Test

“Pas vrai” que des milliers de Français fortunés échappent à l’impôt sur le revenu, affirme de Montchalin

La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a démenti mercredi le fait que des “milliers” de personnes fortunées ne paient “aucun impôt sur le revenu”, comme l’avait affirmé dimanche l’ex-ministre de l’Economie, Eric Lombard.”Il n’est pas vrai que des dizaines de milliers de Français fortunés ne paieraient aucun impôt sur le revenu. Il n’y a pas de document à Bercy qui le montrerait”, a affirmé Amélie de Montachalin, interrogée sur le sujet lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.”Et si c’était le cas, cela fait bien longtemps évidemment que cette situation aurait, un, été dénoncée, deux, corrigée”, a-t-elle ajouté.”La direction des finances publiques (DGFiP) avait regardé: parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro. Ils ne paient aucun impôt sur le revenu”, affirmait dimanche dans un entretien au journal Libération Eric Lombard, qui a quitté Bercy en octobre.Le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Eric Coquerel (LFI), a dans la foulée demandé des documents à Bercy.”Je répondrai évidemment au président de la commission des Finances en lui communiquant toutes les notes, toutes les données qui montrent que ce diagnostic que je partage avec vous est un, connu, deux, partagé, étayé”, a dit la ministre des Comptes publics.La commission des Finances du Sénat a également, de son côté, envoyé un courrier au ministre de l’Economie Roland Lescure, lui demandant de leur transmettre une série de documents.”Ensuite, nous aimerions nous entretenir, en début de semaine prochaine, avec les services de la direction générale des finances publiques, pour échanger sur ces éléments que vous aurez bien voulu nous transmettre en amont”, selon ce courrier consulté par l’AFP, signé du président et du rapporteur général de cette commission, Claude Raynal (PS) et Jean-François Husson (LR).Selon Amélie de Montchalin, “il n’y a pas de documents ou même de réalité qui amènerait une dizaine de milliers de fortunés français à ne payer aucun impôt sur le revenu”.La ministre a par ailleurs souligné que le gouvernement disait depuis “des mois (…) qu’effectivement si des mécanismes d’optimisation fiscale que nous connaissons amènent à ce que le taux d’imposition effectif moyen des plus fortunés de notre pays (soit) plus bas que ce qu’il devrait être, il faut que nous changions la loi”.”Ce gouvernement a déposé un projet de loi de finances avec un article 3 qui s’appelle une taxe sur les holdings, qui a fait l’objet de beaucoup de débats et qui permet précisément pour la première fois dans notre pays, de mettre un mot, de mettre des outils et de mettre une réponse à une situation que nous ne nions pas, mais qu’il nous faut regarder avec efficacité”, a-t-elle ajouté.

Action coup de poing de la Confédération paysanne au ministère de l’Agriculture

Une centaine d’agriculteurs de la Confédération paysanne sont parvenus mercredi à entrer dans une annexe du ministère de l’Agriculture à Paris, qu’ils ont occupée pendant une heure avant d’être délogés, ont constaté des journalistes de l’AFP.Une “vingtaine de manifestants ont été interpellés, dont les trois porte-parole nationaux du syndicat”, a-t-on indiqué à la Confédération paysanne en fin d’après-midi. Peu après 16H, les manifestants réunis dans l’enceinte de la direction générale de la performance économique, à quelques mètres de l’entrée du ministère dans le 7e arrondissement de Paris, ont déployé une banderole plaidant: “L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir”.Étaient présents des agriculteurs venus d’Outremer, pour clamer “la solidarité entre les paysans” et dénoncer la politique agricole du gouvernement et l’accaparement selon eux des subventions publiques par un petit nombre d’exploitants et de grands groupes agroindustriels.Fanny Métrat, une des porte-parole de la Confédération paysanne a demandé la “décolonisation de l’agriculture” et “la fin de cette cogestion insupportable de la FNSEA (premier syndicat agricole) et du ministère de l’Agriculture”.Cette déclaration intervient au lendemain d’une nouvelle salve d’annonces du gouvernement qui a notamment promis une “loi d’urgence agricole” portant sur la prédation (attaques de prédateurs sur le bétail), l’eau et les moyens de production, répondant très exactement aux demandes de l’alliance FNSEA-Jeunes agriculteurs qui domine le paysage syndical agricole.La FNSEA, qui a longtemps été le seul interlocuteur de l’État avant l’émergence d’autres syndicats et notamment la Confédération paysanne en 1987, est régulièrement accusée par les autres forces d’imposer son ordre du jour à l’État.”La FNSEA arrive avec sa liste de courses et est remerciée par le Premier ministre, encore hier”, a lancé Stéphane Galais, lui aussi porte-parole de la Confédération paysanne, en référence à l’entrée dans Paris de plus de 350 tracteurs mardi, escortés par la police.”La FNSEA peut faire défiler 400 tracteurs et est reçue en grande pompe par Yaël Braun-Pivet et le Premier ministre. Nous, à chaque fois qu’on se mobilise, tout ce qu’on obtient c’est de la répression”, a dénoncé Thomas Gibert, également porte-parole du syndicat.Vendredi, Thomas Gibert et Stéphane Galais avaient été interpellés brutalement au pied de l’Arc de Triomphe, où il étaient venus attendre six tracteurs de leur syndicat après une opération escargot sur le périphérique.

Personnes dénudées avec l’IA Grok: enquête sur xAI ouverte en Californie

Le procureur général de Californie a annoncé mercredi lancer une enquête visant xAI en raison de la prolifération sur internet d’images dénudées de femmes et d’enfants générées avec l’assistant d’intelligence artificielle Grok créé par cette entreprise d’Elon Musk.”xAI semble faciliter la production à grande échelle de détournements non consentis d’images intimes (deepfakes), utilisées pour harceler des femmes et des jeunes filles sur internet, notamment via le réseau social X”, accuse le communiqué du procureur démocrate Rob Bonta, dont les investigations s’ajoutent aux multiples enquêtes ouvertes dans plusieurs pays sur cette affaire.En conséquence, “mon bureau annonce aujourd’hui formellement une enquête sur xAI afin de déterminer si, et comment, xAI a violé la loi”, déclare le procureur Bonta, cité dans le communiqué.”J’exhorte xAI à prendre des mesures immédiates pour que cela ne se reproduise plus”, ajoute-t-il: “Nous avons une tolérance zéro pour la création et la diffusion par l’IA d’images intimes non consenties ou de matériel pédopornographique”.Un mouvement d’indignation internationale a pris de l’ampleur ces dernières semaines autour de Grok et de la possibilité qu’il offre de modifier des images, en particulier celles publiées sur le réseau social X, également propriété d’Elon Musk.Certains utilisateurs en ont profité pour poster ou répondre à des messages contenant des photos de femmes, les accompagnant d’une instruction comme “Mets-la en bikini” pour recevoir en échange un montage hyper-réaliste (“deepfake” en anglais).Depuis le 9 janvier, la fonctionnalité de création d’images a été désactivée pour les utilisateurs non payants de X, qui affirme prendre des mesures pour supprimer ces contenus illégaux et suspendre les comptes concernés.Le procureur californien reproche a xAI d”avoir vanté la possibilité de dénuder les personnes “comme un argument marketing, ce qui a sans surprise provoqué une prolifération de contenus sexualisés sans le consentement des personnes concernées”.”Il est rapporté qu’xAI a aussi produit des images réalistes d’enfants impliqués dans des actes sexuels”, dénonce encore le communiqué.La semaine dernière, une analyse menée par l’ONG AI Forensics sur plus de 20.000 images générées par Grok a révélé que plus de la moitié représentaient des personnes légèrement vêtues, dont 81% étaient des femmes et 2% paraissaient mineurs.L’Indonésie et la Malaisie ont suspendu l’accès à Grok ce week-end, tandis que l’Inde a affirmé avoir fait retirer des milliers de contenus sur X. Des enquêtes sont en cours dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et la France.

L’Assurance maladie alerte sur l’envolée des dépenses de médicaments innovants

Une vingtaine de médicaments à plus de 100.000 euros par an et par patient: l’Assurance maladie alerte sur l’explosion des coûts des médicaments innovants et entend faire la chasse aux traitements qui n’apportent pas de progrès.En volume, la consommation de médicaments a augmenté légèrement (+1,1% par an) sur les cinq dernières années mais en montant, la facture grimpe à cause de médicaments très onéreux.En 2024, les montants réellement payés par l’Assurance maladie après les remises négociées avec les laboratoires ont atteint 27,2 milliards d’euros, en hausse de 7,2% sur un an.”Alors qu’en 2015, un seul médicament dépassait un coût de traitement annuel de 100.000 euros par patient, ils sont 21 en 2025 à franchir ce seuil, et les traitements les plus coûteux dépassent désormais 185.000 euros par patient et par an”, avant remises, c’est-à-dire avant les réductions négociées entre les industriels et l’Etat, selon des données de l’Assurance maladie.Deux médicaments, prescrits pour un nombre très limité de malades, excèdent même le million d’euros annuel par patient: il s’agit du Bylvay, prescrit à 51 patients atteints d’une maladie rare du foie, et du Myalepta, prescrit à 39 patients atteints d’une maladie grave du tissu graisseux, sachant que dans les maladies rares les remises peuvent atteindre, selon des connaisseurs, jusqu’à 90% du prix catalogue.- Des anticancéreux qui dépassent le milliard – En 2024, deux anticancéreux ont dépassé le milliard d’euros de remboursement: Keytruda (2,1 milliards d’euros) et Darzalex (1,05 milliard d’euros), souligne l’Assurance maladie rappelant que le nombre de patients pris en charge en oncologie augmente en moyenne de 3% par an en France.”C’est un coût, mais c’est un coût par rapport à une valeur thérapeutique qui vient répondre à un vrai besoin” pour 3 millions de patients qui luttent contre le cancer chaque année, justifiait cet automne la présidente de l’Agipharm (association regroupant les laboratoires américains implantés en France) Clarisse Lhoste.Une étude du Centre international de recherche sur le cancer a évalué les pertes de productivité dues à la mortalité prématurée par cancer à 566 milliards de dollars, soit l’équivalent de 0,6% du produit intérieur brut mondial en 2022.Si les médicaments innovants ne représentent qu’une part limitée des volumes, ils concentrent une part croissante des dépenses: en 2024, leur coût annuel moyen atteint 3.801 euros par patient (hors vaccin), contre 161 euros pour les médicaments plus anciens.Cette dynamique est liée à l’essor des innovations thérapeutiques contre des maladies rares et graves désormais prises en charge, a souligné Thomas Fatôme, directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance maladie, y voyant “un sujet de soutenabilité” pour le système de santé.”Les médicaments de plus de 1.000 euros, correspondent à 0,5% du volume des médicaments remboursés et à un tiers de la dépense totale”, a détaillé de son côté Sophie Kelley, responsable du département des produits de santé à l’Assurance maladie au cours d’une conférence de presse.- “Nouveau n’est pas forcément innovant” – Mais un nouveau médicament “n’est pas forcément innovant”, a-t-elle insisté, soulignant qu'”un tiers des médicaments remboursés aujourd’hui et encore sous brevet n’apportent finaclement pas ou très peu d’amélioration par rapport à l’existant”.Le montant remboursé des traitements considérés comme innovants, représentent une part toujours plus importante des remboursements: de 8 milliards en 2017 à un peu plus de 10 milliards en 2024.Ce bilan intervient alors que l’accord-cadre régissant la régulation des tarifs des médicaments remboursables doit être renégocié avec l’industrie pharmaceutique cette année.Les industriels font régulièrement valoir que 37% des nouveaux médicaments autorisés en Europe ne sont pas disponibles en France et que les prix des médicaments y sont parmi les plus bas du continent.”On n’est pas totalement convergent sur ce diagnostic”, s’est défendu Thomas Fatôme. “Notre système permet un accès efficace à des médicaments innovants”, a-t-il dit, mais “il faut se poser la question de savoir pourquoi les coûts moyens de traitements sur les ASMR IV (progrès thérapeutique mineur, Ndlr) et V (pas de progrès thérapeutique) augmentent aussi rapidement”, prônant “le juste soin au juste prix”.

Trafic de pesticides: prison ferme requise contre un fournisseur et un important maraîcher

Des peines de prison ferme ont été requises mercredi à Marseille contre un intermédiaire et un important maraîcher, fournisseur de grandes marques de distribution, au procès d’un trafic de produits phytosanitaires interdits.Le procureur a requis 10 mois de prison ferme, 65.000 euros d’amende et une interdiction d’exercer une profession en lien avec l’agriculture contre Alain H., 78 ans, “apporteur d’affaires” qui fournissait des agriculteurs des Bouches-du-Rhône et de la Drôme et “sans qui tout ça n’aurait pas été réalisé”.Contre son principal client, Didier C., 58 ans, très important maraîcher dont la société exploite quelque 2.000 hectares dans les Bouches-du-Rhône, notamment pour produire des salades pour les marques Bonduelle ou Florette et les plateformes de distribution de Lidl, Leclerc, Intermarché ou Super U, le procureur a requis 6 mois de prison ferme et 40.000 euros d’amende, ainsi que 80.000 euros à l’encontre d’une de ses sociétés, la SCEA REVENY.Sept prévenus au total sont poursuivis pour ce trafic, entre 2018 et 2024, de produits phytosanitaires en provenance d’Espagne ne bénéficiant pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) et donc interdits en France. Leurs productions maraîchères et fruitières étaient notamment commercialisées dans des enseignes de la grande distribution.”Mépriser les autorisations de mise sur le marché, c’est mépriser le consommateur”, a dénoncé le procureur Michel Sastre, rappelant également “la dangerosité” pour l’homme et l’environnement des substances en cause.”Les peines vont tenir compte de l’importance des exploitations, des casiers (judiciaires des prévenus) et de leur âge”, a précisé le représentant du parquet, réclamant des peines plus légères à l’encontre des cinq autres arboriculteurs et maraîchers impliqués, trois des Bouches-du-Rhône et deux Drômois.Il a ainsi requis des peines s’échelonnent de 4 à 8 mois de prison avec sursis et de 15.000 à 40.000 d’amendes individuelles et des amendes entre 5.000 et 40.000 pour leurs sociétés.De nombreuses associations de défense de l’environnement – France Nature Environnement (FNE), Générations futures, la Ligue pour la protection des oiseaux LPO Paca, l’UFC-Que Choisir ou encore le syndicat agricole de la Confédération paysanne – sont parties civiles dans un dossier qu’elles estiment exemplaireEn défense de Didier C., à la tête d’une vingtaine de sociétés agricoles, Me Pascal Roubaud a vivement fustigé l’absence “d’expertises” et demandé la relaxe de son client. “Dans ce dossier, où sont les expertises… on s’est contenté de simples approximations”, a critiqué l’avocat marseillais, dénonçant une procédure qui s’appuie sur de simples “notes” manuscrites du fournisseur.L’ensemble des conseils des agriculteurs ont dénoncés “une enquête à charge”, le manque “d’analyses des produits” saisis, arguant “de l’absence d’intention” d’utiliser des produits stockés, parfois depuis longtemps. Ils ont également demandé la relaxe. Seul Me Alain Baduel, conseil d’Alain H., a reconnu la matérialité de trois infractions parmi les 11 reprochées à son client, notamment un abus de bien sociaux pour avoir payé des frais d’avocats sur la trésorerie d’une société aujourd’hui dissoute.L’avocat a regretté que le procureur ait voulu faire, selon lui, “un procès exemplaire” dénonçant “la lourdeur excessive” de la peine réclamé à l’encontre de son client.La décision a été mise en délibéré au 7 avril.

Le patron de Nestlé présente ses excuses pour le rappel de laits infantiles

Le patron de Nestlé a présenté ses excuses pour le rappel volontaire de laits infantiles qui touche une soixantaine de pays, face aux critiques et inquiétudes pour la réputation du géant suisse de l’agroalimentaire.”Je veux (…) présenter mes sincères excuses pour l’inquiétude et les perturbations que ceci a pu causer aux parents, proches aidants et clients”, a déclaré Philipp Navratil, son directeur général, dans une vidéo mise en ligne mercredi sur le site Internet du groupe, dans laquelle il a dit “comprendre” en “tant que parent” lui-même. “Je tiens à vous rassurer sur le fait qu’aucun cas de maladie liée aux produits touchés n’a été confirmé jusqu’à présent”, a-t-il ajouté, insistant sur le fait qu’il s’agissait d’une mesure “de précaution”. La semaine passée, plusieurs des filiales de Nestlé en Europe, notamment en Allemagne, en Italie, en Suède et en France, avaient annoncé un rappel volontaire de certains lots de produits, commercialisés sous des noms différents selon les pays. Ce rappel avait été lancé en raison de la présence potentielle de céréulide, une substance d’origine bactérienne issue du micro-organisme Bacillus cereus, susceptible de provoquer des troubles digestifs, comme des diarrhées et vomissements. La liste des produits rappelés s’était allongée au fil de la semaine, déclenchant de vives critiques notamment de l’ONG Foodwatch qui avait reproché à Nestlé de communiquer “au compte-gouttes” sur un produit “sensible”.Dans son message vidéo, M. Navratil est revenu sur le déroulement de ce rappel de produit, précisant que le groupe avait agi “rapidement et de manière transparente” en travaillant “étroitement avec les autorités” de “chaque pays”, ce qui expliquait pourquoi “ces rappels ont été annoncés localement, un par un, comme prévu”. “Tous les rappels ont maintenant été annoncés”, a-t-il précisé. Mercredi, la liste publiée sur son site comptait une soixantaine de pays.En décembre, le groupe avait déjà procédé à un rappel de produits en Europe, notamment en France, après la détection d’un incident de qualité dans une usine aux Pays-Bas. Entre-temps, il a découvert que la cause était liée à une matière première venant d’un de ses fournisseurs et a “immédiatement stoppé la distribution de tous les produits affectés”, a poursuivi M. Navratil. – Risque réputationnel -Nestlé a connu deux années agitées depuis le scandale en 2024 autour de ses eaux en bouteille. Ce rappel de lots de laits infantiles accentue donc la pression sur M. Navratil qui s’est vu confier la direction en septembre après le licenciement de son prédécesseur, à la suite d’une enquête interne concernant une relation amoureuse non déclarée avec une subordonnée directe. “Cet incident intervient à un mauvais moment pour l’entreprise”, a réagi Jon Cox, analyste chez Kepler Cheuvreux, interrogé par l’AFP. Nestlé ne publie pas le détail de ses ventes dans les laits infantiles, mais selon ses calculs, ils représentent “environ 10%” du chiffre d’affaires du groupe. “L’impact financier est quelque peu limité”, mais “les dommages réputationnels sont importants”, prévient l’analyste. Dans une note publiée la semaine passée, Jean-Philippe Bertschy, analyste de Vontobel, s’était lui aussi inquiété davantage pour la réputation de Nestlé que pour les répercussions financières, “les volumes affectés” ne représentant qu’environ “0,5% du chiffre d’affaires annuel”, avait-il quantifié.Mais ce rappel de produits est “loin d’être rassurant pour les investisseurs”, d’autant que les attentes à l’égard de la nouvelle direction “étaient élevées”, avait-il souligné.Mercredi, l’action a regagné 1,80% après la mise en ligne de cette vidéo, à 76,55 francs suisses. 

Le grand magasin Saks, temple du luxe à New York, en faillite

Plombé par une lourde dette, le groupe américain Saks Global, propriétaire des grands magasins de luxe Saks Fifth Avenue, Neiman Marcus et Bergdorf Goodman, a annoncé mercredi avoir déposé le bilan.L’entreprise, qui ne payait plus certains de ses fournisseurs (de grandes marques) depuis plusieurs mois, a annoncé dans un communiqué se placer volontairement sous la protection de la loi sur les faillites (Chapitre 11) auprès d’un tribunal du Texas.Saks a précisé que les magasins, environ 70 (hors réseaux de déstockage) en Amérique du Nord, restaient ouverts et s’est engagé “à effectuer les paiements futurs aux fournisseurs et à maintenir le versement des salaires et des avantages sociaux aux employés”.Selon le document déposé auprès du tribunal des faillites, Chanel est son plus gros créancier avec 136 millions de dollars devant le groupe français Kering (Gucci, Saint Laurent, Balenciaga, Bottega Veneta) avec 59,93 millions et la marque chinoise Rosen-X (41,44 millions).Un expert expliquait mardi à l’AFP que de nombreux fournisseurs avaient dû prendre leurs précautions et revendre en amont leurs créances à des sociétés d’affacturage.Contactés par l’AFP à Paris, Kering n’a pas souhaité commenter et LVMH (Louis Vuitton, Dior, Celine, Givenchy, Hennessy, Tiffany’s, Bulgari, Hublot, etc) n’a pas répondu dans l’immédiat. A la Bourse de Paris, l’action du premier a progressé mercredi de 0,65% et celle du second reculé de 1,35%.Saks a indiqué avoir sécurisé un financement d’environ 1,75 milliard de dollars auprès de ses investisseurs.Sous réserve d’approbation judiciaire, ce plan de financement “fournira les liquidités nécessaires au financement des opérations et des initiatives de redressement de Saks Global”, assure le communiqué.- Nouvelle direction -Simultanément, l’entreprise a annoncé un changement de direction.Geoffroy van Raemdonck, ancien directeur général de Neiman Marcus, va devenir PDG de Saks Global. Il succède à Richard Baker, directeur général – depuis le 2 janvier- et président exécutif sortant, qui a démissionné mardi.M. Baker avait orchestré en 2024 l’acquisition par Saks du groupe Neiman Marcus, autre prestigieuse enseigne new-yorkaise elle-même propriétaire des grands magasins Bergdorf Goodman, pour 2,7 milliards de dollars.”Je suis impatient d’assumer le rôle de PDG et de poursuivre la transformation de l’entreprise afin que Saks Global continue de jouer un rôle central dans l’avenir du commerce de détail de luxe”, a dit M. Van Raemdonck, cité dans le communiqué.Les experts s’attendaient à cette faillite, écartant à ce stade le risque de Chapter 7 (liquidation).Selon Tim Hynes, responsable de recherche crédit pour Debtwire, spécialiste de la situation financière des entreprises, Saks Global s’est beaucoup endetté pour racheter Neiman Marcus (NMG) en 2024 et sa dette atteint désormais quelque cinq milliards de dollars pour un chiffre d’affaires annuel inférieur à 6 milliards.Cette acquisition “a toujours fait d’une faillite une issue probable pour Saks Global. La seule réelle surprise a été la rapidité de l’effondrement”, a commenté mercredi Neil Saunders, directeur de GlobalData, soulignant que Saks s’était placé dans une “position précaire” en aspirant à créer “une puissance du luxe”.- Espoirs douchés -Le groupe basé à New York n’est pas coté en Bourse et ne publie pas ses résultats.Pris à la gorge dans un contexte économique difficile aggravé par les récents droits de douane, il a opéré en août 2025 une restructuration partielle de sa dette et récupéré 600 millions de dollars d’argent frais.Mais ses espoirs ont été douchés.Le consommateur américain, qui dépense tout en restant très attentif aux prix, n’a pas été au rendez-vous dans les rayons de l’étendard du groupe, Saks Fifth Avenue, pour les fêtes.Résultat: le groupe n’a pas honoré une échéance de 100 millions de dollars le 30 décembre. Un différé de trente jours maximum s’est enclenché avant l’officialisation d’un défaut de paiement.D’après l’agence de notation Standard and Poor’s et plusieurs experts, de nombreuses marques refusaient depuis des mois toute nouvelle commande, tant que les arriérés n’étaient pas payés. D’autres refusaient de livrer par crainte d’impayés.A parcourir cette semaine les étages de Saks sur la célèbre Cinquième Avenue, l’AFP a constaté des portants semblant peu achalandés, certains proposant de chaudes tenues d’hiver associées à des vêtements printaniers. Comme si des collections disparates avaient été assemblées de bric et de broc pour éviter des rayons vides.

La Bourse de Paris termine en léger recul, malgré un record en séance

La Bourse de Paris a fini en léger recul mercredi, après la publication d’indicateurs économiques mitigés aux Etats-Unis, même si le CAC 40 a connu un nouveau record en séance.L’indice vedette parisien a perdu 0,19% à 8.330,97 points, en recul de 16,23 points. La veille, il avait cédé 0,14%. Il a toutefois atteint dans la matinée un nouveau record en séance, à 8.396,72 points.Pour les marchés européens, “il s’agit d’un mouvement de correction parfaitement normal et sain” faisant une “pause” après une “tendance haussière toujours intacte” depuis le début de l’année, relève Christine Romar de CMC Markets.La séance a été pauvre en évènements, mis à part la publication de quelques indicateurs économiques aux Etats-Unis.Les ventes au détail ont rebondi davantage que prévu en novembre, en hausse de 0,6% sur un mois, pour atteindre 735,9 milliards de dollars, a rapporté le ministère du Commerce. Les analystes s’attendaient à un rythme moins élevé, autour de +0,3%.L’indice des prix à la production (PPI) pour novembre a lui progressé de 0,2% sur un mois, en accélération par rapport à octobre.”Ces chiffres suscitent une certaine désillusion” et “dissipent de plus en plus les fantasmes d’une baisse des taux d’intérêt” de la Réserve fédérale américaine (Fed) lors de sa réunion de janvier, relève Andreas Lipkow, analyste indépendant.En France, les marchés restent attentifs à la situation politique et budgétaire.L’Assemblée nationale a rejetée mercredi la motion de censure déposée par La France insoumise contre le gouvernement de Sébastien Lecornu pour protester contre la signature samedi du traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains du Mercosur.La motion a obtenu 256 voix, loin des 288 voix nécessaires, la droite et le PS refusant de s’y associer. Une motion de censure du RN sur le même thème devrait connaître le même sort.Côté obligataire, le taux d’intérêt français à échéance dix ans a atteint 3,49%, contre 3,52% la veille en clôture. Son équivalent allemand, référence en Europe, a atteint 2,81%, contre 2,85%.Engie solideLe groupe Engie (+1,45% à 23,74 euros) a remporté en Inde un projet hybride combinant énergie solaire et stockage d’électricité par batteries, le premier dans le pays pour l’énergéticien français, qui affiche de grandes ambitions sur ce marché en pleine expansion pour les énergies renouvelables, a-t-il annoncé mardi.

Les Bourses européennes terminent sans élan malgré de nouveaux records

Les Bourses européennes ont terminé majoritairement sans entrain mercredi, après la publication d’indicateurs économiques mitigés aux Etats-Unis, même si Londres et Paris ont atteint de nouveaux records en séance dans la matinée.Paris a cédé 0,19% et Francfort 0,53%. Milan a grappillé 0,27%. Seule Londres s’est détachée, prenant 0,46%, portée par les poids lourds de son secteur minier avec la hausse des cours de nombreux métaux.

L’huile d’olive importée dans l’UE pas ou peu contrôlée

La Cour des comptes européenne déplore dans un rapport publié mercredi les contrôles “inexistants” ou “sporadiques” sur la présence de pesticides dans les importations d’huile d’olive, notamment en provenance de Tunisie.Certes, plus de 90% de l’huile d’olive consommée dans l’UE est produite sur le continent, avec des “contrôles bien établis” sur les résidus de pesticides.Mais le rapport souligne les lacunes pour l’huile d’olive importée, qui représente 9% du marché européen, principalement en provenance de Tunisie et, à la marge, de Turquie, d’Argentine ou du Maroc.Pour ces importations, les contrôles aux frontières “sur la présence de pesticides et d’autres contaminants sont soit inexistants soit très limités dans les Etats membres visités” durant l’audit (Belgique, Espagne, Grèce, Italie), relève la Cour des comptes européenne.En Italie, “en 2023 et 2024, aucun chargement d’huile d’olive n’a été contrôlé aux principaux points d’entrée de ce produit”, selon ce rapport.En Espagne, entre 2018 et 2023, seuls trois échantillons ont été analysés pour déceler la présence de résidus de pesticides et cinquante pour celle d’autres contaminants.”La Belgique ne prévoit aucun contrôle de l’huile d’olive aux postes de contrôle frontaliers et la Grèce n’a introduit ces contrôles qu’en 2024″, affirme la Cour.Réagissant à ce rapport, la Commission européenne a souligné que l’huile d’olive importée “doit être contrôlée de la même manière que la production européenne” et a proposé son “assistance technique” pour “soutenir” les Etats membres, en charge de ces contrôles.La présence éventuelle dans les importations vers l’Europe de pesticides interdits dans l’UE est un sujet inflammable pour les agriculteurs européens.Ce rapport “confirme encore davantage la préoccupation de l’agriculture européenne quant au manque de contrôles”, a réagi le Copa-Cogeca, qui regroupe les principaux syndicats agricoles d’Europe.”Il s’agit d’une question d’équité” commerciale et “de protection des consommateurs”, afin de “ne pas fragiliser des secteurs stratégiques européens, tels que l’huile d’olive”, a souligné cette organisation.Les syndicats agricoles européens combattent actuellement l’accord de libre-échange avec les pays latino-américains du Mercosur, pointant notamment du doigt le manque de contrôles en matière de pesticides.Pour tenter de les rassurer, la Commission européenne a promis en décembre une hausse de 50% du nombre de contrôles à l’étranger dans les deux ans qui viennent et une augmentation de 33% des audits aux postes-frontières.Sous la pression de la France et de l’Italie, la Commission européenne s’est aussi engagée à légiférer sur les résidus de pesticides (LMR), autorisés actuellement quand ces traces sont minimes.Début janvier, elle a promis d’interdire totalement trois substances (carbendazime, bénomyl et thiophanate-méthyl) dans les produits importés, notamment dans les agrumes, les mangues ou les papayes.