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Semi-conducteurs: Washington décroche des investissements taïwanais massifs pour réduire sa dépendance

Les Etats-Unis ont conclu un accord majeur avec Taïwan pour que la production de semi-conducteurs soit développée massivement sur le sol américain et réduire ainsi leur dépendance, en échange d’une baisse des droits de douane sur les produits taïwanais.”Nous avons besoin de ces semi-conducteurs pour notre sécurité nationale, qu’ils soient fabriqués aux Etats-Unis”, a déclaré jeudi le ministre américain au Commerce, Howard Lutnick, à la chaîne CNBC, après des mois de négociations.”Nous ne pouvons pas nous appuyer sur un pays situé à près de 15.000 km pour nous livrer ces produits qui sont essentiels à notre sécurité nationale”, a-t-il ajouté, souhaitant voir son pays “autosuffisant” en la matière.L’accord conclu prévoit des investissements “d’au moins 250 milliards de dollars” aux Etats-Unis par les entreprises taïwanaises de semi-conducteurs, pour y développer la production, entre autres, de puces avancées. Mais aussi 250 milliards de dollars de garantie de crédit qui permettront de “renforcer l’écosystème et la chaîne d’approvisionnement en semi-conducteurs aux Etats-Unis”, a indiqué le ministère du Commerce dans un communiqué.”Notre objectif est d’amener 40% de la chaîne d’approvisionnement taïwanaise en semi-conducteurs ici, aux Etats-Unis”, a déclaré M. Lutnick sur CNBC.Selon le communiqué, le gouvernement de Taipei doit pour sa part soutenir les investissements américains dans l’industrie taïwanaise des semi-conducteurs, l’intelligence artificielle (IA) ou encore les technologies de défense.L’île fabrique plus de la moitié des puces au niveau mondial, et presque la totalité des plus avancées, utilisées aussi bien dans les smartphones que les centres de données nécessaires à l’IA.Cette domination est considérée comme un “bouclier de silicium” pour la sécurité de l’île, qui la protégerait d’un blocus ou d’une invasion par la Chine communiste – qui considère l’île comme une partie de son territoire – et inciterait les Etats-Unis à la défendre.”D’après les prévisions actuelles, Taïwan restera le premier producteur mondial de semi-conducteurs pour l’IA, non seulement pour les entreprises taïwanaises, mais aussi à l’échelle mondiale”, a affirmé vendredi le ministre taïwanais des Affaires économiques Kung Ming-hsin.- Accord “durement gagné” -Taipei et Washington avaient entamé des négociations en avril, dans le sillage de l’offensive du président Donald Trump, qui a imposé des droits de douane à la plupart des partenaires commerciaux des Etats-Unis.Le président américain avait menacé d’imposer une taxe douanière de 32% sur les exportations taïwanaises, avant de l’abaisser à 20%.L’accord annoncé jeudi réduit finalement ce taux à 15%.Cela revient à mettre les droits de douane appliqués aux produits taïwanais sur un pied d’égalité avec ceux visant les produits européens ou japonais, également encadrés par des accords commerciaux signés ces derniers mois.Les produits taïwanais concernés par des droits de douane sectoriels comme les pièces automobiles ou le bois de construction ne seront pas taxés à plus de 15%.Dans le même temps, les médicaments génériques, leurs principes actifs, les ressources naturelles non disponibles aux Etats-Unis ou les composants pour l’aviation ne se verront appliquer aucun droit de douane.Le Premier ministre de Taïwan, Cho Jung-tai, a salué vendredi un accord commercial “durement gagné” et félicité les négociateurs taïwanais pour avoir un “réussi un coup de maître”.- “Pied d’égalité” -“C’est une bonne chose que ces droits de douane réciproques aient été abaissés à 15%: au moins, cela nous place sur un pied d’égalité avec nos principaux concurrents, la Corée du Sud et le Japon”, observe Chris Wu, responsable des ventes pour le fabricant taïwanais de machines Hitech Corp.Mais compte tenu des marges de bénéfice à un chiffre de l’entreprise, “il n’y a aucun moyen pour nous de pouvoir absorber” ces droits de douane, déplore-t-il.Le géant taïwanais des semi-conducteurs TSMC, dont le bénéfice net a bondi de 35% au quatrième trimestre 2025, avait déjà promis en début d’année dernière d’investir 100 milliards de dollars supplémentaires aux Etats-Unis.D’après M. Lutnick, TSMC a acheté du terrain et pourrait accroître sa présence en Arizona du fait de l’accord. La société n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.”En tant que fonderie de semi-conducteurs servant des clients dans le monde entier, nous nous réjouissons de la perspective d’accords commerciaux solides entre les États-Unis et Taïwan”, a réagi TSMC dans un communiqué vendredi. “Des relations commerciales renforcées sont essentielles pour faire progresser les technologies du futur et garantir une chaîne d’approvisionnement en semi-conducteurs résiliente”.Après avoir flambé de 4,5% à Wall Street, le titre TSMC gagnait encore quelque 3% à Taipei vendredi, où il est aussi coté.Mercredi, Washington avait annoncé qu’il imposerait 25% de droits de douane sur les semi-conducteurs qui transiteront via les Etats-Unis avant d’être réexportés vers leur pays de destination.Cette décision vient conclure une enquête, réalisée par les services du représentant au Commerce de la Maison Blanche, Jamieson Greer, afin de déterminer si ce marché présentait, ou non, un risque pour la sécurité nationale du pays.D’après le ministère américain du Commerce, les fabricants taïwanais qui investiront aux Etats-Unis feront l’objet d’un traitement plus favorable en matière de droits de douane.

Le Premier ministre canadien salue à Pékin un “nouveau partenariat” avec la Chine

Le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre canadien Mark Carney ont salué vendredi à Pékin l’avènement d’un nouveau partenariat, après des années de brouille entre leurs pays soumis aujourd’hui aux pressions américaines.”Je suis extrêmement heureux que nous allions de l’avant avec notre nouveau partenariat stratégique”, a dit M. Carney au début d’entretiens avec M. Xi, point d’orgue de la première visite d’un chef de gouvernement canadien en Chine depuis huit ans.Son hôte au Palais du peuple a parlé de “nouveau chapitre” ouvert en octobre lors de leur rencontre en marge d’un sommet Asie-Pacifique en Corée du Sud.Ces discussions, saluées à l’époque comme un “tournant” par M. Carney, ont ouvert la voie au réchauffement concrétisé cette semaine en Chine. M. Xi avait alors invité M. Carney en Chine.Depuis, les échanges entre les deux gouvernements pour “restaurer et relancer la coopération dans différents domaines (…) ont produit des résultats positifs”, a déclaré vendredi M. Xi. “J’en suis heureux”, a-t-il dit.Arrivé mercredi soir, M. Carney effectue en Chine jusqu’à samedi la première visite d’un chef de gouvernement canadien depuis celle de son prédécesseur Justin Trudeau en décembre 2017. Elle a pour objectif de tourner la page de plusieurs années de fâcherie et de stimuler les échanges commerciaux.- Canola et espionnage -Les rapports sino-canadiens se sont fortement dégradés en 2018 avec l’arrestation par les autorités canadiennes d’une responsable du géant chinois Huawei à la demande des Etats-Unis, suivie de l’emprisonnement de deux ressortissants canadiens en Chine, accusés d’espionnage par Pékin.Depuis l’été 2024, Ottawa et Pékin s’affrontent sur le front commercial: surtaxes canadiennes sur les véhicules électriques et l’acier chinois, et ripostes chinoises sur des produits agricoles canadiens, dont le canola, un oléagineux utilisé pour l’alimentation et les biocarburants, dont le Canada est l’un des principaux producteurs mondiaux.M. Carney s’est rendu en Chine pour chercher des progrès sur ces sujets, sans forcément viser le règlement des différends.Mais il espère aussi faire progresser son vœu de voir le Canada doubler ses exportations vers des pays autres que les Etats-Unis d’ici à 2035, afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de son voisin.Chine et Canada ont en commun de subir les effets des politiques agressives du président Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025.- “Progrès historiques” -Un nouveau partenariat entre les deux pays contribuera à “améliorer le système multilatéral, un système qui a été mis à rude épreuve ces dernières années”, a dit M. Carney vendredi au début de ses discussions avec M. Xi.”Nous nous concentrons sur des domaines où nous pouvons réaliser des progrès historiques: l’agriculture, l’énergie et la finance. C’est là que nous pouvons obtenir les résultats les plus rapides”, a-t-il dit.”Développer de manière saine et stable les relations sino-canadiennes sert les intérêts communs de nos deux pays et contribue à la paix, à la stabilité et à la prospérité mondiale”, a souligné M. Xi.La Chine est le deuxième partenaire commercial du Canada, derrière les Etats-Unis.Le volume des échanges de biens entre le Canada et la Chine s’est élevé à 89,62 milliards de dollars américains en 2025, avec un excédent de plus de 6 milliards en faveur de la Chine, selon des chiffres publiés mercredi par l’Etat chinois. Si les exportations de la Chine vers le Canada ont augmenté de 3,2% sur un an, ses importations de marchandises canadiennes ont diminué de 10,4%.

Matignon juge “impossible” l’adoption du budget par un vote, un 49.3 ou une ordonnance attendus

Matignon a acté jeudi soir que le vote d’un budget était “désormais impossible” à l’Assemblée nationale, le gouvernement officialisant le fait qu’il tranchera entre un recours au 49.3 ou à une ordonnance pour faire passer le texte. Pour tenter d’éviter ensuite la censure, il fera des propositions de “compromis” vendredi.”Il y a deux options devant nous”, le “49.3” ou une “ordonnance”, a déclaré jeudi soir la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin, interpellée par des députés pendant les débats sur le budget dans l’hémicycle.Un peu plus tôt, Matignon avait dénoncé, dans un communiqué, un “sabotage continu” de certaines formations politiques qui “rend désormais impossible l’adoption d’un budget par un vote de l’Assemblée nationale”.Ciblant explicitement le Rassemblement national et La France insoumise, les équipes du Premier ministre Sébastien Lecornu reprochent notamment au groupe de Marine Le Pen d’avoir fait voter une réduction de la dotation globale de fonctionnement (DGF) de 4,9 milliards d’euros, dans l’enveloppe des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales.”Si vous n’avez pas de budget aujourd’hui, ce n’est pas la faute du groupe Rassemblement National (…) ce n’est pas la faute des Insoumis (…) C’est parce que la majorité absolue du PS jusqu’aux LR, est incapable de se mettre d’accord sur un budget”, a rétorqué dans l’hémicycle le député RN Jean-Philippe Tanguy.Jeudi matin, le gouvernement a subi un autre revers important: son amendement sur la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, censé rapporter 6,3 milliards d’euros en 2026, étant sèchement battu, alors que la mesure est un point-clé de la négociation avec le PS.Et Matignon de déplorer que le déficit public “à ce stade” de la discussion se monte à “5,3%” du PIB, plus haut que les 5% au maximum souhaité par l’exécutif, “ce qui est inacceptable”. De quoi rendre “inéluctable” selon les équipes de Sébastien Lecornu le recours au 49.3 ou à une ordonnance inédite sous la Ve République, pour faire passer le budget.- “Propositions vendredi” -Le scénario pourrait être tranché d’ici mardi”, a confirmé l’entourage du Premier ministre. La décision doit être prise “quand les débats seront arrivés à leur terme”, a déclaré Amélie de Montchalin, alors que le vote sur la partie “recettes”, crucial pour l’avenir du texte, doit avoir lieu en fin de semaine ou en début de semaine prochaine. Un recours à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, permettrait au gouvernement de faire passer un budget sans vote en retenant les amendements de son choix. Mais il devrait l’utiliser potentiellement trois fois, s’exposant à chaque fois à une censure qui renverrait le texte dans la navette parlementaire.L’ordonnance budgétaire, c’est-à-dire la traduction du budget dans un texte qui n’a pas besoin de passer devant le Parlement, serait inédite et le précédent serait potentiellement lourd de conséquences pour les débats budgétaires des années suivantes. Mais contrairement au 49.3, l’ordonnance permettrait de doter le pays d’un budget, même si le gouvernement devait être censuré ensuite par l’Assemblée, ce qui est plausible au vu des réactions virulentes contre cette piste, y compris au Parti socialiste.”Aucune femme, aucun homme attaché à la défense de la République ne peut accepter ce qui ne serait ni plus ni moins qu’un nouveau 18 Brumaire (coup d’Etat de Napoléon, ndlr)”, affirme ainsi l’un des négociateurs du PS sur le budget, Philippe Brun, dans une tribune transmise à l’AFP, assurant qu’il censurerait un gouvernement qui prendrait cette voie.Aurélien Le Coq (LFI) a de son côté fustigé les deux solutions (49.3 ou ordonnance) entre lesquelles va trancher l’exécutif et qui conduiront, dans les deux cas, à un “coup de force”.Pour autant, Sébastien Lecornu semble toujours décidé à trouver un compromis pour éviter une censure du PS. En ce sens, Matignon a annoncé que “le Premier ministre et les ministres feront des propositions demain (vendredi) d’évolution de la copie initiale” du budget.Et l’entourage du Premier ministre assure qu’il n’y aura quoi qu’il arrive pas de budget définitivement adopté “avant la mi-février”.Emmanuel Macron escomptait un budget pour “fin janvier”, et a appelé jeudi dans ses voeux aux armées à des “efforts” “pour accélérer notre réarmement”, qui passent notamment par l’adoption d’un projet de finances pour 2026. “L’idée c’est de décanter les choses en janvier et ce sera bien le cas”, a relevé jeudi soir un proche du président.Dans une ambiance de lassitude à l’Assemblée, les débats doivent s’achever jeudi à minuit, avant de reprendre à 9H00 vendredi matin.pol-sl-are-sac/sde/cbn

Wall Street termine en hausse, digère une série de bonnes nouvelles

La Bourse de New York a terminé en hausse jeudi, poussée à la fois par les résultats encourageants du géant taïwanais des semi-conducteurs TSMC, l’apaisement des tensions géopolitiques et des données économiques meilleures qu’attendu.Le Dow Jones a gagné 0,60%, l’indice Nasdaq a progressé de 0,25% et l’indice élargi S&P 500 s’est octroyé 0,26%.”Après quelques jours d’activité négative sur les marchés, nous assistons à un rebond”, commente auprès de l’AFP Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities.Selon l’analyste, la hausse du jour est notamment due aux performances financières de TSMC, qui ont “ravivé l’enthousiasme pour les secteurs technologique et de l’IA (intelligence artificielle, ndlr)”.L’entreprise, qui fabrique entre autres les puces du mastodonte Nvidia, a été applaudie pour ses résultats du quatrième trimestre, notamment le bond de 35% de son bénéfice net sur la période.Son titre a gagné 4,47% à 341,74 dollars, et a emporté dans son sillage le reste du secteur des semi-conducteurs, à l’image de Nvidia (+2,10%), AMD (+1,93%) ou Broadcom (+0,92%).”L’optimisme des investisseurs a également été stimulé par l’apaisement des tensions entre Washington et Téhéran”, explique dans une note Jose Torres, d’Interactive Brokers.Donald Trump, qui avait menacé plusieurs fois d’intervenir en Iran ces derniers jours en riposte à la répression sanglante des manifestations, a adouci son ton mercredi lors d’un événement à la Maison Blanche.Il a assuré que les “tueries” en Iran avaient “pris fin”, une déclaration perçue comme un signe de désescalade. Cela a fait chuter les prix du pétrole.La place américaine a aussi accueilli jeudi “des nouvelles macroéconomiques plutôt bonnes”, remarque Peter Cardillo.Les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage sont ressorties en deçà des attentes, atteignant un plus bas depuis fin novembre à 198.000 demandes.Les opérateurs attendent désormais les chiffres de la production industrielle pour le mois de décembre, qui doivent être publiés vendredi.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt d’Etat américain à dix ans se tendait à 4,17% vers 21H10 GMT, contre 4,13% à la clôture la veille.Au tableau des valeurs, la banque d’affaires américaine Morgan Stanley (+5,81% à 191,29 dollars) a profité de résultats supérieurs aux attentes pour le quatrième trimestre, notamment grâce à sa banque d’investissement.Le bénéfice net du groupe s’affiche à 4,4 milliards de dollars, en hausse de 19% sur un an. Autre acteur du monde bancaire, Goldman Sachs a aussi terminé dans le vert (+4,63% à 975,88 dollars) après la publication de ses performances financières. Sur les trois derniers mois de 2025, l’établissement a vu son bénéfice net augmenter de 12% (sur un an) grâce à l’essor de sa banque d’affaires et des commissions sur les opérations de marchés.”La semaine prochaine, nous entrerons dans le dur concernant les résultats financiers”, souligne M. Cardillo. Sont notamment attendues les performances de Netflix, United Airlines ou encore Intel.Les valeurs associées au secteur des cryptomonnaies ont pâti du repli du bitcoin, à l’image des plateformes d’échange Coinbase (-6,48%) et Robinhood (-7,80%) ou du “mineur” (créateur de monnaie numérique) Riot Platforms (-4,27%).

La justice américaine relance l’éolien offshore, malgré l’opposition de Trump

Menacée de déraillement, l’industrie de l’éolien en mer aux Etats-Unis a obtenu jeudi une seconde décision favorable en trois jours, autorisant la reprise d’un projet au large de New York malgré l’opposition du gouvernement Trump.Un juge fédéral de Washington a donné son feu vert au redémarrage du chantier du groupe norvégien Equinor, baptisé Empire Wind, qui doit mettre sur pied le premier champ à alimenter directement la ville de New York en énergie éolienne.Lorsqu’il sera pleinement opérationnel, fin 2027, il devrait pouvoir fournir 500.000 foyers en électricité. Equinor a déjà investi plus de quatre milliards de dollars dans ce projet, qui a démarré il y a près de dix ans et dont la réalisation est achevée à 60%, selon l’entreprise.La décision du juge Carl Nichols a été prise en référé, ce qui signifie que la procédure se poursuit et que le dossier sera examiné sur le fond plus tard.Pour autant, c’est une nouvelle déconvenue pour le gouvernement Trump, qui a suspendu, fin décembre, les cinq grands programmes éoliens offshore en cours de réalisation aux Etats-Unis.Un autre magistrat fédéral de Washington avait déjà donné lundi son feu vert à la poursuite d’un autre projet, dirigé par Orsted et baptisé Revolution Wind, qui doit alimenter plus de 350.000 foyers du Rhode Island et du Connecticut.La décision gouvernementale avait été justifiée par des “risques pour la sécurité nationale”, le ministère de l’Intérieur faisant référence à des rapports confidentiels, sans plus de précision.Un rapport du ministère américain de l’Energie, datant de 2019, indique que les turbines peuvent créer des interférences pour les radars, notamment ceux utilisés à des fins militaires.Equinor avait fait valoir que l’ordre de suspension était “un caprice”, “arbitraire” et “illégal”, prévenant qu’une décision judiciaire défavorable pourrait mettre en péril le financement du projet.- “Préjudice irrémédiable” -Le juge Nichols a fait droit à la demande de la société norvégienne “du fait d’un manque de notification préalable” de la part des autorités américaines ainsi que du risque de “préjudice irrémédiable” qu’une suspension prolongée présenterait pour le projet, a relevé l’organisation de soutien au secteur de l’énergie marine Oceantic Network.Il a aussi noté, a souligné l’association, que le gouvernement américain n’avait pas apporté de réponses à la plupart des questions soulevées par Equinor.Ce dernier avait rappelé, devant la justice, avoir proposé, dès 2020, près de 300 mesures propres à limiter ou surveiller les effets du parc éolien sur la faune environnante et son habitat, ainsi que son impact potentiel sur les systèmes de navigation et radars, de l’armée américaine notamment.Sollicité par l’AFP, le ministère américain de l’Intérieur n’a pas donné suite dans l’immédiat.Avant même son retour à la Maison Blanche, Donald Trump avait publiquement affiché son hostilité envers l’éolien, qualifié de “désastre économique et environnemental”.Plusieurs études ont néanmoins montré que l’énergie tirée du vent aux Etats-Unis coûtait, en moyenne, moins cher que plusieurs autres sources, notamment le charbon, hors aides publiques.Le chef de l’Etat américain a aussi mis en cause la laideur des éoliennes et les dommages supposés qu’elles causent aux baleines, selon lui.L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) a cependant indiqué qu’aucun lien n’avait été établi entre l’éolien en mer et la mort de cétacés.”Empire va maintenant se concentrer sur la reprise des opérations de construction”, a commenté Equinor dans un communiqué, et ses responsables “continueront à échanger avec le gouvernement américain pour s’assurer d’une mise en œuvre sûre et responsable”.Parmi les trois autres fermes éoliennes visées par la suspension, figure un autre projet d’Orsted, appelé Sunrise Wind, au large des côtes de Long Island, prévu pour alimenter 600.000 foyers en 2027.La société danoise a, là aussi, saisi le tribunal fédéral de Washington, mais aucune décision n’a encore été rendue dans ce dossier, pas plus que dans celui soutenu par un autre opérateur, américain lui, Dominion Energy, concernant le champ Coastal Virginia Offshore Wind, au large de Virginia Beach (Virginie).Le cinquième et dernier chantier, celui de Vineyard Wind, non loin des îles de Martha’s Vineyard et Nantucket, a fait l’objet d’un dépôt d’assignation jeudi devant un tribunal fédéral du Massachusetts.Ce projet est achevé à 95% et est déjà en mesure de fournir de l’électricité.

Budget: à l’Assemblée des débats décousus à l’ombre du 49.3

Une assistance clairsemée, des votes sans cohérence d’ensemble: depuis mardi, la nouvelle lecture du budget à l’Assemblée donne lieu à des débats décousus, renforçant l’hypothèse d’un couperet rapide du gouvernement, via le 49.3 ou une ordonnance.Mercredi, les députés du Rassemblement national ont obtenu à la faveur de la démobilisation générale une réduction de la dotation globale de fonctionnement (DGF) de 4,9 milliards d’euros. Un vote “ubuesque”, selon Régions de France.Jeudi matin, le gouvernement a subi un important revers, son amendement sur la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, censé rapporter 6,3 milliards d’euros en 2026, étant sèchement battu. C’était pourtant un des points clés de la négociation avec le PS, qui espère des augmentations de recettes pour atténuer d’autant les baisses de dépenses.Mais alors que plane depuis plusieurs jours au-dessus des débats la possibilité d’un 49.3 ou d’une ordonnance, permettant au gouvernement de faire adopter un budget sans vote faute de majorité, les députés se montrent moins soucieux de rechercher dans l’hémicycle un compromis.Principal soutien du gouvernement, le groupe EPR (Renaissance) a ainsi voté contre la surtaxe; tout en se disant “ouvert à faire des pas” dans un autre cadre, selon son chef de file sur le budget, Paul Midy.En parallèle des débats dans l’hémicycle, se tiennent des négociations en coulisses, notamment entre le PS et le gouvernement, pour parvenir à un accord de non-censure.Le Premier ministre Sébastien Lecornu était lui-même présent à l’Assemblée jeudi, échangeant avec des parlementaires y compris dans les couloirs.”Il y a une fatigue d’un jour sans fin”, souligne un ténor LR, et ce d’autant plus que les parlementaires ont “du mal à voir où ils atterrissent”. Faute d’avoir la photographie globale d’un éventuel accord, les députés “reviennent sur leurs bases initiales”, analyse-t-il.Cette attitude, et les votes qui en résultent, contribuent à alimenter la petite musique d’un 49.3 ou d’une ordonnance. Car à quoi bon continuer les débats s’ils n’ont plus de sens ?- Réponse d’ici mardi ? -L’Assemblée bruissait ainsi jeudi de rumeurs sur un éventuel conseil des ministres, préalable à l’utilisation du 49.3. Une source au sein de l’exécutif n’a pas exclu qu’il y en ait un ce weekend, mais ne l’envisageait ni jeudi ni vendredi.L’hypothèse d’une ordonnance, au titre de l’article 47 de la Constitution, revenant avec tout autant de force.Ce chemin est vivement rejeté par plusieurs parlementaires ou juristes, qui note sa dimension antiparlementariste, alors que cette procédure ne requiert aucun vote du Parlement.”Aucune femme, aucun homme attaché à la défense de la République ne peut accepter ce qui ne serait ni plus ni moins qu’un nouveau 18 Brumaire (…) Je censurerai sans aucune hésitation tout gouvernement qui cèderait à une telle tentation”, affirme ainsi l’un des négociateurs du PS sur le budget, Philippe Brun, dans une tribune transmise à l’AFP.Avantage de l’ordonnance par rapport au 49.3: elle permet de doter la France d’un budget, que le Premier ministre soit censuré ou non.L’exécutif devra quoiqu’il arrive se décider avant le vote de la partie “recettes” du budget, qui en cas de rejet enverrait directement le texte au Sénat.Ce moment pourrait arriver assez rapidement, puisqu’il restait jeudi en fin d’après-midi moins de 500 amendements à débattre sur cette partie, et les débats avançaient à bon rythme. “C’est possible qu’il y ait un scénario tranché d’ici mardi”, a timidement confirmé l’entourage du Premier ministre, tout en assurant qu’il n’y aurait pas de budget définitivement adopté “avant la mi-février”.”Tout ça va se décanter dans le weekend. Je ne vois pas le Premier ministre activer quoi que ce soit avant d’avoir pu saisir l’opinion sur l’incapacité de l’Assemblée à bâtir un budget”, résume un cadre macroniste.

Apollonia: sept ans ferme pour le couple au centre de l’énorme escroquerie immobilière

Le couple au centre de l’énorme escroquerie immobilière et financière Apollonia, qui a fait quelque 750 victimes pour un préjudice dépassant 1,2 milliard d’euros, a été condamné jeudi à de lourdes peines de prison ferme et à la confiscation d’une vingtaine de millions d’euros de biens.Jean Badache, 71 ans, et son épouse Viviane, 69 ans, ont été condamnés à sept ans de prison ferme chacun, pour leur rôle central dans cette escroquerie, qui promettait à de riches clients, principalement issus de professions médicales, de se constituer un patrimoine immobilier à moindre frais.Le tribunal correctionnel de Marseille a assorti ces condamnations de mandats de dépôt différés mais avec exécution provisoire, ce qui fait que les époux Badache devraient aller en prison à une date à fixer ultérieurement, malgré l’appel immédiatement annoncé par leurs avocats.La condamnation, qui ouvre la voie aux procédures de dédommagement des nombreuses victimes, est assortie d’une amende de 2,5 millions d’euros pour chacun et de la confiscation de biens immobiliers, comptes bancaires, bijoux et sommes en numéraire pour un total de 20 millions d’euros, notamment leur somptueuse villa à Cassis évaluée à 9 millions et une villa à Marrakech.Lors du procès, du 31 mars au 6 juin 2025, l’accusation avait requis la peine maximale de dix ans de prison contre Jean et Viviane Badache, dénonçant la “plus grande escroquerie immobilière et financière que la France ait jamais connue”.Le tribunal les a qualifiés de “têtes pensantes de l’infraction”, avec un Jean Badache ayant “imaginé et mis en place” les “manœuvres frauduleuses” visant à “enfermer les potentiels acquéreurs dans la toile d’Apollonia” et une Viviane Badache formant le personnel à “dissimuler les informations utiles aux banques”. Le tout alimenté par une “volonté d’enrichissement hors norme”.Le montage consistait à “empiler” des crédits immobiliers sur les clients, démarchés par des commerciaux de cette société de conseil en patrimoine aixoise, qui a encaissé 115 millions d’euros de commissions entre 2004 et 2009.Apollonia faisait miroiter l’acquisition d’un patrimoine sans bourse délier via le statut de loueur en meublé professionnel à ses clients, qualifiés de “pigeons” par Jean Badache, selon les témoignages de commerciaux de l’entreprise.Remboursement de TVA pendant les premières années, loyers et mesures de défiscalisation étaient censés autofinancer les acquisitions à 100%. Invités à signer des liasses de documents vierges, les clients déléguaient toutes les démarches à Apollonia et se sont retrouvés avec un endettement allant de 800.000 à quatre millions d’euros souscrits auprès de diverses banques.”C’est un sentiment de soulagement pour tous nos clients. Aujourd’hui, leur statut de victime est enfin reconnu”, a déclaré Christophe Jervolino, avocat représentant plus de 200 victimes.- Apparence de respectabilité -Quatorze personnes et la société Apollonia avaient comparu pour escroquerie en bande organisée, faux et blanchiment aggravé.Quatre commerciaux d’Apollonia ont également écopé de lourdes condamnations. Cinq ans ferme, 300.000 euros d’amende et confiscation de 450.000 euros de biens pour François Melis, qualifié de “petit Badache” par le procureur. Cinq ans ferme également et 150.000 euros d’amende pour Jean-Luc Puig, à qui Apollonia permettait un “train de vie hors norme”.Deux autres commerciaux ont été condamnés à trois ans ferme et 30.000 euros d’amende et quatre ans dont deux avec sursis et 200.000 euros d’amende respectivement.L’escroquerie impliquait également des notaires et un avocat, qui apportaient une touche de respectabilité pour mettre les clients en confiance.”Rouage primordial perçu comme une garantie de sécurité par les acquéreurs,” l’un de ces notaires, d’Aix-en-Provence, à qui Apollonia avait rapporté un million d’euros, a été condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis et le reste à effectuer sous bracelet électronique, et 700.000 euros d’amende.Un des ses confrères marseillais a été condamné à 5 ans, dont 18 ferme, et un troisième, lyonnais, relaxé. Un avocat, conseil de la société Apollonia et du couple Badache, qui “participait à donner une apparence de respectabilité” aux opérations, a été condamné à cinq ans de prison, dont trois avec sursis, et 300.000 euros d’amende.Benjamin Heysen Badache, fils du couple, salarié puis président d’Apollonia, a été condamné à un an de prison ferme sous bracelet électronique et trois ans avec sursis, deux ex-secrétaires de la société à trois ans avec sursis et une autre à 18 mois avec sursis.

Cloud souverain : Amazon étend son emprise sur l’UE

Le géant mondial de l’informatique dématérialisée Amazon Web Services (AWS) a annoncé jeudi le lancement d’un “cloud souverain et indépendant” pour l’UE, renforçant sa domination dans le secteur au moment où les Européens cherchent à bâtir leur souveraineté numérique.Les États européennes veulent peu à peu se défaire de leur dépendance à l’égard des grands groupes américains, mais le retard accumulé dans les hautes technologies rend compliqué ce défi.  Présenté par la filiale d’Amazon comme un cloud séparé à la fois physiquement et au niveau informatique des autres activités d’AWS dans le monde, ce nouveau service, opérationnel dès ce jeudi, vise à répondre “aux besoins des gouvernements et des entreprises européennes en matière de données sensibles”, selon un communiqué. L’offre d’envergure européenne est déployée depuis un centre en Allemagne, dans le Brandebourg (est), avec une extension prévue progressivement dans d’autres centres au sein de l’UE, à commencer par la Belgique, les Pays-Bas et le Portugal.”Les clients veulent le meilleur des deux mondes: pouvoir utiliser l’ensemble du portefeuille de services cloud et IA d’AWS tout en respectant des exigences de souveraineté strictes”, a déclaré Stéphane Israël, directeur général de l’AWS European Sovereign Cloud.Le dispositif prévoit que les opérations, la gouvernance et la gestion des accès soient assurées uniquement par des résidents de l’UE aux commandes de sociétés constituées en Allemagne.Ces annonces relèvent d’un cas de “souveraineté washing” (simulacre de souveraineté), critique auprès de l’AFP Harald Wehnes, professeur en informatique à l’université de Wurtzbourg (sud).Il en veut pour preuve la loi américaine “Cloud Act” qui stipule que “les données sensibles des Européens peuvent se retrouver entre les mains de l’administration américaine dès qu’elles sont confiées à des entreprises américaines de cloud, même si elles sont stockées sur des serveurs européens ”.”Cela ne s’applique pas en recourant à un fournisseur européen de cloud, comme IONOS, Hetzner ou Noris Network”, conclut-il.Interrogé par l’AFP, AWS a répondu que le cloud était protégé par des “restrictions d’accès de sorte que personne, y compris les employés d’AWS, ne puisse accéder aux données”, et que les clients pouvaient utiliser un outil de “chiffrement avancé” pour les protéger encore “davantage”.Pour ses activités dans le cloud sur le long terme, Amazon veut investir plus de 7,8 milliards d’euros en Allemagne, en soutenant 2.800 emplois.Cette annonce intervient alors que l’Europe, contrainte de compter sur les géants comme Nvidia, Google, Amazon et autre OpenAI, est appelée à reprendre la main sur son destin numérique. Les offres européennes restent toutefois fragmentées ou sont seulement en chantier.En Allemagne, le groupe Schwarz (Lidl, Kaufland) a lancé en novembre la construction d’un méga-centre de données, moyennant 11 milliards d’euros investis.Le géant allemand des logiciels SAP compte de son côté investir 20 milliards d’euros sur dix ans pour renforcer son offre de cloud ancrée en Europe.

Des “brigades” pour contrôler les denrées importées en France et “rassurer” les agriculteurs

Le gouvernement français veut intensifier les contrôles de denrées importées, dans les camions et jusque dans les magasins, grâce à une nouvelle “brigade” dédiée, un “signal” envoyé aux agriculteurs courroucés par la signature de l’accord de libre-échange UE-Mercosur.Cette brigade, composée d’une centaine d’agents, “devra dès la première année réaliser a minima 3.000 contrôles sur l’ensemble du territoire”, a dit la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, depuis la plateforme cargo d’Air France de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.”Vous voyez bien les actions des agriculteurs qui ouvrent des camions sur la route. Il faut organiser tout cela”, a-t-elle dit, évoquant une action “rapide et puissante”, “une force de contrôle qui rassure” les producteurs, remontés contre la concurrence de denrées produites parfois avec des pesticides ou des antibiotiques interdits dans l’UE.Les agents, dont elle n’a pas détaillé la provenance ni le financement, contrôleront “les camions ou les magasins où se distribuent les produits importés”, s’ajoutant à ce qui se fait dans les ports et aéroports.La ministre avait annoncé ce projet dès décembre, au lancement des conférences de la souveraineté alimentaire, puis réitéré la promesse pour calmer les manifestations d’agriculteurs, qui ont parfois mené eux-mêmes des contrôles sauvages à la sortie de ports ou sur des routes.”C’est un signal que je veux donner à nos producteurs, à l’ensemble des consommateurs français, mais aussi à l’Union européenne qui doit intensifier les contrôles des denrées importées” de pays tiers, a dit la ministre jeudi, devant des palettes d’aubergines et de concombres amers venus du Kenya ou d’Afrique du sud.Parmi leurs nombreux griefs, les agriculteurs dénoncent l’accord de libre-échange entre l’UE et quatre pays du Mercosur, qui doit faciliter l’arrivée de produits aux normes de production souvent moins exigeantes que dans l’UE.Les produits de cette région seront-ils visés par ces futures inspections? “Tout (fera) l’objet de contrôles”, a-t-elle répondu. “Évidemment, dans le contexte actuel, on aura sans doute un regard particulier sur les produits originaires du Mercosur parce qu’il faut donner un signal à nos producteurs dans les secteurs très sensibles que sont la viande, le sucre, l’éthanol, le miel”.- Tests et documents -Dans les ports et aéroports de France, les denrées importées sont aujourd’hui soumises à des contrôles documentaires “systématiques” et, ponctuellement, des échantillons sont analysés en laboratoires d’Etat, indiquent les Douanes.Pour les végétaux, les résidus de 400 pesticides réglementés en Europe sont recherchés, a expliqué jeudi Frédéric Saltron, responsable du service commun des Laboratoires (Douanes et Répression des fraudes).La France est allée plus loin la semaine dernière en interdisant totalement les importations de produits traités avec cinq de ces substances considérées comme dangereuses pour la santé, même lorsqu’elles ne sont présentes que sous la forme de résidus.La régularité des tests dépend de la sensibilité du produit et du pays d’origine, en fonction d’une liste dressée par l’UE, qui selon les cas impose un taux de test de 10% à 50%, indiquent les Douanes.Par exemple la Commission européenne impose de tester 10% des haricots verts du Kenya, qui à Roissy font l’objet de plusieurs centaines de prélèvements par an, explique Jean-François Depin, de la direction régionale des Douanes.En moyenne, cela fait “un taux de contrôle qui avoisine les 15-20% au global”, souligne-t-il.Quant au taux de non conformité des denrées aux normes européennes, un rapport parlementaire français soulignait en décembre qu’il est “impossible d’avoir un chiffre exact”. Mais il relevait que “les filières les plus touchées” sont les céréales (blé, maïs, orge), la viande bovine, la volaille, l’apiculture.Au niveau européen, la Cour des comptes européenne a déploré mercredi dans un rapport les contrôles “inexistants” ou “sporadiques” sur la présence de pesticides dans les importations d’huile d’olive extra-européenne, dans les Etats visités (Belgique, Espagne, Grèce, Italie).Ce rapport “confirme la préoccupation de l’agriculture européenne quant au manque de contrôles”, a réagi le Copa-Cogeca, alliance des principaux syndicats agricoles d’Europe.Pour tenter de les rassurer, la Commission européenne a promis en décembre d’accroître de 50% le nombre de contrôles à l’étranger sur deux ans.

La Bourse de Paris reste en retrait de la hausse du secteur tech

La Bourse de Paris a terminé en légère baisse jeudi, en retrait par rapport aux autres indices européens et à Wall Street, étant moins exposée aux valeurs technologiques, moteurs de la séance du jour.Le CAC 40 a terminé en petite baisse de 0,21%, soit une perte de 17,85 points, pour s’établir à 8.313,12 points. La veille, l’indice vedette parisien avait perdu 0,19% à 8.330,97 points.”Malgré le soutien apporté par les valeurs des semi-conducteurs”, les marchés d’actions européens ont terminé “mitigés” jeudi, constate Neil Wilson, analyste chez Saxo Markets.Le secteur des semi-conducteurs a bondi après que le géant taïwanais TSMC a annoncé un bénéfice net en progression de 35% au quatrième trimestre, surfant sur la demande pour les technologies d’intelligence artificielle (IA) malgré des “défis” à prévoir sur ses coûts liés à son expansion accélérée.Si Wall Street profite de la dynamique, les “grands mouvements sur la tech aux Etats-Unis” s’essoufflent en Europe, remarque Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés à IG France.”Les principaux indices européens sont moins composés de valeurs de croissance, contrairement aux indices aux Etats-Unis”, explique-t-il.La défense dans le rougeLes valeurs de la défense ont cédé du terrain “après des propos de Donald Trump laissant entrevoir une désescalade par rapport à la situation en Iran”, note Alexandre Baradez.Depuis le début le 28 décembre d’un vaste mouvement de contestation, le président américain a multiplié les menaces d’intervention militaire contre l’Iran, avant d’affirmer mercredi avoir été informé “par des sources très importantes” que “les tueries ont pris fin” et que les exécutions prévues de manifestants n’auraient finalement “pas lieu”.”On observera ça et on verra quelle est la suite”, a-t-il ajouté à propos d’une éventuelle action militaire.Thales a terminé en baisse de 3,04% à 255,10 euros, et Dassault Aviation a cédé 0,84% à 308,60 euros.Le luxe à la peineLes valeurs du luxe figurent également en queue de peloton à la Bourse de Paris jeudi, LVMH cédant 1,91% à 625,70 euros et Kering lâchant 3,16% à 301,40 euros.Cette baisse s’explique par “les dernières statistiques venant de la Chine”, qui “continuent de montrer un paysage chinois en terme de demande intérieure relativement faible”, relève M. Baradez. De quoi retenir les valeurs du luxe et en général les secteurs exportateurs exposés à la Chine.”Il n’y a pas de dynamique forte sur la consommation en Chine actuellement”, souligne-t-il.