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Les députés divisés examinent une résolution sur l’Ukraine appelant à saisir les avoirs russes

Les députés ont commencé à examiner mercredi après-midi à l’Assemblée une proposition de résolution sur le renforcement du soutien à l’Ukraine, qui contient notamment un appel à la saisie des avoirs russes gelés, à laquelle s’oppose le gouvernement.L’examen de ce texte, qui sera suivi d’un vote, intervient en plein tumulte géopolitique, marqué par l’accélération des négociations de paix, avec l’accord de l’Ukraine à une proposition américaine de cessez-le-feu de 30 jours avec la Russie.Après un premier débat sans vote sur la question ukrainienne dans l’hémicycle la semaine dernière, c’est l’occasion pour les députés de chercher à peser.”Nous partageons pleinement l’objectif principal” du texte “qui est d’affirmer plus que jamais notre entier soutien à l’Ukraine face à la guerre d’agression qu’elle subit”, a déclaré en ouverture des discussions Patrick Mignola, ministre des Relations avec le Parlement, sans évoquer la question de la confiscation des avoirs.La proposition de résolution appelle l’Union européenne (UE), l’Otan et “les autres pays alliés” à “poursuivre et à accroître leur soutien politique, économique et militaire à l’Ukraine” face à “l’agression russe”.Elle contient aussi plusieurs points qui ne manqueront pas de faire débat, dont la question du processus d’adhésion de l’Ukraine à l’UE, de la présence sur le sol ukrainien de soldats français en cas d’accord de paix, ou encore celle de l’importation de gaz russe par les pays de l’UE, à laquelle la résolution appelle à “mettre fin”.Mais le sujet des avoirs russes s’est particulièrement imposé, alors que les appels se multiplient en Europe en faveur d’une saisie.En l’état actuel, le texte “invite” l’Union européenne à “utiliser dès à présent les actifs russes gelés et immobilisés, (…) pour soutenir la résistance ukrainienne et la reconstruction de l’Ukraine”.Un amendement co-signé par trois députés du groupe macroniste Ensemble pour la République (EPR), incluant son président Gabriel Attal, propose d’aller plus loin en utilisant ces avoirs pour “renforcer les capacités de défense de l’Europe”.- “Pour l’instant c’est non” -Des positions contraires à celle du gouvernement, officiellement opposé à une saisie des avoirs eux-mêmes (autour de 235 milliards d’euros), en dehors des intérêts qu’ils génèrent et qui servent déjà à aider Kiev. Une telle confiscation pourrait menacer la stabilité financière de l’Europe, a prévenu mardi le ministre des Finances, Eric Lombard. “Pour l’instant, c’est non. Mais le président de la République et le Premier ministre ont demandé à Éric Lombard d’étudier plus en profondeur les conséquences d’une telle décision”, a résumé la porte-parole du gouvernement Sophie Primas sur Sud Radio.En début d’après-midi près de l’Assemblée, quelques dizaines de personnes réunies à l’initiative d’associations de soutien à l’Ukraine, favorables à la résolution, brandissaient des pancartes: “aucun accord de paix sans le retour des enfants déportés”, “avoirs russes, l’agresseur doit payer”.Plusieurs parlementaires se sont joints au rassemblement, notamment la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, venue souligner le “rôle éminent” que doit jouer la chambre basse en “matière de diplomatie parlementaire”.Laurent Mazaury, député du groupe indépendant Liot et rapporteur de la résolution qui sera mise aux voix, a souligné que, sur la question des avoirs, “le droit coutumier permet (de les) utiliser sous la réserve que ce soit fait au niveau européen d’une part, et d’autre part que ces avoirs financent directement soit l’effort de résistance de l’Ukraine, soit l’effort de reconstruction de l’Ukraine”.L’hémicycle est toutefois largement divisé sur cette question de la saisie des avoirs.Soutenue par les socialistes, les écologistes et Horizons, elle n’est en revanche pas une bonne option pour La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN). Ce dernier a déposé un amendement visant à limiter l’utilisation de l’argent à celle des intérêts.Marine Le Pen a de toute façon affirmé qu’elle ne voterait pas en faveur de la proposition de résolution en raison d’un alinéa invitant l’UE à “faciliter le processus d’adhésion de l’Ukraine à l’Union”.La présidente du groupe RN a de nouveau relativisé mardi la menace russe et accusé Emmanuel Macron de jouer “avec les peurs”.LFI n’a pas communiqué sa position de vote mais a déposé un amendement visant à supprimer cet alinéa sur l’adhésion à l’UE, et un autre réécrivant quasiment entièrement la résolution.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Le capitaine arrêté après la collision en mer du Nord est de nationalité russe

Le capitaine du porte-conteneurs ayant percuté un pétrolier affrété par l’armée américaine lundi en mer du Nord, arrêté par la police britannique, est de nationalité russe, a annoncé mercredi le propriétaire du cargo.Les circonstances de cette rare collision restent inexpliquées.Elle s’est produite au large de la côte est de l’Angleterre, a provoqué un gigantesque incendie et fait un disparu, un membre d’équipage du porte-conteneurs présumé mort.L’enquête se poursuit pour comprendre ce qui a conduit le cargo Solong à percuter le pétrolier Stena Immaculate, qui était à l’ancre. Ce navire, battant pavillon américain et affrété par l’armée américaine, transportait du carburant pour avion.Le capitaine du Solong, un homme de 59 ans soupçonné d'”homicide involontaire par négligence grave”, se trouve toujours en garde en vue, a indiqué la police mercredi matin.Ernst Russ, la société allemande propriétaire du porte-conteneurs Solong, a annoncé mercredi que cet homme était “un ressortissant russe”. “Le reste de l’équipage est composé de Russes et de Philippins”, a ajouté Ernst Russ.”Le capitaine et tout notre équipage participent activement à l’enquête”, avait indiqué mardi le groupe.La veille, le secrétaire d’Etat britannique aux transports, Mike Kane avait reconnu que quelque chose s’était “terriblement mal passé” pour que cette collision se produise, tout en ajoutant qu’il n’y avait “aucune preuve” d’un acte criminel.Des documents du Port state control (PSC), régime d’inspection des navires, montrent que plusieurs défaillances sur le Solong ont été relevées lors de contrôles de sécurité de routine en Irlande en juillet dernier.Sa boussole de direction d’urgence était défectueuse, selon le Daily Telegraph.Parmi les autres problèmes signalés par les autorités irlandaises, sont mis en avant les alarmes “inadéquates”, les canots de sauvetage “mal entretenus” et les portes coupe-feu “non conformes aux exigences”.Le cargo a cependant pu continuer sa route après cette inspection. – “Désastre évité de peu” -La collision intrigue des experts, parmi lesquels Abdul Khalique, chef du Centre Maritime, à l’université John Morre, à Liverpool. C’est un accident “très rare”, souligne-t-il, en se demandant “pourquoi le Solong n’a pas été capable d’agir pour éviter la collision”. “Le navire suivait une trajectoire rectiligne. Il aurait pu changer de cap pour éviter tous les navires présents au mouillage à ce moment-là, mais il ne l’a pas fait”, résume Abdul Khalique.”De nombreuses occasions semblent avoir été manquées”, poursuit-il, en soulignant qu’il faudra attendre la fin de l’enquête pour comprendre comment cette collision a pu se produire. Cette collision a provoqué des inquiétudes concernant la faune et la flore maritime de la région, alors qu’un des réservoirs du Stena Immaculate contenant du kérosène a été brisé par le choc. Un “désastre environnemental semble avoir été évité de peu”, a dit Greenpeace mercredi.Il n’y a pas eu “d’autres signalements de pollution (…), au-delà de ce qui a été observé lors de l’incident initial”, a indiqué Virginia McVea, directrice générale de l’Agence des garde-côtes et des affaires maritimes.Mardi, Mike Kane avait assuré qu'”aucun signe de pollution venant des navires” n’avait été observé “pour l’instant”.L’incendie sur le Solong “a fortement diminué” et il n’y a “plus de flammes visibles” à bord du pétrolier, a rapporté Virginia McVea.Des photos de l’AFP prises mardi depuis un hélicoptère, montrent de la fumée s’échappant du Solong, tandis qu’un trou béant est visible sur le flanc du pétrolier.Le bilan humain aurait pu être bien plus lourd. Les garde-côtes britanniques, qui ont dirigé l’opération, ont secouru 36 personnes lundi, y compris les 23 membres d’équipage du pétrolier Stena Immaculate.

Migrants: Retailleau veut allonger la durée maximale de rétention administrative à 18 mois

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a souhaité mercredi prolonger jusqu’à 18 mois, contre trois mois actuellement, la durée maximale dans les centres de rétention administrative des migrants en situation irrégulière.Fixée à 10 jours en 1993, la durée en centre de rétention administrative (CRA) a été portée de “manière exceptionnelle” à 90 jours avec la loi Collomb de 2018, et à 210 jours, soit sept mois environ, en matière terroriste. “Aujourd’hui, la durée de rétention maximale en France, elle est de trois mois. En Allemagne, elle est pratiquement d’un an et demi”, a souligné Bruno Retailleau sur RTL.”Au Sénat, un texte va être discuté (…) Nous avions prévu au départ d’aligner le régime de tous les individus les plus dangereux sur le régime terroriste qui prévoit 210 jours. Je pense qu’il faut aller au-delà, donc au maximum, c’est-à-dire 18 mois”, a-t-il ajouté.”Si demain il y a un nouveau Mulhouse et qu’on constate qu’il y a un Algérien avec un profil très, très dangereux qui commet un acte terroriste, qu’est-ce que diront les Français?”, a-t-il interrogé, en référence à l’attaque au couteau perpétrée le 22 février par un Algérien en situation irrégulière et sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).”On est comptable de cela”, a estimé Bruno Retailleau, selon qui “le risque zéro n’existe pas, dans aucun pays du monde; mais à chaque fois qu’on constate qu’on a des trous dans la raquette, on doit changer la règle.”Le Sénat a d’ailleurs adopté en parallèle mercredi, en commission des Lois, la proposition mentionnée par le ministre, en se positionnant sur une durée maximale de 210 jours.Cette disposition, si elle était définitivement adoptée, concernerait les personnes condamnées pour les crimes ou délits les plus graves et faisant l’objet d’une décision d’éloignement, ainsi que celles non condamnées mais constituant “une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public”.Le texte sera examiné mardi dans l’hémicycle du Sénat, au côté d’une autre proposition de loi sur l’immigration soutenue par M. Retailleau, qui vise à conditionner l’octroi de prestations sociales aux étrangers à une durée de résidence en France d’au moins deux ans. Ce texte a lui aussi été adopté en commission mercredi.Sur l’Algérie, la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, a par ailleurs déclaré mercredi que “la fameuse liste des personnes qui présentent des dangers pour notre pays va sortir dans les prochains jours”, et “sera donc envoyée au gouvernement algérien avec la volonté de venir à bout de cette problématique-là”. Il s’agissait d’une promesse du gouvernement qui entend adresser une “réponse graduée” à l’encontre de l’Algérie, alors que les relations entre les deux pays sont au plus mal.

Effets psychologiques de TikTok sur les mineurs: l’Assemblée en passe de créer une commission d’enquête

L’Assemblée devrait approuver mercredi – ou jeudi – la création d’une commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les enfants et les adolescents, le réseau social à l’algorithme controversé étant particulièrement populaire chez les jeunes en France. L’application met-elle en avant des vidéos relatives au suicide auprès des jeunes utilisateurs ? Encourage-t-elle les passages à l’acte et l’automutilation ? Le réseau social amplifie-t-il les contenus hypersexualisés qui altèrent la perception de leur corps par les adolescents et développent des troubles alimentaires ?Autant de questions auxquelles les députés tenteront de répondre dans le cadre de cette commission d’enquête, dont la création devrait être approuvée mercredi avec le vote dans l’hémicycle d’une résolution transpartisane portée par la députée macroniste Laure Miller.Le feu vert de l’Assemblée fait peu de doute, après le vote à l’unanimité de cette résolution la semaine dernière en commission des Affaires sociales.Une fois actée, trente députés s’attelleront durant 6 mois à étudier non seulement l’algorithme de TikTok – qui tend, selon de nombreuses études, à “enfermer” ses utilisateurs dans “des bulles de filtres” – mais surtout à examiner les répercussions psychologiques” de l’application sur les enfants et les adolescents.Selon une étude mondiale de Qustodio, en 2022, les mineurs ont passé en moyenne 1h47 par jour sur TikTok, propriété du groupe chinois ByteDance.En outre, bien que la plateforme interdise théoriquement aux mineurs de 13 ans de s’y inscrire, près d’un enfant sur deux âgé de 11-12 ans y est inscrit, selon les statistiques de l’Arcom citées par Mme Miller.La commission portera une attention particulière à évaluer les impacts de l’application sur les pensées et les comportements suicidaires.- Temps hors écran -Fin novembre, un collectif de sept familles en France a assigné TikTok en justice, accusant le réseau social d’avoir exposé leurs enfants à des contenus pouvant les pousser au suicide.La commission ne peut enquêter sur une affaire judiciaire en cours au nom de la séparation des pouvoirs, mais elle s’emploiera par exemple à déterminer si l’application propose davantage ou non de contenus dangereux aux personnes vulnérables. En 2022, une étude américaine avançait que les jeunes inscrits sur l’application et manifestant un mal-être recevaient en moyenne douze fois plus de vidéos sur le suicide et l’automutilation.Si après les auditions, un “lien direct et incontestable” est fait entre l’application et la dégradation de l’état de santé mentale des jeunes, on “pourra avoir une voix politique forte”, selon Mme Miller à l’AFP.La commission s’attellera alors à examiner “quels sont nos leviers juridiques, nous, législateurs français, pour pouvoir agir concrètement”.Une poignée de pays ont déjà pris des mesures fortes contre les réseaux sociaux considérés dangereux pour les jeunes.En Albanie, TikTok va être coupé pour au moins un an dans les prochains jours. En Australie, le Parlement a voté fin novembre une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de seize ans. Au Venezuela, l’État a infligé une amende de dix millions de dollars à TikTok pour sa “négligence” après la mort de trois adolescents.Mardi, le réseau social TikTok a lancé en France et dans l’Union européenne une fonctionnalité permettant aux parents de limiter le temps que passent les adolescents sur l’application. Au sujet de la commission d’enquête, TikTok dit attendre de voir “le ou les sujets que l’enquête souhaite aborder”. “Les thématiques (visées par la commission d’enquête) ne sont pas uniques à TikTok”, souligne le groupe qui rappelle qu’il emploie plus de 500 modérateurs en langue française et plus de 6.000 dédiés aux langues européennes.”C’est plus que toutes les autres plateformes réunies”, a assuré un porte-parole. Il a également indiqué qu’entre juillet et septembre 2024, la modération a permis de supprimer plus de 24 millions de comptes dans le monde, soupçonnés d’être détenus par des moins de 13 ans. 

Quinze ans après sa création, le service civique continue de faire des adeptes

Certains parlent de “déclic” ou “d’ouverture sur le monde”, d’autres évoquent un “tremplin” : quinze ans après sa création, le service civique continue d’attirer des jeunes désireux de s’engager temporairement pour une cause qui leur tient à coeur. Et plus si affinités professionnelles. En 2022, faute d’admission post-bac, Sunny Rebai se retrouve à enchaîner les petits boulots jusqu’au jour où il a une “prise de conscience”.  “C’était après le Covid, je me suis dit qu’il fallait vraiment que je trouve un sens à ma vie, que je me construise un vrai projet d’avenir”, confie-t-il à l’AFP à l’occasion des 15 ans du dispositif.”Passionné” par les thématiques environnementales, le jeune Parisien, aujourd’hui âgé de 26 ans, opte pour un service civique sur l’écologie pendant huit mois. Au programme, maraîchage urbain sur les toits d’une école primaire, sensibilisation et aides des personnes âgées en situation de précarité énergétique, animation d’ateliers parents-enfants dans les quartiers populaires… “Ça a été un déclic, ça m’a permis de me rendre compte qu’en tant que jeune, j’avais un pouvoir, je pouvais agir sur des thématiques qui me tenaient à coeur et qu’il fallait que je me lance”, analyse rétrospectivement Sunny Rebai, aujourd’hui salarié d’Unis-cité, association pionnière dans le domaine de l’engagement solidaire des jeunes. – Un “fait générationnel” -Comme lui, plus de 850.000 jeunes âgés de 16 à 25 ans sont passés par le service civique depuis sa création en 2010. Conçu comme l’une des réponses aux émeutes de 2005, le dispositif a alors pour objectif de “renforcer la cohésion nationale et la mixité sociale”. Ouvert aux jeunes âgés de 16 à 25 ans, il leur permet de s’impliquer, pour une durée de six mois à un an, dans une mission d’intérêt général au sein d’une ONG, d’une collectivité locale ou encore d’un établissement public, dans des domaines variés (éducation, santé, culture, environnement etc). L’indemnité est de 620 euros par mois. Etudiants, demandeurs d’emplois, aussi bien ruraux que citadins : parmi les 100.000 volontaires qui s’engagent chaque année en moyenne, les “profils sont variés”, relève Nadia Bellaoui, présidente de l’agence du Service civique.”C’est vraiment un phénomène qui touche les jeunes dans toute leur diversité”, souligne-t-elle, évoquant “un fait générationnel puisque plus d’un jeune sur dix aujourd’hui fait un service civique”. Au-delà de la mission “utile” sur le plan professionnel, ce “rite de passage” leur “donne aussi le sentiment d’avoir été utile à la société”. A l’image d’Emilie Schmitt. A 36 ans, cette jeune entrepreneuse basée à Strasbourg fait figure de pionnière du service civique, dispositif qu’elle a rejoint en 2010-2011. “J’avais envie de donner un moment de ma vie aux autres”, explique-t-elle à l’AFP aujourd’hui. Engagée sur la question des enfants, elle indique avoir appris “énormément de choses. Ça m’a permis de découvrir toute une partie du monde et de la réalité que je connaissais pas, ça a été vraiment une expérience transformatrice pour moi.”- “Confiance en soi” -C’est un “tremplin, un endroit où des gens nous font confiance pour mener à bien des projets, nous encadrent juste ce qu’il faut”, souligne-t-elle. “En termes de confiance en soi, de créativité, de possibilité, j’ai trouvé ça génial”, ajoute la cofondatrice et directrice d’Activ’Action. Sans surprise, son association, qui vient en aide aux demandeurs d’emploi, a à son tour recours à des services civiques. Même satisfecit chez Léa, 31 ans, qui a opté, dans le cadre de son année de césure, pour un service civique dans un établissement culturel -un “cadre plus professionnalisant que le stage et avec plus de responsabilités et sur un temps plus long”. Un parcours de sucroît reconnu par les DRH qu’elle a rencontrés par la suite. “Mon service civique a été valorisé en tant qu’expérience professionnelle dans le calcul de ma rémunération”, indique-t-elle.Selon deux sondages CSA et Ipsos publiés en décembre 2024, deux tiers des recruteurs interrogés (66%) déclarent que la mention du service civique sur un CV peut les inciter à recruter la personne l’ayant réalisé. Ils s’intéressent notamment à leur “capacité à collaborer avec les autres”, à respecter les directives et à “devenir autonome”. 

Effets psychologiques de TikTok sur les mineurs: l’Assemblée en passe de créer une commission d’enquête

L’Assemblée nationale devrait approuver mercredi – ou jeudi – la création d’une commission d’enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les enfants et les adolescents, le réseau social à l’algorithme controversé étant particulièrement populaire chez les jeunes en France.L’application met-elle en avant des vidéos relatives au suicide auprès des jeunes utilisateurs ? Encourage-t-elle les passages à l’acte et l’automutilation ? Le réseau social amplifie-t-il les contenus hypersexualisés qui altèrent la perception de leur corps par les adolescents et développent des troubles alimentaires ?Autant de questions, auxquelles les députés tenteront de répondre au cours de cette commission d’enquête, dont la création devrait être approuvée avec le vote dans l’hémicycle d’une résolution transpartisane portée par la députée macroniste Laure Miller.Le feu vert de l’Assemblée fait peu de doute, après le vote à l’unanimité de cette résolution la semaine dernière en commission des Affaires sociales.Une fois actée, trente députés s’attèleront durant 6 mois à étudier non seulement l’algorithme de TikTok – qui tend, selon de nombreuses études, à “enfermer” ses utilisateurs dans “des bulles de filtres” – mais surtout à examiner les répercussions psychologiques” de l’application sur les enfants et les adolescents.Selon une étude mondiale de Qustodio, en 2022, les mineurs ont passé en moyenne 1h47 par jour sur TikTok.En outre, bien que la plateforme interdise théoriquement aux mineurs de moins de 13 ans de s’y inscrire, près d’un enfant sur deux âgé de 11-12 ans y est inscrit, selon les statistiques de l’Arcom citées par Mme Miller.La commission portera une attention particulière à évaluer les impacts de l’application sur les pensées et les comportements suicidaires.Mardi, le réseau social TikTok a lancé en France et dans l’Union européenne une fonctionnalité permettant aux parents de limiter le temps que passent les adolescents sur l’application. Au sujet de la commission d’enquête, TikTok dit attendre de voir “le ou les sujets que l’enquête souhaite aborder”. “Les thématiques (visées par la commission d’enquête) ne sont pas uniques à TikTok”, souligne le groupe qui rappelle qu’il emploie plus de 500 modérateurs en langue française et plus de 6.000 dédiés aux langues européennes.”C’est plus que toutes les autres plateformes réunies”, a souligné un porte-parole.  Selon Mme Miller, la commission devra se pencher “concrètement” sur les mesures réellement mises en œuvre par le réseau social, et vérifier si elles sont ou pas “une espèce de coquille vide”.

Prise d’otage dans l’Aube: le forcené hospitalisé en psychiatrie

L’homme interpellé après avoir pris en otage des employées d’une agence bancaire de Romilly-sur-Seine (Aube) mardi soir, a été hospitalisé en psychiatrie, a indiqué mercredi le parquet de Troyes, indiquant qu’il était sorti de prison mi-2024.L’homme âgé de 24 ans s’était présenté à la banque armé d’un couteau au moment de la fermeture vers 18h, et avait retenu en otage trois employées de l’agence, a détaillé la procureur de la République adjointe Charlène Mahot, dans un communiqué.Les gendarmes de Nogent-sur-Seine puis le GIGN ont été rapidement mobilisés, entraînant la libération de deux otages à 18h30 et 19h15. Après des négociations avec le GIGN (Groupement d’intervention de la Gendarmerie nationale), le forcené a fini par se rendre et libérer la dernière otage vers 21h40.Aucune des otages ne présentait de blessure physique, a précisé le parquet.Interpellé, le mis en cause a été examiné par des médecins selon qui son état de santé était incompatible avec la poursuite de la garde à vue, et hospitalisé pour raisons psychiatriques, indique le communiqué. “Il sera interrogé dès que son état de santé psychique le permettra”, a poursuivi la procureure.L’homme est connu de la justice “pour plusieurs infractions” et se trouvait “sous suivi socio-judiciaire à la suite de sa sortie d’incarcération en août 2024”, selon la même source. Il avait connu “plusieurs hospitalisations psychiatriques de courte durée depuis l’automne 2024”.Parallèlement à cette prise d’otage, un homme au volant d’un véhicule a tenté de forcer un barrage des forces de l’ordre déployées dans le centre à Romilly-sur-Seine durant les faits.Ces dernières ont fait usage de leur arme et “l’individu a été blessé légèrement”, a indiqué mardi soir le Sirpa, le Service d’information et de relations publiques des armées, soulignant que les deux incidents sont “totalement dissociés”.Le conducteur du véhicule n’a “pas du tout de lien avec les faits de la prise d’otage”, a expliqué le Sirpa.

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A Oulan-Bator, les enfants étouffent dans un nuage de pollution

Devant son fils d’à peine cinq mois en soins intensifs, couvert de tubes et de fils, Uyanga se lamente d’être née dans la capitale mongole, sujette à des épisodes répétés de pollution atmosphérique.Depuis plus d’une décennie, un smog toxique enveloppe Oulan-Bator en hiver.Les cas de maladies respiratoires se multiplient, à tel point qu’en Mongolie, la pneumonie constitue la deuxième principale cause de décès chez les enfants de moins de cinq ans.Le fils d’Uyanga en est atteint. Hospitalisé comme d’autres enfants victimes de cet air parmi les plus nocifs de la planète, le bambin a ensuite développé une surinfection.”J’ai eu si peur lorsqu’il a été admis en soins intensifs”, raconte Uyanga à l’AFP.”J’aime ma ville et je veux continuer à y vivre. Mais du point de vue de la santé de mes enfants, cette nuit-là, je me suis en quelque sorte sentie maudite d’être née à Oulan-Bator.”A la saison hivernale, la concentration quotidienne de PM2,5 – des microparticules polluantes pouvant pénétrer les systèmes respiratoire et sanguin – peut représenter 27 fois le seuil recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).Face à elles, les plus vulnérables sont les jeunes enfants, dont la respiration est notamment plus rapide que les adultes.Les trois enfants d’Uyanga ont tous été hospitalisés avant leur premier anniversaire et son cas ne fait pas exception dans son groupe d’amies.Cela “fait maintenant partie de notre quotidien”, regrette-t-elle.- Chauffage au charbon -La topographie d’Oulan-Bator, située dans une cuvette cernée par les montagnes, y piège les fumées des centrales à charbon et des logements.Les yourtes traditionnelles, appelées ici “ger”, sont nombreuses dans sa périphérie, gagnée par des centaines de milliers de nomades en quête de revenus stables et de meilleurs services publics.Nombreux sont ceux à utiliser des brûleurs à charbon pour se chauffer au creux de l’hiver, quand la température peut plonger jusqu’à -40°C.Ce matin-là, des livreurs chargent des briquettes de charbon dans un petit pick-up à proximité de yourtes.”Je ne pense pas que quiconque en Mongolie ne soit pas inquiet de la pollution de l’air”, admet Bayarkhuu Bold, vendeur de charbon de 67 ans.Oyunbileg, une hôtesse de caisse, dit utiliser 25 kg de briquettes tous les deux jours.A l’intérieur de sa yourte, elle confesse cependant être “vraiment inquiète” pour la santé de ses trois enfants. Pour éviter la pollution atmosphérique, celle-ci raconte même avoir installé sa tente sur les hauteurs, à dessein.”Mais cette année, c’est vraiment catastrophique”, déplore-t-elle. Sa famille a tenté de passer au chauffage électrique, mais “n’a pas eu les moyens de payer la facture”.Le nombre de cas de maladies respiratoires chez les enfants augmente dans les quartiers de yourtes comme celui-ci, décrit Yanjmaa, une médecin scolaire.”C’est impossible pour les gens qui respirent cet air d’avoir des poumons en bonne santé”, explique-t-elle.- “Aucun résultat” -Pour Oyunbileg, les options sont limitées: “Je ne laisse pas beaucoup mes enfants sortir” mais, sinon, “je leur mets généralement un masque.”Pour ses plus riches compatriotes, en revanche, quitter la Mongolie en hiver est une solution.Uyanga et son époux ont dépensé toute leur épargne pour louer un logement dans une région plus respirable, et ce pendant trois mois, lorsqu’est né leur premier enfant.Mais “peu importe à quel point on essaie de rendre meilleur l’air à l’intérieur (…) nos enfants (doivent) sortir”, dit-elle.En 2019, le gouvernement a remplacé le charbon brut par des briquettes de charbon raffiné, permettant une brève amélioration de la qualité de l’air, relate le météorologue Barkhasragchaa Baldorj.Les bénéfices de cette mesure sont toutefois limités par la hausse de la combustion de charbon dans un pays où le secteur industriel est essentiel à l’économie.Les briquettes de charbon ont été associées à des cas d’empoisonnement au monoxyde de carbone, mais aussi à des niveaux accrus de polluants.Barkhasragchaa est une des deux seules personnes s’occupant des stations de contrôle de la qualité de l’air à Oulan-Bator.”Si vous connaissiez le budget alloué à la maintenance, vous ririez (…) il est juste impossible de maintenir un fonctionnement constant”, explique-t-il. A travers la ville, beaucoup disent leur scepticisme quant à la politique du gouvernement en la matière.”Personnellement, je ne vois aucun résultat”, admet le vendeur de charbon, Bayarkhuu Bold.- “Génération suivante” -L’adjoint au gouverneur de la ville chargé de la pollution atmosphérique, Amartuvshin Amgalanbayar, a promis le changement.Cette année, 20.000 foyers doivent délaisser le charbon au profit du gaz, explique-t-il, anticipant une réduction de la pollution.Quelque 20.000 ménages doivent par ailleurs quitter les quartiers de yourtes pour emménager dans des appartements à partir de 2025.Et face aux embouteillages monstres d’Oulan-Bator, un métro attendu de longue date doit voir le jour d’ici 2028, affirme-t-il.”Les sujets que nous cherchions à résoudre il y a 20 ans, lorsque j’étais étudiant, sont toujours là”, explique le responsable de 40 ans.”On a confié à la génération suivante le soin de les résoudre.”Face à tant de promesses pour trop peu de résultats, des dizaines de milliers de Mongols, exaspérés, ont réclamé l’an dernier dans une pétition une audience publique sur les politiques de lutte contre la pollution atmosphérique.”C’est ma mère (tombée gravement malade) qui a vraiment suscité” chez moi “de la colère” et “un sentiment d’impuissance”, explique l’une des organisatrices du mouvement, Enkhuun Byambadorj, 23 ans, à l’AFP.Celle-ci regrette que les solutions proposées jusqu’à maintenant n’aient pas adopté une approche transversale.L’audience souhaitée, qui appelait précisément à prendre en compte le problème de la pollution de manière intersectorielle, s’est tenue en février. Un premier pas porteur d’espoir pour Enkhuun Byambadorj.”Nous avons (…) redynamisé un mouvement citoyen”, dit-elle. “Ce que nous devons faire, c’est continuer à faire pression sur les décideurs pour qu’ils bâtissent sur ce qu’ils ont fait.”

Migrants : Retailleau veut allonger la durée maximale de rétention administrative à 18 mois

Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a souhaité mercredi prolonger jusqu’à 18 mois, contre trois mois actuellement, la durée maximale dans les centres de rétention administrative des migrants en situation irrégulière. Fixée à 10 jours en 1993, la durée en centre de rétention administrative (CRA) a été portée de “manière exceptionnelle” à 90 jours avec la loi Collomb de 2018, et à 210 jours, soit sept mois environ, en matière terroriste. “Aujourd’hui, la durée de rétention maximale en France, elle est de trois mois. En Allemagne, elle est pratiquement d’un an et demi”, a souligné Bruno Retailleau sur RTL.”Au Sénat, un texte va être discuté (…) Nous avions prévu au départ d’aligner le régime de tous les individus les plus dangereux sur le régime terroriste qui prévoit 210 jours. Je pense qu’il faut aller au delà, donc au maximum”, a-t-il ajouté. “C’est-à-dire 18 mois”.”Si demain il y a un nouveau Mulhouse et qu’on constate qu’il y a un Algérien avec un profil très très dangereux qui commet un acte terroriste, qu’est ce que diront les Français?”, a-t-il ajouté, en référence à l’attaque au couteau perpétrée le 22 février par un Algérien en situation irrégulière et sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). “On est comptable de cela”, a estimé Bruno Retailleau. “Le risque zéro n’existe pas, dans aucun pays du monde. Mais à chaque fois qu’on constate qu’on a des trous dans la raquette, on doit changer la règle.”