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Collecte de vêtements en France: un modèle usé jusqu’à la corde

En crise depuis 18 mois, la filière française de la collecte des vêtements périclite. Mais les travaux ont repris avec les différentes parties et le gouvernement espère avoir les grandes lignes d’une réforme d’ici mars.Débordé par les flux massifs de l’ultra fast-fashion, le modèle est “à bout de souffle” et “s’effondre progressivement”, estime pour l’AFP Maud Hardy, directrice générale de Refashion, éco-organisme chargé d’accompagner l’industrie de la mode vers une économie plus circulaire.Ce constat n’est pas nouveau, mais la réforme lancée au printemps 2025 patine. Lors d’une réunion sous son égide vendredi dernier, le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a présenté un scénario de désenvasement.Le gouvernement espère un cahier des charges de la filière REP (responsabilité élargie du producteur) textiles d’ici fin mars. Mais de nombreux arbitrages restent à faire et le nouveau modèle n’entrera pas en vigueur avant 2027, prévient-il.- Emplois menacés -En 2024, pour 891.309 tonnes de nouveaux produits (vêtements, linge de maison et chaussures), 289.393 tonnes de produits usagés ont été collectées. Or le système repose encore à “plus de 60%” sur l’export, notamment en Afrique, rappelle Maud Hardy, et les marchés africains sont désormais saturés de vêtements importés de Chine, d’occasion ou neufs et à bas prix. Résultat: effondrement des prix, difficultés financières pour les trieurs, accumulation de stocks…En outre, “on ne peut pas continuer à envoyer nos déchets à l’autre bout du monde”, une bonne partie des textiles finissant en décharge ou dans les cours d’eau, ajoute-t-elle.Les opérateurs traditionnels de la collecte (Emmaüs, Le Relais, La Croix-Rouge…) affrontent aussi la concurrence des plateformes comme Vinted ou les dispositifs seconde main des marques.La crise a éclaté au grand jour l’an dernier quand le réseau d’entreprises de tri Le Relais a déversé des tonnes de vêtements devant de grandes enseignes.Pierre Duponchel, fondateur du Relais, est inquiet: “On tient la filière à bout de bras, nous ne tiendrons pas six mois s’il n’y a pas de décision”. “On a de plus en plus de vêtements de moindre qualité qui nous coûtent de l’argent”, abonde Emmanuel Pilloy, président du Relais France, rencontré dans le plus grand centre de tri du Relais en France, à Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), où 350 salariés embauchés en insertion trient chaque jour manuellement 70 tonnes de textiles.Les acteurs de la collecte jugent toujours insuffisante la revalorisation du montant versé par Refashion, passé à l’été dernier de 156 à 223 euros par tonne de déchets triés. Ce montant provient de l’éco-contribution payée par les marques à Refashion pour chaque vêtement neuf vendu. Mais selon M. Pilloy, elle ne couvre plus les coûts: “Sur quatre centimes prélevés” par pièce “un centime nous est reversé, on a besoin de plus”.Chez Emmaüs France, Thomas Ladreyt alerte sur “plus de 5.000 emplois menacés” et demande un soutien porté à 304 euros la tonne.- “Submersion” -La contribution “ne permet plus aux acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) de faire correctement leur métier”, estime Benoît Hamon, président de l’association ESS, accusant certains vendeurs, “Shein, Temu”, d’organiser “une forme de submersion de textiles” sans “mettre l’argent sur la table” pour financer leur fin de vie.Le gouvernement a réclamé à Refashion des propositions cette semaine pour “faire payer davantage” l’ultra fast-fashion, et à l’Agence de la transition écologique Ademe de chiffrer sous un mois les soutiens nécessaires pour les opérateurs.A long terme, l’État veut accélérer l’émergence d’une industrie du recyclage textile, en respectant la hiérarchie des traitements: réemploi d’abord, recyclage ensuite.Le scénario inclut des pénalités pour les produits polyester ou multi-matières, des primes pour l’incorporation de matières recyclées et une traçabilité intégrale pour chaque maillon de la chaîne.Toutes les parties questionnées par l’AFP trouvent le scénario “plausible” mais restent “vigilantes” en attendant un chiffrage.Une question reste sensible: l’accès aux fripes de meilleure qualité, “la crème”. Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce (grandes enseignes), fixe une “ligne rouge”: “Nous ne voulons pas de discrimination entre opérateurs et metteurs en marché”. “Il y a de la place pour tout le monde”, dit-il, soulignant que seuls 30% des vêtements sont aujourd’hui collectés, loin de l’objectif de 60% fixé pour 2028.

La marine et la justice française poursuivent la chasse aux pétroliers fantômes russes

Deuxième pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe arraisonné par la Marine française, le Grinch a vu sont capitaine indien, âgé de 58 ans, être placé en garde à vue samedi soir après avoir été escorté dans le golfe de Fos, près du terminal pétrolier du port de Marseille-Fos.Trois jours après la spectaculaire opération des commandos marine français, héliportés sur le pétrolier, la justice marseillaise a pris le relais et a débuté les investigations dans le cadre de l’enquête préliminaire pour défaut de pavillon ouverte jeudi.Les enquêteurs la section de recherches de la gendarmerie maritime de Toulon et le centre de sécurité des navires de Marseille doivent procéder à un certain nombre de vérifications, notamment à bord du Grinch, pour contrôler les documents de navigation ainsi que “la validité du pavillon”, a indiqué le parquet de Marseille.L’équipage, “également de nationalité indienne” est “maintenu à bord” du pétrolier, a précisé la même source.Le Grinch est soupçonné d’appartenir à une flotte de navires fantômes qui permettent à Moscou d’exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales. – Coopération maritime internationale -Le pétrolier est au mouillage dans le golfe de Fos, à quelque 500 m du rivage de la ville de Martigues, entouré d’un navire de la Marine nationale ainsi que de deux vedettes de la gendarmerie.Pour garantir “la sûreté et la sécurité” de l’enquête en cours, les autorités maritimes ont défini “des zones d’exclusion nautique et aérienne”.Le Grinch avait été intercepté jeudi matin dans les eaux internationales de la mer d’Alboran, entre l’Espagne et l’Afrique du Nord, “avec le concours de plusieurs de nos alliés”, dont le Royaume-Uni, avait annoncé alors sur X le président français Emmanuel Macron.- “French navy” -Sur des images de l’opération d’arraisonnement, transmises par la Marine nationale, on peut voir les commandos marine français prendre le contrôle du navire après avoir été déposés en rappel depuis un hélicoptère sur le pont du Grinch, alors qu’un deuxième hélicoptère s’était posté à l’avant du bateau pour sécuriser l’intervention.Rapidement les commandos français prenaient le contrôle de la passerelle en lançant “French Navy, French Navy” (Marine française, NDLR) aux personnels présents sur la passerelle.Le pétrolier Grinch, de 249 mètres de long, figure sous ce nom sur la liste des navires de la flotte fantôme russe placés sous sanctions par le Royaume-Uni mais sous le nom de Carl sur la liste établie par l’Union européenne et les Etats-Unis.Cette opération est la deuxième effectuée par la France après l’interception du Boracay fin septembre. Ce dernier, qui figurait lui aussi sur la liste des navires sanctionnés par l’Union européenne, avait été arraisonné par les commandos marine français en Atlantique et détourné vers le port de Saint-Nazaire.Dans le cadre de cette première enquête, le commandant du Boracay et son second avaient été placés en garde à vue. A l’issue, le parquet de Brest a décidé d’engager des poursuites à l’encontre du seul commandant chinois, qui est convoqué devant le tribunal de Brest le 23 février pour “refus d’obtempérer”.Le président français Emmanuel Macron avait alors indiqué vouloir “accroître la pression sur la flotte fantôme parce que ça réduit clairement la capacité de la Russie à financer son effort de guerre” en Ukraine. Quelque 598 navires soupçonnés de faire partie de la flotte fantôme font l’objet de sanctions de l’Union européenne.

Le pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe à disposition de la justice française

Le pétrolier Grinch, soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, se trouve dimanche au mouillage dans le golfe de Fos, près du terminal pétrolier du port de Marseille-Fos, sous la garde de la Marine et à la disposition de la justice française.Le navire a été escorté jusqu’au golfe de Fos, dans le sud de la France, pour y être “maintenu à la disposition du procureur de la République de Marseille, dans le cadre de l’enquête préliminaire du chef de défaut de pavillon”, avait indiqué samedi la préfecture maritime de Méditerranée.Le Grinch est soupçonné d’appartenir à une flotte de navires fantômes qui permettent à Moscou d’exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales.Le parquet de Marseille doit procéder, avec les enquêteurs de la gendarmerie maritime, à un certain nombre de vérifications sur le Grinch.Selon une source proche du dossier, le capitaine et son équipage devraient être entendus dans le cadre de cette enquête.Le pétrolier est au mouillage dans le golfe de Fos, à quelque 500 m du rivage de la ville de Martigues, a constaté dimanche matin un photographe de l’AFP.Il est entouré d’un navire de la Marine nationale, également au mouillage à proximité, ainsi que de deux vedettes de la gendarmerie, dont l’une tourne autour du Grinch.Pour garantir “la sûreté et la sécurité” de l’enquête en cours, les autorités maritimes ont défini “des zones d’exclusion nautique et aérienne”.Le pétrolier avait été intercepté jeudi matin dans les eaux internationales de la mer d’Alboran, entre l’Espagne et l’Afrique du Nord, “avec le concours de plusieurs de nos alliés”, dont le Royaume-Uni, avait annoncé alors sur X le président français Emmanuel Macron.- “French navy” -Sur des images de l’opération d’arraisonnement transmises par la Marine nationale l’on peut voir les commandos marine français prendre le contrôle du navire après avoir été déposés en rappel depuis un hélicoptère sur le pont du Grinch, alors qu’un deuxième hélicoptère s’était posté à l’avant du bateau pour sécuriser l’intervention.Rapidement les commandos français prenaient le contrôle de la passerelle en lançant “French Navy, French Navy” (Marine française, ndlr) aux personnels présents sur la passerelle.A la suite de cet arraisonnement, le parquet de Marseille a ouvert une enquête préliminaire du chef de défaut de pavillon. Comme le prévoit le droit maritime, l’équipage a été soumis à une mesure de restriction ou de privation de liberté qui permet de faire la transition entre l’arraisonnement et la remise aux autorités françaises, selon une source judiciaire.Le pétrolier Grinch, de 249 mètres de long, figure sous ce nom sur la liste des navires de la flotte fantôme russe placés sous sanctions par le Royaume-Uni mais sous le nom de “Carl” sur la liste établie par l’Union européenne et les Etats-Unis.Cette opération est la deuxième effectuée par la France après l’interception du Boracay fin septembre. Ce dernier, qui figurait lui aussi sur la liste des navires sanctionnés par l’Union européenne, avait été arraisonné par les commandos marine français en Atlantique et détourné vers le port de Saint-Nazaire.Dans le cadre de cette première enquête, le commandant du Boracay et son second avaient été placés en garde à vue. A l’issue, le parquet de Brest a décidé d’engager des poursuites à l’encontre du seul commandant chinois, qui est convoqué devant le tribunal de Brest le 23 février pour “refus d’obtempérer”.Le président français Emmanuel Macron avait alors indiqué vouloir “accroître la pression sur la flotte fantôme parce que ça réduit clairement la capacité de la Russie à financer son effort de guerre” en Ukraine. Quelque 598 navires soupçonnés de faire partie de la “flotte fantôme” font l’objet de sanctions de l’Union européenne.

En Inde, la grande course à la fabrication des panneaux solaires

La course aux énergies vertes est lancée, alors il n’y a pas une minute à perdre. Pour satisfaire son appétit insatiable d’électricité et s’affranchir de la dépendance chinoise, l’Inde produit des panneaux solaires à un rythme d’enfer, un marché en plein essor mais à l’avenir incertain.Dans l’immense usine du groupe Adani à Mundra (ouest), les chaînes crachent leurs plaques photovoltaïques en continu. Jusqu’à 10.000 exemplaires par jour.La plupart sont expédiés dans le désert de Khavda, à une centaine de kilomètres au nord, où l’industriel indien achève la construction de ce qui deviendra en 2030 la plus grande centrale solaire de la planète.”Nous devons tourner à plein régime”, assure le patron d’Adani Solar, Muralee Krishnan. “Il faudrait des journées de 48 heures pour satisfaire toute la demande. En fait, on est même à la traîne…”Pour la dizaine d’acteurs indiens qui se partagent le secteur aujourd’hui, c’est la même urgence. Dans leur usine de Tirunelveli, dans l’Etat du Tamil Nadu (sud), les 4.000 employés – pour l’essentiel des femmes – du conglomérat familial Tata ne chôment pas non plus.”Elles font les trois-huit”, confirme le PDG de Tata Power, Praveer Sinha. “Pour un meilleur rendement et une meilleure productivité, on ne peut pas arrêter les chaînes”.Tiraillé entre le double impératif d’assurer le développement de sa population et de réduire ses émissions de carbone, le pays le plus peuplé de la planète – près de 1,5 milliard d’habitants – s’est fixé des objectifs très ambitieux en matière d’énergies renouvelables.- “Make in India” -L’Inde a annoncé en 2025 que 50% de sa capacité de production d’électricité était désormais “verte”, avec cinq ans d’avance sur le calendrier du traité de Paris. Les 230 gigawatts (GW) déjà installés passeront à 500 GW en 2030, dont 280 GW de solaire.Le chemin reste long. Trois quarts de l’électricité consommée restent générés par des centrales à charbon, dont les opérations et les contrats d’approvisionnement à long terme ralentissent la transition vers les renouvelables.Mais l’élan est pris. L’an dernier, la production générée par le charbon a baissé de 3%, selon le Centre for Research on Energy and Clean Air.A ces grandes ambitions, le Premier ministre Narendra Modi a imposé une contrainte: “faire en Inde”. Pas question d’importer des panneaux solaires de Chine, qui fournit 90% de la planète. Dans ses appels d’offres, le gouvernement exige du “local”, largement subventionné.Les grands industriels indiens ont répondu à cette double injonction sans hésiter. Tata, puis Adani et Reliance ont construit des usines robotisées dernier cri.”La qualité du produit est essentielle pour des projets de la taille de (la centrale de) Khavda”, justifie le PDG d’Adani Green, Ashish Khanna. “Il faut pouvoir compter en permanence sur toute la chaîne logistique”.Urgence oblige, la technologie et la matière première – les plaques de silicium à la base des cellules photovoltaïques – proviennent de… Chine.Mécontent des subventions accordées à ses concurrents indiens et des restrictions imposées par New Delhi à ses produits, Pékin s’en est d’ailleurs plaint à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).- “Surcapacité” -Pour maîtriser sa production, Adani envisage aussi de se lancer dans l’extraction du silicium. Et Tata Power étudie de son côté l’idée de fabriquer ses propres feuilles de silicium, reconnaît son PDG.La croissance du secteur en Inde est déjà vertigineuse. Cette année, sa capacité de production devrait dépasser 125 GW, note le cabinet d’expertise Wood Mackenzie.Mais attention, avertit son analyste Yana Hryshko, c’est déjà trois fois plus que la demande intérieure. “Les aides publiques (…) ont dopé les annonces de création d’usines mais les premiers signes de surcapacité apparaissent”.L’avenir du secteur passe donc par l’exportation. Certains producteurs le font déjà, la demande mondiale existe.”Le marché de l’énergie solaire devrait passer de 2.000 à 4.000 GW dans les quatre ans”, prévoit le directeur général de l’Alliance solaire internationale (ISA), dont le nom est aussi Ashish Khanna. “La question est de savoir si les fabricants indiens seront compétitifs face à la Chine ?””Il est toujours moins cher d’importer de Chine que de fabriquer ici”, répond Tejpreet Chopra, patron de la compagnie d’électricité privée Bharat Light and Power. “Et il faut compter avec la géopolitique. Vu le niveau des droits de douane, difficile de vendre aux Etats-Unis…”Malgré ces ombres, le patron de Tata Power, qui ne s’est pas encore risqué à l’export, reste persuadé que son activité a encore de beaux jours de soleil devant elle. “L’énergie solaire”, assure Praveer Sinha, “jouera à l’avenir un rôle de plus en plus important en Inde.”

Géants de l’aéronautique cherchent main d’oeuvre pour tenir les cadences

“On est tous blindés, saturés”. Bertrand Kaiser dirige un centre de formation aux métiers de l’aéronautique à Toulouse et pour 2026, ses stages, comme ceux de ses confrères, sont pleins, témoignage du grand besoin de recrutement d’un secteur aux cadences de production en croissance constante.Derrière un pupitre, le chef du “learning center” du constructeur aéronautique Daher renseigne, en cette fin de semaine, candidats et curieux, au cours d’un “Aéroday”, une journée de recrutement dédiée à la filière, dans les entrailles du Stadium de Toulouse, capitale de l’aéronautique française.Pour la ville rose et les départements limitrophes, “ce sont 1.200 postes à pourvoir”, explique à l’AFP Jonathan Periquet, responsable de la division aéronautique, défense et spatial pour Randstad, spécialiste RH-intérim et organisateur de l’évènement, décliné le même jour sur tous les bassins d’emploi hexagonaux de la filière.”En période post-Covid, beaucoup de personnes expérimentées sont parties à la retraite ou en reconversion, il y a eu appauvrissement des ressources, avec en parallèle une reprise d’activité côté aviation civile et un phénomène de +ramp up+ (accélération) du volume de livraisons à fournir”, explique-t-il. – Pénurie -D’où une “grosse pénurie en recrutement”, au premier chef pour le mastodonte Airbus. “On a été obligé de lancer beaucoup de plans de formation pour faire rentrer des collaborateurs junior”, raconte M. Periquet.Le Daher learning center de M. Kaiser, comme trois de ses concurrents présents au Stadium, proposent ainsi des formations rémunérées aux CQPM (certificats de qualification paritaire de la métallurgie), passeport indispensable pour transformer en six mois demandeurs d’emploi ou actifs en reconversion, en futurs professionnels de “l’aéro”.C’est la démarche d’Ophélie Canal et Amandine Salles, 27 ans et 29 ans, qui souhaitent tenter une CQPM d’inspectrices qualité, après des parcours pour l’une dans “l’administratif et l’accueil”, pour l’autre “en cosmétique”.”Ma famille, ils sont à peu près tous chez Airbus ou des sous-traitants, ils nous ont dit qu’ils cherchaient pas mal de postes, même des personnes qui n’ont pas forcément d’expérience aéronautique, du coup on s’est inscrit au salon”, raconte Ophélie, en attendant un entretien avec sa copine.”Il y a vraiment de tout, des personnes très motivées, mais aussi des gens, si je puis dire, qui viennent parce qu’ils ont vu de la lumière”, explique Richard Lalanne, gérant du centre Sud-Aéro Formation.- “Savoir-être” -Les profils les plus recherchés en région toulousaine sont ceux des métiers dédiés aux “lignes d’assemblage finales” (FAL) d’Airbus: côté ouvriers, des ajusteurs, mécaniciens système, intégrateurs-câbleurs ou contrôleurs aéronautiques et pour les cols blancs, les métiers du support technique.Pour autant, tout le monde ne fait pas l’affaire. “Il y a une culture aéro de l’engagement et du sérieux, avec un degré d’exigence énormissime”, souligne M. Periquet qui insiste sur un mot – le “savoir-être” – que l’on retrouve sur toutes les bouches dans les couloirs du salon.”L’état d’esprit est primordial”, insiste Stéphane Le Roux, responsable RH chez Safran Electrical & Power. “A partir du moment où vous avez de moins en moins de gens avec une expertise technique, si vous investissez sur une personne via de la formation, (…) vous devez vous assurer qu’elle est solide sur ses motivations, sa mentalité”.Or, aujourd’hui, souligne ce professionnel qui recrute pour de la sous-traitance chez Airbus ou Dassault, c’est difficile de trouver des gens qui acceptent les exigences de l’aéronautique, par exemple en termes d’horaires, pouvant être étalés sur 24h ou les week-ends, en raison des cadences.”L’approche du monde du travail n’est plus la même aujourd’hui”, abonde Freddy Bobichon, responsable RH du site de production Latécoère, à Gimont (Gers). Chez les candidats, “le souci prioritaire c’est qu’il faut que le travail s’adapte à la vie privée”, résume-t-il, peinant à trouver les ajusteurs-monteurs et les peintres aéronautiques dont il a besoin pour les pièces de Falcon, de Rafale ou d’A320, produites sur son site.

Hermès: à Paris, Véronique Nichanian signe une dernière “collection comme les autres”

Une standing ovation et “énormément d’émotions”: la styliste française Véronique Nichanian a présenté samedi soir à Paris son dernier vestiaire Hermès après 37 ans à la tête de la ligne homme, une collection qu’elle a voulu “comme les autres”.”C’est énormément d’émotions, parce que ce n’est pas une rétrospective, ce n’est pas du tout nostalgique, mais de voir tout le monde qui m’aime, qui m’embrasse, qui me dit que ça les touche… Toute cette affection, cet amour, c’est fort”, a confié à l’AFP la créatrice de 71 ans à l’issue du défilé organisé au Palais Brongniart.En coulisses, de nombreuses personnalités se pressaient pour la saluer et la féliciter, dont le créateur britannique Paul Smith, le chanteur américain Usher et la star de “Gossip Girl” Ed Westwick.Véronique Nichanian a annoncé son départ en octobre. “C’est ma décision d’arrêter, de faire autre chose”, assure-t-elle. À savoir, prendre plus de temps pour elle, notamment pour “réaliser un rêve de longue date”: passer plusieurs mois au Japon, confiait-elle à l’époque au Figaro.Si la styliste quitte la direction artistique des collections homme, elle ne s’éloigne pas pour autant d’Hermès. “Je reste sur la soie et le cuir masculin, mais j’arrête le prêt-à-porter et c’est tout un pan de ma vie”, explique-t-elle. – “Clins d’oeil” -Pour cette ultime présentation, Véronique Nichanian n’a pas souhaité déroger à sa méthode. “Cette dernière collection, c’était une collection comme les autres”, présente-t-elle.  “Mais juste en clins d’œil, j’ai mis des passages de différentes collections, avec des tenues de 1991, 2001, 2010… Pour prouver combien les vêtements d’Hermès sont intemporels. Ils sont faits pour aujourd’hui et pour toujours”.Pantalons droits en cuir, parkas à capuche en peau lainé, blousons droits en feutre de laine, vestes en crocodile, pulls en cachemire ou encore costumes en flanelle composent ce nouveau vestiaire.Le tout dans une palette très monochrome de noir, gris, beige ou taupe, relevée parfois d’éclats de couleurs: du jaune moutarde sur une parka ou du rose vif dans la doublure d’un blouson.Une fois le final passé, la créatrice a fait un dernier tour de piste, acclamée par les quelques centaines d’invités tous debout, tandis que des écrans géants diffusaient ses anciens défilés.- “Pas difficile” – Rare femme à s’imposer dans l’univers de la mode masculine, Véronique Nichanian assure que cela “ n’a pas été difficile”. De Nino Cerruti, qui l’a recrutée à la sortie de l’école, à Jean‑Louis Dumas, qui la fait venir chez Hermès en 1988, elle dit avoir croisé “des hommes intelligents qui ont vu un créateur au lieu de se dire +c’est une femme ou c’est un homme+.”La Britannique d’origine jamaïcaine Grace Wales Bonner a été nommée quelques jours après l’annonce de son départ pour lui succéder. Elle présentera sa première collection en janvier 2027. Celle de juin sera préparée par les studios de création interne. “Je lui souhaite le meilleur pour l’avenir”, a dit Véronique Nichanian, précisant qu’elles ne s’étaient pas encore rencontrées.Les collections femme Hermès restent dirigées par Nadège Vanhée-Cybulski, à la tête de la ligne depuis 2014.Ce changement prend place dans un vaste mercato des directeurs artistiques, chez Chanel, Dior ou Gucci, alors que le marché du luxe fait face à des défis économiques et commerciaux.Hermès ne connaît pas la crise. La maison dont la publication des résultats annuels est attendue le 12 février, a vu son chiffre d’affaires croître de 6,3% sur les neuf premiers mois de 2025, à 11,9 milliards d’euros.L’an passé, le groupe de luxe a investi plus d’un milliard d’euros, avec notamment l’ouverture d’une 25e maroquinerie en France, en Charente. Hermès prévoit d’en ouvrir trois autres dans le pays au cours des trois prochaines années.Dans ce contexte, le directeur général Finances, Eric du Halgouët, a confirmé en octobre que le projet de se lancer dans la haute couture était “bien en cours de préparation”, mais pas “avant 2027 au plus tôt”. 

Trump menace à nouveau le voisin canadien de droits de douane

Donald Trump s’est dit prêt samedi à déclencher une nouvelle tempête douanière avec le Canada si Ottawa continue de vouloir développer ses échanges avec la Chine.Alors qu’un blizzard d’une rare intensité menace de balayer une grande partie des Etats-Unis, le président américain a dégainé une nouvelle fois l’arme douanière.Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, il a affirmé qu’il imposerait des “droits de douane à 100%” sur les importations canadiennes aux Etats-Unis en cas d’accord commercial entre le Canada et la Chine.Un tel niveau impliquerait de doubler le prix des produits canadiens qui franchissent la frontière.Donald Trump dit ne pas vouloir que le Canada se transforme en plateforme de réexpédition de produits chinois vers les Etats-Unis.”La Chine va manger le Canada tout cru, complètement le dévorer, y compris en détruisant leurs entreprises, leur tissu social, et leur mode de vie général”, a-t-il jugé.”Il n’y a pas de poursuite d’un accord de libre-échange avec la Chine. Ce qui a été réalisé, c’est une résolution sur plusieurs questions tarifaires importantes”, a réagi sur X le ministre canadien Dominic Leblanc, chargé de la relation commerciale entre le Canada et les Etats-Unis. Matthew Holmes, vice-président exécutif à la Chambre de commerce du Canada, a défendu de son côté la nécessité de “développer une relation structurée avec la Chine ou tout autre pays” sans pour autant renoncer à échanger avec les Etats-Unis. Soulignant l’inquiétude des entreprises canadiennes, il a espéré qu’Ottawa et Washington “arrivent rapidement à une meilleure compréhension” mutuelle.Depuis son retour au pouvoir il y a un an, le président américain n’a pas ménagé son voisin du nord, suggérant notamment de l’annexer pour en faire le 51e Etat américain. Le Canada est aussi une des premières cibles de sa guerre commerciale tous azimuts. Le pays est particulièrement touché par les surtaxes imposées sur certains secteurs comme l’acier, l’aluminium, l’automobile et le bois d’œuvre.La majorité des échanges reste toutefois exemptée de droits de douane, Donald Trump continuant à respecter une grande partie de l’actuel accord de libre-échange nord-américain.Mais la menace d’une escalade revient dès que la relation connaît des à-coups.- “Gouverneur Carney” -Le locataire de la Maison Blanche n’a guère apprécié plus tôt cette semaine l’écho reçu par un discours de Mark Carney au Forum économique mondial de Davos (Suisse). M. Carney avait pointé la fracture de l’ordre mondial et appelé les “puissances moyennes” à s’unir pour faire face aux forces “hégémoniques”. Donald Trump lui avait répondu que le Canada existait “grâce aux Etats-Unis”.Dans sa nouvelle mise en garde, samedi, le président désigne Mark Carney comme “Gouverneur Carney”. Il faisait de même avec l’ex-Premier ministre canadien, Justin Trudeau, une façon d’appuyer sa volonté de faire du Canada un Etat américain.Face à la guerre commerciale initiée par Donald Trump, M. Carney mise sur deux axes: l’accroissement du commerce intérieur et la recherche de nouveaux marchés en Asie et en Europe.Il s’est rendu la semaine dernière en Chine où il a scellé, selon ses termes, “un accord commercial préliminaire, mais historique, visant à éliminer les obstacles au commerce et à réduire les droits de douane” avec Pékin. Le Premier ministre canadien a souligné à cette occasion la nécessité de réduire la dépendance vis-à-vis du grand voisin américain, premier partenaire commercial loin devant la Chine.L’accord avec Pékin prévoit notamment de laisser entrer au Canada 49.000 véhicules électriques fabriqués en Chine, à des droits de douane préférentiels de 6,1%, soit un retour au niveau qui prévalait en 2023, selon M. Carney.Il a souligné que cette quantité de véhicules représentait “moins de 3%” du marché et qu’en retour il espérait dans les trois prochaines années des “investissements chinois considérables”, créateurs d’emplois au Canada.

Finis les horaires de bureau: pourquoi Wall Street veut rester ouverte en continu

Un coup de cloche à 09H30, un autre à 16H00: ce rituel volontiers médiatisé qui ordonne les échanges à Wall Street depuis plus d’un siècle pourrait perdre de son lustre. La Bourse américaine veut passer au “trading” nuit et jour, qui plaît aux petits investisseurs.La Bourse de New York (NYSE) a annoncé en début de semaine son intention d’ouvrir une plateforme permettant “des opérations 24 heures sur 24, sept jours sur sept” et “un règlement instantané”, sans préciser encore quand.Ces transactions sans limite horaire s’appuieront notamment sur l’émission de jetons numériques (“token”) reproduisant les actions des entreprises cotées en Bourse, a indiqué dans un communiqué Intercontinental Exchange, maison mère du NYSE.Le Nasdaq, autre plateforme d’échanges à New York, en particulier pour la cotation des entreprises technologiques, pourrait sauter le pas dès cette année, avec un fonctionnement 24 heures sur 24, cinq jours par semaine.Ces ambitions doivent encore être validées par le régulateur boursier américain, la SEC, mais elles constituent une petite révolution pour le marché boursier américain.- “Perte de temps” -A l’origine, les investisseurs “devaient se rendre physiquement” à Wall Street pour acheter ou vendre des actions, rappelle auprès de l’AFP Sam Burns, stratégiste en chef chez Mill Street Research.”Beaucoup de choses se faisaient sur papier, les gens se tenaient debout et se criaient dessus (…), puis ils devaient noter ce que chacun avait acheté et vendu” et comptabiliser le tout, un rythme “impossible à suivre” si les horaires étaient trop larges, selon lui.Mais au fil des décennies, des plateformes de transactions électroniques se sont créées, permettant en particulier d’échanger en dehors des horaires conventionnels, avec un succès croissant.Selon un document publié début 2025 par la Bourse de New York, “le volume des transactions en dehors des heures d’ouverture a considérablement augmenté” depuis 2019 et même “explosé” depuis 2024, avec une “moyenne quotidienne de plus de 61 milliards de dollars”.Mais pour le professeur d’économie Steve Hanke, l’intérêt reste limité.”Historiquement, l’idée selon laquelle les avantages du trading 24 heures sur 24 l’emportent sur ses coûts est peu étayée”, assure l’enseignant à l’université John Hopkins à Baltimore, au nord-est des Etats-Unis.”Il y a peu d’événements susceptibles d’influencer le marché de la Bourse de New York qui se produisent en dehors des heures normales de bureau”, ajoute-t-il, pointant une “perte de temps”.Selon lui, le seul avantage dans l’annonce du NYSE se trouve du côté des délais nécessaires pour finaliser une transaction. Aujourd’hui, sur l’essentiel des marchés boursiers, un ordre d’achat n’est réglé que le lendemain, le temps de vérifier que tout est en ordre.”La réduction de la fenêtre de règlement pourrait devenir un avantage” pour New York par rapport aux autres marchés financiers, estime M. Hanke.- Attirer les étrangers et les jeunes -La place américaine reste de très loin la plus importante au monde, notamment par les immenses capitalisations qu’elle héberge. Mais elle voit la concurrence s’affirmer.L’année dernière, une grande partie des indices européens ont généré des rendements supérieurs à ceux de leurs homologues américains.Avec des plages horaires étendues, Wall Street peut espérer élargir son public à des investisseurs de taille modeste, y compris en dehors du continent américain.Selon le Trésor, près de 18% des actions américaines étaient détenues par des étrangers en 2024, derniers chiffres disponibles.Les nouveaux boursicoteurs, “en particulier les plus jeunes, semblent apprécier l’idée de pouvoir négocier des actions à tout moment, comme ils le font avec les cryptomonnaies et autres actifs numériques, que ce soit la nuit ou le week-end”, reprend Sam Burns.Leur impact sur les cours pourrait toutefois rester limitée. Pour M. Burns, les investisseurs à gros portefeuille ne sont pas forcément intéressés par ces horaires élargis. Et les banques nenth devraient pas faire évoluer leur emploi du temps.”Ainsi, juge l’analyste, même si les Bourses sont ouvertes (en continu, ndlr), si tout le reste ne fonctionne pas 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Il devient difficile de tout aligner correctement.”

Vérification de l’âge des internautes: les géants de la tech se renvoient la balle

Qui pour contrôler l’âge des internautes ? Le gouvernement veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans d’ici septembre, mais les acteurs du secteur sont divisés sur qui doit assumer la charge de cette vérification et sur le niveau auquel elle doit s’opérer.Le règlement européen sur les services numériques (DSA), entré en vigueur en 2024, stipule que la responsabilité de protéger les mineurs relève des applications ou des sites eux-mêmes.En cas d’interdiction, il incomberait donc en théorie à Meta (Facebook, Instagram), X, TikTok ou encore Snapchat de s’assurer de l’âge de l’utilisateur au moment de son inscription.Ce principe est similaire à celui instauré en 2025 en France pour accéder aux sites pornographiques: l’internaute doit justifier de sa majorité au travers d’une application dédiée ou en présentant une pièce d’identité.Cette méthode a toutefois montré ses limites: “Les sites porno ont mis en place des systèmes de vérification d’âge variés, mais des microsites sont apparus, vers lesquels les gens se déportent car il y a moins de contrôle”, observe Thomas Rohmer, directeur de l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique (Open).Se pose également un problème de confidentialité, puisque tous les utilisateurs seraient amenés à devoir justifier de leur âge.L’enjeu est de taille: Facebook et Instagram comptent environ 43 millions d’utilisateurs mensuels en France, tandis que TikTok et Snapchat sont fréquentés par plus de 27 millions de Français chaque mois, selon les rapports de transparence de ces entreprises publiés cet été.Dans son projet de loi initial, le gouvernement ne précise pas comment ce blocage doit être assuré techniquement. Il renvoie à ce qui a été fait dans le cadre des sites pornographiques et confie à l’Arcom, le régulateur du numérique, la charge du contrôle.- Les magasins d’applications – Des géants du secteur comme Meta et Snapchat militent pour que la vérification revienne aux boutiques d’applications mobiles de Google et Apple, ce que ces derniers refusent.Meta a appelé à une “réglementation européenne exigeant la vérification de l’âge et un accord parental” au niveau des magasins d’applications afin de “mieux protéger” les mineurs.”Les ados utilisent en moyenne 44 applications par semaine. La vérification de l’âge au niveau de l’app store simplifierait donc la vie des parents qui n’auraient à confirmer l’âge de leur enfant qu’une seule fois au lieu de le faire pour chaque application”, soutient l’entreprise.Au travers de Google Play et de l’App Store, Google et Apple centralisent les téléchargements et jouent un rôle de “douanier”, estime auprès de l’AFP Jean Gonié, directeur régional des affaires publiques de Snapchat, “tandis que nous, on se trouve au bout de la chaîne”.Google réplique notamment que cela pourrait créer un faux sentiment de sécurité, dédouanant les entreprises de leur responsabilité d’investir dans des mesures de protection adaptées à chaque âge.Une position partagée par Apple qui souligne que “seule une petite partie des applications nécessite une vérification de l’âge” et que “le bon endroit” pour appliquer cette vérification se limite “aux sites web et applications” concernés.- Les opérateurs et les appareils – L’Alliance française des industries du numérique (Afnum), dont font partie des constructeurs de téléphones comme Samsung et Xiaomi, demande elle de contrôler l’accès “à partir de la connexion internet (sim pour les mineurs et box internet)” fournie par les opérateurs téléphoniques.Elle estime que “les fournisseurs d’accès internet” doivent être “intégrés à cette chaîne de responsabilités”.Dernier échelon possible: lors de l’achat d’un appareil permettant l’accès à ces plateformes.Une méthode notamment plébiscitée par le géant des sites pornographiques Aylo, qui détient les plateformes Youporn, Pornhub et Redtube.Un premier pas a été fait dans ce sens avec l’entrée en vigueur à l’été 2024 de la loi Studer, qui impose qu’un dispositif de contrôle parental soit pré-installé sur les téléphones portables, tablettes, ordinateurs et autres objets connectés.Activé lors de la mise en service de l’appareil, il doit permettre de bloquer le téléchargement et l’accès à certaines applications.Toutefois, son activation reste aujourd’hui optionnelle et n’empêche pas d’accéder à ces sites via les navigateurs internet.

Sous l’effet de l’Ukraine, la France passe aux drones de combat

Forte de l’expérience acquise en Ukraine et de partenariats qui se concrétisent avec l’industrie automobile, la filière française du drone militaire émerge pour combler son retard concernant cette arme clé des conflits modernes.Qu’est-ce qu’un drone militaire ?Engin sans pilote, le drone “apporte une corde supplémentaire à l’arc des militaires avec le gros avantage de ne pas mettre en danger les vies humaines et d’être moins cher par rapport aux moyens traditionnels”, souligne Florian Aknin, expert de l’aérospatiale et de défense au sein du cabinet de conseil international Roland Berger.L’engin est relativement simple. “Vous pouvez acheter une imprimante 3D, trouver des plans en libre accès et avoir un drone en 24 heures”, schématise Hadrien Canter, cofondateur et directeur général d’Alta Ares, start-up française née en Ukraine. C’est la “charge utile” qui donne au drone ses yeux, oreilles, cerveau ou bras armé et en définit la mission: capteurs (optiques, radar, de guidage et navigation) pour surveillance et reconnaissance, explosifs pour frapper en profondeur ou détruire les drones ennemis parfois par collision ou encore des équipements de la guerre électronique destinés à brouiller le signal GPS ou les communications adverses. Quel est leur rôle en Ukraine ?Les frappes russes qui ont privé ces derniers jours plus d’un million d’habitants de Kiev de courant et de chauffage reposent largement sur des volumes massifs de drones iraniens Shahed produits en masse et à bas coût en Russie. La Russie en produit 1.000 par jour et les lance par milliers, souvent avec des missiles balistiques, saturant les défenses ukrainiennes. Les abattre avec des missiles coûte des millions, d’où le recours ukrainien à des drones intercepteurs bon marché.”Les Ukrainiens ont besoin d’environ 20.000 drones par mois, c’est énorme”, souligne Hadrien Canter.Le premier forum franco-ukrainien sur la production conjointe des drones organisé en novembre 2025 en présence des présidents Macron et Zelensky avait pour but “d’aider les Ukrainiens à passer à cette échelle-là”, ajoute-t-il.Sa société implantée en Ukraine équipe des drones ukrainiens d’un logiciel qui augmente le taux d’interception de 30 à 65% et vise 85% comme pour le missile américain Patriot.Autre usage: les frappes en profondeur pour toucher des bases aériennes, infrastructures de défense, raffineries ou dépôts pétroliers en Russie.Quelles synergies pour la filière française? Chez le groupe français EOS Technologie, le drone Rodeur, dont quelques unités ont été livrées à l’Ukraine, peut parcourir jusqu’à 500 km et rester cinq heures dans les airs.Ce modèle, capable à la fois de missions de renseignement et d’attaques “ kamikaze ”, pourrait être utilisé en Europe davantage dans la logique de “bouclier”, dans celle de “glaive” en Ukraine, explique à l’AFP Jean-Marc Zuliani, président d’EOS Technologie.”Les Ukrainiens ont acquis une expérience unique au monde”, souligne le responsable pour qui ils ont actuellement “plus besoin de technologies” que d’appareils.Pour les industriels occidentaux, c’est l’occasion de tester les machines sur le terrain, ajoute-t-il.Le Portugais devenu paneuropéen Tekever, qui a ouvert un bureau à Toulouse en 2024, fournit depuis le début du conflit en Ukraine des drones de reconnaissance et de renseignement.”On ramène cette expérience sur le théâtre européen avec l’ambition de devenir un acteur majeur à l’échelle européenne”, déclare à l’AFP Nadia Maaref, directrice générale de Tekever France.Pourquoi l’industrie automobile est-elle associée ?Initiée il y a plusieurs mois par la Direction générale de l’armement, la démarche se concrétise cette semaine : Renault a annoncé un partenariat avec Turgis Gaillard pour une filière française de drones militaires.”On nous demande une production de masse” et “des industriels automobiles peuvent faire de la très grande série dans des délais beaucoup plus courts”, confie Jean-Marc Zuliani.Il dit avoir signé un partenariat “avec un grand acteur de l’industrie automobile”, dont il ne révèle pas le nom, “capable d’en produire 10.000, 100.000, 1 million d’ici 2030” pour “répondre aux besoins pour la France”. Que deviendra cette filière en cas de cessez-le-feu en Ukraine ?L’augmentation des tensions géopolitiques ne se résume pas à l’Ukraine. “Cessez-le-feu ou pas, elles vont continuer d’augmenter”, déclare Florian Aknin, pour qui la “capacité de monter en cadence” tout comme les stocks participera à la “dissuasion conventionnelle”.