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Un homme arrêté pour homicide involontaire après la collision en mer du Nord

Un homme a été arrêté pour “homicide involontaire par négligence grave” au lendemain de la collision au large de l’Angleterre entre un pétrolier et un cargo, toujours en feu mardi, dans laquelle un membre d’équipage du porte-conteneurs est présumé mort.Cet accident n’a pas provoqué “pour l’instant” de pollution observable, selon le gouvernement britannique.La collision s’est produite lundi matin au large du Yorkshire (nord-est de l’Angleterre) lorsque le pétrolier Stena Immaculate, affrété par l’armée américaine et au mouillage, a été percuté par le porte-conteneurs Solong, battant pavillon portugais, dans des circonstances encore inexpliquées.”Nous avons arrêté un homme de 59 ans soupçonné d’homicide involontaire par négligence grave en lien avec la collision”, a indiqué la police de Humberside (nord-est de l’Angleterre), qui l’a placé en garde à vue.La police n’a pas souhaité donner plus de détails sur son identité. Elle a précisé que cette interpellation était consécutive à la fin des opérations de recherches menées par les garde-côtes pour tenter de retrouver le membre d’équipage du cargo porté disparu et désormais présumé mort.Le secrétaire d’Etat britannique chargé du Transport maritime, Mike Kane, a déclaré à la mi-journée que l’incendie sur le pétrolier “semblait être éteint”.Les garde-côtes britanniques, qui ont déployé de nombreux navires dans le cadre des opérations de secours, ont eux indiqué que le “Solong est toujours en feu et l’incendie à bord du Stena Immaculate a fortement diminué”. La collision fait craindre une catastrophe écologique. Mais le propriétaire du cargo, le groupe allemand Ernst Russ, a indiqué que son porte-conteneurs ne transportait pas de cyanure de sodium, un gaz hautement inflammable et toxique au contact de l’eau, contredisant de premières informations.”En l’état actuel des choses, aucun signe de pollution venant des navires n’est observé pour l’instant”, a aussi déclaré Mike Kane devant le Parlement.Un porte-parole du Premier ministre Keir Starmer a écarté mardi la piste criminelle, estimant qu’il n’y avait, à ce stade, “aucune raison de penser” qu’il s’agissait d’un acte de cette nature.- “Surgi de nulle part” -Le Solong “a surgi de nulle part”, a raconté à la BBC un membre d’équipage du pétrolier, qui bat pavillon américain.Au total, trente-six membres d’équipage ont été ramenés à terre sains et saufs.Des photos de l’AFP prises lors d’un survol en hélicoptère, montrent de la fumée s’échappant du Solong, tandis qu’un trou béant est visible sur le flanc du pétrolier, dont l’un des réservoirs contenant du kérosène a été brisé.Le cargo s’est éloigné du pétrolier, dérivant vers le sud, ont indiqué les garde-côtes britanniques.Le secrétaire d’Etat au Logement Matthew Pennycook a indiqué mardi à Times Radio que les autorités américaines et portugaises étaient en charge de l’enquête.”L’équipe de lutte contre la pollution et de sauvetage évalue la situation et élabore un plan prêt à être mis en oeuvre dès que la situation le permettra”, ont ajouté les garde-côtes.”Le ministère de l’Environnement a confirmé que la qualité de l’air au niveau du sol est actuellement dans les limites normales pour les conditions météorologiques”, précisent les garde-côtes.Lundi, l’ONG Greenpeace s’était dite “extrêmement préoccupée” par “les “multiples risques toxiques que ces produits chimiques pourraient poser à la vie marine”.”Le kérosène qui a pénétré dans l’eau à proximité d’une zone de reproduction des marsouins est toxique pour les poissons et autres créatures marines”, a déclaré Paul Johnston, scientifique aux laboratoires de recherche de Greenpeace à l’université d’Exeter.Des habitants de Grimsby rencontrés par l’AFP ont fait part de leurs craintes. “Nous ne voulons pas voir la faune mourir”, a déclaré à l’AFP Laura Scrimshaw, 47 ans.Mais selon Nicolas Tamic, adjoint au directeur du Cedre, un centre d’expertise international qui travaille pour l’UE, la fuite de kérosène est “impressionnante mais pas forcément hyper grave”.Le Stena Immaculate, appartenant à la société suédoise Stena Bulk, mesure 183 mètres de longueur et 32 mètres de largeur. Il transportait 220.000 barils de kérosène.La société néerlandaise Boskalis a été chargée des opérations de sauvetage du pétrolier, a-t-elle indiqué à l’agence de presse néerlandaise ANP.Le Solong était parti de Grangemouth, en Ecosse, pour se rendre à Rotterdam, aux Pays-Bas.bur-alm-adm-cla/mg

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Rejets toxiques à Mourenx: Sanofi mis en examen pour une partie des faits

Une victoire d’étape en demi-teinte pour les plaignants: Sanofi a été mis en examen fin 2024 pour plusieurs infractions dans l’enquête sur les rejets toxiques de son usine à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques), produisant le médicament Dépakine, mais échappe à ce stade au principal grief, la mise en danger d’autrui.Le parquet de Paris a confirmé l’information obtenue par l’AFP de source proche du dossier selon laquelle Sanofi a été mise en examen le 28 novembre pour un délit, obstacle à un contrôle administratif environnemental, et pour deux infractions contraventionnelles, exploitation irrégulière d’une installation ainsi que non-déclaration d’accident ou d’incident par l’exploitant d’une installation classée.Dans le détail, le groupe se voit ainsi reprocher, selon le parquet, de n’avoir, entre 2012 et 2018, pas respecté les limites d’émission du bromopropane, un composé organique volatil (COV) ou encore d’avoir tardé à informer les inspecteurs de l’environnement de ces rejets de bromopropane.Le groupe a en revanche été placé, à ce stade, sous le statut de témoin assisté pour l’infraction la plus lourde, mise en danger d’autrui, selon le parquet.Sollicité par l’AFP, Sanofi n’a pas réagi dans l’immédiat.L’association France Nature Environnement (FNE) avait révélé ces rejets toxiques hors normes en 2018 de bromopropane et de valproate de sodium, principe actif de la Dépakine, un médicament anti-épileptique accusé d’être à l’origine de troubles neuro-développementaux chez les enfants.”Si ces dépassements ont été possibles, c’est parce que Sanofi ne contrôlait pas ses trois colonnes (de l’usine), mais une seule. Jamais contrôlées, les deux autres ont envoyé ces quantités astronomiques de polluants dans l’air”, accusait l’association.L’usine avait été mise à l’arrêt immédiatement après les révélations de FNE, avant de reprendre sa production par étapes, sous contraintes environnementales et contrôles accrus. En juin 2020, la Fédération nationale des industries chimiques CGT, le Syndicat CGT des industries chimiques Sisteron et Mourenx et l’Union locale CGT de Mourenx, Bassin de Lacq-Orthez et environs avaient déposé une plainte avec constitution de partie civile pour obtenir la saisie d’un juge d’instruction du pôle santé publique du tribunal de Paris.L’information judiciaire avait été ouverte en août 2022.- “Troubles neurocomportementaux” -Lors de la révélation par l’AFP de l’ouverture de ces investigations, quelques mois plus tard, Sanofi avait indiqué que “le procédé de fabrication du valproate de sodium” générait “certaines émissions atmosphériques pour lesquelles aucun seuil n’était fixé jusqu’en 2018″.”C’est uniquement à partir de 2018 qu’un arrêté préfectoral a établi des seuils d’émissions de valproate de sodium”, ajoutait le groupe, indiquant qu’il avait “entrepris un large programme d’investissements sur son installation de Mourenx qui répond à toutes les prescriptions préfectorales en matière d’émissions”.”On peut démontrer que certains des riverains ont été contaminés par la Dépakine”, soutient mardi Me Charles Joseph-Oudin, avocat d’une riveraine partie civile et de l’Association des victimes de la Dépakine (Apesac).Une quinzaine de riverains sont en train de se constituer parties civiles dans ce dossier, selon le conseil.Il a déjà déposé plainte en novembre 2023 pour une mère de deux enfants “atteints de troubles neurocomportementaux” qui travaillait, lors de ses grossesses, “en face” de l’usine.En avril 2024, le tribunal administratif de Pau a contraint Sanofi à réaliser une étude des risques sanitaires sur la population autour du site de Mourenx.Cette mise en examen arrive dans un “contexte judiciaire qui devient très tendu pour les laboratoires Sanofi”, estime aussi Me Oudin.Dans une autre information judiciaire, ouverte en 2016 et portant sur le coeur du scandale de la Dépakine et ses impacts éventuels sur la santé, le groupe est mis en examen pour tromperie aggravée et blessures involontaires depuis 2020. En juin 2023, la Cour de cassation avait toutefois estimé prescrites un certain nombre de plaintes, un “fort affaiblissement” du dossier selon une source proche de celui-ci.Dans les procédures ouvertes à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam), “120 millions d’euros d’argent public ont déjà été engagés en lieu et place de Sanofi” pour près de 2.000 victimes, selon Me Oudin.Selon des estimations des autorités sanitaires françaises, la molécule serait responsable de malformations chez 2.150 à 4.100 enfants et de troubles neurodéveloppementaux chez 16.600 à 30.400 enfants.

Seize ans de réclusion pour trois jeunes dealers toulousains condamnés pour le meurtre de leur fournisseur

Trois jeunes trafiquants de drogue toulousains, issus de milieux favorisés, ont été condamnés mardi à 16 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de leur fournisseur dont le corps avait été retrouvé calciné au printemps 2021.L’avocate générale Lisa Bergereau avait requis une peine de 20 ans.Âgés de 18 et 20 ans au moment des faits, les trois jeunes hommes ont reconnu les faits mais assuré que le meurtre n’était pas prémédité, qu’ils avaient paniqué et que le coup de feu était parti accidentellement.Peu avant 20H00, le 18 avril 2021, Tony Fresneau, le pourvoyeur habituel des trois accusés, surnommé La Dose, est enlevé en plein centre de Toulouse, puis tué d’une balle dans la tête à l’arrière de la Peugeot 308 de l’un d’eux.Une heure plus tard, la voiture est abandonnée en feu, le cadavre à l’intérieur, en rase campagne, près du village de Clermont-le-Fort, à 20 minutes de Toulouse. – “Décision humaine” -Dans son réquisitoire, l’avocate générale avait estimé que ce jour-là, “tous les ingrédients (étaient) réunis pour ce que ça se passe mal: consommation de cannabis toute la journée, une arme chargée”, “l’orgueil démesuré” de dealers s’estimant victimes d’une escroquerie et une “naïveté mortifère”.Addiction au cannabis, personnalités fragiles, en échec scolaire: psychiatres et psychologues ont décrit des jeunes en perte de repères. Les parents (une institutrice, une avocate, un professeur, un commercial, une cadre de l’aéronautique) semblent désarmés ou sont absents.En détention préventive depuis près de quatre ans, les trois accusés, aux allures d’adolescents, sont restés impassibles à l’énoncé du verdict.Pour Pierre Dunac, un des avocats de la défense, “c’est une décision à la mesure des faits. Pas tout à fait à la mesure de leur jeunesse et de leur immaturité”. “Mon client avait 18 ans, il a été dépassé par une situation qu’il n’a pas maîtrisée. C’est une décision humaine, dont mon client ne relèvera pas appel”, a réagi Alexandre Martin, avocat du plus jeune des accusés, celui qui a tiré.Pour la partie civile, Marie-Hélène Pibouleau, avocate de la compagne de la victime, estime que la cour d’assises a tenu compte de la jeunesse des accusés. “Les jurés n’ont pas voulu obérer leur avenir. Seize ans, c’est une décision juste. Ils sont jeunes, ils ont le temps de réfléchir à l’atrocité qu’ils ont commise”.Niant toute préméditation, les condamnés ont affirmé avoir seulement voulu faire peur à Tony Fresneau, surnommé La Dose, avec un fusil à canon scié, récupérer leur argent ou de la drogue, pour se venger d’une vente de kétamine jugée frauduleuse.- “Fragilité” -Lors de leurs plaidoiries, les avocats de la défense ont insisté sur la “fragilité” des accusés, les qualifiant de “gamins”, “gosses” ou “enfants”, qui ont tué “par accident”.Pour l’avocat des parents de Tony Fresneau, la préméditation, que la cour n’a pas retenue, était établie.”Tout était planifié. Pas un faux pas”, avait martelé Brice Zanin, en regardant les trois jeunes dealers.”Et on vient vous dire qu’on s’est laissé dépasser, que ce n’était pas prévu. Ça permet de se retrancher dans le +ce n’est pas tout à fait moi+”, avait-il plaidé lundi, précisant que la victime, qui avait une clientèle “haut de gamme”, dont des personnalités et notables de la ville.Outre la peine de réclusion, la cour d’assises de Haute-Garonne a condamné les trois accusés à une obligation de suivi socio-judiciaire pendant cinq ans, ainsi qu’à une obligation de travail et de formation.

L’avocat de Boualem Sansal annonce qu’il va saisir l’ONU

L’avocat français de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, détenu en Algérie depuis mi-novembre pour atteinte à la sûreté de l’État, va saisir l’ONU pour dénoncer une “détention arbitraire”, a-t-il annoncé mardi.”Puisque la détention est arbitraire, nous allons saisir les organes de l’ONU, du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, chargés d’apprécier le caractère arbitraire d’une détention”, a affirmé cet avocat, François Zimeray, lors d’une conférence de presse à Paris.”Ça prend la forme d’un mémoire (…) C’est ce que nous allons faire dès demain” mercredi, a-t-il ajouté.Me Zimeray avait déjà évoqué cette possibilité trois mois auparavant, sans qu’ensuite le dossier n’évolue, Boualem Sansal restant incarcéré sans possibilité de voir son avocat.”Nous allons saisir de ces plaintes contre l’Algérie les Nations Unies, et nous envisageons de le faire pour toutes les grandes instances multilatérales desquelles l’Algérie fait partie”, a poursuivi l’avocat, citant “l’Union africaine” et “la Commission africaine des droits de l’homme”, ainsi que “la procédure article 104 de l’Unesco également, partout où cela sera possible”.”Ce sont des institutions très techniques et, parce qu’elles sont très techniques, leurs décisions sont respectées”, a estimé le conseil. “Elles n’ont pas de force impérative”, a-t-il remarqué, mais “elles ont une force morale très grande”.La défense de Boualem Sansal “est aujourd’hui impossible. Et lorsqu’une défense est impossible (…) il ne peut pas y avoir de procès équitable. Et s’il n’y a pas de procès équitable, la détention est arbitraire”, a-t-il insisté.”Son maintien en détention et sa privation d’accès à l’extérieur sont non seulement une violation des droits de la défense, mais c’est aussi une violation de ce que l’on appelle les normes Mandela, c’est-à-dire les règles minimales que la communauté internationale reconnaît comme le standard minimum de tous les détenus dans le monde”, d’après Me Zimeray.Boualem Sansal est devenu un sujet de tension entre la France et l’Algérie, dont les relations se sont fortement dégradées avec la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en juillet 2024.Le président algérien Abdelmadjid Tebboune affirmait en février que la justice suivait son cours normal. “Il est pris en charge par des médecins et sera jugé dans le temps judiciaire imparti”, expliquait-il au quotidien français L’Opinion.”Boualem Sansal est clairement l’otage de cette relation dégradée, de cette relation en feu entre la France et l’Algérie”, a en revanche affirmé Me Zimeray.Interrogé sur l’état de santé de son client de 80 ans, il a indiqué ne pas avoir de nouvelles depuis une quinzaine de jours.”La détention d’un homme âgé et malade est à tout le moins abusive”, a-t-il déploré. “Quel est le degré d’évolution de son cancer? (…) Ça suppose un suivi très sensible, très attentif, voire même des interventions, puisqu’il devait avoir une radiothérapie”, s’est-il interrogé.”S’agissant de sa santé psychologique, on est passé d’une situation dans laquelle il supportait avec beaucoup de courage et de combat sa détention dans les premières semaines, les premiers mois, à un sentiment de moral qui se perd et d’une dépression”, a-t-il par ailleurs rapporté.

Procès de Valentin: l’adolescent “assume l’horreur d’avoir tué ses parents”

Jugé pour un double parricide, Valentin, 17 ans, a paru “assumer” l’assassinat de ses parents en 2023 dans l’Isère, mardi au premier jour de son procès à huis clos au tribunal pour enfants de Bourgoin-Jallieu, selon un avocat.Le jeune accusé n’a cependant pas expliqué les raisons de son acte, allant même jusqu’à dire qu’il “aimait ses parents”, a expliqué hors audience à l’AFP Me Dominique Arcadio, défenseur de l’oncle de Valentin, qui s’est porté partie civile.L’avocat décrit un adolescent qui est d’abord apparu comme “étranger” au début l’audience, et puis ensuite “très concerné” et “très précis” à sa prise de parole devant le tribunal.”On a vraiment quelqu’un qui assume, qui assume l’indicible, qui assume l’horreur d’avoir tué ses parents, et qui ne se dérobe pas, qui ne se fait pas de cadeaux”, a détaillé l’avocat. “On a l’impression qu’il expie les faits en le disant, qu’il les assume vraiment”, a-t-il ajouté.Dans la nuit du 26 au 27 novembre 2023, l’adolescent alors âgé de 15 ans avait tué avec une carabine sa mère et son père, puis mis le feu à la maison de la famille avant de prendre la fuite avec une voiture de ses parents. Dans les décombres de la bâtisse incendiée, les corps de ses parents avaient été retrouvés presque entièrement calcinés, portant des plaies par arme à feu au niveau du crâne.A l’audience mardi, son attitude “laisse penser qu’il a tout de même vraiment mesuré ce qu’il avait fait, la tristesse qu’il avait causée aux autres”, a expliqué Me Arcadio, et “s’il y a une petite lueur de positif dans cette obscurité, c’est celle-là”, a-t-il dit.Selon lui, Valentin n’est pas “dans une tristesse où les larmes vont rouler sur son visage”, mais tend plus vers une forme “d’analyse intellectuelle”.Son frère, ses deux demi-sœurs et sa grand-mère maternelle se sont également constitués parties civiles.L’adolescent avait été interpellé six jours après les faits, à Montpellier, alors qu’il tentait de fuir vers l’Espagne.Lors de l’instruction, il avait reconnu avoir prémédité son geste plusieurs jours à l’avance, expliquant que son acte avait pour but de “changer de vie”. – Trouble autistique -L’accusé encourt 20 ans de réclusion criminelle, avec l’excuse de minorité, laquelle implique des sanctions moins sévères pour les moins de 18 ans que pour les majeurs. “Je veux faire en sorte qu’on ressorte avec un possible avenir, même si c’est dans 20 ans”, a déclaré hors audience Me Sophie Jonquet, avocate de la grand-mère de Valentin.Elle décrit sa cliente dans “une position ambivalente”, souhaitant à la fois “une justice” mais aussi “un avenir pour son petit-fils”. Le double assassinat avait provoqué l’émoi dans le petit village de 800 habitants où la famille vivait sans histoire, dans une ferme.Valentin vivait avec son père, un ingénieur de 58 ans, sa mère âgée de 52 ans et qui travaillait à domicile, et son frère aîné âgé de 17 ans au moment des faits, qui avait quitté la maison la veille du drame. Tout comme sa mère, l’adolescent aurait eu des problèmes de santé possiblement liés à la maladie de Lyme, pourtant non diagnostiquée, et avait été déscolarisé.Cette maladie peut provoquer des troubles invalidants et douloureux, notamment neurologiques, articulaires, musculaires.”Cette maladie et ses notions seront au cœur des débats, puisque c’était l’organisation familiale, et tout tournait autour de cette maladie”, selon Me Jonquet.Pour les experts, Valentin était affecté par un trouble autistique et une dépression avec des symptômes psychotiques.Le procès se tient jusqu’à jeudi.

Chlordécone: l’Etat doit indemniser les victimes démontrant un préjudice d’anxiété

L’Etat doit indemniser les victimes démontrant un préjudice moral d’anxiété pour avoir été exposées au chlordécone, un pesticide utilisé en Guadeloupe et Martinique ayant massivement pollué les sols et l’eau, a tranché mardi la cour administrative d’appel de Paris.Saisie par près de 1.300 plaignants, la cour a estimé dans un arrêt que “l’Etat a commis des fautes en accordant des autorisations de vente d’insecticides à base de chlordécone, en permettant leur usage prolongé, en manquant de diligence pour évaluer la pollution liée à cet usage, y mettre fin, en mesurer les conséquences et informer la population touchée”. En conséquence, il “doit réparer, lorsqu’il est démontré, le préjudice moral d’anxiété des personnes durablement exposées à cette pollution”.Le chlordécone, un pesticide interdit en France en 1990 mais qui a continué à être autorisé dans les bananeraies des deux îles par dérogation ministérielle jusqu’en 1993, a provoqué une pollution importante et durable des sols, des nappes phréatiques et des milieux marins.Plus de 90% de la population adulte en Guadeloupe et Martinique est contaminée par le chlordécone, selon Santé publique France, et les hommes présentent un taux d’incidence du cancer de la prostate parmi les plus élevés au monde.Le tribunal administratif de Paris avait déjà reconnu, en 2022, les “négligences fautives” des autorités, mais avait rejeté les demandes d’indemnisation pour préjudice d’anxiété, faute d’éléments suffisamment circonstanciés à ses yeux.La cour administrative d’appel est allée plus loin, estimant que “pour une dizaine de personnes”, les éléments apportés (analyses sanguines et études environnementales) permettaient d’établir une “exposition effective à la pollution des sols, des eaux ou de la chaîne alimentaire” et un risque élevé de développer une pathologie grave.”Dans ces seuls cas, elle condamne l’Etat à réparer le préjudice d’anxiété qui résulte de la conscience de courir un risque élevé de développer une pathologie grave”, dit la cour, qui ajoute que “la seule invocation d’une exposition au chlordécone” ne permet pas de justifier un tel préjudice.Me Christophe Lèguevaques, un avocat de parties civiles, a salué une “victoire” qui “crée un précédent”, mais a regretté la décision de la cour de n’indemniser qu’une dizaine de personnes sur les 1.286 plaignants.”De ce point de vue, cette décision est décevante. En discriminant les hommes et les femmes, les adultes et les enfants, la Cour ne tient pas compte des effets avérés du chlordécone sur la santé publique”, a-t-il relevé dans un communiqué.

La France doit lutter “en même temps” contre “les menaces géopolitiques” et “terroristes”, dit Macron

Emmanuel Macron a affirmé mardi que la France devait lutter “en même temps” contre “les menaces géopolitiques” et contre “les menaces sur son sol projetées par les terroristes”, rejetant les accusations de certains opposants qui l’accusent d’exagérer la menace représentée par la Russie.”J’entendais dans les débats ces derniers jours des gens qui, en quelque sorte, remettaient en cause la menace géopolitique. Le président de la République inventerait la menace russe”, a dit le chef de l’Etat lors du lancement du futur siège de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Saint-Ouen, près de Paris.”Ces gens là n’ont pas suivi l’actualité, manifestement”, a-t-il taclé.Alors qu’Emmanuel Macron a, selon ses propres mots, “sonné le tocsin” ces dernières semaines sur la “menace russe”, qui selon lui “nous touche” déjà, la leader du Rassemblement national Marine Le Pen a estimé la semaine dernière que “la première des menaces pour la France” n’était pas Moscou mais “le fondamentalisme islamiste”.”Si au bout de trois ans, la Russie a du mal à avancer en Ukraine, il y a peu de chances pour qu’elle ambitionne de venir jusqu’à Paris”, a-t-elle estimé.Le président de la République a ironisé mardi, sans la nommer, sur ceux qui disent que “la vraie menace, c’est le terrorisme”, ou ont “d’autres obsessions”.”On n’a pas attendu de lutter contre la menace terroriste”, a-t-il martelé après avoir longuement défendu son bilan en la matière.Selon lui, “une grande nation, elle n’a pas à choisir, elle a à répondre”. “Et elle n’a pas à décider de lutter contre les menaces géopolitiques qui s’imposent à elle ou contre les menaces sur son sol projetées par les terroristes. Elle a à faire les deux en même temps. C’est ce que nous faisons”, a-t-il insisté.”A l’heure où l’équilibre du monde se reconfigure, où ce qu’on croyait acquis s’éloigne, et où ce qui paraissait exclu se rapproche, il nous faut en effet défendre ces valeurs indéfectibles de notre République”, a poursuivi Emmanuel Macron. “Parce que nous n’avons aucunement envie de subir. Nous voulons choisir le destin qui est le nôtre”, a-t-il plaidé, invoquant un “droit” à “la vie tranquille”.

Fashion Week de Paris: Chanel se joue des proportions

Chanel a présenté mardi, au dernier jour de la Fashion Week féminine de Paris, une collection automne-hiver 2025-2026 qui se joue des proportions et des superpositions, préparée une nouvelle fois sans directeur artistique.Une veste noire en tweed à boutons-bijoux se transforme ainsi en longue robe manteau, une grande chemise en popeline descend jusqu’aux chevilles, sur un ensemble tailleur-short rose est superposé une fine veste et une longue jupe transparentes de la même couleur.Un jeu de superposition et transparence qui se retrouve beaucoup dans ce nouveau vestiaire pour twister les iconiques tailleurs de la marque française de luxe.Les jeux d’échelle se retrouvent également dans les accessoires, avec des sacs qui ressemblent à d’immenses colliers de perles, d’énormes bagues en perle et des grosses pochettes ou, à l’inverse, des micro-sacs. La griffe au double C revisite aussi certains de ses motifs fétiches, comme les noeuds, présents sur les cols et les poignets, les fleurs, qui ornent notamment un manteau en fourrure ou la poitrine d’une robe, et les perles, qui s’invitent jusque sur le talon des escarpins. Présentée comme d’habitude au centre de la nef du Grand Palais, où un monumental ruban noir serpentant jusqu’au plafond avait été installé, cette collection a été imaginée par le studio de création, dans l’attente de la prise de fonction du Franco-Belge Matthieu Blazy.Le discret et très respecté créateur a été nommé directeur artistique de l’historique maison en décembre, six mois après le brusque départ de la Française Virginie Viard, mais il ne présentera pas de collection avant la Fashion Week printemps-été de septembre.Pas de quoi rebuter les célébrités, cependant: la papesse de la mode Anna Wintour, la top Naomi Campbell, Charlotte Casiraghi, membre de la famille princière à Monaco, la chanteuse sud-africaine Tyla ou encore les actrices françaises Anna Mouglalis et Carole Bouquet étaient de la partie.- Les chaussettes de Miu Miu -La maison italienne Miu Miu a, quant à elle, mis de côte ses mini-jupes caractéristiques pour présenter une collection avec un thème prédominant: des chaussettes longues, colorées, argentées ou dorées, associées à des baskets, des bottes et des chaussures à talons.Un vestiaire qui sent bon les sixties, dans un savant mélange de couleurs vives, d’amples vestes à carreaux style bûcheron, de chemisiers bleu ciel soigneusement cintrés par des jupes longues ou des pantalons sobres.Comme beaucoup d’autres, la griffe a par ailleurs cédé à la tendance de la fausse fourrure, déclinée sur les manteaux, un boléro ou en étole.Cette semaine de la mode a été marquée par les débuts de nombreux créateurs, illustration de la valse des directeurs artistiques. Les premiers shows de l’Anglaise Sarah Burton chez Givenchy, du Belge Julian Klausner chez Dries Van Noten et du Français Haider Ackermann chez Tom Ford ont été particulièrement scrutés.Tous les regards étaient également tournés vers Dior et ce qui était peut-être le dernier défilé de l’Italienne Maria Grazia Chiuri. Le bruit court, depuis plusieurs mois, que la directrice artistique des collections femme pourrait quitter la maison française de luxe, peut-être pour Gucci.Les départs de l’Italien Sabato de Sarno de la maison italienne et de l’Anglais Kim Jones de Dior Homme n’ont fait qu’alimenter les rumeurs. Selon la presse spécialisée, LVMH cherche à confier les collections homme et femme à Jonathan Anderson, à la tête de la griffe espagnole Loewe, également propriété du géant français du luxe.Une théorie renforcée par l’absence du styliste nord-irlandais aux dernières Fashion Week homme de Milan, de Paris et de Londres en début d’année. Pour cette semaine de la mode féminine, Loewe s’est par ailleurs contentée d’une présentation plutôt qu’un défilé.Dernier mouvement en date de ce vaste mercato, l’arrivée à la tête de Carven de Mark Thomas, passé notamment par Helmut Lang. Le Britannique, qui occupait le poste de designer senior au sein de la maison française depuis 2023, succède à sa compatriote Louise Trotter, nommée chez Bottega Veneta en décembre pour remplacer… Matthieu Blazy.Les annonces devraient se poursuivre, les maisons Celine et Fendi étant toujours sans directeurs artistiques après les départs respectifs du Français Hedi Slimane et de Kim Jones. Parti de Maison Margiela en décembre, après dix ans, le Britannique John Galliano n’a, de son côté, toujours pas de point de chute. 

Des centaines de manifestants à Paris contre l'”austérité” dans l’enseignement supérieur

Plusieurs centaines de personnes, dont des enseignants et étudiants, ont manifesté mardi à Paris contre l'”austérité” dans l’enseignement supérieur, à l’appel d’une large intersyndicale.”Nous étions 2.500 à Paris, plus de 1.000 à Rennes et 500 Toulouse, largement au-delà de 5.000 personnes mobilisées en France”, a estimé Anne Roger, secrétaire générale Snesup-FSU, interrogée par l’AFP.Des étudiants et enseignants, représentants des principaux syndicats (Snesup, CFDT, CGT, Unsa, Sud…), organisations étudiantes (Union étudiante, Fage, Unef) ou encore de la fédération de parents FCPE se sont réunis place de la Sorbonne au moment où se tenait une réunion du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser), organe consultatif qui émet des avis sur les politiques universitaires.Les manifestants ont ensuite arpenté le boulevard St Michel jusqu’au jardin du Luxembourg. Sur les pancartes, on pouvait notamment lire “413 milliards pour l’armée, rien pour étudier”, “suppression des filières, grève de l’ESR” -acronyme d’Enseignement supérieur et recherche.”On attend une prise de conscience de l’ensemble de la population française, mais surtout de nos hommes et femmes politiques, sur la situation de l’enseignement supérieur et de la recherche, notamment en ce qui concerne le budget alloué depuis plusieurs années et largement insuffisant”, a expliqué à l’AFP Caroline Mauriat, co-secrétaire générale du Snesup-FSU, principal syndicat du supérieur.”Les deux dernières années ont été dramatiques, et nous amènent dans le mur, à savoir des universités en déficit, qui vont être obligées de faire des choix” douloureux en réduisant les capacités d’accueil ou en fermant des formations, ajoute-t-elle.Au total, en prenant en compte les contributions aux pensions de l’Etat, les crédits de paiement du budget de l’enseignement supérieur atteignent 30,9 milliards d’euros en 2025, contre 31,8 milliards d’euros en 2024.”On demande 8 milliards dès cette année (…) pour financer la recherche” ou rénover des bâtiments souvent vétustes, poursuit Mme Mauriat.Isabel Boni, maîtresse de conférence à Paris VIII en sociologie, décrit ainsi “des salles de cours qui partent en lambeaux”.Matar, étudiant en 4e année de philosophie, s’insurge contre les conditions d’étude: “dans les salles, il n’y a plus de place pour s’asseoir. Comme les contrats ne sont pas renouvelés, il manque des profs et certains chargés de travaux dirigés croulent sous le travail. Du coup, il y a pas mal d’arrêts maladie”.Il craint aussi que la diminution des places, notamment en master, se traduise par un “tri entre élèves de plus en plus radical” et des perspectives d’avenir incertaines. 

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“Ca commence à faire peur”: la lutte contre la tuberculose percutée par les coupes dans l’aide américaine

“Une situation chaotique”: l’arrêt de l’aide américaine aux programmes de lutte contre la tuberculose va faire bondir le nombre de cas et de décès dans le monde, avertissent des travailleurs humanitaires, l’un parlant de premières victimes par manque de traitements en République démocratique du Congo.Longtemps, les Etats-Unis ont été les principaux financeurs de la lutte mondiale contre la tuberculose, redevenue la maladie infectieuse la plus mortelle après avoir été brièvement dépassée par le Covid-19.Mais le président Donald Trump a gelé l’aide étrangère américaine après son retour à la Maison Blanche en janvier, interrompant brutalement le fonctionnement de nombreux programmes contre la tuberculose mais aussi contre le VIH ou la malaria.Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a annoncé lundi que 83% des programmes de l’agence de développement USAID, qui représentent une part conséquente de l’aide humanitaire mondiale, allaient être supprimés.Le gel des versements aux programmes anti-tuberculose met en danger des “millions de vie”, a averti le 5 mars l’Organisation mondiale de la santé, soulignant que les efforts mondiaux contre cette maladie infectieuse avaient sauvé 3,65 millions de vies rien qu’en 2024.D’ores et déjà, les coupes se répercutent fortement dans plusieurs pays, selon des organisations sur le terrain. En République démocratique du Congo, beaucoup de travailleurs humanitaires en première ligne ont dû arrêter d’aider des malades de la tuberculose, a raconté à l’AFP Maxime Lunga, à la tête d’un groupe local appelé Club des Amis.Avant même le gel étasunien, il manquait des traitements anti-tuberculeux dans ce pays, également confronté à des flambées de mpox.”Il y a une situation chaotique qui commence à faire peur ici”, a confié Maxime Lunga, lui-même survivant de la tuberculose.Il y a “beaucoup de coups de fil des malades qui nous demandent comment les aider à accéder aux soins”, a-t-il raconté, et “nous savons que, parmi les malades sur liste d’attente, il y en a qui meurent maintenant parce qu’ils ne sont pas pris en charge.”- “Effet boule de neige” -En Ukraine, autre pays dévasté par la guerre où les niveaux de tuberculose sont élevés, un programme venait de démarrer dans les écoles pour informer sur les dangers de cette maladie lorsque les États-Unis ont décidé d’arrêter les frais. “Cet argent a été dépensé en vain”, a déploré Olya Klymenko, dont l’organisation TB People Ukraine avait passé deux ans à préparer ce dispositif.Sa crainte est que l’arrêt de l’aide américaine n’annule les progrès réalisés depuis qu’elle a surmonté la tuberculose, il y a dix ans. “Moi qui ai commencé à être traitée avec d’anciennes approches, je sais ce que nous avons perdu”, a-t-elle déclaré à l’AFP. “Les gens vont beaucoup souffrir”. Les organisations de Maxima Lunga et d’Olga Klymenko ont toutes deux reçu des fonds américains via le partenariat “Stop TB”.Après une lettre du gouvernement américain sur l’arrêt du financement, fin février, cette organisation à but non lucratif basée à Genève a transmis la nouvelle aux 150 organisations de terrain testant, traitant et soignant les patients. Rebondissement la semaine dernière: une nouvelle lettre “indique clairement que tout le travail doit reprendre comme prévu”, a déclaré à l’AFP Lucica Ditiu, directrice exécutive de Stop TB. On ignore encore si cette décision est durable, ni quand de nouveaux fonds américains seront effectivement débloqués, a-t-elle poursuivi. Faute de tests et de traitements de cette maladie aéroportée, il y a un risque d'”effet boule de neige” mondial, selon cette experte. Il existe déjà des tuberculoses résistantes à la plupart des médicaments, et la crainte est désormais de voir apparaître un microbe imperméable à tout traitement “qui se propagerait dans l’air, et que nous pourrions attraper, vous et moi, nos familles et nos amis”, a-t-elle averti.Les réductions de financement sont particulièrement “dévastatrices” après 2024, “meilleure année” contre la tuberculose, a noté Mme Ditiu.Selon une note interne à l’USAID, rédigée par un administrateur adjoint démis de ses fonctions depuis, la réduction de l’aide étasunienne ferait bondir d’environ 30% les cas de tuberculose, y compris ceux résistants aux antibiotiques. “Les États-Unis verront davantage de cas de tuberculoses difficiles à traiter à leur porte”, alertait ce document publié dans le New York Times début mars.La situation est “très dangereuse, même pour l’Union européenne”, a jugé une source humanitaire à Genève sous couvert d’anonymat, vu le risque lié aux tuberculoses antibiorésistantes en Ukraine et en Géorgie.