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Les Etats-Unis vers une paralysie budgétaire, la police de l’immigration au coeur du débat

Trois mois après le dernier “shutdown”, les Etats-Unis se retrouveront vendredi à minuit de nouveau en situation de paralysie budgétaire, même si un accord conclu jeudi entre la Maison Blanche et les démocrates devrait permettre d’éviter une crise de longue durée.Passée l’heure limite, plusieurs ministères verront leur financement à sec et devront mettre au chômage technique une partie de leurs fonctionnaires.Dans le contexte des opérations de la police de l’immigration (ICE) à Minneapolis, les démocrates refusaient d’adopter un nouveau budget pour le ministère de la Sécurité intérieure, le DHS, et demandaient au gouvernement de Donald Trump d’adopter des réformes pour l’ICE, jugée hors de contrôle.Mais ce “shutdown” pourrait être de courte durée, puisque Donald Trump a annoncé jeudi soir avoir trouvé un compromis avec les démocrates pour que ceux-ci adoptent cinq des six volets du texte budgétaire, tandis que la partie concernant le ministère de la Sécurité intérieure – et donc l’ICE – fera l’objet de nouvelles négociations au cours des deux prochaines semaines.”La seule chose qui puisse ralentir notre pays, c’est un autre +shutdown+ long et néfaste de l’Etat fédéral”, a déclaré le président républicain sur sa plateforme Truth Social, en vantant ses accomplissements en matière économique.Le Sénat devrait à présent voter sur ce nouveau texte dans la journée de vendredi.Mais puisque cette version est différente de celle approuvée auparavant par la Chambre, la proposition de loi va devoir faire la navette retour.Un vote à la chambre basse ne pourra pas avoir lieu avant lundi au plus tôt, et l’Etat fédéral se retrouvera donc bien à minuit vendredi en situation de “shutdown” partiel.- “Brutalité” -Le chef républicain de la Chambre, Mike Johnson, a déclaré que les députés s’attèleraient à la nouvelle version dès leur retour à Washington.”On s’y mettra tout de suite”, a-t-il déclaré à des journalistes à l’avant-première à Washington du film “Melania”, produit par la Première dame.La semaine dernière, le texte semblait se diriger vers une adoption au Sénat avant la date limite du 31 janvier, mais les événements de samedi dernier à Minneapolis ont changé la donne.Les décès de Renee Good et d’Alex Pretti, tous deux tués par balle par des agents fédéraux à quelques semaines d’intervalle dans cette métropole du nord des Etats-Unis, ont provoqué un mouvement d’indignation au sein de la classe politique.De nombreux élus démocrates ont appelé à ce que des garde-fous soient instaurés sur la manière dont l’ICE opère, et ont dit refuser de voter tout budget pour le DHS — son ministère de tutelle — tant que l’administration Trump ne revoit pas sa politique en la matière.Qualifiant l’action des agents fédéraux de “brutalité soutenue par l’Etat”, le chef des démocrates au Sénat a appelé jeudi à des réformes, notamment à la fin des “patrouilles volantes”.”Ce n’est pas ça l’Amérique”, a déclaré Chuck Schumer dans l’hémicycle, qualifiant les agents de l’ICE de “voyous arpentant nos rues”.- 43 jours -En raison des règles en vigueur au Sénat, 60 voix sur 100 sont nécessaires pour adopter un texte budgétaire, et les républicains, même s’ils disposent de la majorité, ont donc besoin de l’appui de plusieurs élus de l’opposition pour adopter leur proposition de budget.Si un “shutdown” semble désormais inévitable vendredi soir, les Etats-Unis ne connaîtront probablement pas une répétition du blocage d’octobre et novembre dernier — le plus long de l’histoire des Etats-Unis — lorsque républicains et démocrates avaient bataillé pendant 43 jours sur la question de subventions d’assurance santé.Des centaines de milliers de fonctionnaires avaient alors été mis au chômage technique, tandis que d’autres aux missions considérées comme essentielles (contrôleurs aériens, policiers, militaires…) avaient dû continuer à travailler. Mais tous avaient dû attendre la fin de la paralysie budgétaire pour recevoir leurs salaires.Le dernier “shutdown” n’avait pris fin qu’avec la décision de quelques sénateurs démocrates de voter pour un texte budgétaire concocté par les républicains, en échange de promesses de concessions sur ces subventions. Leur décision avait été fortement critiquée à l’époque par de nombreux sympathisants démocrates, qui souhaitent voir une opposition plus vigoureuse face à Donald Trump et aux républicains au Congrès.

Trump assure que Poutine ne frappera pas Kiev pendant une semaine, face à un hiver “exceptionnel” en Ukraine

Donald Trump a annoncé jeudi avoir demandé “personnellement” à Vladimir Poutine de cesser les frappes sur Kiev et d’autres villes ukrainiennes “pendant une semaine”, et assuré que le président russe “avait accepté de le faire”, alors que l’Ukraine subit une importante vague de froid.La Maison Blanche n’a livré aucun détail sur les contours exacts de cette trêve surprise, qui intervient alors que Russes et Ukrainiens doivent se retrouver dimanche pour des négociations directes aux Emirats arabes unis.”J’ai personnellement demandé au président Poutine de ne pas faire feu sur Kiev et les autres villes pendant une semaine. Et il a accepté de le faire, et je dois vous dire, c’était très gentil”, a dit le président américain en conseil des ministres.Donald Trump a dit avoir fait cette demande en raison du froid “exceptionnel” en Ukraine, alors que le pays est confronté à des coupures d’électricité et de chauffage d’ampleur à cause des frappes russes.Selon le Centre hydrométéorologique ukrainien, de dimanche à mardi, “un temps très froid est prévu” en Ukraine: “les températures nocturnes devraient descendre jusqu’à -20 à -27°C, et dans certaines parties (…), les températures nocturnes devraient descendre jusqu’à -30°C”.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a remercié Washington pour ses “efforts visant à mettre fin aux attaques contre le secteur énergétique”.- “Une catastrophe humanitaire s’annonce” -Jeudi soir, toutefois, après l’annonce surprise de Donald Trump, le gouverneur de la région de Zaporijjia (centre-est) a fait état d’une attaque russe contre la capitale régionale, qui a endommagé un immeuble.Au cours d’un appel avec M. Zelensky, le chancelier allemand Friedrich Merz a certes salué le travail de Washington “en faveur d’une trêve” mais souligné aussi que “la destruction systématique et brutale des infrastructures énergétiques civiles ukrainiennes” par Moscou était “toujours en cours”, d’après un porte-parole.Vendredi, l’Agence internationale de l’énergie atomique réunit d’ailleurs son conseil des gouverneurs à la demande de pays membres inquiets de la situation nucléaire en Ukraine, dans le sillage d’attaques russes.Le réseau énergétique ukrainien a été sévèrement mis à mal ces derniers mois par une série de frappes russes massives qui ont endommagé les centrales et transformateurs électriques et le secteur gazier du pays.Ces frappes ont provoqué de vastes coupures d’électricité et de chauffage alors que les températures sont déjà glaciales, notamment dans la capitale Kiev (-6°C dans la nuit), et dans les grandes villes de Kharkiv (nord-est), Odessa (sud) et Dnipro (centre).Les autorités ukrainiennes affirment mener des travaux d’urgence pour restaurer le réseau et ont ouvert des espaces dédiés où les habitants peuvent se réchauffer et accéder à l’électricité. Jeudi, la municipalité de Kiev a indiqué que 613 bâtiments étaient toujours sans chauffage dans la capitale.”L’hiver est très rude et les Ukrainiens souffrent énormément. Une catastrophe humanitaire s’annonce là-bas”, a martelé jeudi Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne qui a annoncé l’octroid’une aide humanitaire d’urgence de 145 millions d’euros face au rude hiver ukrainien.- “Progrès” -Jeudi, Donald Trump a assuré que “beaucoup de progrès” avaient été faits jusqu’ici dans les pourparlers diplomatiques entre Moscou, Kiev et Washington, alors que la guerre déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie entre bientôt dans sa cinquième année.Les premières négociations directes tripartites sur le plan de Washington pour mettre fin à la guerre ont eu lieu vendredi et samedi à Abou Dhabi. Une nouvelle session devrait s’y tenir dimanche, à laquelle les Etats-Unis pourraient de nouveau participer, selon le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio. En amont de ces discussions, Vladimir Poutine a reçu jeudi à Moscou son homologue émirati, cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane, lui faisant part de sa reconnaissance pour “la tenue de pourparlers trilatéraux” la semaine dernière, selon la télévision russe.Mohammed ben Zayed a de son côté réaffirmé le soutien des Emirats en faveur de “solutions diplomatiques nécessaires”, mentionnant notamment la médiation de son pays dans les échanges de prisonniers entre la Russie et l’Ukraine.Ces échanges, comme ceux de dépouilles, sont jusqu’à présents les seuls résultats concrets de négociations entre Moscou et Kiev sur le conflit déclenché par l’offensive russe en Ukraine en février 2022.Jeudi, la Russie a rendu à l’Ukraine 1.000 corps, “présentés par la partie russe comme ceux de militaires ukrainiens”, a annoncé l’administration ukrainienne chargée des prisonniers de guerre. Le dernier rapatriement de ce type datait de fin octobre.En février dernier, Volodymyr Zelensky avait affirmé à une chaîne de télévision américaine que son pays avait perdu près de 46.000 soldats depuis 2022, un chiffre que des analystes jugent sous-évalué.burs-jnd/lpa

La flambée du prix de l’or, entre fortune et fardeau au Vietnam

Depuis sa maison de trois étages, récemment construite dans la banlieue de Hanoï, au Vietnam, Trinh Tat Thang observe avec inquiétude la flambée mondiale du prix de l’or, qui profite davantage à certains de ses compatriotes.Les Vietnamiens ont pour tradition de conserver leurs économies en or et d’en emprunter auprès de leurs proches plutôt que de recourir à un prêt bancaire. Mais la dette doit être remboursée avec le même métal.Des membres de sa famille ont prêté à Thang quatre barres d’un taël — une unité de poids locale équivalente à environ 37,5 grammes — pour lancer la construction de sa maison mi-2023.Cela valait à l’époque près de 10.000 dollars sur le marché local. Avec la flambée de l’or, les prix ont presque triplé depuis et, malgré le recul du métal jaune vendredi après le record de la veille, il doit désormais toujours près de 25.000 dollars.”Je ne sais vraiment pas quand, ni comment, je vais pouvoir régler ces dettes”, dit le chargé de marketing dans l’industrie pharmaceutique, qui gagne l’équivalent de moins de 700 dollars par mois. “Ca me rend malade”.L’envolée du prix de l’or, qui a frôlé pour la première fois jeudi les 5.600 dollars l’once avant de refluer de 4,4% vendredi à 5.147 dollars, est une surprise pour des millions de Vietnamiens détenant des lingots ou des bagues poinçonnées, considérées comme porte-bonheur.Elle a aussi déclenché une vague de spéculation, rendu les cadeaux de mariage traditionnels inabordables pour beaucoup et quasiment mis fin au système informel de prêt en or.”Il n’y a probablement plus beaucoup de gens dans ce pays qui emprunteraient de l’or aujourd’hui”, estime Thang, 44 ans. “J’ai une belle maison, mais aussi une énorme dette sur les épaules. Ca n’en valait pas la peine”.- “Soudainement très riche” -Selon le Conseil mondial de l’or, les épargnants vietnamiens ont accumulé chez eux environ 500 tonnes du précieux métal, considéré comme le placement le plus sûr.Parmi eux, Tran Thi Lan, 74 ans, qui a amassé au fil des décennies un véritable trésor de bagues, bracelets et lingots d’or. Elle en a donné une grande partie à ses enfants et petits-enfants, mais conserve le reste caché dans ses armoires “pour des besoins futurs”.”Je suis soudainement devenue très riche. Je suis milliardaire maintenant”, témoigne la commerçante à la retraite, comptant en dongs vietnamiens. “Mes enfants se moquaient toujours de mon obsession pour l’or. Mais ils reconnaissent aujourd’hui que c’était efficace”.La demande dans le métal jaune a explosé en même temps que les prix du marché et des acheteurs impatients font la queue chaque jour à Hanoï devant les bijouteries, qui affirment être régulièrement en rupture de stock.Depuis un an, Huong, employée de bureau, prend une demi-journée de congé chaque mois pour aller acheter de l’or dans la rue Tran Nhan Tong.”Mes efforts ont porté leurs fruits”, se félicite-t-elle, affirmant qu’elle gagnerait “pas mal” si elle revendait son stock aujourd’hui.Elle regrette seulement de ne pas avoir suivi plus tôt les conseils de sa mère et de sa grand-mère, qui lui ont “toujours dit que l’or est la valeur refuge la plus sûre”.La flambée de l’or a transformé des rites traditionnels, comme les mariages, en véritables épreuves financières.Lorsque sa meilleure amie s’est mariée il y a sept ans, Tran Tu Linh lui a offert une belle bague. Elle n’attendrait pas la même chose en retour si elle se mariait prochainement. Ce serait un “fardeau”, juge la jeune femme de 29 ans. “La vie sera plus simple sans être obsédé par le prix de l’or”.

Starmer défend un rapprochement avec Pékin, “très dangereux” pour Trump

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a défendu vendredi sa visite en Chine comme un moyen de reconstruire une confiance mutuelle et renforcer les relations commerciales avec Pékin, une perspective que Donald Trump a jugé “très dangereuse”.S’exprimant devant la communauté d’affaires chinoise et britannique à la Bank of China, M. Starmer a de nouveau vanté ses entretiens “très chaleureux, très bons” avec le président Xi Jinping la veille.Il a répété que ces échanges ont permis de “faire de vrais progrès” et que “c’est comme ça que nous construisons la confiance mutuelle et le respect qui est si important”.Comme la récente visite du Premier ministre canadien Mark Carney, ce rapprochement entre Londres et Pékin hérisse Donald Trump, dans le contexte de rivalité croissante entre les deux premières puissances mondiales.”C’est très dangereux pour eux de faire ça”, a lâché le président américain lors d’un échange avec la presse à son arrivée pour une avant-première à Washington d’un documentaire consacré à son épouse Melania Trump.Concrètement, Keir Starmer, qui se rend vendredi à Shanghai avant de s’envoler pour le Japon, ne repart pas de Chine avec une moisson de contrats ou des annonces fracassantes.Il a obtenu quelques gestes de Pékin, comme une baisse bienvenue des droits de douane sur les exportations de whisky ou un accord de coopération en matière de lutte contre l’immigration, dont la portée reste à démontrer.- “Bénéfique” -Pékin a également accordé au Royaume-Uni une exemption de visas pour les Britanniques effectuant des séjours de moins de 30 jours en Chine, que Londres loue comme un moyen de faciliter l’accès aux opportunités économiques du marché chinois pour les entrepreneurs britanniques.”C’est symbolique de ce que nous faisons avec cette relation”, a défendu Keir Starmer à la Bank of China.Au total, une dizaine d’accords de coopération – aux contours encore flous – ont été signés, et les deux gouvernements se sont mis d’accord pour réaliser une “étude de faisabilité afin d’explorer l’ouverture de possibles négociations sur un accord bilatéral dans les services”.Et le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a annoncé son intention d’investir 15 milliards de dollars d’ici 2030 en Chine.Mais l’essentiel n’était pas là pour le dirigeant britannique, qui a besoin de trouver des moteurs pour soutenir l’économie britannique, pénalisée par les conséquences du Brexit et les tensions commerciales internationales croissantes.Après des années d’une relation tendue sous ses prédécesseurs conservateurs, sur fonds de durcissement de la politique chinoise à Hong Kong et d’accusations réciproques d’espionnage, Keir Starmer s’évertue depuis son arrivée au pouvoir en 2024 à relancer les relations avec Pékin, troisième partenaire commercial de Londres.Et cela passait par cette visite en Chine selon Downing Street qui a également ouvert la voie à une visite de Xi Jinping au Royaume-Uni à l’avenir. Interrogé par des journalistes, son porte-parole n’a pas fermé la porte, affirmant qu'”une réinitialisation des relations avec la Chine (…) est bénéfique pour la population et les entreprises britanniques”.- Le cas Jimmy Lai -Une telle perspective hérisse l’opposition conservatrice au Royaume-Uni, qui juge déjà le dirigeant travailliste trop conciliant avec Pékin.”Nous ne devrions pas dérouler le tapis rouge pour un Etat qui mène des opérations d’espionnage quotidiennement dans notre pays, bafoue les règles commerciales internationales et soutient (le président russe Vladimir) Poutine dans sa guerre injustifiée en Ukraine”, a déclaré la cheffe du Parti conservateur, Kemi Badenoch, dans une déclaration transmise à la presse.Des députés s’inquiètent également du peu d’avancées obtenues sur le cas de l’ex-magnat des médias hongkongais Jimmy Lai, récemment condamné pour sédition et collusion avec l’étranger et qui risque une lourde peine d’emprisonnement.Dans une lettre transmise à Keir Starmer durant son voyage, le groupe parlementaire transpartisan sur les détentions arbitraires affirme que les relations avec la Chine “ne doivent pas avancer sans considération pour la vie d’un citoyen britannique emprisonné pour sa défense des valeurs démocratiques”. Jimmy Lai détient un passeport britannique.Le Premier ministre a affirmé jeudi avoir eu une “discussion respectueuse” avec Xi Jinping sur le cas du militant prodémocratie, ou la situation de la communauté des Ouïghours.

L’Insee va dire comment s’est portée l’économie française en fin d’année

L’Insee dévoile vendredi matin comment s’est portée la croissance française au dernier trimestre 2025, et les économistes s’attendent à un chiffre assez robuste, compris entre 0,2% et 0,4%.”Nos résultats économiques sont encourageants”, s’est félicité vendredi dernier le ministre de l’Economie et des Finances Roland Lescure en présentant ses vœux aux acteurs économiques: “tout pointe vers une croissance de l’année dernière sans doute plus proche de 0,9% que le 0,7% auquel nous nous attendions”.Cette croissance de 0,9% du produit intérieur brut (PIB) sur l’année entière est attendue par l’ensemble des économistes quelle que soit la croissance du quatrième trimestre, qui pèse peu dans le calcul arithmétique de la croissance annuelle.Fin 2025, l’économie, au vu des enquêtes mensuelles déjà publiées par l’Institut national de la statistique, a davantage reposé sur les entreprises que sur la consommation des ménages, restée assez terne, tandis que leur épargne atteint presque 19% de leur revenu disponible.Si l’année s’est mieux terminée que prévu, “on le doit en grande partie aux entreprises qui ont continué d’investir, de recruter, de produire et d’exporter”, a remarqué M. Lescure.- Aéronautique -Selon le directeur général de la Banque de France en charge des statistiques, Olivier Garnier, “le secteur ayant le mieux performé au deuxième semestre, en particulier en décembre, est l’industrie manufacturière, toujours tirée par l’aéronautique et le secteur de la défense”.Après différents problèmes d’approvisionnement qui ne lui ont permis d’assurer une pleine production que six mois seulement l’an dernier, le secteur est bien reparti en fin d’année.Stéphane Colliac, de BNP Paribas, souligne aussi qu’un autre secteur, celui-là “un peu plus sous les radars”, a tiré aussi la croissance : “les biens d’équipement électriques, électroniques et informatiques”, une dénomination de l’Insee qui recouvre notamment l’intelligence artificielle.La situation politique semble moins peser sur l’économie que dans les mois ayant suivi la dissolution de juin 2024, dans une sorte d'”autonomisation de la vie économique par rapport à la vie politique”, décrit le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, et les entreprises ont continué de travailler correctement en fin d’année alors que le vote d’un budget n’était pas acquis.Début 2026, pour lequel l’Insee prévoit actuellement 0,3% de croissance à chacun des deux premiers trimestres, l’incertitude budgétaire est en voie d’être définitivement levée, avec l’adoption quasi-assurée du projet de loi de Finances par un dernier recours au 49.3 à l’Assemblée nationale vendredi, après le rejet du texte au Sénat jeudi.- “Urgent d’agir” -En revanche, une croissance correcte ne règle que très partiellement le problème massif de finances publiques du pays.Le gouvernement, qui espérait faire adopter un budget basé sur un déficit des administrations publiques de 4,7% du PIB, a dû se résoudre à des compromis, particulièrement avec le PS, qui amèneront le déficit à 5%, après 5,4% en 2025.D’ores et déjà, l’agence Moody’s en a douté cette semaine, prédisant un déficit restant à 5,2% cette année.”Il est urgent d’agir, de réduire vigoureusement notre déficit public” – le pire de la zone euro, NDLR -, “de maîtriser nos dépenses et de stabiliser notre dette publique”, la troisième de la zone, a rappelé jeudi la présidente par intérim de la Cour des comptes, Carine Camby.”Il est vain de parler de souveraineté alimentaire, numérique, industrielle ou sanitaire, quand notre souveraineté budgétaire est mise en péril par notre charge de la dette”, a-t-elle mis en garde.Les chiffres du quatrième trimestre des croissances espagnole et italienne seront également publiés vendredi, ainsi que des chiffres détaillés de la croissance allemande, qui a progressé de 0,2%, sur le trimestre et sur l’année 2025, selon de premières estimations, après deux années de récession.

Budget: Lecornu dégaine un ultime 49.3, l’épilogue approche

La ligne d’arrivée du marathon budgétaire est proche: le Premier ministre Sébastien Lecornu va activer vendredi matin pour la troisième fois l’article 49 alinéa 3 de la Constitution à l’Assemblée nationale, ultime étape avant l’adoption définitive du budget de l’Etat, attendue lundi.Après quatre mois de très denses discussions au Parlement, le projet de loi de finances pour 2026 va pouvoir aboutir. Examiné à partir de 9H00 à l’Assemblée nationale en lecture définitive, le projet de budget ne sera pas discuté très longtemps: le chef du gouvernement est attendu au Palais Bourbon pour activer d’emblée un nouveau 49.3 sur le texte. En engageant ainsi la responsabilité du gouvernement, Sébastien Lecornu devrait s’exposer à nouveau à deux motions de censure, issues de la gauche hors-PS et du Rassemblement national.Celles-ci seront soumises aux députés “probablement lundi après-midi”, ont indiqué des sources gouvernementales et parlementaires à l’AFP. Et sauf immense surprise, elles seront rejetées comme les deux précédentes grâce à la clémence des Républicains et surtout du Parti socialiste. Le gouvernement dispose en effet d’un matelas relativement confortable d’une vingtaine de voix d’avance.Le rejet des motions vaudra alors adoption définitive du budget de l’Etat, qui devra tout de même passer le filtre du Conseil constitutionnel avant d’être promulgué. Sa mise en place mettra fin au régime fragile de la loi spéciale, votée fin décembre faute d’accord parlementaire pour assurer la continuité de l’Etat.S’il est certes “imparfait”, ce budget “est un texte utile pour les Français, car il nous permet de sortir du climat d’incertitude qui s’est installé depuis quelques mois”, a salué jeudi la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.Elle s’exprimait devant les sénateurs, très mécontents de la copie finale. Ces derniers, qui devaient être saisis du texte avant son retour à l’Assemblée selon les règles de procédure parlementaire, n’ont pas souhaité retarder l’échéance, préférant le rejeter d’emblée sans rouvrir la discussion.Si certains parlementaires, tout comme l’agence de notation Moody’s, en doutent, le texte entend ramener le déficit à 5% du PIB en 2026, contre 5,4% en 2025.Il prévoit diverses concessions en direction notamment du PS, comme les repas à un euro pour les étudiants ou la hausse de la prime d’activité pour les salariés modestes.Mais il continue de susciter l’hostilité de l’extrême droite et d’une grande partie de la gauche (Insoumis, écologistes, communistes), qui ont déposé à chaque occasion des motions de censure.Il s’agira de la troisième utilisation du 49.3 par Sébastien Lecornu, qui s’était engagé à y renoncer au début de l’automne, à la demande du PS. Les deux premiers ont été activés lors de la “nouvelle lecture” du texte, l’un sur la partie “recettes”, l’autre sur la partie “dépenses”.

Wall Street plombée par la chute de Microsoft

La Bourse de New York a terminé orientée à la baisse jeudi, lestée par la chute de Microsoft, poids lourd technologique dont les résultats trimestriels ont été accueillis froidement par la place américaine.Le Dow Jones est parvenu à grappiller 0,11% mais l’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a perdu 0,72% et l’indice élargi S&P 500 a cédé 0,13%, des chiffres toutefois éloignés des plus bas auxquels évoluaient les indices en milieu de séance.

Le Britannique Starmer juge “vital” d’améliorer les relations avec la Chine

Le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont salué jeudi à Pékin l’amélioration de la relation entre leurs pays, nécessaire selon eux malgré la persistance de différends sérieux.Il s’agit de la première visite en Chine d’un chef du gouvernement britannique depuis 2018, et elle intervient après une série d’autres déplacements de dirigeants occidentaux, soucieux de se rapprocher de Pékin quand leur allié américain traditionnel devient plus imprévisible.M. Starmer a ainsi indiqué à des journalistes en marge de son déplacement avoir soulevé lors de ses entretiens avec le président Xi le cas de l’ex-magnat hongkongais des médias Jimmy Lai, détenteur d’un passeport britannique et emprisonné, ainsi que la situation de la minorité musulmane des Ouïghours.Il a eu avec M. Xi à ce propos une “discussion respectueuse”, a-t-il dit, sans donner plus de détail.Pékin réfute les accusations d’internements massifs dans des camps de rééducation ou de travail forcé de Ouïghours au Xinjiang lancées par des défenseurs des droits.M. Starmer, venu en Chine expressément avec l’intention d’améliorer la situation économique de son pays et avec “le coût de la vie” chez lui en tête, a présenté cette discussion sur les droits humains comme faisant partie du dialogue plus général avec Pékin.”Il est vital de construire une relation plus sophistiquée dans laquelle nous identifions les opportunités de collaboration, tout en permettant un dialogue constructif sur les sujets sur lesquels nous ne sommes pas d’accord”, a-t-il dit au début de son entretien avec M. Xi, avec qui il a aussi partagé un déjeuner.- Whisky et visas -Keir Starmer a assuré plus tard être parvenu à des “progrès vraiment bons”, avec l’annonce par Downing Street d’une réduction de 10 à 5% des droits de douane sur les exportations britanniques de whisky vers la Chine, ainsi qu’une exemption de visa pour les séjours en Chine de moins de 30 jours, dont bénéficient déjà une cinquantaine de pays (France, Allemagne, Austalie, etc.).L’Association du whisky écossais a salué cette initiative, affirmant qu’elle “pourrait relancer les exportations” vers ce qu’elle a qualifié de “marché de croissance prioritaire”.”En tant que membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et de grandes puissances économiques mondiales, la Chine et le Royaume-Uni doivent renforcer leur dialogue et leur coopération”, qu’il s’agisse de sécurité internationale ou d’économie, a abondé M. Xi devant M. Starmer au Palais du peuple.Il a dit croire à l’ouverture d’un “nouveau chapitre” de la relation après les “revers” des dernières années. Et s’est vu offrir par Keir Starmer le ballon de football du récent match de Premier League entre Arsenal et Manchester United, club dont il est un supporter.A l’issue d’un entretien entre M. Starmer et le Premier ministre Li Qiang, Londres et Pékin ont également signé une série d’accords de coopération sur la lutte contre l’immigration irrégulière, la santé, ou encore les services.- Intérêt national -M. Xi a saisi une nouvelle occasion de présenter son pays comme un partenaire fiable, défenseur de l’ordre international et du libre-échange, par opposition à “l’unilateralisme, (au) protectionisme galopants” du moment.  Pour Londres, la visite de M. Starmer vise à explorer les voies d’une coopération plus soutenue avec la deuxième puissance économique mondiale, sur fond de rivalités internationales exacerbées, et alors que le président américain Donald Trump ébranle les alliances du passé, y compris avec son partenaire historique britannique.Elle intervient peu après celles du français Emmanuel Macron et du Canadien Mark Carney, En route pour Pékin, M. Starmer avait défendu la relation avec les États-Unis comme “l’une des plus étroites que nous ayons”.Mais il avait jugé qu’il serait “absurde” pour le Royaume-Uni de se détourner de la Chine, malgré les critiques qu’un rapprochement suscite au Royaume-Uni.Il a répété à l’envi que la coopération avec la Chine relevait de “l’intérêt national”. Le pays est le troisième partenaire commercial du Royaume-Uni et M. Starmer était accompagné d’une cinquantaine de chefs d’entreprises.Le géant pharmaceutique AstraZeneca a ainsi annoncé en marge de la visite qu’il comptait investir 15 milliards de dollars (12,5 milliards d’euros) en Chine d’ici 2030.Des personnalités politiques de l’opposition britannique ont critiqué ce voyage, la cheffe du Parti conservateur, Kemi Badenoch, réagissant aux spéculations selon lesquelles Xi pourrait se rendre en Grande-Bretagne. “Nous ne devons pas dérouler le tapis rouge pour un Etat qui se livre quotidiennement à de l’espionnage sur notre territoire, bafoue les règles du commerce international et soutient Poutine dans sa guerre insensée contre l’Ukraine”, a-t-elle dit.Keir Starmer repartira de Chine samedi pour une courte étape au Japon, dont les relations avec Pékin se sont tendues ces derniers mois.

Le nombre de chômeurs inscrits à France Travail en hausse en 2025

Une hausse du chômage en signe d’un retournement de tendance au-delà de changements de paramètres: le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité inscrits à France Travail a augmenté de 2,6% au quatrième trimestre 2025 par rapport au troisième et de 6,8% sur un an.Ces chiffres (France hors Mayotte) tiennent compte de l’inscription, depuis début 2025, de tous les allocataires du RSA et des jeunes en parcours d’insertion à France Travail, un chamboulement majeur pour les chiffres de l’institution, ainsi que d’un nouveau régime de sanctions entré en vigueur au 1er juin.Sans ces modifications, la hausse du nombre de chômeurs aurait été limitée à 2% sur le quatrième trimestre et à 1,7% sur l’année.Ces chiffres “présentent une hausse modérée du nombre de demandeurs d’emplois” a réagi le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou sur X. Sans “les changements de règles administratives” qui ont élargi le périmètre des personnes inscrites et réduit les radiations automatiques, “les estimations indiquent un ralentissement modéré du marché du travail, sans rupture brutale”, ajoute le ministre. Il souligne aussi que le taux d’emploi se maintient parallèlement “à un niveau historiquement élevé”. Le directeur du département Analyse et Prévision de l’OFCE, Eric Heyer relève en revanche “une forte dégradation au quatrième trimestre”, qui “n’est pas liée à la loi plein emploi” mais “à une dégradation du marché du travail”.”Globalement, il y avait une baisse du nombre de demandeurs d’emploi continue de 2015 jusqu’à 2022, puis de 2022 à mi-2024, cela s’est stabilisé et depuis le troisième trimestre 2024, il y a un retournement”, résume l’économiste. “Ce sont essentiellement les demandeurs d’emploi de longue durée qui augmentent, ce qui laisse entendre que plus longtemps vous restez demandeur d’emploi, plus il vous est difficile de retourner sur le marché du travail”, pointe-t-il parmi les signaux “alarmants”.- “Incertitude” -“On voit une dégradation qui n’est pas surprenante”, analyse Nathalie Chusseau, économiste à l’université de Lille. Avec comme explications “l’incertitude politique nationale et le contexte géopolitique et commercial international qui obèrent les investissements et un taux de faillites d’entreprises record depuis trois ans”.Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité a atteint en moyenne sur le trimestre 3,35 millions.En tenant compte des chômeurs exerçant une activité partielle (catégories A, B et C), la hausse s’élève à 1% sur le trimestre et 4,8% sur l’année. Hors nouveaux publics (bénéficiaires du RSA et jeunes en parcours d’insertion) et corrigés des effets du nouveau régime de sanctions, ce nombre de demandeurs d’emploi aurait toutefois été stable au quatrième trimestre et en hausse de 1,6% sur l’année.Le département des études du ministère du Travail (Dares) précise que les sanctions, qui prennent désormais souvent la forme d’une “suspension-remobilisation”, entraînent des retenues financières mais plus une radiation, d’où “une baisse des radiations”.En prenant en compte les nouveaux publics et le nouveau barème de sanctions, le chômage des jeunes a explosé en 2025, avec une hausse de 23,6% en catégorie A, mais l’augmentation s’est ralentie en fin d’année, à 1,7% sur le seul quatrième trimestre. Le nombre d’inscrits placés provisoirement dans la catégorie G, en attente de leur entretien d’orientation, ne se résorbe que lentement, avec encore 812.100 personnes concernées au quatrième trimestre.Lors de sa campagne en 2022, Emmanuel Macron avait mis en avant l’objectif de plein emploi en 2027, avec un taux de chômage autour de 5%. Un objectif qui s’éloigne, avec un taux de 7,7% au troisième trimestre. Alors que les partenaires sociaux viennent d’entamer une négociation, à la demande du gouvernement, pour chercher 400 millions d’économies sur l’indemnisation des salariés ayant conclu une rupture conventionnelle, la CGT a averti jeudi que “réduire les droits à l’assurance chômage ne (créerait) pas d’emplois”.Côté patronat, la CPME a vu dans la hausse du chômage la conséquence de “la fin de la politique de l’offre, concomitante aux incertitudes politiques et géopolitiques”.

Waymo pourrait lancer ses robotaxis à Londres dès cette année

L’entreprise américaine Waymo, leader mondial des véhicules sans conducteur, a dit jeudi travailler avec ses partenaires au Royaume-Uni pour lancer des robotaxis à Londres, qui pourraient sillonner dès cette année les rues de la capitale britannique.La société détenue par Alphabet, maison mère de Google, est déjà présente dans un nombre croissant de villes aux États-Unis, mais un lancement à Londres serait une première en Europe.Les véhicules autonomes devront subir des tests “rigoureux” pour prouver qu’ils sont au moins aussi sûrs, compétents et prudents que les conducteurs humains avant d’être autorisés à circuler sur les routes britanniques, a prévenu le gouvernement.Leur autorisation dépendra en outre de la mise en oeuvre concrète d’une loi sur les véhicules automatisés, entrée en vigueur en 2024, pour laquelle des détails techniques et opérationnels restent à finaliser.En devenant l’un des premiers pays à autoriser ce genre de véhicules, le gouvernement espère attirer des investissements et estime que le secteur des véhicules autonomes pourrait créer des milliers d’emplois et ajouter des milliards de livres à l’économie britannique d’ici 2035.Le projet de Waymo “pourrait transformer la sécurité routière et l’accessibilité” dans le pays, a salué sur le réseau social X la secrétaire d’État aux Transports locaux Lilian Greenwood.Waymo fait déjà rouler plusieurs dizaines de véhicules à Londres, avec toujours un conducteur derrière le volant, pour la cartographie et la collecte de données en amont du lancement des programmes pilotes de conduite autonome plus tard cette année.Basée en Californie, Waymo s’est associée en 2018 au Britannique Jaguar Land Rover (JLR), qui fabrique la I-PACE électrique autonome.”Au cours des prochains mois, nous travaillerons en étroite collaboration avec nos partenaires pour investir dans les infrastructures opérationnelles et le personnel nécessaires au bon fonctionnement de notre service”, a détaillé Nicole Gavel, responsable du développement commercial mondial et des partenariats stratégiques chez Waymo.Plusieurs entreprises rivales se bousculent déjà pour proposer, elles aussi, leurs services aux Londoniens.L’Américain Uber a annoncé son intention d’y lancer des taxis sans chauffeur en partenariat avec le britannique Wayve, tandis que le géant chinois d’internet Baidu compte lancer un service similaire sur l’application de covoiturage Lyft.Mais les robotaxis sont “de la poudre aux yeux”, lance auprès de l’AFP Steve McNamara, secrétaire général de la Licensed Taxi Drivers Association, qui représente plus de 10.000 chauffeurs des emblématiques “black cabs” de Londres.Il pointe notamment que, loin de l’autonomie promise, des opérateurs humains sont en réalité toujours prêts à intervenir à distance.