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Nouvelle marche à Caracas de partisans de Maduro, une semaine après sa capture par les Etats-Unis

Les sympathisants du président déchu Nicolas Maduro doivent défiler à nouveau samedi dans les rues de Caracas, une semaine après sa capture par les Etats-Unis qui entendent exercer une tutelle sur le pays et son pétrole.Accusés notamment de trafic de drogue, Nicolas Maduro et la Première dame Cilia Flores, qui ont plaidé non-coupable lors de leur présentation lundi devant la justice américaine à New York, sont incarcérés depuis aux Etats-Unis.Dans la foulée de sa chute surprise, l’ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez a été investie présidente par intérim. Parmi les premiers changements depuis son accession au pouvoir, elle a nommé mardi un ex-directeur de la banque centrale vénézuélienne comme vice-président chargé de l’économie, poste qui constitue une priorité pour son administration.Son gouvernement a également “décidé d’entamer un processus exploratoire” en vue de rétablir les relations diplomatiques avec les Etats-Unis, rompues depuis 2019. Des diplomates américains se sont rendus vendredi à Caracas, et “l’administration Trump reste en contact étroit avec les autorités intérimaires”, indique samedi un responsable du Département d’Etat. Donald Trump a affirmé avoir “annulé” une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la “coopération” de Caracas, et Washington exclut pour l’instant d’organiser des élections, préférant traiter avec Delcy Rodriguez, à laquelle la Maison Blanche entend “dicter” toutes ses décisions. Elle a rétorqué que son pays n’est ni “subordonné, ni soumis” à Washington. Moins d’une vingtaine de libérationsLa libération de prisonniers politiques est par ailleurs “un geste très important et intelligent” de Caracas a estimé Donald Trump, en référence à l’annonce jeudi par le président du Parlement Jorge Rodriguez, frère de Delcy Rodriguez, de la libération de “nombreux prisonniers”. Depuis, des dizaines de familles d’opposants ou militants vivent dans l’angoisse et l’espoir de retrouver leurs proches. Pour la seconde nuit consécutive, certains sont restés devant des prisons sur des matelas ou à même le sol. “C’est inhumain, ce qu’ils nous infligent, c’est se moquer de nous. C’est comme s’ils voulaient faire du mal jusqu’au bout”, se désole auprès de l’AFP la mère d’un détenu qui souhaite garder l’anonymat par crainte de représailles. Elle attend des nouvelles de son fils depuis les abords du centre pénitentiaire de Rodeo I, à l’est de Caracas.”Nous sommes inquiets, très angoissés, très anxieux”, témoigne pour sa part Hiowanka Ávila, 39 ans. Son frère est détenu, condamné pour attaque de drone sur Nicolas Maduro. “Aujourd’hui nous allons rester parce que nous ne savons pas ce qui peut se passer, nous savons qu’ils ont libéré” des prisonniers “de nuit”.L’ONG Foro Penal fait état de 11 libérations depuis jeudi, dont celle d’Antonio Gerardo Buzzetta Pacheco, un binational italien-vénézuélien. La principale coalition d’opposition, Plataforma Unitaria, évoque elle le nombre de 17, sur un total de détenus qui oscille entre 800 et 1.200 selon les estimations d’ONG et d’organisations.Dans un message sur X, Plataforma Unitaria exique “que s’accélère le processus de libération pour que cesse la souffrance” des prisonniers et leurs familles.- “Avec nous” -Depuis son opération militaire sur le sol vénézuélien, qui a fait au moins 100 morts dont des militaires vénézuéliens et cubains, le gouvernement américain continue son blocus sur l’exportation du pétrole vénézuélien. Il a annoncé vendredi avoir saisi dans les eaux internationales un nouveau pétrolier qui partait du Venezuela, le cinquième ces dernières semaines.Le président des Etats-Unis a réuni à la Maison Blanche les grands groupes pétroliers pour les pousser à se lancer à l’assaut des vastes réserves du Venezuela, sans sembler emporter la conviction de tous les dirigeants autour de la table.Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de brut du monde avec plus de 300 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), devant l’Arabie saoudite (267 milliards) et l’Iran.- “Agir ensemble” -En parallèle du dossier du pétrole vénézuélien, Donald Trump dit aussi vouloir s’en prendre au narcotrafic. Après avoir détruit dans les Caraïbes et le Pacifique des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue, faisant plus de 100 morts, les Etats-Unis vont mener “des frappes au sol” contre les cartels, menace-t-il.Le chef d’Etat colombien Gustavo Petro a sur ce sujet invité Mme Rodriguez “à agir ensemble” contre le narcotrafic, arguant que ce sujet était devenu “l’excuse parfaite” pour justifier une “agression” contre les pays d’Amérique latine.De puissantes guérillas financées par le trafic de cocaïne opèrent le long de la poreuse frontière de plus de 2.200 kilomètres entre la Colombie et le Venezuela.

Irlande: des milliers d’agriculteurs manifestent contre l’accord UE-Mercosur

Plusieurs milliers d’agriculteurs se sont rassemblés samedi à Athlone dans le centre de l’Irlande pour protester contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, a constaté un journaliste de l’AFP.”Non UE-Mercosur” et “Soutien à l’agriculture irlandaise” pouvait-on lire sur des pancartes accrochées sur certains des nombreux tracteurs qui ont convergé vers la petite localité située à mi-chemin entre Dublin et Galway, au lendemain du feu vert européen.Comme ses homologues français, hongrois, polonais et autrichien, le gouvernement irlandais s’est opposé à la conclusion de cet accord, qui suscite une forte contestation agricole, avec la crainte d’une arrivée de produits moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE.Samedi, la colère ne retombait pas non plus en France, avec plusieurs actions lancées, notamment au port du Havre (ouest). La veille, des manifestations et actions d’agriculteurs ont eu lieu également en Pologne et Belgique.En Irlande, les agriculteurs s’inquiètent notamment de la concurrence issue de l’importation de viande de bœuf à moindre prix.Le principal syndicat agricole, l’Irish farmers association (IFA) a jugé “très décevant” le feu vert européen et appelé les députés à s’y opposer.”Nous sommes supposés être en concurrence avec de la viande qui est produite selon des normes totalement différentes que celle que nous avons ici”, s’est insurgé auprès de l’AFP Francie Gorman, le président de l’IFA, présent à Athlone au rassemblement organisé par le parti conservateur Independant Ireland. Il veut croire qu'”il y a de bonnes chances que (l’accord) puisse être stoppé au Parlement européen” si la mobilisation continue.”Nous ne voulons pas de bœuf brésilien importé dans le pays, nous pensons juste qu’il est important d’être ici aujourd’hui pour nous faire entendre et l’empêcher”, a abondé Seamus Kelly, éleveur de 43 ans.Le Parlement européen doit encore se prononcer sur le texte, négocié depuis plus de 25 ans entre l’UE et le bloc sud-américain du Mercosur, qui comprend le Brésil, le Paraguay, l’Argentine et l’Uruguay.Il créerait l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, de plus de 700 millions de consommateurs.Pour ses défenseurs comme l’Allemagne et l’Espagne, il va permettre au contraire de relancer une économie européenne à la peine, en supprimant une large part des droits de douane, ce qui favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de fromages. Vendredi, le vice-Premier ministre irlandais Simon Harris a assuré que le gouvernement “continuerait à exposer (ses) préoccupations” au niveau européen.

Irlande: plusieurs milliers d’agriculteurs manifestent contre l’accord UE-Mercosur

Plusieurs milliers d’agriculteurs se sont rassemblés samedi à Athlone dans le centre de l’Irlande pour protester contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, a constaté un journaliste de l’AFP.”Non UE-Mercosur” et “Soutien à l’agriculture irlandaise” pouvait-on lire sur des pancartes accrochées sur certains des nombreux tracteurs qui ont convergé vers la petite localité située à mi-chemin entre Dublin et Galway, au lendemain du feu vert européen.Comme ses homologues français, hongrois, polonais et autrichien, le gouvernement irlandais s’est opposé à la conclusion de cet accord, qui suscite une forte contestation agricole, avec la crainte d’une arrivée de produits moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE.Vendredi, des manifestations et actions d’agriculteurs ont eu lieu en Pologne, France et Belgique.Le Parlement européen doit encore se prononcer sur le texte, négocié depuis plus de 25 ans entre l’UE et le bloc sud-américain du Mercosur, qui comprend le Brésil, le Paraguay, l’Argentine et l’Uruguay.Il créerait l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, de plus de 700 millions de consommateurs.Pour ses défenseurs comme l’Allemagne et l’Espagne, il va permettre au contraire de relancer une économie européenne à la peine, en supprimant une large part des droits de douane, ce qui favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de fromages. En Irlande, les agriculteurs s’inquiètent notamment de la concurrence issue de l’importation de viande de bœuf à moindre prix.Le principal syndicat agricole, l’Irish farmers association (IFA) a jugé “très décevant” le feu vert européen et appelé les députés à s’y opposer.Vendredi, le vice-Premier ministre irlandais Simon Harris a assuré que le gouvernement “continuerait à exposer (ses) préoccupations”.

Colère des agriculteurs: opérations pour débloquer des dépôts de carburant

Les forces de l’ordre sont intervenues samedi pour mettre fin au blocage du dépôt de carburant de Bassens, près de Bordeaux, par la Coordination rurale (CR) après la levée vendredi soir de celui d’Haulchin, près de Valenciennes.  Vers midi, des gendarmes mobiles casqués et bouclier en avant ont convergé pour faire reculer les militants du syndicat agricole, utilisant par moment des gaz lacrymogènes face aux récalcitrants, ont constaté des journalistes de l’AFP à Bassens.”On est en train de mourir, vous allez mourir aussi, on se fout de vous en haut”, a lancé l’un d’entre eux aux forces de l’ordre. “J’espère que vous dormirez bien la nuit”, a ajouté un autre, avant que les agriculteurs n’entonnent la Marseillaise.Une heure plus tôt, une partie de la quarantaine d’agriculteurs installés devant les dépôts pétroliers DPA, bloqués depuis mercredi soir, en étaient brièvement venus aux mains avec les forces de l’ordre qui ont ceinturé le rond-point. “On a des revendications et leur réponse c’est d’envoyer les Centaures (blindés de la gendarmerie, NDLR), et ça fait 30 ans que ça dure”, a déploré Vincent Colineau, coprésident de la CR33. Dans le Nord, la Coordination rurale a levé vendredi vers 21H00 le blocage de l’entrepôt pétrolier d’Haulchin, près de Valenciennes, qu’elle avait entamé dans la matinée, sous la pression des autorités, a indiqué à l’AFP Patrick Legras, président du syndicat agricole dans les Hauts-de-France. “C’est tendu, c’est très tendu, plus ça va et plus ils nous empêchent de manifester”, a-t-il regretté.En Occitanie, des barrages ont aussi été levés sur des axes routiers, notamment dans les Hautes-Pyrénées, même si le barrage de l’A64 au sud de Toulouse, actif depuis une vingtaine de jours à l’initiative des “Ultras de l’A64” menés par l’éleveur haut-garonnais Jérôme Bayle, reste en place.Ils sont imités au Pays basque par les “Ultras de l’A63” qui ont mis en place vendredi un barrage à hauteur de Bayonne, toujours en place samedi matin, selon la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. Vendredi soir, une centaine d’agriculteurs et 80 engins ont également convergé à l’appel de la FNSEA vers Montauban dans le Tarn-et-Garonne, où la préfecture a déploré “plusieurs déversements et dégradations”, avec feux de palettes et de ballots de paille. Tous les syndicats agricolent protestent contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur sud-américain qui sera signé samedi prochain au Paraguay. La CR et la Confédération paysanne dénoncent aussi la gestion par l’Etat de l’épizootie de dermatose nodulaire bovine (DNC) qui a attisé la colère agricole en décembre dans le Sud-Ouest.La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé vendredi “un paquet de mesures agricoles” de 300 millions d’euros visant à répondre à la colère des agriculteurs, avec notamment un doublement du fonds d’indemnisation de la dermatose bovine et d’autres mesures égrenées ces dernières semaines (sur les engrais ou l’aide à l’arrachage des vignes).

En Chine, des villages peinent à se chauffer, faute d’aide

En 2017, la Chine décidait de limiter le chauffage au charbon pour se débarrasser de son smog hivernal. Mais aujourd’hui, faute d’aides suffisantes, des habitants du nord-est peinent à joindre les deux bouts, accablés de factures exorbitantes.Dans le district de Xushui, à une centaine de kilomètres de Pékin, des villageois disent même à l’AFP éviter d’allumer le chauffage, face au gouffre financier qu’il représente.Pékin avait ordonné à des zones du nord du pays, notamment dans la province de Hebei, de remplacer les poêles à charbon par des systèmes électriques ou au gaz.Le gouvernement central avait alloué des fonds pour permettre la transition. Mais après trois ans, ces aides ont disparu, et d’autres enveloppes se sont fortement réduites depuis, ont révélé des médias locaux cette semaine.”Les gens normaux ne peuvent se le permettre” (d’allumer le chauffage, NDLR), explique un sexagénaire à l’AFP sur un marché agricole, par une journée où le thermomètre est tombé jusqu’à -7°C. Il y travaille pour gagner sa vie, disant recevoir une pension d’à peine une centaine de yuans par mois.”Dépenser 1.000 yuans (123 euros) par mois de chauffage, personne ne peut assumer cela”. “Tout le monde aime que (l’air) soit pur” mais “le coût de (l’air) pur est élevé”, explique-t-il sous couvert d’anonymat, souhaitant éviter tout “problème”.Yin Chunlan, une employée d’un restaurant, raconte que ses beaux-parents, âgés, doivent débourser jusqu’à 7.000 yuans (860 euros) par an pour chauffer leur maison de six pièces dans un village.Par comparaison, cette femme de 48 ans résidant dans un appartement en ville dit ne payer qu’un tiers de cette somme.”Mais ce n’est pas pareil au village”, dit-elle à l’AFP. “Ils doivent chauffer bien plus, et la température n’est même pas aussi chaude, donc c’est du gaspillage de gaz et (…) d’argent.”Ses beaux-parents empilent ainsi couvertures sur couvertures pour se tenir chaud. “Quand je vois ça, c’est franchement désolant”, raconte Mme Yin, en essuyant une larme. “On ne peut rien faire.”Dans un autre village, une septuagénaire sort dans sa cour avec, sur elle, une veste verte rembourrée sous un tablier. Montrant à l’AFP un panneau de contrôle affichant “off”, elle dit choisir de ne pas allumer le chauffage durant la journée.- Articles dépubliés -Pendant la première semaine de janvier, les réseaux sociaux chinois ont été inondés de messages rapportant que des habitants du Hebei entassaient des couvertures pour rester au chaud.Un article du Quotidien des agriculteurs, repartagé dans la rubrique opinion du média d’Etat CCTV, a indiqué que le gaz naturel coûtait, dans cette province rurale, jusqu’à 3,4 yuans (0,42 euro) du mètre cube, contre 2,6 yuans (0,32 euro) dans les zones rurales de la capitale chinoise.Des villageois ont dit à l’AFP trouver injuste cette différence de prix.L’article en question a été rapidement retiré, tout comme ses rediffusions – dont celle sur CCTV, inaccessible plusieurs jours plus tard.Le ministère chinois des Finances avait annoncé en 2021 qu’un total de 13,2 milliards de yuans (1,6 milliard d’euros) avaient été distribués pour passer à un chauffage moins polluant dans le Hebei. Mais ces aides à l’installation de nouveaux systèmes et au paiement des factures de gaz ont disparu au bout de trois ans d’existence.Pékin avait aussi promis des “fonds spéciaux” et a versé des allocations supplémentaires dans les zones rurales – sans toutefois donner de précisions sur leur mise en œuvre.En parallèle, l’invasion de l’Ukraine par la Russie lancée en février 2022 a fait grimper les prix du gaz au niveau mondial.Et le montant des aides a parfois été dérisoire, de l’avis des habitants.En 2017, les autorités du district de Xushui avaient annoncé l’éligibilité de certains foyers à une subvention pour le gaz de 300 yuans (37 euros).Mais Zhang Yanjun, un villageois, constate que cette somme ne représente qu’une fraction des milliers de yuans à payer chaque saison. L’ouvrier de 55 ans, payé en environ 3.000 yuans par mois, dit avoir déjà dépensé plus de 5.000 yuans (620 euros) pour chauffer sa maison depuis octobre.”Si l’on donne 300 ou 200 yuans, c’est la même chose que de ne pas donner d’aide du tout”, regrette-t-il.

Des diplomates américains à Caracas pour restaurer les liens avec le Venezuela

Des diplomates américains mènent samedi des discussions à Caracas dans l’objectif de restaurer des relations entre les Etats-Unis et le Venezuela rompues depuis 2019, après la chute du président Nicolas Maduro et de premières libérations d’opposants.Le gouvernement de la présidente par intérim Delcy Rodriguez “a décidé d’entamer un processus exploratoire visant à rétablir les liens diplomatiques entre les deux pays”, selon le ministre des Affaires étrangères Yvan Gil.Des diplomates américains étaient vendredi à Caracas, selon lui, une présence confirmée par un responsable américain peu après que Donald Trump a déclaré avoir “annulé” une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la “coopération” de Caracas. La libération de quelques opposants est par ailleurs “un geste très important et intelligent” de Caracas, selon Trump. “Les Etats-Unis et le Venezuela travaillent bien ensemble”, notamment pour la “reconstruction” de l’industrie pétrolière, a-t-il déclaré.De son côté, Mme Rodriguez affirme que son pays n’est ni “subordonné ni soumis” à Washington, et évoque sa “loyauté envers le président Nicolas Maduro”. Et vendredi, le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a annoncé sur Telegram avoir reçu l’ambassadeur de Russie, Sergey Mélik-Bagdasarov, et continuer “à travailler sur le programme de coopération” avec Moscou.A l’issue d’un entretien avec les présidents brésilien Lula, colombien Petro et le Premier ministre espagnol Sanchez, elle a “réaffirmé” que le Venezuela opposera la “voie diplomatique” à “l’agression criminelle, illégale et illégitime perpétrée” le 3 janvier avec les bombardements américains précédant la capture Maduro.- “Avec nous” -Le gouvernement américain continue cependant son blocus sur l’exportation du pétrole vénézuélien. Il a annoncé vendredi avoir saisi dans les eaux internationales un nouveau pétrolier qui partait du Venezuela, le cinquième ces dernières semaines.Donald Trump a réuni à la Maison Blanche les grands groupes pétroliers pour les pousser à se lancer à l’assaut des vastes réserves du Venezuela, sans sembler emporter la conviction de tous les dirigeants autour de la table.”Vous aurez une sécurité totale” pour opérer, a-t-il vanté, sans préciser quelles formes prendraient cette garantie de sécurité alors qu’il a exclu une présence militaire américaine pour protéger l’activité pétrolière.”Vous traitez directement avec nous, vous ne traitez pas du tout avec le Venezuela”, a-t-il lancé aux dirigeants du secteur.Parmi eux, le PDG de l’américain ExxonMobil, Darren Woods, a précisé qu’il n’allait pas se lancer à la hâte dans de nouveaux investissements, estimant qu’il était “impossible d’y investir” en l’état.- Neuf prisonniers libérés -Sur le volet politique, l’opposant Edmundo Gonzalez Urrutia en exil en Espagne, a appelé à la reconnaissance “explicite” de sa victoire face à Maduro lors de la présidentielle de 2004. La cheffe de l’opposition, Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025 et réfugiée dans la clandestinité, devrait être reçue “la semaine prochaine” à Washington, a annoncé Donald Trump.Dans l’attente de la libération de “nombreux prisonniers”, annoncée par le président du Parlement Jorge Rodriguez, frère de Delcy, des dizaines de proches de dissidents ou militants ont afflué devant des centres pénitentiaires du pays. “Il ne faut pas perdre espoir”, entend-on parmi les familles présentes devant le centre pénitencier de Rodéo I, à l’est de Caracas. Après des heures d’attente, des familles ont décidé, en désespoir de cause, de passer la nuit de samedi dans des campements improvisés à l’extérieur de cette prison.Selon Alfredo Romero, avocat de l’ONG Foro Penal sur X, seuls neuf prisonniers ont été libérés et “il reste 811 prisonniers politiques au Venezuela”. “Parmi les 87 prisonniers politiques de nationalité étrangère détenus au Venezuela, deux sont des citoyens américains”, écrit-il. Cinq Espagnols relâchés la veille sont arrivés en début d’après-midi à Madrid, dont la célèbre militante et avocate binationale Rocio San Miguel.Dans les rues de Caracas, des membres des colectivos, des groupes paramilitaires qui contrôlent les rues en circulant en ville, armés et parfois cagoulés, dénoncent “beaucoup de trahisons” ayant permis la capture de Nicolas Maduro. “Nous sommes prêts à nous battre”, assure William, un membre du collectif Boina Roja.- “Agir ensemble” -Au Nicaragua, au moins 60 personnes ont été arrêtées pour s’être réjouies de la capture de Nicolas Maduro, ont affirmé vendredi une ONG et des médias en exil.En parallèle du dossier du pétrole vénézuélien, Trump dit aussi vouloir s’en prendre au narcotrafic. Après avoir détruit dans les Caraïbes et le Pacifique des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue, faisant plus de 100 morts, les Etats-Unis vont mener “des frappes au sol” contre les cartels, menace-t-il.Alors que le Républicain affirme que “les cartels dirigent le Mexique”, la présidente de ce pays, Claudia Sheinbaum, a dit vendredi que son gouvernement œuvrait à “renforcer la coordination” en matière de sécurité avec les Etats-Unis. Pour sa part, le chef d’Etat colombien Gustavo Petro a lui invité vendredi sur X Mme Rodriguez “à agir ensemble” contre le narcotrafic, arguant que ce sujet était devenu “l’excuse parfaite” pour justifier une “agression” contre les pays d’Amérique latine.De puissantes guérillas financées par le trafic de cocaïne opèrent le long de la poreuse frontière de plus de 2.200 kilomètres entre la Colombie et le Venezuela.Le ministre colombien de la Défense, Pedro Sanchez, a annoncé vendredi une rencontre virtuelle avec le Département de la Défense des Etats-Unis afin que les principales guérillas du pays “soient déclarées comme des objectifs communs”.

Trump presse les géants pétroliers de se ruer vers l’or noir du Venezuela

Donald Trump a poussé vendredi les grands groupes pétroliers à se lancer à l’assaut des vastes réserves du Venezuela, sans sembler emporter la conviction de tous les dirigeants autour de la table.Le chef d’Etat a réuni autour de lui à la Maison Blanche des poids lourds mondiaux des hydrocarbures, beaucoup d’Américains mais aussi l’italien Eni ou l’espagnol Repsol, une semaine après l’opération militaire américaine qui a mené à la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas.Selon lui, ceux-ci sont prêts à investir “au moins 100 milliards de dollars” au Venezuela.”Vous aurez une sécurité totale” pour opérer, a-t-il vanté durant l’échange, sans préciser quelles formes prendrait cette garantie de sécurité alors qu’il a exclu une présence militaire américaine pour protéger l’activité pétrolière.Mais, a-t-il prévenu, tout se fera sous l’égide des Etats-Unis, qui décideront quelles entreprises pétrolières pourront exploiter les énormes ressources du pays.Dans son plan, Caracas n’a pas son mot à dire.”Vous traitez directement avec nous, vous ne traitez pas du tout avec le Venezuela, nous ne voulons pas que vous traitiez avec le Venezuela”, a-t-il lancé.C’était “une très bonne réunion avec les plus grandes entreprises partout dans le monde”, a-t-il jugé à l’issue de la réunion.- “Impossible d’investir” -Parmi eux, le PDG de l’américain ExxonMobil, Darren Woods, n’entend pas se lancer à la hâte dans de nouveaux investissements.”Nos actifs ont été saisis à deux reprises dans ce pays, vous pouvez donc imaginer que pour y revenir une troisième fois, des changements assez importants seraient nécessaires”, a-t-il déclaré, estimant qu’il était “impossible d’y investir” en l’état.Cette intervention a jeté un certain froid. Seul à avoir gardé une licence au Venezuela, son concurrent américain Chevron s’est montré un peu plus enthousiaste, son vice-président, Mark Nelson, a assuré que la multinationale était “très impatiente d’aider (le Venezuela) à construire un meilleur avenir”, mais n’a pas donné de détails plus concrets.ExxonMobil et ConocoPhillips ont quitté le territoire en 2007, refusant les conditions de l’ancien dirigeant Hugo Chavez qui imposaient que l’Etat devienne actionnaire majoritaire des entreprises présentes dans le pays.Dans une déclaration transmise à l’AFP, ConocoPhillips a assuré avoir apprécié la discussion sur “la préparation du Venezuela à accueillir des investissements”. Après la réunion, le ministre de l’Energie, Chris Wright, a lui reconnu que “cela prendrait du temps” pour relancer la production au Venezuela.- Production amorphe -Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de brut du monde avec plus de 300 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), devant l’Arabie saoudite (267 milliards) et l’Iran.Malgré cela, sa production est modeste, plafonnée à un million de barils par jour, sous l’effet du sous-investissement et des sanctions américaines.Le brut vénézuélien est par ailleurs plus visqueux que celui extrait aux Etats-Unis, ce qui rend son raffinage compliqué, coûteux et polluant.Remettre à niveau les installations suppose d’investir des dizaines de milliards de dollars en dépit des inquiétudes sur l’instabilité politique.Washington exclut pour l’instant d’organiser des élections, préférant traiter avec la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, à laquelle la Maison Blanche entend “dicter” toutes ses décisions.Rafael Queiroz, spécialiste du secteur pétrolier, prend l’exemple des “défaillances dans le système électrique” qui nuisent à l’industrie pétrolière pour illustrer le problème “structurel” auquel sera confronté tout investisseur potentiel au Venezuela.”Les cinq phases de l’industrie pétrolière: l’exploration, la production, le raffinage, la commercialisation et le transport” posent problème, a-t-il souligné.”On parle beaucoup de la taille des réserves, mais ce qui manque dans la conversation, c’est de savoir comment les extraire de manière rentable”, analyse pour sa part Rich Collett-White, spécialiste énergie de la société Carbon Tracker.

Le gouvernement annonce un “paquet de mesures agricoles”

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé vendredi “un paquet de mesures agricoles” visant à répondre à la colère des agriculteurs, s’adressant en premier lieu aux éleveurs, avec un doublement du fonds d’indemnisation de la dermatose bovine.La ministre a annoncé un doublement à “22 millions d’euros” du fonds d’indemnisation destiné aux éleveurs touchés par les conséquences économiques de la dermatose nodulaire bovine (DNC), maladie animale dont la gestion par l’Etat a déclenché un vif mouvement de contestation chez les éleveurs.Mme Genevard a ouvert la voie à une évolution du protocole d’abattage total des troupeaux dans lesquels la maladie est détectée, en cas “d’immunité collective” après vaccination, mais en conditionnant tout changement à un “avis scientifique”.Répondant par ailleurs à une demande forte des éleveurs face aux attaques de troupeaux et renouvelée ces derniers jours par la FNSEA, premier syndicat agricole, elle a annoncé que le nombre de loups pouvant être éliminés dans l’année allait “augmenter de 10%”.”Notre régime de régulation doit être revu et il le sera, car il n’est plus adapté au fait que le loup s’étend de plus en plus dans des territoires nouveaux et qu’il se multiplie”, a-t-elle dit. Le quota d’abattage annuel autorisé est fixé à 19% de la population lupine, estimée à 1.082 animaux en 2025. Cette année-là, “il y a eu plus de 4.000 attaques”, a affirmé la ministre.Elle a également répondu à une demande récurrente de l’alliance majoritaire FNSEA-Jeunes agriculteurs, en annonçant la signature “avant la fin du mois” des décrets d’application de la loi Duplomb concernant la facilitation de construction de bâtiments d’élevage.”De même, les textes qui permettent de trouver des solutions plus vite pour lutter contre les nuisibles, les virus, les bactéries qui ravagent les productions seront pris avant le Salon” de l’agriculture, a-t-elle ajouté.La ministre a rappelé l’engagement du gouvernement auprès des viticulteurs et des céréaliers, notamment concernant les avancées obtenues à Bruxelles sur les engrais et pour le maintien du budget de la future Politique agricole commune (PAC).A ses côtés, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a mis en garde les députés qui voteraient la semaine prochaine les motions de censure déposées par le RN et LFI, faisant valoir que “s’il n’y a pas de gouvernement, il n’y aura pas de solution pour les agriculteurs”.La ministre de l’Action et des Comptes publics a estimé que ces motions apporteraient “un moment de clarification”. Evoquant notamment les élus des territoires viticoles, elle a observé que, s’ils font tomber le gouvernement, “ils enverront un message très clair aux viticulteurs de leurs circonscriptions”, en empêchant l’introduction dans le budget de l’enveloppe de 130 millions d’euros prévue pour financer un plan d’arrachage.”Il faut que l’ensemble des élus et du pays prennent conscience de l’importance du budget de l’agriculture qui doit absolument être voté la semaine prochaine”, a réagi Yohann Barbe, porte-parole de la FNSEA, auprès de l’AFP. Sur l’ensemble des mesures annoncées, “le compte n’y est pas”, a-t-il ajouté, il manque notamment “un périmètre pour l’utilisation de l’enveloppe d’accompagnement” à la lutte contre la dermatose.Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, 2e syndicat agricole du pays, et en pointe de la contestation agricole des dernières semaines, a estimé de son côté que les mesures annoncées “co-écrites avec la FNSEA” ne “répondaient pas du tout” aux revendications de son organisation. “Il faut souhaiter une dissolution rapide du gouvernement pour en finir avec ces ministres qui n’écoutent rien”, a-t-il lancé, joint par l’AFP.Fanny Métrat, porte-parole de la Confédération paysanne, 3e syndicat, a aussi estimé que le gouvernement a essentiellement répondu au premier syndicat, la FNSEA. La seule annonce qu’elle juge positive sur un potentiel assouplissement du protocole de vaccination “arrive avec six mois de retard et le sacrifice de milliers de vaches bien portantes et d’éleveurs”.cho-sb-mdz-od-im/ved/vmt/tmt

Discussions entre le Venezuela et les Etats-Unis pour rétablir les liens diplomatiques

Des diplomates américains sont vendredi au Venezuela, signe d’une volonté de rétablir les relations diplomatiques rompues depuis 2019, moins d’une semaine après la capture par des troupes américaines de Nicolas Maduro à Caracas.Le gouvernement de la présidente par intérim Delcy Rodriguez “a décidé d’entamer un processus exploratoire visant à rétablir les liens diplomatiques entre les deux pays”, selon le ministre des Affaires étrangères Yvan Gil.Des diplomates américains étaient vendredi à Caracas, selon lui, une présence confirmée par un responsable américain peu après que Donald Trump a déclaré avoir “annulé” une nouvelle attaque américaine sur le Venezuela du fait de la “coopération” de Caracas. La libération de quelques opposants est par ailleurs “un geste très important et intelligent” de Caracas, selon Trump.  “Les Etats-Unis et le Venezuela travaillent bien ensemble”, notamment pour la “reconstruction” de l’industrie pétrolière, a-t-il déclaré.De son côté, Mme Rodriguez affirme que son pays n’est ni “subordonné ni soumis” à Washington, et évoque sa “loyauté envers le président Nicolas Maduro”. Et vendredi, le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a annoncé sur Telegram avoir reçu l’ambassadeur de Russie, Sergey Mélik-Bagdasarov, et continuer “à travailler sur le programme de coopération” avec Moscou.A l’issue d’un entretien avec les présidents brésilien Lula, colombien Petro et le Premier ministre espagnol Sanchez, elle a “réaffirmé” que le Venezuela opposera la “voie diplomatique” à “l’agression criminelle, illégale et illégitime perpétrée” le 3 janvier avec les bombardements américains précédant la capture Maduro.- “Avec nous” -Le gouvernement américain continue cependant de mener d’une main ferme son blocus sur l’exportation du pétrole vénézuélien. Il a annoncé vendredi avoir saisi dans les eaux internationales un nouveau pétrolier qui partait du Venezuela, le cinquième ces dernières semaines.”Ce pétrolier est actuellement en chemin, de retour vers le Venezuela, et le pétrole sera vendu”, a écrit Donald Trump.Le chef d’Etat a réuni à la Maison Blanche les grands groupes pétroliers pour les pousser à se lancer à l’assaut des vastes réserves du Venezuela, sans sembler emporter la conviction de tous les dirigeants autour de la table.”Vous aurez une sécurité totale” pour opérer, a-t-il vanté, sans préciser quelles formes prendraient cette garantie de sécurité alors qu’il a exclu une présence militaire américaine pour protéger l’activité pétrolière.”Vous traitez directement avec nous, vous ne traitez pas du tout avec le Venezuela”, a-t-il lancé aux dirigeants du secteur.Parmi eux, le PDG de l’américain ExxonMobil, Darren Woods, a tenu à préciser qu’il n’allait pas se lancer à la hâte dans de nouveaux investissements, estimant qu’il était “impossible d’y investir” en l’état.- 9 prisonniers libérés -Sur le volet politique, l’opposant Edmundo Gonzalez Urrutia en exil en Espagne, a appelé à la reconnaissance “explicite” de sa victoire face à Maduro lors de la présidentielle de 2004. La cheffe de l’opposition, Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025 et réfugiée dans la clandestinité, devrait être reçue “la semaine prochaine” à Washington, a annoncé Donald Trump.Dans l’attente de la libération de “nombreux prisonniers”, annoncée par le président du Parlement Jorge Rodriguez, frère de Delcy , des dizaines de proches de dissidents ou militants ont afflué devant des centres pénitentiaires du pays. “Il ne faut pas perdre espoir”, entend-on parmi les familles présentes devant le centre pénitencier de Rodéo I, à l’est de Caracas. Selon Alfredo Romero, avocat de l’ONG Foro Penal sur X, seuls 9 prisonniers ont été libérés et “il reste 811 prisonniers politiques au Venezuela”. “Parmi les 87 prisonniers politiques de nationalité étrangère détenus au Venezuela, deux sont des citoyens américains”, écrit-il. Cinq Espagnols relâchés la veille sont arrivés en début d’après-midi à Madrid, dont la célèbre militante et avocate binationale Rocio San Miguel.- “Agir ensemble” -En parallèle du dossier du pétrole vénézuélien convoité par Washington, Trump dit aussi vouloir s’en prendre au narcotrafic. Après avoir détruit dans les Caraïbes et le Pacifique des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue, faisant plus de 100 morts, les Etats-Unis vont mener “des frappes au sol” contre les cartels, menace-t-il.Alors que le Républicain affirme que “les cartels dirigent le Mexique”, la présidente de ce pays, Claudia Sheinbaum, a dit vendredi que son gouvernement œuvrait à “renforcer la coordination” en matière de sécurité avec les Etats-Unis. Pour sa part, le chef d’Etat colombien Gustavo Petro a lui invité vendredi sur X Mme Rodriguez “à agir ensemble” contre le narcotrafic, arguant que ce sujet était devenu “l’excuse parfaite” pour justifier une “agression” contre les pays d’Amérique latine.De puissantes guérillas financées par le trafic de cocaïne opèrent le long de la poreuse frontière de plus de 2.200 kilomètres entre la Colombie et le Venezuela.Le ministre colombien de la Défense, Pedro Sanchez, a annoncé vendredi une rencontre virtuelle avec le Département de la Défense des Etats-Unis afin que les principales guérillas du pays “soient déclarées comme des objectifs communs”.

Le gouvernement fait quelques concessions face à la colère persistante des agriculteurs

Le gouvernement français, impuissant en Europe face au vote de l’accord avec le Mercosur et menacé en interne par deux motions de censure, a annoncé vendredi soir une série de mesures “de justice agricole”, peinant néanmoins à apaiser la colère des agriculteurs qui ont manifesté en tracteur à Paris ces derniers jours.Doublement du fonds à 22 millions d’euros pour les éleveurs touchés par la dermatose nodulaire bovine, augmentation des tirs autorisés contre les loups menaçant les troupeaux, simplification du registre sur les pesticides…Un “paquet de 300 millions” qui contient aussi d’autres mesures égrainées ces dernières semaines (sur les engrais ou l’aide à l’arrachage des vignes) mais que la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a conditionné à la non-censure du gouvernement et au vote du budget.Si la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a ouvert la voie à une évolution du protocole d’abattage total des troupeaux dans lesquels la dermatose est détectée, en cas “d’immunité collective” après vaccination, elle l’a conditionné à un “avis scientifique” encore en construction.Ce qui a fortement déçu la Coordination rurale (CR) et la Confédération paysanne qui demandent la fin de l’abattage total et une généralisation ou un assouplissement des vaccinations.La seule annonce jugée positive par la Confédération paysanne sur un potentiel assouplissement du protocole de vaccination “arrive avec six mois de retard et le sacrifice de milliers de vaches bien portantes et d’éleveurs” s’est désolée auprès de l’AFP Fanny Métrat, porte-parole du troisième syndicat agricole qui demande “la démission de la ministre Annie Genevard”.- “Plus rien à se dire” -La CR souhaitait aussi un moratoire sur tous les contrôles pesant sur les agriculteurs jusqu’à la présidentielle et la suppression des agences environnementales.”Ces deux volets n’ont pas été traités. On n’a plus rien à se dire (…). Il faut souhaiter une dissolution rapide du gouvernement pour en finir avec ces ministres qui n’écoutent rien”, a lancé vendredi soir à l’AFP Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale à la pointe de la contestation.Une cinquantaine d’actions ont été menées vendredi dans 31 départements, par la CR et la Confédération paysanne mais aussi par des sections locales de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs: blocages d’autoroutes, manifestations devant les préfectures… Plusieurs pays européens ont aussi observé des actions d’agriculteurs.La FNSEA souhaitait, elle, une “loi spéciale” pour répondre aux demandes les plus urgentes, pas au programme, ainsi que la publication des décrets d’application de la loi Duplomb, ce qui sera fait “d’ici la fin du mois” mais sur un seul point qui concerne l’agrandissement des élevages, a annoncé la ministre.Malgré certaines “réponses positives”, le compte “n’y est pas” a estimé vendredi soir Yohann Barbe, éleveur et porte-parole de la FNSEA, il manque notamment “un périmètre pour l’utilisation de l’enveloppe d’accompagnement” à la lutte contre la dermatose, selon lui.”Il faut que l’ensemble des élus et du pays prennent conscience de l’importance du budget de l’agriculture qui doit absolument être voté la semaine prochaine”, a-t-il ajouté à l’adresse des députés et sénateurs.- Interpellations -La crispation pour les agriculteurs réside aussi dans la signature, prévue le 17 janvier au Paraguay après le vote des Etats membres vendredi, de l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur. FNSEA et JA ont appelé à manifester le 20 janvier à Strasbourg devant le Parlement européen qui devra voter pour le ratifier.Reconnaissant que la défiance était un “signal d’alarme majeur”, la ministre Annie Genevard a salué vendredi des manifestations “pacifiques, à l’exception de quelques épisodes dommageables”. Deux des porte-parole nationaux de la Confédération paysanne, interpellés devant l’Arc de Triomphe vendredi à Paris, ont été relâchés en début de soirée. Il est “inadmissible que la Confédération paysanne soit le seul syndicat à subir cette répression”, a dénoncé cette organisation, classée à gauche, qui avait mené à l’aube une opération escargot avec des tracteurs sur le périphérique autour de Paris.Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a assumé pour sa part jeudi de n’avoir pas dispersé l’action “illégale” de la Coordination rurale (CR) avec ses tracteurs à Paris alors que les rassemblements non déclarés y étaient interdits.Le ton est monté aussi vendredi devant le siège de l’agence sanitaire Anses, au sud de Paris, où des adhérents de la CR ont lancé des oeufs contre la façade. Aucune interpellation n’a été rapportée.bur-sb-mdz-im/ved/cbn