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Les Etats-Unis en paralysie budgétaire, mais une fin rapide espérée

Les Etats-Unis sont entrés à minuit samedi en situation de paralysie budgétaire partielle, mais avec l’espoir d’une fin rapide avec un vote attendu lundi au Congrès.Trois mois après le “shutdown” le plus long de l’histoire du pays, le blocage a pour origine cette fois-ci le refus de l’opposition démocrate d’adopter un budget pour la sécurité intérieure sans la mise en place de freins contre la police de l’immigration, à la suite des récents tirs mortels d’agents fédéraux à Minneapolis.Le Sénat américain avait cependant adopté quelques heures plus tôt un texte budgétaire qui devrait permettre à la paralysie de rester de courte durée. Car la Chambre des représentants doit désormais approuver le texte, avec un vote attendu en début de semaine pour mettre fin au “shutdown”.Les conséquences sont donc minimes, puisque le blocage pourrait durer seulement un week-end, sans que de nombreux fonctionnaires ne soient mis au chômage technique.Dans une note, le Bureau du budget (OMB) de la Maison Blanche a demandé vendredi soir aux différents ministères de mettre en place leur plan pour une paralysie budgétaire, tout en affirmant “avoir l’espoir” que ce blocage “soit bref”.Le texte adopté vendredi avec 71 voix pour et 29 contre est le résultat d’un accord entre Donald Trump et les sénateurs démocrates. Ces derniers refusent d’adopter le budget proposé pour le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) sans la mise en place de réformes de la police de l’immigration (ICE), jugée hors de contrôle après les événements récents de Minneapolis.- Navette -Ils ont finalement accepté d’adopter cinq des six volets du texte budgétaire, tandis que la partie concernant le DHS fera l’objet de nouvelles négociations au cours des deux prochaines semaines.Mais puisque leur version est différente de celle approuvée auparavant par la Chambre, la proposition de loi doit faire la navette retour pour une adoption définitive par le Congrès, avant promulgation par Donald Trump.La semaine dernière, le texte initial semblait se diriger vers une adoption au Sénat avant la date limite du 31 janvier, mais les événements de samedi dernier à Minneapolis ont changé la donne.Le décès d’Alex Pretti, tué comme Renee Good quelques jours plus tôt par des agents fédéraux dans cette métropole du nord des Etats-Unis, a provoqué un mouvement d’indignation au sein de la classe politique.Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a appelé vendredi après le vote à des négociations avec les républicains pour concevoir des mesures “fortes et de bon sens” dans le but de “freiner l’ICE” et “mettre fin à la violence”.L’élu démocrate exige notamment la fin des “patrouilles volantes” et l’interdiction du port de cagoules par les agents.”Pas de police secrète”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.- 43 jours -En raison des règles en vigueur au Sénat, 60 voix sur 100 sont nécessaires pour adopter un texte budgétaire, et les républicains, même s’ils disposent de la majorité, avaient donc besoin de l’appui de plusieurs élus de l’opposition pour adopter leur proposition de budget.Si le “shutdown” est bien entré en vigueur à minuit, les Etats-Unis ne connaîtront sans doute pas une répétition du blocage d’octobre et novembre dernier, lorsque républicains et démocrates avaient bataillé pendant 43 jours sur la question de subventions d’assurance santé.Des centaines de milliers de fonctionnaires avaient alors été mis au chômage technique, tandis que d’autres aux missions considérées comme essentielles avaient dû continuer à travailler. Mais tous avaient dû attendre la fin de la paralysie budgétaire pour recevoir leur salaire.Le dernier “shutdown” n’avait pris fin qu’avec la décision de quelques sénateurs démocrates de voter pour un texte budgétaire concocté par les républicains, en échange de promesses de concessions sur ces subventions. Leur décision avait été fortement critiquée par de nombreux sympathisants démocrates, qui souhaitaient voir une opposition plus vigoureuse face à Donald Trump.

Canal du Panama: le Danois Maersk exploitera temporairement deux ports après l’annulation de la concession de CK Hutchison

Le Panama a annoncé vendredi que le géant danois du transport maritime Maersk exploitera temporairement deux ports du canal reliant l’Atlantique au Pacifique, après l’annulation la veille par la justice panaméenne de la concession accordée au groupe hongkongais CK Hutchison.La Cour suprême du Panama a invalidé la concession dont jouissait CK Hutchison pour exploiter deux ports situés aux deux extrémités du canal, celui de Cristobal, côté Atlantique, et de Balboa, côté Pacifique, provoquant une vive réaction de Pékin qui a promis de “protéger les droits et intérêts légitimes de ses entreprises”.Selon l’arrêt de 69 pages consulté parl’AFP, la concession a été déclarée “inconstitutionnelle” car elle avait “une inclination disproportionnée en faveur de l’entreprise” sans “aucune justification” et “au détriment des caisses de l’Etat”.Cette annonce a eu lieu alors que les États-Unis cherchent à limiter l’influence chinoise sur cette voie stratégique, exacerbant les tensions autour du canal de 80 kilomètres par lequel transite environ 5% du commerce maritime mondial.Les États-Unis et la Chine en sont les deux principaux utilisateurs. L’Autorité maritime du Panama a indiqué vendredi que le gouvernement panaméen “comptera, le moment venu, sur le soutien spécialisé d’APM Terminals (filiale de Maersk) en tant qu’administrateur temporaire” des ports de Balboa et Cristobal. Cette entreprise “est l’un des opérateurs maritimes les plus fiables au monde, ce qui en fait une option adéquate pour assumer cette responsabilité”, a ajouté l’autorité dans un communiqué.Le président panaméen José Raul Mulino avait auparavant évoqué des “discussions” avec Maersk pour “prendre temporairement en charge l’exploitation des deux terminaux”.Dans un premier temps, “il y aura une période de continuité avec l’opérateur actuel”, après quoi “débutera une période de transition, qui aboutira à une nouvelle concession à des conditions favorables à notre pays”, a-t-il expliqué.Le chef de l’Etat panaméen avait qualifié à plusieurs reprises de “contraires aux intérêts nationaux” les contrats en vertu desquels CK Hutchison exploitait les ports.Dans un communiqué, la filiale de Maersk a confirmé “sa disposition à assumer l’exploitation temporaire” afin de “prévenir tout risque” pour le commerce mondial.- Pression américaine -La Cour suprême a jugé jeudi “inconstitutionnelles” les lois en vertu desquelles le groupe hongkongais opère ces infrastructures.La nullité des contrats avait été demandée par la Cour des comptes panaméenne, qui avait déposé deux plaintes l’an dernier, estimant qu’ils présentaient des irrégularités.”La partie chinoise prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre résolument les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises”, a réagi Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’un point presse régulier.Le gouvernement de Hong Kong a également répondu vendredi, affirmant dans un communiqué qu’il “désapprouve vivement et rejette fermement cette décision”. L’exécutif de la région administrative spéciale dit s’opposer “catégoriquement à ce que tout gouvernement étranger utilise des moyens coercitifs, répressifs ou autres pratiques déraisonnables dans les relations économiques et commerciales internationales”.Panama Ports Company (PPC), filiale de CK Hutchison, a dénoncé une décision qui “manque de fondement juridique et met en péril non seulement PPC et son contrat, mais aussi le bien-être et la stabilité de milliers de familles panaméennes qui dépendent directement ou indirectement de l’activité portuaire”.- Prudence des investisseurs -Fondé par le milliardaire Li Ka-shing, CK Hutchison est l’un des plus grands conglomérats de Hong Kong, présent notamment dans la finance, le commerce de détail, les infrastructures, les télécommunications et la logistique.Sa filiale PPC gère les ports de Cristobal et de Balboa depuis 1997. Elle avait obtenu une première concession de 25 ans, prolongée pour une durée équivalente en 2021.Construit par les Etats-Unis et inauguré en 1914, le canal est passé sous contrôle panaméen en 1999 dans le cadre de traités bilatéraux négociés sous la présidence du démocrate américain Jimmy Carter (1977-1981).A son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a menacé à plusieurs reprises l’an dernier de reprendre le contrôle du canal, estimant qu’il se trouve sous l’influence de Pékin. Il a également exigé du Panama des conditions préférentielles pour son utilisation par les navires américains.En mars, CK Hutchison avait accepté de céder le contrôle des deux ports à un conglomérat mené par le fonds américain BlackRock, mais la transaction, que la Chine considère avec suspicion, n’a toujours pas été finalisée.Après l’annonce venue du Panama, l’action du conglomérat a perdu 4,6% en séance vendredi à la bourse de Hong Kong.Selon Kelvin Lam, économiste chez Pantheon Macroeconomics, “dorénavant, les pays étrangers vont être de plus en plus prudents lorsqu’il s’agira d’investir des capitaux dans des projets d’infrastructures stratégiques dans l’arrière-cour des États-Unis, en particulier pour les pays qui n’entretiennent pas de bonnes relations avec ces derniers”.

Le Sénat américain adopte un texte qui devrait écourter la paralysie budgétaire

Le Sénat américain a adopté vendredi un texte budgétaire qui devrait permettre à la paralysie imminente de l’Etat fédéral de rester de courte durée.Malgré ce vote, le “shutdown” partiel entrera bien en vigueur à minuit vendredi soir (05H00 GMT samedi), mais pourrait prendre fin dès le début de la semaine prochaine, lorsque la Chambre des représentants votera à son tour.Les conséquences attendues sont donc minimes, puisque le blocage pourrait durer seulement un week-end, sans que de nombreux fonctionnaires ne soient mis au chômage technique.Le texte adopté vendredi avec 71 voix pour, 29 contre, est le résultat d’un accord entre Donald Trump et les sénateurs démocrates. Ces derniers refusent d’adopter le budget proposé pour le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) sans la mise en place de réformes sur la police de l’immigration (ICE), jugée hors de contrôle après l’implication d’agents fédéraux dans la mort de deux Américains à Minneapolis.Ils ont finalement accepté d’adopter cinq des six volets du texte budgétaire, tandis que la partie concernant le DHS fera l’objet de nouvelles négociations au cours des deux prochaines semaines.- “Freiner l’ICE” -Mais puisque leur version est différente de celle approuvée auparavant par la Chambre, la proposition de loi devra faire la navette retour avant une éventuelle adoption définitive par le Congrès.Un vote à la chambre basse ne pourra pas avoir lieu avant lundi au plus tôt, et l’Etat fédéral se retrouvera donc bien à minuit dans la nuit de vendredi à samedi en situation de “shutdown” partiel.Il n’est pas assuré non plus que la Chambre accepte la nouvelle version concoctée par le Sénat.La semaine dernière, le texte semblait se diriger vers une adoption avant la date limite du 31 janvier, mais les événements de samedi dernier à Minneapolis ont changé la donne.Le décès d’Alex Pretti, tué comme Renee Good quelques jours plus tôt par des agents fédéraux dans cette métropole du nord des Etats-Unis, a provoqué un mouvement d’indignation au sein de la classe politique.Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a listé vendredi les demandes démocrates, disant vouloir “freiner l’ICE et mettre fin à la violence”. Pour cela, l’élu démocrate exige notamment la fin des “patrouilles volantes” et l’interdiction du port de cagoules par les agents.”Plus de police secrète”, a-t-il lancé dans l’hémicycle.- 43 jours -En raison des règles en vigueur au Sénat, 60 voix sur 100 sont nécessaires pour adopter un texte budgétaire, et les républicains, même s’ils disposent de la majorité, avaient donc besoin de l’appui de plusieurs élus de l’opposition pour adopter leur proposition de budget.Si le “shutdown” aura bien lieu vendredi soir, les Etats-Unis ne connaîtront sans doute pas une répétition du blocage d’octobre et novembre dernier, le plus long de l’histoire des Etats-Unis, lorsque républicains et démocrates avaient bataillé pendant 43 jours sur la question de subventions d’assurance santé.Des centaines de milliers de fonctionnaires avaient alors été mis au chômage technique, tandis que d’autres aux missions considérées comme essentielles avaient dû continuer à travailler. Mais tous avaient dû attendre la fin de la paralysie budgétaire pour recevoir leur salaire.Le dernier “shutdown” n’avait pris fin qu’avec la décision de quelques sénateurs démocrates de voter pour un texte budgétaire concocté par les républicains, en échange de promesses de concessions sur ces subventions. Leur décision avait été fortement critiquée par de nombreux sympathisants démocrates, qui souhaitent voir une opposition plus vigoureuse face à Donald Trump.

Wall Street cale, le choix de Trump pour diriger la Fed dans toutes les têtes

La Bourse de New York a terminé en baisse vendredi, lestée par le secteur technologique, et accueillant sans grande surprise le nom proposé par Donald Trump pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale (Fed).Le Dow Jones a cédé 0,36%, l’indice Nasdaq a lâché 0,94% et l’indice élargi S&P 500 a reculé de 0,43%.”Le sentiment d’aversion au risque (qui incite à se défaire de certaines actions, NDLR) continue de régner à Wall Street”, résume Jose Torres, d’Interactive Brokers.L’analyste note “une nouvelle séance de sous-performance des valeurs technologiques par rapport à l’ensemble des actions”. Le secteur des semi-conducteurs a été particulièrement touché: AMD a reculé de 6,13%, Micron de 4,80% et Nvidia, première capitalisation mondiale, a perdu 0,72%.Annoncée quelques heures avant l’ouverture, la décision prise par Donald Trump de proposer Kevin Warsh comme futur président de la banque centrale américaine a marqué la journée.L’homme est un habitué des milieux d’affaires et a déjà été gouverneur de la Fed entre 2006 et 2011.Pour Jack Ablin, de Cresset, “Kevin Warsh a toujours été un peu plus +faucon+ (favorable a une politique monétaire restrictive, NDLR) que les autres candidats” évoqués par la Maison Blanche pour prendre la succession de Jerome Powell.Selon lui, “une partie” de la baisse des cours est donc due à l’idée que le possible nouveau patron de l’institution “ne sera pas aussi accommodant que le marché ne l’avait prévu”.Le marché boursier voit généralement d’un bon oeil les baisses de taux, synonymes de bénéfices en hausse pour les entreprises.”M. Warsh est historiquement un +faucon+ et a maintenu tout au long de sa carrière une orthodoxie en matière de politique monétaire disciplinée (…) cependant, il s’est récemment rallié à la préférence du président Trump pour des coûts d’emprunt plus bas, ce qui lui a très probablement valu d’être sélectionné”, juge Jose Torres.Ce choix n’a en tout cas pas fait trembler le marché obligataire. Vers 21H25 GMT, le rendement des emprunts de l’Etat américain à échéance 10 ans était de 4,24%, contre 4,23% à la clôture la veille.Celui des emprunts à deux ans, plus sensible aux évolutions monétaires, reculait de 3,56% à 3,52%.Pour être effective, la nomination de M. Warsh devra être confirmée par le Sénat, où le parti présidentiel est majoritaire.Sur le plan des données économiques, l’indice des prix à la production (PPI) aux Etats-Unis a progressé de 0,5% en décembre par rapport au mois précédent, un rythme plus marqué que ne l’anticipaient les marchés.Côté entreprises, le secteur minier a été percuté de plein fouet par la chute des cours des métaux précieux. Newmont a glissé de 11,49%, Freeport-McMoRan de 7,52%.Après une large partie de séance dans le rouge, Apple a finalement gagné 0,46% à 259,48 dollars. La firme à la pomme a publié jeudi des résultats trimestriels très supérieurs aux attentes, portés par des ventes record de l’iPhone, son produit phare, et un regain de forme en Chine, mais voit ses prévisions assombries par la pénurie de composants.Le géant pétrolier américain ExxonMobil est parvenu à avancer de 0,63% à 141,40 dollars, après avoir publié des résultats contrastés pour le quatrième trimestre, notamment un recul de son bénéfice net.Son concurrent Chevron (+3,34% à 176,90 dollars) a été encore plus recherché, malgré un recul de ses performances financières pour les trois derniers mois de 2025. L’entreprise a dit vendredi discuter avec le Venezuela sur la question de l’exploitation de ses ressources pétrolières.

Derrière les lunettes du président Macron, les défis d’un savoir-faire français

Objet d’un “buzz” planétaire depuis qu’Emmanuel Macron les a arborées à Davos en tenant tête à Donald Trump, ces lunettes de soleil ont vu leurs ventes exploser. Un succès inattendu pour le propriétaire italien de leur fabricant jurassien, racheté au prix de licenciements.”Nouveau. Lunettes de soleil Pacific S01- Elysée X Maison Henry Jullien.” Verres bleus sur monture argentée, ces lunettes “à la Top Gun” à 659 euros sont désormais proposées… sur la boutique en ligne de l’Elysée.Depuis le Forum de Davos la semaine dernière, “on nous a appelés du monde entier, cela nous a fait une publicité incroyable”, s’enthousiasme Stefano Fulchir, PDG de la société italienne iVision Tech, propriétaire de la marque Henry Jullien.Plus de 500 unités ont été vendues en ligne, alors que l’entreprise spécialisée dans le haut-de-gamme produisait jusqu’à présent mille paires par an, dont 200 modèles Pacific S01 dans ses discrets ateliers de Lons-le-Saunier, dans le Jura.Le site internet de la marque “a crashé” – un site temporaire uniquement dédié au modèle présidentiel a été ouvert – et l’action d’iVision Tech s’est envolée de 70% en quelques jours en bourse, poursuit-il.Ces fameuses lunettes, le chef de l’Etat les avait commandées en 2024 pour “faire un cadeau à un ministre pendant le G20”. Le modèle, en partie conçu avec un fil d’or, nécessite 279 actions, près de quatre mois de travail et beaucoup de savoir-faire. Macron voulait ainsi offrir “un morceau d’histoire française” et avait également acheté une deuxième paire pour lui-même, se souvient Stefano Fulchir.Les deux paires, “on les a bichonnées, bien sûr”, sourit Hervé Basset, 60 ans, dont plus de la moitié chez Henry Jullien. Après coup, “on était tous contents” de recevoir une lettre de remerciement du président, se rappelle Karine Pélissard, 30 ans de métier, en sectionnant d’un geste expert des dizaines de branches de futures paires de lunettes.Malgré cette prestigieuse commande, la maison Henry Jullien a connu des temps difficiles, à l’image de la lunetterie française, née dans le Jura en 1796 et aujourd’hui durement concurrencée par l’industrie asiatique, bien moins chère. – “Battage médiatique” -L’entreprise, qui comptait encore “180 salariés il y a une quinzaine d’années”, n’en employait plus que 15 lors de son rachat par iVision Tech en septembre 2023, retrace le maire (divers gauche) de Lons-le-Saunier, Jean-Yves Ravier.En octobre 2024, soit quelques mois après la livraison des lunettes présidentielles, le nouveau propriétaire licenciait quatre salariées, leur reprochant “des problèmes de cadence”, explique à l’AFP l’avocat Philippe Métifiot-Favoule, qui les défend aujourd’hui devant les prud’hommes et estime “assez injuste” le “battage médiatique”. Pour lui, les nouveaux propriétaires étaient “plus intéressés par la marque que par les ouvrières”. Ils sont “partis avec les plans en Italie, et revenus en France avec des cartons de lunettes qui ressemblaient aux nôtres”, retrace l’une des salariées licenciées, Marie-Madeleine Gautheron, 40 ans, aujourd’hui femme de ménage.Dix salariés travaillent encore à Lons-le-Saunier pour la marque Henry Jullien, dont trois à la production, indique la maison-mère italienne, qui précise avoir mobilisé son site de Martignacco, dans le nord-est de la péninsule, pour répondre à l’explosion des commandes.Le patron, Stefano Fulchir, nie toute confusion: les paires fabriquées dans le Jura seront estampillées “made in France”, et celles sorties d’usine à Martignacco “made in Italy”, les deux labels “les plus importants au monde” dans le secteur de la lunette, et garantie de qualité selon lui.Mais pour Julien Forestier, qui préside le syndicat des lunetiers du massif jurassien, ce “buzz” ne “rapportera rien” à la filière locale. “Nous ne sommes plus que quelques entreprises à nous battre pour de la fabrication française”, et les opticiens eux-mêmes “ne croient plus tellement” au made in France, déplore ce responsable.Le secteur ne compte plus qu’une cinquantaine de sociétés et environ 800 salariés dans le Jura, contre 10.000 dans les années 1950. Il produit encore plus de 2 millions de montures par an, dans le moyen et haut-de-gamme, selon M. Forestier. Le maire veut croire malgré tout que le “coup de pub” du président sera “une bonne chose” pour la marque italienne, pour l’entreprise locale et pour sa ville: “ça peut être l’occasion de redynamiser le site”.

Biogaran sous contrôle britannique, “l’Etat veille”

Après une première tentative en 2024, le fonds d’investissement britannique BC Partners a mis la main sur Biogaran, leader français du médicament générique, aux côtés de la banque publique d’investissements Bpifrance, qui assure la présence de l’Etat au capital.L’opération a été finalisée après l’obtention des autorisations européennes ainsi que de l’agrément au titre du “contrôle des investissements étrangers en France délivrée par l’État français”, ont souligné les parties prenantes vendredi dans un communiqué.”En entrant au capital de Biogaran, l’État veille et agit”, a assuré le ministre français de l’Économie Roland Lescure dans une déclaration transmise à l’AFP, disant avoir été “très exigeant sur les conditions de cette opération avec des engagements fermes et durables imposés à l’acquéreur, notamment sur la sécurisation des stocks stratégiques” qui s’appliqueront “sans limitation de durée”.Cet accord économique impose à BC Partners des garanties sur “le maintien de l’emploi”, “de la production et de l’empreinte industrielle sur le sol national”, ainsi que sur “l’approvisionnement” du marché français, avec “un engagement ferme à passer commandes auprès des sous-traitants”, détaille Bercy dans un communiqué.- Pénalités en cas de non-respect -En cas de manquements, les sanctions financières pourront atteindre “jusqu’au double du montant de l’investissement” ou “10% du chiffre d’affaires annuel hors taxes de l’entreprise”, souligne le ministère.Aux côtés de BC Partners, Bpifrance, actionnaire à hauteur de 15% dans Biogaran, veillera “à la pérennité de son développement à long terme tout en préservant son ancrage français”, a également assuré Nicolas Dufourcq, directeur général de la banque détenue par l’État français et la Caisse des Dépôts.Cette annonce met fin à un long feuilleton industriel et politique.Les rumeurs de cession ont circulé dès la fin 2023 et rapidement suscité de vives réactions dans la classe politique, qui craignait une délocalisation et une perte de souveraineté sanitaire en cas de rachat par un investisseur étranger.Dans un contexte de pénuries récurrentes de médicaments et d’efforts de relocalisatoin des médicaments essentiels, ces craintes avaient donné lieu à des appels à la vigilance face à des marques d’intérêt potentiel de laboratoires indiens.A l’automne 2024, Servier avait mis en pause le projet de cession avant de le relancer à l’été 2025 en annonçant des négociations exclusives avec BC Partners.- Difficultés sur le prix -Ces discussions ont pris “un peu de temps pour s’accorder sur un prix”, compris entre 800 millions et un milliard d’euros, a confié à l’AFP Cédric Dubourdieu, associé et responsable pour la France chez BC Partners. Le fonds, qui gère environ 40 milliards d’euros d’actifs, veut “élargir le nombre de médicaments qui est proposé par Biogaran aux patients français”, a-t-il indiqué, misant sur l’arrivée à échéance de nombreux brevets, qui ouvrira la voie à de nouveaux génériques, dont ceux pour les vaccins.La vente de médicaments sans ordonnance et de biosimilaires est identifiée comme un autre axe de croissance pour Biogaran, créée par Servier il y a 30 ans et dont le chiffre d’affaires a atteint 1,26 milliard d’euros sur l’exercice 2024/25.La marque représente 30% des ventes de génériques en pharmacie en France, des médicaments qui coûtent beaucoup moins cher que les originaux. Son catalogue de médicaments comprend environ 1.000 références de traitements qui vont des pathologies du quotidien à celles les plus lourdes (des antibiotiques aux antidiabétiques et anticancéreux).Biogaran, qui compte 270 collaborateurs, ne possède pas d’usine en propre, mais s’appuie sur une quarantaine de sous-traitants, générant indirectement 8.600 emplois.”C’est un secteur difficile avec une très forte concurrence et des marges assez faibles”, rappelle Pierre-Yves Geoffard, professeur à l’Ecole d’Économie de Paris, disant comprendre la logique de Servier qui a choisi de se concentrer sur l’innovation et sur des besoins mal couverts, mais pas celle de Bpifrance dont la mission est de soutenir l’innovation.”La bonne réponse, c’est de diversifier le nombre de producteurs de principes actifs, y compris en  localisant ou relocalisant certains en Europe”, a-t-il ajouté à l’AFP, estimant que “la présence de l’Etat n’est pas nécessairement de nature à rassurer les investisseurs étrangers et à susciter leur enthousiasme”.

Trump choisit Kevin Warsh pour présider la Fed, avec l’espoir de baisses de taux

Donald Trump a finalement choisi vendredi son candidat pour présider la Réserve fédérale (Fed): Kevin Warsh, un habitué des milieux d’affaires qui a passé les derniers mois à plaider pour des taux directeurs plus bas et à critiquer l’institution dont il a été un des gouverneurs.Pour être effective, la nomination de M. Warsh, 55 ans, devra être confirmée par le Sénat, où le parti présidentiel est majoritaire.Le mandat du président de la banque centrale américaine dure quatre ans et peut être renouvelé. L’actuel chef de la Fed, Jerome Powell, doit quitter son poste en mai.”Je connais Kevin depuis longtemps et je n’ai aucun doute qu’il restera dans l’histoire comme l’un des GRANDS présidents de la Fed, peut‑être le meilleur. Par‑dessus tout, il a +tout du premier rôle+, et il ne vous laissera jamais tomber. Félicitations Kevin!”, a écrit le président sur sa plateforme Truth Social.Plus tard, depuis le Bureau ovale, il a affirmé que M. Warsh était “bien sûr” favorable comme lui à un abaissement des taux directeurs, tout en assurant qu’il ne lui avait pas demandé de s’engager à œuvrer dans ce sens. L’orientation des taux n’est pas décidée par le seul président, qui représente une voix sur douze au sein du comité de politique monétaire de la Fed.- “Faucon” ou “colombe”? -Les marchés financiers ont semblé considérer vendredi que Kevin Warsh n’agirait pas en cheval de Troie de Donald Trump et saurait maintenir l’indépendance de l’institution, le dollar reprenant de la vigueur. En témoigne également le décrochage des cours de l’or et de l’argent après l’annonce, signe que les investisseurs estiment avoir moins besoin de ces valeurs refuges. Ils n’ont pas oublié que M. Warsh était classé dans la catégorie des “faucons” quand il était gouverneur (2006-2011).Dans le jargon des banques centrales, un “faucon” désigne un responsable très attaché à la lutte contre l’inflation, à l’inverse des “colombes”, plus enclins à la souplesse monétaire.Son plaidoyer récent pour des taux plus bas pourrait être “tactique plutôt que doctrinal” afin de se faire nommer, estime John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank, interrogé par l’AFP.Mais M. Warsh a aussi défendu ces derniers mois la politique économique de Donald Trump et qualifié de “défaillante” la gouvernance de la banque centrale.Kevin Warsh est bien connu des milieux financiers pour avoir notamment été un des dirigeants la banque Morgan Stanley. Il faisait partie des personnalités pressenties pour prendre la tête de l’institution en 2018. Donald Trump avait finalement préféré Jerome Powell — choix dont le chef de l’État n’a cessé de se lamenter par la suite.- Rendez-vous au Sénat -La révélation par Jerome Powell de l’existence d’une procédure du ministère de la Justice à son encontre a récemment suscité l’indignation des milieux économiques, qui y voient une nouvelle atteinte à l’indépendance de l’institution monétaire.Des élus républicains s’en sont également offusqués et ont prévenu qu’ils ne confirmeraient aucune nomination à la Fed tant que la procédure ne serait pas classée.Le passage devant les sénateurs s’annonce houleux pour Kevin Warsh.La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, qui le passera sur le gril, a jugé vendredi dans un communiqué que sa nomination était “le dernier développement en date de la campagne de Trump pour prendre le contrôle de la Fed”.C’est le président républicain George W. Bush qui avait fait de Kevin Warsh le plus jeune gouverneur de l’histoire de la banque centrale; il avait alors 35 ans.Il aurait pu rester plus longtemps en poste, mais avait démissionné en 2011 en critiquant la poursuite de l’exceptionnelle politique monétaire accommodante adoptée pour soutenir la reprise après la crise de 2008-2009. C’est ce qui lui avait alors valu son étiquette de “faucon”.

Kevin Warsh, du cercle de Trump aux portes de la Fed

Kevin Warsh, désigné vendredi par Donald Trump comme son candidat pour diriger la Réserve fédérale (Fed), s’est érigé ces derniers mois en défenseur des politiques présidentielles et contempteur de la banque centrale am&éricaine, dont il a déjà été l’un des gouverneurs.Donald Trump a annoncé vendredi sur son réseau Truth social son choix pour présider le Conseil des gouverneurs de la banque centrale, une institution qu’il ne cesse de bousculer dans l’espoir de faire baisser les taux d’intérêt. Les marchés attendaient avec impatience cette décision, qui devra être validée par le Sénat, à majorité républicaine.Kevin Warsh, 55 ans, est l’un des deux “Kevin” qui étaient pressentis pour remplacer Jerome Powell, avec Kevin Hassett, fidèle conseiller économique de Donald Trump, qu’il a semble-t-il doublé dans la dernière ligne droite.Il a déjà voté sur la politique monétaire américaine, en tant que gouverneur de la Fed de 2006 à 2011. Il avait été propulsé à ce poste par le président républicain d’alors, George W. Bush, et était devenu à 35 ans le plus jeune gouverneur de l’histoire de la banque centrale.Il aurait pu conserver ce poste jusqu’en 2018, terme initial de son mandat, mais avait démissionné en 2011 en critiquant la poursuite de la politique monétaire très accommodante adoptée pour soutenir la reprise, après la crise de 2008-09.Un geste qui l’a catalogué dans la catégorie des “faucons”, terme qui désigne les responsables très attachés à la lutte contre l’inflation et rétifs aux taux bas. Ce point pesait en sa défaveur aux yeux de l’exécutif actuel. Mais il a passé l’année 2025 à envoyer des signaux favorables à la Maison Blanche, plaidant pour des diminutions de taux et critiquant l’institution monétaire.- Anti “dogme” -En novembre, dans une tribune publiée par le Wall Street Journal, Kevin Warsh avait ainsi épousé le credo du gouvernement républicain en dénonçant la “gouvernance défaillante” de la Fed, qui doit selon lui revoir sa politique monétaire et la régulation des banques.Il a aussi loué “les politiques procroissance portées par le président Trump” grâce auxquelles “les Etats-Unis vont croitre plus vite que les autres grandes économies”.”Les Américains bénéficieraient d’un salaire net plus élevé et d’un pouvoir d’achat accru si seulement les dirigeants de la Réserve fédérale cessaient de défendre leurs erreurs et commençaient à les corriger”, avait-il asséné.Selon lui, la banque centrale doit notamment “abandonner le dogme selon lequel l’inflation est causée par une croissance économique trop forte et des salaires trop élevés”. L’inflation arrive “quand le gouvernement dépense trop”.M. Warsh avait fait partie des personnes pressenties pour prendre la tête de l’institution en 2018, quand Donald Trump avait finalement préféré M. Powell – choix que le chef de l’Etat dit amèrement regretter aujourd’hui.Le prochain patron de la Fed est “une personne exceptionnelle, qui ne surprendra pas trop les gens. Beaucoup, beaucoup de gens pensent que c’est quelqu’un qui aurait pu occuper ce poste il y a quelques années”, a déclaré Donald Trump.Kevin Warsh n’est pas un économiste de formation, ce qui est rare pour un potentiel président de banque centrale, mais pas exceptionnel – Jerome Powell a précédemment œuvré comme avocat et banquier d’affaires.Juriste, Warsh est toutefois diplômé de prestigieuses universités américaines (Stanford, Harvard).Natif d’Albany, dans l’Etat de New York, il a d’abord travaillé pendant sept ans, jusqu’en 2002, pour la banque Morgan Stanley où il a atteint le rang de vice-président.Il a quitté la banque pour devenir un des conseillers économiques du président George W. Bush, plus particulièrement chargé des flux de capitaux, des marchés financiers et des banques.C’est à cette époque qu’il a épousé Jane Lauder, héritière de la famille du groupe de cosmétiques Estee Lauder. Un lien familial qui le rapproche de Donald Trump.Le père de Jane, Ronald Lauder, milliardaire et grand contributeur du parti républicain, est un ami de jeunesse du président américain et un conseiller occasionnel.

La Bourse de Paris conclut la semaine dans le vert

La Bourse de Paris a conclu la séance de vendredi dans le vert, rassurée par l’adoption quasi certaine du budget au Parlement, et après avoir accueilli avec bienveillance le choix de Donald Trump pour diriger la Fed.Le CAC 40 a gagné 0,68%, à 8.126,53 points, en hausse de 55,17 points par rapport à la veille. Jeudi, il avait conclu la séance à l’équilibre (+0,06%), à 8.071,36 points. L’indice vedette a surtout salué une nouvelle étape vers la fin du marathon budgétaire: le Premier ministre Sébastien Lecornu a dégainé pour la troisième fois l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, ultime étape avant l’adoption définitive du budget de l’Etat, attendue lundi. Si la nouvelle était déjà pour bonne partie “incorporée par les marchés depuis qu’il était devenu clair que les socialistes n’allaient pas voter la censure”, elle fait partie des “données macroéconomiques plutôt rassurantes” qui touchent la France et l’Europe, souligne Charlotte de Montpellier, économiste de la banque ING. “Il ne faut pas non plus être trop euphorique. La question de la soutenabilité budgétaire n’est pas réglée, et reviendra” sur la table, poursuit l’économiste. A cela s’ajoutent, en Europe, “des croissances plus fortes qu’attendu”, ainsi que des indices de production industrielles encourageants, de nature à rassurer les marchés, explique également Charlotte de Montpellier. Autre actualité qui a marqué la séance de vendredi: le choix de Donald Trump de proposer Kevin Warsh pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale américaine. Pour être effective, la nomination de M. Warsh, ancien gouverneur de la banque centrale américaine, devra être confirmée par le Sénat, où le parti présidentiel est majoritaire.”Sa position d’ancien gouverneur de la Fed, son expérience dans le privé chez Morgan Stanley mais aussi son expérience politique devraient faciliter la confirmation de son mandat par le Sénat américain”, affirme Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés chez IG France.Pour Steve Sosnick, d’Interactive Brokers, “ce qui est intéressant, c’est que lors de son précédent mandat à la Fed, il était en fait plutôt partisan d’une politique monétaire restrictive”.Mais Kevin Warsh a passé l’année 2025 à envoyer des signaux à la Maison Blanche en plaidant pour des diminutions de taux et en critiquant l’institution monétaire.Ces derniers mois, le président américain n’a cessé de vilipender Jerome Powell, jugeant que ce dernier ne baissait pas assez vite les taux directeurs, ce qui a laissé craindre aux investisseurs une perte d’indépendance de la Fed au départ de son gouverneur actuel.  La hausse du CAC 40 lors de la séance de vendredi n’empêche pas l’indice parisien de baisser sur l’ensemble de la semaine, de 0,20%. Sur le mois de janvier, qui se conclut samedi, le CAC 40 a même baissé de 0,28%, au cours d’un mois marqué par les aléas géopolitique, qui guident les investisseurs depuis le début de l’année. Sale journée pour EutelsatLe gouvernement français a empêché cette semaine Eutelsat, l’opérateur européen de satellites de communication, de vendre ses antennes au sol au fonds suédois EQT car il s’agit d’un “actif stratégique”, a déclaré vendredi le ministre de l’Economie Roland Lescure.Le titre a perdu 2,77%, à 2,29 euros. 

Cuba accuse Donald Trump de vouloir “asphyxier” l’économie de l’île

Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, a accusé vendredi Donald Trump de vouloir “asphyxier” l’économie de l’île communiste où les coupures électriques quotidiennes s’accentuent et les files d’attente devant les stations-services ne cessent de s’allonger. Le président américain a signé jeudi un décret stipulant que les Etats-Unis pourraient frapper de droits de douane, d’un montant non précisé, les pays vendant du pétrole à La Havane, en invoquant une “menace exceptionnelle” que ferait peser Cuba sur la sécurité nationale américaine.”Sous un prétexte mensonger et dénué d’arguments (…) le président Trump entend asphyxier l’économie cubaine”, a dénoncé sur X le président cubain. “Cette nouvelle mesure met en évidence la nature fasciste, criminelle et génocidaire d’une cour qui a confisqué les intérêts du peuple américain à des fins purement personnelles”, a ajouté le chef de l’Etat, dans une claire allusion au secrétaire d’Etat, Marco Rubio, un Cubano-Américain qui n’a pas caché sa volonté de voir un changement de régime à La Havane. Ce décret accentue la pression sur l’île de 9,6 millions d’habitants, plongée dans une sévère crise économique et qui peine à couvrir ses besoins en carburant et en électricité. – “Crise humanitaire” -La présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, dont le pays livre encore du pétrole à Cuba, a affirmé que de tels droits de douane supplémentaires pourraient déclencher une vaste “crise humanitaire” sur l’île.La mesure pourrait affecter “directement les hôpitaux, l’alimentation et d’autres services essentiels au peuple cubain”, a mis en garde Mme Sheinbaum en conférence de presse. Elle a toutefois souligné qu’elle ne négligerait pas les implications que le décret de Washington pourrait avoir pour le Mexique. “Nous ne voulons pas non plus mettre notre pays en danger en termes de droits de douane”, a-t-elle expliqué.  La Chine, un allié de Cuba, a également protesté contre les menaces américaines. “La Chine s’oppose fermement aux mesures qui privent le peuple cubain de ses droits à la subsistance et au développement”, a déclaré en conférence de presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun.Ces derniers jours, les files d’attente devant les stations d’essence à La Havane n’ont cessé de s’allonger et les délestages électriques peuvent désormais atteindre une dizaine d’heures dans la capitale. Jorge Martinez, qui se rend à son travail, ne cache pas son inquiétude. “Cela va impacter directement la vie des Cubains. Tôt ou tard, cela va avoir des conséquences (sur l’économie), c’est le but”, estime auprès de l’AFP cet ingénieur informatique de 60 ans. “Il faut s’asseoir et négocier” avec Donald Trump, a-t-il ajouté. – “Dur, très dur” -Jorge Grosso, un étudiant de 23 ans, redoute une situation dramatique pour la population. “Je pense que ce qui arrive va être dur, très dur”, dit-il à l’AFP.Jeudi soir, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, Cuba avait déjà dénoncé un “acte brutal d’agression” contre les Cubains.L’île, dirigée par le Parti communiste cubain (PCC, unique), est soumise à un embargo des Etats-Unis depuis 1962, que Donald Trump a considérablement renforcé dès son premier mandat (2017-2021).Selon le décret américain, la décision de Washington s’appuie sur la déclaration d’un “état d’urgence” en lien avec la “menace exceptionnelle” que ferait peser Cuba sur la sécurité nationale américaine.Washington reproche aux autorités cubaines de “s’aligner et de soutenir nombre de pays, organisations terroristes internationales et acteurs hostiles aux Etats-Unis” dont la Russie, la Chine, l’Iran, le Hamas ou le Hezbollah. Cuba est aussi accusée de “déstabiliser la région via l’immigration et la violence”, tout en “propageant ses idées, programmes et pratiques communistes”.Plus tôt en janvier, le président américain avait déjà menacé le gouvernement cubain de couper les flux de pétrole et d’argent, le sommant d’accepter un “accord, avant qu’il ne soit trop tard”, sans préciser la nature de cet accord.Miguel Diaz-Canel avait démenti toute discussion en cours entre son pays et les Etats-Unis.Après la capture de M. Maduro, Donald Trump a placé sous contrôle américain le secteur pétrolier du Venezuela, qui depuis les années 2000 a été le principal fournisseur de pétrole à Cuba, son allié.