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Manipulation de cours et corruption: décision jeudi pour l’ex-PDG de Casino Jean-Charles Naouri

L’ex-PDG de Casino Jean-Charles Naouri doit connaître jeudi son sort judiciaire, poursuivi pour corruption et manipulation de cours, tout comme la société de grande distribution, trois anciens cadres et le patron de presse Nicolas Miguet.Le tribunal correctionnel de Paris doit rendre sa décision à 13H30.Lors de leur réquisitoire, mi-octobre, les deux procureurs du parquet national financier avaient demandé quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis et aménagement de la partie ferme, ainsi que 2 millions d’euros d’amende contre M. Naouri.Ils avaient également réclamé 75 millions d’euros d’amende contre la société Casino en tant que personne morale.Lors des débats, les représentants du parquet avaient pointé une manipulation de cours “orchestrée par Casino” de septembre 2018 à juin 2019, mais aussi l'”intention frauduleuse des dirigeants et cadres de Casino ainsi que de Nicolas Miguet dans la diffusion d’un +feuilleton manipulatoire+”.Sous couvert d’une convention de prestation de conseils d’environ 800.000 euros, ce dernier avait, selon l’accusation, utilisé ses différents canaux de diffusion pour défendre le cours de Bourse de l’entreprise, notamment auprès d’actionnaires individuels. Et ce, sans informer son public de ses liens financiers avec le groupe.A l’époque des faits reprochés, Casino était sous le feu d’analystes financiers s’inquiétant de sa solvabilité et était pressé par les marchés de réduire son endettement. Début septembre 2018, l’action Casino était tombée au plus bas jusqu’alors, autour de 25 euros.Tous les prévenus ont réclamé leur relaxe.Reprise depuis 2024 dans l’escarcelle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, l’enseigne avaient déploré des réquisitions “disproportionnées”, faisant valoir que “le Nouveau Casino n’a plus rien à voir ni par sa taille, ni par sa situation financière ou sa gouvernance, avec celui qu’il était à l’époque des faits”.A l’encontre de Nicolas Miguet, des peines de quatre ans d’emprisonnement avec exécution immédiate et 850.000 euros d’amende à titre personnel ont été requises, ainsi que 1.500.000 euros d’amende pour ses diverses sociétés.Le parquet avait par ailleurs réclamé des peines de deux à trois ans d’emprisonnement avec sursis et des amendes de 300.000 à 500.000 euros à l’encontre des trois ex-cadres de Casino.

La Fed gèle ses taux, se dit toujours étanche aux pressions politiques

Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell a dit “espérer” mercredi que la politique monétaire ne se laisserait jamais contaminer par la “politique politicienne” après que l’institution a décidé de laisser les taux d’intérêt inchangés, contre l’avis de Donald Trump.A l’issue de sa première réunion de l’année, la banque centrale des Etats-Unis a en effet maintenu les taux directeurs entre 3,50% et 3,75% après avoir les avoir réduits de trois quarts de point de pourcentage dans les derniers mois de 2025.Ce retour au statu quo a été désapprouvé par deux des douze responsables de la banque centrale des Etats-Unis: les gouverneurs Stephen Miran et Christopher Waller voulaient une nouvelle diminution d’un quart de point de pourcentage.L’opposition de M. Miran n’est pas une surprise.Entré à la Fed en septembre sur proposition de M. Trump, il plaide depuis lors pour de franches baisses de taux.Il a été rejoint par M. Waller, nommé gouverneur pendant le premier mandat de M. Trump.Le vote de Christopher Waller a été remarqué dans la mesure où il est en lice, avec trois autres personnes, pour prendre la suite de Jerome Powell, dont le mandat prendra fin en mai. Le président Trump cherche à placer à la tête de l’institution un banquier central qui pense, comme lui, que les taux devraient être nettement plus bas.Il veut ainsi doper l’activité économique et réduire les coûts de financement de la dette publique des Etats-Unis. Selon lui, l’inflation n’est plus un problème.Celle-ci atteignait cependant 2,8% en novembre et a probablement accéléré à 2,9% en décembre, a souligné M. Powell mercredi, lors de sa traditionnelle conférence de presse.- Pas de “politique politicienne” -A cette occasion, Jerome Powell s’est un peu plus départi de sa réserve caractéristique pour continuer à défendre l’indépendance de la Fed.Il a récemment révélé faire l’objet d’une procédure lancée par le ministère de la Justice pouvant aboutir à des poursuites pénales, concernant l’important coût des travaux de rénovation du siège de la banque centrale à Washington. M. Powell a dénoncé un “prétexte” et une tentative d’intimider une institution qui ne suit pas “les préconisations du président” des Etats-Unis en matière de politique monétaire.Interrogé mercredi sur le conseil qu’il pouvait donner à son successeur, il a répondu: “Rester en dehors de la politique politicienne.””Si on perd (l’indépendance de la Fed, NDLR), il sera difficile de la retrouver. Nous ne l’avons pas perdue. Je ne pense pas que cela arrivera. J’espère sincèrement que cela n’arrivera pas”, a-t-il aussi déclaré.M. Powell a également défendu sa présence à une audience de la Cour suprême le 21 janvier concernant la tentative de révocation par M. Trump d’une de ses collègues de la Fed, la gouverneure Lisa Cook. C’est “peut-être l’affaire judiciaire la plus importante en 113 ans d’existence de la Fed. (…) J’aurais eu du mal à expliquer mon absence”, a plaidé l’ancien avocat.Le ministre des Finances, Scott Bessent, avait qualifié d'”erreur” la présence de M. Powell à l’audience.- Economie “robuste” -La Fed a par ailleurs montré qu’elle n’était pas pressée de recommencer à baisser ses taux. Dans son communiqué, elle souligne que la croissance est “robuste”, suggérant par là qu’un soutien supplémentaire – via une baisse des taux d’intérêt et donc des coûts d’emprunt – ne semble pas s’imposer.La banque centrale a aussi changé sa façon de qualifier la situation sur le marché du travail américain: le taux de chômage présente “des signes de stabilisation” (il était de 4,4% en décembre), estime-t-elle désormais.Message reçu cinq sur cinq par les marchés financiers, qui n’attendent pas de nouvelle détente avant la réunion de juin, au mieux, selon l’outil de veille CME FedWatch.

Le bénéfice net de Samsung bondit d’un tiers en 2025, tiré par l’IA

Le géant sud-coréen des technologies Samsung a annoncé une hausse de près d’un tiers de son bénéfice net en 2025, tiré par l’IA, dont le développement devrait encore constituer un robuste moteur de croissance cette année selon le groupe.Sur l’année, le bénéfice net s’élève à 45.200 milliards de won (31,6 milliards de dollars), en hausse de 31% par rapport à 2024, indique l’entreprise, qui publie également un résultat opérationnel record au 4e trimestre 2025. L’essor de l’intelligence artificielle (IA) fait grimper la demande générale et les prix des puces, notamment celle de puces mémoire à large bande passante, utilisées dans les serveurs IA. L’explosion de cette demande de puces a entraîné une pénurie dans l’électronique grand public, menaçant d’augmenter les prix des téléphones, des ordinateurs portables et d’autres appareils. Une tendance qui devrait se poursuivre, prévoit la société sud-coréenne, qui dit s’attendre en 2026 à ce que “la demande en matière d’IA et de serveurs continue d’augmenter, ce qui ouvrira davantage de possibilités de croissance structurelle”.Elle a fait valoir des investissements à hauteur de 33,2 milliards de dollars dans des installations de production de puces, s’engageant à poursuivre ses dépenses pour les moderniser.Au 4e trimestre, le résultat opérationnel de Samsung s’établit à 14 milliards de dollars, soit un triplement par rapport à la même période l’année précédente. Un record, selon l’entreprise.Ses ventes de semiconducteurs ont, elles, augmenté de 33% au 4e trimestre par rapport à la même période l’an dernier.- Les Sud-Coréens en pointe -Samsung publie ses résultats un jour après son principal concurrent SK hynix, qui a vu son résultat d’exploitation doubler l’an dernier pour atteindre un niveau record, lui aussi porté par l’essor de l’IA.Les deux géants sud-coréens comptent parmi les principaux producteurs mondiaux de puces mémoire et fournissent des composants perfectionnés essentiels au développement de l’IA et aux centres de données qui alimentent ce secteur. SK hynix a annoncé mercredi un résultat d’exploitation annuel atteignant 47.200 milliards de wons en 2025 (33 milliards de dollars). Portées par la vague de l’IA, les actions de l’entreprise ont bondi d’environ 220% au cours des six derniers mois, quand celles de Samsung Electronics ont grimpé d’environ 130%. Les deux entreprises continuent à se perfectionner et sont proches de produire des puces de nouvelle génération “HBM4” destinées aux centres de données IA. Samsung doit en lancer la production dès février selon des informations de presse, et devrait compter la société américaine Nvidia parmi ses clients.Le gouvernement sud-coréen s’est engagé à devenir l’une des trois premières puissances mondiales en matière d’IA, derrière les États-Unis et la Chine.En novembre, le président Lee Jae Myung avait déjà annoncé avoir triplé par rapport à 2024 l’enveloppe consacrée à l’intelligence artificielle dans le projet de budget 2026, assurant ainsi “marquer l’entrée dans l’ère de l’IA”. 

Wall Street pas surprise par la Fed, en attendant les résultats des géants de la tech

La Bourse de New York a terminé sans élan mercredi, pas perturbée par la décision de la Réserve fédérale (Fed) de maintenir ses taux inchangés, les investisseurs attendant avec impatience les résultats trimestriels des poids lourds technologiquesLe Dow Jones a grappillé 0,02% et l’indice Nasdaq a pris 0,17%. Après avoir franchi le seuil symbolique des 7.000 points pour la première fois de son histoire en début de séance, l’indice élargi S&P 500 a finalement lâché 0,01%.”Le marché n’a pas vraiment réagi à la décision de la Fed”, a commenté auprès de l’AFP Adam Sarhan, analyste de 50 Park Investments.Les investisseurs s’attendaient massivement à ce que les taux directeurs restent dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%, après trois baisses successives en autant de réunions, fin 2025.Avec cette décision, “la Fed affiche sa confiance, et non son hésitation”, a jugé Gina Bolvin, analyste de Bolvin Wealth Management.La Fed a expliqué dans un communiqué que la croissance était “robuste” aux Etats-Unis, suggérant par là que l’économie n’avait pas besoin de soutien supplémentaire.Selon Mme Bolvin, “les marchés interprètent cela comme une pause stratégique, et non comme un changement de politique”.Deux des douze responsables de la banque centrale ont d’ailleurs voté pour une nouvelle baisse de taux.Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l’Etat américain se tendait légèrement par rapport à la veille, évoluant à 4,25% vers 21H10 GMT, contre 4,24% à la clôture mardi.L’échéance à deux ans, plus sensible aux évolutions de politique monétaire, était à 3,58% contre 3,57% la veille.Pour Adam Sarhan, le regard des acteurs du marché reste rivé sur la saison des résultats.”Après la clôture aujourd’hui et demain, de nombreuses grandes entreprises technologiques publieront leurs résultats, ce qui pourrait avoir un impact beaucoup plus fort sur le marché que l’inaction de la Fed”, a anticipé l’analyste.Les performances financières de Meta, Microsoft et Tesla sont attendues mercredi, celles d’Apple jeudi.Ces publications “seront dominées par l’intelligence artificielle et la manière dont cette technologie moderne influence les plans de dépenses et stimule la croissance des revenus et des bénéfices”, selon Jose Torres, analyste d’Interactive Brokers.Côté entreprises, la société de matériel informatique Seagate (+19,14% à 442,93 dollars) s’est envolée, portée par des performances financières largement au-dessus des attentes lors du dernier trimestre. Le bénéfice net par action sur la période a été de 3,11 dollars. Les analystes tablaient sur 2,81 dollars.Le géant des puces électroniques Intel (+11,04% à 78,78 dollars) a bondi après un article du média DigiTimes assurant que Nvidia (+1,59%) aurait choisi Intel pour fabriquer ses semi-conducteurs à partir de 2028, au lieu de TSMC (+1,14%) actuellement.Le groupe américain de télécoms AT&T (+4,70% à 24,08 dollars) a été recherché, porté par des résultats trimestriels et des prévisions annuelles supérieurs aux attentes. La société a notamment réalisé un chiffre d’affaires de 33,47 milliards de dollars sur les trois derniers mois de 2025, contre 32,87 milliards escomptés.

Mélenchon veut que les gazoducs Nord Stream soient “remis en route”

Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a de nouveau proposé mercredi de “ramener la Russie dans le concert européen” et a dit souhaiter que les gazoducs russes Nord Stream soient “remis en route” Plus que jamais en pré-campagne présidentielle pour 2027, le fondateur de LFI a tenu une conférence, à laquelle assistait la presse internationale, de plus d’une heure et demie devant des élus et militants insoumis.”Nous n’acceptons pas l’idée que nous soyons obligés d’acheter du gaz et du pétrole américains”, a expliqué M. Mélenchon, qui ne cesse de militer pour le “non-alignement”, terme issu de la Guerre froide et qui désignait les pays qui ne souhaitaient se rapprocher ni de Moscou ni de Washington.”Il faut remettre en route Nord Stream et que ceux qui l’ont saboté soient arrêtés et punis. Rétablir Nord Stream veut dire d’un seul coup baisser le prix de l’énergie en Europe”, a-t-il insisté.La Russie a perdu le marché européen du gaz à la suite des sanctions la visant et du sabotage des gazoducs Nord Stream, qui appartiennent au géant gazier russe Gazprom, en septembre 2022.Jean-Luc Mélenchon est régulièrement accusé de complaisance envers la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, ce qu’il réfute. “Il est question de céder des territoires” ukrainiens à la Russie, a-t-il également expliqué. “Qu’on les cède ou qu’on ne les cède pas (…) on doit voter”, a-t-il encore déclaré.”On doit voter dans le Donbass et la zone sud de l’Ukraine pour qu’on sache ce que veulent les populations”, a-t-il insisté.”Nous n’acceptons pas l’idée que la Russie soit expulsé de l’Europe”, a résumé le leader de la gauche radicale, en reprenant la formule du général de Gaulle d’une Europe “de l’Atlantique à l’Oural”. M. Mélenchon s’exprimait devant un drapeau français et un drapeau de l’ONU, mais sans le drapeau européen. “Jamais les conditions n’ont été aussi bonnes pour expliquer pourquoi le non-alignement rend nécessaire et possible un partenariat privilégié avec la Chine et avec l’Inde. Qui bien sûr sont des régimes qui ne nous conviennent pas”, a-t-il également déclaré, alors que les Insoumis sont souvent critiqués pour leur refus de qualifier le régime de Pékin de “dictature”.

L’Allemagne moins optimiste sur la croissance en 2026

Les espoirs d’une reprise rapide en Allemagne se dissipent: Berlin a abaissé mercredi sa prévision de croissance pour 2026, la relance budgétaire peinant à produire ses effets, tandis que les tensions commerciales et la crise industrielle persistent.Le Produit Intérieur Brut (PIB) de l’Allemagne devrait croître de 1% selon le rapport annuel du ministère de l’économie, qui tablait à l’automne sur un rebond de 1,3%. Le constat est amer pour la coalition du chancelier Friedrich Merz, qui promettait, depuis son intronisation en mai, une embellie en 2026 grâce aux centaines de milliards d’euros d’investissements publics adoptés pour moderniser la défense et les infrastructures. Neuf mois plus tard, sa ministre de l’Economie Katherina Reiche se voit confrontée au mécontentement croissant de la population et du patronat, qui réclame d’autres réformes pour relancer la première économie européenne. – “Légère trajectoire de reprise” -“Les impulsions attendues [de la relance budgétaire] ne se sont pas concrétisées aussi rapidement et dans la mesure que nous l’avions prévu”, a reconnu la ministre conservatrice lors d’une conférence de presse. Certes, ce “bazooka” d’investissements devrait représenter deux tiers de la croissance engrangée cette année, et redresser la consommation des ménages et des administrations publiques.De quoi engager le PIB sur une “légère trajectoire de reprise” selon la ministre, après une mini-croissance de 0,2% en 2025 et deux années consécutives de récession.Mais “les perspectives de croissance structurelle restent sensiblement affaiblies”, note le rapport.Pour 2027, le gouvernement a aussi revu à la baisse sa prévision, de 1,4% à 1,3% du PIB.Comme l’an dernier, les exportations allemandes, ancien moteur de la croissance, vont souffrir en 2026 d’un environnement mondial “très difficile” selon Mme Reiche, entre avalanche de droits de douane américains et concurrence chinoise.Les exportations vers les Etats-Unis, son ancien premier partenaire commercial, se sont effondrées de 9,4% entre janvier et novembre 2025, par rapport à 2024.”Les menaces de relèvement des droits de douane, comme récemment aux États-Unis, créent en outre des incertitudes”, a ajouté Katherina Reiche.Elle note toutefois “une nette reprise” dans le secteur industriel en crise, avec une embellie de la production et des commandes, notamment dans les biens d’équipements.Mais les défis restent colossaux pour redresser une industrie allemande à la dérive, qui réclame une nette baisse des prix de l’énergie et un allègement de la bureaucratie.- Début d’année “poussif” -Cette révision à la baisse du gouvernement “n’est pas surprenante”, affirme à l’AFP l’économiste Felix Schmidt, chez Berenberg.Il pointe en particulier “un début d’année poussif, comme suggéré par l’indice du climat des affaires de l’institut Ifo pour janvier”, publié lundi.”Cela laisse présager une croissance très faible au premier trimestre et cela abaisse la base de référence pour les prévisions 2026″, affirme à l’AFP Jörg Krämer, chef économiste chez Commerzbank.Afin que les dépenses supplémentaires de l’Etat “ne se transforment pas en coûteux feu de paille, des réformes d’accompagnement seront également nécessaires”, prévient M.Schmidt.Mme Reiche a défendu l’action du gouvernement pour aider les entreprises et ménages, notamment via des allègements fiscaux, un premier pas selon les fédérations professionnelles du pays.Cette année, le camp de Friedrich Merz promet une réforme d’ampleur du système de prestations sociales, jugé trop coûteux, et le chancelier répète sa volonté d’augmenter le temps de travail pour accroître la productivité.Reste que neuf mois après son entrée en fonction, Katherina Reiche ne recueille que 18% d’avis favorable dans la population, selon un sondage de l’institut Forsa. C’est pire que son prédécesseur écologiste Robert Habeck qui est resté 3 ans en fonction.

La Fed gèle ses taux contre l’avis de deux responsables

La Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé mercredi de laisser ses taux d’intérêt inchangés, une décision qui interrompt la série de baisses enclenchée en septembre et a été désapprouvée par deux hauts responsables nommés par Trump.La banque centrale explique dans son communiqué que la croissance apparaît “robuste” aux Etats-Unis, suggérant que l’économie n’a pas besoin de soutien supplémentaire.Sur douze votants, deux se sont opposés à cette décision parce qu’ils voulaient continuer à lâcher du lest: les gouverneurs Stephen Miran et Christopher Waller.Les investisseurs s’attendaient massivement à ce que les taux directeurs restent dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%, après trois baisses successives en autant de réunions, fin 2025.La défection du gouverneur Stephen Miran n’est pas non plus une surprise.Entré à la Fed en septembre à la demande de Donald Trump et après une confirmation express du Sénat, il plaide depuis lors pour une politique monétaire beaucoup moins restrictive.Cette fois, il n’a toutefois pas voté pour une diminution des taux très marquée, d’un demi point de pourcentage, mais plaidé pour une diminution plus conventionnelle, d’un quart de point. Il a été rejoint par M. Waller, nommé gouverneur pendant le premier mandat de Donald Trump.Son cas est particulier dans la mesure où il figure dans la liste des quatre favoris de l’exécutif, en lice pour prendre la suite de Jerome Powell, dont le mandat prendra fin en mai. M. Powell tient comme de coutume une conférence de presse très attendue à 19H30 GMT.- Qui pour succéder à Powell ? -La banque centrale avait laissé ses taux inchangés une grande partie de l’année 2025, inquiète de voir les droits de douane mis en place par Donald Trump faire dérailler les prix. Elle a fini par enclencher une détente à partir de septembre, motivée par des créations d’emplois atones. Mais les divisions ont grandi en son sein, du fait du manque de progrès sur l’inflation.Dans son communiqué, la Réserve fédérale a changé sa façon de qualifier la situation sur le marché du travail. Elle souligne désormais que le taux de chômage “a présenté des signes de stabilisation” (il était de 4,4% en décembre).Le président Trump cherche à placer à la tête de l’institution un banquier central plus conciliant.Il veut une politique monétaire très souple pour doper l’activité et réduire les coûts de financement de la dette publique. Selon lui, l’inflation n’est plus un problème.Elle était encore en progression de 2,8% en novembre. Et cela fait cinq ans que son rythme est plus élevé que le niveau souhaité par la Fed (2%).La faiblesse du dollar n’arrange pas les affaires des consommateurs américains: elle renchérit le prix des produits importés, déjà frappés par les droits de douane mis en place par Donald Trump.”Seul le président (Trump) sait” quand il annoncera le nom de la personne qu’il veut voir diriger la Fed, a déclaré son ministre des Finances Scott Bessent, lors d’une interview mercredi à la chaîne de télévision économique CNBC.Toute nomination doit être confirmée par le Sénat à majorité républicaine. Des alliés de Donald Trump n’ont pas apprécié les récents développements autour la Fed et commencé à s’inquiéter des assauts répétés de l’exécutif contre l’indépendance de l’institution monétaire.Après avoir encaissé sans broncher pendant des mois les insultes et menaces du chef de l’Etat, Jerome Powell a fini par prendre solennellement la parole le 11 janvier, dans un message vidéo.Il a révélé faire l’objet d’une procédure lancée par le ministère de la Justice pouvant aboutir à des poursuites pénales, concernant l’important coût des travaux de rénovation du siège de la Fed à Washington. Un “prétexte”, selon M. Powell, qui a dénoncé une tentative d’intimider l’institution parce qu’elle ne suit pas “les préconisations du président” des Etats-Unis en matière de politique monétaire.

Amazon supprime 16.000 postes de plus dans le monde

Le géant du e-commerce américain Amazon a annoncé mercredi la suppression de 16.000 postes dans le monde, poursuivant un mouvement de réduction des coûts qu’il assure être justifié par la lutte contre la bureaucratie plutôt que par la révolution de l’intelligence artificielle, pour l’instant.Cette annonce, adressée aux employés mercredi matin, était attendue depuis celle de la suppression de 14.000 postes en octobre, que la presse américaine avait présenté comme la première étape d’une vague de 30.000 suppressions au total dans les postes de bureaux.”Comme je l’ai indiqué en octobre, nous avons travaillé à renforcer notre organisation en réduisant les strates, en accroissant la responsabilisation et en supprimant la bureaucratie”, a expliqué Beth Galetti, la vice-présidente chargée des ressources humaines et de la technologie dans son message aux salariés, ensuite mis en ligne sur le site du groupe.”Si de nombreuses équipes ont finalisé leurs changements organisationnels en octobre, d’autres n’ont achevé ce travail que maintenant”, a-t-elle ajouté pour justifier le plan en deux phases.Dès juin l’an dernier, le patron d’Amazon Andy Jassy avait affiché sa volonté de réduire les coûts et annoncé que le développement de l’IA allait, “dans les prochaines années (…) réduire [leurs] effectifs de bureaux”.Il a par la suite assuré que l’IA n’était pas la raison principale de la restructuration en cours du groupe, qui a toutefois engagé des dépenses d’investissement record dans cette révolution technologique, comme la plupart de ses rivaux.Cette vague de suppressions d’emplois n’est “pas vraiment motivée par des raisons financières ni même vraiment par l’IA, du moins pas maintenant”, avait-il déclaré aux investisseurs cet automne. “C’est culturel”.La restructuration, qui vise des fonctions supports ou stratégiques (ressources humaines, publicité, cadres, etc), représente près de 10% des 350.000 postes de bureaux du groupe. Elle ne concerne pas la main d’oeuvre des entrepôts, qui représente la majorité des plus de 1,5 million de salariés d’Amazon.- investissements massifs -“Les suppressions que nous mettons en œuvre aujourd’hui auront un impact sur environ 16.000 postes à travers Amazon et nous travaillons (…) pour soutenir toutes les personnes dont le poste est touché”, a expliqué mercredi Beth Galetti.La dirigeante a précisé que le groupe entendait continuer d’embaucher en parallèle et que de nouveaux postes en interne seraient proposés aux salariés lorsque c’est possible. Un accompagnement de transition sera offert aux autres, a-t-elle indiqué.A l’en croire, de nouvelles coupes ne sont pas à exclure: “Certains d’entre vous se demanderont peut‑être si c’est le début d’un nouveau rythme où nous annoncerions des réductions d’ampleur tous les quelques mois. Ce n’est pas notre intention. Mais, comme nous l’avons toujours fait, chaque équipe continuera d’évaluer la responsabilité, la rapidité et la capacité à innover pour les clients, et d’apporter les ajustements appropriés”, a écrit Beth Galetti.Débuté en 2021, le mandat du PDG Andy Jassy avait déjà été marqué par un mouvement similaire, avec 27.000 suppressions de postes lors de l’hiver 2022-2023. A l’instar des autres géants de la technologie, Amazon multiplie les investissements massifs pour pouvoir prendre une part du gâteau de la révolution IA. Il mise en particulier sur les performances de sa filiale Amazon Web Services (AWS), numéro 1 mondial de l’informatique en ligne, engagée dans une course face à ses poursuivants qui gagnent du terrain, Microsoft Azure et Google Cloud. Les dépenses pour développer de nouvelles puces ou des services à base d’IA sont exponentielles. Amazon a annoncé courant décembre qu’il allait investir plus de 35 milliards de dollars en Inde, notamment sur les technologies IA.

La Bourse de Paris termine en nette baisse, plombée par le luxe

La Bourse de Paris a terminé en nette baisse mercredi, minée par le secteur du luxe, tiré vers le bas par LVMH dont les résultats ont déçu les investisseurs.Le CAC 40 a perdu 1,06% à 8.066,68 points, en baisse de 86,14 points. La veille, l’indice avait terminé en baisse de 0,27% pour finir à 8.152,82 points.La baisse s’explique par les valorisations du secteur du luxe, en nette baisse.L’action LVMH a dégringolé 7,89% à 542,8 euros l’action après la publication la veille de résultats qui ont déçu les investisseurs. Le numéro un mondial du luxe a annoncé mardi un bénéfice net en baisse de 13% en 2025, à 10,9 milliards d’euros, pénalisé notamment par la surtaxe exceptionnelle imposée aux grandes entreprises au nom du redressement des finances publiques françaises.Le propriétaire de Louis Vuitton, Dior, Celine, Moët & Chandon ou encore Hennessy a vu son chiffre d’affaires reculer de 5% à 80,8 milliards d’euros.Le géant du luxe a entraîné dans son sillage Kering (-3,02% à 266,20 euros), Hermès (-3,76% à 2.050 euros).La place française était également en attente de la mise à jour de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), à 19H00 GMT.”Il est largement attendu que la banque maintienne les taux entre 3,50% et 3,75%, mais la déclaration du président de l’institution, Jerome Powell, pourrait déclencher de la volatilité”, commente Emma Wall, stratégiste en chef des investissements chez Hargreaves Lansdown.La longue séquence budgétaire française touche de son côté à sa fin.L’alliance majoritaire au Sénat a acté mercredi le dépôt d’une motion visant à rejeter d’emblée le projet de budget pour 2026, examiné jeudi matin en nouvelle lecture, ouvrant la voie à une adoption définitive du texte en début de semaine prochaine après un ultime 49.3 à l’Assemblée nationale.La commission des Finances de la chambre haute, qui s’est réunie mercredi, a décidé de ne pas allonger plus longtemps les débats budgétaires, ouverts depuis le début de l’automne.Sur le marché de la dette, le taux d’intérêt de l’emprunt français à échéance dix ans est resté stable à 3,43%. Son équivalent allemand, référence en Europe, a fini à 2,86%, en légère baisse.La tech dans le vertSTMicroelectronics (+2,19% à 24,97 euros) a terminé dans le vert mercredi, dans le sillage des résultats du géant néerlandais de la technologie ASML, qui a affiché un bond de son bénéfice net en 2025 et de ses commandes au quatrième trimestre, bien accueilli par les investisseurs.

Greenpeace dénonce la poursuite du commerce nucléaire entre France et Russie, toujours exempté de sanctions

Près de quatre ans après l’invasion de l’Ukraine, Greenpeace dénonce dans un nouveau rapport la poursuite du commerce nucléaire entre la France et la Russie, un secteur jusque-là resté épargné par les sanctions européennes et devenu source d’embarras au sein des 27.Ni la France ni l’UE n’ont “mis fin à leurs relations commerciales avec Rosatom”, le géant nucléaire public russe, déplore l’ONG, dans cette nouvelle analyse parue mercredi.”Le gouvernement français et l’Europe doivent sanctionner Rosatom pour envoyer un signal fort et mettre fin à l’impunité dont jouit la première entreprise au monde à avoir pris les commandes d’une centrale nucléaire étrangère par la force (Zaporijjia, en Ukraine)”, a déclaré Pauline Boyer, chargée de campagne pour Greenpeace France.L’Union européenne voudrait devenir totalement indépendante de l’énergie russe, pour priver Moscou d’une manne qui finance la guerre en Ukraine. Les Européens ont déjà adopté une interdiction du gaz russe à l’automne 2027. Mais le calendrier demeure incertain pour le pétrole russe, encore utilisé en Hongrie et en Slovaquie, et pour l’atome civil. Le sujet est l’objet de tractations délicates avec certains pays, en particulier la France, qui ne veut pas affaiblir sa filière nucléaire. La France n’importe certes pas d’uranium naturel de Russie, mais les registres des Douanes analysés par Greenpeace montrent qu’elle importe encore des quantités importantes d’uranium enrichi en Russie et d’uranium naturel provenant du Kazakhstan et d’Ouzbékistan et transitant par ce pays.”Certains États membres dépendent toujours du combustible russe, et nous devons nous assurer que nous disposons de sources alternatives. Dès que ce sera le cas, bien sûr en étroite concertation avec les États membres concernés, je présenterai la proposition”, a déclaré mercredi le commissaire européen à l’énergie Dan Jorgensen.Après son extraction des mines, l’uranium naturel doit être converti puis enrichi pour être transformé en combustible pour les centrales nucléaires.La France dispose d’une usine d’enrichissement, au Tricastin (Drôme), gérée par Orano, le géant français du cycle du combustible, qui est en train d’agrandir ses capacités. Mais elle fait aussi appel à d’autres pays, dont les Pays-Bas et la Russie, poids-lourd mondial de l’enrichissement.- “Diversification” -Depuis 2022, la part de l’uranium enrichi russe dans le total des importations françaises pour ces matières a chuté. Elle représentait alors 67% et cette part a régressé régulièrement mais atteignait encore 18% entre janvier et septembre 2025, “sous forme d’uranium naturel enrichi ou d’uranium de retraitement (uranium recyclé, NDLR) ré-enrichi (URE)”, selon l’étude de Greenpeace.Outre cet uranium enrichi, à fin septembre 2025, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, deux ex-républiques soviétiques, ont fourni la moitié (49,9%) de l’uranium naturel importé en France.Or selon Greenpeace, “une grande partie” de ces importations “transite toujours par le territoire russe entre les mains de Rosatom avant d’être livrée aux ports de Dunkerque ou de Rotterdam et acheminée notamment vers les usines Orano”, spécialiste du cycle de l’uranium. Contacté par l’AFP, le groupe français précise que sa quote-part de production “provenant du Kazakhstan est destinée pour l’essentiel à des clients chinois” et dit ne pas être l’unique fournisseur de la France.EDF assure “maximise(r) la diversification de ses sources géographiques et de ses fournisseurs”, en matières nucléaires: “nous ne sommes dépendants d’aucun site, d’aucune société et d’aucun pays”, selon une porte-parole à l’AFP.Mais EDF reste lié à un contrat conclu en 2018, avec la filiale de Rosatom, Tenex, pour le recyclage de l’uranium issu du retraitement (URT) des combustibles usés du groupe français. Cet uranium recyclé est actuellement utilisé dans une seule centrale française, à Cruas, après avoir été converti puis ré-enrichi. Selon EDF, “depuis 2024, l’enrichissement est réalisé en partie en Europe aux Pays-Bas et en Russie”, et la conversion en Russie, qui dispose de la seule usine au monde capable d’effectuer cette opération. Alors quelle alternative? EDF évoque des “discussions avec plusieurs fournisseurs” pour développer une usine de conversion d’URT “en Europe de l’Ouest. Selon le ministère de l’Economie, le gouvernement discute “activement” avec “ses partenaires et la Commission européenne” sur l’accroissement de capacités de conversion et enrichissement en Europe et dans l’OCDE.