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Trump veut rallier les majors pétrolières à sa stratégie au Venezuela

Donald Trump reçoit vendredi les dirigeants des grandes entreprises pétrolières pour tenter de les rallier à sa stratégie au Venezuela, où il entend imposer une tutelle sur l’or noir pour de nombreuses années.”Nous avons une réunion demain avec tous les grands patrons du secteur pétrolier ici à la Maison Blanche”, a-t-il dit jeudi dans un entretien avec la chaîne Fox News.Le président américain a indiqué que “14 entreprises” étaient attendues, “les plus importantes personnes dans le pétrole dans le monde”, et assuré que ces sociétés allaient “dépenser au moins 100 milliards” de dollars au Venezuela.Selon NBC News, les dirigeants d’Exxon Mobil, Chevron et ConocoPhillips notamment sont attendus à la Maison Blanche.Seul Chevron dispose aujourd’hui d’une licence au Venezuela. Les deux autres groupes ont quitté le territoire en 2007, refusant les conditions de l’ancien dirigeant Hugo Chavez imposant que l’Etat devienne actionnaire majoritaire de toutes les entreprises présentes dans le pays. Le président américain ne cache pas que le pétrole est au coeur de sa stratégie pour le pays, dont il a fait capturer le président désormais déchu Nicolas Maduro.Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées de brut du monde avec 303.221 millions de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), devant l’Arabie saoudite (267.200 millions) et l’Iran.Mais la production est faible, plafonnée à 1 million de barils par jour, après des décennies de sous-investissement qui ont laissé les infrastructures pétrolières en piteux état.Pour Donald Trump, voilà une manne qu’il suffit d’exploiter pour faire baisser encore les cours du brut, l’une de ses priorités.Encore faut-il convaincre les majors américaines d’investir malgré l’instabilité politique, les questions sur la sécurité et la perspective de lourdes dépenses pour remettre l’outil de production en état.- “Beaucoup de temps” -Le président américain avait annoncé mardi que les “autorités par intérim du Venezuela (allaient) remettre aux Etats-Unis entre 30 et 50 millions de barils de pétrole sous sanction et de haute qualité”, soit de un à deux mois de production.”Ce pétrole sera vendu au prix du marché et l’argent sera contrôlé par moi”, avait-t-il ajouté. Il a plus tard assuré que les recettes serviraient au Venezuela uniquement pour acheter des produits américains.Le ministre américain de l’Energie, Chris Wright, a lui jugé possible d’ “obtenir plusieurs centaines de milliers de barils par jour de production supplémentaire à court et moyen terme, si les conditions sont réunies”.Washington a instauré, durant le premier mandat de Donald Trump, un embargo pétrolier visant à asphyxier économiquement le pays qui dépend de ses exportations d’or noir.Et à son retour à la Maison Blanche l’an dernier, le républicain a mis fin à l’essentiel des licences permettant aux multinationales du pétrole et du gaz d’opérer au Venezuela, à l’exception de celle de Chevron.Washington se dit prêt à lever les sanctions “de manière sélective” pour pouvoir commercialiser le pétrole vénézuélien sur le marché du pétrole traditionnel.”A long terme, nous créerons les conditions pour que les grandes entreprises américaines qui étaient présentes auparavant, ou qui ne l’étaient pas mais qui souhaitent s’implanter, puissent s’y installer”, a assuré mercredi Chris Wright.Mais “pour revenir aux chiffres historiques de production (…), cela nécessite(ra) des dizaines de milliards de dollars et beaucoup de temps”, a reconnu le ministre, promettant le soutien de l’administration américaine.Le brut vénézuélien est réputé visqueux, difficile à raffiner. Le ministère américain de l’Energie prévoit déjà d’expédier du pétrole léger pour qu’il soit mélangé à la production vénézuélienne, afin de “l’optimiser”.Il compte aussi autoriser l’envoi d’équipements et d’experts dans le pays pour remettre à niveau les infrastructures.

Le Venezuela relâche des prisonniers, mais assure n’être “pas soumis” aux Etats-Unis

Les autorités vénézuéliennes ont relâché jeudi plusieurs opposants dont l’ancien candidat à la présidentielle Enrique Marquez, la présidente par interim Delcy Rodriguez assurant toutefois que le pays n’est ni “subordonné ni soumis” aux Etats-Unis après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines le 3 janvier.M. Marquez avait mené une croisade judiciaire contre la réélection en 2024 de M. Maduro, acquise selon l’opposition et une partie de la communauté internationale dans des conditions entachées de fraude.Cet opposant âgé de 62 ans s’était formellement inscrit pour le scrutin afin de pouvoir être le représentant principal de l’opposition en cas de rejet par les autorités de la candidature d’Edmundo Gonzalez Urrutia, qui avait lui-même remplacé au pied levé Maria Corina Machado, déclarée inéligible.M. Urrutia avait finalement pu se maintenir face à M. Maduro et M. Marquez n’avait pas défendu sa propre candidature, soutenant M. Urrutia.Ce dernier a été contraint à l’exil après le scrutin de juillet 2024, tandis que M. Marquez a été arrêté en janvier 2025.Réfugié dans la clandestinité, Mme Machado a pour sa part remporté le prix Nobel de la paix 2025.Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi qu’il recevrait l’opposante à Washington “la semaine prochaine”, se disant dans un entretien sur la chaîne Fox News “impatient” de la rencontrer. Il a ajouté que ce serait “un grand honneur” si elle lui remettait son prix Nobel de la paix, comme le lui a proposé la lauréate 2025. L’avocate de premier plan Rocio San Miguel, arrêtée en février 2024, a elle aussi été libérée jeudi lors de cette première vague parmi de “nombreux prisonniers”, dont des étrangers.Mme San Miguel, qui dispose également de la nationalité espagnole, s’est immédiatement envolée pour l’Espagne avec quatre autres ressortissants de ce pays également libérés, selon Madrid.Mme Machado a salué ces libérations, jugeant qu’ “aujourd’hui, la vérité, pourchassée et réduite au silence pendant des années, parvient à se frayer un chemin”.- “Geste unilatéral” -Ces libérations sont “un geste unilatéral du gouvernement” afin “de favoriser la coexistence pacifique”, a fait valoir Jorge Rodriguez, président du Parlement du Venezuela, sans préciser le nombre ni la nationalité des détenus relâchés.L’ONG Foro penal estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires.Malgré ces concessions, la présidente par interim Delcy Rodriguez a assuré que son pays n’était ni “subordonné ni soumis” aux Etats-Unis et a évoqué sa “loyauté envers le président Nicolas Maduro”, emmené contre son gré aux Etats-Unis où il a été incarcéré.Dans un entretien publié jeudi dans le New York Times, Donald Trump a affirmé de son côté que les Etats-Unis pourraient conserver plusieurs années le contrôle du Venezuela, riche des plus grandes réserves d’hydrocarbures prouvées du monde. M. Trump, qui recevra vendredi les dirigeants de grands groupes pétroliers américains pour leur vanter les “immenses” opportunités au Venezuela, s’est par ailleurs félicité de la “très bonne entente” avec le pouvoir intérimaire à Caracas. “Ils nous donnent tout ce que nous jugeons nécessaire”, a-t-il dit.Dès mardi soir, le chef d’Etat américain avait assuré que le Venezuela allait remettre aux Etats-Unis “entre 30 et 50 millions de barils de pétrole” actuellement stockés sur des navires.Jeudi, trois navires affrétés par Chevron transportaient du pétrole du Venezuela vers les Etats-Unis, selon une analyse de l’AFP de données de suivi maritime, alors que les pressions de Washington sur Caracas font craindre une saturation des capacités de stockage du pays.M. Trump a par ailleurs annoncé jeudi qu’après des frappes contre des embarcations maritimes dans les Caraïbes et le Pacifique, les Etats-Unis allaient mener des frappes “au sol” contre les cartels, sans préciser exactement où.En Colombie, pays voisin du Venezuela,le gouvernement a annoncé que le président Gustavo Petro et M. Trump “se sont engagés à mener des actions conjointes” contre la guérilla ELN qui opère à la frontière.Parallèlement, le guérillero le plus recherché de Colombie, connu sous le nom d’Ivan Mordisco, a affirmé jeudi avoir convoqué un sommet de guérillas après l’opération américaine sur le sol vénézuélien.

Wall Street attend sans direction claire l’emploi américain

La Bourse de New York a terminé sur une note contrastée jeudi, les investisseurs réévaluant leurs participations à la veille de la publication du rapport officiel sur l’emploi américain du mois de décembre.Le Dow Jones a gagné 0,55%, l’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a reculé de 0,44% et l’indice élargi S&P 500 est resté stable (+0,01%).”Beaucoup d’argent a été investi dans le secteur technologique” ces dernières années, rappelle auprès de l’AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments.Mais selon lui, les investisseurs cherchent désormais à diversifier leurs actifs et “se tournent vers d’autres secteurs du marché”, au regard des fortes attentes qui pèsent sur la tech.Les valeurs liées à l’intelligence artificielle ont été “sous pression” fin 2025, ajoute l’analyste, une partie du marché craignant que le secteur prenne trop de temps à rentabiliser les investissements massifs réalisés ces dernières années.Jeudi, les entreprises de semi-conducteurs ont ainsi marqué le pas, tandis que les secteurs plus traditionnels de la grande distribution, des services financiers ou de l’énergie ont terminé en hausse.”Les investisseurs auront droit demain (vendredi, ndlr) à une journée bien remplie en données économiques, avec en tête d’affiche les chiffres de l’emploi” du mois dernier, prévient Jose Torres, d’Interactive Brokers.Selon lui, “Wall Street attend des chiffres positifs (…) tout en espérant que ces données ne soient pas trop robustes”.En 2025, la banque centrale américaine (Fed) avait procédé à trois baisses de taux consécutives pour soutenir un marché du travail atone.La vision d’un marché de l’emploi en forme pourrait donc réduire les attentes sur de nouvelles détentes monétaires cette année.Des taux bas sont généralement perçus positivement par la place américaine, qui y voit la possibilité de bénéfices en hausse pour les entreprises.Le marché se prépare aussi à entrer dans une nouvelle saison de résultats trimestriels. Les grandes banques seront les premières à publier leurs performances financières à partir de la semaine prochaine.Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans se tendait, à 4,17% contre 4,15% à la clôture la veille.Côté entreprises, les valeurs de la défense ont été recherchées après que Donald Trump a dit mercredi vouloir augmenter de 50% le gigantesque budget américain de la défense pour 2027.Northrop Grumman a pris 2,39%, Lockheed Martin 4,34% et General Dynamics a avancé de 1,68%.La veille, ces mêmes titres avaient terminé en forte baisse, plombés par le souhait du président américain de leur interdire de verser des dividendes à leurs actionnaires ou de procéder à des rachats d’actions, sous peine de se voir privés de contrats publics.Le distributeur de demi-gros Costco a grimpé de 3,71% à 915,31 dollars après avoir annoncé un chiffre d’affaires de près de 30 milliards de dollars en décembre, contre 27,5 milliards à la même période en 2024.

Libération de prisonniers par Caracas, sous pression de Washington depuis la capture de Maduro

Le Venezuela a annoncé jeudi la libération de “nombreux prisonniers”, dont la célèbre avocate et militante Rocio San Miguel, sous pression de Washington depuis la capture le 3 janvier par des troupes américaines de Nicolas Maduro.Cette annonce intervient quelques jours après le début lundi du mandat de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez.Il s’agit de la première vague de libération depuis la capture à Caracas du président déchu, que Washington entend traduire en justice aux Etats-Unis pour, notamment, narco-terrorisme.Le gouvernement espagnol a annoncé dans la foulée la libération de cinq Espagnols, précisant qu’ils “s’apprêtent à rentrer en Espagne”. Parmi eux la célèbre avocate et militante vénézuélienne Rocio San Miguel, qui possède aussi la nationalité espagnole.Elle avait été arrêtée en février 2024, et son procès plusieurs fois reporté. Elle “va bien”, a affirmé son avocate à l’AFP Theresly Malave au téléphone.Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a salué “un acte de justice”, la Maison Blanche un “exemple” de “l’influence” de Donald Trump.Ces libérations sont “un geste unilatéral du gouvernement” afin “de favoriser la coexistence pacifique”, a de son côté fait valoir Jorge Rodriguez, le président du Parlement du Venezuela, sans préciser le nombre ni la nationalité des détenus relâchés. L’ONG Foro penal, qui estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires, s’est félicitée de la “bonne nouvelle”.En septembre, un groupe d’experts de l’ONU avertissait d’un durcissement de la persécution pour motifs politiques au cours des derniers mois au Venezuela. Certains parmi eux ont été écroués à la l’Hélicoïde, une prison redoutée et gérée par les services de renseignements.- “Intérêts” américains -Au même moment Donald Trump a déclaré, dans un entretien publié jeudi par le New York Times, que les Etats-Unis pourraient conserver plusieurs années le contrôle du Venezuela et de son pétrole. Jeudi, trois navires affrétés par Chevron transportaient du pétrole du Venezuela vers les États-Unis, selon une analyse de l’AFP de données de suivi maritime, alors que les pressions de Washington sur Caracas font craindre une saturation des capacités de stockage du pays.La société publique Petroleos de Venezuela (PDVSA) “mène des négociations avec les Etats-Unis en vue de la vente de volumes de pétrole, dans le cadre des relations commerciales qui existent entre les deux pays”, a-t-elle indiqué dans un communiqué.Alors que Delcy Rodriguez dénonçait la veille une “tache” sans précédent dans les relations avec Washington, Donald Trump, qui recevra vendredi les dirigeants de grands groupes pétroliers américains pour leur vanter les “immenses” opportunités au Venezuela, se félicite de la “très bonne entente” avec le pouvoir intérimaire à Caracas. “Ils nous donnent tout ce que nous jugeons nécessaire”, a-t-il dit.”Seul l’avenir nous dira” combien de temps Washington entend garder une tutelle sur Caracas, a déclaré Trump au quotidien new-yorkais. A Caracas les habitants témoignent de leur incertitude, parfois teintée d’optimisme, face à cette tutelle américaine, alors que Reporters Sans Frontières exhorte “les autorités à permettre l’entrée de journalistes étrangers dans le pays et à cesser de restreindre le travail des médias locaux”.- 100 morts -Delcy Rodriguez, a déclaré mercredi soir que l’échange commercial avec les Etats-Unis n’avait “rien d’extraordinaire ni d’irrégulier”.Elle a toutefois de nouveau regretté la capture de Nicolas Maduro, au cours d’une opération des forces spéciales américaines à Caracas qui a fait 100 morts, selon le dernier bilan livré par le ministre vénézuélien de l’Intérieur Diosdado Cabello.Des sénateurs républicains se sont joints jeudi à leurs collègues démocrates pour faire avancer une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump contre le Venezuela. Le texte doit désormais être soumis au vote au Sénat la semaine prochaine.Donald Trump avait évalué à “entre 30 et 50 millions de barils de pétrole” la quantité de brut que va livrer le Venezuela eaux Etats-Unis, et entend contrôler directement les recettes qui résulteront de la vente.Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées du monde avec plus de 303 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Mais sa production reste faible, de l’ordre d’un million de barils par jour, après des décennies de sous-investissement dans les infrastructures.

Mercosur: face au risque politique, Macron choisit de dire non malgré des concessions “incontestables”

Emmanuel Macron a tranché: malgré les concessions “incontestables” de Bruxelles, la France votera “contre” l’accord commercial avec le Mercosur, un choix qui ne bloquera pas le traité et qui l’expose à un procès en perte d’influence mais qui devrait permettre de sauver le gouvernement.”Le constat doit être dressé d’un rejet politique unanime de l’accord”, a déclaré jeudi soir le chef de l’Etat dans un communiqué annonçant sa décision, après un appel à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour l’informer.Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a estimé que ce “non” était “une manœuvre de communication aussi tardive qu’hypocrite, “une mise en scène”, et donc “une trahison des agriculteurs”. Il a donc annoncé que le parti d’extrême droite déposerait une motion de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui n’a toutefois que peu de chances d’aboutir.Le patron du parti Les Républicains Bruno Retailleau avait lui aussi fait planer le “risque d’une censure” mais uniquement si Emmanuel Macron avait choisi de voter en faveur du texte.Avec une classe politique hostile et des manifestations agitées d’agriculteurs venus en tracteurs à Paris, la pression était forte contre cet accord de libre-échange sur lequel les Vingt-Sept doivent se prononcer vendredi, pour une signature avec le bloc latino-américain prévue la semaine prochaine.Face à cette équation, le président de la République, qui évoque un traité “d’un autre âge” à l’impact limité, a fait le calcul politique qu’il valait mieux aller dans le sens des opposants, pour préserver son Premier ministre et lui éviter de chuter avant même d’avoir réussi à faire adopter un budget pour l’année en cours.Et tant pis si, au fond, et contrairement aux manifestants, il ne juge pas cet accord commercial si néfaste.Début novembre, depuis le Brésil, Emmanuel Macron avait insisté sur les bienfaits du texte pour “notre filière viticole qui est heurtée par les tarifs américains” et pour “beaucoup de secteurs industriels” en quête de “diversification”.Il avait aussi salué le “paquet” de mesures “tout à fait acceptable” proposé par Bruxelles, notamment sur une “clause de sauvegarde” pour protéger les filières agricoles en cas de perturbation du marché. “Je suis plutôt positif mais je reste vigilant”, avait-il lâché, laissant entrevoir un possible feu vert français à terme, si d’autres exigences étaient satisfaites.Ses déclarations avaient toutefois mis le feu aux poudres en France.Le président était donc vite revenu sur la position des mois précédents: un “non très ferme de la France” à l’accord “en l’état”. Et redoublé d’efforts dans son bras de fer pour obtenir plus de garanties de la Commission européenne.Avant Noël, à Bruxelles, grâce au soutien de l’Italie, il avait même réussi à arracher un bref report de la signature qui semblait imminente.- Impuissance -Depuis, l’exécutif français se targue d’avoir engrangé des victoires pour ses agriculteurs, sur le coût des engrais comme sur le futur budget de la politique agricole commune (PAC) pour sécuriser les aides européennes à leur revenu.”C’est le résultat de notre mobilisation déterminée et de mon engagement constant pour nos agriculteurs”, s’est-il félicité cette semaine. Des “avancées incontestables” dont “il faut donner acte à la Commission européenne”, a-t-il abondé jeudi.Mais la France n’a pas réussi, a priori, a réunir une minorité de blocage, et l’accord devrait donc être entériné par l’UE à la majorité qualifiée.De quoi nourrir les accusations d’impuissance d’un chef de l’Etat en fin de règne, voire d’une entente tacite avec les instances européennes, très favorables au Mercosur qui est aussi plébiscité par l’Allemagne et l’Espagne.”Emmanuel Macron a une responsabilité directe si ce traité passe”, puisque “depuis huit ans, il aurait pu et il aurait dû bloquer cet accord”, a affirmé la cheffe des députés La France insoumise Mathilde Panot à l’issue d’une réunion à l’Elysée.Si Emmanuel Macron a un temps espéré que la “pédagogie” permettrait de mettre en avant les avantages du traité et d’en relativiser les méfaits, le débat public est resté totalement défavorable.Jusqu’au bout, le gouvernement a donc dit que “le compte n’y est pas”. Le président a lui préféré jeudi pointer l’équation politique pour justifier son refus.

Arc France: il faudra “redimensionner le site” d’Arques, prévient le candidat repreneur

Il faudra “redimensionner le site” français d’Arc, pour pérenniser l’activité de ce verrier pour les arts de la table désormais en redressement judiciaire, a déclaré jeudi le candidat à la reprise, Timothée Durand, restant encore flou sur l’ampleur potentielle des suppressions d’emplois.Arc France, qui emploie 5.700 personnes dans le monde dont 3.500 à Arques (Pas-de-Calais), a été placé mercredi en redressement judiciaire, faisant redouter plusieurs centaines de suppressions d’emplois.Jeudi à Arques, les salariés de l’entreprise étaient toujours sonnés par l’annonce du redressement judiciaire et inquiets pour l’avenir.”Tout le monde est dans l’incertitude et a peur pour son travail” résumait ainsi Bernard Fossier, un salarié interrogé par l’AFP.Le redressement judiciaire était une procédure “nécessaire pour baisser la dette qui est beaucoup trop importante, nécessaire aussi pour redimensionner le site (…), pour repartir sur une base saine”, a déclaré M. Durand jeudi matin à l’issue d’une réunion à Bercy avec le ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin et des élus du territoire.Concernant le nombre d’emplois qui pourraient être supprimés avec son plan, M. Durand n’a pas donné de chiffres, prenant rendez-vous “d’ici trois semaines”, à la fin de la période de dépôt des offres de reprise.Les candidats ont jusqu’au 28 janvier pour déposer leurs offres au tribunal de commerce de Lille Métropole, a indiqué jeudi soir le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch, à l’issue d’une réunion en préfecture à Arras avec des représentants syndicaux d’Arc et plusieurs élus locaux, dont le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand.Le tribunal rendra sa décision début mars, a ajouté M. Bertrand, ce qu’a confirmé également à l’AFP une source proche de l’entreprise.- Un marché sinistré -L’usine d’Arques compte notamment deux fours de verre sodocalcique, qui produisent des gobelets de verre transparents pour le marché grand public. “Dans mon projet, on concentrera la production sur un des deux fours”, a précisé M. Durand, 49 ans, membre de la famille anciennement propriétaire d’Arc, où il a aussi passé l’essentiel de sa carrière jusqu’en 2024.En revanche, le four cristallin, le four d’opale, qui produit du verre opaque blanc et le four qui produit du verre noir, ne seront “pas touchés par ce plan”, selon M. Durand.Il faudra aussi “plus de flexibilité” au sein de l’entreprise, a ajouté celui qui est pour l’instant le seul candidat connu à la reprise, souhaitant “un nouveau pacte social” avec le personnel.”On sait ce qu’on doit faire pour redresser ce site français, composé des meilleurs verriers du monde, c’est le projet que je porte, qui va passer certes par des décisions un peu difficiles”, a-t-il encore prévenu.Outre la concurrence chinoise, régulièrement avancée pour expliquer les difficultés d’Arc, “le marché a baissé de 15 à 20% selon les secteurs” dans les arts de la table, a souligné M. Durand, citant notamment le marché de l’hôtellerie et de la restauration, “très touché en ce moment en France”, ce qui “impacte les volumes de vente du site d’Arques”.Le projet de reprise “est sérieux” et c’est un “signe d’espoir” pour Arc, a estimé pour sa part Sébastien Martin. L’État sera “extrêmement présent”, tant aux côtés des salariés que des porteurs du projet, a insisté le ministre.Le groupe a bénéficié par le passé de multiples plans de refinancement soutenus par l’État et les collectivités locales, le dernier il y a un an à peine.Le nouveau plan “aura des conséquences pour l’emploi”, a aussi reconnu Xavier Bertrand, qui s’est engagé, avec les élus, à “trouver une nouvelle solution” pour les salariés qui ne seraient pas conservés.A Arques, Francis Bultel, 57 ans dont 38 chez Arc, se raccroche à l’espoir d’avoir un “bon repreneur” avec Timothée Durand, dont le père et le grand-père ont été des dirigeants emblématiques de l’entreprise: “On y croit (…). On espère qu’ils pourront nous sauver”.

La Coordination rurale appelle ses troupes au repos mais le “combat continue”

La Coordination rurale a appelé jeudi soir ses troupes au repos et a demandé pour cela la “libération” de ses tracteurs ainsi que de ses adhérents interpellés, mais les agriculteurs “à bout” craignent la signature imminente de l’accord UE-Mercosur malgré l’opposition réaffirmée d’Emmanuel Macron.”Je n’ai vu aucune déclaration comme quoi les paysans étaient essentiels pour la France, c’est une honte”, a déclaré devant des dizaines d’agriculteurs réunis devant le Palais Bourbon le président de la Coordination rurale Bertrand Venteau, juché sur un tracteur à la sortie de son rendez-vous avec la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet. Le deuxième syndicat agricole, habitué des actions coup de poing, a bravé les interdictions et débarqué à l’aube autour de l’Arc de Triomphe et de la tour Eiffel.La mobilisation avait commencé début décembre, la colère ayant été ravivée par la gestion gouvernementale de la dermatose bovine dans le Sud-Ouest et par l’accord de libre-échange UE-Mercosur.”Le combat sera dur et sera long”, a ajouté M. Venteau, en précisant que ses troupes étaient prêtes à “revenir”. Il avait posé au préalable la condition d’un moratoire sur les contrôles administratifs, ou par l’Office français de la biodiversité, des agriculteurs, dont il souhaite la suppression, affirmant que le gouvernement avait désormais la main sur les annonces.Des actions de blocages routiers et manifestations sont prévues dans certaines régions, mais aussi en Belgique ou encore en Pologne ces prochains jours, soit le troisième hiver d’affilée marqué par des mouvements d’agriculteurs qui déplorent précarité et concurrence déloyale des produits importés, notamment d’Amérique du Sud.- Macron “contre” le Mercosur -La FNSEA, premier syndicat avec ses alliés des Jeunes Agriculteurs, a appelé à un grand rassemblement devant le Parlement européen à Strabourg le 20 janvier si l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur était signé. Le président Emmanuel Macron a annoncé que la France voterait contre cet accord vendredi à Bruxelles, invoquant un “rejet politique unanime”. Ce vote des pays membres ne constitue pas “la fin de l’histoire”, a-t-il ajouté puisque l’accord devra encore être soumis au Parlement européen pour ratification.Ces dernières semaines, le gouvernement français et Bruxelles ont multiplié les annonces, mais la pilule du Mercosur ne passe pas pour les agriculteurs, qui craignent unanimement l’arrivée de bœuf, sucre et de volailles sud-américains produits avec des normes moins disantes que celles imposées aux européens. A sa sortie de rendez-vous avec le président du Sénat et la présidente de l’Assemblée, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a demandé un “créneau d’ici mars-avril” au Parlement pour une loi spéciale destinée à apporter des réponses “concrètes”. Il a appelé les parlementaires à voter le budget de l’État pour 2026 et à faire appliquer la loi d’orientation agricole et la loi dite Duplomb.- Pas de “défaillance” -José Pérez, président de la CR du Lot-et-Garonne, a déploré une absence d’engagement après l’échange avec la ministre de l’Agriculture Annie Genevard devant l’Assemblée. “Il n’y a rien du tout, aujourd’hui il faudrait un engagement sur la suppression des normes françaises”, a-t-il ajouté. Des parlementaires sont venus échanger avec des manifestants de la CR et Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée, a été violemment chahutée et invectivée.Selon la préfecture de police, les abords de l’Arc de Triomphe commencent à être évacués et les échanges se poursuivent pour encadrer le départ des engins aux portes de Paris.Une centaine de tracteurs a été bloquée dans la journée par les forces de l’ordre, a indiqué la préfecture de police. Une quarantaine était présente dans Paris et une soixantaine aux portes de la ville.Onze interpellations, 12 mises en fourrière et 65 verbalisations ainsi que plus de 600 manifestants ont été recensées par le ministère de l’Intérieur en Ile-de-France mais hors de la capitale.En dehors de Paris en France, 67 actions ont réuni 2.200 manifestants, notamment sur des routes dans 39 départements, et 625 tracteurs, a déclaré à la presse le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez en début de soirée.La préfecture de police avait interdit les manifestations autour de certaines zones comme l’Elysée, Matignon, le Parlement, des ministères ou le marché de Rungis mais les barrages ont été forcés. Le ministre a nié toute “défaillance” du dispositif, affirmant qu’il n’avait “pas souhaité” disperser les actions parisiennes de la CR, alors même qu’elles étaient “illégales”.Il a ajouté prendre note des demandes de libération des tracteurs et des adhérents de la CR. bur-mdz-sb-mca/uh/LyS

Libération de prisonniers par Caracas, sous pression de Washington depuis l’enlèvement de Maduro

Le Venezuela a annoncé jeudi la libération de “nombreux prisonniers”, dont des étrangers, sous pression de Washington depuis l’enlèvement le 3 janvier par des troupes américaines de Nicolas Maduro.Cette annonce intervient quelques jours après le début du mandat de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez.Il s’agit de la première vague de libération depuis l’enlèvement à Caracas du président déchu, que Washington entend traduire en justice aux Etats-Unis pour, notamment, narco-terrorisme. Ces libérations sont “un geste unilatéral du gouvernement” afin “de favoriser la coexistence pacifique”, a déclaré Jorge Rodriguez, le président du Parlement.Il n’a précisé ni l’identité, ni le nombre, ni la nationalité des détenus relâchés. En septembre, un groupe d’experts de l’ONU avertissait d’un durcissement de la persécution pour motifs politiques ces derniers mois au Venezuela. Et jeudi, un expert de l’ONU, Bernard Duhaime, soulignait dans un communiqué qu'”en cette période d’immense incertitude, protéger les droits, traiter les abus passés et garantir l’avenir est la seule voie vers une paix et une dignité durables”.L’ONG Foro penal qui estimait avant jeudi à 806 le nombre de prisonniers politiques au Venezuela, dont 175 militaires, s’est félicitée de la “bonne nouvelle”.Au même moment Donald Trump a déclaré, dans un entretien publié jeudi par le New York Times, que les Etats-Unis pourraient conserver plusieurs années le contrôle du Venezuela et de son pétrole. Jeudi, trois navires affrétés par Chevron transportaient du pétrole du Venezuela vers les États-Unis, selon une analyse de l’AFP de données de suivi maritime, alors que les pressions de Washington sur Caracas font craindre une saturation des capacités de stockage du pays.La société publique Petroleos de Venezuela (PDVSA) “mène actuellement des négociations avec les Etats-Unis en vue de la vente de volumes de pétrole, dans le cadre des relations commerciales qui existent entre les deux pays”, a indiqué un communiqué de la société jeudi.- “Intérêts” américains -Alors que Delcy Rodriguez dénonçait la veille une “tache” sans précédent dans les relations avec Washington, Donald Trump, qui recevra vendredi les dirigeants de grands groupes pétroliers américains pour leur vanter les “immenses” opportunités au Venezuela, se félicite de la “très bonne entente” avec le pouvoir intérimaire à Caracas. “Ils nous donnent tout ce que nous jugeons nécessaire”, a dit M. Trump.De son côté, le vice-président JD Vance a confirmé la vision de Wahsington avec la plus grande clarté, en déclarant mercredi soir sur Fox News: “La manière dont nous contrôlons le Venezuela, c’est en contrôlant les cordons de la bourse, en contrôlant les ressources énergétiques, et nous disons au régime, vous pouvez vendre le pétrole à condition que vous serviez les intérêts de sécurité nationale américains.””Seul l’avenir nous dira” combien de temps Washington entend garder une tutelle sur Caracas, a déclaré Trump au grand quotidien new-yorkais. Interrogé pour savoir si la situation durerait trois mois, six mois, un an ou plus, il a répondu : “Je dirais beaucoup plus longtemps”.A Caracas les habitants témoignent de leur incertitude, parfois teintée d’optimisme, face à cette tutelle américaine, alors que Reporters Sans Frontières exhorte “les autorités à permettre l’entrée de journalistes étrangers dans le pays et à cesser de restreindre le travail des médias locaux”.”J’ai l’impression que nous aurons plus d’opportunités si le pétrole est aux mains des Etats-Unis plutôt que du gouvernement”, confie à Caracas un Vénézuélien de 26 ans, qui n’a pas souhaité livrer son identité pour des raisons de sécurité.Une femme de 52 ans, employée dans le secteur des services et qui a elle aussi requis l’anonymat, fait surtout part de son incertitude.”En réalité nous ne savons pas si (cet accord sur le pétrole entre Washington et Caracas) est bon ou mauvais”, déclare-t-elle. “Ce que je veux, c’est m’en sortir avec ma famille et vivre normalement, autant que possible.”- 100 morts -Delcy Rodriguez, a déclaré mercredi soir que l’échange commercial avec les Etats-Unis n’avait “rien d’extraordinaire ni d’irrégulier”.Elle a toutefois de nouveau regretté la capture de Nicolas Maduro, au cours d’une opération des forces spéciales américaines à Caracas qui a fait 100 morts, selon le dernier bilan livré par le ministre vénézuélien de l’Intérieur Diosdado Cabello.Des sénateurs républicains se sont joints jeudi à leurs collègues démocrates pour faire avancer une résolution visant à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump contre le Venezuela. Un camouflet pour le président américain, qui s’est emporté, sur son réseau Truth Social, contre la “stupidité” de cinq sénateurs républicains qui “ne devraient plus jamais être élus”.Le texte doit désormais être soumis au vote au Sénat la semaine prochaine.Donald Trump avait évalué à “entre 30 et 50 millions de barils de pétrole” la quantité de brut que va livrer le Venezuela eaux Etats-Unis, et entend contrôler directement les recettes qui résulteront de la vente.Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées du monde avec plus de 303 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Mais sa production reste faible, de l’ordre d’un million de barils par jour, après des décennies de sous-investissement dans les infrastructures.

La Bourse de Paris prudente face aux tensions géopolitiques

La Bourse de Paris a conclu sa séance de jeudi en faible hausse, après avoir passé une bonne partie de la journée légèrement dans le rouge, la place française restant attentive aux tensions géopolitiques qui l’empêchent de décoller. A la clôture, l’indice vedette CAC 40 a gagné 9,55 points (+0,12%), terminant à 8.243,47 points, à l’issue d’une séance “assez peu mouvementée”, a noté Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés à IG France, auprès de l’AFP.”Ce qu’on retient depuis le début de la semaine, c’est une sensibilité du CAC liée aux tensions commerciales entre la Chine et le Japon”, a-t-il expliqué, alors que Pékin a annoncé dans la semaine durcir ses restrictions sur l’exportation vers le Japon de biens à usage civil et militaire.”Le CAC 40 inclut des valeurs exposées à la zone Asie, comme le luxe par exemple, mais pas seulement”, a relevé Alexandre Baradez, pour qui l’indice parisien est encore en “phase d’observation” depuis le début de l’année. Très dynamique dans les autres places boursières mondiales en raison des tensions géopolitiques qui parcourent la planète, le secteur de la défense s’est montré plus discret en France au sein du CAC 40. Dassault Aviation a pris seulement 0,20%, à 306,20 euros, Thales a perdu 1,01%, à 265,80 euros. Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt français à 10 ans restait à peu près stable, à 3,53%, contre 3,52% la veille, quand la référence en Europe, le rendement allemand à 10 ans, s’est davantage tendu ces dernières 24 heures, à 2,86% contre 2,81% mercredi.Vendredi, les investisseurs guetteront la publication d’un rapport important sur le marché de l’emploi aux Etats-Unis, dont la tendance est décisive pour l’orientation de la politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed).- BNP soulagée -La décision d’un juge new-yorkais de certifier le verdict de complicité d’exactions au Soudan à l’encontre de BNP Paribas, étape attendue du parcours judiciaire, donne désormais à la banque française la possibilité d’engager un appel, a-t-elle indiqué jeudi.Un jury populaire new-yorkais a reconnu fin octobre BNP Paribas complice d’exactions au Soudan, en ayant organisé des transactions commerciales dont les recettes ont financé l’armée et les milices du régime d’Omar el-Béchir.La banque française a pris 3,51% jeudi, à 82,5 euros. Dans son sillage, Crédit Agricole (+1,44% à 17,57 euros) et Société Générale (+1,82% à 70,38 euros) ont également conclu la séance dans le vert.

Automobile: 320 emplois supprimés chez l’équipementier Dumarey à Strasbourg

L’équipementier automobile Dumarey Powerglide va fermer son usine strasbourgeoise d’ici à la fin d’année, entraînant la suppression de 320 emplois, après que son principal client, l’équipementier ZF, a mis fin prématurément à leur contrat.”On a informé hier le CSE de DPS ainsi que les salariés d’un projet de cessation de nos activités au courant de l’année 2026″, a confirmé jeudi à l’AFP le président de Dumarey Powerglide Strasbourg (DPS) Arnaud Bailo, évoquant une décision “extrêmement difficile à prendre au regard de l’impact humain et social”.Cette décision implique la suppression de 320 emplois directs, après un plan social qui en avait déjà supprimé 234 l’année dernière.Une centaine de départs sont prévus en juin, une autre vague d’environ 200 personnes en août, et une dernière fin 2026, selon Malek Kirouane, délégué syndical CGT. “L’impact va être énorme”, avec en plus les prestataires, alerte-t-il, “c’est une catastrophe.”Sur les 234 personnes licenciées lors du dernier PSE, en février 2025, “très peu ont retrouvé du travail”, dit-il, estimant que les délais de congé de reclassement, de 10 mois, sont trop courts.Cette fermeture annoncée s’explique par une “rupture brutale et non anticipée des commandes de transmissions automatiques par ZF à partir de 2024”, entraînant une chute de 85% du chiffre d’affaires de l’entreprise, selon la direction de DPS. Le chiffre d’affaires “a été divisé par 9” entre 2023 et 2025: “difficile, dans ce contexte-là, de trouver des solutions”, regrette M. Bailo.- “Gâchis” -Des discussions vont débuter lundi pour quatre mois au sein de l’entreprise.”C’est le ciel qui tombe sur la tête des salariés”, témoigne Laurent Julien, secrétaire CFDT du CSE. “On ne s’y attendait pas, même si on commençait à avoir des doutes. Il n’y avait pas de son, pas d’image de la part de la direction”, qui était “très opaque” ces derniers temps, selon lui.”On savait qu’elle voulait rebondir sur l’armement. C’est pour ça qu’elle s’est d’ailleurs rapprochée [du groupe alsacien] Lohr” en 2025, mais les négociations n’ont pas abouti. “Donc, on est obligés de fermer (…) c’est un gâchis, une grande tristesse”. Après le PSE de l’an dernier, la direction du site avait évoqué des pistes pour de nouveaux projets, mais la société était “tellement endettée” qu’elle ne pouvait plus “être crédible pour quoi que ce soit”, a souligné M. Kirouane.Pour M. Julien, la direction n’a pas su gérer le “virage électrique” du secteur automobile, ni “trouver des volumes qui remplaceraient ZF”.La direction souligne avoir investi, il y a quatre ans, 80 millions d’euros pour “diversifier” sa clientèle et prendre “le virage de l’électrique”. Cependant aujourd’hui les volumes “ne sont pas au rendez-vous parce que les commandes initialement prévues par nos clients sont plus de 40% en dessous des capacités mises en place”, selon M. Bailo.- Secteur en difficulté -“Ils disent qu’ils n’ont plus d’argent, qu’il y a une crise automobile, que les Chinois ont pris tous les marchés… tous les arguments sont bons. Mais le problème, c’est que stratégiquement, ils ont merdé” même quand la santé financière de l’entreprise était bonne, estime M. Kirouane.Pour la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian et la présidente de l’Eurométropole Pia Imbs, la fermeture annoncée du site est un “signal d’alerte collectif”, qui souligne “la nécessité pour l’Europe de préserver ses outils de production” et “sécuriser ses chaînes de valeur industrielles”.”Où sont passés les 25 millions d’euros d’argent public dont a bénéficié Dumarey Strasbourg ?”, s’est interrogé pour sa part le député LFI Emmanuel Fernandes, jugeant “intolérable que l’État laisse une entreprise encaisser l’argent des contribuables pour ensuite licencier sans scrupules”.Les plans sociaux se sont multipliés chez les fabricants de pièces automobiles en France et en Allemagne, à cause d’une baisse des ventes de voitures, notamment en Europe et en Chine, le marché principal des fabricants européens. L’usine strasbourgeoise a compté plus de 2.500 salariés lorsqu’elle appartenait encore, jusqu’en 2013, au géant américain General Motors avant d’être reprise par le groupe belge Punch Powerglide, devenu Dumarey Powerglide en 2023. “Dans le bassin de l’emploi de Strasbourg, c’est un site historique qui a engrangé des milliards d’euros de chiffre d’affaires” et où de nombreux salariés ont fait toute leur carrière, souligne M. Julien.ilp-av-mlx-pau/ab/LyS