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Wall Street pas convaincue par Nvidia malgré des résultats records

La Bourse de New York a terminé orientée à la baisse jeudi, les performances trimestrielles jamais vues de Nvidia n’ayant pas suffi à apaiser les craintes du marché sur l’intelligence artificielle (IA).L’indice Nasdaq – à forte coloration technologique – a reculé de 1,18% et l’indice élargi S&P 500 a cédé 0,54%. Seul le Dow Jones est parvenu à clôturer dans le vert, grappillant 0,03%.Le marché attendait au tournant les résultats trimestriels du mastodonte des puces et première capitalisation mondiale Nvidia.Celui-ci a fait mieux qu’escompté au quatrième trimestre de son exercice décalé, avec notamment un bénéfice net en hausse de 94% sur un an.Mais “personne n’est surpris que Nvidia ait dépassé les attentes”, assure Ken Mahoney, de Mahoney Asset Management.”Les résultats étaient bons, mais les investisseurs ont estimé que les prévisions n’étaient pas suffisantes ou qu’elles ne dissipaient pas leurs inquiétudes concernant l’IA”, abonde auprès de l’AFP Jack Ablin, de Cresset.Le titre Nvidia a perdu jeudi 5,46% à 184,89 dollars. Soit plus de 200 milliards de dollars de capitalisation boursière partis en fumée.Selon M. Ablin, le marché “craint que les dépenses massives” engagées pour développer l’intelligence artificielle “ne ralentissent, ce qui aurait un impact sur tous les acteurs de la chaîne”, à commencer par Nvidia, dont les processeurs graphiques restent les plus demandés.Jensen Huang, le patron du géant, a pourtant évoqué mercredi une demande de capacités pour l’IA en “croissance exponentielle”, de quoi entraîner une accélération continue des investissements pour les infrastructures informatiques.Si ses prévisions pour le trimestre en cours étaient atteintes, Nvidia verrait son chiffre d’affaires s’envoler de 77% sur un an.Le mouvement de la place américaine “est simplement alimenté par la peur et l’émotion”, assure Jack Ablin.Selon lui, les domaines plus traditionnels sont ceux qui s’en sortent le mieux, d’où la meilleure performance du Dow Jones, indice plutôt industriel, et du Russell 2000, qui regroupe des entreprises de taille moyenne.Côté indicateurs, les inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis sont ressorties légèrement en deçà des attentes (+212.000 la semaine passée, contre 215.000 escomptées).La place new-yorkaise attend désormais la publication vendredi de l’indice des prix à la production (PPI) du mois de janvier.Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts de l’État américain à 10 ans se détendait par rapport à la clôture mercredi, à 4,01% contre 4,05%.Les résultats trimestriels ont aussi animé d’autres valeurs.Les prévisions du groupe de médias et divertissement Paramount Skydance ont ravi le marché. L’entreprise, qui cherche à s’emparer de son concurrent Warner Bros Discovery, anticipe notamment un chiffre d’affaires annuel de 30 milliards de dollars, un peu plus qu’attendu.Son titre a pris 10,04% à 11,18 dollars.Le groupe agroalimentaire J.M. Smucker (+8,82% à 116,00 dollars), notamment connu pour son beurre de cacahuètes Jif et la marque Café Bustelo, a été porté par ses résultats supérieurs aux attentes.L’opérateur de services d’informatique à distance (cloud) Snowflake a grimpé (+2,28% à 173,06 dollars) après avoir fait mieux qu’attendu au quatrième trimestre et annoncé qu’il misait sur l’IA pour développer son activité.

Uruguay et Argentine, premiers à ratifier l’accord UE-Mercosur

L’Uruguay et l’Argentine sont devenus jeudi les premiers pays à ratifier l’accord UE-Mercosur, alors que l’Union européenne traîne des pieds après la réticence manifestée par les députés européens qui ont saisi la Cour de justice de l’UE.Les députés uruguayens ont largement voté la ratification avec 91 voix pour et deux contre, après une approbation à l’unanimité au Sénat mercredi.Deux heures plus tard, les sénateurs argentins ont approuvé l’accord commercial à une très large majorité, 69 voix pour et trois contre, faisant de l’Argentine le deuxième pays du bloc sud-américain à donner son aval au traité signé le 17 janvier à Asuncion.Au Brésil, les députés ont approuvé mercredi l’accord à une large majorité. Il reste au Sénat à en débattre, à une date non encore fixée. Enfin au Paraguay, l’accord devrait être soumis au Parlement dans les jours suivant la réouverture de la session parlementaire, le 1er mars.Cet accord de libre-échange conclu au bout de 25 ans de négociations crée une des plus grandes zones de libre-échange au monde, pesant 30% du PIB mondial et plus de 700 millions de consommateurs.Il doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux, tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, de volailles, de sucre, de riz, de miel et de soja sud-américains.Pour ses détracteurs, cet accord va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’UE, faute de contrôles suffisants.Pour ses partisans, il va relancer une économie européenne en difficulté face à la concurrence chinoise et aux droits de douane aux Etats-Unis.- “Signal” pour l’Europe -Le président argentin, Javier Milei, a célébré cette adoption sur son compte X avec le message “Ouverture = prospérité”. Elle “représente une opportunité de promouvoir le développement économique, d’élargir l’accès aux marchés, de créer des conditions favorables à l’investissement et de renforcer la compétitivité”, a-t-il ajouté peu après dans un communiqué.Le ministre uruguayen des Affaires étrangères, Mario Lubetkin, a salué jeudi une étape “historique” et “un signal” pour l’Europe. L’accord “ne fait plus partie d’un débat, il fait désormais partie d’une construction”, a-t-il ajouté, avertissant que sa mise en oeuvre “ne sera sans doute pas facile”.Face à l’opposition de nombreux agriculteurs dans plusieurs pays, le Parlement européen a voté le 21 janvier la saisine de la Cour de justice de l’UE, un revers pour la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, principale artisane de ce traité qui supprime les droits de douane sur plus de 90% des échanges bilatéraux.La CJUE devra maintenant vérifier si l’accord est conforme aux traités européens ou s’il doit être retoqué. Cette saisine suspend le processus de ratification pendant un an et demi, mais la Commission européenne a le droit dans l’intervalle d’appliquer provisoirement cet accord.L’Allemagne soutient ardemment sa mise en oeuvre rapide, tout comme l’Espagne. Mais la France y est farouchement opposée, en raison de craintes pour son secteur agricole.Le Parlement européen a, depuis la signature, adopté des clauses de sauvegarde, des mesures de protection des agriculteurs pour des produits sensibles comme le bœuf, la volaille ou le sucre.- Opportunités -L’empressement du bloc Mercosur à ratifier l’accord vise à ne pas fournir “d’excuses côté européen pour repousser l’accord ou ne pas l’appliquer”, relève l’expert argentin en relations internationales Fabian Calle auprès de l’AFP.Javier Milei a appelé l’Europe à une adoption “avec la même rapidité”.L’analyste international Marcelo Elizondo, qui parle d’économies du bloc sud-américain “très fermées”, estime que “pour le Mercosur, c’est une revitalisation (…) avec une économie très compatible comme celle de l’Union européenne”.Outre l’accord avec l’UE via le Mercosur, l’Argentine de Javier Milei, favorable à une ouverture maximale de l’économie, a annoncé début février un accord de commerce et d’investissement avec les Etats-Unis, avec pour axe majeur la réduction de barrières douanières réciproques.”Le signal général du gouvernement Milei est : ouverture sur le monde, concurrence, accès au marché américain, accès au marché européen”, explique M. Calle. Patricia Bullrich, cheffe du groupe pro-Milei au Sénat, a vanté jeudi les opportunités “concrètes, mesurables, immédiates” qu’offre l’accord.Grâce à lui, les exportations argentines “vont augmenter de 76% en cinq ans” selon les prévisions du gouvernement, a-t-elle affirmé, énumérant une liste de produits qui seront à l’avenir “taxés zéro” vers l’Europe, comme la viande, le vin, les calamars et les agrumes.

La SNCF a engrangé de gros bénéfices en 2025, qui servent à régénérer le réseau ferré

La SNCF a engrangé 1,8 milliard d’euros de bénéfice net l’an passé, cinquième année de résultats positifs d’affilée pour l’entreprise ferroviaire qui peut ainsi financer des travaux de modernisation de son réseau vieillissant.Sur fond d’ouverture à la concurrence, le chiffre d’affaires du groupe SNCF, dont l’ancien Premier ministre Jean Castex a pris la direction en novembre, s’est stabilisé à 43 milliards d’euros (-0,3%).”On a amélioré la rentabilité du groupe et on a investi massivement dans le système ferroviaire tout en préservant notre structure financière”, a résumé le directeur financier Laurent Trevisani. “Les services voyageurs ont été la locomotive en 2025 de la performance du groupe”, a-t-il ajouté.”Qu’il y ait un ou mille passagers à bord, un TGV a les mêmes coûts de fonctionnement, raison pour laquelle les TGV deviennent des machines à cash maintenant qu’ils sont bien remplis par l’envie de train persistante chez les voyageurs, alors qu’ils en perdaient durant le Covid”, remarque Patricia Pérennes, experte ferroviaire au cabinet Trans-Missions.Mais le PDG Jean Castex a lancé deux avertissements lors de la conférence de presse de présentation des résultats. D’abord il a demandé “les mêmes règles” pour tout le monde, suggérant que les concurrents, nouveaux entrants sur les lignes TGV, subissent les mêmes contraintes d’aménagement du territoire que la SNCF, et ne se cantonnent pas à desservir les liaisons les plus rentables.- Aléas climatiques -Ensuite, il a signalé le poids financier grandissant que font peser les aléas climatiques sur l’entretien des infrastructures, en particulier les tempêtes et crues de fin 2025 et début 2026.”Si on a autant d’événements climatiques que depuis deux mois” durant toute l’année, la SNCF “aura du mal à atteindre ses objectifs”, a-t-il prévenu.L’entreprise ferroviaire s’est néanmoins félicitée de la reprise du trafic dans la vallée de la Maurienne au printemps 2025, marquant la réouverture du tunnel vers l’Italie après 18 mois de travaux.La fréquentation d’Eurostar, les TGV européens vers la Grande-Bretagne, la Belgique ou les Pays-Bas, a augmenté de 1,8%, et la filiale espagnole Ouigo España a accueilli 44,3% de voyageurs de plus qu’en 2024, parvenant à devenir rentable après cinq ans d’exploitation.Les lignes Intercités, qui ne sont pas à grande vitesse, ont vu leur fréquentation baisser de 1%, en raison de “travaux majeurs sur le réseau ferré”, notamment sur la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT).SNCF Réseau, la filiale chargée de l’entretien des 28.000 kilomètres de voies ferrées, qui se rémunère sur les péages versés par les exploitants, a vu son chiffre d’affaires progresser de 4,8% à 8,4 milliards d’euros et sa rentabilité a fait un bond de 30,5%.- “Chaque euro réinvesti” -Depuis sa réforme en 2020, la SNCF “réinvestit chaque euro généré par son activité dans le système ferroviaire”, a souligné M. Trevisani.Au total, l’an dernier, 11 milliards d’euros ont été investis dans le ferroviaire en France pour réparer des voies dégradées ou acheter des trains neufs.Sur ce “niveau record”, 52% (5,7 milliards d’euros) ont été financés par la seule SNCF, “autre record historique” selon M. Trevisani, le reste venant surtout de l’État et des collectivités.Pour les années à venir, la SNCF compte sur la loi cadre sur le financement des transports qui doit être discutée en avril au Sénat pour améliorer le financement des travaux.L’an passé, la dette du groupe a reculé à 24,3 milliards d’euros contre 24,7 un an auparavant. L’arrivée de la concurrence s’est aussi matérialisée sur les lignes régionales, même si la SNCF a remporté quatre des cinq appels d’offres pour lesquels elle avait été candidate.Jeudi soir, la fédération CGT des cheminots, premier syndicat du groupe, a jugé “impératif de sortir du dogme de la concurrence, de la seule logique de profit” en demandant dans un communiqué de “revenir à une entreprise unique, publique et intégrée: la SNCF”.Ombre au tableau, les deux filiales de transport de marchandises, Geodis et Rail Logistics Europe, bousculées par les “vents contraires” qui soufflent sur les échanges mondiaux (droits de douane, tensions géopolitiques…) ont vu leurs ventes baisser, tout en maintenant leur rentabilité. Enfin, quatre mois après le départ de Marie-Ange Debon pour La Poste, la filiale de transport urbain Keolis s’est trouvée un nouveau patron : Frédéric Van Heems, venu de Veolia.

Bourse de Paris: nouveau record pour le CAC 40 après une série de résultats

La Bourse de Paris a terminé jeudi pour la première fois au-dessus des 8.600 points, battant de nouveaux records dans la foulée d’une série de résultats d’entreprises et faisant fi des inquiétudes des investisseurs sur la tech après la publication de Nvidia.Le CAC 40 a pris 0,72% à 8.620,93 points, en hausse de 61,86 points. La veille, l’indice vedette parisien avait terminé en progression de 0,47%.Il a atteint jeudi un nouveau record en séance à 8.642,23 points, franchissant pour la première fois les 8.600 points, et dépassant également son record en clôture.Les investisseurs ont accueilli ce jeudi une “batterie de résultats qui sont extrêmement positifs, au-dessus des attentes”, relève Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour Mirabaud France, interrogé par l’AFP.Plus généralement, l’indice parisien profite d’un environnement favorable en Europe pour les sociétés, notamment d'”une reprise cyclique qui commence à se sentir dans la zone euro, avec de meilleurs carnets de commandes”, explique à l’AFP Nathalie Benatia, macroéconomiste chez BNPP AM.Le géant Bouygues (+2,33% à 52,72 euros), présent dans la construction, les travaux publics ou les télécommunications, a dégagé en 2025 un bénéfice net de 1,1 milliard d’euros, en hausse de 7,6%, pour des ventes stables à 56,9 milliards d’euros (+0,2%).Schneider Electric (+3% à 272,90 euros) a maintenu le cap en 2026 après un “record” pour son chiffre d’affaires annuel en 2025, grâce aux centres de données et en dépit des effets de change, a annoncé le groupe français jeudi.Le groupe Getlink (+1,23% à 18,14 euros), qui gère Eurotunnel, a indiqué qu’il prévoyait une augmentation de 10 millions de passagers grande vitesse empruntant le tunnel sous la Manche d’ici 2035, ce qui lui permet d’envisager le versement d’un dividende “d’un euro par action”.Le géant de l’assurance Axa (+1,62% à 40,86 euros) a lui réalisé un chiffre d’affaires et dégagé un bénéfice records en 2025, en ligne avec les attentes des analystes, portés par l’ensemble de ses activités, et par la cession du gestionnaire d’actifs Axa IM.Les investisseurs européens n’ont pas été perturbés par les inquiétudes des marchés concernant l’intelligence artificielle, après les résultats du géant des puces électroniques Nvidia, première capitalisation mondiale, qui a déçu les investisseurs.Depuis plusieurs semaines, les marchés s’inquiètent en effet des valorisations élevées et de la rentabilité future des dépenses colossales d’investissement des géants de la tech dans le développement de l’IA.L’action du groupe énergétique français Engie a grimpé de 7,23% à 29,53 euros, au lendemain de l’annonce de l’acquisition de UK Power Networks (UKPN), distributeur d’électricité de référence au Royaume-Uni, et de la présentation de résultats 2025 en baisse, mais au-dessus des attentes.

Crash électrique pour Stellantis, qui affiche la plus lourde perte pour un groupe français depuis 2002

Pénalisé par ses déboires dans les voitures électriques, le constructeur automobile Stellantis a publié jeudi une perte nette de 22,3 milliards d’euros pour l’année 2025, la plus lourde depuis celle de Vivendi en 2002.Ce déficit record du groupe italo-franco-américain aux 14 marques (Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge DS, Fiat, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot, Ram, Vauxhall…) s’explique par des charges de 25,4 milliards d’euros, qui financeront la réduction de sa production dans l’électrique, où les ventes sont très inférieures à ses attentes, et la relance de modèles à essence ou diesel.Cette décision est d’abord liée à la lenteur du développement des véhicules électriques aux États-Unis, premier marché de Stellantis, où l’administration Trump a supprimé les aides fédérales.En annonçant le 6 février cette provision colossale, le nouveau directeur général Antonio Filosa, arrivé en juin pour remplacer Carlos Tavares, avait expliqué vouloir “réinitialiser” la stratégie du groupe qui a “surestimé” le rythme de la mutation électrique, surtout aux États-Unis.Mais son analyse concerne aussi l’Europe: selon lui, les exigences de Bruxelles sur l’électrification auto sont irréalistes, surtout pour les véhicules utilitaires, dont Stellantis détient 30% du marché européen.”En Europe, les évolutions réglementaires constituent de véritables obstacles pour l’industrie et pour nos clients, en particulier dans le secteur des véhicules utilitaires légers. La trajectoire d’électrification exigée par les régulateurs pour ces véhicules n’a rien à voir avec la demande réelle du marché. Nous continuons donc de plaider pour des solutions pragmatiques dans nos échanges avec les institutions et les décideurs politiques”, a-t-il lancé devant des analystes.Les provisions financeront notamment l’arrêt de certains modèles électriques et de projets d’usines de batteries en Amérique du Nord. La perte de Stellantis est la plus lourde pour un groupe français depuis le précédent record de Vivendi (23,3 milliards d’euros en 2002), devant celle de France Télécom (20,7 milliards en 2002) et plus récemment d’EDF (17,9 milliards en 2022). C’est aussi presque le triple du précédent record pour un groupe automobile français, celui de Renault en 2020 (une perte de 8 milliards).Comme Stellantis, Ford et General Motors ont passé récemment de très lourdes charges liées à la faiblesse des ventes de voitures électriques aux États-Unis.  En 2025, le chiffre d’affaires de Stellantis a baissé de 2%, à 153,5 milliards d’euros, malgré une hausse de 1% des ventes en volume, à 5,5 millions de véhicules. Les recettes ont pâti d’une nouvelle politique de baisse des prix, qui tourne le dos à la stratégie de Carlos Tavares.Au second semestre 2025, le chiffre d’affaires a en revanche progressé de 10%, avec 2,8 millions de véhicules livrés, grâce à un rebond de 39% aux États-Unis.Pour 2026, le groupe confirme ses perspectives d’une amélioration de son chiffre d’affaires et d’un retour à une marge légèrement positive. – Retour du thermique -Les ventes devraient être portées cette année par la montée en puissance de nouveaux modèles, notamment des pick-up thermiques aux États-Unis. Stellantis espère un niveau de prix stable, en hausse sur le marché américain, mais en baisse en Europe. Pour le groupe, “il n’y a pas de conflit entre diesel et innovation, il faut fournir ce que les clients demandent”.En revanche, les droits de douanes mis en place aux États-Unis ont pesé sur les comptes à hauteur de 1,2 milliard d’euros en 2025 et devraient de nouveau les amputer de 1,6 milliard en 2026, même si la Cour suprême les a entre-temps invalidés.L’action Stellantis, qui avait chuté de 24% depuis l’annonce des 22 milliards d’euros de charges début février, a regagné près de 6% jeudi, les marchés étant rassurés par le rebond des ventes depuis l’été.Pour le syndicat CFE-CGC, “cette contre-performance est la conséquence des choix financiers hérités de l’ère Carlos Tavares, qui ont enfermé Stellantis dans une logique de rentabilité à court terme, avec des fournisseurs mis en tension, des effectifs sous pression, une qualité en baisse et des parts de marché en recul”. La vente des voitures tout électriques se développe inégalement dans le monde, d’où un impact contrasté selon les constructeurs. Elle est rapide en Chine, où les voitures 100% électriques représentent environ la moitié des ventes, lente aux États-Unis (environ 8% des ventes) et intermédiaire en Europe (20% environ), encore loin des 90% que vise l’UE pour 2035. En 2022, Stellantis espérait vendre 100% de véhicules électriques en Europe et 50% aux États-Unis pour 2030. 

Affaire Epstein : le patron du Forum de Davos Børge Brende annonce sa démission

Børge Brende, le patron du Forum économique mondial de Davos, a annoncé jeudi sa démission, après des révélations et l’ouverture d’une enquête interne sur ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.Le nom du patron de cette organisation – qui réunit chaque année les élites du monde économique, politique et diplomatique dans la station de ski suisse de Davos – est ressorti dans les millions de documents mis en ligne par le Département américain de la justice, à travers une centaine de SMS et courriels échangés, mentionnant trois dîners avec Jeffrey Epstein. Début février, l’organisation, déjà secouée par la démission l’an passé de son fondateur, Klaus Schwab, avait donc décidé d’ouvrir une enquête interne.   “Après mûre réflexion, j’ai décidé de quitter mes fonctions”, a déclaré Børge Brende dans un communiqué publié jeudi par l’organisation, se disant “convaincu que le Forum peut désormais poursuivre son important travail sans distraction”. Ancien ministre des Affaires étrangères de Norvège et diplomate, il dirigeait l’organisation depuis 2017.Dans le communiqué, le Forum économique mondial a dit “respecter sa décision”, le remerciant pour sa contribution “déterminante durant une période charnière de réformes pour l’organisation”. L’enquête interne, menée par un conseil externe, a été refermée et n’a “pas soulevé de préoccupations supplémentaires au-delà de ce qui a été divulgué jusqu’alors”, précise le communiqué. La direction va être confiée au Suisse Alois Zwinggi, un des membres de la direction, qui va assurer l’intérim en attendant que le conseil d’administration désigne un successeur. – Trois dîners -Début février, M. Brende avait déclaré ne pas avoir “eu conscience du passé et activités criminelles” de Jeffrey Epstein, expliquant que les “diners, et quelques emails et messages par SMS” étaient toute “l’étendue” de ses interactions avec le financier américain. Il aurait sinon “décliné” l’invitation aux dîners durant lesquels il l’avait rencontré. Les documents mis en ligne par le département américain de la justice ont fait ressortir une première rencontre en 2018 lors d’un déplacement à New York durant lequel M. Bende avait été invité par le diplomate et ancien vice-Premier ministre norvégien Terje Rod-Larsen à un dîner auquel participaient plusieurs dirigeants.Jeffrey Epstein, une figure de la jet-set new-yorkaise dans les années 1990-2000, lui avait alors été présenté “comme un investisseur américain”, s’était défendu M. Brende début février. L’année suivante, il avait assisté à deux dîners similaires, comptant là encore Jeffrey Epstein et d’autres diplomates et dirigeants. Accusé d’avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes, dont des mineures, Jeffrey Epstein avait été retrouvé pendu dans sa cellule en 2019, avant d’être jugé.La simple mention du nom d’une personne dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori de cette personne. Mais les documents rendus publics montrent à tout le moins des liens entre le criminel sexuel Jeffrey Epstein ou son entourage et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l’existence de tels rapports.L’an passé, le Forum économique mondial avait déjà été secoué par une enquête interne contre Klaus Schwab et son épouse suite à des accusations portées contre eux par des lanceurs d’alerte anonymes affirmant qu’ils avaient mélangé leurs affaires personnelles avec les ressources du Forum.M. Schwab, qui avait parlé “d’accusations malveillantes”, avait été blanchi par cette enquête interne qui n’avait trouvé “aucune preuve de faute grave” ou de “mauvaise conduite” de sa part, ni de son épouse.  

Le nombre de fermes en agriculture biologique a baissé pour la première fois en 2025

Le nombre de producteurs engagés en agriculture biologique a baissé pour la première fois en 2025, selon les premières estimations de l’Agence Bio, quand la consommation a nettement rebondi, ce qui inquiète quant à l’approvisionnement en produits sans pesticides et engrais de synthèse.Le nombre de fermes engagées en bio est passé de 61.876 en 2024 à 61.490 en 2025, soit une baisse de 386 fermes (-0,6%), les nouveaux arrivants n’ayant pas compensé ceux partis à la retraite ou ayant abandonné ce mode de production, a annoncé jeudi l’Agence Bio lors d’une conférence de presse au Salon de l’agriculture. Ce chiffre doit encore être consolidé, a prévenu cette agence chargée de la promotion de l’agriculture biologique mais aussi de construire les statistiques sur la consommation et la production.C’est un “signal qu’il ne faut pas prendre à la légère”, a mis en garde Marine Bré-Garnier, de l’observatoire national de l’agriculture biologique intégré à l’agence, puisque la consommation a montré de très bons signes de reprise en 2025.Avec l’inflation, la consommation de produits bio avait chuté à partir de 2022 et n’a entamé sa reprise qu’en 2024 (+0,8% en valeur), confirmée en 2025 (+3,5% selon des chiffres encore à consolider communiqués jeudi).- “Déconversion” -Cette relance de la consommation s’observe sur presque tous les circuits, y compris dans la grande distribution (+1,7%), à l’exception des enseignes “discount”.Entre 2022 et 2024, la conception du “bien manger” avait évolué chez les Français: l’impact des produits sur la santé était moins souvent cité que le plaisir et la convivialité.En 2025, l’impact des produits sur la santé a retrouvé sa deuxième place derrière l’alimentation équilibrée dans la conception du “bien manger”, selon le baromètre annuel de l’agence. La santé reste la raison principale motivant les consommateurs de produits bio.En 2013-2014, les débats sur les OGM et des scandales sanitaires avaient boosté cette consommation. En 2025, les débats sur la loi Duplomb, qui prévoyait le retour d’un pesticide interdit, ont peut-être joué un rôle dans la reprise, reconnaît le nouveau président de l’Agence Bio, Bruno Martel, en modérant l’hypothèse avec d’autres facteurs.Ces dernières années, les fluctuations de la consommation ont entraîné un mouvement de “déconversion”, non seulement d’agriculteurs mais aussi de transformateurs. En témoignent les reliquats de plusieurs millions d’euros sur les fonds européens destinés à la conversion au bio.- “Paradoxe” -“On va avoir au moins sur le premier semestre 2026 une réadéquation offre-demande”, a déclaré Bruno Martel. Il faut “attendre” de voir se confirmer cette adéquation pour “relancer des actions de stimulation de la conversion” des agriculteurs au bio, a-t-il ajouté, un processus long qui peut prendre plusieurs années avant d’obtenir la certification.La loi fixe un objectif de 21% des surfaces agricoles dédiées au bio d’ici 2030, soit le double des surfaces de 2024 (10,1%), en repli pour la deuxième année consécutive. Ce mouvement pourrait se poursuivre en 2025.”Nous faisons face à un paradoxe: la demande en bio repart mais les fermes restent fragilisées et la production recule. Le risque est de manquer de produits bio demain”, déclarait peut avant l’ouverture du salon Loïc Madeline, coprésident de la fédération des agriculteurs bio (Fnab), appelant à des “politiques publiques et des financements ambitieux”.Ce mode de production n’a pas été mentionné dans le cadre des travaux sur la souveraineté alimentaire menés sous l’égide de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.Au printemps 2025, l’Agence Bio avait vu chuter son budget communication mais aussi celui du fonds avenir bio qu’elle gère, après avoir été menacée de disparition dans le cadre du budget 2025. Le coûteux stand sur le salon de l’agriculture a été remplacé par le camion qui sillonne habituellement la France pour promouvoir le bio. Le budget de 2025 a été “maintenu” en 2026, a précisé M. Martel, qui veut rassurer sur l’avenir de l’agence, après le départ mi-février du syndicat des magasins spécialisés Synadis Bio, qui affirme qu’elle est “menacée de démantèlement”. Et alors que le recrutement est en cours pour remplacer la directrice de l’agence Laure Verdeau, connue pour son franc-parler notamment vis-à-vis du ministère de l’Agriculture.

Wall Street en ordre dispersé après les résultats de Nvidia

La Bourse de New York évolue sans direction claire jeudi, digérant les performances financières meilleures qu’attendu du géant des puces Nvidia, dans un marché toujours prudent face aux interrogations autour de l’intelligence artificielle (IA).Vers 15H05 GMT, le Dow Jones avançait de 0,18%, l’indice Nasdaq – à forte coloration technologique – reculait de 0,88% et l’indice élargi S&P 500 perdait 0,42%.”Nvidia a été le sujet phare des rapports financiers publiés hier soir”, résume auprès de l’AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management. “Et comme prévu, ceux-ci ont été bien meilleurs qu’anticipé.”Pour le quatrième trimestre de son exercice décalé, le mastodonte de la tech a dégagé un bénéfice net de 42,96 milliards de dollars, en hausse de 94% sur un an.Et le groupe de Santa Clara (Californie) ne voit pas le rythme ralentir: pour le premier trimestre, il table sur un chiffre d’affaires de 78 milliards de dollars, soit une croissance de 77% sur un an. Ces chiffres ont poussé l’action Nvidia dans les échanges électroniques après la clôture de Wall Street mercredi.”Mais la réaction à toutes ces bonnes nouvelles a été finalement peu enthousiaste”, remarque Patrick O’Hare, de Briefing.com.Jeudi, vers 15H15 GMT, la première capitalisation mondiale perdait 4,60% à 186,63 dollars.”Ce recul est attribué aux craintes que Nvidia ne puisse pas continuer à afficher une croissance aussi robuste”, notamment “face à une concurrence foisonnante”, remarque M. O’Hare.”D’une manière générale, les valeurs technologiques – en dehors de certains domaines très prisés – (…) ont été sous pression”, ajoute Ken Mahoney, de Mahoney Asset Management.Plusieurs résultats de grands noms du secteur ont été mal accueillis ces dernières semaines, à l’image de ceux de Microsoft et Amazon, face à des attentes très élevées à Wall Street.L’éditeur de logiciels américain Salesforce (+2,41% à 196,36 dollars) gardait, lui, la tête hors de l’eau après la publication de ses résultats mercredi.Mais “les prévisions de la société pour l’exercice 2027 n’ont pas dissipé les inquiétudes concernant l’impact de l’IA sur les modèles économiques du secteur des logiciels”, avance M. O’Hare.Côté indicateurs, les demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux Etats-Unis sont ressorties légèrement en deçà des attentes la semaine passée (+212.000, contre 215.000 escomptées).La place new-yorkaise attend désormais la publication vendredi de l’indice des prix à la production (PPI) du mois de janvier.Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts de l’État américain à 10 ans se détendait par rapport à la clôture mercredi, à 4,02% contre 4,05%.Ailleurs à la cote, l’opérateur de services d’informatique à distance (cloud) Snowflake grimpait (+8,05% à 182,82 dollars) après avoir fait mieux qu’attendu au quatrième trimestre et annoncé qu’il mise sur l’IA pour développer son activité.Le constructeur automobile Stellantis (Fiat, Peugeot, Chrysler) prenait 5,12% à 8,10 dollars. La société italo-franco-américaine a subi une perte nette de 22,3 milliards d’euros (26,3 milliards de dollars) lors de l’année 2025, qui s’explique par des charges de 25,4 milliards d’euros, traduisant un plan de réduction de sa production dans l’électrique.

Bourse de Paris: le CAC 40 vole de record en record et franchit les 8.600 points

L’indice vedette de la Bourse de Paris a franchi jeudi pour la première fois de son histoire les 8.600 points, soutenu par une série de résultats d’entreprises jugés encourageants, dans un contexte d’apaisement des craintes autour de l’intelligence artificielle.Vers 14H30 heure de Paris, l’indice CAC 40 prenait 0,79%, accélérant sa hausse, pour s’établir à 8.626,82 points.Le CAC 40 a atteint jeudi un nouveau record absolu à 8.642,23 points, franchissant pour la première fois les 8.600 points, et dépassant son précédant record datant de la veille à 8.560,91 points.Le marché a accueilli une “batterie de résultats qui sont extrêmement positifs, au-dessus des attentes”, relève Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour Mirabaud France.Engie (+7,30% à 29,55 euros) et Schneider Electric (+5,64% à 279,90 euros) par exemple “annoncent des résultats et chiffres d’affaires au-dessus des attentes, et finalement lorsqu’on analyse les publications, on s’aperçoit que globalement c’est très satisfaisant dans le contexte actuel”, souligne-t-il.Engie profite également de la concrétisation de son ambition poursuivie de longue date de devenir un acteur majeur des réseaux électriques avec l’acquisition du britannique UK Power Networks (UKPN), distributeur d’électricité de référence au Royaume-Uni.Depuis le début de la saison des résultats, l’indice vedette CAC 40 vole de record en record, suivi de près par les autres places européennes. Il signe une hausse de près de 6% depuis le début de l’année, juste derrière le FTSE 100 de Londres qui s’octroie 9% de hausse.Ces niveaux record se fondent “sur des entreprises peu ou pas impactées par les craintes autour de l’intelligence artificielle avec des sociétés qui font leur chiffre d’affaires en France ou en Europe”, donc “moins sensibles aux barrières douanières”, explique par ailleurs M. Rozier, interrogé par l’AFP.Pour lui, les gagnants de cette saison des résultats annuels des entreprises sont “les services” et autres valeurs dites “domestiques”, qui fonctionnent avec des “systèmes de forfaits ou de récurrence de revenus” leur permettant de bien résister aux aléas internationaux.- Contexte favorable -L’indice vedette de la place de Paris bénéficie également d’un contexte favorable après la publication du mastodonte des puces Nvidia.Le géant américain a présenté mercredi des résultats sensiblement supérieurs aux attentes pour le quatrième trimestre de son exercice décalé (clôturé fin janvier). Le bénéfice net de Nvidia ressort à 42,96 milliards de dollars, en hausse de 94% sur un an. A Paris, les entreprises d’informatique Capgemini (+1,68% à 102,95 euros), Atos (+7,98% à 37,80 euros) et Dassault Systèmes (+0,78% à 18,17 euros) évoluaient en hausse vers 14H30.Le contexte économique français profite aussi à l’indice. “Sur l’aspect budgétaire en France, on a passé cet épisode de tension et de risque de censure” qui pesait sur le CAC 40, estime Alexandre Baradez, responsable de l’analyse des marchés à IG France.Et enfin, à l’échelle européenne, l’environnement économique (…) est plutôt stable, l’inflation n’est plus un problème”, affirme-t-il.

En Asie du Sud-Est, un boom des centres de données porté par l’IA pèse sur les ressources

Un bourdonnement incessant dans un immense espace sans fenêtres: près de Jakarta, le vaste centre de données de Microsoft illustre le boom des “data-centers” en Asie du Sud-Est, porté par l’essor de l’intelligence artificielle (IA).Ces installations vastes comme des entrepôts, qui stockent des fichiers en ligne et alimentent des outils d’IA, poussent comme des champignons dans le monde entier et connaissent une croissance particulièrement rapide en Asie.Aucun logo n’apparaît sur la façade du site de Microsoft en banlieue de Jakarta, visité par l’AFP. A l’intérieur, d’innombrables baies de serveurs alignées répondent aux requêtes des utilisateurs locaux.Un système de refroidissement à eau “en circuit fermé”, comparable au fonctionnement d’un radiateur de voiture, évite la surchauffe sans nécessiter de remplissages réguliers. Mais ces centres de données, de plus en plus grands et gourmands en eau comme en électricité, accentuent la pression sur les ressources locales.Des puces plus performantes “nécessitent une intensité bien plus élevée”, explique à l’AFP Noelle Walsh, responsable des opérations cloud de l’entreprise.”Nous avons dû adapter la conception de nos centres de données pour tenir compte des différentes structures d’alimentation électrique et des différents mécanismes de refroidissement”, ajoute-t-elle.La demande va croître: selon KPMG, la capacité de calcul en Asie du Sud-Est devrait tripler d’ici 2030 par rapport à 2025, sous l’effet d’une multiplication par dix de l’utilisation de l’IA.- Essor régional -Singapour, longtemps site privilégié des centres de données, a suspendu leur développement entre 2019 et 2022 pour des raisons énergétiques et foncières. L’explosion de l’intérêt pour l’IA après ChatGPT a favorisé leur installation en Malaisie, Thaïlande, Indonésie, Philippines et au Vietnam.”L’essor est bien là”, avec des entreprises qui se livrent à une véritable course pour obtenir “l’avantage du premier entrant”, explique Trung Ghi, du cabinet de conseil Arthur D. Little.Héberger des centres de données représente une situation “gagnant-gagnant” pour les gouvernements, assure-t-il. Cela permet, selon lui, d’améliorer l’efficacité des entreprises grâce à des outils en ligne plus rapides et de stimuler les économies locales grâce à des emplois dans les nouveaux parcs technologiques.- Energie fossile -Cette expansion accroît la demande sur des réseaux électriques encore largement dépendants du charbon.En Indonésie, où 70% de l’électricité provient de centrales à charbon, la consommation des data-centers devrait quadrupler d’ici 2030, selon le groupe de réflexion sur l’énergie Ember.Les installations de Microsoft à Jakarta s’inscrivent dans un investissement de 1,7 milliard de dollars, avec une forte hausse de capacité nécessitant des centaines de mégawatts. L’entreprise dit encourager la “transition énergétique”.”Nous ne construisons pas de centrales électriques, mais nous travaillons avec des fournisseurs d’énergie”, détaille Mme Walsh.Dans certaines régions du monde, les opérateurs développent “l’énergie éolienne, dans d’autres, le solaire ; nous utilisons également l’hydroélectrique, et dans certains pays, le nucléaire”.Microsoft a récemment signé un accord avec l’opérateur public indonésien pour augmenter la capacité d’énergie renouvelable pays d’environ 200 mégawatts sur une décennie.- Pression sur les ressources -Amazon, Google, Alibaba et Tencent exploitent aussi des centres à Jakarta. La métropole de 42 millions d’habitants s’enfonce en partie à cause du pompage des eaux souterraines, et un déplacement de la capitale est en projet.”L’essor des centres de données va exercer une pression encore plus forte sur les ressources en eau de la région, qui ont historiquement été surexploitées et mal gérées”, souligne Olivia Jensen, scientifique à l’Université nationale de Singapour.Microsoft prévoit que sa consommation d’eau augmentera jusqu’en 2028 puis se stabilisera à 660 millions de litres par an, grâce à de nouveaux systèmes en circuit fermé.Avec le développement rapide des technologies d’IA, l’entreprise a réservé de vastes étendues de terrain sur son site de Jakarta pour de futures constructions.Mais les systèmes de nouvelle génération nécessiteront probablement une puissance de calcul plus importante, avertit M. Ghi.”Si ces installations deviennent de plus en plus grandes et de plus en plus gourmandes, alors il y aura des dégâts”.