ©cisĂ© Ă  l’AFP Renaud Gaudeul, procureur de la RĂ©publique Ă  Bordeaux.A Angers, “il y a deux jours”, la mère d’une petite fille de 27 jours, morte le 23 dĂ©cembre, a recontactĂ© les enquĂŞteurs pour Ă©voquer une boĂ®te de lait Guigoz donnĂ©e auparavant Ă  son bĂ©bĂ©, a indiquĂ© jeudi soir le procureur de la ville, Eric Brouillard.”C’est une piste sĂ©rieuse” mais il est “beaucoup trop tĂ´t pour dire que c’est la piste principale”, a soulignĂ© M. Brouillard, qui a saisi “en urgence” un laboratoire.Le 5 janvier, NestlĂ©, gĂ©ant suisse de l’agroalimentaire, avait engagĂ© un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal Ă  cause de la prĂ©sence potentielle de “cĂ©rĂ©ulide” dans ces produits pourtant très contrĂ´lĂ©s.Ce composant toxique, produit dans certaines conditions par une famille de bactĂ©ries, les Bacillus cereus, peut causer d’importants vomissements dans les heures suivant sa consommation.- Alerte sanitaire “d’ampleur” -A Bordeaux, le bĂ©bĂ© victime avait Ă©tĂ© conduit en urgence Ă  l’hĂ´pital le 7 janvier, “la mère ayant constatĂ© des troubles digestifs chez l’enfant”, selon le procureur, Renaud Gaudeul.Les premiers rĂ©sultats d’analyses diligentĂ©es par l’enquĂŞte “ont Ă©tabli l’absence de contamination par la bactĂ©rie Bacillus Cereus”, mais “des analyses complĂ©mentaires” ont Ă©tĂ© demandĂ©es pour retrouver la toxine cĂ©reulide, a complĂ©tĂ© M. Gaudeul plus tard dans la soirĂ©e.Les rĂ©sultats de ces nouvelles analyses, “plus longues”, “ne sont pas encore connus”, a-t-il prĂ©cisĂ©.Dans un communiquĂ©, les ministères de l’Agriculture et de la SantĂ© ont Ă©voquĂ© jeudi une alerte sanitaire “d’ampleur, qui reste Ă©volutive”, assurant dĂ©ployer une “surveillance continue” du dossier.”Ă€ ce stade, il n’a pas Ă©tĂ© mis en Ă©vidence de lien de causalitĂ© entre la consommation des laits infantiles concernĂ©s et la survenue de symptĂ´mes chez des nourrissons”, ont-ils fait valoir.- Fournisseur chinois -“La conjonction des deux choses n’est pas Ă©tablie, c’est ça que l’enquĂŞte va dĂ©terminer”, a confirmĂ© la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, en dĂ©placement dans la Manche, disant suivre le dossier “avec très grande vigilance”.”Il est de la responsabilitĂ© des entreprises de rĂ©aliser des contrĂ´les et de rappeler les lots contaminĂ©s”, a-t-elle insistĂ©.Le rappel diligentĂ© par NestlĂ© concerne une soixantaine de pays parmi lesquels la France, et le patron du gĂ©ant suisse, Philipp Navratil, a prĂ©sentĂ© des excuses Ă  la mi-janvier, alors que le groupe est accusĂ© par certaines ONG d’avoir tardĂ© Ă  prendre des mesures.Mercredi, le groupe français Lactalis a Ă©galement annoncĂ© un vaste rappel de lait infantile dans plusieurs pays, notamment la France, la Chine, l’Australie et le Mexique. Selon les ministères de l’Agriculture et de la SantĂ©, ce retrait est, comme pour celui de NestlĂ©, liĂ© Ă  un ingrĂ©dient soupçonnĂ© d’ĂŞtre source de la contamination, “une huile riche en acide arachidonique utile au bon dĂ©veloppement des bĂ©bĂ©s, produite par un fournisseur chinois”.”Ă€ ce jour, l’ensemble des fabricants de lait infantile au niveau mondial, dès lors qu’ils ont eu recours Ă  de l’huile riche en acide arachidonique de ce fournisseur, doivent conduire une analyse de risque leur permettant d’Ă©valuer la sĂ©curitĂ© de chacun des lots”, ajoutent-ils.L’ONG Foodwatch a annoncĂ© mercredi porter plainte contre X pour “faire la lumière” sur ces rappels, affirmant que “des millions de nourrissons dans le monde Ă©taient concernĂ©s”.pgr-jdy-mdz-aro-kal-jed-mb-tsq/gf/bfi

La France intercepte à nouveau un pétrolier de la flotte fantôme russe

La Marine française a arraisonnĂ© jeudi en MĂ©diterranĂ©e un pĂ©trolier soupçonnĂ© d’appartenir Ă  la flotte fantĂ´me russe, quatre mois après l’interception en Atlantique d’un de ces navires qui permettent Ă  Moscou d’exporter son pĂ©trole en contournant les sanctions occidentales.Ce pĂ©trolier, le Grinch, “sous sanctions internationales et suspectĂ© d’arborer un faux pavillon”, a Ă©tĂ© interceptĂ© “avec le concours de plusieurs de nos alliĂ©s”, a annoncĂ© sur X le prĂ©sident Emmanuel Macron.Le chef de l’Etat français avait appelĂ© dĂ©but octobre les EuropĂ©ens Ă  franchir un “pas” dans la “politique d’entrave” de ces navires, dont le commerce pĂ©trolier permet Ă  Moscou de financer “30 Ă  40%” de son effort de guerre contre l’Ukraine.Le prĂ©sident ukrainien Volodymyr Zelensky a saluĂ© l’arraisonnement du Grinch. “Merci Ă  la France. C’est exactement le type de dĂ©termination nĂ©cessaire pour faire en sorte que le pĂ©trole russe ne finance plus la guerre de la Russie”, a-t-il rĂ©agi sur X.L’opĂ©ration s’est dĂ©roulĂ©e jeudi matin dans les eaux internationales de la mer d’Alboran, situĂ©e entre l’Espagne et l’Afrique du Nord, Ă  bord du “pĂ©trolier-cargo Grinch en provenance de Mourmansk”, port arctique de la Mer de Barents.Elle “visait Ă  vĂ©rifier la nationalitĂ© (du) navire”, dont “l’examen des documents a confirmĂ© les doutes quant Ă  la rĂ©gularitĂ© du pavillon arborĂ©”, ce qui a donnĂ© lieu Ă  “un signalement au procureur de Marseille” et Ă  l’ouverture d’une enquĂŞte, selon la prĂ©fecture maritime de MĂ©diterranĂ©e.Le Grinch a Ă©tĂ© dĂ©routĂ© et “est actuellement escortĂ© par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage pour la poursuite des vĂ©rifications”, a-t-elle ajoutĂ©, prĂ©cisant que l’opĂ©ration a Ă©tĂ© menĂ©e “en coopĂ©ration avec nos alliĂ©s dont le Royaume-Uni”.Le ministre britannique de la DĂ©fense John Healey a confirmĂ© dans un communiquĂ© que son pays avait fourni “un appui en matière de suivi et de surveillance”, notamment via le “dĂ©ploiement du HMS Dagger pour surveiller le navire dans le dĂ©troit de Gibraltar”.Le pĂ©trolier Grinch figure sous ce nom sur la liste des navires de la flotte fantĂ´me russe placĂ©s sous sanctions par le Royaume-Uni, mais sous le nom de “Carl” sur la liste Ă©tablie par l’Union europĂ©enne et les Etats-Unis.- Après le Boracay -Selon les sites marinetraffic et vesselfinder, spĂ©cialisĂ©s dans le suivi des navires, le pĂ©trolier de 249 mètres de long faisait route vers l’est au moment de son arraisonnement, entre Almeria (Espagne) et Oran (AlgĂ©rie), arborant le pavillon des Comores.Au moins deux hĂ©licoptères et un navire de la Marine française ont Ă©tĂ© mobilisĂ©s, et une “Ă©quipe de visite” constituĂ©e de militaires cagoulĂ©s est montĂ©e Ă  bord, selon des images diffusĂ©es par l’Ă©tat-major des ArmĂ©es.Pour Emmanuel Macron, cet arraisonnement, rĂ©alisĂ© “dans le strict respect de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer”, dĂ©montre que la France est “dĂ©terminĂ©(e) Ă  faire respecter le droit international et Ă  garantir l’efficacitĂ© des sanctions” contre la “flotte fantĂ´me” russe, dont “les activitĂ©s contribuent au financement de la guerre d’agression contre l’Ukraine”.”Aux cĂ´tĂ©s de nos alliĂ©s, nous intensifions notre riposte aux navires fantĂ´mes afin de tarir les fonds qui alimentent l’invasion illĂ©gale de l’Ukraine par Poutine”, a aussi soulignĂ© John Healey.Cette opĂ©ration est la deuxième effectuĂ©e par la France après l’interception du Boracay. Ce dernier, qui figure lui aussi sur la liste des navires sanctionnĂ©s par l’Union europĂ©enne, avait Ă©tĂ© arraisonnĂ© fin septembre par les commandos marine français en Atlantique et dĂ©tournĂ© vers le port de Saint-Nazaire.Le pĂ©trolier avait finalement pu reprendre la mer six jours tard. Son capitaine est convoquĂ© en fĂ©vrier Ă  Brest afin d’ĂŞtre jugĂ© pour “refus d’obtempĂ©rer”.L’arraisonnement du Grinch constitue une “bonne nouvelle”, a saluĂ© sur X Elie Tenenbaum, directeur du Centre des Ă©tudes de sĂ©curitĂ© de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Mais “il faut maintenant arriver Ă  faire plus pour crĂ©dibiliser l’action: la saisie de la cargaison serait un dĂ©fi juridique mais aurait un vrai poids stratĂ©gique”, a-t-il estimĂ©.Quelque 598 navires soupçonnĂ©s de faire partie de la “flotte fantĂ´me” font l’objet de sanctions de l’Union europĂ©enne.

Le CrĂ©dit Agricole en grève pour la rĂ©munĂ©ration et l’emploi

La colère sociale monte au sein des caisses rĂ©gionales du CrĂ©dit Agricole: plusieurs syndicats ont appelĂ© Ă  un dĂ©brayage jeudi, regrettant des augmentations de salaires insuffisantes l’an dernier et la mise en place d’un plan de transformation menaçant l’emploi.Les quelque 78.000 salariĂ©s de la fĂ©dĂ©ration nationale du CrĂ©dit Agricole (FNCA), qui regroupe les 39 caisses rĂ©gionales et plusieurs filiales associĂ©es (spĂ©cialisĂ©es dans l’informatique ou la formation par exemple) ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  arrĂŞter le travail deux heures jeudi, voire une demi-journĂ©e ou une journĂ©e pour ceux qui le souhaitent.Le taux de grĂ©vistes varie fortement en fonction des caisses, ont indiquĂ© deux syndicats Ă  l’AFP, et allait jusqu’Ă  40 Ă  50% en Normandie Seine.”Ce sont des milliers de salariĂ©s qui ont manifestĂ© leur mĂ©contentement, du jamais vu”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Samuel Mathieu, prĂ©sident du Sneca, liĂ© Ă  la la CFE-CGC.La direction fait quant Ă  elle Ă©tat d’une “participation très faible”, infĂ©rieure Ă  5% Ă  la mi-journĂ©e.A Paris, une vingtaine de salariĂ©s de la caisse rĂ©gionale d’Ile-de-France se sont rassemblĂ©s devant le siège, a constatĂ© une journaliste de l’AFP.”Les augmentations gĂ©nĂ©rales de salaires sont bloquĂ©es Ă  0,5% (…) c’est insatisfaisant. Et le CrĂ©dit Agricole a les moyens d’augmenter nos salaires”, a dĂ©plorĂ© Corinne Kazmierczak, porte-parole du Sneca CFE-CGC Ile-de-France.Elle dĂ©nonce Ă©galement des restructurations qui n’ont pour objectif, selon elle, que la rentabilitĂ©.La grève est rare dans le secteur bancaire, d’autant plus dans une banque mutualiste comme le CrĂ©dit Agricole.ContactĂ© par l’AFP, le secrĂ©taire national Sud-CrĂ©dit agricole Mutuel (Sud-Cam) Jean-Yves Salvat dĂ©nonce de son cĂ´tĂ© un “manque de respect” de la direction dans les nĂ©gociations salariales menĂ©es en fin d’annĂ©e dernière, et souhaite leur rĂ©ouverture.Les syndicats n’ont pas digĂ©rĂ© l’Ă©chec de ces nĂ©gociations, qui se sont soldĂ©es par une augmentation gĂ©nĂ©rale d’environ 0,5%.”La nĂ©gociation a Ă©tĂ© forcĂ©ment une nĂ©gociation difficile”, concède auprès de l’AFP François-Xavier Heulle, directeur gĂ©nĂ©ral adjoint de la FNCA en charge des ressources humaines, mettant en avant la part supplĂ©mentaire d’augmentations individuelles Ă  la discrĂ©tion des caisses rĂ©gionales, qui sont des banques coopĂ©ratives autonomes.- “EfficacitĂ©” -Les syndicats se mobilisent Ă©galement contre les potentiels effets d’un plan de mutualisation de certains mĂ©tiers portĂ© par la direction, baptisĂ© “efficacitĂ©”.Ce programme vise Ă  “ĂŞtre un peu plus +industriel+ dans la façon de traiter les opĂ©rations” parmi les caisses rĂ©gionales du CrĂ©dit Agricole, explique de son cĂ´tĂ© le directeur adjoint de la FNCA en charge de la transformation et de la performance, Eric Gonce.Le CrĂ©dit Agricole “travaille depuis toujours et en continu sur l’amĂ©lioration et l’optimisation de ses offres, ses process, ses parcours clients et collaborateurs. Cette dĂ©marche n’implique pas de plan de rĂ©duction d’effectifs”, Ă©crit jeudi la banque dans un communiquĂ©.L’objectif du plan se limite Ă  “essayer de baisser la masse salariale en regroupant des services partout en France”, balaye M. Salvat, qui cite en exemple une menace sur 150 postes dans la caisse rĂ©gionale du Centre Ouest, qui regroupe les dĂ©partements de la Haute-Vienne et de l’Indre.Le responsable syndical souhaite ĂŞtre davantage “associĂ©” au projet “efficacitĂ©”, en nĂ©gociant rĂ©ellement les mesures d’accompagnement pour les salariĂ©s.Les syndicats sont Ă©galement attentifs au nombre d’agences, dont la baisse s’est amorcĂ©e au tournant des annĂ©es 2010, selon un dĂ©compte tenu par Sud-cam.Le syndicat constate une accĂ©lĂ©ration du phĂ©nomène, avec 112 agences fermĂ©es l’an dernier, deux fois plus que les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes.Le CrĂ©dit Agricole ne fait pas face Ă  des problèmes de rentabilitĂ©: le bĂ©nĂ©fice net part du groupe des caisses rĂ©gionales approche des 3,2 milliards d’euros pour les trois premiers trimestres de 2025.La banque a vu l’arrivĂ©e en mai 2025 d’un nouveau directeur gĂ©nĂ©ral au sein de l’entitĂ© cotĂ©e du groupe (Casa), Olivier Gavalda.Les craintes sur l’emploi dans l’industrie bancaire se matĂ©rialisent en outre jeudi pour deux concurrents du CrĂ©dit Agricole.SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale a ainsi annoncĂ© un projet de rĂ©organisation qui prĂ©voit la suppression de 1.800 postes en France d’ici Ă  fin 2027, sans procĂ©der Ă  un plan de dĂ©parts, quand BNP Paribas envisage une rĂ©organisation de sa filiale de gestion d’actifs.