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Budget: à l’Assemblée des débats décousus à l’ombre du 49.3

Une assistance clairsemée, des votes sans cohérence d’ensemble: depuis mardi, la nouvelle lecture du budget à l’Assemblée donne lieu à des débats décousus, renforçant l’hypothèse d’un couperet rapide du gouvernement, via le 49.3 ou une ordonnance.Mercredi, les députés du Rassemblement national ont obtenu à la faveur de la démobilisation générale une réduction de la dotation globale de fonctionnement (DGF) de 4,9 milliards d’euros. Un vote “ubuesque”, selon Régions de France.Jeudi matin, le gouvernement a subi un important revers, son amendement sur la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, censé rapporter 6,3 milliards d’euros en 2026, étant sèchement battu. C’était pourtant un des points clés de la négociation avec le PS, qui espère des augmentations de recettes pour atténuer d’autant les baisses de dépenses.Mais alors que plane depuis plusieurs jours au-dessus des débats la possibilité d’un 49.3 ou d’une ordonnance, permettant au gouvernement de faire adopter un budget sans vote faute de majorité, les députés se montrent moins soucieux de rechercher dans l’hémicycle un compromis.Principal soutien du gouvernement, le groupe EPR (Renaissance) a ainsi voté contre la surtaxe; tout en se disant “ouvert à faire des pas” dans un autre cadre, selon son chef de file sur le budget, Paul Midy.En parallèle des débats dans l’hémicycle, se tiennent des négociations en coulisses, notamment entre le PS et le gouvernement, pour parvenir à un accord de non-censure.Le Premier ministre Sébastien Lecornu était lui-même présent à l’Assemblée jeudi, échangeant avec des parlementaires y compris dans les couloirs.”Il y a une fatigue d’un jour sans fin”, souligne un ténor LR, et ce d’autant plus que les parlementaires ont “du mal à voir où ils atterrissent”. Faute d’avoir la photographie globale d’un éventuel accord, les députés “reviennent sur leurs bases initiales”, analyse-t-il.Cette attitude, et les votes qui en résultent, contribuent à alimenter la petite musique d’un 49.3 ou d’une ordonnance. Car à quoi bon continuer les débats s’ils n’ont plus de sens ?- Réponse d’ici mardi ? -L’Assemblée bruissait ainsi jeudi de rumeurs sur un éventuel conseil des ministres, préalable à l’utilisation du 49.3. Une source au sein de l’exécutif n’a pas exclu qu’il y en ait un ce weekend, mais ne l’envisageait ni jeudi ni vendredi.L’hypothèse d’une ordonnance, au titre de l’article 47 de la Constitution, revenant avec tout autant de force.Ce chemin est vivement rejeté par plusieurs parlementaires ou juristes, qui note sa dimension antiparlementariste, alors que cette procédure ne requiert aucun vote du Parlement.”Aucune femme, aucun homme attaché à la défense de la République ne peut accepter ce qui ne serait ni plus ni moins qu’un nouveau 18 Brumaire (…) Je censurerai sans aucune hésitation tout gouvernement qui cèderait à une telle tentation”, affirme ainsi l’un des négociateurs du PS sur le budget, Philippe Brun, dans une tribune transmise à l’AFP.Avantage de l’ordonnance par rapport au 49.3: elle permet de doter la France d’un budget, que le Premier ministre soit censuré ou non.L’exécutif devra quoiqu’il arrive se décider avant le vote de la partie “recettes” du budget, qui en cas de rejet enverrait directement le texte au Sénat.Ce moment pourrait arriver assez rapidement, puisqu’il restait jeudi en fin d’après-midi moins de 500 amendements à débattre sur cette partie, et les débats avançaient à bon rythme. “C’est possible qu’il y ait un scénario tranché d’ici mardi”, a timidement confirmé l’entourage du Premier ministre, tout en assurant qu’il n’y aurait pas de budget définitivement adopté “avant la mi-février”.”Tout ça va se décanter dans le weekend. Je ne vois pas le Premier ministre activer quoi que ce soit avant d’avoir pu saisir l’opinion sur l’incapacité de l’Assemblée à bâtir un budget”, résume un cadre macroniste.

Apollonia: sept ans ferme pour le couple au centre de l’énorme escroquerie immobilière

Le couple au centre de l’énorme escroquerie immobilière et financière Apollonia, qui a fait quelque 750 victimes pour un préjudice dépassant 1,2 milliard d’euros, a été condamné jeudi à de lourdes peines de prison ferme et à la confiscation d’une vingtaine de millions d’euros de biens.Jean Badache, 71 ans, et son épouse Viviane, 69 ans, ont été condamnés à sept ans de prison ferme chacun, pour leur rôle central dans cette escroquerie, qui promettait à de riches clients, principalement issus de professions médicales, de se constituer un patrimoine immobilier à moindre frais.Le tribunal correctionnel de Marseille a assorti ces condamnations de mandats de dépôt différés mais avec exécution provisoire, ce qui fait que les époux Badache devraient aller en prison à une date à fixer ultérieurement, malgré l’appel immédiatement annoncé par leurs avocats.La condamnation, qui ouvre la voie aux procédures de dédommagement des nombreuses victimes, est assortie d’une amende de 2,5 millions d’euros pour chacun et de la confiscation de biens immobiliers, comptes bancaires, bijoux et sommes en numéraire pour un total de 20 millions d’euros, notamment leur somptueuse villa à Cassis évaluée à 9 millions et une villa à Marrakech.Lors du procès, du 31 mars au 6 juin 2025, l’accusation avait requis la peine maximale de dix ans de prison contre Jean et Viviane Badache, dénonçant la “plus grande escroquerie immobilière et financière que la France ait jamais connue”.Le tribunal les a qualifiés de “têtes pensantes de l’infraction”, avec un Jean Badache ayant “imaginé et mis en place” les “manœuvres frauduleuses” visant à “enfermer les potentiels acquéreurs dans la toile d’Apollonia” et une Viviane Badache formant le personnel à “dissimuler les informations utiles aux banques”. Le tout alimenté par une “volonté d’enrichissement hors norme”.Le montage consistait à “empiler” des crédits immobiliers sur les clients, démarchés par des commerciaux de cette société de conseil en patrimoine aixoise, qui a encaissé 115 millions d’euros de commissions entre 2004 et 2009.Apollonia faisait miroiter l’acquisition d’un patrimoine sans bourse délier via le statut de loueur en meublé professionnel à ses clients, qualifiés de “pigeons” par Jean Badache, selon les témoignages de commerciaux de l’entreprise.Remboursement de TVA pendant les premières années, loyers et mesures de défiscalisation étaient censés autofinancer les acquisitions à 100%. Invités à signer des liasses de documents vierges, les clients déléguaient toutes les démarches à Apollonia et se sont retrouvés avec un endettement allant de 800.000 à quatre millions d’euros souscrits auprès de diverses banques.”C’est un sentiment de soulagement pour tous nos clients. Aujourd’hui, leur statut de victime est enfin reconnu”, a déclaré Christophe Jervolino, avocat représentant plus de 200 victimes.- Apparence de respectabilité -Quatorze personnes et la société Apollonia avaient comparu pour escroquerie en bande organisée, faux et blanchiment aggravé.Quatre commerciaux d’Apollonia ont également écopé de lourdes condamnations. Cinq ans ferme, 300.000 euros d’amende et confiscation de 450.000 euros de biens pour François Melis, qualifié de “petit Badache” par le procureur. Cinq ans ferme également et 150.000 euros d’amende pour Jean-Luc Puig, à qui Apollonia permettait un “train de vie hors norme”.Deux autres commerciaux ont été condamnés à trois ans ferme et 30.000 euros d’amende et quatre ans dont deux avec sursis et 200.000 euros d’amende respectivement.L’escroquerie impliquait également des notaires et un avocat, qui apportaient une touche de respectabilité pour mettre les clients en confiance.”Rouage primordial perçu comme une garantie de sécurité par les acquéreurs,” l’un de ces notaires, d’Aix-en-Provence, à qui Apollonia avait rapporté un million d’euros, a été condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis et le reste à effectuer sous bracelet électronique, et 700.000 euros d’amende.Un des ses confrères marseillais a été condamné à 5 ans, dont 18 ferme, et un troisième, lyonnais, relaxé. Un avocat, conseil de la société Apollonia et du couple Badache, qui “participait à donner une apparence de respectabilité” aux opérations, a été condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis, et 300.000 euros d’amende.Benjamin Heysen Badache, fils du couple, salarié puis président d’Apollonia, a été condamné à un an de prison ferme sous bracelet électronique et trois ans avec sursis, deux ex-secrétaires de la société à trois ans avec sursis et une autre à 18 mois avec sursis.

Cloud souverain : Amazon étend son emprise sur l’UE

Le géant mondial de l’informatique dématérialisée Amazon Web Services (AWS) a annoncé jeudi le lancement d’un “cloud souverain et indépendant” pour l’UE, renforçant sa domination dans le secteur au moment où les Européens cherchent à bâtir leur souveraineté numérique.Les États européennes veulent peu à peu se défaire de leur dépendance à l’égard des grands groupes américains, mais le retard accumulé dans les hautes technologies rend compliqué ce défi.  Présenté par la filiale d’Amazon comme un cloud séparé à la fois physiquement et au niveau informatique des autres activités d’AWS dans le monde, ce nouveau service, opérationnel dès ce jeudi, vise à répondre “aux besoins des gouvernements et des entreprises européennes en matière de données sensibles”, selon un communiqué. L’offre d’envergure européenne est déployée depuis un centre en Allemagne, dans le Brandebourg (est), avec une extension prévue progressivement dans d’autres centres au sein de l’UE, à commencer par la Belgique, les Pays-Bas et le Portugal.”Les clients veulent le meilleur des deux mondes: pouvoir utiliser l’ensemble du portefeuille de services cloud et IA d’AWS tout en respectant des exigences de souveraineté strictes”, a déclaré Stéphane Israël, directeur général de l’AWS European Sovereign Cloud.Le dispositif prévoit que les opérations, la gouvernance et la gestion des accès soient assurées uniquement par des résidents de l’UE aux commandes de sociétés constituées en Allemagne.Ces annonces relèvent d’un cas de “souveraineté washing” (simulacre de souveraineté), critique auprès de l’AFP Harald Wehnes, professeur en informatique à l’université de Wurtzbourg (sud).Il en veut pour preuve la loi américaine “Cloud Act” qui stipule que “les données sensibles des Européens peuvent se retrouver entre les mains de l’administration américaine dès qu’elles sont confiées à des entreprises américaines de cloud, même si elles sont stockées sur des serveurs européens ”.”Cela ne s’applique pas en recourant à un fournisseur européen de cloud, comme IONOS, Hetzner ou Noris Network”, conclut-il.Interrogé par l’AFP, AWS a répondu que le cloud était protégé par des “restrictions d’accès de sorte que personne, y compris les employés d’AWS, ne puisse accéder aux données”, et que les clients pouvaient utiliser un outil de “chiffrement avancé” pour les protéger encore “davantage”.Pour ses activités dans le cloud sur le long terme, Amazon veut investir plus de 7,8 milliards d’euros en Allemagne, en soutenant 2.800 emplois.Cette annonce intervient alors que l’Europe, contrainte de compter sur les géants comme Nvidia, Google, Amazon et autre OpenAI, est appelée à reprendre la main sur son destin numérique. Les offres européennes restent toutefois fragmentées ou sont seulement en chantier.En Allemagne, le groupe Schwarz (Lidl, Kaufland) a lancé en novembre la construction d’un méga-centre de données, moyennant 11 milliards d’euros investis.Le géant allemand des logiciels SAP compte de son côté investir 20 milliards d’euros sur dix ans pour renforcer son offre de cloud ancrée en Europe.

Des “brigades” pour contrôler les denrées importées en France et “rassurer” les agriculteurs

Le gouvernement français veut intensifier les contrôles de denrées importées, dans les camions et jusque dans les magasins, grâce à une nouvelle “brigade” dédiée, un “signal” envoyé aux agriculteurs courroucés par la signature de l’accord de libre-échange UE-Mercosur.Cette brigade, composée d’une centaine d’agents, “devra dès la première année réaliser a minima 3.000 contrôles sur l’ensemble du territoire”, a dit la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, depuis la plateforme cargo d’Air France de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.”Vous voyez bien les actions des agriculteurs qui ouvrent des camions sur la route. Il faut organiser tout cela”, a-t-elle dit, évoquant une action “rapide et puissante”, “une force de contrôle qui rassure” les producteurs, remontés contre la concurrence de denrées produites parfois avec des pesticides ou des antibiotiques interdits dans l’UE.Les agents, dont elle n’a pas détaillé la provenance ni le financement, contrôleront “les camions ou les magasins où se distribuent les produits importés”, s’ajoutant à ce qui se fait dans les ports et aéroports.La ministre avait annoncé ce projet dès décembre, au lancement des conférences de la souveraineté alimentaire, puis réitéré la promesse pour calmer les manifestations d’agriculteurs, qui ont parfois mené eux-mêmes des contrôles sauvages à la sortie de ports ou sur des routes.”C’est un signal que je veux donner à nos producteurs, à l’ensemble des consommateurs français, mais aussi à l’Union européenne qui doit intensifier les contrôles des denrées importées” de pays tiers, a dit la ministre jeudi, devant des palettes d’aubergines et de concombres amers venus du Kenya ou d’Afrique du sud.Parmi leurs nombreux griefs, les agriculteurs dénoncent l’accord de libre-échange entre l’UE et quatre pays du Mercosur, qui doit faciliter l’arrivée de produits aux normes de production souvent moins exigeantes que dans l’UE.Les produits de cette région seront-ils visés par ces futures inspections? “Tout (fera) l’objet de contrôles”, a-t-elle répondu. “Évidemment, dans le contexte actuel, on aura sans doute un regard particulier sur les produits originaires du Mercosur parce qu’il faut donner un signal à nos producteurs dans les secteurs très sensibles que sont la viande, le sucre, l’éthanol, le miel”.- Tests et documents -Dans les ports et aéroports de France, les denrées importées sont aujourd’hui soumises à des contrôles documentaires “systématiques” et, ponctuellement, des échantillons sont analysés en laboratoires d’Etat, indiquent les Douanes.Pour les végétaux, les résidus de 400 pesticides réglementés en Europe sont recherchés, a expliqué jeudi Frédéric Saltron, responsable du service commun des Laboratoires (Douanes et Répression des fraudes).La France est allée plus loin la semaine dernière en interdisant totalement les importations de produits traités avec cinq de ces substances considérées comme dangereuses pour la santé, même lorsqu’elles ne sont présentes que sous la forme de résidus.La régularité des tests dépend de la sensibilité du produit et du pays d’origine, en fonction d’une liste dressée par l’UE, qui selon les cas impose un taux de test de 10% à 50%, indiquent les Douanes.Par exemple la Commission européenne impose de tester 10% des haricots verts du Kenya, qui à Roissy font l’objet de plusieurs centaines de prélèvements par an, explique Jean-François Depin, de la direction régionale des Douanes.En moyenne, cela fait “un taux de contrôle qui avoisine les 15-20% au global”, souligne-t-il.Quant au taux de non conformité des denrées aux normes européennes, un rapport parlementaire français soulignait en décembre qu’il est “impossible d’avoir un chiffre exact”. Mais il relevait que “les filières les plus touchées” sont les céréales (blé, maïs, orge), la viande bovine, la volaille, l’apiculture.Au niveau européen, la Cour des comptes européenne a déploré mercredi dans un rapport les contrôles “inexistants” ou “sporadiques” sur la présence de pesticides dans les importations d’huile d’olive extra-européenne, dans les Etats visités (Belgique, Espagne, Grèce, Italie).Ce rapport “confirme la préoccupation de l’agriculture européenne quant au manque de contrôles”, a réagi le Copa-Cogeca, alliance des principaux syndicats agricoles d’Europe.Pour tenter de les rassurer, la Commission européenne a promis en décembre d’accroître de 50% le nombre de contrôles à l’étranger sur deux ans.

La Bourse de Paris reste en retrait de la hausse du secteur tech

La Bourse de Paris a terminé en légère baisse jeudi, en retrait par rapport aux autres indices européens et à Wall Street, étant moins exposée aux valeurs technologiques, moteurs de la séance du jour.Le CAC 40 a terminé en petite baisse de 0,21%, soit une perte de 17,85 points, pour s’établir à 8.313,12 points. La veille, l’indice vedette parisien avait perdu 0,19% à 8.330,97 points.”Malgré le soutien apporté par les valeurs des semi-conducteurs”, les marchés d’actions européens ont terminé “mitigés” jeudi, constate Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets.Le secteur des semi-conducteurs a bondi après que le géant taïwanais TSMC a annoncé un bénéfice net en progression de 35% au quatrième trimestre, surfant sur la demande pour les technologies d’intelligence artificielle (IA) malgré des “défis” à prévoir sur ses coûts liés à son expansion accélérée.Si Wall Street profite de la dynamique, les “grands mouvements sur la tech aux Etats-Unis” s’essoufflent en Europe, remarque Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés à IG France.”Les principaux indices européens sont moins composés de valeurs de croissance, contrairement aux indices aux Etats-Unis”, explique-t-il.La défense dans le rougeLes valeurs de la défense ont cédé du terrain “après des propos de Donald Trump laissant entrevoir une désescalade par rapport à la situation en Iran”, note Alexandre Baradez.Depuis le début le 28 décembre d’un vaste mouvement de contestation, le président américain a multiplié les menaces d’intervention militaire contre l’Iran, avant d’affirmer mercredi avoir été informé “par des sources très importantes” que “les tueries ont pris fin” et que les exécutions prévues de manifestants n’auraient finalement “pas lieu”.”On observera ça et on verra quelle est la suite”, a-t-il ajouté à propos d’une éventuelle action militaire.Thales a terminé en baisse de 3,04% à 255,10 euros, et Dassault Aviation a cédé 0,84% à 308,60 euros.Le luxe à la peineLes valeurs du luxe figurent également en queue de peloton à la Bourse de Paris jeudi, LVMH cédant 1,91% à 625,70 euros et Kering lâchant 3,16% à 301,40 euros.Cette baisse s’explique par “les dernières statistiques venant de la Chine”, qui “continuent de montrer un paysage chinois en terme de demande intérieure relativement faible”, relève M. Baradez. De quoi retenir les valeurs du luxe et en général les secteurs exportateurs exposés à la Chine.”Il n’y a pas de dynamique forte sur la consommation en Chine actuellement”, souligne-t-il.

Les Bourses européennes terminent dispersées

Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé jeudi, malgré les performances du secteur technologique, l’Europe y étant moins exposée.La Bourse de Paris a perdu 0,21%, quand Francfort a gagné 0,26%, Milan 0,44% et Londres 0,54%, terminant sur un nouveau record en séance comme en clôture.

Le taux du Livret A abaissé à 1,5% à partir du 1er février

Le taux du Livret A va connaître sa troisième baisse en à peine un an: le ministre de l’Economie Roland Lescure l’a fixé jeudi à 1,5% à compter du mois prochain, conséquence du ralentissement de l’inflation.”Le Livret A est un support d’épargne privilégié pour les Français. Avec ce nouveau taux supérieur à l’inflation, le pouvoir d’achat des ménages est préservé”, a déclaré jeudi M. Lescure, cité dans un communiqué.Actuellement à 1,7%, le rendement de ce produit d’épargne très populaire – 57 millions de Français détiennent un Livret A – est calculé chaque semestre par la Banque de France et son gouverneur, François Villeroy de Galhau, qui le transmet pour validation à Bercy.Il tient compte, d’une part, d’un taux dépendant de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et, d’autre part, de l’inflation, mesurée à 0,8% en décembre par l’Insee.C’est cette deuxième composante qui plombe aujourd’hui le taux du Livret A, car la hausse des prix a considérablement ralenti en France.”Nous avons appliqué la formule en l’arrondissant à la hausse”, a précisé M. Lescure lors d’un échange avec la presse. Sans cet arrondi, le taux du Livret A serait tombé encore plus bas, à 1,4%.- Très rentable -Ce coup de pouce est une maigre consolation pour les épargnants, qui ont vu le taux du Livret A, aussi valable pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), divisé par deux en à peine un an.Il avait commencé 2025 à 3%, avant d’être ramené à 2,4% puis à 1,7% au cours de l’année dernière. Il faut remonter à juillet 2022 pour retrouver un taux inférieur.”La baisse du taux du Livret A est une mauvaise nouvelle pour les épargnants”, a résumé dans une note le directeur du think tank Cercle de l’Epargne, Philippe Crevel.Même légèrement amortie, cette baisse permettra parallèlement aux acteurs du logement social, dont les conditions d’emprunt sont indexées sur ce taux, de se financer moins cher.C’est une “bonne nouvelle”, a commenté Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui représente les bailleurs sociaux français.C’est également une aubaine pour les banques, qui rémunèrent une partie de l’épargne réglementée et commercialisent des produits concurrents plus lucratifs pour elles.”Cette nouvelle réduction de taux aura un impact positif de 530 millions d’euros” pour les banques françaises, ont calculé les analystes de l’agence de notation Fitch. “Au total, les baisses successives devraient engendrer une économie de 4 milliards d’euros par rapport à l’année 2024”, selon ces experts.Les assureurs se réjouissent aussi de voir leurs assurances vie, qui ont fait le plein ces derniers mois, encore plus compétitives face au Livret A.Mais “malgré la baisse annoncée, le livret A reste un produit indispensable et très rentable pour les ménages”, a défendu Daniel Baal, patron du Crédit Mutuel et président de la fédération française des banques (FBF), sur le réseau social professionnel Linkedin. Son taux est “très nettement supérieur à tout ce qui peut se pratiquer pour de l’épargne immédiatement disponible”, a-t-il noté.- Objectif LEP -La Banque de France et Bercy ont par ailleurs mis l’accent sur le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux épargnants modestes, qui bénéficie d’un geste en sa faveur encore plus important que le Livret A.”J’ai tenu à conserver un avantage marqué pour les plus modestes”, a souligné le ministre de l’Economie, en fixant le nouveau taux du LEP à 2,5% au 1er février, contre 2,7% aujourd’hui.M. Villeroy de Galhau avait souligné mercredi que le LEP était “le vrai produit, le plus avantageux, d’épargne populaire”.Peu mis en avant par les agences et les sites internet des banques qui le commercialisent, ce produit peine à trouver son public. Les quelque 12 millions de LEP ouverts restent loin des 31 millions de personnes éligibles.”J’engage les Français qui sont éligibles, qui sont en dessous des conditions de revenus qui permettent d’y avoir accès (…), à se rapprocher de leur banque pour ouvrir ce type de livret”, a insisté M. Lescure.

Wall Street portée par les semi-conducteurs

La Bourse de New York évolue en hausse jeudi, profitant du dynamisme du secteur des semi-conducteurs après les résultats de TSMC et voyant d’un bon œil la forte baisse des cours du pétrole.Vers 15H00 GMT, le Dow Jones prenait 0,38%, l’indice Nasdaq gagnait 0,73% et l’indice élargi S&P 500 avançait de 0,54%.”Le principal moteur de la tendance du jour n’est même pas une entreprise basée aux États-Unis”, souligne Patrick O’Hare, de Briefing.com.Le géant taïwanais des semi-conducteurs TSMC est applaudi pour ses résultats du quatrième trimestre, notamment le bond de 35% de son bénéfice net sur la période.L’entreprise, qui fabrique entre autres les puces du mastodonte Nvidia, est portée par la demande pour les technologies d’intelligence artificielle (IA) malgré des “défis” à prévoir sur ses coûts liés à son expansion accélérée.Vers 15H00 GMT son titre prenait 6,61% à 348,71 dollars.En prévoyant des investissements de 56 milliards de dollars cette année, TSMC a entraîné dans son sillage le néerlandais ASML, qui construit les machines de pointe indispensables à la fabrication de semi-conducteurs. Plus globalement, tous les grands noms du secteur sont dans le vert, à l’image de Nvidia (+2,74%), AMD (+5,22%) ou Broadcom (+1,93%).Pour Adam Sarhan, de 50 Park Investments, cette réaction aux résultats de TSMC tranche avec ce qui avait été observé en fin d’année dernière, “lorsque les investisseurs s’interrogeaient sur la santé des actions liées à l’IA”.”D’avril à octobre, nous avons connu une très forte progression” des capitalisations technologiques, “puis au quatrième trimestre le marché a stagné et maintenant, nous sommes en train de sortir de cette phase”, assure l’analyste auprès de l’AFP.En parallèle, “le fait que les risques géopolitiques se soient considérablement atténués, associé à la baisse des prix du pétrole, donne au marché un grand élan de soulagement”, relève M. Sarhan.Le président américain Donald Trump a assuré mercredi que les “tueries” en Iran avaient “pris fin”, une déclaration perçue comme un signe de désescalade entre Washington et Téhéran.Les acteurs du marché pétrolier, qui craignaient jusqu’alors un embrasement régional et une perturbation de l’approvisionnement mondial, se sont montrés soulagés. La référence américaine du brut a perdu jusqu’à 5% jeudi.Côté emploi, les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage sont ressorties en deçà des attentes jeudi, atteignant un plus bas depuis fin novembre à 198.000 demandes.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt d’Etat américain à dix ans se tendait à 4,15%, contre 4,13% à la clôture la veille.Au tableau des valeurs, la banque d’affaires américaine Morgan Stanley (+2,96% à 186,26 dollars) est portée par des résultats supérieurs aux attentes, notamment grâce à sa banque d’investissement.Le bénéfice net s’affiche à 4,4 milliards de dollars, en hausse de 19% sur un an. Rapporté par action, indicateur scruté par Wall Street, il atteint 2,68 dollars, soit mieux que les 2,41 dollars anticipés par les analystes, selon un consensus établi par FactSet.Autre acteur du monde bancaire, Goldman Sachs était aussi dans le vert (+2,86% à 959,33 dollars) après la publication de ses performances financières. Sur les trois derniers mois de 2025, l’établissement a vu son bénéfice net augmenter de 12% (sur un an) grâce à l’essor de sa banque d’affaires et des commissions sur les opérations de marchés.

L’Espagne a accueilli près de 100 millions de touristes étrangers en 2025, un record

Sur les talons de la France comme destination mondiale la plus prisée, l’Espagne a accueilli près de 100 millions de touristes étrangers en 2025, “une réussite collective” saluée jeudi par le gouvernement qui alimente toutefois les préoccupations de la population.Selon les premières estimations, l’Espagne a accueilli l’an dernier 97 millions de visiteurs, a annoncé le ministre du Tourisme Jordi Hereu lors d’une conférence de presse à Madrid.Ce nouveau record, qui dépasse les 94 millions de touristes reçus dans le pays en 2024, est “une réussite collective de tout le pays”, a-t-il poursuivi, saluant en l’Espagne un pays “très attractif”, “qui séduit”.L’Espagne, qui talonne la France au titre de principale destination touristique dans le monde, a ainsi engrangé l’an passé 135 milliards d’euros de recettes, en hausse de 6,8% sur un an, d’après l’estimation donnée par le ministre, qui a insisté largement sur les retombées économiques générées par cet afflux massif de visiteurs.Mais Jordi Hereu a toutefois appelé les professionnels du secteur à “diversifier” et “contrôler” l’offre, notamment dans les régions les plus visitées, pour proposer “plus de qualité” et “continuer à croître” dans le futur.Dans son rapport de décembre, l’association de professionnels Mesa del Turismo avait elle salué une année 2025 confirmant “la solidité et la capacité d’adaptation du secteur malgré l’impact de la hausse des prix”.Le président de l’organisation professionnelle Juan Molas s’était de son côté dit “optimiste” pour 2026, évoquant des perspectives de croissance “soutenues” pour ce secteur qui demeure “attractif”, malgré la concurrence accrue d’autres destinations européennes, comme la Grèce, la Turquie ou encore l’Albanie.- Objectif “tourisme soutenable” -Illustration de “la forte dépendance” de l’économie espagnole envers le tourisme, comme le relève pour l’AFP Pedro Aznar, professeur d’économie à l’université Esade à Barcelone et Madrid, le secteur représentait 12,6% du PIB espagnol en 2024, selon l’Institut national des statistiques (INE).Cette fréquentation record en 2025 fait partie des facteurs qui devraient permettre à l’Espagne d’enregistrer une croissance de 2,9% en 2025 selon le gouvernement, soit plus du double de celui de la zone euro.Mais la question du tourisme de masse suscite toujours de très fortes crispations au sein de la population, notamment dans les destinations prisées des visiteurs comme Barcelone, Malaga, les îles Baléares ou l’archipel des Canaries, où les manifestations contre le surtourisme sont fréquentes.Le professeur d’économie Pedro Aznar rappelle la liste des griefs des habitants de ces zones: “Modification de l’offre commerciale, davantage orientée vers les touristes que vers les habitants ; pression sur les services publics (…) ; et diminution de l’offre de logements à louer, lorsqu’il est possible de proposer les logements aux touristes, ce qui offre une rentabilité plus élevée”.Sans oublier, ajoute-t-il, “l’impact sur l’environnement”, dans un pays en première ligne du dérèglement climatique et largement soumis au stress hydrique.”Nous sommes en train de croître de la manière, au rythme et avec les éléments qualitatifs que nous jugeons souhaitables pour le modèle de la +triple durabilité+: économique, sociale et environnementale”, a soutenu jeudi le ministre Jordi Hereu pour répondre à ces critiques, jurant avoir “pour objectif de continuer à travailler en faveur d’un tourisme soutenable”. Pour tenter de lutter contre les effets néfastes du surtourisme, plusieurs régions et municipalités ont déjà annoncé des mesures, à l’instar de Barcelone, qui a promis de ne pas renouveler les licences de quelque 10.000 appartements touristiques qui doivent expirer en novembre 2028.

Le maire de Londres craint un “chômage de masse” à cause de l’IA

Le maire de Londres, Sadiq Khan, dit craindre jeudi que l’intelligence artificielle (IA) ne cause un “chômage de masse” qui toucherait particulièrement la capitale britannique, dont les services financiers ou les industries créatives sont, selon lui, très vulnérables.Le responsable veut placer la capitale britannique “à l’avant-garde de cette nouvelle révolution technologique” et annonce notamment une formation gratuite à l’IA pour tous ses habitants, selon des extraits d’un discours qu’il doit prononcer jeudi soir, transmis en amont à la presse.”Nous avons la responsabilité de protéger les gens contre les dangers des nouvelles technologies”, affirme-t-il, faisant aussi référence à la vague d’indignation mondiale sur la fonctionnalité de Grok, l’assistant IA développé par X, permettant de générer des images dénudées de personnes réelles – dont le réseau social a annoncé mercredi le blocage.L’impact de l’IA sur l’emploi fait débat. Si les défenseurs de cette technologie estiment que le monde du travail sera tellement transformé que l’instauration d’un revenu universel s’imposera, la plupart des prévisions tablent sur une évolution progressive.L’Organisation internationale du Travail (OIT) a prévenu mercredi dans un rapport de risques liés à l’IA et l’automatisation, notamment pour les jeunes diplômés des pays à revenu élevé, estimant que “si l’impact global de l’IA sur l’emploi des jeunes demeure incertain, son ampleur potentielle justifie une vigilance étroite”.Le maire de Londres appelle jeudi à utiliser l’IA “de manière responsable” pour “transformer nos services publics, dynamiser la productivité et relever certains de nos défis les plus complexes, de la lutte contre le cancer à la crise climatique”.”Mais utilisée sans discernement, elle pourrait inaugurer une nouvelle ère de chômage de masse, d’inégalités croissantes et d’une concentration sans précédent des richesses et du pouvoir”, prévient-il.Pour la ville de Londres en particulier, son impact sur le marché du travail “sera tout simplement colossal” alors que “certains des secteurs les plus importants de notre ville – tels que la finance, les services professionnels et les industries créatives – figurent parmi les plus susceptibles d’être affectés”, poursuit-il.”Comme toutes les technologies marquantes de l’histoire, l’IA va remodeler le monde du travail. Certains emplois seront plus impactés que d’autres, mais les nouveaux rôles et les nouvelles opportunités qu’elle créera sont des atouts que nous accueillerons avec enthousiasme”, a pour sa part réagi un porte-parole du Premier ministre Keir Starmer, mettant lui aussi l’accent sur la nécessité de former la population.