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“Rangé”, le parrain tué à Grenoble se savait “en danger” selon son avocat

Il avait appartenu au grand banditisme grenoblois mais était “rangé des affaires” depuis 20 ans. Son avocat en est certain, le spectaculaire assassinat de Jean-Pierre Maldera mercredi près de Grenoble est lié à la disparition toujours non élucidée de son frère et associé Robert il y a dix ans.”Un jour, Robert m’avait dit, +nous, on considère qu’on a de la chance: on a de quoi vivre et on ne nous a pas tiré dessus+”, relate Me Bernard Ripert, avocat depuis 45 ans des deux frères, qui s’étaient taillé une réputation de parrains du milieu du grand banditisme italo-grenoblois des années 80.”Ils s’étaient rangés de ce qu’ils faisaient auparavant. Et ils espéraient pouvoir finir leur vie avec ce qu’ils avaient pu accumuler auparavant. Bien sûr, si vous me demandez si c’est légalement, je vous dirais non. Mais je peux vous dire que ça avait été accumulé sans qu’ils ne versent une goutte de sang ou qu’ils ne vendent un gramme de haschich ou de cocaïne”, affirme l’avocat à l’AFP, évoquant des arnaques à la carte bleue et du racket. Selon le parquet de Grenoble, Jean-Pierre Maldera, assassiné à 71 ans, comptait à son casier huit condamnations entre 1978 et 1999, dont l’une en 1986 à 15 ans de réclusion criminelle pour un vol à main armée. Robert de son côté avait été condamné en 1985 pour association de malfaiteurs et pour proxénétisme aggravé.En 2004, les deux frères avaient été écroués dans une affaire de grand banditisme (association de malfaiteurs, blanchiment d’argent, extorsion de fonds, proxénétisme…), mais libérés en 2005 à la suite d’un vice de forme qui avait conduit à l’annulation de l’ensemble de la procédure.Leur légende veut aussi qu’ils se soient chacun volontairement coupé un doigt en prison dans les années 80 pour exiger la remise en liberté de leur père Giuseppe et de la compagne de Robert.Mais la chance a fini par tourner: Robert a disparu en 2015 à 55 ans à l’issue d’un rendez-vous avec un artisan et est depuis présumé mort. Trois hommes ont été mis en examen en 2017 pour “meurtre en bande organisée” mais aucun procès n’a eu lieu à ce jour.Quant à Jean-Pierre, il a péri mercredi matin lors d’une attaque en pleine journée sur l’autoroute A41 près de Grenoble. D’abord visé par des tirs de kalachnikov et blessé à un coude, il a été ensuite violemment percuté par la voiture de ses assaillants. Une arme de poing a été retrouvée près de son corps. La police nationale a lancé jeudi après-midi un appel à témoins pour tenter de recueillir des informations utiles à l’enquête. Une cellule d’urgence médico-psychologique a été ouverte pour les personnes qui auraient été choquées par le drame.- “Il se savait menacé” -Pour Me Ripert, Jean-Pierre Maldera “se savait menacé, en danger, il vivait caché chez lui”, notamment depuis la disparition de Robert en 2015. Il était “très lié” à son frère et “a tout de suite compris qu’il ne (le) reverrait plus jamais”.”Robert a été tué non pas dans un contexte de rivalité, de délinquance ou d’histoire dans le milieu. Les Italo-Grenoblois, c’est fini depuis les années 80. Mais du fait d’un litige personnel, financier. (…) Et comme l’autre ne pouvait pas, ne voulait pas rembourser, le meilleur moyen de faire disparaître la dette, c’est de supprimer le créancier”, accuse l’avocat.”Ces assassins ont dû considérer que (Maldera) n’accepterait pas éternellement qu’on ne les sanctionne pas. (…) Ils ont préféré prendre les devants”, affirme-t-il, accusant la police et la justice grenobloises d’avoir “couvert les assassins”. Me Franck De Vita, également avocat des Maldera depuis les années 2000, se veut prudent: “Je me dis que les enquêteurs vont imaginer toutes les pistes et que dans toutes les pistes, il y aura forcément celle-là”. Il s’agit d’un dossier “compliqué” dans lequel la police effectue un “travail de très longue haleine”, dit-il à l’AFP.La préfète de l’Isère avait de son côté invoqué mercredi la piste du “fléau du narcotrafic”, à l’origine de fréquents règlements de comptes et fusillades entre bandes rivales à Grenoble ces derniers mois. Les enquêteurs pour leur part n’ont à ce stade avancé aucun mobile possible pour le meurtre. Quant aux agresseurs, ils sont toujours en fuite.

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L’Espagne doit s’attendre à des sécheresses de plus en plus “fréquentes et graves”, alerte un rapport

L’Espagne, qui pourrait voir s’achever dans les prochaines semaines une sévère sécheresse entamée en 2021, doit toutefois s’attendre à des périodes similaires de plus en plus “fréquentes et graves” dans les prochaines années en raison du réchauffement climatique, alerte un rapport scientifique publié jeudi.Ce document de 366 pages, rédigé par des experts en climatologie et océanographie du réseau international Clivar, dédié à l’amélioration des prédictions climatiques, rappelle que le pays est depuis longtemps confronté, en raison de sa situation géographique, “à une situation de stress hydrique semipermanent”.Mais ces dernières années, “bien que les quantités de précipitations aient été autour des valeurs moyennes, les températures plus élevées ont entraîné une plus grande évaporation atmosphérique, ce qui a provoqué des sécheresses plus longues et plus intenses”, rappelle le rapport.L’Espagne, qui a connu au début du XXIe siècle “la plus grande fréquence de sécheresses sévères de ces 150 dernières années”, doit donc s’attendre à des “conditions de sécheresse plus fréquentes et graves”, insiste le document, qui fait état d’un consensus scientifique sur le sujet.Selon les experts du réseau Clivar, qui avaient déjà publié deux rapports sur l’évolution du climat espagnol, en 2004 et 2010, cette situation va “accroître le risque d’incendies”, qui seront “plus extrêmes” et pourront s’étaler sur une période plus longue, allant de juin à septembre.Elle aura par ailleurs un impact économique important, notamment sur le tourisme et sur l’agriculture, deux sources de richesse importantes pour l’Espagne.”Les conditions optimales pour le tourisme estival se détérioreront” mais s’amélioreront “pendant les saisons intermédiaires”, explique le rapport, qui fait également état d’un risque de “réduction de la production de certaines cultures”, dont le raisin, avec une “plus grande variabilité interannuelle”.La publication de ce rapport survient alors que l’Espagne s’apprête à sortir de l’épisode de sécheresse auquel elle est confrontée depuis 2021 à la faveur des fortes pluies tombées à l’automne ainsi que ces derniers jours, selon l’Agence météorologique espagnole (Aemet).Cette sécheresse de longue durée, l’une des pires que l’Espagne ait connu, a fait chuter les récoltes de céréales, d’huile d’olive et de vin, et a obligé les autorités à prendre de sévères mesures de restrictions pour l’usage de l’eau, notamment en Catalogne.

Congrès: fin du suspense, Boris Vallaud candidat à la tête du Parti socialiste

Le suspense n’aura pas duré longtemps: le chef des députés socialistes Boris Vallaud a confirmé jeudi qu’il était candidat au poste de premier secrétaire du PS pour le congrès de juin, se posant en rassembleur des socialistes, au risque d’une guerre des chefs avec Olivier Faure.Après avoir publié mercredi une tribune appelant à un congrès de “réconciliation” et “de doctrine”, le député des Landes a annoncé qu’il était “le candidat du rassemblement”, pour éviter selon lui un nouveau congrès fratricide, comme celui de Marseille en 2023, qui avait divisé les socialistes sur la question de l’alliance avec La France insoumise.Mais même s’il affirme qu’il n’est pas candidat contre Olivier Faure, sa candidature signale le début des grands manoeuvres pour la direction d’un parti à la longue tradition de luttes intestines.”Je sais ce qu’a fait Olivier Faure, j’ai été à ses côtés”, a-t-il souligné, lorsque le premier secrétaire a repris il y a sept ans un PS à terre après le quinquennat Hollande et l’échec de la présidentielle 2017. Le député landais, réputé plus consensuel, affirme que sa candidature n’est “pas une candidature de plus mais une candidature collective”, alors que plusieurs personnalités sont sur les rangs, outre Olivier Faure: le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, la maire de Vaulx-en-Velin Hélène Geoffroy, mais aussi le député Jérôme Guedj et la sénatrice Laurence Rossignol, qui vont déposer ensemble leur propre motion.Boris Vallaud porte “un discours positif”, “ne tape sur personne”, et défend un projet de réconciliation autour de “la réaffirmation d’une identité forte” des socialistes et de “la thématique du travail”, explique à l’AFP le conseiller départemental du Lot Rémi Branco, qui le soutient.”On est tous d’accord qu’il y a une gauche qui doit se reconstruire sans Mélenchon. Il faut nous réunir autour de la construction d’un projet”, insiste-t-il, affirmant que “n’importe quel militant socialiste doit pouvoir se reconnaître dans nos priorités”. Dans le camp d’Olivier Faure, on reste serein, soulignant qu’il ne s’agit pas d’un duel, car pour être officiellement candidat, il faut d’abord déposer un texte d’orientation (ou motion), et que ce texte soit parmi les deux qui arriveront en tête du vote des militants. Ce qui signifie que Boris Vallaud devra “passer des accords” avec d’autres courants “sur des lignes politiques qui sont différentes” pour espérer l’emporter, juge un proche d’Olivier Faure.- “Quelle ligne?” -“S’il prétend rassembler les socialistes, sur quelle ligne le fera-t-il?”, demande le même: “une candidature socialiste solitaire pour 2027, ou un candidat socialiste qui participe à un processus collectif de toute la gauche, hors LFI?”.Boris Vallaud, 49 ans, est sur une stratégie proche de celle d’Olivier Faure: il souhaite une candidature commune de la gauche, sans Jean-Luc Mélenchon, et dans laquelle des socialistes “pourront jouer le premier rôle. Mais celui-ci ne se décrète pas. Il se mérite”, a-t-il expliqué.”J’ai de l’estime pour Boris Vallaud et la façon dont il gère le groupe socialiste”, souligne le député Laurent Baumel auprès de l’AFP, mais “Olivier Faure, c’est la garantie d’une continuité dans la ligne stratégique de l’union de la gauche”.”Boris va avoir besoin de clarifier sa ligne politique”, abonde l’eurodéputé Pierre Jouvet, proche du premier secrétaire. “Un congrès ce n’est pas seulement un casting, c’est un bilan, une perspective, une ligne de fond”, relève-t-il.Boris Vallaud avait mercredi plus d’une cinquantaine de signatures de partisans, dont des sénateurs et des responsables de fédérations socialistes. Son entourage affirme que les soutiens se poursuivaient jeudi, notamment de jeunes socialistes, et y compris chez des partisans d’Olivier Faure. Ce que dément l’entourage du premier secrétaire: “Sa majorité ne bouge pas d’un millimètre”.Boris Vallaud n’aura pas en tout cas le soutien de la maire de Paris Anne Hidalgo, proche de Nicolas Mayer-Rossignol.La position de François Hollande, redevenu très influent dans le groupe socialiste depuis son élection comme député de Corrèze, est particulièrement scrutée. L’ex-président refuse de se prononcer pour un candidat, mais a jugé sur France info que Boris Vallaud faisait “bien son travail” à l’Assemblée. 

Israel attack on Gaza IVF clinic a ‘genocidal act’: UN probe

A United Nations investigation concluded Thursday that Israel carried out “genocidal acts” in Gaza through the destruction of its main IVF clinic, maternity facilities and other reproductive healthcare facilities.The UN Commission of Inquiry said Israel had “intentionally attacked and destroyed” the Palestinian territory’s main fertility centre, and had simultaneously imposed a siege and blocked aid …

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Catastrophe écologique au Brésil: fin d’un procès géant à Londres contre BHP

Les dommages pourraient se compter en dizaines de milliards de livres: le dernier jour du procès contre le géant minier australien BHP, jugé pour la rupture dévastatrice d’un barrage de résidus toxiques en 2015 au Brésil, a débuté jeudi à Londres. Des centaines de milliers de victimes réclament réparation.Experts et victimes se sont succédé depuis fin octobre devant la Haute Cour de Londres, chargée de déterminer la responsabilité de BHP dans cette affaire titanesque, qui avait créé un émoi considérable.La décision n’est pas attendue avant juin ou juillet et les éventuels dommages et intérêts devront attendre un deuxième procès, peut-être en octobre 2026.Pour les avocats des demandeurs, “BHP était au courant, pratiquement dès le début, du risque sérieux que représentait le barrage de résidus de Mariana pour les communautés environnantes et l’environnement”.Mais “les entreprises essaient simplement de payer le moins possible”, a affirmé jeudi l’un d’eux, Tom Goodhead, à l’AFP.Le 5 novembre 2015, la rupture du barrage minier de Fundao, près de la ville de Mariana, dans l’Etat du Minas Gerais (sud-est du Brésil), avait entraîné une gigantesque coulée de boue de déchets toxiques sur 650 kilomètres le long du fleuve Rio Doce, jusqu’à l’océan Atlantique.- Forêt tropicale -Le barrage était exploité par Samarco, dont BHP et la compagnie brésilienne Vale étaient copropriétaires.La catastrophe a provoqué 19 morts, privé plus de 600 personnes de leur foyer, tué des milliers d’animaux et dévasté des zones de forêt tropicale protégée.BHP avait à l’époque deux sièges, dont un à Londres, ce qui explique cet énorme procès civil dans la capitale britannique.L’entreprise, qui affirme que l’eau du fleuve a retrouvé sa qualité depuis les faits, reconnaît une “tragédie” mais estime avoir démontré, lors du procès à Londres, qu’elle a su “privilégier la sécurité et agir de manière responsable”.Elle assure aussi que plus de 430.000 personnes ont déjà reçu une compensation au Brésil, où les autorités ont annoncé en octobre un nouvel accord d’indemnisation de l’ordre de 30 milliards de dollars avec BHP et Vale.”Nous respectons la procédure de Londres. Nous continuons notre défense ici, mais nous considérons que le Brésil est le meilleur endroit pour aborder toutes ces questions”, a affirmé à l’AFP jeudi Fernanda Lavarello, une dirigeante de BHP au Brésil.Les victimes espèrent obtenir davantage de la justice britannique. Elles soutiennent que la majorité des 620.000 plaignants au procès de Londres (dont 46 municipalités brésiliennes, des entreprises et plusieurs peuples autochtones) ne sont pas couverts par l’accord brésilien.- 36 milliards de livres -Le montant des dommages et intérêts réclamés dans la capitale britannique promet d’être énorme: il est évalué à 36 milliards de livres (soit 43 milliards d’euros ou 46 milliards de dollars) par les avocats des plaignants.Mariana est “la ville la plus touchée”, mais “malheureusement, les sommes accordées” au Brésil aux municipalités “ont été très basses”, a affirmé le maire Juliano Duarte jeudi à l’AFP, indiquant qu’une grande partie des indemnisations est attribuée “au gouvernement fédéral et au gouvernement de l’État”.”Nous espérons une meilleure justice à Londres, recevoir des sommes proportionnées à l’ampleur de la tragédie et nous espérons également que le paiement ne sera pas étalé sur 20 ans, comme cela est le cas au Brésil”, ajoute-t-il.Un peu plus loin, Pamela Fernandes, la mère d’Emanuele Vitoria, une petite fille de cinq ans qui a perdu la vie, dit être à Londres “pour la justice” car “pour moi, au Brésil, justice n’a pas été rendue”.Elle s’étrangle de la relaxe en novembre de BHP et Vale sur le plan pénal par un tribunal brésilien, pour absence de preuves sur leur responsabilité dans la rupture du barrage.Mais les vies perdues “sont des preuves”, assène-t-elle, pour qui il y a, au Brésil, “un manque d’intérêt, un manque d’effort. Ou alors c’est l’argent, qui parle plus fort”.

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Enquêtes après des plaintes de L214 sur des élevages porcins fournissant E.Leclerc

Deux enquêtes ont été ouvertes, une par le parquet de Saint-Malo et l’autre à Saint-Brieuc, après des plaintes pour maltraitance animale déposées par l’association animaliste L214 contre huit élevages porcins en Bretagne fournissant l’enseigne E.Leclerc, qui dit “vérifier ces informations afin de prendre toutes les mesures nécessaires”. “Je vous indique avoir, après examen de la plainte, prescrit l’ouverture d’une enquête”, a déclaré à l’AFP Fabrice Tremel, procureur de la République de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Le procureur de Saint-Brieuc Julien Wattebled a également annoncé à l’AFP l’ouverture d’une enquête et des “premiers contrôles” dès jeudi matin.Consultées par l’AFP, sept plaintes ont été déposées mercredi par L214 auprès du parquet de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) et une auprès du parquet de Saint-Malo contre huit propriétaires d’élevages, tous situés dans les Côtes-d’Armor.”Le fait que ce soit huit élevages distincts montre qu’il ne s’agit pas d’anomalies isolées mais bien d’une cruauté structurelle, institutionnelle, presque cautionnée par Leclerc”, déclare auprès de l’AFP Ambre Bernard, chargée de campagne contre l’élevage intensif pour L214.Prises et filmées en octobre et novembre 2024, les photos et vidéos diffusées jeudi par l’association montrent notamment des cadavres de porcelets en état de décomposition avancée, abandonnés au milieu des animaux, et des animaux ayant pour la plupart la queue coupée.Dans une déclaration transmise jeudi à l’AFP, Kermené, filiale de l’enseigne E.Leclerc spécialisée dans la transformation de produits carnés, dit “condamner fermement toute pratique contraire au bien-être animal. Les faits rapportés, s’ils sont avérés, sont inacceptables et ne correspondent en aucun cas aux engagements de notre enseigne en matière d’éthique et de respect des normes d’élevage”.Elle indique “vérifier actuellement ces informations afin de prendre toutes les mesures nécessaires. La première d’entre elles étant de mettre fin sans délai et de manière définitive à toute collaboration avec tout éleveur de notre réseau de fournisseurs qui serait concerné”.- “cadre réglementaire strict” -En mars 2024, L214 avait déposé plainte contre un éleveur possédant deux élevages porcins dans le Morbihan fournissant E.Leclerc, rappelle Ambre Bernard.”La réponse de Leclerc a été à chaque fois de dire que ce sont des exceptions et nous arrêtons de travailler avec ces élevages”, explique-t-elle. “Mais nous ne voulons plus entendre leurs excuses, nous voulons un engagement ferme contre ces pratiques illégales.”Jeudi, Kermené indique que “dès les premières alertes en mars 2024”, il a lancé un “audit indépendant” et mis “en place des actions correctives”. Il souligne également que “les éleveurs français évoluent dans un cadre réglementaire strict” et que “le respect de cette réglementation relève aussi de la responsabilité des pouvoirs publics, dont le rôle est d’assurer une supervision efficace et rigoureuse du secteur”.De son côté, l’interprofession Inaporc, qui rassemble éleveurs et transformateurs, a qualifié les photos et vidéos de L214 d'”images mises en scène et sorties de leur contexte, ne reflétant en rien la réalité des élevages de porcs en France, afin de créer le trouble et manipuler l’opinion publique”.L214 assure que dans les huit élevages visés jeudi, les porcelets “subissent des mutilations comme la coupe systématique de la queue sans anesthésie”.L214, qui entend réduire la maltraitance animale en faisant évoluer la réglementation, vise à terme la disparition de l’élevage, de la pêche et de l’abattage d’animaux au profit d’une alimentation entièrement végétale. L’association dénonce ainsi l’absence d'”accès à l’extérieur” des porcs ou le placement dans des cages étroites des truies dans les élevages visés.”Au-delà de la plainte pénale, nous visons une réaction de E.Leclerc car ce sont eux qui font la donne dans l’industrie en brassant des volumes complètement faramineux: ils doivent pousser les éleveurs dans la bonne direction”, plaide Mme Bernard.En septembre 2024, le parquet de Saint-Brieuc avait indiqué ouvrir une enquête préliminaire à la suite d’une plainte de L214 “pour maltraitance animale” visant un élevage porcin des Côtes d’Armor, dont les cochons étaient ensuite abattus dans un abattoir E.Leclerc.Le 20 février, L214 avait aussi porté plainte contre deux élevages porcins partenaires du distributeur alimentaire Lidl France.all-mas-kd-mb/laf/jp

Enquêtes après des plaintes de L214 sur des élevages porcins fournissant E.Leclerc

Deux enquêtes ont été ouvertes, une par le parquet de Saint-Malo et l’autre à Saint-Brieuc, après des plaintes pour maltraitance animale déposées par l’association animaliste L214 contre huit élevages porcins en Bretagne fournissant l’enseigne E.Leclerc, qui dit “vérifier ces informations afin de prendre toutes les mesures nécessaires”. “Je vous indique avoir, après examen de la plainte, prescrit l’ouverture d’une enquête”, a déclaré à l’AFP Fabrice Tremel, procureur de la République de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Le procureur de Saint-Brieuc Julien Wattebled a également annoncé à l’AFP l’ouverture d’une enquête et des “premiers contrôles” dès jeudi matin.Consultées par l’AFP, sept plaintes ont été déposées mercredi par L214 auprès du parquet de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) et une auprès du parquet de Saint-Malo contre huit propriétaires d’élevages, tous situés dans les Côtes-d’Armor.”Le fait que ce soit huit élevages distincts montre qu’il ne s’agit pas d’anomalies isolées mais bien d’une cruauté structurelle, institutionnelle, presque cautionnée par Leclerc”, déclare auprès de l’AFP Ambre Bernard, chargée de campagne contre l’élevage intensif pour L214.Prises et filmées en octobre et novembre 2024, les photos et vidéos diffusées jeudi par l’association montrent notamment des cadavres de porcelets en état de décomposition avancée, abandonnés au milieu des animaux, et des animaux ayant pour la plupart la queue coupée.Dans une déclaration transmise jeudi à l’AFP, Kermené, filiale de l’enseigne E.Leclerc spécialisée dans la transformation de produits carnés, dit “condamner fermement toute pratique contraire au bien-être animal. Les faits rapportés, s’ils sont avérés, sont inacceptables et ne correspondent en aucun cas aux engagements de notre enseigne en matière d’éthique et de respect des normes d’élevage”.Elle indique “vérifier actuellement ces informations afin de prendre toutes les mesures nécessaires. La première d’entre elles étant de mettre fin sans délai et de manière définitive à toute collaboration avec tout éleveur de notre réseau de fournisseurs qui serait concerné”.- “cadre réglementaire strict” -En mars 2024, L214 avait déposé plainte contre un éleveur possédant deux élevages porcins dans le Morbihan fournissant E.Leclerc, rappelle Ambre Bernard.”La réponse de Leclerc a été à chaque fois de dire que ce sont des exceptions et nous arrêtons de travailler avec ces élevages”, explique-t-elle. “Mais nous ne voulons plus entendre leurs excuses, nous voulons un engagement ferme contre ces pratiques illégales.”Jeudi, Kermené indique que “dès les premières alertes en mars 2024”, il a lancé un “audit indépendant” et mis “en place des actions correctives”. Il souligne également que “les éleveurs français évoluent dans un cadre réglementaire strict” et que “le respect de cette réglementation relève aussi de la responsabilité des pouvoirs publics, dont le rôle est d’assurer une supervision efficace et rigoureuse du secteur”.De son côté, l’interprofession Inaporc, qui rassemble éleveurs et transformateurs, a qualifié les photos et vidéos de L214 d'”images mises en scène et sorties de leur contexte, ne reflétant en rien la réalité des élevages de porcs en France, afin de créer le trouble et manipuler l’opinion publique”.L214 assure que dans les huit élevages visés jeudi, les porcelets “subissent des mutilations comme la coupe systématique de la queue sans anesthésie”.L214, qui entend réduire la maltraitance animale en faisant évoluer la réglementation, vise à terme la disparition de l’élevage, de la pêche et de l’abattage d’animaux au profit d’une alimentation entièrement végétale. L’association dénonce ainsi l’absence d'”accès à l’extérieur” des porcs ou le placement dans des cages étroites des truies dans les élevages visés.”Au-delà de la plainte pénale, nous visons une réaction de E.Leclerc car ce sont eux qui font la donne dans l’industrie en brassant des volumes complètement faramineux: ils doivent pousser les éleveurs dans la bonne direction”, plaide Mme Bernard.En septembre 2024, le parquet de Saint-Brieuc avait indiqué ouvrir une enquête préliminaire à la suite d’une plainte de L214 “pour maltraitance animale” visant un élevage porcin des Côtes d’Armor, dont les cochons étaient ensuite abattus dans un abattoir E.Leclerc.Le 20 février, L214 avait aussi porté plainte contre deux élevages porcins partenaires du distributeur alimentaire Lidl France.all-mas-kd-mb/laf/jp

Bétharram: l’évêque de Bayonne exprime sa “honte” et sa “solidarité” avec les victimes

L’évêque de Bayonne, Mgr Marc Aillet, a exprimé sa “honte”, jeudi, face aux multiples dénonciations de violences physiques et sexuelles dans des établissements catholiques du diocèse, dont celui de Notre-Dame-de-Bétharram (Pyrénées-Atlantiques), assurant avoir découvert ces faits dans la presse.”L’Église a déjà manifesté sa honte à plusieurs reprises et je le refais aujourd’hui (jeudi)”, a déclaré Mgr Aillet, exprimant sa “solidarité avec les victimes”, lors d’une conférence de presse organisée avec un représentant de la congrégation de Bétharram et le responsable de l’enseignement catholique du diocèse, perturbée par un militant des droits de l’enfant.Arnaud Gallais, cofondateur de Mouv’Enfants, association de victimes de violences sexuelles, a accusé l’Église de “refuser d’ouvrir ses archives” et dénoncé les “mensonges” de l’institution sur son ignorance des violences physiques et sexuelles dans les établissements catholiques de la région.”Tout le monde savait ici. J’étais dans des petits villages et tout le monde vous dit : +Bétharram, tout le monde savait+”, a-t-il lancé le poing levé, ganté de blanc, debout sur l’estrade face aux représentants catholiques. “Arrêtez de nous dire que vous découvrez (…) Vous avez du sang sur les mains”, a-t-il ajouté.”J’entends votre colère, votre souffrance”, a répondu Mgr Aillet, qui a salué “la libération de la parole” après “une loi d’omerta généralisée dans l’Église et la société” durant “des décennies”, et maintenu avoir appris “par la presse” les accusations de violences commises à Lestelle-Bétharram et dans un autre collège privé de son diocèse, à Ustaritz, où des faits ont été dénoncés sans dépôt de plainte jusqu’à présent.À ses côtés, le directeur diocésain de l’enseignement catholique, Vincent Destais, a indiqué avoir envoyé “un courrier à tous les chefs d’établissement” pour “recevoir toutes les victimes passées”, accueillir leur parole et les “encourager à porter plainte”.”Notre sentiment de honte, de souffrance et de compassion” est “collectif”, a assuré ce responsable de 132 établissements accueillent 29.000 élèves aujourd’hui.”On a besoin de comprendre (…) parce qu’il est hors de question que ça se reproduise”, a-t-il insisté.De son côté, le père Laurent Bacho, responsable de la cellule d’écoute de la congrégation, s’est dit “stupéfait” et “abasourdi” des “faits massifs” et “inimaginables”, commis à Bétharram, évoquant un “aveuglement” de ses pairs.Les rencontres avec des victimes, fin novembre à Pau, et les décisions de lancer une démarche de réparation “ont pu paraître tardives” mais “nous engagent dans un chemin difficile” qui “peut apporter un apaisement” et “un point de reconstruction aux victimes”, a estimé le religieux.À l’issue de la conférence de presse, Gilles Parent, qui dénonce des violences physiques à Ustaritz dans les années 1970, s’est dit “satisfait” des échanges.”Mon but, c’est que les victimes puissent parler. J’ai demandé à Mgr Aillet qu’il lance un appel et il l’a fait”, a déclaré à l’AFP cet employé de bibliothèque de 63 ans à Bayonne.Le groupe Facebook qu’il a lancé, sur le modèle de celui des anciens de Bétharram, réunit à ce jour une centaine de victimes qui dénoncent notamment le “supplice de la règle en bois”, sur laquelle les élèves devaient rester à genou s’ils faisaient des erreurs en récitant leurs leçons.