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Chanel et Saint Laurent se jouent des proportions pour clore la Fashion Week

Les ténors du luxe français Chanel et Saint Laurent ont clos mardi la Fashion Week féminine de Paris avec des collections automne-hiver qui se jouent des proportions, dans un contexte toujours marqué par la valse des directeurs artistiques.Chanel a ouvert la bal dans la matinée avec un défilé organisé comme d’habitude au centre de la nef du Grand Palais, où un monumental ruban noir serpentant jusqu’au plafond avait été installé.Une veste noire en tweed à boutons-bijoux se transforme en longue robe manteau, une grande chemise en popeline descend jusqu’aux chevilles, et sur un ensemble tailleur-short rose sont superposées une fine veste et une longue jupe transparentes de la même couleur. Un jeu de couches multiples et transparence qui se retrouve beaucoup dans ce nouveau vestiaire pour twister les iconiques tailleurs de la marque française de luxe.Les jeux d’échelle se retrouvent également dans les accessoires, avec des sacs qui ressemblent à d’immenses colliers de perles, d’énormes bagues en perle et des grosses pochettes ou, à l’inverse, des micro-sacs. Cette nouvelle collection a été imaginée par le studio de création dans l’attente de la prise de fonction du Franco-Belge Matthieu Blazy. Le discret et très respecté créateur a été nommé directeur artistique de Chanel en décembre, six mois après le brusque départ de la Française Virginie Viard. Mais il ne présentera pas de collection avant la Fashion Week printemps-été de septembre.Pas de quoi rebuter les célébrités, cependant: la papesse de la mode Anna Wintour, la top Naomi Campbell, Charlotte Casiraghi, membre de la famille princière à Monaco, la chanteuse sud-africaine Tyla ou encore les actrices françaises Anna Mouglalis et Carole Bouquet étaient de la partie.- Jeux de volume chez Saint Laurent -Dans la soirée, Saint Laurent a présenté une collection aux traits minimalistes, avec un gros jeu sur les volumes et très inspirée des années 1980, devant un parterre de stars, dont les actrices Catherine Deneuve, Virginie Efira et Charlotte Gainsbourg, la star américano-cubaine oscarisée Zoe Saldaña ou encore le réalisateur espagnol Pedro Almodóvar.Que ce soit sur les manteaux, les blouses ou les robes courtes, les épaules sont très larges et le col haut, dans des couleurs très vives, orange, rose ou encore ocre. Les blouses en soie ou en plastique s’associent à des jupes crayons et d’imposantes boucles d’oreille.Pour le soir, le créateur belge Anthony Vaccarello a imaginé des robes nuisettes à la jupe crinoline portée très bas sur les hanches. Pour la version jour, elles se revêtent avec des pulls à col roulé et de gros blousons de cuir.La maison italienne Miu Miu a, quant à elle, mis de côté ses mini-jupes caractéristiques pour présenter une collection avec un thème prédominant: des chaussettes longues, colorées, argentées ou dorées, associées à des baskets, des bottes et des chaussures à talons.Un vestiaire qui sent bon les sixties, dans un savant mélange de tons vifs, d’amples vestes à carreaux style bûcheron, de chemisiers bleu ciel soigneusement cintrés par des jupes longues ou des pantalons sobres.- Du changement chez Dior? -Cette semaine de la mode a été marquée par les débuts de nombreux créateurs, illustration du jeu de chaises musicales des directeurs artistiques. Les premiers shows de l’Anglaise Sarah Burton chez Givenchy, du Belge Julian Klausner chez Dries Van Noten et du Français Haider Ackermann chez Tom Ford ont été particulièrement scrutés.Tous les regards étaient également tournés vers Dior et ce qui était peut-être le dernier défilé de l’Italienne Maria Grazia Chiuri. Le bruit court, depuis plusieurs mois, que la directrice artistique des collections femme pourrait partir, peut-être pour Gucci.Selon la presse spécialisée, LVMH cherche à confier les rênes de la maison française à Jonathan Anderson, à la tête de la griffe espagnole Loewe, également propriété du géant français du luxe.Dernier mouvement en date de ce vaste mercato, l’arrivée à la tête de Carven de Mark Thomas, passé notamment par Helmut Lang. Le Britannique, qui occupait le poste de designer senior au sein de la maison française depuis 2023, succède à sa compatriote Louise Trotter, nommée chez Bottega Veneta en décembre pour remplacer… Matthieu Blazy.Les annonces devraient se poursuivre, les maisons Celine et Fendi étant toujours l’une comme l’autre sans directeur artistique, après les départs respectifs du Français Hedi Slimane et de Kim Jones.Parti de Maison Margiela en décembre, après dix ans, le Britannique John Galliano n’a toujours pas de point de chute. 

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Rejets toxiques à Mourenx: Sanofi, mis en examen pour une partie des faits, conteste les infractions

Une victoire d’étape en demi-teinte pour les plaignants: Sanofi a été mis en examen fin 2024 pour plusieurs infractions qu’il conteste dans l’enquête sur les rejets toxiques de son usine à Mourenx (Pyrénées-Atlantiques) mais échappe à ce stade au principal grief, la mise en danger d’autrui.Le parquet de Paris a confirmé l’information obtenue par l’AFP de source proche du dossier selon laquelle Sanofi a été mise en examen le 28 novembre pour un délit, obstacle à un contrôle administratif environnemental, et pour deux infractions contraventionnelles, exploitation irrégulière d’une installation ainsi que non-déclaration d’accident ou d’incident industriel.Dans le détail, le groupe se voit ainsi reprocher, selon le parquet, de n’avoir, entre 2012 et 2018, pas respecté les limites d’émission du bromopropane, un composé organique volatil (COV) ou encore d’avoir tardé à informer les inspecteurs de l’environnement de ces rejets de bromopropane.Sollicité par l’AFP, Sanofi a indiqué “contester” les infractions qui lui valent sa mise en examen et avoir “mis en avant toute une série d’éléments démontrant qu’il n’y a pas eu de dépassement des seuils réglementaires”.Le groupe a en revanche été placé, à ce stade, sous le statut de témoin assisté pour l’infraction la plus lourde, mise en danger d’autrui. Sanofi a avancé mardi “plusieurs études indépendantes (qui) ont conclu à une absence d’impact sanitaire lié à de possibles émissions pour les salariés et les riverains.”L’association France Nature Environnement (FNE) avait révélé ces rejets toxiques hors normes en 2018 de bromopropane et de valproate de sodium, principe actif de la Dépakine, un médicament anti-épileptique accusé d’être à l’origine de troubles neuro-développementaux chez les enfants.”Sanofi ne contrôlait pas ses trois colonnes (de l’usine), mais une seule (…). Les deux autres ont envoyé ces quantités astronomiques de polluants dans l’air”, accusait l’association.L’usine avait été mise à l’arrêt immédiatement après les révélations de FNE, avant de reprendre sa production par étapes, sous contraintes environnementales et contrôles accrus. En juin 2020, la Fédération nationale des industries chimiques CGT, le Syndicat CGT des industries chimiques Sisteron et Mourenx et l’Union locale CGT de Mourenx, Bassin de Lacq-Orthez et environs avaient déposé une plainte avec constitution de partie civile.L’information judiciaire au pôle santé publique de Paris avait été ouverte en août 2022.- “Troubles neurocomportementaux” -“On peut démontrer que certains des riverains ont été contaminés par la Dépakine”, soutient mardi Me Charles Joseph-Oudin, avocat d’une riveraine partie civile et de l’Association des victimes de la Dépakine (Apesac).Une quinzaine de riverains sont en train de se constituer partie civile dans ce dossier, selon le conseil.Me Oudin a déjà déposé plainte en novembre 2023 pour une mère de deux enfants “atteints de troubles neurocomportementaux” qui travaillait, lors de ses grossesses, “en face” de l’usine.”Je regrette que la mise en danger de la vie d’autrui n’ait pas été retenue car cela a engendré de graves dommages sur les personnes directement exposées ou leur descendance”, a réagi auprès de l’AFP Marine Martin, présidente de l’Apesac et figure emblématique des victimes de la Dépakine.En avril 2024, la justice administrative a contraint Sanofi à réaliser une étude des risques sanitaires autour de Mourenx.Dans une autre information judiciaire, ouverte en 2016 et portant sur le coeur du scandale de la Dépakine et de ses impacts éventuels sur la santé, le groupe est mis en examen pour tromperie aggravée et blessures involontaires depuis 2020. En juin 2023, la Cour de cassation avait validé la prescription d’un certain nombre de plaintes, un “fort affaiblissement” du dossier selon une source proche de celui-ci.Dans les procédures ouvertes à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam), “120 millions d’euros d’argent public ont déjà été engagés en lieu et place de Sanofi” pour près de 2.000 victimes, selon Me Oudin.”Il n’y a pas de lien entre la procédure judiciaire sur les émissions de bromopropane du site de Mourenx et les autres procédures judiciaires liées à la prescription de valproate de sodium”, a souligné Sanofi dans sa réaction.Selon des estimations des autorités sanitaires françaises, la molécule serait responsable de malformations chez 2.150 à 4.100 enfants et de troubles neurodéveloppementaux chez 16.600 à 30.400 enfants.ngu-gd-jpa-pan/mat

Over 100 hostages freed in deadly Pakistan train siege

Three people were killed and around a hundred hostages freed by Pakistani troops on Tuesday after armed militants attacked a train carrying over 450 passengers in the country’s southwestern Balochistan province.It was not immediately clear how many people remained on board the train as security forces continued operations overnight.Before seizing the train Tuesday afternoon, militants …

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Ukraine: Macron lance la planification des “garanties de sécurité” avec les armées de 34 pays

Emmanuel Macron a lancé mardi, devant les chefs des armées de plus de 30 pays réunis à Paris, les travaux opérationnels pour passer à la planification des “garanties de sécurité crédibles” à apporter à l’Ukraine en cas d’accord de paix avec la Russie.”Face à l’accélération des négociations de paix”, le président français à affirmé “qu’il fallait aujourd’hui +passer du concept au plan+ pour définir des garanties de sécurité crédibles, afin qu’une paix solide et durable soit possible en Ukraine”, a rapporté l’Elysée. Autrement dit, de la théorie à la pratique, après plusieurs sommets politiques organisés par la France ou le Royaume-Uni.Le chef de l’Etat a aussi appelé les alliés européens à prendre collectivement leurs “responsabilités”, car “c’est le moment où l’Europe doit peser de tout son poids, pour l’Ukraine, et pour elle-même”.Emmanuel Macron avait convié les chefs d’état-major des pays prêts à contribuer à ces garanties d’une manière ou d’une autre. En tout, 34 pays étaient représentés, appartenant à l’Union européenne et/ou à l’Otan pour la plupart, dont le Royaume-Uni et la Turquie, mais aussi certains qui n’appartiennent à aucune des deux organisations, comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon.Des représentants de l’Alliance atlantique et de l’UE étaient aussi présents, ainsi qu’un émissaire ukrainien, mais pas les Etats-Unis.La rencontre à huis clos s’est déroulée en parallèle de pourparlers cruciaux entre diplomates américains et ukrainiens en Arabie saoudite qui ont marqué une nette accélération vers des négociations avec la Russie pour mettre fin à la guerre, trois ans après l’invasion russe de l’Ukraine.Kiev a soutenu une proposition américaine de cessez-le-feu de 30 jours avec Moscou, les Etats-Unis acceptant de leur côté de lever les restrictions sur l’aide militaire à l’Ukraine. Selon le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, les autorités ukrainiennes ont accepté des “négociations immédiates” avec la Russie.”La balle est aujourd’hui clairement dans le camp de la Russie”, a réagi Emmanuel Macron mardi soir, saluant ces “avancées”.Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump se montre déterminé à mettre fin à ce conflit, quitte à opérer un rapprochement inédit avec le président russe Vladimir Poutine.Face à ce bouleversement géopolitique, les Européens se démènent pour ne pas être exclus des négociations, et martèlent que seul un accord de paix durable, assorti de garanties de sécurité pour l’Ukraine, pourra prévenir une reprise des combats.Selon la présidence française, les participants à la réunion de Paris “sont convenus que ces garanties de sécurité soient crédibles et s’inscrivent dans le temps long, s’accompagnent d’un soutien sans faille à l’armée ukrainienne”.Ils ont aussi estimé qu’elles ne devaient pas être “disjointes de l’Otan et de ses capacités”, au moment où de nombreux pays ne semblent prêts à s’engager qu’avec l’assurance d’un “filet de sécurité” des Etats-Unis, principal pays de l’Alliance atlantique.- “Première pierre” -La rencontre des chefs militaires était donc “importante”, a estimé le ministre français des Armées Sébastien Lecornu, également présent, car elle “vient poser une première pierre sur ces garanties de sécurité”.L’idée de déployer des troupes européennes en Ukraine dans le cadre d’un accord de paix avec la Russie été évoquée à plusieurs reprises ces dernières semaines.Paris et Londres notamment sont étroitement impliqués dans les discussions sur cette option, qui devait être abordée dans la réunion de mardi. Le Premier ministre britannique Keir Starmer organise à son tour samedi une réunion virtuelle avec les dirigeants des pays prêts à s’engager.”La décision finale dépend de l’établissement de conditions claires: quelle est la mission, quel est l’objectif, quel est le mandat et quelles sont les garanties en termes de protection américaine”, a expliqué mardi à Paris le ministre néerlandais de la Défense Ruben Brekelmans, estimant que Washington restait un “allié fiable” dans l’Otan.Sébastien Lecornu réunira mercredi ses homologues du groupe E5 (France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Pologne), ainsi que des représentants de l’Union européenne et de l’Otan avec, en visioconférence, le ministre ukrainien de la Défense.Le ministre des Armées doit ensuite rencontrer jeudi les présidents des groupes parlementaires, en présence du Premier ministre François Bayrou.Le chef de l’Etat doit enfin réunir vendredi les industriels français de la défense, appelés à augmenter leur cadence depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022 et qui doivent se préparer à un afflux potentiel de nouvelles commandes.mra-dab-la-fff/hj

Chlordécone: l’État reconnu fautif mais n’indemnisera qu’une poignée de victimes

L’État devra indemniser les victimes du chlordécone démontrant un préjudice moral d’anxiété avéré, a tranché mardi la cour administrative d’appel de Paris, un jugement qui reconnaît la responsabilité de l’État dans ce scandale environnemental aux Antilles, mais dont la portée est jugée trop limitée par les parties civiles.Saisie par 1.286 plaignants de Martinique et Guadeloupe, la cour a estimé que “l’État a commis des fautes en accordant des autorisations de vente d’insecticides à base de chlordécone, en permettant leur usage prolongé, en manquant de diligence pour évaluer la pollution liée à cet usage, y mettre fin, en mesurer les conséquences et informer la population touchée”.En conséquence, elle juge que l’État “doit réparer, lorsqu’il est démontré, le préjudice moral d’anxiété des personnes durablement exposées à cette pollution”.Mais seules une dizaine de victimes ont été reconnues comme pouvant prétendre à une indemnisation, en raison de preuves (analyses sanguines et études environnementales) permettant d’établir une “exposition effective à la pollution des sols, des eaux ou de la chaîne alimentaire” et un risque élevé de développer une pathologie grave.”Dans ces seuls cas, elle condamne l’Etat à réparer le préjudice d’anxiété”, dit la cour qui rejette les demandes des autres plaignants et prévient que “la seule invocation d’une exposition au chlordécone” ne permet pas de justifier un tel préjudice.Le chlordécone, pesticide répandu dans les bananeraies, est responsable d’une pollution massive et persistante des sols et de l’eau aux Antilles françaises.Il avait été autorisé en France jusqu’en 1990 et avait bénéficié d’une dérogation jusqu’en 1993 aux Antilles, malgré les alertes de l’Organisation mondiale de la santé qui l’avait classé dès 1979 comme “cancérogène possible”.Plus de 90% de la population adulte en Guadeloupe et Martinique est contaminée par le chlordécone, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui a conclu en juillet 2021 à une relation causale probable entre chlordécone et risque de cancer de la prostate.Or, le taux d’incidence du cancer de la prostate en Guadeloupe et en Martinique est parmi les plus élevés du monde. Des études ont également mis en évidence que l’exposition pré et post-natale à ce pesticide entraîne un risque accru de naissance prématurée et un risque d’impact sur le développement cognitif de l’enfant. – “Maintenir la pression” -Le tribunal administratif de Paris avait déjà reconnu, en 2022, des “négligences fautives” de l’État, mais avait rejeté les demandes d’indemnisation pour préjudice d’anxiété, estimant qu’aucun élément ne permettait de justifier ces demandes.Les avocats des plaignants et les associations de défense des victimes du chlordécone ont salué une avancée, mais dénoncent une approche trop restrictive de la notion de préjudice moral d’anxiété.Saluant une “victoire”, Me Christophe Lèguevaques, l’un des avocats des parties civiles, a estimé que la décision créait “un précédent tant pour le dossier du chlordécone que pour d’autres pollutions environnementales, comme celles liées au glyphosate ou aux PFAS”.Mais l’avocat regrette que la cour n’ait reconnu le préjudice d’anxiété que pour un nombre restreint de victimes.”De ce point de vue, cette décision est décevante. En discriminant les hommes et les femmes, les adultes et les enfants, la cour ne tient pas compte des effets avérés du chlordécone sur la santé publique”, déplore-t-il, évoquant un possible recours devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).”Le dossier avance et les combats continuent”, ont indiqué dans le même communiqué Jean-Marie Flower et Patricia Chatenay-Rivauday, de l’association VIVRE Guadeloupe, une des trois associations ayant saisi la cour, disant saluer sa décision.A l’audience, en février, la rapporteure publique avait reconnu “la faute caractérisée” et “les carences fautives” de l’Etat mais insisté sur les conditions strictes du préjudice d’anxiété, auquel avaient droit selon elle neuf plaignants atteints ou ayant été atteints d’un cancer de la prostate, à qui elle proposait d’allouer 5.000 ou 10.000 euros.L’eurodéputée écologiste Marie Toussaint a salué dans un communiqué “une victoire importante”. Un avis partagé par le sénateur socialiste de Guadeloupe, Victorin Lurel, évoquant “une étape considérable franchie qui permettra de (…) continuer le combat pour reconnaître et indemniser toutes les victimes du chlordécone”.Le député (GDR) de Martinique, Marcellin Nadeau, s’est quant à lui dit auprès de l’AFP “très content de cette avancée, mais en étant très conscient de tout le travail qui nous reste à faire”.

Affaire Evaëlle: 18 mois avec sursis requis contre l’enseignante jugée pour harcèlement

Elle “la jette en pâture au collectif”, accuse la procureure. “Je n’ai jamais humilié Evaëlle”, se défend l’enseignante jugée pour harcèlement et contre qui 18 mois de prison avec sursis et une interdiction définitive d’enseigner ont été requis mardi à Pontoise.Dans ses réquisitions, le ministère public a critiqué une enseignante en position de “toute puissance” qui avait un “contact assez rude avec les élèves”. Dans sa relation avec Evaëlle, elle “la jette en pâture au collectif, la fait pleurer”.Elle a estimé que la prévenue, une enseignante de 62 ans jugée pour harcèlement moral sur trois élèves dont Evaëlle – mais qui a bénéficié d’un non-lieu pour homicide involontaire -, était dans une “dérive systémique” qui “aurait pu perdurer longtemps après si l’institution judiciaire ne s’était pas saisie de la notion du harcèlement scolaire”.Depuis une loi de mars 2022, le harcèlement scolaire est reconnu comme un délit.Son “harcèlement est le déclencheur et catalyseur du harcèlement des mineurs”, a affirmé la procureure. Deux d’entre eux seront jugés devant le tribunal des enfants avant la fin de l’année.Le 21 juin 2019, Evaëlle se pend à son lit, à 11 ans.L’arrivée en 6e au collège Isabelle-Autissier d’Herblay dans le Val-d’Oise avait été éprouvante pour l’adolescente, bouc émissaire de camarades qui l’insultent et la violententDès septembre 2018, elle a également fait face à des tensions avec sa professeure de français autour de la mise en place d’un protocole médical relatif à des problèmes de dos. Ses parents finissent par porter plainte contre des élèves et la changent de collège en février 2019.Evaëlle “a été projetée dans une détresse extrême notamment par le comportement” de son enseignante et “a perdu pied face au harcèlement dont elle a été l’objet”, a plaidé l’avocate de ses parents Me Delphine Meillet.- Rares regrets -Un portrait très contrasté de l’enseignante aux 30 années d’expérience sans accroc a été brossé par différents anciens collègues. “Autoritaire et cassante” d’un côté, “bienveillante et aidante” de l’autre. Pour l’une des victimes, elle avait “ses chouchous et ses cibles”.”Je n’ai pas humilié Evaëlle”, a-t-elle affirmé, longuement interrogée dans la matinée.Sur les sessions de vie de classe litigieuses, elle a expliqué que “ce n’était pas dans le but de la mettre en difficulté mais essayer de régler ce problème relationnel dans la classe”.D’après le récit des élèves, elle avait demandé aux collégiens d’exprimer leurs reproches à Evaëlle qui devait ensuite s’expliquer. Face à ses pleurs, l’enseignante s’était énervée et lui avait intimé de répondre aux questions.”J’ai dû lui dire: +Arrête de pleurer+, phrase idiote à dire. Je ne voulais pas qu’elle pleure, ce n’était pas l’enjeu”, reconnaît l’enseignante. Pour Evaëlle, “c’était la pire journée de toute ma vie”, rapporte sa mère.”Pour une professeure censée avoir humilié quotidiennement Evaëlle, aucun des enfants n’est capable de donner un exemple de propos” de l’enseignante à Evaëlle, a plaidé en défense Me Marie Roumiantseva, demandant sa relaxe.Elle a également souligné que la pré-adolescente n’avait jamais mis en cause son enseignante auprès des différents thérapeutes et professionnels qui l’entouraient.Lundi, les parents ont dénoncé aussi bien l’inertie de l’Education nationale – contre laquelle il n’y aura aucune poursuite pénale à la suite d’une indemnisation – que le manque d’investigations des autorités, une première plainte ayant été classée alors qu’Evaëlle était encore vivante.Le suicide d’Evaëlle, “c’est le drame de toute l’institution scolaire” avait reconnu le principal du collège. A l’époque, un harcèlement émanant d’un professeur lui était inimaginable et il avait fait bloc derrière l’enseignante.Durant le procès de deux jours, elle a été confrontée à une kyrielle de témoignages d’élèves relatant des humiliations : “tu es bête, tu vas finir SDF”, “on peut pas être bête à ce point, tu n’as pas de cerveau”.”Tout le monde a compris sauf J.”, a-t-elle encore dit à un élève malentendant d’une autre classe, aujourd’hui sur le banc des parties civiles. “Vous regrettez d’avoir dit ça ?”, a demandé la présidente.”Oui si ça l’a blessé, évidemment”, concède l’enseignante, dans un rare regret.Si elle a contesté plusieurs insultes, elle a admis certaines paroles. “Oui ça m’arrivait de crier, de dire ça dans des moments”, a-t-elle reconnu, estimant qu’elle était “exigeante”, “à l’écoute” et déterminée à “aider ses élèves”.La décision sera rendue le 10 avril.

Des centaines de manifestants à Paris contre l'”austérité” dans le supérieur

Plusieurs centaines de personnes, dont des enseignants et étudiants, ont manifesté mardi à Paris contre l'”austérité” dans l’enseignement supérieur, à l’appel d’une large intersyndicale.”Nous étions 2.500 à Paris, plus de 1.000 à Rennes et 500 Toulouse, largement au-delà de 5.000 personnes mobilisées en France”, a estimé Anne Roger, secrétaire générale Snesup-FSU, interrogée par l’AFP. Dans la capitale, la préfecture de police a comptabilisé 1.100 manifestants. Des étudiants et enseignants, représentants des principaux syndicats (Snesup, CFDT, CGT, Unsa, Sud…), organisations étudiantes (Union étudiante, Fage, Unef) ou encore de la fédération de parents FCPE se sont réunis place de la Sorbonne au moment où se tenait une réunion du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser), organe consultatif qui émet des avis sur les politiques universitaires.Les manifestants ont ensuite arpenté le boulevard St Michel jusqu’au jardin du Luxembourg. Sur les pancartes, on pouvait notamment lire “413 milliards pour l’armée, rien pour étudier”, “suppression des filières, grève de l’ESR” -acronyme d’Enseignement supérieur et recherche.”On attend une prise de conscience de l’ensemble de la population française, mais surtout de nos hommes et femmes politiques, sur la situation de l’enseignement supérieur et de la recherche, notamment en ce qui concerne le budget alloué depuis plusieurs années et largement insuffisant”, a expliqué à l’AFP Caroline Mauriat, co-secrétaire générale du Snesup-FSU, principal syndicat du supérieur.”Les deux dernières années ont été dramatiques, et nous amènent dans le mur, à savoir des universités en déficit, qui vont être obligées de faire des choix” douloureux en réduisant les capacités d’accueil ou en fermant des formations, ajoute-t-elle.Au total, en prenant en compte les contributions aux pensions de l’Etat, les crédits de paiement du budget de l’enseignement supérieur atteignent 30,9 milliards d’euros en 2025, contre 31,8 milliards d’euros en 2024.”On demande 8 milliards dès cette année (…) pour financer la recherche” ou rénover des bâtiments souvent vétustes, poursuit Mme Mauriat.Isabel Boni, maîtresse de conférence à Paris VIII en sociologie, décrit ainsi “des salles de cours qui partent en lambeaux”.Matar, étudiant en 4e année de philosophie, s’insurge contre les conditions d’étude: “dans les salles, il n’y a plus de place pour s’asseoir. Comme les contrats ne sont pas renouvelés, il manque des profs et certains chargés de travaux dirigés croulent sous le travail. Du coup, il y a pas mal d’arrêts maladie”.”Il manque bien 80.000 à 90.000 places d’université” a estimé Manon Moret, membre du bureau national de l’Unef, lors d’une conférence de presse intersyndicale étudiante à Paris avant le début de la manifestation.Outre l’Unef, des représentants de la FSE, de l’Union étudiante, et de Solidaires Etudiantes, ont souligné qu’ils voulaient agir ensemble pour lutter contre “la situation catastrophique de l’université”. Par ailleurs, environ un millier d’enseignants et directeurs d’écoles primaires parisiennes ont manifesté mardi contre la révision de la carte scolaire de la capitale qui prévoit la fermeture de 180 classes et la fin du régime spécifique de décharge des directeurs.

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Ce que l’on sait sur la collision entre un pétrolier et un cargo en mer du Nord

Voilà ce que l’on sait au lendemain de la violente collision entre un pétrolier et un porte-conteneurs au large de l’Angleterre, qui a provoqué de gigantesques incendies et une fuite de kérosène mais n’a pour l’instant pas entraîné de “pollution observable” selon les autorités britanniques.- Un décès, une arrestationUn membre d’équipage du porte-conteneurs Solong, porté disparu lundi après la collision avec le pétrolier Stena Immaculate en mer du Nord, est présumé mort, a annoncé mardi Mike Kane, secrétaire d’État chargé du Transport maritime. Les 36 autres membres d’équipage des deux bateaux avaient rejoint la terre ferme lundi sains et saufs.Après l’annonce de ce décès, la police locale a annoncé la garde à vue d’un homme de 59 ans pour “homicide involontaire par négligence grave”. – Incendies toujours en cours Les incendies provoqués par la collision ont continué mardi, mais celui du Stena Immaculate, qui transportait 220.000 barils de kérosène pour l’armée américaine, a beaucoup baissé d’intensité, selon les garde-côtes.Le choc a été tel que le pétrolier – à l’ancre et immobile à plus de 20 km de la côte quand il a été percuté par le Solong arrivant à grande vitesse – a été déplacé de 400 mètres, selon le site VesselFinder, qui suit les déplacements des navires.Le Solong “a surgi de nulle part”, a raconté un membre d’équipage du pétrolier à la BBC.Les garde-côtes ont établi un périmètre de sécurité d’un rayon d’un kilomètre autour de chacun des bateaux et fait état d’une dérive vers le sud-est du Solong.Il n’y a “pas de raison de penser pour l’instant qu’il s’agit d’un acte criminel”, a déclaré le porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer.Le Solong, battant pavillon portugais, ne transportait pas de cyanure de sodium, un gaz inflammable et toxique au contact de l’eau, a indiqué son propriétaire allemand Ernst Russ, contredisant des informations antérieures. Sans préciser ce qu’il transportait, il a expliqué la confusion par “quatre conteneurs vides ayant précédemment contenu le produit chimique dangereux”. – Fuite de kérosène Le Stena Immaculate, long de 183 mètres et appartenant à la société suédoise Stena Bulk, était temporairement affrété par le Military Sealift Command, branche de l’armée américaine. Une partie de son kérosène s’est déversée dans la mer, par une large brèche visible sur son flanc. Il était parti le 27 février d’Agio Theodoroi, en Grèce, à destination de Killinghome, dans le nord de l’Angleterre, selon Vessel Finder.Le Solong, long de 140 mètres, était lui parti de Grangemouth (Ecosse) pour se rendre à Rotterdam, aux Pays-Bas.- Pas de signe de pollution “Aucun signe de pollution provenant des navires n’a été observé pour l’instant”, a indiqué le secrétaire d’État britannique Mike Kane.Auparavant, l’ONG Greenpeace s’était dite “extrêmement préoccupée” par les “multiples risques toxiques” pour la vie marine.”Le kérosène qui a pénétré dans l’eau à proximité d’une zone de reproduction des marsouins est toxique pour les poissons et autres créatures marines”, a déclaré Paul Johnston, scientifique aux laboratoires de recherche de Greenpeace à l’université d’Exeter.Ivan Vince, directeur du cabinet ASK Consultants, spécialisé en sécurité des risques environnementaux, rappelle que le kérosène “n’est pas persistant” dans l’environnement. “L’essentiel va s’évaporer rapidement et ce qui ne s’évapore pas sera dégradé assez rapidement par les micro-organismes” marins.- Recherche des enregistreurs vidéoQuand les incendies seront éteints, les enquêteurs rechercheront les enregistreurs de données vidéo des deux navires, l’équivalent des “boîtes noires” des avions. Ils devraient contenir des informations provenant des radars des navires ainsi que des enregistrements vocaux des équipes.Selon David McFarlane, directeur du Centre sur la sûreté maritime d’Édimbourg (MRSC), ces enregistrements aideront notamment les enquêteurs à déterminer s’il y a eu communication entre les deux navires.burs-bd/alm/jp

Ex-Philippine leader Duterte bound for Hague over ICC drug war case

A plane carrying former Filipino president Rodrigo Duterte left the Philippine capital bound for The Hague Tuesday following his arrest on an International Criminal Court warrant stemming from his deadly crackdown on drugs, Manila said.The 79-year-old faces a charge of “the crime against humanity of murder”, according to the ICC, for a crackdown that rights …

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Prison requise contre un ex-prieur de Riaumont, communauté traditionaliste du Pas-de-Calais

Deux ans de prison, dont un ferme, ont été requis mardi contre un ancien responsable de la communauté catholique traditionaliste de Riaumont, à Liévin (Pas-de-Calais) jugé pour consultation de pédopornographie, le premier procès autour de cet ancien “village d’enfants”, au coeur de plusieurs enquêtes.Le jugement a été mis en délibéré au 6 mai.A l’audience devant le tribunal correctionnel de Béthune, Alain H., l’ancien prieur de 61 ans, vêtu d’une soutane beige recouverte d’un épais manteau bleu marine, a nié une grande partie des faits qui lui sont reprochés, s’étalant de 2012 à 2017.A la barre, il a assuré que ses recherches sur des sites pornographiques s’inscrivaient dans le cadre d’une “étude anthropologique, sociétale, éducative”, pour mieux comprendre la jeunesse d’aujourd’hui.Alain H. a contesté le fait que la majorité de ces images mettaient en scène des mineurs, jeunes garçons ou adolescents, comme le nombre de fichiers illicites retrouvés sur ses ordinateurs – environ 2.000 selon les enquêteurs.La procureure a estimé que le prévenu avait la volonté de “manipuler” ses interlocuteurs en faisant croire qu’il y avait une quelconque “dimension scientifique à tout ça”. Le parquet a requis un an ferme “aménageable”, c’est-à-dire sous bracelet électronique, et un an avec sursis, en plus d’une injonction de soins et une interdiction d’exercer une activité en contact habituel avec des mineurs.- premier procès attendu -Ce procès était très attendu car il est le premier à concerner un religieux de Riaumont. D’anciens pensionnaires de l’institution, qui affirment avoir été victimes de violences sexuelles ou physiques dans les années 1970 et 1990, ainsi qu’une enseignante qui avait fait un signalement au parquet de Béthune dès la fin des années 1970, ont assisté mardi au procès, tout comme l’actuel prieur de la communauté.Alain H. est aussi mis en examen dans deux autres affaires: l’une concerne des faits de maltraitance d’enfants pensionnaires de Riaumont, et l’autre un viol au sein de l’institution, une affaire dans laquelle il est poursuivi pour “non dénonciation de crime”.Concernant le volet des violences sur mineurs, le parquet de Béthune a récemment requis la tenue d’un procès contre l’ancien prieur et cinq autres religieux de Riaumont.Ces cas de maltraitance, des “violences sans incapacité” selon une avocate de la défense, se sont étalés de 2007 à 2019, les périodes variant d’un mis en cause à l’autre. Il s’agit de “gifles, coups, punitions dégradantes” envers “plusieurs dizaines” d’enfants au total, a précisé à l’AFP le procureur de Béthune, Etienne Thieffry.Deux autres encadrants de Riaumont sont mis en examen pour agressions sexuelles. Une information judiciaire sur ce volet est en cours, comme pour l’affaire de viol, dans laquelle l’auteur présumé était mineur.- prescription – Selon des témoins et anciens pensionnaires interrogés par l’AFP, d’autres faits graves se sont produits derrière les murs d’inspiration médiévale de Riaumont, qui se présente sur son site comme une “citadelle de l’espérance”. Mais ces faits sont désormais prescrits.”En France, on est spécialiste du +Grâce à Dieu les faits sont prescrits+”, dénonce Arnaud Gallais, président de Mouv’Enfants, association de défense des droits de l’enfant.M. Gallais réclame la dissolution de Riaumont et une loi pour allonger “à au moins 30 ans” le délai de prescription pour non dénonciation de crimes et agressions sexuelles sur mineurs.Juchée sur une vaste colline boisée près de Lens, Riaumont a démarré dans les années 1960 comme foyer d’accueil pour enfants placés par les services sociaux, aux côtés d’enfants envoyés par des familles traditionalistes. Les premiers étaient des “esclaves” tandis que les seconds étaient “bien vus” par l’encadrement, affirme Charline Delporte, présidente de l’association Centre national d’accompagnement familial face à l’emprise sectaire (Caffes), qui suit Riaumont depuis 30 ans.Après de premières remontées de sévices, Riaumont a perdu en 1982 son agrément pour enfants placés. La communauté a ensuite lancé une école privée hors contrat, qui n’a fermé qu’en 2019 sur décision administrative, après la révélation des mises en examen.La préfecture a aussi interdit à la communauté d’accueillir des séjours de scouts cette année.Interrogé vendredi dernier par l’AFP, le père Christophe Gapais, 61 ans, le nouveau prieur de la communauté, assure qu’il n’y avait pas de “violence institutionnalisée” à Riaumont.