Test

Face aux tracteurs de la FNSEA à Paris, Lecornu annonce une “loi d’urgence agricole”

“Une loi d’urgence agricole” examinée au Parlement “avant l’été”: le Premier ministre Sébastien Lecornu a répondu mardi à la demande principale de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs, venus à leur tour en tracteurs à Paris pour clamer leur “révolte”.”J’ai demandé à la ministre Annie Genevard de préparer pour le Salon de l’agriculture une loi d’urgence agricole autour de plusieurs priorités: eau, prédation, moyens de production”, a indiqué le Premier ministre sur X. “Ce texte sera inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l’été”, a-t-il promis. Il a ajouté qu’un “cap clair” sur la politique de l’eau serait par ailleurs “fixé d’ici le salon” qui se tiendra du 21 février au 1er mars.Il a aussi demandé, avant la présentation du projet de loi, un “moratoire sur toutes les décisions relatives” à cette question de l’eau et la suspension des “textes fixant les volumes d’eau prélevables (…) jusqu’à septembre”. Le chef du gouvernement a enfin évoqué des réunions pour étudier “les possibilités de dérogation” à la directive européenne sur les nitrates, qui encadre notamment les épandages d’engrais par les agriculteurs. Cela s’ajoute à un paquet de “300 millions d’euros” annoncé vendredi et qui contient des mesures prévues à la fois dans le budget, et donc soumises au vote des parlementaires, et d’autres déjà égrainées ces dernières semaines par le gouvernement pour répondre à la crise agricole.- Réponse à la FNSEA -Les annonces de mardi répondent quasiment point par point à des demandes de la FNSEA et des JA, alliance qui domine le syndicalisme agricole et dont les sections locales du grand bassin parisien — qui va jusqu’au Pas-de-Calais — ont lancé leurs tracteurs sur Paris.La FNSEA demandait depuis plusieurs semaines “une loi spéciale” pour aborder “la prédation du loup, les moyens de production et le sujet de l’eau”, la suspension de la directive nitrates et un moratoire sur “l’ensemble des sujets eau”.Entrés à l’aube dans Paris, les tracteurs ont descendu les Champs-Elysées avant de s’établir devant l’Assemblée nationale, avec duvets et matelas, conditionnant leur départ à un rendez-vous à Matignon qui a eu lieu dans l’après-midi. Après les annonces de Sébastien Lecornu, les responsables de la FNSEA reçus plus tôt se concertaient devant l’Assemblée sur les réponses à donner.Mardi, plus de 350 tracteurs selon les autorités, 500 selon les manifestants ont stationné aux abords de l’Assemblée nationale, et les agriculteurs présents ont aussi déversé plusieurs tonnes de pommes de terre sur le pont de la Concorde: cadeau aux Parisiens.Depuis début décembre, les manifestations d’agriculteurs se multiplient et les annonces du gouvernement vendredi après des défilés de tracteurs de la Coordination rurale puis de la Confédération paysanne dans la capitale n’ont pas suffi à calmer la colère.La Coordination rurale a dénoncé mardi sur X “la différence de traitement du gouvernement face à nos mobilisations”, en référence aux interdictions auxquelles le deuxième syndicat a fait face en amenant ses tracteurs jeudi à Paris.- “Au bout du bout” -“On est au bout du bout, ça fait trois ans qu’on ne dégage pas de revenu sur nos exploitations. Les politiques sont incapables de nous donner un cap”, déclarait mardi matin devant l’Assemblée nationale Guillaume Moret, 56 ans, venu en tracteur depuis le Val d’Oise et responsable FNSEA en Ile-de-France.Ravivée par la gestion de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest, la contestation est nourrie par la signature prévue samedi au Paraguay de l’accord de libre-échange UE-Mercosur et plus largement par un ras-le-bol général d’une profession confrontée directement aux aléas climatiques et économiques.En 2024, la FNSEA avait déjà lancé ses tracteurs dans Paris pour demander des revenus, un allègement des normes et des simplifications pour les agriculteurs.En fin de matinée, les manifestants ont échangé avec la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, qui a annoncé une séance le 10 février consacrée à l’application notamment de la loi Duplomb, réclamée par l’alliance FNSEA-JA.À quelques jours de la signature de l’accord UE-Mercosur, les agriculteurs ont aussi multiplié leurs opérations ailleurs en France, notamment au péage de Fresnes-lès-Montauban (Pas-de-Calais) sur l’A1, ou au Havre. Sur l’A64, près de Toulouse, les manifestants ont accepté de lever le barrage.bur-sb-mdz-cho-are/ved/yk

Le chocolatier suisse Lindt & Sprüngli revendique des hausses de prix “sans précédent” en 2025

Le chocolatier suisse Lindt & Sprüngli affirme avoir obtenu des hausses de prix “sans précédent” en 2025, qui ont contribué à faire monter ses ventes, malgré d’âpres négociations avec les géants de la distribution en France et en Suisse, des analystes signalant que les volumes ont eux reculé. Le géant suisse, connu pour ses pralines Lindor, a procédé à des hausses de prix “de 19% à l’échelle du groupe”, a-t-il chiffré dans un communiqué mardi, favorisant une très nette progression de son chiffre d’affaires, mais moins forte. Le tout dans un contexte généralisé de “recul des volumes à travers le secteur”, a-t-il reconnu. Le chiffre d’affaires a progressé, lui, de 8,2% à 5,92 milliards de francs suisses (6,36 milliards d’euros), dépassant les prévisions des analystes interrogés par l’agence suisse AWP, qui l’attendaient en moyenne à 5,88 milliards de francs, tandis que sa croissance organique – qui reflète ses ventes hors effets de change – s’est montée à 12,4%.Cependant, à 15H44 GMT, l’action Lindt, la plus chère de la Bourse suisse, perdait 2,56% à 114.200 francs suisses. Son bon de participation cédait pour sa part 2,63% à 11.120 francs suisses, alors que le SPI, l’indice élargi de la Bourse suisse, se repliait de 0,69%.D’emblée, le chocolatier avait dit s’attendre à une croissance plus élevée que de coutume en 2025 compte tenu des hausses de prix qu’il comptait négocier face à la flambée des cours du cacao. Dès janvier, il avait dit compter sur une croissance organique de 7% à 9% en 2025, puis avait relevé cet objectif aux environs 9% à 11% en juillet lors de la publication de ses résultats semestriels. Pour 2026 et les années suivantes, il s’attend à renouer avec son objectif de moyen à long terme de 6% à 8%. Le groupe ne donnait mardi qu’une première indication sur ses ventes en 2025. Il doit publier ses résultats complets le 10 mars, avec davantage de détails sur sa marge bénéficiaire et les volumes de ventes.  – Hausse sans précédént -Dans un commentaire boursier, Patrik Schwendimann, analyste à la Banque cantonale de Zurich, estime que le groupe s’en est bien sorti dans “une année difficile”, malgré une baisse des volumes “d’environ 6,6%”, qui a pu être compensée par ces hausses de prix “sans précédent”.Les cours du cacao s’étaient envolés pour toucher un plus haut historique le 18 décembre 2024 à 12.931 dollars la tonne sur le marché à New York.Ensuite, grâce à la perspective de meilleures récoltes en Côte d’Ivoire et au Ghana, ils ont reflué en 2025 pour terminer l’année 2025 à 6.065 dollars, soit une chute de 48% durant l’année, mais se maintiennent à des niveaux élevés. Le groupe risque toutefois de n’en bénéficier qu’à partir “de 2027” compte tenu des achats de couverture, prévient Patrik Schwendimann. Entre 2010 et 2022, les cours oscillaient encore entre 2.000 et 3.500 dollars, rappelle l’analyste.- D’âpres négociations -Dans un commentaire de marché, Jean-Philippe Bertschy, analyste chez Vontobel, note que la croissance de Lindt & Sprüngli s’est normalisée en Europe au second semestre mais reste “robuste”, en dépit de “dé-référencements partiels en Suisse et en France”.Il note aussi que la croissance a nettement accéléré en Amérique du Nord durant le second semestre, malgré un climat de consommation “anémique”. Les négociations de prix ont donné lieu à un bras de fer avec Migros, la première chaîne de supermarchés en Suisse, avec laquelle Lindt & Sprüngli est finalement parvenu à un accord début décembre mais aussi avec E.Leclerc en France.”Certaines références de Noël ont été exclues des rayons au profit d’une offre plus accessible” a indiqué mardi le numéro un de la grande distribution en France, contacté par l’AFP, précisant que “les discussions commerciales traditionnelles et annuelles avec la marque se poursuivent”. 

“Continuez à manifester”, “l’aide est en route”, lance Donald Trump aux Iraniens

“Patriotes iraniens, continuez à manifester”: Donald Trump a encouragé mardi les manifestants en Iran à poursuivre leur mouvement et à renverser leurs institutions, promettant que “l’aide” arrivait.Le président américain a menacé plusieurs fois d’intervenir militairement depuis le début le 28 décembre du mouvement, l’un des plus vastes depuis la proclamation de la République islamique en 1979.La répression a fait au moins 600 morts, selon une ONG qui craint un bilan réel plus élevé. De nouvelles vidéos, authentifiées par l’AFP, sont apparues sur les réseaux sociaux d’une scène qui avait déjà émergé, montrant des dizaines de corps alignés dans une mosquée au sud de la capitale iranienne.Les condamnations internationales ont afflué mardi: la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé le bilan “effroyable” de morts, et l’ONU s’est dit “horrifié” par la “répression”.Paris, Berlin, Londres et d’autres capitales européennes ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour dénoncer la “répression la plus brutale et la plus sanglante contre des manifestations” depuis des années, des mots de la cheffe de la diplomatie britannique Yvette Cooper.”CONTINUEZ A MANIFESTER – PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS!!!”, a écrit le président américain sur son réseau Truth social, disant avoir “annulé toutes les réunions avec des responsables iraniens tant que les meurtres insensés de manifestants ne s’arrêtaient pas”.La veille, La Maison Blanche avait affirmé que la possibilité de frappes aériennes était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait “la première option”.Et Donald Trump avait annoncé des sanctions douanières contre les partenaires commerciaux de l’Iran – des droits de douane de 25%, prenant effet “immédiatement”. – “Tueries à grande échelle” -L’Iran reste privé d’internet pour le sixième jour consécutif. Des défenseurs des droits humains accusent Téhéran de chercher ainsi à masquer la répression qui a fait 648 morts au total, selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, évoquant aussi 10.000 arrestations.Cette organisation a également cité des informations non confirmées allant jusqu’à 6.000 morts.Des rapports crédibles font état “de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays”, affirme également l’ONG Human Rights Watch.”La violence augmente, les arrestations aussi. Les oppresseurs tirent au hasard”, relate Kian Tahsildari à Istanbul, reprenant le témoignage de ses amis à Mashad (nord-est de l’Iran).Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l’Iran vers l’étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l’AFP à Téhéran.Dans la capitale, les forces de sécurité étaient moins visibles aux principaux carrefours de la ville qu’en fin de semaine dernière, au plus fort des manifestations.Les journaux faisaient leur Une sur les rassemblements massifs de la veille organisés à l’appel du pouvoir, le quotidien ultraconservateur Kayhan titrant sur “l’humiliation historique” infligée selon lui à l’Amérique et d’Israël.Les médias d’Etat diffusent en boucle des images des dégâts et rendent hommage aux dizaines de membres des forces de sécurité” victimes du “terrorisme” ourdi, selon le pouvoir, par Israël et les Etats-Unis.- “Opérations terroristes” -Depuis le début du mouvement, initialement lié au coût de la vie, le pouvoir dit comprendre les revendications portant sur des questions économiques mais accuse des “émeutiers” pilotés par l’étranger d’être à l’origine des violences.Mardi, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé sur Al Jazeera que la décision de couper l’internet avait été prise en raison “d’opérations terroristes” dont “les ordres venaient de l’étranger”.  “Nous sommes préparés pour toute éventualité et nous espérons que Washington fera un choix guidé par la sagesse. Peu importe quelle option ils choisiront, nous y sommes prêts”, a-t-il ajouté.Agé de 86 ans, l’ayatollah Khamenei a déjà été confronté à d’importants défis, notamment durant la guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025, déclenchée par une attaque massive contre les installations militaires et nucléaires iraniennes.Mais ces manifestations “représentent sans doute le défi le plus sérieux” pour le guide suprême “depuis des années, tant par leur ampleur que par leurs revendications politiques de plus en plus explicites”, relève Nicole Grajewski, professeure au Centre de recherches internationales de Sciences Po.Des analystes jugent cependant prématuré de prédire dans l’immédiat la chute du pouvoir théocratique iranien, soulignant que la République islamique dispose de solides leviers répressifs, à commencer par le corps des Gardiens de la Révolution, où aucune division n’est apparue pour le moment.Le peuple, “sans défense”, a besoin de la communauté internationale, a lancé mardi le réalisateur iranien Jafar Panahi, Palme d’or du festival de Cannes. 

Boeing a vendu davantage d’avions qu’Airbus en 2025, une première depuis 2018

Le constructeur aéronautique américain Boeing a vendu près de 1.200 avions au cours de l’année 2025, un niveau de commandes qui lui a permis de devancer son grand rival européen Airbus pour la première fois depuis 2018.Selon des données publiées mardi sur son site internet, Boeing a reçu 1.175 commandes brutes, soit 1.173 commandes nettes après annulations, conversions et ajustements comptables.A fin décembre, son carnet de commande atteignait 6.130 avions commerciaux.De son côté, Airbus a annoncé lundi avoir engrangé 1.000 commandes brutes en 2025 de la part de 57 clients (889 nettes).”Nos équipes ont effectué un travail fantastique tout au long de 2025 pour améliorer les livraisons, dans les temps, d’avions sûrs et de qualité”, a commenté Stephanie Pope, présidente de la branche aviation commerciale (BCA) de Boeing.Pour Boeing, l’année 2025 a été marquée par la poursuite de sa convalescence après de gros problèmes de qualité de sa production révélés par un incident en vol sur un 737 MAX 9 d’Alaska Airlines en janvier 2024.L’une des conséquences a été le plafonnement par l’autorité de régulation de l’aviation (FAA) de la production du monocouloir 737 MAX, avion le plus vendu de Boeing, à 38 exemplaires par mois. Ce n’est qu’en octobre 2025 qu’il a eu le feu vert pour grimper à 42, avec l’objectif d’aller au-delà courant 2026.En revanche, le géant américain – première entreprise exportatrice des Etats-Unis – n’a pas fait mieux que son grand rival européen en matière de livraisons.Sur l’ensemble de l’année, Boeing a livré 600 avions, du jamais vu depuis 2018 quand il avait remis 806 avions à ses clients. C’est malgré tout inférieur aux 793 livrés par Airbus (+4%) en 2025.En 2024, marquée également par une grève de plus de 50 jours dans deux usines cruciales, Boeing avait reçu 569 commandes brutes (317 nettes) et livré 348 avions.A noter en 2025, la livraison de 65 avions à des compagnies aériennes chinoises.Pékin a été le dernier pays à accepter de nouveau, fin 2023, les avions de Boeing après les accidents de deux 737 MAX 8 en octobre 2018 et en mars 2019, qui ont fait 346 morts au total.

Trump attendu en vedette la semaine prochaine à Davos

Donald Trump tiendra la vedette la semaine prochaine du Forum économique mondial à Davos (Suisse), grand-messe du multilatéralisme et du libre-échange que le président américain malmène depuis son retour au pouvoir, ravivant les tensions commerciales et géopolitiques.Un an après sa seconde investiture à la présidence des Etats-Unis et six ans après sa dernière visite en personne à Davos, le milliardaire républicain prononcera mercredi après-midi un discours qui sera très scruté, ont annoncé mardi les organisateurs. Il sera “accompagné de la plus grande délégation américaine” ayant jamais fait le déplacement dans la station de ski huppée des Alpes suisses, s’est félicité le patron du Forum économique mondial, Borge Brende, lors d’une conférence de presse en ligne. Seront notamment présents le secrétaire d’Etat Marco Rubio, le secrétaire au Trésor Scott Bessent, celui au Commerce Howard Lutnick, ainsi que de nombreux dirigeants d’entreprises, dont les géants de la tech Nvidia et Microsoft.  Réunissant élites politiques et économiques, “notre réunion annuelle se tient dans un contexte géopolitique d’une complexité inédite depuis 1945”, a reconnu Borge Brende. “Cela arrive à un moment charnière pour l’économie mondiale et la géopolitique”, a-t-il ajouté, disant attendre des discussions sur l’Iran, Gaza, l’Ukraine ou le Venezuela. Deuxième économie mondiale, la Chine sera également présente en force, emmenée par le vice-Premier ministre He Lifeng. D’importantes délégations du Moyen-Orient, d’Amérique latine et d’Afrique feront également le déplacement.  – “Ere post-mondialisation” -Après l’offensive sur les droits de douane au printemps 2025, marquant un net repli protectionniste des Etats-Unis, le déplacement de Donald Trump intervient en pleine escalade géopolitique. Après son intervention militaire au Venezuela, dont il veut contrôler le pétrole, il a menacé récemment le Groenland, au grand dam de ses alliés européens, Cuba et l’Iran. “2025 restera sans doute dans l’histoire comme l’année où la mondialisation néolibérale a pris fin (…), laissant place à l’ère post-mondialisation”, indique Karen Harris, économiste de la société de conseil Bain & Company, à l’AFP. “D’un rôle de garant d’un système économique mondial ouvert et d’un accès sans restriction à leur marché, (les Etats-Unis) passent à une stratégie où la priorité est la sécurité nationale et la protection de leurs propres intérêts. L’économie devient ainsi un instrument au service de ces objectifs”, ajoute-t-elle. Dernier coup de canif en date au multilatéralisme de l’après-Seconde Guerre mondiale, Trump a ordonné début janvier le retrait des Etats-Unis de 66 organisations, dont environ une moitié liée à l’ONU. Ce vaste rejet des institutions multilatérales est “fondé sur la conviction que la coopération internationale va à l’encontre de la possibilité de +gagner+ une compétition internationale perçue comme un jeu à somme nulle”, souligne auprès de l’AFP Philippe Dauba-Pantanacce, responsable de la recherche géoéconomique chez Standard Chartered.Pour lui, la mondialisation du commerce pourrait se faire “de plus en plus sans” les Etats-Unis. En témoignent la hausse des exportations chinoises et la volonté européenne de conclure de nouveaux accords stratégiques, notamment avec l’Inde. – “Dialogue” -Donald Trump avait déjà donné le ton lors de la précédente édition du Forum de Davos en 2025, quand il avait intimé par visioconférence les grands patrons de venir produire en Amérique ou à défaut de se voir infliger des droits de douane. “C’est un aspect sur lequel Trump a fait beaucoup de bruit. Mais à la différence de ce qui se passe en matière géopolitique, que ce soit l’Ukraine, la Chine, l’Iran ou le Venezuela, l’impact sur l’économie internationale a été modeste à ce stade”, souligne Pascal Lamy, ex-directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) auprès de l’AFP. Le thème du forum sera cette année “l’esprit de dialogue”. Les organisateurs attendent à ce jour 64 chefs d’Etats et de gouvernement et 850 dirigeants d’entreprises, avec un total record de 3.000 participants venus de 130 pays. Sont notamment attendus au forum, qui se tient du lundi 19 janvier au vendredi 23 janvier: le président ukrainien Volodymyr Zelensky, six des sept chefs d’Etat ou de gouvernement du G7 à l’exception du Japon, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ou la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde. “Le dialogue n’est pas un luxe, le dialogue est vraiment une nécessité”, a souligné Borge Brende. 

Arabelle Solutions, filiale d’EDF, fournira des turbines pour le projet nucléaire en Pologne

La société française Arabelle Solutions, filiale d’EDF, a été choisie par le consortium américain Westinghouse-Bechtel pour fournir trois ensembles de turbines à vapeur et de générateurs destinés au premier projet nucléaire en Pologne, a indiqué mardi le groupe polonais responsable du projet. Varsovie et le consortium américain ont signé en septembre 2023 un accord sur la conception d’une première centrale nucléaire en Pologne, prévue pour être mise en service dans le nord du pays d’ici dix ans.Le coût de la construction, qui doit débuter en 2026, avait alors été estimé à 100 milliards de zlotys (24 mds EUR). Le premier réacteur de 1250 MW de cette centrale, d’une capacité attendue de 3750 MW, doit être mis en service en 2033.Le choix d’Arabelle Solutions “a été confirmé par Polskie Elektrownie Jądrowe (PEJ), la société publique polonaise chargée de la construction de la première centrale nucléaire en Pologne, qui sera implantée dans la commune de Choczewo (nord)”, a indiqué PEJ dans son communiqué.Selon Ed Gore, directeur du projet Poland AP1000 pour Bechtel,”Arabelle Solutions apporte une riche expérience acquise dans des projets menés dans cette partie de l’Europe et offrira aux fabricants polonais de vastes possibilités de participation au projet”. “Cette étape marque un jalon essentiel dans la réalisation du projet et la preuve d’un partenariat solide, indispensable pour la construction de la première centrale nucléaire en Pologne”, a-t-il déclaré dans le communiqué. De son côté, le groupe français, s’est dit “fier” d’avoir été choisi et de pouvoir contribuer ainsi “à fournir au pays une électricité fiable et bas carbone”, selon sa présidente Catherine Cornand, citée dans un communiqué.La Pologne prévoit actuellement de construire à terme trois sites nucléaires de trois réacteurs chacun, avec une puissance maximale globale de 15 GW, ce qui représenterait environ 30% du mix énergétique du pays.

Décès à 60 ans de l’investisseur militant hongkongais David Webb

David Webb, investisseur militant hongkongais connu pour son combat pour la transparence des marchés financiers et la responsabilité démocratique, est mort mardi à l’âge de 60 ans, selon un communiqué publié sur ses réseaux sociaux.”C’est avec une grande tristesse que nous annonçons que David M. Webb s’est éteint paisiblement à Hong Kong le mardi 13 janvier 2026, des suites d’un cancer métastatique de la prostate”, indique le communiqué.”David manquera à sa famille, à ses nombreux amis et à ses soutiens. La famille demande le respect de sa vie privée en cette période difficile.”Figure emblématique pour de nombreux petits investisseurs, qui voyaient en lui une exception dans un monde des affaires marqué par les conflits d’intérêts et l’opacité, David Webb était aussi un cauchemar pour les régulateurs, dont il dénonçait sans relâche les défaillances.Sa base de données en ligne, Webb-site, a longtemps constitué une ressource précieuse pour les autorités de régulation, les investisseurs, les journalistes et les avocats, avant sa fermeture à la fin de l’an dernier.En 2024, il expliquait à l’AFP que sa philosophie tenait en un mot: “l’équité”.”Un traitement équitable, qui suppose de donner aux gens toutes les informations pertinentes et le pouvoir de décider”, disait-il. “Et le choix, que ce soit en économie, en finance ou en politique.”Il avait révélé être atteint d’un cancer en 2020.L’an dernier, il avait été décoré du titre de membre de l’Ordre de l’Empire britannique (MBE) pour ses décennies de contributions à Hong Kong.Né au Royaume-Uni, David Webb s’était installé à Hong Kong en 1991, quittant l’investissement bancaire sept ans plus tard.Ses combats couvraient un large spectre, allant de la transparence des entreprises à la réforme fiscale.Il avait fondé en 1998 son site internet à but non lucratif, qui analysait les rouages du secteur financier et lui servait de tribune.Son plus grand coup d’éclat reste la révélation en 2017 du “réseau Enigma”, un système de participations croisées impliquant plus de 50 sociétés cotées, passé sous les radars des régulateurs.L’effondrement qui s’en était suivi avait détruit environ six milliards de dollars de capitalisation boursière.

Aux Etats-Unis, une inflation qui cesse d’accélérer mais reste élevée

Le rythme de l’inflation s’est calmé en fin d’année 2025 aux Etats-Unis mais les Américains digèrent mal l’augmentation continue des prix de l’alimentation et de l’électricité.Selon les données officielles publiées mardi, l’indice des prix à la consommation (CPI) a progressé en décembre de 2,7% sur un an, un rythme stable par rapport à novembre.Cela représente une atténuation par rapport au niveau de décembre 2024 (2,9%), avant le retour au pouvoir de Donald Trump. L’évolution n’a toutefois pas été linéaire au cours de l’année.En net ralentissement jusqu’en avril (2,3%), l’indice CPI est ensuite reparti à la hausse après que le président eut annoncé une vague de nouveaux droits de douane sur les produits entrant dans le pays.Pour les personnes résidant aux Etats-Unis, la hausse continue de la facture des dépenses courantes continue d’être douloureuse. Ainsi, l’alimentation a augmenté de 3,1% sur un an.Encore plus spectaculaire, le prix du gaz a augmenté de 10,8% sur la période et l’électricité de 6,7%.Le gouvernement Trump met, au contraire, systématiquement en avant la baisse des prix à la pompe (-3,4%).Et mardi, dans son premier commentaire après la publication de l’indice, Donald Trump a estimé que les chiffres étaient “excellents” et même “FAIBLES”, sur sa plateforme Truth Social.Il a une nouvelle fois appelé le président de la banque centrale des Etats-Unis (Fed), Jerome Powell, à baisser les taux d’intérêt. Comme si la procédure lancée par son ministère de la Justice à l’encontre de M. Powell ne venait pas de déclencher une levée de boucliers dans les milieux économiques et politiques pour défendre l’indépendance de la Fed sommée de se plier aux volontés présidentielles.- “Biais” statistique -Les chiffres du CPI pour novembre avaient surpris car ils marquaient une nette décélération. Banquiers centraux et économistes avaient rapidement émis des bémols, estimant que les données avaient été en partie faussées par la longue paralysie budgétaire aux Etats-Unis (“shutdown”), qui a suspendu la collecte des informations par les services statistiques officiels du 1er octobre au 12 novembre.Pour Gregory Daco, du cabinet EY, ces chiffres vont continuer “jusqu’en avril” à comporter un “biais” de nature à minorer l’ampleur réelle de l’inflation.”Les distorsions causées par le shutdown ont rendu les données plus difficiles à interpréter”, relève aussi Michael Pearce, d’Oxford Economics, pour qui l’inflation semble toutefois avoir atteint un sommet duquel elle devrait progressivement descendre. Le gouvernement Trump défend ses droits de douane affirmant qu’ils n’ont pas eu d’impact sur le niveau des prix.Dans un discours lundi soir, le président de la Fed de New York, John Williams, a maintenu l’inverse: “les droits de douane ont déjà entraîné une hausse significative des prix des produits importés aux États-Unis, même si l’intégralité de leur impact ne s’est probablement pas encore fait sentir.”Il a aussi considéré que le surcoût lié à ces droits de douane avait été “principalement supporté par les entreprises nationales et les consommateurs, plutôt que par les producteurs étrangers”.

Wall Street digère l’inflation et les résultats d’entreprises

La Bourse de New York évolue sans direction claire mardi, digérant des chiffres d’inflation légèrement meilleurs qu’attendu pour le mois de décembre, sur fond de nouvelle saison de résultats trimestriels.Vers 14H55 GMT, le Dow Jones cédait 0,55%, l’indice Nasdaq prenait 0,10% et l’indice élargi S&P 500 était proche de l’équilibre (-0,07%).Publié mardi, l’indice des prix à la consommation (CPI) “a été légèrement meilleur que prévu” et “cela indique que l’inflation n’est pas un facteur qui joue en notre défaveur”, résume auprès de l’AFP Sam Stovall, de CFRA.Les Etats-Unis ont terminé 2025 avec une inflation en décembre de 2,7% sur un an, un rythme stable par rapport à novembre et en amélioration par rapport à décembre 2024 (2,9%).L’inflation sous-jacente (hors prix volatils de l’alimentation et de l’énergie) s’est établie à 2,6% alors que les marchés tablaient sur 2,8%.”Il s’agit seulement d’une petite victoire, mais c’est une bonne nouvelle pour un marché qui espère voir se poursuivre la désinflation afin d’encourager la Fed (banque centrale américaine, ndlr) à continuer de baisser ses taux”, remarque Patrick O’Hare, de Briefing.com.Pour le moment, les investisseurs tablent sur deux réductions des taux d’intérêt en 2026, selon l’outil de veille CME FedWatch. Un assouplissement monétaire est de nature à aider la croissance, et donc à augmenter les perspectives de bénéfices des entreprises.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans se détendait à 4,17% contre 4,19% à la clôture la veille.Côté entreprises, la place new-yorkaise rentre cette semaine dans une nouvelle saison de résultats.La banque américaine JPMorgan Chase (-1,49% à 319,66 dollars) a lancé le mouvement, publiant mardi des résultats contrastés au quatrième trimestre 2025, marqués par un recul de son bénéfice net à cause d’une charge liée à la reprise annoncée récemment de la gestion de la carte bancaire Apple Card.En revanche, le chiffre d’affaires a progressé sur un an grâce à l’attitude des consommateurs et à la bonne santé des entreprises.D’autres établissements bancaires doivent publier leurs performances financières dans les prochains jours, dont Bank of America, Citigroup et Morgan Stanley.La compagnie aérienne américaine Delta Air Lines reculait (-2,53% à 69,23 dollars) malgré des résultats en hausse et un chiffre d’affaires record pour le quatrième trimestre 2025, à 16 milliards de dollars.Le groupe a annoncé dans le même temps une commande de 60 appareils 787 au constructeur américain Boeing (+1,73% à 243,95 dollars), dont 30 en option.”Les investisseurs se concentreront principalement sur les résultats financiers des entreprises technologiques, en particulier sur les dernières informations concernant le retour sur investissement attendu dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA)”, observe dans une note David Morrison, de Trade Nation.Sam Stovall, lui, s’attend une augmentation d’environ 7% des bénéfices des entreprises d’une année à l’autre. “Je ne serais pas surpris si, une fois de plus, les bénéfices dépassaient les estimations”, ajoute-t-il.

En France, la réduction des émissions de gaz à effet de serre patine

La baisse des émissions de gaz à effet de serre a marqué le pas en France l’an dernier, avec un recul estimé à seulement 1,6%, près de trois fois moins que le rythme nécessaire pour tendre vers la neutralité carbone.Comme l’Allemagne et d’autres pays riches, la France décélère au lieu d’accélérer en matière de climat, malgré les records de chaleur et la hausse tendancielle des factures d’événements météo extrêmes, au moment où la volonté politique s’étiole en Europe.Les transports, les bâtiments (chauffage, climatisation…) et l’énergie sont les secteurs les plus en retard dans leur transition vers le bas carbone.Le rythme total de baisse en 2025 a ainsi été deux, voire quatre fois plus lent qu’en 2022 et 2023 (-3,9% et -6,8%); il avait déjà commencé à ralentir en 2024 (-1,8%).”La baisse des émissions se confirme en 2025: c’est un signal encourageant, mais elle n’est pas suffisante. Nous devons collectivement nous remobiliser avec l’ensemble des secteurs émetteurs”, a réagi la ministre française de la Transition écologique Monique Barbut, citée dans un communiqué.”La France devrait accélérer la sortie des énergies fossiles pour sa propre souveraineté et sa sécurité. Malheureusement, nous en sommes loin”, a commenté auprès de l’AFP Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau action climat (RAC), qui fédère des associations.Après avoir incité à la sobriété dans la consommation d’énergie dans la foulée du début de la guerre en Ukraine, la France, comme les autres pays développés, peine à s’attaquer à des secteurs plus difficiles ou coûteux à décarboner, comme les voitures et les immeubles.Aux États-Unis, les émissions de gaz à effet de serre sont même reparties en hausse de 2,4% en 2025, entraînées par un hiver particulièrement rude et l’essor de l’intelligence artificielle, selon un rapport publié mardi par le centre de réflexion et d’analyse Rhodium Group.Le ralentissement français fait écho aux chiffres publiés récemment en Allemagne, qui a réduit de seulement 1,5% ses propres émissions l’an dernier, selon une estimation du groupe d’experts Agora Energiewende. L’Union européenne vise -90% en 2040 par rapport à 1990. Elle en était à -37% en 2023.Le Citepa, l’organisme mandaté pour dresser le bilan carbone français, a toutefois revu sa très modeste estimation initiale de -0,8%; il publiera ses données consolidées en juin. L’écart important s’explique par la mise à jour des indicateurs, mais aussi des “corrections méthodologiques”, explique l’organisme.-“En deçà du rythme nécessaire” -Cette “faible diminution des émissions” françaises s’inscrit “en deçà du rythme nécessaire pour atteindre les objectifs 2030″ fixés par le gouvernement, souligne le Citepa, soit -4,6% en moyenne chaque année d’ici 2030, selon la Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3), la feuille de route actualisée en décembre pour une France neutre en carbone en 2050.”Ces résultats divergent selon les secteurs, avec un retard plus important en termes de trajectoire pour les secteurs des transports et des bâtiments”, observent les experts.Le Haut conseil pour le climat, organisme indépendant chargé de conseiller le gouvernement, alertait déjà l’an dernier sur la nécessité d’accroître “fortement” la baisse des émissions, qui dépendait en 2024 “en grande partie de facteurs conjoncturels”, comme la météo. L’évolution de l’année passée est permise d’abord par une baisse marquée dans le secteur de l’industrie (-3,4%) mais sur fond de “diminution continue de l’activité industrielle”, en particulier pour la chimie, la production de ciment et la métallurgie.Suivent l’agriculture, avec une réduction des émissions principalement liée à celle du cheptel bovin, et les transports, avec une diminution des consommations de carburants dans le transport routier. Les émissions du bâtiment sont en légère baisse, en lien avec les variations des consommations de fioul et de gaz naturel, mais très loin de l’effort requis.Enfin, les émissions du secteur de l’énergie sont pour leur part quasi-stables, après les importantes baisses de ces dernières années.Le Citepa note la légère baisse des émissions liées à la production d’électricité, déjà très décarbonée avec le poids du nucléaire et l’essor des renouvelables, mais limitée par une augmentation attendue dans le raffinage des hydrocarbures, liée à une “reprise d’activité” en 2025.