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Trump presse les géants pétroliers de se ruer vers l’or noir du Venezuela

Donald Trump a poussé vendredi les grands groupes pétroliers à se lancer à l’assaut des vastes réserves du Venezuela, sans sembler emporter la conviction de tous les dirigeants autour de la table.Le chef d’Etat a réuni autour de lui à la Maison Blanche des poids lourds mondiaux des hydrocarbures, beaucoup d’Américains mais aussi l’italien Eni ou l’espagnol Repsol, une semaine après l’opération militaire américaine qui a mené à la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas.Selon lui, ceux-ci sont prêts à investir “au moins 100 milliards de dollars” au Venezuela.”Vous aurez une sécurité totale” pour opérer, a-t-il vanté, sans préciser quelles formes prendrait cette garantie de sécurité alors qu’il a exclu une présence militaire américaine pour protéger l’activité pétrolière.Mais, a-t-il prévenu, tout se fera sous l’égide des Etats-Unis, qui décideront quelles entreprises pétrolières pourront exploiter les énormes ressources du pays.Dans son plan, Caracas n’a pas son mot à dire.”Vous traitez directement avec nous, vous ne traitez pas du tout avec le Venezuela, nous ne voulons pas que vous traitiez avec le Venezuela”, a-t-il lancé aux dirigeants du secteur.- “Impossible d’investir” -Parmi eux, le PDG de l’américain ExxonMobil, Darren Woods, n’entend pas se lancer à la hâte dans de nouveaux investissements.”Nos actifs ont été saisis à deux reprises dans ce pays, vous pouvez donc imaginer que pour y revenir une troisième fois, des changements assez importants seraient nécessaires”, a-t-il déclaré, estimant qu’il était “impossible d’y investir” en l’état.Cette intervention a jeté un certain froid. Dans une scène cocasse, le chef de la diplomatie, Marco Rubio, a alors fait passer à Donald Trump une note, que ce dernier a lue à voix haute, lui conseillant de redonner la parole au groupe américain Chevron.Seul à avoir gardé une licence au Venezuela, ce dernier s’est montré un peu plus enthousiaste que son rival Exxonmobil.Son vice-président, Mark Nelson, a assuré au président Trump, friand d’engagements sans réserve dans ses projets, que la multinationale était “très impatiente d’aider (le Venezuela) à construire un meilleur avenir”, mais n’a pas donné de détails plus concrets.ExxonMobil et ConocoPhillips ont quitté le territoire en 2007, refusant les conditions de l’ancien dirigeant Hugo Chavez qui imposaient que l’Etat devienne actionnaire majoritaire des entreprises présentes dans le pays.- Production amorphe -Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de brut du monde avec plus de 300 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), devant l’Arabie saoudite (267 milliards) et l’Iran.Malgré cela, sa production est modeste, plafonnée à un million de barils par jour.Elle est plombée tant par des décennies de sous-investissement que par les sanctions américaines en place depuis le premier mandat de Donald Trump. Le brut vénézuélien est par ailleurs plus visqueux que celui extrait aux Etats-Unis, ce qui rend son raffinage compliqué, coûteux et polluant.Remettre à niveau les installations suppose d’investir des dizaines de milliards de dollars en dépit des inquiétudes sur l’instabilité politique.Washington exclut pour l’instant d’organiser des élections, préférant traiter avec la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, à laquelle la Maison Blanche entend “dicter” toutes ses décisions.Rafael Queiroz, spécialiste du secteur pétrolier, prend l’exemple des “défaillances dans le système électrique” qui nuisent à l’industrie pétrolière pour illustrer le problème “structurel” auquel sera confronté tout investisseur potentiel au Venezuela.”Les cinq phases de l’industrie pétrolière: l’exploration, la production, le raffinage, la commercialisation et le transport” posent problème, a-t-il souligné.Rafael Queiroz souligne enfin que les géants nord-américains ont gardé un souvenir cuisant des pertes subies dans le pays et assure qu’ils n’ont “pas confiance” dans les acteurs publics vénézuéliens.”On parle beaucoup de la taille des réserves, mais ce qui manque dans la conversation, c’est de savoir comment les extraire de manière rentable”, analyse pour sa part Rich Collett-White, spécialiste énergie de la société Carbon Tracker.

Discussions entre le Venezuela et les Etats-Unis pour rétablir les liens diplomatiques

Des diplomates américains sont vendredi au Venezuela, signe d’une volonté de rétablir les relations diplomatiques rompues depuis 2019, moins d’une semaine après la capture par des troupes américaines de Nicolas Maduro à Caracas.Le gouvernement de la présidente par intérim Delcy Rodriguez “a décidé d’entamer un processus exploratoire visant à rétablir les liens diplomatiques entre les deux pays”, selon le ministre des Affaires étrangères Yvan Gil.Des diplomates américains étaient vendredi à Caracas, selon lui, une présence confirmée par un responsable américain peu après que Donald Trump a déclaré avoir “annulé” une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la “coopération” de Caracas. La libération de quelques opposants est par ailleurs “un geste très important et intelligent” de Caracas, selon Trump.  “Les Etats-Unis et le Venezuela travaillent bien ensemble”, notamment pour la “reconstruction” de l’industrie pétrolière, a-t-il déclaré.De son côté, Mme Rodriguez affirme que son pays n’est ni “subordonné ni soumis” à Washington, et évoque sa “loyauté envers le président Nicolas Maduro”. Et vendredi, le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a annoncé sur Telegram avoir reçu l’ambassadeur de Russie, Sergey Mélik-Bagdasarov, et continuer “à travailler sur le programme de coopération” avec Moscou.A l’issue d’un entretien avec les présidents brésilien Lula, colombien Petro et le Premier ministre espagnol Sanchez, elle a “réaffirmé” que le Venezuela opposera la “voie diplomatique” à “l’agression criminelle, illégale et illégitime perpétrée” le 3 janvier avec les bombardements américains précédant la capture Maduro.- “Avec nous” -Le gouvernement américain continue cependant de mener d’une main ferme son blocus sur l’exportation du pétrole vénézuélien. Il a annoncé vendredi avoir saisi dans les eaux internationales un nouveau pétrolier qui partait du Venezuela, le cinquième ces dernières semaines.”Ce pétrolier est actuellement en chemin, de retour vers le Venezuela, et le pétrole sera vendu”, a écrit Donald Trump.Le chef d’Etat a réuni à la Maison Blanche les grands groupes pétroliers pour les pousser à se lancer à l’assaut des vastes réserves du Venezuela, sans sembler emporter la conviction de tous les dirigeants autour de la table.”Vous aurez une sécurité totale” pour opérer, a-t-il vanté, sans préciser quelles formes prendraient cette garantie de sécurité alors qu’il a exclu une présence militaire américaine pour protéger l’activité pétrolière.”Vous traitez directement avec nous, vous ne traitez pas du tout avec le Venezuela”, a-t-il lancé aux dirigeants du secteur.Parmi eux, le PDG de l’américain ExxonMobil, Darren Woods, a tenu à préciser qu’il n’allait pas se lancer à la hâte dans de nouveaux investissements, estimant qu’il était “impossible d’y investir” en l’état.- 9 prisonniers libérés -Sur le volet politique, l’opposant Edmundo Gonzalez Urrutia en exil en Espagne, a appelé à la reconnaissance “explicite” de sa victoire face à Maduro lors de la présidentielle de 2004. La cheffe de l’opposition, Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025 et réfugiée dans la clandestinité, devrait être reçue “la semaine prochaine” à Washington, a annoncé Donald Trump.Dans l’attente de la libération de “nombreux prisonniers”, annoncée par le président du Parlement Jorge Rodriguez, frère de Delcy , des dizaines de proches de dissidents ou militants ont afflué devant des centres pénitentiaires du pays. “Il ne faut pas perdre espoir”, entend-on parmi les familles présentes devant le centre pénitencier de Rodéo I, à l’est de Caracas. Selon Alfredo Romero, avocat de l’ONG Foro Penal sur X, seuls 9 prisonniers ont été libérés et “il reste 811 prisonniers politiques au Venezuela”. “Parmi les 87 prisonniers politiques de nationalité étrangère détenus au Venezuela, deux sont des citoyens américains”, écrit-il. Cinq Espagnols relâchés la veille sont arrivés en début d’après-midi à Madrid, dont la célèbre militante et avocate binationale Rocio San Miguel.- “Agir ensemble” -En parallèle du dossier du pétrole vénézuélien convoité par Washington, Trump dit aussi vouloir s’en prendre au narcotrafic. Après avoir détruit dans les Caraïbes et le Pacifique des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue, faisant plus de 100 morts, les Etats-Unis vont mener “des frappes au sol” contre les cartels, menace-t-il.Alors que le Républicain affirme que “les cartels dirigent le Mexique”, la présidente de ce pays, Claudia Sheinbaum, a dit vendredi que son gouvernement œuvrait à “renforcer la coordination” en matière de sécurité avec les Etats-Unis. Pour sa part, le chef d’Etat colombien Gustavo Petro a lui invité vendredi sur X Mme Rodriguez “à agir ensemble” contre le narcotrafic, arguant que ce sujet était devenu “l’excuse parfaite” pour justifier une “agression” contre les pays d’Amérique latine.De puissantes guérillas financées par le trafic de cocaïne opèrent le long de la poreuse frontière de plus de 2.200 kilomètres entre la Colombie et le Venezuela.Le ministre colombien de la Défense, Pedro Sanchez, a annoncé vendredi une rencontre virtuelle avec le Département de la Défense des Etats-Unis afin que les principales guérillas du pays “soient déclarées comme des objectifs communs”.

Le gouvernement fait quelques concessions face à la colère persistante des agriculteurs

Le gouvernement français, impuissant en Europe face au vote de l’accord avec le Mercosur et menacé en interne par deux motions de censure, a annoncé vendredi soir une série de mesures “de justice agricole”, peinant néanmoins à apaiser la colère des agriculteurs qui ont manifesté en tracteur à Paris ces derniers jours.Doublement du fonds à 22 millions d’euros pour les éleveurs touchés par la dermatose nodulaire bovine, augmentation des tirs autorisés contre les loups menaçant les troupeaux, simplification du registre sur les pesticides…Un “paquet de 300 millions” qui contient aussi d’autres mesures égrainées ces dernières semaines (sur les engrais ou l’aide à l’arrachage des vignes) mais que la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a conditionné à la non-censure du gouvernement et au vote du budget.Si la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a ouvert la voie à une évolution du protocole d’abattage total des troupeaux dans lesquels la dermatose est détectée, en cas “d’immunité collective” après vaccination, elle l’a conditionné à un “avis scientifique” encore en construction.Ce qui a fortement déçu la Coordination rurale (CR) et la Confédération paysanne qui demandent la fin de l’abattage total et une généralisation ou un assouplissement des vaccinations.La seule annonce jugée positive par la Confédération paysanne sur un potentiel assouplissement du protocole de vaccination “arrive avec six mois de retard et le sacrifice de milliers de vaches bien portantes et d’éleveurs” s’est désolée auprès de l’AFP Fanny Métrat, porte-parole du troisième syndicat agricole qui demande “la démission de la ministre Annie Genevard”.- “Plus rien à se dire” -La CR souhaitait aussi un moratoire sur tous les contrôles pesant sur les agriculteurs jusqu’à la présidentielle et la suppression des agences environnementales.”Ces deux volets n’ont pas été traités. On n’a plus rien à se dire (…). Il faut souhaiter une dissolution rapide du gouvernement pour en finir avec ces ministres qui n’écoutent rien”, a lancé vendredi soir à l’AFP Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale à la pointe de la contestation.Une cinquantaine d’actions ont été menées vendredi dans 31 départements, par la CR et la Confédération paysanne mais aussi par des sections locales de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs: blocages d’autoroutes, manifestations devant les préfectures… Plusieurs pays européens ont aussi observé des actions d’agriculteurs.La FNSEA souhaitait, elle, une “loi spéciale” pour répondre aux demandes les plus urgentes, pas au programme, ainsi que la publication des décrets d’application de la loi Duplomb, ce qui sera fait “d’ici la fin du mois” mais sur un seul point qui concerne l’agrandissement des élevages, a annoncé la ministre.Malgré certaines “réponses positives”, le compte “n’y est pas” a estimé vendredi soir Yohann Barbe, éleveur et porte-parole de la FNSEA, il manque notamment “un périmètre pour l’utilisation de l’enveloppe d’accompagnement” à la lutte contre la dermatose, selon lui.”Il faut que l’ensemble des élus et du pays prennent conscience de l’importance du budget de l’agriculture qui doit absolument être voté la semaine prochaine”, a-t-il ajouté à l’adresse des députés et sénateurs.- Interpellations -La crispation pour les agriculteurs réside aussi dans la signature, prévue le 17 janvier au Paraguay après le vote des Etats membres vendredi, de l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur. FNSEA et JA ont appelé à manifester le 20 janvier à Strasbourg devant le Parlement européen qui devra voter pour le ratifier.Reconnaissant que la défiance était un “signal d’alarme majeur”, la ministre Annie Genevard a salué vendredi des manifestations “pacifiques, à l’exception de quelques épisodes dommageables”. Deux des porte-parole nationaux de la Confédération paysanne, interpellés devant l’Arc de Triomphe vendredi à Paris, ont été relâchés en début de soirée. Il est “inadmissible que la Confédération paysanne soit le seul syndicat à subir cette répression”, a dénoncé cette organisation, classée à gauche, qui avait mené à l’aube une opération escargot avec des tracteurs sur le périphérique autour de Paris.Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a assumé pour sa part jeudi de n’avoir pas dispersé l’action “illégale” de la Coordination rurale (CR) avec ses tracteurs à Paris alors que les rassemblements non déclarés y étaient interdits.Le ton est monté aussi vendredi devant le siège de l’agence sanitaire Anses, au sud de Paris, où des adhérents de la CR ont lancé des oeufs contre la façade. Aucune interpellation n’a été rapportée.bur-sb-mdz-im/ved/cbn

Le gouvernement annonce un “paquet de mesures agricoles”

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé vendredi “un paquet de mesures agricoles” visant à répondre à la colère  des agriculteurs, s’adressant en premier lieu aux éleveurs, avec un doublement du fonds d’indemnisation de la dermatose bovine.La ministre a annoncé un doublement à “22 millions d’euros” du fonds d’indemnisation destiné aux éleveurs touchés par les conséquences économiques de la dermatose nodulaire bovine (DNC), maladie animale dont la gestion par l’Etat a déclenché un vif mouvement de contestation chez les éleveurs.Mme Genevard a ouvert la voie à une évolution du protocole d’abattage total des troupeaux dans lesquels la maladie est détectée, en cas “d’immunité collective” après vaccination, mais en conditionnant tout changement à un “avis scientifique”.Répondant par ailleurs à une demande forte des éleveurs face aux attaques de troupeaux et renouvelée ces derniers jours par la FNSEA, premier syndicat agricole, elle a annoncé que le nombre de tirs autorisés pour abattre des loups allait “augmenter de 10%”.”Notre régime de régulation doit être revu et il le sera, car il n’est plus adapté au fait que le loup s’étend de plus en plus dans des territoires nouveaux et qu’il se multiplie”, a-t-elle dit. Le quota d’abattage annuel autorisé est fixé à 19% de la population lupine, estimée à 1.082 animaux en 2025. Cette année-là, “il y a eu plus de 4.000 attaques”, a affirmé la ministre.Elle a également répondu à une demande récurrente de l’alliance majoritaire FNSEA-Jeunes agriculteurs, en annonçant la signature “avant la fin du mois” des décrets d’application de la loi Duplomb concernant la facilitation de construction de bâtiments d’élevages.”De même, les textes qui permettent de trouver des solutions plus vite pour lutter contre les nuisibles, les virus, les bactéries qui ravagent les productions seront pris avant le Salon” de l’agriculture, a-t-elle ajouté.La ministre a rappelé l’engagement du gouvernement auprès des viticulteurs et des céréaliers, notamment concernant les avancées obtenues à Bruxelles sur les engrais et pour le maintien du budget de la future Politique agricole commune (PAC).A ses côtés, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a mis en garde les députés qui voteraient la semaine prochaine les motions de censure déposées par le RN et LFI, faisant valoir que “s’il n’y a pas de gouvernement, il n’y aura pas de solution pour les agriculteurs”.La ministre de l’Action et des Comptes publics a estimé que ces motions apporteraient “un moment de clarification”. Evoquant notamment les élus des territoires viticoles, elle a observé que, s’ils font tomber le gouvernement, “ils enverront un message très clair aux viticulteurs de leurs circonscriptions”, en empêchant l’introduction dans le budget de l’enveloppe de 130 millions d’euros prévue pour financer un plan d’arrachage.”Il faut que l’ensemble des élus et du pays prennent conscience de l’importance du budget de l’agriculture qui doit absolument être voté la semaine prochaine”, a réagi Yohann Barbe, porte-parole de la FNSEA, auprès de l’AFP. Sur l’ensemble des mesures annoncées “le compte n’y est pas” a-t-il ajouté, il manque notamment “un périmètre pour l’utilisation de l’enveloppe d’accompagnement” à la lutte contre la dermatose.Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, 2e syndicat agricole du pays, et en pointe de la contestation agricole des dernières semaines, a estimé de son côté que les mesures annoncées “co-écrites avec la FNSEA” ne “répondaient pas du tout” aux revendications de son organisation. “Il faut souhaiter une dissolution rapide du gouvernement pour en finir avec ces ministres qui n’écoutent rien” a-t-il lancé, joint par l’AFP.Fanny Métrat, porte-parole de la Confédération paysanne, 3e syndicat, a aussi estimé que le gouvernement a essentiellement répondu au premier syndicat, la FNSEA. La seule annonce qu’elle juge positive sur un potentiel assouplissement du protocole de vaccination “arrive avec six mois de retard et le sacrifice de milliers de vaches bien portantes et d’éleveurs”.cho-sb-mdz-od-im/ved/vmt

Wall Street termine en hausse, records du S&P 500 et du Dow Jones

La Bourse de New York a terminé sur de nouveaux sommets vendredi, le rapport sur l’emploi américain en décembre ayant confirmé les attentes du marché sur le rythme de baisses des taux de la Réserve fédérale (Fed).L’indice élargi S&P 500 (+0,65%) et le Dow Jones (+0,48%) ont tous les deux touché de nouveaux records en clôture, terminant respectivement à 6.966,28 points et 49.504,07 points. L’indice Nasdaq a avancé de 0,81%.

Mercosur: l’Union européenne donne son feu vert, sans la France

Après plus de vingt-cinq ans de négociations, l’Union européenne a donné son feu vert à l’accord de libre-échange avec le Mercosur vendredi, malgré la colère des agriculteurs et l’opposition de la France.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué un “accord historique” avec l’Amérique latine, qu’elle a “hâte” de parapher.L’accord est “équilibré”, alors que “l’insatisfaction des deux parties a été une réalité tout au long des négociations”, a réagi Rubén Ramírez, le ministre des Affaires étrangères du Paraguay, un des quatre pays membres fondateurs.Selon le gouvernement argentin, cette signature est prévue le 17 janvier au Paraguay.Ce traité entre l’UE, l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay créerait l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, de plus de 700 millions de consommateurs.Ce feu vert “n’est pas la fin de l’histoire”, a assuré la ministre française de l’Agriculture Annie Genevard. “Il y a un acteur majeur qui va rentrer en ligne de compte, c’est le Parlement européen”.La ratification du traité dépend encore d’un vote du Parlement européen, probablement en février ou en mars. Le scrutin pourrait être serré, alors que la contestation agricole s’amplifie.La FNSEA, premier syndicat agricole français, a promis un grand rassemblement le 20 janvier à Strasbourg, devant le siège du Parlement européen.Vendredi, des manifestations ont eu lieu en Pologne et en Italie et la mobilisation s’est poursuivie en France.Une cinquantaine de tracteurs d’agriculteurs français et allemands ont bloqué le Pont de l’Europe reliant Strasbourg à Kehl, de l’autre côté du Rhin.Deux autoroutes à la frontière franco-belge étaient également bloquées, ainsi qu’un dépôt pétrolier dans le Nord de la France.Des agriculteurs et leurs tracteurs étaient aussi à Paris pour dénoncer le Mercosur, le prix des engrais et la gestion gouvernementale de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins.- L’Italie décisive -A Bruxelles vendredi, une majorité d’Etats européens a donné son aval à cet accord avec le Mercosur, grâce au soutien décisif de l’Italie.La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni vante un “équilibre” entre les bénéfices pour les industriels et les “garanties” apportées aux agriculteurs.En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz a salué un “signal fort”, qui soulage l’industrie automobile, déboussolée par les droits de douane des États-Unis et la concurrence chinoise.Comme la Hongrie, la Pologne, l’Irlande et l’Autriche, la France s’est opposée à cet accord “d’un autre âge”, négocié depuis 1999. Elle compte poursuivre la bataille au Parlement européen et s’alarme d’une éventuelle application du traité avant sa ratification à Strasbourg.150 eurodéputés, sur 720, ont en outre appelé à saisir la justice pour tenter de suspendre l’accord.Pour ses détracteurs, ce traité va bousculer l’agriculture européenne avec des produits moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants. Pour ses thuriféraires, il va permettre au contraire de relancer une économie européenne à la peine, et de “renforcer l’autonomie stratégique” de l’UE, s’est félicité le gouvernement espagnol.En supprimant une large part des droits de douane, cet accord favorise les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de fromages. Dans le sens inverse, il facilite l’entrée en Europe de bœuf, de volaille, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui inquiètent les filières concernées.- “Échec diplomatique” français -Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a donné un argument supplémentaire aux partisans de l’accord. L’Union européenne doit diversifier ses partenariats commerciaux, martèle ainsi la Commission.C’est un “jour historique pour le multilatéralisme”, s’est aussi réjoui le président brésilien Lula.Dans l’espoir d’amadouer les agriculteurs, Bruxelles a enchaîné les concessions ces derniers mois, dont des garanties renforcées pour les produits les plus sensibles.Sur ce volet, les Vingt-Sept se sont alignés vendredi sur la position mieux-disante du Parlement européen pour protéger les agriculteurs en cas de déstabilisation du marché.Mais rien n’y a fait, la colère agricole est repartie de plus belle. En France, empêtrée dans l’instabilité politique, Emmanuel Macron a paru hésiter au sujet de ce traité avec le Mercosur, “pas acceptable en l’état”.Mais la pression était trop forte, avec la menace de la droite de faire tomber le gouvernement en cas de soutien à l’accord.Et malgré le non d’Emmanuel Macron au Mercosur, l’extrême droite française a annoncé deux motions de censure à l’Assemblée nationale et au Parlement européen, aux faibles chances d’aboutir. La gauche radicale a également annoncé le dépôt d’une motion de censure à l’Assemblée.L’UE va ainsi signer un accord commercial contre l’avis de la première puissance agricole européenne, une situation quasiment inédite.Certes, Paris souligne avoir pesé pour obtenir des gestes en faveur des agriculteurs. Mais c’est “un échec diplomatique et tactique”, cingle un ancien ministre français, anonymement. 

Personnes dénudées par Grok: X fait “un premier pas”, selon la France

Le choix de réserver aux abonnés payants la fonctionnalité de Grok, l’assistant IA du réseau social X, permettant de générer de fausses images de personnes dénudées est “un premier pas” pour le ministre français Roland Lescure, chargé de la souveraineté numérique, mais une décision “insuffisante et hypocrite” a jugé vendredi la ministre déléguée au Numérique Anne Le Hénanff.”L’action de la France et de l’Europe paye: X restreint l’utilisation de Grok. C’est un premier pas, mais la lutte contre les dérives de l’IA doit se poursuivre”, a écrit vendredi sur Bluesky le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique.”Cette décision est insuffisante et hypocrite : si X peut désactiver cette fonctionnalité pour ses non-abonnés, alors il peut le faire pour tous”, a réagi auprès de l’AFP Anne Le Hénanff, la ministre déléguée au Numérique.Le Royaume-Uni a aussi vigoureusement dénoncé ce choix de X.Celui-ci “transforme simplement une fonctionnalité qui permet la création d’images illégales en un service premium”, et constitue “une insulte aux victimes de misogynie et de violences sexuelles”, a dénoncé un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer.Quant au porte-parole de la Commission européenne pour les affaires numériques, Thomas Régnier, il a estimé que “cela ne change pas notre problème de fond: nous ne voulons pas voir de telles images”.Ces images, réalisées en demandant à Grok de dénuder des personnes réelles à partir de ses photos ou vidéos, ont suscité des protestations à travers le monde.Interpellé par de nombreux utilisateurs sur X qui étaient scandalisés, Grok a répondu vendredi: “La génération et l’édition d’images sont actuellement réservées aux abonnés payants. Vous pouvez vous abonner pour débloquer ces fonctionnalités.”M. Lescure, de son côté, a rappelé que la France avait “saisi la justice et continuera d’exiger des plateformes qu’elles respectent nos lois si elles veulent profiter de notre marché”.

Bourses européennes: Paris, Francfort et Londres battent leurs records en clôture

Les Bourses européennes ont conclu vendredi sur des records alimentés par la hausse des secteurs technologiques et de la défense depuis le début de l’année, dans un contexte de tensions géopolitiques.L’indice vedette parisien CAC 40 a terminé en nette hausse de 1,44%, dépassant son dernier record en clôture qui datait du 21 octobre. Il a signé un nouveau record en clôture, à 8.362,09 points.Le Dax de la Bourse de Francfort a terminé en hausse de 0,53%, battant lui aussi son pic historique (à 25.261,64 points), tout comme le FTSE 100 de Londres qui a clôturé en progression de 0,80% (à 10.124,60 points).

Trump dit avoir “annulé” une nouvelle attaque sur le Venezuela après la libération d’opposants

Donald Trump a déclaré vendredi avoir “annulé” une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela, du fait de la “coopération” de Caracas, qui a commencé à libérer plusieurs opposants politiques mais affirme n’être ni “subordonné, ni soumis” à Washington.L’annonce de ces libérations a été saluée par le président américain sur son réseau Truth Social comme “un geste très important et intelligent” par Caracas.Après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines le 3 janvier, Donald Trump a dit dans son message avoir annulé une nouvelle attaque ciblant le pays, du fait de la “coopération” avec le pouvoir à Caracas. “Les Etats-Unis et le Venezuela travaillent bien ensemble”, a-t-il déclaré, notamment pour la “reconstruction” de l’industrie pétrolière, a-t-il dit.Le président américain doit recevoir vendredi à la Maison Blanche plusieurs dirigeants de grandes compagnies pétrolières pour évoquer des investissements au Venezuela.En parallèle, des diplomates américains se sont rendus à Caracas pour envisager la réouverture de l’ambassade des Etats-Unis, fermée depuis 2019.Le gouvernement américain continue cependant de mener d’une main ferme son blocus sur l’exportation du pétrole vénézuélien. Il a annoncé vendredi matin avoir saisi dans les eaux internationales un nouveau pétrolier qui partait du Venezuela, le cinquième saisi par Washington ces dernières semaines.- Rencontre Trump-Machado -L’annonce de la libération des opposants est intervenue quelques jours après le début lundi du mandat de la présidente par intérim vénézuélienne, Delcy Rodriguez, qui a assuré que son pays n’était ni “subordonné ni soumis” aux Etats-Unis et a évoqué sa “loyauté envers le président Nicolas Maduro”.L’un des principaux détenus relâchés jeudi, Enrique Marquez, avait mené une croisade judiciaire contre la réélection en 2024 de Nicolas Maduro, acquise selon l’opposition et une grande partie de la communauté internationale dans des conditions entachées de fraude.Edmundo González Urrutia, opposant en exil en Espagne, s’est dit vendredi “profondément heureux” de ces libérations.L’opposante Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025 et réfugiée dans la clandestinité, a elle aussi salué ces libérations, jugeant qu'”aujourd’hui, la vérité, pourchassée et réduite au silence pendant des années, parvient à se frayer un chemin”.Donald Trump a annoncé jeudi qu’il la recevrait à Washington “la semaine prochaine”, en ajoutant à la chaîne Fox News que ce serait “un grand honneur” si elle lui remettait son prix Nobel, comme elle le lui a proposé.A Oslo toutefois, l’Institut Nobel a indiqué qu’il était impossible de transférer un prix Nobel.Ces libérations sont “un geste unilatéral du gouvernement” afin “de favoriser la coexistence pacifique”, a fait valoir Jorge Rodriguez, président du Parlement du Venezuela, sans préciser le nombre ni la nationalité des détenus relâchés.Cinq ressortissants espagnols, dont l’avocate de premier plan Rocio San Miguel, libérés jeudi sont arrivés en début d’après-midi à Madrid. Et le gouvernement espagnol a déclaré espérer la libération d’un autre de ses ressortissants emprisonné au Venezuela pour des raisons politiques.- “Beaucoup d’espoir” -Le chef de la diplomatie espagnole, José Manuel Albares, a par ailleurs annoncé s’être entretenu vendredi avec son homologue américain Marco Rubio “sur la situation au Venezuela”, une première depuis la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines.Après l’opération, l’Espagne, où vivent plusieurs centaines de milliers de Vénézuéliens, avait proposé de jouer les intermédiaires dans la crise entre Caracas et Washington, une offre jusque-là ignorée par Donald Trump.Le pape Léon XIV a pour sa part exprimé sa “vive inquiétude” quant à “l’aggravation des tensions” dans la région et a appelé lors d’un discours devant le corps diplomatique “à respecter la volonté du peuple vénézuélien et à s’engager en faveur de la protection des droits humains et civils de chacun”.Devant la prison d’El Rodeo I à Guatire, en périphérie de Caracas, des familles ont passé toute la nuit devant le bâtiment dans l’espoir de voir leur proche libéré, en vain pour le moment.”Nous sommes ici avec beaucoup d’espoir, avec beaucoup de foi”, a déclaré à l’AFP Hiowanka Avila, 39 ans, dont le frère est détenu depuis 2018, accusé d’avoir participé à une tentative d’attentat au drone contre Nicolas Maduro.L’ONG Foro penal estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires.

Le monde agricole ne décolère pas contre l’accord Mercosur, voté à Bruxelles

“Colère totale des paysans”: le vote de l’accord UE-Mercosur à Bruxelles ne passe pas vendredi auprès des agriculteurs français, qui poursuivent leur mobilisation, à grand renfort de tracteurs, avant des annonces du gouvernement en leur “faveur” prévues à 18H00.Après plus d’un mois de mobilisation en province et au lendemain du débarquement à Paris des tracteurs de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, à la ligne contestataire, la gendarmerie dénombrait à la mi-journée 49 actions dans 31 départements, mobilisant 1.200 personnes avec 500 tracteurs.A l’aube, la Confédération paysanne, troisième syndicat, a lancé une opération escargot avec quelques tracteurs sur le périphérique parisien, avant que deux de ses porte-parole ne soient interpellés devant l’Arc de Triomphe.Il est “inadmissible que la Confédération paysanne soit le seul syndicat à subir cette répression”, a dénoncé cette autre organisation contestataire, classée à gauche.Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a assumé jeudi soir de n’avoir pas dispersé l’action “illégale” de la Coordination rurale (CR) avec ses tracteurs à Paris alors que les rassemblements non déclarés y étaient interdits.La Confédération paysanne a prévu un rassemblement devant un commissariat à Paris en fin d’après-midi tandis que la CR manifestera devant le tribunal de Meaux, pour protester contre les interpellations de leurs adhérents.Après avoir cheminé de leurs bastions du Sud-Ouest, de Normandie ou du Nord, les agriculteurs de la CR, habitués des actions coup de poing, sont parvenus à l’Assemblée nationale. Ses militants se sont repliés dans la soirée, mais nombre d’entre eux sont encore autour de Paris, prêts à “revenir”.- L’Anses “doit disparaître” -Le préfet de police Patrice Faure “tient à rappeler qu’aucun trouble à l’ordre public ou atteinte aux forces de l’ordre, ne peut être toléré”, a indiqué vendredi sur X la préfecture.Le ton est monté au sud de Paris vendredi en début d’après-midi devant le siège de l’agence sanitaire Anses, où quelques dizaines de “bonnets jaunes” de la Coordination rurale sont venus lancer des oeufs contre un organisme qui doit “disparaître”, a affirmé José Pérez, président de la CR du Lot-et-Garonne, joint par téléphone par l’AFP. Aucune interpellation n’a été rapportée.La FNSEA et ses alliés des Jeunes Agriculteurs, alliance syndicale qui domine dans le monde agricole, mènent de leur côté des actions déclarées dans plusieurs départements vendredi et ont appelé à manifester le 20 janvier à Strasbourg devant le Parlement européen, qui devra prochainement voter la ratification de l’accord UE-Mercosur. Le vote à Bruxelles par les États membres “est une trahison de la souveraineté agricole européenne”, a indiqué la FNSEA vendredi, et “provoque la colère totale des paysans”. L’opposition d’Emmanuel Macron au traité UE-Mercosur n’a non seulement pas permis de bloquer l’accord à Bruxelles, mais n’a pas non plus satisfait les syndicats: ils attendent des mesures concrètes dans les cours de ferme et aucun ne se réjouit de “la perte d’influence de la France” en Europe, selon l’expression de la FNSEA.Une conférence de presse a lieu à 18h en présence des ministres de l’Agriculture, Annie Genevard – qui accueille la rencontre – des Comptes publics Amélie de Montchalin, de l’Europe Nicolas Forissier et de la Transition écologique et Mathieu Lefèvre pour faire des “annonces en faveur du monde agricole”. – Actions dans plusieurs régions -Viticulteurs en crise, céréaliers confrontés à la hausse des prix des engrais, éleveurs confrontés à de multiples épizooties… la liste est longue.La Confédération paysanne et la CR demandent notamment la fin de l’abattage total des troupeaux bovins infectés par la dermatose nodulaire. La CR demande aussi un “moratoire” sur les contrôles des pratiques des agriculteurs.Des actions ont lieu vendredi dans plusieurs régions, mais aussi en Belgique, en Italie ou encore en Pologne.Des autoroutes sont bloquées dans le sens France-Belgique dans le Nord, mais aussi dans le Sud-Ouest. Des dépôts de carburants ont été pris pour cible dans ces mêmes régions, à Haulchin et à Bassens.”C’est une descente aux enfers (…) Les produits qui rentrent du Mercosur sont moins chers, parce qu’ils produisent du maïs sur des milliers d’hectares”, avec des OGM interdits en Europe, se désole Jean-Michel Larrère, président de la FDSEA des Landes lors d’un rassemblement dans une zone portuaire près de Bayonne.